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Régimes Politiques Comparés Annoté

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Régimes Politiques Comparés Annoté

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partiel : dissert

Chapitre 1 : Introduction

I. Analyse de la notion de régime politique

Un régime politique est un mode d’organisation des pouvoirs publics.


A ne pas confondre avec : un système politique (lié à la théorie des systèmes qui pense que
la vie sociale s’organise autour de différentes sphères sociales) et un gouvernement
(dimension spécifique sur la prise de décision/l’exécutif). → distinction selon la perspective.
On peut établir une typologie des régimes politiques. Par exemple celle d’Aristote :

Pouvoir d’un seul Pouvoir de plusieurs Pouvoir de


beaucoup

Forme pure Royauté Aristocratie Politeia

Forme impure Tyrannie Oligarchie Démocratie

II. La science politique et la comparaison


1) La science politique

La science politique est une discipline relativement récente. Elle émerge dans un contexte
historique, national et international particulier grâce à des acteurs politiques, sociaux et
étatiques : tous ces éléments s’influencent mutuellement et participent à l'émergence de la
discipline (depuis 1945 en France). Cela lui permet de tendre à un processus
d’autonomisation via l’institutionnalisation (création d’instituts / structures comme l’AFSP
en 1949 et la RFSP 1951) et la professionnalisation (création de carrière
d’enseignant-chercheur) → établissement d'une communauté scientifique.
Egalement, on établit des frontières disciplinaires car la science politique est un carrefour
des disciplines : droit, sociologie, histoire, philosophie… Ainsi les disciplines utilisées pour
analyser différents domaines de travail diffèrent :
- institutions/régimes politiques → science politique + droit
- idées politiques → science politique + histoire + philosophie
- comportements (processus électoraux et mobilisations) → science politique +
sociologie

En France, la science politique vise à former des élites. La discipline est teintée d’élitisme
car l’enseignement est monopolisé par les Science Po et IEP.

2) Les méthodes de la politique comparée

Avant l’institutionnalisation de la discipline, les premières études en sciences politiques


avaient une vision spéculative, intuitive, descriptive et normative. Après son
institutionnalisation, on tend à définir une véritable méthode scientifique. Pour cela on établit
deux paradigmes (= modèle théorique tendant à la recherche scientifique) :
- paradigme positiviste est la séparation entre le sujet et la réalité. Il a pour vocation
d' être empiriste, objectif et explicatif. Il ne prend pas en compte les singularités et les
particularités contextuelles.
- paradigme constructiviste : sous-entend une co-construction de la réalité. Il utilise
une approche interprétative et compréhensive. Il prend en compte les singularités et
les particularités contextuelles.
Le paradigme positiviste est une méthode relativement obsolète, on privilégie désormais le
paradigme constructiviste.

Il existe plusieurs méthodes de comparaison :


- étude de variables / études de cas
- systèmes similaires / systèmes différents
- typologies : types idéaux (idéotypes)

Pour collecter des données, deux techniques existent via le travail sur le terrain : le travail
quantitatif (manipulation mathématique, statistiques, questionnaires quantitatifs) et le travail
qualitatif (entretiens, observation ethnographique, travail d'archives). La première appartient
plutôt au paradigme positiviste alors que la seconde appartient au paradigme constructiviste
→ influence des deux paradigmes.

III. Enjeux et apports de la comparaison

Quel est le but de la comparaison ? Cela sert à généraliser ou à singulariser les objets
d’étude.
La comparaison est pertinente lorsqu’une véritable question de recherche motive les
chercheurs à comparer tel et tel pays. Il faut que les deux objets aient des similitudes et
des différences : pas d’intérêt à comparer si totalement différents ou totalement similaires.

Quels sont les dangers de la comparaison ? Ethnocentrisme : ça peut devenir normatif et


créer une hiérarchie. Culturalisme : dérive d’essentialiser une particularité = considérer
qu’une particularité doit etre généralisée partout.

