Institut Sous Régionale de Statistique et d’Economie Appliquée Année 2024-2025
UE: Topologie Classe: ISEL2, TD1
Proposée par Pr E. TAKOU
Exercice 1. 1. Soit p ∈ R∗+ . On définit de Rp × Rp vers R les applications d∞ , ds et de par
p p
!1/2
X X
d∞ (x, y) = max |xi − yi |, ds (x, y) = |xi − yi |, de (x, y) = (xi − yi )2
1≤i≤p
i=1 i=1
(a) Montrer que d∞ , ds et de sont des distances sur Rp .
(b) Représenter les boules unités pour ces distances dans les cas p =1 et p =2.
(c) Montrer que d∞ , ds et de sont des distances uniformément équivalentes sur Rp .
(d) Illustrer graphiquement ces situations dans le cas p = 2.
2. Pour (x, y) ∈ R2 , on pose ∥(x, y)∥ = max{|x + y|, |x − 2y|}.
(a) Montrer que ∥.∥ est une norme sur R2 .
(b) Dessiner la boule unité fermée de R2 pour cette norme.
3. Pour (x, y) ∈ R2 , on pose ∥(x, y)∥ = sup |x+ty|
1+t2 .
t∈R
(a) Montrer que ∥.∥ est une norme sur R2 .
(b) Cette norme est-elle équivalente à la norme euclidienne sur R2 ?
4. Soit d la distance euclidienne sur R2 . On définit lapplication δ de R2 × R2 par
d(x, y) si x, y et 0sont alignes
δ(x, y) = d(x, 0) + d(0, y) sinon
(a) Montrer que δ est une distance.
(b) Soit x ∈ R2 \ {(0, 0)}. On pose r = 21 d(0, x). Dessiner les boules B(x, r) et B(x, 3r).
(c) Quelle situation concrète la distance δ permet-elle de modeliser?
5. Soit (E, d) un espace métrique
p
(a) On définit lapplication d sur E × E par d(x, y) = d(x, y). Montrer que d est une distance
sur E.
(b) Soit f : R+ → R+ une application. trouver des conditions sur f pour que lapplication d sur
E × E par d(x, y) = f (d(x, y)) soit une distance.
d(x,y)
(c) Montrer que δ définie par δ(x, y) = 1+d(x,y) est une distance sur E.
(d) d et δ sont-elles équivalentes?
(e) On suppose E = R. Construire Bδ (0, 12 )
Exercice 2. .
1. Pour x ∈ R2 et A ⊂ R2 , on définit d(x, A) = infa∈A ∥x − a∥ où ∥.∥ désigne la norme euclidienne
de R2 . O = (0, 0) désigne l’origine de R2 .
√
(a) Trouver d(0, R \ Q) et d( 2, Q).
√ √
(b) Trouver d(O, Q × Q) et d(( 2, 2), Q × Q).
(c) Trouver d(O, D) où D est le cercle d’équation x2 − 2x + y 2 − 2y + 1 = 0.
2. Pour A, B ⊂ R2 on définit d(A, B) = infa∈A,b∈B ∥a − b∥.
(a) Trouver d(A, B) lorsque A est une branche de l’hyperbole {(x, y) ∈ R2 ; xy = 1} et B l’axe
des ordonnées.
(b) Trouver d(A, B) lorsque A est l’axe des abscisses et B la parabole d’équation y = x2 + x − 2.
1
(c) Trouver d(A, B) lorsque A est une branche de l’hyperbole {(x, y) ∈ R2 ; xy = 1} et B une
asymptote.
3. On définit diamA = supa,b∈A ∥a − b∥. Quel est diam([0, 1] ∩ Q) ? diam([0, 1] ∩ (R \ Q)) ?
Exercice 3. .
1. Soient a, b ∈ R tels que a < b. construire des voisinages disjoints de a et b dans
2. Soient a, b ∈ R tels que a < b. Pour chacune des parties de R suivantes : [a, b], ]a, b[, [a,b[, ]a,
b], [a, b] , {1 + n1 , n ∈ N∗ } ∪ {3} , déterminer l’intérieur, l’extérieur, l’adhérence, la frontière,
l’ensemble dérivé et l’ensemble des points isolé(on justifiera ses réponses).
3. Dans R2 muni de sa topologie usuelle, les ensembles suivants sont-ils ouverts? fermés? les deux?
ni l’un ni l’autre? On justifiera sa réponse.
(a) A = {( n1 , x), n ∈ N∗ et x ∈ [0, 1]}.
