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Origines Psychiatrie+++

La psychiatrie, introduite en 1808, a évolué d'un traitement brutal des malades mentaux à une discipline médicale plus respectueuse, bien que des abus aient persisté, notamment durant la Seconde Guerre mondiale. Les classifications des maladies mentales, comme le DSM et la CIM, sont sujettes à controverse et reflètent des approches variées, allant du biologique au psychologique et social. Actuellement, la psychiatrie fait face à des défis tels que le manque de spécialistes et des inégalités dans l'accès aux soins, tout en intégrant divers traitements médicamenteux et psychothérapeutiques.

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Origines Psychiatrie+++

La psychiatrie, introduite en 1808, a évolué d'un traitement brutal des malades mentaux à une discipline médicale plus respectueuse, bien que des abus aient persisté, notamment durant la Seconde Guerre mondiale. Les classifications des maladies mentales, comme le DSM et la CIM, sont sujettes à controverse et reflètent des approches variées, allant du biologique au psychologique et social. Actuellement, la psychiatrie fait face à des défis tels que le manque de spécialistes et des inégalités dans l'accès aux soins, tout en intégrant divers traitements médicamenteux et psychothérapeutiques.

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HISTOIRE DES ORIGINES DE LA PSYCHIATRIE

Maladies mentales et traitements.

Cela signifie littéralement médecine de l'âme. Le terme psychiatrie


introduit en 1808 a d’emblée situé cette spécialité sous le signe de
traitements qui comprenaient le traitement psychologique (aujourd'hui, on
dirait psychothérapie).
La psychiatrie est ordinairement pratiquée par un psychiatre.
C'est une discipline jeune. En 1676 Louis XIV décréta l'ouverture des
hôpitaux de France, et ceci afin de d'enfermer toute personne qui n'est
pas en ligne avec la société de l’époque : des "débauchés", des pères
dépensiers, des fils prodigues, des blasphémateurs, etc...
Ceci marqua le début de "l'emprisonnement à grande échelle des
fous".
Ces hôpitaux n'étaient enclins à aucune thérapie. Les conditions qui y
régnaient faisaient leur réputation. Les détenus étaient enchaînés, mal
traités et flagellés.
C'est dans ces conditions que les gardiens de ces hôpitaux développaient
leur "expertise en psychiatrie". Les détenus étaient souvent jetés dans
une fosse grouillante de serpents afin de les ramener à la raison.
Bien que travailler dans les asiles n'était pas le plus valorisant, ces
gardiens se positionnaient comme porteurs exclusifs et légitimes d’une
discipline médicale nouvellement créée. D'après eux c'est un art et une
science aussi complexe que la chimie.
.
Edwin Kraepelin en 1918 définissait un psychiatre comme un chef qui pouvait
intervenir sans pitié dans les conditions de vie des gens en étant soi-disant en
mesure d’obtenir sûrement une baisse de la folie.

