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Perspectives de L'Économie Mondiale: Une Ascension Longue Et Difficile

Le rapport du FMI d'octobre 2020, intitulé 'Perspectives de l'économie mondiale : Une ascension longue et difficile', analyse la reprise économique mondiale après une profonde récession due à la COVID-19. Il souligne les défis persistants, notamment les risques de détérioration de la croissance et la nécessité de renforcer la coopération multilatérale. Le document propose également des stratégies pour atténuer les effets des changements climatiques tout en favorisant la croissance économique.

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Marc Konan
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Perspectives de L'Économie Mondiale: Une Ascension Longue Et Difficile

Le rapport du FMI d'octobre 2020, intitulé 'Perspectives de l'économie mondiale : Une ascension longue et difficile', analyse la reprise économique mondiale après une profonde récession due à la COVID-19. Il souligne les défis persistants, notamment les risques de détérioration de la croissance et la nécessité de renforcer la coopération multilatérale. Le document propose également des stratégies pour atténuer les effets des changements climatiques tout en favorisant la croissance économique.

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FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL

PERSPECTIVES
DE L’ÉCONOMIE
MONDIALE
Une ascension longue et difficile

OCT
2020
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL

PERSPECTIVES
DE L’ÉCONOMIE
MONDIALE
Une ascension longue et difficile

OC T
2020
©2020 Fonds monétaire international

Production : FMI, division des services multimédias


Composition : AGS, une société du groupe RR Donnelley

Édition française
Services linguistiques du FMI, section française

Cataloging-in-Publication Data

Joint Bank-Fund Library

Names: International Monetary Fund.


Title: World economic outlook (International Monetary Fund)
Other titles: WEO | Occasional paper (International Monetary Fund) | World economic and
financial surveys.
Description: Washington, DC : International Monetary Fund, 1980- | Semiannual | Some issues
also have thematic titles. | Began with issue for May 1980. | 1981-1984: Occasional paper /
International Monetary Fund, 0251-6365 | 1986-: World economic and financial surveys,
0256-6877.
Identifiers: ISSN 0256-6877 (print) | ISSN 1564-5215 (online)
Subjects: LCSH: Economic development—Periodicals. | International economic relations—
Periodicals. | Debts, External—Periodicals. | Balance of payments—Periodicals. |
International finance—Periodicals. | Economic forecasting—Periodicals.
Classification: LCC HC10.W79

HC10.80

ISBN 978-1-51356-177-6 (français, version papier)

Les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont une étude des services du FMI
publiée deux fois par an, au printemps et à l’automne. Rédigées par les services du FMI,
les PEM ont bénéficié des commentaires et suggestions des administrateurs à l’issue de la
séance du conseil d’administration consacrée à l’examen des PEM le 30 septembre 2020.
Les points de vue exprimés dans cette publication sont ceux des services du FMI, et
ne représentent pas nécessairement ceux du conseil d’administration ou des autorités
nationales qui y sont représentées.

Référence recommandée : Fonds monétaire international. 2020. Perspectives de l’économie


mondiale : Une ascension longue et difficile. Washington, octobre.

Les commandes doivent être adressées à :


International Monetary Fund, Publication Services
P.O. Box 92780, Washington, DC 20090, U.S.A.
Tél. : (202) 623-7430     Téléc. : (202) 623-7201
Courriel : publications@[Link]
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TABLE DES MATIÈRES

Hypothèses et conventions viii

Autres informations x

Données xi

Préface xii

Avant-propos xiii

Résumé xvi

Chapitre 1. Perspectives et politiques mondiales 1


L’économie mondiale s’extirpe du gouffre, mais les revers guettent 1
Facteurs entrant en ligne de compte pour les prévisions 7
Après une profonde récession, une reprise partielle attendue en 2021 9
La croissance à moyen terme reflète la dégradation du potentiel de l’offre 12
L’inflation devrait rester faible 16
Recul des flux commerciaux, diminution des déficits et des excédents 16
Forts risques de détérioration des résultats en matière de croissance 19
Priorités à court terme : allouer suffisamment de ressources aux systèmes de santé et limiter
les dégâts sur le plan économique 22
Renforcer la coopération multilatérale 23
Mesures permettant de relever les défis à moyen et à long terme 27
Encadré scénario 1. Autres scénarios possibles 30
Encadré 1.1. Révision des parités de pouvoir d’achat dans les Perspectives de l’économie mondiale 33
Encadré 1.2. Croissance inclusive dans les pays émergents et les pays en développement :
incidence de la COVID-19 36
Encadré 1.3. Hausse des risques de faillite et d’insolvabilité pour les petites et moyennes
entreprises : évaluation et possibilités d’action 41
Encadré 1.4. Troubles sociaux pendant la pandémie de COVID-19 43
Dossier spécial — Marchés des produits de base : évolution et prévisions 46
Encadré [Link].1. Bilan des émissions mondiales de carbone en 2019 58
Bibliographie 65
Chapitre 2. Le Grand Confinement : analyse de ses effets économiques 69
Introduction 69
Données internationales sur les confinements et l’activité économique 71
Évaluation de l’impact des confinements à l’aide de données à haute fréquence 72
Un confinement aux effets inégaux selon le sexe et l’âge 76
Confinement et infections à la COVID-19 77
Mesures de confinement et effets non linéaires 78
Conclusions 79
Encadré 2.1. Synthèse des publications sur les conséquences économiques du confinement 81

Fonds monétaire international | Octobre 2020 iii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 2.2. Le rôle de l’informatisation durant la pandémie de COVID-19 :


données recueillies aux États-Unis 83
Bibliographie 85
Chapitre 3. Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance et à la distribution 89
Introduction 89
Les dispositifs en faveur de l’atténuation : quelle a été l’efficacité des mesures jusqu’ici ? 94
Comment atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 97
Agir en faveur de l’inclusion 110
Conclusion 112
Encadré 3.1. Lexique 114
Encadré 3.2. Zoom sur le secteur de l’électricité : la première étape vers la décarbonation 116
Bibliographie 118
Appendice statistique 123
Hypothèses 123
Modifications récentes 124
Données et conventions 124
Notes sur les pays 125
Classification des pays 127
Caractéristiques générales et composition des différents groupes de pays dans la classification
des Perspectives de l’économie mondiale 127
Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 2019 128
Tableau B. Pays avancés classés par sous-groupe 129
Tableau C. Union européenne 129
Tableau D. Pays émergents et pays en développement classés par région et par principale source
de recettes d’exportation 130
Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette
et appartenance aux groupes des pays pauvres très endettés et des pays en développement
à faible revenu 131
Tableau F. Pays dont la période de déclaration est différente 133
Tableau G. Principaux documents relatifs aux données 134
Encadré A1. Hypothèses de politique économique retenues pour les projections 144
Liste des tableaux 149
Production mondiale (tableaux A1–A4) 151
Inflation (tableaux A5–A7) 158
Politiques financières (tableau A8) 163
Commerce extérieur (tableau A9) 164
Transactions courantes (tableaux A10–A12) 166
Balance des paiements et financement extérieur (tableau A13) 173
Flux de ressources (tableaux A14–A15) 177
Perspectives de l’Économie mondiale, Questions d’actualité 181

Examen des perspectives par le conseil d’administration du FMI, octobre 2020 191

Tableaux
Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections 10
Tableau 1.2. Aperçu des projections des Perspectives de l’économie mondiale aux prix du marché 12
Tableau 1.1.1. Variations des parts du PIB mondial dues aux révisions des parités de pouvoir d’achat 33

iv Fonds monétaire international | Octobre 2020


TABLE DES MATIÈRES

Tableau 1.1.2. Révisions de la croissance du PIB réel des agrégats des Perspectives de l’économie
mondiale 35
Tableau 1.4.1. Régressions transversales 44
Tableau 1.4.2. Régressions dynamiques : épidémies 45
Tableau [Link].1. Consommation de charbon par secteur 51
Tableau [Link].2. Bouquets énergétiques en 2017, par groupe de revenu 53
Tableau [Link].3. Sortie rapide du charbon : quelques exemples récents 55
Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 59
Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et Pacifique : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur
courant et chômage 60
Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental : PIB réel, prix à la consommation, solde
extérieur courant et chômage 61
Tableau de l’annexe 1.1.4. Pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale : PIB réel, prix à la
consommation, solde extérieur courant et chômage 62
Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays d’Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation, solde
extérieur courant et chômage 63
Tableau de l’annexe 1.1.6. Production réelle mondiale par habitant : récapitulatif 64
Graphiques
Graphique 1.1. Production industrielle et ventes au détail 2
Graphique 1.2. Indicateurs de l’activité mondiale 2
Graphique 1.3. Confinements décrétés par les autorités et ripostes des autorités à la COVID-19 :
indice mondial 3
Graphique 1.4. Prix des produits de base 3
Graphique 1.5. Inflation mondiale 3
Graphique 1.6. Croissance sectorielle et cycle économique 4
Graphique 1.7. Indices des directeurs d’achat, 2020 4
Graphique 1.8. Pays avancés : situation monétaire et des marchés financiers 6
Graphique 1.9. Pays émergents : marchés monétaires et financiers 6
Graphique 1.10. Pays émergents : flux de capitaux 7
Graphique 1.11. Variation des taux de change effectifs réels, avril–septembre 2020 8
Graphique 1.12. Pertes de PIB : comparaison 2019–21/2019–25 13
Graphique 1.13. PIB par habitant : croissance cumulée, 2019–25 13
Graphique 1.14. Ratio du coût du service de la dette publique aux recettes fiscales de l’État 14
Graphique 1.15. Variation des inégalités de revenus depuis 1990 15
Graphique 1.16. Contribution à l’inflation globale 17
Graphique 1.17. Variation de l’inflation sur cinq ans et dans cinq ans 17
Graphique 1.18. Croissance du volume des échanges internationaux, sorties d’investissements
directs étrangers au niveau mondial et services commerciaux liés aux voyages 18
Graphique 1.19. Solde courant et positions extérieures 19
Graphique 1.20. Évolution du secteur budgétaire, 2019–21 20
Graphique 1.21. Indice du risque géopolitique 21
Graphique 1.22. Part des importations mondiales concernées par des restrictions à l’importation
instituées par des pays 22
Graphique 1.23. Incertitude et tensions commerciales 22
Graphique 1.24. Projections des écarts de production, 2020–23 23
Graphique scénario 1. Autres évolutions possibles de la lutte contre le virus de la COVID-19 30
Graphique scénario 2. Scénarios favorable et défavorable : PIB réel mondial 31
Graphique 1.1.1. Révision des parités de pouvoir d’achat pour la Chine 34

Fonds monétaire international | Octobre 2020 v


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.2.1. Évolution positive 37


Graphique 1.2.2. Écarts restants 37
Graphique 1.2.3. Capacité à télétravailler et inégalités de revenu 39
Graphique 1.2.4. Amélioration du bien-être au-delà du PIB 39
Graphique 1.3.1. Problèmes de liquidité et de solvabilité des PME dans le contexte de la COVID-19
en 2020 41
Graphique 1.3.2. Variation de la proportion de PME dont les fonds propres sont négatifs,
par scénario et région 42
Graphique 1.4.1. Proportion mensuelle de pays connaissant des troubles, calculée selon l’indice
des troubles sociaux signalés 43
Graphique 1.4.2. Articles quotidiens sur des manifestations aux États-Unis, avril–juin 2020 44
Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base 46
Graphique [Link].2. Taux d’utilisation des capacités de stockage pétrolier 47
Graphique [Link].3. Indices de la mobilité en voiture et à pied dans le monde 47
Graphique [Link].4. Cours des produits de base pendant la pandémie de COVID-19 48
Graphique [Link].5. Charbon, 1850–2017 50
Graphique [Link].6. Variation de la consommation de charbon dans le monde : décomposition 51
Graphique [Link].7. Consommation de charbon par pays 51
Graphique [Link].8. Facteurs d’émission 52
Graphique [Link].9. Émissions annuelles moyennes de dioxyde de carbone 53
Graphique [Link].10. Sorties progressives du charbon 54
Graphique [Link].11. Coût actualisé de l’électricité pour les nouveaux investissements, 2019 55
Graphique [Link].12. Contribution à l’augmentation de la production électrique en Europe 56
Graphique [Link].13. Cours du charbon et du gaz naturel en 2020 56
Graphique [Link].1.1. Contribution aux émissions mondiales, par pays/région 58
Graphique [Link].1.2. Contribution aux émissions mondiales, par source 58
Graphique 2.1. Confinement et activité économique 71
Graphique 2.2. Impact du confinement et de la distanciation physique volontaire sur la mobilité 73
Graphique 2.3. Données supplémentaires concernant l’impact du confinement sur la mobilité 74
Graphique 2.4. Impact du confinement et de la distanciation physique volontaire sur les offres
d’emploi 75
Graphique 2.5. Offres d’emploi, par secteur, autour de l’instauration du confinement 75
Graphique 2.6. Impact du confinement sur la mobilité par genre et groupe d’âge 76
Graphique 2.7. Impact du confinement sur les infections à la COVID-19 78
Graphique 2.8. Mesures de confinement et effets non linéaires 79
Graphique 2.2.1. Effet d’atténuation exercé par l’informatisation sur le chômage aux États-Unis 83
Graphique 3.1. Risques liés à l’absence d’atténuation des changements climatiques 90
Graphique 3.2. Politiques environnementales et part de l’innovation et de la production
d’électricité propres 94
Graphique 3.3. Effet du durcissement des politiques environnementales sur l’innovation
dans l’électricité, la production d’électricité et l’emploi, par type de technologies 95
Graphique 3.4. Simulations du modèle « G-Cubed », scénario de référence 100
Graphique 3.5. Températures et émissions de CO2 mondiales 101
Graphique 3.6. Simulations selon le modèle « G-Cubed » d’un programme d’action complet,
résultats mondiaux 102
Graphique 3.7. Gains de production à moyen et à long terme grâce à l’atténuation des changements
climatiques 103
Graphique 3.8. Multiplicateurs d’emploi 104

vi Fonds monétaire international | Octobre 2020


TABLE DES MATIÈRES

Graphique 3.9. Simulations d’un programme d’action complet au moyen du modèle « G-Cubed »,
différences en fonction des pays 106
Graphique 3.10. Simulations basées sur le modèle « G-Cubed », contribution partielle à l’atténuation 108
Graphique 3.11. Rôle du progrès technologique « vert » 109
Graphique 3.12. Potentiel de réduction d’émissions dans le secteur électrique 110
Graphique 3.13. Distribution de la consommation, l’emploi et l’impact des taxes sur le carbone 111
Graphique 3.14. Opinion publique en faveur de la protection de l’environnement 111
Graphique 3.15. Effets distributionnels des taxes avec rabais 113
Graphique 3.2.1. Décarbonation du secteur de l’électricité 116

Fonds monétaire international | Octobre 2020 vii


WORLD ECONOMIC OUTLOOK: TENSIONS FROM THE TWO-SPEED RECOVERY

HYPOTHÈSES ET CONVENTIONS

Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un certain nombre
d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre
le 24 juillet et le 21 août 2020, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change euro-
péen II resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro ; que les politiques économiques nationales actuelles
seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains pays,
voir l’encadré A1 de l’appendice statistique) ; que le cours moyen du baril de pétrole sera de 41,69 dollars le baril en
2020 et de 46,70 dollars le baril en 2021, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme ; que le taux offert à
Londres sur les dépôts interbancaires (LIBOR) à six mois en dollars s’établira en moyenne à 0,7 % en 2020 et à 0,4 %
en 2021 ; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de –0,4 % en 2020 et de –0,5 %
en 2021 ; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera, en moyenne, à 0,0 % en 2020 et en 2021.
Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges
d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au
28 septembre 2020.
Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude :
... indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes ;
– entre des années ou des mois (par exemple 2019–20 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à
la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement ;
/ entre deux années (par exemple 2019/20) indique un exercice budgétaire (financier).
Par « billion », il faut entendre mille milliards.
Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.
Par « points de base », on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de
point (de pourcentage).
Les données portent sur les années civiles, sauf dans le cas de quelques pays qui utilisent les exercices budgétaires.
Veuillez consulter le tableau F de l’appendice statistique, qui énumère les pays dont les périodes de déclaration pour les
comptes nationaux et les finances publiques sont différentes.
Pour certains pays, les données de 2019 et des années antérieures sont établies à partir d’estimations et non de chiffres
effectifs. Veuillez consulter le tableau G de l’appendice statistique, qui donne pour chaque pays les dernières données
réelles pour les indicateurs des comptes nationaux, des prix, des finances publiques et de la balance des paiements.
Ce qui est nouveau dans la présente édition :
• À la suite de la récente publication de l’enquête 2017 du Programme de comparaison internationale (PCI) sur les nou-
veaux repères de la parité des pouvoirs d’achat, les estimations des PEM concernant les pondérations de la parité des pou-
voirs d’achat et le PIB évalué en parité des pouvoirs d’achat ont été mises à jour. Pour plus de précisions, voir l’encadré 1.1
de l’édition d’octobre 2020 des PEM à l’adresse [Link]
• À partir de l’édition d’octobre 2020 des PEM, les données et les prévisions pour le Bangladesh et les Tonga sont pré-
sentées sur la base de l’exercice budgétaire.
• Les données relatives à la Cisjordanie et à Gaza sont désormais prises en considération dans les PEM. La Cisjordanie
et Gaza ont été ajoutées au groupe régional du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.
Les conventions suivantes s’appliquent aux graphiques et aux tableaux :
• Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des PEM.
• Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.
• Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs
composantes.

viii Fonds monétaire international | Octobre 2020


HYPOTHÈSES ET CONVENTIONS

Dans la présente étude, le terme « pays » ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un
État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Son emploi désigne aussi un certain nombre d’entités
territoriales qui ne sont pas des États, mais dont les statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.
Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région.
Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou
plus des données de groupe pondérées.
Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI,
aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 ix


WORLD ECONOMIC OUTLOOK: TENSIONS FROM THE TWO-SPEED RECOVERY

AUTRES INFORMATIONS

Corrections et révisions
Les données et analyses figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont établies par les services du
FMI au moment de la publication du rapport. Les services du FMI s’attachent à assurer leur ponctualité, leur exactitude
et leur exhaustivité. Lorsque des erreurs sont notées, des corrections et révisions sont incluses dans les éditions numé-
riques qui sont disponibles sur le site Web du FMI et dans sa bibliothèque en ligne (voir ci-dessous). Tous les change-
ments de fond figurent dans la table des matières en ligne.

Versions imprimée et numériques


Version imprimée
Des exemplaires papier du présent rapport peuvent être commandés à la librairie du FMI à l’adresse [Link]/29296.

Versions numériques
Diverses versions numériques du rapport (ePub, PDF aux fonctionnalités accrues, Mobi et HTML) sont disponibles
à la bibliothèque en ligne du FMI : [Link]

Veuillez télécharger un exemplaire PDF gratuit du rapport et des ensembles de données pour chacun des graphiques
y figurant sur le site Web du FMI à l’adresse [Link]/publications/weo ou scannez le code QR ci-dessous pour ac-
céder directement à la page d’accueil des Perspectives de l’économie mondiale.

