PANAFRICANISME
PANAFRICANISME
MEMOIRE DE GEOPOLITIQUE
3 – 29 février 2000
4 – Division A
5 – Mémoire de géopolitique
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SOMMAIRE
INTRODUCTION
I LE PANAFRICANISME : ORIGINES
A – LA CIVILISATION EGYPTIENNE
B - LA CHARTE DE L’OUA
C - LE PROBLEME DE FRONTIERE
C - EXEMPLE DE LA C E D E A O
CONCLUSION
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INTRODUCTION
L'Afrique est un immense continent placé au milieu de l'univers, avec plus de trente
millions de kilomètres carrés, soit un cinquième des terres émergées. Sa superficie est le triple
de celle de la chine et des Etats-Unis d'Amérique, et représente plus de vingt fois l'Europe des
dix. C'est aussi un continent de plus de sept cent millions d'habitants qui pourrait atteindre un
milliard deux cent mille d'ici l'an deux mille dix, constituant ainsi un puissant réservoir de
consommateurs.
Au-delà de la géographie qui la favorise, l'histoire a, elle aussi, fait la part belle a
l'Afrique, malgré la misère actuelle dans le cycle historique universel, le continent a brillé par
sa présence, voire par une antériorité que l'on ne conteste plus guère ; Il fut le cœur
géographique du monde connu des anciens et la science historique moderne le reconnaît après
de longues tergiversations. Il fut le berceau du monde et de la civilisation.
En effet, la force du destin, à savoir la situation géographique de ce continent semble l’avoir
prédestine comme levain de l'histoire et c'est lui rendre justice que de rappeler ces propos du
père Teilhard de Chardin : " c'est bien en Afrique (….) qu'il convient de se placer pour voir
au mieux se former, grossir, partir puis revenir sur elle-même jusqu'à saturation des terres
habitables, la grande onde des peuples, des techniques et des idées."
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Il en va de même pour l’Afrique dont l’importance géopolitique sera mieux exploitée
par la mise en œuvre d’un panafricanisme intelligent, rationalisé. Considéré non comme une
idéologie de domination des autres peuples, mais comme une philosophie politique tendant à
réunir tous les peuples du continent en une grande communauté d’intérêts, le panafricanisme
paraît l’unique moyen pour les Africains d’exploiter dans le sens de leurs intérêts propres les
avantages que leur offre l’importance géopolitique de leur continent.
Le chemin parcouru est déjà long, très long. Quoique jalonné d’obstacles, un espoir de
création des « Etats-Unis d’Afrique » semble pointer aujourd’hui à l’horizon, même si la
forme que cette union devrait prendre reste encore floue.
* *
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I LE PANAFRICANISME : ORIGINES
A- LA CIVILISATION EGYPTIENNE
A travers l' histoire de l'Afrique qui est très brouillée, nous savons que l'Egypte a été le
pays qui a inventé l'écriture et dans plusieurs manuels sont mentionnés l'histoire des
inscriptions avantageuses de la civilisation égyptiennes. Les marques les plus évidentes sont
représentées par les pyramides qui ont défié les temps et qui représentent aujourd'hui la
conception architecturale et le symbolisme en matière scientifique. Ces pyramides
représentent aussi la manifestation d'une civilisation extrêmement avancée à une époque où,
la plus grande partie de l'humanité était encore plongée dans l'ignorance la plus totale.
Pendant longtemps, certains historiens nous ont fait croire que l'Egypte n'appartenait
pas à l'Afrique ; Parce qu’en même temps qu'ils décrivaient les fastes de l'Afrique, ils la
rattachaient à l'Asie, au monde méditerranéen ; Or l'Egypte est une partie intégrante du monde
africain. Les Egyptiens sont des africains et les populations africaines ont de tout temps
entretenu entre l'Egypte blanche et l'Egypte noire des relations suivies dont le Nil a été un axe
fondamental d'échange et de vie au cours des millénaires qui se sont succédés.
Mieux, les pays du sud de l'Egypte, à un moment donné, ont occupé l'Egypte et ont
régné sur le pays si bien que, on est en droit d'établir aujourd'hui, des preuves incontestables
qui sont attestées par des chercheurs scientifiques d'une très grande valeur. Ces recherches ont
été menées non seulement par SCHEIK Anta Diop du Sénégal, mais aussi par certains blancs
qui ont reconnu que l'Egypte pharaonique était effectivement nègre et que la civilisation
égyptienne et surtout sa langue, présente des similitudes d'une grande parenté génétique avec
les langues négro-africaines, qu'il s'agisse des langue d'espace BANTOU ou des langues
d’Afrique de l’Ouest ou de l’Est.
Alors, cette gloire ancienne de l'Egypte, lorsqu'elle a été découverte par les africains, a
suscité en eux, la volonté de magnifier ce passé glorieux et d'en tirer la substantielle moelle
d'une démarche intellectuelle à partir de laquelle les africains devaient reconstituer leur passé,
non point à partir des registres du système colonial mais à partir de la gloire de la civilisation
ancienne, parce que l'Egypte était à l'origine de la civilisation. Cela a permis aux africains de
pouvoir essayer de se situer dans une continuité historique qui valoriserait leur passé et le rôle
joué par leurs ancêtres et les placerait dans une situation qui leur permettrait d'avoir confiance
en eux.
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Cette Ethiopie antiq ue qui avait aussi son écriture, qui avait sa civilisation ; la
CILILISATION AMARIQUE avec l’écriture GUESE a laissé des palais illustres. Elle avait
une organisation militaire exceptionnelle, des écoles, une organisation sociale et politique
avancée, un Etat, des institutions.
L'histoire africaine nous enseigne que, le dix neuvième siècle a été le siècle où de
nombreux africains ont été arrachés de leur continent pour l'esclavage aux Etats-Unis
d'Amérique. Avec l'abolition de cette traite des noirs va naître un peu partout aux Etats-Unis,
des mouvements de revendication. Ceux qui ont été à la base de ces mouvements sont des
Africains originaires des Caraïbes et de la Jamaïque, notamment Marcus Garves.Il s'était
rendu à Londres et aux Etats-Unis où il avait rencontré certains noirs parmi lesquels il y avait
Booker Washington célèbrement connu ainsi que W. Dubois.
Ces noirs, victimes de la discrimination raciale avaient été amenés à essayer de trouver
dans leur origine, des motifs leur permettant de pouvoir prouver que la civilisation à laquelle
ils appartenaient, n'était pas une civilisation inférieure. Ils ont lancé un mouvement qu'on a
appelé LE MOUVEMENT GARBEISTE ; un mouvement tellement important qu’il s'est
développé d'une manière prodigieuse aux Etats- Unis au lendemain de la première guerre
mondiale. Les noirs ont participé à cette guerre où ils ont joué un rôle non négligeable. A leur
retour, ils ont voulu tenir une grande manifestation à Washington et le Président des Etats-
Unis d'alors leur à interdit cette manifestation au nom du préjugé de la race. Il y a eu des
affrontements au cours desquels plusieurs victimes ont été enregistrées. C'est en fin de compte
le Président Clémenceau qui va leur donner l'autorisation de manifester à Paris. A l'issue de
ces événements, ils décident de créer un mouvement par lequel ils allaient affirmer la valeur
de leur civilisation.
Le mouvement garbeiste a connu une puissance considérable puisque c'était l'époque
où sévissait le racisme ; il a connu aussi un développement prodigieux puisqu'il a pu atteindre
le chiffre de quatre millions de membres. Mieux, Il avait décidé de créer un pouvoir
économique indépendant des blancs puisqu'il a réussi à créer une ligne maritime entre
l'Afrique et les Etats – Unis avec des succursales en Sierra Léone et à Londres. C'est à
Monrene que des noirs américains avaient été enlevés des Etats-Unis et établis en Sierra
Léone vers 1847.
Ce mouvement garbeiste a eu ensuite des ramifications un peu partout en Afrique et
spécialement au Sénégal au Mali au Bénin.Une revue était éditer pour être distribuée et
publiée dans le monde noir par les marins. Des contacts étaient établis avec des élites noires.
Ils ont commencé à glorifier la valeur des chanteurs noirs, la valeur des boxeurs noirs, la
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valeur des sportifs noirs. C’est dans ce contexte là que le boxeur noir Battlingski a battu
Carpentier par point ; presqu 'un KO lors de la coupe du monde en 1921. L’arbitre ne voulant
pas reconnaître le résultat, cela a mobilisé davantage les noirs américains pour la
reconnaissance de leurs valeurs et une radicalisation de leurs mouvements s’en est suivie.
Le mouvement appelé BACK TO AFRICA avait aussi été créé. Les fondateurs de ce
mouvement avaient comme objectif, la sensibilisation de leur membre pour un retour à leur
pays d'origine en Afrique, leur terre natale, là où les esclavagiste les avaient enlevé de force
au moment de la traite négrière. Ce mouvement a été particulièrement important au point
d'impressionner le monde occidental. Les Etats-Unis craignaient que ce retour ne se traduise
par des pertes démographiques considérables dans leur pays, mais également par l’altération
de leur image de marque au regard du continent noir.
C'est ainsi qu'il y a eu une forte mobilisation et une sensibilisation bien menée à
travers les Africains noirs venus de Jamaïque, des Antilles, de la Guadeloupe, certains de la
Martinique d’autres de Haïti, de Trinida, de Tobago ; Sans compter toutes les communautés
noires des Etats-Unis d'Amérique surtout au Texas et en Alabama où les noirs africains sont
majoritaires. Cette sensibilisation va se poursuivre en Amérique Latine et au Canada.Tous ces
noirs ont décidé de s’unir pour constituer une communauté qui préfigurerait l’idée des Etats-
Unis d'Afrique.
Un autre mouvement créé après la première guerre mondiale s’appelait le mouvement
PAN NOIRS.Ce mouvement avait tenu trois congrès retentissants les 28-29 septembre
successivement à Londres et Bruxelles ; le troisième, le 1ER octobre à Paris.
Ils avaient choisi trois capitales des anciens pays colonisateurs pour avoir un écho
particulier. Ces congrès se suivaient et dans chacun, les responsables posaient le problème de
la place de la race noir dans le monde, la nécessité pour les noirs de retourner chez eux en
Afrique, la nécessité pour eux de bâtir les Etats-Unis d'Afrique. C’est de ces congrès en réalité
que l'idée, le concept, a germé et une solidarité très forte s'est tissée entre les noirs venant des
Antilles, des Etats-Unis et ceux qui sont restés en Afrique comme Fara Bandana du Congo,
Lamine Senghor du Sénégal, Tieme Konté de la Guinée, Kodjo Douvalou du Bénin ex
Dahomey et Andre Massou du Congo. Tous ces noirs étaient animés d'un même idéal, un
idéal panafricaniste parce que le panafricanisme, c'est la volonté d’unir les noirs autour du
concept de l'Afrique appartenant à une même terre, à un même continent, à une même culture
et à un même passé.
C'est par la suite, dans les années qui ont suivi, que l'idée des Etats-Unis d'Afrique a
été théorisée sous la houlette de plusieurs facteurs. Il y a eu plusieurs actions et plusieurs
déclarations croisées en faveur de cette théorie.
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C / LES MOUVEMENTS ET ORGANISATIONS SYNDICALES
L'un des mouvements a été le congrès extrêmement important que les noirs ont tenu à
Moscou dans le cadre des mouvements communistes mondiaux lors de la 5ème conférence des
partis communistes en 1924.
Ce mouvement avait été initié par les partis communistes parce que, quand le
mouvement pan –noir a commencé à ce dessiner, il avait une orientation révolutionnaire. Or,
c'était l'époque où l’Union Soviétique menait sa révolution en 1917.Ensuite, dans les années
1920, lui-même il avait créé l’Union Soviétique. Au congrès qui s'est réuni en 1922, il avait
lancé l'idée selon laquelle, le communisme devait attaquer l'impérialisme dans les colonies.
