EISSN 2261-2777
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
Du discours oral des guides touristiques
francophones pour l’enseignement
du français de spécialité
NGUYEN THUC Thanh Tin
Université de Pédagogie de Ho Chi Minh-ville, Vietnam
[Link]@[Link]
[Link]
LE Ngoc Kim Nguyen
Institut d’Échanges Culturels avec la France, Ho Chi Minh-ville, Vietnam
lnkimnguyen@[Link]
[Link]
Reçu le 14-07-2024 / Évalué le 21-08-2024 / Accepté le 09-10-2024
Résumé
Les guides touristiques jouent un rôle central en tant qu’ambassadeurs du pays pour
valoriser les attractions du secteur aux visiteurs. Leur discours professionnel, axé sur la
présentation orale et la promotion des sites, constitue le cœur de cette étude qui vise à
examiner les caractéristiques linguistiques et discursives inhérentes à leur discours.
En s’appuyant sur un corpus composé d’enregistrements d’exposés de guides
touristiques francophones, l’analyse révèle l’implication des interlocuteurs dans la
production du discours et confirme la subjectivité associée à ce genre de communication
professionnelle. Ces conclusions offrent des pistes utiles pour la conception d’unités
didactiques destinées à améliorer les compétences communicatives des étudiants en
formation de français du tourisme.
Mots-clés : discours professionnel, guide touristique, analyse du discours, français du
tourisme
Oral discourse of French-speaking tourist guides for teaching specialized French
Abstract
Tour guides play a central role as ambassadors of the country, promoting the area’s
attractions to visitors. Their professional speech, focused on oral presentation and site
promotion, forms the core of this study, which aims to examine the linguistic and
discursive features inherent in their discourse. Drawing on a corpus of recorded
presentations by French-speaking tour guides, the analysis reveals the involvement of
interlocutors in the production of discourse, and confirms the subjectivity associated
with this kind of professional communication. These findings offer useful avenues for the
design of didactic units aimed at improving the communicative skills of students in
French tourism courses.
Keywords: professional speech, tour guide, speech analysis, French Langue for tourism
65
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
Introduction1
Dans le contexte florissant du secteur touristique, les guides touristiques
jouent un rôle crucial en tant qu’ambassadeurs du pays et médiateurs entre
les touristes et les richesses locales. Leur discours revêt une importance
particulière étant donné qu’il constitue la principale forme de
communication orale professionnelle visant à présenter et promouvoir les
attractions touristiques du pays. Cette communication, essentielle pour
attirer et engager les visiteurs dans les itinéraires proposés, nécessite
l’acquisition de compétences en langues étrangères afin d’assurer une
interaction de qualité avec les visiteurs internationaux. En effet, pour mener
à bien sa mission, le guide touristique doit posséder une maîtrise
approfondie des spécificités de son discours professionnel. Mais quelles
sont les caractéristiques des exposés touristiques ? Comment se
manifestent-elles sur le plan grammatical et lexical ? Ces interrogations
nous conduisent à formuler une problématique ciblée, celle d’analyser les
propriétés discursives des exposés touristiques. Notre étude se fonde sur
l’idée que le discours des guides touristiques, axé sur la présentation orale
et la promotion des sites, présente des caractéristiques distinctes sur le plan
linguistique. Ce discours, en tant que genre de communication spécifique,
peut être décortiqué à travers un corpus composé d’enregistrements
d’exposés de guides touristiques francophones. Le résultat de la recherche
permettra de révéler l’implication des interlocuteurs dans la production du
discours et confirme la subjectivité associée à ce genre de communication
professionnelle. Ces conclusions offriront des pistes utiles pour la
conception d’unités.
1. Le discours touristique
Vu l’intérêt que présente notre recherche, une exploration du domaine
de l’analyse du discours s’impose. Le concept de « discours », fondamental
dans les études linguistiques, a été étudié par plusieurs chercheurs, dont
1
Les deux auteurs ont participé à la rédaction de cet article dans une même proportion.
Le premier s’est chargé de la structuration, le second de l’enquête et de l’analyse.
66
Du discours oral des guides touristiques
Beacco (1996), Mourlhon-Dallies (1996), Mangiante et Desroches (2014).
Maingueneau (1991 : 15) met en avant la distinction entre « discours » et
« énoncé » en se basant sur les travaux de Guespin (1971 : 10) pour qui
« l’énoncé » désigne la suite des phrases émises entre deux blancs
sémantiques, alors que « le discours » représente l’énoncé du point de vue
du mécanisme discursif qui le conditionne. Benveniste (1966 : 130), quant à
lui, distingue « discours » de « phrase », le second est une unité du premier.
Charaudeau (1973) postule que le discours résulte de l’union entre l’énoncé
et les circonstances de communication. Ainsi, le discours, selon Charaudeau,
est contextuellement défini et porteur de sens. Les travaux de Charaudeau
& Maingueneau (2002) dans leur Dictionnaire d’analyse du discours
décrivent le discours comme une organisation transphrastique, orientée,
interactive, contextualisée et régie par des normes. Adam (1990 : 23)
enrichit cette perspective en définissant le discours comme un énoncé
accompli dans une situation donnée. Il différencie le discours du texte en
affirmant que le discours est la concrétisation d’un texte influencée par son
contexte de production.
En ce qui concerne le discours de spécialité, Galisson et Coste (dir. 1976)
différencient le discours de spécialité de la langue de spécialité. Selon eux,
la langue de spécialité désigne les langues utilisées dans des situations de
communication impliquant la transmission d’une information spécialisée.
