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Décembre 1892-1893 Les Mécanismes Psychiques Des Phénomènes Hystériques: Communication Préliminaire

Freud explore les mécanismes psychiques de l'hystérie, suggérant que l'hypnose peut révéler des souvenirs traumatiques liés aux symptômes. Il établit un lien entre hystérie et névrose traumatique, affirmant que les souvenirs non abréagis provoquent des symptômes. Dans ses lettres, il discute de la neurasthénie et des névroses d'angoisse, les reliant à des dysfonctionnements sexuels et à des traumatismes psychiques.

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Décembre 1892-1893 Les Mécanismes Psychiques Des Phénomènes Hystériques: Communication Préliminaire

Freud explore les mécanismes psychiques de l'hystérie, suggérant que l'hypnose peut révéler des souvenirs traumatiques liés aux symptômes. Il établit un lien entre hystérie et névrose traumatique, affirmant que les souvenirs non abréagis provoquent des symptômes. Dans ses lettres, il discute de la neurasthénie et des névroses d'angoisse, les reliant à des dysfonctionnements sexuels et à des traumatismes psychiques.

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1893

Décembre 1892-1893
« Les mécanismes psychiques des phénomènes hystériques :
communication préliminaire »
« Über den psychischen Mechanismus hysterischer Phänomene : Vorläufige Mitteilung »,
GW I, Études sur l’hystérie (Studien über Hysterie), en collaboration avec J. Breuer, trad.
Anne Berman, PUF, Paris, 1956, rééd. 1975 (5e éd.), p. 1-13

Freud suggère l’hypnose afin d’éveiller les souvenirs de l’époque où le


symptôme fit sa première apparition. L’hypnose montre que le facteur acci-
dentel est déterminant dans la psychopathologie de l’hystérie. Il n’existe plus
qu’un lien symbolique entre le phénomène et sa motivation. Freud établit
une analogie entre la névrose traumatique et l’hystérie banale, toutes deux
déclenchées par un traumatisme psychique (frayeur, anxiété ou honte qui pro-
voquent des affects pénibles). Le traumatisme psychique et son souvenir
agissent à la manière d’un corps étranger jouant un rôle actif. Si l’on met au
jour le souvenir de l’incident déclenchant et l’affect qui lui est associé, les
symptômes hystériques disparaissent (il faut pour cela que le malade donne
une expression verbale à son émotion). La traduction en mots de l’émotion
est en effet importante. C’est de réminiscences surtout que souffre l’hystérique.
Quand un traumatisme a provoqué une réaction énergique, l’affect est
liquidé, abréagi, sinon l’affect reste attaché au souvenir de l’événement. Les
souvenirs déclencheurs des phénomènes hystériques ont conservé une fraî-
cheur et une valeur émotionnelle mais le sujet ne dispose pas de ses souve-
nirs : « La mémoire des malades ne garde nulle trace des incidents en ques-
tion ou alors ne les conserve qu’à l’état le plus sommaire. »
Les souvenirs sont liés à des faits traumatiques insuffisamment abréagis,
soit parce que la nature du fait excluait toute réaction, soit parce que le carac-
tère de ces états a rendu impossible une réaction à l’incident (forte émotion
paralysante). Dans l’hystérie, on assiste à une dissociation du conscient
(double conscience). « Le fondement, la condition nécessaire d’une hystérie est
l’existence d’états hypnoïdes [ceux-ci se développent à partir de rêveries
diurnes]. » Charcot a décrit quatre phases du « grand » accès hystérique : la
phase épileptoïde, celle des grands gestes, celle des attitudes passionnelles
(phase hallucinatoire) et celle du délire terminal.
24 RÉSUMÉ DES ŒUVRES COMPLÈTES DE FREUD

Freud et Breuer s’intéressent à la troisième phase (reproduction hallucina-


toire du souvenir). Le procédé psychothérapique utilisé supprime les effets
de la représentation non abréagie en permettant à l’affect bloqué de se
« déverser verbalement ». La représentation se modifie par association au
niveau conscient ou bien elle est supprimée par la suggestion.