Dans cette perspective, un objectif avait été dessiné visant la France en particulier, ainsi que la
Grande Bretagne mais également l'Espagne, le Portugal et la Belgique.
Une stratégie avait été mise sur pied. En 1930, une école sera ouverte à Moscou. Cette
école s'appelait l‘ECOLE STALINE et elle visait à former les cadres noirs chargés
d'organiser les futurs combattants de la liberté qui pourraient lancer le mouvement national,
obtenir par la guerre l’indépendance dans leur pays respectif
En ce moment, la France avait créé une unité spéciale qui était destiné à lutter contre le
communisme. C'était un service spécial qui était à la fois militaire et policier destiné à lutter
contre d'une part le communisme et d'autre le panislamisme et troisièmement, le
panafricanisme. Ces trois mouvements étaient combattus.
En 1934, est créé le Comité de Libération du Sénégal et du Soudan à Paris. Il était
d’obédience communiste et n'a pas connu une extension considérable mais a inquiété
fortement les milieux coloniaux qui l'ont combattu.
Un autre mouvement, la Ligue de Défense de la Race Noire . Elle avait ses structures
non seulement à Paris mais également dans toutes les villes françaises. Les syndicats se sont
créés en ce moment là ; notamment Le Syndicat des Marins qui était dirigé par un sénégalais
du nom de Madiop N'diaye. Il était installé à Marseille. C'est grâce à ce syndicat que toute la
littérature communiste parvenait dans les colonies. Les marins la distribuaient dans les
différents ports qui jalonnent le littoral africain. Ainsi, ces brochures étaient lues à Dakar, à
Conakry, à Lomé, à Lagos ainsi que dans toutes les grandes villes. Elles prenaient ensuite les
voies de chemin de fer pour toucher les élites là où elles se trouvaient.
Ainsi, progressivement, tous ces différents groupements se sont constitués avec
comme objectif, soit de défendre le panafricanisme, soit de défendre le mouvement pan noir
dans une confusion telle que, même les services secrets français de cette époque n'arrivaient
pas à faire la distinction des différents mouvements. Ils confondaient mouvement pan
africaniste, mouvement pan noir et mouvement panafricain etc…Ils les confondaient tous aux
mouvements communistes et les mettaient tous dans un même panier.
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-LEOPOLD Sédar Senghor, ancien président et écrivain du Sénégal,
-SEKOU Touré, ancien président de Guinée
-JULIUS Niéréré, ancien président de Tanzanie
-Le dernier chef d Etat qui vient de relancer le mouvement en septembre passé ne saurait être
oublié ; il s'agit du président de la République Jamairia Arabe Lybienne ; le président
MOHAMAR Kaddafi.
Ces différentes actions menées par ces grands leaders africains ont fini par aboutir à la
conclusion qu'au lieu que les Etats africains restent désunis et agissent de manière séparée, de
manière anarchique, il faudrait qu'ils s'unissent pour représenter une entité viable pouvant
parler au nom d'un même continent. Ils représenteraient ainsi un poids démographique
significatif, une richesse économique importante, un pouvoir politique qui peut compter dans
les relations internationales. C'est comme cela que l'idée des Etats-Unis d'Afrique a
commencé progressivement à évoluer.
Quand le Président OUPHOUET Boigny créait le RDA ( Rassemblement
Démocratique Africain ) allant de Dakar au Congo en octobre 1946, en en faisant un parti
d'émancipation, il anticipait par rapport à l'histoire.
Quand MABOU Diouf créait le Parti Africain de l'Indépendance avec des sections
dans toute l'AOF (Afrique Occidental Française ), il anticipait.
La création du Parti du Regroupement Africain à Cotonou avec des sections à travers
l'Afrique, c'était aussi une anticipation.
C’est dans des difficultés accompagnées d’un manque de maturité, que ces différents
mouvements et associations, à travers plusieurs obstacles vont pousser les multiples pays à
leur indépendance.
Après les indépendances, les Etats africains auraient dû immédiatement constituer leur
unité créant ainsi les Etats-Unis d 'Afrique ; mais, il y avait des difficultés qui tenaient à la
langue. Les uns étaient de colonisation anglaise et d'autre de colonisation française. Dans des
colonies portugaises on n'en parlait même pas encore puisqu'elles étaient encore loin de
l’indépendance. Toute l'Afrique du sud était en ébullition, luttant acharnement contre le
régime d 'apartheid
Déjà, avant les indépendances chez les Français, il y avait une loi appelée « LA LOI
CADRE » qui avait créé des territoires. Cette loi, en accordant l'autonomie interne aux Etats
avait comme résultat, la dislocation de l 'AOF ( Afrique Occidentale Française ) qui avait été
créée en 1895 et de l'AEF ( Afrique Equatoriale Française ) qui avait-elle fût créée en 1910.
Les Etats de ces régions ce sont retrouvés balkanisés, fragmentés. Chaque Etat était soucieux
d’avoir son territoire personnel, son gouvernement, son drapeau, son hymne, son armée.
Aucun ne voulait renoncer à quelques prérogatives que ce soit. Ils voulaient d’abord affirmer
leur identité, créer une Nation, sceller un consensus autour d’un certain nombre de valeurs,
créer une entité viable avant de se lancer dans des opérations d’unification qui au départ
pouvait peut être difficilement se concevoir. Dans la mesure où, s'il y avait quelque chose qui
unissait les Africains, il y avait également des choses qui les séparaient. C'est ainsi qu'il y a eu
des obstacles.
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Ces obstacles étaient aussi entretenus par les anciens colonisateurs qui ne voulaient
pas que l'Afrique aille à l'indépendance unie présentant un ensemble homogène qui serait un
grand marché permettant à leurs économies de ce développer.
-Unis, ils représentent un pouvoir de négociation beaucoup plus important.
-Unis, ils ont des moyens militaires très appréciables.
Cette situation qui prévalait a sans nul doute permis, à la réunion de l’OUA, au
Président Khuame N 'Krumah du Ghana de suggérer la création d'un Gouvernement Fédéral
Africain à côté des Gouvernements Nationaux, avec un Parlement africain qui prendrait en
main le destin de l'Afrique.Les Etats nationaux progressivement disparaîtraient pour faire
place à un grand ensemble continental. Cette idée était malheureusement considérée comme
étant un peu précoce. Elle n’avait donc pas été retenue.
A cette époque là, on jouait les divisions. Il y avait Sékou Touré, Président de la
république de Guinée qui avait été à l'indépendance après avoir dit NON et qui représentait
l'Afrique révolutionnaire, le Président Léopold Sédar Senghor de la République du Sénégal
qui avait négocié les accords de coopération et qui représentait l'Afrique dite modérée. On a
joué sur les oppositions ; on a également joué sur les divisions entre francophones et
anglophones et en définitive le problème est resté sans solution..
Faute de ne pas pouvoir s'entendre, les chefs d'Etats d'alors avaient accepté et scellé la
division de l’Afrique en signant à Addis-Abeba lors de la conférence de mai 1963, la Charte
de l 'OUA traitant de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation.
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B / LA CHARTE DE L’OUA
"Les Etats-Unis d’Afrique" est un projet visant à faire en sorte que tous les Etats
africains se retrouvent autour d'un ensemble institutionnel , même si la forme reste encore à
définir. Or, il se fait que, la conférence constitutive de l’organisation tenue à Addis-Abeba en
mai 1963 avait adopté la Charte De L’OUA. Trente chefs d’Etats étaient présents Les
principes d'égalité de souveraineté et de non-ingérence dans des affaires intérieures des Etats
membres avaient été affirmés et l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation
solennellement proclamée.
Les paires fondateurs de l'Organisation de l'Unité Africaine ( OUA ) savaient que les
frontières de l'Afrique ont été pour la plus part dessinées au Congrès de BERLIN de 1884.
Elles n'ont jamais été définies sur la base d'une logique ethnique, territoriale, politique,
économique ou bien même géopolitique. Elles ont été essentiellement calculées surtout sur la
base des intérêts des grandes puissances coloniales.
Les exemples sont multiples et variés. L’un des cas les plus patent est celui de la
frontière entre le Togo et le Ghana. L'histoire nous enseigne que la configuration actuelle du
Togo a été le fruit d'un long et lent processus historique qui plonge ses racines dans le fait
colonial. En effet, l’époque mercantile des XVIème XVIIème et XVIIIème siècle a développé
l'économie de Traite qui a pris un caractère licite durant le XIXème siècle. Aussi, l’Europe
poste mercantiliste va t- elle, pour satisfaire ses désir de puissance, se lancer dans les
aventures coloniales. Celle ci, risquant vers les années 1880,de dégénérer en une conflagration
générale par suite de l'ampleur des convoitises. La Conférence de Berlin fut convoquée en
novembre 1884, afin de régler l’épineux problème du Congo et d'établir un code de conduite
internationale à propos des territoires en Afrique.
La subtilité politique de la convocation de cette conférence internationale, apparaît
dans le fait générateur que constitue la reconnaissance de la présence allemande au Togo. Les
actes de la conférence de Berlin ont ignoré les droits fondamentaux des indigènes que l‘on
voulait aussi conduire à une "civilisation meilleure" sans leur avis.
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Par exemple, la vision politique du chancelier allemand Otto Von Bismarck au Togo
s’orientait d’ailleurs essentiellement vers les protectorats qui représentent une forme de
pénétration où un Etat se trouve placé sous l’autorité d’un autre Etat plus puissant pour se qui
a trait à ses relations extérieures et à sa sécurité.
La 1ère Guerre Mondiale mis fin à cette expérience politique et économique de l’Allemagne
au Togo. Les allemands furent contraints par la défaite militaire ( la première dans leurs
colonies ) de céder la place aux français et aux anglais dont le premier acte politique fut le
partage du territoire en deux : le Togo Français et le Togo Britannique. Le Togo Français
s’identifie à la République Togolaise dans sa forme actuelle de 56000 km².
La frontière ouest longe Lomé la capitale divisant ainsi le peuple et les familles EWE (une
grande ethnie du sud). Dans le nord du pays les familles Koncomba, Moba et Tchokossi ne
sont pas épargnés. Des exemples du même genre sont multiples en Afrique.
Pour toutes ces raisons, en posant le problème de l’intangibilité des frontières héritées
de la colonisation, les pères fondateurs de l’OUA avaient vu juste. Parce que, s’ils s’étaient
engagés à vouloir reconstruire l’Afrique sur la base des anciennes entités qui existaient, ils
allaient se retrouver dans un embroglio inextricable. L’Afrique serait un champs de guerre. Il
faut donc accepter que les frontières soient intangibles mais ne pas exclure la possibilité de
négociation entre les Etats ; ce que certains pays ont pu faire.
Malgré tous ces problèmes, malgré tous les obstacles qui freinent le panafricanisme,
malgré les tergiversations de certains chefs d’Etats, on est amener à se poser la question de
savoir, si le vieux projet des Etats – Unis d’Afrique deviendra un jour une réalité.
Dans les années 60, les principaux conflits qui ont frappé l’Afrique étaient directement
liés au prolongement de la colonisation, qu’il s’agisse des guerre d’indépendance ou de
conflits territoriaux liés au tracé des frontières issues de la décolonisation. Celle-ci avait
parfois divisé un même groupe ethnique ou attribué à un Etat une région que son voisin
considérait comme lui revenant de droit. Outre que ces conflits sont considérés comme des
conséquences directes ou indirecte de la période coloniale, ils appartiennent tous à la
catégorie des conflits interétatiques.