Petitjean (1989) propose une typologie des discours en les classant en trois
catégories : énonciatives, communicationnelles et situationnelles. C’est sur
cette dernière catégorie que s’inscrit le discours de spécialité, selon les
travaux de Bertrand et Schaffner (2008). Par ailleurs, Lerat (1997 : 32)
adopte un point de vue similaire en caractérisant le discours professionnel
comme « l’actualisation de la langue dans une situation de communication,
le discours de spécialité en est une dans une situation professionnelle ».
Le discours touristique en particulier a été largement étudié. Abul-Haija
El-Shanti (2004) explore le discours oral des guides touristiques, tandis que
Seoane (2013) se concentre sur les guides touristiques en version imprimée.
Bakah (2010) compare le discours oral des guides touristiques et le discours
écrit des guides de voyages, mettant en évidence leurs fonctions et
interactions. L’auteur souligne que le discours oral des guides touristiques
prend forme en présence des touristes sur le site, visant à confirmer ou
67
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
infirmer les informations des brochures touristiques. C’est sur ces études
antérieures que notre recherche s’appuie pour établir une base théorique
solide permettant d’approfondir notre compréhension du discours
professionnel touristique.
2. Analyse du discours touristique : méthodologie et modèle
L’analyse du discours est un champ multidisciplinaire qui dépasse la
simple structure syntaxique et grammaticale pour explorer le discours
comme une pratique sociale complexe, influencée par les interactions, le
contexte et les structures de pouvoir. À la différence de l’analyse linguistique
traditionnelle, elle examine à la fois le contenu et la forme du discours en
tenant compte de son contexte spécifique, ce qui lui permet d’appréhender
la complexité des interactions langagières et de rendre compte des nuances
de sens dans différents contextes d’usage. La linguistique textuelle, souvent
associée à l’analyse du discours en raison de son niveau d’analyse global,
s’est également développée dans les années 1950-1960, en parallèle avec
l’émergence de l’analyse du discours. Initiée par des linguistes comme
Eugenio Coseriu et Harald Weinrich, cette discipline s’intéresse à l’étude des
structures textuelles dans leurs relations avec les contextes sociaux et
culturels environnants (Adam, 2010). L’analyse du discours trouve son
application dans de nombreux domaines, notamment les sciences sociales,
la communication, l’éducation, le droit et les médias.
Cependant, comme le souligne Mazière (2005), cette démarche n’est
pas neutre, mais influencée par les choix méthodologiques et théoriques de
l’analyste, ainsi que par les contraintes posées par les genres de discours
étudiés. Ainsi, les chercheurs s’appuient sur une variété de méthodes
qualitatives et quantitatives, puisant dans des disciplines telles que la
linguistique, la sociologie, la psychologie et l’anthropologie. De nombreux
modèles théoriques ont été développés pour éclairer l’analyse du discours,
chacun proposant une perspective distincte sur le fonctionnement du
langage dans la société. Ces approches permettent de mieux saisir les
enjeux de pouvoir, de représentation et d’interaction présents dans les
pratiques discursives.
68
Du discours oral des guides touristiques
Pour ce qui est de notre étude, les discours des guides touristiques, étant
de nature orale, présentent des défis spécifiques pour l’analyse.
Contrairement aux documents écrits, structurés par un système complexe
de ponctuation, les discours oraux sont marqués par des pauses, des
interactions entre locuteurs, des bruits ambiants et des marqueurs
d’énoncés. Ces caractéristiques rendent l’analyse plus délicate.
Pour aborder cette complexité, nous nous appuyons sur le modèle de
Meunier (1974), qui propose le classement des modalités pour repérer les
différentes formes de modalités et d’accéder à une interprétation cohérente
des valeurs construites. Ce modèle distingue trois types de modalités :
- La modalité d’énonciation : cette modalité se rapporte au sujet parlant
(ou écrivant) et caractérise la forme de la communication entre locuteur
et auditeur. Elle intervient nécessairement pour donner à une phrase sa
forme déclarative, interrogative ou impérative ;
- La modalité d’énoncé : cette modalité se rapporte au sujet de l’énoncé
et caractérise la manière dont le sujet de l’énoncé situe la proposition
de base par rapport à la vérité, la nécessité ou des jugements d’ordre
appréciatifs ;
- La modalité de message : cette modalité concerne l’organisation
sémantique de l’énoncé et permet au locuteur d’organiser l’information
de son message en mettant en relief certaines unités. Elle porte sur les
notions de thème et de propos, respectivement « ce dont on parle » et
« ce qui en est dit ».
Notre travail se concentre donc sur les aspects suivants des exposés :
- Le contenu principal : identifier les informations fondamentales
contenues dans un exposé ;
- Les indices des modalités d’énonciation : les indices du locuteur
(pronoms, adjectifs possessifs), les tournures impersonnelles et les
phrases nominales ou à voix passive, les modalités de phrases (les
phrases interrogatives sollicitant l’implication du destinataire et les
phrases impératives indiquant une directive…) ;
- Les indices des modalités d’énoncé : les verbes modaux, les adverbes de
modalité, les modes verbaux et les termes exprimant des jugements de
69
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
valeur pour mettre en évidence la subjectivité du locuteur, ainsi que les
temps verbaux pour déterminer les plans énonciatifs ;
- Les indices des modalités de message : les constructions emphatiques,
les appositions, les mises en relief, ainsi que les phrases passives ou
impersonnelles, traduisant l’intention persuasive du locuteur.
À travers cette analyse, nous comptons aussi mettre en évidence la
présence ou l’absence de l’énonciateur dans sa production authentique,
démontrer sa subjectivité et mettre en lumière les caractéristiques
discursives orales à des fins didactiques.
