Institut de Formation des
Techniciens et des
Techniciens Spécialisés
de Fès.
L’impôt sur revenu
au Maroc
Effectuée par :
Boutainachahboun
Loubna daryf Encadré par :
Hnialkarch Mr SAMIR TADA
Kaoutharmelissen
Charifa elmansouri
Dounia essalmi
Nouhailabouaajaji
Ikram harrakat
Jamila elfartas
Hind altchim
2024 -2025
Introduction
L’impôt, au sens général, est une contribution obligatoire prélevée par l’État ou les
organismes publiques sur les ressources des citoyens et des entreprises afin de financer les dépenses
publiques et de permettre le fonctionnement des services collectifs. Il repose sur des principes
fondamentaux comme l’égalité devant l’impôt, la progressivité et la solidarité nationale. Outil de
régulation économique et sociale, l’impôt joue un rôle essentiel dans le développement et la stabilité
d’un pays. L’impôt est également un levier de redistribution, visant à réduire les inégalités sociales
et économiques entre les citoyens
Parmi les différentes catégories d’impôts, l’impôt sur le revenu occupe une place
particulière. Il s’agit d’un impôt direct, prélevé sur les revenus des personnes physiques (salaires,
pensions, revenus fonciers, bénéfices, etc.). En principe, il est conçu pour être équitable, car il
s’adapte à la capacité contributive de chacun grâce à un barème progressif. Toutefois, sa mise en
œuvre suscite des interrogations, tant sur sa complexité que sur son efficacité réelle à réduire les
inégalités.
L’impôt sur le revenu (IR) au Maroc a été instauré officiellement en 1989, dans le cadre de
la réforme fiscale engagée par l’État pour moderniser et rationaliser le système fiscal marocain.
Avant cette date, les revenus étaient imposés de manière fragmentée à travers différents
impôts (par exemple : l’impôt sur les traitements et salaires, l’impôt sur les bénéfices
professionnels, etc.). La réforme de 1989 a regroupé ces divers impôts sous une seule catégorie :
l’impôt général sur le revenu, afin d’assurer plus d’équité, de transparence et de cohérence dans la
fiscalité des personnes physiques.
Cependant, malgré ses objectifs vertueux, l’impôt sur le revenu fait l’objet de nombreuses
critiques. Certains dénoncent sa complexité croissante, d’autres remettent en question son efficacité
réelle dans la lutte contre les inégalités, ou encore son acceptabilité par les citoyens. Le passage du
cadre général de la fiscalité à son application dans la sphère privée soulève ainsi des interrogations
légitimes.
Ce contexte nous conduit à formuler la problématique suivante :
Comment l’impôt sur le revenu permet une contribution légale entre les différentes
catégories des revenus ?
Pour répondre cette problématique on va entamer dans une première point une présentation
générale de l’impôt sur le revenu au Maroc a savoir le champ d`application et les différent
catégories de revenu imposables , puis dans une deuxième point modalités de calcul et de
recouvrement et finalement on va essayer de répondre a la problématique on abordant la dernière
point : Le régime de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale et la nécessité d’une réforme
PARTIE 1 : Présentation générale de l’IR au Maroc
CHAPITRE 1 : Champ d’application
1. Définition
Selon l’article 21 de premier chapitre de code générale des impôts « L’impôt sur le revenu
s’applique aux revenus et profits des personnes physiques et des personnes morales et n’ayant pas
opté pour l’impôt sur les sociétés ».1
C’est un impôt direct annuel et déclaratif qui porte sur tous les revenus des personnes
physiques (ayant leur domicile fiscal au Maroc), quelle que soit leur nature et quelles que soient les
activités qui les procurent. C’est aussi un impôt progressif puisque son barème est établi de telle
sorte que le taux d’imposition est d’autant plus important que les revenus sont élevés.
2. Les personnes imposables
L’impôt sur le revenu ne concerne que les personnes physiques 2, mais le terme « personne
physique » couvre également certains groupements de personnes. En effet, les membres de sociétés
de personnes et autres groupements sont soumis à l’IR. Il s’agit des sociétés en nom collectif, des
sociétés en commandite simple et des sociétés en participation ne comprenant que des personnes
physiques et n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés.
Le résultat pouvant résulter de l’activité de ces groupements est considéré comme un revenu
professionnel du principal associé et doit s’ajouter par conséquent à ses autres revenus.
