Guide Orthotypographique
Guide Orthotypographique
Octobre 2015
— 3 —
SOMMAIRE
Pages
I. INTRODUCTION ........................................................................................................... 5
I. INTRODUCTION
Dans les documents imprimés, les règles typographiques sont complémentaires des
règles orthographiques, on parle d’« orthotypographie ». À la différence des règles ortho-
graphiques, qui sont codifiées dans les dictionnaires et grammaires, avec très peu de
différences d’un ouvrage à l’autre, les règles typographiques ne sont pas unifiées, elles varient
selon les institutions (maisons d’édition, organes de la presse écrite, Journal officiel…),
quelquefois même selon les auteurs.
fabrique la loi entraîne nécessairement une certaine attraction vers la graphie utilisée dans les
textes de loi.
Le présent guide pourrait constituer ce que l’on appelle, dans les métiers de l’édition,
une « marche » ou « marche typographique », c’est-à-dire un code typographique plus
particulièrement adapté au travail parlementaire – voire aux pouvoirs publics. On parle de
« marche maison » quand les règles établies s’écartent de la pratique générale. Le présent
guide propose un référentiel commun pour tous les types de documents (rapports, comptes
rendus, textes de loi…). Bien sûr, des particularismes existent, un compte rendu ou un rapport
privilégiera la lisibilité par tous, la fluidité du texte, la légèreté visuelle ; une loi, au contraire,
privilégiera la rigueur d’exposition et le strict respect des règles. Ainsi, l’expression « mix
énergétique » pourra être composée soit en romain (mix énergétique), dans un rapport ou un
compte rendu où elle est utilisée des dizaines de fois, soit en italique, avec ou sans guillemets,
(mix énergétique ou « mix énergétique ») dans un rapport ou un compte rendu si elle est
utilisée une seule fois, alors qu’elle sera obligatoirement remplacée par une autre expression
n’utilisant que des mots français (par exemple bouquet énergétique (2)) dans un texte de loi.
S’agissant de conventions qui ne sont pas imposées par l’orthographe, un rédacteur ou un
auteur a toujours la possibilité de s’en écarter s’il a une bonne raison de le faire. Il convient
alors, bien sûr, de tenir une pratique constante au sein d’un même document.
(1) Guide pour la rédaction des textes législatifs, Assemblée nationale (http://an-577/legislatif/guide-rédaction-
textes-legislatifs.pdf) ; Guide pour l’établissement des textes par les commissions, Assemblée nationale
(http://an-577/legislatif/guide-etablissement-textes-commissions.pdf).
(2) Expression conseillée par la commission générale de terminologie et de néologie, devenue en 2015 la
commission d’enrichissement de la langue française, Journal officiel du 25 avril 2009.
(3) Le Grand Robert est accessible en ligne sur le site intranet de l’Assemblée nationale :
http://biblio/ressources-externes/bases.asp .
— 7 —
Loin de vouloir compliquer le travail des rédacteurs, ce guide a pour but de leur
simplifier la tâche en évitant des recherches longues et pas toujours concluantes, en apportant
des réponses les plus simples possibles aux questions les plus fréquentes qui, non résolues,
sont sources d’erreurs, de corrections multiples, de divergences et in fine de perte de temps. Il
s’agit d’éviter de s’interroger constamment sur les mêmes questions. Le respect des
conventions d’orthotypographie devrait entraîner un allégement des tâches de remise en
forme, donc un gain de temps en phase finale d’établissement des documents, toujours
contrainte. Un bon travail de « préparation de copie », comme disent les imprimeurs, entraîne
une réduction importante des coûts. En cela, ce guide peut être un outil de productivité pour
les fonctionnaires, les députés et leurs collaborateurs, donc pour l’institution parlementaire
tout entière.
Il faut garder en mémoire que la langue française, écrite et orale, évolue ; ses règles
peuvent être amenées à bouger, y compris dans la typographie (sigles, italiques…). Ce guide
typographique doit pouvoir évoluer : corrections, suppressions, précisions, modifications,
compléments, ajouts…
II. LA PONCTUATION
Les règles relatives à la ponctuation relèvent de l’orthographe, il n’y a donc pas lieu de
les exposer ici en détail. Seules les règles de base sont rappelées, en lien avec la marche
typographique qui leur est attachée.
Les signes de ponctuation simples (point, virgule) sont collés au mot immédiatement
précédent et suivis d’une espace (1). En français, les signes de ponctuation doubles (deux-
points, point-virgule, point d’interrogation, point d’exclamation) sont précédés d’une espace
insécable et suivis d’une espace ordinaire.
Le logiciel Microsoft Word est paramétré par défaut pour générer automatiquement
cette espace insécable placée avant. Pour ôter cette option, par exemple dans un texte rédigé
en anglais, il faut faire : onglet « Word » (en haut à gauche) ; « Option » (en bas à droite de la
fenêtre qui apparaît) ; « Vérification » (dans le menu à gauche) ; sous la troisième ligne bleu
nommée « Lors de la correction orthographique et grammaticale dans Word », cliquer sur
« Paramètre » à droite du champ « Grammaire » ; une nouvelle fenêtre apparaît à l’écran, dans
le dernier point sous « Grammaire », décocher « Ponctuation et espacement ».
(1) Le mot espace est féminin dans le domaine de l’édition – voir infra le chapitre consacré aux espaces.
— 8 —
A. LA VIRGULE
La règle de base est que tout ce qui s’écarte de l’ordre logique (on dit « canonique »)
des mots dans la phrase (sujet – verbe – compléments d’objet – compléments circonstanciels)
nécessite une virgule.
La semaine dernière, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi relatif à la
transition énergétique. Le Sénat, qui vient d’être renouvelé, examinera le texte dans dix
jours.
Une proposition relative explicative (ou « appositive ») est précédée par une virgule.
Les ours, qui sont malades, ont été changés de zoo. [Tous les ours sont malades et ont
été déplacés.]
Une proposition relative déterminative n’est pas précédée par une virgule.
Les ours qui sont malades ont été changés de zoo. [Seuls les ours malades ont été
déplacés.]
Dans une adresse, le numéro est séparé de la rue par une virgule.
L’entrée principale de l’Assemblée nationale est au 126, rue de l’Université, Paris (7e).
M. Jean Martin : 32, rue du Pré, 39206 Saint-Claude
B. LES POINTS
Le point-virgule s’emploie :
– soit pour jouer le rôle de virgule, pour séparer des parties d’une certaine étendue,
surtout lorsqu’une de ces parties au moins est déjà subdivisée par une ou plusieurs virgules ;
Les points de suspension en fin de phrase signifient une énumération non limitative
ou un sous-entendu. Ils sont toujours au nombre de trois et ne sont pas précédés par une
virgule.
Article 7 de la Constitution
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. […]
Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats
plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.
[…]
– une anonymisation ;
Attendu que Mme X..., reprochant à M. Y... de réaliser une construction lui causant des
troubles anormaux de voisinage, l’a assigné aux fins de voir ordonner une expertise ;
(Cour de cassation)
– une interruption.
I.– La loi est dure…
[…]
II.– … mais c’est la loi
[…]
Il n’y a en général pas d’espace devant les points de suspension. On se reportera aux
guides de ponctuation pour les rares exceptions ; ainsi, quand les points de suspension
remplacent la totalité d’un mot, ou d’un nom, ils sont précédés d’une espace insécable.
Madame de … est un film français réalisé par Max Ophuls.
— 10 —
Des points de suspension placés devant un mot sont nécessairement suivis d’une
espace insécable. En fin de phrase, les points de suspension se confondent avec le point final
ou le point abréviatif.
Il est possible de mettre des points de suspension au milieu d’une phrase… mais sans
abuser du procédé.
C. L’APPEL DE NOTE
En français, l’expression « note en bas de page » est considérée comme plus correcte
que « note de bas de page », utilisée par le logiciel Microsoft Word.
Les appels de note se positionnent avant la ponctuation. Ils sont précédés par une
espace insécable. La présence ou l’absence d’espace après l’appel de note suit les règles de
droit commun. En fin de citation, un appel de note se place avant le guillemet fermant. Une
note en bas de page se termine par un point.
La macro « Note bas de page » des modèles de rapport sous Microsoft Word 2010 (1)
applique automatiquement les bonnes conventions typographiques. Elle compose cependant
une espace ordinaire après l’appel de note, qu’il faut supprimer si elle n’a pas lieu d’être.
Le standard Unicode dispose des signes typographiques suivants, qui sont les mêmes
dans toutes les langues :
Graphiquement, le trait d’union (-) est plus court que les tirets, qui sont de deux
tailles : « demi-cadratin » (–) et « cadratin » (—). L’usage du tiret long (cadratin) tombe en
désuétude dans l’édition moderne pour les textes en français. Le signe
(1) Les modèles de rapport sous Word 2010 sont implémentés sur les postes de travail des fonctionnaires des
pôles législatifs.
