Classeur1 AMP
Classeur1 AMP
Ecopédologie
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Prérequis
En hébreu le mot sol se dit ‘’Adâmah’’, or là est l’origine d’un autre mot ‘’Adam’’, le premier
homme. Ainsi, déjà dans la Bible est exprimée la continuité entre le sol et l’homme. Une certaine
vision de la réalité et de la fonction sol, transition entre le monde minéral et le monde vivant
Le sol a été étudié par les Grecs et les Latins, puis par les agronomes andalous au Moyen Âge. La
science des sols prit son essor au XVIe siècle avec Bernard Palissy et Olivier de Serres, se
développa au XVIIIe, devint un sujet d'étude important au XIXe siècle, en particulier avec les
travaux du géologue russe Vassili Dokoutchaïev.La diversité des noms associés à cette discipline
est liée aux divers corps de métiers concernés. En effet, les agronomes, les chimistes, les
géologues, les géographes, les biologistes, les sylviculteurs, les spécialistes de l'aménagement du
territoire ont tous contribué à faire avancer les connaissances en matière de sols et de formation
des sols.
Ce polycopie de cours ecopedologie est ecrit dans une forme didactique,qui commence par une
definition generale de la pedologie et une presentation generale des sols dont nous decrivons les
constituants fondamentaux et leurs proprietes ensuite organisation morphologique enfin les
proprites physico chimique et biologique des sols
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Sommaire
CHAPITRE1
LA PEDOLOGIE
CHAPITRE II
I.LES CONSTITUANTS FONDAMENTAUX DU SOL
II.LES CONSTITUANTS MINERAUX
II.1Origine des constituants minéraux
II.2Dimensions et formes des constituants minéraux
1.Dimensions
2.Les constituants minéraux.
3.Les éléments constitutifs des minéraux
a.les argiles
b.Les sables
c. Les limons.
d. Les carbonates
III. Les constituants organique.
Chapitre III
Organisation morphologique des sols
1-Introduction
2-Définition
3-Les organisations élémentaires
4- L’horizon pédologique
5 -Les profils pédologiques
6 - Structure
7 - L'eau du sol.
8- Propriétés thermiques
9- Les gaz du sol
10-Les couleurs du sol
Chapitre IV
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INTRODUCTION
Utilisé par l’homme depuis des millénaires, le sol reste cependant cette formation naturelle peu
connue des hommes, qu’ils en soient des utilisateurs directs (agriculteurs, forestiers, constructeurs)
ou indirects (tous les utilisateurs de la terre) (Ruellan et Dosso ; 1993).
Pour les sociétés humaines le sol est source de vie par l’intermédiaire des plantes et des animaux.
Le sol nourrit les hommes, les animaux. Leur santé et leur vie en dépendent : agriculture ; élevage ;
forêts ; minerais ; matériaux de construction ; fondation et soubassements de maisons ; routes ;
épandage de déchets : agricoles, industriels, urbains ; cimetières.
En un mot, il est le support des activités humaines durant des millénaires, source d’exploitation et
de vie depuis des dizaines de siècles à travers l’agriculture (3000 avant Jésus Christ en
Mésopotamie) (Robert ; 1996).
Ce n’est que vers le 19e siècle et grâce aux progrès de la science que le sol a fait l’objet d’une
science spéciale : la pédologie, discipline créée en 1877 en Ukraine sous la direction du géologue
ukrainien Dokoutchaïev.
Actuellement, le sol n’est plus considéré comme un milieu inerte, il prend naissance, évolue sous
l’action des facteurs du milieu dits ‘’actifs’’ : climat et végétation aux dépend d’un matériau
minéral : la roche-mère. Il passe par des phases successives de jeunesse, puis de maturité,
aboutissant ainsi à un équilibre stable avec la végétation naturelle (Duchaufour ; 1977).
Malgré les progrès réalisés dans l’étude et la compréhension des processus physico-chimiques et
biologiques qui régissent l’écosystème ‘’Sol’’, on s’est intéressé beaucoup plus à la protection de
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la nature, essentiellement à la faune et la flore, aux espèces en voie de disparition. La qualité de
l’eau et de l’air font également l’objet de réglementation et de surveillances de plus en plus
précises. Par contre, le sol, support et pourvoyeur de la faune et de la flore, reste le principal oublié
des politiques publiques.
DEFINITIONS
LE SOL
Le mot ‘’Sol’’ vient du latin Solum, qui veut dire sol au sens de support, surface, base.
2. Les agronomes nomment parfois sol la partie arable (pellicule superficielle) homogénéisée par
les labours et explorée par les racines des plantes.
3. Les responsables de l'aménagement du territoire distinguent les sols agricoles, les sols boisés,
les sols bâtis et les autres sols.
5. Les pédologues estiment que la partie arable ne constitue que la partie superficielle du sol. Le
pédologue Albert Demolon a défini le sol comme étant « la formation naturelle de surface, à
structure meuble et d'épaisseur variable, résultant de la transformation de la roche mère sous-
jacente sous l'influence de divers processus, physiques, chimiques et biologiques, au contact
de l'atmosphère et des êtres vivants ».
Aujourd’hui avec l’évolution des techniques et le progrès scientifique les définitions sont de plus
en plus élaborées
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Selon Duchaufour (1977) : « Le sol est un complexe dynamique, caractérisé par une atmosphère
interne, une économie de l’eau particulière, une flore et une faune déterminées, des éléments
minéraux. Mais le sol est aussi un milieu dynamique, car ses propriétés s’acquièrent
progressivement sous l’action combinée des facteurs du milieu ».
Selon Habert (1990) « le sol est un milieu de conservation capable de réduire la mobilité des
substances par un phénomène d’absorption aux particules du sol et aux racines des plantes. Mais
le sol est également réactif, c'est-à-dire qu’il transforme chimiquement les substances et ce à l’aide
d’organismes vivants. Ceci se traduit au niveau du cycle de la nature par la décomposition
continue de la biomasse morte et dont les éléments s’accumulent avec les éléments humiques et
minéraux argileux. De ce fait les sols ne sont pas uniquement un lieu de déposition des substances,
ils sont également des sources de substances disponibles pour la constitution d’une nouvelle
biomasse. Finalement, les sols sont un milieu d’écoulement des substances qui ne sont pas
absorbées ou ne le sont que difficilement et qui sont transportées avec l’eau de percolation dans
les couches plus profondes ou mêmes dans les eaux souterraines.
Chapitre1
LA PEDOLOGIE
La pédologie : du grec ‘’pedon’’, sol que l’on foule aux pieds, cultivé ou non, et ‘’logos’’ qui
signifie science
Il en résulte que la pédologie fait partie des sciences naturelles, que c’est une science d’observation
qui utilise des techniques des sciences expérimentales ; c’est en même temps une science
biologique.
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La pédologie est avec l'édaphologie (ou agrologie), une des deux branches principales de la science
des sols, de leur formation et de leur évolution.
C'est une discipline qui s'appuie sur l'étude des réactions réciproques entre les différentes phases
(liquide, gazeuse, solide) composant le sol. Elle trouve des applications certes dans l'agriculture,
l'horticulture, la sylviculture mais aussi dans l'hydrologie (rétention de l'eau par le sol), dans la
pollution (filtration des eaux), dans l'archéologie (conservation d'archives végétales, animales,
restes d'industries humaines), dans la construction (dans le Monde, les maisons sont très souvent
en terre), dans l'industrie minière (le sol est le résidu de la roche sous-jacente et concentre certains
éléments, l'or par exemple). En donnant, par la cartographie, une image de la répartition des sols,
la discipline intéresse encore la géographie, l'écologie du paysage et même la climatologie
(échange d'eau avec l'atmosphère), enfin le changement climatique (échange de carbone entre le
sol et l'atmosphère via le CO2).
LA PEDOGENESE
Composantes de la pédogenèse
Le russe Vassili Dokoutchaïev est le premier à affirmer, à la fin du XIXe siècle, que le sol
dépend à la fois de la roche, du climat, de la morphologie, des agents biologiques et du
temps.
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La roche
Les sols héritent directement certains caractères des roches qui leurs donnent naissance; par
exemple, dans leur jeunesse au moins, ils sont calcaires sur roche calcaire et acides sur roche
acide.
Le climat
En schématisant énormément on peut dire qu'il existe trois types de climats; ceux dans
lesquels les sols ont tendance à s'appauvrir car ils sont traversés par d'importantes quantités
de pluie; ceux dans lesquels l'eau n'est pas en quantité suffisante pour lessiver les ions qui
sont libérés par l'altération si bien que ces ions s'accumulent au sein du sol et que le risque de
salinisation existe si le sodium (Na+) est abondant dans l'environnement; les autres sols en
quelque sorte en équilibre avec le climat. Ces derniers se révèlent les meilleurs car ils sont ni
trop pauvres ni trop riches en Na+, Ca++, etc.
Le temps
Le processus de lessivage par l'eau demande du temps. Il faut au moins cent mille ans pour
créer un sol "lessivé" (ou "planosol"), l'un et l'autre extériorisant des phénomènes
d'appauvrissement dans leurs parties supérieures. La longueur des temps pédologiques a été
longtemps méconnue, faute de moyens sérieux de mesure; c'est pourquoi on trouve encore,
dans certains traités, des erreurs comme celle qui prétendent qu'il faut seulement mille ans
pour faire un sol lessivé ou 100 000 pour faire un sol latéritique. En Afrique, l'unité de durée,
en pédogenèse, est le million d'années voire la dizaine de millions d'années..
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même le quartz. En plus, le CO2 atmosphérique, qui pénètre le sol, agit de la même façon que
le CO2 issu de la respiration.
La topographie
L'eau qui circule sur les pentes véhicule à la fois des ions en solution et des matières en
suspension. Parfois, c'est toute la couverture pédologique qui se déplace vers le bas. Avec le
temps, cela provoque une différenciation des sols sur les versants.
Cette couverture se transforme avec le temps; les sols jeunes trouvés sur des roches
nouvellement portées à l'affleurement sont riches en éléments solubles (Na, K, Ca, Mg) qui
disparaissent lentement en climat humide et font le plus souvent défaut sur les vieux boucliers
stables de la planète. Ce dernier cas est celui de l'Afrique équatoriale et de l'Amazonie où les
sols sont excessivement pauvres. Par ailleurs, les sols cultivés diffèrent des sols maintenus
sous végétation forestière par toutes sortes de caractères. L'évolution se fait parfois dans le
bon sens (enrichissement artificiel en Ca, P, etc.) et parfois dans le mauvais (salinisation
anthropique, érosion...).
Enfin, partout, il faut faire la distinction entre les sols des points hauts du relief et ceux
des points bas
Végétaux et animaux profitent de la dégradation des roches de la croûte terrestre, qui devient
le sol, puisent dans cette zone, l'eau et les sels minéraux, mais aussi trouvent l’abri ou le
support indispensables à leur épanouissement. Le sol constitue un facteur abiotique très
intéressant car il est l'élément qui synthétise le mieux un ensemble de facteurs comme la
géologie, le climat, la topographie... L'ensemble de ces facteurs abiotiques constituent la base
des écosystèmes. Connaître les sols, c'est apprendre à identifier dans le paysage, donc à
localiser ou cartographier, les éléments indispensables à la vie sur Terre et se donner la
possibilité d'identifier des secteurs géographiques aux qualité variables pour les enjeux de
production de denrées alimentaires, de protection de l'eau que nous buvons ou de protection
de la biodiversité.
