XII- DE LA RELIGION.
L’étudiant en Magie professera une Religon Universelle. il cherchera dans chaque
Religion, les aspects aussi bien positifs que négatifs et il gardera pour lui-même
les premiers sans tenir compte des seconds. Cela ne signifie pas qu’il peut
s’adonner à n’importe quelle Religion mais qu’il doit avoir pour chacune d’elles le
respect qui lui est dû, car chacune perçoit à sa façon le Principe Divin, qu’il
s’agisse du Christianisme, dû Bouddhisme, de l’Islam, etc. .. En fait, il peut rester
fidèle à la Religon de sa naissance. Cependant, il ne se contentera pas des
dogmes officiels et s’efforcera de pénétrer l’ordre de la Création. En cela est,
d’ailleurs, le but de notre Initiation.
Le Mage se formera donc une conception propre de l’Univers et du monde, en
considérant les Lois Universelles et cette conception sera sa vraie Religion. il
observera que, abstraction faite des lacunes inhérentes à toute croyances, tout
fidèle s’efforce de démontrer que sa Religion est la meilleure.
Chaque vérité religeuse est donc relative et la qualité de la compréhension que
l’on peut en avoir dépend de la maturité de l’individu. C’est pourquoi l’Initié
accorde à chaque être humain toute liberté à ce sujet, il n’essaie pas non plus de
détourner quiconque de sa vérité, de le critiquer ou même de le condamner.
Dans son fort intérieur, il peut tout au plus plaindre les fanatiques ou les athées,
sans en rien laisser paraître. En conséquence, que chacun persévère dans ce
qu’il croit et qui le rend heureux et le satisfait. Si tous les êtres humains
adoptaient ce princive, il n’y aurait plus de haine et de querelles religieuses. Il
n’y aurait plus motifs à discorde et toutes les orientations que l’esprit se donne
pourraient coexister.
La question se pose autrement Si un chercheur, que ne satisfont ni le
matérialisme, ni les dogmes et qui désire ardemment une nourriture spirituelle,
demande conseils et lumières à l’Initié. Dans ce cas, c’est le devoir de l’Initié de
l’éclairer selon sa propre compréhension. Que le Mage, alors, n’épargne ni son
temps, ni sa peine pour lui transmettre ses trésors spirituels et le guider vers la
Lumière!
Depuis les temps les plus reculés, l’homme a cru en l’existence d’êtres
supérieurs, 2 caractère surnaturel, et il les a idolâtrés, qu’il en fit des
représentations anthropomorphiques ou non.
Ce que l’homme ne pouvait comprendre ou concevoir, ce pendant, il l’attribua
constamment à une Puissance Supérieure, comme le lui dictait, à juste titre, son
intuition Ceci explique l’origine des Puissances, bonnes ou mauvaises (démons),
adorées ou craintes par tous les peuples. Ainsi, au cours des siècles, des dieux,
des anges, des démiurges et des esprits firent-ils adorés; ils correspondaient à la
mentalité de ces peuples, sans que l’on considérât s’ils existaient réellement ou
s’ils étaient le fruit de leur imagination. Mais plus l’humanité développa son
intellect, plus les représentations devines devinrent abstraites et ce, à partir du
moment où intervint une explication logique des phénomènes qui, auparavant,
n’étaient attribués qu’à l’action des dieux. De nombreux lires seraient
nécessaires pour une étude exhaustive des différentes conceptions de Dieu au
regard de l’histoire des peuples.
Examinons à présent l’idée de Dieu du point de vue de la Magie. Pour l’homme
moyen, penser que Dieu existe est un soutien ou un repère mental lui
permettant de ne pas rester dans l’errance de l’incertitude. Mais le Dieu de cet
homme moyen demeure toujours, pour l’intéressé, inconcevable,
incompréhensible et inimaginable. il en est tout autrement pour le Mage. Celui-
ci, en effet, connaît Dieu sous tous Ses aspects. Non seulement il a pour Lui la
plus grande vénération, car il sait qu’il a été créé à Son image et qu’il est lui-
même une parcelle de l’Etre Devin, mais il considère aussi que son plus grand
idéal, son principal devoir, son but le plus sacré, est de s’unir à Lui et de revêtir
la Divinité à son tour. Je décrirai par la suite l’ascension vers ce But Sublime.
Cette Quête consiste à s’harmoniser avec la Loi Devine et ce, de l’échelon le plus
bas de sa propre nature au plus élevé, jusqu’à ce que l’on atteigne ce but. A ce
stade final, il est alors permis à chacun de renoncer à son individualité ou de la
garder. De tels Grands Etres retournent en général plus tard sur la Terre,
chargés d’un devoir ou d’une mission sacrée.
Dans cette ascension, le Mage est en même temps un Mystique. Mais lors de
l’Union avec Dieu, Si la possibilité d’abandonner son indrvidualité lui est offerte,
il choisi volontairement cette perte que la terminologie traditionnelle appelle “
mort mystique “.
Nous constatons donc que la Véritable Initiation ne comporte ni de Chemin
Mystivue, ni de Chemin Magivue car l’Initiation est unique; elle recèle ces deux
concepts, ce que ne font pas la plupart des Ecoles mystiques et spirituelles.
Celles-ci, au contraire, par la méditation et des exercices spirituels, visent
immédiatement les sommets sans avoir très bien assimilé au préalable les
connaissances d’ordre inférieur. Il en serait ainsi de celui qui voudrait entrer à
l’Université sans avoir fait ses classes élémentaires. Les conséquences d’une
telle formation sont dans certains cas, et suivant les dons possédés au départ,
graves, parfois même catastrophivues. L’erreur réside dans ce que
l’enseignement vient pour une grande part de l’Orient où les plans physivue et
astral sont considérés comme une illusion (mâya) et comme peu dignes
d’attention
il m’est impossible de donner de plus amples explications car ce sujet dépasse
de beaucoup le propos de ce livre. Il suffit: seulement de savoir qu’en se
développant méthodivuement et graduellement, on ne fait pas de faux pas et on
ne connaît pas
d’échecs ni de suites fâcheuses car Si cette formation est lente elle est sûre. Que
l’Initié choisisse donc comme Concept Divin le Christ, Bouddha, Brahmâ, Allah ou
quelque autre Expression de Dieu, ceci est une affaire personnelle. En effet pour
l’Initiation, seule l’idée compte. Le pur Mystique ne s’approchera de son Dieu
qu’avec un Amour total. Le yogi n’aborde le plus souvent qu’un aspect de Dieu:
le Bhakti yogi suit le chemin de l’Amour et de l’Abandon, le Raja et le Hâta yog le
chemin de la Maîtrise ou de la Volonté, le Jnâna yog celui de la Sagesse et de la
Connaissance. Considérons cependant, le Concept de Dieu du point de vue de
l’Hermétisme, eu égard aux Quatre Eléments c’est-à-dire au Tétragramme,
l’Ineffable, le Très-Haut:
au ‘Feu est attribuée la Toute Puissance,
à l’Ær, la Sagesse, la Pureté et la Clarté, ment est engendré l’équilibre universel),
à l’Eau, l’Amour et la Vie Eternelle,
à la Erre, l’Ubivuité, l’Immortalité et par conséquent la Pérennité.
Ces Quatre Aspects forment ensemble la Divinité Suprême. Nous suivrons donc,
d’étape en étape, le Chemin qui mène à Elle, en partant du plan le plus dense
pour obtenir en nous la véritable manifestation de Son Existence, Bienheureux
celui qui y parvient en cette vie! Que personne n’épargne donc sa peine car
chacun atteindra un jour ce But.