(2) L’anglais et l’espagnol maintiennent l’utilisation de trois signes typographiques distincts (trait d’union,
demi-cadratin et cadratin), même si la tendance à la simplification partout constatée les réduit souvent à
deux, voire à un seulement.
— 11 —
mathématique « moins » (‒) a la même longueur que le tiret d’un demi-cadratin, mais il est
placé légèrement plus haut sur la ligne. Par souci de simplification, on composera le signe
mathématique « moins » comme un tiret demi-cadratin.
Le trait d’union (-) est composé soit avec la touche « 6 ¦ » du clavier alphanumérique
(au-dessus du « T », en minuscules), soit avec la touche « moins » du pavé numérique.
Le tiret demi-cadratin (–) est composé avec l’association de touches « Ctrl + “moins”
du pavé numérique ». On peut paramétrer le logiciel Microsoft Word pour que, en milieu de
phrase, le trait d’union entouré d’espaces soit automatiquement remplacé par un tiret demi-
cadratin (« Fichier », « Options », « Vérification », « Options de correction automatique »,
« Lors de la frappe » et « Mise en forme automatique »). Il n’est malheureusement pas
possible de paramétrer ce logiciel pour réaliser la même transformation avec un trait d’union
placé en début de ligne. On peut toutefois obtenir le même résultat en créant, sur son poste de
travail, une correction automatique (« Fichier », « Options », « Vérification », « Options de
correction automatique », « Correction en cours de frappe », « Remplacer : -- », « Par : – »).
1. Le trait d’union
Le trait d’union ne s’utilise que dans les mots composés et pour les coupures en fin de
ligne. Dans un mot composé, il est directement collé aux lettres qui le précèdent et qui le
suivent, sans espace.
Le statut de la Nouvelle-Calédonie est régi par le titre XIII de la Constitution.
— 12 —
Les maisons d’édition et les organes de la presse écrite coupent en général les mots en
fin de ligne, pour éviter les espacements trop importants entre les mots dus à la justification,
quand un mot long est reporté sur la ligne suivante. On parle de respect du « gris
typographique ». La pratique suivie à l’Assemblée nationale, comme d’ailleurs aux
Journaux officiels, est cependant de ne pas couper les mots en fin de ligne. La raison
principale en est que le même document Word sert généralement à la fois pour l’édition
internet (format « HTML ») et pour l’édition papier. Or les coupures n’ont aucun sens pour
les documents en HTML, dont la justification varie selon la taille et les caractéristiques de
l’écran. Elles bougent aussi lors de la mise en page pour une impression papier effectuée par
les Journaux officiels à l’aide d’un logiciel ad hoc. En outre, la coupure des mots en fin de
ligne rend plus difficile la lecture – ou la relecture – et peut, dans certains cas, ne pas être
élégante.
Il est donc conseillé de ne pas activer l’option « coupure de mots automatique » sous
le logiciel Microsoft Word. Il est cependant possible de pratiquer manuellement, au cas par
cas (notamment dans un texte présenté en colonne comme un tableau comparatif), une
coupure de mot en fin de ligne en insérant un trait d’union à l’endroit de la coupure souhaitée.
Pour gérer les retours à la ligne, le traitement de texte Microsoft Word permet d’insérer :
Attention : lorsque les marques sont affichées, le trait d’union insécable peut être
confondu avec un tiret demi-cadratin : il est prudent de toujours vérifier son travail en
masquant les marques.
2. Les préfixes
Principe général : on ne met en général pas de trait d’union après les préfixes, sauf
pour des raisons phonétiques ou graphiques, pour les locutions, pour les mots composés, pour
les mots avec une capitale initiale, pour les sigles et pour les mots formés pour la
circonstance.
Les règles relatives aux traits d’union pour les préfixes relèvent sans doute plus de
l’orthographe que de la typographie. Dans la mesure où les grammaires en font rarement une
présentation systématique, elles seront exposées ci-après. Ces règles sont souvent spécifiques
à chaque préfixe, elles sont parfois contradictoires d’un code typographique à l’autre, les listes
d’exceptions sont nombreuses et ne font pas l’unanimité.
Le parti pris du présent guide est de présenter seulement les grandes orientations.
L’évolution de la typographie est clairement à l’abandon des traits d’union pour les préfixes.
La présence d’un trait d’union reste dans tous les cas nécessaire pour éviter un problème de
prononciation ou de graphie (anti-impérialiste, micro-informatique, pro-Cuba, post-URSS).
On se reportera à des ouvrages spécialisés pour vérifier au cas par cas.
La tendance est de composer sans trait d’union les mots commençant par a, anti,
archi, bi, cis, dé/dés/dis, en, ex/exo [dans le sens de « hors de »], entre, extra, hyper,
hypo, infra, inter, intra, maxi, mé, méta, mini, multi, pluri, pan, poly, post, pré, quadri,
r/re/ré, super, supra, sur, sus, télé, trans, ultra… Les exceptions sont nombreuses, il serait
trop fastidieux d’en faire une liste, il est prudent de se reporter à un dictionnaire ou un
ouvrage spécialisé au cas par cas.
amoral, entrecouper, entrefilet, expatrié, extrabudgétaire, extralégal, infrastructure,
pluriannuel, postdaté, postnatal, précuit, précâblé, préfinancement, préretraite,
supranational, surclassé, susmentionné, ultralibéral… mais entre-temps ou
entretemps, entre-deux ou entredeux, extra-atmosphérique, infra-acoustique, intra-
muros, post-partum, post-scriptum [mais post mortem], télé-enseignement, ultra-
petita...
(1) Le mot avec le trait d’union n’est jamais coupé en fin de ligne à l’endroit du trait d’union.
(2) Il s’agit d’un trait d’union au milieu d’un mot qui n’apparaît que si le mot est coupé en fin de ligne. Cela
permet de choisir ou sera coupé un mot particulièrement long s’il est reporté en début de ligne suivante. Si, à
la suite de modifications, le mot se retrouve en milieu de ligne, le trait d’union disparaît automatiquement.
— 14 —
Trait d’union :
Avec après, arrière, avant, demi [sauf l’expression adverbiale à demi devant un
adjectif ou un participe], ex [dans le sens d’ancien], hors, mi, sans, semi, sous, vice, le trait
d’union est obligatoire.
un avant-projet, un demi-litre, son ex-mari, à mi-parcours, semi-public, un sous-
amendement, le vice-président…
Avant un substantif, non et quasi nécessitent le trait d’union. Avant un adjectif (un
participe, un adverbe), ils n’en prennent en général pas. Mais les exceptions sont fréquentes.
un traité de non-agression, un non-lieu, un député non inscrit, un pays non aligné, des
unités non combattantes, des militants non violents, une mission quasi impossible,
quasi entièrement, mais des non-violents, un quasi-contrat…
Aucune règle ne semble se dégager dans l’écriture des mots commençant par contre.
contreprojet, contreproposition, contrevaleur, contrebalancer, contrefaçon, contrefaire,
contrepartie, contresens, contrevérité mais contre-rapporteur [Journal officiel du
16 janvier 2015], contre-culture, contre-gouvernement, contre-performance…
3. Le tiret (demi-cadratin)
Comme cela a été dit précédemment, le tiret (demi-cadratin) sert à transcrire le signe
mathématique « moins ». Il est normalement suivi d’une espace insécable.
Cette nuit, il a fait – 2 °C ; les lauriers-roses ont peut-être gelé.
(1) Voir la proposition de résolution (n° 484) du 10 décembre 2012 de Mme Barbara Pompili, M. François de
Rugy et plusieurs de leurs collègues tendant à modifier le Règlement de l'Assemblée nationale afin
d'instaurer la faculté, pour les groupes politiques, de se doter d'une coprésidence paritaire.
— 15 —
Dans une énumération avec retour à la ligne, il n’est pas d’usage d’ajouter un « et »
ou un « ou » avant le dernier élément de la liste.
Au milieu d’une phrase – en incise – les tirets suivent les mêmes règles que les
guillemets français pour les espaces (espaces intérieurs insécables, espaces ordinaires
extérieurs).
Au milieu d’une phrase, les tirets sont utilisés pour les incises, afin d’attirer l’attention
plus qu’avec des virgules ou des parenthèses. Lorsque la fin de l’incise coïncide avec la fin de
la phrase, on ne met pas de tiret fermant. Les comptes rendus font un usage fréquent des tirets
d’incise car les parenthèses sont traditionnellement réservées aux mouvements de séance
(applaudissements). TEXTES NORMATIFS : cette utilisation des tirets en milieu de phrase est
déconseillée dans les textes normatifs.
J’ai dit également que nous ne ferions rien – je le redis devant l’Assemblée nationale –
qui remette en cause, d’une manière ou d’une autre, la politique qui est la nôtre.
Dans cette guerre, les morts se sont comptés par milliers – voilà où cette aventure
nous a menés !
B. PARENTHÈSES ET CROCHETS
TEXTES NORMATIFS : dans les textes normatifs, les parenthèses sont à éviter. Dans la
plupart des cas, elles peuvent être remplacées par des virgules.