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LA PEDOLOGIE ET SES APPLICATIONS
Partie des études dont le but n’était que d’aider l’agriculture, elle s’est développée peu à peu et a
pleinement évolué avec l’évolution des techniques et le progrès scientifique.
Les domaines d’application de la pédologie sont très variés :
- agriculture ;
- géotechnique ;
- hydrologie.
Ces applications ne seront efficaces que si des études approfondies du sol sont réalisées au préalable.
La loi sur les risques, qui oblige les personnes à réaliser des études de sol préalablement à toute
construction d'habitation, fait avancer la discipline. Il convient en particulier de vérifier qu'il n'y a
pas de risque de fissuration des murs, phénomène qui coûte très cher aux assurances. Cela concerne
aussi les aménagements des terroirs pour l'étude agronomique pour utilité publique, notamment en
Afrique pour le développement sectoriel intégré
La pédologie peut contribuer à la connaissance de certains problèmes : géologiques (cycle
sédimentaire), hydrologiques (rétention et infiltration des eaux de pluies), biologiques (répartition
des espèces animales ou végétales et mêmes de races humaines, conditionnées par certaines
propriétés du sol), agronomiques (fertilisation des sols), paléoclimatiques (évolution des climats).
La pédologie est une discipline qui intègre divers aspects relevant des sciences :
physiques (sol = matériau meuble, triphasique : liquide, gaz, solide) ;
chimiques (sol = siège des réactions chimiques) ;
biologiques (sol = milieu vivant : botanique, zoologie, microbiologie) ;
géologiques (minéralogie, géographie) ;
géomorphologie (topographie) ;
climatologie (facteur majeur dans la formation des sols) ;
agricoles sol = support et pourvoyeur de la plante, capital de production).
Les résultats de ces applications ne seront probants que si le sol est étudié de tous ces points de vue.
« …si on fait de la pédologie en géologue, on fait certainement de la mauvaise pédologie », disait
le professeur Emberger.
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Les études de sol qui constituent le domaine de la pédologie générale permettent :
- l’aptitude de sols, qui est la capacité par laquelle un sol est apte à produire une culture bien
déterminée tout en ne tenant compte que de la réaction de la plante vis-à-vis de son biotope ;
- la capabilité des sols, qui se veut d’étudier ce à quoi un sol est capable de produire en se basant
sur ses données pédologiques, topographiques, climatiques sans pour au tant être spécifique ;
- la vocation des sols, qui tient compte également des facteurs socio-économiques.
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CLIMAT ORGANISMES VIVANTS
(Dessiccation / humectation) + (Faune – flore – microorganismes – Homme)
ROCHE-MERE
TEMPS
Hz A
S
Hz B O
L
Hz C
RM
AGRICULTURE
HYDROLOGIE
GEOTECHNIQUE
FIG. 1. Facteurs de formation du sol.Impact des éléments actifs (climat et organismes
vivants) sur la roche-mère.
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LECTURE
Il est considéré comme le père de la science des sols ou pédologie et à ce titre comme le premier
pédologue. Il est peut-être un des premiers scientifiques à avoir réalisé une vaste étude des types de
sols. Dokoutchaïev a contribué à « mettre les sols sur la carte... »
Biographie
Dokoutchaïev a enseigné à Saint-Pétersbourg. Il est amené à étudier les sols de son pays, à la
demande de la Société Economique Libre Impériale de sa ville, car on s'inquiète alors des
désastreuses conséquences, sur l'agriculture, des sècheresses des années 1873 et 1875. Parcourant la
Russie, il observe que les sols sont liés, dans leur nature et leur répartition, aux facteurs suivants:
climat, roche sous-jacente, relief, temps, agents biologiques (végétation, animaux du sol).
À la même époque, en Europe de l'Ouest, on croit les sols surtout liés aux roches. Réaliser que ceux-
ci sont sous l'influence du climat et s'organisent, à l'échelle de la Terre, en grandes bandes alignées
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sur les parallèles du Globe est nouveau pour l'époque. En plus, comprendre que les agents
biologiques interviennent et observer que le sol est l'interface entre le monde minéral (les roches) et
le monde vivant. C'est une révolution. Un vrai paradigme. La science du sol est née, autonome, et
n'est plus une sous-branche de la géologie. De fait, Dokoutchaïev est universellement considéré
comme le père de la science des sols ou pédologie et à ce titre comme le premier pédologue. Il est
peut-être un des premiers scientifiques à avoir réalisé une vaste étude des types de sols. Il a contribué
à « mettre les sols sur la carte... ». Ses idées vont passer à l'ouest car lui et ses disciples publient en
français ou en allemand.
L'équipe vient en 1900 à Paris, pour l'Exposition universelle. Elle présente, dans le pavillon russe,
un bloc de tchernoziom d'un mètre cube, ce sol sur lequel Dokoutchaïev a réalisé sa thèse (1883) et
qui est renommé pour sa fertilité.
Les résultats obtenus par Dokoutchaïev sont liés au fait qu'il est sorti de son laboratoire, a parcouru
le terrain, a privilégié l'observation sur des milliers de sites. Outre sa conception d'ensemble de la
pédologie, on lui doit aussi l'amélioration des techniques de description et de cartographie des sols.
CHAPITRE II
I.INTRODUCTION
Le sol en place se présente sous forme de mottes plus ou moins grosses, faciles à fracturer. Sans
peine, on discerne des grains durs de nature minérale dont la grosseur varie du gravier à la poussière.
Ces particules sont enrobées dans une matière plus ou moins noirâtre ou mélangées à des résidus
organiques.
Les interstices ou porosités entre les grains sont remplis d’air ou d’eau selon le lieu ou la saison.
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Ce premier examen nous permet de conclure que le sol est un système triphasique, c’est à dire
composé de trois phases nettement distinctes, à savoir :
- une phase liquide ou solution du sol, qui correspond à l’eau et aux éléments dissous ;
(a) (b)
Un minéral ou une espèce minérale est un solide inorganique de composition chimique donnée, se
rencontrant sous deux états physiques : l’état amorphe et l’état cristallin.
- L’état solide amorphe est caractérisé par un arrangement désordonné des atomes : exemple,
craie, verre.
- L’état solide cristallin est caractérisé par un arrangement ordonné des atomes, qui se répètent
indéfiniment et périodiquement dans les trois directions de l’espace et dessine ainsi un réseau
tridimensionnel ou réseau cristallin.
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Les composés amorphes sont rares. Pratiquement tous les minéraux des roches se présentent à l’état
cristallin. L’une des propriétés des corps cristallins est de diffracter les rayons X. cette propriété a
contribué à la détermination des structures, de la forme géométrique extérieure particulière au cristal.
On peut dire d’un point de vue purement géologique, que le sol n’est autre que la roche-mère
microdivisée.
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classification granulométrique (fig.3). Ces systèmes se différencient par le nombre de catégories et
par les limites des grosseurs fixées.
Exemple, l’A.I.S.S (Association Internationale des Sciences du Sol, 1926) distingue dans sa
classification les fractions granulométriques suivantes:
Catégories Diamètre
Argile < 2 µm
Limon fin (LF) 2 – 20 µm
Terre fine ( ≤ 2mm) Limon grossier (LG) 20 – 50 µm
Sable fin (SF) 50 – 200 µm
Sable grossier (SG) 200 – 2000 µm
Graviers 2-20 mm
Refus ( > 2mm) Cailloux 2 à 5 cm
Pierres 5 à 20 cm
Pour les analyses de routine, on utilise les échelles d’Atterberg et Internationale (depuis 1926).
Argile < 2µm <2 µm
LF 2 – 20 2 –20
LG 20 – 50 20 –50
STF - 50 – 100
SF 50 – 200 100 – 200
SM - 200 –500
SG 200 –2000 500 – 1000
STG - 1000 –2000
ATTERBERG RECHERCHE
(STF = sable très fin ; SM = sable moyen ; STG = sable très grossier).
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SOL
AGITATION – DISPERSION
Analyse granulométrique
Fractions Compartiments
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Les roches sont constituées de minéraux silicatés et non silicatés (tableau 1). La silice et l’alumine
qui se combinent pour former un grand nombre de silicates dominent largement.
Ce sont en effet les silicates qui constituent la plus grande part des roches éruptives et
métamorphiques, qui elles-mêmes représentent 95 % des roches de la lithosphère. On les retrouve
également dans les roches sédimentaires dont la moitié seulement est formée par des carbonates, des
sulfates, des halogénures, etc.
Dans les sols, tous les constituants minéraux de diamètre 2µm appartiennent à la fraction
argileuse. Cette fraction ne renferme que très peu de fragments inaltérés des minéraux primitifs
(micas et quartz). La plus grande partie est représentée par des produits de décomposition de ces
minéraux primitifs ou des néoformations liées à la pédogenèse. Les néoformations les plus
importantes sont les minéraux argileux. Ils sont principalement formés à partir de minéraux
préexistants, par réaction de la croûte terrestre au contact de l’hydrosphère ou de l’atmosphère. A
côté des minéraux argileux, la fraction argileuse contient des oxydes et des hydroxydes libres, de la
silice, du fer, de l’alumine et du manganèse.
Les analyses physiques, chimiques, etc., ont permis de mettre en évidence que seul un nombre
restreint d’éléments chimiques participe de façon essentielle à la constitution des roches. En effet la
composition moyenne de la lithosphère apparaît tels que huit (08) éléments seulement, qui totalisent
98,59% de l’ensemble, sont représentés chacun dans des proportions 1%
O Si Al Fe Ca Na K Mg H P Mn Ba C Cl
42.60 27.73 8.13 5.00 3.63 2.83 2.59 2.09 0.14 0.10 0.09 0.04 0.02 0.01
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Rappels : principes de la construction ionique des cristaux
En 1922, Pauling définit une série de principes gouvernant la structure ionique des cristaux.
Si le rapport Rc / Ra 1 : les cations et les anions ont sensiblement la même taille. L’édifice obtenu
est le dodécaèdre. Si on s’efforce d’ordonner un tas de billes de la façon la plus économique, la bille
centrée sera en contact avec 12 autres billes.
Si le rapport 0.731 Rc /Ra 1 : dans ce cas le cation le plus petit ne peut être entouré par 12
oxygènes. L’arrangement le plus stable est obtenu avec 8 oxygènes. L’édifice est un cube.
Si le rapport 0.414 Rc /Ra 0.731 : l’arrangement stable est réalisé avec six oxygènes. L’édifice
obtenu est appelé octaèdre.
Si le rapport Rc /Ra 0.414 : l’édifice obtenu est un tétraèdre, typique pour le silicium (4 oxygènes).
2e principe : la combinaison doit assurer une neutralité électrique de l’ensemble. C’est un principe
bien connu en chimie. Il y a équilibre lorsque l’ensemble des charges positives est égal à l’ensemble
des charges négatives.
3e principe : le cation doit être entouré par les électrons des anions voisins de manière qu’ils
constituent l’écran le plus complet possible autour de lui. Il est séparé des cations les plus
rapprochés, de telle sorte que leur action répulsive soit réduite au maximum.
Le nombre d’oxygène 12, 8, 6 et 4 entourant le cation dans un édifice donné est appelé indice de
coordination ou nombre de coordination. Ce dernier se définit comme étant le nombre d’ions qui
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dans un édifice cristallin déterminé peut entourer un ion de signe contraire. Exemple : n = 6
correspond à une coordination octaédrique ; n = 4 correspond à une coordination tétraédrique.