Copyright et réutilisation
Des informations sur les modalités de réutilisation du contenu de la présente publication figurent à
l’adresse [Link]/external/[Link].

x Fonds monétaire international | Octobre 2020


DONNÉES

La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) peut être consultée en version intégrale sur le site
de la bibliothèque en ligne du FMI ([Link]) et le site du FMI ([Link]). On trouvera à la même
adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous
forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés
et sont utilisables avec divers logiciels.
Les données figurant dans les PEM sont établies par les services du FMI au moment de la rédaction du rapport. Les
données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées par les économistes chargés des pays
dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse permanente de la situation dans chaque pays.
Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que les informations sont disponibles, et les in-
terruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des séries lisses à l’aide de techniques d’agréga-
tion, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des données supplétives pour les séries rétrospectives
lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En conséquence, les données des PEM peuvent différer de
celles d’autres sources avec des données officielles, y compris les International Financial Statistics du FMI.
Les données et les métadonnées des PEM sont fournies «telles quelles» et «telles que disponibles», et l’on s’efforce
d’assurer leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité, mais sans pouvoir le garantir. Lorsque des erreurs sont
découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révisions ef-
fectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en ligne du
FMI ([Link]) et sur le site Internet du FMI ([Link]). Tous les changements importants figurent en
détail dans les tables des matières en ligne.
Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet
du FMI sur les droits d’auteur ([Link]./external/[Link]).
Les demandes de renseignements sur le contenu des PEM et de la base de données y afférentes doivent être adressées
par courrier classique, par télécopie ou sur le forum en ligne (le service ne peut répondre aux demandes de renseigne-
ments par téléphone) à :
World Economic Studies Division
Research Department
International Monetary Fund
700 19th Street, NW
Washington, DC 20431, USA
Télécopie : (202) 623-6343
Forum en ligne : [Link]/weoforum

Fonds monétaire international | Octobre 2020 xi


WORLD ECONOMIC OUTLOOK: TENSIONS FROM THE TWO-SPEED RECOVERY

PRÉFACE

Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveil-
lance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers inter-
nationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est
l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par
les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en par-
ticulier par les départements géographiques (le département Afrique, le département Asie et Pacifique, le département
Europe, le département Hémisphère occidental et le département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départements
de soutien : le département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le département des marchés monétaires et de
capitaux et le département des finances publiques.
L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le département des
études sous la direction générale de Gita Gopinath, conseillère économique et directrice du département des études. Les
travaux sont dirigés par Gian Maria Milesi-Ferretti, directeur adjoint du département des études, et Malhar Nabar, chef
de division du département des études ; Oya Celasun, chef de division du département des études a dirigé les travaux du
chapitre 3.
Les principaux collaborateurs de la présente édition ont été Philip Barrett, John Bluedorn, Christian Bogmans,
Benjamin Carton, Francesca Caselli, Johannes Eugster, Francesco Grigoli, Florence Jaumotte, Toh Kuan, Weicheng
Lian, Weifeng Liu, Adil Mohommad, Andrea Pescatori, Evgenia Pugacheva, Damiano Sandri, Marina Tavares, Nico
Valckx et Simon Voigts.
Ont aussi contribué : Gavin Asdorian, Srijoni Banerjee, Eric Bang, Thomas Brand, Luisa Calixto, Sophia Chen,
Wenjie Chen, Gabriela Cugat, Sonali Das, Federico Diez, Angela Espiritu, Niels-Jakob Hansen, Jinjin He, Mandy
Hemmati, Youyou Huang, Benjamin Hunt, Christopher Johns, Jaden Jonghyuk Kim, Lama Kiyasseh, Eduard
Laurito, Jungjin Lee, Claire Mengyi Li, Chiara Maggi, Susanna Mursula, Futoshi Narita, Savannah Newman, Cynthia
Nyanchama Nyakeri, Emory Oakes, Nicola Pierri, Yiyuan Qi, Daniela Rojas Fernandez, Max Rozycki, Susie Xiaohui
Sun, Nicholas Tong, Shan Wang, Julia Xueliang Wang, Yarou Xu, Hannah Leheng Yang, and Huiyuan Zhao.
Joseph Procopio (du département de la communication) a dirigé l’équipe qui a corrigé le manuscrit anglais, avec
le soutien de Christine Ebrahimzadeh pour la correction et la production de la publication ; Lucy Scott Morales,
James Unwin, Harold Medina (et son équipe), et Vector Talent Resources ont participé à la correction du manuscrit.
Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui l’ont
examiné le 30 septembre 2020. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne doivent
être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

xii Fonds monétaire international | Octobre 2020


AVANT-PROPOS

L
a COVID-19 a fait plus d’un million de morts prévue avant la pandémie. Le caractère inégal de ces re-
depuis le début de l’année et le bilan ne cesse prises assombrit considérablement les perspectives de
de s’alourdir. En outre, de nombreuses autres convergence mondiale des niveaux de revenu.
personnes ont souffert de maladies graves et il En outre, la reprise n’est pas assurée tant que la pan-
est prévu que près de 90 millions de personnes tombent démie continue de se propager. Du fait de la recrudes-
dans un dénuement extrême au cours de l’année. cence des infections de COVID-19 dans des zones où
Nous vivons une période difficile, mais il y a des rai- la transmission locale avait été réduite à de faibles ni-
sons d’espérer. Les tests de dépistage s’intensifient, les veaux, les mesures de réouverture ont été interrompues
traitements s’améliorent et les essais de vaccins se dé- et des confinements ciblés sont à nouveau mis en place.
roulent à un rythme sans précédent ; certains en sont Partout, les pays éprouvent des difficultés à revenir aux
même à leur phase finale. La solidarité internationale se niveaux d’activité d’avant la pandémie.
renforce dans certains domaines et se traduit notamment Pour éviter une nouvelle régression, les pouvoirs
par une levée des restrictions commerciales sur le maté- publics devront veiller à ne pas mettre fin à leurs me-
riel médical et une augmentation de l’aide financière en sures de soutien de manière prématurée. Ils devront faire
faveur des pays vulnérables. Par ailleurs, selon des don- preuve d’habileté sur le plan intérieur pour gérer les ar-
nées récentes, une reprise s’amorce plus rapidement que bitrages entre la relance de l’activité à court terme et la
prévu dans de nombreux pays, après la réouverture qui a résolution de difficultés à moyen terme. L’édition d’oc-
suivi le Grand Confinement. tobre 2020 du Rapport sur la stabilité financière dans le
Nous prévoyons pour 2020 une récession un peu monde met en évidence ces arbitrages en matière de po-
moins grave, bien qu’encore profonde, par rapport à nos litique monétaire. Pour soutenir la reprise, il faudra éga-
prévisions de juin dernier. Cette révision s’explique par lement resserrer la coopération internationale dans le do-
les résultats du PIB enregistrés au deuxième trimestre maine de la santé et en ce qui concerne l’aide financière
dans de grands pays avancés, qui n’ont pas été aussi né- apportée aux pays connaissant une pénurie de liquidités.
gatifs que nous l’avions prévu, par un retour à la crois- Trouver le bon dosage n’est pas chose aisée, mais l’expé-
sance en Chine, plus vigoureux que prévu, et par les rience de ces derniers mois permet de croire, avec un op-
signes d’une reprise plus rapide au troisième trimestre. timisme prudent, que les priorités définies dans le pré-
Les résultats auraient été beaucoup plus faibles si des sent rapport pourront être satisfaites.
mesures budgétaires, monétaires et réglementaires de Un aspect essentiel de la lutte contre la crise sanitaire
grande envergure et sans précédent n’avaient pas été ra- consiste à faire en sorte que toutes les innovations, qu’il
pidement prises pour préserver le revenu disponible des s’agisse de tests de dépistage, de traitements ou de vac-
ménages, protéger les flux de trésorerie des entreprises cins, soient produites à une échelle suffisante pour que
et soutenir l’offre de crédit. L’ensemble de ces mesures a tous les pays puissent en bénéficier. Les engagements
permis, pour le moment, d’éviter que la catastrophe fi- d’achat anticipé pour des vaccins en cours d’essai peuvent
nancière de 2008–09 ne se reproduise. contribuer à convaincre les fabricants, qui pourraient
Si l’économie mondiale se redresse, son ascension sera se montrer hésitants à cet égard, d’assumer le coût ini-
probablement longue, inégale et incertaine. En effet, par tial d’une production de cette ampleur. Cet effort devrait
rapport à nos prévisions de juin, les perspectives se sont s’articuler autour d’une forte composante multilatérale
nettement dégradées dans certains pays émergents et pour favoriser une distribution des doses à des prix abor-
pays en développement où le nombre d’infections aug- dables dans tous les pays. Plus généralement, la commu-
mente rapidement. Par conséquent, en 2020–21, les pays nauté internationale devra continuer d’aider les pays dont
émergents et les pays en développement, à l’exception de les capacités sanitaires sont limitées en leur fournissant du
la Chine, devraient subir une plus lourde perte de pro- matériel et un savoir-faire ainsi qu’un appui financier par
duction que les pays avancés par rapport à la trajectoire l’intermédiaire d’organismes de santé internationaux.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 xiii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Au niveau national, les autorités ont pris toute une enregistrer des pertes de production notables par rapport
série de contre-mesures budgétaires, notamment pour à leurs prévisions d’avant la pandémie. Les petits États
atténuer les pertes de revenus, encourager l’embauche, ainsi que les pays qui dépendent du tourisme et des pro-
accroître l’aide sociale, assurer le crédit et injecter des duits de base se trouvent dans une situation particulière-
capitaux dans les entreprises. Elles ont ainsi permis ment délicate.
d’éviter de nombreuses faillites et contribué à un re- La plupart des pays verront leur potentiel de l’offre
bond partiel de l’emploi. Les taux d’emploi et d’activité être durablement éprouvé, en raison des séquelles de la
restent toutefois bien inférieurs aux niveaux d’avant la profonde récession de cette année et de la nécessité de
pandémie et de nombreux postes de travail sont me- procéder à des modifications structurelles. Les pertes
nacés à mesure que la crise se prolonge. Pour préserver de production persistantes supposent un net recul des
les emplois, les autorités doivent, dans la mesure du conditions de vie par rapport à ce qui était prévu avant
possible, continuer d’aider les entreprises viables mais la pandémie. Non seulement l’incidence de l’extrême
encore vulnérables, au moyen de moratoires sur le ser- pauvreté augmentera pour la première fois depuis plus
vice de la dette et d’apports de fonds propres ou d’actifs de deux décennies, mais les inégalités vont également
similaires. Une fois la reprise solidement amorcée, elles s’accentuer, car la crise touche de manière dispropor-
devraient progressivement faire en sorte que les travail- tionnée les femmes, les travailleurs de l’économie in-
leurs des secteurs susceptibles de se contracter à long formelle et les personnes ayant un niveau d’instruction
terme (voyages) se réorientent vers des secteurs en ex- relativement faible, comme cela est décrit dans le cha-
pansion (commerce électronique). Tout au long de la pitre 2 du présent rapport. Le recul de l’accumulation de
transition, les travailleurs devront être soutenus, notam- capital humain après la fermeture généralisée des écoles
ment par des transferts de revenus, des projets de recon- constitue un défi supplémentaire à cet égard.
version et des programmes de recyclage. De plus, les niveaux de la dette souveraine devraient
Les pays avancés ont généralement été en mesure sensiblement augmenter, alors que la baisse de la pro-
de consacrer une part plus importante de leur PIB à duction potentielle suppose une réduction de l’assiette
des dépenses directes et à un appui à la liquidité que de l’impôt, ce qui rend le service de la dette plus difficile.
d’autres pays freinés par une lourde dette et des coûts Du côté positif, les perspectives de taux d’intérêt bas sur
d’emprunt plus élevés. Ces pays en difficulté devront une plus longue période, parallèlement au rebond de la
dégager une marge de manœuvre pour répondre à des croissance prévu en 2021, peuvent contribuer à alléger
besoins de dépenses immédiats en donnant la priorité le fardeau du service de la dette dans de nombreux pays.
aux mesures de lutte contre la crise et en réduisant les Pour s’assurer que la dette reste sur une trajectoire viable
subventions mal ciblées. Certains auront besoin d’une à moyen terme, les autorités devront peut-être accroitre
aide supplémentaire de la part des créanciers et des do- la progressivité des impôts, veiller à ce que les entreprises
nateurs sous la forme d’une restructuration de la dette, paient leur juste part de charges fiscales et, dans le même
de dons et de financements concessionnels, sur la base temps, éliminer les dépenses inutiles.
d’importantes initiatives en cours. Le FMI a joué un Les mesures de soutien à court terme doivent être
rôle central dans ces initiatives par son appel en faveur conçues de façon à placer les pays sur la voie d’une crois-
de la suspension du service de la dette pour les pays sance plus forte, plus équitable et plus durable. Comme
à faible revenu, lancé conjointement avec la Banque indiqué au chapitre 3 du présent rapport, les dirigeants
mondiale, par son plaidoyer en faveur d’une réforme de peuvent simultanément chercher à atténuer les effets
l’architecture internationale de la dette et par l’apport du changement climatique et soutenir la reprise afin de
d’un financement à plusieurs pays membres dans des sortir de la crise de la COVID-19. Ils peuvent y parvenir
délais d’une brièveté sans précédent. grâce à un ensemble complet de mesures qui se tradui-
La nécessité de relever les défis posés par la pandémie rait par une forte impulsion en faveur d’infrastructures
complique encore la tâche des pays. Dans le présent publiques respectueuses de l’environnement, une aug-
rapport, nous publions des projections de croissance à mentation progressive des prix du carbone et une indem-
moyen terme pour la première fois depuis le début de nité pour les ménages à faibles revenus visant à rendre la
la crise. Tandis que l’incertitude demeure considérable, transition équitable. De manière plus générale, un ren-
nous prévoyons un ralentissement sensible de la crois- forcement du dispositif de protection sociale permettant
sance, après le rebond de l’activité mondiale prévu en de combler les lacunes constatées peut permettre de pro-
2021. Les pays avancés et les pays émergents devraient téger les plus vulnérables tout en soutenant l’activité à

xiv Fonds monétaire international | Octobre 2020


AVANT-Propos

court terme, comme cela a déjà été le cas, par exemple, les banques centrales de pays émergents et l’utilisation
dans de nombreux pays avancés où le revenu disponible novatrice des technologies numériques pour fournir une
est resté relativement stable malgré un effondrement sans aide sociale notamment en Afrique subsaharienne. Ces
précédent du PIB. En outre, les investissements dans initiatives ont permis d’éviter des effondrements encore
la santé et l’éducation (notamment pour remédier aux plus extrêmes et rappellent avec force que des mesures
pertes subies pendant la pandémie) peuvent contribuer à efficaces et bien conçues permettent de protéger les per-
assurer une croissance participative et inclusive. L’édition sonnes et de préserver le bien-être économique collectif.
d’octobre 2020 du Moniteur des finances publiques pré- Sur la base de ces initiatives, les mesures prises au cours
sente des arguments solides en faveur de l’investissement de la prochaine phase de la crise doivent avoir pour ob-
public en ces temps d’incertitude accrue. jectif d’améliorer durablement l’économie mondiale afin
Nous avons déjà connu des innovations importantes de créer un avenir sûr et prospère pour tous.
au cours de ces derniers mois : la création par l’Union
européenne d’un instrument de relance visant à lutter Gita Gopinath
contre la pandémie, le lancement d’un achat d’actifs par Conseillère économique et directrice des études

Fonds monétaire international | Octobre 2020 xv


WORLD ECONOMIC OUTLOOK: TENSIONS FROM THE TWO-SPEED RECOVERY

RÉSUMÉ

L’économie mondiale a commencé à s’extirper du vie moyen dans tous les groupes de pays. La pandémie
gouffre dans lequel elle s’était enfoncée lors du « Grand va balayer les progrès engrangés depuis les années 90 en
Confinement » d’avril. Mais la pandémie de COVID19 matière de réduction de la pauvreté dans le monde et
continuant de se propager, de nombreux pays ont ralenti creuser les inégalités. Les personnes qui comptent sur
leur réouverture et certains rétablissent des confinements un travail à rémunération journalière et ne sont pas cou-
partiels afin de protéger les populations à risque. Bien vertes par un dispositif formel de protection sociale ont
que le redressement de la Chine ait été plus rapide qu’at- subi des pertes de revenus soudaines lorsque des res-
tendu, la longue ascension de l’économie mondiale vers trictions à la mobilité ont été imposées. Parmi ces per-
des niveaux d’activité comparables à ceux d’avant la pan- sonnes, les travailleurs migrants qui vivent loin de leur
démie demeure exposée à des revers. pays ont pu encore moins recourir aux réseaux de sou-
tien traditionnels. Près de 90 millions de personnes
pourraient tomber cette année en dessous du seuil de
Perspectives économiques mondiales et risques privation extrême, qui est de 1,90 dollar par jour. En
Perspectives à court terme. Les projections envisagent outre, les fermetures d’écoles pendant la pandémie
une contraction mondiale de 4,4 % en 2020, un chiffre posent un nouveau problème considérable, qui pourrait
moins grave que dans les prévisions de la Mise à jour des nuire gravement à l’accumulation de capital humain.
Perspectives de l’économie mondiale (Mise à jour des PEM) Les perspectives moroses de croissance à moyen terme
de juin 2020. Cette révision s’explique principalement se conjuguent à une forte hausse attendue de l’encours
par les chiffres du PIB au deuxième trimestre, qui sont de dette souveraine. Les révisions à la baisse en ce qui
meilleurs que prévu, surtout dans les pays avancés, où concerne le potentiel de production signifient égale-
l’activité a commencé à reprendre de la vigueur plus tôt ment que la matière imposable sera à moyen terme de
qu’escompté, après l’assouplissement en mai et juin des moindre ampleur que prévu, accentuant les difficultés à
mesures de confinement. Elle s’explique aussi par les in- assurer le service de la dette.
dicateurs d’une reprise plus forte au troisième trimestre. Les projections de référence supposent que les me-
La croissance mondiale est estimée à 5,2 % en 2021, sures de distanciation physique se maintiendront jusqu’en
soit un peu moins que dans la Mise à jour des PEM de 2021, mais qu’elles s’atténueront ensuite à mesure que la
juin 2020, en raison du recul plus modéré attendu pour couverture vaccinale s’élargira et que les thérapies s’amé-
2020 et à supposer que les mesures de distanciation phy- lioreront. Il est supposé que la transmission locale soit ra-
sique se maintiennent. À la suite de la contraction de menée partout à de faibles niveaux d’ici la fin 2022. Les
2020 et de la reprise en 2021, le niveau du PIB mondial projections à moyen terme supposent également que les
en 2021 devrait dépasser celui de 2019 d’un petit 0,6 %. pays subiront des séquelles durables en raison de l’am-
Les projections de croissance sous-entendent de larges pleur de la récession et des mutations structurelles qui
écarts de production négatifs et des taux de chômage s’imposent, entraînant des effets persistants sur le poten-
élevés cette année et en 2021, dans les pays avancés tiel de production. Ces effets sont notamment les coûts
comme dans les pays émergents. d’ajustement et les incidences sur la productivité pour
Perspectives à moyen terme. Après le rebond de 2021, les entreprises survivantes qui doivent améliorer la sécu-
la croissance mondiale devrait progressivement ra- rité du lieu de travail ; l’amplification du choc par le biais
lentir à environ 3,5 % à moyen terme. Elle ne rattrape- de faillites d’entreprises ; la coûteuse réaffectation des res-
rait donc que partiellement la trajectoire de l’activité sources entre secteurs ; et des travailleurs découragés qui
pour 2020–25 qui était envisagée avant la pandémie, se retireront de la population active. Ces séquelles de-
tant dans les pays avancés que dans les pays émergents vraient exacerber les forces qui tiraient la croissance de la
et les pays en développement. Il s’agit également d’un productivité à la baisse dans de nombreux pays au cours
lourd revers pour l’amélioration projetée du niveau de des années précédant la pandémie : une accumulation

xvi Fonds monétaire international | Octobre 2020


Résumé

de capital physique freinée par la croissance relativement (ou empêcher le refinancement de la dette existante).
faible de l’investissement, des améliorations du capital hu- Enfin, des répercussions transfrontalières de l’affaiblisse-
main devenues plus modestes, et des gains d’efficience tar- ment de la demande extérieure pourraient amplifier l’im-
dant à se réaliser lors de l’intégration des avancées techno- pact de chocs propres à certains pays.
logiques avec les facteurs de production.
Risques. Le degré d’incertitude entourant les projec-
tions de référence est inhabituellement élevé. Les prévi- Priorités : des impératifs à court terme,
sions se fondent sur des facteurs de santé publique et des des défis à moyen terme
facteurs économiques qui, par leur nature, sont difficiles En plus de lutter contre la profonde récession à court
à prédire. Un premier niveau d’incertitude a trait à la tra- terme, les dirigeants doivent relever des défis complexes
jectoire de la pandémie, à la riposte nécessaire en matière pour placer les pays sur la trajectoire d’une plus grande
de santé publique et aux perturbations de l’activité inté- croissance de la productivité, tout en veillant à ce que les
rieure qui en découlent, tout particulièrement pour les gains soient répartis équitablement et que la dette de-
secteurs où les contacts sont nombreux. Une deuxième meure viable. De nombreux pays doivent déjà trouver
source d’incertitude tient à l’ampleur des répercussions des compromis difficiles entre mettre en œuvre des me-
mondiales de la faiblesse de la demande, de la moro- sures favorisant la croissance à court terme et éviter une
sité du tourisme et de la diminution des envois de fonds. nouvelle accumulation de dette dont il serait difficile
L’état d’esprit des marchés financiers et ses implications d’assurer ultérieurement le service, compte tenu du coup
pour les flux mondiaux de capitaux constituent un troi- porté par la crise au potentiel de production. La concep-
sième ensemble de facteurs. Une certaine incertitude en- tion de politiques visant à soutenir l’économie à court
toure également la dégradation du potentiel de l’offre, terme doit donc veiller à placer les pays sur la trajectoire
qui dépendra de la persistance du choc dû à la pandémie, d’une croissance plus forte, équitable et résiliente.
de l’étendue et de l’efficacité de la riposte des pouvoirs Les mesures fiscales et budgétaires doivent privilégier
publics, ainsi que de l’ampleur de l’inadéquation des res- les initiatives susceptibles de relever le potentiel de pro-
sources selon les secteurs. duction, d’assurer une croissance participative profitant à
Moyennant des avancées en matière de vaccins et tous et de protéger les groupes vulnérables. L’endettement
traitements ainsi que des changements sur les lieux de supplémentaire nécessaire pour financer de tels projets
travail et dans les modes de consommation en vue de aura plus de chance d’être rentable à terme, en élargissant
réduire la transmission, l’activité pourrait retrouver les l’économie et la future matière imposable, que si l’em-
niveaux observés avant la pandémie plus rapidement prunt servait à financer des subventions mal ciblées ou
que dans les projections actuelles, sans déclencher des des dépenses courantes inefficientes. Les investissements
vagues d’infections répétées. La prolongation jusqu’en dans la santé, dans l’éducation et dans des projets d’in-
2021 des contre-mesures budgétaires pourrait égale- frastructure à fort rendement qui contribuent également
ment amener la croissance à dépasser les prévisions, qui à diminuer la dépendance de l’économie au carbone
ne tiennent compte que des mesures mises en œuvre et peuvent faciliter ces objectifs. Les dépenses consacrées à
annoncées jusqu’ici. la recherche peuvent faciliter l’innovation et l’adoption
Cependant, le risque demeure considérable que les des technologies, principaux moteurs de la croissance de
chiffres de la croissance s’avèrent pires que prévu. Si le la productivité sur le long terme. Par ailleurs, préserver les
virus revient en force, si la recherche de traitements et dépenses sociales essentielles peut garantir la protection
vaccins progresse plus lentement qu’escompté, ou si des personnes les plus vulnérables tout en soutenant l’ac-
l’accès à ces derniers demeure inégal selon les pays, l’ac- tivité à court terme, étant donné que ces fonds vont à des
tivité économique pourrait se révéler inférieure aux at- groupes plus susceptibles de dépenser leur revenu dispo-
tentes, sous l’effet de la prolongation des mesures de dis- nible que des personnes plus riches. Dans tous les cas, il
tanciation physique et du durcissement des régimes de sera indispensable de respecter les normes les plus strictes
confinement. Vu la gravité de la récession et du retrait s’agissant de transparence en matière de dette afin d’éviter
possible des aides d’urgence dans certains pays, la mul- de futures difficultés de refinancement et l’augmentation
tiplication des faillites pourrait aggraver les pertes d’em- de primes de risque souverain, qui relèverait le coût de
plois et de revenus. Une dégradation de l’état d’esprit des l’emprunt dans l’ensemble de l’économie.
marchés financiers pourrait entraîner, pour les pays vul- Compte tenu de la nature mondiale du choc et des dif-
nérables, un arrêt brutal de l’octroi de nouveaux crédits ficultés communes rencontrées par les pays, d’importants

