DASPI2027
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INTRODUCTION
Le droit des affaires est une branche du droit qui régit les activités économiques et commerciales
des entreprises. C'est une branche du droit privé même s'il existe par ailleurs un « droit public
des affaires ». Il couvre un large éventail de domaines juridiques et se superpose souvent avec
d'autres branches du droit, notamment le droit fiscal, le droit des sociétés, la propriété
intellectuelle et le droit international privé. Son objectif principal est d'établir un cadre juridique
qui facilite et régule les transactions commerciales tout en assurant l'équité et la protection des
parties impliquées.
Le Droit des affaires traite des contrats commerciaux, des actes de commerce, de la
concurrence, de la propriété intellectuelle et de la gestion des entreprises. Il crée un ensemble
de règles qui établissent les droits et les responsabilités des entreprises, des actionnaires, des
partenaires commerciaux et des consommateurs.
Le droit de la concurrence repose sur des règles législatives et règlementaires dont l’objectif est
de favoriser une saine concurrence entre les entreprises, en décourageant diverses pratiques
abusives. Le droit de la concurrence complète les règles applicables en matière de propriété
intellectuelle.
Le droit des sociétés, ou droit commercial des sociétés, est une branche du droit privé. Il
réglemente les relations juridiques entre les personnes qui conviennent de mettre en commun
leurs ressources en vue de partager les bénéfices résultant de leurs activités économiques. Il
fournit un cadre juridique pour la création et le fonctionnement des sociétés, qu'elles soient
composées de deux associés ou de plusieurs personnes. Les règles du droit des sociétés sont en
grande partie énoncées dans le Code de commerce et le Code civil.
Le droit des sociétés constitue une branche essentielle du droit des affaires. Elle est régie par
un ensemble de règles et de réglementations qui encadrent la création, la constitution, le
fonctionnement et la dissolution des entités commerciales et des entreprises. Cette discipline
juridique englobe un large éventail de formes de sociétés, telles que les sociétés anonymes, les
sociétés à responsabilité limitée, les sociétés par actions, les sociétés civiles…
Le droit des affaires sert à réguler et faciliter les activités économiques des entreprises. De la
protection de la propriété intellectuelle à la gestion des contrats commerciaux en passant par les
défis fiscaux et internationaux, cette branche du droit continue d'évoluer pour répondre aux
besoins changeants du monde des affaires.
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
Le droit de propriété : c’est un monopole reconnu à un individu sur une chose, la faculté d’en
user de façon exclusive (v. C. civ., art. 544). La propriété intellectuelle est un volet du droit des
affaires, visant à protéger les créations intellectuelles. Les entreprises s'appuient sur la propriété
intellectuelle pour sécuriser leurs innovations et pour préserver leur avantage concurrentiel. Le
droit de la propriété intellectuelle est composé de la propriété littéraire et artistique et propriété
industrielle.
Les compétences dans le Droit des affaires et des sociétés et de la propriété intellectuelle :
Que les entreprises soient capables de gérer les litiges liés à la contrefaçon et la liberté
d’exploitation dans le pays et à l’étranger.
La propriété intellectuelle est importante pour tous partout dans le monde. Quel est le
fondement du Droit de la propriété intellectuelle ?
La propriété intellectuelle a ses sources et une histoire longue et agitée, sur les plans juridique,
technologique et politique.
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Aux XIVe et XVe siècles, la délivrance de brevets pour des monopoles, par opposition aux
innovations, était en gros identique sur le continent et en Grande-Bretagne. Des concessions
spécifiques semblables à l’octroi des privilegi à Venise n’étaient pas du tout inconnues, et une
trace a été trouvée dans les archives légales de nombreux pays. Mais, le 19 mars 1474, Venise
se singularisa lorsque le Sénat promulgua un décret où, pour la première fois, les brevets étaient
soumis à une loi générale, plutôt qu’à un système de demande et d’accord individuels.
« Il y a dans cette cité et dans ses environs, attirés par son excellence et sa grandeur, de
nombreux hommes de diverse origine, à l’esprit des plus inventifs et capables d’imaginer et de
découvrir des machines variées et ingénieuses. S’il était stipulé que personne d’autre ne pourrait
s’approprier leurs travaux pour accroître sa propre réputation ou fabriquer les machines
imaginées par ces hommes, ces derniers exerceraient leur ingéniosité, et découvriraient et
fabriqueraient des choses qui ne seraient pas d’un mince intérêt et d’un mince avantage pour
notre Etat. »
« Il est en conséquence promulgué par l’autorité de ce corps que quiconque dans cette cité
fabrique une machine nouvelle et ingénieuse, qui n’avait jamais auparavant été fabriquée dans
les frontières de notre juridiction, est tenu de l’enregistrer au bureau des Provveditori di
Comun dès qu’elle a été mise au point, afin qu’il soit possible de l’utiliser.
Il sera interdit à toute autre personne de notre territoire de faire une autre machine identique ou
ressemblante à celle-ci sans l’accord ou la licence de l’auteur, pendant dix ans. Si quelqu’un le
fait, l’auteur aura la possibilité de l’assigner devant tout service de cette cité, qui pourra faire
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payer cent ducats au contrevenant, dont la machine sera détruite. Toutefois notre gouvernement
pourra, s’il le désire, confisquer pour son propre usage toute machine ou instrument, à la
condition que personne d’autre que les auteurs ne puisse les utiliser. »
Si l’homme a toujours inventé, ce n’est que tardivement qu’il a protégé ses inventions.
L’Antiquité voit bien une première trace de monopole obtenue par les cuisiniers de la ville de
Sybaris. Mais, il ne s’agit pas encore de brevet. Le corporatisme qui domine l’artisanat à partir
du Moyen Age va retarder les débuts de la Propriété Industrielle en France, alors qu’elle est
ébauchée dès 1474 à Venise et au début du XVIIe siècle en Angleterre. C’est au Siècle des
Lumières, grâce aux Encyclopédistes qui mettent les techniques à la mode, que sont nées les
premières lois modernes protégeant les inventions. Le 7 janvier 1791, Louis XVI signe la loi
du chevalier de Boufflers « relative aux découvertes utiles et aux moyens d’en assurer la
propriété à ceux qui seront reconnus en être les auteurs ».
