0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues57 pages

Support TCA

Transféré par

francklinekpale
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues57 pages

Support TCA

Transféré par

francklinekpale
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
……………………

Union – Discipline - Travail

SUPPORT DE COURS
TECHNIQUES COMPTABLES
APPROFONDIES

L’enseignant :
Dr Dagnogo
Enseignant-chercheur / INP-HB
05 55 03 85 68
[email protected]

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 1


SOMMAIRE

CHAPITRE 1 : LE CADRE CONCEPTUEL COMPTABLE ET PRINCIPES COMPTABLES........... 2

CHAPITRE 2 : LES REGLES D’EVALUATION DES ELEMENTS DU PATRIMOINE ................... 9

CHAPITRE 3 : AQUISITION DES IMMOBILISATIONS PAR RENTES VIAGERES ...................... 18

CHAPITRE 4 : ACQUISITION DE BIENS AVEC CLAUSE DE RESERVE DE PROPRIETE .......... 22

CHAPITRE 5 : COMPTABILISATION PAR COMPOSANT ............................................................... 27

CHAPITRE 6 : COMPTABILISATION DES BIENS ACQUIS PAR CONTRAT DE LOCATION .... 31

CHAPITRE 7 : LES SUBVENTIONS ET AVANCES ......................................................................... 36

CHAPITRE 8 : LES OPERATIONS EN MONNAIES ETRANGERES .............................................. 43

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 2


INTRODUCTION GENERALE

La comptabilité est une projection de l’entreprise au plan des valeurs (mise en évidence des
créances et des dettes de l’entreprise). Elle organise l’information financière et permet de saisir, de
classer, d’enregistrer les bases de données chiffrées et de présenter des états qui reflètent une
image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise à la date de
clôture de l’exercice comptable.

A travers cette perception, les techniques de la comptabilité approfondie (TCA) tiennent compte
des dispositions de l’article 5 de l’Acte Uniforme du SYSCOHADA. Selon cet article, « le
SYSCOHADA a pour objet la collecte, la tenue, le contrôle, la présentation et la communication
par les entités, d’informations financières établies dans les mêmes conditions de fiabilité, de
compréhension et de comparabilité ».

Les TCA ont pour mission d’approfondir le traitement des questions comptables et financières
classiques ainsi que les cas de difficultés spécifiques en rapport avec les dispositions applicables
au SYSCOHADA 2017.

Ce faisant, les TCA prennent en compte les règles de saisie, d’évaluation, d’enregistrement et de
comptabilisation des informations économiques et financières des entités, en tenant compte de
l’évolution de la complexité des affaires et des règles commerciales, fiscales, sociales et
professionnelles dans l’optique de produire une information comptable pertinente et de qualité
répondant au besoin des utilisateurs.

L’objectif est de permettre à la comptabilité de servir à la fois d’instrument de mesure des droits et
obligations des partenaires de l’entreprise, d’instrument de preuve, d’information des tiers et de
gestion. Plusieurs thèmes de difficultés financières et comptables sont abordés dans ce cours :

 La revue des principes de base de la comptabilité


 Le cadre conceptuel comptable et les principes comptables
 Les règles d’évaluation des éléments du patrimoine
 Acquisition des immobilisations par rentes viagères
 Acquisition de biens avec clause de réserve de propriété
 Amortissement par composant
 La comptabilisation des biens acquis par contrat de location
 Les subventions et les avances de l’Etat
 Les opérations en monnaies étrangères
 Etc.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 1


CHAPITRE 1 : LE CADRE CONCEPTUEL COMPTABLE ET PRINCIPES COMPTABLES

I. Le cadre conceptuel comptable


Le cadre conceptuel se définit comme un système cohérent d’objectif et de principes comptables
fondamentaux liés entre eux. Il a pour objectif de donner une représentation utile de l’entité pour
les utilisateurs. Il aide à élaborer des normes cohérentes pour faciliter l’interprétation des règles
comptables et aide à l’établissement d’une opinion relative à la conformité des états financiers.

1. Les dispositions d’ordre général


1.1. Le champ d’application et les livres comptables
1.1.1. Le champ d’application
Sont soumises aux dispositions du droit commercial, les entités publiques et parapubliques, les
coopératives et plus généralement les entités qui produisent les biens et services marchands dans
la mesures où elles exercent des activités économiques qui se fondent sur des actes répétitifs à
l’exception des entités soumises à des règles de la comptabilité publique et comptabilités
spéciales qui sont restreintes aux dispositions du SYSCOHADA. Il importe de relever que la date
de clôture de l’exercice est fixée au 31/12/N tandis que la date d’arrêt des comptes est prévue pour
le 30 Avril N+1 au plus grand tard. La durée d’un exercice comptable ne peut excéder 18 mois.

1.1.2. Les livres comptables


Le système comptable distingue quatre (04) livres qui doivent être tenus sans blanc, sans rature ni
surcharge. La correction d’erreur se faisant en négatif.
Ces quatre (04) livres sont : le journal, le grand livre, la balance générale de vérification et le livre
d’inventaire. Ces quatre (04) livres sont obligatoires.

- Le livre journal
C’est un document comptable obligatoire dans lequel doivent être enregistrés dans l’ordre
chronologique les mouvements affectant le patrimoine de l’entité. Il est détaillé en autant de livres
auxiliaires que les besoins de l’activité l’exigent.
Les écritures portées dans le livre journal, dans les journaux auxiliaires sont centralisées une (01)
fois par mois.

- Le grand livre
C’est un document comptable obligatoire qui regroupe tous les comptes. Il est acquis par report
des écritures du journal. Il est détaillé en autant de grands livres auxiliaires que les besoins de
l’entité l’exigent. Les informations contenues dans le grand livre auxiliaire sont centralisées au
moins une fois par mois dans le grand livre.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 2


- La balance générale
C’est un document général de contrôle qui permet de s’assurer que les opérations enregistrées
l’ont été conformément au principe de la partie double. Elle se présente traditionnellement sous
forme de tableau présentant l’ensemble des comptes classés dans l’ordre rationnel.

- Le livre d’inventaire
C’est un document qui comprend les données d’inventaire annuel d’une part et d’autre part les
états financiers. Le regroupement des données d’inventaire du bilan doit permettre de distinguer
les éléments du patrimoine selon leur nature et leur évaluation. Le bilan, le compte de résultat et
les notes annexes doivent être présentés chaque année sur le livre d’inventaire. Ils doivent être
cotés et paraphés (fait ou visé par le greffier).

1.1.3. Le manuel de procédure comptable


Le SYSCOHADA demande aux entités de rédiger et de conserver la documentation décrivant les
procédures et l’organisation comptable desdites entités à travers tout le système de traitement
manuel de procédures comptable et financière qui permet de comprendre comment les états
financiers ont été obtenus à travers la saisie et le traitement de l’information. C’est le premier
document réglementaire pour comprendre le système de tenue de la comptabilité. Le manuel de
procédure doit comprendre au minimum :
- L’organisation de la fonction comptable,
- Les intervenants externes et leurs rôles,
- Le plan des comptes et la liste des journaux utilisés,
- Le système et les moyens comptables (de quoi nous disposons pour organiser notre
comptabilité),
- Les informations produites,
- Le classement des pièces comptables.
Ce document fait objet de mise à jour périodique tenant compte des modifications introduites dans
les méthodes et procédures comptables.

1.2. Les utilisateurs des états financiers


Les états financiers constituent le principal moyen de communication de l’information financière
aux différents utilisateurs qui sont :
- Les dirigeants
- Les organes d’administration et de contrôle
- Les fournisseurs de capitaux
- L’Etat
- La centrale des bilans et autres institutions dotées du pouvoir réglementaire

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 3


- Les autres partenaires de l’entité telle que les salariés
- Les autres groupes d’intérêt y compris le public de manière générale.

3. Les objectifs des états financiers


La comptabilité est un système d’organisation de l’information financière permettant de saisir, de
classer, d’évaluer, d’enregistrer les données de bases chiffrées et de présenter les états financiers
reflétant l’image fidèle1 du patrimoine, la situation financière ainsi que le résultat de l’entité à une
date donnée.

Ces états financiers ont pour objectif de fournir des informations utiles aux diverses parties
prenantes afin de répondre à leurs besoins. Cette utilité de l’information est caractérisée par :
- La pertinence
- La fidélité
- La comparabilité
- La compréhensibilité
- La rapidité
- La vérifiabilité

II. Les principes comptables


Les principes comptables tirent leur essence dans la nécessité de définir les règles et d’harmoniser
les pratiques. Ils permettent d’obtenir une information financière de qualité. Tirés des textes
réglementaires, ils se distinguent en postulats et conventions.

1. Les postulats comptables


Les postulats permettent de définir le champ du modèle comptable. Ce sont des principes acceptés
sans démonstration mais cohérents avec les objectifs fixés. Les postulats retenus par le
SYSCOHADA sont :
- Le postulat de l’entité
- Le postulat de la comptabilité d’engagement
- Le postulat de la spécialisation des exercices
- Le postulat de la permanence des méthodes
- Le postulat de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique

1
L’article 121-1 du PCG définit l’image fidèle comme étant une notion globale qui se traduit par l’obligation de
fournir loyalement toute information utile et pertinente pour permettre à des tiers d’avoir, à travers les états financiers,
une perception exacte de la réalité économique de l’entité. Elle nécessite parfois des informations complémentaires
dans l’annexe.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 4


1.1. Le postulat de l’entité
L’entreprise est considérée comme une entité comptable autonome distincte de ses propriétaires et
de ses partenaires économiques. La comptabilité est fondée sur la séparation entre le patrimoine de
l’entité et celui de ses partenaires. Ce sont les transactions de l’entité et non celle des propriétaires
qui sont prises en compte dans la détermination du patrimoine de l’entité.

1.2. Le postulat de la comptabilité d’engagement


Les effets des transactions et événements sont pris en compte dès que ces transactions se
produisent et non pas au moment des encaissements ou paiements. Ils sont enregistrés dans les
livres comptables et présentés dans les états financiers des exercices auxquels ils se rattachent. Il
importe de signifier que ce postulat n’empêche pas une modalité de présentation d’une
comptabilité de trésorerie.

1.3. Le postulat de la spécialisation des exercices


Ce postulat exige qu’il faut rattacher à chaque exercice tous les produits et les charges qui le
concerne et ceux-là uniquement. D’une manière générale, lorsque les revenus sont comptabilisés
au cours d’un exercice, toutes les charges ayant concourues à la réalisation de ces revenus doivent
être constatées dans le même exercice. Le respect de ce postulat est assuré par le biais des comptes
de régularisation (…).
Ce postulat renvoi à deux notions qui sont :
- La spécialisation des exercices qui comprend indépendance des exercices et la séparation des
exercices
- Le rattachement des charges aux produits

1.4. Le postulat de la permanence des méthodes


Ce postulat exige que les méthodes de prise en compte des mesures et de présentation des comptes
soient utilisées par l’entité d’une période à l’autre. En effet, la cohérence des informations
comptables au cours des périodes successives implique la permanence dans l’application des
règles et procédures.
On ne déroge à la permanence des méthodes que si un changement exceptionnel est intervenu dans
la situation de l’entité ou pour obtenir une meilleure information financière.

 Le changement des méthodes


Un changement de méthode comptable résulte :
Soit du remplacement d’une méthode comptable par une autre lorsqu’une option implicite ou
explicite existe.
Soit d’un changement de règlementation comptable résultant de l’adoption d’un nouveau
référentiel tel que le système comptable OHADA.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 5


Tout changement de méthode comptable, dès lors qu’il induit des modifications significatives
dans les états financiers de l’exercice, ou est susceptible d’en induire lors d’exercices suivants :
- Doit faire l’objet d’une information dans les notes annexes ;
- et l’effet, après impôt, de la nouvelle méthode est calculé de façon rétrospective, comme si
celle-ci avait toujours été appliquée.

 Le changement d’estimation et de modalité d’application


Lorsque les éléments des états financiers ne peuvent pas être évalués avec précision en raison des
incertitudes inhérentes à la vie des affaires, ils devront faire l’objet d’une estimation. La procédure
d’estimation repose sur les jugements fondés sur les dernières informations fiables ; elles
concernent en générale les créances douteuses, l’obsolescence des stocks ou encore les durées
d’amortissement. Le changement d’estimation est caractérisé par un changement rétrospectif.

