CAHIER DES CHARGES
IGP « RIZ DE CAMARGUE »
Syndicat des Riziculteurs de France et Filière - Mas du Sonnailler - 13200 ARLES
www.rizdecamargue.com - Tél. 04 90 49 82 00 – Fax 04 90 93 74 81 -
[email protected] SOMMAIRE
1. DEMANDEUR 3
2. LE NOM DU PRODUIT 3
3. TYPE DE PRODUIT 3
4. DESCRIPTION DU PRODUIT 3
5. LA DÉLIMITATION DE L’AIRE GÉOGRAPHIQUE 4
6. LES ELÉMENTS PROUVANT QUE LE RIZ EST ORIGINAIRE DE L’AIRE
GEOGRAPHIQUE 7
7. DESCRIPTION DE LA MÉTHODE D’OBTENTION 11
7.1 Les étapes d’élaboration du Riz de Camargue 11
7.2 Schéma de vie du Riz de Camargue 14
8. ELÉMENTS JUSTIFIANT LE LIEN AVEC L’ORIGINE GÉOGRAPHIQUE 16
8.1 Spécificité de l’aire d’élaboration du Riz de Camargue 16
8.2 Spécificité du Riz de Camargue 17
8.3 Lien causal entre l’aire géographique et la spécificité du Riz de
Camargue 20
9. RÉFÉRENCE AUX STRUCTURES DE CONTRÔLE 21
10. RÈGLES D’ÉTIQUETAGE 21
11. EXIGENCES À RESPECTER 21
Version 17/06/11
1. DEMANDEUR
Syndicat des Riziculteurs de France et Filière –
Mas du Sonnailler - 13200 ARLES
www.rizdecamargue.com –
Tél. 04 90 49 82 00 – Fax 04 90 93 74 81
-
[email protected]2. LE NOM DU PRODUIT
Riz de Camargue
3. TYPE DE PRODUIT
Classe 1.6 : fruits, légumes et céréales en l’état ou transformés.
4. DESCRIPTION DU PRODUIT
Le Riz de Camargue correspond à différents formats de grain : grains ronds, grains moyens (id. medium),
grains longs de type A, grains longs de type B.
Le Riz de Camargue est un riz de consommation, se présentant sous différents états d’élaboration : riz
complet ou semi-complet (brun ou coloré), riz blanc (naturel ou naturellement parfumé) et riz étuvé. Il
peut être commercialisé sous forme de produit pur (même format de grain et même état d'élaboration) ou
de mélange de riz dans différents états d’élaboration, correspondant chacun à un format de grain.
Le Riz de Camargue est un riz de « qualité supérieure » (selon le code des usages du « riz » destiné à la
consommation humaine publié au N° 10/1988 du Bullet in d’Information et de Documentation de la
DGCCRF) d'une très grande homogénéité : il est exempt de tout problème/altération sanitaire (altération,
flair, saveur), le taux de brisures est réduit à 5 % et le pourcentage de grains de même format est
supérieur ou égal à 97 %.
Au delà le Riz de Camargue est un riz :
− particulièrement propre : les taux d'impuretés inorganiques et organiques sont inférieurs ou égaux
(respectivement) à 0,01 % et 0,05 % ;
− d'une très grande qualité d'élaboration : les pourcentages de riz « étranger » y sont réduits : taux de
riz paddy inférieur ou égal à 0,06 %, le taux de riz rouge et strié de rouge est inférieur ou égal à 1 %
dans le riz blanchi et étuvé et inférieur ou égal à 2 % dans le riz complet et semi-complet, et le taux de
riz cargo (ou décortiqué) est inférieur ou égal à 0,06 % dans les riz blanchi et étuvé. Les grains
endommagés sont inférieurs à 0,5% pour les riz complets et semi-complet, et inférieurs à 0,3% pour le
riz blanc et le riz étuvé. Le taux de grains échauffés est inférieur à 0,1%.
− dont les grains sont d'une grande régularité de maturité et de format : les taux de grains à maturité
incomplète sont inférieurs ou égaux à 5% dans les riz complets et semi-complets et inférieur à 3%
dans le riz blanchi et le riz étuvé ; l'homogénéité des formats est aussi assurée par le choix des
variétés pouvant être cultivées pour l'élaboration de riz de Camargue, réalisé chaque année par
l'Organisme de Défense et Gestion de l'IGP.
Voir tableau « Grille qualité Camargue » en annexe 1 du Cahier des charges.
Version 17/06/11
5. LA DELIMITATION DE L’AIRE GEOGRAPHIQUE
Toutes les opérations de production de riz paddy et d’élaboration du Riz de Camargue sont réalisées
dans l’aire géographique : culture, récolte, séchage, stockage de paddy, triage, étuvage (facultatif) et
usinage.
Les limites actuelles de la culture du riz permettent de définir une « Camargue » élargie délimitée :
- au Sud par la mer,
- du Sud - Ouest au Nord par un axe reliant le Grau du Roi, Aigues-Mortes, Aimargues, Vauvert, St
Gilles, Bellegarde à Beaucaire.
- du Nord au Sud - Est par une limite reliant Beaucaire, Tarascon, Fontvieille, Fos sur Mer.
Plusieurs unités sont regroupées :
- La Camargue stricto sensu entre les deux bras du Rhône et la mer (80 000 ha) ;
- La Petite Camargue délimitée par le Petit Rhône, le canal de Peccais et la mer (8 000 ha) ;
- La Camargue Gardoise située à l’Ouest de la grande Camargue en bordure avec le Petit Rhône et
le canal de Peccais (27 000 ha) ;
- Le grand et le petit Plan du Bourg situés en bordure du Grand Rhône et limités à l’Est par la Crau
(31 000 ha).
Cf. Carte de la Camargue page suivante
Cet ensemble homogène sur le plan géologique et climatologique couvre une superficie de 146 000
hectares. Le pays camarguais est donc situé entre la Crau et la plaine littorale de Lunel sur un axe est-
ouest et entre les costières et la mer sur un axe nord-sud. Il forme la plaine deltaïque.
