Université Cadi Ayyad
Ecole Nationale des Sciences Appliquées
Safi
Corrigé - SÉRIE D’EXERCICES N o 3. ALGÈBRE LINÉAIRE.
SYSTÈMES LINÉAIRES
Exercice 1.
Ecrire sous forme canonique, puis sous forme matricielle, les systèmes :
x + 1 = −y − z
0= x+y+z+t
y−1= 2z − x z+t= z−2
; 2= x−y ;
z= 2 − x + 3y x−y = −1
4= t−z
−y + 3 = z + 2x.
Exercice 2. A l’aide des transformatons élémentaires sur les lignes, déterminer une matrice triangulaire A0
équivalente à :
1 1 1
A= 1 2 3 .
1 3 4
2) Résoudre le système linéaire (S) AX = 0.
Exercice1 3.
Discuter et résoudre les systèmes linéaires suivants, En utilisant l’algorithme d’élimination de Gauss :
x +2y +3z +4t = 11
x +3y +5z −2t −7u = 3
2x +3y +4z +t = 12 3x +y +z −2t −u = 1
(S1 ) ; (S2 )
3x +4y +z +2t = 13
2x −y −3z +7t +5u = 2
4x +y +2z +3t = 14. 4x −2y −5z +7t +8u = λ.
où λ est un paramètre réel.
Exercice 4.
Soit le sous-espace vectoriel F de R4 constitué des (x, y, z, t) ∈ R4 solutions du système (S) à 3 équations :
x + y − 3z + 4t = 0
(S) x + 2y − 5z + 2t = 0
−x + y − z − 8t 0.
1) Quelle est la dimension de F ?
2) Trouver une base de F.
Exercice 5.
On considère le système linéaire (S) à coefficients complexes :
2x + 2y − z − t = −1
(S) x + y − 2z − 2t = −4
x + y + 4z + 4t = 10.
Soit f ∈ L(C4 , C3 ) l’application linéaire associée à (S).
1) Déterminer rg(f ) et une base de Im(f ).
2) Montrer que (S) est compatible et en donner une solution.
3) Donner une base de ker(f ) et en déduire toutes les solutions.
Exercice 6.(Exemples d’applications des systèmes linéaires )
1
2
A. Deux camionnettes livrent du sable sur un chantier de travaux publics.
La première livre deux tonnes à chaque voyage, l’autre livre trois tonnes.
Une fois livrée la quantité commandée, un des chauffeurs dit à l’autre : ” on a fait à nous deux trente
voyages et on a livré autant chacun”.
Combien chaque camion a t-il fait de voyage ?
B. Si un train augmente sa vitesse de 10Km/h sur un trajet, il gagne 40 min. S’il diminue sa vitesse de
10Km/h, il perd 1h. Quelle est la longueur du trajet ?
Exercice 7.
On considère le système linéaire à coefficients réels :
x +y +z =0
(b + c)x +(a + c)y +(a + b)z = 0
bcx +acy +abz =0
où a, b et c sont des nombres réels donnés. Discuter (suivant les valeurs des paramètres a, b, c) et résoudre
ce système.
Récapitulatif. Quelques applications de la méthode du pivot de Gauss :
A. Comment déterminer le rang d’une matrice A.
D’après le théorème noyau-image :
rg(A) = n − dimKer(A)
(où n désigne bien le nombre de colonnes de A, c’est-à-dire la dimension de l’espace de départ de
l’application linéaire assouciée).
Donc il suffit de déterminer le noyau de A, c’est-à-dire d’expliciter suffisamment les vecteurs X solu-
tions de AX = 0 pour trouver la dimension de cet espace, et d’en déduire le rang.
B. Noyau de f .
Soit f ∈ L(Rn , Rp ).
La résolution du système linéaire homogème f (X) = 0 fournit Ker(f ).
Ker(f ) = {X ∈ Rn /f (X) = 0.}
Exemple : Soit f ∈ L(R4 , R3 ) dont la matrice dans les base canoniques de R4 et R3 est
1 1 −3 4
A = 1 2 −5 2 .