 Le changement d’option fiscale


L’adoption par les autorités fiscales d’accorder des avantages fiscaux aux entités entraine des
changements dans les écarts financiers. Ces changements n’ont qu’effet sur l’exercice en cours et
l’exercice futur. L’incidence de ce changement est constatée dans le résultat de l’exercice.

 La correction d’erreurs
Les erreurs sont définies comme des interprétations erronées ou des omissions. Elles peuvent être
regroupées en deux catégories :
o Les erreurs commises et découverte sur la période en cours
o Les erreurs découvertes sur la période en cours et commises sur la période antérieure
La correction de ces erreurs est fonction de leur grandeur significative. Ainsi, la correction
d’erreurs significatives doit être opérée sur des capitaux propres. Il doit faire l’objet d’une
information dans les notes annexes.

1.5. Le postulat de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique


Pour que l’information soit pertinente, elle doit être présentée et enregistrée en accords avec la
substance et la réalité économique ou financière et non seulement en accord avec leur forme
juridique.
Les différents cas d’application de ce postulat sont :
- Inscription à l’actif d’un bien avec clause de réserve de propriété
- Inscription à l’actif d’un bien pris en location par le locataire dans un contrat de location
acquisition
- Inscription à l’actif des effets de commerce escomptés non échus

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 6


2. Les conventions comptables
L’objectif des conventions comptables est de préparer et d’aider la préparation des comptes dans
l’évaluation et dans la présentation de l’information financière. Les différentes formes de
conventions sont :
- La convention du coût historique
- La convention de prudence
- La convention de régularité et de transparence
- La convention de la correspondance bilan d’ouverture N+1 et bilan de clôture N
- La convention de l’importance significative

2.1. La convention du coût historique


Elle consiste à comptabiliser les opérations sur la base de leur valeur nominale de la monnaie sans
tenir compte des éventuelles variations du pouvoir d’achat. Les actifs sont comptabilisés pour le
montant payé ou pour la valeur de la contrepartie qui a été donnée pour les acquérir. Les passifs
sont comptabilisés pour le montant des produits reçus en charges de l’obligation ou dans certaines
circonstances. Le montant que l’on s’attend à verser pour atteindre le passif dans le courant
normal de l’activité. Ainsi :
- Un actif acquis à titre onéreux (…) est comptabilisé au coût d’acquisition
- Un actif produit est comptabilisé au coût de production
- Un actif acquis gratuitement est comptabilisé à la valeur actuelle
- Un actif acquis par voie d’échange est comptabilisé à la valeur actuelle de l’actif reçu en
contrepartie et si cette valeur actuelle ne peut être estimée de façon fiable, la valeur actuelle de
l’élément donné en échange sera retenue.
La convention du coût historique peut être mise en cause lorsque la formation du coût dû à
l’inflation devient trop forte. C’est notamment la cas des réévaluations libre et légale.

2.2. La convention de prudence


La prudence peut être définie comme une appréciation raisonnable des faits dans les conditions
d’incertitude afin d’éviter le risque de transfert sur l’avenir d’incertitudes présentes susceptibles de
grever le patrimoine et le résultat de l’entité.
La comptabilité doit satisfaire dans le respect de cette convention aux obligations de sincérité, de
transparence et de régularité. Devant une situation d’incertitude, il faut appliquer raisonnablement
les faits en appliquant cette convention.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 7


2.3. La convention de régularité et de transparence
En parlant de régularité et de transparence, l’on fait allusion à la conformité aux règles de
procédures, à la présentation, à la communication claire et loyale, et au respect de la règle de non
compensation.

La comptabilité doit être guidée par cette règle dans le cadre du traitement, de l’évaluation et la
présentation de l’information financière.

2.4. La convention de la correspondance bilan d’ouverture N+1 et bilan de clôture N


L’article 34 de l’acte uniforme relatif à la comptabilité et à l’information financière précise que le
bilan d’ouverture d’un exercice doit correspondre au bilan de clôture de l’exercice qui précède.
Cette convention montre à priori qu’on ne peut pas imputer les erreurs ou impact de changement
de méthode ou tout impact entre deux exercices en utilisant les comptes de capitaux propres.
Toutefois, le système comptable accepte le principe de corriger lorsqu’il y a incidence d’un
changement de méthode ou une correction d’erreurs significative.
Cette convention est encore appelé intangibilité (…) du bilan.

2.5. La convention de l’importance significative


Cette convention renvoi à la notion de seuil de signification et est définie comme le montant à
partir duquel les omissions, les inexactitudes isolées ou calculées auraient pour effet, compte tenu
des circonstances d’influencer le jugement d’une personne raisonnable influençant la tenue des
états financiers.

L’importance significative a un caractère relatif et est fonction de la taille de l’activité de l’entité


et de la place que revêt tel ou tel élément dans l’appréciation des états financiers. La notion du
seuil de signification est donc le fait appréciation subjective et chaque cas doit être étudié
différemment des autres.

Questions de cours
1) Expliquer la notion d’« image fidèle » indiquée dans l’article 121-1 du PCG et dans le
SYSCOHADA révisé
2) Rappeler les différents postulats et convention comptables ?
3) En quoi consiste le postulat de l’entité et de la comptabilité d’engagement ?

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 8


CHAPITRE 2 : LES REGLES D’EVALUATION DES ELEMENTS DU PATRIMOINE

L’évaluation revêt une importance majeure en comptabilité. Elle a une incidence directe sur le
résultat et le patrimoine de l’entité à une période donné. Les règles d’évaluations se réfèrent à
plusieurs méthodes au niveau du SYSCOHADA.

L’évaluation permet de déterminer la valeur monétaire auxquelles sont comptabilisés les éléments
dans les états financiers. La problématique d’évaluation se pose à des moments clé de la durée de
vie d’un actif dans le patrimoine de l’entité.

I. Évaluation des stocks et en-cours


1. Valeur d'entrée des stocks et en-cours dans le patrimoine
Ils sont valorisés à leur coût d'acquisition pour les matières, fournitures et marchandises et à leur
coût de production pour les encours et les produits finis.

1.1. Coût d'acquisition


Le coût d’acquisition est égal à la somme des deux éléments suivants :
- le prix d’achat, c'est-à-dire le montant en FCFA, après déduction des réductions (3R)
obtenues;
- les frais accessoires, c'est-à-dire les charges directement ou indirectement liées à
l'acquisition.

1.2. Le coût de production


Le coût de production d'un bien s'obtient en additionnant les éléments suivants :
 le coût d'acquisition de matières consommées (matières premières) pour la production du
bien ;
 les autres coûts engagés par l'entreprise, c'est-à-dire :
 les charges directes de production ;
Ce sont celles, qu'il est possible d'affecter sans calcul intermédiaire au coût d'un produit ou d'un
service déterminé ;
 les charges indirectes de production qui peuvent être raisonnablement
rattachées à la production du bien ou du service.
Ce sont celles dont l'imputation nécessite un calcul intermédiaire
En sont donc exclus :
- les charges d'administration générale et les charges de distribution
- les charges exceptionnelles
- les frais de recherche et de développement
- les charges financières

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 9


2. Valeur à la clôture de l'exercice
2.1. Valeur d'inventaire
A l'inventaire, l'évaluation des stocks et productions en cours est faite à leur valeur actuelle.
Les stocks doivent être évalués unités par unités ou catégorie par catégorie.
Cette évaluation nécessite la mise en œuvre d'un inventaire physique annuel. L'inventaire doit être
réalisé à la clôture de l'exercice. La valeur actuelle s’apprécie en fonction du marché et de l’utilité
du bien pour l’entité.

2.2. Valeur au bilan


Pour l'arrêté des comptes, l'évaluation est faite :
- au coût réel d'entrée s'il s'agit d'articles ou de catégories individualisables
- au coût estimé d'entrée par la méthode du CUMP ou la méthode FIFO, s'il s'agit d'articles
interchangeables. Cette méthode concerne tous les stocks ayant une nature ou un usage
similaire.

2.3. Valeur à la sortie


Il s'agit de la comptabilisation d'une vente ordinaire.
Dans le système de l'inventaire intermittent, seul le prix de vente est enregistré.

II. Evaluation des titres


Le coût d’acquisition des titres doit inclure les frais d’acquisition quel que soit la nature de ces
titres :
 Titres de participation
 Titres de placement
 Les titres immobilisés
Toutefois, en ce qui concerne les titres de placement, l’évaluation à l’inventaire étant fait en
général à partir du prix d’achat et du cours en bourse à la clôture, une mention doit être faite dans
les notes annexes concernant le coût d’achat de ces titres.

III. Evaluation des immobilisations


Sont considérées comme immobilisations, les biens corporels, incorporels ou financiers acquis par
l’entité pour une exploitation (utilisation) durable.

L’entrée des immobilisations dans le patrimoine de l’entité se fait :


- au coût réel d’acquisition pour les immobilisations achetées à des tiers ;
- au coût réel de production pour les immobilisations produites par l’entité pour elle-même ;
- à la valeur d’apport en cas d’apport en société ;
- à la valeur actuelle pour les immobilisations acquises à titre gratuit.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 10


1. Acquisition d’immobilisation
1.1. Vie d’une immobilisation
Pour être « durable », les immobilisations sont néanmoins tributaires des aléas de la vie
économique :
- Elles naissent ou entrent : L’entité acquiert les immobilisations ou les produit elle-même, à une
valeur déterminée
- Elles servent et s’usent : L’entité les met en service, répartit le montant amortissable des biens
sur leur durée d’utilité et constate éventuellement leur dépréciation
- Elles meurent ou sortent : L’entité les met au rebut, les détruit, les vend ou les échange.

1.2. Coût d’acquisition


Les éléments constitutifs du coût d’acquisition d’une immobilisation sont les suivants :
Eléments du coût d’acquisition Mts
Frais ou charges taxables du coût d’acquisition
- Le Prix d’achat net (déduction faite des rabais, remises et de l’escompte)
- Les droits de douane
- Les commissions et courtages
- Le transport maritime
- L’assurance maritime
- Les frais de transit
- Les frais de manutention
- Les frais de démolition pour reconstruction
- Les honoraires d’architecte
- Les honoraires du notaire
- Les honoraires d’intermédiaires
- Les coûts relatifs au démantèlement, à l’enlèvement de l’immobilisation et à la remise en
état du site sur lequel elle est située si cette obligation incombe à l’entité
- Les frais de magasinage lors de l’achat
- Les frais d’essai
- Frais de montage, d’installation, de réparation et mise en état d’utilisation ou de mise en
route ou de mise en service effectués par une autre entité.
- Les frais de démarrage
- Les frais de peintures aux couleurs de l’entité en vue d’un effet publicitaire
Base taxable (BT)
Frais ou charges non taxables du coût d’acquisition
- La TVA non déductible (MHT ou Base taxable x 18%) x (100% - prorata de déduction)
- Les frais de transport du port à l’entité
- Les frais de transport de l’entité vers son lieu d’utilisation
- Travaux effectués par le personnel même de l’entité en heures supplémentaires liés à
l’opération d’achat
- Les droits d’enregistrement et de timbres fiscaux
- Les frais d’actes
- Les droits de mutation

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 11


- Frais de montage, d’installation, de réparation et mise en état d’utilisation ou de mise en
route ou de mise en service effectués par le personnel même de l’entité
- Les amortissements directement rattachés à l’opération d’acquisition
- La plaque d’immatriculation pour un véhicule
- Le coût de l’emprunt (intérêt de l’emprunt ou Charges financières) pour financer
l’acquisition d’un actif qualifié ou éligible (Actif qui exige une longue période qui est
supérieure ou égale à 12 mois avant de pouvoir être utilisé ou vendu).
Coût d’acquisition de l’immobilisation
Sont exclues, toutes les charges non directes :
 La TVA déductible
 Les frais de formation
 Les coûts de maintenance
 Les frais généraux
 Les frais d’administration générale ou frais de siège
 Les frais de stockage
 Les assurances qui interviennent après l’opération d’acquisition
NB : Tous les frais exclus du coût d’acquisition sont enregistrés en charges.