A partir des années 80, les conflits se sont déroulés dans les Etats devenus
indépendants ( en dehors des conflits dans les territoires non indépendants de Namibie et du
Sahara occidental ) : continuation des conflits en Angola et au Mozambique, au Tchad, en
Ethiopie, en Ethiopie, mais aussi au Soudan et en Ouganda, où la violence s’est accentué au
cours de la décennie. Ces conflits dits " périphériques avaient pour toile de fond l’
affrontement idéologique qui a opposé les Etats-Unis et l’Union Soviétique pendant les
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longues années de la guerre froide. Les deux camps s’affrontaient directement en armant et
en finançant guérillas et mouvements de libération sur le continent africain. Si l’on ne peut
pas les considérer comme des causes directes du déclenchement des conflits, ces interventions
extérieures ont sans aucun doute contribué à rendre ces conflits plus longs et plus meurtriers
en procurant aux combattants les moyens de s’affronter. Dans d’autres cas, les interventions
étrangères furent motivées par d’autre raisons que les enjeux idéologiques, en particulier au
Zaîre où Belges, Français et Américains cherchaient à préserver des intérêts économiques.
La fin de la guerre froide a entraîné le désengagement massif des puissances
américaine et soviétique. On a vu le conflit mozambicain s’éteindre, en partie faute de
moyens. De même la Namibie a pu accéder à l’indépendance en 1990. Pour autant, les
conflits nont pas disparu d’Afrique, et ils se sont même multipliés de telle manière, depuis
deux ou trois ans, que s’est constituée une vaste zone d’instabilité qui s étend de la corne à
l’Afrique Centrale et englobe la région des grands lacs. Guerre civile ou conflit de basse
intensité, les dominations sont multiples pour désigner ces affrontements internes qui frappent
un nombre de plus en plus grand de pays africains. Il s’agit de guerre de guérillas, avec des
fronts de combats imprécis. Ces conflits sont d’autant plus difficiles à cerner qu’ils résultent
de dysfonctionnements profonds des sociétés concernées. Ils mettent aux prises des armées
nationales et des milices ou des rébellions difficilement contrôlables et dérivent parfois vers le
banditisme pur et simple : pillage, détournement de l’aide humanitaire lutte pour
l’appropriation des ressources nationales. C ‘est cette nouvelle forme de conflictualité qui est
aujourd hui la plus répandue sur le continent africain.
La première des causes d’instabilité réside dans la crise interne que connaît la majorité
des Etats du continent africain. La situation économique en détérioration constante depuis le
milieux des années 70 a entraîné la marginalisation de l’Afrique dans le commerce mondial.
La récession économique s’est accompagnée d'une crise politique qui s’est manifestée
notamment par une déliquescence des institutions politiques et administratives qui a
gravement hypothéqué les capacité de l’Etat à maintenir la paix civile et l’unité nationale.
Parallèlement, la croissance démographique a profondément déstructuré les sociétés
africaines en modifiant les règles complexes qui contribuaient au maintien de la cohésion
sociale et en négligeant les médiations traditionnelles qui existaient. La pression
démographique a aggravé l’inadéquation entre la population et les ressources disponibles. La
croissance urbaine, la modification des modes de vie ont bouleversé et fragilisé l’ensemble de
l’organisation sociale. Dans ce contexte difficile, les clivages traditionnels entre religions et
ethnies se sont exprimés plus violemment car la satisfaction des besoins élémentaires est
devenue source de conflits. Les pays de l’arc sahélien ( Mali, Niger, Tchad, Soudan ) sont
écartelés entre un Nord et un Sud humainement et économiquement dissemblables.
Ces évolutions économiques, politiques et sociales ont fragilisé les sociétés africaines
et multiplié les facteurs de déclenchement des conflits quand les Etats se révélaient incapables
de jouer un rôle de modérateur : luttes pour le pouvoir en Sirra-Léone et au Libéria ;
revendication pour la reconnaissance de l’identité de certains groupes ethniques comme les
Touaregs au Niger et au Mali ;autonomie territoriale comme en Casamance.
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conflit avec l’espoir d’en retirer des profits à terme. Ces sociétés de services se distinguent du
mercenariat traditionnel car elles offrent un ensemble de prestations ( logistique, encadrement,
fourniture d armes…) et ne se limitent plus au recrutement d’individus. L’affaiblissement des
structures étatiques, qui conduit des Etats à privatiser certaines de leurs fonctions très
appréciées en en confiant la gestion à ce type de sociétés ( douanes, finances
publiques…),accentue ce phénomène de privatisation des conflits et crée des conditions d’une
criminalisation croissante du politique.
Dans ces sociétés déstructurées, la guerre apparaît à toute une jeunesse sans espoir
comme une voie inespérée d’ascension sociale mais aussi, pour certains, comme le seul
moyen d’assurer leur subsistance. La participation de plus en plus importante de jeunes, voire
d’enfants aux guerres africaines en témoigne. La guerre représente pour eux un moyen de
survie car elle permet, au mieux, de percevoir une solde, au pire de vivre de pillages. Le port
d’une arme confère à ces jeunes guerriers l’illusion du pouvoir et de la reconnaissance sociale
qui lui est attachée. Enfin, la guerre représente un mode d’expression politique pour cette
génération qui ne croit plus en l’idéal démocratique.
Le problème des réfugiés victimes de la guerre, de la famine et de la maladie demeure
aigu. Selon le HCR, un réfugié sur trois dans le monde est africain, soit environ 5,9 millions
de réfugiés en Afrique. L’OUA avance le chiffre de 7 millions. A ces chiffres, il faut ajouter
le nombre des personnes déplacées à l’intérieur même de leur pays qui s’élevait à près de 15
millions. L’arrivée massive de réfugiés est une source de déstabilisation pour les pays d’
accueil car leurs besoins en logement, en alimentation etc. sont une charge pour la
communauté. Souvent la cohabitation entre les immigrés et la population de souche est une
source de troubles. lorsque le pays d’accueil est lui-même en état de fragilité, cela peut aller
jusqu 'à une déstabilisation générale. Quand l’implantation de ces réfugiés s’inscrit dans la
durée, plusieurs difficultés apparaissent :la présence de camps de réfugiés dans les zones
frontalières est non seulement mal admise par la population, mais génère des trafics de toutes
sortes. Enfin, ces camps peuvent être un foyer de reconquête pour les exilés cherchant à
retourner chez eux, par la force des armes le cas échéant. La profusion et la libre circulation
des armes dans l’ensemble de l’Afrique constituent un facteur de perpétuation de la guerre
dans la mesure où cette situation permet à n’importe quel mouvement de se procurer des
armes. Le cas des réfugiés au Kivu est exemplaire. Leur présence a justifié l’intervention
conjointe de l’armée rwandaise et ougandaise en vue de réduire les mouvements de rébellion
qui sévissent dans ces deux pays.
Mais le grand changement intervenu ces dernières années et qui résulte, pour une part,
de la fin de la bipolarité, c’est l’autonomisation des stratégies belliqueuses des Etats africains.
La perte des soutiens matériels extérieurs, à la fin de la guerre froide, avait entraîné une
recherche de nouvelles sources de financements à travers le détournement de l’aide
humanitaire, par exemple. Puis, peu à peu, s’est constituée une véritable économie de la
guerre qui repose essentiellement sur l’exploitation, par les acteurs ( Etats ou groupes armés )
et à leur profit, des richesses naturelles nationales. Dès lors, bénéficiant de ressources propres,
ils deviennent moins contrôlables.
Cette évolution a accrédité l’idée que l’accession au pouvoir par la force conditionnait
l’accès aux ressources. La recherche du pouvoir est devenue l’enjeu essentiel des conflits
dans certains cas ( par ex., en République Démocratique du Congo ), la multiplication des
parties en raison de l’enjeu. Dans le contexte d’une guerre pour l’accession au pouvoir, les
groupes de combattant se fédèrent autour des solidarités les plus sûres et les plus anciennes;
c’est ainsi que l’on peut expliquer la radicalisation ethnique à l’œuvre dans la région des
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Grands Lacs . La minorité, en lutte pour le pouvoir, assure sa cohésion en privilégiant
l’appartenance ethnique et celui qui n appartient pas au groupe est automatiquement identifié
comme l’ennemi. Deux phénomènes sont directement liés à ces évolutions : celui de la
régionalisation des crises, parce que les ethnies sont souvent transfrontalières, et celui de la
multiplication des sociétés de sécurité, parce que ces groupes font souvent appel à des
services extérieurs pour pallier leur faiblesses numériques et / ou opérationnelles. L a maîtrise
des ressources leur en donne les moyens.
Ainsi, dans les Etats en crise profond, la guerre est devenue en quelques années le seul
moyen de sortir de leur condition à la fois pour les populations, victimes de la crise
économique, qui y trouvent un moyen de survie et, parfois d’ascension sociale, et pour les
dirigeants victimes de transitions politiques avortées qui y voient le seul moyen d accéder au
pouvoir entraîne une autonomisation des stratégies à tous les niveaux : les Etats ne sont plus
tributaires de l’aide occidentale et peuvent mettre en œuvre des stratégies propres; de leur
côté, les mouvements armés s atomisent et les seigneurs de la guerre, en quête de pouvoir, se
multiplient de manière incontrôlable.
Ces évolutions contribuent à la pérennisation des conflits, rendant vaines de
nombreuses tentatives de paix.Elles expliquent en partie pourquoi la communauté
internationale semble dépassée face à la multiplication des affrontements. Les Etats
occidentaux ne disposent plus du contrôle indirect auquel ils avaient recouru pendant la guerre
froide et ils se montrent de plus en plus réticents à l’idée d’intervenir militairement dans des
conflits qui leur échappent. Ils sont responsables, pour une part, de l’impuissance des
Nations-Unies dont l’engagement repose avant tout sur la volonté des Etats-membres. Cette
impuissance résulte aussi des dispositions juridiques inscrites dans la Charte de l’Organisation
: les Nations-Unies sont compétentes dans le domaine du maintien de la paix et du règlement
pacifique des conflits aux termes des chapitres VI et XII de la Charte, mais ces dispositions s’
appliquent exclusivement aux différents interétatiques. Autrement dit, l’organisation obéit
strictement aux règles du droit international qui régit les rapports entre les Etats et consacre le
principe de souveraineté des Etats et celui de non-ingérence dans leurs affaires intérieures. La
conséquence directe de ces dispositions est que l’ONU ne peut intervenir dans un conflit qu’
avec l’autorisation de l’Etat concerné ou à appel de l’une des parties en conflit. Ces guerres
vont des conflits de décolonisation aux guerres post-indépendance.
15
II CONFLITS INTERETATIQUES (Litiges frontaliers )
16
NIGERIA 1967-1970 La guerre du Biafra opposa la république
autoproclamée du Biafra au gouvernement fédéral
du Nigéria.
SENEGAL 1990 …. La lutte du mouvement casamençais qui s inscrit
dans une logique sécessionniste s ‘est amplifiée
en 1990. Fin 1995 les pourparlers de paix ont
repris.
ZAIRE 1960-1978 Sécession du Katanga, actuel Shaba, en 1960 puis
intensification de la guerre en mars 1977 puis en
mai 1978.
Guerres civiles.
17
de militaire a entraîné une intervention militaire
conjointe, sud-africaine et botswanaise, afin de
rétablir l’ordre.
LIBERIA 1989-1997 Un accord de paix et des élections ( en juillet
1997 ) ont mis fin à la guerre que se livraient
plusieurs factions en lutte pour le contrôle du
pouvoir. L’Ecomog, force de maintien de la
paix de la CEDEAO, a considérablement réduit
ses effectifs puis quitté le pays après les élections
qui ont porté au pouvoir le Chef des rebelles le
président Charles TAYLOR. Quelques incidents
armés récents ne semblent pas remettre en cause
le processus de normalisation.