Les modalités d’imposition des bénéfices au nom du principal associé sont celles applicables
en matière de revenus professionnels. Si ces personnes morales dégagent un résultat déficitaire,
celui-ci doit être imputé sur les bénéfices professionnels réalisés par le principal associé.
3. Les personnes exonérés
Sont exonérés de l’impôt sur le revenu:3
- Les ambassadeurs et agents diplomatiques, les consuls et agents consulaires de
Nationalité étrangère, pour leurs revenus de source étrangère, dans la mesure où les pays
1
Titre 2 L’impot sur le revenu chapitre premier champ d’application code générale des impôts
2
Une personne physique a son domicile fiscal au Maroc lorsqu’elle a au Maroc son foyer
permanent d’habitation, le centre de ses intérêts économiques ou lorsque la durée
continue ou discontinue de ses séjours, au Maroc dépasse 183 jours pour toute période
de 365 jours.
Sont considérés comme ayant leur domicile fiscal au Maroc les agents de l’Etat qui
exercent leurs fonctions ou sont chargés de mission à l’étranger lorsqu’ils sont exonérés
de l’impôt personnel sur le revenu dans le pays étranger où ils résident
3
Article 24 chapitre 1 titre 2 CGI
Qu’ils représentent concèdent le même avantage aux ambassadeurs et agents
Diplomatiques, consuls et agents consulaires marocains ;
- Les personnes résidentes pour les produits qui leur sont versés en contrepartie de l’usage
ou du droit à usage de droits d’auteur sur les œuvres littéraires, artistiques ou
scientifiques.
4. Territorialités de l’impôt
Sont assujetties à l'impôt sur le revenu :
les personnes physiques qui ont au Maroc leur domicile fiscal, à raison de l’ensemble de
leurs revenus et profits, de source marocaine et étrangère ;
les personnes physiques qui n'ont pas au Maroc leur domicile fiscal, à raison de
l’ensemble de leurs revenus et profits de source marocaine ;
les personnes, ayant ou non leur domicile fiscal au Maroc, qui réalisent des bénéfices ou
perçoivent des revenus dont le droit d’imposition est attribué au Maroc en vertu des conventions
tendant à éviter la double imposition en matière d’impôts sur le revenu.
Au sens du présent code, une personne physique a son domicile fiscal au Maroc lorsqu'elle a
au Maroc son foyer d'habitation permanent, le centre de ses intérêts économiques ou lorsque la
durée continue ou discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours pour toute période de 365
jours.
Sont considérés comme ayant leur domicile fiscal au Maroc les agents de l'Etat qui exercent
leurs fonctions ou sont chargés de mission à l'étranger lorsqu'ils sont exonérés de l'impôt personnel
sur le revenu dans le pays étranger où ils résident.
CHAPITRE 2 : Catégories de revenu imposables
1. Les revenus professionnels
Sont considérés comme revenus professionnels :
les bénéfices réalisés par les personnes physiques et provenant de l’exercice :
des professions commerciales, industrielles et artisanales ;
des professions de promoteur immobilier, de lotisseur de terrains, ou de marchand de
biens ;
d’une profession libérale ou de toute profession autre que celles visées ci-dessus ;
les revenus ayant un caractère répétitif ;
les produits bruts que les personnes physiques ou les personnes morales ne relevant pas
de l’impôt sur les sociétés et n’ayant pas leur domicile fiscal ou siège au Maroc perçoivent, en
contrepartie de travaux exécutés ou de services rendus pour le compte de personnes physiques ou
morales domiciliées ou exerçant une activité au Maroc, lorsque ces travaux et services ne se
rattachent pas à l’activité d’un établissement au Maroc de la personne physique ou morale non
résidente.
2. Les revenus agricoles
Sont considérés comme revenus agricoles, les bénéfices réalisés par un agriculteur et/ou
éleveur et provenant de toute activité inhérente à l’exploitation d’un cycle de production végétale
et/ou animale dont les produits sont destinés à l’alimentation humaine et/ou animale, ainsi que des
activités de traitement desdits produits à l’exception des activités de transformation réalisées par des
moyens industriels.
Au sens fiscal, est considérée comme production animale celle relative à l’élevage de
volailles, des bovins, ovins, caprins, camélidés et équins.
Sont également considérés comme revenus agricoles, les revenus réalisés par un agrégateur,
lui-même agriculteur et/ou éleveur, dans le cadre de projets d’agrégation.
