1892
28 juin 1892
Lettre à Fliess
Freud tutoie Fliess pour la première fois. Breuer est d’accord pour publier
avec Freud la théorie de l’abréaction et autres travaux sur l’hystérie.
4 octobre 1892
Lettre à Fliess
Freud possède un nouvel en-tête : « Dr Freud, consultations de 5 à 7 heures
au 19 Berggasse » (il a déménagé).
18 décembre 1892
Lettre à Fliess
« Le mécanisme psychique des phénomènes hystériques » va paraître le
1er janvier 1893 dans la Neurologisches Zentralblatt.
Fin 1892
Lettre à Fliess
Manuscrit A, « Problèmes » : le plan est envoyé à Fliess, ainsi qu’une série de
questions (thèses, séries d’observations, facteurs étiologiques).
Novembre 1892 (publié en 1940)
« Pour une théorie de l’attaque hystérique »,
en collaboration avec Josef Breuer
« Zur Theorie des hysterischen Anfalls », GW XVII, dans Résultats, idées, problèmes I,
op. cit., p. 25-28
Selon Charcot, on distingue quatre phases dans l’attaque hystérique : l’épilep-
toïde, les grands mouvements, la phase des attitudes passionnelles et le délire
terminal. Chacune de ces phases s’autonomise. Freud et Breuer considèrent la
20 RÉSUMÉ DES ŒUVRES COMPLÈTES DE FREUD
dissociation (clivage du contenu de la conscience) comme indispensable à
l’explication des phénomènes hystériques*.
Le contenu constant et essentiel d’une attaque hystérique est le retour d’un
état psychique que le malade a déjà vécu antérieurement, le retour d’un sou-
venir. La part essentielle de l’attaque hystérique est contenue dans la phase
des attitudes passionnelles. Ce processus psychique mnésique est mis en
évidence sous hypnose, il signale le retour du traumatisme psychique. Le
contenu de l’attaque constitue la reproduction hallucinatoire d’un événe-
ment lié au danger de mort**.
Le souvenir qui constitue le contenu de l’attaque est un souvenir incons-
cient, il appartient à l’état de conscience second. Si on parvient à faire ren-
trer ce souvenir dans la conscience normale, sa capacité à engendrer des
attaques disparaît.
* Freud évoque l’origine du contenu des attaques et les conditions détermi-
nantes pour qu’une expérience soit reçue dans la conscience seconde et non
dans la conscience normale. Il faut une répression de représentations ainsi
que d’impressions, elles accèdent alors à l’état de conscience second. Le sou-
venir revient sous forme d’attaque hystérique.
** Le système nerveux tente de maintenir constante une somme d’excitation
et décharge, par association ou par réaction motrice, tout accroissement d’ex-
citation. Ce sont des impressions auxquelles est refusée la décharge adéquate
(peur des combats psychiques, pudeur ou conditions sociales). Les auteurs
concluent sur cette définition du traumatisme psychique : « Devient trauma-
tisme psychique toute impression dont la liquidation par le travail mental
associatif ou réaction motrice offre des difficultés au système nerveux. »
1892 ? (publié en 1941)
« Notice III »
GW XVII, dans Résultats, idées, problèmes I, op. cit., p. 29-30
Les souvenirs des hystériques se laissent ranimer dans l’hypnose avec une
intensité hallucinatoire. On entend des souvenirs d’incidents lors de cata-
plexie d’effroi, de demi-rêves, d’autohypnose sans relation associative avec
la conscience normale. Il y a ainsi une dissociation temporaire du contenu
conscient et un éclatement des complexes de représentations qui ne se trou-
vent pas dans une relation associative. Les états hypnoïdes surgissent soit
spontanément soit provoqués par des facteurs extérieurs. « Notre thérapie
consiste à annuler les effets des représentations non abréagies », soit en lais-
Année 1892 21
sant le traumatisme se réanimer dans le somnambulisme : « nous l’abréa-
gissions et le corrigions », soit sous hypnose légère en le tirant dans la
conscience normale.
1892-1893
« Un cas de guérison hypnotique avec des remarques sur
l’apparition de symptômes hystériques par la “contre-volonté” »
« Ein Fall von hypnotischer Heilung nebst Bemerkungen über die Entstehung
hysterischer Symptom durch den “Gegenwiller” », GW I », dans Résultats, idées,
problèmes I, op. cit., p. 31-43
Freud évoque la notion de contre-volonté dans l’hystérie : les représenta-
tions de contraste pénibles s’établissent comme « contre-volonté ». Les hys-
tériques font le contraire de ce qu’on leur a demandé.