Les suites : révisions, récurrence, limites
Les objectifs de cette séquence sont :
1. Réviser les connaissances sur les suites numériques, y compris les suites arithmétiques et les
suites géométriques
2. Savoir déterminer les cas des suites monotones
3. Savoir déterminer les limites des suites
4. Apprendre à faire les démonstrations en utilisant la méthode de récurrence
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Sommaire
I Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
II Les gammes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
II.1 Suites géométriques et arithmétiques : rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
III Cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III.1 Définition d’une suite numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III.2 Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III.3 Suites majorées, minorées, bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I Introduction
Les suites numériques sont les suites des nombres qui peuvent être infinies ou finies. Elles peuvent
suivre certaines règles : suites arithmétiques, géométriques, suite de Fibonacci, suites exprimées par
une formule en fonction du rang du terme ou en fonction des termes précédents.
Les suites peuvent exprimer certains phénomènes de la vie courante ou des phénomènes scien-
tifiques comme l’évolution des placements sur un compte en banque, progression d’une épidémie,
développement des espèces des animaux ou des plantes, la pluviométrie ou l’ensoleillement dans une
ville, évolution des revenues d’une entreprise, etc. L’étude des suites permet de prédire l’évolution
de ces phénomènes et réagir en fonction des résultats obtenus.
✎ Exercice 1 Pour les suites ci-dessous, pouvez-vous donner les valeurs qui suivent ? Est-ce que
vous reconnaissez des suites arithmétiques, géométriques, suite de Fibonacci qui donne un exemple
d’une suite récurrente ? Est-ce toujours possible de prédire le/les termes suivants ?
Suite 1 : −1, −2, −3, −4, −5 . . .
Suite 2 : 1, 2, 4, 8, 16 . . .
Suite 4 : 1, 1/2, 1/3, 1/4, 1/5 . . .
Suite 5 : 1, 5, 4, −1, 5 . . .
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Un peu d’histoire :
Les suites numériques sont connues au moins dès l’Antiquité. Par exemple, elles sont utilisées par
Archimède Syracuse (III siècle avant J.C.) pour calculer l’aire d’un cercle et par Héron d’Alexandrie
(I siècle après J.C.) pour extraire la racine carrée d’un nombre. Au Moyen Age (XII-XIII siècles après
J.C.) apparait la très célèbre suite de Fibonacci qui sert initialement à ... compter le nombre des
couples des lapins sur une ile déserte ... Elle trouve actuellement beaucoup d’applications dans les
différents domaines des sciences comme la physique et la biologie car elle décrit le développement des
systèmes naturels comme les espèces, la croissance des arbres, etc. Elle est liée avec le nombre d’or
et on la retrouve dans pas mal de domaines de mathématiques. Cette fameuse suite fascine toujours.
C’est aussi un exemple d’une suite récurrente : son terme du rang n dépend des deux termes qui le
précédent :
✎ Exercice 2 Un couple des lapins se retrouve sur une île déserte. Pendant premier mois ils sont
trop petits. Au bout du deuxième mois, le couple des lapins donne naissance à un nouveau couple
des lapins et ensuite chaque mois ils produisent un nouveau couple des lapins. Les lapins ne meurent
jamais. Les nouveaux petits lapins mettent deux mois pour grandir et pour produire un premier couple
des lapins, mais ensuite ils le font tous les mois sans faute. Combien de lapins il y aura au bout de 5
mois ? de 6 mois ? au bout d’un an ? Faites un tableau pour regrouper les termes de la suite et pour
trouver la formule qui exprime le nombre des lapins un après n mois sur cette île déserte en fonction
de deux termes précédents de cette suite.
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II Les gammes
II.1 Suites géométriques et arithmétiques : rappels
♡ Définition 1 : Suite arithmétique
Soit (un ) est une suite numérique avec n ∈ N. On dit que cette suite est arithmétique
lorsque la différence entre ses deux termes consécutifs est toujours une constante appelée sa
raison :
un+1 − un = r ou un+1 = un + r
pour tout n ∈ N.
♡ Définition 2 : Suite géométrique
Soit (un ) est une suite numérique avec n ∈ N telle que ses termes ne sont pas égaux à zéro.
On dit que cette suite est géométrique lorsque le rapport entre ses deux termes consécutifs
est toujours une constante appelée sa raison :
un+1
=q où un ̸= 0 pour tout n ∈ N
un
Théorème 1 (admis) : terme général d’une suite arithmétique
Soit (un ) est une suite arithmétique définie sur N. Son terme du rang n peut s’exprimer
avec une formule explicite en fonction du terme 0 ou p :
un = u0 + rn
un = up + (n − p)n où n, p ∈ N
Théorème 2 (admis) : terme général d’une suite géométrique
Soit (un ) est une suite géométrique définie sur N. Ses termes sont non-nuls. Son terme du
rang n peut s’exprimer avec une formule explicite en fonction du terme 0 ou p :
un = u0 q n
un = up q n−p où n, p ∈ N
☞ Remarque 1 Le rang p dans les formules précédentes peut être inférieur ou supérieur à n
✎ Exercice 3 On considère une suite arithmétique (un ) du premier terme u0 = 48 et de raison
r = −5.
1. Exprimez le terme uu+1 en fonction du terme précédent un .
4
2. Exprimez le terme un sous forme explicite (c’est-à-dire en fonction du rang n, du premier
terme u0 et de la raison r.
3. Calculer les termes u1 , u2 , u100
4. Est-ce que les termes de la suite augmentent ou diminuent en fonction du rang n ou ni l’un,
ni l’autre ? Comment le savoir sans calculer ?