3. les revenus salariaux et revenus assimilés
Sont considérés comme revenus salariaux :
les traitements ;
les salaires ;
les indemnités et émoluments ;
les allocations spéciales, remboursements forfaitaires de frais et autres rémunérations
allouées aux dirigeants des sociétés ;
les pensions ;
les rentes viagères ;
les avantages en argent ou en nature accordés en sus des revenus précités.
4. les revenus et profits fonciers
Sont considérés comme revenus fonciers pour l’application de l’impôt sur le revenu,
lorsqu’ils n’entrent pas dans la catégorie des revenus professionnels:
Les revenus provenant de la location :
des immeubles bâtis et non bâtis et des constructions de toute nature ;
des propriétés agricoles, y compris les constructions et le matériel fixe et mobile y
attachés ;
Sous réserve des exclusions prévues à l’article 62- I du CGI, la valeur locative des
immeubles et constructions que les propriétaires mettent gratuitement à la disposition des tiers.
Les indemnités d’éviction versées aux occupants des biens immeubles par les
propriétaires desdits biens.
Sont considérés comme profits fonciers pour l’application de l’impôt sur le revenu, les
profits constatés ou réalisés à l’occasion :
de la vente d’immeubles situés au Maroc ou de la cession de droits réels immobiliers
portant sur de tels immeubles ;
de l’expropriation d’immeuble pour cause d’utilité publique ;
de l’apport en société d’immeubles ou de droits réels immobiliers ;
de la cession à titre onéreux ou de l’apport en société d’actions
ou de parts sociales nominatives émises par les sociétés, à objet immobilier, réputées
fiscalement transparentes au sens de l’article 3- 3° du CGI;
de la cession, à titre onéreux, ou de l’apport en société d’actions ou de parts sociales des
sociétés à prépondérance immobilière non cotées en bourse des valeurs ;
de l’échange, considéré comme une double vente, portant sur les immeubles, les droits
réels immobiliers ou les actions ou parts sociales visées ci-dessus ;
du partage d’immeuble en indivision avec soulte. Dans ce cas, l’impôt ne s’applique
qu’au profit réalisé sur la cession partielle qui donne lieu à la soulte ;
des cessions à titre gratuit portant sur les immeubles, les droits réels immobiliers et les
actions ou parts cités ci-dessus.
5. les revenus et profits de capitaux mobiliers
Sont considérés comme revenus de capitaux mobiliers
les produits des actions ou parts sociales et revenus assimilés, distribués par les sociétés
soumises à l’I.S. ;
les produits distribués comme dividendes par les établissements de sociétés non
résidentes, les organismes de placement collectifs en valeur mobilières et les organismes de
placements en capital-risque;
les produits de placements à revenu fixe et les revenus des certificats de Sukuk, versés,
mis à la disposition ou inscrits en compte des personnes physiques ou morales qui n’ont pas opté
pour l’I.S et ayant au Maroc leur résidence habituelle, leur domicile fiscal ou leur siège social.
Sont considérés comme profits de capitaux mobiliers :
les profits nets annuels réalisés par les personnes physiques sur les cessions de valeurs
mobilières et autres titres de capital et de créance émis par les personnes morales de droit public ou
privé, les OPCVM, les FPCT, les OPCC et les OPCI, à l’exception des sociétés à prépondérance
immobilière et des sociétés immobilières transparentes ;
les profits nets annuels réalisés par les personnes physiques entre la date de l’ouverture
d’un plan d’épargne en actions ou d’un plan d’épargne entreprise et la date du rachat, du retrait de
titres ou de liquidités ou la date de clôture desdits plans.
PARTIE 2 : modalités de calcul et de recouvrement
CHAPITRE 1 : barème progressive
Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 au Maroc introduit des mesures importantes pour
alléger les impôts sur le revenu (IR) ,en réponse aux engagements pris lors du dialogue social d'avril
dernier. Parmi les changements notables, le seuil d'exonération d’impôt sur le revenu passe de
30.000 à 40.000 dirhams, permettant aux salaires mensuels inférieurs à 6.000 dirhams d’être
exonérés. Les autres tranches d’imposition sont également revues pour élargir les seuils et réduire
les taux, avec des diminutions pouvant atteindre 50%.
