Le kufr asghar (en arabe : )رفك رغصك, ou « mécréance mineure », est un terme utilisé dans l’islam
pour désigner des actes ou comportements considérés comme des péchés graves, mais qui ne
font pas sortir une personne de la foi musulmane, contrairement au kufr akbar (mécréance
majeure). Ces actes sont qualifiés de « kufr » en raison de leur gravité ou de leur ressemblance
avec des comportements de mécréance, mais ils restent dans le cadre des péchés qui ne
rompent pas le lien avec l’islam.
Caractéristiques du kufr asghar :
• Définition : Le kufr asghar inclut des actions ou paroles qui contiennent une
forme d’ingratitude envers Allah ou une violation des enseignements islamiques, mais sans
rejeter les fondements de la foi (comme l’unicité d’Allah, la prophétie de Muhammad, ou les
piliers de l’islam).
• Conséquences : Ces actes sont des péchés majeurs (kabira) qui nécessitent un
repentir sincère (tawbah) pour être pardonnés. Ils n’entraînent pas l’apostasie ni l’exclusion de
l’islam, mais peuvent diminuer la foi (iman) et exposer la personne à un châtiment dans l’au-
delà si elle ne se repent pas.
• Exemples : Les savants, comme Ibn Hajar ou Ibn Taymiyya, citent des exemples
tirés du Coran et de la Sunna, notamment :
◦ Paroles ou actes ingrats : Par exemple, dire « je ne crois pas en cette pluie » par
mécontentement face à une intempérie, sans nier qu’Allah en est la cause.
◦ Péchés graves associés à un comportement de mécréance : Comme jurer par
autre qu’Allah (ex. : « Je le jure sur ma mère ») de manière répétée, ce qui peut être considéré
comme une forme mineure de shirk (associationnisme).
◦ Manquer à des obligations par négligence : Par exemple, abandonner la prière
par paresse (sans nier son obligation) peut être considéré par certains comme du kufr asghar,
bien que certains savants le classent comme kufr akbar dans des cas extrêmes.
◦ Imiter les mécréants : Adopter des comportements ou pratiques spécifiques aux
non-musulmans par simple imitation, sans intention de rejeter l’islam.
Différence avec le kufr akbar :
• Kufr akbar : Implique un rejet explicite ou implicite des fondements de l’islam
(ex. : nier l’unicité d’Allah, rejeter le Coran, légiférer contre la charia en la considérant
inférieure). Cela entraîne l’apostasie et la sortie de l’islam.
• Kufr asghar : Concerne des péchés qui n’atteignent pas ce niveau de gravité. La
personne reste musulmane, mais doit se repentir pour éviter le châtiment.
• Exemple comparatif :
◦ Kufr akbar : Croire que des lois humaines sont supérieures à la charia ou nier
l’obligation de la prière.
◦ Kufr asghar : Négliger la prière par paresse ou se moquer d’une sunnah sans en
nier la validité.
Fondements textuels :
• Le terme kufr asghar est dérivé de hadiths et d’interprétations des savants. Par
exemple, un hadith rapporté par Boukhari et Muslim dit : « Insulter un musulman est une
perversion (fusuq), et le combattre est une mécréance (kufr). » Ici, « kufr » est interprété
comme kufr asghar, car combattre un musulman ne fait pas sortir de l’islam.
• Un autre exemple est le hadith : « Quiconque jure par autre qu’Allah a commis du
kufr ou du shirk » (rapporté par Ahmad et Tirmidhi), où les savants précisent qu’il s’agit de kufr
asghar si l’intention n’est pas de diviniser autre qu’Allah.
Conséquences pratiques :
• Une personne commettant du kufr asghar reste musulmane et conserve ses
droits et devoirs dans la communauté (ex. : mariage, héritage, prière funéraire).
• Elle doit se repentir et corriger son comportement pour éviter le châtiment divin.
• Les savants insistent sur la prudence dans l’usage du terme « kufr », car accuser
quelqu’un de mécréance à tort est un péché grave.
Note importante :
La distinction entre kufr akbar et kufr asghar est complexe et dépend du contexte, de l’intention,
et de l’interprétation des savants. Certaines écoles de pensée (comme les hanbalites) peuvent
être plus strictes, tandis que d’autres (comme les chaféites ou malikites) insistent sur l’intention
et la connaissance de la personne. Pour des cas spécifiques, il est recommandé de consulter
un savant qualifié.
En résumé, le kufr asghar désigne des péchés graves qui n’excluent pas une personne de
l’islam, mais qui nécessitent un repentir. Il se distingue du kufr akbar par son moindre impact
sur la foi, bien qu’il reste sérieux et mérite une attention spirituelle.