(b) B = {(x, arctan x), x ∈ R}.
(c) C = {(x, y) ∈∈ R2 , 1 < x2 + y 2 < 2, x + y < 1}.
Exercice 4. .
1. On munit le sous ensemble X = [0, 1] ∪ [2, 4[ de R de la distance usuelle d(x, y) = |x − y|
(a) A = [2, 4[ est-il ouvert dans l’espace topologique X? Est-il fermé ?
(b) Montrer que B = [0, 1] est ouvert et fermé dans X.
(c) La suiteu (un )n≥1 définie par un = 4 − 3−n est-elle convergente dans X?
2. On pose X =]0, 1] et on définit η : X × X → R+ par η(x, y) = | ln x − ln y|.
(a) Montrer que η est une distance sur X.
(b) Déterminer la boule ouverte B(1, 1) de (X, η).
n
(c) La suite (xn )n≥1 de (X, η) définie par xn = n+1 est-elle convergente dans (X, η)? Déterminer
sa limite le cas échéant.
3. Pour tous x, y ∈ R, on pose δ(x, y) = | arctan(x) − arctan(y)|.
(a) Montrer que δ est une distance sur R.
(b) Montrer que δ est topologiquement équivalente à la distance usuelle d de R.
(c) Montrer que δ nest pas uniformément équivalente à la distance usuelle d de R.
(d) La suite (xn )n≥1 de (R, δ) définie par xn = n1 est-elle convergente dans (R, δ)? Déterminer
sa limite le cas échéant.
(e) La suite (yn )n≥1 de (R, δ) définie par yn = n est-elle convergente dans (R, δ)? Déterminer
sa limite le cas échéant.
Exercice 5. .
1. On pose τ = {] − x, x[, x ∈ [0, +∞[}.
(a) Montrer que τ est une topologie sur R.
(b) Pour a ∈ R, déterminer l’adhérence, l’intérieur et la frontière de {a} pour la toplogie τ .
(c) Pour a < b, déterminer l’adhérence, l’intérieur et la frontière de [a, b] pour la topologie τ .
2. Soit E = {−1, 0, 1} . On pose O = {∅, E, {−1}, {0}, {−1, 0}}.
(a) Montrer que O est une topologie sur E.
(b) La suite (un )n≥0 définie par un = (−1)n converge-t-elle dans (E, O)? Déterminer ses
limites le cas échéant.
(c) (E, O) est-elle séparé?
Exercice 6. Soient (E, d) une espace métrique, A et B deux parties de E.
1. Rappeler les définitions de point adhérent, point intérieur et point d’accumulation.
2
o o
2. Montrer que A ⊂ B entraine Ā ⊂ B̄ et A ⊂ B
3. Montrer que Ā et A’ sont des fermés de E, que Ā est le plus petit fermé contenant A et que
ĀA ∪ A′ .
4. Montrer que A est fermé si et seulement Ā = A.
5. Montrer que Ā, A ∪
¯ B = Ā ∪ B̄ et A ∩
¯ B ⊂ Ā ∩ B̄. Donner un exemple où l’inclusion est
stricte.
o
6. Montrer que A est ouvert et est le plus grand ouvert contenu dans A.
7. Montrer que A est ouvert si et seulement si A = A
o
o o o o o o o
8. Montrer que : A ∩ B = A ∩ B et A ∩ B ⊂ A ∩ B . Donner un exemple où l’inclusion est stricte.
o
9. Montrer que ∁Ā ¯A ¯A
E = ∁E et , F r(Ā) ⊂ F r(A), F r(A) ⊂ F r(A), F r(A) = Ā ∩ ∁E , F r(A ∪ B) ⊂
F r(A) ∪ F r(B).
10. On suppose que E est un espace vectoriel normé et A un sous espace vectoriel.
(a) Montrer que Ā est un sous espace vectoriel de E.
o
(b) Montrer que si A ̸= ∅ , alors on a A = E.
Exercice 7. .