Pour les autres auteurs, il leur fallut attendre 1793 pour obtenir, en pleine Terreur
conventionnelle, le vote, au rapport de Lakanal, d’une loi (ou décret) des 19 et 24 juillet 1793
(an II), consacrant un monopole d’exploitation sur la reproduction (et la représentation ?) de
leurs œuvres, leur bénéficiant leur vie durant et à leurs héritiers ou cessionnaires, encore dix
ans après leur mort. Ces deux lois sont bien rédigées et concises (ainsi, chacune d’elles n’a que
sept articles, alors que la situation des auteurs y est clairement réglée : droit exclusif sur la
représentation et la reproduction des œuvres de l’esprit). Aussi, quoique non intégrées, en 1804,
dans le Code civil, leur pérennité sera exceptionnelle : elles resteront en vigueur près de cent
soixante-dix ans, donnant lieu à une jurisprudence de qualité et n’étant modifiées que sur des
modalités au cours du XIXe siècle, notamment par la loi du 14 juillet 1866 qui a porté à
cinquante ans après la mort de l’auteur, toutes disciplines confondues, la poursuite du monopole
au bénéfice de ses ayants droit. Dans la première moitié du XXe siècle, des lois importantes
interviendront, mais jamais pour remettre en cause les lois intermédiaires :
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1910 : distinction de l’œuvre d’art et de son support, l’artiste cédant le second, ne transmettant
pas pour autant les droits d’auteur sur la première ;
1925 : dépôt légal purement administratif, i.e. protection de l’œuvre sans nécessité d’accomplir
une formalité.
C’est dans ces conditions que, notamment, le droit exclusif fut étendu à la radiodiffusion, que
fut élaboré le statut de l’œuvre de cinéma, etc.
Bien plus, la jurisprudence n’hésita pas à créer, de toutes pièces, un droit nouveau : le droit
moral, destiné à préserver le lien existant entre l’auteur et son œuvre1.
Ensuite, le Droit positif français se décomposait en deux importants édifices législatifs : la loi
du 11 mars 1957 et celle du 3 juillet 1985. Ces deux textes ont été abrogés en juillet 1992 et
remplacés par un Code de la propriété intellectuelle, qui a (à peu près) repris toute leur
substance.
Une loi du 3 juillet 1985 est entrée en vigueur le 1er janvier 1986. Le texte régissait les œuvres
publicitaires, les droits voisins, créait une redevance sur les supports vierges, institutionnalisait
les sociétés chargées de défendre les droits des travailleurs intellectuels, les programmes
d’ordinateurs étaient hissés au rang d’œuvres de l’esprit. Sur le fond, la loi était assez moderne
et le statut promulgué apparaissait utile et juste. Sur la forme, en revanche, force est de constater
que la rigueur des textes passés est bien loin, tant par la lourdeur des phrases et articles, que par
le vocabulaire employé, parfois obscur. En outre, en tâchant de réglementer les nouvelles
techniques au jour où il statue, le législateur a pris le risque de voir son texte rapidement frappé
d’obsolescence.
1
V. un des arrêts fondateurs, Bordeaux, 24 août 1863, DP, 1864. 2. 77 : la cession des droits 5
sur l’œuvre « ne donne pas au cessionnaire le droit d’en disposer de la manière la plus absolue,
par ex. d’y faire des changements, additions ou suppressions, susceptibles d’en altérer la forme
et la valeur ».
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Les sources du droit de la propriété intellectuelle sont multiples ; outre les sources nationales
habituelles, de nombreuses dispositions supranationales façonnent le droit de la propriété
intellectuelle.
A La source doctrinale
Une source doctrinale est un ensemble des théories et des avis des différents auteurs. Exemple
en 1888, selon Emile Beaussire, à la page 320 de son ouvrage intitulé « les principes du Droit »,
« la légitimité de la propriété intellectuelle, reconnue comme propriété privilégiée. Le travail
de l’esprit a droit à un salaire, aussi bien que celui des mains. »
Déjà, au 17e siècle, Locke énonce que le droit à la jouissance de ses biens fait partie d’un droit
fondamental. En effet, la propriété privée est nécessaire pour la conservation de la vie et
l'exercice de sa dignité humaine. Il y a donc un droit de posséder tout ce qui est nécessaire à la
subsistance. Néanmoins, puisque le monde a été donné en commun aux hommes par Dieu, il
faut expliquer la légitimité de l'appropriation individuelle :
« Bien que la terre et toutes les créatures inférieures appartiennent en commun à tous les
hommes, chaque homme est cependant propriétaire de sa propre personne. Aucun autre que lui-
même ne possède un droit sur elle, le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains lui
appartiennent en propre. Il mêle son travail à tout ce qu'il fait sortir de l'état dans lequel la nature
l'a laissé, et y joint quelque chose qui est sien. Par-là, il en fait sa propriété. Cette chose étant
extraite par lui de l'étant commun où la nature l'avait mise, son travail lui ajoute quelque chose,
qui exclut le droit commun des autres hommes. »
Des nains sur des épaules de géants (en latin : Nanos gigantum umeris insidentes) est une
métaphore attribuée à Bernard de Chartres, maître du XIIe siècle, utilisée pour montrer
l'importance pour toute personne ayant une ambition intellectuelle de s'appuyer sur les travaux
des grands penseurs du passé (les « géants »). « Bernard de Chartres parlait que nous sommes
comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus
lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur,
c’est parce que nous sommes élevés par eux ». Il faut rendre hommage aux prédécesseurs en
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imitant les Anciens, de reconnaître la dimension cumulative du savoir, d'exprimer une foi dans
les capacités de perfectionnement humain, et enfin de reconnaître un progrès doctrinal.