8 février 1893
Lettre à Fliess : Manuscrit B, « Étiologie des névroses »
Freud demande à son ami de cacher ce manuscrit à sa jeune femme.
« Je refais mon histoire des névroses. » Freud écrit que la neurasthénie est
due à une sexualité anormale (il se réfère à Preyer qui évoque divers facteurs
sexuels à l’origine de phénomènes neurasthéniques). Freud voudrait confir-
mer que la neurasthénie n’est qu’une névrose sexuelle. Il traite séparément
la neurasthénie (faiblesse nerveuse, affection décrite par le médecin de
George Beard centrée sur une fatigue physique d’origine, des céphalées,
dyspepsie, constipation, appauvrissement de l’activité sexuelle) chez les
hommes et les femmes.
Freud la fait rentrer dans le cadre des névroses actuelles et cherche son étio-
logie dans un fonctionnement sexuel incapable de résoudre la tension libi-
dinale (masturbation). Chez les hommes, elle survient entre 20 et 30 ans,
après masturbation (Freud parle d’« action nocive »). À une époque plus tar-
dive, un autre facteur nocif peut entraîner des perturbations : l’onanisme
conjugal ou les copulations incomplètes. Celui qui souffre de neurasthénie
ne supporte pas le coït normal. Quant aux jeunes filles et aux femmes, Freud
écrit qu’elles ne souffrent pas de neurasthénie. Si cela a lieu, elle dérive de
celle des maris et se mêle à l’hystérie. En ce qui concerne les névroses mixtes
de la femme, elle découle de la neurasthénie des hommes. Le neurasthé-
nique rend la femme plus hystérique que neurasthénique.
Freud aborde une seconde partie intitulée Névroses d’angoisse, il évoque le
manque de confiance et le pessimisme du neurasthénique. Deux formes de
manifestations de la névrose d’angoisse s’observent : névrose d’angoisse à
l’état chronique, plus fréquente chez les hommes (anxiété liée au corps, hypo-
condrie, aux fonctions physiques, agoraphobie…, au fonctionnement psy-
chique, rumination, doute) et névrose d’angoisse par accès d’angoisse, liée à
l’hystérie, se produisant surtout chez les femmes. Le schéma causal est le
même que dans la neurasthénie. Freud parle de la dépression périodique
comme d’une troisième forme de névrose d’angoisse. Il interroge l’étiologie
Année 1893 25

héréditaire ou sexuelle de ces névroses. Il énonce pour conclure que les


névroses sont évitables mais incurables.

1893 (1888)
« Quelques considérations pour une étude comparative des
paralysies motrices organiques et hystériques » (écrit en français)
GW I, dans Résultats, idées, problèmes I, op. cit., p. 45-59

Il existe deux formes de paralysies motrices, la paralysie périphéro-spinale


que Freud nomme « paralysie de projection » et la paralysie cérébrale qu’il
nomme « paralysie de représentation ». Il se demande si l’hystérique simule
les caractères des deux paralysies organiques. Elle ne simule que les paraly-
sies organiques de représentation : manifestations excessives, distorsion. La
paralysie hystérique est d’une limitation exacte et d’une intensité excessive, elle
s’accompagne davantage de troubles de la sensibilité que les paralysies
organiques. Pour Charcot, la nature de la lésion hystérique est une lésion
corticale purement dynamique ou fonctionnelle. Elles ne persistent pas
après la mort (pas de traces) mais, bien que légères et fugaces, elles sont des
lésions organiques vraies.

« J’affirme par contre que la lésion des paralysies hystériques doit être tout
à fait indépendante de l’anatomie du système nerveux, puisque l’hystérie se
comporte dans ses paralysies et autres manifestations comme si l’anatomie n’exis-
tait pas, ou comme si elle n’en avait nulle connaissance. » Cette paralysie est une
altération d’une propriété fonctionnelle (par exemple, la diminution de l’ex-
citabilité ou d’une qualité physiologique). Il peut y avoir altération fonc-
tionnelle sans lésion organique.

Freud propose avec Janet de dire que c’est la conception populaire des
organes et du corps qui est en jeu dans les paralysies hystériques Cette
conception se fonde sur nos perceptions tactiles et visuelles et non sur une
connaissance de l’anatomie nerveuse. La lésion serait, selon Freud, l’abolition
de l’accessibilité de la conception du bras : « La valeur affective que nous attri-
buons à la première association d’un objet répugne à le faire entrer en asso-
ciation nouvelle avec un autre objet et, par suite, rend l’idée de cet objet inac-
cessible à l’association. [...] Le bras sera paralysé en proportion de la persistance de
cette valeur affective ou de sa diminution par des moyens psychiques appropriés. » Il
écrit encore que l’organe paralysé est engagé dans une association subcons-
ciente d’une grande valeur affective mais, dès lors que celle-ci est diminuée,
le bras est à nouveau fonctionnel. La conception du bras est reliée au trauma
26 RÉSUMÉ DES ŒUVRES COMPLÈTES DE FREUD

dans un contexte d’associations saturées. « Chaque événement, chaque


impression psychique est munie d’une certaine valeur affective (Affektbetrag),
dont le moi se délivre ou par la voie de réaction motrice, ou par un travail
psychique associatif. Si l’individu ne peut ou ne veut s’acquitter du surcroît,
le souvenir de cette impression acquiert l’importance d’un trauma et devient
la cause de symptômes permanents d’hystérie. » Si la conception de l’organe
reste fixée dans une association avec le souvenir du trauma et ne devient pas
libre, c’est parce que la valeur affective du trauma n’a pas été éliminée.