C'est depuis la Révolution française que la psychiatrie s'est érigée en


discipline médicale enregistrée en 1842 ; elle reste cependant peu usitée
jusqu'au XIXe siècle. On parlait alors de médecine de l'aliénation mentale.
A cette époque, les malades mentaux étaient considérés comme aliénés,
c'est à dire non soumis à la raison et en quelque sorte esclaves de leur
déraison. Les spécialistes qui étudiaient et traitaient leurs pathologies
étaient connus sous le nom d'aliénistes. L'évolution de la discipline s'est
particulièrement faite en Europe avec l'école française, par la prise en
compte du traitement psychique (on disait aussi moral) des troubles. Les
résultats thérapeutiques étaient relativement isolés, la pharmacopée était
peu développée et les cures morales nécessitaient un grand
investissement souvent réservés aux privilégiés. En pastichant Michel
Foucault, on pourrait dire que le rôle des psychiatres, des asiles puis des
hôpitaux psychiatriques (HP) était de surveiller, isoler, classifier et
ramener à la raison les malades. On retiendra notamment qu'en France,
1
durant la Seconde Guerre mondiale, dans les hôpitaux psychiatriques,
40 000 patients sont morts. L'apparition de traitements psychotropes
efficaces date des années 1950, et leur diffusion s'étend jusqu'aux années
1960 voire 1970. Certains psychiatres comme Henri Baruk et, dans une
moindre mesure, Henri Ey s'opposaient à leur utilisation. L'introduction
des premiers neuroleptiques, le Largactil puis l'Halopéridol, fut une
véritable révolution dans les services de psychiatrie et dans la prise en
charge des malades psychotiques[1].Ces nouveaux médicaments
permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés. Le
mouvement se poursuit dans les années 1970, en partie du fait de
l'avènement des psychothérapies notamment psychanalytiques et des
courants de l'antipsychiatrie[2]et du mouvement des aliénistes, la question
du « malade mental » est complètement repensée. Alors que jusque-là
prévalaient surtout les dogmes d'internement ou de l'enfermement des
malades, un processus d'externalisation et de désinstitutionnalisation a
été entrepris. Actuellement, la situation de la psychiatrie varie d'un pays
à l'autre. Dans certains, des progrès sont encore réalisés et dans d'autres,
des stagnations ou même des régressions sont à l'ordre du jour, en
fonction du désengagement des États, et du manque chronique de
spécialistes. La demande de soins augmente, à l'instar d'une baisse de la
démographie médicale. Les grandes villes de Suisse, de France et de
Belgique sont actuellement parmi les plus psychiatrisées d'Europe. En
Italie, tous les hôpitaux ont été fermés. (la loi Franco Basaglia

Les durées d'hospitalisation tiennent aujourd'hui compte d'une


rationalisation financière, déterminée entre institutions
hospitalières et assurances sociales ou maladie.

La question des classifications des maladies mentales est contradictoires


jusqu'aux louables tentatives de proposer une classification "unifiée",
cohérente, scientifique (DSM) et internationale (CIM). En fait, cette belle
unanimité n'est pas pour demain et le projet d'unifier, malgré les forces
en présence, les lobbys pharmaceutiques, l'OMS, l'Association américaine
de psychiatrie (APA), restent encore largement contestés (surtout en
France) parmi les psychiatres et psychologues cliniciens soucieux d'une
psychopathologie rigoureuse et non-réductrice.

Au centre, la clinique, qui constitue à titre d’accumulation empirique,


raisonnée et cohérente, l’essentiel durable et perfectible de la
psychiatrie ; le savoir faire de la clinique, c’est la sémiologie, c'est-
à-dire l’ensemble des pratiques qui permettent de déterminer
comment tel patient correspond à telle partie du savoir clinique,
plutôt qu’à telle autre ; mais à chaque moment de son histoire, la
clinique se développe en utilisant des modèles qu’elle emprunte à
diverses disciplines, comme la psychanalyse, la neurochimie, la
psychologie génétique, l’anatomie pathologique, l’éthologie, la
neurophysiologie : ce savoir de la clinique constitue la pathologie
(en l’espèce, la pathologie mentale) »
2
La question de la norme a été amplement discutée sans qu'on ne soit
arrivé à un minimum de consensus. C'est peut-être encore Georges
Canguilhem qui en a donné les meilleures définitions, même si elles sont
datées. Cet auteur est médecin et il a aussi envisagé la question de la
définition des maladies. En matière de troubles psychiques, la notion de
maladie n'est pas univoque. Est-ce qu'un TOC, un TDA, une psychose et
une anorexie ou des addictions sont bien des maladies ? Dans un autre
écrit ancien, Georges Lanteri Laura revient sur ces questions et constate
qu'il existe plusieurs modèles médicaux et que la sémiologie psychiatrique
peine toujours à trouver son référent. La situation n'a guère évolué et on
pourrait même craindre qu'elle ait empiré avec les confusions de niveaux,
la maladie, les traitements, les droits à être différent sans subir de
ségrégation, à être guéri, le devoir de soigner, de se soigner.

Les deux grandes classifications des maladies mentales sont donc :

 la CIM-10 (Classification internationale des maladies) de l'OMS ;


 le DSM, acronyme anglais de Manuel diagnostique et statistique des
troubles mentaux, proposé par l'Association américaine de
psychiatrie.