Historiquement, cette zone est le berceau de la riziculture française.
Liste des communes concernées
Dans le département des Bouches-du-Rhône
- Arles
- Les Saintes Maries de la Mer
- Port St Louis du Rhône
- Tarascon
- Fontvieille
Dans le département du Gard
- Saint Gilles
- Vauvert
- Aigues Mortes
- Beaucaire
- Fourques
- Saint Laurent d’Aigouze
- Le Cailar
- Le Grau du Roi
- Aimargues
- Bellegarde
6. LES ELEMENTS PROUVANT QUE LE RIZ EST ORIGINAIRE DE
L’AIRE GEOGRAPHIQUE
Tout opérateur intervenant dans les conditions de production, d’élaboration ou de conditionnement
de l’indication géographique protégée « Riz de Camargue » est tenu de s’identifier auprès du
groupement en vue de son habilitation qui doit intervenir avant le début de l’activité concernée.
Les éléments de maîtrise de l’identification et de la traçabilité du produit sont définis et vérifiés, par
contrôle interne à chaque entreprise, et dans les plans de contrôle interne et externe mis en
œuvre.
Les modalités d’identification et de traçabilité sont définies, dans chaque entreprise et au niveau
du groupement, dans une procédure écrite, revue périodiquement pour assurer son adéquation
permanente, à laquelle sont associés des enregistrements.
Ces modalités doivent permettre à tout moment de retrouver l’historique du riz (provenance, date
de réception, quantité, qualité,…), et ce qu’il est devenu (utilisation qui en a été faite et localisation
géographique : livraison, transfert de cellule,…).
Toutes les mentions obligatoires doivent être présentes dans chaque entreprise sur les documents
mis en place pour assurer la traçabilité.
Les documents de traçabilité listés dans les tableaux ci-dessous peuvent être adaptés par chaque
entreprise. Certains documents pourront être fusionnés et d’autres scindés.
Le nom du produit stocké à l’état de paddy et/ou de produit fini non conditionné doit être
écrit sur la cellule ou le synoptique.
Pour chaque transfert entre opérateurs, un document écrit spécifiant : l’origine, la
destination, le nom du produit et toute information nécessaire à sa traçabilité, doit être
établi et conservé.
Producteur
Etape Documents de traçabilité Informations suivies
internes à l'entreprise
Production Dossier PAC Situation des parcelles dans l'aire => Ilot PAC
Etiquettes SOC et formulaire de Surfaces ensemencées en riz par variété
déclaration récolte N-1
Conduite culturale
Factures des intrants et fiche
Livraison à un culturale
organisme stockeur
Bon de livraison ou de réception N° de bon, date de livraison, nom du producteur,
1
quantité, nom de la variété, mention IGP , nom de
l’organisme stockeur (OS)
Documents envoyés à l'ODG pour suivi et vérification
Production
- Semis Formulaire 1 = Engagement annuel Situation des parcelles dans l'aire (îlot PAC)
Formulaire 2 = Déclaration de semis Surfaces ensemencées en riz par variété
- Conduite culturale Formulaire 3 = fiche de culture Interventions par parcelle ou groupe de parcelles
Livraison à l'OS Formulaire 4 = Déclaration de récolte Quantités de riz paddy produites par variété
1
Mention IGP = AC ou Riz de Camargue ou toute autre mention décrivant l’appellation permettant de
distinguer le riz IGP « Riz de Camargue » des autres riz.
Stockeur
Etape Documents de traçabilité Informations suivies
internes à l'entreprise
Réception Bon de réception / producteur Par fournisseur et par produit : N° bon de
Fiche d’analyse réception, date de réception, nom du fournisseur,
quantité brute nom de la variété, nom du
Liste des riziculteurs et opérateurs
transporteur, mention IGP, N° de la cellule ou des
habilités dans la démarche IGP riz de
cellules de première destination.
Camargue
Registre de traçabilité des cellules de
1ère destination avant séchage
(facultatif si le N° de la / des cellule(s)
de 1ère destination mentionné sur le
bon de réception)
Registre des entrées de riz
Séchage Registre de séchage Par séchoir : N° de la ou des cellule(s) d’origine,
Fiche de contrôle du séchoir nom de la famille et des variétés, mention IGP,
date d’entrée dans le séchoir, heures d’entrée et
de sortie du séchoir.
Dans le cas d’un séchage en continu sans
vidange (arrêt + nettoyage), un temps de séchage
« à vide » doit être observé entre la sortie d’un riz
et le début d’alimentation en riz IGP
N° de cellule de destination après la sortie du
séchoir, points zéro (séchoir vide et nettoyé).
Stockage du paddy Registre de stockage Par cellule : Date, N° de séchoir ou cellule, nom
Fiche de contrôle au stockage de la famille et des variétés, mention IGP, points
zéro (cellule vide nettoyée)
Transilage Registre des transilages N° de la cellule d’origine, nom de la famille et de s
variétés, mention IGP, date du mouvement, N° de
cellule de destination, points zéro (cellule vide)
Expédition Bon d’expédition (ou livraison ou sortie) N° bon d’expédition, date d’expédition, quantité,
Registre des sorties de riz nom de la famille et des variétés
correspondantes, mention IGP, N° lot ou N° de la
ou des cellules d’origine (dernière cellule où a été
stocké le riz avant expédition), nom de
l’organisme stockeur, nom du transporteur, date
du transport, nom du destinataire et adresse de
livraison.