L’édifice élémentaire résultant de cet arrangement est appelé polyèdre de coordination.
NB: il est à préciser que le nombre de coordination d’un cation est fonction du rapport géométrique
Rc /Ra et ne dépend aucunement de la charge du cation. Il est à noter que c’est le rayon de l’ion et
non celui de l’atome qui est pris en considération.
Exemple:
S2- (Sulfure): ra = 1.85Å
S4+ (sulfate): rc = 0.37Å
S6+ (sulfate): rc = 0.30Å
S (soufre): rat = 1.04Å
O2 (oxygène) : rat = 0.06Å
O2-: ra = 1.35 Å.
Ces exemples montrent combien le rayon ionique dépend de l’état de valence. Dans les minéraux
que nous étudions l’anion de référence est l’oxygène dont le rayon anionique est égal à 1.35 Å (
1.40Å).
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*les feldspaths
- // alcalins
- plagioclases
* les feldspathoïdes
- néphéline
- leucite
- Feldspathoïdes
bleus
- Analcine
- Zéolites
Les minéraux non silicatés
Les éléments Les halogénures Les sulfures : Les Les oxydes Les hydroxydes
natifs - Chlorures -Pyrites carbonates -Hématite - Goethite
- Or - Fluorures - Etc. Les tungstates -Maghémite - Manganite
- Platine - Etc. -Etc - Gibbsite
- Fer - Etc.
- Cuivre
- Argent
- Etc.
Les tectosilicates sont des minéraux silicatés qui constituent une grande partie de la croûte terrestre. Ils
sont caractérisés par une structure cristalline tridimensionnelle en réseau, dans laquelle les atomes de
silicium sont liés à quatre atomes d'oxygène pour former un tétraèdre. Les tectosilicates comprennent
des minéraux tels que le quartz, le feldspath et la zéolite. Ils sont importants dans de nombreuses
applications industrielles, notamment dans la fabrication de verre, de céramique et de béton.
a.LES ARGILES
Définition
A vrai dire, il n’existe pas de définition unique du terme ‘’argile’’. Le mot ‘’argile’’ englobe deux
connotations, l’une liée à la taille des grains et l’autre à la minéralogie.
En pédologie, est considérée comme argile tout minéral à base de silicates d’alumine hydratés de
faible granulométrie ( 2µm) ; le plus souvent cristallisé en feuillets (argiles phylliteuses ou
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phyllosilicates). C’est-à-dire des argiles dont la structure est formée par l’empilement de feuillets
élémentaires à structure lamellaire, d’épaisseur bien déterminée, séparés par des espaces dits
interfoliaires de nature et de constitution très variables et contenant des quantités variées de fer, de
magnésium, de calcium et de potassium.
Les argiles sont généralement absentes dans les roches de haute température (roches magmatiques
et métamorphiques à des températures 500°C). Par contre, elles sont abondantes dans les sols,
sédiments, roches sédimentaires ainsi que dans les zones d’hydratation hydrothermale.
NB : tous les minéraux argileux ne sont pas des phyllosilicates (ex : quartz, feldspath), ni même
des silicates (ex : oxydes)
Origine
Les minéraux argileux résultent soit de l’altération physique c’est-à-dire de la désagrégation d’une
roche préexistante (minéraux primaires) ; soit de l’altération chimique (minéraux secondaires). Dans
ce cas, ils sont formés par transformation d’un minéral (minéraux transformés) ou par précipitation
à partir d’une solution (minéraux néoformés) (fig.4).
Climats
Climats Minéraux silicatés constitué de silice, tropicaux
tempérés d’alumine, bases et fer (feldespaths, chauds et
froids mica, amphibole, pyroxène) humides
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3-Hydrolyse très acides (mor) = complexolyse - Kaolinites-montmorillonites (sols
ferrugineux)
Dégradation complète des argiles et formation - Montmorillonites (sols vertiques
tropicaux)
de complexes organo-minéraux
Montmorillonite de dégradation (Podzols)
FIG. 4. - Altération des minéraux et formation des argiles
On observe deux voies principales qui existent :
- Chaud et humide
- Destruction totale.
- Apparition d’argiles néoformées.
- Climats tempérés
- Hydrolyse partielle.
- Réarrangement du réseau cristallin des silicates.
- Argiles hérités ou transformés.
La couche tétraédrique : est constituée d’un plan de tétraèdres de silice qui forme un polymère de
formule (Si2O5 --)n. Chaque tétraèdre de SiO4 formé d’un ion de silicium Si4+ (0.39Å) qui occupe le
centre du tétraèdre dont les quatre sommets sont occupés par des ions oxygènes (fig.5a). La charge
électrique résultante est nulle puisque les quatre charges positives de l’ion silicium sont neutralisées
par les quatre charges négatives des ions oxygènes.
La couche octaédrique : est constituée d’un plan d’octaèdres d’aluminium (0.57Å) qui forme un
polymère de formule [Al2(OH)6]n ou [Mg3(OH)6]n. Chaque octaèdre contient un ion d’aluminium
(argile dioctaédrique) ou de magnésium (argile trioctaédrique) qui occupe le centre alors que les six
sommets sont occupés par des ions O2-ou OH- (fig.5b).
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Là encore, la règle de l’électroneutralité est respectée : les six charges positives des cations
aluminium ou magnésium sont compensées par les six charges négatives des anions O2- ou OH-.
FIG. 5. Représentation d’un tétraèdre de silice (a) et d’un octaèdre d’aluminium (b)
Critères de classification
La classification des minéraux argileux selon Caillère et al., (1982) et Gobat et al., (1998) distingue
trois critères.
Le critère (qualifié) de 1er niveau est : l’épaisseur du feuillet élémentaire. Selon ce critère,
on distingue deux types d’argiles minéralogiques :
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a : Schéma structural de la kaolinite
FIG 7. Différentes représentations schématiques d’un feuillet de type 2/1 (Illite)
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Argiles à 14Å de type 2/1/1 ou TOTO (= tétraèdre – Octaèdre – tétraèdre - Octaèdre)
(voir plus loin : 10Ǻ)
Ces argiles présentent un feuillet à trois couches (tétraédrique-octaédrique-tétraédrique)
complété d’une couche octaédrique supplémentaire et complète de brucite dans laquelle les
cavités octaédriques sont remplies par des cations Mg2+ (fig.8).
- les couches dioctaédriques. Deux cavités octaédriques sur trois sont occupées par un
cation trivalent (Al3+, Fe3+).
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- Les couches trioctaédriques. Toutes les cavités octaédriques sont occupées par un
cation bivalent (Mg2+ ; Fe2+). Font partie de cette classe la chlorite et la vermiculite.
Les ions métalliques de remplacement sont appelés ‘’cations isomorphiques’’ le
processus de remplacement est appelé : ‘’Substitution isomorphique’’. Cette
substitution isomorphique fait naître une charge permanente, le plus souvent
négative des feuillets minéraux, mais sans modification fondamentale, car
l’électroneutralité de l’édifice est maintenue.
Les argiles présentent ainsi trois séries cristallochimiques bien distinctes, que l’on appelle
habituellement trioctaédrique, dioctaédrique, et sans substitution. Ne pas confondre la notion de
substitution isomorphique avec le caractère tri ou dioctaédrique de la couche octaédrique
Les kaolinites
Cette famille de minéraux argileux est dénommée d’après le minéral le plus répandu qui en fait
partie : le kaolin.
Le feuillet élémentaire se compose d’une couche de tétraèdres et d’une couche octaédrique (type 1/1
ou Te-Oc) (fig.6). Les couches sont soudées par des ponts hydrogènes (H2). La liaison entre feuillets
est tellement forte et étroite qu’aucun ion métallique ne peut entrer dans l’intervalle (fig.6bis) Elle a
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également pour conséquences que la kaolinite typique ne gonfle pas et ne s’écarte pas. L’écart des
faces basales est fixé à 7,1Å. Le feuillet de la kaolinite est électroniquement neutre.
La substitution isomorphique est très peu développée. Ainsi la charge totale du feuillet reste petite.
Outre la kaolinite propre, la famille comporte encore l’Halloysite et la Métahalloysite. La
distinction entre ces différentes espèces est essentiellement cristallographique, basée sur le mode
d’empilement des feuillets.
L’halloysite renferme dans les intervalles entre les feuillets élémentaires une couche monomère
H2O, qui fait passer la distance de 7.1Å à 10Å. En chauffant l’halloysite, on chasse l’eau et on obtient
la métahalloysite dont les propriétés correspondent à celles de la kaolinite.
Un représentant trioctaédrique (rare) de la famille des kaolinites est la Serpentine, formée par
altération des péridots (olivine), avec des ions Mg++ au centre des octaèdres,
La famille des kaolinites est plus répandue dans les sols des régions tropicales.
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Dureté : 2 à 2.5
Densité : 2.4 à 2.64
Coloration faciès : minéraux blancs, blanc-gris ou légèrement jaunâtres, masse onctueuse au
toucher, parfois compacte
Solubilité : peu attaquables aux acides, exceptés à l’acide fluorhydrique (HF).
La dénomination ‘’Illite’’ proposée par R.E.Grim (1953) vient de l’Etat de l’Illinois (USA) où les
illites ont été décrites pour la première fois (1937). Plus abondantes dans les régions nord du globe.
Ce sont des minéraux argileux à trois couches (2/1) ou T-O-T (fig7) de type micas ; riches en
potassium (cation intermédiaire), dioctaédriques ; de formule générale :
Ces argiles sont caractérisées par des substitutions déficitaires en couches tétraédriques, un Si4+
remplacé par un Al3+. Ceci pour environ un tétraèdre sur quatre. Ce déficit de charge positive confère
au feuillet une charge globale négative (0<x≤1). Et éventuellement par des substitutions déficitaires
en couches octaédriques (y0), avec x + y variant entre 0.6 et 1.
Lorsque x = 1 et = 0 on retrouve le mica muscovite :
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Fig.9.- Représentation schématique de l’illite (équidistance stable à cause des ions K+).
Fig. 9 bis. Représentation schématique de l’illite (équidistance variable à cause des ions Ca ++).
Elles ont le même type de feuillet à 10Å que les illites. Cependant dans ce cas les feuillets peuvent
être écartés par les molécules de solvants, en particulier par l’eau avec laquelle on obtient des
distances apparentes de 14 à 17Å.
Les vermiculites.
Elles portent cette dénomination, parce que les feuillets de vermiculites font des mouvements
roulants comme des vers quand on chauffe ce minéral. Il s’agit de phyllites 2/1, généralement
trioctaédriques, complexes, voisines du point de vue cristallographique et cristallochimique.
Formule générale :
(Si4-x Alx)O10 Mg3-y (Al, Fe3+)y (OH)2 Mg x - y
2
25
Avec x-y allant de 0.6 à 1 (0.6 à 0.7 = vermiculites de basse charge et de 0.8 à 1 = vermiculites de
haute charge).
Du point de vue cristallochimique, ces argiles sont caractérisées, à la fois, par des substitutions
isomorphiques déficitaires en couches tétraédriques (x 0 et pouvant être 1) et par des
substitutions excédentaires en couches octaédriques (y 0).