Chapitre 2 : Usages historiques de la comparaison en sciences


sociales

I. Les personnalités de sciences sociales qui ont utilisé la comparaison

- Aristote : il décrit deux formes de régime politique, les formes pures et les
formes impures (cf chapitre 1)
- Montesquieu : il étudie les lois de systèmes politiques et les formes de
gouvernement souhaitables (il a donc une perspective normative)
- Tocqueville : il oppose l’état social aristocratique et l'état social démocratique
- Stuart Mill : il développe l’induction, un type de raisonnement consistant à
remonter, par du particulier à des propositions plus générales (de cas
particuliers à la loi qui les régit, des effets à la cause, des conséquences au
principe, de l'expérience à la théorie)
- Durkheim : « la sociologie comparée n’est pas une branche particulière de la
sociologie, c’est la sociologie même »

II. La méthodologie wébérienne

Weber promeut l’individualisme méthodologique : les phénomènes collectifs peuvent être


décrits et expliqués à partir des propriétés et des actions des individus et de leurs
interactions mutuelles.
Il s'oppose donc au holisme : l'homme est un tout indivisible qui ne peut être expliqué par
ses différentes composantes (physique, physiologique, psychique) considérées séparément.
Il use de classification et de compréhension explicative → importance du caractère
interprétatif et causal. cf « Comparer pour comprendre et expliquer la différence du singulier
»
L’outil de comparaison de Weber est les idéaux-types = type abstrait qui aide à comprendre
ou théoriser certains phénomènes (sans prétendre que les caractéristiques de ce type se
retrouvent toujours et parfaitement dans les phénomènes observés → pas de prétention
normative). Par exemple, il établit des idéaux-types de légitimité : traditionnelle,
rationnelle-légale et charismatique.

III. Les perspectives contemporaines

● La théorie du choix rationnel. Elle est hégémonique aux Etats-Unis et domine


globalement la science politique. Elle affirme que tous les choix des individus sont
motivés par leur rationalité (cherchent à faire le plus de bénéfices au moindre coût).
→ critiques : absence de prise en compte de l’expérience, des croyances, des
comportements solidaires
● La sociologie historique comparée. Cherche à comprendre le singulier et est une
sociologie historique plus interprétative que explicative.
● Le néo-institutionnalisme. Explique le phénomène de l’homogénéité dans les
organisations et aussi l’influence de l’environnement institutionnel sur les organisations.

Chapitre 3 : la démocratie

I. La démocratie classique
La démocratie est née à Athènes, du -5ème siècle au -3ème siècle. La démocratie
athénienne constitue la forme classique de la démocratie. Le terme est issu du grec, formé
de demos = peuple et kratos = pouvoir. La démocratie grecque instaure trois principes
fondamentaux : isonomia (égalité devant la loi), isegoria (égalité de la parole), isocratia
(égalité des pouvoirs). A Athènes, la démocratie est directe : tous les citoyens participent à
la vie de la cité via le tirage au sort ou l’élection. Cette démocratie a inspiré les démocraties
modernes.

II. La démocratie moderne

La démocratie moderne est basée sur la légitimité démocratique = le peuple est la source
du pouvoir (cf souveraineté populaire). Le principe de représentation est donc primordial,
c’est pourquoi les démocraties modernes prennent la forme de démocraties représentatives.

Il est défini par un mouvement circulaire avec une logique descendante (décision) mais
aussi ascendante (expression). Le lien entre les représentants et les représentés s’avère
essentiel : les représentants sont autorisés à décider pour le bien commun, sans quoi ils
peuvent perdre leur légitimité démocratique. La démocratie passe donc d’un modèle à une
expérience, avec plusieurs principes fondamentaux : le vote, l’absence de mandat
impératif, la liberté de l’opinion publique, la délibération…

La démocratie contemporaine peut se synthétiser à un jeu d’oppositions. En effet,


s’opposent la démocratie en tant que promesse (donc seulement des principes) ou en tant
que procédure (avec de vraies institutions concrètes) → idéal (abstrait, formel) vs réalité
(concret). Ces oppositions reflètent le monde contemporain, puisque nombre de pays se
déclarent démocratiques alors que la démocratie y est qu’idéale et non réelle.

Il existe plusieurs sous-types de la démocratie contemporaine : parlementarisme (19ème


siècle), démocratie de partis (20ème siècle), démocratie d’audience (21ème siècle)...