Documents envoyés à l'ODG pour suivi et vérification
Réception récolte Déclaration de collecte (1 / an) Quantités collectées de riz IGP, par format et par
Liste des agriculteurs apporteurs et producteur
détail des quantités livrées par
apporteur et format de grains
Réception / stockage Déclarations trimestrielles de l'état des Par format et « qualité » (Bio, conventionnel),
expédition stocks, des entrées et sorties de riz états des stocks de début et fin de trimestre,
paddy de Camargue par format quantités entrées et origines (collecte ou achat+
nom fournisseur), quantités sorties et destinations
(déclassement ou vente+acheteur)
Rizier
Etape Documents de traçabilité Informations suivies
internes à l'entreprise
Réception Registre des réceptions de riz N° bon de réception, date de réception,
N° lot ou N° de la ou des cellules
Fiche de contrôle à réception
d’origine du riz, nom du fournisseur et
Liste des opérateurs habilités dans quantité, nom de la famille (et des
la démarche IGP riz de Camargue variétés correspondantes), nom du
transporteur si nécessaire, mention
IGP, destination,
Stockage du riz paddy Registre de stockage Date, N° de la ou des cellules, nom de
la famille (et des variétés
Fiche de contrôle au stockage
correspondantes), mention IGP, points
zéro (cellule vide)
Transilage Registre des transilages N° de la cellul e d’origine, nom de la
famille (et des variétés
correspondantes), mention IGP, date
du mouvement, N° de la cellule de
destination, points zéro (cellule vide)
Elaboration Fiche d’élaboration N° de cellule d’origine, nom de la
famille (et des variétés
Fiche de contrôle
correspondantes), mention IGP,
quantités brutes concernées, quantités
nettes en fin d’élaboration, quantités de
sous produits dégagés, destination du
riz usiné, N° lot de fabrication, date
d’élaboration.
Stockage du riz usiné Registre de stockage Date, N° cellule d’origine, nom de la
famille (et des variétés
correspondantes), mention IGP, N°
cellule de stockage, points zéro (cellule
vide), N° lot de fabrication.
Expédition Bon d’expédition N° bon d’expédition, date d’expédition,
quantité, nom de la famille (et des
Registre des sorties de riz
variétés correspondantes), mention
IGP, N° de la cellule d’origine (dernière
cellule avant expédition) et/ou N° lot de
fabrication, nom du transporteur, date
du transport, adresse de livraison et
nom du client
Documents envoyés à l'ODG pour suivi et vérification
Réception / Expédition Déclarations trimestrielles de l'état Par type d'élaboration, format et
des stocks, des entrées et sorties de « qualité » (Bio, conventionnel), états
riz de Camargue par format des stocks de début et fin de trimestre,
quantités entrées et origines (collecte
ou achat+ nom fournisseur), quantités
sorties et destinations (déclassement
ou vente+acheteur)
Conditionneur
Etape Documents de traçabilité Informations suivies
Réception Registre des réceptions de riz N° bon de réception, date de réception,
N° de la ou des cellules d’origine du riz
Fiche de contrôle
et/ou N° lot de fabrication, nom du
Liste des opérateurs habilités dans fournisseur, quantité, nom de la famille
la démarche IGP riz de Camargue (et des variétés correspondantes), nom
du transporteur, mention IGP,
destination (N° de cellule de stockage
ou autre),
Stockage Registre de stockage et de tout Date de réception, N° lot, nom de la
mouvement du riz famille (et des variétés
correspondantes), mention IGP,
quantité entrée, N° de l’unité de
stockage s’il y a lieu.
Conditionnement Fiche de conditionnement Date de conditionnement, origine (N°
de la ou des cellules d’origine ou date
Fiche de contrôle
de réception ou N° lot d’origine), nom
de la famille ou dénomination
commerciale du produit, quantité de riz
conditionné, N° de lot de
conditionnement, destination (Nom du
destinataire ou lieu de stockage).
Expédition Bon d’expédition N° bon d’expédition, d ate d’expédition,
nom de la société, quantité, nom de la
famille ou dénomination commerciale
du produit, mention IGP, nom du
transporteur, date du transport,
adresse de livraison, nom du client.
Négoce Liste des opérateurs habilités dans Nom du fournisseur, nom de la famille
la démarche IGP riz de Camargue ou dénomination commerciale du
Facture d’achat et vente de riz, Bon produit, mention IGP, quantités
de livraison achetées, quantités vendues,
destination, date du transport, nom du
transporteur, nom du destinataire.
7. DESCRIPTION DE LA METHODE D’OBTENTION
7.1 Les étapes d’élaboration du Riz de Camargue
Etape 1 : Choix des variétés utilisables
Les variétés pouvant être utilisées pour la production de Riz de Camargue sont inscrites dans une
liste organisée par format de grains. Cette liste est remise à jour chaque année afin de contribuer à
un double objectif : la qualité de la matière première et la préservation de l’environnement par
l’amélioration de l’efficacité globale du système.
Processus de choix
La liste des variétés utilisables pour le Riz de Camargue est établie par l'Organisme de Défense et
Gestion selon une procédure qui garantit la consultation de l'ensemble des adhérents de l'IGP
(riziculteurs, organismes stockeurs, riziers, conditionneurs et metteurs en marché), et l'utilisation
pour ce choix de l'ensemble des données de caractérisation disponibles.
Ainsi chaque année à l'issue de la récolte, les opérateurs de l'IGP (les intervenants impliqués dans
le processus d'élaboration et de commercialisation de l'IGP) se réunissent en assemblées par
famille de métiers (riziculteurs, organismes stockeurs, riziers-conditionneurs-négociants). Ils
examinent pour chaque format de grains, la liste des variétés inscrites au catalogue caractérisées
par un ensemble de critères agronomiques et de critères technologiques : données d'inscription et
références acquises en Camargue (essais réalisés par le Centre Français du Riz et observations
en culture pilotées par l'ODG).
Les critères de choix sont doubles. Il s'agit simultanément :
- de garantir que la variété est adaptée au contexte agro climatique de la Camargue ;
- d’assurer que toutes les variétés semées correspondant à un même type, produisent
des grains aux caractéristiques semblables permettant d’obtenir, après élaboration, un
produit d’une très grande homogénéité, d’aspect (format de grain, degré d’usinage,
absence de défaut) et de comportement à la cuisson (temps de cuisson et collant).