B La constitution
D’après l’article L111-1 de la Constitution française, l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur
cette œuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable
à tous. Et l’article 26 de la Constitution malagasy actuelle dispose que « Tout individu a le droit
de participer à la vie culturelle de la communauté, au progrès scientifique et aux bienfaits qui
en résultent. L'Etat assure, avec le concours des Collectivités territoriales décentralisées, la
promotion et la protection du patrimoine culturel national ainsi que de la production
scientifique, littéraire et artistique. L'Etat, avec le concours des Collectivités territoriales
décentralisées, garantit le droit de propriété intellectuelle. »
C. Les Lois
Le droit de la propriété intellectuelle comporte des attributs qui sont déterminés par les livres
Ier et III du code de la propriété intellectuelle Français. A Madagascar, la Loi n°94-036 porte
sur la Propriété Littéraire et Artistique, et la Loi n°2017-049 régit le régime de protection de la
propriété industrielle du pays.
Il n’y a pas que la loi ou les directives qui fondent le droit d’auteur. Outre la jurisprudence
judiciaire, essentielle, on trouve des sources administratives importantes : ainsi, d’une foule de
décrets comme le décret N° 84-389 du 13 novembre 1984 portant création de l’Office Malagasy
du Droit d’auteur (OMDA), le décret N° 2018-069 qui régit le règlement général de perception
des droits d'auteur et des droits voisins, et le décret n° 2022 - 587 qui porte sur la réorganisation
de l'Office Malgache de la Propriété lndustrielle ou « OMAPI », des arrêtés d’extension et des
contrats collectifs qui s’y rapportent (vogue excessive, v. en dernier lieu arrêté du 15 oct. 2019
en matière de contrats audiovisuels et la généralisation de ces accords dans l’ord. du 12 mai
2021 transposant la directive du 17 avr. 2019) ; des « positions » et autres recommandations,
lignes directrices, etc., mises en ligne par les autorités administratives nationales ou
européennes et censées être suivies par les professionnels des industries culturelles, des avis
des AAI ; de la compétence incidente du Conseil d’État (ex. statut fiscal ou social des auteurs,
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Les sources de droit sont la Constitution, les lois nationales, les règlements et directives
européennes, mais également les accords internationaux. Néanmoins, la jurisprudence peut
permettre l’interprétation ou la délimitation de certains textes ou droits mais également apporter
une solution juridique lorsque les sources classiques de droit n’en prévoient pas.
Ces « normes » jurisprudentielles peuvent être amenées à changer, soit en raison du législateur,
soit du fait d’un revirement de jurisprudence. Un changement de jurisprudence peut ainsi
conduire à modifier l'interprétation d'un point de droit précis. Une telle modification peut
parfois avoir des effets importants.
Les juridictions, par exemple, la Cour de justice de l’Union européenne ou la Cour de cassation
sont amenées à se prononcer sur des sujets très divers dans tous les domaines du droit de la
propriété intellectuelle (droit des brevets, droit des marques, droit des dessins et modèles, droit
d’auteur, etc.).
Le droit de la propriété intellectuelle est essentiel pour les entreprises, il permet de renforcer
leur position sur le marché. La matière donne lieu à de nombreux contentieux, voici un aperçu
de quelques décisions jurisprudentielles.
Dans un arrêt du 30 mai 2012, opposant Louboutin à Zara France, les juges de la Cour de
cassation ont confirmé l’annulation de la marque semi-figurative associée à la description :
Semelle de chaussure de couleur rouge.
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N’existant pas de définition de l’œuvre d’esprit au niveau européen, les juges des États
membres apprécient cette notion au regard de leurs droits nationaux. Cependant, la Cour pose
une limite en rappelant que la protection par le droit d’auteur concerne les créations qui
expriment l’esprit du créateur et ainsi, qu’on ne peut qualifier d’œuvres intellectuelles celles
qui ne peuvent s’appuyer sur aucun support. Ainsi, la saveur ou l’odeur d’un produit ne peut
être qualifiée d’œuvre (Cour de justice de l’Union européenne, 13 novembre 2018, C-310/17).
Après quelques années de batailles judiciaires, les juges ont finalement décidé de rejeter la
demande de nullité en considérant que l’élément figuratif du papillon assemblé au nom de la
marque permettait de confirmer le caractère distinctif qui doit être déterminer sur l’ensemble
de la marque. De plus, les juges ajoutent que l’usage continu de la marque permettait également
d’écarter le caractère frauduleux de la marque (Cour d’appel de Paris, 17 septembre 2021,
n°19/20427).
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Il est essentiel de suivre l’actualité juridique puisque le droit, en général, est en constante
évolution. Le droit de la propriété intellectuelle n’y échappe pas notamment avec le
développement des nouvelles technologies.
Par exemple, le 30 juillet 2021, la Cour Fédérale d’Australie a autorisé un brevet ayant pour
inventeur une intelligence artificielle alors que, dans des décisions précédentes, les offices
européens, anglais et américain avaient refusé de reconnaître cette qualité à cette même
machine. Ce type de questions pourrait devenir de plus en plus fréquent et les différents États
et communautés risquent de devoir adapter leurs règles de droit.
De plus, des conventions internationales ont été signées par les Etats afin d’harmoniser leurs
règles de droit comme la Convention international de Paris de 1983 ou encore l’accord ADPIC
de 2014.
Au niveau européen, le droit des marques a fait l’objet d’un traitement relativement abouti et
complet, dans un souci d’harmonisation des normes entre États membres, comme dans de
nombreux domaines. On peut par exemple citer la directive 2015/2436 du 16 décembre 2015
relative au droit des marques, transposé dans le droit national français par la loi PACTE du 13
novembre 2019.
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Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques, 9 septembre 1886,
modifiée à plusieurs reprises. 168 parties contractantes administrée par l’Organisation mondiale
de la propriété intellectuelle.