Fonds monétaire international | Octobre 2020 xvii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

efforts multilatéraux s’imposent pour combattre la crise soit difficile d’adopter de nouvelles mesures d’augmen-
sanitaire et économique. Il est prioritaire de financer au tation des recettes pendant la crise, les gouvernements
niveau mondial des engagements d’achat des vaccins ac- devront peut-être envisager d’augmenter les impôts pro-
tuellement en phase d’essai clinique afin d’inciter à l’in- gressifs frappant les particuliers mieux nantis et ceux
tensification rapide de la production et à la distribution qui sont relativement moins touchés par la crise (y com-
à l’échelle planétaire de doses à des prix abordables, par pris en relevant les taux d’imposition des tranches supé-
exemple en soutenant les initiatives multilatérales d’éla- rieures de revenu, de l’immobilier de luxe, des gains en
boration et de production de vaccins, dont la Coalition capital et du patrimoine), ainsi que d’aménager la fisca-
pour les innovations en matière de préparation aux épi- lité des entreprises pour veiller à ce que celles-ci paient
démies (CEPI) et l’Alliance du vaccin (GAVI). C’est par- un impôt en rapport avec leur rentabilité. Les pays de-
ticulièrement important, compte tenu des incertitudes et vraient également coopérer pour élaborer une fiscalité
du risque d’échec dans la recherche de vaccins efficaces internationale des entreprises à même de répondre aux
et sûrs. Dans le même domaine, il est aussi prioritaire problèmes que pose l’économie numérique.
d’aider les pays dont les capacités médicales sont limitées. Alors que la pandémie continue de se propager, tous
Outre l’apport de matériel et de savoir-faire médical, les pays — même ceux où le nombre d’infections semble
plusieurs pays émergents et pays en développement, et avoir atteint son maximum — doivent garantir que leurs
plus particulièrement des pays à faible revenu, ont besoin systèmes de santé puissent faire face à la forte demande. Ils
d’une aide de la communauté internationale sous la forme doivent ainsi dégager des ressources suffisantes et donner
d’allégement de la dette, de dons et de financements à des la priorité aux dépenses de santé en fonction des besoins,
conditions concessionnelles. Lorsque la dette doit être res- notamment pour le dépistage, le suivi des personnes ayant
tructurée, les emprunteurs de pays à faible revenu et de été en contact avec un malade, le matériel de protection
pays émergents et les créanciers doivent convenir rapide- individuelle, les équipements de secours tels que des respi-
ment de modalités acceptables par toutes les parties. Le rateurs, et des installations telles que des salles d’urgences,
dispositif mondial de sécurité financière peut par ailleurs des services de soins intensifs et des unités d’isolement.
aider les pays à compléter des financements extérieurs in- Les pays où le nombre d’infections continue d’aug-
suffisants. Depuis le début de la crise, le FMI a fourni sans menter doivent endiguer la pandémie par des mesures
tarder des financements au titre de ses divers mécanismes d’atténuation ralentissant la transmission. Comme l’il-
de prêt à quelque 80 pays, à une vitesse record. lustre le chapitre 2, les mesures de confinement sont ef-
Pour de nombreux pays, maintenir l’activité écono- ficaces pour diminuer le nombre d’infections. Les me-
mique et venir en aide aux particuliers et entreprises sures d’atténuation, à savoir des investissements plus que
dans le besoin — tout en veillant à ce que la dette reste bienvenus dans la santé publique, ouvrent à terme la voie
viable — constitue une tâche gigantesque, compte tenu à une reprise, à la suite du repli entraîné par les restric-
de l’endettement public élevé, des besoins de dépenses tions à la mobilité. Dans de tels cas, la politique écono-
dus à la crise et de la chute des recettes de l’État. Les mique devrait limiter les dégâts en amortissant les pertes
gouvernements doivent tout mettre en œuvre pour com- de revenu des personnes et sociétés touchées, tout en sou-
battre la crise sanitaire et atténuer la profonde réces- tenant le redéploiement des ressources de secteurs qui
sion, tout en se tenant prêts à ajuster leurs stratégies en reposent sur de nombreux contacts et risquent d’être en-
fonction de l’évolution de la pandémie et de ses effets través pour une longue période. Des programmes de re-
sur l’activité. Dans les pays où des règles budgétaires en- conversion et de requalification devront être mis en place
travent l’action, leur suspension temporaire se justifie- si possible afin que les travailleurs puissent chercher des
rait, conjuguée à l’engagement de suivre une trajectoire emplois dans d’autres secteurs. Cette transition risquant
de consolidation progressive une fois la crise passée. Il de prendre du temps, les travailleurs écartés auront be-
serait possible de dégager de la marge pour les besoins soin d’une aide au revenu s’inscrivant dans la durée pen-
de dépenses immédiats en donnant la priorité aux me- dant la période de reconversion et de recherche d’emploi.
sures de lutte contre la crise et en réduisant les subven- En complément de ces mesures, des ripostes accommo-
tions mal ciblées et sources de gaspillages. Allonger les dantes et de large portée sur les plans monétaire et bud-
échéances de la dette publique et s’assurer dans la mesure gétaire (si l’espace budgétaire le permet) peuvent contri-
du possible des taux d’intérêts bas contribuerait à dimi- buer à prévenir des récessions plus profondes et de plus
nuer le service de la dette et à libérer des ressources à ré- longue durée, même si leur capacité à stimuler la dépense
affecter aux efforts d’atténuation de la crise. Bien qu’il est initialement entravée par des restrictions à la mobilité.

xviii Fonds monétaire international | Octobre 2020


RÉSUMÉ

À mesure que les pays rouvrent, les politiques doivent d’atténuation des changements climatiques. Comme
appuyer la reprise en supprimant progressivement les indiqué au chapitre 3, une action conjointe, menée en
aides ciblées, en facilitant la réaffectation de travailleurs et particulier par les plus gros émetteurs et combinant une
de ressources vers des secteurs moins touchés par la dis- hausse régulière des prix du carbone et le développement
tanciation physique, ainsi qu’en prévoyant autant que de l’investissement vert, est indispensable pour réduire
possible des mesures de relance le cas échéant. Certaines les émissions afin de limiter l’augmentation de la tempé-
ressources budgétaires libérées par l’arrêt des aides ci- rature de la planète aux objectifs fixés en 2015 dans l’ac-
blées devraient être redéployées en faveur de l’investisse- cord de Paris. Un ensemble de mesures d’atténuation,
ment public, notamment dans les énergies renouvelables, porteur de croissance et adopté largement, pourrait ac-
l’amélioration de l’efficience du transport de l’électricité, croître l’activité mondiale à court terme par le biais de
et la rénovation de bâtiments pour réduire leur empreinte l’investissement dans les infrastructures écologiques, avec
carbone. En outre, avec le retrait progressif des « bouées des coûts modestes pour la production à moyen terme
de sauvetage », les dépenses sociales devraient combler les liés à l’abandon des combustibles fossiles au profit de
lacunes existant dans le dispositif de protection sociale technologies plus propres. Par rapport au statu quo, un
afin de protéger les personnes les plus vulnérables. Dans tel ensemble donnerait un fort coup d’accélérateur aux
ces cas, les autorités pourraient améliorer les régimes de revenus dans la deuxième moitié du siècle en évitant des
congé familial et de congé de maladie, élargir l’accès à dommages et des risques catastrophiques imputables aux
l’assurance chômage et renforcer la couverture des pres- changements climatiques. En outre, la santé publique
tations de soins de santé en tant que de besoin. Là où les commencerait à s’améliorer immédiatement dans de
anticipations inflationnistes sont ancrées, une politique nombreux pays grâce à la diminution de la pollution at-
monétaire accommodante peut s’avérer utile pendant la mosphérique locale. La communauté internationale de-
période de transition, en maîtrisant les coûts d’emprunt. vrait aussi passer urgemment à l’action pour renforcer
Au-delà de la pandémie, la coopération multilaté- ses défenses face à des crises sanitaires calamiteuses, par
rale est indispensable pour désamorcer les tensions com- exemple en augmentant les réserves d’équipements de
merciales et technologiques entre pays et remédier aux protection et de fournitures médicales essentielles, en fi-
lacunes du système commercial multilatéral fondé sur nançant la recherche et en assurant une aide adéquate
des règles, par exemple en matière de commerce de ser- et constante aux pays dont les capacités médicales sont
vices. Les pays doivent également agir collectivement limitées, notamment avec le concours d’organisations
pour mettre en œuvre leurs engagements en matière internationales.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 xix


1
CHAPITRE

PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

L’économie mondiale s’extirpe du gouffre, dans les pays, par exemple, où la demande intérieure
mais les revers guettent s’est effondrée à la suite d’une très forte compression
Les mois qui ont suivi la publication de l’édition de de la consommation et d’une chute des investissements
juin 2020 de la Mise à jour des Perspectives de l’économie (comme en Inde), où la pandémie a continué de se pro-
mondiale (Mise à jour des PEM) ont donné un aperçu des pager (comme au Mexique), où la mollesse de la de-
difficultés qu’il y aura à relancer l’activité économique mande extérieure a pesé très lourdement sur les secteurs
alors que la pandémie repart de plus belle. En mai et d’exportation (en Corée, par exemple), et où une baisse
juin, de nombreux pays rouvrant prudemment leur éco- considérable des flux d’envois de fonds a pesé sur les dé-
nomie après le Grand Confinement, l’économie mon- penses intérieures (par exemple aux Philippines).
diale a commencé à s’extirper du gouffre dans lequel elle • Le commerce mondial a amorcé son redressement en
était tombée en avril. Mais la pandémie se propageant et juin sur fond de levée des mesures de confinement
prenant de la vitesse par endroits, nombre de pays ont ra- (graphique 1.2). La Chine y contribue grandement :
lenti leur réouverture, et certains rétablissent un confine- ses exportations se sont remises des lourdes chutes du
ment partiel. Malgré la bonne surprise du redressement début de l’année, à la faveur d’un redémarrage plus
rapide de la Chine, la longue ascension de l’économie précoce de l’activité et d’une forte hausse de la de-
mondiale vers des niveaux d’activité comparables à ceux mande extérieure d’équipement médical et de matériel
d’avant la pandémie demeure exposée à des revers. facilitant le passage au télétravail.
• L’activité s’est accélérée en mai et juin, les pays rouvrant • La pandémie continue de se propager. À la fin septembre,
leur économie. L’embellie après le creux du mois d’avril le nombre d’infections confirmées dépassait 33 mil-
était particulièrement manifeste, sans surprise, dans le lions dans le monde, avec plus d’un million de décès,
commerce de détail, où la réouverture s’est traduite par contre plus de 7 millions d’infections et 400 000 décès
une hausse des dépenses non essentielles des ménages à l’époque de la Mise à jour des PEM de juin 2020. Le
(graphique 1.1). Les entreprises sont toutefois restées nombre de cas confirmés a augmenté de façon spectacu-
prudentes face à ce sursaut : dans de nombreux pays, laire aux États-Unis, en Amérique latine, en Inde et en
la production industrielle est encore bien inférieure Afrique du Sud. Il est en outre reparti à la hausse dans
aux niveaux de décembre. des pays qui avaient pourtant aplati la courbe des infec-
• Les résultats du PIB au deuxième trimestre ont livré dans tions : l’Australie, le Japon, l’Espagne et la France.
l’ensemble des surprises positives. À mesure que les pays • La réouverture connaît des soubresauts. Face à la re-
ont rouvert leur économie et levé les restrictions aux dé- crudescence des cas, des pays ont ralenti leur réouver-
penses, l’activité globale s’est normalisée plus rapide- ture au mois d’août et rétabli des mesures de confine-
ment que ce qui était envisagé dans la Mise à jour des ment partiel dans certains cas (graphique 1.3).
PEM de juin 2020. Les résultats du PIB au deuxième
trimestre ont constitué une bonne surprise en Chine Les profondes blessures infligées à l’économie mon-
(où, après l’assouplissement des mesures de confinement diale par la récession liée à la pandémie se manifestent
début avril, l’investissement public a permis à l’activité également dans les indicateurs relatifs au marché du tra-
de renouer avec un taux de croissance positif au deu- vail et à l’inflation.
xième trimestre), ainsi qu’aux États-Unis et dans la zone • Marché du travail. Selon l’Organisation internationale
euro (dans ces deux régions, l’économie s’est contractée du travail (OIT), la réduction mondiale du nombre
à un rythme record au deuxième trimestre, mais moins d’heures de travail au deuxième trimestre 2020 par
gravement que prévu, grâce aux versements effectués rapport au quatrième trimestre 2019 équivaut à la
par l’État pour compléter le revenu des ménages). Les perte de 400 millions d’équivalents temps plein, soit
nouvelles n’ont cependant pas été positives partout. Le une aggravation par rapport aux 155 millions d’équi-
PIB au deuxième trimestre a été inférieur aux attentes valents temps plein perdus au premier trimestre. Les

Fonds monétaire international | Octobre 2020 1


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.1. Production industrielle et ventes au détail Graphique 1.2. Indicateurs de l’activité mondiale
(Indice, décembre 2019 = 100 ; corrigé des variations saisonnières) (Moyenne mobile sur trois mois ; variation annualisée en pourcentage ;
écarts par rapport à 50 pour l’IDA manufacturier, sauf indication contraire)
La reprise est dans l’ensemble plus forte dans la vente au détail que dans la
production industrielle. Le commerce mondial et la production industrielle sont partis à la hausse avec
120 1. Production industrielle — secteur manufacturier l’assouplissement des mesures de confinement.
10 110
100

80 5 105

60 États-Unis Japon
Allemagne France 0 100
Chine Inde
40
Russie Brésil
–5 95
20 Production industrielle
déc. janv. févr. mars avril mai juin juil. août
2019 20 20 20 20 20 20 20 20 Volume mensuel du commerce mondial
–10 (corrigé des variations saisonnières, 90
2017 = 100, échelle de droite)
110 2. Volume des ventes au détail IDA manufacturier : nouvelles commandes
–15 85
100

90 –20 80
2017 18 19 août
80 20
États-Unis Japon
Allemagne France Sources : Bureau néerlandais de l’analyse de la politique économique CPB ; Haver
70 Chine Russie Analytics ; Markit Economics ; calculs des services du FMI.
Brésil Note : IDA = indice des directeurs d’achat.
60
déc. janv. févr. mars avril mai juin juil. août
2019 20 20 20 20 20 20 20 20

Sources : Haver Analytics ; calculs des services du FMI.


• Inflation. Bien que les prix d’articles tels que les four-
nitures médicales aient augmenté et que les prix des
produits de base soient remontés après le creux d’avril
(voir le dossier spécial sur les produits de base et le
femmes dans la population active, et plus particuliè-
graphique 1.4), les effets de la faible demande glo-
rement dans l’économie informelle, ont été touchées
bale semblent avoir surpassé ceux des perturbations de
de façon disproportionnée par la pandémie et par les
l’offre1. En termes séquentiels, l’inflation dans les pays
mesures de confinement nécessaires pour ralentir la
avancés reste bien en deçà des niveaux d’avant la pan-
propagation du virus : l’OIT estime que 42 % des
démie (graphique 1.5). Dans les pays émergents et les
femmes employées de façon informelle travaillent dans
pays en développement, l’inflation a diminué fortement
des secteurs économiques gravement touchés, contre
aux premiers stades de la pandémie, mais elle a entre-
32 % des hommes dans l’emploi informel. Dans la
temps repris de la vigueur dans certains pays (en Inde,
même lignée que l’activité mondiale et le commerce,
par exemple, sous l’effet de perturbations de l’offre et
les indicateurs relatifs à l’emploi et à la population
d’une hausse des prix des denrées alimentaires).
active se sont améliorés depuis le mois de mai. Par
exemple, le taux de chômage a considérablement di-
Une récession sans pareille. Le repli déclenché par la
minué et la création d’emplois a augmenté aux États-
pandémie de COVID-19 est très différent des récessions
Unis, les demandes d’inscription au régime allemand
passées, durant lesquelles les secteurs de services tendaient
de travail à horaire réduit (« Kurzarbeit ») ont forte-
à subir des baisses de croissance moins fortes que le
ment ralenti en mai et leur nombre a continué de di-
minuer régulièrement jusqu’en août, et le taux d’acti- 1Cette évaluation est assortie d’une importante réserve : il se peut que

vité des femmes s’était partiellement redressé au Japon le panier de biens et services utilisé pour mesurer l’inflation des prix à
la consommation ne soit pas représentatif des modes de consommation
en juillet, alors qu’elles étaient près d’un million à pratiqués pendant la pandémie et qu’il sous-estime la véritable hausse
avoir quitté la population active entre janvier et avril. du coût de la vie.

2 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Graphique 1.3. Confinements décrétés par les autorités Graphique 1.5. Inflation mondiale
et ripostes des autorités à la COVID-19 : indice mondial (Moyenne mobile sur 3 mois ; variation annuelle en pourcentage)

La réouverture a ralenti, le nombre de nouvelles infections augmentant. L’inflation reste dans l’ensemble en deçà des niveaux d’avant la pandémie.

Inflation des prix à la consommation


Indice de la riposte des autorités Indice de rigueur Inflation des prix à la consommation hors alimentation et énergie
Indice d’endiguement et de santé Indice d’appui économique
3 1. Pays avancés1
90
2
80
1
70

60 0

50 –1

40 –2
2017 18 19 août
20
30

20 7 2. Pays émergents et pays en développement2


6
10
5
0 4
janv. févr. mars avril mai juin juil. août sept.
2020 20 20 20 20 20 20 20 20 3
2
Source : Oxford COVID-19 Government Response Tracker. 1
0
–1
Graphique 1.4. Prix des produits de base 2017 18 19 août
(Déflatés sur la base de l’indice américain des prix à la consommation ; 20
2014 = 100)
Les prix des produits de base ont monté depuis avril. Sources : Consensus Economics ; Haver Analytics ; calculs des services du FMI.
Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de
normalisation (ISO).
Prix au comptant moyen du pétrole Alimentation Métaux 1
Pays avancés = AUT, BEL, CAN, CHE, CZE, DEU, DNK, ESP, EST, FIN, FRA, GBR,
GRC, HKG, IRL, ISR, ITA, JPN, KOR, LTU, LUX, LVA, NLD, NOR, PRT, SGP, SVK,
120 SVN, SWE, TWN, USA.
2
Pays émergents et pays en développement = BGR, BRA, CHL, CHN, COL, HUN,
110 IDN, IND, MEX, MYS, PER, PHL, POL, ROU, RUS, THA, TUR, ZAF.