Les propositions issues de chaque assemblée sont ensuite compilées pour établir une liste des
variétés qui est validée lors du conseil d'administration de l'ODG dans le courant du mois de février
et présentée à l'assemblée générale de l'ODG courant mars, avant le semis.
Des variétés adaptées au contexte agro-climatique de la Camargue
Le choix réalisé sur les critères agronomiques a comme objectif principal la réduction des intrants
et l’efficacité globale du système pour limiter les gaspillages, et vise également la maîtrise de la
maturité de récolte et donc un objectif de qualité des matières premières.
Les critères retenus sont cohérents avec les préconisations techniques et visent les mêmes
objectifs :
- la vigueur à la levée, pour contribuer à la levée rapide et homogène de la culture, faciliter la
maîtrise des adventices en limitant le recours aux herbicides et réduire les risques de re-
semis ;
- la précocité, pour maîtriser les risques de défaut de maturité en écartant les variétés trop
tardives ;
- la hauteur des plantes et la résistance à la verse, pour réduire les risques de pertes à la
récolte et détérioration de la qualité ;
- le comportement vis-à-vis des maladies, notamment la pyrale et la pyriculariose, afin de
limiter l’emploi des pesticides et de préserver un certain niveau de productivité, et donc
d’efficacité énergétique.
L’importance relative des critères est revue périodiquement par le comité, sur la base de l’évolution
du contexte agronomique notamment sanitaire, de l’offre variétale, du retour d’expérience des
acteurs et de l’orientation des marchés.
Etape 2 : Sélection des parcelles
Les parcelles utilisées pour la production de riz paddy servant à l’élaboration du Riz de Camargue
sont situées dans l’aire géographique.
Une entrée et une sortie d’eau pour chaque parcelle
Les parcelles doivent en outre disposer chacune d’une entrée et d’une sortie d’eau, pour permettre
de gérer de manière indépendante l’inondation de chaque parcelle en évitant toute sur-verse (id.
cascade) entre parcelles.
L’objectif de cette disposition est double. Il s’agit simultanément de :
- optimiser la gestion de l’eau en permettant un ajustement plus précis à la parcelle ;
- maîtriser les traitements phytosanitaires en évitant les transferts de produits d’une parcelle à
l’autre via l’eau, et les concentrations de matières actives dans les parcelles en aval.
Seules les parcelles de riz exploitées en agriculture biologique ont la possibilité de déroger à cette
exigence, dans la mesure où cette production n’utilise pas de produit de traitement.
Des réseaux hydrographiques en amont et en aval indépendants
L’eau utilisée pour inonder les parcelles de riz vient du Rhône grâce à des stations de pompage
collectives et individuelles.
Les eaux de vidange et drainage des parcelles sont collectées dans des canaux non reliés aux
canaux d’irrigation, et sont rejetées dans le fleuve en aval. Ainsi les deux réseaux hydrographiques
en amont et en aval des rizières sont indépendants.
Etape 3 : Préparation du sol et Semis
En vue de l’implantation du riz au printemps, la gestion de l’interculture vise principalement à
réduire la présence de graines adventices capables de germer au moment du semis et de la levée
du riz, principal facteur limitant de la culture, en niveau de production et en qualité.
Selon le précédent cultural et la texture et la profondeur du sol, les terres sont labourées ou
simplement griffonnées à la fin de l’hiver à une profondeur qui n’excède pas 20 cm.
Le sol est ensuite nivelé pour obtenir un niveau régulier sur la totalité de la parcelle (ou clos) et
pouvoir ainsi gérer minutieusement les hauteurs d’eau afin d’assurer une levée homogène et des
conditions de croissance optimales sur toute la parcelle.
Le lit de semences est réalisé par passage d’une herse rotative équipée d’un rouleau, après
fertilisation avec un engrais complet, dont les doses sont adaptées selon les préconisations.
Le semis est réalisé entre avril et mai, à sec ou dans l’eau, en respectant les préconisations du
Centre Français du Riz. Celles-ci sont validées par le Conseil d'administration de l'ODG mi-février,
présentées en Assemblée générale en mars, avant d'être envoyées avec la liste des variétés
utilisables à tous les riziculteurs de Camargue fin mars avec la demande d'engagement.
Ces documents sont envoyés en double à l'organisme certificateur, et sont utilisés lors des
contrôles.
Les semences utilisées correspondent aux variétés sélectionnées par le comité du Groupement.
Ce peut être des semences garanties (étiquettes du SOC) ou des semences de ferme, à condition
de respecter les dispositions de tri et de traçabilité définies.
En cas de re-semis, les semences utilisées doivent être de la même variété ou d’une variété de
même format que le premier semis. Cette opération est enregistrée et signalée à l’organisme
stockeur au moment de la collecte.
Etape 4 : Conduite culturale
La culture est conduite selon les préconisations du Centre Français du Riz.
Les points clefs de la conduite sont :
- Le désherbage et la protection sanitaire notamment contre la pyrale, qui sont raisonnés
selon les caractéristiques des variétés utilisées et les préconisations du Centre Français du
Riz, en respectant le mode d’utilisation des produits ;
- La fertilisation, dont l’apport initial peut être complété d’un ou deux passages en couverture ;
- La conduite et la surveillance des niveaux d’eau qui sont adaptés au stade de
développement de la culture et aux conditions climatiques.
Cette gestion nécessite l’observation continue de la culture et un savoir-faire particulier du
producteur.
Etape 5 : Récolte et gestion de la collecte
La récolte intervient le plus souvent entre mi-septembre et fin octobre. Le stade de la récolte est
déterminé suivant le climat et la précocité des variétés choisies.
La parcelle est vidangée avant récolte pour limiter les contacts entre les grains et l’eau et réduire
les risques de germination.