3. Constitution du corpus
Nous avons fait appel à des professionnels du tourisme afin de récolter
des enregistrements d’exposés. Malgré certains avis défavorables reçus,
trois guides ont enfin participé à notre projet. Du haut de leurs 4 ans
d’expérience, ces guides, compétents et indépendants, travaillent
actuellement pour des agences de voyages proposant des circuits en
français. Leurs enregistrements constituent une source de données pour
constituer notre corpus à des fins d’analyse. Dans le cadre de notre
recherche, nous avons collecté des enregistrements qui mettent
particulièrement l’accent sur des sites touristiques majeurs du sud du
Vietnam, tels que le city tour à Ho Chi Minh-ville, les villages de métier à
Ben Tre ou le marché flottant à Can Tho. Nous privilégions les exposés
authentiques pour enrichir la compétence langagière des professionnels
dans des contextes réels. Ils sont limités à douze, avec une durée moyenne
de 4 à 5 minutes / enregistrement. Malgré ce nombre limité, la qualité du
contenu assure la pertinence de nos analyses. Ce travail nous permettra non
seulement de mettre en évidence les points communs et les divergences
discursives, notamment à l’oral, entre les différents guides. Par ailleurs, il
convient de noter que le corpus d’exposés oraux comporte plusieurs erreurs
d’expression, notamment des fautes de grammaire et des approximations
langagières, telles qu’elles ont été exprimées par nos guides touristiques.
Nous préférerions préserver l’intégrité de leurs propos, même s’ils
70
Du discours oral des guides touristiques
présentent des aspects linguistiques non standards ou non conventionnels,
qui témoignent tout de même de la diversité linguistique et des
compétences communicatives des interviewés dans des contextes naturels.
Cette décision est prise dans un souci de fidélité et de respect de
l’authenticité des données recueillies.
4. Analyse du contenu
Notre analyse dégage quatre thématiques principales : « Échanges en
autocar », « Fabriques artisanales », « Sites & monuments » et « Marché
flottant ». Chacune de ces thématiques remplit des missions spécifiques
dans le but d’offrir un service optimal aux clients. Le discours du guide
touristique joue un rôle crucial pour réduire la distance perçue entre le
guide et les visiteurs.
4.1. Échanges en autocar
Ces propos sont censés produire la première impression fondamentale
qui lance la conversation entre le guide et les visiteurs. Dans cette
thématique, le guide commence son discours en exprimant sa gratitude
envers les visiteurs pour avoir choisi son agence de voyages pour leur séjour
à Ho Chi Minh-ville, tout en présentant les membres de l’équipe de service
accompagnant les visiteurs tout au long du circuit. Par la suite, il annonce le
programme de visite ainsi que le menu pour le déjeuner, dans le but
d’informer et de rassurer les visiteurs. Le programme est exposé
initialement de manière générale, puis détaillée afin de fournir un itinéraire
précis. La responsabilité du guide inclut également la gestion du menu
inclus dans le programme, notamment en ce qui concerne les restrictions
alimentaires et les allergies.
4.2. Fabriques artisanales
La deuxième thématique se concentre sur le lieu de fabrication, en
particulier les villages de métiers du Delta du Mékong et la briqueterie.
Le guide commence par décrire la procédure de fabrication des produits,
notamment les étapes, le temps nécessaire, les saisons et les techniques
71
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
utilisées. Les différentes étapes de fabrication des briques ou des produits
artisanaux à base de coco sont présentées de manière concrète. L’utilisation
d’expressions de temps permet d’évoquer la diversité des produits, leur
quantité et les températures requises pour les processus de cuisson.
Le guide souligne également l’utilité et l’usage des produits dans son
exposé.
4.3. Sites & monuments
Le troisième sujet de notre étude porte sur la découverte des sites
monumentaux lors du circuit en ville, suivant le programme. La présentation
des sites, de l’extérieur à l’intérieur, incluant leur histoire, leur localisation,
leur origine, leurs caractéristiques architecturales et leurs festivités
annuelles, revêt une importance primordiale dans le discours du guide,
visant à transmettre des connaissances de base aux visiteurs. Parallèlement,
l’explication ou la traduction de termes du vietnamien en français est une
mission essentielle pour assurer la compréhension des visiteurs. L’échange
entre le guide et le visiteur se déroule de manière interactive, le guide ayant
la capacité de gérer les questions-réponses. Pendant la présentation, la
fonction et l’usage d’autrefois et d’aujourd’hui d’une construction sont
abordés de manière précise dans le but d’informer les visiteurs sur
l’actualité et de transmettre un certain message.
4.4. Marché flottant
La dernière thématique de notre corpus d’exposés porte sur la
promotion du marché flottant à Can Tho. Étant l’un des derniers marchés
flottants au Vietnam et dans le monde, il attire les visiteurs grâce à son
originalité, tant dans les réunions de marchandises que dans les méthodes
d’échange et d’achat pratiquées sur les fleuves du Delta du Mékong.
Comme pour les autres attractions, la présentation de ce type de marché
revêt une importance primordiale pour mettre en évidence sa valeur
unique, tant sur le plan historique que commercial, dans le passé des
provinces du sud-ouest du Vietnam.
En résumé, les exposés évoqués satisfont aux critères d’une visite guidée
de manière adéquate. Les guides couvrent tous les aspects essentiels et
72
Du discours oral des guides touristiques
présentent un discours clair, précis et accessible dans le but de partager les
connaissances et de mettre en valeur les caractéristiques culturelles du
Vietnam méridional.