III. Les réflexions autour de la démocratie

Schumpeter (Capitalism, Socialism and Democracy, 1942) :


- Selon lui la démocratie c’est : “l’arrangement institutionnel pour parvenir à des
décisions politiques dans lequel les individus acquièrent le pouvoir de décider par le
biais d'une lutte compétitive pour le vote du peuple", en raccourci “une compétition
libre pour un vote libre”. Schumpeter supposait qu’on pouvait définir la démocratie
par le vote, mais c'est une vision minimaliste car dans les régimes totalitaires aussi
on vote : le vote doit donc être régulier et libre.
- Ainsi, la démocratie est “un arrangement institutionnel pour arriver à des décisions
politiques qui réalisent le bien commun en faisant en sorte que le peuple lui-même
décide des questions à travers l'élection d'individus qui doivent se réunir afin
d’exécuter sa volonté".
- La démocratie est strictement un mécanisme de définition du leadership : un
mécanisme de lutte concurrentielle pour le vote populaire par lequel une élite
arrive au pouvoir → démocratie élitiste
- La démocratie serait d’abord avant tout une méthode pour parvenir au pouvoir.

Dahl (Who governs ?, 1961) :


- Il crée le concept de polyarchie = le pouvoir est détenu par plusieurs organes dans
un régime politique. Ce concept caractérise le fonctionnement politique des sociétés
démocratiques occidentales. Pour Dahl, un fort pluralisme social et de multiples
organisations disposant d'une grande autonomie favorisent la formation d'élites
concurrentielles et de dirigeants rivaux mais devant coopérer parce que
solidaires du système tout entier.
- Les conditions de la polyarchie sont : des sources du pouvoir dispersées, le droit
pour tous les citoyens de désigner les autorités politiques et une tendance au
règlement pacifique des conflits.

IV. La démocratie : un modèle universel ?

Progressivement à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, les pays ont adopté un
régime démocratique, là où la démocratie était érigée comme “idéal”. Ainsi est né
l’universalisme démocratique, à savoir la promotion de la démocratie afin de la rendre
universelle au monde entier. Ce phénomène présente plusieurs problèmes : tendance à
être normatif, ethnocentrisme, ignorance des spécificités de chaque région et pays…

Transitions à la démocratie en trois vagues :


- mouvement de décolonisation des années 1960 : plusieurs pays nouvellement
indépendants ont adopté des institutions démocratiques à des degrés divers
- à partir des années 1970, écroulement de dictatures en Europe (Portugal 1970,
Grèce 1974, Espagne 1978), en Amérique Latine (Argentine 1983, Brésil 1985)...
- effondrement de l’URSS après 1989 démocratisation des pays anciennement
membres
→ A l’aube du XXIe siècle les régimes démocratiques sont ainsi devenus dominants dans
le monde. On parle de transitions démocratiques. Pour qu’elles soient réussies, la
valorisation des procédures et des institutions est importante, mais aussi la culture politique.
Elles peuvent se faire sur le modèle d’un pacte ou d’une rupture. Pour se stabiliser, les
Etats nouvellement démocratiques doivent s’appuyer sur la consolidation via l’état de droit,
l’état social et la participation.

Chapitre 4 : les régimes non-démocratiques

Introduction
Questions méthodologiques :
- il peut être délicat de classifier les régimes non-démocratiques en perspective
comparée
- il faut choisir entre intelligibilité et simplification de l’expérience politique
- où établir la frontière entre démocratie et autoritarisme ? la démocratie est multiple :
sous-types (démocratie présidentialiste, parlementaire, délégative, participative,
populiste) et régimes hybrides (démocraties illibérales, autoritarisme compétitif,
autoritarisme électoral)
- choisir le niveau d’analyse entre le mouvement et le régime

I. Qu’est ce qu’un régime non-démocratique ?

Comment caractériser les régimes non-démocratiques ? Dans un régime non-démocratique,


le pouvoir politique n’est pas responsable : absence de mécanismes de contrôle
horizontal (équilibre institutionnel entre les différents pouvoirs de l’Etat de droit) et absence
de contrôle vertical. Dans la plupart est maintenu le principe fondamental de la légitimité
démocratique grâce aux élections, mais l’absence d’alternance et le contrôle exercé sur les
élections la faussent. Le degré de répression varie mais est indispensable (violence,
limitation des droits individuels). On peut aussi noter la passivité de la population
(démobilisation, caractère antipolitique). Enfin, on peut parler de patrimonialisme avec la
collusion d’intérêts publics et privés, le caractère oligarchique et l’absence de contrôle formel
de la décision politique.