Après récolte, le Riz de Camargue est séché et stocké dans l’aire géographique à une humidité
permettant sa (bonne) conservation dans des silos dont les conditions de température sont
contrôlées.
A l’entrée chez l’organisme stockeur, la benne de récolte doit avoir les caractéristiques suivantes :
- Toutes les graines sont issues d’une ou plusieurs parcelles identifiée(s) IGP, dont l’itinéraire
cultural est documenté et respecte le cahier des charges de l’IGP, et ensemencée(s) de variétés
de même format de grains ;
- Le nom de la variété cultivée est identifié ;
- L’humidité est inférieure à 25 %.
- Matières inertes organiques et inorganiques : taux inférieur(e) à 10%.
Le riz paddy est nettoyé et séché avant d’être mis en silo par famille.
En sortie de stockage, le riz paddy doit avoir à l’entrée du processus de transformation les
caractéristiques suivantes :
- Humidité inférieure ou égale à 15 %,
- Taux de matières inertes (organiques + inorganiques) inférieur à 4 % ;
- Toutes les graines sont issues de variétés d’un même format de grains et les variétés sont
identifiées.
Etape 6 : Elaboration du produit fini
L’élaboration du produit fini est réalisée dans l’aire géographique au fur et à mesure des besoins
de la commercialisation, et consiste en une succession d’étapes :
- Etuvage (facultatif)
- Décorticage,
- Triage,
- Calibrage,
- Usinage,
- Blanchiment (facultatif).
7.2 Schéma de vie du Riz de Camargue
Schéma de vie du Riz Complet et semi-complet de Camargue et Riz Blanc de Camargue après la
culture et la récolte :
Schéma de vie du Riz blanc étuvé de Camargue après la culture et la récolte :
Organisme stockeur
:
8. ELEMENTS JUSTIFIANT LE LIEN AVEC L’ORIGINE
GEOGRAPHIQUE
8.1 Spécificité de l’aire d’élaboration du Riz de Camargue
La Camargue telle que définie au chapitre 5, est un territoire caractérisé par un ensemble de
facteurs naturels et humains, en partie dépendants, qui en font un espace unique et identifiable de
production du riz.
Le milieu physique
Le sol de la Camargue se caractérise par :
- L’absence de relief et une altitude très basse, toujours inférieure à 5 mètres voire parfois
négative. C’est une plaine deltaïque quasi horizontale, à peine inclinée du nord vers le sud
(pente de 0,017 %), où l’on y identifie aisément des surfaces planes propices à la culture du
riz et la maîtrise des niveaux d’eau de la parcelle.
- La présence d’une nappe phréatique salée en sous-sol dont la profondeur dépend de
l’altitude, et qui par endroit, dans les zones les plus basses au sud, présente des
concentrations en sel plus fortes que celles de l’eau de mer.
Le climat de type méditerranéen présente plusieurs particularités communes à la zone :
- Les précipitations sont faibles avec une moyenne inférieure à 650 mm par an pour
l’ensemble du delta, et qui atteint seulement 540 mm dans la basse Camargue ce qui en fait
une des régions les plus sèches de France.
- Des vents violents soufflent pendant la majeure partie de l’année, en moyenne plus de
200 jours par an.
Du fait de sa situation, en sortie du couloir rhodanien et en bordure de mer, la Camargue
subit des vents fréquents et violents, avec des vitesses qui peuvent atteindre et dépasser 90
km/h sur plusieurs jours.
Le mistral, vent froid et très desséchant, est le plus fréquent (il intervient pour plus de 60 %
dans le régime global). Il accroît fortement l’évaporation qui est en moyenne sur la zone
égale à 900 mm et peut atteindre selon les endroits jusqu’à 1300 mm en année moyenne.
- L'ensoleillement est important, en nombre de jours d'ensoleillement par an et en intensité
de rayonnement ;
- Le déficit hydrique est très net, jusqu’à 700 mm en moyenne annuelle. Il favorise la
remontée par capillarité de la nappe phréatique salée, d’autant plus que les pluies sont
rares au moment où l’évaporation est élevée.
- Les températures moyennes saisonnières sont presque toujours positives ; mais une
caractéristique commune est l’importance des écarts de températures. Les écarts
journaliers dépassent souvent 10°C entre la nuit et le jour. Les écarts interannuels sont
également particulièrement marqués, constituant un facteur limitant très contraignant pour la
culture.
Le Rhône et le fonctionnement hydraulique de la zone :
Le Rhône, constitutif du delta, est une source « inépuisable » d’eau douce, sur laquelle repose
tout le fonctionnement de l'hydraulique camarguaise. L’eau douce diffuse et baigne pratiquement
l’ensemble des milieux de Camargue grâce à un impressionnant maillage de canaux d’irrigation
et de drainage entretenus par les riziculteurs.
Les facteurs humains et organisationnels
Une filière structurée, localisée sur le territoire du delta du Rhône
Compte tenu du caractère « nécessaire » du riz à la mise en valeur agricole de la Camargue
pour lutter contre le sel, et simultanément des contraintes fortes du milieu pour cette culture, les
différents intervenants dans la production du riz en Camargue et sa transformation sont
organisés depuis longtemps en une filière structurée, localisée principalement – à l’exception de
quelques conditionneurs et négociants -sur le territoire du delta du Rhône.
Cette filière est dotée d’un institut technique, le Centre Français du Riz, dédié à la culture sur la
zone de production.
Des silos à proximité immédiate des parcelles de culture, dans un environnement séchant
Les organismes de collecte du Riz de Camargue sont tous localisés dans l’aire de production à
proximité immédiate des parcelles de culture.
Un territoire qui doit au riz sa mise en valeur agricole et dans lequel sa renommée historique et
culturelle est vivante
La zone de production du Riz de Camargue correspond à un territoire dans lequel la
spécialisation rizicole est une nécessité pour lutter contre la stérilisation des terres par le sel. En
permettant le lessivage du sel des terres incultes et en contribuant à l’amélioration du réseau
hydraulique, le riz est dans cette zone un élément déterminant du développement socio-
économique.