Soit E l’espace vectoriel des fonctions continues de [-1,1] à valeurs dans R. On définit une norme
R1 −1 si − 1 ≤ t ≤ − n1
sur E en posant ∥f ∥ = −1 |f (t)|dt. On définit sur E la suite (fn )n≥1 par fn (t) = nt si − n1 < t < n1
1 si n1 ≤ t ≤ 1
1. Montrer que pour tout n ≥ 1, on a fn ∈ E.
2 2
2. Montrer que pour n, m ≥ 1, on a ∥fn − fm ∥ ≤ n + m.
3. Montrer que (fn )n≥1 est une suite de Cauchy de (E, ∥.∥).
4. On suppose que (fn )n≥1 converge vers une fonction f ∈ E dans (E, ∥.∥). Soit α ∈]0, 1[.
(a) Montrer qu’on a alors
R −α R1
lim −1 |fn (t) − f (t)|dt = 0 et lim α |fn (t) − f (t)|dt = 0
n→+∞ n→+∞
(b) Montrer que
R −α R1
lim −1 |fn (t) + 1|dt = 0 et lim α |fn (t) − 1|dt = 0
n→+∞ n→+∞
−1 si t ∈ [−1, 0[
5. En déduire que f est définie par f (t) = 1 si t ∈ [−0, 1[
6. (E, ∥.∥) est-il complet?
Exercice 8. 1. Dans R2 muni de sa topologie usuelle, les ensembles suivants sont-ils ouverts?
fermés? les deux? ni l’un ni l’autre? On justifiera sa réponse.
(a) A = {( n1 , x), n ∈ N∗ et x ∈ [0, 1]}.
(b) B = {(x, arctan x), x ∈ R}.
(c) C = {(x, y) ∈∈ R2 , 1 < x2 + y 2 < 2, x + y < 1}.
2. On pose τ = {] − x, x[, x ∈ [0, +∞[}.
(a) Montrer que τ est une topologie sur R.
(b) Pour a ∈ R, déterminer l’adhérence, l’intérieur et la frontière de {a} pour la toplogie τ .
(c) Pour a < b, déterminer l’adhérence, l’intérieur et la frontière de [a, b] pour la topologie τ .
3. Soit E = {−1, 0, 1} . On pose O = {∅, E, {−1}, {0}, {−1, 0}}.
3
(a) Montrer que O est une topologie sur E.
(b) La suite (un )n≥0 définie par un = (−1)n converge-t-elle dans (E, O)? Déterminer ses
limites le cas échéant.
(c) (E, O) est-elle séparé?
Exercice 9. .
1. Soit (X, d) un espace métrique. Pour x ∈ E, A ⊂ E tels que A ̸= ∅. On note par Ā l’adhérence
de A dans X. on pose d(x, A) = Inf d(x, y).
y∈A
(a) Montrer que l’application x 7→ d(x, A) est uniformément continue sur X.
(b) Soient A, B ⊂ X. Montrer que U = {x ∈ X, d(x, A) < d(x, B)} est un ouvert de (X, d).
(c) Montrer que si F et G sont deux fermés disjoints de X, il existe deux ouverts disjoints V
et W tels que F ⊂ V et G ⊂ W .
2. On rappelle que la fonction Arctan (réciproque de la fonction tangente) est définie de R vers
] − π2 , π2 [. On admet que l’application d : R × R → R+ définie par d(x, y) = |Arctanx − Arctany|
est une distance sur R.
(a) On définit la suite (xn )n∈N dans (R, d) par xn = n.
√
i. Déterminer la boule ouverte de centre 3 et de rayon π2 de (R, d1 ).
ii. (xn )n∈N est-elle une suite de Cauchy de (R, d?
iii. (xn )n∈N est-elle convergente dans (R, d)? Déterminer sa limite le cas échéant.
iv. Peut-on à partir des questions b) et c), tirer une conclusion sur la complétude de (R, d)?
1
(b) On définit la suite (xn )n∈N dans (R, d1 ) par xn = n.
i. Déterminer la boule ouverte de centre 1 et de rayon π2 de (R, d1 ).
ii. (xn )n∈N est-elle une suite de Cauchy de (R, d1 )?
iii. (xn )n∈N est-elle convergente dans (R, d1 )?
iv. Peut-on tirer à partir des questions b) et c), tirer une conclusion sur la complétude de
(R, d1 )?
Exercice 10. . Soit E un ensemble:
1. Montrer que P(E) et τ = {∅, E} sont des topologies sur E.
2. Montrer que dans (E, τ ) toute suite est convergente.
3. Ces topologies sont-elle séparées? Justifier vos réponses.
4. On suppose E = R.
(a) Montrer que O = {A ⊂ R, A = ∅ ou Ac est denombrable} est une topologie sur R.
(b) Quelles sont les suites convergentes de (R, O)?