Le kufr asghar (mécréance mineure) désigne des actes ou paroles qui, bien que graves, ne font
pas sortir une personne de l’islam, contrairement au kufr akbar (mécréance majeure). Ces actes
sont qualifiés de « kufr » en raison de leur ressemblance avec des comportements de
mécréance ou de leur ingratitude envers Allah, mais ils restent des péchés majeurs (kabira) qui
nécessitent un repentir. Les savants musulmans, comme Ibn Taymiyya, Ibn Hajar, ou Al-
Nawawi, ont identifié plusieurs types ou manifestations de kufr asghar, souvent basés sur le
Coran, la Sunna, et les interprétations théologiques. Voici une explication détaillée des
principaux types de kufr asghar, avec des exemples concrets :
1. Kufr des paroles (Kufr bi al-Qawl) :
Ce type de kufr asghar concerne des propos qui reflètent une forme d’ingratitude ou de manque
de respect envers Allah, Ses commandements, ou Ses signes, sans pour autant nier les
fondements de la foi.
• Exemples :
◦ Murmurer contre le décret divin : Dire, par frustration, « Pourquoi Allah m’a-t-il fait
ça ? » ou « Cette pluie est maudite » en exprimant un mécontentement, sans nier qu’Allah est
le Créateur ou le Contrôleur de ces événements.
◦ Se moquer d’une pratique religieuse : Rire d’une sunnah, comme la longueur de
la barbe ou le port du hijab, sans nier leur validité religieuse. Par exemple, dire : « Pourquoi
porter ça, c’est ridicule ! » peut être considéré comme kufr asghar si l’intention n’est pas de
rejeter la religion.
◦ Jurer par autre qu’Allah : Selon un hadith rapporté par Ahmad et Tirmidhi, «
Quiconque jure par autre qu’Allah a commis du kufr ou du shirk. » Jurer sur « l’honneur de
quelqu’un » ou une entité autre qu’Allah, sans intention d’associationnisme (shirk), est du kufr
asghar.
• Conséquence : Ces paroles sont des péchés graves qui diminuent la foi, mais la
personne reste musulmane tant qu’elle ne rejette pas explicitement un pilier de l’islam.
2. Kufr des actes (Kufr bi al-Fi’l) :
Ce type concerne des actions qui, sans nier les fondements de l’islam, imitent des
comportements de mécréance ou manquent de respect envers les obligations religieuses.
• Exemples :
◦ Négliger des obligations par paresse : Abandonner la prière (salat) ou la zakat
par négligence, sans nier leur caractère obligatoire. Par exemple, quelqu’un qui dit : « Je suis
trop occupé pour prier » commet un péché grave, souvent classé comme kufr asghar par
certains savants (bien que d’autres, comme les hanbalites, puissent le considérer comme kufr
akbar dans des cas extrêmes).
◦ Imiter les pratiques des mécréants : Adopter des comportements ou des
célébrations spécifiques aux non-musulmans par simple conformisme, sans intention de rejeter
l’islam. Par exemple, participer à des fêtes religieuses non islamiques (comme Noël) pour des
raisons sociales, sans y attacher de croyance.
◦ Détruire des symboles religieux par négligence : Jeter un Coran ou marcher sur
des pages contenant des versets par manque d’attention, sans intention de profanation.
• Conséquence : Ces actes sont répréhensibles et nécessitent un repentir, mais ils
ne rompent pas le lien avec l’islam tant que l’intention reste exempte de rejet des fondements.
3. Kufr par comportement ou attitude (Kufr bi al-Suluk) :
Ce type englobe des attitudes ou comportements qui reflètent une ingratitude ou un manque de
sérieux envers la religion, souvent liés à l’arrogance ou à l’hypocrisie mineure.
• Exemples :
◦ Insulter ou combattre un musulman : Selon un hadith rapporté par Boukhari et
Muslim, « Insulter un musulman est une perversion (fusuq), et le combattre est une mécréance
(kufr). » Combattre un musulman sans raison valable ou l’insulter gravement est considéré
comme du kufr asghar, car cela contrevient à la fraternité islamique, sans pour autant nier la foi.
◦ Manifester de l’arrogance envers la religion : Afficher du mépris pour des
pratiques islamiques mineures, comme dire : « Ces règles sont inutiles » à propos de sunnahs
non obligatoires, sans rejeter les obligations fondamentales.
◦ Manquer de gratitude envers Allah : Se plaindre constamment de sa situation
sans reconnaître les bienfaits d’Allah, comme dire : « Rien ne va dans ma vie » sans attribuer
les épreuves à la sagesse divine.