Fig. 10. Représentation schématique de la vermiculite (équidistance variable à cause des ions
Mg++)
Habituellement ces minéraux proviennent de la transformation des micas : biotite, phlogipite. (par
échange de K+ interfoliaires par d’autres cations hydratables). Ce qui explique le caractère
magnésien de leur couche interfoliaire
Les smectites.
Argiles de type 2/1. tri et dioctaédriques. Les cations interfoliaires sont échangeables, ce qui donne
une CEC élevée de l’ordre de 80 à 120 méq/100g d’argile.
Elles ont des propriétés d’expansion très élevées (17Å) dans l’eau liquide ou en présence de
polyalcools tels que l’éthylène glycol ou le glycérol. Ces propriétés correspondent à une valeur de
charge de feuille plus basse (0.6 à 0.2).
26
Les smectites présentent un empilement très désordonné allant jusqu’à la structure turbostratique.
La distinction entre les différentes espèces se fait d’après les critères cristallochimiques : série di ou
trioctaédrique, alumineuse ou ferrifère ; le degré de substitution isomorphique en couche
tétraédrique et/ou octaédrique.
La série, de loin, la plus abondante est la série dioctaédrique, où Al3+ dans les octaèdres
remplace Mg2+. Ce sont les smectites les plus fréquentes dans les gisements exploités (Afrique
du Nord). Formule générale :
Fig. 11. Représentation schématique de la montmorillonite (équidistance variable à cause des ions
échangeables).
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(Si4 -x Alx)O10 Al2 (OH)2 Mx.
NB : le milieu, où se forment ces minéraux, doit évidement posséder une concentration suffisante
en silice et en cations : Ca++ ; Mg++ ; Na+ ; Fe3+ ; etc.
Dans les montmorillonites, l’équidistance dépend du nombre de molécules d’eau qui vont glisser
dans les espaces interfoliaires (gonflement). Le nombre est lui-même fonction de la taille et de la
valence du cation saturant (cation qui compense les charges négatives libérées) Et pour le même
cation, de l’humidité relative. Exemple :
pour Ca-montmorillonite à 60% d’humidité : 14Å.
pour Na-montmorillonite à 60% d’humidité : 12Å.
Les Chlorites.
Ces argiles, dénommées Chlorites, à cause de leur couleur verdâtre, sont maintenant classées dans
les argiles 2/1, avec une couche octaédrique supplémentaire. La structure comprend donc
successivement : T-O-T = feuillet à 10Å avec une couche octaédrique (parfois appelée hydroxyde)
supplémentaire (fig.8). L’ensemble donne un feuillet du genre illite, trioctaédrique magnésien,
auquel s’ajoute une couche brucitique [Mg (OH) 2], octaèdre centré sur Mg++ et dont les sommets
correspondent à des OH-.
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Formule générale : (Mg, Fe, Al)3 (Si, Al4O10) (OH)2 + 3Mg (OH)2.
On distingue :
les vraies chlorites héritées des minéraux primaires des roches pour lesquelles cette
couche supplémentaire est continue et très stable (jusqu’à 500°C).
les chlorites secondaires pour lesquelles on a des cales hydroxydes discontinues, qui se
détruisent au départ des hydroxydes par chauffage avant 500°C.
L’équidistance des vraies chlorites est stable, les pseudos chlorites sont gonflantes, des molécules
d’eau s’intercalent entre les feuillets (équidistance apparente = 14Å)
CEC : 10-40méq/100g.
Il y a substitution dans la couche tétraédrique compensée par une substitution octaédrique.
En réalité, dans les sols ou les sédiments, les minéraux les plus fréquents sont des minéraux
interstratifiés pour lesquels on ne trouve pas un seul type de feuillet dans les particules, mais
plusieurs. Les exemples les plus classiques sont les interstratifiés : Illites-smectites, qui sont
constitués à la fois de feuillets à 10Å potassiques et des feuillets expansibles et qui
correspondent à différents stades de transformation des smectites en illites (évolution par ouverture
des feuillets d’illite dans l’altération et la pédogénèse).
Ce sont particulièrement des feuillets plus ou moins hydratés de types : montmorillonite, illite,
chlorite gonflante et même kaolinite. On peut les diviser en deux classes :
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Interstratifiés dits non réguliers : désordre total, empilement désordonné :
ABBABABBB.
Dans les phyllosilicates, sensu stricto, tous les tétraèdres des couches siliciques pointent dans la
même direction. Dans les argiles fibreuses (pseudophyllites) les tétraèdres sont associés en bandes
plus ou moins larges avec leur sommet pointé alternativement d’un côté ou de l’autre (structure dite
en brique creuse). Exemple :
la palogorskite (attapulgite) : largeur de la bande correspond à 4 tétraèdres
(fig.11);
la sépiolite : 6 tétraèdres. Minéraux présents dans certains sédiments lagunaires ou dans les
sols des zones arides et semi-arides.
a b
Fig.12. Couche tétraédrique de phyllite (a) et de pseudophyllites (b) (d’après Bonneau et Souchier,
1979)
L’altération chimique des minéraux primitifs libère des ions métalliques. Ces ions étant libérés
forment des oxydes, des hydroxydes et des hydroxooxydes divers. Les métaux intéressés sont Si,
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Fe, Al et Mn. Les combinés chimiques en question constituent des néoformations typiques. Peuvent
également provenir de la décomposition des couches octaédriques des argiles, comme ils peuvent
servir d’éléments de base pour la reconstitution des argiles.
Ils sont toujours présents dans les sols. Le plus souvent en faibles quantités (< 5%) dans les sols des
régions tempérés, mais ils peuvent devenir des constituants majoritaires dans les sols
tropicaux (Herbillon, 1994). Leur rôle est important. Ils peuvent servir à définir les processus de
pédogenèse. Ils donnent souvent leur couleur aux sols (sols rouges, méditerranéens ou tropicaux) et
interviennent de manière notable dans les propriétés physiques et chimiques des sols.
Les oxydes et hydroxydes se trouvent dans le sol en fonction des conditions du milieu, notamment
les conditions climatiques.
C’est surtout dans les sols tropicaux que les oxydes et hydroxydes représentent une partie
considérable de la fraction argileuse de la masse solide en totalité.
Cette accumulation des oxydes et hydroxydes est due à l’altération chimique intense des minéraux
primitifs. La couleur rouge ou rouille des sols ferrugineux ou ferralitiques repose sur la forte teneur
en hématite.
La bonne structure de ces sols tropicaux rouges est essentiellement conditionnée par les oxydes et
hydroxydes vieillis de fer et d’aluminium. Les oxydes et hydroxydes de silicium et d’aluminium
jouent un rôle important à l’égard de la formation des durcissements (cuirasses) à la surface du sol
ou à l’intérieur du profil.
Les sols jeunes, sur des dépôts de cendres volcaniques, qui se distinguent par une altération chimique
intense, sont particulièrement riches en oxydes et hydroxydes non cristallisés.
Les oxydes et hydroxydes de Si, Al, Fe et Mn sont également présents dans les sols en climat
tempéré. Mais dans ces sols se sont surtout les minéraux argileux qui prédominent, tant du point de
vue quantitatif que qualitatif. Les montmorillonites et les illites sont plus stables qu’en climat chaud,
de sorte que la décomposition de la plupart des minéraux n’atteint pas le stade des oxydes et
hydroxydes. Une partie de la silice et de l’alumine est consommée par les néoformations.
31
a.5 Les principaux représentants des oxydes et hydroxydes
Formes amorphes : ces formes sont en rapport avec l’intensité de l’altération des minéraux
primitifs d’un côté et de l’intensité de la néoformation de l’autre.
Les rapports quantitatifs entre les quatre minéraux libérés sont déterminés par :
la composition de la roche-mère ;
la consommation pour la néoformation des minéraux argileux ;
par l’entraînement des eaux de percolation.
Formes cristallines : le plus souvent ce sont les oxydes et les hydroxydes cristallisés qui donnent
au sol sa couleur typique.
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Le Corindon (Al 2O3) : excellent abrasif. Le saphir bleu, les rubis rouges, jaune, l’émeraude
orientale verte, la topaze orientale jaune sont des variétés gemmes de corindon.
Le tableau 4 résume les composés les plus fréquents (Robert ; 1996). Leur structure est basée sur
l’empilement d’octaèdres (souvent hexagonal compact) et le degré de remplissage des cavités
octaédriques par le fer ferrique (rayon = 0.64Å) ou l’aluminium (0.51Å)
Les oxydes de Mn moins étudiés dans les sols que les oxydes de fer et d’aluminium, apparaissent
également très importants par leurs propriétés de charges et de surface, leur formation est, comme
pour le fer, très dépendante des conditions d’oxydoréduction du milieu.
Hydroxydes
Groupe Sesquioxydes Oxyhydroxydes Orthohydroxyde Hydrates
s s
cations cubique Rhomboédriqu Orthorhombique Monoclinique Amorphe
e
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Fe2O3 FeOOH
Fe2O3 Fe2O3
Fe3+ Maghémit Lépidocrocit Fe2O3.xH2O
Hématite Goethite
e e
Stilpnosidérit
AlO2H e
Al2O3 AlOOH
Al3+ (Fe2O3 Diaspor Ferrihydrite
Corindon Boehmite
e Al(OH)3 AlO,xH2O
Gibbsite Cliachite
Ce sont des aluminosilicates hydratés non cristallins, se présentant sous forme de sphères creuses de
35 à 50Å de diamètre. Les deux types de silicates amorphes les mieux connus sont les
aluminosilicates et les ferrosilicates.
Exemple : l’allophane = aluminosilicate typique des sols jeunes dérivés des matériaux volcaniques
(identiques à la kaolinite), forme avec la matière organique des complexes organométalliques
immobiles et stables.
Ces gels amorphes possèdent de très grandes surfaces spécifiques et les sols riches en ces composés
(andosols développés sur roches volcaniques) ont des propriétés exceptionnelles de fixation des
composés chimiques et de rétention de l’eau (Robert, 1996).
Les gels amorphes peuvent précéder l’apparition de minéraux phylliteux et sont dans ce cas l’indice
d’un stade juvénile. Dans d’autres sols, les phases amorphes proviennent de l’altération de minéraux
argileux préexistants et indiquent alors un stade sénile.
Importance pratique des constituants minéraux
Propriétés des éléments fins : les argiles
Ces minéraux sont surtout caractérisés par la finesse de leur dimension qui leur confère une
importante superficie totale (tableau…) et une capacité de réagir de manière multiple avec des
composants divers du milieu.
Tableau. 5. Minéral argileux prédominant dans deux types de sols et surface spécifique.
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Caractéristiques Sols ferrugineux Vertisols
Taux d’argile 70% 50%
Minéral argileux prédominant Kaolinite Montmorillonite
Teneur de ce minéral dans la fraction argileuse 50% 40%
Superficie spécifique du minéral dominant 80m2 /g 800m2/g
Superficie totale du minéral prédominant dans la couche 84.000Km2/ha 480.000Km2/ha
arable (0-30 cm)/ha
Il est évident que les différents types d’argiles influent sur les propriétés du sol.
Influence sur l’état physique du sol : la teneur en argile et le type de minéraux argileux
présents déterminent quelques propriétés comme la cohésion, la plasticité et l’adhésivité, et leur
variabilité en fonction de l’humidité du sol. Les sols riches en argiles sont difficiles à travailler.
De tels sols exigent des forces de traction pour labourer, ils collent aux instruments aratoires et
ils ont des limites étroites de taux d’humidité permettant le travail du sol. Ce sont particulièrement
les sols à argile gonflante (montmorillonite) qui produisent de telles propriétés défavorables.