Les sous-types des régimes non-démocratiques :


- autoritarisme bureaucratique : Argentine (1966-1970), Brésil (1964-1985)
- autoritarisme organique-corporatiste : Portugal (1966-1974), Brésil (1930-1945)
- autoritarisme néopatrimonialiste : l’Afrique après sa décolonisation
- autoritarisme antilibéral : pays de l’Est post-soviétiques
- autoritarisme traditionaliste : régimes confessionnels du Maghreb et Moyen-Orient

Comment expliquer l’effondrement des régimes démocratiques ?


Pour expliquer l’effondrement des régimes démocratiques, il faut prendre en compte la
dimension contextuelle (la situation nationale et le scénario régional/international), l’action
des acteurs corporatifs (politiques, économiques, militaires, syndicaux, religieux…etc.), la
présence de la mobilisation sociale, les dimensions structurelles (tradition politique,
organisation institutionnelle, valeurs culturelles) ainsi que l’action des leaders politiques
(construction des figures représentatives).

II. Le totalitarisme

L’idéal-type totalitaire se décline en plusieurs sous-catégories :


- le totalitarisme racial (nazisme, fascisme)
- le totalitarisme de classe (le communisme)
- le totalitarisme culturel (Maoïsme)
- le totalitarisme religieux (régimes du Moyen-Orient)

Selon Hannah Arendt (20ème siècle), deux éléments sont indispensables à un


totalitarisme : la terreur, qui est le moyen de réalisation de la loi supérieure (lutte des races
ou des classes), et l’idéologie qui est le moyen explicatif de la loi supérieure.

Comparer totalitarisme et démocratie selon Claude Lefort :


Le totalitarisme rêve "l'incorporation" : la société étant comme absorbée dans le corps
de l'égocrate (le chef) après l'avoir été dans le corps du Parti. A l’inverse, dans la
démocratie le pouvoir n'est pas incarné dans un corps, elle est donc caractérisée par la
désincorporation du pouvoir.
Ainsi émerge avec la démocratie moderne la notion nouvelle du lieu du pouvoir comme
lieu vide. Ceux qui exercent l’autorité politique sont désormais de simples gouvernants,
ils ne sauraient s’approprier le pouvoir, l’incorporer. Bien mieux, cet exercice est soumis
à la procédure d’une remise en jeu périodique. Celle-ci implique une compétition réglée
entre des hommes, des groupes, bientôt des partis, qui sont censés drainer des opinions
dans toute l’étendue de la société. Une telle compétition, puisque les conditions doivent en
être préservées, d’une consultation électorale à une autre, puisque la majorité sortante doit
respecter les droits des minorités, signifie une institutionnalisation du conflit (conflit
irrésoluble). Tandis que le pouvoir apparaît au-dehors, au-dessus de la société civile, il est
supposé s’engendrer de l’intérieur de celle-ci ; tandis qu’il apparaît comme l’organe
instituteur de sa cohésion, garant de son unité territoriale, garant de l’identité nationale dans
le temps, il conserve l’empreinte du conflit politique qui s’avère constitutif de son
exercice, c’est-à-dire l’empreinte de la division.
Aussi, le totalitarisme se caractérise par l’imbrication des sphères : pouvoir, savoir, droit,
alors que la démocratie marque justement la désimbrication des sphères.

Comparaison entre l’autoritarisme et le totalitarisme :


- idéologie conservatrice et mineure / idéologie refondationnelle et primordiale
- style politique anti-pluraliste / fusionnel
- Etat tout puissant / chef tout puissant (pas besoin de structure étatique)
- Un régime totalitaire vise à créer une société unanimitaire, conforme au modèle
établi par une idéologie dans laquelle l'individu est censé réaliser la plénitude de son
accomplissement en se sacrifiant au groupe. Le régime autoritaire n’a pas cette
dimension de l’idéologie et de la société, il cherche avant tout à se maintenir au
pouvoir

III. Cas d’étude

Le régime fasciste en Italie (1922-1943)