Utilisées dans les autres types de textes, les parenthèses servent à intercaler une
indication, une précision, un commentaire. Il est conseillé de ne pas en abuser pour ne pas
alourdir le texte. Les crochets isolent des indications, des précisions, etc., à côté ou à
l’intérieur de textes déjà entre parenthèses ; on a vu supra (2) qu’ils s’utilisent également pour
indiquer une coupure dans une citation.
(1) Les conventions relatives aux comptes rendus sont spécifiques (voir en annexe n° 3).
(2) Voir dans II.B : « points de suspension ».
— 16 —
En 2014, une candidate socialiste (Anne Hidalgo) s’est opposée à une candidate UMP
(Nathalie Kosciusko-Morizet [souvent dénommée NKM dans les journaux]) pour la
mairie de Paris.
(Une phrase complète entre parenthèses commençant par une lettre capitale finit par
un point.)
On a dit que, dans les comptes rendus, les parenthèses sont traditionnellement
réservées pour les mouvements de séance (applaudissements), d’où l’utilisation – fréquente –
des tirets d’incise en milieu de phrase.
C. LES GUILLEMETS
Les guillemets « français » sont des doubles chevrons, ils diffèrent des guillemets
“anglais”.
On peut paramétrer Microsoft Word pour que l’appui de la touche « 3"# » du clavier
alphanumérique en minuscules automatise la composition des guillemets français. Ce
paramétrage ajoute une espace insécable à l’intérieur des guillemets. On compose en outre
une espace ordinaire avant le guillemet français ouvrant (y compris après une apostrophe) et
après le guillemet français fermant (sauf avant un signe de ponctuation ou une parenthèse).
Dans un texte en français, on n’utilise les guillemets anglais que pour inclure des
guillemets dans une phrase déjà entre guillemets.
André Malraux a écrit : « Ceux qui croient que le pouvoir est amusant confondent
“pouvoir” et “abus de pouvoir”. »
On utilise également les guillemets pour un mot ou un groupe de mots employés dans
un sens particulier, un néologisme, un mot familier, un mot technique… On peut, en
remplacement, utiliser l’italique si, dans la même phrase ou à côté, les guillemets sont utilisés
avec une autre fonction (citation…).
On a parlé de l’ « enfer » de Matignon pour caractériser la situation des premiers
ministres.
Créé par Arthur Rimbaud et popularisé par l’ancien président Jacques Chirac, le mot
abracadabrantesque a souvent été repris dans le sens d’invraisemblable. « Ô flots
— 17 —
abracadabrantesques, prenez mon cœur, qu’il soit lavé ! » (Arthur Rimbaud, Poésies,
Le Cœur volé, 1871.)
Les citations :
La même règle est préconisée dans les visas des résolutions et dans les annexes, ainsi
que dans les autres types de documents parlementaires (rapports, comptes rendus…).
Les règles typographiques relatives aux citations ne sont pas unifiées. Contrairement à
la presse écrite, qui compose les citations entre guillemets en italique, l’édition les compose
soit en romain entre guillemets, soit en italique sans guillemets (beaucoup plus rare). Quand
les citations sont longues (par exemple dans les textes universitaires), elles sont détachées du
texte et composées dans un corps légèrement inférieur ; le guillemet ouvrant est alors répété
au début de chaque paragraphe.
Citations et ponctuation :
Quand une phrase complète est entre guillemets, elle commence par une majuscule et
le point final est placé avant le guillemet fermant.
Aristide Briand a écrit : « Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d’en
face. »
Quand ce qui est entre guillemets n’est pas une phrase complète, le point final est
placé après le guillemet fermant.
Le général de Gaulle a dit qu’il était « au-dessus des partis ».
D. L’APOSTROPHE
’
L’apostrophe « » est composée par l’appui sur la touche « 4'{ » du clavier
alphanumérique. Jean-Pierre Lacroux la définit très joliment comme « une virgule libérée de
la pesanteur qui la clouait sur la ligne de base ». Elle peut également être composée avec la
combinaison de touches « Alt + 0146 ».
On n’élide pas presque, sauf dans presqu’île, ni quelque, sauf dans quelqu’un(e) ;
puisque, quoique et lorsque ne s’élident que devant il, elle, en, on, un, une.
E. L’ASTÉRISQUE
*
* *
Les paragraphes ou les parties d’un texte sont parfois séparés par un astérisque ou un
ensemble de trois astérisques disposés en forme de triangle.
F. LA BARRE OBLIQUE
La barre oblique « / » est bien sûr la barre de fraction dans une division.
Dans les années 2009/2010, l’entreprise a connu des difficultés. [on préfèrera 2009
ou 2010 ou 2009 et 2010]
— 19 —
– comme séparateur, par exemple dans les références ou les adresses de pages internet
(http://www.assemblee-nationale.fr/ ; directive 2014/68/UE du Parlement européen et du
Conseil du 15 mai 2014 relative à l'harmonisation…) ;
– dans les traités de linguistique : le doublet hôtel/hôpital (du latin hospes, hospitis)
La barre oblique n’est généralement pas précédée ni suivie d’une espace. Toutefois,
lorsque les éléments qu’elle sépare sont longs ou en groupe, il est préférable qu’elle soit
précédée d’une espace insécable et suivie d’une espace ordinaire, afin d’aérer la présentation
du texte.
Comme on l’a dit, en typographie, « espace » est un mot féminin. Une espace peut
avoir plusieurs caractéristiques : longueur (fine, cadratin...), justifiante ou non, insécable ou
non… Les guides de typographie développent des règles complexes en la matière. La perte de
richesse typographique n’est sans doute pas telle que l’on ne puisse laisser le logiciel de
traitement de texte Microsoft Word gérer automatiquement les espacements entre les mots,
surtout dans un contexte de justification des paragraphes. Il est de bonne pratique de vérifier,
dans un texte à publier, l’absence de doubles espaces ou d’espace (ou de tabulation) en début
de ligne.
Un clavier d’ordinateur avec le logiciel Microsoft Word permet d’insérer soit une
espace ordinaire (barre d’espace), soit une espace insécable (« Ctrl + Maj + barre
d’espace »), qui empêche la coupure en fin de ligne.
– après les titres de civilité abrégés (M. Jean Martin ; Mme Marie Dubois) ;
– entre les milliers dans les nombres (1 250 milliards d’euros), mais pas lorsque ceux-
ci ont valeur ordinale ou de numérotage (l’année 2014 ; 75007 Paris ; page 1235 ;
article 1382 du code civil) ;
– entre les nombres en chiffres et le mot qu’ils quantifient (800 manifestants selon les
forces de l’ordre) ;
– entre les nombres en chiffres et leur unité (250 euros, 100 mètres, 13 h 45,
15 heures) ;
— 20 —
– devant le signe barre oblique quand elle nécessite une espace (/) ;
– dans les numérotations (le titre III, Henri IV, Ariane 6…) ;
– dans une énumération, après le tiret en début de ligne, pour maintenir l’espace
constant après le tiret dans toute l’énumération, surtout si le texte est justifié ;
– après la virgule précédant « etc. » en fin de paragraphe, afin que cette abréviation ne
soit pas rejetée au début de ligne.
Il peut paraître disgracieux de couper en fin de ligne les noms composés de plusieurs
parties. On pourra ainsi, par exemple, mettre une espace insécable entre « Le » et « Brun » :
M. Michel Le Brun.
O
H. LE SIGNE « »
que composer avec la lettre « o » en exposant. Il y a lieu de le noter pour la recherche sur
texte et les autres traitements informatisés.
Il faut maintenir les deux lettres séparées quand elles se prononcent distinctement :
coexistence, coefficient, coercition, moelle, groenlandais…
La ligature « e dans l’a » (Æ, æ) est beaucoup plus rare dans les textes en français, par
exemple : ex æquo, nævus, ou encore dans les très gainsbouriens (Elaeudanla Teïtéïa)
Lætitia et (Aux armes) et cætera. Le logiciel Microsoft Word ne chante pas, mais il corrige
automatiquement en faisant la ligature. Sinon, la ligature s’obtient avec les raccourcis « Alt
+ 0230 » ou « Ctrl + “1” puis “a” » (æ) et « Alt + 0198 » ou « Ctrl + “1” puis “A” » (Æ).
Les ligatures ne sont plus utilisée dans la langue de Goethe, ni d’ailleurs dans celles de
Shakespeare ou de Cervantès.
Les documents sont composés dans une police de caractères définie préalablement
pour chaque type de document dans le modèle correspondant. Ainsi, dans les rapports
parlementaires, les polices utilisées sont le Times New Roman (police avec empattement)
pour le texte et l’Arial (police sans empattement ou sans serif) pour les titres.
La taille des caractères de la police Times new Roman est habituellement de 12 points
pour les notes et courriers et de 13,5 points pour les rapports, afin de tenir compte du rapport
de réduction de l’impression en format DIAN. L’utilisation des modèles de documents sous
Word 2010 normalise et automatise les tailles et polices de caractères.