1.3. Comptabilisation
Lors de l’acquisition, les immobilisations sont enregistrées dans la classe 2 au coût d’achat HT ou
au coût de production HT dans les comptes correspondants selon la nature de l’immobilisation.
 Souscription de l’emprunt
date
521 Banque x
162 Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit x
(Svt souscription)

 Avances ou acomptes versés pour l’acquisition d’une immobilisation


date
25… Avances et acomptes versés sur immo. x
5… Compte de trésorerie x
(Svt avances ou acomptes versés)

 Réception de la facture
date
2… Compte d’immobilisation (coût d’acquisition) x
4451 TVA récupérable sur immobilisations x
6… Charges par nature : charges exclues du coût d’acq. x
4454 TVA récupérables sur services et autres charges x
25… Avances et acomptes versés sur immo. x
481 Fournisseurs d’investissements x
401 Fournisseurs d’exploitation x
72… Productions immobilisées (frais internes + intérêt x
d’emprunt)(Svt facture d’acquisition No…)

NB. : Si la TVA n’est pas récupérable sur un bien alors celui-ci entre dans le patrimoine de l’entité
au coût d’acquisition TTC.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 12


APPLICATION N°1
Le 01/09/N, la SONAN a reçu de son fournisseur américain une machine-outil aux conditions
suivantes :
- Prix d’achat hors taxe : 5 000 000
- Droit de douane : 800 000
- Frais de transit : 500 000 HT
- Frais d’installation : 1 000 000 HT
- TVA 18 %
- Prorata de déduction : 75 %
Cette acquisition a fait l’objet d’un emprunt 3 000 000 au taux de 10 % l’an, le cycle d’achat est
de 3 mois.
Travail à faire
1) Déterminer le coût d’acquisition du bien.
2) Passer les écritures de l’acquisition

SOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 13


2. Production d’immobilisations
La production immobilisée constitue une livraison à soi-même, c’est à dire, produite par l’entité
pour elle-même.

Selon le droit comptable OHADA, les comptes :


- 721 : production immobilisée des immobilisations incorporelles
- 722 : production immobilisée des immobilisations corporelles
- 726 : production immobilisée des immobilisations financières
Enregistrent le coût de production des produits fabriqués par l’entité pour elle-même.

2.1. Valeur d’entrée ou coût de production

Cette valeur comprend :


Eléments du coût de production Mts
- Le coût d’achat des matières premières (CA) et fournitures utilisées (avec CA = PA +
F/A +/– VS)
- Les charges directes de production (main d’œuvre, énergie, amortissement des machines
utilisées, rémunération en heures supplémentaires des employés affectés à la production
etc.).
- Les charges indirectes de production (rattachées à la production)
- Les coûts d’emprunt (intérêts d’emprunt ou charges financières) nécessaires au
financement de la production d’un actif qualifié ou éligible, immobilisations
incorporelles, corporelles ou stock, font partie du coût du bien lorsqu’ils concernent la
période de production de cet actif, jusqu’à la date de réception définitive.

NB : la partie des charges financières qui partent au-delà de la réception définitive du bien
est à enregistrer en charges (compte 671).
- Les pertes, rebuts et déchets de caractère inévitable et normal.
Pour un ensemble immobilier :
- Les frais de démolition pour reconstruction
- Les honoraires d’architectes
- La redevance pour la création de locaux à usage de bureaux ou usage industriel
- Les participations pour dépassement du plafond légal de densité, pour travaux de voirie
- Les taxes locales d’équipement
- Les taxes départementales d’espaces verts.
Base taxable (BT)
La TVA non déductible (MHT ou Base taxable x 18%) x (100% - prorata de déduction)
Coût de production de l’immobilisation

Sont exclus du coût de production :


 Frais de recherche et de développement. (Charges commerciales)
 Frais d’administration générale.
 La quote-part de sous-activité.
 Les pertes et gaspillages de caractères accidentel ou anormal
 Le coût de stockage des produits finis (viennent en aval de la production)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 14


2.2. Comptabilisation
2.2.1. Production terminée
Il s’agit des immobilisations dont la fabrication est terminée avant la clôture de l’exercice.
date
2… Compte d’immobilisation x
4451 TVA récupérable sur immobilisations x
72 … Production immobilisée x
4434 TVA facturée sur production livrée à soi même x
787 Transferts de charges financières x
(Svt production livrée à soi même)

2.2.2. Immobilisations en cours


Il s’agit de biens dont la production n’est pas achevée à la fin de l’exercice N.
Le compte ‘’immobilisation en cours’’ est obtenu en plaçant le chiffre ‘’9’’ à la 3 e position du
numéro du compte de l’immobilisation.
 Au terme de l’exercice N
date
2..9 Immobilisations en cours x
72… Production immobilisée x
787 Transferts de charges financières x
(Svt production en cours)
 A l’achèvement
La valeur d’entrée de l’immobilisation est composée des charges engagées à la clôture de
l’exercice précédent (‘’immobilisations en cours’’) et des charges engagées pour l’exercice
courant.
date
2… Compte d’immobilisation x
4451 TVA récupérable sur immobilisations x
2…9 Immobilisations en cours x
72 … Production immobilisée x
787 Transferts de charges financières x
4434 TVA facturée sur production livrée à soi même x
(Svt production livrée à soi même)

2.2.3. La sous-traitance
La première partie des travaux est réalisée par un sous-traitant (une autre entité) et la seconde
partie par l’entité elle-même.
 Réception de la facture du sous-traitant
date
2..9 Immobilisations en cours x
4451 TVA récupérable sur immobilisations x
481 Fournisseurs d’investissements x
ou 404 Fourn., acquisitions courantes d’immo
25… Avances et acomptes versés sur immo. x
(Svt facture du sous-traitant)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 15


 Achèvement des travaux
date
2… Compte d’immobilisation x
4451 TVA récupérable sur immobilisations x
2...9 Immobilisations en cours x
72… Production immobilisée x
4434 TVA facturée sur production livrée à soi même x
787 Transferts de charges financières x
(Svt production livrée à soi même)

72 … : Enregistre les dépenses supplémentaires de production ou d’acquisition

APPLICATION N°2
Une entité a entamé depuis le 01/11/2013, la fabrication d’un matériel commercial pour ses
propres besoins. Au 31/12/2013, la production n’est pas encore achevée et la comptabilité
analytique évalue les travaux non achevés à 9 200 000 F. Le 30/06/2014, la production est
définitivement terminée et la comptabilité analytique évalue l’ensemble de la production comme
suit :
- Prix d’achat brut de matières premières 12 000 000 F
- Prix d’achat brut de fournitures 6 000 000 F
- Remise sur matières 15%
- Remise sur fournitures 10%
- Main d’œuvre directe 3 000 000 F
- Charges d’atelier 3 400 000 F
- Transport sur achats 900 000 F
- Frais d’architecte 2 500 000 F
- Frais d’administration générale 2 200 000 F
- Amortissement des machines liées 1 200 000 F
- Stock initial de matières premières 2 000 000 F
- Stock final de matières premières 4 500 000 F
Cette production a été financée depuis le 01/11/2013 par un emprunt bancaire de 15 000 000 F
obtenu le 25/10/2013 au taux de 9% l’an.

Travail à faire :
1) Calculer le coût de production du matériel en considérant un prorata de déduction de 25%
2) Passer les écritures relatives aux opérations du 25/10/2013 et du 31/12/2013
3) Passer les écritures de la production terminée

SOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 16


IV. Cas particuliers d’acquisition
Les opérations suivantes concernent l’acquisition d’un bien. Elles nécessitent des traitements
particuliers.
 Echange d’un bien : Les biens acquis par voie d’échange sont comptabilisés à la valeur
actuelle de celui des deux (2) lots dont l’estimation est la plus sure. Lorsque l’estimation de
chacun des deux lots est fiable, la valeur d’entrée est la valeur actuelle du bien acquis.
 Les biens apportés en société : ils sont estimés à leurs valeurs d’apport.
 Acquisition à titre gratuit : ils sont estimés à leurs valeurs actuelles.
 Acquisition d’un bien à l’aide d’une subvention : la subvention obtenue dans le cas
d’acquisition d’un bien n’a pas d’influence sur le calcul du coût d’acquisition du bien.
 Acquisition par rente viagère : une rente viagère est une somme d’argent fixée à l’avance et
versée périodiquement (mensuellement, trimestriellement, semestriellement ou annuelle) à un
bénéficiaire jusqu’à son décès. Cette rente résulte bien souvent de l’abandon d’un capital
financier ou immobilier notamment au titre d’un contrat d’assurance sur la vie ou d’un plan
d’épargne retraite. Les biens acquis moyennant paiement des rentes viagères sont
comptabilisés pour le montant qui résulte d’une stipulation du prix ou à défaut de la valeur
actuelle du bien à la date du contrat, la contrepartie est porté au crédit du compte « 1681 :
rente viagère capitalisée ».
 Acquisition moyennant un paiement à terme : la valeur d’entrée du bien est indépendante
des modalités futures de règlement. Toutefois, lorsque le règlement est différé au-delà de 12
mois à compter de la date de clôture de l’exercice, le montant représentant la différence entre
le total du montant non actualisé des paiements futurs et la valeur actualisée de ces paiements
doit faire mention dans les notes annexes s’il est significatif. Le taux d’actualisation doit
s’approcher du coût du crédit de l’entité.
 Acquisition d’un bien dan le cadre d’un contrat de location : le coût d’acquisition est
évalué sur la base de la valeur actuelle des redevances en tenant compte de la durée de
location.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 17


CHAPITRE 3 : AQUISITION DES IMMOBILISATIONS PAR RENTES VIAGERES

Section 1 : Acquisition des immobilisations par rente viagères non indexées


1. Actualité de la rente viagère
1.1. Définition
La rente est versement périodique effectué par une personne dite « le débirentier », soit, pendant
une période de temps déterminée par le contrat, soit jusqu’au décès, à une autre personne dite « le
crédirentier ». Dans ce dernier cas, celui du décès, la prestation versée est dénommée « rente
viagère ».

Sur le plan juridique, le contrat de rente viagère entre dans la catégorie des contrats aléatoires.
L’aléa étant constaté par le décès du crédirentier dont la date est bien évidemment inconnue.
Chaque partie à donc une chance de gain ou de perte.

1.2. Caractéristiques du contrat


L’acquéreur exerce à compter de la signature du contrat toutes les prérogatives attachées à la
propriété du bien concerné. Selon la volonté des parties, c’est la totalité du prix qui peut être
convertie en rente, ou seulement une partie s’il est décidé d’effectuer un règlement partie au
comptant appelé « bouquet ».

1.3. Evaluation des biens acquis


Les biens acquis au moyen d’une rente viagère doivent être enregistrés en comptabilité chez le
débirentier pour « le montant qui résulte d’une stipulation de prix ou, à défaut, d’une estimation »

Exemple : un artisan, au moment de son départ à la retraite cède en viagère ses locaux
professionnels à une entité qui reprend son affaire, et ce, pour obtenir une rente estimée à
compléter sa pension de retraite.

2. Traitement comptable
Le traitement comptable et financier de tel contrat par le débirentier pose trois formes de
problèmes :
- Pour quelle valeur enregistré le bien au bilan ?
- Comment évaluer la dette à faire figurer au passif et son évaluation tout au long du
contrat ?
- Comment enregistrer les effets du contrat lors de la réalisation de l’évènement incertain :
le décès prématuré du crédirentier ou le crédirentier est vivant après le paiement de la
valeur du bien ?

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 18


2.1. Le prix d’achat à l’acquisition
Il découle d’une stipulation du contrat ou d’une estimation. Cette stipulation conduit à retenir
vénale. Ce coût est indépendant à la durée de vie du crédirentier. L’immobilisation est débitée
pour le crédit du compte 1681 : rentes viagères capitalisées.

2.2. Après la date d’acquisition


Le traitement comptable de l’immobilisation identique au bien de même nature (amortissement,
cession, enregistrement éventuel de l’avance). Ces opérations sont indépendantes ou non de
l’évènement incertain.

Le paiement de la rente annuelle est assimilé au remboursement d’une dette. Il apure le compte
1681 en contrepartie d’un compte de trésorerie.

2.3. Lors du décès prématuré du crédirentier


Lors du décès prématuré du crédirentier (avant l’apurement total de la dette du débirentier), le
débirentier réalise une bonne affaire puisque le paiement des rentes prend ainsi fin. Le solde
vivant (non amorti) du compte rentes viagères constitue des gains sur risques financiers viré au
crédit du compte 7781 : gain sur rentes viagères.