En 1918 l’Italie fait partie du camp des vainqueurs de la WW1, mais fait face à une grave
crise économique et sociale qui favorise la montée des mouvements violents. Dans ce
contexte Mussolini fonde en 1919 les Faisceaux italiens de combat, mouvement violent, puis
fonde le Parti fasciste en novembre 1921, profitant de la peur d’une “révolution bolchévique”
face à laquelle il affirme un positionnement nationaliste et capitaliste, lui permettant
d’acquérir des partisans chez les anti-communistes. En octobre 1922 il décide de prendre le
pouvoir par la force et organise la “marche sur Rome" qui voit 50.000 « chemises noires » se
diriger vers la capitale tout en commettant des exactions. Le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III,
veut éviter une guerre civile et nomme Mussolini Premier ministre le 30 octobre. En
novembre, le parlement lui accorde les pleins pouvoirs. Puis, entre 1925 et 1926, il
promulgue diverses lois lui donnant tous les pouvoirs et interdisant toute opposition = “lois
fascistissimes”. Les jeunes sont endoctrinés dès l'école, les syndicats fascistes sont
incontournables, et le système va perdurer et conduire l'Italie dans la seconde guerre
mondiale aux côtés de l'Allemagne, à cause du Pacte de fer de 1939.

Le régime nazi en Allemagne (1933-1945)

Succédant au IIe Reich, la république de Weimar naît le 9 novembre 1918 dans un climat
politique et économique troublé. Une partie de la population et de la classe politique lui
reproche d’avoir signé l’armistice et l’humiliant traité de Versailles. À cela s’ajoutent des
difficultés financières, aggravées par le coût des réparations et des indemnités de guerre
dues aux Alliés. Dans ce contexte économique et politique troublé, Hitler crée le parti
national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) le 24 février 1920. Il le dote d'un
programme politique fort (antisémitisme, antidémocratisme, antimarxisme, constitution d’une
grande Allemagne et abrogation du traité de Versailles…), apte à séduire les foules
déroutées. Le parti prospère et grandit jusqu’en novembre 1923 où Hitler tente le putsch de
Munich, coup d’Etat qui échoue et l’emmène en prison, période durant laquelle il écrit Mein
Kampf où il y expose ses idées racistes et antisémites, et politiques.
Grâce au chaos dans lequel est plongée l’Allemagne à la suite de la crise de 1929, le parti
nazi emporte la majorité des suffrages et en janvier 1933, Hitler est nommé chancelier. Il
anéantit toute opposition et obtient les pleins pouvoirs. Il met ensuite en place une dictature
qui dure jusqu’à la fin de la WW2.

Le régime stalinien en Russie (1928-1953)

En 1917 a lieu la révolution bolchevique qui renverse le régime tsariste. Lénine parvient au
pouvoir et constitue en 1922 un Etat fédéral, l’Union des Républiques Socialistes
Soviétiques. A sa mort en 1924, Staline reprend le pouvoir et met en œuvre son but de faire
de l’URSS un Etat centralisé au profit de la Russie. Il conquiert le pouvoir grâce à l’éviction
de ses adversaires et la discipline et l’unité du parti. Une fois aux pleins pouvoirs, il met en
place un régime totalitaire communiste en 3 points majeurs : planification autoritaire de
l’économie, collectivisation forcée, purges/goulag. Cette dictature dure jusqu’à sa mort en
1953, après laquelle l’URSS entame un lent processus d’assouplissement.
Les régimes non-démocratiques en Amérique latine

Le militarisme en Amérique Latine s’opère par plusieurs étapes. D’abord, la formation des
armées entre 1860 et 1920, puis l’entrée dans la vie politique entre 1920 et 1940. Enfin, les
coups d'État entre 1960 comme en Argentine ou au Brésil, dans le contexte de la révolution
cubaine (1953-1959) qui influence la région ainsi que la menace communiste qui pèse sur le
monde et particulièrement sur la région. Un système répressif est mis en place et les libertés
politiques sont supprimées. Puis l’utilisation du terrorisme d’Etat se généralise, comme au
Chili (dictature du général Pinochet de 1973 à 1988) et en Argentine (junte militaire de Juan
Peron entre 1976 et 1983) dans les années 1970 et 1980.

