0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
55 vues11 pages

Leçon 1

Transféré par

Gracia Ndjangate
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
55 vues11 pages

Leçon 1

Transféré par

Gracia Ndjangate
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Leçon 1 : Introduction à la Notation Financière

La notation financière est un élément central du fonctionnement des marchés financiers


modernes. Son influence est particulièrement visible lors des crises économiques et financières,
comme celle de 2008, où les agences de notation ont joué un rôle déterminant dans l’évaluation
des risques des produits financiers. Plus récemment, la crise de la dette souveraine en zone euro
a démontré l’impact immédiat des changements de notation sur les conditions d’accès au
financement des États et des entreprises. Ces événements ont mis en lumière l’importance de
comprendre les mécanismes de la notation financière, son évolution historique, ses principaux
acteurs et les enjeux qui l’entourent.

Depuis plus d’un siècle, la notation financière est un outil utilisé par les investisseurs, les
banques et les régulateurs pour évaluer la solvabilité des entreprises, des institutions financières
et des États. Elle repose sur un ensemble de critères permettant d’attribuer une note reflétant le
niveau de risque de crédit associé à un emprunteur ou à un instrument financier. Cette note sert
de référence aux marchés pour fixer les taux d’intérêt et les conditions de financement. Une
bonne notation permet d’accéder à des financements à moindre coût, tandis qu’une dégradation
de la note peut entraîner des tensions financières majeures, comme en témoigne la situation de
la Grèce en 2010, lorsque la baisse de sa notation a fortement réduit sa capacité à emprunter sur
les marchés.

L’histoire de la notation financière remonte au XIXᵉ siècle avec l’essor du marché obligataire
aux États-Unis. La première notation structurée a été publiée en 1909 par John Moody, qui a
évalué la solvabilité des obligations ferroviaires. Ce modèle s’est rapidement développé avec
la création de Standard & Poor’s en 1916 et de Fitch Ratings en 1923. Au fil du temps, les
agences de notation ont diversifié leurs évaluations, passant des obligations d’entreprises aux
titres souverains et aux produits financiers complexes. Elles ont également été confrontées à
des critiques, notamment en raison des conflits d’intérêts liés à leur mode de rémunération et
du manque de transparence de leurs méthodologies.

Aujourd’hui, trois grandes agences dominent le marché de la notation financière :

• Standard & Poor’s (S&P)


• Moody’s
• Fitch Ratings
Ces agences jouent un rôle crucial dans l’évaluation des risques financiers et influencent
directement les décisions des investisseurs. Leurs méthodologies prennent en compte une
combinaison de critères financiers (solvabilité, liquidité, rentabilité) et extra-financiers
(gouvernance, cadre macroéconomique, facteurs environnementaux et sociaux). La notation
financière se décline en plusieurs catégories :

• Notation souveraine : évalue la capacité d’un État à rembourser sa dette.


• Notation d’entreprise (corporate) : mesure la solidité financière des entreprises.
• Notation bancaire : spécifique aux institutions financières et à leur capacité à gérer les
risques.
• Notation des produits financiers structurés : concerne des instruments financiers
complexes comme les ABS (Asset-Backed Securities) et les CDO (Collateralized Debt
Obligations).

Cependant, la notation financière n’est pas exempte de controverses. Les agences ont été
critiquées pour leur manque de réactivité lors de la crise des subprimes, pour leur rôle dans
l’amplification des crises souveraines et pour les conflits d’intérêts inhérents à leur modèle
économique. Ces critiques ont conduit à une régulation plus stricte, notamment avec la mise en
place d’autorités de supervision comme l’ESMA (European Securities and Markets Authority)
en Europe.

1. Définition et objectif de la notation financière

Nous commençons par donner la définition de la notation financière, les objectifs suivront.

1.1.Définition

La notation financière est une évaluation indépendante du risque de crédit, un élément essentiel
pour le bon fonctionnement des marchés financiers. Elle permet d'éclairer les décisions
d'investissement, d'influencer le coût du capital pour les émetteurs et de contribuer à la stabilité
financière globale. Encore, la notation financière est une évaluation indépendante de la
solvabilité d’un émetteur ou d’un instrument financier. Elle est attribuée par des agences
spécialisées et vise à mesurer la capacité de remboursement d’un emprunteur, qu’il s’agisse
d’une entreprise, d’un État ou d’une institution financière. Cette notation repose sur des critères
quantitatifs (états financiers, ratios d’endettement, rentabilité) et qualitatifs (gouvernance,
environnement économique, risques sectoriels).
Les notes financières sont généralement exprimées sous forme de lettres, allant de AAA
(meilleure qualité de crédit) à D (défaut de paiement). Cette classification permet aux
investisseurs d’évaluer rapidement le niveau de risque d’un actif avant d’y allouer des
ressources.