100

90 secteur manufacturier. Lors de la crise actuelle, la riposte


de santé publique nécessaire pour ralentir la transmission,
80
conjuguée à des changements de comportement, s’est tra-
70 duite, pour les secteurs reposant sur des interactions en
60
personne (en particulier le commerce de gros et de détail,
le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés,
50 ainsi que l’art et le spectacle), par des contractions plus
40 fortes que dans le secteur manufacturier (graphique 1.6).
L’étendue des perturbations indique que, sans vaccin ou
30
traitements efficaces pour combattre le virus, le retour
20 à un semblant de normalité s’annonce particulièrement
2014 15 16 17 18 19 août
20 difficile pour ces secteurs.
Un fort rebond au troisième semestre, mais l’élan s’es-
Sources : FMI, système des cours des produits de base ; calculs des services du FMI. souffle à l’amorce du quatrième. Les indicateurs à haute

Fonds monétaire international | Octobre 2020 3


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.6. Croissance sectorielle et cycle économique Graphique 1.7. Indices des directeurs d’achat, 2020
(Indice ; chiffre supérieur à 50 = expansion)
Pendant la récession liée à la COVID-19, les secteurs de services ont enregistré
des contractions plus fortes que dans le secteur manufacturier.
Les enquêtes effectuées auprès de directeurs d’achat laissent entrevoir un regain
6 1. Moyenne, croissance tendancielle de la valeur ajoutée d’activité fort mais partiel après le creux du deuxième trimestre.
5 (En points de pourcentage)
4
Avril Mai Juin Juillet Août
3
2
1 70 1. IDA manufacturier : production
0 60
–1
50
–2
–3 40
Total de A B C D&E F G H I J K L M&N O P Q R&S
l’économie 30

6 2. Moyenne, croissance corrigée de la tendance de la valeur ajoutée 20


lors de récessions
3 10
(En points de pourcentage)
0
0 JPN USA DEU ZE FRA MEX IDN RUS COL BRA
KOR AUS ITA ESP GBR IND THA CHN TUR Monde
–3

–6
70 2. IDA dans les services : activité des entreprises
–9 60
–12 50
Total de A B C D&E F G H I J K L M&N O P Q R&S
l’économie 40
1
6 3. Croissance moyenne de la valeur ajoutée, 2020 : S1 30
3 (Variation sur un an en pourcentage)
20
0
10
–3
–6 0
JPN ITA ZE GBR AUS BRA RUS
–9 USA ESP DEU FRA IND CHN Monde
–12
–15 Sources : IHS Markit ; calculs des services du FMI.
–18 Note : IDA = indice des directeurs d’achat ; ZE = zone euro. Les codes pays
Total de A B, C F G, J K L M&N O, R&S, utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
l’économie D&E H, I P, Q T, U
Sources : Bureau d’analyse économique des États-Unis ; EU KLEMS ; Organisation de
coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI.
Note : Les données sous-jacentes des plages 1 et 2 sont annuelles pour 1995–2017. fréquence laissent entrevoir un rebond fort mais partiel
À la plage 3, les groupes de secteurs diffèrent légèrement de ceux des plages 1 et 2 de l’activité au troisième trimestre, après le creux du deu-
en raison de différences de déclaration des données nationales sectorielles
trimestrielles. Les récessions sont des années de croissance négative de la valeur xième trimestre. Cet élan semble toutefois s’essouffler à
ajoutée totale. « Total de l’économie » indique la valeur ajoutée pour l’ensemble de l’amorce du quatrième trimestre. Les enquêtes effectuées
l’économie. L’échantillon de pays comprend l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique,
l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, les
auprès de directeurs d’achat indiquent que les entreprises
Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les secteurs sont ceux de la classification CITI rév. 4 : des États-Unis, de la zone euro, de la Chine et du Brésil,
A = agriculture, sylviculture et pêche ; B = activités extractives ; C = activités de par exemple, ont augmenté leur production en juillet puis
fabrication ; D&E = électricité, gaz et eau ; F = construction ; G = commerce de gros
et de détail ; H = transport ; I = activités d’hébergement et de restauration ; en août par rapport au mois précédent, alors que c’était
J = information et communication ; K = activités financières et d’assurance ; le contraire ailleurs (par exemple en Corée, en Inde et au
L = immobilier ; M&N = activités professionnelles et administratives ;
O = administration publique et défense ; P = éducation ; Q = santé et action sociale ; Japon) (graphique 1.7). Pour septembre, ces indicateurs
R&S = arts, spectacles, loisirs et autres activités de services ; T = activités des font apparaître une activité plus vigoureuse dans le secteur
ménages privés employant du personnel domestique, et activités non différenciées
de production de biens et de services des ménages privés pour usage propre ; manufacturier, mais un certain repli pour les services, vrai-
U = activités des organisations et organismes extraterritoriaux.
1
semblablement sous l’effet de la hausse du nombre d’in-
À l’exclusion du Japon, par manque d’informations sectorielles. À la plage 3, pour
les États-Unis, les calculs se fondent sur la croissance en glissement annuel au fections. D’autres données à haute fréquence laissent en-
premier trimestre 2020 à cause de l’absence de données sur le deuxième trimestre. trevoir un tassement de l’activité, ce que l’on observe par

4 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

exemple dans les dépenses quotidiennes de consommation des baisses de taux d’intérêt, de nouveaux mécanismes
aux États-Unis (voir le site Opportunity Insights Economic de réutilisation de prêts et, pour la première fois dans de
Tracker, 2020). En outre, le nombre hebdomadaire de nombreux cas, des achats d’actifs (voir le chapitre 2 de
nouvelles demandes d’indemnisation de chômage aux l’édition d’octobre 2020 du Rapport sur la stabilité finan-
États-Unis restait proche du million à la fin septembre, ce cière dans le monde/Global Financial Stability Report).
qui indique que les licenciements se poursuivent à grande Les conditions financières ont en règle générale continué
échelle, avec des effets délétères sur le revenu des ménages. de s’assouplir. Ces contre-mesures agressives ont joué un
L’intervention massive des pouvoirs publics a permis rôle vital pour favoriser le regain de confiance et pré-
d’éviter des résultats plus douloureux encore. Les sombres venir une amplification plus grande encore du choc lié à
chiffres qui accompagnent la récession liée à la la COVID-19 dans le système financier. Les conditions
COVID-19 auraient été bien pires si l’intervention mas- financières se sont améliorées depuis juin pour les pays
sive des pouvoirs publics n’avait pas empêché une chute avancés et pour la plupart des pays émergents et des pays
plus forte encore de l’activité. Comme il est indiqué en développement, ce qui indique la persistance d’un dé-
dans l’édition d’octobre 2020 du Moniteur des finances calage entre les marchés financiers et l’économie réelle
publiques (Fiscal Monitor), les mesures exceptionnelles qui s’explique en partie par l’appui inédit des pouvoirs
en matière de recettes et de dépenses annoncées jusqu’ici publics (selon l’analyse présentée dans le Rapport sur la
dans les pays avancés représentent plus de 9 % du PIB, stabilité financière dans le monde d’octobre 2020).
auxquels il faut ajouter 11 % supplémentaires sous di- • Dans les pays avancés, les marchés boursiers ont pour
verses formes d’appui à la liquidité, dont des injections la plupart retrouvé (voire dépassé) leur niveau du début
de fonds propres, des achats d’actifs, des prêts et des ga- de l’année, les rendements des obligations d’État n’ont
ranties de crédit. Dans les pays émergents et les pays en globalement pas changé ou ont encore diminué depuis
développement, la riposte est de moindre ampleur, mais juin (comme en Italie, depuis l’établissement du plan de
elle reste considérable : elle représente quelque 3,5 % du relance post-pandémie de l’Union européenne et l’ex-
PIB sous forme de mesures budgétaires exceptionnelles et pansion par la Banque centrale européenne de son pro-
plus de 2 % sous forme d’appui à la liquidité. gramme d’achats d’urgence face à la pandémie), et les
De nouvelles initiatives ont également suscité un regain écarts de taux sur les obligations d’entreprises se sont
de confiance. Outre leur envergure impressionnante, le encore réduits, en particulier pour le crédit à haut ren-
côté novateur des mesures prises par les pouvoirs publics dement (qui bénéficie, aux États-Unis, des mécanismes
a aussi contribué à une amélioration de la confiance. de prêt ciblés de la Réserve fédérale), comme l’illustre le
Parmi ces nouvelles initiatives, citons le plan de relance graphique 1.8. La baisse des taux d’intérêt s’explique par
post-pandémie de l’Union européenne, doté de 750 mil- le rendement moins élevé des avoirs sûrs (puisqu’on s’at-
liards d’euros, dont plus de la moitié est constituée de tend à ce que les taux directeurs des banques centrales
dons, ainsi qu’une vaste gamme de politiques de type restent faibles dans un avenir proche), conjugué au tas-
« bouée de sauvetage » prises dans le monde entier : des sement des primes de risque, comme le montrent les
transferts en espèces et en nature en faveur des entreprises plages 1 à 4 du graphique 1.8.
et ménages touchés ; des subventions salariales pour • Dans les pays émergents, les rendements des titres sou-
maintenir l’emploi ; l’élargissement de la couverture de verains ont dans l’ensemble diminué ces derniers mois.
l’assurance chômage ; des moratoires fiscaux ; et des ini- Les écarts de rendement avec les titres du Trésor amé-
tiatives réglementaires visant à assouplir les règles de clas- ricain, qui avaient commencé à diminuer après les me-
sification et les exigences de provisionnement pour les sures agressives prises en mars par la Réserve fédérale
prêts improductifs des banques, de même que l’activation pour compenser le durcissement des conditions fi-
de volants pour aider à absorber les pertes. Dans les pays nancières et les pénuries de liquidités en dollars, ont
avancés, les banques centrales ont diversifié et étendu continué de se réduire depuis juin, à mesure que l’ap-
leurs opérations d’achat d’actifs et leurs mécanismes de pétence pour le risque augmente (graphique 1.9). Les
réutilisation de prêts, soutenant ainsi l’octroi de crédits marchés boursiers des pays émergents et des pays en
à une grande variété d’emprunteurs. La Réserve fédérale développement ont aussi, dans l’ensemble, repris de la
américaine a également annoncé des changements dans vigueur depuis juin (notamment en Chine). Les me-
sa stratégie de politique monétaire, passant à terme à une sures prises pour soutenir la liquidité en dollars (telles
cible d’inflation souple de 2 % en moyenne. Les ripostes que les accords de swap entre banques centrales),
des banques centrales des pays émergents ont combiné conjuguées au redressement en cours en Chine, ont

Fonds monétaire international | Octobre 2020 5


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.8. Pays avancés : situation monétaire Graphique 1.9. Pays émergents : marchés monétaires
et des marchés financiers et financiers
(En pourcentage, sauf indication contraire)
Les écarts de taux entre la dette des pays émergents et les titres du Trésor
américain ont diminué après les mesures prises en mars par la Réserve fédérale
Les conditions financières indiquent la persistance d’un décalage entre les
pour compenser le durcissement des conditions financières et les pénuries de
marchés financiers et l’économie réelle.
liquidités en dollars.
Chine Brésil Turquie
3,5 1. Anticipations du taux 2. Anticipations du taux 2,0
directeur américain1 directeur1 Mexique Argentine (échelle de droite)
3,0 (Lignes en tiret : 1,5 1. Taux directeur 2. Rendement des obligations
2,5 PEM avril 2020)
25 (En pourcentage) 80 publiques à 10 ans1 26
États-Unis 1,0 (En pourcentage)
2,0
21 mars 2019 Zone euro 70 22
1,5 30 sept. 2019 Royaume-Uni 0,5 20
60
1,0 18
25 mars 2020 0,0 15
23 sept. 2020 50
0,5 14
–0,5 40
0,0 10
10
–0,5 –1,0 30
2019 20 21 22 sept. 2020 21 22 sept. 5
23 23 20 6

0 10 2
3. Rendements des obligations 4. Écarts de crédit2 17 18 19 août 2017 18 19 sept.
6 publiques à 10 ans2 (En points de base) 1 200
20 20
5 États-Unis Premier rang
Japon Royaume-Uni États-Unis 1 000
1
4 Allemagne Haut rendement 1 200 3. Variation des écarts EMBI
Italie États-Unis 800 (En points de base)
3 Premier rang euro 23 mars 2020 par rapport au 1er janvier 2020
Haut rendement euro 600 800 ARG
(2 618) Dernières données par rapport au 23 mars 2020
2
400 400
1
0 200
0
–1 0
2017 18 19 sept. 2017 18 19 sept. –400
20 20 ARG
(–2 972)
–800
5. Marchés d’actions2 6. Coefficients de capitalisation ARG CHL COL HUN IND MYS PER POL RUS TUN
150 (Indice, 2007 = 100) des résultats2 35
BRA CHN EGY IDN MAR MEX PHL ROU TUR ZAF
140 États-Unis Japon
Allemagne Italie 30
130 S&P 500
150 4. Marchés d’actions 5. Marchés d’actions 160
120 25 (2017 = 100) (2017 = 100)
110 140 Argentine 140
20 Chine
100 130 Pays émergents 120
90 15 d’Asie hors Chine
TOPIX 120 100
80 Euro Stoxx 10 110 Brésil 80
70 MSCI Emerging Market
Mexique
60 5 100 Russie 60
2017 18 19 sept. 2017 18 19 sept.
20 90 Afrique du Sud 40
20
Turquie
Sources : Bloomberg Finance L.P. ; Haver Analytics ; Refinitiv Datastream ; calculs 80 20
des services du FMI. 2017 18 19 août 2017 18 19 août
Note : MSCI = Morgan Stanley Capital International ; PEM = Perspectives de 20 20
l’économie mondiale ; S&P = Standard & Poor’s ; TOPIX = indice des cours des
actions à Tokyo. Sources : Bloomberg Finance L.P. ; Haver Analytics ; FMI, International Financial
1
Les anticipations reposent sur les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux Statistics ; Refinitiv Datastream ; calculs des services du FMI.
pour les États-Unis, le taux interbancaire moyen au jour le jour en livre sterling Note : EMBI = JP Morgan Emerging Markets Bond Index. Les codes pays utilisés
pour le Royaume-Uni et le taux interbancaire à terme en euro pour la zone euro ; sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
mis à jour le 23 septembre 2020. 1
Les données vont jusqu’au 22 septembre 2020.
2
Les données vont jusqu’au 23 septembre 2020.

6 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Graphique 1.10. Pays émergents : flux de capitaux contribué à relancer les flux d’investissements de por-
tefeuille vers certains pays émergents, après le brusque
Le redressement des flux d’investissements de portefeuille à destination des pays
émergents a été inégal, certains pays continuant d’enregistrer d’importants revirement de mars (graphique 1.10). Toutefois,
mouvements de sortie. comme il a été relevé dans l’édition d’octobre 2020 du
60 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents Rapport sur la stabilité financière dans le monde, le re-
(En milliards de dollars)
40 Obligations Actions
dressement des flux d’investissements de portefeuille
20
est inégal, certains pays continuant d’enregistrer d’im-
portants mouvements de sortie.
0
• Parmi les grandes monnaies, le dollar s’est déprécié de
–20
plus de 4½ % en termes effectifs réels entre avril et fin
–40
septembre, sous l’effet d’un renforcement de l’appétence
–60
2017 18 19 sept. mondiale pour le risque et de préoccupations quant aux
2. Entrées de capitaux
20 conséquences de l’augmentation du nombre de cas de
Pays émergents d’Europe
10 (En pourcentage du PIB) Pays émergents d’Asie hors Chine COVID-19 sur le rythme de redressement des États-
Amérique latine
8 Chine Unis. Sur la même période, l’euro s’est apprécié de près
6 Arabie saoudite de 4 % à la faveur d’une amélioration des perspectives
Total
4 économiques et du ralentissement de l’apparition de
2
cas de COVID-19. Parmi les pays avancés, les devises
des exportateurs de produits de base se sont renforcées
0
à mesure que les prix des produits de base remontaient.
–2
2017 18 19 20 : T2 La plupart des devises de pays émergents se sont redres-
3. Sorties de capitaux hors variation des réserves sées entre avril et juin, après les intenses pressions su-
10 (En pourcentage du PIB) Pays émergents d’Europe bies lors des turbulences sur le marché en mars. Depuis
Pays émergents d’Asie hors Chine
8
Amérique latine
lors, le renminbi chinois s’est raffermi et les monnaies
6 Chine d’autres pays émergents d’Asie sont généralement restées
Arabie saoudite
4 Total stables en termes effectifs réels. En revanche, le rouble
2 russe s’est déprécié en raison de facteurs géopolitiques et
0 les monnaies de pays durement touchés par la pandémie
–2 ou présentant une position extérieure ou budgétaire vul-
2017 18 19 20 : T2 nérable (tels que l’Argentine, le Brésil et la Turquie) se
sont également affaiblies (graphique 1.11).
10 4. Variation des réserves
(En pourcentage du PIB) Pays émergents d’Europe
8
Pays émergents d’Asie hors Chine
6 Amérique latine Facteurs entrant en ligne de compte
Chine
4 Arabie saoudite pour les prévisions
Total
2 Une incertitude de fond s’agissant de la pandémie et
0 des facteurs connexes. Depuis la Mise à jour des PEM de
–2 juin 2020, la véritable portée de la contraction au deu-
2017 18 19 20 : T2
xième trimestre 2020 apparaît plus clairement, ce qui
permet d’établir de meilleures prévisions à court terme.
Sources : EPFR Global ; Haver Analytics ; FMI, International Financial Statistics ;
calculs des services du FMI. Mais l’incertitude demeure quant à la persistance du
Note : Les entrées de capitaux sont les achats nets d’avoirs intérieurs par des choc, à cause de facteurs qui sont par nature difficiles à
non-résidents. Les sorties de capitaux sont les achats nets d’avoirs étrangers par
des résidents intérieurs. Amérique latine = Brésil, Chili, Colombie, Mexique et prévoir, tels que la trajectoire de la pandémie, les coûts
Pérou ; pays émergents d’Europe = Hongrie, Pologne, Roumanie, Russie et Turquie ;
pays émergents hors Chine = Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.
d’ajustement qu’elle impose à l’économie, l’efficacité de la
riposte des politiques économiques et l’évolution de l’état
d’esprit des marchés financiers.
Les prévisions de référence reposent sur les facteurs et
hypothèses suivants :
• Des chiffres du PIB supérieurs aux attentes au deu-
xième trimestre. Les éléments évoqués dans la section

Fonds monétaire international | Octobre 2020 7


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.11. Variation des taux de change effectifs réels, faibles niveaux d’ici à la fin 2022. Les tests de vaccins
avril–septembre 2020 ont progressé à un rythme record et certains projets
(En pourcentage)
en sont à la phase finale de test, avant approbation ou
rejet. Néanmoins, même après approbation, il est vrai-
Les fluctuations des principales monnaies ont suivi l’évolution de la propension
au risque. semblable que la couverture vaccinale ne s’étendra que
peu à peu, car il faudra du temps pour lancer la pro-
Dernières données/juin 2020 Juin 2020/avril 2020
duction à grande échelle et distribuer dans le monde
8 1. Pays avancés entier des doses suffisantes à un coût abordable. Dans
les pays où les taux d’infection semblent être retombés
6
après avoir atteint leur maximum, il est supposé que la
4
persistance des changements de comportement, conju-
2 guée au renforcement des normes d’hygiène et de sé-
0 curité sur le lieu de travail, maintiendra le nombre de
–2 nouvelles infections à un niveau permettant aux sys-
–4
tèmes de santé de traiter les cas sans qu’il soit néces-
saire de fermer à nouveau l’économie toute entière.
–6
USA ZE JPN GBR SWE CHE KOR TWN SGP CAN NOR AUS NZL Pour d’autres pays où les infections restent en hausse,
le scénario de référence part également de l’hypothèse
12 2. Pays émergents qu’un reconfinement est possible pour des zones don-
9 nées, même si des fermetures strictes à l’échelle du
6 pays ne sont pas ordonnées à nouveau.
3 • Séquelles. Comme dans les prévisions des PEM d’avril
0
et de juin, le scénario de référence suppose que le pro-
–3
fond repli de cette année dégradera le potentiel de l’offre
–6
à des degrés divers selon les pays. La gravité dépendra de
–9
–12
plusieurs facteurs évoqués dans la section consacrée aux
–15 perspectives de croissance à moyen terme, notamment
ZAF IND MYS THA POL TUR BRA COL PER l’ampleur des fermetures d’entreprises, le nombre de tra-
CHN IDN PHL HUN RUS ARG CHL MEX PAK
vailleurs découragés qui se retireront de la population
Source : calculs des services du FMI.
active, et les inadéquations entre ressources sectorielles,
Note : ZE = zone euro. Les dernières données disponibles datent du 25 septembre professionnelles et géographiques.
2020. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de • Appui des politiques publiques et conditions financières.
normalisation (ISO).
Les paramètres de politique budgétaire utilisés dans le
scénario de référence tiennent compte des mesures fis-
cales et budgétaires directes, d’un montant total de
précédente semblent indiquer que le pire est peut- 6 000 milliards de dollars, annoncées et appliquées
être passé, mais rien n’est sûr aussi longtemps que la jusqu’ici dans le monde en réponse à la crise (voir
pandémie s’aggrave et qu’elle entrave la réouverture. l’édition d’octobre 2020 du Moniteur des finances
Le fait que l’activité a subi au deuxième trimestre un publiques). Il est supposé que les grandes banques cen-
coup légèrement moins dur que prévu jusqu’alors jus- trales conserveront leurs paramètres actuels tout au long
tifie une révision à la hausse des prévisions pour 2020. de la période de prévision, jusqu’à la fin 2025. Les pré-
Mais d’autres facteurs pèsent sur les prévisions pour visions de référence se fondent sur des conditions finan-
2021 et au-delà. cières qui restent globalement aux niveaux actuels.
• Maintien de la distanciation physique et renforcement • Prix des produits de base. Selon les projections, les prix
des normes de sécurité sur le lieu de travail. Les projec- au comptant moyens du pétrole seront de 41 dollars
tions de référence supposent que les mesures de dis- le baril en 2020 et de 43,8 dollars en 2021, en hausse
tanciation physique perdureront jusqu’en 2021, mais par rapport aux prévisions d’avril et de juin. Pour les
qu’elles s’atténueront ensuite, la couverture vaccinale contrats à terme sur le pétrole, les courbes indiquent
s’accroissant et les traitements s’améliorant, et que que le prix devrait ensuite se rapprocher de 48 dollars,
la transmission locale aura été ramenée partout à de soit environ 25 % en dessous de la moyenne de 2019.