Accord sur les ADPIC (Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce
y compris le commerce des marchandises de contrefaçon) – Annexe 1C de l’Accord de
Marrakech instituant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Entré en vigueur le 1er
janvier 1996. 161 membres administré par l’Organisation mondiale du commerce.
Traité de l’OMPI sur les interprétations et exécutions et les phonogrammes, 20 décembre 1996.
94 parties contractantes administré par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
Traité de Beijing sur les interprétations et exécutions audiovisuelles, 24 juin 2012. Entré en
vigueur le 28 avril 2020, administré par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
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Directive 92/100 du 19 novembre 1992 relative au droit de location et de prêt et à certains droits
voisins du droit d’auteur dans le domaine de la propriété intellectuelle, codifiée par la directive
2006/115/CE du 12 décembre 2006.
Directive 96/9/CE du 11 mars 1996 concernant la protection juridique des bases de données.
Directive 2001/84/CE du 27 septembre 2001 relative au droit de suite au profit de l’auteur d’une
œuvre d’art originale.
Directive 2012/28/UE du 25 octobre 2012 sur certaines utilisations autorisées des œuvres
orpheline.
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Règlement (CE) n° 207/2009 du Conseil du 26 février 2009 modifié par le règlement 2015/2424
du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2015, sur la marque communautaire
Règlement (CE) n° 6/2002 du Conseil du 12 décembre 2001, sur les dessins ou modèles
communautaires.
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Les ADPIC vont des marques commerciales aux brevets en passant par les droits d’auteur. Une
fois négociées, les règles du protocole sur la propriété intellectuelle (PI) de l’AfCTFA seront
mises en œuvre et appliquées par les gouvernements locaux.
Les normes minimales énoncées dans l’Accord sur les ADPIC ne sont pas contraignantes pour
les États observateurs et les États non Membres de l’OMC. En revanche ces pays sont liés par
d’autres accords internationaux auxquels ils sont partis, dont certaines dispositions ont été
intégrées dans l’Accord sur les ADPIC dans le cadre de son article 2. L’Accord sur les ADPIC
prévoit l’application du mécanisme de règlement des différends de l’OMC. Il permet en outre
aux États Membres de prendre part à des négociations sur des questions émergentes et urgentes
au Conseil des ADPIC. Cette possibilité peut être utilisée par les pays en développement pour
défendre leurs intérêts.
• La coopération et le partage des données d’expérience, comme dans les initiatives menées par
l’Union africaine (UA) et les communautés économiques régionales ;
• Les systèmes régionaux de dépôt, tels que l’Organisation régionale africaine de la propriété
intellectuelle (ARIPO) ;
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• La loi type de 2000 qui sert de référence pour l’élaboration de la législation nationale et peut
être utilisée en lieu et place de la Convention (révisée) pour la protection des obtentions
végétales de l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales.
Les communautés économiques régionales (CER) ont adopté les instruments de propriété
intellectuelle suivants :
• La politique régionale 2018 de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) sur l’utilisation des
flexibilités prévues par l’Accord sur les ADPIC liées à la santé publique. La CAE a également
établi un projet de politique relative à la propriété intellectuelle qui n’a pas encore été adopté ;
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membres, principalement des pays francophones. Son Accord de Bangui est une loi-cadre sur
la propriété intellectuelle portant sur l’acquisition, le maintien et l’application des DPI. Vers la
mise en place d’une zone d’investissement commune au sein de la Zone de libre-échange
continentale africaine.
Depuis le début des travaux préparatoires des négociations relatives à la ZLECAf, les droits de
propriété intellectuelle sont considérés comme un élément clé pour stimuler le commerce intra-
africain. C’est la raison pour laquelle ils se sont vu attribuer un rôle de premier plan dans le
cadre de l’Agenda 2063, l’objectif étant de renforcer le capital humain et social de l’Afrique
par une révolution des compétences fondée sur la science, la technologie et l’innovation
(aspiration 1 de l’Agenda 2063). Cet appel fait écho à l’ambition d’« accélérer les progrès vers
l’unité et l’intégration continentale pour une croissance soutenue, le commerce, les échanges
de biens et de services, la libre circulation des personnes et des capitaux » (aspiration 2 de
l’Agenda 2063). Lorsque les négociations relatives à la ZLECAf ont été lancées, les droits de
propriété intellectuelle ont été considérés comme l’un des piliers de la ZLECAf, conformément
aux recommandations du Comité de haut niveau sur le commerce africain.
La propriété intellectuelle désigne un ensemble de droits ayant pour objet certains biens
incorporels (des créations intellectuelles, mais aussi des signes distinctifs) et conférant à leur
titulaire des droits exclusifs.
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assoit les règles relatives à la variété des contrats spéciaux sur le socle de la théorie générale
des obligations.
Une exclusivité juridique est reconnue à des créations, tantôt sans aucun formalisme (pour la
protection des œuvres), tantôt au terme d’une longue et complexe procédure d’enregistrement
(pour la protection des inventions).
Ce cours s’appuiera donc sur la présentation binaire des droits qu’adopte la législation sur la
propriété intellectuelle : le droit de la propriété littéraire et artistique d’une part, et le droit de la
propriété industrielle, d’autre part.
Néanmoins, il serait réducteur de s’en tenir au constat d’une pluralité donnant à penser que rien
ne relie ces différents éléments. La propriété littéraire et artistique comme la propriété
industrielle sont nées sur les mêmes fonts baptismaux postrévolutionnaires et sont confrontées,
encore aujourd’hui, à des formes de contestations économiques et sociales assez comparables.
En outre, au plan juridique, bien des aspects de ces différentes branches ont été harmonisés ; il
en va ainsi, par exemple, de l’action en contrefaçon qui sanctionne l’atteinte portée aux
différents droits de propriété intellectuelle.
Le droit de la propriété intellectuelle est le droit qui protège les droits immatériels. Il peut se
définir en deux temps, d’une part par ce qu’il ne contient pas et d’autre part par ce qu’il couvre.