- Typologie de notation financière

Les principales catégories de notation sont :

• Notation souveraine : Elle évalue la solvabilité d'un pays, c'est-à-dire sa capacité à


honorer ses engagements financiers à l'échelle nationale et internationale. Elle est
influencée par des facteurs économiques, politiques et budgétaires.
• Notation corporate : Elle se concentre sur les entreprises et leur solidité financière. Les
agences de notation examinent leur rentabilité, leur structure de capital, leur capacité à
générer des flux de trésorerie, etc.
• Notation bancaire : Elle évalue la santé financière des banques en se basant sur des
critères tels que la qualité de leurs actifs, leur capitalisation, leur liquidité et leur gestion
des risques.
• Notation des produits financiers : Elle concerne les instruments financiers spécifiques,
notamment ceux qui sont structurés, comme les titres adossés à des créances (ABS) ou
les obligations. Cette notation évalue les risques associés à ces produits complexes.

La notation financière a pour objectif de fournir une opinion sur la capacité et la volonté d'un
émetteur (entreprise, État, etc.) à honorer ses obligations financières (rembourser ses dettes).
Elle ne constitue pas une garantie de remboursement, mais plutôt une indication du risque de
crédit.

1.2.L’importance de la notation financière pour les acteurs économiques

La notation financière joue un rôle essentiel dans la stabilité et l’efficience des marchés
financiers. Son importance varie selon les acteurs concernés :

• Pour les marchés financiers : elle réduit l’asymétrie d’information et améliore la


transparence, facilitant la fixation des taux d’intérêt et l’évaluation des risques.
• Pour les entreprises : une bonne notation facilite l’accès aux financements à des coûts
plus bas, tandis qu’une mauvaise note peut restreindre les opportunités de crédit.
• Pour les États : la notation souveraine influence directement le coût de la dette publique
et la perception des investisseurs internationaux.
• Pour les investisseurs : elle sert de guide pour prendre des décisions d’investissement
en fonction du risque associé aux actifs financiers.

En conséquence, on en déduit les utilités suivantes de la notation financière selon les acteurs :

• Les investisseurs : Évaluer le risque de leurs placements et prendre des décisions


éclairées.
• Les émetteurs : Communiquer sur leur solvabilité et accéder aux marchés de capitaux
à un coût approprié.
• Les intermédiaires financiers : Gérer le risque de crédit dans leurs opérations de prêt
et d'investissement.
• Les régulateurs : Surveiller les risques et prévenir les crises financières.

1.3.Les acteurs clés de la notation financière

La notation financière implique plusieurs acteurs, chacun ayant un rôle spécifique dans le
processus d’évaluation et l’impact des notes attribuées. Ces acteurs interagissent dans un
environnement complexe et influencent directement le fonctionnement des marchés financiers.
Les principaux acteurs de la notation financière sont les agences de notation, les émetteurs, les
investisseurs et les régulateurs.

• Les agences de notation : Il s’agit d’entités responsables de l’évaluation des risques


financiers et de l’attribution des notes. Ces agences utilisent des méthodologies
détaillées pour évaluer la solvabilité des émetteurs (entreprises, États, institutions
financières) et des produits financiers ;
• Les émetteurs : Ce sont les entités qui cherchent à lever des fonds via des emprunts sur
les marchés financiers et qui sollicitent une notation. Les émetteurs peuvent être :
➢ Les entreprises : qui émettent des actions, des obligations ou d'autres instruments
financiers pour financer leurs projets ou leur croissance.
➢ Les États : qui cherchent à emprunter pour financer leur dette publique.
➢ Les institutions financières : qui émettent des titres de créance, des obligations ou
d'autres produits financiers.