De plus, le taux marginal de l’IR sera réduit de 38% à 37%, répondant aux attentes des
syndicats et permettant d’alléger la charge fiscale des revenus élevés. Concernant les revenus
fonciers, le seuil de la retenue à la source augmente de 30.000 à 40.000 dirhams pour harmoniser les
dispositions.
FIGURE 2 : barème mensuel d`IR
FIGURE 2 : barème annuel
CHAPITRE 2 :Mécanismes de recouvrement
A. Recouvrement par voie de retenue à la source
Ce mode concerne principalement les revenus pour lesquels l'impôt est prélevé directement
à la source par l'employeur ou le débiteur du revenu. Il s'applique notamment aux salaires, pensions,
dividendes et intérêts.
1. Salaires et pensions
Les salaires et pensions sont soumis à un barème progressif, avec des tranches de revenu et
des taux d’imposition correspondants. À partir du 1er janvier 2025, le seuil d’exonération de la
première tranche est porté de 30.000 à 40.000 dirhams par an, permettant ainsi d’exonérer les
revenus salariaux inférieurs à 3.333 dirhams par mois. Les autres tranches du barème sont
également révisées, avec une réduction du taux marginal de 38% à 37% .
2. Revenus de capitaux mobiliers
Les dividendes et intérêts sont soumis à un taux spécifique de retenue à la source,
généralement de 15%. Les institutions financières prélèvent cet impôt avant la distribution des
revenus.
3. . Revenus fonciers
Les revenus fonciers sont soumis à un taux de 15% de retenue à la source, non libératoire.
Les titulaires de ces revenus peuvent opter pour un taux libératoire de 20%, ce qui les dispense de la
déclaration annuelle du revenu global au titre de ces revenus .
4. Autres revenus
Pour les autres revenus, un taux spécifique de 30% est appliqué en cas de retenue à la source
.
B. Recouvrement par voie de déclaration et de paiement spontané
Ce mode concerne les contribuables qui déclarent et paient eux-mêmes leur impôt. Il
s'applique notamment aux revenus professionnels, agricoles et fonciers.
1. . Déclaration annuelle
Les contribuables doivent déposer leur déclaration annuelle avant le 1er mars de l'année
suivant celle des revenus. Cette déclaration permet de déterminer le montant de l'impôt dû en
fonction des revenus perçus.
2. Paiement de l'impôt
Le paiement de l'impôt dû doit être effectué au plus tard à la date limite de dépôt de la
déclaration. Les contribuables peuvent régler leur impôt en une seule fois ou opter pour un paiement
échelonné, selon les modalités prévues par l'administration fiscale.
3. Cotisation minimale
Les travailleurs indépendants sont tenus de verser une cotisation minimale annuelle, même
en l'absence de bénéfices. Ce montant est exigible avant le 1er février de chaque année .
C. Recouvrement par voie de rôle et d'ordre de recettes
Ce mode s'applique lorsque le contribuable ne procède pas au paiement spontané ou lorsque
l'administration fiscale rectifie l'imposition.
1. Émission d'un rôle
L'administration établit un rôle d'imposition pour les contribuables concernés, indiquant le
montant de l'impôt dû. Ce rôle est notifié au contribuable, qui dispose d'un délai pour contester ou
régler l'impôt.
2. Ordre de recettes
En cas de profits fonciers, un ordre de recettes est émis pour le recouvrement de l'impôt. Cet
ordre précise le montant à payer et les modalités de règlement.
3. Taxation d'office
En cas de défaut de déclaration ou de présentation des documents comptables,
l'administration peut procéder à une taxation d'office. Elle établit un rôle pour les montants non
versés, augmentés des majorations et pénalités prévues par la loi.
4. Rectification des bases d'imposition
Les suppléments d'impôt résultant des rectifications apportées aux bases d'imposition
déclarées sont émis par voie de rôle. Le contribuable peut contester ces rectifications dans les délais
impartis.
D. Nouvelles catégories de revenus imposables
La loi de finances 2025 introduit une nouvelle catégorie de revenus imposables en matière
d'IR. Cette catégorie concerne les revenus évalués dans le cadre de la procédure de l’examen de
l’ensemble de la situation fiscale des personnes physiques dont la source n’a pas été justifiée, les
gains de jeux de hasard de source étrangère réalisés via internet quelle que soit leur forme, ainsi que
les revenus et gains divers provenant des opérations lucratives qui ne relèvent pas d’une autre
catégorie de revenus .