5. Analyse des modalités de l’énonciation
5.1. Les embrayeurs de la personne
Dans l’ensemble de notre corpus, nous avons identifié 50 occurrences
de la première personne du singulier (je / me / mon / ma / mes). La présence
de la première personne semble prédominante dans les onze
enregistrements, à l’exception d’un cas particulier dans le 5e, lors de la
présentation du marché flottant. Le « je / moi » est garant d’une subjectivité
du guide qui accompagne les visiteurs dans toutes les activités du circuit.
Je vous invite à rapprocher (sic) pour voir comment les gens, ils cherchent […]
(Enregistrement 1)
Permettez-moi de vous présenter notre conducteur. (Enregistrement 7)
En revanche, dans l’exception du 5e enregistrement, le « je » renvoie au
vendeur dans le contexte du discours direct pour illustrer un exemple donné
par le guide.
C’est-à-dire ils crient « Je vends du pastèque (sic), moi je vends des ananas, je vends de
la viande, des choses comme ça ». (Enregistrement 5)
[…] c’est-à-dire moi je suis intermédiaire, j’ai des clients en ville, mais je n’ai pas de source
de bons produits à bas prix. Donc je prends mon bateau, je viens au marché flottant, je
prends les produits au marché flottant et je les amène vers le bord du fleuve.
(Enregistrement 4)
En ce qui concerne les marqueurs de la deuxième personne du singulier
(tu / te / ton / ta / tes), nous n’avons relevé aucun indice dans nos
enregistrements audio. De plus, pour ce qui est des marqueurs de
communication, les présentations font largement usage de termes
renvoyant à l’énonciateur et au destinataire. Nous avons relevé 56
occurrences de « nous » et 19 occurrences de « notre » ou de « nos ».
Par la suite, il est important d’examiner les valeurs de ces embrayeurs.
73
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
En théorie, la première personne du pluriel (« nous », « notre », « nos ») est
sujette à deux interprétations :
- Le « nous » désignant uniquement l’énonciateur
Première chose, au nom de notre pays, le Vietnam, notre agence, notre service, nous
vous remercions beaucoup parce que vous avez choisi notre pays, le Vietnam, pour
passer vos vacances et vous avez choisi notre service pour visiter. Merci et au nom de
notre équipage, nous vous souhaite une excellente santé pour découvrir notre région.
C’est très joli. (Enregistrement 7)
Parce que à travers la fumée, nous pouvons contacter, envoyer notre notre souhait, nos
vœux au Dieu, à la Déesse. (Enregistrement 8)
- Le « nous » renvoyant à la fois à l’énonciateur et au destinataire, c’est-
à-dire à l’organisateur et aux voyageurs participants inclus
Nous sommes devant le temple de Thien Hau. (Enregistrement 8)
Ensuite, nous avons une balade à pied environ 45 minutes. (Enregistrement 10)
Cependant, à l’examen du corpus, l’emploi de « nous » ne correspond
pas toujours à cette théorie. Nous avons constaté par ailleurs un emploi où
« nous » renvoie spécifiquement au destinataire, c’est-à-dire aux voyageurs
participants.
Voilà, nous prenons dans un resto, oui, dans un resto pas loin de centre de la ville.
(Enregistrement 7)
Tout à l’heure, nous avons pris les photos devant le palais, le jardin rectangle.
(Enregistrement 10)
Grammaticalement à la troisième personne du singulier, ce pronom
adopte plusieurs personnes différentes sur le plan sémantique.
Conformément à la théorique, « on » peut adopter quatre valeurs
fondamentales :
- « On » se réfère à « nous » pour désigner uniquement l’énonciateur
On dit qu’en acceptant des frises, on peut deviner, savoir juste les coutumes, l’histoire, les
romans des Chinois. (Enregistrement 8)
Il faut faire beaucoup de vente ensemble, on travaille ensemble, on gagne ensemble et
c’est la chute de l’économie. (Enregistrement 9)
- « On » se réfère à « nous » pour désigner à la fois le destinataire et
l’énonciateur
74
Du discours oral des guides touristiques
Si on arrive à cinq heures du matin, les bars à rame, ça remplit tous les espaces entre les
bateaux pour qu’ils fassent des achats. (Enregistrement 4)
Quand on fait la visite du marché flottant, vous pouvez observer […] (Enregistrement 5)
- « On » se réfère à « vous », pour désigner uniquement le destinataire,
l’énonciateur y étant exclu
[…] on est en train d’aller visiter le marché flottant. (Enregistrement 4)
On va visiter toutes les choses intéressantes dans le quartier chinois. (Enregistrement 7)
- « On » désigne les gens en général ou un groupe de personnes ;
cet emploi s’observe très fréquemment dans nos données
Oui, deuxième il y a un autre cas particulier, c’est qu’on accroche une chose, mais on vend
autre chose. (Enregistrement 5)
C’est le temple que les Chinois (sic), on prie la déesse qui protège les marins, les pêcheurs,
les bateaux. (Enregistrement 5)
Enfin, presque tous les exposés impliquent le destinataire, c’est-à-dire
les voyageurs participants, par l’emploi de « vous », « votre » ou « vos » :
Vous cherchez chapeau, bouteille d’eau, éventail, lunettes solaires. (Enregistrement 9)
Vous trouvez sur le toit, il y a les lotus. (Enregistrement 11)
En résumé, les exposés sur les sites touristiques impliquent plus ou
moins les locuteurs dans la communication, évitant ainsi de limiter le
discours à une simple description à la troisième personne.