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
Par exemple, des conditions générales dont la protection est refusée sur le fondement du droit
d’auteur peuvent être indirectement protégées sur le fondement de la concurrence déloyale si
elles sont reprises par un concurrent.
IV. Le droit à « l’image des biens » est une branche de la responsabilité délictuelle.
Ce droit existe dans la mesure où la Cour de cassation reconnaît le droit à réparation suite au
préjudice causé par l’exploitation de l’image d’un bien causant un trouble anormal à son
propriétaire. Il est cependant limité et n’est pas inclus dans le droit de la propriété intellectuelle.
le droit d’auteur, le droit des marques de fabrique ou de commerce, le droit des dessins et
modèle, et le droit des brevets, les indications géographiques, les schémas de configuration de
circuits intégrés, la protection des renseignements confidentiels et le contrôle des pratiques
anticoncurrentielles dans les licences contractuelles.
Les indications géographiques et les appellations d’origine sont des signes utilisés sur des
produits provenant d’une aire géographique déterminée et qui possèdent des qualités, une
renommée ou des caractéristiques dues essentiellement à ce lieu d’origine. Dans la plupart des
cas, l’indication géographique contient le nom du lieu d’origine des produits.
Les secrets d’affaires sont des droits de propriété intellectuelle portant sur des renseignements
confidentiels pouvant être vendus ou faire l’objet de licences. L’acquisition, l’utilisation ou la
divulgation non autorisée de ce type de renseignements secrets, d’une manière contraire aux
pratiques commerciales honnêtes est considérée comme une pratique déloyale et comme une
violation de la protection du secret d’affaires.
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
les droits voisins du droit d’auteur, le droit sui generis des bases de données, les topographies
de semi-conducteurs, les obtentions végétales et les certificats d’utilité.
Les formes de protection sui generis qui sont adaptées à certaines créations sont appropriées
pour les savoirs traditionnels et les expressions culturelles traditionnelles. En témoigne la loi
type de l’UA sur la protection des droits des communautés locales, des agriculteurs et des
obtenteurs, et sur la réglementation de l’accès aux ressources biologiques (2000), ainsi que le
protocole de Swakopmund sur la protection des savoirs traditionnels et des expressions du
folklore (2010) de l’Organisation régionale africaine de la propriété intellectuelle (ARIPO).
§3- Tableaux récapitulatifs des droits des propriétés intellectuelles et des autres droits
proches selon la législation française.
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
Autres droits :
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
Le système international de protection de la propriété intellectuelle s’est peu à peu mis en place
à compter des années 1880. La protection internationale de la propriété intellectuelle repose
avant tout sur les principes de traitement national, de traitement de la nation la plus favorisée,
de protection indépendante, de normes de protection minimale, de priorité, de transparence et
d’intérêt public. Ces principes produisent des effets aux niveaux international et national.
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
Le traitement de la nation la plus favorisée est un principe unique, inscrit dans l’Accord sur les
ADPIC. Il s’agit d’un principe traditionnel issu du GATT, qui ne se trouve dans aucune autre
convention sur la propriété intellectuelle. Ce principe est largement appliqué car tout pays
souhaitant adhérer à l’OMC doit signer l’Accord sur les ADPIC, l’un des trois piliers de l’OMC.
Le traitement de la nation la plus favorisée signifie qu’en ce qui concerne la protection de la
propriété intellectuelle, tous avantages, faveurs, privilèges ou immunités accordés par un
membre aux ressortissants de tout autre pays seront, immédiatement et sans condition, accordés
aux ressortissants de tous les autres États membres. La notion de traitement de la nation la plus
favorisée peut facilement se confondre avec celle de traitement national. Le principe du
traitement national exige que les ressortissants étrangers bénéficient du même traitement que
les ressortissants nationaux, supprimant ainsi les différences de traitement entre ressortissants
étrangers et ressortissants du pays. Selon le principe de traitement de la nation la plus favorisée,
en revanche, les ressortissants de différents pays doivent être traités de manière homogène. Par
exemple, un pays doit accorder aux ressortissants américains ce qu’il accorde aux ressortissants
allemands et japonais exerçant une activité commerciale dans ce pays, sans nuire aux
ressortissants de tout État membre. Le principe du traitement de la nation la plus favorisée vise
à aplanir les différences de traitement entre ressortissants étrangers.
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DROIT DES AFFAIRES ET DES SOCIETES ET DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE/ENSEIGNANTE : DOCTEURE FALY.
Ce principe signifie que les normes de protection de la propriété intellectuelle, stipulées dans
un traité international, devraient constituer le niveau minimal de protection assuré par les pays
membres et que ces pays peuvent fournir d’eux-mêmes une protection de plus haut niveau ou
plus étendue. Le traité international ne définit qu’une “obligation minimale”. Si un pays propose
d’assumer des obligations plus lourdes, ceci est considéré comme un acte volontaire. Ce pays
assumera, de son plein gré, ces obligations qui ne sauraient être imposées aux pays membres.
Les niveaux de protection de la propriété intellectuelle sont étroitement liés au développement
économique du pays. Il est irréaliste d’exiger d’un pays sous développé qu’il fixe des normes
de protection aussi élevées que celles d’un pays développé. D’autres assouplissements en
matière de propriété intellectuelle peuvent être nécessaires.
Un traité international n’est possible que si toutes les parties s’accordent, lors de négociations,
sur des normes minimales acceptables. Aucun traité international ne saurait exister sans
compromis ou concession.
§5 Le principe de priorité
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donc être difficile pour le demandeur de déposer sa demande dans tous les pays en même temps.
S’il ne le fait pas, quelqu’un d’autre risque de déposer la même demande et ainsi le devancer.