Les caractères italiques s’opposent aux caractères romains. On utilise l’italique pour
les titres d’ouvrages, de journaux ou de périodiques, les mots en langue étrangère non
francisés, les devises et proverbes, les noms de baptême et les mots mis en vedette.
— 22 —
Quand on veut – ou doit – utiliser l’italique dans un texte déjà composé en italique, on
inverse la composition en romain.
M. Gilles Bachelier, conseiller d’État, a écrit un article intitulé « Le rescrit fiscal » dans
le n° 130 – 2015 de la Revue française de finances publiques (RFFP).
TEXTES NORMATIFS : dans les textes normatifs, les mots latins sont à éviter dans la
mesure du possible. Il en est de même des mots en langues étrangères vivantes.
Dans les autres types de textes, les mots en langues étrangères se composent en
italique. La tendance est cependant de franciser les mots en langues étrangères d’usage
courant.
(1) Cette convention ne s’applique qu’aux mentions d’un titre dans le corps d’un rapport. La règle est différente
pour la page de garde du rapport lui-même.
— 23 —
– En latin :
Le partage entre mots (ou locutions) composés en romain ou en italique n’est pas
simple (hésitations par exemple pour cf. ou via). On peut néanmoins tenter la répartition
suivante, en distinguant les mots isolés des locutions (1).
Les mots latins passés dans le langage courant se composent en général en caractères
romains. Ces mots figurent dans les dictionnaires de français. Ils prennent en général des
accents et la marque du pluriel française. On peut citer, par exemple, les mots suivants.
addenda [réparation d’un oubli, la forme addendum n’est plus usitée], cf. [confer],
desiderata [sans accent], duo, duplicata, erratum(s)/errata [réparation d’une erreur],
etc. [et cetera ou et cætera], fac-similé [trait d’union, abréviation du latin facere
simile] ( 2 ), intérim, maximum(s) / maxima ( 3 ), mémento(s), mémorandum(s),
minimum(s) / minima ( 4 ), muséum(s), optimum(s) / optima( 5 ), pensum(s), post-
scriptum(s), prorata [mais pro rata temporis], quantum(s) / quanta, quatuor, quorum(s),
quota(s), référendum(s), requiem [sans accent, invariable], tollé, ultimatum(s), vade-
mecum [à demi francisé, invariable], veto ( 6 ) [sans accent, en général invariable],
visa(s)…
Rares sont les mots latins couramment utilisés en français qui continuent à être
composés en italique.
bis (ter, quater…), idem, infra, sic, supra, via…
– En anglais :
Ici, comme en latin, la répartition entre mots anglais et mots francisés n’est
quelquefois pas évidente (black-out / black-out, leadership/leadership, soft-drink / soft
drink…).
Dans les textes en français, les mots anglais non francisés sont composés en italique,
tout le problème étant de savoir à quel moment un mot anglais entre dans la langue française,
à quel moment il est remplacé par un équivalent, et lequel.
Les codes de bonnes pratiques des autorités administratives indépendantes sont en
France ce que les pays de droit anglo-saxon dénomment une soft law.
(1) Utile bien que non absolu, J OUE TTE met un astérisque devant les mots devant être composés en italique.
(2) « Facsimile » sans trait d’union est le mot anglais.
(3) Dans les TEXTES NORMATIFS, on privilégie maximal(es), minimal(es) et optimal(es).
(4) Voir note précédente.
(5) Voir note précédente.
(6) Ne pas confondre avec véto, l’abréviation de vétérinaire.
(7) Voire le néologisme d’inspiration latine : « in silico » (simulations numériques médicales).
— 24 —
Sont considérés comme des mots anglais francisés ceux qui sont entrés dans les
dictionnaires français, par exemple : antidumping, briefing, débriefing, clown, football, (un ou
une) interview, jury(s), leader, management, match(s), panel, parking, sandwich(s), week-
end(s), média(s) [latinisme mâtiné d’anglais : mass media]…
Sont considérés comme des mots anglais non francisés, par exemple, parmi tant
d’autres : mix (policy mix, energy mix), low cost [à bas coûts], think tank [laboratoire d’idées],
podcast, chat [dialogue en ligne], coach [entraîneur, mentor, répétiteur…], crash
[écrasement], reporting, class action [action de groupe], sunset clause [clause d’extinction,
norme juridique temporaire], hedge fund [fonds spéculatif]...
Pour connaître les équivalents possibles en français, on consultera avec profit les
propositions de la base de données en ligne « France Terme » de la délégation générale à la
langue française (DGLF) du ministère de la culture (1).
3. Devises et proverbes
TEXTES NORMATIFS : dans la Constitution, la devise de la République française est
composée entre guillemets en caractères romains.
Article 2 de la Constitution
[…] La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Dans les autres textes, les guides typographiques recommandent de composer les
devises en italique sans guillemets.
La devise de la ville de Paris est Fluctuat nec mergitur.
S’ils sont des citations, les proverbes doivent être composés selon les mêmes règles
que celles-ci, avec guillemets. Dans les autres cas, ils appartiennent à tous et peuvent être
intégrés au discours sans règle typographique particulière.
Comme l’a écrit Jean de La Fontaine : « Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours
qu’on ne l’ait mis par terre. »
La prudence de ce projet de loi est louable, car nul ne sait ce que l’avenir nous
réserve.
(1) http://www.culture.fr/franceterme.
— 25 —
Dans ces cas, on peut hésiter entre l’utilisation des « guillemets », de l’italique ou du
gras (le regard est attiré de façon croissante dans cet ordre, on parle de rupture du gris
typographique). Cela dépend du contexte et du type de document. Dans les comptes rendus,
seuls les « guillemets » sont possibles. Dans les autres textes, l’italique est le mode le plus
standard de mise en vedette. L’utilisation du gras doit être cohérente avec l’utilisation qui en
est faite ailleurs dans le document. Les « guillemets » peuvent être utilisés quand on veut
distinguer ces mots d’autres mots de la même phrase ou proches composés en italiques pour
d’autres raisons (en langue étrangère…).
La notion de soutenabilité des finances publiques s'intéresse à la capacité d'un État de
rester solvable, c'est-à-dire de conserver des marges de manœuvre budgétaires
suffisantes pour honorer ses engagements.
La notion de « soutenabilité » (sustainability en anglais) de la dépense publique est
reconnue dans le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion
budgétaire et comptable publique.
(1) L’article fait partie du patronyme de ces trois bâtiments, il est donc composé avec une capitale initiale.
(2) Selon la terminologie de Ch. Gouriou.
— 26 —
Le souligné n’existait pas dans la typographie au plomb pour des raisons techniques.
C’est une invention des machines à écrire mécaniques. Considérés maintenant comme
disgracieux et difficile à lire, l’utilisation des caractères soulignés est désormais déconseillée
dans la composition typographique. Le gras, l’italique, « les mots entre guillemets » – voire
les autres polices de caractères – y suppléent avantageusement.
Les lettres composées en capitales prennent des accents. Il en est de même pour la
cédille « Ç ». Historiquement, la composition au plomb rendait malaisée et coûteuse, pour les
imprimeurs, l’utilisation des capitales accentuées. Aujourd’hui, avec l’édition électronique,
rien ne s’oppose plus à l’utilisation des capitales accentuées. Leur absence constituerait autant
de fautes d’orthographe, tout comme pour les caractères en bas de casse non accentués. Les
capitales accentuées permettent d’éviter les ambiguïtés et les hésitations de prononciation.
UN BILLET COUPLÉ FILM-RESTAURANT ; UN BILLET COUPLE OPÉRA ; UN
BILLET COMBINÉ FILM-RESTAURANT ; JEAN-LOUIS DEBRÉ ET PHILIPPE
SÉGUIN ONT PRESIDÉ L’ASSEMBLÉE NATIONALE ; LES ENFANTS LÉGITIMÉS
DE LOUIS XIV ; L’ÉTUDE DU MODELÉ ; L’EXAMEN DES INTERNÉS ; LE PALAIS
DES CONGRÈS ; UN POLICIER TUÉ ; LE MAINTIEN DES RETRAITES
(1) Le logiciel Microsoft Word utilise à tort les mots « Majuscules » et « Petites majuscules ».
— 27 —
– utiliser les boutons-macros de l’onglet « Aide à la mise en forme » dans les modèles
de rapports sous Word 2010.