8 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Les prix des produits de base hors pétrole devraient Pour le groupe des pays avancés, les projections an-
augmenter plus rapidement que selon les hypothèses ticipent un taux de croissance de –5,8 % en 2020, soit
d’avril et de juin. 2,3 points de mieux que dans la Mise à jour des PEM de
juin 2020. Cette révision à la hausse s’explique en particu-
lier par les chiffres du PIB aux États-Unis et dans la zone
Après une profonde récession, une reprise
euro, qui sont meilleurs que prévu pour le deuxième tri-
partielle attendue en 2021
mestre. En 2021, le taux de croissance des pays avancés de-
Selon les projections, le taux de croissance mondiale vrait atteindre 3,9 %, ce qui laisserait le PIB de ce groupe
s’établira à –4,4 % en 2020, soit 0,8 point de pourcen- environ 2 % en dessous de son niveau de 2019. Les États-
tage au-dessus des prévisions de la Mise à jour des PEM Unis devraient voir leur économie se contracter de 4,3 %,
de juin 2020 (tableau 1.1). Par rapport à l’édition de avant de renouer avec une croissance de 3,1 % en 2021.
juin, les projections plus favorables pour 2020 s’ex- Pour la zone euro, les projections envisagent une contrac-
pliquent par l’effet net de deux facteurs contradictoires : tion plus profonde, de 8,3 % en 2020, en raison d’un flé-
l’impulsion à la hausse donnée par des chiffres du PIB chissement plus marqué qu’aux États-Unis au premier se-
meilleurs que prévu au deuxième trimestre (principa- mestre. Le regain de croissance de 5,2 % prévu pour 2021
lement dans les pays avancés), tempérée par la persis- est plus fort, mais il part de plus bas. Les pays avancés
tance de mesures de distanciation physique et les soubre- d’Asie devraient connaître des récessions légèrement plus
sauts des tentatives de réouverture au deuxième semestre. modérées que ceux d’Europe, la pandémie y étant plus
Comme l’explique l’encadré 1.1, les prévisions de crois- maîtrisée, ce qu’illustrent également les moindres diminu-
sance mondiale et celles pour les agrégats régionaux au tions de PIB au premier semestre 2020.
tableau 1.1 se fondent sur un ensemble de pondérations Pour les pays émergents et les pays en développement, les
selon les parités de pouvoir d’achat pour chaque pays, ac- prévisions de croissance sont de –3,3 % en 2020, soit
tualisé à la suite de la publication de l’enquête de 2017 0,2 point de moins que dans la Mise à jour des PEM de
du Programme de comparaison internationale2. juin 2020, mais ce taux devrait atteindre 6 % en 2021.
Comme indiqué plus haut, un redressement s’est Les perspectives pour la Chine sont bien meilleures que
amorcé au troisième trimestre 2020 ; il devrait se ren- pour la plupart des autres pays de ce groupe : son éco-
forcer progressivement tout au long de 2021. Selon toute nomie devrait croître d’environ 10 % sur 2020 et 2021
vraisemblance, les mesures de distanciation physique (1,9 % cette année et 8,2 % l’an prochain). L’activité est
continueront d’accompagner ce redressement jusqu’à ce retournée à la normale plus vite que prévu après la réou-
que les risques sanitaires trouvent une solution (comme verture de la majorité du pays début avril, et les chiffres
indiqué dans le chapitre 2), et il se peut que des pays du PIB ont positivement surpris au deuxième trimestre
doivent à nouveau durcir leurs mesures d’atténuation en grâce à un fort appui des politiques publiques et à des ex-
fonction de la propagation du virus (voir également l’an- portations qui ont bien résisté.
nexe en ligne 1.2 du Moniteur des finances publiques La Chine mise à part, pour de nombreux pays émergents et
d’octobre 2020). Les projections envisagent une crois- pays en développement, les perspectives demeurent précaires.
sance mondiale de 5,2 % en 2021, soit 0,2 point de Ceci s’explique par un ensemble de facteurs : la pandémie
moins que dans la Mise à jour des PEM de juin 2020. qui continue de se propager, submergeant les systèmes de
Ce rebond prévu pour 2021 à la suite de la profonde santé ; la plus grande importance de secteurs durement
contraction enregistrée en 2020 se traduirait par une lé- touchés, tels que le tourisme ; et une plus grande dépen-
gère augmentation du PIB mondial sur 2020 et 2021, de dance à l’égard de sources de financement extérieures,
0,6 point de pourcentage par rapport à 2019. telles que les envois de fonds. Toutes les régions émer-
2Par rapport à l’ensemble précédent, la principale variation des pon-
gentes ou en développement devraient voir leur économie
dérations mondiales consiste en une augmentation de 3 points de pour- se contracter cette année, en particulier les pays émergents
centage du poids relatif des pays avancés (de 40 % à 43 % pour 2019), d’Asie, parmi lesquels de grands pays tels que l’Inde ou
compensée par une réduction du poids relatif des pays émergents et
l’Indonésie s’efforcent encore de maîtriser la pandémie.
pays en développement, notamment la Chine et l’Inde. Le nouvel en-
semble accordant une pondération accrue à des pays avancés dont la Les révisions apportées aux prévisions sont particulière-
croissance est plus faible, l’agrégation des prévisions par pays publiées ment notables pour l’Inde, dont le PIB s’est contracté bien
dans la Mise à jour des PEM de juin 2020 sur la base des nouvelles pon- plus lourdement que prévu au deuxième trimestre. Par
dérations selon la parité de pouvoir d’achat se traduit par une projec-
tion de la croissance mondiale en 2020 (–5,2 %) en léger recul par rap- conséquent, l’économie devrait se contracter de 10,3 % en
port aux chiffres de juin (–4,9 %). 2020, avant de rebondir de 8,8 % en 2021. Les différences

Fonds monétaire international | Octobre 2020 9


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections


(Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
Différence par rapport Différence par rapport
Projections à la Mise à jour des aux PEM d’avril 20201
PEM de juin 20201
2019 2020 2021 2020 2021 2020 2021
Production mondiale 2,8 –4,4 5,2 0,8 –0,2 –1,1 –0,5
Pays avancés 1,7 –5,8 3,9 2,3 –0,9 0,3 –0,6
États-Unis 2,2 –4,3 3,1 3,7 –1,4 1,6 –1,6
Zone euro 1,3 –8,3 5,2 1,9 –0,8 –0,8 0,5
Allemagne 0,6 –6,0 4,2 1,8 –1,2 1,0 –1,0
France 1,5 –9,8 6,0 2,7 –1,3 –2,6 1,5
Italie 0,3 –10,6 5,2 2,2 –1,1 –1,5 0,4
Espagne 2,0 –12,8 7,2 0,0 0,9 –4,8 2,9
Japon 0,7 –5,3 2,3 0,5 –0,1 –0,1 –0,7
Royaume-Uni 1,5 –9,8 5,9 0,4 –0,4 –3,3 1,9
Canada 1,7 –7,1 5,2 1,3 0,3 –0,9 1,0
Autres pays avancés2 1,7 –3,8 3,6 1,1 –0,6 0,8 –1,0
Pays émergents et pays en développement 3,7 –3,3 6,0 –0,2 0,2 –2,1 –0,5
Pays émergents et pays en développement d’Asie 5,5 –1,7 8,0 –0,9 0,6 –2,7 –0,5
Chine 6,1 1,9 8,2 0,9 0,0 0,7 –1,0
Inde3 4,2 –10,3 8,8 –5,8 2,8 –12,2 1,4
ASEAN-54 4,9 –3,4 6,2 –1,4 0,0 –2,8 –1,5
Pays émergents et pays en développement d’Europe 2,1 –4,6 3,9 1,2 –0,3 0,6 –0,3
Russie 1,3 –4,1 2,8 2,5 –1,3 1,4 –0,7
Amérique latine et Caraïbes 0,0 –8,1 3,6 1,3 –0,1 –2,9 0,2
Brésil 1,1 –5,8 2,8 3,3 –0,8 –0,5 –0,1
Mexique –0,3 –9,0 3,5 1,5 0,2 –2,4 0,5
Moyen-Orient et Asie centrale 1,4 –4,1 3,0 0,4 –0,5 –1,3 –1,0
Arabie saoudite 0,3 –5,4 3,1 1,4 0,0 –3,1 0,2
Afrique subsaharienne 3,2 –3,0 3,1 0,2 –0,3 –1,4 –1,0
Nigéria 2,2 –4,3 1,7 1,1 –0,9 –0,9 –0,7
Afrique du Sud 0,2 –8,0 3,0 0,0 –0,5 –2,2 –1,0
Pour mémoire
Pays en développement à faible revenu 5,3 –1,2 4,9 –0,2 –0,3 –1,6 –0,7
Moyen-Orient et Afrique du Nord 0,8 –5,0 3,2 0,7 –0,5 –1,8 –1,0
Croissance mondiale calculée sur la base
des taux de change du marché 2,4 –4,7 4,8 1,4 –0,5 –0,5 –0,6
Volume du commerce mondial (biens et services) 1,0 –10,4 8,3 1,5 0,3 0,6 –0,1
Importations
Pays avancés 1,7 –11,5 7,3 1,7 0,1 0,0 –0,2
Pays émergents et pays en développement –0,6 –9,4 11,0 0,0 1,6 –1,2 1,9
Exportations
Pays avancés 1,3 –11,6 7,0 2,0 –0,2 1,2 –0,4
Pays émergents et pays en développement 0,9 –7,7 9,5 1,6 0,2 1,9 –1,5
Cours des produits de base (en dollars)
Pétrole5 –10,2 –32,1 12,0 9,0 8,2 9,9 5,7
Hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération
des importations mondiales de produits de base) 0,8 5,6 5,1 5,4 4,3 6,7 5,7
Prix à la consommation
Pays avancés 1,4 0,8 1,6 0,5 0,5 0,3 0,1
Pays émergents et pays en développement6 5,1 5,0 4,7 0,5 0,1 0,3 0,2
LIBOR (en pourcentage)
Dépôts en dollars (6 mois) 2,3 0,7 0,4 –0,2 –0,2 0,0 –0,2
Dépôts en euros (3 mois) –0,4 –0,4 –0,5 0,0 –0,1 0,0 –0,1
Dépôts en yen (6 mois) 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1
Source : estimations des services du FMI.
Note : Il est supposé que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 24 juillet et le 21 août 2020. Les pays sont classés sur la base de la
taille de leur économie. Les données trimestrielles agrégées sont corrigées des variations saisonnières. PEM = Perspectives de l’économie mondiale.
1Différence basée sur les chiffres arrondis pour les prévisions actuelles, les prévisions de la Mise à jour des PEM de juin 2020 et celles des PEM d’avril 2020. Les

chiffres de la croissance mondiale et de la croissance régionale se fondent sur de nouvelles pondérations en parités de pouvoir d’achat établies à partir de l’enquête
de 2017 du Programme de comparaison internationale, récemment publiée (encadré), et ne sont pas comparables aux chiffres publiés dans les PEM d’avril 2020.
2Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) et pays de la zone euro.
3Pour l’Inde, les données et les prévisions sont présentées sur la base de l’exercice budgétaire, et le PIB, à compter de 2011, est basé sur le PIB aux prix du marché

avec l’exercice 2011/12 comme année de référence.

10 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Tableau 1.1 (suite)


(Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
Sur un an 4e trimestre sur 4e trimestre7
Projections Projections
2018 2019 2020 2021 2018 2019 2020 2021
Production mondiale 3,5 2,8 –4,4 5,2 3,1 2,7 –2,6 3,7
Pays avancés 2,2 1,7 –5,8 3,9 1,7 1,5 –4,9 3,8
États-Unis 3,0 2,2 –4,3 3,1 2,5 2,3 –4,1 3,2
Zone euro 1,8 1,3 –8,3 5,2 1,1 1,0 –6,6 4,8
Allemagne 1,3 0,6 –6,0 4,2 0,3 0,4 –5,2 4,6
France 1,8 1,5 –9,8 6,0 1,4 0,8 –6,7 4,0
Italie 0,8 0,3 –10,6 5,2 0,1 0,1 –8,0 3,4
Espagne 2,4 2,0 –12,8 7,2 2,1 1,8 –10,8 6,6
Japon 0,3 0,7 –5,3 2,3 –0,3 –0,7 –2,3 0,7
Royaume-Uni 1,3 1,5 –9,8 5,9 1,4 1,1 –6,4 3,7
Canada 2,0 1,7 –7,1 5,2 1,8 1,5 –5,9 4,9
Autres pays avancés2 2,7 1,7 –3,8 3,6 2,3 2,1 –4,2 5,0
Pays émergents et pays en développement 4,5 3,7 –3,3 6,0 4,3 3,8 –0,5 3,6
Pays émergents et pays en développement d’Asie 6,3 5,5 –1,7 8,0 6,1 5,1 2,2 3,6
Chine 6,7 6,1 1,9 8,2 6,6 6,0 5,8 3,9
Inde3 6,1 4,2 –10,3 8,8 5,5 3,1 –4,0 1,4
ASEAN-54 5,3 4,9 –3,4 6,2 5,3 4,6 –2,1 5,2
Pays émergents et pays en développement d’Europe 3,3 2,1 –4,6 3,9 ... ... ... ...
Russie 2,5 1,3 –4,1 2,8 2,9 2,2 –4,5 2,8
Amérique latine et Caraïbes 1,1 0,0 –8,1 3,6 –0,2 –0,3 –6,5 2,1
Brésil 1,3 1,1 –5,8 2,8 0,8 1,6 –4,7 1,7
Mexique 2,2 –0,3 –9,0 3,5 1,2 –0,8 –7,0 2,7
Moyen-Orient et Asie centrale 2,1 1,4 –4,1 3,0 ... ... ... ...
Arabie saoudite 2,4 0,3 –5,4 3,1 4,3 –0,3 –5,2 6,6
Afrique subsaharienne 3,3 3,2 –3,0 3,1 ... ... ... ...
Nigéria 1,9 2,2 –4,3 1,7 ... ... ... ...
Afrique du Sud 0,8 0,2 –8,0 3,0 0,2 –0,6 –5,5 1,0
Pour mémoire
Pays en développement à faible revenu 5,1 5,3 –1,2 4,9 ... ... ... ...
Moyen-Orient et Afrique du Nord 1,2 0,8 –5,0 3,2 ... ... ... ...
Croissance mondiale calculée sur la base des taux de change 3,1 2,4 –4,7 4,8 2,6 2,3 –3,0 3,7
   du marché
Volume du commerce mondial (biens et services) 3,9 1,0 –10,4 8,3 ... ... ... ...
Importations
Pays avancés 3,6 1,7 –11,5 7,3 ... ... ... ...
Pays émergents et pays en développement 5,0 –0,6 –9,4 11,0 ... ... ... ...
Exportations
Pays avancés 3,5 1,3 –11,6 7,0 ... ... ... ...
Pays émergents et pays en développement 4,1 0,9 –7,7 9,5 ... ... ... ...
Cours des produits de base (en dollars)
Pétrole5 29,4 –10,2 –32,1 12,0 9,5 –6,1 –26,1 6,2
Hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération 1,3 0,8 5,6 5,1 –2,3 4,9 10,3 –0,5
des importations mondiales de produits de base)
Prix à la consommation
Pays avancés 2,0 1,4 0,8 1,6 1,9 1,4 0,8 1,5
Pays émergents et pays en développement6 4,9 5,1 5,0 4,7 4,5 5,1 3,5 4,1
LIBOR (en pourcentage)
Dépôts en dollars (6 mois) 2,5 2,3 0,7 0,4 ... ... ... ...
Dépôts en euros (3 mois) –0,3 –0,4 –0,4 –0,5 ... ... ... ...
Dépôts en yen (6 mois) 0,0 0,0 0,0 0,0 ... ... ... ...
4Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlandeet Viet Nam.
5Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2019 était de 61,39 dollars le baril ; les hypothèses
retenues, sur la base des marchés à terme, sont les suivantes : 41,69 dollars le baril pour 2020 et 46,70 dollars pour 2021.
6Hors Venezuela. Voir la note pour le Venezuela dans la section des notes de l’appendice statistique.
7Pour la production mondiale, les estimations et projections trimestrielles représentent environ 90 % de la production mondiale annuelle en parités de pouvoir

d’achat. Pour les pays émergents et les pays en développement, les estimations et prévisions trimestrielles représentent environ 80 % de la production annuelle
des pays émergents et des pays en développement en parités de pouvoir d’achat.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 11


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau 1.2. Aperçu des projections des Perspectives de l’économie mondiale aux prix du marché
(Variation en pourcentage)
Différence par Différence par rapport
Projections rapport à la Mise à aux PEM
jour des PEM de juin d’avril 20201
20201
2019 2020 2021 2020 2021 2020 2021
Production mondiale 2,4 –4,7 4,8 1,4 –0,5 –0,5 –0,6
Pays avancés 1,7 –5,8 3,8 2,3 –1,0 0,4 –0,7
Pays émergents et pays en développement 3,6 –3,0 6,2 0,1 0,1 –1,7 –0,6
Pays émergents et pays en développement d’Asie 5,7 –0,7 8,0 –0,4 0,4 –1,7 –0,7
Pays émergents et pays en développement d’Europe 2,1 –4,5 3,8 1,3 –0,5 0,7 –0,3
Amérique latine et Caraïbes –0,5 –8,1 3,6 1,3 –0,1 –2,8 0,2
Moyen-Orient et Asie centrale 1,0 –5,7 3,2 0,3 –0,4 –2,1 –1,1
Afrique subsaharienne 2,8 –3,5 3,1 0,2 –0,3 –1,5 –0,9
Pour mémoire
Pays en développement à faible revenu 5,1 –1,4 4,7 –0,1 –0,3 –1,6 –0,7
Source : estimations des services du FMI.
Note : Les taux de croissance agrégés sont des moyennes pondérées, une moyenne mobile du PIB en dollar pour les trois années précédentes étant utilisée
comme pondération. PEM = Perspectives de l’économie mondiale.
1Différence fondée sur des chiffres arrondis pour les prévisions actuelles, les prévisions de la Mise à jour des PEM de juin 2020 et celles des PEM d’avril 2020.