Influence sur la rétention de l’eau et de l’assimilabilité de l’eau par les végétaux. Les
sols riches en argiles gonflantes ont une grande capacité de rétention de l’eau. Mais une grande
partie de l’eau d’hydratation est retenue par des forces plus grandes que les forces de succion
engendrées par les racines des végétaux. Alors l’eau n’est plus assimilable. Cette propriété
défavorable peut s’atténuer par l’influence d’une forte teneur en humus du sol. L’humus, ainsi
que les oxydes et hydroxydes floculés confèrent au sol un état de porosité qui agit favorablement
sur la rétention de l’eau.
Du point de vue de l’alimentation en eau de la végétation, des sols contenant des quantités égales
d’argile peuvent différer profondément en fonction de la nature qualitative de l’argile.
Influence sur l’alimentation des végétaux. Les diverses argiles sont différemment riches en
éléments nutritifs comme : Ca++ ; Mg++ ; K+ ; etc. Par exemple les illites sont riches en potassium
tandis que les oxydes et hydroxydes libres en sont appauvris. Les argiles les plus riches sont
celles qui contiennent des minéraux à trois couches. L’autre aspect de l’importance des argiles
pour l’alimentation des plantes résulte de leur charge électrique. A cause de cette charge, les
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ions ou particules chargées sont attirés et retenus. Ainsi, les éléments nutritifs sont protégés
contre l’entraînement par l’eau de percolation.
Les différents types d’argiles ont des charges différentes, par la suite, ils se distinguent par leur
capacité d’adsorption. Les représentants des argiles les plus efficaces en vue de l’absorption
d’ions et de particules chargées sont les montmorillonites, les vermiculites et les jeunes
hydroxydes amorphes. Les kaolinites, les oxydes et hydroxydes plus ou moins cristallisés
produisent une adsorption restreinte.
L’importance des oxydes et hydroxydes de Si, Al, Fe et Mn repose sur les propriétés spéciales de
l’état amorphe. Dans les sols, non seulement, les gels mixtes se distinguent par un comportement
amphotère mais aussi les gels de l’hydroxyde de fer ou d’aluminium jouissent des propriétés
amphotères. Exemple : le comportement de la gibbsite dans différents milieux :
A cause de leur charge, les oxydes et hydroxydes peuvent être adsorbés par d’autres substances
chargées, par les minéraux argileux, par exemple. Cette adsorption signifie le passage de l’état
dispersé à l’état floculé. Par le processus d’adsorption les oxydes et hydroxydes sont préservés de
l’entraînement.
Les forces répulsives provenant des charges électriques stabilisent une substance colloïdale à l’état
dispersé. Au P.I.E les particules colloïdales floculent aisément parce que les forces de répulsion
n’agissent plus. Dans les sols dont le pH subit des variations saisonnières, la floculation des oxydes
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et hydroxydes, formés au cours de l’altération chimique des minéraux primitifs, est favorisée. La
floculation des oxydes et hydroxydes influence largement l’état physique, notamment la formation
de la substance du sol.
LECTURE
A retenir
Les argiles désignent de très fines particules de matière arrachées aux roches par l'érosion. Observées
au microscope, elles ont la forme de plaquettes, ce qui explique leur plasticité. La plupart de ces
particules proviennent de la désagrégation de roches silicatées : du granite (mica et feldspath), du
gneiss ou encore des schistes. Ces particules sont transportées par le vent ou l'eau sous forme de
limon ou de vase. Les fleuves véhiculent des argiles qui finissent par se déposer en alluvions, dans
le cours d'eau lui-même, à son embouchure, dans un lac ou dans la mer. Les dépôts peuvent alors
sédimenter et former une roche argileuse par diagenèse : déshydratation et compactation. En tant
que roches sédimentaires, les affleurements argileux présentent une succession de strates empilées
les unes sur les autres, qui ressemblent à un feuillet.
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1/Minéralogie: les minéraux argileux sont des phyllosilicates, minéraux composés d’oxygène et de
silicium composant des tétraèdres (SiO4) qui s’unissent en constituant un plan; on y trouve aussi des
métaux : Mg, Al, Fe. Les minéraux argileux sont composés de couches tétraédriques (Te) dont
l’épaisseur est de 3 angströms: l’oxygène occupe les sommets du tétraèdre et le centre est occupé
par un atome de Si ou d’Al, et de couches octaédriques (Oc) dont l’épaisseur est de 4 angströms: les
octaèdres ont leurs sommets occupés par des oxygènes ou des hydroxydes OH dont le centre est
occupé par un atome d’Al (couche dioctaédrique) ou de Mg (couche trioctaédrique). Dans ces deux
types de couches, les charges électriques non compensées par l’oxygène sont équilibrées par des
cations (Ca, Mg, K, Na, H, fixés sur la face extérieure et facilement échangeables avec des cations
de la solution du sol ; ils définissent la Capacité d’Échange Cationique (CEC).
Exemple de minéraux argileux : kaolinite, illite, glauconites, montmorillonites, beidellite, bentonite,
vermiculite, muscovite, chlorite, etc.
2/ Granulométrie : ce sont les particules dont le diamètre est inférieur à 2µm : pour les argiles
grossières : 2 à 0,2 µm, et pour les argiles fines : <0,2 µm. Ces particules sont des minéraux argileux,
des gels amorphes, du quartz, du calcaire, des oxydes, etc.
5/ Agronomie : terre compacte ou plastique selon son humidité. On parle aussi d’une terre lourde.
6/ Géologie : Argile est un faciès qu’on trouve dans les notices des cartes géologiques ; on utilise
maintenant le terme de argilite, qui est une roche constituée essentiellement d’argiles indurées ayant
subi une diagenèse. On trouve aussi divers faciès lithologiques utilisant le terme d’argile.
L’argile est utilisée pour remettre en ordre un organisme fatigué, et non pour compenser de
mauvaises habitudes.
Par exemple, en cas de gastralgies, on prendra de l'argile en complément d'un régime diététique
visant à adoucir la muqueuse de l'estomac, et non en continuant de boire de l'alcool et de manger
des plats épicés. Ainsi, incluse dans un protocole naturothérapeutique adéquat, l’argilothérapie
donnera les meilleurs résultats.
L’argilothérapie (= traitement par les argiles) traite des cas de : colites-Douleurs d’estomac-
Angines-Rhumes-Hémorroïdes-Règles douloureuses-Abcès-Brûlures-Traumatismes sans plaies-
Plaies
Comme on l’a vu, une argile peut être absorbante. En cosmétique, cette propriété permet d’absorber
des œdèmes ou les épanchements de liquide, et de dégraisser les cheveux tout en les rendant brillants.
Une argile peut aussi être adsorbante. Dans ce cas, elle capte les toxines et bactéries. Elle est donc
utilisée pour entretenir la peau, nettoyer et traiter les plaies
Acide, une argile a également la propriété d’équilibrer le pH de la peau et de détruire les germes.
Une argile est enfin un excellent pansement 100 % naturel. En cosmétique, elle permet de cicatriser
une plaie tout en la protégeant des microbes et bactéries.
En cosmétique, on utilise l’argile sous forme de masque de beauté, de cataplasme, d’enveloppement.
b.Les sables.
On distingue deux sous classes granulométriques : les sables grossiers, diamètre entre 2 mm et 0.2
mm et les sables fins dont le diamètre est compris entre 200 μ et 50 μ.
En fonction de la densité des minéraux, on sépare deux fractions dans les sables : les minéraux lourds
(d > 2,9) et les minéraux légers (d < 2.9).
* les minéraux lourds. Ce sont les plus résistants aux attaques des agents de la pédogenèse. Ce sont
donc des témoins et des résidus du matériau originel du sol. On détermine le pourcentage de chaque
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espèce minérale et on peut construire des graphiques ou des tableaux correspondant au spectre de la
répartition des minéraux lourds de la fraction sableuse.
* La morphoscopie. C'est l'étude de l'aspect extérieur des minéraux. On s'adresse surtout aux
quartz,qui, étant très durs et très nombreux, gardent les traces d'usures auxquelles ils ont été soumis
très longtemps. La forte résistance du quartz à l'altération en fait un enregistreur des actions
physiques et chimiques auxquelles il a été soumis.
* les minéraux légers. Ce sont surtout des quartz mais aussi des feldspaths, des micas et des
feldspathoïdes. Ce sont des minéraux très importants car ils constituent une réserve de potasse ainsi
que d'autres ions (Na, Ca, Fe, Mg, etc.) dans le sol.
c. Les limons.
Ils sont constitués des mêmes minéraux que les sables. Mais leur rapport surface / volume est plus
grand et l'altération fait disparaître les limons assez rapidement. Dans les très vieux sols des régions
à climat lixiviant, la teneur en limons est très faible.
d. Les carbonates
Avec les chlorures et les sulfates, les carbonates sont caractérisés par leur solubilité relativement
forte comparée à celle des silicates.
Le carbonate le plus abondant est la calcite (CaCO3). Les autres minéraux carbonatés que l'on peut
rencontrer dans les sols sont la dolomite (Ca.Mg(CO3)2), la sidérite (FeCO3) et le carbonate de
sodium (Na2CO3), ce dernier uniquement dans les sols halomorphes alcalins, à pH supérieur ou égal
à 8.5.
Les teneurs en CaCO3 dans les sols qui en contiennent sont très variables : de quelques % à plus de
70%. Toutefois, le dosage des carbonates totaux n'a souvent d'autre intérêt que de classer les sols
carbonatés en fonction d'une échelle d'appréciation.
Ce qui est important de point de vue agronomique et écologique c'est la réactivité du CaCO3. Ce
dernier quand il a une taille inférieure à 20 μm correspond, pour les pédologues, au calcaire actif
(fraction carbonatée susceptible de se solubiliser rapidement dans le sol).
Ils se présentent dans les sols sous différentes tailles : depuis les cailloux (très peu actifs) jusqu'aux
poudres argileuses constituées de Ca CO3 (calcaire actif). Ce calcaire fin peut, soit être hérité, soit
être issu de l'altération physique d'un roche carbonatée, soit encore provenir de la précipitation de
calcite dans certains horizons du sol sous forme de revêtements microcristallins (pseudomycelium),
de ciment liant les particules entre elles ou même de petites concrétions ou nodules carbonatés
(calcaire secondaire).
L'accumulation de calcaire secondaire nécessite une dissolution préalable d'un matériau carbonaté,
soit dans les horizons supérieurs d'un profil, soit en position amont dans une séquence de sols. Ce
40
phénomène est particulièrement développé dans les sols des régions méditerranéennes et semi-arides
(notamment au Maroc). Ce phénomène aboutit à de véritables croûtes et encroûtements calcaires
extrêmement importants.
L'enchaînement des processus de dissolution et de reprécipitation de la calcite dans les sols est lié
aux conditions du milieu. La solubilité du CaCO3 dans l'eau augmente lorsque la pression partielle
de CO2 croît et diminue au fur et à mesure que la température augmente.
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humus.La vitesse de transformation varie de moins d'un an (feuille de hêtre en milieu neutre) à dix
ans et plus(aiguille de pin en milieu acide). Les animaux facilitent cette transformation mécanique
des débris et par prédigestion et dissémination de leurs boulettes fécales (petits arthropodes).