Une bonne notation est cruciale pour ces émetteurs, car elle influence directement les conditions
d'emprunt (taux d'intérêt, durée des prêts). Une notation élevée peut permettre à un émetteur de
réduire ses coûts de financement, tandis qu’une note plus basse peut entraîner une augmentation
des coûts, voire rendre l'accès aux marchés plus difficile ;

• Les investisseurs : Ce sont les acheteurs des produits financiers notés. Il s'agit
principalement des institutions suivantes :
➢ Les banques : qui achètent des titres de créance ou des obligations pour leur
portefeuille d’investissement.
➢ Les fonds d’investissement : qui gèrent des portefeuilles diversifiés et utilisent les
notations comme un guide dans leur processus de sélection des actifs.
➢ Les investisseurs institutionnels : tels que les fonds de pension et les compagnies
d'assurance, qui gèrent d’importants capitaux à investir.
➢ Les investisseurs particuliers : qui peuvent utiliser les notations comme critère
d'investissement dans des obligations ou des produits financiers.

Les investisseurs se fient aux notations pour évaluer le risque d’un investissement. Une bonne
notation garantit la stabilité et la sécurité de l'investissement, tandis qu'une mauvaise notation
peut entraîner une révision de la stratégie d'investissement. Les notations influencent les choix
d’allocation d’actifs, et peuvent également impacter la liquidité des marchés.

• Les régulateurs et autorités de surveillance : Il s’agit des entités responsables de la


régulation du marché financier et du contrôle des agences de notation. Ils veillent à ce
que le système de notation soit transparent et fiable et qu’il contribue à la stabilité du
marché financier. Parmi les régulateurs, on trouve :
➢ Les banques centrales : qui peuvent surveiller les pratiques de notation et s'assurer
qu'elles ne nuisent pas à la stabilité économique (par exemple, la BCE en Europe, la
FED aux États-Unis).
➢ Les autorités de régulation des marchés financiers : comme l'ESMA (European
Securities and Markets Authority) en Europe, la SEC (Securities and Exchange
Commission) aux États-Unis ou l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) en France.
➢ Les organismes internationaux : comme le FMI ou la Banque mondiale, qui
peuvent influencer les pratiques de notation souveraine et encourager la transparence
dans les notations des pays.

Ces régulateurs ont un rôle important dans la supervision des agences de notation, s'assurant
que les pratiques respectent des normes éthiques et minimisent les risques systémiques. Ils
peuvent aussi mettre en place des mécanismes pour éviter des notations erronées ou influencées
par des conflits d’intérêts.

2. Histoire et évolution de la notation financière


2.1.Origines et développement des agences de notation

La pratique de la notation financière trouve ses racines dans les premières formes d’évaluation
de crédit qui remontent au 19e siècle. À l’époque, les investisseurs, principalement les
banquiers et les grandes entreprises, se retrouvaient souvent à prêter de l'argent sans disposer
d’informations fiables sur la solvabilité des emprunteurs. Cela a conduit à la nécessité de
disposer de systèmes d’évaluation des risques de crédit.

Le concept moderne de notation financière est né dans ce contexte avec la création des
premières agences de notation. L'une des premières agences notoires fut John Moody & Co.,
fondée en 1909 par John Moody. Moody’s a d'abord publié des évaluations sur les obligations
ferroviaires américaines et est rapidement devenu un acteur majeur dans la notation des titres
de dette. Après sa création, d'autres agences ont suivi le mouvement, dont Standard Statistics
Bureau en 1906 (qui est devenue Standard & Poor's après sa fusion avec Poor’s Publishing
en 1941). Par la suite, Fitch Ratings a été fondée en 1913, ajoutant à la pluralité des agences
de notation.

Le rôle initial des agences de notation était relativement modeste : elles offraient une analyse
simple des risques de crédit, principalement pour les obligations d'entreprises. Cependant, à
partir des années 1960 et 1970, les agences de notation ont élargi leurs activités, se concentrant
davantage sur les États et les produits financiers complexes. Les agences ont peu à peu joué un
rôle de plus en plus influent dans l'évaluation des instruments financiers à l’échelle mondiale,
en particulier dans le cadre de l’émergence de marchés mondiaux interconnectés.