2.4. Si le crédirentier est encore vivant après l’apurement de la dette du débirentier


Le débirentier réalise une mauvaise affaire puisqu’il continuera à payer la rente. Les rentes versées
à partir de cette date constituent des pertes sur risque financiers virées au débit du compte 6781 :
pertes sur rentes viagères.

Schéma comptable 1 : Cas du décès du crédirentier avant la fin du contrat


Date
2… Immobilisation……. X
1681 Rentes viagères capitalisées X
5… Trésorerie X
(Svt acquisition par rentes viagères)
Date
1681 Rentes viagères capitalisés X
X
5… Trésorerie
(Svt règlement de la rente viagère pendant la durée du contrat)
Date
681… Dotation aux amortissements………… X
28 Amortissements du matériel structure X
28 Amortissements du matériel composant X
(Svt amortissement au 31/12/N)
Date
1681 Rentes viagères capitalisées X
841 Produits HAO X
7781 Gain sur rentes viagères X
(Svt produits de la rente)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 19


Schéma comptable 2 : Cas du décès du crédirentier après la fin du contrat
Date
2… Immobilisation……. X
1681 Rentes viagères capitalisées X
5… Trésorerie X
(Svt acquisition par rentes viagères)
Date
1681 Rentes viagères capitalisées X
X
5… Trésorerie
(Svt règlement de la rente viagère pendant la durée du contrat)
Date
681… Dotation aux amortissements………… X
28 Amortissements du matériel structure X
28 Amortissements du matériel composant X
(Svt amortissement au 31/12/N)
Date
6781 Perte sur rentes viagères X
5 Trésorerie X
(Svt perte sur rente)
Date
1988 Provisions pour divers risques et charges X
7911 Reprises de provisions et dépréciations d’expl. Pour R & C X
(Svt reprise de provisions)

Section 2 : Acquisition des immobilisations par rentes viagères indexées


1. Rentes viagères indexées
Un contrat de rente viagère peut faire l’objet d’une clause d’indexation qui permet la
revalorisation périodique de la rente.
Les traitements comptables visent à répondre aux questions suivantes :
- Quel est son impact sur la valeur de l’immobilisation ?
- Quel est son impact sur le montant de la dette ?
- Comment traiter les éventuels écarts d’indexation ?

2. Traitement comptable
2.1. Après la date d’acquisition
L’immobilisation est amortie et peut être cédée selon les règles habituelles. En cas de versement
d’avance à la signature du contrat, il faudra éventuellement en tenir compte dans les écritures
comptables.

2.2. La prise en compte des écarts d’indexation en cas de règlement


Les rentes viagères sont traitées comme des dettes. Ainsi, les règles concernant la majoration ou la
diminution des dettes leur restent applicables.
Les pertes sur rentes viagères dans le cas de majoration de cette dette sont portées au débit du
compte 6781 : pertes sur rentes viagères

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 20


Les gains sur rentes viagères dans le cas de diminution de dettes sont portés au crédit du compte
7781 : gains sur rentes viagères.

2.3. La prise en compte des écarts d’indexation en fin d’exercice


Lorsque la rente n’est pas amortie en fin d’exercice et qu’il est révélé un écart d’indexation, les
règles applicables aux dettes restent valables :
- En cas de majoration de la rente du fait de l’écart d’indexation, le compte 478 : écart de
conversion-actif est débité pour le crédit du compte de rente viagère. Ce compte figure au
bilan.
- En cas de diminution de la rente du fait de l’écart d’indexation, le compte de rentes
viagères est débité pour le crédit du compte 479 : écart de conversion-passif. Ce compte
figure au bilan.
- Les gains latents n’interviennent pas dans la formation du résultat. Les probables
entrainent la constations de provisions pour perte de change. On débite le compte « 6911 :
dotations aux provisions pour risques et charges », par le crédit du compte « 1988 :
provisions pour divers risques et charges ».
NB :
 Les opérations liées aux comptes 478 et 479 sont toujours contrepassées au début
d’exercice suivant ;
 En cas de réduction de cette provision, le compte 1988 est débité en contrepartie du
compte 7911 ;
 L’augmentation de provision est traitée comme une nouvelle dotation.

Application
La société TCF3 acquiert le 1er Juin N un ensemble immobilier évalué à 550 000 000 F dont
150 000 000 F pour le terrain moyennant un versement initial de 100 000 000 F par chèque
bancaire et le paiement d’une rente viagère annuelle de 50 000 000 F à terme échu le 1er Juin de
chaque année. La 1ère rente est effectivement payée par chèque. Pour le reste on vous demande les
évaluations et les enregistrements si :
1) Le crédirentier meurt le 20/03/N+7
2) Le crédirentier est en vie après le paiement de la dernière rente.
Travail à faire : Passer les écritures nécessaires

SOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 21


CHAPITRE 4 : ACQUISITION DE BIENS AVEC CLAUSE DE RESERVE DE
PROPRIETE
 Généralités

La clause de réserve de propriété peut être définie comme la clause par laquelle le vendeur, tout en
vendant le bien, stipule qu'il conservera la propriété de ce bien jusqu'au paiement complet du prix.
C’est-à-dire tant que le bien n'a pas été payé, le vendeur en restera propriétaire et l'acheteur n'en
aura qu'une possession précaire. Etant toujours propriétaire du bien, le vendeur pourra, en cas de
non-paiement par l'acheteur, saisir les tribunaux afin d'obtenir la restitution de son bien.

La clause de réserve de propriété ne peut cependant porter que sur un bien qui conserve
son individualité. Par ailleurs, elle ne peut produire ses effets que si l'acheteur en a
eu connaissance par écrit et au plus tard, au jour de la livraison des marchandises. A défaut de
respecter cette exigence, la clause de réserve de propriété devra être considérée comme nulle.

Section 1 : Comptabilisation de l’achat-vente avec réserve de propriété (R/P)

1. Constatation de l’achat (acheteur) et de la vente (vendeur)


Théoriquement, la constatation de l’achat et de la vente se fait à la date d’échange des
consentements, pratiquement à la livraison (clauses usuelles des contrats ; choses fongibles…) et,
en réalité, à la facturation. Ce qui entraîne une régularisation nécessaire en fin d’exercice, en cas
de décalage entre facturation et livraison.

 Chez le vendeur, constatation du produit (comptes 70 ou 82) au crédit et de la créance


sur le client au débit.
Il peut être intéressant pour l’entité de suivre ces créances assorties de cette ‘’sûreté réelle’’ très
forte (la propriété du bien, jusqu’à paiement intégral) dans des ‘’comptes clients ad hoc’’. L’entité
peut, pour ce faire, ouvrir des comptes divisionnaires du compte 41 et du compte 412. Exemple :
4116 Clients, réserve de propriété.

 Chez l’acheteur
Il s’agit de constater d’une part, l’achat-charge ou l’acquisition d’immobilisation (débit), d’autre
part, la dette envers le fournisseur. L’analyse du débit et du crédit en termes de R/P peut être utile
à la gestion de l’entité pour les raisons suivantes :

- La distinction des immobilisations et stocks en deux catégories (biens en propriété ;


biens frappés de R/P) est utile pour l’information interne, comme celle des tiers. Il est
vrai que, pour les immobilisations, s’y ajoute fréquemment une troisième catégorie :
biens détenus dans le cadre d’un crédit-bail ;

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 22


- La distinction, dans les dettes, de celles qui sont assorties d’une clause de R/P présente
un moindre intérêt, mais pourrait aussi être opérée.

2. Extinction de la créance-dette avec R/P


La situation juridique et comptable particulière créée par la clause de R/P disparaît au moment du
règlement final, ou à celui de la ‘‘revendication’’ du bien par le vendeur impayé.

 Règlement final à l’échéance


L’effet de la clause disparaît et le transfert juridique de propriété est opéré, mais n’a pas
d’incidence sur les écritures comptables, sauf si des comptes spécifiques ont été créés pour
distinguer les biens frappés de R/P. Il convient alors de solder ces comptes, en les virant dans les
comptes ordinaires d’immobilisations ou de stocks.

 Revendication du bien par le vendeur impayé


Cette revendication entraîne la reprise du bien par le vendeur. Le prix de revente du bien est à
considérer comme un paiement (généralement partiel) du prix initialement prévu. Les acomptes ne
seront restitués à l’acheteur que dans la mesure où le vendeur aura totalement récupéré le prix
initial.

Section 2 : Evaluation à l’inventaire : amortissements et dépréciations


1. Evaluation à l’inventaire
 Chez l’acheteur
Détenteur du bien acheté et non intégralement payé, l’acheteur procède aux évaluations et
constitue, le cas échéant, des amortissements ou des provisions comme s’il était propriétaire
(conséquence directe du principe de la prééminence de la réalité sur l’apparence).

 Chez le vendeur
Le vendeur est titulaire d’une créance ‘‘protégée’’ par la R/P du bien détenu par l’acheteur. La
perte de probable de la valeur du bien par voie d’amortissement ou de dépreciation, selon le cas,
ne saurait en elle-même entraîner la dépréciation de la créance, si le débiteur (acheteur) est
solvable. En revanche, si l’acheteur est en difficultés et a fortiori en cessation de paiements, il y a
lieu de constater une dépreciation pour créances douteuses. Toutefois, la clause R/P jouant son
rôle de garantie du vendeur, ce dernier peut limiter la dépréciation au montant de la perte
probable, soit la différence entre le montant de la créance restante due et celui de la valeur de
réalisation, nette de tous frais, du bien. Il devra au préalable s’assurer que le bien existe toujours,
en nature, au sein du patrimoine du débiteur.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 23


2. Revendication du bien sujet à dépréciation
Si elle peut s’exercer, la revendication permet au vendeur de retrouver la disposition du bien, et de
le vendre.

Soient P le prix de vente initial du bien, A le montant des acomptes et règlements versés au
vendeur et R le prix net de réalisation (R<P). Il reste à percevoir P – A (montant de la créance
restante due).

Si R > P – A, le vendeur récupére les sommes dues et peut reserver à l’acheteur la difference
si R – (P – A) en remboursement partiel des acomptes.

Si R < P – A, le vendeur subit une perte égale à la difference (P – A) – R. La protection du


vendeur par la clause de R/P n’est correctement assurée pour les biens sujets à dépréciation, telles
les immobilisations amortissables, que si les acomptes versés sont suffisamment importants, au
moins égaux à la dépréciation probable (P – R).

3. Utilisation facultative des comptes d’engagements.


Si une entité le desire, elle peut :
 Utiliser les comptes d’engagements 90 et 91 (chez un acheteur, il s’agit d’un engagement
donné et chez un vendeur, un engagement obtenu).
 Dans son « plan comptable » prévoir une analyse plus fine que celle proposée par le
SYSCOHADA et scinder ses comptes d’achats, de ventes (et d’immobilisations, de
stocks) pour identifier les opérations avec clause de réserve de propriété (R/P).

 Schema d’écriture réserve de propriété-acheteur

Date
2… Compte d’immobilisation – réserve de propriété… X
4816 Fournisseurs d’investissements – Réserve de propriété X
(Svt acquisition avec clause de réserve de propriété)
Date
9183 Contrepartie des engagements donnés X
9083 Achat avec clause de réserve de propriété X
(Svt constatation de l’engagement donné)
Date
4816 Fournisseurs d’investissements – Réserve de propriété X
5… Trésorerie….. X
(Svt règlement)
Date
9083 Achat avec clause de réserve de propriété X
9183 Contrepartie des engagements donnés X
(Svt annulation de l’engagement donné)
Date
2…. Compte d’immobilisation ordinaire…. X
2…. Compte d’immobilisation – réserve de propriété… X
(Svt virement pour solde du compte crédité)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 24


Application 1
L’entité TCF3 a procédé le 02/O1/2021 à l’acquisition d’un matériel commercial avec clause de
réserve de propriété d’une valeur de 25 000 000 F. Règlement le 01/06/2021 par chèque
L’extrait du plan comptable de l’entité :
24136 Matériel commercial avec clause de réserve de propriété
4816 Fournisseurs d’investissement – réserve de propriété
2413 Matériel commercial
521 Banque
Travail à faire : Passer les écritures relatives à cette acquisition

SOLUTION

 Schema d’écriture réserve de propriété-vendeur

Date
4116 Clients, réserve de propriété X
70… Vente de………réserve de propriété X
(Svt facture n°…)
Date
9043 Ventes avec clause de réserve de propriété X
9143 Contrepartie des engagements obtenus X
(Svt constatation de l’engagement obtenu)
Date
5… Trésorerie…. X
4116 Clients, réserve de propriété X
(Svt règlement)
En cas d’insolvabilité et de dépréciation
Date
4162 Créances douteuses X
4116 Client – réserve de propriété X
(Svt virement du client ordinaire en client douteux)
Date
6594 Charges pour dépréciation sur créances X
4912 Dépréciation des comptes clients – créances douteuses X
(Svt constatation de la dépréciation)
Etape d’annulation de l’engagement et solde du compte de vente avec R/P
Date
9143 Contrepartie des engagements obtenus X
9043 Ventes avec clause de réserve de propriété X
(Svt annulation de l’engagement obtenu)
Date
70…. Vente de…… réserve de propriété X
70…. Compte de vente ordinaire X
(Svt virement pour solde du compte débité)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 25


Application 2
La société BIL a vendu à l’entité BADRA le 20/12/N, une « chaine d’embouteillage » avec clause
de réserve de propriété au prix de 100 000 000 F.

