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1894

En 1894, Freud développe sa théorie des psychonévroses de défense, introduisant des formes d'hystérie qui remettent en question la conception de Janet sur le clivage de conscience. Il explore les mécanismes des obsessions et des phobies, reliant l'angoisse à des troubles de la sexualité et à une accumulation de tension physique non déchargée. À travers ses lettres à Fliess, Freud partage ses réflexions sur sa santé, ses travaux et la distinction entre névrose d'angoisse et neurasthénie.

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1894

En 1894, Freud développe sa théorie des psychonévroses de défense, introduisant des formes d'hystérie qui remettent en question la conception de Janet sur le clivage de conscience. Il explore les mécanismes des obsessions et des phobies, reliant l'angoisse à des troubles de la sexualité et à une accumulation de tension physique non déchargée. À travers ses lettres à Fliess, Freud partage ses réflexions sur sa santé, ses travaux et la distinction entre névrose d'angoisse et neurasthénie.

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1894

Minna, la sœur de Martha, s’installe avec les Freud au 19 Berggasse.

Janvier 1894
« Les psychonévroses de défense. Essai d’une théorie
psychologique de l’hystérie acquise de nombreuses phobies
et obsessions et de certaines psychoses hallucinatoires »
« Die Abwehr-neuropsychosen », GW I, dans Névrose, psychose et perversion,
trad. J. Laplanche, PUF, Paris, 1973, rééd. 1992 (8e éd.), p. 1-14

Freud modifie la théorie de la névrose hystérique : il prouve l’existence de


deux autres formes d’hystérie qui annulent la conception janétienne du
caractère primaire (faiblesse innée) du clivage de conscience chez l’hysté-
rique. Dans la première forme (hystérie hypnoïde), le clivage du contenu de
conscience résulte d’un acte volontaire du malade (l’intention du malade
n’atteint pas son but et provoque un clivage). La deuxième forme est l’hys-
térie de défense ou « acquise » due au caractère inconciliable d’une représen-
tation déclenchant un affect pénible dans le moi, si bien que le sujet ne
« traite » pas cette représentation et l’oublie : le sujet chasse la chose, écrit
Freud à propos des sensations sexuelles des femmes.
L’échec de l’oubli produit l’hystérie, l’obsession ou la psychose hallucina-
toire. Freud dit s’être fait une opinion en utilisant la psychologie courante :
« Le moi qui se défend se propose de traiter comme “non arrivée” la repré-
sentation inconciliable… » Il y a transformation de la représentation forte en
représentation faible qui dès lors perd son affect, mais la somme d’excitation
ainsi séparée doit être utilisée.
Jusque là, hystérie, phobies et obsessions fonctionnent à l’identique mais, dans
l’hystérie, cette somme d’excitation est rabattue sur le corps et Freud parle
alors de conversion : la représentation est alors inoffensive. Le moi s’est chargé
d’un « symbole mnésique » qu’il compare à un parasite revenant sans cesse :
« L’action de la méthode cathartique de Breuer consiste à provoquer intention-
nellement ce retour de l’excitation du corporel dans le psychique, afin
d’obliger à ce que la contradiction soit réglée par le travail de pensée, et l’exci-
tation déchargée par la parole. » L’hystérie se caractérise par sa « capacité de
30 RÉSUMÉ DES ŒUVRES COMPLÈTES DE FREUD

conversion », de transposition de grandes sommes d’excitation dans l’innerva-


tion corporelle (position qui l’éloigne du clivage de conscience chez Janet).

Dans une seconde partie, Freud expose le mécanisme des obsessions et des
phobies : quand le sujet ne peut pas avoir recours à la conversion, l’affect
séparé demeure dans le psychisme et se lie à d’autres représentations. Mais
cette « fausse connexion » se transforme en représentations obsédantes. La
vie sexuelle a produit cet affect pénible et l’obsession serait un substitut de la
représentation sexuelle inconciliable, la remplaçant dans la conscience. L’af-
fect de la représentation obsédante apparaît comme déplacé et transposé (dislo-
ziert et transponiert) et il s’agit alors de le retraduire dans le sexuel. L’affect dont
le moi a souffert est, contrairement à la conversion hystérique, inchangé.
Dans la troisième partie une autre forme de défense est examinée, différente
de la conversion hystérique et de la transposition dans les phobies et les obses-
sions. Dans ces deux cas la représentation était restée dans la conscience :
dans la première l’affect séparé est converti dans le corps, dans la seconde
l’affect est séparé mais demeure dans le psychisme.
Dans le mécanisme de la psychose, en revanche, le moi rejette la représenta-
tion et l’affect : Freud parle de « confusion hallucinatoire ». Le moi s’est
défendu contre la représentation insupportable (unerträglich) par la fuite
dans la psychose et, de ce fait, s’est séparé de la réalité. La confusion hallu-
cinatoire n’est pas compatible avec l’hystérie, pas plus qu’avec les obses-
sions. Pour terminer, Freud met l’accent sur la représentation qui possède les
caractères d’une quantité (augmentation, diminution, déplacement,
décharge) et qu’il compare à une charge électrique sur la surface des corps.

7 février 1894
Lettre à Fliess
Freud est surmené, Fliess lui manque. Il évoque la difficulté à établir des
liens entre névrose obsessionnelle et sexualité. Il achève le travail sur l’hys-
térie avec Breuer.