A. LES INSTITUTIONS
Il est de bonne pratique de consulter sur Legifrance (site internet du Journal officiel)
le texte juridique créant les organismes publics de toutes sortes pour connaître leur
typographie exacte : établissement public, agence, commission, comité, conseil, centre,
délégation, conférence, commissariat, cité, organisation, bureau, office, assemblée, alliance,
établissement, académie, institut, conservatoire, fondation, groupement, groupe, observatoire,
régie, syndicat, fédération, confédération, union, réunion, réseau, système, chambre, caisse,
association, compagnie, société...
le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, la Caisse nationale de
l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), l’Union des groupements
d’achat public (UGAP), le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la
recherche (CNESER), le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, mais
la commission de la transparence de la HAS, le centre d’enseignement zootechnique
de Rambouillet
l’observatoire national interministériel de la sécurité routière (1), la commission générale
de terminologie et de néologie (2)
A priori, ne prennent pas de capitale initiale les fonds, facilités, agendas, stratégies,
plans, programmes ou autres schémas.
le plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) ( 3),
l’agenda 2010 du chancelier Schröder, la stratégie de Lisbonne… mais la Facilité
africaine de soutien juridique (4).
Quand aucune ambiguïté ne plane, il arrive fréquemment que, pour éviter la lourdeur
de la répétition, l’on ne mentionne pas entièrement le nom des organismes. La pratique
parlementaire s’écarte alors des codes typographiques :
– les codes typographiques indiquent en général qu’on ne met pas de capitale initiale ;
Le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche a créé en 1968 le
Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Le conseil
donne son avis sur les diplômes et exerce une fonction disciplinaire.
– dans les textes parlementaires (rapports et compte rendus), l’habitude, qu’il convient
de respecter, a été prise de laisser la capitale initiale pour les institutions les plus importantes.
la Cour [de cassation ou des comptes], le Conseil [constitutionnel], la Caisse [des
dépôts et consignations], la Commission [européenne]…, comme pour l’Académie
[française], [l’École] Polytechnique.
(1) Décret n° 93-1221 du 8 novembre 1993 modifiant le décret n° 75-360 du 15 mai 1975 modifié relatif au
comité interministériel de la sécurité routière et portant création d’un observatoire national interministériel
de la sécurité routière.
(2) Décret n° 96-602 du 3 juillet 1996 relatif à l’enrichissement de la langue française.
(3) Article L. 542-1-2 du code de l’environnement.
(4) Loi n° 2014-1401 du 26 novembre 2014 autorisant l’adhésion de la France à l’accord portant création de la
Facilité africaine de soutien juridique.
— 29 —
2. Au Parlement
Il y a lieu de se reporter à la Constitution et au Règlement de l’Assemblée nationale
pour vérifier la typographie des termes (1).
le Parlement [le Parlement français en exercice], la représentation nationale,
l’Assemblée nationale, la Chambre des députés, le Sénat, la Haute Assemblée, la
Chambre haute, le Congrès [réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat], les
assemblées [quand on désigne l’Assemblée nationale et le Sénat]…
le Bundestag, le Bundesrat [Allemagne], la Chambre des lords, la Chambre des
communes, les Communes [Royaume-Uni], la Chambre des représentants et le Sénat
forment le Congrès [États-Unis], les Cortes [Espagne], la Diète [Pologne, Japon,
Finlande], la Douma (d’État) [Fédération de Russie], la Knesset [Israël], le Riksdag
[Suède]…
le Règlement (de l’Assemblée nationale ou du Sénat) [Les Règlements de l’Assemblée
nationale et du Sénat composent ce terme avec une capitale initiale. Les services de la
séance de l’Assemblée nationale et du Sénat le composent également avec une capitale
initiale, y compris en dehors du texte des Règlements. Les services des comptes rendus
des deux assemblées le composent sans capitale initiale.]
l’hémicycle [le lieu de réunion], l’Hémicycle [par métonymie, l’Assemblée nationale ou
le Sénat], les sessions, la séance publique
le Président de l’Assemblée nationale (2), le Président du Sénat (3), la Conférence des
présidents, le Bureau de l’Assemblée nationale, le député, un sénateur, le président de
la commission des lois
La règle, très strictement appliquée dans les TEXTES NORMATIFS, est de composer le
mot code sans capitale initiale. Plusieurs guides typographiques (Imprimerie nationale,
Lacroux, Dournon…) indiquent qu’il faut une capitale initiale au mot code. Il est recommandé
de toujours composer ce mot sans capitale initiale, même dans les textes parlementaires non
normatifs.
(1) Il convient bien sûr de tenir compte du contexte (règlement/Règlement, nation/Nation…), des – très rares –
erreurs et des évolutions de graphie dans le temps.
(2) Voir le Règlement de l’Assemblée nationale.
(3) Voir le Règlement du Sénat.
(4) Employé dans un contexte biblique, la Loi signifie le Pentateuque (la Torah).
— 30 —
Comme pour les autres titres et fonctions, le mot rapporteur (ou rapporteure) ne
prend pas de capitale initiale.
Le rapporteur / votre rapporteur estime que le présent projet de loi constitue une
avancée substantielle, mais qu’il faut aller plus loin.
TEXTES NORMATIFS : les titres et attributions des ministres se composent sans capitale
initiale (sauf pour le Premier ministre) (1). Dans les textes normatifs, on désigne les ministres
de la façon suivante :
– pour les autres, « ministre chargé des sports », « ministère chargé de l’éducation »,
« ministre chargé de l’agriculture », etc., de façon qu’il soit identifiable indépendamment de
l’intitulé exact du portefeuille, souvent variable dans le temps (et non ministre en charge des
sports, qui est un anglicisme).
Dans les autres textes, les pratiques constatées à l’Assemblée nationale sont variables.
La division des lois du service de la séance, les services des comptes rendus
composent sans capitale initiale (le ministère des affaires étrangères). Le journal Le Monde,
le Journal officiel composent également sans lettre capitale. Les secrétariats de commissions
permanentes composent en général le terme de spécialisation avec une capitale initiale (le
ministre du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social).
L’intitulé d’un ministère ou d’un secteur de l’action publique, pris absolument, prend
une capitale initiale (essentiellement dans les comptes rendus).
Plus de 800 000 enseignants travaillent dans l’Éducation nationale.
Les Finances ne sont pas d’accord, comme d’habitude c’est la Défense qui trinque !
Dans les désignations incluant un terme général, celui-ci ne prend pas de capitale
initiale (l’arche de La Défense, la pyramide du Louvre, le musée du Louvre, la statue de la
Liberté, la tour Eiffel…). En application de la règle générale, l’adjectif antéposé prend une
capitale initiale (la Grande Galerie, la Cour carrée…). Un terme général pris absolument peut
devenir un nom propre (l’Arc de triomphe [mais l’arc de triomphe de l’Étoile], la Bastille,
l’Obélisque, le Panthéon…).
6. L’enseignement
Là encore, la règle est que seules les institutions uniques prennent une capitale initiale
au premier substantif et aux adjectifs qui le précèdent.
le Collège de France, le collège d’enseignement général de Lagny, l’École nationale
d’administration (ENA), l’École polytechnique (mais absolument Polytechnique), l’école
primaire d’Arpajon, le lycée Blaise-Pascal, l’école classique, l’école de Chicago…
l’Académie française, (ou absolument l’Académie), l’Académie des sciences,
l’Académie de l’agriculture…, mais l’académie Goncourt, l’académie de Versailles,
l’inspecteur d’académie, l’académie de billard…
l’université de Besançon [la ville], l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
l’université Toulouse 1 Capitole, l’université Aix-Marseille 2 [on trouve aussi, dans une
minorité de textes officiels, notamment les décrets portant création d’université, la
numérotation des universités en chiffres romains ; on est peu à peu passé d’une
dénomination officielle à une dénomination commerciale dans laquelle le nom devient
logo et non plus texte], la faculté de médecine de Paris.
B. LA GÉOGRAPHIE
1. Les toponymes
La règle générale est qu’un groupe désignant un nom de lieu (toponyme) ne contient
qu’un seul mot avec une capitale initiale, celui dont le sens est le plus substantiel. Là aussi,
l’adjectif antéposé prend également une capitale initiale. Les exceptions sont nombreuses. En
outre, l’emploi du trait d’union dans les toponymes répond à des règles très complexes. Il est
conseillé de vérifier au cas par cas.
l’océan Indien, la mer Morte, la mer du Nord, le cap Vert, la baie des Anges, le golfe du
Lion, les montagnes Rocheuses, la mer Noire, mais font exception : le Bassin parisien,
le Massif central, le Pays basque, le Quartier latin…
le mont Blanc [le sommet], mais le massif du Mont-Blanc [la chaîne], l’hôtel du Mont-
Blanc
l’océan Atlantique, l’Atlantique, l’Océan [pris absolument, par opposition à la
Méditerranée], mais la côte atlantique [adjectif]
la mer Méditerranée, la Méditerranée, mais les pays méditerranéens [adjectif]
la Côte-d’Ivoire, mais la Côte d’Azur [les surnoms géographiques ne prennent pas de
trait d’union], la Côte [employé absolument, désigne la Côte d’Azur]
l’Afrique du Nord, l’Asie Mineure, l’Amérique latine
les États-Unis (d’Amérique), les Pays-Bas, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
d’Irlande du Nord
les Grands Lacs, le Nouveau Monde, le Vieux Monde, le Vieux Continent
l’Occident [ensemble des pays occidentaux], l’Orient [ensemble des pays orientaux], le
Proche-Orient, le Moyen-Orient, l’Extrême-Orient
l’outre-mer (1), les outre-mer, ultramarin
l’Équateur [le pays], mais l’équateur [le parallèle]
la Ville éternelle [Rome], la Ville Lumière [Paris], la Ville sainte [selon le contexte :
Jérusalem, La Mecque, Vârânasî…], la Ville rose [Toulouse]
Dans les noms des villes, les composants prennent tous la capitale initiale, sauf pour
les articles placés au milieu, les prépositions et les conjonctions. Tous les éléments sont reliés
par des traits d’union, excepté entre l’article défini qui commence le nom du toponyme et le
nom qui suit.