régionales restent frappantes : de nombreux pays d’Amé- pondération, la projection pour la croissance mondiale
rique latine durement touchés par la pandémie enregistrent (–4,7 % en 2020 et 4,8 % en 2021) est inférieure à celle
des récessions très marquées, tandis que la production de- du tableau 1.1.
vrait fortement baisser dans de nombreux pays de la région Chômage. Les projections de croissance laissent sup-
du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, ainsi que dans des poser des écarts de production négatifs de grande am-
pays d’Afrique subsaharienne exportateurs de pétrole tou- pleur et des taux de chômage élevés cette année et en
chés par la faiblesse des cours du pétrole, des troubles civils 2021, dans les pays avancés comme dans les pays émer-
ou des crises économiques. Pour les pays émergents ou en gents (tableaux de l’annexe 1.1.1–1.1.5). En comptant les
développement à l’exception de la Chine, les projections personnes en régime de travail à horaire réduit et celles en
envisagent une contraction de 5,7 % en 2020 et une crois- chômage partiel involontaire, la proportion des travail-
sance de 5 % en 2021. Le regain prévu en 2021 ne suffira leurs sous-employés dans certains pays avancés est large-
pas à renouer d’ici l’année prochaine avec le niveau d’acti- ment supérieure à la proportion globale de chômeurs. Les
vité de 2019. Les pays en développement à faible revenu chiffres du marché du travail sont moins complets pour
devraient connaître une contraction de 1,2 % en 2020, les pays émergents. Néanmoins, sur la base d’enquêtes
suivie d’une croissance de 4,9 % en 2021. En raison de et des estimations officielles disponibles, les taux de chô-
leur croissance démographique plus élevée et du faible ni- mage devraient nettement augmenter cette année dans
veau de départ de leurs revenus, même cette contraction plusieurs pays émergents.
plus modeste par rapport à la plupart des pays émergents
se fera lourdement ressentir sur le niveau de vie, en parti-
culier pour les personnes pauvres (encadré 1.2). La croissance à moyen terme reflète
Le tableau 1.2 présente diverses projections pour la la dégradation du potentiel de l’offre
croissance mondiale et le taux agrégé de croissance pour Après le rebond de 2021, les prévisions de référence
les principaux groupes sur la base du PIB pondéré selon pour l’économie mondiale envisagent une croissance ra-
les taux de change du marché3. Ce type de pondération lentissant à environ 3,5 % à moyen terme. Ceci implique
accorde des parts beaucoup plus importantes du PIB que tant les pays avancés que les pays émergents ou en dé-
mondial à des pays avancés à la croissance plus lente que veloppement ne se rapprocheront que modérément de la
les pondérations selon la parité de pouvoir d’achat uti- trajectoire de l’activité économique pour 2020–25 prévue
lisées dans le tableau 1.1. Du fait de ces différences de avant la pandémie de COVID-19 (graphique 1.12), ce
3Plus
qui indique un grave revers pour le rythme attendu d’amé-
précisément, les projections utilisent comme pondération
une moyenne mobile glissante sur trois ans du PIB nominal en dollars lioration des niveaux de vie moyens dans l’ensemble des
américains. groupes de pays (graphique 1.13).

12 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Graphique 1.12. Pertes de PIB : comparaison Graphique 1.13. PIB par habitant : croissance cumulée,
2019–21/2019–25 2019–25
(Différence en pourcentage entre la Mise à jour des PEM de janvier 2020 (En pourcentage)
et les projections des PEM d’octobre 2020) Dans tous les groupes de pays, la morosité des perspectives de croissance
À moyen terme, tant les pays avancés que les pays émergents et les pays en mondiale implique un lourd revers pour la cadence d’amélioration projetée du
développement ne se rapprocheront que modérément de la trajectoire de l’activité niveau de vie moyen.
économique pour 2020–25 prévue avant la pandémie de COVID-19.
Mise à jour des PEM de janvier 2020 PEM d’octobre 2020
Croissance cumulée, 2013–18
14
PHL
25
12
IND
ARG
10 20
Pertes de PIB, 2019–25

MEX
EGY BRA
8 THA
NGA 15
AUS
6 PAK IDN SAU
MYS
KOR TUR GBR 10
4 RUS FRA ITA ESP
NLD CAN
VNM USA
2 DEU
CHN 5
IRN JPN POL
TWN
0
0 2 4 6 8 10 12 14
Pertes de PIB, 2019–21 0
PA PEPD PFR

Source : estimations des services du FMI.


Note : PEM = Perspectives de l’économie mondiale. Les codes pays utilisés sont Source : estimations des services du FMI.
ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). Note : PA = pays avancés ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale ;
PEPD = pays émergents et pays en développement ; PFR = pays à faible revenu.

Les projections à moyen terme tiennent compte de l’effet dessous des projections des PEM de janvier 2020 (avant la
escompté du choc lié à la COVID-19 sur le potentiel de l’offre. pandémie). Dans les dix plus grands pays émergents, cette
Comme indiqué, les projections se fondent sur l’hypo- baisse est encore plus prononcée : 5,5 % en moyenne.
thèse que les pays s’adaptent et agissent selon des moda- Dans le groupe des pays avancés, la croissance devrait
lités compatibles avec la distanciation physique pendant ralentir pour s’établir à 1,7 % à moyen terme. Au-delà
les premières années de la période de prévision et que leur des effets de la pandémie sur la croissance potentielle,
économie subira des séquelles (notamment par le biais de les effets macroéconomiques des changements démogra-
faillites, d’un taux d’activité amoindri et d’obstacles à la phiques (ralentissement de la croissance démographique
réaffectation des ressources). Ceci pourrait entraîner de et vieillissement) pèsent sur les prévisions à moyen terme
vastes mutations structurelles, dont le redéploiement de pour ce groupe.
ressources au détriment de secteurs dont l’activité pâtira de Dans les pays émergents et les pays en développement, la
la distanciation, des modifications des lieux de travail pour croissance devrait tomber à 4,7 % d’ici 2025, bien en deçà
relever les normes de sécurité, et l’adoption de nouvelles de la moyenne de 5,6 % enregistrée entre 2000 et 2019.
technologies facilitant le télétravail. À mesure que les entre- Les principaux éléments déterminant les perspectives à
prises apportent les ajustements nécessaires à leurs modes moyen terme pour ce groupe sont notamment le ralentis-
de production et de distribution et que les consommateurs sement structurel en Chine, qui date d’avant la pandémie
s’adaptent à de nouveaux modes de consommation (par et devrait se poursuivre à la suite du vigoureux regain cy-
exemple en privilégiant de plus en plus les achats en ligne), clique de 2021, la trajectoire morose des cours des produits
ces changements devraient avoir des effets persistants sur le de base, les perspectives en berne de la demande extérieure
potentiel de production dans tous les pays. en raison de l’atténuation escomptée de la croissance dans
Dans les dix plus grands pays avancés, le PIB poten- les pays avancés, ainsi que, pour les pays tributaires du tou-
tiel à moyen terme devrait rester en moyenne à 3,5 % en risme, la diminution persistante des voyages internationaux.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 13


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.14. Ratio du coût du service de la dette publique La faiblesse des taux d’intérêt devrait limiter l’augmen-
aux recettes fiscales de l’État tation du service de la dette, mais ce facteur d’atténua-
(Proportion des pays dans le groupe, en pourcentage)
tion vaut principalement pour les pays avancés ayant une
proportion importante d’obligations souveraines à ren-
Le ratio du service de la dette souveraine aux recettes fiscales devrait augmenter
pour plusieurs pays émergents ou à faible revenu. dement négatif. Le ratio du service de la dette souveraine
aux recettes fiscales devrait augmenter pour plusieurs
2019 2020 2021 pays émergents ou à faible revenu (graphique 1.14).
Une part importante des recettes fiscales étant absorbée
40 1. Pays en développement à faible revenu par le service de la dette, il restera par conséquent moins
de recettes pour les domaines critiques, dont les besoins en
30 dépenses sociales. Ces besoins seront élevés après la période
de crise pour faire face à la hausse de la pauvreté, remédier
20 aux inégalités croissantes et corriger les revers enregistrés
dans l’accumulation de capital humain.
10

Pauvreté, inégalités et revers enregistrés


0
Inférieur ou égal à 30 % Supérieur à 30 % dans l’accumulation de capital humain
Ratio du coût du service de la dette publique aux recettes fiscales de l’État
Pauvreté. La pandémie va annuler les progrès en-
80 2. Pays émergents
grangés depuis les années 90 en matière de réduction de
la pauvreté dans le monde. Les personnes qui comptent
sur un travail à rémunération journalière et ne sont pas
60
couvertes par le dispositif de protection sociale officiel
ont subi des pertes de revenus soudaines lorsque des res-
40
trictions à la mobilité ont été imposées. Parmi ces per-
sonnes, les travailleurs migrants qui vivent loin de leur
20
pays ont pu encore moins recourir aux réseaux de soutien
habituels. Par conséquent, près de 90 millions de per-
0
Inférieur ou égal à 30 % Supérieur à 30 % sonnes pourraient tomber cette année en dessous du seuil
Ratio du coût du service de la dette publique aux recettes fiscales de l’État de pauvreté extrême, qui est de 1,90 dollar par jour (en-
cadré 1.2 de l’édition d’octobre 2020 du Moniteur des fi-
Source : estimations des services du FMI. nances publiques ; Banque mondiale, 2020a).
Inégalités. Comme l’explique le chapitre 2, la pandémie
a des effets particulièrement délétères pour les personnes
La viabilité de la dette en proie à des difficultés plus vulnérables sur le plan économique, dont les jeunes
Les perspectives moroses de croissance à moyen terme travailleurs et les femmes. Le fardeau de la crise n’est pas ré-
se conjuguent à une forte hausse attendue de l’encours parti uniformément entre secteurs. En distinguant les em-
de la dette souveraine, qui était déjà élevé. Les révisions plois selon les caractéristiques qui se prêtent au télétravail,
à la baisse en ce qui concerne le potentiel de production les travailleurs les plus touchés par la pandémie sont ceux
sous-entendent aussi une matière imposable à moyen des secteurs de l’hébergement, de la restauration et des
terme de moindre ampleur que prévu auparavant, ce qui cafés, des transports, du commerce de détail et du com-
accentue les difficultés à assurer le service de la dette. merce de gros (Brussevich, Dabla-Norris et Khalid, 2020).
Comme indiqué dans l’édition d’octobre 2020 du En outre, les jeunes travailleurs, les travailleurs ayant des
Moniteur des finances publiques, le ratio dette souveraine/ contrats moins stables et ceux qui sont employés par des
PIB devrait augmenter de 20 points de pourcentage dans petites et moyennes entreprises sont plus exposés au risque
les pays avancés, pour atteindre environ 125 % du PIB de licenciement. D’une manière générale, les travailleurs
d’ici la fin 2021. Sur la même période, le ratio dette sou- à bas salaires risquent nettement plus de perdre leur em-
veraine/PIB des pays émergents et des pays en développe- ploi que ceux des quintiles supérieurs de la répartition des
ment devrait augmenter de plus de 10 points de pourcen- salaires (voir, par exemple, Shibata (2020) à propos des
tage, pour atteindre environ 65 % du PIB. États-Unis). On observe des phénomènes semblables dans

14 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

les pays émergents et les pays en développement, où les Graphique 1.15. Variation des inégalités de revenus depuis 1990
(Variation du coefficient de Gini selon le revenu disponible1)
travailleurs de l’économie informelle risquent davantage
de perdre leur emploi que ceux disposant de contrats en À l’aube de la pandémie de COVID-19, les inégalités de revenus s’étaient
bonne et due forme (voir, par exemple, Jain et al. (2020) à considérablement creusées par rapport au début des années 90 dans de
nombreux pays avancés et dans certains pays émergents ou en développement
propos de l’Afrique du Sud). connaissant une croissance rapide.
Cette évolution exacerbera des tendances préexistantes. 6 1. Pays avancés
À l’aube de la crise, les inégalités de revenus s’étaient
considérablement creusées par rapport au début des an-
4
nées 90 dans de nombreux pays avancés et dans certains
pays émergents ou en développement connaissant une
2
croissance rapide (graphique 1.15 ; voir aussi l’annexe 1.1
de l’édition d’octobre 2020 du Moniteur des finances
0
publiques). Ces développements sont dus à un ensemble
de facteurs, dont les suivants : des changements techno-
–2
logiques favorisant certaines compétences réservées à des FRA GBR JPN ITA AUS USA CAN ESP DEU KOR
personnes ayant un niveau d’instruction élevé ; le déclin
des syndicats ; l’augmentation du pouvoir d’entreprises 12 2. Pays émergents et pays en développement

en situation de monopsone sur le marché du travail en 8


raison de la concentration accrue sur le marché et de la
4
perte de pouvoir de négociation qui en découle pour les
travailleurs ; et l’adoption de politiques d’imposition dé- 0
gressive qui se sont traduites ces dernières années par une –4
diminution de l’impôt marginal pour les plus gros sa-
–8
laires, ainsi que par une baisse de l’impôt des sociétés.
Accumulation de capital humain. Un autre aspect, qui –12
THA RUS BRA IRN MEX TUR EGY IDN IND CHN
touche tant à la situation actuelle des parents sur le marché
du travail qu’aux perspectives pour leurs enfants, découle Sources : base de données du département des finances publiques du FMI ; base
de données Standardized World Income Inequality ; calculs des services du FMI.
de la fermeture massive d’écoles pendant la pandémie. Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de
Selon une étude de l’UNESCO (2020), plus de 1,6 mil- normalisation (ISO).
1
liard d’apprenants ont été concernés par les fermetures La variation est calculée en retranchant de la dernière valeur disponible le
coefficient de Gini de 1990.
d’écoles et d’universités. L’indisponibilité des services de
garde d’enfants limite la capacité des parents à travailler, en
particulier pour les mères (voir le chapitre 2). Pour les en- (Anderson, Gallagher et Ramirez Ritchie, 2017 ; Ralston
fants, les interruptions de scolarité réduisent les possibilités et al., 2017). Les enfants qui ne sont pas à l’école risquent
d’apprentissage, surtout pour les élèves de milieux moins également davantage de faire l’objet de violences ou d’ex-
favorisés, dont les parents n’ont pas toujours, contrai- ploitation. Dans certains pays, les données indiquent que
rement à des familles plus riches, la possibilité d’assurer les fermetures d’écoles sont associées à des mariages pré-
des services d’éducation complémentaires à leurs enfants. coces, à l’enrôlement de force d’enfants dans des milices, à
Selon les indications disponibles, le désapprentissage aug- l’exploitation à des fins sexuelles, à des grossesses à l’adoles-
mente en proportion de la durée de l’interruption (Quinn cence, ainsi qu’au travail des enfants (Korkoyah et Wreh,
et Polikoff, 2017). Les cours en ligne et à distance peuvent 2015 ; PNUD, 2015 ; UNESCO, 2020).
constituer une solution temporaire, mais ne peuvent se Si des mesures ne sont pas prises pour recouvrer le
substituer à la scolarité (Baytiyeh, 2018). manque à gagner en matière d’accumulation de capital hu-
Les fermetures d’écoles exacerbent pour les enfants des main, ces fermetures risquent d’avoir des conséquences
divisions fondamentales en matière d’accès à la nutrition et de longue durée pour les futurs résultats sociaux et écono-
à des environnements sûrs. Puisque de nombreuses écoles miques. Sur toute une vie, il existe un lien entre une durée
fournissent des repas gratuits ou subventionnés aux enfants de scolarisation moindre et des revenus inférieurs (Card,
de ménages à bas revenus, ces fermetures peuvent se tra- 1999). L’interruption de la scolarité est également associée
duire par une insécurité alimentaire accrue et une nutrition à des trajectoires plus faibles en matière de revenus (Light,
de moins bonne qualité pour les enfants de ces ménages 1995 ; Holmlund, Liu et Skans, 2008).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 15


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

En somme, la morosité des perspectives de croissance échantillon de pays avancés et de grands pays émergents,
mondiale à moyen terme est annonciatrice d’un fort en- la baisse de l’inflation semble généralisée (Freitag et Lian,
dettement, d’un accroissement de la pauvreté, d’un creu- à paraître). Cela s’explique par la faiblesse des tensions sur
sement des inégalités et d’importants revers dans l’ac- les prix dans des secteurs où l’évolution des prix réagit ha-
cumulation de capital humain. Les dirigeants auront en bituellement à la demande globale (ameublement, loge-
outre à faire face à des complications supplémentaires ment hors énergie, divertissement, restauration et hôtel-
liées aux perspectives en matière d’inflation et de com- lerie), ainsi que dans des secteurs « non conjoncturels », où
merce, dont traitent les deux prochaines sections. les mouvements de prix sont normalement moins sensibles
aux fluctuations de la demande (habillement et chaus-
sure, communication, éducation, santé, transports, et biens
L’inflation devrait rester faible et services divers), comme l’illustre le graphique 1.16.
Comme pour la croissance, l’incertitude est considérable Puisque la demande globale devrait être relativement
en ce qui concerne l’évolution de l’inflation au cours de la faible et l’économie des pays tourner en forte sous-­capacité
période de prévision. Des forces contradictoires détermi- jusqu’en 2022, les tensions sur les prix devraient rester
neront les fluctuations des prix au cours des prochaines an- minimes dans les secteurs sensibles à la conjoncture. En
nées (Ebrahimy, Igan et Martinez Peria, 2020). outre, dans le groupe des secteurs non conjoncturels, l’in-
• Les prix pourraient par exemple faire l’objet de ten- flation suit depuis longtemps une tendance descendante
sions accrues sous l’effet de la manifestation d’une de- qui devrait se maintenir, étant donné que ces secteurs
mande différée, les consommateurs augmentant leurs risquent peu de connaître des entraves sur l’offre ou une
dépenses pour des articles dont ils avaient été forcés hausse du coût unitaire de la main-d’œuvre sous l’effet
de repousser l’achat en raison des mesures de confine- d’un ralentissement de l’innovation.
ment et de restriction aux déplacements. Ils pourraient Les intervenants sur le marché s’attendent dans l’en-
également augmenter en raison d’une hausse des coûts semble à une inflation atone dans les pays avancés (gra-
de production liée à des perturbations persistantes de phique 1.17). Dans les pays émergents, les anticipations
l’offre. La crédibilité des cadres de politique moné- inflationnistes restent relativement faibles par rapport aux
taire peut également influer sur l’évolution des prix. moyennes du passé. Même si les banques centrales de cer-
S’il est considéré que les banques centrales appliquent tains pays émergents se sont lancées dans des achats d’ac-
une politique monétaire visant à maintenir les coûts tifs, ces opérations n’ont pas, jusqu’ici, fait vaciller l’ancrage
d’emprunt de l’État au plus bas plutôt qu’à assurer la des anticipations inflationnistes. Cela peut être dû à la plus
stabilité des prix (« domination de la politique bud- grande crédibilité des cadres de politique monétaire et à
gétaire »), cette crédibilité peut en pâtir. Dans ce des éléments de communication expliquant que ces opé-
contexte, les anticipations inflationnistes peuvent en- rations visent également à soutenir le fonctionnement des
fler très rapidement une fois que les États commencent marchés, dans le respect des objectifs de stabilité des prix.
à accumuler d’importants déficits budgétaires. Dans la lignée des perspectives moroses pour l’activité
• Face à ces forces, on trouve des éléments qui pèsent économique, l’inflation devrait rester relativement faible
sur la demande : une hausse persistante de l’épargne de au cours de la période de prévision. Dans le groupe des
précaution des particuliers, sous l’effet de la perception pays avancés, elle devrait être de 0,8 % en 2020, passer
accrue du risque de chômage et de maladie ; des trans- à 1,6 % en 2021 alors que la reprise s’installe, et se sta-
ferts de pouvoir d’achat à des prêteurs moins enclins à biliser ensuite globalement à 1,9 %. Dans le groupe des
dépenser, alors que les emprunteurs assurent le service pays émergents et des pays en développement, le taux
de l’importante dette encourue pendant la pandémie ; inflation devrait atteindre 5 % cette année, descendre à
et des inquiétudes quant à la capacité de la politique 4,7 % l’an prochain, puis à 4 % à moyen terme, en des-
monétaire à stimuler la demande (en particulier dans sous de la moyenne historique pour ce groupe.
les pays avancés), inquiétudes qui se traduisent par
une diminution des anticipations inflationnistes et en-
traînent une désinflation. Recul des flux commerciaux, diminution
des déficits et des excédents
La décomposition de l’inflation par secteurs lors de la La croissance du commerce mondial devrait fléchir consi-
période précédant la pandémie et des six premiers mois de dérablement. Le commerce mondial devrait se contracter
celle-ci livre des indications sur ce qui nous attend. Sur un de plus de 10 % cette année, soit un rythme comparable à