Les matières organiques du sol peuvent être sommairement réunies en quartes groupes de substances
;
1- Les végétaux et animaux vivants. Ils sont sur le sol et dans le sol, représentent
plusieurs
tonnes à l'hectare et influent directement sur les propriétés du sol.
3- Les produits transitoires. Ce sont les maillons de cette chaîne de transformations partant
des matières organiques fraîches et aboutissent, pour la plupart, à des substances minérales simples
(gaz carbonique, phosphates, carbonates.. de Ca, de Mg, de Na...).
La première étape de la décomposition des matières organiques jeunes comprend deux phases :
Une phase de prolifération microbienne à partir de substances faciles à décomposer ce qui entraîne
la libération de CO2, H2O et de l'énergie.
Une phase de décroissance microbienne et de libération de substances nutritives organiques et
minérales. Ces substances, utilisables par les plantes, sont pour la plupart immédiatement fixées par
les forces de liaison de l'argile et de l'humus, ou servent à la synthèse de l'humus.
Les produits transitoires constituent la fraction jeune des matières organiques ou " humus jeune ".
Or certains de ces produits au lieu de se minéraliser complètement vont stopper leur évolution. Leur
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molécules, au lieu de se décomposer, vont se regrouper, se condenser, se " polymériser " pour aboutir
à des substances nouvelles à très grosses molécules qualifiées d'acides humiques. C'est la deuxième
étape de l'évolution des matières organiques dans le sol : l'humification.
4- Les acides humiques ou " humus stable ". Ils sont donc synthétisés au cours de
l'humification. Les matières premières de la synthèse de l'humus sont : des résidus de lignine et de
cellulose oxydées, des matières azotées (protéines, acides aminés, ...) et des sels minéraux.
Ils forment un humus moins durable. Formés en sol légèrement acide, où l'activité microbienne est
moins intense et à partir de végétaux plus ligneux, ils proviennent d'une modification des molécules
44
de lignine par oxydation, polymérisation et fixation d'azote, que de synthèse microbienne. Il s'agit
donc plus d'un humus résiduel que d'un humus de synthèse.
Plus pauvres en azote que les acides humiques gris, ils sont constitués de plus petites molécules,
moins Polymérisés, plus difficiles à floculer par le calcium et forment avec l'argile un complexe
moins stable: cet humus, plus rapidement minéralisé, disparaît plus vite du sol.
46
absorbant est saturé par des cations alcalino-terreux, surtout le calcium. Le pH du sol est alors voisin
de la neutralité. Le calcium assure une liaison très tenace entre les particules argileuses et l'humus
et la structure est favorable.
Les plantes se nourrissent en échangeant les cations dont elles ont besoin (K+, Ca++ et Mg++) contre
des ions H+ quelles puisent dans l'eau.
6. 4. 3- Le complexe argilo-humique.
Comme son nom l'indique, il s'agit de l'association de composés organiques avec les constituants
argileux de la fraction minérale du sol.
De nombreuses études ont montré que la majeure partie de la matière organique humifiée est liée à
la fraction argileuse du sol. Fréquemment 50 à 80 % de cette matière organique est adsorbée sur les
argiles. Il est toute fois difficile de savoir avec précision qu'elle est la surface des particules
argileuses qui est couverte par les composés humiques. Quant à la nature des liaisons, plusieurs
mécanismes ont été évoqués : attraction électrostatique, liaison par ponts hydrogène, adsorption
physique, complexes de coordination.Il est probable que ces différents types de liaisons jouent
simultanément et son fonction de la naturedes composés organiques et minéraux. Lorsqu'il y a un
nombre suffisant de points de contact entrecomposé organique et argile, il devient virtuellement
impossible de séparer les deux constituants.
Il est clair que la formation de tel complexes a pour effet de favoriser la structuration du sol par
augmentation de la cohésion inter-agrégats. La stabilité de ces agrégat est mesurée par des tests de
stabilité texturale.
Fig 15: Liaisons entre les polymères organiques et les particules d'argile.
Le sol est une dispersion stable de particules colloïdales (1 à 1 000 nanomètres de diamètre)
dans un liquide et dans laquelle le système paraît de prime abord être constitué d'une seule
phase liquide homogène. Une suspension colloïdale est le nom donné aux dispersions de
particules fines dans un milieu; le diamètre des particules entre 1 et 1000 nm. Dans les sols :
particule de très petite dimension (de 0,5 à 1 micron), soit minérale (par
exemple argile colloïdale), soit organique (par exemple humus). Les dispersions colloïdales
se présentent sur des surfaces relativement grandes.
Une propriété à noter : les particules colloïdes ont généralement la propriété d'attirer
fortement à leur surface divers minéraux.
Le nom de "colloïde" ou d'une solution colloïdale vient de la racine grecque kolas qui
signifie "qu'il peut coller". Ce nom fait référence à l'une des propriétés principales des
colloïdes : leur tendance spontanée à ajouter ou à former des caillots. De là vient également
le mot "cola", le fluide pâteux utilisé pour coller. Les colloïdes affectent également le point
d'ébullition de l'eau et sont polluants.
Les colloïdes diffèrent des suspensions chimiques, principalement par la taille des
particules de la phase dispersée. Les particules dans les colloïdes ne sont pas directement
visibles, elles sont visibles au niveau microscopique (entre 1 nm et 1 µm) et dans les
suspensions chimiques, elles sont visibles au niveau macroscopique (plus de 1 µm). De plus,
au repos, les phases d'une suspension chimique se séparent, contrairement à celles d'un
colloïde. La suspension chimique est filtrable, alors que le colloïde n'est pas filtrable.
48
Les systèmes colloïdaux sont des systèmes non homogènes dans lesquels les particules
constituant un ou plusieurs de leurs composants (phase dispersée ou dispersée) ont des tailles
comprises entre 10 et 2000 Å, tandis que les composants restants sont constitués de particules
inférieures à environ 10 Å (phase dispersante ou milieu de dispersion).
Dans certains cas, les particules sont de grosses molécules, comme des protéines. Dans la
phase aqueuse, une molécule est pliée de telle sorte que sa partie hydrophile se trouve à
l'extérieur, c'est-à-dire la partie qui peut former des interactions avec les molécules d'eau par
le biais de forces dipolaires ioniques ou de forces de ponts hydrogène. partie externe de la
molécule. Les colloïdes peuvent avoir une certaine viscosité (la viscosité est
la résistance interne d'un fluide : liquide ou gazeux, au mouvement relatif de ses molécules).
Les colloïdes sont classés en fonction de la magnitude de l'attraction entre la phase dispersée
et la phase continue ou dispersante. Si ce dernier est liquide, les systèmes colloïdaux sont
classés en "sols" (substrats au sens chimique) et subdivisés en "lyophobes" (peu d'attraction
entre la phase dispersée et le milieu dispersant) et les "lyophiles" (grande attraction entre la
phase dispersée et le milieu dispersant).
Dans les colloïdes lyophiles, la phase dispersée et le milieu dispersant sont liés, ils forment
donc des solutions vraies et ont un caractère thermodynamiquement stable; alors que les
colloïdes lyophobes sont ceux où la phase dispersée et le milieu dispersant ne sont pas liés,
ils peuvent former deux phases et avoir un caractère cinétiquement stable.
Chapitre III
Organisation morphologique des sols
1-Introduction
Le matériel brunâtre sur lequel on marche et qui salit nos chaussures, n’est que la partie superficielle
du sol.il est superbement composé de débris de roches de grains de sable et d’argile ,de morceaux
de plantes et d’animaux morts. Entre ces éléments, il ya plus ou moins d’espace ou circulent l’air et
l’eau et ou vivent une multitude d’etre vivants, tous ça fait partie du sol.De quoi formé un sol?
2-Définition
Le sol est composé du plusieurs couches, dont on trouve une couche superficielle se nomme
litiére,c’est l’accumulation des débris végétaux
L’humus est la couche sous la litière Sous l’humus , c’est le sol proprement dit. C’est là que
sebtrouvent généralement les racine des arbres.
49
Le sol est généralement enrichi par les éléments minéraux provenant de l’humus . Cette couche
possède différents horizon qui servent à nommer le type de sol. Enfin , la dernière couche se nomme
la roche mère.
3-2.Structure : façon dont ses constituants sont agencés les uns par rapport aux autres. Dans un
sol brun, on a des agrégats de sable et de complexe argilo-humique qui peuvent être agencés de
façon plus ou moins fragmentée.
3-3.Porosité : volume total des espaces laissés libres entre les agrégats ou les particules
solides. Elle conditionne la circulation de l'eau, des gaz et de certains animaux dans
4- L’horizon pédologique:
Ce sont des volumes pédologiques plus ou moins parallèles a la surface du terrain. Chaque horizon
se décrit en termes d’un ou plusieurs types d’assemblages et de leurs relations. L’horizon est
généralement considéré comme l’unité de base de la caractérisation locale de la couverture
50
pédologique. Les couches du sol constituent différents horizons. Ils se différencient au cours de
l’évolution du sol et témoignent de son histoire, Il existe trois types d’horizon :
1-les horizons organique
2-les horizons organo-minéraux
3-les horizons minéraux
4.1.Horizons de référence
Les horizons de référence sont dénommés, selon une nomenclature internationale, par des
lettres: O, A, B,.... On distingue deux groupes d’horizons : Les horizons humifères ou organiques
et Les horizons minéraux.
.
Fig17 :L’horizon pédologique.
51
Tableau 3 : Les principaux horizons de référence
Groupes d’horizons Symboles Caractéristiques
Oh
décomposés par l'activité biologique. La température et
l'humidité y sont optimales.
Horizon humifié, les végétaux sont transformésen
humus. Les formes originelles ne sont plus
reconnaissables.
52
Horizon mixte A Composé d'éléments minéraux et d'humus. Sa structure
Les horizons minéraux E Horizon lessivé (ou éluvial), appauvri par l'eau
sont les moins riches en d’infiltration en ions, en argiles, en composés humiques
organismes vivants. Ils et en hydroxydes de fer et d'aluminium. Il est sous
contiennent moins de l'horizon A, de couleur claire, sol lessivé.
17% de carbone
organique B Horizon d'accumulation (illuvial). Il est riche en
éléments fins (argiles, hydroxydes de fer et d'aluminium,
humus), situé sous l’horizon E.
53
5 -Les profils pédologiques
Le profil de sol est l’ensemble des horizons d’un sol donné; chaque horizon étant une couche
repérable et distincte de ce sol. Ces horizons sont d’autant plus distinct que le sol est évolué. En
effet, la formation et l’évolution des horizons sous l’influence des facteurs écologiques conduisent
à la différenciation de couches de natures différentes.
6 - Structure
Elle désigne le mode d’assemblage des particules qui composent un sol. Elle s’observe et se décrit
à deux niveaux : structure proprement dite, à l’échelle macroscopique et microstructure ou
micromorphologie à l’échelle microscopique. La structure détermine la répartition dans l’espace
de la matière solide et des vides. Cette répartition conditionne l’ensemble des propriétés physiques
fondamentales du sol : aération, respiration des racines, rétention d’eau, etc...
6.1- Origine des structures
Elles résultent de processus de nature variés, biologique, chimique et enfin, physique et
mécanique. La dominance de tel ou tel processus est à l’origine des divers types de structures. Le
rôle des ciments floculés est considérable. Il s’agit des éléments fins ou colloïdaux formant des
ponts ou des revêtements autour des particules minérales plus grossières et les liants entre elles
plus ou moins intimement.