Chapitre 5 : Le populisme

“Le populisme est le plus dangereux des narcotiques, le plus puissant des opiums pour
endormir et anéantir l’intelligence, la culture, la patience et l’effort conceptuel.” - Michel
Onfray
Le terme de « populisme » est au cœur des débats et analyses politiques, au point d’être
devenu une sorte de mot-valise recouvrant des contenus très divers et d’être instrumentalisé
(excès de normativisme).

I. Qu’est ce que le populisme ?

Historiquement, le populisme est un mouvement politique russe (le mouvement


narodnik) réformiste et progressiste des années 1860-1870 qui luttait contre le tsarisme en
s'appuyant sur le peuple et en prônant la transformation des communautés agraires
traditionnelles. Une dynamique similaire est née aux Etats-Unis à la fin du 19ème siècle,
les “United Farmers” qui ont créé le “People’s party” s’opposant aux monopoles industriels et
au secteur financier de Wall Street.

Le sens donné à ce mot a énormément varié au cours de l’Histoire, et est aujourd’hui


souvent utilisé dans des contextes très variés, de manière interchangeable avec
“démagogie” ou “antidémocratique”.
Son emploi, dans le discours dominant, comporte souvent une forme de jugement moral sur
les mouvements politiques qu’il désigne (les responsables politiques utilisent ainsi souvent
le qualificatif de populisme à des fins de disqualification de leurs adversaires). Le terme
populisme sert aussi à dénoncer les démagogues qui mobilisent le peuple par des
promesses électoralistes ou qui flattent ses “bas instincts" comme le nationalisme, la
xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires.
À l’inverse, certains revendiquent le terme de populistes, soulignant que la racine du mot
renvoie au “peuple” dont ils se réclament et prétendent que leurs adversaires se seraient
coupés. La revendication de l’étiquette populiste leur permet ainsi d’affirmer leur
non-appartenance au “système” qu’ils dénoncent.

Le populisme désigne l'idéologie ou l'attitude de certains mouvements politiques qui se


réfèrent au peuple pour s’opposer à l'élite (gouvernants, grand capital, privilégiés ou toute
minorité ayant "accaparé" le pouvoir) accusée de trahir égoïstement les intérêts du plus
grand nombre. Pour les populistes, la démocratie représentative fonctionne mal et ne
tient pas ses promesses. Prônant une démocratie plus directe, ils ont donc pour objectif
de "rendre le pouvoir au peuple".

Les caractéristiques du populisme sont les suivantes :


- rejet des élites intellectuelles / urbaines / modernes
- valorisation du peuple et ses valeurs simples, authentiques : proximité/fusion
avec le peuple
- leader charismatique comme figure de référence, qui est fédérateur : incarnation
forte

Vers une définition du populisme comme idéal-type, par Pierre Rosanvallon (“L’anatomie du
populisme”) :
- conception du peuple : populus (peuple corps civique : classe politique/élites) VS
plebs (peuple social : exclus de la société)
- théorie de la démocratie : démocratie immédiate, plus directe, logique
plébiscitaire
- politique et philosophie de l’économie : Etat social-protecteur
- modalité de représentation : logique fusionnelle
- régime de passions et d’émotions : charisme du leader

II. Quels sont les facteurs d’émergence du populisme ?

Trois conditions nécessiteraient d’être réunies pour ouvrir la voie à une vague populiste :
- un entrepreneur politique, derrière lequel les forces “anti-establishment” se
rallient
- une structure opportune : sentiment d’insécurité lié à des modifications
structurelles de la société, telles que des crises économiques prolongées, ou une
modification de la composition ethnique de la population d’un pays (immigration)
- un terrain favorable dans l’opinion publique : l’opinion doit être bien disposée à
l’égard des solutions radicales. Souvent, cette prédisposition est associée à la
croyance que le système est bloqué et que les dirigeants ne se soucient pas des
gens “comme nous”, et donc que des personnes “hors système” doivent venir
apporter des solutions qui sont souvent bannies du champ du politiquement correct
pour réparer un système perçu comme défaillant.
La dynamique des mouvements populistes prospère sur la fragmentation de nos sociétés,
mobilise les électorats les plus pessimistes pour leur avenir et inquiets du déclassement,
et mise sur l’opposition à une forme de menace extérieure ou présentée comme telle
(immigration, mondialisation, élites cosmopolites, Union européenne…).