MOZAMBIQUE 1982-1992 La lutte qui opposait depuis 1997 le Frelimo
(Front de Libération du Mozambique ) au groupe
rebelle Renamo ( Résistance Nationale du
Mozambique ) s’est transformé en véritable
guerre civile en 1982.
OUGANDA 1986 Guerre civile entre les troupes gouvernementales
et le NRM ( National Résistance Movement ) de
Museveni.
R. D. C. Au pouvoir depuis mai 1997, le président Kabila
affronte depuis le 2 août 1998 une rébellion
soutenue par l’Ouganda et le Rwanda. Grâce à l’
intervention de l’Angola, du Mozamb ique et de
la Namibie, l’armée nationale congolaise a gagné
la bataille de l’ouest, mais la rebellion demeure
très active à l’ est ( kivu ). L’ONU s organise
depuis mi-1999 pour une intervention dans ce
pays
RWANDA 1962-1963 A l’indépendance, les Hutus prennent le pouvoir
et les milliers de Tutsis sont massacrés.En 1963,
les Tutsis tentent de reconquérir le pouvoir mais
échouent.
1991-1994 Des Tutsis chassés du pouvoir en 1959 et refugiés
en Ouganda envahissent le Rwanda à la tête du F
P R ( Front de Libération du Rwanda ) Cette
intervention a mis fin au génocide perpétré par le
régime hutu contre les Tutsis d avril à juin 1994,
qui fit entre 500 et 800 000 victimes.
SIERRA-LEONE 1992 … Une guérilla généralisée frappe le pays et le
gouvernement résiste de plus en plus mal à la
lutte armée. L’intervention de la force d’
interposition ouest-africaine dirigée par le Nigéria
a permis de rétablir le président Kabbah dans ses
fonctions, mais le RUF ( Front révolutionnaire
uni ) reste très actif.
SOMALIE 1991 … Depuis le début de la guerre, la Somalie a dû faire
face à la sécession du Somaliland et du Puntland
et à la vacance totale de l’Etat après l’échec de l’
18
intervention des forces américaines en mars
1995. Depuis, les actions des mouvements de
guérilla ont repris sans espoir de paix à court
terme.
SOUDAN 1955 … Depuis le milieu des années 50, le SPLA (
Sudanese People Liberation Army ) de John
Garang lutte contre le gouvernement afin de
reprendre le pouvoir transmis par les Britanniques
aux élites arabisées du Nord au moment de la
décolonisation.
TCHAD 1968-1982 L’insurrection contre le pouvoir autoritaire du
président Tombalbaye ( mort en 1975 )
commence en 1965 et se transforme en lutte
armée entre 1969 et 1972, puis en guerre civile en
1979, lorsque le gouvernement constitué par
Hisséne Habré est rejeté par les tchadiens du sud.
19
comme celui qui opposa le Mozambique, la Tanzanie, la Zambie et le Botswana au
gouvernement rhodésien blanc de Ian Smith entre 1976 et 1979.
L’Afrique, comme on le voit, a longtemps été un théâtre de conflits d’origines divers.
Même si aujourd’hui certains conflits sont encore très actifs, ( Afrique centrale, Somalie ), il
n’ en demeure pas moins que l’opinion africaine et internationale en fait une de ces toutes
premières préoccupations. Dans ces régions, les organisations régionales comme l’
Organisation Economique des Etats des Grands Lacs ou l’IGAD de l’Afrique de l’est sont
paralysés. Elles n’ont pas pu faire comme la CEDEAO qui a réussi à éteindre les crises au
Libéria, en Sierra-Léone et en Guinée Bissau.
Les afro-pessimistes devraient se rappeler que les Etats-Unis d’Amérique n’ont pu
réussir leur vraie unification qu’après une désastreuse et coûteuse guerre de sécession en
1865, et que l’Union Européenne n’a pu vraiment s’organiser qu’après avoir traversé
plusieurs guerres. Il y a un prix à payer pour toute œuvre humaine salvatrice d’une grande
ampleur.
Se référent à l’histoire, on peut dire que les utopies d’aujourd’hui, sont les réalités de
demain. La volonté d’un peuple appartenant à un même continent de sceller leur unité n’est
jamais une utopie.
Quand l’Europe a décidé en 1957 à Rome de signer l’acte par lequel ont été posé les
fondements de ce qui sera par la suite le Marché Commun, personne ne pensait qu on irait si
loin. L’idée européenne date déjà des années 1725 quand, il a été formulé pour la première
fois par l’Abee St Pierre. Cette idée a ensuite évolué. On a vu Ernest Renau lancer l’idée
des Etats – Unis de l’Europe. On a vu Kant lancer l’idée des Etats – Unis de l’Europe. On a
vu le Barren Goudenoff lancer l’idée des Etats – Unis de l’Europe. ; mais l’idée a cheminé au
travers des siècles, pour connaître son premier aboutissement en 1957 quand avait été créer
les fondements du marché commun.
Avant cela, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, en 1945, la France avait
créée la Communauté Economique du Charbon et de l’Acier avec un certain nombre de pays;
plus ils ont évolué, plus cela a été et maintenant ils sont dans l’Union Européenne qui
regroupe 15 Etats
L’espace Schengen a été créé et l’Euro, une monnaie commune aux Etats membres va
entrer en application dès l’année 2002 et jusqu à présent, l’unification de l’Europe n’est pas
encore terminée ; par conséquent, le fait déjà de poser le problème de revendication des Etats
–Unis d’Afrique n’est pas une utopie.
Si ce vieux projet des Etats Unis d’Afrique est souvent revenu sur le tapis à chaque
fois que l’occasion se présente, c’est qu 'il est porteur d’espoir. Cet espoir est basé sur les
richesses naturelles dont dispose l’Afrique, mais aussi sur l’existence de plusieurs
organisations sous régionales déjà opérationnelles.
La question est plutôt de savoir quelle forme, quelle structure pourrait prendre cette union.
Pour un grand continent comme l’Afrique, l’étendue du territoire (30 millions de Km²) et
l’immensité de la population (8 millions d’habitants) fait penser à une organisation capable
20
non seulement de gérer des espaces régionaux mais aussi des individus qui se retrouvent dans
des ethnies très proches les unes des autres.
Ainsi, par pôle, ces régions pourraient se définir. L’Afrique se verrait divisée en cinq
régions économiques suivantes :
L’Afrique de l’Est,
L’Afrique de l’Ouest,
L’Afrique du Centre,
L’Afrique Australe,
L’Afrique du Nord.
A la tête de chaque région, un ou deux pays pourraient bien jouer le rôle de locomotive
comme le font la France et l’Allemagne pour l’Union Européenne.
L’Afrique du Sud pour la région australe,
Le Nigéria pour la région de l’ouest,
L’Egypte pour la région du nord,
La RDC pour la région centrale,
Le Kenya ou le Soudan pour la région de l’est sont bien placés pour assumer cette
responsabilité.
Malheureusement, le Soudan et la RDC ,deux pays très riches et très grands sont en conflits ;
cela n’est pas de nature à accélérer la mise en place de cette forme de gestion régionale de
l’Afrique.
Loin de se décourager, les africains devraient chercher, avec l’aide des puissances
occidentales, à stabiliser l’Afrique. Ce n’est pas impossible car, si l’on se réfère à Europe qui
avaient été détruite après les deux grandes guerres, on constate qu’elle a pu se reconstruire et
se relever avec le Plan Marshal. Dans la paix retrouvée, ils pourront s’organiser, dans la paix,
ils pourront bâtir des projets régionaux. Ce n’est ni les richesses naturelles ni les hommes
qu’il faut pour son développement qui manquent en Afrique ; c’est plutôt la stabilité et la
bonne gestion dans la démocratie et le respect des droits de l’homme qu’il faudrait améliorer
afin de pouvoir profiter des richesses dont la nature a fait la part belle à l’Afrique.
L’Afrique de l’Ouest a déjà compris cette situation. Cette région s’est organisée en une
communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). A travers cette
organisation, elle a pu dégager à ce jour un bilan globalement positif et pourrait servir
d’exemple pour les autres régions.( Voir plus loin l’exemple de la CEDEAO).
S il est incontestable que la source première de la richesse d’un pays est sa population,
il n’en demeure pas moins vrai que les hommes ne peuvent travailler et créer des richesses
que dans les milieux aux aptitudes naturelles les plus favorables. Ainsi, la plupart des grandes
puissances économiques contemporaines se sont elles bâties sur des espaces nationaux riches
en potentialités agricoles, en sources d’énergie et en ressources minérales. C’est ce que
M.Edem KODJO a développé dans son ouvrage : « ET DEMAIN L’AFRIQUE .... »qui nous
fait le bilan loin d’être exhaustif des richesses naturelles africaines.
Ces potentialités économiques dont la nature a doté l’Afrique autorise à penser qu’elle
est le continent de l’autosuffisance virtuelle.
L’espace géographique africain dispose de vastes étendues de terres riches. La partie
orientale possède de larges superficies de sols volcaniques d’une remarquable fertilité. sA
21
l’exception des régions arides et semi – arides qui représentes les deux cinquièmes de la
superficie totale du continent, le reste de l’Afrique, loin d’être hostile à l’occupation humaine,
offre de remarquables possibilités de culture. L’Afrique possède près de 15% des terres
arables de notre planète et il est aujourd’hui patent qu’il existe, rien qu en Afrique tropicale,
cinq cents millions d’hectares de terres susceptibles d’être exploitées à des fins agricoles.
Une autre richesse considérable dont dispose largement l’Afrique, rongée par la
sécheresse, reste l’eau. Les grands fleuves africains tels le Congo, le Nil, le Niger le Limpopo,
le Sénégal, la Sanaga, l’Ogoué, la Volta, le Mono, etc. représentent un débit de plus de cent
quarante mille mètres cube d’eau à la seconde qui se perdent dans les mers et les océans. L’
on peut bien imaginer l’irrigation de certaines zones arides et semi – arides du Sahara, du
Sahel et de l’Afrique australe à partir des grands fleuves de l’Afrique tropicale.
M. Pierre Gourou un des maîtres du tropicalisme qui affirmait jadis que le monde des
tropique serait peu favorable au développement, vient de rompre avec toute vue péjorative sur
le milieu biogéographique tropical. Terres de bonne espérance ,son dernier livre qui semble
constituer la somme de sa pensée, combat les préjugés aux quels il croyait depuis sa prime
jeunesse. Il reconnaît au domaine tropicale des aptitudes qu 'un meilleur système d’
organisation et d’encadrement pourrait exploiter pour la production agricole et industrielle.
Outre les potentialités de cultures, la zone forestière, surtout la grande forêt
équatoriale, renferme des réserves insoupçonnées de bois d’œuvre qui entrent pour beaucoup
dans les industries du bois et de la pâte à papier. Les cours d’eau, les lacs et les façades
maritimes du continent sont riches en ressources naturelles, à peu près inépuisables, et dont l’
exploitation peut servir de facteur de développement.
Ainsi, l’importance actuelle et future des ressources naturelles agricoles de l’Afrique
dans l’économie mondiale ne peut échapper à la sagacité de tout observateur averti. Mais la
place présente et ultérieure du continent dans la production des ressources minérales constitue
un sujet d’espoir pour la construction d’une économie africaine moderne et prospère.
Le sous-sol du continent y comprit le plateau continental sous-marin, n’a pas encore
connu la prospection systématique qui devrait lui faire livrer toutes ses richesses. Toutefois, à
ce jour, les découvertes réalisées révèlent que les potentialités minérales sont de première
grandeur.
Au plan des ressources énergétiques, les richesses africaines, loin d’être négligeables,
apparaissent comme un puissant facteur de son développement économique future, un atout
majeur pour son industrialisation.