Pour résoudre ce problème, la Convention de Paris prévoit un système de priorité selon lequel
les demandeurs d’inventions, de modèles d’utilité, de dessins et modèles industriels ou de
marques, déposés dans un pays membre, jouissent d’un droit de priorité pour déposer les mêmes
demandes dans d’autres pays membres dans un délai prescrit. Autrement dit, la date du premier
dépôt dans un pays membre sera considérée comme la date de priorité pour tout dépôt ultérieur
dans d’autres pays membres et sera utilisée comme la date de début pour les recherches sur
l’état de la technique et l’octroi des droits, qu’une autre partie ait déposé ou non la même
demande dans le délai précité. Par exemple, si un demandeur dépose une demande de brevet
dans un pays le 5 janvier 2018 et dépose la même demande dans un autre pays membre le 7 mai
2018, le 5 janvier 2018 sera la date de priorité qui s’appliquera pour le dépôt ultérieur. Le délai
de priorité dépend du type de droit de propriété intellectuelle : 12 mois pour les inventions et
les modèles d’utilité, six mois pour les dessins et modèles industriels et pour les marques.
§6 Le principe de transparence
Le principe de transparence, qui est l’un des fondements de l’Accord sur les ADPIC, a pour
objectif de garantir la stabilité et la prévisibilité de l’environnement commercial. Selon ce
principe, tous les pays membres devraient gérer leur commerce extérieur de manière plus
transparente. Les lois et réglementations, accords commerciaux, décisions de justice et
décisions administratives d’application universelle doivent être rendues publiques, sauf dans
les cas où une telle publication nuirait à l’activité visant à faire respecter la loi, serait contraire
à l’intérêt public ou porterait préjudice aux intérêts commerciaux légitimes des parties
concernées
Le principe d’“intérêt public” signifie que la protection et l’exercice des droits de propriété
intellectuelle doivent être mis en balance avec l’intérêt public et qu’un équilibre doit être assuré
entre les intérêts des titulaires de droits et le grand public. Dans les conventions sur la propriété
intellectuelle, la protection de l’intérêt public est souvent assurée par un système prévoyant des
éléments de flexibilité pour l’application des droits de propriété intellectuelle, comme l’octroi
de licences obligatoires de brevets ainsi que des limitations et exceptions au droit d’auteur.
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Dans son préambule, l’Accord sur les ADPIC reconnaît “les objectifs fondamentaux de
politique générale publique des systèmes nationaux de protection de la propriété intellectuelle,
y compris les objectifs en matière de développement et de technologie”. Il reconnaît “aussi les
besoins spéciaux des pays les moins avancés Membres en ce qui concerne la mise en œuvre des
lois et réglementations au plan intérieur avec un maximum de flexibilité pour que ces pays
puissent se doter d’une base technologique solide et viable”. L’article 7 stipule : “La protection
et le respect des droits de propriété intellectuelle devraient contribuer à la promotion de
l’innovation technologique et au transfert et à la diffusion de la technologie, à l’avantage mutuel
de ceux qui génèrent et de ceux qui utilisent des connaissances techniques et d’une manière
propice au bien-être social et économique, et à assurer un équilibre de droits et d’obligations.”
Lexique :
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Cumul de protection : permet à un dessin ou à modèle d’être protégé à la fois au titre des dessins
et modèles et au titre du droit d’auteur.
Disponible (marque) : signe qui n’est pas déjà déposé ou trop proche d’une marque déposée.
Distinctive (marque) : signe qui permet de distinguer un produit des produits de même nature
proposés par les concurrents.
Know-How : savoir-faire.
Monopole d’exploitation : période pendant laquelle le titulaire d’un brevet, d’une marque ou
d’un modèle a le droit d’interdire aux tiers, d’exploiter, de vendre ou de licencier son titre.
Revendication : partie du brevet où est décrit ce pourquoi il faut précisément une protection.
Saisie Contrefaçon : procédure qui permet de saisir un produit soupçonné d’être contrefait afin
de servir de preuve.
La propriété industrielle regroupe les marques, les brevets, les dessins et modèles. Elle est l’un
des piliers du développement économique et de la création d’emploi. En donnant un droit de
propriété et un monopole d’exploitation aux inventeurs et aux innovateurs, elle leur permet de
rentabiliser leurs recherches et les incite à les poursuivre.
1 - L’entreprise et l’innovation
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A côté des organismes, publics ou privés, dont la recherche est la finalité, la plupart des grandes
entreprises ont des services dits de « R et D » (recherche et développement) plus ou moins
importants suivant leur nature et l’objet de leur production. Les petites entreprises sont souvent
innovatrices même si elles ne possèdent pas de services de Propriété Industrielle. La créativité
fait la force d’un tissu industriel, et très naturellement, il faut protéger les résultats obtenus.
La plupart des inventions sont le fait de salariés, ce qui a posé au législateur un problème :
l’innovation appartient-elle à l’inventeur ou à l’entreprise qui l’emploie ? A Madagascar, selon
l’article 17 de la Loi n°2017-049 régissant le régime de protection de la propriété industrielle
de Madagascar, sauf dispositions légales ou statutaires contraire, dispose que le droit au brevet
pour une invention faite en exécution du contrat ou du statut appartient à l’employeur. La même
disposition s’applique lorsqu’un employé n’est pas tenu par son contrat ou son statut, d’exercer
une activité inventive, mais a fait l’invention en utilisant des données ou des moyens que son
employeur a mis à sa disposition. Si l’employeur ne dépose pas de demande de brevet dans
l’année suivant la date à laquelle l’employé lui a fait part de l’invention, le droit au brevet, y
compris le droit de céder ce droit à tout tiers intéressé et de concéder le brevet sous licence ou
de le céder, s’il est délivré, appartient à l’employé. Toute invention revendiquée dans une
demande de brevet déposée par l’employé dans l’année suivant l’expiration du contrat de travail
et qui s’inscrit dans le cadre des activités principales de l’ancien employeur est réputé avoir été
faite dans le cadre du contrat venu à expiration, sauf preuve contraire apportée par l’employé.