−1 1 −1 −8
Si X = (x, y, z, t) ∈ R4 , AX = 0 s’écrit :
x + y − 3z + 4t = 0
(S) x + 2y − 5z + 2t = 0
−x + y − z − 8t 0.
Système qui a été considéré en exercice 13.
C. Image de f .
On cherche les Y ∈ Rp pour lesquels l’équation f (X) = Y , où l’inconnue est X, a au moins une
solution. Si A est la matrice de f dans les bases canoniques de Rn et Rp , on cherche les Y ∈ Rp pour
lesquels le système AX = Y , où l’inconnue est X, est compatible.
1. Cet exercice constitue le sujet d’un devoir libre.
3
Correction du TD. 3 :
Corrigé de l’exercice 1 Ecrire sous forme canonique, puis sous forme matricielle, les systèmes :
La forme canonique des systèmes :
x + y − 2z = 1
;
x − 3y + z = 2
x +y +z +t = 0
x −y = 2 ;
−z +t = 4
x +y +z = −1
t = −2
x −y = −1
2x +y +z = 3.
La forme matricielle des systèmes :
x
1 1 −2 1
y = ;
1 −3 1 2
z
x
1 1 1 1 y 0
1 −1 0 0 2 ;
z =
0 0 −1 1 4
t
1 1 1 0 x −1
0 0 0 1 y −2
1 −1 0 0 z = −1 .
2 1 1 0 t 3
Corrigé de l’exercice 2. A l’aide des transformatons élémentaires sur les lignes, déterminer une matrice
triangulaire A0 équivalente à :
1 1 1
A = 1 2 3 .
1 3 4
Une matrice triangulaire A0 équivalente à :
1 1 1
A0 = 0 1 2 .
0 0 −1
2) Résoudre le système linéaire (S) AX = 0.
Le système linéaire (S 0 ) A0 X = 0 est de Cramer car sa matrice est carrée inversible (rg(A’)=3). Donc (S 0 )
admet une solution unique. Puisque (0, 0, 0) est une solution de (S 0 ) qui est équivalent à (S), alors (0, 0, 0)
est l’unique solution de (S).
Exercice 3.
Devoir libre.
Corrigé de l’exercice 4.
4
Soit le sous-espace vectoriel F de R4 constitué des (x, y, z, t) ∈ R4 solutions du système (S) à 3 équations :
x + y − 3z + 4t = 0
(S) x + 2y − 5z + 2t = 0
−x + y − z − 8t 0.
1) Quelle est la dimension de F ?
Le sous-espace vectoriel F représente le noyau de l’application linéaire assouciére à (S).
On a
x + y − 3z + 4t = 0
(S) ⇐⇒ 0x + y − 2z − 2t = 0
0x + 2y − 4z − 4t 0.
x + y − 3z + 4t = 0
(S) ⇐⇒ 0x + y − 2z − 2t = 0
0= 0.
On a rg(S) = 2.
On prend x et y comme inconues principales et z, t comme inconues non principales.
L’ensemble des solutions :
S = {(z − 6t, 2z + 2t, z, t)/z, t ∈ R}.
On a, d’après le théorème noyau-image :
4 = dim(f ) + dimimg(f ) = dim(f ) + rang(S)
Or, dim(ker(f )) = dimF . Par suite dimF = 2.
2) Trouver une base de F.
Pour trouver une base de F = ker(f ), on donne 1 à l’un des inconues non principales et 0 à l’autre (
aux autres, s’il y a plusieurs inconues principales) :
Pour z = 1 et t = 0, on obtient
f1 = (1, 2, 1, 0)
our z = 0 et t = 1, on obtient
f2 = (−6, 2, 0, 1)
La famille (f1 , f2 ) est libre maximale dans F , c’est une base de F .
Corrigé de l’exercice 5.
On considère le système linéaire (S) à coefficients complexes :
2x + 2y − z − t = −1
(S) x + y − 2z − 2t = −4
x + y + 4z + 4t = 10.