Les réserves connues de houille, estimées à trente – cinq milliards de tonnes métriques
sont faibles, comparées aux quatre cent neuf milliards du continent nord –américain, aux trois
cent cinquante du monde soviétique, aux deux cent vingt cinq de l’Europe de l'Ouest, aux
deux cents de la Chine populaire et aux cent quarante du reste du tiers monde. Concentrée
surtout en Afrique australe, où l’exploitation des réserves sud-africaines nourrit l’exploitation
vers les centres industriels ouest-européens, la houille africaine ( déjà utilisée dans l’économie
moderne de maints pays du continent ) doit servir de source d’énergie et de matière première
pour la sidérurgie et une industrie chimique diversifiée. Quoique la technologie de l’acier ait
beaucoup progressé, l’usage du coke reste toujours nécessaire et le charbon africain peut, à ce
effet, contribuer à l’essor d’un secteur indispensable à une véritable industrialisation.
Les hydrocarbures, nerf de l’économie industrielle moderne, représente pour l’Afrique
une chance à saisir dans toute sa dimension : source d’énergie commode et matières premières
aux vertus recherchées dans l’industrie chimique, ils peuvent ouvrir au continent les portes du
monde industrialisé. Le sous-sol africain n’a pas encore livré tous ses secrets, mais d’éminents
géologues le créditaient, pour la fin des années 80, de plus de vingt- huit milliards de tonnes
de pétrole récupérable et de dix-neuf mille milliards de mètres cubes de gaz récupérable.
Aujourd’hui, le continent fournit plus de 11 % de la production mondiale de pétrole, mais
22
n’en consomme que 2 %,il extrait plus de 3 % du gaz naturel mondial, mais n’en utilise qu à
peine1 %. Il laisse, pour le moment, aux autres nations le soin d’exploiter une matière
première vitale qui peut l’aider à réaliser sa révolution industrielle.
Comparées au potentiel mondial, les réserves africaines sont considérables. Elles
fournissent une part importante des besoins de l’Europe occidentale et elles atteignent
d’autres pays industriels notamment, les Etats-Unis et le Japon.
La part africaine des réserves mondiales de fer est estimée par les instituts
scientifiques les plus réputées à plus de 20 % ; celle de chrome était en 1973 de 97,1 %, celle
du Manganèse de 53,7 % en 1976, celle de Vanadium de près de 34 %,celle de Titane de 23
%, celle de Colombium de 18 % et celle de Tantale de 67 %.
L’Afrique possède également en quantités considérables des métaux non ferreux, des métaux
rares, des pierres précieuses et des matières premières chimiques.
Les métaux non ferreux recouvrent un spectre allant du cuivre, du plomb, du zinc, du
cobalt au mercure, à l’aluminium, au nickel, à l’étain. Le cuivre africain représente 14 % des
ressources terrestres mondiales ;8 % de plomb, 45, 2 % de cobalt,7,3 % de nickel,11,2 %
d’étain, 43, 7 % d’aluminium.
Le fer, les métaux ferreux et non ferreux constituent des matières minérales
essentielles pour la métallurgie. Leur production est indispensable aux économies
industrielles et doit contribuer à l’émergence d'une économie moderne sur le continent.
De nombreux métaux rares utilisés dans l’industrie électrique, l’électronique, le
nucléaire, l’aéronautique et l’aérospatiale, existent dans le sous-sol africain. La part africaine
dans les réserves mondiales d’antimoine est évaluée à 7 %, celle du lithium à 10 % et le
continent est riche en tungstène, en molybdène, en zirconium, en niobium.
Avec 23, 5 % des réserves connues du monde, à l’exclusion des pays de l’est, le
potentiel africain en uranium, auquel il faut bien ajouter le thorium dont la production et les
réserves sont actuellement protégées par le plus grand secret, est remarquable.
La place de l’Afrique comme producteur de métaux reste prépondérante. Cette
prépondérance s’affirme par les nouvelles applications industrielles de ces métaux. En effet
outre leur utilisation comme matière première dans la joaillerie, la bijouterie et l’odontologie
l’ or l’argent et le platine servent à des usages délicats en électronique, en aéronautique, en
aérospatiale. Leur champ d’utilisation s’est vu élargi par la création des industries de pointe.
En dehors du bloc de l’est le contient africain y compris l’Afrique du sud est
aujourd'hui, et de très loin, le premier producteur mondial d’or. En 1977 il a assure, à lui
seul, les quatre cinquièmes dune production mondial alors estimée a mille deux cent trois
tonnes. Le platine africain représente 60% des réserves mondiales.
D’autres " matières premières industrielles et céramiques ", pour reprendre les termes
de géologues soviétiques, ne sauraient être négligées. Il y a l’amiante, l’asbeste, le gypse, le
talc, le quartz, le mica, le graphite …
Le sous-sol africain recèle des matières premières chimiques de toutes sortes, dont les
phosphates et la potasse. Pour les premiers, les réserves sont évaluées à 70 % du potentiel
mondial, et la seconde se trouve en abondance dans la cuvette de la République Démocratique
du Congo ( R D C )
Les pierres précieuses constituent le dernier groupe des minéraux utiles qu il convient
de ne pas passer sous silence. L e continent en possède toute une gamme allant du béryl à la
topaze, en passant par le rubis, le saphir, etc., mais il faut faire une mention spéciale pour le
diamant dont l’Afrique demeure, de très loin, le premier producteur mondial. En 1978, sa part
dans la production universelle était de 73, 3 %. potentiellement riches.
Même les pays qui sont classés parmi les plus pauvres possèdes dans leur sous-sol des
richesses fabuleuses.
23
Le Mali, cité parmi ces pays les plus démunis de la terre, dispose pourtant de
potentialités considérables. L’ouest malien est riche en pétrole. Ce pays possède de la houille,
de l’uranium, du fer évalué à 630 000 000 de tonnes, du zinc estimé entre 150 000 et 200 000
tonnes. Les ressources maliennes en bauxite, fortes de plus d un milliard de tonnes, sont
exploitables et récupérables à plus de 50 %. Les réserves en manganèse sont de plus de 4 000
000 de tonnes. De sérieux indices de cuivre ont été décelés dans la région de Nioro, de nickel
dans la région du Hoggar. Il y a des réserves prouvées de phosphates pour plus de 5 000 000
de tonnes sur un potentiel de 20 000 000. De l’or, de l’argent, du diamant, du sel gemme
existe dans ce " pauvre " pays africain.
Le Niger, le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie, le Burkina-Faso, la Tanzanie n’ont pas
encore livré la mesure réelle de leur ressources. Ils étonneront le monde, le jour où de
sérieuses investigations les révéleront. Déjà le Soudan a commencé à suscité l’intérêt du
monde industriel pour ses potentialités agricoles, énergétiques et minérales.
Le continent, avec les ressources naturelles dont il dispose apparaît comme un
réservoir précieux de ressources énergétiques et minérales. Le potentiel énergétique et minéral
offre à l’Afrique de réelles possibilités d industrialisation.
Les africains doivent avoir à l’esprit que leurs pays assemblés détiennent les
ressources naturelles qui font des économies prospères. Vastes espaces géographiques, doté
de potentialités de toutes sortes et d’une population importante à croissance rapide, le
continent dispose des deux facteurs clefs de l’émergence d’une économie industrielle
puissante à condition que la formation des hommes soit tournée vers la réalisation de cet
objectif
C’est là une des raisons majeures d’espérer, mais cela ne doit pas pousser les africains
à croire que la richesse potentielle de leur continent les dispense de l’effort. Ils doivent
secouer leur torpeur, fixer leur regard sur le monde actuel pour mieux saisir le sens des
mutations industrielles et des progrès technologiques qui s’y réalisent.
Les nations économiquement avancées cherchent à se dégager de la dépendance des
pays producteurs de matières premières. Depuis la percée opérée par les pays producteurs de
pétrole regroupés au sein de l’O P E P, les puissances industrielles se sont décidées à
développer la production des matières premières dans les pays "sûrs ".C’est dans cet esprit
qu’il faut comprendre la réduction sensible des investissements occidentaux dans les
industries d’extraction en Afrique et dans d’autres pays du tiers monde. Des pays comme l’
Australie, le Canada, le Mexique et la Sibérie soviétique profitent de cette réduction des
investissements.
Déjà productrice de pétrole dans plus d une vingtaine de zones, la mer apparaît,
en plus de ses ressources halieutiques, comme une immense source de matières premières
minérales. Jusqu à ce jour, quatre zones de nodules exploitables ont été découvertes et
exploitées dans les océans. Ces nodules constitués d un conglomérat de cuivre, nickel, fer,
manganèse et cobalt, ont vu leurs estimations varier de trois milliards de tonnes au milieu des
années soixante à quinze milliards aujourd’hui.
Peut-on, par ailleurs, oublier l’Antarctique déclarée territoire commun de l’humanité ?
Comme l’écrit Samuel Pisar dans La ressource humaine : " Ce continent peut à lui seul selon
les mesures déjà reconnues, et les multiples sondages analysés fournir la nourriture pour les
milliards d’hommes ; plus de pétrole qu’il n’en faut à toutes les raffineries d’aujourd’hui ; du
minerai de fer pour toutes les aciéries automatisées qui couvriront d’ici quinze ans les
continents du tiers monde, à la densité du Japon, et de l’eau à satiété pour les déserts à
fertiliser. "
Les recettes que procure aux africains l’exploitation de leurs matières premières
minérales risquent de s’évanouir et des drames de surgir partout sur leur continent. Il y va de
24
la vie même des peuples africains de se préparer à affronter le défi qui les attend pour ne pas
se trouver réduits à l’aumône et à la mendicité auprès des autres nations. Ils sont dans l’
obligation, pour survivre, de s’engager dans la voie d’une économie industrielle qui soit le
fruit de leur propre travail car ils risquent de faire les frais des percées technologiques qui s’
effectuent à grands pas sous leurs yeux.
Il faut que les ressources naturelles que recèle le sous-sol marin et terrestre de l’
Afrique, et qui sont autant de raisons d’espérer, poussent les africains à se juger capables de
conduire leur révolution industrielle.
Nul ne le fera à leur place et dans ce processus de gigantesque transformation, ils
devront d’abord compter sur leurs propres forces. Il n’est pas besoin de se référer à l’histoire
car, de nos jours, on peut observer ce double phénomène qui pousse les vieilles nations à se
regrouper en des ensembles économiques vastes et à assurer à leurs peuples une éducation et
une formation très avancées.
Continent de l’auto-suffisance virtuelle, l’Afrique se doit de canaliser l’énergie de ses
habitants vers l’aménagement harmonieux et rationnel de son espace géographique pris
comme un tout. Une telle entreprise suppose une solidarité dans l’action, une conviction
inébranlable qui puise ses racines dans la civilisation africaine traditionnelle.
D’éminents responsables, animés par la volonté inébranlable de pousser l’Afrique vers
son développement économique, politique, social et culturel dans la stabilité, ont pensé aux
étapes devant leur permettre d’aboutir à la concrétisation de ce que certains qualifient de
projet utopique : Les Etats-Unis d’Afrique. Face à la mondialisation des économies, face aux
problèmes de sécurité qui s’internationalisent, ces responsables ont été amené à créer des
organisations régionales
25
B - LES ORGANISATIONS REGIONALES
A Syrthe en Libye, le 09 septembre 1999, les Chef d’Etats ont pris un engagement
ferme. Ils ont estimé que le temps était venu de préparer l’Union, même s’il ne sont pas entrés
dans les détails opérationnels et ne se sont pas prononcés, par exemple, sur la forme que
l’Union pourra prendre.