En outre, le populisme se développe évidemment dans un contexte économique et


culturel particulier. D’abord, des conditions économiques défavorables faisant naître
des confrontations d’intérêts de classe ou encore dûes à des périodes de crise
économique majeure, génératrices de délitement social et de précarisation (crise de 2008
entre autres). Puis, des facteurs culturels tels que la perception de la mondialisation, de
l’avenir et de l’immigration, amplifiées par transformations structurelles subies par nos
économies et nos sociétés depuis le début du XXIe siècle, qui créent un sentiment de perte
de contrôle du peuple sur son destin, de perte de repères et de dilution de son identité.

Il faut noter aussi le contexte de la démocratie du public, dans lequel la médiatisation, la


personnalisation de la politique, l’individualisation du social (plus d’identification) et la
revalorisation de la place du leadership politique favorisent l’émergence du
populisme, et créent le "leadership de popularité”.

Les différents thèmes nourrissant les populismes sont associés à plusieurs catégories :
- les enjeux sociaux et économiques : peur du chômage, inégalités (considérant que
l’économie est orientée en faveur des classes aisées)
- le sentiment de déclassement et le pessimisme (la situation sera pire pour mes
enfants)
- le sentiment d’abandon (les dirigeants ne se soucient pas de nous), la défiance et
la déception à l’égard des institutions
- la crainte et le rejet de l’immigration
- le terrorisme

III. Cas d’étude

Le populisme en Europe :
- boulangisme, poujadisme (France)
- phénomène de l’extrême droite : nationalisme, anti-immigration
- populisme de gauche : critique politique du libéralisme
- crise de représentation et défiance envers la construction supranationale de
l’UE (confiscation du pouvoir du “peuple national”)
- valorisation des politiques participatives (le retour de la “vraie démocratie”)
- populisme basé sur l’anti-immigration en Italie (Giorgia Meloni), sur le Brexit et
l’europhobie en UK (Boris Johnson…)

En Amérique Latine, le populisme est un vaste phénomène. Il se décompose en 3 phases :


- le populisme traditionnel (1930-1960) : Peron en Argentine (1945-1955)
- le néo populisme (1989-2000)
- le populisme radical (2000 et +) : Chavez au Venezuela (1999-2013)
En Amérique latine, cette prédisposition particulière au populisme prend la forme de ce qui
peut être appelé le “syndrome Caudillo”, dont Hugo Chávez (au Venezuela), Perón (en
Argentine), Vargas ou Lula (au Brésil), ou Evo Morales (en Bolivie) furent des exemples. Il
peut se résumer ainsi : « notre pays est riche, mais il y a énormément de pauvres. La raison
: les riches volent le peuple ! Nous avons donc besoin d’un homme fort, capable de faire tout
ce qui est nécessaire (y compris enfreindre les règles) afin d’aider les pauvres. » Les
conditions doivent donc être réunies pour qu’une majorité de la population en vienne à se
persuader que pour améliorer sa condition ou pour se protéger des menaces perçues, il est
indispensable de changer les règles du jeu, s’émanciper du “politiquement correct” et
des solutions traditionnelles.

Conclusion :
Le populisme résiste l’encadrement institutionnel de l’autorité politique et questionne les
médiations représentatives. C’est un type de pratique politique et un type de discours
particuliers.
La démocratie d’aujourd’hui favorise l’émergence du phénomène populiste, car il est une
réponse à la crise de la représentation, c’est un sous-type de la démocratie. C’est
“l’ombre” de la démocratie : à la fois il peut accompagner la démocratie en permettant sa
politisation (expansion et élargissement des droits), à la fois elle peut l’étouffer
(anti-pluralisme). Il y a un fort risque de dérive autoritaire, surtout qu’il bénéficie du
soutien du peuple.