Soit f ∈ L(C4 , C3 ) l’application linéaire associée à (S).
5
(1) Déterminer rg(f ) et une base de Im(f ).
On sait que rg(f ) = rg(A), avec
2 2 −1 −1
A = 1 1 −2 −2 .
1 1 4 4
Notons ci , (i=1,...,4) la ième colonne de la matrice A.
On a (c1 , c2 ) est liée car c1 = c2 . On a (c1 , c3 ) est libre, en effet ; pour tous α, β ∈ C tels que
αc1 + βc3 = 0 on a α = β = 0. Ensuite, on a (c1 , c3 , c4 ) est liée, car c3 = c4 .
Donc rg(A) = rg(f ) = 2.
Notons (e1 , e2 , e3 , e4 ) la base canonique de l’e.v. C4 .
On a
f (e1 ) = Ae1 = c1 , et f (e3 ) = Ae3 = c3
La suite (c1 , c3 ) est libre de l’image de f . Comme dim(Im(f )) = rg(f ) = 2, alors (c1 , c3 ) est une base
de Im(f ).
(2) Montrer que (S) est compatible et en donner une solution.
Utilisons les opérations élémentaires pour résoudre le système suivant :
2x + 2y − z − t = −1
(S) x + y − 2z − 2t = −4
x + y + 4z + 4t = 10.
Le premier coefficient de la première ligne est non nul ; nous avons un coefficient 2 devant le x de la
première ligne. On dit que nous avons un pivot en position (1, 1) (première ligne, première colonne).
Ce pivot sert de base pour éliminer tous les autres termes sur la même colonne.
2x +2y −z −t = −1
(S 0 ) +0y −3z −3t = −7
+0y +9z +9t = 21.
Pour continuer l’application de la méthode du pivot de Gauss, il faut d’abord que le coefficient de
la position (2, 2) (deuxième ligne, deuxième colonne) soit non nul. Comme ce n’est pas le cas ici, on
échange les deux colonnes celui de y et celui de z par l’opération ration élémentaire C2 ↔ C3 :
2x −z +2y −t = −1
(S 00 ) −3z +0y −3t = −7
9z +0y +9t = 21.
Nous avons un pivot (−3 6= 0) en position (2, 2). Ce pivot sert de base pour éliminer tous les autres
termes sur la même colonne : On fait disparaitre le terme z de la troisième ligne,
2x −z +2y −t = −1
(S 000 ) −3z +0y −3t = −7
0z +0y +0t = 0. L000 00
3 ← L3 + 3L2
00
Le système est maintenant sous forme échelonnée. Et, on a rg(S) = 2.
En choisissant y et t comme inconnues non principales (variables libres), on peut exprimer x, z en
fonction de y et t :
7 2
z = −t + x = −y + .
3 3
Pour obtenir une solution particulière, on choisit par exemple y = 0 et t = 1. On a donc X0 =
(x0 , y0 , z0 , t0 ) = ( 23 , 0, 43 , 1)est une solution particulière.
(3) Donner une base de ker(f ) et en déduire toutes les solutions.
On sait que
ker(f ) = {X = (x, y, z, t) ∈ C4 /f (X) = 0}.
Or,
f (X) = 0 ⇐⇒ AX = 0.
6
D’après la question 2,on a :
2x −z +2y −t = 0
AX = 0 ⇐⇒ −3z +0y −3t = 0
0z +0y +0t = 0.
On prend x et z comme inconnues principales et y et t comme inconnues non principales. L’ensemble
des solutions est
Sker = {(−y, y, −t, t); y, t ∈ C}.
— Pour y = 0 et t = 1, on obtient
f1 = (0, 0, −1, 1)
— Pour y = 1 et t = 0, on obtient
f1 = (−1, 1, 0, 0)
La suite (f1 , f2 ) est une base de ker(f ).
D’une manière générale, on sait que si X0 ∈ C4 tel que f (X0 ) = b, alors l’ensemble des solutions
de (S) est donné par
S = {X = X0 + Z/Z ∈ Ker(f )}.