Cette représentation du territoire Camarguais comme terre du riz est vivace et véhiculée dans les
diverses manifestations culturelles populaires consacrées à la culture : Fêtes des prémices du
Riz, Feria du Riz, Confrérie du Riz.
8.2 Spécificité du Riz de Camargue
8.2.1- Une qualité déterminée
La spécificité première du Riz de Camargue est sa très grande homogénéité, qui résulte
simultanément d’une organisation coordonnée de la filière de production, de pratiques adaptées
aux caractéristiques agro-climatiques de l’aire, et de la relative homogénéité des conditions de
culture dans la zone de production, qui permet de réduire les hétérogénéités d’expression des
génotypes et d’obtenir une collecte relativement propre et homogène à l’entrée du silo, dont la
qualité est préservée et encore améliorée par le travail du rizier.
8.2.2 - Un savoir-faire spécifique
La culture du Riz de Camargue présente des particularités, largement induites par les
caractéristiques du milieu, qui rendent cette culture difficile dans le Delta.
Le mode de production, en petites parcelles disposant chacune d’une entrée et d’une sortie,
dans un système complexe de canaux d’irrigation et de drainage, représente un outil de maîtrise
ad hoc mais nécessite un savoir-faire spécifique des producteurs pour la gestion de l’eau à la
parcelle et la réalisation des techniques culturales. La présence de techniciens spécialisés et
d’un institut technique dédié à cette culture sur zone contribue à la maîtrise de la culture du riz et
la diffusion de bonnes pratiques agricoles.
La pratique de mise en « assec » des rizières durant la phase d’installation du riz permet de
réduire significativement, par un moyen de lutte intégrée, les populations de champignons
pathogènes du sol, dont le développement est favorisé en conditions inondées et qui peuvent
compromettre l’état sanitaire de la parcelle.
En cours de culture, la gestion de l’eau par le contrôle des niveaux, permet d’optimiser la
croissance de la plante et ainsi l’utilisation d’éventuels désherbants.
En fin de cycle, avant la maturité du grain, la rizière est asséchée pour limiter les contacts du
grain avec l’eau en cas de verse liée aux conditions climatiques, ce qui aurait pour conséquence
une dépréciation de la qualité de récolte. De plus, cette pratique permet d’améliorer les
rendements aux normes en limitant le taux de matières inertes dans la récolte.
8.2.3 - Une réputation ancienne et toujours vivace
Historique du Riz de Camargue et réputation ancienne
L’histoire du riz en Camargue est ancienne ; on en retrouve des traces dès le XIIIe siècle. Le
premier acte officiel rendant compte de cette alliance entre le territoire de Camargue et le riz est
le décret du 23 août 1593, dans lequel le roi Henri IV ordonne, sur le conseil de son Ministre
Sully, que soient cultivés en Camargue la canne à Sucre, la garance et le riz.
L’histoire de la riziculture moderne débute véritablement au XIXe siècle, particulièrement après
l’endiguement du Rhône, en 1855.
Le blocus de 1940 à 1945, qui empêche tout débarquement de riz sur les côtes françaises, qu'ils
viennent des colonies (Indochine et Madagascar) ou de l'étranger, et la pénurie des denrées
alimentaires pendant et après l’occupation, incitent les agriculteurs et les Pouvoirs Publics à
reconsidérer la riziculture en France.
Ainsi, après 1945, la culture du riz se développe en France. A cette époque, le riz est cultivé en
Camargue, et sur la frange méditerranéenne qui va de Port-Saint-Louis du Rhône à Perpignan.
Elle représente dans les années 1955 à 1960 environ 35 000 ha (cf. « La Culture du Riz en
France », par Pierre Clave).
De 1955 à 1965, la France produit la quasi-totalité de sa consommation, exportant même une
petite part de sa production.
A partir de 1965 le déclin de la culture du riz commence en raison de l'augmentation des frais
d'exploitation que l’amélioration des rendements n’arrive pas à compenser, et de la concurrence
à l’intérieur du Marché Commun, par des riz d’importation.
Ainsi, malgré des actions de recherche importantes, et des efforts de commercialisation
diversifiée (riz étuvé par exemple), les agriculteurs ne parviennent pas à redresser la situation
(cf. « L’espace et le temps en Camargue » par B. Picon). Les superficies cultivées en riz
diminuent fortement jusqu'à ne représenter que 4 400 ha en 1979. Cette surface correspond aux
terres les plus basses dans lesquelles, malgré le défaut de rentabilité de la culture, les
agriculteurs maintiennent du riz car aucune autre culture n'est possible.
La réduction considérable de la surface en riz, associée à une réduction drastique du nombre de
riziculteurs (de 250 en 1970 à 72 en 1980) entraîne l’abandon des infrastructures hydrauliques
déjà vieillissantes. Cela a des conséquences dramatiques pour l’environnement.
Cet épisode malheureux rappelle à tous l'intérêt de la culture du riz pour éviter la remontée du
sel par capillarité, et son rôle essentiel dans l'équilibre hydraulique de la Camargue, ainsi que le
maintien de l’activité économique, basée sur l’agriculture, et de la richesse écologique de la
Camargue.
Dans le même temps, la consommation intérieure de riz est passée de 1,6 kg à 3,2 kg par an et
par habitant et la France fait face à une situation déficitaire : en effet, 90 % de la consommation
du riz est le fait de l’importation.
Les Camarguais mettent alors en place, avec l’aide des Pouvoirs Publics, un plan de relance de
la riziculture qui rentre en vigueur en 1981.
Aujourd’hui, l’activité économique de la Camargue y compris celle des villes l’environnant, est
d’évidence très dépendante de la vivacité agricole de la région, dont la riziculture est le pivot.