55
6.2- Classification des structures
Structure particulaire : résulte de l’absence totale de cohésion entre les particules constituants le
matériau. Il s’agit de sols à texture grossière, sable ou sable limoneux.
* Structure massive ou cohérente : correspond à un assemblage continu et cohérent sans faces de
dissociation marquées. Il y a insuffisance de ciments argilo-humiques floculés pour former des
agrégats. Il existe cependant des ciments minéraux très diffus, en pellicules autour des particules,
ce qui augmente la cohésion de l’ensemble. Ce type de structure se rencontre dans des sols à
texture fine (limoneux).
**Structure fragmentaire : caractérisée par l’arrangement des particules élémentaires en agrégats
de formes et de dimensions très variables.
** Structures construites : le ciment d’origine biologique joue un rôle important.
** Structure grenue : agrégats subsphériques peu poreux de 1 à 10 mm.
** Structure grumeleuse : agrégats de forme arrondie irrégulière, très poreux, de 1 à 10 mm
** Structure nuciforme : à éléments arrondi irréguliers de taille supérieure à 1 cm.
** Structure par fissuration : le retrait et le gonflement sont les principaux facteurs en jeu.
** Structure polyédrique : éléments cohérents, isodimentionnels, à arêtes vives de quelques mm à
plusieurs cm.
** Structure prismatique : la dimension verticale est la plus grande et peu atteindre un à plusieurs
dm.
** Structure lamellaire : la plus forte dimension est horizontale (fragipan).
56
6. 3- Conséquence de l’agencement des agrégats : la porosité.
La porosité représente le volume des vides du sol occupés par de l’eau ou de l’air et exprimé en
pourcent du volume total. Cette porosité totale qui varie selon les sol de 30 à 70 %, n’a pas de
signification écologique par elle-même, car seuls les vides d’une dimension suffisante permettent
drainage, aération et pénétration raçinaire.
La microporosité correspond au volume des pores capillaires retenant l’eau après ressuyage. On
la subdivise en microporosité (pores de réserve, retenant l’eau capillaire absorbable par les
végétaux, compris entre 8 et 0.2 μm) et microporosité très fine (pores résiduels, retenant l’eau
capillaire non absorbable, de taille inférieure à 0.2 μm).
La macroporosité correspond au volume des vides du sol occupé par l’air après ressuyage. Il s’agit
de pores assurant la circulation de l’eau et de l’air. Ce sont donc ces pores de transmission qui
permettent le drainage du sol et rendent également possible la mobilisation dans les profils des
substances solubles et l’évacuation des produits de l’altération.
Signalons enfin qu’on fait souvent la distinction entre la porosité texturale résultant de
l’assemblage des particules minérales élémentaires et la porosité structurale qui provient de
l’agencement spatiale des agrégats structuraux.
6.4 – Consistance
Elle traduit la cohésion et la résistance à la pression des unités structurales. La consistance varie
en fonction de la granulométrie, du type de structure, de sa stabilité qui peut être différente selon
le degré d’humidité du sol. On emploi des adjectifs tels que : meuble, friable, cohérent et durci,
pour désigner une résistance croissante à la pression. Un sol argileux peut être compact et même
durci (à l’état sec),ou plastique (à l’état humide).
7 - L'eau du sol.
7 . 1- Généralités.
L'étude de l'eau du sol comporte deux aspects : 1° un aspect statique, qui est la capacité de
rétention en eau du sol, en liaison directe avec la disponibilité en eau pour les plantes. 2° un aspect
dynamique :
il s'agit de la circulation de l'eau dans le sol, c'est à dire les transfères verticaux ou latéraux de la
phase liquide du sol.
Ces deux aspects dépendent tous, directement ou indirectement, de la porosité du sol et des type
de porosité qui y sont développés.
57
7. 2- Les états de l'eau du sol.
7. 2. 1- Eau de gravité.
C'est l'eau occupant momentanément ou de façon plus ou moins permanente (eau de saturation)
les pores les plus grossiers du sol, ou la macroporosité. Cette eau est soumise à la pesanteur et
n'est donc pas retenue par le sol après ressuyage. C'est cette eau de gravité qui assure
l'entraînement des substances dissoutes ou en suspension. Elle contribue donc à la différenciation
des profils. On fait d'habitude la différenciation entre l'eau de gravité à écoulement rapide et celle
à écoulement lent.
7. 2. 2- Eau capillaire.
On distingue l'eau capillaire absorbable qui correspond à l'eau contenue dans la microporosité de
0,2 à8 μm (pores de réserve), et l'eau capillaire non absorbable ou eau liée, correspondant à la
porosité très fine < 0,2 μm (pores résiduels).
L'eau capillaire absorbable est donc l'eau retenue par le sol après ressuyage : elle est utilisable par
les végétaux. C'est en outre la phase liquide qui compose la " solution du sol ", c'est à dire le
réservoir des substances dissoutes et le milieu d'altération des minéraux.
7. 2. 3 - Eau hygroscopique.
C'est l'eau adsorbée par le sol au dépens de l'humidité atmosphérique. Il s'agit donc d'une mince
pellicule d'eau entourant les particules minérales et organiques. Très énergiquement retenue, elle
n'est susceptible d'aucun mouvement et n'est pas absorbable par les végétaux.
Les sols retiennent leur eau avec une énergie variable qui est fonction de leur texture ou de leur
contenu en matière organique. Il est donc possible de mesurer les forces de rétention de l'eau du
sol.
On aboutit ainsi à la notion de potentiel capillaire ou matriciel Ψ, définit en 1907 par Bruckingham.
En 1935, Schoffield a proposé d'utiliser la notion de pF, c'est à dire l'expression logarithmique du
potentiel capillaire : pF = log10 Ψ
68
Fig20 ;Les états de l'eau du sol
7. 3- Les mouvements de l'eau du sol.
Ils sont de trois types ; mouvements descendants (action de la pesanteur sur l'eau de gravité),
mouvements ascendants (capillarité) et mouvements latéraux (circulation oblique de l'eau
gravitaire).
7. 3. 1- Mouvements descendants et latéraux.
Ils correspondent aux processus d’infiltration des eaux dans les sols et les formations
superficielles. Cette infiltration est liée à la perméabilité du substratum et est exprimée par la
vitesse d’infiltration de l’eau gravitaire. La perméabilité d’un sol est d’autant plus élevée que la
porosité non capillaire (macroporosité) est importante. D’où l’influence prépondérante à cet égard
de la texture du sol mais aussi sa structure et de sa stabilité.
Si la perméabilité du sol est élevée, son ressuyage est rapide. A l’opposé, si cette perméabilité est
faible, particulièrement dans les horizons profonds, le drainage du profil devient déficient et il se
forme une nappe dite perchée, par engorgement plus ou moins prolongé des horizons de surface.
Cet excès d’eau, même temporaire, est à l’origine de processus d’hydromorphie qui influencent
fortement la pédogenèse (milieu réducteur, anaéorobiose, accumulation de matière organique mal
décomposée, dynamique particulière de fer, etc.).
La circulation latérale des nappes est liée à une topographie de versant. Les pédologues utilisent
parfois le terme de « lessivage oblique » pour désigner les mouvements latéraux des nappes. Cette
circulation latérale des eaux d’infiltration joue un rôle important dans la formation de certains sols
à horizons profonds indurés (cuirasses ferrugineuses tropicales, sols isohumiques à croûtes
calcaires, etc.).
57
7. 3. 2- Mouvements verticaux ascendants
Ils s’effectuent par remontées capillaires lorsque l’évaporation est suffisante pour déclencher le
mouvement ascendant de la solution du sol. Ce mouvement peut être entretenu par la présence
d’une nappe phréatique peu profonde.
La décroissance de la teneur en eau dans les horizons de surface a pour effet d’augmenter le pF,
d’où un appel par succion de l’eau des zones sous-jacentes à pF plus bas.
7.3.3- Rétention de l’eau Les forces de rétention sont principalement dues à la Matrice solide (
force d’adsorbtion et forces capillaires).L’énergie correspondante est le potentiel matriciel Pm. Ce
dernier dépend de la teneur en eau , selon une relation appelée (caractéristique d’hydratation).Il
est nul dans un milieu saturé en eau égal à -3 104 Pa à la capacité de rétention au champ et -15
105 Pa au flétrissement permanent des plantes .La rétention est aussi due à l’hydratation des solutés
quand la solution du sol est suffisamment concentrée.
68
8- Propriétés thermiques:
- l’humidité de l’air,
- la couleur du sol (un sol de couler sombre se réchauffe plus rapidement qu’un sol clair),
- son humidité (un sol sec se réchauffe plus rapidement qu’un sol humide),
- son exposition (le sol exposé au sud se réchauffe plus rapidement que le sol exposé au nord).
).
68
que celle d’éventuelles taches.
Voyons à travers quelques exemples, ce que nous indiquent les couleurs du sol :
10.1-Noir
La couleur gris-noire est généralement associée à la présence de matières organiques dans le sol.
On observe très souvent un gradient décroissant des teneurs en matières organiques le long des
profils de sol en lien avec les apports de qui s’effectuent à la surface du sol (fumier, lisier, feuilles
mortes, etc.). Dans des conditions bien spécifiques, on peut également observer, en profondeur,
des horizons très riches en matière organique. C’est le cas des sols tourbeux dans lesquels la
saturation permanente en eau du sol entraine une accumulation de matière organique.
10.2-Blanc
Elle est caractéristique d’une accumulation de sels dans le sol et est utile pour détecter des sols
carbonatés ou salés.
10.3- Couleurs Vives Associées Au Fer
Le fer est un des constituants déterminant dans la couleur des sols. Selon la forme sous laquelle
il se trouve dans le sol, cet élément prend des couleurs contrastées et différentes. Ainsi, en présence
d’oxygène dans le milieu, on trouve le fer sous sa forme oxydée, le fer ferrique Fe3+, qui forme
des taches dont la palette de couleurs est assez large (du jaune-orangées au rouge-brun). Quand
les êtres vivants du sol n’ont plus assez d’oxygène à disposition, il arrive qu’ils utilisent celui qui
est fixé au fer. Ce dernier passe alors sous sa forme réduite, le fer ferreux Fe2+, et prend alors des
teintes gris-vert.
10.4-Couleurs pales
Elles traduisent des phénomènes d’appauvrissement du sol en certains éléments colorants tels
que le fer ou les argiles. En effet, nous avons vu que sous forme réduite le fer devient mobile. Il
peut alors migrer dans le profil et s’accumuler à un autre endroit (transport vertical, latéral). Des
phénomènes de migration d’argile associée au fer peuvent également se produire, depuis des
horizons « éluviaux », qui s’appauvrissent, vers des horizons « illuviaux », d’accumulation. Ce
processus est appelé lessivage.
Des couleurs pâles s’observent également dans des sols qui se développent sur une roche pauvre
en fer (ex. : des argiles blanches).Les sols présentent donc une grande diversité de couleurs dont
l’étude nous permet de formuler des hypothèses sur leur composition et leur fonctionnement.
Certaines sont héritées de la roche mère (par exemple, le calcaire peut colorer le sol en blanc),
d’autres résultent de mécanismes complexes qui se déroulent au cours de la vie du sol.
57
10.5-La charte Munsell.