Énonciateur Destinataire
Lieu d’exercice
je / moi nous /notre /nos on vous / votre / vos on
Échanges en autocar
(Enregistrements 7 et 9) 10 40 33 16 0
Fabriques artisanales
(Enregistrements 1, 2, 3 et 6) 9 4 146 43 1
Sites & monuments
(Enregistrements 8, 10, 11 et 12) 17 28 20 46 4
Marché flottant
(Enregistrements 4 et 5) 14 3 18 7 1
Tableau 1 : Emploi des embrayeurs de la personne
La présence de ces marqueurs indique une réduction de la distance
perçue entre l’énonciateur et les destinataires par rapport à la situation
professionnelle. Les destinataires, représentés sous la forme de « on », sont
activement impliqués dans l’exposé afin de favoriser l’interaction et une
75
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
participation active à la découverte. Dans certains cas, l’utilisation du
« vous » est motivée par des considérations de politesse envers les visiteurs.
L’énonciateur, représenté sous forme de la première personne du
singulier, assume un rôle subjectif dans la présentation des sites et le
partage des connaissances avec les auditeurs internationaux. Dans les
quatre cas, le « je » est utilisé plus de dix fois au cours de l’exposé.
Concernant l’emploi de la première personne plurielle « nous »,
l’énonciateur favorise l’utilisation du « on », qui revêt différentes
significations. Il est observé que le choix du « on » est dicté par le contexte
de la communication, suivant ainsi le fil conducteur de la conversation.
5.2. Phrases nominales
Dans le corpus, seules deux phrases nominales ont été répertoriées.
Elles représentent un résumé factuel après une explication détaillée.
Ces phrases visent à transmettre aux visiteurs les informations essentielles
à retenir, particulièrement dans le cas de sujets complexes tels que la
philosophie ou l’histoire.
La déesse yin et le génie yang. (Enregistrement 8)
Mille ans avec les Chinois, cent ans avec l’armée française, trente ans avec les américains
et mais avec les Khmers Rouge aussi. (Enregistrement 9)
5.3. Phrases verbales
Dans les exposés, les guides utilisent principalement des phrases
verbales, principalement pour fournir des descriptions détaillées. Ce type
de structure permet au locuteur de construire une logique claire dans son
exposé. L’analyse de la présentation révèle l’utilisation de phrases simples,
courtes et facilement compréhensibles, centrées sur les idées principales
dans le but de transmettre des connaissances aux clients et de favoriser les
échanges verbaux entre eux.
5.4. Voix passive
Le corpus contient 22 occurrences de voix passive sans complément
d’agent, illustrant une diversité discursive qui sert principalement à la
description. Ces occurrences se retrouvent principalement dans des cas
76
Du discours oral des guides touristiques
significatifs relatifs à la construction ou à la localisation des monuments.
L’utilisation de cette construction grammaticale enrichit la variété des
expressions orales du professionnel.
La Poste a été construite en 1886 et inauguré cinq ans après, en 1891. (Enregistrement
10)
Et l’ancien quartier colonial, il se trouve au bord du fleuve Saïgon, petit Paris ou la Perle
de l’Extrême Orient. (Enregistrement 11)
5.5. Type de phrases
On observe une diversité significative de phrases assertives dans le
corpus, mettant en avant l’intention de l’énonciateur d’informer et de
transmettre des informations concernant la description d’un objet ou d’un
événement quotidien. Parallèlement, les phrases interrogatives sont
variées, avec un total de 50 occurrences, bien que l’interrogation du guide
ne signifie pas nécessairement une vraie question en quête de réponse.
Ces phrases servent d’outil pour capter l’attention des voyageurs et
encourager l’interaction dans le circuit.
Mais ce qu’on décharge, on essaie de faire en tranché de la hauteur jusqu’ici, voilà
qu’après on fait quoi ? Je vous invite à voir ici-là, … (Enregistrement 2)
Vous trouvez Cholon, n’est pas ? Un point rouge ? Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est
Cholon ? C’est un quartier chinois. (Enregistrement 11)
En ce qui concerne les phrases injonctives, seulement 10 occurrences
ont été recensées dans l’ensemble des 12 enregistrements, permettant ainsi
aux guides d’énoncer des phrases impératives. Chaque énoncé revêt une
valeur spécifique dictée par le contexte. La plupart visent à capter l’attention
et à demander l’observation lors de la visite d’une attraction :
Venez d’ici là / regardez à la hauteur (Enregistrement 2)
Voyez ça/ Venez (Enregistrement 3)
Voyez, (Enregistrement 8)
Par ailleurs, les formules de politesse servant à commencer le discours
et à demander une répétition sont présentes dans la partie « Échanges en
autocar ».
Permettez-moi (Enregistrement 7)
Excusez-moi (Enregistrement 9)
77
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
En outre, bien que peu fréquentes, des phrases exclamatives ont été
relevées dans le discours oral, avec un total de 14 occurrences dans le
corpus. Le ton et la manière d’expression reflètent la compréhension
globale et la volonté de l’énonciateur de s’exprimer.
Un bel ouvrage de Gustave Eiffel ! (Enregistrement 11)
6. Analyse des modalités d’énoncé
6.1. Verbes modaux, adverbes de modalité et périphrases adjectivales
Dans notre analyse des verbes modaux, nous avons recensé 40
occurrences du verbe « pouvoir », sous la forme de « on peut » (35
occurrences), de « nous pouvons » (3 occurrences) et de « ça peut » (2
occurrences). En ce qui concerne le verbe « devoir », nous avons relevé 5
occurrences, dont « ils doivent » (3 occurrences), « on doit » (1 occurrence)
et « nous devons » (1 occurrence). Quant au verbe « vouloir », nous avons
dénombré 9 occurrences : « je voudrais » (5 occurrences) et « on veut »,
« ça veut », « il veut », « ils veulent » (1 occurrence pour chacune des
formes).