La notoriété du Riz de Camargue n’est plus à démontrer depuis qu’en 1856 ce dernier a obtenu
une médaille d’honneur à l’exposition universelle, puis, en 1968, l’obtention d’un label rouge,
retiré en 1972, suite à l‘abandon de la culture de la variété labellisée, et à l'obtention en 2000 de
l’IGP Riz de Camargue.
Réputation actuelle du Riz de Camargue
La Camargue produit actuellement 100.000 t de Riz Paddy correspondant à 66.000 t de riz
blanchi, soit 1/3 de la consommation française.
L’impact économique de la filière Riz de Camargue n’est plus à démontrer pour les autorités
locales territoriales et nationales. Aujourd’hui celle-ci se caractérise ainsi :
- 200 producteurs,
- 7 stockeurs,
- 14 Riziers et conditionneurs ;
Et représente :
- 2.000 emplois directs,
- 61 millions d’euros de Chiffre d’Affaire.
Le Parc Naturel Régional de Camargue, conscient de l’enjeu tant économique qu’écologique que
représente le riz en Camargue, a ouvert dans son Conseil d’Administration un poste pour la
riziculture.
Au plan festif, le riz sert de support à de nombreuses manifestations comme :
La fête des prémices du riz
La célébration des Prémices, relancée en 1983 et qui depuis occupe une place de choix dans
le cœur des arlésiens, est simultanément une fête agricole, une manifestation traditionnelle et
l'occasion de rencontre économique et scientifique.
Fête au vrai sens du terme, la fête des prémices permet aux associations et aux particuliers
d’animer la ville pour faire découvrir aux touristes le patrimoine culturel et artistique de la ville.
Aujourd’hui, la résonance des Prémices du Riz est européenne, et le travail réalisé par les
professionnels de tous les horizons au cours des journées techniques porte ses fruits.
La féria du riz
Cette manifestation taurine qui a lieu chaque année mi-septembre a remplacé la féria de
Vendanges, et fête la récolte du riz.
La confrérie du riz
D’esprit philanthropique, la Confrérie (rassemblement de personnes s’intéressants au riz)
demande à ses Chevaliers de faire connaître les bienfaits et vertus du Riz de Camargue, mais
aussi de tout mettre en œuvre pour apporter à partir des compétences de chacun, l’aide
nécessaire au développement de la culture du riz dans les pays du tiers - monde.
La cérémonie d’intronisation prend valeur d’acte d’engagement et permet ainsi au cours de
soirées privilégiées ou de journées d’amitié, de sceller entre les membres de la Confrérie une
unité d’action en faveur d’un secteur important de notre économie locale.
Folklore pour certains, le courant de pensée et la démarche engagée sont surtout les
symboles d’une volonté farouche de promouvoir la région et son agriculture.
L'ambassadrice du riz
Jeune fille issue du monde rizicole Camarguais, elle est élue pour deux ans, au moment des
semailles, afin d’être, au cours de toutes les manifestations traditionnelles et culturelles, le
symbole de la jeunesse du dynamisme et du renouveau du Riz de Camargue. C’est elle qui
ouvre en septembre les festivités des Prémices.
Les medias et la presse écrite, à l'échelle régionale mais aussi nationale et européenne, se font
également l’écho de la notoriété du Riz de Camargue à travers de nombreux articles.
8.3 Lien causal entre l’aire géographique et la spécificité du Riz de Camargue
La qualité déterminée du Riz de Camargue est en partie induite par l'aire géographique.
Ainsi, l’homogénéité du Riz de Camargue, si elle est garantie par le travail du rizier, résulte aussi,
en amont, de caractéristiques de cette aire géographique. Les éléments qui contribuent plus
particulièrement à cette caractéristique sont :
- Les bonnes conditions d’ensoleillement : le riz demande au moins 1750 heures
d’ensoleillement. Cette condition est réalisée tous les ans.
- Le caractère clos de la Camargue, associé à la forte évaporation, rend nécessaire
l’introduction artificielle d’eau douce pour compenser le déficit hydrique naturel.
L’infrastructure hydraulique composée de stations de pompage qui fonctionnent correctement
et couvrent environ 80 % des surfaces agricoles permet un contrôle très minutieux des
niveaux d’eau dans les rizières. Associée à la gestion de l’eau parcelle par parcelle, elle
autorise une culture raisonnée et devient un moyen supplémentaire de maîtrise des
maladies ; le riz récolté présente naturellement un faible pourcentage de grains tâchés.
- La force et la fréquence du Mistral, vent dominant sur l’ensemble de la zone, assainissent les
conditions de culture, réduisent considérablement les attaques de champignons et
empêchent notamment le développement de toxines (mycotoxine, aflatoxine).
- La proximité des sites de collecte où le grain est conduit et séché sur place, sitôt récolté,
préserve la qualité du grain. En effet le séchage est l'étape qui marque l’arrêt d’une grande
partie des risques de détérioration de l’aspect des grains. Ainsi, le circuit très court entre
champs de production et unités de séchage permet de diminuer les risques concernant
l’échauffement des grains, et donc la proportion de grains jaunes ou ambrés.
En Camargue, la proximité de la nappe phréatique salée et la forte évaporation entraînent, en
particulier pendant l'interculture et les périodes de culture sèche de la rotation, la concentration de
sel dans le sol. Ainsi le Riz de Camargue est-il soumis à des conditions de stress salin modéré à
fort pendant sa culture. Les écarts de températures relativement importants constituent un facteur
de stress supplémentaire.
Le savoir-faire commun, qui s'est constitué en réponse aux conditions particulières de culture et
en utilisant les facteurs de production disponibles, est aujourd'hui consolidé par la présence de
techniciens spécialisés et d’un institut technique, le Centre Français du Riz, dédié à cette culture
et qui diffuse des préconisations en matière d’itinéraire cultural auprès des riziculteurs.