Cette forme on peut dire qu’elle s’est déjà dessinée car, après un constat manifeste de
certaines insuffisances de l’ OUA (Organisation de l’Unité Africaine ), on a vu naître, à partir
des années 1975, dans les différentes régions, des organisations régionales. Le débat ouvert,
fait rêver plus d’un à plusieurs Hypothèses de formes d’une Union Africaine. Trois
Hypothèses peuvent être retenues :
I – LES HYPOTHESES
H1 : S’agit-il d’une Union sous la forme d’une Fédération des Etats actuels sous la
présidence d’un Gouvernement Fédéral Central ? ( Carte 1 )
H2 : S’agit-il d’une Union à partir d’une structure fédérative des grands ensembles régionaux
comme première phase débouchant un jour sur une Confédération de ces derniers à l’échelle
du continent ? (Carte 2 )
H3 : S’agit-il d’une Unité Africaine avec purement et simplement l’effacement des frontières
sous la présidence d’un président de tout le continent africain ? ( Carte 3 )
Si l’on se tenait à ces trois Hypothèses, la plus opportune semble être celle qui ne touche pas
aux frontières actuelles mais s’oriente vers un renforcement et une réorganisation des
organisations régionnales déjà existantes (H2). La troisième hypothèse (H3) est tout
simplement irréaliste compte tenu du fait qu’elle créerait plus de problèmes qu’elle n’en
résoudrait.
11 – La volonté politique .
A cause de certains problèmes qui leur sont propres, quelques pays refusent d’adhérer
à l’organisation régionale à laquelle naturellement ils sont beaucoup plus proche. C’est le cas
de l’Egypte qui, après avoir été l’un des initiateurs du projet de l’UMA (Union du Magreb
Arabe ) avec le Président SADATE, se trouve aujourd’hui absent de cette organisation qui est
restée paralysée.
La CEDEAO aussi vient d’enregistrer une défection en son sein proclamée par la
Mauritanie ; cala, pour un projet de création d’une monnaie unique de la Communauté. Même
26
si les Chefs d’Etat ne se sont pas encore exprimés officiellement sur cette question, elle est
tout de même préoccupante et pourrait fragiliser cette Communauté qui commence à
enregistrer quelques résultats positifs.
Le foisonnement d’organisations régionales n’est pas de nature à arranger les choses.
En Afrique centrale, certains pays appartiennent à la fois et à la SADC et à la Communauté
des Pays des Grands Lacs. Au début de ce mois de février 1999, ce sont réunit au Tchad, 9
pays pour une Conférence de la Communauté des Pays du Sahel et du Sahara (Sin-Sad ).
Plusieurs de ses pays appartiennent déjà à la CEDEAO ou à la CEEAC. Certes, on ne peut pas
ignorer certaines particularités dans une région donnée, mais ces particularités doivent être
prises en compte au niveau régional pour éviter la dispersion des forces préjudiciable au bon
fonctionnement des organisations déjà existantes.
.
12 – Les moyens financiers .
Quant on sait que l’OUA gère 572 fonctionnaires avec un budget annuel
invariablement fixé à 25 millions de dollars et que plusieurs pays ne sont pas en règle avec
leur participation financière, on ne peut que se rendre compte de l’importance du problème
quand il va s’agir de gérer cette situation d’une manière beaucoup plus rigoureuse.
Lors de la dernière conférence extraordinaire en Libye, Tripolie a certes déboursé, le 06
septembre1999, 4,5 millions de dollars pour permettre la levée des sanctions ( privation du
droit à la parole et au vote ) frappant sept pays. Même si ce geste est salutaire, il n’est pas de
nature à favoriser les débats libres et démocratiques au sein de la nouvelle organisation. Et
enfin,
13 – Le Temps.
Une œuvre de cette importance a besoin de beaucoup de temps ; le temps de
sensibilisation et d’explication aux peuples, le temps d’élaboration des textes etc…, avant la
mise à jour et l’application des différentes étapes nécessaires à un bon fonctionnement. C’est
vrai, il y a déjà beaucoup de temps de perdu, avant les indépendances et surtout après les
indépendances où le problème avait été sérieusement abordé puis …..silence.
Cette fois-ci, il faudrait se mettre sérieusement au travail avec un calendrier et des échéances
à respecter. Cela suppose que, les experts désigner appelés à plancher sur les statuts devrait se
mettre acharnement au travail pour cette nouvelle organisation et revoir les statuts des
organisations régionales déjà existantes ; les harmoniser.
A Syrthe, on a pu entendre le Président Obassandjo du Nigéria dire : « Avant de courir, il faut
d’abord apprendre à marcher. », puis à Amara Essy chef de la diplomatie ivoirienne de
renchérire : « on ne fait pas l’Union en deux jours !».« Nous n’avons plus de temps à perdre »
Leur a répondu le chef de la Jamahiriya. Heureusement pour l’Afrique, le réalisme a prévalu,
Dieu merci, l’Union Africaine n’a pas été décrétée le 9/ 9/ 1999 à Syrthe comme le prévoyait
le guide de la révolution Libyenne. Ce même réalisme est prévisible à Lomé lors du prochain
sommet ordinaire qui se déroulera en juin 2000 au Togo. Il serait souhaitable que les Chefs
d’Etat s’y donnent le temps de mieux penser le projet avant sa réalisation effective.
14 - Les Inquiétudes.
Une fois ces organisations régionales opérationnelles, les menaces auxquelles il
faudrait s’apprêter à trouver rapidement des solutions pourraient être de deux ordres :
-Des crises internes à caractère ethnique.
-Des crises résultantes du réveil de l’intégrisme religieux.
27
II – LES VERTUS DU FEDERALISME
- Le principe d’autonomie : l’autonomie la plus large doit être reconnue à tous les hommes
et à toutes les collectivités parce que la richesse matérielle, culturelle et spirituelle de
l’humanité dépend du degré d’autonomie de tous ses membres, personnes et groupes.
- Le principe de participation : toutes les parties collaborent aux œuvres qui concernent
l’Etat fédéral dans sa globalité, notamment dans tout ce qui concerne les modifications
constitutionnelles.
- Le principe de coopération : l’accent est mis sur la coordination et le contrat plutôt que sur
la subordination et la décision unilatérale. Il y a une coopération horizontale entre les
collectivités de même niveau, et une coopération oblique entre les collectivités de niveaux
différents.
28
- Le fédéralisme par ségrégation est spécifique à l’Etat unitaire car il obéit à une force
centrifuge. « Ce sont des dissimilitudes entre groupes d’une collectivité primitivement
unitaire qui engendrent le fédéralisme par ségrégation ». C’est le type de fédéralisme qui
est « le plus susceptible de faire évoluer les antagonismes ethniques intraétatiques de
l’Etat unitaire africain en relations de coexistence harmonieuse.
Lorsqu’il se produit à l’intérieur de l’Etat unitaire, le fédéralisme par ségrégation entraîne
l’autonomie des différentes collectivités culturelles. Ainsi, dans l’Etat unitaire, et sur la base
du principe d’autonomie, le fédéralisme par ségrégation se construit-t-il par la
décentralisation. »
Les deux processus sont étroitement liés. Selon Georges Scelle, « il n’y a fédéralisme
que dans le cas et la mesure où les représentants ( organes) des collectivités composantes
restent des gouvernements, dotés d’une compétence discrétionnaire insusceptible d’un
contrôle d’opportunité ou contrôle hiérarchique, et ne relevant que du contrôle de légalité…
C’est par ce trait que le fédéralisme s’identifie avec la décentralisation. La décentralisation
véritable est également caractérisé juridiquement par l’octroi d’une compétence
discrétionnaire, si étroite soit-elle, à des représentants locaux qui de ce chef sont des
gouvernants. »
Le fédéralisme par agrégation ou par association est la conception la plus courante que
les individus ont du fédéralisme. « Il s’agit simplement du phénomène par lequel des
collectivités décident de s'unir en raison de leur similitudes, en vue de défendre des intérêts et
de promouvoir des objectifs communs, tout en gardant leurs caractères distinctifs…C’est la
forme idéale pour résoudre les problèmes conflictuels inter étatiques, les problèmes de
développement économique et les problèmes de domination. Le fédéralisme par agrégation
devrait faire naître une chaîne de solidarité , de complémentarité et de sécurité entre les
peuples africains… »
Bien avant le phénomène de la mondialisation des économies auquel les nations assistent
aujourd’hui, l’Afrique avait déjà senti la nécessité de se regrouper politiquement, harmoniser
les échanges transfrontaliers et bâtir des projets communs. Ces organisations se retrouvent :
- En Afrique de l'Ouest,
- En Afrique Centrale,
- En Afrique du nord,
- En Afrique Australe,
-En Afrique de l'Est.
-Dans les Pays des Grands Lacs.
29
1- EN AFRIQUE DE L'OUEST
BENIN
CAP-VERT
COTE D'IVOIRE
GAMBIE
GHANA
GUINEE-BISSAU
GUINEE
BURKINA-FASSO
LIBERIA
MALI
MAURITANIE
NIGER
NIGERIA
SENEGAL
SIERRA-LEONE
TOGO
30
2 / EN AFRIQUE CENTRALE
CAMEROUN
CONGO
GABON
GUINEE EQUATORIALE
RCA
TCHAD
31
3 / EN AFRIQUE DU NORD
En Afrique du Nord, L'U M A ( Union du Maghreb Arabe ) regroupe les Etats suivants:
ALGERIE
LYBIE
MAROC
TUN1SIE
32
4 / EN AFRIQUE AUSTRALE
AFRIQUE DU SUD
ANGOLA
BOTSWANA
ILES MAURICE
LESOTO
MALAWI
MOZAMBIQUE
NAMIBIE
TANZANIE
SWASILAND
ZAMBIE
ZIMBABWE
33
5 / LES PAYS DES GRANDS LACS
La C D P G L ( Communauté de Développement des Pays des Grands Lacs), regroupe les Etats
suivants,
BURUNDI
KENYA
MALAWI
OUGANDA
R.D.C.
RWANDA
TANZANIE
ZAMBIE
34
6 / EN AFRIQUE DE LEST
DJIBOUTI
ERYTHRE
ETHIOPIE
KENYA
OUGANDA
SOMALIE
SOUDAN
35
C - EXEMPLE DE LA C E D E A O
( Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest )
Née avec la signature du traité, l’instituant le 28 Mai 1975 à Lagos par les Chefs
d’Etat et de gouvernement de 15 pays de la région, la C E D E A O n’est devenue
opérationnelle que le 5 Novembre 1976 avec la signature, par les mêmes hommes d’Etats, des
protocoles d’application du Traité et les nominations du Secrétaire Exécutif de la
Communauté et du Directeur général du Fonds de coopération et de développement de la
CEDEAO.
Le premier conseil des ministre tenu à Lagos du 18 au 22 Juillet1977 et le premier
Conseil d’administration du Fonds du 25 au 27 du même mois, en dotant le Secrétariat
Exécutif et la Direction Générale en personnel dont les deux Secrétaires Exécutifs-Adjoints,
ont achevé de mettre sur les rails une communauté de 15 Etats, qui s’étend sur plus de 6 000
000 de Km² et compte près de 150 OOO OOO d’âmes.
L’objectif fondamental de la C E D E A O est l’intégration économique des Etats
Membres, en promouvant la coopération et le développement dans tous les domaines de l’
activité économique avec pour souci permanent l’élévation du niveau de vie de ses peuples.
Aux fins énoncées, l’action de la C E D E A O portera sur : l’élimination progressive
entre les Etats membres, des droits de douane et toutes autres taxes à l’importation et à l’
exportation des marchandises ; l’abolition des restrictions fiscales et administrative entre les
Etats membres ; L’établissement d’un tarif douanier commun et d’une politique commerciale
commune à l’égard des pays tiers ; la suppression entre les Etats membres des obstacles à la
libre circulation des personnes et des biens, des services et des capitaux ; l’harmonisation des
politiques agricoles et la promotion de projets communautaires des Etats membres.