Elle a accordé à BADRA un crédit de 60 000 000 F, au 30/11/N+1, après paiement comptant à la
livraison de 40 000 000 F, par chèque.

En difficultés financières, BADRA n’honore pas l’échéance du 30/11/N+1 et parait sur le point de
déposer son bilan.

A l’inventaire du 31/12/N+1, BIL apprend que le matériel a été mal entretenu et est endommagé,
mais est toujours dans l’entité BADRA. Valeur nette probable de réalisation : 42 000 000 F.

L’extrait du plan comptable de l’entité :


4116 Clients – réserve de propriété
7016 Vente de marchandises – réserve de propriété
701 Vente de marchandises

Travail à faire : Passer les écritures nécessaires

SOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 26


CHAPITRE 5 : COMPTABILISATION PAR COMPOSANT
Les dispositions de ce chapitre s’inspirent des traitements comptables préconisés par la norme
comptable internationale IAS 16 publiée le 18 décembre 2003 et de ses amendements successifs.
Son objectif est de prescrire le traitement comptable des actifs corporels composés d’éléments
ayant des durées d’utilisation différentes.

Section 1 : Principe et typologie des immobilisations


1. Principe de la comptabilisation par composant
Les actifs corporels peuvent être constitués de plusieurs éléments. Ces éléments peuvent avoir des
durées d’utilisation différentes ou procurer des avantages économiques à l’entité selon un rythme
différent. Dans ce cas, chaque élément peut être comptabilisé séparément dans un sous compte de
l’immobilisation principale et un plan d’amortissement propre à chacun de ces éléments est retenu.
Cette perception est enfermé dans l’article 38-1 du SYSCOHADA révisé qui précise que :
« L’entité ventile le montant d’une immobilisation corporelle en ses parties significatives des lors
que :
 Les éléments d’actifs sont dissociables,
 Les éléments d’actifs ont une utilisation différente,
 La durée d’utilité de chaque élément est différente,
 Le coût de chaque élément peut être évalué de façon fiable et qu’il est significatif par
rapport au coût total de l’immobilisation ».

2. Typologie des immobilisations décomposables et non décomposables


Dans la perception du SYSCOHADA révisé, les immobilisations susceptibles d’être décomposées
sont celles dont la valeur est significative et qui contiennent des éléments ayant une durée d’utilité
propre, c’est-à-dire, des éléments qui feront l’objet d’un ou plusieurs remplacements d’un montant
significatifs en cours d’utilisation de la structure principale.
L’aspect significatif des immobilisations s’apprécie en fonction du total du bilan ou du montant
du poste des immobilisations.
En reprenant les bonnes pratiques retenues dans d’autres pays, nous retenons que :
 Toute immobilisation corporelle dont la valeur brute est au moins égale à 10% du montant
brut des immobilisations corporelles inscrites au bilan devrait être considérée comme
significative ;
 Toute composante dont la valeur est au moins égale à 20% de la structure principale et que
sa durée d’utilisation ne couvre pas deux tiers de celle de la structure principale, l’élément
en question devrait faire l’objet d’un composant à part entière distinct de la structure.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 27


En règle générale, plus la durée d’utilisation dans l’entité d’une immobilisation donnée est longue,
plus il sera nécessaire de faire apparaître des composants.
En effet, selon le SYSCOHADA révisé, font objet d’une décomposition :
 Les bâtiments et autres ouvrages ;
 Les avions ;
 Les bateaux ;
 Les camions ;
 Les autocars, les bus, les véhicules blindés de fonds ;
 Les outillages des entités industrielles, minières, agricoles, hospitalières et pétrolières, dès
lors que l’entité dispose de statistiques et autres informations lui permettant de bien
appréhender la durée d’utilité de chaque élément2.
Cependant, ne font pas objet d’une décomposition certaines, les immobilisations de faible valeur
et/ou de durée d’utilisation courte telles que :
 Les matériels informatiques,
 Les véhicules de tourisme,
 Les matériels et mobiliers.
De même, ne sont pas retenus en tant que composants :
 Les composants d’une immobilisation ayant une fréquence de remplacement inférieure à
12 mois.

Section 2 : Les critères de l’approche par composant et cas d’étude


1. Les critères de l’approche par composant
1.1. Modalités de la décomposition dès l’origine
Lorsqu’une entreprise applique l’approche par composant à un actif, elle doit décomposer 3 le bien
dès l’origine (à l’aide des pièces justificatives) entre l’actif principal (appelé ‘‘structure’’) et ses
différents composants significatifs et repartir le coût d’entrée de ce bien entre ces différents
éléments.
Exemple : une compagnie aérienne acquiert un avion pour un coût de 20 millions de KF dont le
prix peut être décomposé comme sui :
 Carlingue : 30% avec une durée de vie de 30 ans ;
 Moteurs : 30%avec une durée de vie de 15 ans ;

2
Si l’entreprise ne dispose pas de statistiques, elle ne peut appliquer le principe de l’approche par composant. Les
commissaires aux comptes et les auditeurs doivent à cet effet jouer un rôle auprès de leurs clients avant tout exercice
de leur jugement professionnel relatif à la pertinence et à la qualité de l’information financière.
3
Chaque élément doit :
 Avoir un rythme d’utilisation différent ;
 Avoir une valeur significative
Dans cette situation, toute entreprise a l’obligation de procéder à la décomposition du bien.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 28


 Equipements techniques : 30% avec une durée de vie de 10 ans ;
 Sièges et aménagements inferieurs : 10% avec une durée de vie de 5 ans.
Le compte « 24551 : Matériel aérien X » se présenterait comme suit :
24551 : Matériel aérien X
245511 Matériel aérien X – Carlingue 6 millions de KF
245512 Matériel aérien X – Moteurs 6 millions de KF
245513 Matériel aérien X – Equipements techniques 6 millions de KF
245514 Matériel aérien X – Sièges et aménagements inferieurs 2 millions de KF

1.2. Impossibilité d’une décomposition à l’origine


Le SYSCOHADA révisé précise que lorsque les composants ne sont pas identifiables à l’origine,
parce que l’entité a identifié des éléments susceptibles d’être remplacés mais ne connait pas
l’échéance à laquelle ce remplacement doit avoir lieu ou que l’entité ne dispose d’aucune
information lui imposant de conclure à l’obligation d’effectuer des remplacements d’éléments au
sein de l’immobilisation, les composants le deviennent en principe lors de la survenance du
remplacement et l’entité doit le comptabiliser comme tel.

1.3. Base d’amortissement d’un composant et valeur résiduelle


Lorsqu’un composant est identifié à l’origine c’est-à-dire à l’acquisition, ce dernier sera remplacé
avant la fin de l’utilisation de la structure. En effet, sa base amortissable (BA) est égale à la valeur
d’origine (BA = Vo).

En cas de valeur résiduelle (VR), sa base amortissable est la suivante : BA = Vo – VR.

2. Ecritures comptables et cas d’étude


2.1. Ecritures comptables
Date
2… Immobilisation structure X
2… Immobilisation composant X
4451 TVA/immobilisation X
481 Fournisseur d’investissement X
(Svt acquisition)
Date
481 Fournisseur d’investissement X
X
5… Trésorerie
(Svt règlement)
Date
681… Dotation aux amortissements………… X
28… Amortissements du matériel structure X
28… Amortissements du matériel composant X
(Svt amortissement au 31/12/N)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 29


Date
812 Valeur comptable de cession des immobilisations X
2… Immobilisation composant X
(Svt sortie du composant)
Date
2… Immobilisation composant X
451 TVA/immobilisation X
5… Trésorerie…… X
(svt entrée du nouveau composant)

2.2. Cas d’étude


Questions de cours
1) Indiquer pour quels motifs comptables il convient de décomposer l’actif « immeuble ».
2) Identifier les raisons pour lesquelles les composants d’une immobilisation sont
comptabilisés séparément.
3) Selon l’article 38-1 du SYSCOHADA révisé, quels sont les actifs qui peuvent faire objet
d’une décomposition et ceux qui ne sont pas décomposables ?

Application
Une entité a acquis le 02/01/N un bâtiment administratif de 150 000 000 F d’une durée d’utilité de
30 ans. Le coût de l’encenseur est estimé à 30 000 000 F renouvelable après 10 ans. L’ascenseur
est finalement remplacé au bout de 8 ans pour une valeur de 25 000 000 F.
L’extrait du plan comptable de l’entreprise :
23131 Bâtiments administratifs – structure
23132 Bâtiments administratifs – composant ascenseur
4812 Fournisseurs d’investissements
6813 Dotation aux amortissements des immobilisations corporelles
283131 Amortissements bâtiments administratifs – structure
283132 Amortissements bâtiments administratifs – composant ascenseur
812 Valeur comptable de cession des immobilisations corporelles
521 Banque
571 Caisse
241 Matériel industriel

Travail à faire :
1) Décomposer le bâtiment en composant
2) Comptabiliser l’acquisition du bâtiment
3) Comptabiliser les amortissements à la clôture de l’exercice N
4) Comptabiliser les écritures de sorties de l’ascenseur
5) Enregistrer le nouvel ascenseur
SOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 30


CHAPITRE 6 : COMPTABILISATION DES BIENS ACQUIS PAR CONTRAT
DE LOCATION
ETRANGERES
1. Définitions
- Un contrat est un contrat de location s’il confère le droit de contrôler l’utilisation d’un
actif déterminé pour une certaine période en échange d’une contrepartie.
- Le preneur (ou client) est l’utilisateur du bien.
- Le bailleur (ou fournisseur) est celui qui met le bien à la disposition de l’utilisateur.
- Le crédit-bail : c’est le fait d’utiliser un bien pris en location auprès d’une société de
leasing moyennant le versement d’un loyer appelé « redevance ». Au terme de la durée du
contrat, l’utilisateur a la possibilité de devenir propriétaire en versant au bailleur un prix
de rachat ; on dit que le preneur lève l’option.

2. Types de contrat de location

On distingue deux types de contrat de location. Ce sont le contrat de location acquisition (ou
location financement) et le contrat de location simple.

2.1. Le contrat de location acquisition ou location financement


Il s’agit de
 contrat de crédit-bail
 contrat de location-vente
 tout autre contrat de location assorti d’une option d’achat dont le preneur est raisonnablement
certain de lever l’option.

2.2. Le contrat de location simple

Il désigne

 les contrats de crédit-bail, de location-vente et tout autre contrat de location assorti d’une
option d’achat ayant une durée inférieure ou égale à 12 mois ;
 les contrats de crédit-bail, de location-vente et tout autre contrat de location assorti d’une
option d’achat dont la levée en fin de contrat est hypothétique ;
 les contrats de crédit-bail, de location-vente et tout autre contrat assorti d’une option d’achat
dont le montant n’est pas significatif.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 31


3. Terminologie
 Le loyer : c’est la somme payée par le preneur au bailleur pour le droit d’utiliser un bien
pendant la durée de location.
 La garantie de valeur résiduelle : c’est la garantie donnée au bailleur par un tiers qui ne lui est
pas lié que la valeur ou une partie de la valeur du bien au terme du contrat de location ne sera
pas inférieure à un montant spécifié.
 La valeur résiduelle non garantie : c’est la partie de la valeur résiduelle dont la réalisation par
le bailleur n’est pas assurée ou qui est garantie par un tiers lié au bailleur.
 L’investissement brut dans le contrat de location : c’est la somme des loyers payés dans le
cadre d’un contrat de location et de toute valeur résiduelle non garantie revenant au bailleur.
 L’investissement net dans le contrat de location : c’est l’investissement brut actualisé au taux
d’intérêt implicite ou taux d’actualisation du contrat de location.
 Taux d’intérêt implicite du contrat de location : c’est le taux d’intérêt qui permet d’obtenir la
valeur actualisée des paiements de loyers.