Aulnay-sous-Bois, Voisins-le-Bretonneux, Aillevillers-et-Lyaumont, Le Havre, Les
Sables-d’Olonne [l’article fait partie du toponyme]
le quartier d’affaires de La Défense [voir l’article L. 141-3 du code de l’urbanisme], les
Batignolles, la Villette [quartiers de Paris]
Dans les noms de rue, les articles et prépositions restent en minuscules. Les éléments
sont reliés par des traits d’union sauf après l’article défini ou la particule en début de
dénomination.
rue Croix-des-Petits-Champs, rue Cyrano-de-Bergerac, place des Combattants-en-
Afrique-du-Nord, avenue George-V, rue Saint-Georges, rue du 8-Mai-1945, square La
Fontaine, rue Le Vau, rue La Fayette... mais place de la Nation, rue de la Gaîté, porte
des Lilas…
Les gentilés :
un Allemand [substantif], un footballeur allemand [adjectif], il parle couramment
l’allemand [langue]
Selon le sens : Elle est Allemande. [une Allemande] ou Elle est allemande. [de
nationalité allemande]
une Parisienne, un Sud-Américain, les Britanniques, des Canadiens français [parlant la
langue de Molière]
Employés substantivement, les quatre points cardinaux (nord, sud, est, ouest)
prennent une capitale initiale s’ils désignent une partie du monde ou d’un pays (idée de
surface) ; ils n’en prennent pas s’ils indiquent une exposition, une orientation, une situation
relative (idée de direction). Employés adjectivement, les noms des points cardinaux seront
composés sans capitale initiale.
Employés adjectivement :
suivre un axe nord-sud, la frontière nord-est du pays, l’Atlantique nord (2)
Les gares :
la gare de l’Est (Paris), la gare du Nord (Paris ou Bruxelles), la gare du Midi (Bruxelles)
C. LES PATRONYMES
Les noms patronymiques de personnes vivantes doivent être précédés de leur civilité.
Les particules (de) ne prennent pas de capitale initiale.
M. Jean Durand, Mme Marie Dupont, Jean de La Bruyère, André Le Nôtre, Louis
Le Vau [l’article fait partie du patronyme], Charles de Gaulle, Clemenceau, le
Caravage [l’article ne fait pas partie du nom : Michelangelo Merisi da Caravaggio dit
« il Caravaggio » ou, en français, « le Caravage »]
Les surnoms se composent en général avec une capitale initiale au premier substantif
et à l’adjectif antéposé.
le Petit Caporal (Napoléon), le Roi-Soleil, le Tigre (Clemenceau), la Dame de fer, le
Grand Timonier, le Lorrain [l’article ne fait pas partie du surnom : Claude Gellée dit « le
Lorrain »], Dumas fils
D. LES RELIGIONS
Dieu, le Bon Dieu, le Christ, le Messie, l’enfer et le paradis, le Déluge, le bien et le mal,
la création, le Démon, un démon, les/des démons, le Diable, un diable, les/des diables,
Satan, Lucifer, le dalaï-lama, le Prophète (Mahomet)…
La distinction est parfois délicate pour : la chrétienté [ensemble des chrétiens], la
Chrétienté [ensemble des peuples chrétiens], les chrétiens, l’islam [la religion], l’Islam
[ensemble des peuples, terres ou pays musulmans], des musulmans, un juif [fidèle d’une
religion], un Juif [élément d’un peuple, donc à utiliser plus rarement]…
« … les Grecs et les Juifs, incompatibles éternels » (Mémoires d’Hadrien, Marguerite
Yourcenar)
Le mot « Église » (du grec : ekklesia [εκκλησία], assemblée) prend une capitale initiale
quand il désigne l’ensemble des fidèles de confession chrétienne ou l’institution qui les
représente. Il se compose en bas de casse quand il désigne un bâtiment de culte ou une école
de pensée.
l’Église catholique, l’Église de France, l’Église anglicane, la loi du 9 décembre 1905
concernant la séparation des Églises et de l'État, une église gothique, une église très
visitée…
Les guides typographiques ne conseillent pas d’abréger le mot saint en français (la
langue anglaise permet de le faire : St Paul’s Cathedral).
En revanche, les fêtes, les lieux, les voies publiques, les édifices, les monuments, les
institutions placées sous leur invocation exigent un « S » composé en lettre capitale et un trait
d’union.
la cathédrale Saint-Paul, Saint-Pierre de Rome, la gare Saint-Lazare, la ville de Saint-
Étienne, la Saint-Médard, la Saint-Nicolas… mais à la saint-glingin, et tout le saint-
frusquin
— 37 —
Les usages sont pour le moins variables pour : le Saint-Siège, la Terre sainte, les
Lieux saints, le Saint-Esprit, l’Esprit saint, le Saint-Père, le Vendredi saint…
Les noms communs composés avec saint(e) n’ont pas de capitale initiale et prennent
un trait d’union : un saint-bernard, un saint-émilion, un saint-honoré, du saint-nectaire…
E. L’HISTOIRE
F. ALLÉGORIES ET SYMBOLES
Les noms communs désignant des allégories (personnification ou expression par une
image d’une idée abstraite) ou des symboles se composent avec une capitale initiale.
la Justice, la Liberté, la Mort, le Progrès, la Raison, la Justice, la Nature, la Gloire, la
Patrie, la Nation…
Ils sont morts pour le Drapeau.
la fête des Mères, la fête du Travail, le jour des Morts, Mardi gras, le mercredi des
Cendres, la Mi-Carême
H. DIVERS
– les adeptes
un anglican, des bouddhistes, un hindou, les saint-simoniens…
Exception : les révolutionnaires (les Feuillants, les Girondins, les Jacobins, les
Montagnards), mais, lorsque ces noms s’appliquent à l’époque contemporaine, retour à
la règle.
Au fil des travaux de la commission spéciale pour l'examen du projet de loi relatif à la
transition énergétique, j’ai vu se dessiner une ligne de fracture, celle opposant, dans ce
débat comme dans d’autres, les jacobins et les girondins.
– autres :
On a vu qu’il est d’usage de placer une espace insécable comme séparateur de milliers
dans les nombres faisant fonction de cardinal, mais pas pour ceux faisant fonction d’ordinal
ou de numérotage : année, article de code ou loi, code postal, page... En français, on ne met
pas de point pour séparer les milliers.
Cela représente un total de 1 250 milliards d’euros en 2014.
– pour les montants financiers, quand le nombre est en chiffres, l’unité monétaire est
abrégée ;
[…] dans la limite de 10 000 €, ou de 15 000 € en zone de revitalisation rurale.
Pour 2014, les prélèvements opérés sur les recettes de l’État au profit des collectivités
territoriales sont évalués à 54 192 938 000 €.
Pour les autres textes, force est de constater la tendance actuelle à tout composer en
chiffres.
Il a dit qu’il reviendrait dans 3 ou 4 jours.
Dans les textes purement littéraires, où l’on en rencontre peu, les nombres – même
longs – peuvent être composés en lettres.
« Barcelone est une ville de six cent mille deux cents âmes. » (Montherlant, La Petite
Infante de Castille.)
– quand il y a un ou deux petits nombres dans une phrase, on le(s) compose en lettres ;
Je prends une ou deux tasses de café le matin.
Mille fleurs décorent la rue.
Sept milliards d’êtres humains peuplent la Terre.
– quand il y a plusieurs nombres de même nature dans une phrase, ou dans des phrases
proches, on les compose tous en chiffres, afin de pouvoir les comparer. En effet, la
composition des nombres en chiffres attire le regard et peut faciliter la lecture.
Dans le rapport sur la rénovation urbaine publié il y a deux jours, on dénombre
21 034 opérations de réhabilitation, 387 opérations de construction nouvelle et
3 opérations de démolition de logement.
Les unités monétaires (€, $, £…) ne s’abrègent pas en général dans les documents
parlementaires (sauf, voir supra, dans les TEXTES NORMATIFS pour les montants financiers
composés en chiffres). Les nombres placés devant l’unité monétaire se composent en chiffres
(sauf un [ou deux] millions [ou milliards] d’euros).
Les dépenses consacrées à la santé s’élèvent à 270 milliards d’euros, à comparer aux
350 milliards d’euros du budget de l’État.
L’abonnement à Netflix est actuellement proposé à 7,99 dollars aux États-Unis.