Ce qui est imposé à l’article 17 est aussi valable aux membres de la fonction publique ainsi
qu’aux personnes dont les services sont loués en vertu d’un engagement entre les parties. Par
ailleurs, en France deux cas sont possibles ; dans le premier, il s’agit « d’une invention de
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mission » ; le salarié est payé dans le cadre d’une « mission inventive » pour chercher… et si
possible pour trouver. L’invention appartient à l’entreprise qui décidera ou non de déposer un
brevet, et en aura alors la jouissance. Toutefois, le nom de l’inventeur sera mentionné sur le
brevet, ce qui est pour lui un stimulant. Il pourra bénéficier d’une rémunération supplémentaire
définie par une convention collective ou un contrat de travail.
Dans le second cas, l’invention est dite « hors mission » : si un chercheur est devenu directeur
commercial, son rôle n’est plus d’inventer et son invention lui appartiendra… à condition
qu’elle n’ait pas été faite pendant les heures de travail, qu’elle n’appartienne pas au domaine
précis de l’entreprise et qu’elle n’ait pas utilisé des moyens propres à l’entreprise. L’invention
hors mission non attribuable à la société est difficile à prouver. De toute façon dans le cas d’une
invention hors mission, même si l’employeur se fait attribuer les droits sur les brevets, le salarié
doit obtenir ce qu’on appelle un « juste prix » pour son invention.
Les grandes entreprises ont souvent des portefeuilles de brevets, marques, dessins et modèles
importants, c’est pourquoi elles peuvent avoir un service de Propriété Industrielle intégré chargé
de gérer la vie de ces titres et de déposer les nouveautés. Dans les entreprises qui déposent et
gèrent beaucoup de titres, et en particulier dans les PME / PMI, un ingénieur ou un salarié peut
consacrer une partie de son temps à cette fonction et faire appel à un cabinet conseil en Propriété
Industrielle. Le rôle de ce cabinet sera de rédiger et de déposer les brevets et éventuellement de
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les défendre. En France, L’INPI dresse annuellement la liste des « personnes qualifiées » en
Propriété Industrielle (500 cabinets en France).
Brevet ou secret ? Toutes les entreprises peuvent être confrontées à cette interrogation et être
amenées à choisir l’une ou l’autre de ces deux solutions : le choix appartient à l’entreprise seule.
Une bonne politique de Propriété Industrielle n’exclut pas pour une entreprise le secret sur
certains procédés de fabrication.
Brevet et secret peuvent parfaitement cohabiter ; déjà le secret est impératif avant toute
demande de brevet, ensuite il peut avoir intérêt à rester discret sur son savoir-faire (ce qui est
appelé le know-how).
Un produit peut facilement être imité par un concurrent. Comme exemple, il suffit de démonter
un couvercle de cocotte-minute ou de dépecer une semelle de chaussure de sport pour savoir
comment ils ont été faits, d’où la nécessité de les protéger par un brevet. Il est plus difficile de
découvrir un procédé et d’en trouver le secret. C’est pourquoi les industries brevètent moins ce
qui ne dépend que du savoir-faire, en particulier dans le secteur agro-alimentaire. Il est à noter
que la divulgation par un salarié de secrets de fabrication est punie par la loi.
Il arrive qu’une entreprise dynamique associe brevets sur ses produits et secret sur son savoir-
faire avec un troisième facteur : l’avance technologique sur ses concurrents. Elle protège ses
produits et ses procédés et tend toujours à se dépasser elle-même pour rester à la pointe de son
secteur. Deux ou trois ans d’avance sur ses concurrents suffisent souvent à faire la différence.
a) La valorisation de l’entreprise
b) La politique de licences
Certaines sociétés ont une véritable politique de licences. Vendre ou louer un brevet est une
façon de rentabiliser une partie de la recherche, surtout quand l’invention sort du domaine de
l’entreprise. Acheter ou prendre des licences est quelquefois moins coûteux que la recherche.
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c) Un capital de prestige
Posséder des marques et des brevets, c’est aussi un capital de prestige : cela revient à l’extérieur
à un label de dynamisme technologique. Il est évident que la qualité d’un portefeuille de brevets
intervient dans la recherche de partenaires. A l’intérieur de l’entreprise, la prise de brevets
encourage la créativité. L’inventeur est stimulé par la décision de protéger son invention. Une
corrélation existe entre la qualité d’innovation d’une entreprise et le nombre de brevets dont
elle est titulaire.
Un brevet d’invention apporte une solution technique à un problème technique. Il est un contrat
entre l’inventeur et la collectivité : un inventeur apporte une innovation et la décrit dans un
document qui est le brevet et, en contrepartie, il reçoit un monopole temporaire sur cette
innovation.
§3 Le brevet d’invention
I Conditions de brevetabilité
Le titulaire du brevet ou toute personne qu’il autorise à cet effet peut apporter à l’invention des
perfectionnements ou additions qui seront constatés par des certificats d’addition délivrés dans
les mêmes formalités et conditions que le brevet principal et produisant les mêmes effets que
ce dernier.
Une invention pour être brevetable doit être nouvelle dans le temps et dans l’espace, c’est-à-
dire ne pas être comprise dans l’état de la technique au moment où le brevet le brevet est
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demandé. Toute description ou publicité de l’invention, même par l’inventeur lui-même, avant
la date de dépôt du brevet détruit cette nouveauté. Cela s’appelle une antériorité.
Pour un homme du métier, une invention ne doit pas découler de façon évidente de l’état de la
technique. L’homme du métier est considéré comme le technicien moyen dans un secteur
donné.
Elle doit concourir à la production de biens ou de résultats dans tout type d’industrie, y compris
l’agriculture. Même si elles remplissent ces trois conditions, la loi exclut certaines catégories
de créations.
- les créations esthétiques qui sont protégées par un droit spécifique (dessins et modèles ou droit
d’auteur),
- les plans, principes et méthodes dans les activités intellectuelles, les activités économiques ou
dans les jeux,
- les méthodes de traitement et de diagnostic sur l’homme et sur l’animal (mais un médicament
qui est un produit industriel est brevetable),
- les végétaux, les races animales et les procédés biologiques d’obtention de végétaux et
d’animaux. Sur ce point, les progrès de la génétique laissent prévoir des évolutions possibles.