30 mai 1893
Lettre à Fliess
Freud demande son avis à Fliess sur le diagnostic posé et soumis à ce der-
nier. Il aurait souhaité étudier les mêmes cas que Fliess. Il est entièrement
d’accord avec lui sur la « névrose réflexe nasale ».

Entre avril et juin 1893


Lettre à Fliess : Manuscrit C, « Rapport sur la marche du travail »
Freud considère les travaux de Fliess comme très importants. Selon le désir
de Fliess, il se pose en critique. Il souhaiterait que Fliess mentionne, lors de
sa communication au Congrès médical de Wiesbaden, l’étiologie sexuelle
des névroses, Freud précise qu’il peut le citer comme collègue et ami sans
mentionner son nom car, dit-il, « je ne suis pas avide de gloire ».

10 juillet 1893
Lettre à Fliess
Freud demande à Fliess de lui expliquer le mécanisme physiologique de ses
constatations cliniques et souhaite lui présenter toutes ses trouvailles sur les
névroses. « Je te considère comme le Messie qui devra résoudre [...] le pro-
blème que j’ai posé. »

Écrit en août 1893


« Charcot »
GW I, dans Résultats, idées, problèmes I, op. cit., p. 61-73

Freud rend hommage à celui qu’il considère comme un éminent neurologue.


Il n’était pas un penseur mais un visuel. Il avait l’habitude de regarder les
Année 1893 27

choses avec insistance jusqu’à ce que l’éclairage lui soit révélé. Il aimait
« faire de la nosographie » selon son expression, c’est-à-dire un travail cli-
nique qui consiste à voir et à ordonner. Charcot faisait passer la clinique
avant la théorie et savait voir des formes pathologiques nouvelles. Il disait,
et ceci a fait forte impression sur Freud : « La théorie c’est bon, mais ça n’em-
pêche pas d’exister. » Freud souligne la clarté de son enseignement et le
« caractère plastique de ses descriptions », il évoque le charme magique de
son apparence et de sa voix ; c’était un travailleur infatigable. Ses confé-
rences étaient « un petit chef-d’œuvre de construction et d’articulation »
(p. 67), ses leçons cliniques étaient préparées et solennelles. Autres étaient ses
Leçons du mardi, moins travaillées et présentant des cas cliniques qui lui
étaient inconnus ; il se défaisait alors de son autorité.
Après l’anatomie pathologique, Charcot s’orienta vers l’hystérie à laquelle il
reconnaissait son authenticité et son objectivité. L’hystérique ne sait rien du
motif de son affect. Pour Charcot, « l’hérédité doit être prise comme cause
unique, l’hystérie est par conséquent une forme de la dégénérescence, un
membre de la famille névropathique. » Après avoir étudié les paralysies hys-
tériques survenant après des traumatismes, et en les reproduisant artificiel-
lement par l’hypnose (les patients étaient en état de somnambulisme), il par-
vint à prouver que ces paralysies résultaient de représentations dominantes
(Janet, Breuer partirent de ses résultats). Il y avait donc une surestimation de
l’hérédité, si bien « qu’il ne resta plus de place pour ce qu’il y a d’acquis dans
les neuropathies ». Freud ne manque pas de reconnaître les défauts d’une
telle conceptualisation, mais semble dire que ces failles sont nécessaires à
l’avancée de la science.

6 octobre 1893
Lettre à Fliess
Freud est ravi que Fliess ait apprécié son Charcot et en ait fait la lecture à sa
femme. Par ailleurs, il se rend compte que « les questions sexuelles » inté-
ressent et impressionnent les gens. Il lui décrit quatre nouveaux cas (deux
femmes, deux hommes) dont les symptômes s’originent dans le coït inter-
rompu. Freud se sent vieux (il a trente-sept ans) et trop occupé pour
apprendre quelque chose de nouveau.
28 RÉSUMÉ DES ŒUVRES COMPLÈTES DE FREUD

17 novembre 1893
Lettre à Fliess
Freud déduit que l’angoisse est une conséquence physique et non psychique
des abus sexuels

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