En principe, on n’abrège pas les années, sauf, lorsque le contexte le permet sans qu’il
puisse y avoir d’ambiguïté, pour :
– les décennies : les années soixante ou les années 1960 [et non les années 60] ;
– certains événements ou périodes historiques : 89, 93 [XVIIIe siècle], 48 [XIXe siècle],
e
14, 14-18, 17, 39-45, 68 [XX siècle].
(1) Mais, en application de la loi contenant organisation du notariat du 25 ventôse an XI, les notaires écrivent
les années et les sommes en toutes lettres dans les actes authentiques : « [Les actes des notaires] énonceront
en toutes lettres les sommes et les dates. » (Bulletin des lois de la République française, 3e série, tome VII).
— 42 —
Minuit trente-sept, midi dix, trois heures et quart… [avec les mots midi, minuit, quart,
demi, on compose les heures en lettres]
Les âges étant des durées, ils se composent au long (suivant en cela l’usage en vigueur
aux Journaux officiels et à l’Imprimerie nationale).
Schubert est mort à trente et un ans.
Il est mort dans sa quatorzième année.
Dans les énumérations, les comparaisons et les tableaux, on préfèrera composer les
âges en chiffres.
Les retards scolaires s’aggravent : 44 % à 11 ans, 73 % à 12 ans, 83 % à 14 ans.
En 2012, en France, l’âge légal de départ à la retraite est de 62 ans. Il est de 65 ans en
Espagne. En Italie, il est de 62 ans pour les femmes et de 66 ans pour les hommes. En
Allemagne, il passera progressivement de 65 à 67 ans d’ici 2029. Au Royaume-Uni, il
passera à 65 ans pour tous d’ici 2020, puis progressivement à 68 ans d’ici 2046.
Dans les rapports parlementaires, pour les tableaux de chiffres, il est conseillé de
suivre les conventions suivantes :
– sauf nécessité particulière, pas plus de trois ou quatre chiffres significatifs dans les
nombres (donc adapter l’unité) ;
– sauf nécessité particulière (dans les documents comptables, les montants monétaires
sont indiqués avec les centimes), un seul chiffre après la virgule ; cette règle vaut également
pour les pourcentages, sauf pour les petits pourcentages.
— 43 —
Exemple :
Dépenses nettes totales de l’État (hors MES et PIA 2) 371,5 371,9 370,5 - 1,4
Source : calculs effectués à partir du projet de loi de finances
(1)
Dépenses du budget général de l’État hors crédits de la mission Remboursements et dégrèvements.
Les numéros des siècles et des millénaires sont composés en chiffres romains, en
grandes capitales pour les millénaires, en petites capitales pour les siècles.
Le IIIe millénaire a commencé à la fin du XXe siècle, le 1er janvier 2001. [veiller à ce que
la lettre abréviative « e » soit composée en exposant]
(1) Un traité célèbre du mathématicien persan du IX e siècle, Al-Khwārizmı̄, a servi de base à l’enseignement
médiéval de l’arithmétique, d’après un système importé de l’Inde (nos chiffres dits arabes).
— 44 —
Les spécialistes de la chose militaire consulteront avec profit, dans les ouvrages
spécialisés, les règles relatives à la numérotation des armées et unités, françaises et étrangères.
E. L’ÉCHELLE
Cette carte de randonnée est au 1/25 000 [ou vingt-cinq millième].
On ne fera jamais suivre une fraction par une lettre supérieure abréviative « e ».
Les règles relatives à l’utilisation des abréviations sont complexes et ne sont pas
unifiées (on parle de composition « au long » ou « abrégée »). Les codes typographiques
contiennent en général une longue liste d’abréviations. Dans les documents parlementaires, un
grand nombre d’abréviations communes ne sont pas suffisamment fréquentes pour qu’il soit
conseillé de les utiliser : boulevard, exemple, exception, page, paragraphe, chapitre, volume,
habitant, maximum, ouest, suivant, supplément…
Les principales abréviations que l’on peut utiliser sont les suivantes :
– Pr ou Pr : professeur
– Dr ou Dr : docteur
– no : numéro [et nos : numéros] quand il est suivi d’un nombre et précédé d’un nom
auquel il se rapporte.
L’amendement no 3 n’a pas été adopté. [il faut une espace insécable après le signe
« o »]
Mais : Il est le numéro 3 dans la hiérarchie.
Les principaux numéros d’appel d’urgence sont le 15, le 18 et le 112.
Noter : Je vous le répète pour la (é)nième fois.
– N.B. : nota bene [ce n’est pas un sigle, donc des points]
– P.-S. : post-scriptum [ce n’est pas un sigle, donc des points et un trait d’union]
– P.O. ou p.o. : signature « par ordre » ou « pour ordre » [ce n’est pas un sigle, donc
des points]
– Premier et primo
1er : premier
1ers : premiers
1re : première [et non 1ère]
1res : premières
2e : deuxième [et non 2ème]
2es : deuxièmes
2nd : second
3e : troisième, etc.
Il convient de rappeler que 1o, 2o, 3o, etc., sont les abréviations de primo, secundo,
tertio…, c’est-à-dire premièrement, deuxièmement, troisièmement…
Exemple :
En résumé, le Gouvernement a décidé : 1o d’inciter à la diminution de la consommation
d’énergie ; 2o de favoriser le développement des énergies renouvelables ; 3o enfin, de
limiter la production d’énergie nucléaire.
– « c/o » est une abréviation anglaise signifiant « care of » (aux bons soins de).
Acceptée par certains codes typographiques, cette abréviation sur une enveloppe n’est pas
conseillée par la majorité des correcteurs. Elle n’a pas d’équivalent en français.
Les unités de mesure ne sont pas abrégées dans les TEXTES NORMATIFS.
Dans les autres types de textes, l’écriture des unités de mesure suit les règles
suivantes (1) :
– non précédées d’un nombre, ou précédées d’un nombre écrit en lettres, les unités de
mesure se composent toujours au long ;
Des tonnes d’artichauts restaient invendues.
L’hôpital le plus proche du village est à vingt kilomètres.
– précédées de chiffres, les unités de mesure sont écrites au long dans les ouvrages
comportant peu d’indications chiffrées et abrégées dans les travaux en comportant de
nombreuses ; une espace insécable sépare le chiffre de l’unité.
La puissance nette des centrales nucléaires françaises, exprimée en mégawatts
électriques, est la suivante : 5 200 MWe pour Cattenom, 3 620 MWe pour Chinon,
Les noms d’unités de mesure non abrégés, même tirés de noms de savants, se
composent sans capitale initiale et prennent la marque du pluriel : l’ampère (intensité
électrique), une énergie de deux joules... Les symboles d’unités de mesures sont composés en
romain sans point final avec une capitale uniquement quand le nom dérive d’un nom propre ;
ils ne prennent pas la marque du pluriel.
Quelques difficultés :
mA (milliampères), ml (millilitre), Ω (ohm), kHz (kilohertz) [dans le système international
d’unités, le « K » majuscule est réservé à l’abréviation de l’unité « kelvin »], MHz
(mégahertz), km/h (kilomètre à l’heure) [c’est une division], kWh (kilowattheure[s])
[c’est un produit].
20 °C correspondent à 32 °F. [espace insécable avant le signe degré, pas d’espace entre
le signe degré et l’unité de température celsius ou fahrenheit]
Règle : on n’utilise les formes abrégées des titres de civilité que devant le nom (ou le
prénom), le titre ou la qualité de quelqu’un dont on parle ou qu’on désigne.
Corollaire : on utilise la forme pleine dans tous les autres cas. Il en est ainsi en
particulier quand on s’adresse au destinataire ou à l’interlocuteur ainsi désigné. Les formes
pleines des titres de civilité ne prennent pas de capitale initiale en milieu de phrase, sauf :
1o dans les courriers pour les formules d’appel et de politesse (et pour les mots en apostrophe
désignant le destinataire) ; et 2o pour exprimer la déférence, le respect ou… l’ironie.
Remarques : des exceptions à ces règles existent, notamment dans le registre littéraire
soutenu. Maître (abrégé en Me) et monseigneur (abrégé en Mgr) suivent un comportement
typographique identique à celui des titres de civilité.
— 47 —
Monsieur le Recteur,
[…]
Veuillez agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de…
Jacques LEMARRON
Député de l’Oise
[ou]
– MM. : Messieurs
– Mlle ou Mlle : Mademoiselle [pour les adultes, remplacer Mlle par Mme]
Les autres titres, qualités, fonctions, charges ou grades ne prennent pas de lettre
capitale en milieu de phrase.
le président (1), le vice-président, la directrice, le maire, le commissaire, le préfet, le
doyen, le recteur, le secrétaire général, le docteur, le professeur, le maréchal, le
comte…
le général de Gaulle (2), le Général [de Gaulle]
Si « vice-président » doit être écrit avec une capitale initiale, cela concerne seulement
la lettre « v ». Il en est de même pour le « premier vice-président » et le « premier président »
d’une institution, où seul le mot « premier » est composé avec une capitale initiale.
