Au-delà des différents courants, les musulmans ont élaboré des approches différentes du divin.
Le soufisme est la voie mystique de l'islam, fondée sur "recherche de l’union la plus étroite avec
le Divin, le plus souvent via l’ascèse, la prière et la méditation"[221]. Les soufis s'appuient sur des
tendances coraniques de piété, "étrangères à la plupart des juristes"[222]
Le terme « soufi » apparaît pour la première fois dans la seconde moitié du VIIIe siècle de
l'hégire pour désigner des ascètes, des sages, des mystiques musulmans qui prient, jeûnent,
portent des vêtements blancs rugueux (l'arabe sûf, signifie « bure », « laine »), car les premiers
ascètes musulmans furent ainsi désignés à cause des vêtements de laine qu'il portaient ; ils
peuvent porter le muruga, manteau fait de morceaux rapiécés symbolisant le fagr, c'est-à-dire
l'illusion du monde[223]. Le mot « soufisme » serait tiré de souf ( [ ُﺻﻮُفṣūf], « laine » qui donne
[ ُصوِفّيṣūfīy], « laineux ») . Le soufi portait en effet un vêtement de laine blanche . La
[221]
modestie et la pauvreté sont évoquées dans d'autres noms donnés à certains d'entre eux : derviche
(persan : [ درويشderwiš], « mendiant ») ou [faqīr] (en arabe : َفِقيٌر, « pauvre »)[réf. nécessaire]. Les
soufis se font connaître, quant à eux, comme Ahl al-soufa ( [َأهُل لُّصَّفِةahl aṣ-ṣuffa], « les gens du
banc » en référence à ceux qui vivaient dans la Mosquée du Prophète à Yathrib (Médine), et qui
furent mentionnés dans le Coran comme « la compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur
matin et soir désirant Sa face »[Note 37][réf. nécessaire]
Le soufisme (en arabe : [ َتَصُّوُفtaṣawwuf], « initiation »[224]) est un mouvement spirituel basé sur
la recherche de Dieu et la communion avec les autres. Pour atteindre le divin, le soufisme défend
qu'il existe la voie large de la charia et la voie étroite de l'union à Dieu. Le soufi adopte donc des
pratiques spécifiques supplémentaires, comme l'examen de conscience, l'ascèse… Deux
pratiques caractérisent le soufisme, le Dikr (répétition ininterrompue du nom divin ; pratique
codifiée au XIIe siècle) et le sama, « sorte de concert spirituel musical ou dansé ». Le soufisme
met en avant l'importance du maître, guide spirituel porteur d'une bénédiction (baraka) [221].
Les soufis considèrent généralement que suivre la loi (charia) ou la jurisprudence islamique
(fiqh) n'est que le premier pas sur le chemin de la soumission parfaite. Ils se concentrent sur des
aspects internes ou plus spirituels de l'islam, comme la perfectibilité de la foi ou la soumission de
l'ego (nafs). Les soufis cherchent à atteindre le fana (extinction du « moi » devant Dieu l'Unique)
selon trois degrés ou étapes :
l'islam (proprement dit) ; la soumission à la charia ;
l'imane (qui est un don de Dieu) ; la foi par la tariqa ;
l'ihsane (qui est le but de la voie) ; l'excellence morale ou vertu dans la haqiqa[225].