4. Comptabilisation chez le preneur


a) En cas versement du dépôt de garantie
- A la souscription

date
275 Dépôt et cautionnement versés x
521 Banque x
(Svt versement de la caution)

- Récupération du dépôt de garantie en fin de contrat


date
521 Banque x
275 Dépôt et cautionnement versés x
(Svt restitution de la caution)

b) Entrée du bien dans le patrimoine

date
2… Compte de l’immobilisation x
17… Dettes de location acquisition x
(Svt entrée du bien)

Remarque : les frais accessoires éventuels sont enregistrés au crédit d’un compte fournisseur et la
TVA récupérable sur ces frais au débit du compte ‘’4451 TVA récupérable sur immobilisation’’.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 32


c) La constatation, le paiement et l’éclatement de la redevance
date
623 Redevances de location acquisition x
4454 TVA récupérable sur services extérieurs x
401 Fournisseurs x
(Ou 481) Fournisseurs d’investissements) x
Svt constatation de la redevance à payer
date
401 Fournisseurs x
5… Compte de trésorerie x
Svt paiement de la redevance
31/12/N
17… Dettes de location acquisition x
672 Intérêts dans loyers de location acquisition x
623 Redevances de location acquisition x
Svt éclatement de la redevance

d) Les régularisations en fin d’année et la contrepassation au début de l’exercice


suivant
 Ecritures d’amortissement (pour les biens amortissables)
 Régularisation des intérêts

 Pour les redevances de fin de période : intérêts courus non échus

31/12/N
672 Intérêts dans loyers de location acquisition (Mt ICNE) x
176 Intérêts courus sur dettes de location acquisition x
Svt régularisation des intérêts
01/01/N+1
176 Intérêts courus sur dettes de location acquisition x
672 Intérêts dans loyers de location acquisition x
Svt contrepassation

 Pour les redevances de début de période : charges constatées d’avance

31/12/N
476 Charges constatées d’avance (Mt ICNE) x
672 Intérêts dans loyers de location acquisition x
Svt régularisation des intérêts
01/01/N+1
672 Intérêts dans loyers de location acquisition x
476 Charges constatées d’avance x
Svt contrepassation

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 33


e) Au terme du contrat
 Cas de levée de l’option : le preneur paie au bailleur le prix de rachat et devient
propriétaire du bien
date
17… Dettes de location acquisition (Mt du rachat) x
5… Compte de trésorerie x
(Svt paiement du prix de rachat)

 Cas de remise en cause de l’option ou non levée de l’option

Dans ce cas, à la fin du contrat le bien est rétrocédé au bailleur. L’opération s’analyse comme une
cession d’immobilisation. Le prix de rachat représente alors le prix de cession.

Pour la constatation de la cession, on passe l’écriture suivante

date
17… Dettes de location acquisition (Mt du rachat) x
822 Produits des cessions d’immo. corporelles x
(Svt cession)

5. Le taux d’intérêt implicite


Le taux d’intérêt qui apparaît au contrat n’est qu’un taux apparent. Le taux d’intérêt implicite (ou
taux d’intérêt réel ou encore taux équivalent) du contrat se détermine selon deux hypothèses.

Hypothèse 1 : les loyers sont versés en fin de période ; le 1er loyer étant versé un an après la
signature du contrat (loyers versés à terme échu).

: le nombre de loyers ; : le taux réel ou taux d’intérêt implicite ; : le prix de rachat

Hypothèse 2 : les loyers sont versés en début de période, le 1er loyer étant versé le jour de la
signature du contrat (loyers versés d’avance).

ou

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 34


6. Tableau d’amortissement de la dette de location acquisition
Annuités
Valeur début Redevances Valeur fin
Exo Intérêts (Dettes à ICNE
(Loyers) (Dettes) (VF)
rembourser)
A la signature
Echéance 1
Echéance 2

Echéance N

Exercice d’application :

Une entité souscrit un contrat de location le 01/06/2011, pour l’obtention d’un matériel industriel
amortissable sur une durée de 08 ans selon le mode linéaire. Ce contrat prévoit :
- Prix du matériel y compris le montage et l’installation 26 000 000 F
- Durée du contrat : 4 ans
- Taux du contrat : 13% l’an
- Redevances annuelles : 7 540 200 F. Premier versement le 01/06/2011
- Possibilité de racheter le bien en fin de 4ème année pour 1 500 000 F HT.

Travail à faire :
1) Présenter le plan d’amortissement de l’emprunt
2) Comptabiliser l’ensemble des opérations en supposant que l’entité lève l’option
3) Comptabiliser l’ensemble des opérations en supposant que l’entité ne lève pas l’option

RESOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 35


CHAPITRE 7 : LES SUBVENTIONS ET AVANCES

1. Définitions
 Une subvention : c’est une aide financière accordée à l’entité par les administrations et
organismes publics ou privés pour lui permettre de couvrir certaines charges. Elle est non
remboursable.
 Une avance : c’est une somme mise à la disposition de l’entité par les associés, les dirigeants,
l’Etat ou d’autres organismes, et soumise à des conditions particulières de remboursement.

2. Les subventions
Le SYSCOHADA distingue trois types de subventions. Ce sont les subventions d’exploitation, les
subventions d’équilibre et les subventions d’investissement.

2.1. Les subventions d’exploitation


Les subventions d’exploitation sont destinées à compenser l’insuffisance de certains produits
d’exploitation du fait de certaines obligations (tarifs homologués, réductions de prix à caractère
social …) ou à faire face à des charges d’exploitation.

Dans la comptabilisation on distingue les étapes suivantes : l’octroi de la subvention et la


réception des fonds.

 L’octroi de la subvention
date
4495 Etat, subventions d’exploitation à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
71 Subventions d’exploitation x
(Svt octroi de la subvention)

 La réception des fonds


date
5… Compte de trésorerie x
4495 Etat, subventions d’exploitation à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
(Svt réception des fonds)

Pour les subventions d’exploitation destinées au remboursement de frais, l’entité peut utiliser le
compte ‘’781 Transferts de charges d’exploitation’’ pour les frais forfaitaires ou bien un compte
de charges pour les frais réels au lieu du compte ‘’71’’.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 36


 Pour les frais forfaitaires
date
4495 Etat, subventions d’exploitation à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
781 Transferts de charges d’exploitation x
(Svt octroi de la subvention)

 Pour les frais réels


date
4495 Etat, subventions d’exploitation à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
6… Compte de charges x
Svt octroi de la subvention

APPLICATION N°1
La société AUDE a reçu le 08/02/N les notifications suivantes :
- Subvention du fonds de soutien des prix à l’importation par le ministère de l’économie.
Montant 25 000 000F
- Subvention de l’UNICEF en compensation de l’engagement de ne pas dépasser les prix fixés
par l’ETAT sur les jouets d’enfants. Montant 40 000 000F.
- Le 15/02/N, toutes les subventions ont été versées par chèques N° 2027SIB et
N°3070VERSUS.

Travail à faire : Passer les écritures au journal

RESOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 37


2.2. Les subventions d’équilibre
Les subventions d’équilibre sont des subventions dont bénéficie l’entité pour lui permettre de
compenser en totalité ou en partie des pertes survenues dans des circonstances exceptionnelles.
Elles sont considérées comme des produits HAO.
 L’octroi de la subvention
date
4496 Etat, subventions d’équilibre à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
88 Subventions d’équilibre x
(Svt octroi de la subvention)

 La réception des fonds

date
5… Compte de trésorerie x
4496 Etat, subventions d’équilibre à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir x
recevoir (Svt réception des fonds)

NB :
- La subvention d’équilibre, contrairement à son appellation, peut ne pas couvrir totalement le
déséquilibre de l’exploitation et donc ne pas assurer totalement l’équilibre.
- Les subventions d’équilibre versées pour combler un déficit ne constituent pas un complément
de prix, elles ne sont donc pas soumises à la TVA.

APPLICATION N°2
Suite à une décision du Conseil des Ministres du 10/02/N, une entité de transport public a reçu le
12/02/N la lettre ministérielle MF/201/N lui notifiant une subvention de 65 000 000F pour
compenser la perte du précédent exercice.
Le 24/02/N, elle reçoit effectivement l’avis de crédit N° AC39 de la banque relatif au versement
de la subvention.

Travail à faire : Passer les écritures qui s’imposent

RESOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 38


2.3. Les subventions d’investissement
Les subventions d’investissement sont des sommes allouées à une entité pour financer totalement
ou partiellement l’acquisition ou la création d’une immobilisation donnée.

Il arrive que l’entité reçoive des subventions pour financer à la fois plusieurs immobilisations. Si
l’acte d’octroi de la subvention ne prévoit pas de clé de répartition de cette subvention entre les
immobilisations comprises dans ce programme, on fera une répartition proportionnelle à la valeur
de chaque élément par rapport au programme d’investissement.

Subvention du bien A = Vo du bien A x (Subvention Globale/Vo totale)


Subvention du bien B = Vo du bien B x (Subvention Globale/Vo totale)

- Cas de financement total de l’immobilisation


Dans ce cas, la subvention est rapportée au résultat d’une somme égale, en principe, au montant de
la dotation totale des amortissements des immobilisations acquises ou créées au moyen de la
subvention.

- Cas de financement partiel de l’immobilisation


Si la subvention ne couvre pas la totalité du prix de l’immobilisation, deux modalités
d’échelonnement s’offrent à l’entité :
- Reprendre la subvention pour un montant égal à la dotation aux
amortissements
- Reprendre la subvention pour un montant égal à :

Dotation aux amortissements x

Lors de la comptabilisation, on distingue les étapes suivantes :

 L’octroi de la subvention
date
4494 Etat, subventions d’investissement à recevoir X
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
141 Subventions d’équipement x
(Svt octroi de la subvention)

 La réception des fonds


date
5… Compte de trésorerie x
4494 Etat, subventions d’investissement à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir
(Svt réception des fonds)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 39


 L’acquisition du bien
date
2… Compte d’immobilisation x
4451 TVA récupérable sur immobilisations x
481 Fournisseurs d’investissement x
(Svt acquisition du bien)


L’entrée de l’immobilisation acquise en nature sous forme de subvention
date
2… Compte d’immobilisation x
4494 Etat, subventions d’investissement à recevoir x
ou 4582 Organismes internationaux, subventions à recevoir x
(Svt réception de l’immobilisation)

 Règlement du fournisseur
date
481 Fournisseurs d’investissement x
5… Compte de trésorerie x
(Svt règlement)

 Production d’immobilisation grâce à la subvention


date
2… Compte d’immobilisation x
4451 TVA récupérable sur immobilisations
722 Production immobilisée x
4434 TVA facturée sur production livrée à soi-même
(Svt règlement)

 Amortissement du bien au 31 Décembre de chaque année


date
681 Dotations aux amortissements d’exploitation x
28… Compte d’amortissement x
(Svt amortissement du bien)

N.B. : Il faut tenir compte des amortissements dérogatoires si le bien fait l’objet d’un
amortissement fiscal.

 Amortissement de la subvention au 31 Décembre de chaque année


Chaque année, une partie de la subvention d’équipement doit être reprise dans le résultat pour être
imposée. Cette partie est appelée « quote-part de subvention » ou « amortissement de la
subvention » ou « reprise de la subvention ».

La subvention d’équipement est amortie selon le même principe d’amortissement du bien qu’elle a
financé. Si le bien n’est pas amortissable, la subvention sera répartie sur la durée d’inaliénabilité
ou durée d’incessibilité (période durant laquelle le bien ne doit être cédé).