I - INSTITUTIONS ET FONCTIONNEMENTS
- La Conférence des chefs d Etats et de Gouvernement. Son rôle est d assurer " l a
Direction Générale et le contrôle des fonctions exécutive de la communauté en vu des
développements progressif de celle- ci et de la réalisation de ses objectifs ".
Pour ce faire, les décisions et directives de la conférence engagent toutes les institutions de la
communauté. Elle se réunit au moins une fois l’an et elle établit, elle même son règlement
intérieur notamment en ce qui concerne la convocation de ses réunions, la conduite des débats
et l’ordre dans lequel, chaque année, la présidence de la conférence est attribuée à tour de rôle
en un autre membre de la conférence.
- Le conseil des ministres a pour mission de veiller au bon fonctionnement et au
développement de la communauté conformément au Traité ; de faire des
recommandations à la conférence sur les problèmes de politique générale en vue d assurer
le fonctionnement et le développement efficace et harmonieux de la Communauté ; de
donner les directives à toutes les autres institutions de la Communauté relevant de son
autorité et d exercer tous les pouvoirs qui lui sont à lui conférés par le Traité.
- Les décisions et directives du Conseil des ministres engagent les institution de la
Communauté relevant de son autorité sauf si la conférence en décide autrement. Le
conseil se réunit deux fois par an et l’une de ses sessions se tient immédiatement avant la
session annuelle de la conférence.
36
Le Secrétariat Exécutif est dirigé par un Secrétaire exécutif qui est nommé par la
conférence pour une période de 4 ans renouvelable une seul fois et qui ne peut être relevé de
ses fonctions que par la conférence sur recommandation du Conseil des ministres. Il est
assisté par deux secrétaires exécutifs-adjoints nommés par le Conseil des ministres. Outre le
Secrétaire exécutif et ses deux adjoints, le Secrétaire exécutif comprend un contrôleur
financier nommé par le conseil des ministres.
Chargé de l’administration courante de la communauté et de toutes les institutions, le
Secrétariat exécutif a pour mandat : de fournir, comme il convient, ses services aux
institutions de la communauté et d’aider celles-ci dans l’exercice de leurs fonctions ; de suivre
constamment le fonctionnement de la Communauté et, le cas échéant, de rendre compte au
Conseil des ministres du résultat de cet examen ; de soumettre un rapport d’activités à toutes
sessions du Conseil des ministres et de la conférence ; d’entreprendre tous travaux et études et
d’assurer les services liés aux objectifs de la communauté qui peuvent lui être confiés par le
Conseil des ministres et de formuler aussi, à ce sujet, toutes propositions propres à contribuer
au fonctionnement et au développement efficaces et harmonieux de la Communauté.
- Les Commissions techniques : elles sont au nombre de quatre :
-La commission du commerce, des douanes, de l’immigration, des questions monétaires
et des payements,
- - La Commission de l’industrie, de l’agriculture et des ressources naturelles ;
- - La Commission des transports, des télécommmunications et de l’énergie ;
- - La commission des affaires sociales et culturelles.
Cette liste n’est ni limitative ni définitive puisque la Conférence peut décider de créer toute
autre commission qui lui paraîtrait nécessaire.
37
- LE FONDS DE COOPERATION DE COMPENSATION ET DE
DEVELOPPEMENT
Le Fonds est une institution jouissant de l’autonomie de gestion. De part ses objectifs,
il est le bras et même l’âme de la Communauté : fournir les compensations et d’autres formes
d’assistances aux Etats membres qui auront subi des pertes en raison de l’application des
dispositions du Traité sur la libéralisation des échanges au sein de la Communauté ou par
suite d’implantation d’entreprises communes ; accorder des subventions pour le financement
d’études et d’actions de développement d’intérêt national ou communautaire ; accorder des
prêts pour le financement et pour la réalisation de projets de développement dans les Etats
membres ; garantir les investissements étrangers effectués dans les Etats membres concernant
les entreprises établies conformément aux dispositions du Traité sur l’harmonisation des
politiques industrielles ; fournir les moyens pour faciliter la mobilisation constante des
ressources financières intérieures et extérieures aux pays de la Communauté ; enfin, aider à la
promotion de projets en vue de la mise en valeur des Etats membre les moins développés de la
Communauté, tels sont les objectifs qui lui ont été assignés.
A ces fins, le Fonds sera doté des ressources suivantes :le capital, constitué par les
contributions des Etats membres, les revenus des entreprises dont la Communauté détient tout
ou parti du Capital ; les ressources provenant de sources bilatérales et multilatérales ; les
subventions et contributions de toutes sortes et de toutes origines. Les revenus provenant des
prêts octroyés par les ressources du Fonds, les emprunts contractés par le Fonds et enfin, tous
autres ressources ou revenus reçus par le Fonds qui ne sont pas portés aux comptes d’
affectation spéciale visés à l’article quatre des protocoles qui lui sont relatifs.
Le Fonds est dirigé par un Conseil d’Administration dont les membres ne sont autres
que les ministres siégeant au Conseil des ministres de la communauté. Ce Conseil nomme un
Directeur général pour l’administration quotidienne du Fonds. Celui-ci est assisté d’un
Directeur général adjoint et par d’autres fonctionnaires et employés.
Le Conseil d’administration, aux termes de l article 26 du protocole relatif au Fonds se
réunit au moins une fois par trimestre ou plus souvent, si la conduite des affaires du Fonds l’
exige.
Le siège du Fonds est fixé à Lomé et la Présidence du Conseil d’Administration est
tournante. Son capital, fixé à 500 millions de dollars ne sera néanmoins appelé qu à
concurrence de 100 millions de dollars pour les deux premières années ( 1977 – 1978 ).
Cependant, il faut signaler que le Directeur Général Adjoint des Fonds a entrepris une vaste
tournée européenne début 1978 pour faire connaître le Fonds et collecter les ressources
financières nécessaires aux activités de son organisme.
OBSERVATIONS
Entreprise ambitieuse, la C E D E A O s’est heurtée dès le départ à un conflit de
compétence entre le Secrétariat Exécutif, chargé aux termes du Traité de l’administration
générale du Fonds qui excipant de son autonomie de gestion, s’est émancipée de fait de toute
tutelle du Secrétariat Exécutif de la Communauté. Cette situation qui pouvait compromettre à
terme l’efficacité des institutions communautaires et partant, la survie même de la
Communauté, a appelé une révision de la part de la première Conférence des Chefs d Etats
qui a conféré au Secrétaire Exécutif de la communauté la prééminence et le droit de
coordonner l’ensemble des activités des institutions de la Communauté, y compris celle du
Fonds.
38
- LE PACTE DE NON-AGRESSION
Une première étape de 5 ans accorde à tous les ressortissants des pays membres de la
communauté le droit d'entrer sans visa pour un séjour de 90 jours prorogeables. Après cette
première phase commencera celle du droit de résidence qui aboutira à celle du droit d’
établissement.
La troisième décision concerne la date d entrée en vigueur de la consolidation des
tarifs douaniers, qui a été arrêté au 28 mai 1979. Sous ce terme technique, il faut comprendre
qu à partir de cette date, et ce, pendant deux ans, les Etats membres n’ont plus eu le droit d’
augmenter les taxes et droits de douane existants, ni d en créer de nouveaux.
Ce blocage devait permettre aux institutions de la communauté d’étudier, en vue de
leur harmonisation, les nomenclatures douanières, ce processus devant déboucher sur l’
adoption d une nomenclature unique et commune à tous les Etas-membres de la C D E A O ?
Mais l’intégration économique ne sera assurée que par l’harmonisation de programmes
communs de développement. Aussi, les 15 Etats se sont ils engagés à coopérer en vue de la
mise en valeur de leurs ressources naturelles ( pêche, agriculture, élevage ). Ils ont décider
d’échanger des informations sur leurs grands projets industriels afin d’aboutir à l’
harmonisation des plans d industrialisation.
39
des pays enclavés et grâce à la création des compagnies maritimes multinationales
internationales.
Cet organe monétaire de la communauté est l’un des domaines très actif de la C E D E
A O. En effet, beaucoup d’obstacles restent encore à surmonter; entre autre :
- L’harmonisation et l’intégration des économies des différents pays francophones,
anglophones et lusophones.
- Au titre de la réalisation du marché commun, la mise en œuvre effective à partir du 1er
Janvier 2 000 de l’union douanière.
- A terme, la création d’ une monnaie unique pour toute la région.
40
II - BILAN DE LA CEDEAO.
A ce jour, le bilan de la CEDEAO peut être qualifié de globalement positif. Ce résultat est
perceptible sur le plan de la sécurité et de l’économie.
1- SECURITE
La CEDEAO, par son organe de sécurité l’Ecomog a pu gérer et régler trois conflits
régionaux majeurs ( au Libéria, en Sierra Léonne et en Guinée).Cette force d’interposition
ouest-africaine a permis de «limiter les dégâts » et d’éviter un embrasement général.
2- L’ECONOMIE.
Le bilan économique de l’organisation, sans être négatif, montre que le retard a été
pris. Sans doute le chèque de voyage CEDEAO a t il été lancé au mois de juillet dernier, mais
le fond de crédit et de garantie qui en conditionne la généralisation n’est pas encore
opérationnel, certain pays n’ayant pas versé leur quote-part. De son côté,le Fonds de
coopération, de compensation et de développement enregistre 31 millions de dollars
d’arriérés. Le projet de gazoduc reliant le Nigéria, le Bénin, le Togo et le Ghana a fait l’objet
au mois d’août d’un accord avec les compagnies pétrolières.
Les investissements (600 millions de dollars ) permettront graduellement, une
économie annuelle de 500millions de dollars ) sur les factures énergétiques de ces quatre
pays, ainsi que la création dès janvier 2002 de dix huit mille emplois.Le programme de
construction et d’entretien des routes inter-Etats se poursuit lentement : il reste à trouver 1,2
milliard de dollars pour le mener à bien.
41
D- LES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX EN AFRIQUE.
Les événements des grands lacs ont mis tragiquement en lumière les difficultés
rencontrées par la communauté internationale pour mobiliser dans l’urgence des forces de
maintien de la paix afin d’exécuter un mandat des Nations-Unis. A la difficulté de dégager un
accord politique, au sein du Conseil de Sécurité,s ajoutait en effet un obstacle technique, lié à
l’insuffisante disponibilité de troupes, notamment africaines, susceptibles de prendre part à
une opération dans les délais très courts. Un large débat s’est ouvert dans la communauté
internationale sur les moyens à mettre en œuvre pour surmonter cet obstacle.
Les Etats africains ont affirmé leur volonté de prendre davantage en charge les
questions relatives au maintien de la paix : c’est ainsi que, progressivement, l’OUA, tout en
réaffirment le rôle prééminent des Nations-Unis, a étendu au maintien de la paix le champ d’
intervention de son mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits crée en
1993.
Dans le rapport sur l’Afrique qu il a rendu public en mai 1998, M. Koffi Annan juge
pour sa part nécessaire de soutenir les initiatives prises au niveau régional et sous-régional. Il
rappelle toutefois l’obligation d’obtenir l’autorisation du Conseil de Sécurité avant de recourir
à la force et souligne que la délégation de responsabilité à une organisation régionale pose de
délicates questions relatives à l’impartialité et la neutralité de ses membres
Dans les faits, plusieurs organisations se sont d’ores et déjà saisies de ces questions :
- En Afrique de l’ouest, la C E D E A O qui a déployé depuis 1990 une force au Libéria ( E
C O M O G ), dispose en la matière d’une expérience substantielle. A l’initiative du
Président GNASSINGBE Eyadéma,un sommet des Chefs d’Etats de la C E D E A O,
réuni en Décembre 1997 à Lomé, s’est entendu sur la perspective de créer en son sein, une
instance compétente en matière de défense et de sécurité.