À l’attention de :
Monsieur ***
Vice-président du conseil général de l’Oise
Premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et
technologiques
Premier président de la Cour des comptes
Adresse…
Son Excellence :
– S. E. (Monsieur) Jean Martin, ambassadeur de France à Madrid
– S. Exc. (Monseigneur) Joan-Enric Vives i Sicília, évêque d’Urgel, coprince d’Andorre
– Son Excellence l’ambassadeur d’Espagne
Les conventions typographiques relatives aux titres et fonctions dans les comptes
rendus parlementaires sont présentés en annexe n° 3.
Les règles relatives aux sigles ne sont pas unifiées dans les différents codes
typographiques. On peut néanmoins préconiser de respecter la marche typographique
suivante.
TEXTES NORMATIFS : l’utilisation des sigles est prohibée dans les textes normatifs
(lois, décrets…). Les seules exceptions concernent les sigles ou acronymes qui sont devenus
des noms commerciaux, marques, dénominations sociales ou dénominations officielles : la
SNCF (nom commercial), l’Unédic (originellement acronyme pour « Union nationale
interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce » et marque déposée depuis
2001), BPI-Groupe, OSEO, UbiFrance…
(1) Sauf exceptions détaillées dans le chapitre du présent guide : « Les lettres capitales – Les institutions ».
(2) Le Général de Gaulle peut être composé avec une capitale initiale, par déférence, notamment dans les écrits
des gaullistes.
— 49 —
Quand ils sont utilisés dans les autres textes (rapports, comptes rendus…), les sigles
se composent en grandes capitales. La tendance est de ne plus composer de points entre les
lettres d’un sigle (1). Il n’est pas d’usage de composer les sigles avec des capitales accentuées
ou en italique (sigles en langue étrangère).
FMI, OCDE, ONU, ENA, UNESCO…
Quand on développe les sigles, on ne met que les majuscules exigées par les règles
typographiques habituelles.
la révision générale des politiques publiques (RGPP), et non la Révision Générale des
Politiques Publiques (RGPP)
la Commission de régulation de l’énergie (CRE), et non la Commission de Régulation
de l’Énergie
Les sigles doivent en principe être développés lors de leur première occurrence, puis
éventuellement suivis du sigle entre parenthèses. Il est toutefois possible de s’affranchir de
cette règle si l’on estime que le signe est connu de tout le monde.
EDF indique que le niveau de la contribution de service public de l’électricité (CSPE)
est arrêté par le ministre chargé de l’énergie, sur proposition de la Commission de
régulation de l’énergie (CRE).
On ne développe pas non plus les sigles ou acronymes dont les lettres ne
correspondent pas ou plus à leur signification, par exemple : le réseau des ADMR
(originellement associations d’« aide à domicile en milieu rural », mais abandon de la
(1) Avec l’exception notable de l’Académie française, qui préconise l’utilisation des points entre les lettres pour
les sigles qui ne sont pas des acronymes.
— 50 —
déclinaison de ce sigle en 1998 pour étendre les activités à l’ensemble des services à la
personne).
Certains codes typographiques distinguent les sigles qui se prononcent lettre par lettre
(RATP…) des acronymes (Assedic, Afnor, Sivom, Andra, Cnuced…). Si les premiers se
composent totalement en lettres capitales, les seconds peuvent se composer avec uniquement
la capitale initiale. Cette distinction et sa conséquence ne font pas l’unanimité. La
composition des sigles et acronymes en lettres capitales chiffres attire le regard et peut
faciliter la lecture. L’utilisation dans la même phrase d’un sigle en capitales (OCDE) et d’un
acronyme avec seulement la capitale initiale (Onu) peut sembler incohérente à qui n’est pas
féru de typographie. A contrario, certains rédacteurs ou auteurs réticents à l’usage des sigles
peuvent être amenés à composer les acronymes avec seulement une capitale initiale. Comme
pour toutes les conventions, il convient de suivre une pratique constante au sein d’un même
document, par exemple celle suivie par le Journal officiel.
Certains sigles ou acronymes sont devenus des noms communs et se composent en bas
de casse : laser, ovni, radar, sida, cedex... Ils prennent alors la marque du pluriel.
X. LES HYPERLIENS
On peut paramétrer le logiciel Microsoft Word pour créer automatiquement des liens
hypertexte (ou hyperliens) quand on saisit le nom d’un site internet ( 1 ) ou une adresse
électronique (2) ; ils apparaissent alors en bleu souligné après l’appui sur la barre « espace » ou
la touche « entrée ». Le paramétrage se fait par la séquence : « Fichier », « Options »,
« Vérification », « Options de correction automatique », « Mise en forme automatique », puis
activez la case à cocher « Adresses Internet et réseau par des liens hypertexte ». On compose
habituellement les hyperliens en caractères romains. Il est de bonne pratique de ne les faire
figurer qu’en note en bas de page. Un clic gauche sur l’hyperlien, éventuellement combiné
avec la touche « Ctrl », selon la configuration de Word, provoque l’ouverture de la page
internet ou la création d’un nouveau message.
(1) www.assemblee-nationale.fr.
(2) [email protected].
— 51 —
– MORELL (Georges) : Autour des mots : le plus court chemin entre la typographie et
vous, éditions des Journaux officiels, 2005, 579 pages ;
(1) Les conventions typographiques de cette bibliographie ne sont pas pertinentes pour des rapports
parlementaires, gouvernementaux ou européens.
(2) L’Imprimerie nationale a, depuis lors, opéré une mutation l’amenant à s’éloigner des tâches classiques
d’édition pour recentrer son activité sur quelques secteurs spécialisés : titres, identité, données et flux.
(3) Texte intégral libre de droits sur : http://www.orthotypographie.fr/ .
(4) http://www.lerobert.com/espace-numerique/telechargement/dictionnaire-d-orthographe-et-expression-
ecrite.html. Le Dictionnaire d’orthographe et de difficultés du français, C OLLE CTIF , Robert, 2010, 1 146 p., en
est le lointain successeur.
(5) http://atilf.atilf.fr/.
— 52 —
Le Président de la République,
Vu l’article 8 de la Constitution ;
Vu le décret du 25 août 2014 portant nomination du Premier ministre ;
Sur proposition du Premier ministre,
Décrète :
Article 1
Sont nommés ministres :
M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international ;
Mme Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de
l’énergie ;
Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement
supérieur et de la recherche ;
Mme Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la justice ;
M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics ;
M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense ;
Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des
femmes ;
M. François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle
et du dialogue social ;
M. Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur ;
M. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-
parole du Gouvernement ;
M. Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique ;
Mme Sylvia Pinel, ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité ;
Mme Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation et de la fonction publique ;
Mme Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication ;
M. Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports ;
Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer.
Article 2
Est nommé secrétaire d’État auprès du Premier ministre :
M. Jean-Marie Le Guen, chargé des relations avec le Parlement.
— 53 —
Assemblée nationale
XIVe législature
Deuxième session extraordinaire de 2013-2014
Compte rendu intégral
Première séance du lundi 15 septembre 2014
Présidence de M. Christophe Sirugue
vice-président
M. le président. La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à dix-sept heures.)
Lutte contre le terrorisme
Discussion d’un projet de loi
M. le président. L’ordre du jour appelle la discussion, après engagement de la
procédure accélérée, du projet de loi renforçant les dispositions relatives à la lutte
contre le terrorisme (nos 2110, 2173).
[…]
M. le président. La parole est à M. le ministre de l’intérieur. (Applaudissements sur les
bancs du groupe socialiste.)
M. Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur. Monsieur le président, mesdames et
messieurs les députés, le projet de loi renforçant les dispositions relatives à la lutte
contre le terrorisme, que le Gouvernement soumet à la délibération de votre
assemblée, concerne, vous le savez tous, un sujet d’une exceptionnelle gravité.
[…]
M. Guillaume Larrivé. Très bien !
M. Bernard Cazeneuve, ministre. L’expérience montre que le cas des individus
autoradicalisés, agissant seuls à leur retour de Syrie ou préparant un attentat en
s’aidant d’informations disponibles sur internet doit également être pris en
considération dans le cadre de la répression du terrorisme.
[…]
M. le président. La parole est à M. Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la
commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République.
M. Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de
la législation et de l’administration générale de la République. Monsieur le président,
monsieur le ministre, monsieur le président de la commission des lois, mes chers
collègues, l’odieux assassinat de David Haines montre une fois encore le niveau de
barbarie atteint par le Daech, qui érige la terreur en mode de gouvernance et de
communication. Face à ce déferlement d’horreur, il est urgent d’adapter notre
législation pour défendre les valeurs de notre République et notre sécurité. C’est
pourquoi notre assemblée examine aujourd’hui le projet de loi renforçant les
dispositions de lutte contre le terrorisme, déposé le 9 juillet dernier et adopté à
l’unanimité par la commission des lois le 22 juillet.
— 54 —