Et après avoir la pulpe râpée, on peut en mettre dans un sac de mouchoirs. Là, on peut le
presser pour avoir le lait, pour avoir du lait de coco. (E3)
[…] après là ça peut goûter […] (E3)
Pouvoir
[…] ça peut servir comme des ponts, des ponts […] (E6)
Nous pouvons contacter, envoyer notre notre souhait, nos vœux au Dieu, à la Déesse. (E8)
Oui, nous pouvons rentrer. (E12)
Avant, les gens, ils doivent mettre un tabouret ici, avec une rame, c’est pour ramener. (E3)
Et souvent, ils doivent faire à cinq heures du matin parce que à partir de six heures, six
heures et demi du matin (E5)
Devoir
[…] si on doit garder la température dedans 700 degrés s’il y a la pluie, ça baisse la
température (sic). (E2)
Donc parfois nous devons marcher sur la route. (E7)
On veut les toucher pour voir s’il y a des choses qui restent dedans ou non. (E1)
Les Vietnamiens, « Viet » qu’est-ce que ça veut dire ? (E7)
L’autorité coloniale, il veut construire Saigon comme un petit Paris. (E11)
Vouloir
[…] avec des gants à la main, ils veulent mettre de l’eau dedans […] (E1)
[…] je voudrais vous présenter notre Saint-Valentin. (E8)
[…] je voudrais vous présenter l’avenue Nguyen Hue. (E12)
Tableau 2 : Emploi des verbes modaux
Par ailleurs, aucune périphrase adjectivale exprimant les modalités
logiques n’a été identifiée, tandis que nous avons relevé la présence de 3
occurrences de l’adverbe de modalité « peut-être ».
78
Du discours oral des guides touristiques
Mesdames et messieurs, peut-être dans dix minutes, cinq minutes ou dix minutes, on
arrive et nous sortons de bus (sic) pour notre balade à pied environ une heure.
(Enregistrement 7)
Et à partir de 2015, avec l’autorité, on a entouré la cathédrale pour restaurer et peut-être
dans un an, un an ou deux ans et ça prend dix ans pour restaurer. (Enregistrement 10)
6.2. Modes verbaux
Dans cette catégorie, l’usage de l’indicatif est prédominant, se
retrouvant largement dans les énoncés du discours professionnel.
Cette utilisation de l’indicatif facilite la compréhension entre les
interlocuteurs. À côté du conditionnel (dans la tournure « je voudrais ») et
de l’impératif (dans les phrases injonctives), le subjonctif apparaît à 8
reprises dans notre corpus, dans les expressions du but (« pour que ») et de
l’obligation (« il faut que ») :
[…] pour qu’ils fassent des achats. (Enregistrement 4)
[…] il faut qu’on les mette après avoir chargé les briques dans le four. (Enregistrement 1)
6.3. Temps verbaux
En conformité avec l’usage de l’indicatif, nous avons relevé des énoncés
spécifiquement dédiés à ce mode. Le présent est le temps le plus
fréquemment utilisé, illustrant son importance dans le discours touristique.
Il simplifie les explications et favorise la description des faits dans le
moment présent. Nous avons également repéré une occurrence de
l’expression « être en train de » au début de l’enregistrement 4.
Maintenant, on est en train d’aller visiter le marché flottant. (Enregistrement 4)
Pour le compte du passé composé, ce temps est utilisé pour les
évènements racontés ou rapportés dans le respect du contexte révolu :
Ils ont quitté le Vietnam pour aller en Europe, aux États-Unis. (Enregistrement 8)
Ils sont allongés pour s’occuper beaucoup de terre (sic) au nord du Vietnam.
(Enregistrement 9)
Par ailleurs, dans la rubrique « Fabriques artisanales », la forme
composée de l’infinitif est associée à la préposition « après » pour parler de
l’antériorité :
79
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
Après avoir bien trié, on les met en petits cubes, on les met dedans avec de l’eau.
(Enregistrement 1)
Après avoir séché au soleil, on va les mettre au four et les brûler après, voilà normalement
d’ici, vous voyez sur la cour. (Enregistrement 1)
L’imparfait (5 occurrences relevées) est employé lorsque le guide décrit
un fait :
Mais après la récolte, il n’y avait plus rien. (Enregistrement 4)
Ils craignaient ce nouveau régime, […] ils disaient venir au Vietnam. (Enregistrement 8)
Quant à l’expression du futur, le futur proche est souvent utilisé pour
annoncer les étapes de fabrication, avec 19 occurrences identifiées.
On va mettre dans la machine ici. (Enregistrement 1)
On va les mettre au four. (Enregistrement 2)
Le futur simple est également présent, notamment pour présenter les
activités à venir, comme l’annonce du plan de visite au début de la journée.
Il est très souvent associé au verbe « visiter » :
[…] nous visiterons la poste centrale et à l’intérieur pour trouver un ancien plan, ancienne
carte de la ville. (Enregistrement 7)
Le matin, nous visiterons le quartier chinois avec un temple […] (Enregistrement 7)
… à l’exception du dernier enregistrement où le guide informe les visiteurs de la prise de
moyen de transport pour revenir à l’hôtel en disant « nous récupérons le bus là-bas ».
En résumé, cette catégorisation des occurrences selon les différents
modes verbaux met en lumière l’importance du choix du temps verbal dans
un discours professionnel en situation d’activité.