La méthode utilisée pour définir les maladies mentales se veut neutre et


apolitique que ce soit vis à vis des grands courants ou des régimes
politiques, normes morales, etc. La méthode pour définir une maladie
mentale est l'expérience clinique : différents psychiatres réunis pour la
création du DSM analysent statistiquement les symptômes communs à
des situations cliniques qu'ils reconnaissent proches. Ces classifications
sont sujettes à révision régulièrement, comme l'indique le "Tr" (texte
révisé) de DSM-IV TR.

Il existe également des classifications utilisées uniquement dans un pays


déterminé, comme la Classification française des troubles mentaux de
l'enfant et de l'adolescent.

Le DSM et la CIM font l'objet de controverses sur ce qui est vu comme


leur parti pris d'objectivation de la maladie mentale. Elles excluent aussi
toute démarche psychanalytique, reposant exclusivement sur une
comptabilité de signes, de symptômes en quelque sorte "naturalisés" dans
une démarche catégorielle. Elles s'écartent ainsi de la psychopathologie
qui tomberait en désuétude. On leur reproche aussi de n'être utile
qu'aux recherches scientifiques randomisées à grande échelle
donc loin des préoccupations de la clinique et de s'être rangées au
service des pharmacothérapies. il faut souligner que les classifications
sont faites pour ceux qui les lisent et qu’elles restent le meilleur moyen
pour les psychiatres d'approfondir leurs connaissances sur des
médicaments utiles qu’ils utilisent tous les jours. D'ailleurs les
psychologues qui n’ont pas accès aux prescriptions médicales préfèrent

3
souvent les descriptions dimensionnelles de la vie psychique aux
classifications catégorielles que sont la CIM et le DSM.

Les principaux troubles pris en charge

 Troubles pédopsychiatriques

1. Retard mental
2. Troubles de l'apprentissage
3. Troubles des habiletés motrices
4. Troubles de la communication
5. Troubles envahissant du développement
6. Déficit de l'attention
7. Troubles alimentaires pédiatriques
8. Troubles du contrôle sphinctérien
9. Autres

 Troubles cognitifs
1. Delirium
2. Démences
3. Troubles amnésiques
4. Autres

 Troubles mentaux dus à une affection médicale

 Abus de substances
1. Alcool
2. Amphétamines
3. Caféine
4. Cannabis
5. Cocaïne
6. Hallucinogènes
7. Solvants volatils
8. Nicotine
9. Opiacés
10. Phencyclidine
11. Anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques
12. Troubles liés à plusieurs substances
13. Troubles liés à une substance inconnue

 Troubles psychotiques
1. Schizophrénie
2. Trouble schizophréniforme
3. Trouble schizo-affectif
4. Trouble délirant
5. Trouble psychotique bref
6. Autres

4
 Troubles de l'humeur
1. Troubles dépressifs
2. Troubles bipolaires

 Troubles anxieux
 Troubles somatoformes
 Troubles dissociatifs
 Troubles factices
 Troubles sexuels et de l'identité sexuelle
 Troubles des conduites alimentaires
 Troubles du sommeil
 Troubles du contrôles des impulsions
 Troubles de l'adaptation
 Troubles de la personnalité
 Autres

Disciplines de la psychiatrie

Classiquement, on distinguait :

 Pédopsychiatrie
 Psychiatrie de l'adulte
 Psychogériatrie

Différentes nouvelles spécialités se sont peu à peu dégagées, dans la


mesure où une spécificité émergeait de leur pratique :

 la psychiatrie du bébé et la psychiatrie mère - bébé


 la psychiatrie de l'adolescent
 la psychiatrie transculturelle
 l'addictologie
 la psychiatrie en situation humanitaire
 la psychotraumatologie.

Méthodes thérapeutiques

En pratique, ces méthodes sont souvent associées par le psychiatre.

Les traitements médicamenteux

On appelle médicament psychotrope un médicament destiné à traiter les


troubles psychiatriques. Ces médicaments sont des découvertes
d'utilisation relativement récentes, (années 1950) selon les travaux
d'Henri Laborit. Il en existe cinq grandes familles :

 Antidépresseurs

5
 Neuroleptique
 Anxiolytique
 Hypnotique
 Thymorégulateur

Les psychothérapies

Les psychothérapies sont des techniques qui visent à apporter un soin et à


produire un changement chez le patient à travers la relation par la parole,
ou bien par l'utilisation de médiations. Il en existe différents types. Les
plus connus sont les psychothérapies psychanalytiques, les thérapies
cognitives et comportementales, l'approche systémique et
phénoménologique.