16 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Graphique 1.16. Contribution à l’inflation globale Graphique 1.17. Variation de l’inflation sur cinq ans
(En points de pourcentage) et dans cinq ans
(En pourcentage ; taux d’inflation moyen dérivé des marchés, attendu sur
La baisse de l’inflation semble généralisée, touchant tant des secteurs où une période de cinq ans à compter de cinq ans après la date indiquée)
l’évolution des prix réagit habituellement à la demande globale que ceux dans
lesquels les mouvements de prix sont normalement moins sensibles aux Dans les pays avancés, l’inflation devrait en général demeurer modérée.
fluctuations de la demande.
3,0
0,8 1. Pays avancés : composantes conjoncturelles/non conjoncturelles États-Unis
Non conjoncturelles Zone euro
2,5
0,6 Conjoncturelles Japon

2,0
0,4
1,5
0,2
1,0
0,0
2005 07 09 11 13 15 17 19 juil. 0,5
20
0,0
1,6 2. Pays émergents et pays en développement : composantes
1,4 conjoncturelles/non conjoncturelles
Non conjoncturelles –0,5
1,2 Conjoncturelles
1,0 –1,0
janv. févr. mars avril mai juin. juil. août sept.
0,8 2020 20 20 20 20 20 20 20 20
0,6
0,4 Sources : Bloomberg Finance L.P. ; calculs des services du FMI.
0,2
0,0
2005 07 09 11 13 15 17 19 juil. celui observé lors de la crise financière mondiale de 2009,
20 bien que la contraction de l’activité soit beaucoup plus
Sources : Eurostat ; Haver Analytics ; Organisation de coopération et de prononcée cette année. La récession actuelle résulte d’un
développement économiques ; calculs des services du FMI.
Note : Le graphique présente les effets fixes temporels de régressions dans ralentissement particulièrement fort dans les secteurs où les
lesquelles les moyennes mobiles glissantes sur trois mois de la contribution à contacts sont nombreux et où l’intensité des échanges est
l’inflation globale font l’objet d’une régression selon le pays et les effets fixes
temporels, avec pondération selon le PIB en parités de pouvoir d’achat. La beaucoup plus faible que dans l’industrie manufacturière,
contribution d’un élément est définie comme sa variation de prix sur un an, qui connaît généralement une forte contraction en période
multipliée par son poids dans le panier du calcul de l’IPC. Les effets fixes par pays
tiennent compte du fait que les pays sont entrés dans l’échantillon à des moments
de récession à mesure que la demande de biens d’équipe-
différents et les effets fixes temporels sont normalisés pour être égaux à la ment et de biens de consommation durables s’effondre.
contribution en janvier 2005. Les composantes conjoncturelles incluent Comme indiqué dans l’édition 2020 du Rapport sur
l’ameublement, les articles de ménage et l’entretien courant du foyer, le logement
(à l’exclusion du gaz, de l’eau et de l’électricité lorsque les données le permettent), le secteur extérieur (External Sector Report), la baisse at-
le divertissement et la culture, ainsi que la restauration et l’hôtellerie. Les tendue du volume des échanges commerciaux s’explique
composantes non conjoncturelles comprennent l’habillement et les chaussures, la
communication, l’éducation, la santé et les biens et services divers. La définition en grande partie par la faiblesse de la demande finale des
des composantes conjoncturelles suit les résultats de Stock et Watson (2019), si ce consommateurs et des entreprises sur fond de récession
n’est que l’ameublement, les articles de ménage et l’entretien courant du foyer
n’entrent pas dans leur calcul de l’inflation sensible à la conjoncture. L’alimentation mondiale synchronisée. Les restrictions au commerce (par
et l’énergie sont exclues, afin de mieux faire apparaître les tendances exemple sur les fournitures médicales) et les perturbations
sous-jacentes. Les services de transport, composante non conjoncturelle selon
Stock et Watson (2019), sont exclus ici en raison de leur volatilité en 2020 pour les
de la chaîne d’approvisionnement ne devraient contribuer
pays avancés, et en raison du fait que, pour de nombreux pays émergents ou en que dans une faible mesure à ce recul.
développement, leur calcul ne peut être effectué sans les combiner à la composante Cadrant avec la reprise prévue de l’activité mondiale,
carburants. La tendance à la baisse des composantes non conjoncturelles depuis la
crise financière mondiale demeure si l’on inclut les services de transport. Les pays le volume des échanges commerciaux devrait augmenter
avancés sont ici les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Corée du Sud, d’environ 8 % en 2021 et d’un peu plus de 4 % en
Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande,
Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Portugal, moyenne au cours des années suivantes. La faiblesse du
République tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède et Suisse. Les pays émergents volume des échanges traduit, en partie, de possibles mu-
et pays en développement sont ici les suivants : Afrique du Sud, Algérie, Chili,
Chine, Colombie, Égypte, Émirats arabes unis, Hongrie, Inde, Kazakhstan, Malaisie, tations dans les chaînes d’approvisionnement dues au fait
Maroc, Myanmar, Nigéria, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, Qatar, Roumanie, que les entreprises rapatrient leur production afin de ré-
Russie, Serbie, Slovaquie, Thaïlande, Ukraine et Viet Nam.
duire leur dépendance à l’égard de producteurs étrangers.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 17


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.18. Croissance du volume des échanges n’est toutefois pas partout la même. Les perspectives
internationaux, sorties d’investissements directs étrangers commerciales sont particulièrement sombres pour les
au niveau mondial et services commerciaux liés aux voyages pays tributaires du tourisme, où les restrictions appli-
La contraction des échanges internationaux en 2020 reflète un effondrement quées aux voyages internationaux, ainsi que la crainte de
brutal du tourisme et des voyages. Les pays où ces secteurs représentent une part
plus élevée du PIB devraient subir une baisse d’activité plus marquée en 2020–21 contagion des consommateurs, risquent de peser lourde-
par rapport aux prévisions antérieures à la pandémie. ment sur l’activité touristique, même dans les situations
1. Croissance du volume des échanges internationaux où la pandémie semble pour l’instant maîtrisée (pays des
25 et sorties d’IDE au niveau mondial 10
Croissance du volume des échanges internationaux 8
Caraïbes, par exemple). Les données relatives à la balance
20
(en pourcentage) des paiements pour le premier semestre de l’année ré-
15 Sorties d’IDE au niveau mondial 6
(échelle de droite, en pourcentage du PIB mondial) vèlent un effondrement des recettes nettes du tourisme
10 4
et des voyages pour les pays dans lesquels ces secteurs
5 2 tiennent une place importante (Grèce, Islande, Portugal
0 0 et Turquie, par exemple) (graphique 1.18, plage 2). De
–5 –2 plus, comme le montre la plage 3 du graphique 1.18, les
–10 –4 pays où le tourisme et les voyages représentent une part
–15 –6 élevée du PIB devraient connaître une baisse d’activité
2005 10 15 20 25
plus marquée en 2020−21 par rapport aux prévisions
8 2. Solde des services : voyage et transport de passagers antérieures à la pandémie de COVID-19. En outre, les
(En pourcentage du PIB) pays exportateurs de pétrole ont subi un choc sévère des
7
6 2019 : S1 2020 : S1 termes de l’échange dû à la baisse des prix du pétrole et
5 font face à des perspectives extérieures plus difficiles.
4 Envois de fonds. Les flux d’envois de fonds ont net-
3 tement diminué au début de la période de confine-
2 ment, mais montrent des signes de reprise. Néanmoins,
1 le risque d’une baisse des paiements et des transferts ef-
0
fectués par des travailleurs migrants vers leur pays d’ori-
Grèce Islande Mexique Portugal Turquie gine est très élevé, en particulier pour des pays comme
Révision du niveau du PIB, 2021 (en pourcentage)

3. Révision du niveau du PIB, 2021 (octobre 2020/PEM de janv. 2020) le Bangladesh, l’Égypte, le Guatemala, le Pakistan,
10 et part directe du tourisme et des transports dans le PIB les Philippines et, de manière plus générale, les pays
0 d’Afrique subsaharienne.
–10
En 2020, les déficits et les excédents des transactions
courantes à l’échelle mondiale devraient diminuer et at-
–20 teindre leur plus bas niveau de ces deux dernières dé-
–30 cennies, puis rester globalement stables par la suite (gra-
phique 1.19). Parmi les pays créanciers, les excédents
–40
devraient baisser en Asie de l’Est et, dans une moindre
–50 mesure, en Allemagne et aux Pays-Bas, en raison de la
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Part directe du tourisme et des transports en 2019 (en pourcentage du PIB) dégradation de l’environnement extérieur, tandis que
les pays exportateurs de pétrole devraient voir leur excé-
Sources : World Travel and Tourism Council ; estimations des services du FMI. dent se transformer en un modeste déficit. Ces prévisions
Note : IDE = investissement direct étranger ; PEM = Perspectives de l’économie
mondiale.
contrebalancent une légère augmentation de l’excédent
prévu pour la Chine. Parmi les pays débiteurs, des défi-
cits moins élevés sont anticipés pour l’Amérique latine,
Cette évolution anticipée s’illustre notamment par le malgré des chocs des termes de l’échange négatifs dus
maintien des flux d’investissements directs étrangers en principalement à une demande intérieure particulière-
pourcentage du PIB mondial bien en deçà des niveaux ment faible, ainsi que pour l’Inde et le Royaume-Uni, en
qui étaient les leurs au cours de la décennie précédant la raison de la chute des prix du pétrole et du tassement de
pandémie (graphique 1.18, plage 1). la demande intérieure. En revanche, les positions crédi-
Si tous les pays devraient subir de fortes baisses de trices et débitrices en pourcentage du PIB devraient aug-
leurs exportations et de leurs importations, l’incidence menter en 2020 : la hausse des ratios découle de la baisse

18 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

du dénominateur, conséquence du fort recul de l’activité. Graphique 1.19. Solde courant et positions extérieures
Les ratios devraient ensuite progressivement diminuer au (En pourcentage du PIB mondial)
cours la période de projection, à mesure que le PIB se re- En 2020, les déficits et excédents des soldes courants à l’échelle mondiale devraient
dressera et pour autant que les déséquilibres des comptes diminuer à un niveau jamais atteint au cours des deux dernières décennies.
courants restent modérés.
Afrique et MO Japon Chine
PEC PA d’Asie PEP
États-Unis Autres PA PE d’Asie
Forts risques de détérioration des résultats PED AL ECO
en matière de croissance 1. Solde des transactions courantes à l’échelle mondiale
3
L’incertitude de fond concernant l’évolution de la pan-
démie rend difficile une évaluation quantitative de la ba- 2
lance des risques pesant sur les prévisions de référence dé-
1
crites ci-dessus.
Du côté positif : 0
• La récession pourrait se révéler moins grave que prévu si –1
le retour à la normale sur le plan économique se dé-
–2 Écart
roule plus rapidement qu’attendu dans les régions qui
ont procédé à une réouverture, sans que cela n’entraîne –3
2005 07 09 11 13 15 17 19 21 23 25
un rebond du nombre d’infections.
• Prolongation des contre-mesures budgétaires. Les prévi-
30 2. Position extérieure globale mondiale
sions actuelles sont établies en ne tenant compte que
des mesures mises en œuvre ou annoncées à ce jour. 20

Ainsi, l’orientation générale de la politique budgé- 10


taire dans les pays avancés et les pays émergents devrait
0
devenir nettement moins accommodante en 2021,
conformément à la transition prévue vers une crois- –10
sance tirée par l’activité privée (graphique 1.20). La –20
prolongation des contre-mesures budgétaires permet-
–30
trait de porter la croissance mondiale au-dessus du ni- 2005 07 09 11 13 15 17 19 21 23 25
veau de référence prévu en 2021.
• Une croissance plus rapide de la productivité pourrait Source : estimations des services du FMI.
être engendrée par des mutations dans les systèmes de Note : Afrique et MO = Afrique et Moyen-Orient (Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie,
Ghana, Jordanie, Kenya, Liban, Maroc, République démocratique du Congo,
production, de distribution et de paiement (nouvelles Soudan, Tanzanie, Tunisie) ; AL = Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili,
techniques médicales, nouveaux services fondés sur Colombie, Mexique, Pérou, Uruguay) ; autres PA = autres pays avancés (Australie,
Canada, France, Islande, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni) ; PA d’Asie = pays
des données, travail à distance dans plus de secteurs de avancés d’Asie (Corée, province chinoise de Taiwan, RAS de Hong Kong,
l’économie, etc.). Singapour) ; ECO = Europe centrale et orientale (Bélarus, Bulgarie, Croatie,
Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Turquie, Ukraine) ;
• Des avancées en ce qui concerne les traitements pour- PE d’Asie = pays émergents d’Asie (Inde, Indonésie, Pakistan, Philippines,
raient permettre aux systèmes de santé de mieux gérer Thaïlande, Viet Nam) ; PEC = pays européens créditeurs (Allemagne, Autriche,
Belgique, Danemark, Finlande, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède, Suisse) ;
le nombre de personnes infectées, tandis que certains PED = pays européens débiteurs (Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal,
changements opérés sur le lieu de travail et de la part Slovénie) ; PEP = pays exportateurs de pétrole (Arabie saoudite, Algérie,
des consommateurs dans l’optique de réduire la trans- Azerbaïdjan, Émirats arabes unis, Iran, Kazakhstan, Koweït, Nigéria, Oman, Qatar,
Russie, Venezuela).
mission pourraient permettre à l’activité de retrouver
plus rapidement son niveau d’avant la pandémie sans
déclencher des vagues d’infection à répétition.
• La production d’un vaccin sûr et efficace primerait sur
tous les autres facteurs d’amélioration. S’il est produit
à l’échelle nécessaire et proposé dans le monde entier
à des prix abordables, le vaccin susciterait un regain de
confiance et engendrerait de meilleurs résultats en ma-
tière de croissance que ceux prévus dans le scénario de

Fonds monétaire international | Octobre 2020 19


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.20. Évolution du secteur budgétaire, 2019–21 pourraient entraîner la dissolution de relations écono-
(Variation du solde budgétaire primaire structurel, en pourcentage
miques par ailleurs viables et productives, ce qui aggra-
du PIB potentiel)
verait les erreurs d’affectation.
L’extension des contre-mesures budgétaires constitue un risque de nature
haussière pour la croissance mondiale. • Les conditions financières pourraient se resserrer à nou-
veau, comme en mars, ce qui mettrait en évidence des
2019 2020 2021
Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2020 facteurs de vulnérabilité. Un arrêt brutal de l’octroi de
nouveaux prêts (ou l’incapacité à reconduire ceux en
8 cours) ferait basculer certains pays dans des crises d’en-
dettement et ralentirait encore l’activité.
6
• Pénuries de liquidités et insolvabilité. Les récessions pro-
4 fondes entraînent invariablement une pénurie géné-
ralisée de liquidités, car les entreprises subissent des
2
pertes de recettes immédiates, mais doivent néanmoins
0 assumer leurs charges salariales, payer leurs frais fixes et
remplir leurs obligations au titre du service de la dette.
–2
Une pénurie prolongée de liquidités peut facilement
–4 se traduire par des faillites et des fermetures d’entre-
prises. Cette fois-ci, quelques faillites marquantes ont
–6 été enregistrées, par exemple dans les secteurs de la
–8 vente au détail et de la location de voitures, et le taux
de défaillance des obligations d’entreprises, plus géné-
–10 ralement, est à son plus haut niveau depuis la crise fi-
Pays avancés Pays émergents et
pays en développement nancière mondiale (édition de juin 2020 de la mise
à jour du Rapport sur la stabilité financière dans le
Source : estimations des services du FMI. monde). Toutefois, les contre-mesures énergiques qui
ont été rapidement mises en œuvre ont probablement
permis d’éviter davantage de faillites jusqu’à présent.
référence, notamment en permettant une reprise plus Compte tenu de la gravité de la récession et du retrait
complète dans les secteurs où les contacts sont fréquents éventuel d’une partie de l’aide d’urgence dans certains
et dans l’industrie du voyage. Certains de ces aspects pays, le risque qu’un plus grand nombre d’entreprises
sont décrits dans l’encadré scénario 1, qui présente des connaissent de graves pénuries de liquidités et fassent
projections de croissance selon différents scénarios. faillite est toutefois réel (encadré 1.3). De fortes pertes
d’emplois et de revenu en résulteraient, ce qui affaibli-
Les risques de dégradation restent toutefois consi- rait encore la demande. Dans le même temps, les vo-
dérables. Ils peuvent notamment prendre les formes lants de fonds propres des banques s’épuiseraient et
suivantes : l’offre de crédit serait restreinte, ce qui accentuerait le
• Des épidémies pourraient se répéter dans certains en- ralentissement.
droits. Si le virus se propage à nouveau, si la recherche • Intensification des troubles sociaux. Les épisodes d’agi-
de traitements et vaccins progresse plus lentement tation sociale à l’échelle mondiale ont augmenté en
qu’escompté, ou si l’accès à ces derniers demeure 2019, puis diminué au début de la pandémie (en-
inégal selon les pays, l’activité économique pourrait se cadré 1.4). Si les causes profondes qui les sous-tendent
révéler plus faible que prévu, sous l’effet d’une prolon- varient d’un pays à l’autre, dans de nombreux cas, il
gation des mesures de distanciation physique et d’un est notamment question d’une perte de confiance dans
durcissement du confinement. Les retombées trans- les institutions établies, d’un manque de représenta-
frontalières d’un recul de la demande extérieure pour- tion dans les structures de gouvernance et de la per-
raient amplifier les effets des chocs spécifiques à un ception d’un décalage entre les priorités des dirigeants
pays ou à une région sur la croissance mondiale. et les problèmes de la population. En juin, les troubles
• Une fin prématurée de l’aide apportée par les pouvoirs sociaux se sont intensifiés aux États-Unis et ont rapi-
publics ou un mauvais ciblage des mesures en raison dement donné lieu à des protestations contre le ra-
de problèmes de conception et de mise en œuvre cisme institutionnel et l’inégalité raciale dans le monde

20 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

entier. Des protestations plus généralisées ou de plus Graphique 1.21. Indice du risque géopolitique
(Indice)
longue durée pourraient nuire au climat de confiance
et peser davantage sur l’activité. L’intensification des
Les tensions géopolitiques semblent s’être estompées au cours de la pandémie,
troubles sociaux pourrait également compliquer l’éco- mais pourraient s’accentuer de nouveau.
nomie politique des efforts de réforme, au détriment
de la croissance à moyen terme ou de la viabilité des fi- 400
nances publiques.
• Tensions géopolitiques. Bien qu’elles semblent s’être es- 350 Printemps arabe :
guerres en Syrie
tompées au cours de la pandémie (graphique 1.21), les et en Libye
300 Intervention Escalade
tensions géopolitiques pourraient s’accentuer à nouveau. de la Russie État islamique
En outre, la fragilité des relations entre les pays produc- en Crimée
250
teurs de pétrole de la coalition OPEP+ (Organisation
Escalade de
des pays exportateurs de pétrole, ainsi que la Russie 200 la guerre
et d’autres pays exportateurs de pétrole non membres civile en Syrie
de l’OPEP) présente des risques pour l’approvisionne- 150
ment mondial en pétrole. Une nouvelle chute des prix,
100
comme celle observée en mars, nuirait gravement à l’ac-
tivité des pays exportateurs de pétrole et donnerait lieu à Attentats
50
une croissance plus faible que prévu. à Paris
• Incertitude entourant les politiques commerciales et fric- 0
2010 11 12 13 14 15 16 17 18 19 août
tions dans le secteur des technologies. Malgré la récente 20
confirmation de la première phase de l’accord commer-
cial entre les États-Unis et la Chine signé au début de Source : Caldara et Iacoviello (2018).
l’année, les tensions entre les deux plus grandes puis- Note : L’indice du risque géopolitique de Caldara et Iacoviello reflète les résultats
automatisés de recherches de texte dans les archives électroniques de
sances économiques mondiales restent fortes sur de 11 journaux nationaux et internationaux. L’indice est calculé en comptant le
nombreux plans. En outre, l’accord transitoire entre le nombre d’articles relatifs au risque géopolitique dans chaque journal pour chaque
mois (en pourcentage du nombre total d’articles) ; l’indice est normalisé pour
Royaume-Uni et l’Union européenne expire le 31 dé- atteindre en moyenne une valeur de 100 dans la décennie 2000–09.
cembre 2020. Si les deux parties ne parviennent pas à
trouver un terrain d’entente et à ratifier un accord com-
mercial avant cette date, les barrières qui entravent leurs commerciales à court terme (graphique 1.23). Toutefois,
échanges commerciaux vont considérablement se ren- des frictions persistantes (par exemple, sur l’aluminium,
forcer, ce qui ferait augmenter les coûts des entreprises les règles d’origine dans le secteur automobile et le com-
et pourrait mettre en péril des accords de longue date merce des produits laitiers) pourraient entraver la mise
en matière de production transfrontalière. De plus, la en œuvre de l’accord. L’incertitude qui entoure les poli-
plupart des barrières tarifaires et non tarifaires généra- tiques commerciales pourrait s’accroître à nouveau dans
trices de distorsions qui ont été instituées au cours des ces circonstances ou dans le cadre de pourparlers avec
deux dernières années restent en place (graphique 1.22). d’autres partenaires commerciaux, ce qui pèserait sur la
L’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du com- croissance mondiale.
merce a cessé de fonctionner en raison d’une impasse • Catastrophes naturelles liées aux conditions météorolo-
concernant la désignation de nouveaux membres, ce giques. La fréquence et l’intensité accrues des catas-
qui jette un doute sur le caractère exécutoire des en- trophes naturelles liées aux conditions météorologiques,
gagements juridiques liés à cette organisation. Par ail- telles que les tempêtes tropicales, les inondations, les
leurs, du fait de la multiplication des différends com- vagues de chaleur, les sécheresses et les incendies de
merciaux dans le domaine des technologies, les chaînes forêt, ont fait de nombreuses victimes et causé une perte
d’approvisionnement mondiales font face à des menaces généralisée des moyens de subsistance dans de nom-
supplémentaires dues à une bifurcation des normes et breuses régions au cours de ces dernières années (par
des plateformes technologiques. Du côté positif, l’ac- exemple en Afrique orientale et australe, en Asie du Sud,
cord commercial entre le Canada, les États-Unis et en Australie et dans les Caraïbes). Les changements cli-
le Mexique est entré en vigueur le 1er juillet, ce qui matiques, l’un des principaux facteurs de l’augmenta-
contribue à réduire l’incertitude entourant les politiques tion de la fréquence et de l’intensité de ces catastrophes,