5. Reprendre les questions précédentes pour la suite arithmétique (vn ) avec le premier terme
v0 = −2 et la raison 3
✎ Exercice 4 Calculez la somme suivante :
S = 1 + 2 + 3 + 4 + . . . + 99 + 100
☞ Remarque 2 Selon une légende, cette somme a été trouvée en quelques minutes par un mathéma-
ticien très connu, appelé aussi "Le Prince des Mathématiques", Carl Friedrich Gauss, mathématicien
allemand (1777-1855) alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années et son professeur pensait l’occuper
pendant un très long moment avec ça.
✎ Exercice 5 On considère la suite (un ) définie par son premier terme u0 = 6 et par la formule
suivante : un+1 = −2un + 3
1. Calculez ses termes u1 , u2 , et u3
2. La suite (un ) est-elle arithmétique ou géométrique ou ni l’une, ni l’autre ?
3. On pour pour tout n ∈ N : vn = un − 1. Démontrez que la suite (vn ) est géométrique. Précisez
son premier terme v0 et sa raison q
4. Déduire la formule explicite du terme vn en fonction du n, de sa raison q et de son premier
terme v0
5. En déduire la formule explicite du terme un de la suite (un )
Théorème 4 : Somme des termes d’une suite arithmétique
Soit (un ) est une suite arithmétique définie sur N. La somme de ses premiers termes est
donnée par la formule suivante :
u0 + un
Sn = u0 + u1 + . . . + un = (n + 1) (1)
2
La somme de ses termes entre les termes p et n est :
up + un
Sp,n = up + up+1 + . . . + un = (n − p + 1) (2)
2
Et pour la suite des nombres naturels :
n+1
Sn = 1 + 2 + . . . + n = n (3)
2
5
Théorème 4 : Somme des termes d’une suite géométrique
Soit (un ) est une suite géométrique définie sur N. La somme de ses premiers termes est
donnée par la formule suivante :
1 − q n+1
Sn = u0 + u1 + . . . + un = u0 (4)
1−q
La somme de ses termes entre les termes p et n est :
1 − q n−p+1
Sp,n = up + up+1 + . . . + un = u0 (5)
1−q
Et pour la suite dont le premier terme est 1 :
1 − q n+1
Sn = 1 + q + q 2 + . . . + q n = (6)
1−q
III Cours
III.1 Définition d’une suite numérique
♡ Définition 1 : Suite numérique
Une suite numérique (un ) est une fonction définie sur l’ensemble des nombres naturels N
(ou une partie de N). Cette fonction associe un nombre réel un à un rang donné n ∈ N :
(un ) : N → R
n 7→ un
☞ Remarque 3 un est le terme du rang n de la suite (un ). Il faut distinguer le deux symboles : le
terme du rang n et la suite elle-même.
☞ Remarque 4 Si une suite (un ) est définie à partir d’un certain rang p avec p ∈ N, alors elle se
note : (un )n≥p
✎ Exercices du livre
Page 26 : Exercices 1, 2, 5
III.2 Suites monotones
♡ Définition 2 : Suites monotones
Soit (un ) est une suite numérique avec n ∈ N. On dit que :
— la suite (un ) est strictement croissante (à partir d’un certain rang k ∈ N), lorsque
pour pour tout entier n ≥ k : un+1 > un
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— la suite (un ) est strictement décroissante (à partir d’un certain rang k ∈ N), lorsque
pour pour tout entier n ≥ k : un+1 < un
— la suite (un ) est monotone, lorsqu’elle est croissante ou décroissante à partir d’un
certain rang k ∈ N
☞ Remarque 5 Si une des égalités de la définition précédente n’est pas stricte, la suite est soit
croissante, soit décroissante.
♡ Méthode : Suites monotones
Pour déterminer le sens de variation d’une suite numérique, on peut utiliser une des mé-
thodes suivantes :
— Si la suite (un ) est définie explicitement via une fonction f réelle telle que : f : [0 ; +∞[→
R et x 7→ f (x) et f (n) = un , alors, on peut étudier les variations de la fonction f sur
l’intervalle [0 ; +∞[
— On peut étudier le signe de la différence de deux termes successifs un+1 − un
— Pour les suites avec les termes strictement posifits, on peut comparer le ratio entre deux
un+1
termes successifs avec 1
un
✶ Exemple 1 Pour les suites suivantes (un ), déterminez si elles sont monotones et, si oui, quelle
est le sens de leurs variations :
1. un = n2 − n
2n
2. un =
n
3. un = (−1)n
4. un = 4n2 + 3n + 5
✎ Exercices du livre
Page 28 : Exercices 23, 24, 29
III.3 Suites majorées, minorées, bornées
♡ Définition 3 : Suites majorées et minorées, bornées
Soit (un ) est une suite numérique avec n ∈ N. On dit que :
— la suite (un ) est majorée, lorsqu’il existe un nombre réel M tel que pour tout entier
n ∈ N : un ≤ M
— la suite (un ) est minorée, lorsqu’il existe un nombre réel m tel que pour tout entier
n ∈ N : un ≥ m
— la suite (un ) est bornée, lorsqu’elle est majorée et minorée, donc, lorsqu’ils existent
deux nombres réels M et m tels que m ≤ un ≤ M
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✑ Question 1 Si une suite est majorée, combien de majorants (les nombres qui sont supérieurs à
tous ses termes) peut-on trouver ? Même question pour les suites minorées.
✑ Question 2 Si une suite est croissante, peut-on directement affirmer quelque chose pour ses
majorants et minorants ? Même question pour une suite décroissante.
✶ Exemple 2 Pour les suites suivantes (un ), déterminez si elles sont majorées, minorées, bornées
ou pas :
1. un = n
2. un = (−1)n
3. un = n(−1)n
4. un = sin(x)
5. un = 5n − 20
✎ Exercices du livre
Page 28 : Exercice 22