PARTIE 2 :Le régime de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale et la nécessité
d’une réforme
Pour cerner l’impact financier du système d’évaluation de la base imposable à l’impôt sur le
revenu, il est opportun de procéder à l’évaluation de la part de chacune de ses catégories et d’en
déduire les raisons de ses incidences financières positives ou négatives en corrélation avec le régime
d’imposition en vigueur (1), ce qui nous mène à penser à une réforme adéquate (2).
1. L’évaluation de catégories de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale
L’un des résultats évidents est que les revenus agricoles sont exonérés et ne participent pas
de ce fait aux charges de l’État.
Pour les autres catégories qui composent l’impôt sur le revenu, à savoir, les revenus
salariaux, les revenus provenant des activités professionnelles et celles provenant d’activités
financières et immobilières, leur contribution aux recettes globales de l’impôt est très inégale.
D’autant plus grave que cette inégalité concerne dans une large mesure les revenus salariaux
qui représentent environ les trois quarts des recettes générées par les différentes catégories. Ainsi,
les données relatives à la structure des recettes de l'IR par catégories de revenus sur les cinq années
allant de 2000 à 2004 permettent de constater qu'en moyenne les seuls revenus salariaux sont à
l'origine de 76,2% des recettes en question. Encore que cette part semble en retrait par rapport à ce
qu'elle a été dans les années 90 pendant lesquelles elle atteignait 88%.
En 2007, le nombre des contribuables soumis à l'impôt sur le revenu s'est élevé à 3 536 147.
Dans le secteur privé, 58% des salariés sont au-dessous du seuil imposable, tandis que dans le
secteur public, les personnes imposées au taux zéro ne représentent que 5% de la population des
fonctionnaires de l'Etat.
En 2008, les revenus salariaux ont un pourcentage de 66% de contribution aux recettes de
l'impôt sur le revenu, ce qui traduit de manière évidente la prédominance de la contribution des
revenus salariaux aux recettes de l'IR, alors qu'on constate que la part des revenus professionnels et
fonciers dans les recettes de I'IR décroît d'une année à une autre. Quant aux revenus de capitaux
mobiliers, leur contribution s'est stabilisée autour d'une moyenne de 6,5%.
Les rentrées engendrées par l'IR se sont comptabilisées à hauteur de 40,2 milliards de
dirhams en 2020, en baisse de 6,5% par rapport à l'exercice précédent, en raison de la crise sanitaire
qui a eu pour effet la mise en chômage (total ou partiel) de centaines de milliers d'employés du
secteur privé." Ce qui prouve le poids des revenus salariaux en la matière.
Le faible nombre de contribuables effectif pose le problème de la répartition inéquitable de
la charge fiscale entre les différentes catégories assujetties à l'IR. Les employés dont le prélèvement
au titre de l'impôt sur le revenu est opéré à la source contribuent à hauteur de 89% des recettes de
l'IR.
Ainsi, les activités qui normalement doivent drainer d'importantes recettes ne contribuent
que modestement à l'effort fiscal. Il s'agit des activités où la logique de l'actionnariat favorise les
détenteurs de capitaux au détriment des salariés. Par ailleurs, nous remarquons qu'une réduction de
la contribution des revenus salariaux dans les recettes de I'IR s'est opérée en 2008. Cette période,
rappelons-le, s'est caractérisée par les réaménagements des barèmes de l'IR, ce qui a provoqué des
mutations au niveau de la structure fiscale. Cet état de fait est la conséquence de plusieurs facteurs
liés à la définition de l'assiette de chaque catégorie d'impôt, au mode de détermination durevenu
imposable, aux taux d'imposition, au mode de paiement de l'impôt, aux possibilités de fraude ou
d'évasion fiscale.
En effet, en matière de revenus professionnels, la loi fiscale a adopté, depuis l'institution de
la loi sur I'I.G.R., le régime du bénéfice net réel comme régime de droit commun au lieu du régime
forfaitaire. Elle a, en outre, introduit le régime du résultat net simplifié comme régime
intermédiaire.
C'est un régime qui se veut plus adapté aux contribuables à faibles et à moyens revenus.