2.2.Impact des crises financières sur la régulation et la fiabilité des notations

Les crises financières ont eu un impact profond sur l’évolution de la notation financière. À
chaque crise, la question de la fiabilité des notations et du rôle des agences de notation dans la
création de ces crises a été mise en lumière. Ces crises ont eu un impact important sur la
régulation de la notation financière. Les autorités ont mis en place des réformes visant à
renforcer l'indépendance, la transparence et la responsabilité des agences de notation.
Par exemple, aux États-Unis, le Dodd-Frank Act a introduit de nouvelles règles pour encadrer
les agences de notation. En Europe, l'ESMA (Autorité européenne des marchés financiers) a
été chargée de superviser les agences de notation et d'édicter des règles pour améliorer la qualité
et la fiabilité des notations.

• La Grande dépression de 1929 : La crise de 1929 a révélé l'incapacité des agences de


notation à prédire les défauts de paiement des entreprises et des institutions financières.
Cela a conduit à des appels à une meilleure régulation des agences et à l’introduction
d'une supervision plus stricte des pratiques financières ;
• La crise financière des années 1970 : Le choc pétrolier et les tensions monétaires ont
mis en évidence les risques souverains, créant ainsi une demande accrue pour des
notations fiables des dettes souveraines. Les agences de notation ont été de plus en plus
sollicitées pour évaluer la solvabilité des États et des grandes institutions financières
internationales ;
• La crise asiatique de 1997-1998 : Cette crise a souligné la nécessité d'une meilleure
évaluation des risques pays, car plusieurs États émergents ont connu des défauts de
paiement sur leurs dettes extérieures. Les agences de notation ont été critiquées pour
n’avoir pas anticipé la détérioration des finances publiques dans certains pays de l’Asie
du Sud-Est ;
• La crise financière mondiale de 2007-2008 : L'impact de la crise des subprimes aux
États-Unis sur les marchés financiers mondiaux a été un tournant majeur pour la
notation financière. Les agences de notation ont été accusées d'avoir attribué des notes
excessivement optimistes aux produits dérivés complexes liés aux prêts hypothécaires
à risque (MBS, CDO), ce qui a contribué à l'effondrement des marchés. Ce scandale a
conduit à des réformes importantes, visant à rendre le système de notation plus
transparent et plus rigide.

2.3.Débats et critiques sur l'influence des agences de notation

L'influence des agences de notation sur les marchés financiers est considérable. Leurs
évaluations peuvent avoir un impact significatif sur le coût de financement des émetteurs, les
décisions d'investissement des investisseurs et la stabilité financière globale.

Cependant, cette influence suscite des débats et des critiques. On reproche parfois aux agences
de notation :
• Les conflits d'intérêts : Les agences de notation sont rémunérées par les émetteurs
(entreprises ou États) pour effectuer la notation, ce qui crée un potentiel conflit
d’intérêts. Les émetteurs peuvent être incités à influencer les notations pour obtenir de
meilleures conditions de financement. Cela a conduit à des accusations de « notation à
la carte » pendant la crise des subprimes, où des produits financiers risqués étaient notés
comme « AAA » ;
• La qualité des notations : Les agences de notation ont été accusées de ne pas avoir
suffisamment pris en compte les risques systémiques dans leurs évaluations, notamment
dans les années précédant la crise financière de 2008. Les notations de certains
instruments financiers complexes, comme les MBS et les CDO, ont été fortement
surévaluées, contribuant à la crise ;
• Le manque de transparence : Les méthodologies et les critères d'évaluation des
agences de notation sont parfois jugés opaques, ce qui rend difficile la compréhension
de leurs évaluations. Plus précisément, le processus de notation a souvent été critiqué
pour son manque de transparence. Les méthodologies utilisées par les agences ne sont
pas toujours claires ou accessibles au public, ce qui limite la compréhension de la
manière dont les notes sont attribuées. En outre, l'absence de transparence dans le
processus décisionnel de certaines agences a alimenté des doutes sur l'impartialité de
leurs évaluations ;
• L'impact de la notation sur les marchés financiers : Les décisions des agences de
notation peuvent avoir des conséquences dramatiques sur les marchés. Par exemple, une
dégradation de la note d’un pays ou d’une entreprise peut entraîner des hausses de taux
d'intérêt, des ventes massives d'obligations et une instabilité sur les marchés financiers.
Certaines critiques soulignent que ce pouvoir des agences de notation peut aggraver les
crises économiques en créant des boucles de rétroaction négatives ;
• L'absence de responsabilité en cas d’erreur : En dépit de leur influence énorme, les
agences de notation n'ont pas été tenues responsables de leurs erreurs de notation. Les
pertes causées par des notations incorrectes n'ont pas été prises en compte de manière
systématique dans les régulations. La question de la responsabilité des agences de
notation a fait l'objet de nombreux débats, en particulier après la crise financière
mondiale ;
• Une procyclicité : Les notations ont tendance à suivre les cycles économiques, ce qui
peut amplifier les mouvements de marché et contribuer à l'instabilité financière.
Malgré ces critiques, la notation financière reste un outil essentiel pour les investisseurs et les
autres acteurs des marchés financiers. Les agences de notation continuent de jouer un rôle
important dans l'évaluation du risque de crédit et l'orientation des flux de capitaux.