- Après l’avènement de la nouvelle Afrique du Sud, la S A D C ( South African
Developpement Communuty ) a décidé de se doter en Août 1999 d’un organe politique de
défense et de sécurité.
- L’I G A D ( Inter-Governemental Autority Developpement ), dans la corne de l’Afrique,
affirme également un intérêt encore prudent dans ce domaine.
42
dépourvue de moyens, reste dans ce contexte, un cadre de référence générale, éventuellement
utile mais ne sera pas en mesure avant longtemps de constituer, seule, une alternative efficace
au rôle qu’ont joué longtemps les grandes puissances, ou qu’aurait pu jouer les Nations-Unies
Depuis le début de l’année 1998, en tout cas, les pays d’Afrique Centrale semblent
prendre conscience de la nécessité de commencer à construire un système de sécurité
collective régionale qui puisse apporter les premières réponses à la forte dégradation de leurs
sécurités
Ainsi, en avril 1998, onze pays d’Afrique Centrale ( Angola, Burundi, Cameroun,
Centrafrique, Congo, R D C, Gabon, Guinée Equatoriale, Rwanda, Sao-Tome et Tchad ), se
sont réunis à Libreville pour se pencher sur ces questions de sécurité collective.
Une manœuvre regroupant ces pays( GAGON 2000 ) et les pays amis occidentaux à eu lieu
au Gabon au début de ce mois de janvier passé.
Création de structures de dialogue politique, création d’un mécanisme d’alerte rapide
des crises, organisation de manœuvres communes militaro-humanitaires, tout cela en liaison
étroite avec le Conseil de Sécurité des Nations-Unies : les premiers pas ont été faits. mais ces
premiers efforts n 'ont encore qu’une portée restreinte et il faudrait sans doute du temps, des
moyens, davantage de volonté politique commune et un appui plus clair et plus massif des
grandes puissances et des Nations-Unies pour mettre en place des mécanismes plus crédibles
et plus efficace.
Les trois principales puissances occidentales concernées par cette région du continent
africain ( la France, la Grande Bretagne et les (U.S.A.) affichent de plus en plus une volonté
politique commune de coopérer entre elles pour favoriser la création de dispositif de sécurité
régionaux impliquant directement les africains. Cette volonté affichée repose sur leur souci
commun de ne pas se retrouver confrontés à de graves crises, telles celles qu’ont connues
récemment le Rwanda ou l’ex Zaîre et la contrainte d’éventuelles opérations militaires ou
militaro-humanitaires lourdes coûteuses et politiquement délicates. Toutes ces initiatives qui
sont à encourager, préparent l’Afrique à la prise en compte par elle même de ses problèmes de
sécurités .Les autres organisations régionales pourraient s’en inspirer.
Derrière cette volonté de coopérer, il reste comme cela a été clairement démontré ces
derniers mois, des visions politiques de l’évolution de cette région qui ne sont pas toujours
convergeante voire compatibles et surtout une pesanteur notable dans la défense de leurs
intérêts économiques respectifs. N’oublions pas que les enjeux pétroliers ou miniers dans
cette Afrique Centrale sont considérables.
- L’EXPERIENCE DE LA MISAB
43
fonctionnaires, des tensions ethniques plus que préoccupantes, des forces armées
complètement désorganisées et posant de sérieux problèmes de fiabilité : la République
Centrafricaine d’Ange-Félix Patassé est sortie fortement ébranlée par la profonde crise qu elle
a traversée de1996 à 1999,en raison, en particulier, des trois mutineries militaires qui se sont
produites. Pour éviter un désastre, il avait fallu, en décembre 1996 lors du sommet franco-
africain de Ouagadougou, l’initiative politique des Chefs d’Etat du Gabon, du Burkina-Fasso,
du Mali du Tchad, et du Togo et la mise en place d’un comité dirigé par Amadou Toumanou
Touré, ancien Président du Mali, pour aboutir aux accords de Bangui du 25 Janvier 1997 et
surtout à la mise en place de la M I S A B. Cette force africaine, soutenue financièrement et
logistiquement par la France, a permis de stabiliser la situation intérieure et d’ouvrir la voie à
une solution politique de la crise centrafricaine.
Avec le recul, cette expérience de la MISAB est aujourd’hui considérée comme une
expérience extrêmement positive à bien des égards. Elle a montré qu une initiative africaine
et une implication d’un groupe de pays du continent pouvaient engendrer une intervention
politico-militaire capable d’accomplir sa mission avec succès et de ramener la paix dans un
environnement particulièrement difficile d’autant plus que ce succès était loin d’être évident
au départ pour ce contingent de 700 hommes regroupant des unités de six pays : le Gabon, le
Tchad, le Sénégal, le Mali, le Burkina-Fasso et le Togo.
Le rôle de la MISAB aura été en tout cas déterminant dans l’évolution du processus de
décision français relatif au redéploiement des forces stationnées en Afrique. En réussissant à
stabiliser la situation politico-militaire, la MISAB a en effet permis de confirmer l’option du
retrait de Centrafrique des éléments français d’assistance opérationnelle ( E F A O ) et d’
appliquer cette décision dans des délais rapides, puisqu’en avril 1998, après un siècle de
présence militaire française, effective dans ce pays, le retrait de la totalité des forces pouvait
être réalisé. Paris parvenait ainsi à sortir de son enlisement en Centrafrique qui, à plusieurs
reprises l’avait mis dans la situation délicate d’intervenir contre son gré dans la crise politique
intérieure, et de cautionner de faite un régime et des pratiques vis-à-vis desquels on souhaitait
du côté français prendre ses distances. Paris a pu également commencer à faire la
démonstration que le redéploiement d’ensemble de son dispositif militaire en Afrique, son
réajustement fonctionnel et son allégement (de 8 000 hommes environ actuellement à 5 500
en 2 002 ) pouvant être compatibles avec les nouvelles orientations concernant la sécurité du
continent.
Il est à noter que l’ONU,ayant constaté le succès de la MISAB a été encouragée à
prolonger cette mission qui devient la M I N U R C A ( Mission de l’ONU pour la république
Centrafricaine ). Ceci, afin de pérenniser la paix durement acquise et couvrir les élections
présidentielles qui se sont passées dans la paix, la sécurité et la transparence. En ce moment
même cette mission est en train de prendre fin et les différent contingents ont commencé, dans
la satisfaction du monde entier, leur retrait du Centrafrique.
La C E D E A O, même si elle traîne encore quelques lacunes avec elle, constitue une
référence pour les autre régions qui elles sont moins dynamiques et très en retard. Pour la
réalisation des Etats-Unis d Afrique, les responsables politiques devraient nécessairement
œuvrer pour le renforcement et le fonctionnement des organisations régionales déjà existantes
et s’appuyer sur ces dernières afin de rendre un jour possible leur projet. C’est ce qui a poussé
les Chefs d’Etat à se retrouver en Lybie pour une conférence extraordinaire.
44
E - LA CONFERENCE EXTRAORDINAIRE DE SYRTHE
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1.Créer une Union Africaine, conformément aux objectifs fondamentaux de la Charte de l’
OUA et aux dispositions du Traité d Abuja instituant la Communauté Economique Africaine.
2. Accélérer le processus de mise en œuvre du Traité d Abuja, en particulier :
- A Réduire les périodes de mise en œuvre du Traité.
- B Assurer la création rapide de toutes les institutions prévues dans le Traité, en particulier
le Parlement panafricain que nous envisageons de mettre en place d’ici à l’an 2 000, pour
offrir une plate-forme commune à nos peuples et à leurs organisations communautaires en
vue d’assurer leur plus grande participation aux discussions et à la prise des décisions
concernant les problèmes et les défis qui se posent à notre continent ;
- C Renforcer et consolider les communauté économiques régionales qui constituent les
piliers de la réalisation des objectif de la communauté économique africaine, et de l’union
envisagée.
3. Mandater le Conseil des Ministres à prendre les mesures nécessaires pour assurer la mise
en œuvre des décisions susmentionnées et en particulier, élaborer les actes constitutifs de
l’union en tenant compte de la Charte de l’OUA et du Traité d’Abuja. Les Etats membres
devrons encourager la participation des parlementaires à ce processus ; Le Conseil devra
présenter son rapport à la 36ème session ordinaire de notre Conférence ( en juin 2 000,à Lomé,
au Togo ) pour lui permettre de prendre les décisions appropriées. Les Etats membres devrons
œuvrer à la ratification de ces actes avant décembre 2 000, afin que son acte constitutif soit
solennellement adopté lors du sommet extraordinaire convoqué à Syrthe en l’an 2 001.
4 Mandater notre Président en exercice, le Président Abdelaziz Bouteflika d’Algérie et le
Président Thabo Mbéki d’Afrique du Sud, en consultation avec le groupe de contact sur a
dette africaine, à prendre contact, en notre nom, avec les créanciers de l’Afrique sur la
question de la dette extérieure de l’Afrique en vue d’obtenir l’annulation totale de cette dette.
5 Convoquer une Conférence Ministérielle Africaine sur la sécurité, la stabilité, le
développement et la coopération sur le continent, le plus tôt possible.
6 Demander au Secrétaire Général de notre organisation de prendre, en priorité, toutes les
mesures nécessaires pour la mise en œuvre de ces décisions.
Fait à Syrte, le 9 septembre 1999. "
46
CONCLUSION
L’idée des Etats-Unis d’Afrique est une ambition tout à fait noble, tout à fait légitime,
qui procède d’une vision pertinente de la volonté du continent et qui se justifie d’autant plus
que nous rentrons dans un contexte de mondialisation qui est sans contexte en compétition.
Les nations sont obligé de s’imposer certaines règles de discipline pour pouvoir se construire
un ensemble significatif afin de participer aux échanges en tant que quantité significative. Les
organisations régionales qui existent déjà pourraient servir de base dans la phase préliminaire.
Ils s’agira de revoir leur statuts, les harmoniser en une structuration d’ensemble régionaux
débouchant un jour sur une Confédération à l’échelle du continent.
Il faudrait que les Etats acceptent de créer des espaces permettant à leur personnes, à
leur biens, à leur capitaux de circuler librement; que les marchés s’élargissent ; que les
monnaies soient convertibles entre elles ou que l’Afrique crée des ensembles monétaires qui
sont ensuite soudés à d’autres monnaies comme le CFA l’est aujourd’hui avec l’EURO. Le
CFA aurait pu être la monnaie de toute l’Afrique de l’ouest. Le NAIRA aussi aurait pu jouer
le même rôle ou comme le RAND en Afrique du Sud etc..
C’est la raison pour laquelle l’idée des Etats-Unis d’Afrique est excellente. Elle doit
être étudiée à fond, lui donner un contenu viable. Cette idée doit être mise en application de
façon graduelle pour y préparer les esprits. C’est un défit que l’Afrique ne peut pas ne pas
réussir car s’il y a des gens qui veulent se dresser sur son chemin de succès, ils se plieront
devant les réalités à venir. Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain. L’espoir est
permis de croire que l’Afrique du XXIème siècle sera une Afrique unie et solidaire, une
Afrique qui se lèvera et qui verra l’avènement des Etats-Unis d’Afrique.
47
BIBLIOGRAPHIE
48
ANNEXE :SONDAGE DE JEUNE AFRIQUE
49
(Page à insérer à la page 25 avec les cartes qui vont bien :rf.texte imprimé)
I-L’AFRIQUE ACTUELLE
50