Certes, le régime du bénéfice net réel s'avère plus rigoureux et reflète plus ou moins la
capacité contributive réelle du contribuable; or, du moment que son adoption suppose la tenue d'une
comptabilité dans les formes prescrites par la loi n" 9-88 relative aux obligations comptables des
commerçants, la grande majorité des personnes physiques et des petites et moyennes entreprises
trouvent des difficultés à honorer leurs engagements en la matière; ce qui les pousse à opter pour
des régimes spécifiques tels le régime du bénéfice net simplifié et le régime du forfait. Ainsi,
malgré cet apport novateur, ce système d'évaluation souffre toujours de problèmes d'équité et ne
procure pas, dans certaines situations, les mêmes économies d'impôt à des contribuables ayant une
capacité contributive égale.
2. Nécessité d'une réforme adéquate:
L'observation attentive du fonctionnement et de la performance du système fiscal marocain
actuel laisse apparaître la persistance de plusieurs inefficiences et iniquités qui l'empêchent
d'atteindre ses objectifs incitatifs et redistribuais, d'impulsion du régime de croissance de l'économie
marocaine. De plus, la qualité de la dépense publique est la première source de légitimation des
recettes fiscales auprès des contribuables.
La fiscalité du travail, qui représente la plus importante contribution en matière d'impôt sur
le revenu est considérée comme relativement lourde et injuste à l'égard de cette catégorie et
décourage aussi la création d'emploi tout en favorisant le développement des activités informelles.
D'où la question de savoir comment répartir la charge fiscale en fonction du pouvoir contributif de
chacun (équité et solidarité) grâce notamment à l'élargissement de l'assiette, à la lutte efficace contre
la fraude et l'évasion fiscales et à une meilleure intégration du secteur informel?
A ce titre, lors des troisièmes assises nationales sur la Fiscalité organisée le mois Mai 2019,
il a été proposé d'augmenter la réduction pour enfant scolarisé à charge ou bien accorder une
déduction au titre des frais de scolarité et encore instaurer un abattement de la base imposable pour
le conjoint sans emploi et de mettre en place une politiqueglobale et intégrée pour l'intégration de
l'informel. Ainsi que dans le cadre de la poursuite des efforts pour intégrer l'informel dans
l'économie formelle, la loi de finances 2022, a prorogé pour une année supplémentaire, l'application
des mesures d'incitation fiscales en faveur desdits contribuables qui s'identifient pour la première
fois et peuvent bénéficier de l'amnistie sur les années antérieures.
En fait, le prélèvement fiscal doit respecter deux principes: l'universalité: tous doivent payer;
la proportionnalité: chacun selon ses capacités. L'article 39 de la Constitution de 2011 prévoit que «
Tous supportent, en proportion de leurs facultés contributives, les charges publiques que seule la loi
peut, dans les formes prévues par la présente Constitution, créer et répartir.
Une lecture approfondie dudit article permet d'en conclure que personne n'est exonéré de la
contribution aux charges publiques et que la loi ne peut que créer et répartir lesdites contributions
sans que personne n'y soit exclu, ce qui soulève la question des exonérations en matière de l'IR.
Quant à l'article 40 de la Constitution, il prévoit que « Tous supportent solidairement et
proportionnellement a leurs moyens, les charges que requiert le développement du pays >>>
Ce qui veut dire que tout traitement fiscal inégalitaire ou favoriste qui n'est pas offert à tout
citoyen se trouvant dans la même situation devient injuste et inéquitable. Il s'agit donc d'une égalité
relative. Elle s'applique aux personnes placées dans une même situation fiscale. La capacité
contributive est également relative puisque le barème de calcul de l'IR n'est pas objectif et efficient.
Ainsi, le coût de vie différant d'une ville à une autre influence la capacité contributive".
Or, ce critère n'est pas pris en considération dans la détermination des taux d'imposition de
l'IR. Deux citoyens recevant un même revenu mais habitant dans des villes différentes ne profitent
pas de la même marge utilitaire de leurs revenus. D'ailleurs, le citoyen payant -bon gré mal gré-
l'impôt a le droit d'être informé du sort des recettes fiscales. De là, il a été recommandé, à la clôture
des troisièmes assises nationales sur la fiscalité, d'établir un rapport annuel sur la fiscalité
accompagnant les lois de finances et de publier périodiquement les données fiscales et juridiques.
En guise de conclusion L’Impôt sur le Revenu (IR) représente l’un des instruments majeurs
de la politique fiscale du Maroc. À travers cet exposé, nous avons étudié en profondeur son cadre
juridique, ses mécanismes d’imposition, les catégories de revenus concernées, ainsi que son impact
économique et social. Il ressort de cette analyse que l’IR est bien plus qu’un simple prélèvement
obligatoire : c’est un levier stratégique pour la redistribution des richesses, la justice sociale et le
financement des services publics.