19 avril 1894
Lettre à Fliess
Freud dit se sentir le droit de parler à Fliess de son état de santé. Il dit avoir
besoin de subir l’influence de quelqu’un — Fliess, s’entend. En effet, Freud
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a décidé de cesser de fumer le cigare en raison de troubles cardiaques dont


il parla à Fliess ; celui-ci lui interdit alors de fumer après avoir diagnostiqué
une affection nasale. Il se contredit, écrit Freud, le soupçonnant de lui dissi-
muler son état : une myocardite, pense-t-il. Après l’arrêt, Freud fut victime
de graves troubles cardiaques qui survinrent deux à trois fois par jour,
accompagnés d’une dépression (idées de mort et d’adieu) remplaçant sa
« normale hyperactivité », il parle d’un état hypomaniaque. Il s’est adressé à
Breuer et Freud posa le diagnostic de myocardite chronique non imputable
à la nicotine.

21 mai 1894
Lettre à Fliess
Freud ne comprend pas comment un travail sur les diplégies, qu’il a écrit
sans grande conviction, obtint tant de succès alors que ses travaux intéres-
sants sur l’aphasie ou les idées obsessionnelles n’obtiendront pas le succès
escompté. Il expose les trois mécanismes de sa conception des névroses :
conversion des affects dans l’hystérie de conversion, déplacement de l’affect
dans les obsessions et transformation de l’affect dans les névroses d’angoisse
et la mélancolie. L’excitation sexuelle s’est modifiée, mais la cause n’est pas
forcément sexuelle. Il distingue alors les névroses acquises suite à des troubles
sexuels et les névroses héréditaires dont les affects sont héréditairement pertur-
bés. Il distingue quatre catégories de névroses : dégénérescence, sénilité,
conflit, conflagration. L’expression « affect sexuel » désigne une excitation
en quantité déterminée. Freud illustre sa thèse par un cas de dyspepsie
neurasthénique.

Sans date (mai 1894 ?)


Lettre à Fliess : Manuscrit D, « De l’étiologie et de la théorie
des grandes névroses »
Freud présente une classification des névroses puis, en seconde partie, la
théorie.

Sans date (juin 1894 ?)


Lettre à Fliess : Manuscrit E, « Comment naît l’angoisse »
L’angoisse des névrosés s’origine dans les troubles de la sexualité. La
névrose d’angoisse atteint autant les femmes frigides que les autres. Freud
32 RÉSUMÉ DES ŒUVRES COMPLÈTES DE FREUD

remarque que la source de l’angoisse (dans la sexualité) ne doit pas être


recherchée du côté du psychique, mais dans les faits d’ordre physique. Et
Freud de classer les faits pour lesquels l’angoisse a une cause sexuelle. La
névrose d’angoisse, comme l’hystérie, serait due à une excitation (accumu-
lation de tension sexuelle physique) frustrée, c’est-à-dire empêchée
(« décharge entravée », dit Freud).
Il voit le même mécanisme dans la mélancolie, qui accumule une grande
tension érotique psychique sans décharge. Une importante quantité de ten-
sion sexuelle physique produit de la libido psychique et prépare alors le coït.
Sinon, cette tension physico-psychique que Freud appelle « l’affect sexuel »
augmente excessivement et ne se transforme pas. L’affect psychique ne peut
se produire et, de ce fait, la tension se transforme en angoisse car elle n’a pas
été psychiquement « liée ».
Le névrosé d’angoisse souffre d’un manque d’affect sexuel, de libido psy-
chique. La tension sexuelle se transforme en angoisse lorsqu’elle ne subit pas
une transformation psychique en affect. Freud voit là un écart entre la sexua-
lité physique et la sexualité psychique. On assiste à une inhibition de la
décharge du physique au psychique. L’angoisse proviendrait de cette accu-
mulation de tension physique convertie en symptômes physiques. « Dans
l’hystérie, c’est une excitation psychique qui emprunte une mauvaise voie en
menant à des réactions somatiques. Dans la névrose d’angoisse, au contraire,
c’est une tension physique qui ne peut réussir à se décharger psychiquement
et qui continue, par conséquent, à demeurer dans le domaine physique. »

22 juin 1894
Lettre à Fliess
Freud est satisfait que Fliess lui ait écrit que son travail sur l’angoisse n’était
pas encore au point. Il aimerait publier un travail préliminaire sur la dis-
tinction entre névrose d’angoisse et neurasthénie. Il mentionne l’arrêt de ses
relations scientifiques avec Breuer.

18 août 1894
Lettre à Fliess : Manuscrit F, « Compilation III. Névrose d’an-
goisse : prédisposition héréditaire »
Freud fait part d’une étude de cas présentant des liens entre angoisse et
sexualité. Il évoque une hérédité chargée et parle d’une coïncidence entre
Année 1894 33

une libido réduite et une névrose d’angoisse. Son patient, du fait de l’utili-
sation du préservatif, aurait favorisé son propre affaiblissement sexuel psy-
chique en se dégoûtant du coït, d’où la production d’angoisse. Freud a le
souci de l’anamnèse clinique, il parle de « tableau clinique des symptômes »,
santé physique autant que psychique et hygiène de vie.

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