II Utilité du brevet
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L’alternative qui se pose aux inventeurs est « brevet ou secret ». Certaines entreprises font le
choix du secret (Coca-Cola entre autres pour « son » fameux et mystérieux composant). C’est
un choix stratégique risqué : si un secret de fabrication non breveté est découvert, il pourra être
exploité par tous.
Il est monnayable en lui-même et les entreprises dynamiques savent mener une politique
d’achat, de vente ou de cession de licence de leurs brevets. Il appartient au patrimoine de son
propriétaire. Lorsque celui-ci est une entreprise, c’est le cas le plus fréquent, le brevet figure
dans les actifs du bilan comptable.
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En général, un brevet est demandé par une société qui l’exploitera elle-même. Voici d’autres
possibilités notamment pour un inventeur indépendant.
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exploitation soit faite par lui-même ou pour son propre compte. Les redevances dues au titre de
la licence d’office sont déterminées par entente entre l’Etat et le déposant de la demande ou le
titulaire du brevet ou de l’ayant cause de ce déposant ou de ce titulaire. A défaut d’accord
amiable, les redevances sont fixées par la juridiction compétente au sens de l’article 254 la Loi
n°2017-049 régissant le régime de protection de la propriété industrielle de Madagascar.
Lorsqu’un tiers a été désigné par l’Etat pour exploiter, pour son compte, l’invention objet d’une
demande de brevet ou d’un brevet, l’autorisation ne peut être transféré qu’avec l’entreprise ou
le fonds de commerce de cette personne ou avec la partie de l’entreprise ou du fonds de
commerce dans le cadre de laquelle l’invention brevetée est exploitée. L’exploitation effectuée
aura principalement pour objet l’approvisionnement du marché de Madagascar.
La décision relative à la licence d’office n’exclut pas la conclusion de contrats de licence par le
titulaire du brevet ou l’octroi d’une licence obligatoire.
Sa part de capital est représentée par son ou ses brevets, l’argent venant de ses associés.
Les entreprises Renault et L’Oréal, pour ne citer qu’elles, sont nées comme cela. Dans tous les
cas, le fait d’être titulaire d’un brevet donne des droits et des obligations.
Ses obligations sont de payer les redevances annuelles de son brevet pour le garder en vigueur.
Plus le nombre de pays dans lequel que l’inventeur a demandé une couverture est important et
plus les frais augmentent.
Il faut donc réfléchir à la protection désirée et aux pays dans lesquels elle est utile. Dans un
domaine où l’avancée technologique est très rapide, un brevet peut être obsolète en quelques
années et pourra être laissé tomber dans le domaine public avant les 20 ans de monopole légal.
En revanche, un inventeur pourra être amené à améliorer son innovation et à déposer des brevets
de perfectionnement.
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Nombre d’objets utilisé tous les jours sont des inventions couvertes par un ou plusieurs brevets.
Certaines d’entre elles nous sont tellement habituelles que c’est par leur marque qu’ils sont
souvent nommés. Car le « Velcro » est un ruban auto-agrippant, « Post-it » un papier pré-encollé
repositionnable, « Scotch » un ruban adhésif transparent, et le « Tetrapak », un système
d’emballage du lait à l’abri de la lumière. Tous ces produits, avant d’entrer dans la vie des
consommateurs, ont été des idées, des inventions, puis des brevets bien déposés.
Protéger les dessins et modèles, c’est s’attacher à défendre l’aspect extérieur des créations. Il
peut s’agir de dessins ou d’objets industriels, ou de créations dont la finalité ne se veut
qu’esthétique. Cette protection est liée à la propriété littéraire et artistique (les droits d’auteur)
qui, au même titre que la Propriété Industrielle, appartient à la Propriété Intellectuelle.
Le dépôt de brevet est à réaliser auprès de l’OMAPI. En France, toutes les demandes de brevet
à l'exception des brevets présumés sensibles en matière de sécurité et de défense sont à
effectuer via la télé-procédure en ligne sur le site de l’INPI.
Une fois la demande de dépôt de brevet effectuée, le dossier est officiellement enregistré et il
sera délivré un numéro d’enregistrement national ainsi que la date du dépôt.
En France, L’INPI transmet la demande pour examen à la Défense nationale. Cette étape est
imposée par la loi, afin de vérifier si l’invention ne présente pas un intérêt pour la nation
justifiant que sa divulgation soit empêchée ou retardée.
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Dans le cas où l’Organisme constate que la demande n’est pas conforme aux dispositions des
articles 5, 9, 20 et 23 paragraphe 1 de la Loi n°2017-049 régissant le régime de protection de la
propriété industrielle de Madagascar, l’Organisme invite le déposant à régulariser sa demande.
Un délai de trois mois est laissé au déposant à cet effet.
Le dépôt de demande de brevet d’invention fait l’objet d’un rapport de recherche documentaire
sur l’état de la technique et d’un examen de brevetabilité. L’examen de brevetabilité s’effectue
à partir de ce rapport de recherche documentaire en rapport avec la demande.
2 La validation de la demande
Le dépôt de brevet est publié dans la Gazette officielle de la propriété industrielle. À compter
de cette publication, les tiers ont un délai de trois mois pour présenter d’éventuelles
observations. Une fois ce délai écoulé, l’Organisme est en mesure de transmettre un rapport de
recherche définitif.
En droit français, le certificat d'utilité est un titre de propriété industrielle délivré par l’INPI qui,
comme le brevet, donne un monopole d’exploitation sur une invention, mais pour une période
maximale de 10 ans (au lieu de 20 ans pour le brevet) et pour lequel aucun rapport de recherche
d'antériorité n'est établi au cours de la procédure d'examen contrairement à la demande de
brevet.
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