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 40


Si la durée d’inaliénabilité n’est pas connue, on retient une durée forfaitaire de 10 ans. L’écriture
d’amortissement de la subvention est la suivante :

date
141 Subventions d’équipement x
799 Reprises de subventions d’investissement x
(Svt reprise de subvention)

 Subvention partiellement employée


Lorsque la subvention est partiellement employée, la partie non employée est reprise
intégralement dans le résultat par l’écriture suivante :

date
141 Subventions d’équipement x
799 Reprises de subventions d’investissement x
(Svt reprise de subvention)

 Cession d’équipement acquis par subvention


Lorsqu’un équipement acquis par subvention est cédée avant sa durée normale d’utilisation, la
partie non encore amortie de la subvention (VCN de la subvention) est reprise intégralement dans
le résultat par l’écriture suivante :

date
141 Subventions d’équipement x
799 Reprises de subventions d’investissement x
(Svt reprise de subvention)

APPLICATION N°3

Le 12/03/N les établissements MESSI ont bénéficié de la part de l’Etat ivoirien d’une subvention
de 60 000 000F. Cette subvention est octroyée pour l’acquisition d’une machine d’une valeur HT
de 80 000 000F. L’acquisition a été faite le 01/06/N.
- La notification a été faite le 12/03/N
- La réception des fonds par virement postal le 02/05/N
- Le matériel est cédé le 30/04/N+4 à 30 000 000 F HT

Travail à faire :
- Passer les écritures d’octroi et d’acquisition
- Passer les écritures d’inventaire au 31/12/N et au 31/12/N+3, mode dégressif sur 8 ans
- Passer les écritures au 31/12/N+4
RESOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 41


3. Les avances de l’Etat
Ce sont des sommes d’argent mises à disposition de l’entité et que cette dernière devra rembourser
ultérieurement. Toutefois, certaines avances ne sont remboursables qu’en cas de succès
(lancement d’une étude, développement d’une fabrication…), en cas d’échec, elles sont
immédiatement transformées en subventions. Inversement, en cas de succès, une clause peut
prévoir le remboursement avec primes.
Les avances sont comptabilisées au crédit du compte 163 : Avances reçues de l’Etat lors de
l’affectation à l’entité, par le débit d’un compte de trésorerie.

 La réception de l’avance
date
5… Compte de trésorerie x
163 Avances reçues de l’Etat x
(Svt réception de l’avance)

 Le remboursement des fonds


Date
163 Avances reçues de l’Etat x
6748 Intérêts sur dettes diverses x
5… Compte de trésorerie x
(Svt remboursement de l’avance)

 Remboursement partiel de l’avance à l’Etat et création de subvention


Date
163 Avances reçues de l’Etat x
71 Subvention d’exploitation x
5… Compte de trésorerie x
(Svt remboursement)

 Transformation de l’avance en Subvention, avance non remboursable

Date
163 Avances reçues de l’Etat x
71 Subvention d’exploitation x
(Svt avance non remboursable)

Application n°4
Le 25/05/2021, l’entité ALPHA a bénéficié de la part de l’Etat ivoirien d’une avance de
10 000 000 F CFA par chèque afin de parfaire son activité. Le 03/11/2021, l’Etat a décidé de
transformer cette avance en une subvention en raison d’un échec constaté.
Travail à faire : Passer les écritures qui s’imposent.

SOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 42


CHAPITRE 8 : LES OPERATIONS EN MONNAIES ETRANGERES

Généralités
Dans le cadre de son ouverture sur le marché international, l’entité effectue des opérations
libellées dans des monnaies autres que sa monnaie nationale.
Sauf en cas de règlement au comptant, c’est-à-dire un dénouement immédiat, toute opération faite
en devises a pour conséquence la prise en compte d’un risque qui peut se traduire par une perte de
change ou un gain de change. Cela s’explique par les fluctuations du cours de la monnaie entre le
début et le règlement final de l’opération.

1. Définitions
 Une devise : c’est l’unité monétaire (ou monnaie) d’un pays étranger.
 Le change : c’est une opération qui consiste à convertir une monnaie en une autre monnaie.
 Le résultat de change : il représente le bénéfice ou la perte constatée sur la différence des
cours de deux monnaies entre la date de l’opération et la date de règlement.
 L’écart de conversion : c’est la différence des cours de deux monnaies entre la date de
l’opération et la date d’inventaire (31 Décembre). Nous avons :
- l’écart de conversion actif qui correspond à une diminution de créance ou augmentation
de dette suite à une variation du cours de la devise dans laquelle a été comptabilisée cette
créance ou cette dette
- l’écart de conversion passif qui correspond à une augmentation de créance ou une
diminution de dette suite à une variation du cours de la devise dans laquelle a été
comptabilisée cette créance ou cette dette.

2. Acquisitions
Les biens acquis en monnaies étrangères entrent dans le patrimoine par conversion de la devise
étrangère en franc CFA en fonction du cours du jour de l’acquisition.

3. Règlement des dettes et créances


Les règlements en monnaies étrangères sont aussi convertis en franc CFA en fonction du cours du
jour du règlement. Toute différence constatée entre le montant du règlement prévu en franc CFA
et le montant du règlement réel converti en franc CFA, constitue une différence à enregistrer en
« perte de change » ou en « gain de change ».

Si encaissement réel encaissement prévu gain de change


Si décaissement réel décaissement prévu (compte 776)

Si encaissement réel encaissement prévu perte de change


Si décaissement réel décaissement prévu (compte 676)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 43


4. Régularisations des dettes et créances
4.1. Régularisation à l’inventaire au 31/12
Les dettes et créances en monnaie étrangère existante à l’inventaire, doivent être régularisées en
fonction du cours de la monnaie à cette date : en cas de différence, on constate un « gain probable
de change » ou une « perte probable de change ».

Ecritures en cas de perte probable (écarts de conversion-actif)


Sur créances
Date
478 Ecart de conversion-actif x
411 Client (pour les créances à – 1 an) x
27 Prêts (pour les créances à + 1 an) x
(Svt constatation de la perte probable)

Sur dettes
Date
478 Ecart de conversion-actif x
401 Fournisseurs (pour les dettes à – 1 an) x
16 Emprunt (pour les dettes à + 1 an) x
(Svt constatation de la perte probable)

Ecritures en cas de gain probable (écart de conversion-passif)


Sur créances
Date
411 Client (pour les créances à – 1 an) x
27 Prêts (pour les créances à + 1 an) x
479 Ecart de conversion-passif x
(Svt constatation du gain probable)

Sur dettes
Date
401 Fournisseurs (pour les dettes à – 1 an) x
16 Emprunt (pour les dettes à + 1 an) x
479 Ecart de conversion-passif x
(Svt constatation du gain probable)

Les écarts de conversion actifs (pertes probables de change) déterminés à l’inventaire doivent être
provisionnés en fin d’exercice par les écritures suivantes :

Si la créance ou la dette provisionnée est à court terme (-1an)

Date
679 Charges pour dépréc. et prov° pour R & C à court x
499 terme Provisions
financièrespour risques à court terme x
(Svt constation de la provision)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 44


Si la créance ou la dette provisionnée est à long terme (+1an)

Date
697 Dotat° aux prov° et aux dépréciations financières x
194 Provisions pour pertes de change x
(Svt constatation de la provision)

4.2. Contre-passation à l’ouverture des comptes au 01/01


A l’ouverture des comptes au 01/01, les écarts de conversions-actifs et les écarts de conversions-
passifs doivent être contre-passés par les écritures suivantes :

Cas de contre-passation des écarts de conversion-actif


Sur créances
Date
411 Client (pour les créances à – 1 an) x
27 Prêts (pour les créances à + 1 an) x
478 Ecart de conversion-actif x
(Svt contre-passation)

Sur dettes
Date
401 Fournisseurs (pour les dettes à – 1 an) x
16 Emprunt (pour les dettes à + 1 an) x
478 Ecart de conversion-actif x
(Svt contre-passation)

Cas de contre-passation des écarts de conversion-passif

Sur créances
Date
479 Ecart de conversion-passif x
411 Client (pour les créances à – 1 an) x
27 Prêts (pour les créances à + 1 an) x
(Svt contre-passation)

Sur dettes
Date
479 Ecart de conversion-passif x
401 Fournisseurs (pour les dettes à – 1 an)
16 Emprunt (pour les dettes à + 1 an)
(Svt contre-passation)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 45


EXERCICE D’APPLICATION N°1
Une entité a vendu des marchandises le 01/09/2013 à son à son client Tunisien pour un montant de
13 000 Dinar. Le règlement se fera 40% au comptant, 25% le 15/12/2013 et 35% le 10/02/2014.
Le cours du Dinar affiche.
- Le 01/09/2013, 1 Dinar = 450 F CFA ; le 31/12/2013, 1 Dinar = 435 F CFA
- Le 15/12/2013, 1 Dinar = 455 FCFA ; le 10/02/2014, 1 Dinar = 420 F CFA
Travail à faire : Passer les écritures nécessaires du 01/09/2013 au 31/12/2014

RESOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 46


4.3. Cas de l’application de l’article 56 du SYSCOHADA révisé : cas des emprunts et
prêts
Le prêt ou l’emprunt doit être converti en franc CFA en fonction de la conversion du cours du jour
de l’opération. Il s’agit d’un cours au comptant à la date de la réception ou de versement des
fonds.

Article 56 : Lorsque des pertes probables ou des gains latents sont attachés à des opérations
d’emprunts ou de prêts affectant deux ou plusieurs exercices, l’entité doit procéder à l’étalement
de ces pertes ou de ces gains, sur la durée restante à courir jusqu’au terme des remboursements ou
des encaissements à venir prévus au contrat (durée moyenne pondérée restant à couvrir). Le
montant potentiel de la perte totale future, ou du gain total futur est recalculé à la fin de chaque
exercice et mentionné dans l’Etat annexé.

Exemple :
Emprunt contracté au 01/04/N, 300 000£ remboursable sur 6 ans en parts égales, le cours de la
livre étant de 980F CFA. Au 31/12/N, le cours est passé à 985F CFA.

Emprunt initial = 300 000 x 980 = 294 000 000F CFA


Emprunt au 31/12/N = 300 000 x 985 = 295 500 000F CFA

Il y a augmentation de la dette à l’inventaire (31/12/N) d’où ECA (Perte) de :


ECA = 295 500 000 - 294 000 000 = 1 500 000

En principe, à l’inventaire quand on constate un ECA, il y a une provision à constituer, mais avec
l’application de l’Article 56, on est amené à retraiter l’ECA de la manière suivante :

Durée de remboursement de l’emprunt = 6 ans x 12 = 72 mois


Durée déjà courue du 01/04/N au 31/12/N = 9 mois
Durée restante à courir de l’emprunt = 72 mois - 9 mois = 63 mois

Montant de la dotation à différer = 1 500 000 x (63/72) = 1 312 500


Dotation à constituer = 1 500 000 - 1 312 500 = 187 500

Ecritures

Date
6971 DAP financières pour risques et charges 187 500
194 Provisions pour perte de change 187 500
(constatation de la provision)

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 47


4.4. Cas de l’application de l’article 57 du SYSCOHADA révisé

L’article 57 stipule que, lorsque l’entité décide d’intégrer dans une position globale de change
toutes ses opérations traitées avec l’étranger, non encore dénouées à l’inventaire, une
compensation est admise entre les pertes probables et les gains latents, devise par devise. La
charge provisionnée est limitée à l’excédent des ECA sur les ECP.

Charges provisionnées = Total ECA - Total ECP

Exemple :
Voici la situation des dettes et des créances libellés en monnaies étrangère d’une entité au
31/12/2010

Montant en Cours à Cours au ECA ECP


Eléments
Yen l’origine 31/12/10 (perte) Gain)
Créances 130 000 650 645 650 000 -
clients
Dettes F/seur 110 000 630 638 880 000 -
Autres dettes 115 000 695 687 - 920 000
TOTAUX 1 530 000 920 000
La provision à constituer (sans application de l’article 57) = 1 530 000
La provision à constituer en application de l’article 57 = 1 530 000 – 920 000 = 610 000

4.5. Cas des disponibilités


Lorsque l’entité dispose de liquidité en devise étrangère dans sa caisse à l’inventaire au 31/12, elle
doit convertir ces devises en franc CFA sur la base du dernier cours et constater directement un
gain (776) ou une perte de change (676).