Les approches en psychiatrie

Comme le définissait déjà Johann Christian Reil la psychiatrie comprend


au moins trois approches liées entre elles :

 Le modèle biologique s'appuie sur l'idée de dérèglements


organiques, biologiques, notamment au niveau du fonctionnement
cérébral, et qu'il faudrait corriger ;
 Le modèle psychologique dans lequel on s'intéresse au psychisme
de l'individu et qu'on traite par les psychothérapies ;
 Le modèle social qui s'intéresse à l'interaction du patient avec son
milieu, ainsi qu'au niveau collectif et social des troubles qu'il
présente.

On parle souvent le modèle bio-psycho-social, qui serait une forme


d'intégration des trois approches précédentes.

La sismothérapie

Les enveloppements humides initialement froids, les


packings

La technique du packing consiste à entourer le patient de draps humides


placés au réfrigérateur une heure, puis de couvertures avant la séance en
ne laissant que la tête émerger. Ce traitement est effectué plusieurs fois
par semaine en fonction de l'état de santé de l'enfant.

Les différents modes d'admission à l'hôpital


Il existe trois modalités d'hospitalisation dans un service de psychiatrie. *
L'HL (hospitalisation libre) est une hospitalisation libre, le patient
est libre de rester ou de quitter l'établissement ou d'y rester et
d'accepter des soins;

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 L'HO et l'Hospitalisation d'Office sans consentement, est un mode
d'admission décidé par la justice. On peut ainsi soigner le malade
sans son consentement ou contre sa volonté. Cette modalité
intervient si le patient n'est plus ou pas en mesure de juger et de
comprendre la nécessité de ses soins et qu'il y a trouble de l'ordre
public, avec risque pour soi-même ou autrui. A sa mise en place
sont nécessaires :

le certificat médical d'un médecin, qui ne peut être un psychiatre


employé par l'établissement d'accueil. En Suisse, c’est un médecin
psychiatre qui émet le document officiel d’internement. Le certificat
médical est à renouveler au bout de 24 heures par un médecin de la
structure, puis au bout de 15 jours, puis mensuellement. La
demande de levée d'hospitalisation d'office peut être faite par le
médecin de la structure. Celui-ci accepte ou non la demande de
levée et en cas d'acceptation, le patient n'est plus soumis à cette
mesure et est considéré comme en HL.

 L'HDT est une "hospitalisation à la demande d'un tiers", elle


intervient lorsque le patient n'est pas en mesure de comprendre la
nécessité de soins. Sont nécessaires :

la demande manuscrite d'un tiers,


les certificats médicaux circonstanciés de deux médecins dont l'un
est extérieur à la structure d'accueil.

Le certificat médical est à renouveler au bout de 24 heures par un


médecin de la structure, puis au bout de 15 jours, puis mensuellement. Le
mode d'hospitalisation peut être levé à tout moment, par le tiers
demandeur, la famille du patient, ou par un médecin de la structure qui
effectuera un certificat de levée d'HDT. Le patient sera alors considéré en
HL.

La première loi ayant porté sur l'hospitalisation en psychiatrie date de


1838. En 1990, une nouvelle loi vient se substituer à la première, avec
pour objectif d'en corriger les imperfections, en particulier les abus que
permettait l'ancienne loi. Ainsi, une batterie d'outils formels (commissions
de recours, meilleure garantie pour le diagnostic), permet aujourd'hui de
préserver à la fois la liberté de la personne malade et sa sécurité en
regard de la maladie dont il n'accepte pas toujours la réalité.

Divers.

Tout en étant une branche de la médecine, la psychiatrie s'est


toujours située à la marge de celle-ci dans la mesure où ses
assises théoriques sont beaucoup plus fragiles que celles de la
médecine somatique. La crise de la psychiatrie est un état
permanent ! Cette discipline est toujours à la recherche de ses

7
bases expérimentales et, malgré les énormes progrès réalisés, la
part de ce qu'on ignore encore est beaucoup plus grande que celle
de ce que l'on sait.

MARS 2010

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