Un même observateur n'est pas certain d'utiliser les mêmes termes pour désigner les mêmes
couleurs, c'est pourquoi, les pédologues du monde entier utilisent couramment la charte
Munsell. La charte de couleur « Munsell soil color chart », code universel, traite de toutes les
couleurs.
L'évaluation s'effectue par comparaison avec les échelles colorées d'un nuancier, dans cet ordre
68
:
La teinte représente une nuance de couleur. Le système est basé sur 5 champs chromatiques de
base : R rouge, Y jaune, G vert, B bleu, P pourpre (entre les rouges et les bleus) plus 5 champs
intermédiaires. Chacune des couleurs est données en 10 nuances.
On définit les dix teintes principales. Chacune est alors divisée en dix secteurs numérotés de
sorte que le 5 marque le milieu de la tonalité et le 10 la frontière entre une teinte et la prochaine.
Ainsi l’on peut évaluer une couleur en fonction de cette teinte et l’identifier (5R, 10YR par
exemple).
Puis on évalue le degré de luminosité de la teinte entre 0 pour le noir et 10 pour le blanc.
De même, la saturation est évaluée. Elle commence au gris (0), les limites supérieures variant
de couleur en couleur.
La couleur se voit alors attribuer son identifiant définitif (exemple : « 5RP Nuancier 8/2 »
pour un rose pâle, ou « 5P 4/2 » pour un pourpre grisâtre).
57
Chapitre IV
68
ilité potentiel chimique terre.
57
Le pH du sol donne une indication sur l’activité des protons dans un système sol- eau ou sol-
solution saline (Kcl par exemple), compte tenu de toutes les réserves que peut comporter une telle
détermination, réalisée généralement sur une suspension de sol et non sur une solution vraie.
II-3.L’importance du pH
Le pH est important pour plusieurs raisons :
La disponibilité des éléments nutritifs
Les problèmes de toxicité
Les proportions de cations sur le complexe AH
(argilo-humique)
68
III-Les organismes du sol
La biologie du sol a une fonction essentielle de dégradation et de recyclage des matières
organiques. Cette fonction peut être segmentée en 3 ; en effet les matières organiques, à travers le
métabolisme des êtres vivants du sol, peuvent avoir 3 issues :
l'assimilation: les êtres vivants ingèrent, digèrent la matière organique et l'assimilent en matière
organique vivante
La sécrétion : les êtres vivants sécrètent des molécules organiques dans le sol ; citons en
particulier les polysaccharides pour leur effet d'agrégation des particules du sol.
La minéralisation : une partie de la matière organique est minéralisée, sous forme d'ions
minéraux, solubles, qui sont assimilables par les végétaux.
68
champignons). On trouve également des algues et des cyanophycées (algues photosynthétiques)
dont c ertaines peuvent fixer l’azote de l’air. Toutes ces espèces sont présentes dans les sols.
III-2.Biomasse végétale
Le système racinaire des plantes est un constituant important des organismes vivant dans le sol.
Il comprend plusieurs parties, caractérisées par le diamètre et le niveau de ramification. La
longueur et la forme des racines dépendent de facteurs génétiques des plantes et des contraintes
du milieu. Ce sont les racines les plus petites, ou radicelles, qui permettent la nutrition des plantes.
Elles absorbent l’eau et les éléments minéraux, elles sécrètent des substances organiques plus ou
moins complexes.
III-3.Biomasse animal
Egalement nommée faune du sol, la biomasse animale peut être divisée en quatre catégories selon
la taille des organismes : micro-, méso-, macro- et mégafaune. Les effets de la faune du sol sont
mécaniques : macro-brassage, micro- brassage, formation de galeries, fragmentation de la matière
organique fraîche, mélange intime entre la matière organique et les minéraux du sol, formation
d’agrégats. Ces activités sont indispensables au développement des qualités agronomiques d’un
sol.
L'importance de l'intervention des microorganismes dans le cas de carbone (C), d'azote(N), de
soufre(S), elle est capitale, puisque l'absence, voire l'inactivité des microorganismes, entraînerait
un arrêt de l'approvisionnement naturel des sols en azote et un blocage du turnover de C, N, S se
traduisant par l'accumulation de ces éléments sous forme organique inutilisable par les végétaux.
Les bactéries jouent un rôle dans toutes les transformations de la matière organique, dont la
minéralisation. Elles synthétisent des polysaccharides très résistants à la dégradation qui forment
une part importante de la matière organique humifiée (l’humus).
68
Dans le cas des autres éléments, tels que le phosphore (P), l'intervention microbienne est beaucoup
plus discrète, les transformations microbiennes peuvent contribuer à l'enrichir ou à l'appauvrir.
Nous allons étudier quelques profils regroupés en fonction de leur affinités morpho- analytiques
et aussi géographiques.
Ils sont pratiquement dépourvus de matière organique. si l'altération chimique est inexistante,
la désagrégation mécanique liée aux fortes variations de température diurnes, peut être très
importante.
En raison de l'absence de structures, les particules sont entraînées et triées par le vent, donnant
naissance soit à des reg (structure caillouteuse), soit à des erg (structure sableuse) soit à des
takyr (argiles à fentes polygonales).
En lisières des déserts, lors des rares pluies, des cycles de végétation très courts, qui forment
une petite quantité.
1. 2- Sols peu évolués sur matériaux récents.
Il s’agit de stades initiaux, concernant les sols de climats plus humides ou plus chauds, dont
l’évolution vers un sol brun ou podzolique est empêchée par les phénomènes d’érosion ou
d’apport.
1. 2. 1- Sols d’érosion.
Il s’agit de sols pauvres en matière organique, caractéristiques des pentes où le
rajeunissement par l’érosion intervient de façon intense. La roche mère apparaît
immédiatement en dessous. On se trouve en présence d’un lithosol sur roche dure, ou d’un
régosol sur roche tendre.
57
1. 2. 2. Sols d’apport.
Il s’agit des sols alluviaux et colluviaux. Les sols alluviaux constituent les dépôts récents des
vallées où ils occupent le lit majeur, très souvent inondé, des rivières. Ils sont caractérisés par
une nappe phréatique soumise à de fortes oscillations saisonnières. Les sols colluviaux
caractérisent les bas des pentes et sont constitués d’un matériel d’apport provenant des hauts
de pentes ; ils sont le plus souvent dépourvus de nappe.
Les deux groupes présentent des caractères en commun : absence de structure, texture
hétérogène, grande porosité, bonne aération superficielle et absence de différenciation du
profil.En dehors de leurs propriétés physiques et de leur régime hydrique très spécial, ces deux
groupes offrent souvent l’exemple d’une évolution particulière du profil, concernant soit la
composante organique (humification, soit la composante minérale (altération), soit même les
deux à la fois : d’où l’existence de nombreux intergrades faisant transition vers d’autres
classes : sols calcimagnésiques, brunifiés, hydromorphes, vertiques, isohumiques .
68
2. Sols a altération biochimique dominante
Il s’agit de sols à cycle court, qui caractérisent surtout les stations bien drainées des zones
tempérées et froides. La matière organique joue un rôle important dans la pédogenèse par
l’intermédiaire des complexes organo-minéraux auxquels elles donnent naissance.
2. 1- Sols humifères désaturés
Les sols de cette classe sont caractérisés par un profil de type AC (voire A(B)C mais (B) reste
peu développé). Ils sont en général très humifères et colorés plus ou moins fortement par la
matière organique. Ils sont formés sur matériaux non calcaires et caractéristiques de climats
presque,constamment humide, côtiers ou montagnards. . Le rôle dominant peut être exercer tantôt
par l’hydroxyde de fer (ranker cryptopodzoliques) tantôt au contraire par l’hydoxyde d’aluminium
(andosols).
2. 1. 1- Ranker
Les rankers proprement dit sont des sols comportant un seul horizon de matière organique
peu transformée reposant sur une dalle de roche dure.
2. 1. 2- Andosol
Le profil est d’apparence AC, mais à la différence des rankers, un horizon (B) peu épais,
coloré par le fer, peut se former dans certains types de roches consolidée .
2. 2- Sols calcimagnésiques
Ce sont des sols « carbonatés » dont les principales propriétés sont dus à la présence du
calcaire actif.Ce sont donc des sols qui restent saturés en Ca2+ et / ou Mg2
2. 3- Sols brunifiés
La brunification est un processus de pédogenèse de type « climatique », qui caractérise les
régions à climat tempéré atlantique ou semi-continentale dont la végétation naturelle est une
forêt feuillue ou une forêt mixte résineux-feuillus, dans la basse montagne. L’humus est un
mull modérément acide.
2. 4- Sols podzolisés
Le podzol ou « sol cendreux » à été défini à la fin du siècle dernier par l’école russe de
Dokuchaev, comme un sol « zonal » caractéristique de la zone boréale de la taïga (forêt
résineuse). Le profil est caractérisé par la succession de trois horizons très contrastés par la
couleur, leur morphologie et leur propriétés .
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Fig29 : profile podzol
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4-Sols à altération géochimique dominante
Les sols formés sous climat chaud (subtropical, tropical, équatorial) présentent un certain
nombre de caractères en commun : l’altération des minéraux est plus poussée qu’en climat
tempéré et a une profondeur plus grande. Inversement, la matière organique reste superficielle
et, sauf exception, subit une biodégradation rapide. Dans ces conditions, l’altération dite
géochimique est une hydrolyse neutre ou peu acide, qui conduit à une concentration des
oxydes libérés, plus élevée que celle qui caractérise
les sols tempérés : il s’agit essentiellement d’oxydes de fer et d’aluminium.
Ces sols caractérisent les régions à climat suffisamment humide pour permettre le
développement de formations ligneuses sur matériaux d’origine très variée, à condition qu’ils
soient assez drainés.
4. 1- Sols fersiallitiques
Ce sont des sols subtropicaux ou tropicaux. La température moyenne est supérieure à 13°C; la
pluviosité est assez élevée (500 mm à plus de 1 m).
des sols ferrugineux sur les matériaux les plus basiques. On distingue trois sous-classes :
1.sols fersiallitique modaux rubéfiés.
2.sols bruns fersiallitiques.
3. sols fersiallitiques appauvris et acidifiés en surface formant transition vers les sols ferrugineux.
4 . 2- Sols ferrugineux
Ils représentent une phase d’évolution intermédiaire entre celles des sols fersiallitiques et celle
des sols ferralitiques.
4. 3- Sols ferrallitiques (Ferrasol)
Ils représentent la phase terminale de l’évolution des sols de la région équatoriale humide,
sans saison sèche, caractérisée par la forêt dense sempervirente, sur matériaux d’origine de
toute nature, à drainage suffisant. L’altération des minéraux primaires (sauf le quartz) est
pratiquement totale : les argiles sont toutes néoformées et de type kaolinite. Les oxydes libres
bien cristallisés sont abondants : gibbsite, hématite et/ou goethite colorent le sol en ocre ou rouge.
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Fig 30 : sols ferralitiques
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5-Sols liés aux conditions physico-chimiques de station
Il s’agit de deux classes dont l’évolution, très particulière, est étroitement liée aux conditions
physicochimiques de station :
5 . 2- Sols salsodiques
La formation de ces sols est en relation étroite avec la présence de l’ion Na+ sous l’une ou l’autre
de ses formes. Elle nécessite donc la réalisation de deux conditions : 1. une condition de station
(existence d’une source locale de sodium) 2. une condition climatique permettant la conservation de
l’ion Na+
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Tableau 6 : les différents sol dans les zones aride et humide