3. Les principales agences de notation


3.1.Présentation des grandes agences de notation

Les agences de notation financière jouent un rôle central dans l’évaluation du risque de crédit
des émetteurs de dette, qu’il s’agisse d’entreprises, d’institutions financières ou d’États. Parmi
elles, trois grandes agences dominent le marché mondial : Standard & Poor’s (S&P),
Moody’s et Fitch Ratings.

3.2.Modèles de fonctionnement et méthodologies générales

Les agences de notation suivent des méthodologies rigoureuses pour évaluer la solvabilité des
émetteurs. Leurs approches reposent sur plusieurs éléments fondamentaux :

a) Collecte et analyse des informations

L'agence de notation recueille des informations sur l'émetteur. Cela s’appuie sur :

• Une étude des états financiers (bilans, comptes de résultats, flux de trésorerie) ;
• Une analyse des facteurs macroéconomiques influençant la stabilité financière ;
• Un examen des facteurs sectoriels et concurrentiels.

b) Notation et surveillance

Un comité de notation se réunit pour discuter de l'évaluation et attribuer une note à l'émetteur.
La note est ensuite publiée et communiquée aux investisseurs et aux autres acteurs du marché.

Cette étape consiste donc :

• A l’attribution d’une note initiale sur la base des informations recueillies ;


• A la mise à jour régulière en fonction des évolutions économiques et financières ;
• La possibilité de modification de la note en cas d’événements majeurs (crises
financières, changements stratégiques, nouvelles régulations).

c) Évaluation du risque et perspectives

L'agence de notation surveille en permanence l'émetteur et peut ajuster sa notation en fonction


de l'évolution de sa situation financière. Elle va donc attribuer des perspectives aux notations :
• Positive : possibilité d’amélioration de la note ;
• Stable : pas de changement prévu à court terme ;
• Négative : risque de détérioration de la note.

Ces méthodologies permettent aux investisseurs et aux régulateurs d’évaluer la solidité


financière des entités notées et de prendre des décisions d’investissement plus éclairées.
Cependant, les modèles des agences restent sujets à critiques, notamment en raison de leur
manque de transparence et de possibles conflits d’intérêts.

3.3.Les échelles de notation

Les agences de notation utilisent des échelles de notation pour classer les émetteurs en fonction
de leur risque de crédit. Les échelles de notation les plus courantes sont les suivantes :

• S&P et Fitch :
➢ AAA : Très faible risque de crédit
➢ AA : Faible risque de crédit
➢ A : Risque de crédit modéré
➢ BBB : Risque de crédit moyen ou satisfaisant
➢ BB : Risque de crédit élevé
➢ B : Risque de crédit très élevé
➢ CCC : Risque de crédit extrêmement élevé
➢ CC : Risque de crédit très élevé, défaut de paiement imminent
➢ C : Risque de crédit extrêmement élevé, défaut de paiement probable
➢ D : Défaut de paiement

• Moody's :
➢ Aaa : Très faible risque de crédit
➢ Aa : Faible risque de crédit
➢ A : Risque de crédit modéré
➢ Baa : Risque de crédit satisfaisant
➢ Ba : Risque de crédit élevé
➢ B : Risque de crédit très élevé
➢ Caa : Risque de crédit extrêmement élevé
➢ Ca : Risque de crédit très élevé, défaut de paiement imminent
➢ C : Risque de crédit extrêmement élevé, défaut de paiement probable
➢ D : Défaut de paiement

Il est important de noter que les notations des différentes agences ne sont pas toujours
parfaitement comparables. Chaque agence a sa propre méthodologie et ses propres critères
d'évaluation.

Vous aimerez peut-être aussi