Chapitre 6 : Etudes de cas

I. Le cas français
1) Le clivage gauche-droite aux 18 et 19èmes siècles
La société politique française fut particulièrement marquée par le clivage gauche-droite du
18 au 20ème siècles. Ce clivage a une tendance à la superposition et au renforcement
d’un côté par l’autre.
Ce clivage date de 1789, lorsque que la France se divisa en la gauche, étayée à la
République, et en la droite, acharnée à la monarchie et à la tradition. Cette division s’est
traduit au Parlement et s’est consolidée. Se sont opposées la république sociale et la
république libérale jusqu’aux années 1970. A partir des années 1980, le clivage s’est affaibli
avec l’augmentation du taux d'abstention, une plus grande volatilité des électeurs et le déclin
de la conscience de classe.

L’évolution du vote en France


- 1791 : suffrage censitaire et indirect
- 1799 : suffrage universel masculin limité
- 1815 : suffrage censitaire
- 1848 : suffrage universel masculin et vote secret
- 1944 : droit de vote des femmes
- 1974 : droit de vote à 18 ans
- 1992 : naissance de la citoyenneté européenne

2) La Vème République
La Constitution du 4 octobre 1958 fonde la Vème République. Elle est marquée par le
contexte d’instabilité institutionnelle des Républiques précédentes et tente donc de les
régler de façon pérenne. Pour cela elle apporte des innovations institutionnelles :
renforcement du pouvoir exécutif, rationalisation du parlementarisme (encadrement
des pouvoirs du Parlement afin d’accroître les capacités d’action du gouvernement), création
du Conseil Constitutionnel, mécanisme du référendum.

En 1962 a lieu le référendum constitutionnel sur l’élection au suffrage universel direct


du Président, qui est approuvé : il fait naître le semi-présidentialisme français.

« À la confusion des pouvoirs dans une seule assemblée, à la stricte séparation des pouvoirs avec
priorité au chef de l’État, il convient de préférer la collaboration des pouvoirs : un chef de l’État et un
Parlement séparés, encadrant un gouvernement issu du premier et responsable devant le second,
entre eux un partage des attributions donnant à chacun une semblable importance dans la marche de
l’État et assurant les moyens de résoudre les conflits qui sont, dans tout système démocratique, la
rançon de la liberté. »

Les expériences de cohabitation amènent des transformations dans le calendrier


électoral, afin d’aligner la majorité présidentielle au Parlement et d’éviter de nouvelles
cohabitations. Cela contribue, comme en 1962, au renforcement de l’autorité présidentielle.

3) Le vote et la tripartition de l’espace politique français

Alternance gauche/droite :

Les présidents de la Vème République

La domination de la droite au pouvoir (1958-1982) :


- CDG (1959-1969)
- Pompidou (1969-1974)
- Giscard d’Estaing (1974-1981)

L’arrivée de la gauche au pouvoir (1981-1995) :


- Mitterrand (1981-1995)
- Cohabitation avec Chirac (1986-1988)
- Cohabitation avec Balladur (1993-1995)

Le retour de la droite (1995-2012) :


- Chirac (1995-2007)
- Cohabitation avec Jospin (1997-2002)
- Sarkozy (2007-2012)

La gauche revient au pouvoir (2012-2017) :


- Hollande (2012-2017)

Le macronisme (2017-2027)

Apparition et augmentation du vote FN à partir de 2002 : JM Le Pen mobilise la classe


ouvrière et les agriculteurs. Marine Le Pen opère une dédiabolisation du parti (RN) qui lui
permet d’augmenter ses scores électoraux (chez les cadres notamment : électorat du RN
est plus hétérogène que le FN) → tripartition de l’espace politique français.
En 2017 apparaît un nouveau mouvement : le macronisme. Son succès est notamment dû
à l’effondrement du PS et à l’affaiblissement de la droite, et voter Macron permet de faire
“barrage” à l’extrême droite (RN). Il dépasse le clivage gauche-droite en se
revendiquant du centre, ce qui mobilise beaucoup d’électeurs, associé à son talent pour la
communication : il bénéficie et use bien de la démocratie du public.
Ainsi un nouveau clivage naît : mondialisation (dont UE) VS populisme.

II. Le cas américain


1) La révolution américaine et les origines historiques du régime républicain

2) La vie politique moderne : l’alternance partisane

3) Les présidences d’Obama et l’arrivée de Trump au pouvoir

III. La démocratie en Amérique Latine

IV. Les cas argentin et brésilien

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