Passé Être en train Futur
Lieu d’exercice Imparfait Futur simple
composé de + V proche
Échanges en autocar
11 2 4 4
(Enregistrements 7 et 9)
Fabriques artisanales
18 18
(Enregistrements 1, 2, 3 et 6)
Sites & monuments
15 2 4 1
(Enregistrements 8, 10, 11 et 12)
Marché flottant
2 1 1
(Enregistrements 4 et 5)
Tableau 3 : Répartition des temps verbaux
80
Du discours oral des guides touristiques
6.4. Vocabulaire évaluatif appréciatif
Dans notre analyse, nous constatons une présence limitée de termes
évaluatifs et appréciatifs dans le corpus. Nous relevons quelques
occurrences de manière singulière, notamment des termes qui
évoquent les qualités des sites touristiques (« joli », « beau », « ancien »,
« sacré », etc.) ou qui décrivent l’usage de la machine de fabrication de
l’huile de coco, de l’alcool de copra (« rapide », « efficace », etc.)
Mesdames et messieurs. Voyez. Devant la cathédrale vous trouvez une place très jolie.
(Enregistrement 10)
C’est un des temples les plus anciens, les plus sacrés, efficaces aussi. (Enregistrement 8)
C’est beaucoup plus rapide, plus de surface par la machine. (Enregistrement 3)
Par ailleurs, nous identifions également l’usage du superlatif dans
quelques énoncés, en particulier dans la section « Sites & monuments »,
mettant en valeur la richesse culturelle des attractions.
Donc ce n’est pas efficace maintenant, le plus facile possible, c’est-à-dire, on accroche
directement des marchandises sur une perche en bambou. (Enregistrement 5)
C’est la salle le plus belle (sic), plus élevée, plus sanctuaire. […] Vous voyez, parce que ce
temple, c’est un des temples les plus anciens, les plus sacrés, efficaces aussi.
(Enregistrement 8)
La majorité des adverbes sont employés pour accompagner
principalement les verbes :
- Pour décrire les étapes de fabrication, nous relevons des adverbes tels
que « consécutivement » (4 occurrences), « doucement » (2
occurrences), « facilement » (2 occurrences) et « directement » (2
occurrences).
Il faut nourrir le feu consécutivement quatre semaines à six semaines. […] il faut
consécutivement toutes les huit heures de surveiller (sic). (Enregistrement 2)
On chauffe doucement normalement. (Enregistrement 3)
[…] on le chauffe ici doucement, avec la chaleur, les vapeurs d’alcool […] (Enregistrement
3)
Maintenant, on peut les acheter des levures facilement aux épiceries. (Enregistrement 3)
[…] donc ça nettoie avec les vagues avec de l’eau facilement. (Enregistrement 5)
C’est le prix directement du paysan au consommateur […] (Enregistrement 4)
[…] c’est-à-dire on accroche directement des marchandises sur une perche en bambou
[…] (Enregistrement 5)
81
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
- Pour fournir des informations précises concernant la durée ou le trajet,
l’adverbe « seulement » apparaît fréquemment, accumulant 6
occurrences.
[..] La distance que six kilomètres seulement […] (Enregistrement 7)
[…] le week-end seulement, samedi et dimanche, de 19 heures jusqu’à 22 heures.
(Enregistrement 12)
- Pour souligner l’originalité, nous trouvons une occurrence de l’adverbe
« exactement », tandis que dans le cadre d’une obligation ou d’un
règlement, l’adverbe « uniquement » est utilisé à 2 reprises.
Ça forme exactement comme la gare. (Enregistrement 10)
Parce qu’uniquement ici, vous ne trouvez pas les toiles d’araignées ! (Enregistrement 12)
7. Analyse des modalités de message
Dans notre analyse, nous portons une attention particulière à la
modalité phatique du message. En ce qui concerne la mise en relief, nous
relevons 6 occurrences telles que :
Ce sont les prix qui sont trop brulés/ ce sont les briques qui sont trop brûlés.
(Enregistrement 2)
C’est le deuxième roi de la dynastie Nguyen qui a terminé les derniers rois de Champa.
(Enregistrement 9)
Grâce à ces tournures, nos guides mettent l’accent sur certains
éléments :
[…] mille ans d’histoire, c’est pour ça on dit que Hanoi (sic), au nord du Vietnam, […]
(Enregistrement 9)
Ce qu’il fait, c’est, il décide d’échanger par unité (sic). (Enregistrement 4)
En ce qui concerne l’impersonnel, nous observons une utilisation
fréquente des formes telles que « il faut » (19 occurrences), « il y a » (70
occurrences), « c’est / ce sont » (13 occurrences), cette dernière expression
sert à identifier et présenter les objets.
Concernant les éléments déictiques, nous constatons une divergence
entre l’oral et l’écrit, avec une prédominance de ces éléments dans le
discours oral. Ces marqueurs déictiques permettent de rendre les
informations accessibles et naturelles aux visiteurs. Nous relevons
82
Du discours oral des guides touristiques
notamment « voilà » (71 occurrences), « ici » (79 occurrences), « ça » (257
occurrences), « comme ça » (46 occurrences), « allez » (10 occurrences),
des pronoms démonstratifs comme « celui » (15 occurrences).
Conclusion
L’analyse des discours des guides touristiques révèle une authenticité
marquée, reflétant la subjectivité de l’énonciateur et impliquant le
destinataire de manière à réduire la distance entre les locuteurs. L’utilisation
des pronoms personnels, notamment la première personne et le pronom
« on », contextualise la compréhension globale et favorise une interaction
plus concrète et informelle avec les clients. Cette subjectivité est également
perceptible à travers un vocabulaire évaluatif et l’emploi de superlatifs, qui
enrichissent le discours.
D’autre part, les enregistrements d’exposés touristiques montrent aussi
une tendance à l’effacement de l’énonciateur, caractérisé par un usage
modéré des embrayeurs et une prédominance de phrases verbales.
Les modalités du message sont mises en avant, avec un recours fréquent
aux éléments déictiques pour décrire les objets et valoriser les informations,
facilitant ainsi une compréhension immédiate pour les visiteurs.