• Conséquence : Ces comportements affaiblissent la foi et exposent la personne
au châtiment, mais elle reste dans le giron de l’islam.
4. Kufr par association mineure (Shirk Asghar) :
Certaines formes de shirk mineur (associationnisme mineur) sont assimilées au kufr asghar, car
elles impliquent des actes ou croyances qui s’approchent du polythéisme sans atteindre le
niveau du shirk akbar (associationnisme majeur).
• Exemples :
◦ Jurer par autre qu’Allah : Comme mentionné, jurer par une personne, un objet,
ou une entité autre qu’Allah (ex. : « Je le jure sur ma mère ») est une forme de shirk asghar, qui
est aussi kufr asghar si l’intention n’est pas de diviniser l’objet du serment.
◦ Faire des actes pour plaire aux autres (riya) : Prier ou donner l’aumône pour être
vu ou admiré par les gens, plutôt que pour Allah, est une forme de shirk asghar. Par exemple,
prier ostensiblement pour gagner l’approbation sociale.
◦ Croire en des superstitions mineures : Attribuer un pouvoir limité à des objets ou
pratiques (ex. : porter un talisman pour la « chance » sans croire qu’il remplace Allah) peut être
considéré comme shirk asghar et donc kufr asghar.
• Conséquence : Ces actes sont des péchés graves qui corrompent la sincérité de
la foi, mais ils ne font pas sortir de l’islam tant qu’ils ne nient pas l’unicité d’Allah (tawhid).
Fondements textuels et savants :
• Coran : Bien que le terme « kufr asghar » ne soit pas explicitement mentionné,
des versets comme Sourate Al-Ma’ida (5:44) (« Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a
fait descendre, ceux-là sont les mécréants ») sont interprétés par certains savants (comme Ibn
Abbas) comme pouvant inclure des formes mineures de kufr lorsqu’il s’agit d’actes isolés sans
rejet de la foi.
• Hadiths : Plusieurs hadiths soutiennent la notion de kufr asghar :
◦ « Quiconque jure par autre qu’Allah a commis du kufr ou du shirk » (Ahmad,
Tirmidhi).
◦ « Deux choses parmi les gens relèvent du kufr : médire sur la généalogie et se
lamenter bruyamment sur les morts » (Muslim). Ici, « kufr » est interprété comme kufr asghar,
car ces actes ne nient pas la foi.
• Savants : Ibn Taymiyya et Ibn Al-Qayyim distinguent clairement entre kufr akbar
(qui exclut de l’islam) et kufr asghar (qui est un péché grave). Al-Nawawi et les chaféites
insistent sur l’intention et le contexte pour qualifier un acte de kufr asghar.
Points importants :
• Contexte et intention : La qualification d’un acte comme kufr asghar dépend de
l’intention, de la connaissance, et du contexte. Par exemple, une personne ignorante ou
agissant sous contrainte peut ne pas être jugée aussi sévèrement.
• Prudence dans le jugement : Accuser quelqu’un de kufr, même mineur, est une
affaire sérieuse. Les savants mettent en garde contre le takfir (déclaration de mécréance) sans
preuves claires, car cela peut diviser la communauté et constituer un péché si l’accusation est
erronée.
• Repentir : Tout acte de kufr asghar peut être pardonné par un repentir sincère
(tawbah), la correction du comportement, et la recherche du pardon d’Allah.
Exemple pratique :
• Une personne qui manque la prière par paresse (sans nier son obligation)
commet un péché grave, souvent classé comme kufr asghar par les malikites ou chaféites.
Cependant, si elle déclare que la prière n’est pas obligatoire, cela devient du kufr akbar, car elle
rejette un pilier de l’islam.
• Quelqu’un qui célèbre une fête non islamique par conformisme social, sans y
attacher de croyance religieuse, commet du kufr asghar, mais s’il croit que cette fête est une
obligation religieuse, cela pourrait être du kufr akbar.
En résumé :
Le kufr asghar se manifeste à travers des paroles, actes, comportements, ou associations
mineures qui reflètent une ingratitude ou une négligence envers la religion, sans nier ses
fondements. Les types incluent des propos ingrats, la négligence d’obligations, l’imitation des
mécréants, ou des formes mineures de shirk. Ces péchés sont graves mais n’excluent pas de
l’islam, et ils nécessitent un repentir. Pour des cas spécifiques ou des clarifications, consulter un
savant qualifié est vivement recommandé, car la distinction entre kufr asghar et kufr akbar peut
être subtile et dépendante du contexte.