L’IR s’applique aux personnes physiques résidant au Maroc ou percevant des revenus de
source marocaine. Il touche diverses catégories de revenus : salaires, bénéfices professionnels,
revenus agricoles, revenus fonciers, capitaux mobiliers et profits de cession. Cette diversité permet
d’assurer une couverture large et théoriquement équitable des différentes formes de richesse
produites dans le pays. Le système repose sur un barème progressif, censé assurer une justice fiscale
en tenant compte des capacités contributives des citoyens.
Toutefois, si le principe d’équité est inscrit dans la loi, sa mise en pratique reste parfois
incomplète. Le secteur informel, qui représente une part significative de l’économie marocaine,
échappe largement à l’imposition. De même, la fraude et l’évasion fiscales continuent de poser
problème, fragilisant l’effort contributif des citoyens honnêtes. Cela génère un sentiment d’injustice
et nourrit la méfiance envers l’administration fiscale.
Sur le plan administratif, de réels progrès ont été réalisés ces dernières années. La
digitalisation des démarches fiscales, la généralisation de la télédéclaration et le développement de
services en ligne ont amélioré la transparence et la relation entre l’administration et le contribuable.
Ces avancées visent à renforcer la confiance et à simplifier les obligations fiscales, en particulier
pour les petites entreprises et les contribuables non avertis.
Cependant, la complexité de certaines règles fiscales et le manque d’information claire pour
le grand public peuvent encore freiner l’adhésion au système. Il est donc essentiel d’accompagner la
modernisation de l’administration par une politique de sensibilisation et de pédagogie fiscale. Une
fiscalité mieux comprise est une fiscalité mieux acceptée.
En matière de politique fiscale, l’IR pourrait aussi être un instrument plus puissant pour
réduire les inégalités. Cela suppose un meilleur ciblage des exonérations et abattements, afin qu’ils
bénéficient réellement aux contribuables modestes, et une lutte plus rigoureuse contre les abus.
En somme, l’impôt sur le revenu joue un rôle fondamental dans l’équilibre budgétaire de
l’État et dans la solidarité nationale. Il est à la fois un moyen de financer les politiques publiques et
un outil de régulation sociale. Pour renforcer son efficacité et son acceptabilité, il est impératif de
poursuivre les réformes engagées, de moderniser l’administration fiscale et de promouvoir une
culture de civisme fiscal.
Le Maroc dispose aujourd’hui des outils pour bâtir un système fiscal plus juste, plus inclusif
et plus performant. L’IR, s’il est bien conçu et bien appliqué, peut devenir l’un des symboles de
cette évolution vers une société plus équitable.
Références
Constitution 2011
Loi de finances 2025
Code général des impôts 2025
Note synthétique des mesures fiscales 2025
Les impôts au Maroc Mohamed NMILI
[Link]
[Link]
TABLE DES MATIERES
PARTIE 1 : Présentation générale de l’IR au Maroc.....................................................2
CHAPITRE 1 : Champ d’application..............................................................................2
1. Définition.....................................................................................................................2
2. Les personnes imposables..........................................................................................2
3. Les personnes exonérés..............................................................................................2
4. Territorialités de l’impôt...........................................................................................3
CHAPITRE 2 : Catégories de revenu imposables..........................................................3
1. Les revenus professionnels........................................................................................3
2. Les revenus agricoles.................................................................................................4
3. les revenus salariaux et revenus assimilés................................................................4
4. les revenus et profits fonciers....................................................................................4
5. les revenus et profits de capitaux mobiliers.............................................................5
PARTIE 2 : modalités de calcul et de recouvrement......................................................6
CHAPITRE 1 : barème progressive.................................................................................6
CHAPITRE 2 :Mécanismes de recouvrement................................................................7
A. Recouvrement par voie de retenue à la source........................................................7
B. Recouvrement par voie de déclaration et de paiement spontané...........................7
C. Recouvrement par voie de rôle et d'ordre de recettes............................................8
D. Nouvelles catégories de revenus imposables............................................................8
PARTIE 2 :Le régime de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale et la nécessité
d’une réforme.................................................................................................................................8
1. L’évaluation de catégories de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale......9
2. Nécessité d'une réforme adéquate:.............................................................................10