En effet,il est clair que si X = (x, y, z, t) ∈ S, alors X est solution.
Réciproquement, si X̃ est solution, montrons que X̃ ∈ S. On a
f (X̃) = b etf (X0 ) = b.
Donc
f (X̃ − X0 ) = 0.
Par suite
Z = X̃ − X0 ∈ ker(f ).
Finalement,
X̃ = X0 + Z,
avec Z ∈ ker(f ). Donc X̃ ∈ S
Corrigé de l’exercice 6.(Exemples d’applications des systèmes linéaires )
A. Deux camionnettes livrent du sable sur un chantier de travaux publics.
La première livre deux tonnes à chaque voyage, l’autre livre trois tonnes.
Une fois livrée la quantité commandée, un des chauffeurs dit à l’autre : ” on a fait à nous deux trente
voyages et on a livré autant chacun”.
Combien chaque camion a t-il fait de voyage ?
Notons par x le nombre de voyages de celui qui transporte deux tonnes et par y le nombre de
voyages de celui qui transporte trois tonnes. On a :
2x = 3y
x + y = 30.
On obtient facilement
x = 18
y = 12.
B. Si un train augmente sa vitesse de 10Km/h sur un trajet, il gagne 40 min. S’il diminue sa vitesse de
10Km/h, il perd 1h. Quelle est la longueur du trajet ?
On sait que
d = V.t
Donc
7
vt = (v + 10)(t − 23 )
vt = (v − 10)(t + 1).
Par suite
2
− 10t = − 20
3v 3
v − 10t = 10
t = 4h
v = 50km/h
d = 200km.
Corrigé de l’exercice 7.
On considère le système linéaire à coefficients réels :
x +y +z =0 L1
(b + c)x +(a + c)y +(a + b)z =0 L2
bcx +acy +abz =0 L3
où a, b et c sont des nombres réels donnés. Discuter (suivant les valeurs des paramètres a, b, c) et résoudre
ce système.
Le second membre b = 0,on ne l’écrit pas, car il reste nul dans toutes les transformations.
La matrice de (S) est équivalente à
1 1 1
(S 0 ) : 0 a−b a − c .
0 c(a − b) b(a − c)
On a utilisé les opérations élémentaires suivantes :
L01 ←− L1 ; L02 ←− L2 − (b + c)L1 L03 ←− L3 − bcL1 .
— Si a 6= b, on peut poursuivre la méthode de pivot de Gauss. On prend a − b comme pivot, et on a
matrice de (S 0 ) est équivalente à
1 1 1
(S 00 ) : 0 a − b a−c .
0 0 (a − c)(b − c)
(1) Si a 6= c et b 6= c, on a rg(S) = 3, et le système est de Cramer et on a
S = {(0, 0, 0)}.
(2) Si b = c 6= a, La matrice de (S 0 ) est équivalente à
1 1 1
(S 00 ) : 0 a − b a − c .
0 0 0
L’ensemble des solutions est le sous espace vectoriel
V ect{(0, −1, 1)}.
C’est une droite vectoriellle.
— De manière générale, si deux des trois nombres a, b, c sont égaux, on obtient un s.e.v. de dimension
1. Plus précisément :
(1) Si b = c 6= a, l’ensemble des solutions est le sous espace vectoriel
V ect{(0, −1, 1)}.
(2) Si a = b 6= c, l’ensemble des solutions est le sous espace vectoriel
V ect{(1, −1, 0)}.
8
(3) Si a = c 6= b, l’ensemble des solutions est le sous espace vectoriel
V ect{(1, 0, −1)}.
— Si a = b = c, le système s’écrit :
x + y + z = 0.
Il est de rang 1. On prend x comme inconnue principale et y, z comme inconnues principales. L’en-
semble des solutions est
S = {(−y − z, y, z) : y, z ∈ R}.
Autrement dit :
L’ensemble des solutions est le sous espace vectoriel
V ect{(−1, 0, 1), (−1, 1, 0)}.