5. On suppose E = [0, 1]. Lesquelles des familles ci-dessous forment une topologie sur [0, 1]?
(a) τ = {A ⊂ [0, 1], A ⊂]0, 1[ ou A = [0, 1]}
(b) τ = {A ⊂ [0, 1], 0 ∈ A ou A = ∅}
(c) τ = {A ⊂ [0, 1], 0 ∈
/ A ou A = [0, 1]}
Exercice 11. .
1. Soit E = {−1, 0, 1} . On pose O = {∅, E, {−1}, {0}, {−1, 0}}. On admet que O est une topologie
sur E
(a) (E, O) est-elle séparé?
(b) La suite (un )n≥0 définie par un = (−1)n converge-t-elle dans (E, O)? Déterminer sa limite
le cas échéant.
(c) Peut-on dire qu’une suite quelconque (αn )n≥0 d’éléments de E est convergente pour la
topologie O? Justifier votre réponse.
2. Dans R, on pose τ = {A ⊂ R, A = ∅ ou Ac est dénombrable}. On admet que τ est une topologie
sur R.
4
(a) ]0, 1[ est-elle une partie ouverte de (R, τ )? une partie fermée?
(b) (R, τ ) est-elle séparé?.
n 2
(c) On définit deux suites d’éléments de R par un = 1 n + 1 si n < 10 .
et vn = 100
n+1 si n ≥ 10
i. (un )n≥0 est-elle une suite convergente de de (R, τ )? Déterminer sa limite le cas échéant.
ii. (vn )n≥0 est-elle une suite convergente de de (R, τ )? Déterminer sa limite le cas échéant.
(d) Quelle sont les suites convergentes de (R, τ )? Justifier votre réponse.
Exercice 12. .
1. On pose X =]0, 1] et on admet que η : X ×X → R+ par η(x, y) = | ln x−ln y| est une distance sur
n
X. La suite (xn )n≥1 de (X, η) définie par xn = n+1 est-elle convergente dans (X, η)? Déterminer
sa limite le cas échéant.
2. Pour tous x, y ∈ R, admet que δ(x, y) = | arctan(x) − arctan(y)| est une distance sur R.
(a) Montrer que δ est topologiquement équivalente à la distance usuelle d de R.
(b) Montrer que δ n’est pas uniformément équivalente à la distance usuelle d de R.
(c) Montrer que (R, δ) n’est pas un espace métrique complet.
Exercice 13. .
1. δ : R × R → R+ définie par δ(x, y) = |ex − ey | est une distance sur R. On définit la suite (xn )n≥0
par xn = −n.
(a) (xn )n≥0 est-elle une suite de Cauchy de (R, δ)?
(b) (xn )n≥0 est-elle une suite convergente dans (R, δ)?
2. On rappelle que la fonction Arctan (réciproque de la fonction tangente) est définie de R vers
]− π2 , π2 [. On admet que l’application d1 : R×R → R+ définie par d1 (x, y) = |Arctanx−Arctany|
est une distance sur R. On définit la suite (xn )n∈N dans (R, d1 ) par xn = n1 .
π
(a) Déterminer la boule ouverte de centre 1 et de rayon 2 de (R, d1 ).
(b) (xn )n∈N est-elle une suite de Cauchy de (R, d1 )?
(c) (xn )n∈N est-elle convergente dans (R, d1 )?
(d) Peut-on tirer à partir des questions b) et c), tirer une conclusion sur la complétude de
(R, d1 )?
Exercice 14. .
Soit E = {a, b, c, d}. On pose O = {∅, E, {a, b}, {a, b, c}}.
1. Montrer que O est une topologie sur E.
2. (E, O) est-il un espace topologique séparé?
3. On définit les suites (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N par les relations
n
un = a ∀n ∈ N, vn = c ∀n ∈ N, ∀n ∈ N, wn = a si n est pair
c si n est impair .
(a) (un )n∈N est-elle convergente dans (E, O)? Déterminer ses limites éventuelles le cas échéant.
(b) (vn )n∈N est-elle convergente dans (E, O)? Déterminer ses limites éventuelles le cas échéant.
(c) (wn )n∈N est-elle convergente dans (E, O)? Déterminer ses limites éventuelles le cas échéant.
Exercice 15. .
Soient E et F deux espaces topologiques et f → F une fonction. Montrer que les assertions ci-dessous
sont équivalentes.
1. f est continue sur E.
2. f −1 (A) ⊂ f −1 (Ā) pour toute partie A de F.
o o
3. f −1 (A) ⊂ f −1 (A) pour toute partie A de F.
En déduire F rf −1 (A) ⊂ f −1 (A) pour toute partie A de F.