Simultanément la culture du Riz de Camargue est un élément essentiel de l'équilibre écologique
de la Camargue. En effet, le besoin d’eau douce qu’elle nécessite permet le développement d’une
faune et d’une flore très diversifiées, tant dans la partie cultivée que dans l’ensemble du delta, car
la riziculture supporte le poids économique de l’entretien des réseaux d’irrigation et de drainage.
9. REFERENCE AUX STRUCTURES DE CONTROLE
Certipaq
44 rue La Quintinie
75015 – Paris
Tél : 01 45 30 92 92
Fax : 01 45 30 93 00
10. REGLES D’ETIQUETAGE
La dénomination « Riz de Camargue » doit figurer sur tous les riz commercialisés, quel que soit le
conditionnement.
Outre l’ensemble des informations légales, le logo européen doit figurer sur tous les étiquetages
du Riz de Camargue, à proximité de la dénomination géographique protégée.
11. EXIGENCES A RESPECTER
Le contrôle des caractéristiques présentes dans le tableau ci dessous doit faire l’objet
obligatoirement d’un enregistrement et d’un suivi.
Les contrôles physiques se font à l’aide d’un appareil de mesure étalonné.
Etape Caractéristiques du riz à contrôler Méthode de contrôle
Production Localisation dans l'aire géographique
Respect des préconisations du CFR pour Documentaire et contrôle visuel
la culture et absence de parcelles en
cascades
Utilisation de variétés choisies chaque
année par consensus de l'ensemble des Documentaire (étiquettes SOC) ou
acteurs de la filière documentaire et comptage
Toutes réceptions de riz Nom de variété, Aspect sanitaire, Famille, Documentaire, visuel, comptage
paddy Matières inertes sur paddy, Humidité avec détermination de
pourcentages, méthode par
dessiccation ou étalonnée sur
méthode par dessiccation
Séchage Humidité Par dessiccation ou étalonnée sur
méthode par dessiccation
Stockage Ventilation et maîtrise de la température Mesure par thermomètre
Triage pour l’obtention du Ensemble des caractéristiques de Comptage avec séparation des
produit fini l’IGP « Riz de Camargue » grains non conformes, pesée des
impuretés, humidité par dessiccation
ANNEXE 1 : GRILLE QUALITE IGP « RIZ DE CAMARGUE »
A titre d'information les spécifications du Riz de Qualité supérieure (RQS), telles que fixées par le code des usages « riz » supplément au MRH n°74 du
18/11/1988, sont rappelées en italique et entre parenthèses, dans le côté gauche de chaque colonne.
A droite, en gras et lettres droites sont indiqués les seuils spécifiques « Riz de Camargue » plus restrictifs que ceux de la qualité supérieure.
Riz Complet et semi- Riz Blanc Riz étuvé (Incollable)
Caractéristique Indicateur Complet) et Riz colorés
RQS IGP RC RQS IGP RC RQS IGP RC
FAMILLE Taux de grains de la même famille (≥ 97%) id. RQS (≥ 97%) id. RQS ≥ 97% id. RQS
HUMIDITE Taux d’humidité (≤ 15 %) id. RQS (≤ 15 %) id. RQS ≤ 15 % id. RQS
BRISURE Taux de brisures (≤ 5 %) id. RQS (≤ 5 %) id. RQS ≤5% id. RQS
Taux d'impuretés inorganiques (≤ 0,1 %) ≤ 0,01 % (≤ 0,1 %) ≤ 0,01 % ≤ 0,1 % ≤ 0,01 %
MATIERES INERTES Taux d'autres Graines + M. Organique (≤ 0,5 %) ≤ 0,05% (≤ 0,5 %) ≤ 0,05% ≤ 0,5 % ≤ 0,05%
Taux de Riz Paddy (≤ 0,1 %) ≤ 0,06 % (≤ 0,1 %) ≤ 0,06 % ≤ 0,1 % ≤ 0,06 %
Taux de riz décortiqué dans riz blanchi et étuvé (X) id. RQS (≤ 0,1 %) ≤ 0,06 % ≤ 0,06 %
QUALITE D’ELABORATION
Taux de riz striés de rouge (X) (≤ 3 %) ≤3%
Taux de riz adventices (rouge). ≤2% ≤1% ≤1%
(Non applicable au riz complet de péricarpe rouge)
(X) (≤ 0,5 %) ≤ 0,5 %
Taux de grains présentant des stries brunâtres ou
DEGRE D’USINAGE
verdâtres longitudinales
(X) id. RQS (≤ 10 %) <5% (X) id. RQS
Taux de grains immatures (= non mûrs et mal développés) (≤ 0,5 %) id. RQS (≤ 0,5 %) id. RQS (≤ 0,5 %) id. RQS
QUALITE DE MATURITE Taux de grains à maturation incomplète (= farineux et
opaques ds complet, crayeux ds blanchi, perlés ds étuvé)
(X) ≤5% (≤ 6 %) <3% (X) <3%
GRAINS ENDOMMAGES + Taux de grains endommagés = Tâchés ou Tachetés (≤ 1 %) < 0,5 % (≤ 1 %) < 0,3 % (≤ 1 %) < 0,3 %
ECHAUFFES Taux de grains échauffés = Jaunes et Ambrés (≤ 0,5 %) < 0,1 % (≤ 0,5 %) < 0,1 % (≤ 0,5 %) < 0,1 %
Altération par insectes (Exempt) id. RQS (Exempt) id. RQS (Exempt) id. RQS
ASPECT SANITAIRE Flair anormal (Exempt) id. RQS (Exempt) id. RQS (Exempt) id. RQS
Saveur anormale (Exempt) id. RQS (Exempt) id. RQS (Exempt) id. RQS
Légende : RQS = Riz de Qualité Supérieure Id. RQS = même spécification que le riz de qualité supérieure
IGP RC = Riz de Camargue IGP X = aucun seuil défini