Exercice d’application n°2:


Une entité a vendue le 18/09/2014, des marchandises pour une valeur de 50 000 Dollars par
chèque. Au 31/12/2014, l’entité dispose toujours des 50 000 Dollars dans son compte. Le Dollar
affiche :
- 1 Dollar = 650 F CFA le 18/09/2014
- 1 Dollar = 640 F CFA le 31/12/2014

Travail à faire : Passer les écritures nécessaires

RESOLUTION

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 48


TRAVAUX DIRIGES

 Acquisitions, productions, rentes viagères, réserve de propriété et approche par


composant

Exercice 1 : Cas BATCI

La SA BATCI a acquis au cours de l’exercice N, par importation de France, un matériel et


outillage aux conditions suivantes
- Prix d’achat hors taxe 15 000 000
- Transport hors taxe 1 000 000
- Assurance 1 500 000
- Droits de douane 3 500 000
Le transport du matériel, du port d’Abidjan au siège de la société est effectue par la société
MORY au prix de 425 000F. Le montage et le démontage sont effectués par les ouvriers de la
société en heures supplémentaires évaluées à 312 500 F. TVA 18%, Prorata de déduction :
85%

Travail à faire :
1. Calculer le cout d’acquisition du bien
2. Enregistrer l’opération au journal

Exercice 2 : Cas TUB


Début Janvier 2021, la SA TUB a fait construire par ses ouvriers un entrepôt devant servir au
stockage de ses matières premières et produits finis. Voici les éléments constitutifs du coût :
- Matières premières 9 775 000 HT
- Main d’œuvre directe 2 600 000
- Quote-part de sous activité 1 020 000
- Frais d’administration générale 1 250 000
- TVA 18 % ; prorata de déduction : 70 %

La société a contracté un emprunt de 12 500 000 F au taux de 8 %. Date d’achèvement des


travaux : 1er Aout 2021

Travail à faire : Passer toutes écritures nécessaires.

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 49


Exercice 3 : Cas TATABY

Le 01/04/15, l’entité TATABY a souscrit un emprunt bancaire de 15 000 000 F au taux de 18%
l’an. A la commande le 01/05/15, cette entité verse cette somme comme avance à son fournisseur
DELON pour l’acquisition d’un matériel à l’importation. Le 30/11/15, la livraison est réalisée
dans les conditions suivantes :
- Prix d’achat brut de l’immobilisation : 25 000 000 F
- Remise 10%, escompte 2%
- Transport à l’importation : 2 500 000 F
- Frais de transit 2 750 000 F
- Honoraires de notaires : 2 000 000 F
- Droit de douane : 4 500 000 F
- Votre avance : 15 000 000 F

Le transport du bien (du port à l’entrepôt de l’entité) est assuré par un spécialiste (UTB) au prix de
400 000 F. Le montage est assuré par une entité spécialiste (BSP) pour 3 200 000 F HT alors que
l’installation et la mise en route est assurée par les employés de l’entité en heures supplémentaires
pour 1 200 000 F.
NB : Le prorata de déduction de la TVA est de 70%

Travail à faire :

1. Calculer le coût d’acquisition du matériel


2. Comptabiliser les opérations du 01/04/15 et du 01/05/15
3. Comptabiliser l’acquisition

Exercice 4 : CAS SAREX


Un ensemble immobilier à usage administratif et commercial a été acquis par l’entité SAREX le
1er Octobre N, coût : 350 000 000 (dont 50 000 000 F pour le terrain le 1er Octobre N). Cette
acquisition donne lieu à un versement initial (bouquet) de 110 000 000 F et le solde faisant l’objet
d’une rente viagère annuelle de 20 000 000 F payable le 1er Octobre de chaque année. La durée
d’utilité du bâtiment est 30 ans. Considérons les hypothèses suivantes :
Hypothèse 1 : Décès du crédirentier le 15/12/N+5
Hypothèse 2 : Décès du crédirentier le 10/11/N+14
Travail à faire
1) Passer les écritures au titre de des exercices N et N+1
2) Passer les écritures relatives aux hypothèses 1 et 2

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 50


Exercice 5 : Cas SA ALICAL
Afin d’adapter sa production aux nouveaux matériaux utilisés, la SA ALICAL doit moderniser son
outil de production et investir dans de nouveaux équipements. Pour cela, elle fait l’acquisition
auprès de la société MORELLI d’une nouvelle machine à commande numérique.

Elle a été livrée et facturée par la SARL MORELLI le 30 juin 2013. Son prix d’achat s’élève à
100 000 000 F HT, auxquels viennent s’ajouter des frais d’installation pour 12 000 000 F HT. En
raison d’un retard de livraison, la SA ALICAL à bénéficié d’un rabais de 2% calculé sur le prix
d’achat, hors installation. La facture mentionne l’existence d’une clause de réserve de propriété.
L’intégralité de la facture a été payée le 30 septembre 2013. La mise en service a eu lieu le 1 er
juillet 2013.

La SA ALICAL envisage d’utiliser l’immobilisation durant 5 ans. Elle retient un mode


d’amortissement linéaire.
Travail à faire
1) Rappeler la définition d’une clause de réserve de propriété
2) Calculer le coût d’acquisition de la machine à commande numérique
3) Enregistrer chez ALICAL l’acquisition de la machine et d’amortissement, en 2023

Exercice 6 : Cas FAFO-CI


L’entité FAFO-CI achète par chèque bancaire une machine industrielle le 01/01/N pour 1 000 000
F HT utilisable sur 10 ans. A l’achat, elle identifie une composante de 200 000 F renouvelable
chaque 5 ans : le filtre industriel. Après 4 ans d’utilisation, le composant a été remplacé pour
250 000 F par chèque bancaire.
L’extrait du plan comptable de l’entreprise :
2411 : matériel industriel et outillage…
24111 : filtre industriel
Travail à faire :
1) Présenter les calculs liés aux amortissements
2) Présenter le journal des écritures nécessaires

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 51


 Contrat de location
Exercice 7 : Cas STD
Le 13/06/2011, la société STD a signé avec l’entité de crédit-bail CFAO, un contrat de location
portant sur un matériel de transport d’un montant évalué à 21 000 000 F. Le contrat prévoit :

- Durée du contrat : 5 ans


- Montant de chaque redevance : 5 500 000 F par an.
- Date du premier versement : 13/06/2011
- Coût probable de rachat du bien en fin de contrat : 3 000 000 F.
Le matériel est amortissable en linéaire sur 8 ans.

Travail à faire :
Passer toutes les écritures depuis la signature du contrat jusqu’à la fin du contrat dans les cas
suivants :
- L’option d’achat a été levée
- L’option d’achat n’a pas été levée

Exercice 8 : Cas LIDAC


Le 26/10/2010, la société LIDAC a signé avec une entité de crédit-bail un contrat de location
portant sur matériel agricole d’un coût de 60 000 F.
- Garantie financière versée en début de contrat : 8 000 000 F
- Durée du contrat : 5 ans
- Montant de chaque redevance : 16 000 000 F
- Date du premier versement : 26/10/2011
- Coût probable de rachat du bien en fin de contrat : 8 000 000 F
Le matériel est amortissable en linéaire sur 10 ans

Travail à faire :
Passer toutes les écritures depuis la signature du contrat jusqu’à la fin du contrat dans les cas
suivants :
- L’option d’achat a été levée
- L’option d’achat n’a pas été levée

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 52


Exercice 9 : Cas TARO

Le 19/04/2011, la société TARO a signé avec l’entité de crédit-bail INDUST un contrat de


location portant sur un matériel de production amortissable en linéaire sur 10 ans d’un coût de
12 000 000 F. Le contrat prévoit :
- Garantie financière versée en début de contrat : 2 000 000 F
- Durée du contrat : 4 ans
- Montant de chaque redevance : 1 000 000 F par trimestre
- Date du premier versement : 19/04/2011
- Coût probable de rachat du bien en fin de contrat : 4 000 000 F

Travail à faire :

Passer toutes les écritures depuis la signature du contrat jusqu’à la fin du contrat dans les cas
suivants :
- L’option d’achat a été levée
- L’option d’achat n’a pas été levée

 Subventions et avances

Exercice 10 : CAS SODESUCRE


La SODESUCRE obtient le 01/03/N une subvention d’équipement de 225 000 000F pour
l’acquisition d’un terrain nu destiné à son extension et d’un bâtiment à usage industriel. Elle
bénéficie en outre d’une machine industrielle d’un coût de 75 000 000F installée et mise en
service le 01/05/N (taux d’amortissement 15%). La subvention est reçue le 01/06/N par virement
bancaire.
L’entité a acheté le 01/07/N un terrain nu à 90 000 000F et un bâtiment à 360 000 000F
amortissable sur 20 ans.
Le bâtiment est cédé à la société SUCRIVOIRE le 01/04/N+9 à 450 000 000F HT (TVA 18%) et
réglé par chèque bancaire.
Travail à faire :
- Passer toutes les écritures de l’exercice N
- Passer les écritures au 31/12/N+1
- Passer les écritures de cession

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 53


Exercice 11 : CAS ADAMS
Le 20/03/2018, l’entité ADAMS adresse un courrier à l’Etat en vue de l’obtention des subventions
suivantes :
 Subvention de 15 000 000 F pour la formation de son personnel
 Subvention de 23 000 000 F pour annuler la perte de l’exercice en cours
 Subvention d’investissement comprenant :
- Terrain nu de 20 000 000 F
- Outillage industriel de 80 000 000 F
- Matériel de transport de 30 000 000 F
Le 22/07/2018, l’Etat donne un avis favorable à l’entité ADAMS en lui promettant les subventions
suivantes :
- 38 000 000 F pour la formation et la perte constatée,
- 60 000 000 F pour l’acquisition du terrain et du matériel et outillage
L’Etat promet le même jour un matériel de transport de 30 000 000 F à l’entité ADAMS.

Le 01/04/2019, le véhicule est remis à l’entité ADAMS et le 01/06/2019, tous les fonds lui sont
virés sur son compte.

Le 01/07/2019, l’entité ADAMS acquiert le matériel et le 01/10/2019, elle achète le terrain.

L’entité décide d’amortir le matériel et outillage en mode dégressif sur 10 ans et le matériel de
transport en mode linéaire sur 8 ans. Le terrain n’étant pas amortissable, son délai d’inaliénabilité
a été fixé à 25 ans.

Le 30/09/22, le matériel industriel est cédé à 40 000 000 F HT.

Travail à faire :

1) Passer les écritures de promesse et de libération des subventions


2) Passer les écritures d’acquisition des biens
3) Présenter un extrait du plan d’amortissement de chaque équipement jusqu’en 2022.
4) Passer les écritures d’amortissement de 2019 à 2021
5) Présenter les écritures de cession
6) Passer les écritures d’inventaire au 31/12/22

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 54


 Les opérations en monnaies étrangères

EXERCICE 12 : CAS MOULIN


L’entité MOULIN a acquis le 01/10/2014, une broyeuse pour 1 500 000 Yen (¥). Le matériel est
amortissable en linéaire sur 5 ans. Le fournisseur est réglé 45% au comptant, 30% dans 30 jours et
le reste le 10/03/2015. Le cours du Yen affiche :
- Le 01/10/2014, 1 Yen = 5,8 F CFA ; le 01/11/2014, 1 Yen = 5,9 F CFA
- Le 31/12/2014, 1 Yen = 5,5 F CFA ; le 10/03/2015, 1 Yen = 5,2 F CFA

NB : TVA 18%

Travail à faire : Passer les écritures nécessaires du 01/10/2014 au 10/03/2015

EXERCICE 13 : CAS MOUDA


L’entité MOUDA a acquis le 01/04/2012 dans une société Marocaine, 20 titres de participation au
prix de 5 000 Dirhams. Les titres sont libérés immédiatement du quart à la souscription. Le
deuxième et le troisième quart sont appelés le 16/08/2012. Le solde est appelé le 20/09/2013. Les
frais d’acquisition s’élèvent à 10%. Le cours du Dirham affiche :

Le 01/04/2012, 1 Dirham = 65 F CFA ; le 16/08/2012, 1 Dirham = 62 F CFA


Le 31/12/2012, 1 Dirham = 67 F CFA ; le 20/09/2013, 1 Dirham = 64 F CFA

Travail à faire : Passer les écritures nécessaires du 01/04/2012 au 31/12/2013

Techniques comptables approfondies / TCF 3 / INP-HB Dr DAGNOGO 55

Vous aimerez peut-être aussi