La structure des discours se distingue par la prédominance des phrases
verbales dans les explications et les informations, et un usage modéré de la
voix passive et des tournures impersonnelles, ce qui limite l’effet
d’emphase. Les phrases interrogatives et injonctives sont utilisées pour
impliquer les visiteurs, tandis que les phrases assertives servent à
transmettre des connaissances. Les moyens lexicaux et grammaticaux
reflètent les modalités logiques, avec une prédominance de l’indicatif, du
subjonctif, du conditionnel et de l’impératif. Les temps verbaux varient, avec
une utilisation importante du passé composé pour présenter des faits
passés et du futur simple pour décrire des actions futures. Le présent de
l’indicatif est employé à des fins descriptives, tandis que le passé composé
et l’imparfait rappellent des faits passés.
Une compréhension approfondie des caractéristiques discursives
propres aux guides touristiques permet ainsi de concevoir des démarches
83
Synergies pays riverains du Mékong nº 12 – 2024 p. 65-85
pédagogiques efficaces et adaptées à leurs besoins professionnels. En effet,
les résultats de cette analyse offrent des exemples concrets pour la
conception d’unités pédagogiques visant à améliorer les compétences
communicatives et professionnelles des futurs guides touristiques.
En s’appuyant sur cette étude, les didacticiens peuvent concevoir une
démarche didactique, composée d’activités progressives et contextualisées
qui concourent au développement des compétences linguistiques et orales
des étudiants en matière de la présentation des attractions touristiques.
Bibliographie
Adam, J.-M. 1990. Éléments de linguistique textuelle. Théorie et pratique de l’analyse
textuelle. Liège : éd. Mardaga.
Adam, J.-M. 2010. L’analyse textuelle des discours. Entre grammaires de texte et
analyse du discours. Journée d’hommage de Patrick Charaudeau. Conférence à Lyon.
Abul-Haija El-Shanti, S. 2004. Analyse du discours et didactique. Les discours des
guides touristiques en situation exolingues. Le cas des guides jordaniens. Thèse
doctorale. Université Lumière Lyon 2. [Link]
Bakah, E. K. 2010. Analyse du discours oral des guides touristiques et du discours écrit
des guides de voyage : régularités discursives. Thèse doctorale en Didactique des
langues et de français langue étrangère. Université de Strasbourg. [En ligne] : https://
publication- [Link]/public/theses_doctorat/2010/BAKAH_Edem_Kwasi_20
[Link] [consulté le 01 juillet 2024].
Beacco, J. C. 1996. « Linguistique de discours et enseignements de langues ». Le français
dans le monde, p.183-192.
Benveniste, E. 1966. éd. 2001. Problèmes de linguistique générale 1. coll. Tel. Paris :
Gallimard.
Bertrand, O., Schaffner, I. (dir.) 2008. Le français de spécialité : Enjeux culturels et
linguistiques. Palaiseau : éd. École Polytechnique.
Charaudeau, P., Maingueneau, D. (dirs). 2002. Dictionnaire d’analyse du discours.
Paris : Éd. du Seuil.
Charaudeau, P. 1973. « Les bases de la technique métalinguistique d’élucidation ».
Études de Linguistique Appliquée. n° 1. Didier.
Galisson, R., Coste D. (dir.) 1976. Dictionnaire de didactique des langues. Paris :
Hachette.
Guespin, L. 1971. « Problématique des travaux sur le discours politique ». Langages.
Nº 23, Paris : Larousse / Didier. p. 3-24.
84
Du discours oral des guides touristiques
Leplat, J. 1995. « À propos des compétences incorporées ». Éducation permanente, nº
123, p. 101-113. [En ligne] : https ://[Link]/hal-02279733/ [consulté le 01
juillet 2024].
Lerat, P. 1997. Approches linguistiques des langues spécialisées. ASp.. Revue du GERAS,
p. 15-18.
Maingueneau, D. 1991. L’analyse du discours : Introduction aux lectures de l’archive.
Paris : Hachette.
Maingueneau, D. 1998. Analyser les textes de communication. Paris : éd. Dunod.
Mazière, F. 2005. L’analyse du discours. Histoire et pratiques. Presses Universitaires de
France.
Mangiante, J. M., Desroches, F. 2014. « Le FOS, un exemple de recherche-action en
didactique du FLE ». Le Français dans le monde, nº 391, p. 52-53.
Meunier, A. 1974. « Modalités et communication ». Langue française, nº 21, p. 8-25.
Mourlhon-Dallies, F. 1995. Penser le français langue professionnelle, Le français dans
le monde, coll. Recherches et applications, CLE international, juillet-août 2006, (346).
Nguyen Thuc Thanh Tin, Pham Song Hoang Phuc, 2019. « Du discours touristique à la
didactique du français de spécialité ». Journal of Science, Ho Chi Minh City University
of Education, Vol. 16, No. 4, p. 29-39.
Petitjean, A. 1989. « Les typologies textuelles ». Pratiques : linguistique, littérature,
didactique. no 62. France : CRESEF. p. 86-125.
Seoane, A. 2013. Les mécanismes énonciatifs dans les guides touristiques : entre genre
et positionnements discursifs. Paris : L’Harmattan.
© Synergies pays riverains du Mékong, nº 12 - Année 2024.
Revue du GERFLINT.
ARK : [Link]
Bibliothèque nationale de France.
- Décembre 2024 -
Éléments sous droits d’auteur. Modalités de lecture et de citation, politique d’archivage
et mentions légales consultables sur le site de l’éditeur et de la revue :
[Link]
[Link]
85