Fonds monétaire international | Octobre 2020 21


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 1.22. Part des importations mondiales concernées Graphique 1.23. Incertitude et tensions commerciales
par des restrictions à l’importation instituées par des pays (Indice)
(En pourcentage)
L’incertitude mondiale entourant les politiques commerciales a diminué
récemment, mais les tensions commerciales restent fortes.
La plupart des barrières tarifaires et non tarifaires génératrices de distorsions
qui ont été instituées au cours des deux dernières années restent en place. Incertitude entourant les politiques économiques à l’échelle mondiale
(corrigée selon les PPA)
Incertitude entourant la politique commerciale américaine
Droits d’importation Exigences de localisation (échelle de droite)
Restrictions non tarifaires Défense commerciale 500 2 000
à l’importation
14 450 1 750

12 400 1 500

350 1 250
10
300 1 000
8
250 750
6
200 500

4
150 250

2 100 0
janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. août
2016 16 17 17 18 18 19 19 20 20
0
2010 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Source : Baker, Bloom et Davis (2016).
Note : L’indice mondial d’incertitude entourant les politiques économiques de
Source : Global Trade Alert. Baker–Bloom–Davis est une moyenne pondérée par le PIB des indices
d’incertitude de 20 pays : Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chili, Chine, Corée,
Espagne, États-Unis, France, Grèce, Inde, Irlande, Italie, Japon, Mexique,
Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie et Suède. Moyenne de l’indice mondial
ont déjà produit des effets visibles, et pas seulement d’incertitude entourant les politiques économiques de 1997 à 2015 = 100 ;
moyenne de l’indice d’incertitude entourant la politique commerciale américaine
dans les régions où les sinistres se produisent. Les catas- de 1985 à 2010 = 100 ; PPA = parités de pouvoir d’achat.
trophes naturelles pourraient également engendrer des
migrations transfrontalières et des tensions financières
(par exemple dans le secteur des assurances) ou alourdir
le fardeau de la morbidité. Elles peuvent en outre avoir capacités en 2020 et 2021 (graphique 1.24). En outre,
des effets qui persistent longtemps après le sinistre lui- les risques de détérioration sont considérables. La double
même (comme cela a été observé dans certaines régions priorité immédiate consiste à s’assurer que les systèmes
d’Afrique orientale, où les fortes pluies de la fin 2019 et de santé disposent de ressources suffisantes et à limiter les
du début de cette année ont contribué à une invasion dégâts sur le plan économique.
de criquets d’une ampleur exceptionnelle, la pire depuis
des décennies, ce qui a mis en péril l’approvisionnement
alimentaire dans la région).
Des arbitrages difficiles : impératifs à court terme,
mais défis à moyen terme
En plus de lutter contre la profonde récession à court
Priorités à court terme : allouer suffisamment terme, les dirigeants doivent relever des défis complexes
de ressources aux systèmes de santé et limiter pour placer les pays sur la trajectoire d’une plus forte
les dégâts sur le plan économique croissance de la productivité, tout en veillant à ce que les
L’économie mondiale est en proie à la crise sanitaire la gains soient répartis équitablement et que la dette de-
plus dévastatrice et à la pire récession qu’elle ait connues meure viable. De nombreux pays doivent déjà faire des
au cours de ces dernières décennies. Toutes les grandes arbitrages très difficiles entre la mise en œuvre de mesures
économies devraient fonctionner bien en deçà de leurs favorisant la croissance à court terme et l’évitement d’une

22 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Graphique 1.24. Projections des écarts de production, la productivité sur le long terme. Par ailleurs, préserver les
2020–23 dépenses sociales essentielles peut permettre de garantir la
(En pourcentage)
protection des personnes les plus vulnérables tout en sou-
Les pays devraient fonctionner bien en deçà de leurs capacités en 2020 et 2021.
tenant l’activité à court terme, étant donné que ces fonds
sont consacrés à des groupes qui sont plus susceptibles de
Moyenne, 2020–21 Moyenne, 2022–23
dépenser leur revenu disponible que des personnes plus
0 riches. Dans tous les cas, il sera indispensable de respecter
les normes les plus strictes en matière de transparence de
–1 la dette afin d’éviter de futures difficultés de refinance-
–2
ment et une augmentation des primes de risque souve-
rain, qui relèverait le coût de l’emprunt dans l’ensemble
–3 de l’économie.
–4

–5 Renforcer la coopération multilatérale


La dimension mondiale du choc, ses retombées trans-
–6
frontalières et les difficultés communes qui en résultent
–7 mettent en évidence la nécessité de déployer d’importants
efforts au niveau multilatéral pour faire face à la crise sa-
–8
nitaire et économique.
–9 Coopération multilatérale à l’appui des systèmes de santé.
ESP FRA AUS CAN USA ZAF BRA TUR RUS
ITA GBR DEU JPN IND MEX IDN CHN POL
Les efforts nationaux en matière de santé devront être
complétés par une vaste coopération multilatérale. Une
Source : estimations des services du FMI. priorité essentielle consiste à financer les engagements
Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de d’achat anticipé de vaccins en cours d’essai afin d’encou-
normalisation (ISO).
rager une intensification rapide de la production et de la
distribution de doses à des prix abordables dans le monde
entier (la Coalition pour les innovations en matière de
nouvelle accumulation de dette dont il sera difficile d’as- préparation aux épidémies (CEPI) et l’Alliance du Vaccin
surer ensuite le service, compte tenu du coup porté par (GAVI) sont des exemples d’initiatives multilatérales
la crise au potentiel de production. Les mesures visant coordonnées qui agissent dans ce sens). L’incertitude et le
à soutenir l’économie à court terme doivent donc être risque d’échec associés à la recherche de vaccins efficaces
conçues en veillant à placer les pays sur des trajectoires de et sûrs rendent le financement international particulière-
croissance plus forte, équitable et résiliente. ment important. Il est également prioritaire à cet égard
Les mesures fiscales et budgétaires doivent privilé- de venir en aide aux pays dont les capacités sanitaires sont
gier les initiatives susceptibles de relever le potentiel de limitées. Ceux-ci ne pourront éviter un bilan humain ca-
production, d’assurer une croissance participative pro- tastrophique que si la communauté internationale accroît
fitant à tous et de protéger les groupes vulnérables. l’aide médicale qui leur est apportée. Les pays devraient
L’endettement supplémentaire consenti pour financer également continuer de lever les restrictions commer-
ces initiatives aura plus de chance d’être amorti à terme ciales qui pèsent sur des fournitures médicales essentielles
si l’économie et la future matière imposable sont élar- et de partager les renseignements dont ils disposent sur
gies, plutôt que si les emprunts servent à financer des la pandémie ainsi que sur la recherche de vaccins et de
subventions mal ciblées ou des dépenses courantes inef- traitements.
ficientes. Les investissements dans la santé, dans l’éduca- Aide financière pour les pays en difficulté. Outre l’ap-
tion et dans des projets d’infrastructure à fort rendement port de matériel et de savoir-faire médical, plusieurs pays
qui contribuent également à diminuer la dépendance émergents et pays en développement, et plus particuliè-
de l’économie au carbone peuvent favoriser la réalisa- rement des pays à faible revenu, ont besoin d’une aide de
tion de ces objectifs. Les dépenses consacrées à la re- la communauté internationale sous forme d’allégement
cherche peuvent promouvoir l’innovation et l’adoption de la dette, de dons et de financement à des conditions
de technologies, principaux moteurs de la croissance de avantageuses. S’appuyant sur l’initiative du Groupe des

Fonds monétaire international | Octobre 2020 23


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Vingt en faveur d’une suspension temporaire du service dans la mesure du possible, peut permettre d’économiser
de la dette officielle des pays à faible revenu, les créanciers les charges liées au service de la dette et de libérer des res-
privés devraient accorder le même traitement à ces pays sources de l’enveloppe budgétaire pour les réorienter vers
afin qu’ils puissent conserver des liquidités internationales des mesures d’atténuation de la crise (voir également les
et consacrer des ressources aux dépenses de santé et aux recommandations énoncées dans FMI, 2020). Malgré
mesures d’aide prioritaires. Lorsque la dette doit être res- la difficulté que représente la prise de nouvelles mesures
tructurée, tous les emprunteurs de pays à faible revenu et visant à accroître les recettes pendant la crise, les gou-
de pays émergents et tous les créanciers doivent convenir vernements devront peut-être envisager d’augmenter les
rapidement de modalités acceptables par toutes les par- impôts progressifs pour les particuliers mieux nantis et
ties. Le dispositif mondial de sécurité financière peut éga- ceux qui sont relativement moins éprouvés par la crise (y
lement aider les pays à faire face à un financement exté- compris en relevant les taux d’imposition appliqués aux
rieur insuffisant. Dans le cadre de sa riposte à la crise de la tranches supérieures de revenu, à l’immobilier haut de
COVID-19, le FMI a ajouté aux mécanismes de prêt dont gamme, aux gains en capital et au patrimoine), ainsi que
il dispose une ligne de crédit renouvelable et reconstituable d’apporter des modifications à la fiscalité des entreprises
pour les pays membres dont les fondamentaux et les cadres pour veiller à ce que celles-ci paient un impôt en rapport
macroéconomiques sont solides. Il a également fourni de avec leur rentabilité (voir aussi le chapitre 1 de l’édition
nouveaux financements au moyen d’autres facilités de prêt, d’octobre 2020 du Moniteur des finances publiques). Les
a temporairement augmenté les limites d’accès aux res- pays devraient également coopérer à la conception d’une
sources au titre de ses mécanismes de financement d’ur- fiscalité internationale des entreprises adaptée aux pro-
gence et a amélioré sa capacité à procéder à un allégement blèmes posés par l’économie numérique. Tout en met-
du service de la dette sous forme de dons. tant en œuvre ces initiatives, les autorités budgétaires
devraient aussi exprimer clairement leur détermination
à garantir la viabilité des finances publiques et élaborer
Mesures au niveau national ainsi des plans d’assainissement crédibles qui pourront
Créer une marge de manœuvre pour financer des dépenses être mis en œuvre après la crise.
élevées de lutte contre la crise. Une riposte économique Ces objectifs sont partagés par tous les pays touchés
ambitieuse et énergique est déjà en cours dans plusieurs par la crise sanitaire et économique, laquelle a des réper-
pays, notamment dans les pays avancés qui, grâce à leur cussions particulièrement graves sur ceux qui dépendent
statut d’émetteurs de monnaies de réserve, disposent de fortement du tourisme, des exportations de pétrole et des
plus de latitude que les pays émergents et les pays en dé- envois de fonds en provenance de l’étranger. L’ampleur
veloppement pour faire face à la crise. Plus la crise se pro- de la tâche est généralement bien plus élevée dans les
longera, plus les pouvoirs publics seront sollicités sur le pays qui ont abordé cette crise avec de sérieux facteurs
plan budgétaire, en particulier pour financer les dépenses de vulnérabilité, une marge de manœuvre limitée et une
de santé, les allocations de chômage, les transferts moné- vaste économie informelle qui restreint la mesure dans la-
taires et les initiatives anticycliques visant à relancer l’acti- quelle les aides versées au moyen des registres fiscaux et
vité. Tant que la crise perdure, les États doivent faire tout des circuits bancaires en place peuvent parvenir aux per-
ce qui est en leur pouvoir pour atténuer la profonde ré- sonnes vulnérables. Ces éléments sont généralement cor-
cession et se tenir prêts à adapter leur stratégie à l’évolu- rélés à un resserrement des conditions d’emprunt. Sans
tion de la pandémie et à ses effets sur l’activité. Lorsque un appui extérieur solide, les pays, en particulier ceux à
les règles budgétaires risquent de limiter leur action, une faible revenu qui ont des systèmes de santé fragiles, qui
suspension temporaire de ces règles se justifie, dans la souffrent de pénuries alimentaires et médicales et qui
mesure où elle s’accompagne d’un engagement en faveur connaissent des conditions de sécurité instables, pour-
d’une consolidation progressive une fois la crise passée, raient être asphyxiés par la crise sanitaire et économique.
afin de garantir le respect des règles à moyen terme. Il se- Consacrer des ressources aux soins de santé. Alors que la
rait possible de dégager une marge pour les besoins de pandémie continue de se propager, tous les pays, même
dépenses immédiats en donnant la priorité aux mesures ceux où le nombre d’infections semble avoir atteint son
de lutte contre la crise et en réduisant les subventions maximum, doivent donner à leur système de santé les
mal ciblées et sources de gaspillages. Une gestion pru- moyens de répondre à une forte demande. Ils doivent
dente de la dette, en prolongeant les échéances des em- ainsi dégager des ressources suffisantes et donner la prio-
prunts publics et en maintenant des taux d’intérêt bas rité aux dépenses de santé en fonction des besoins recensés,

24 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

notamment pour le dépistage, le suivi des personnes ayant réglementaire et budgétaire peut contribuer à pré-
été en contact avec un malade, le matériel de protection venir des ralentissements plus profonds et plus du-
individuelle, les équipements d’urgence tels que des respi- rables, même si les restrictions aux déplacements en-
rateurs, et des installations telles que des salles d’urgences, travent sa capacité à stimuler les dépenses à un niveau
des services de soins intensifs et des unités d’isolement. comparable à celui observé lors des autres récessions.
Mesures visant à limiter les dommages économiques là où Cette riposte globale peut dynamiser l’offre de crédit
la pandémie s’accélère. Dans les pays où le nombre d’infec- (par exemple par un appui de la banque centrale en
tions continue sans cesse d’augmenter, la priorité absolue matière de liquidités et des mécanismes ciblés de ré-
est de ralentir la transmission du virus. Comme il ressort affectation des prêts en faveur des entreprises tou-
du chapitre 2, les mesures de confinement permettent de chées ou par des mesures réglementaires visant à as-
réduire efficacement le nombre d’infections. Elles consti- souplir temporairement les normes de classement des
tuent un investissement nécessaire en matière de santé prêts et les exigences en matière de provisionnement).
publique et ouvrent la voie à une future reprise écono- L’augmentation des coûts d’emprunt peut être jugulée
mique après le fort ralentissement provoqué par les res- par des réductions des taux directeurs des banques
trictions aux déplacements. centrales, lorsque les taux d’intérêt n’ont pas encore at-
• Dans cette situation, les contre-mesures de politique teint leur borne inférieure effective, ou par des achats
économique devraient limiter les dégâts en amortis- d’actifs et des cadrages prospectifs, lorsque les taux
sant les pertes de revenu des personnes et des entre- d’intérêt se situent déjà à cette limite. Les banques cen-
prises. Les mesures particulièrement efficaces à cet trales des pays émergents qui procèdent à des achats
égard se traduisent notamment par des allégements fis- d’actifs doivent communiquer clairement sur les ob-
caux temporaires en faveur des personnes et des entre- jectifs de leur programme et sur leur cohérence avec les
prises touchées, des subventions salariales versées aux objectifs de stabilité des prix. Elles pourront ainsi at-
travailleurs en chômage partiel, des transferts moné- ténuer les risques d’inflation, de fuite des capitaux et
taires, l’octroi de reports de paiements financiers et de perception d’une domination de la politique bud-
des congés payés pour maladie ou raison familiale. gétaire sur la politique monétaire. Une relance bud-
L’assouplissement des conditions d’admissibilité à l’as- gétaire par des investissements dans les infrastructures
surance chômage et l’amélioration de la couverture publiques ou des réductions d’impôts généralisées
des travailleurs indépendants devraient également être (lorsque les conditions de financement le permettent)
envisagés dans le cadre des efforts visant à renforcer peut renforcer la confiance, préserver les flux de tréso-
le dispositif de protection sociale dans son ensemble. rerie des entreprises et limiter le nombre de faillites.
Ces mesures ont déjà permis d’accroître le revenu dis-
ponible dans de nombreux pays avancés et, à un degré À mesure que la pandémie évolue, que ses effets sur les
moindre, dans les pays émergents et les pays en déve- différents secteurs se font plus évidents et que les dirigeants
loppement, empêchant ainsi une baisse encore plus savent mieux quelles interventions sont les plus efficaces,
marquée des dépenses. Le cas échéant, des garanties les mesures de politique économique visant à limiter les
de crédit temporaires et une restructuration des prêts dégâts devront elles aussi être adaptées. Il faudra éviter de
peuvent aider les entreprises solvables mais illiquides bloquer les personnes et les intrants dans des secteurs peu
à rester à flot et contribuer à préserver les relations de susceptibles de retrouver leur dynamisme d’avant la pan-
travail qui devraient rester viables après la pandémie. démie, tout en soutenant les plus vulnérables.
• Dans le même temps, des programmes de reconver- Favoriser la reprise là où une réouverture est en cours.
sion et de recyclage devraient être mis en place dans la Comme indiqué plus haut, de nombreux pays qui avaient
mesure du possible, afin que les travailleurs puissent, si pris des mesures de réouverture en mai et juin ont de-
nécessaire, chercher un emploi dans d’autres secteurs. puis ralenti ou interrompu ce processus. Des fermetures
Étant donné que la transition risque de prendre du de lieux de travail restent en vigueur, mais sont moins fré-
temps, les travailleurs victimes de suppressions d’em- quentes qu’il y a quelques mois. À mesure que la réouver-
plois auront besoin d’une aide au revenu de longue ture se poursuit, les autorités doivent soutenir la reprise en
durée, adaptée au temps qu’il leur faudra pour se re- veillant au caractère progressif du retrait des aides ciblées,
convertir et trouver un emploi. en continuant de faciliter une réaffectation vers des sec-
• En complément des mesures ciblées mises en œuvre, teurs moins touchés par la distanciation physique et en
une riposte globale sur le plan monétaire, financier, prévoyant autant que possible des mesures de relance.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 25


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

• Le retrait de mesures telles que les subventions sala- expansion. En outre, une partie importante de la réo-
riales, les transferts monétaires, la hausse des presta- rientation consistera à assainir les bilans (pour des préci-
tions d’assurance chômage et les garanties de crédit sions, voir la partie sur les mesures permettant de relever
pour les petites et moyennes entreprises devrait se faire les défis à moyen et long terme).
en fonction du rythme de la reprise et ne commencer • Pendant la période de transition, dans les pays où les
qu’après un redressement durable de l’activité. Une anticipations d’inflation sont ancrées, une politique
suppression prématurée de ces éléments vitaux, en par- monétaire accommodante peut être utile, car elle per-
ticulier lorsque les infections se multiplient et exigent mettrait de faire en sorte que les coûts de l’emprunt
éventuellement la prise de nouvelles mesures d’endi- restent faibles et les conditions de crédit favorables.
guement, risque de replonger l’économie dans la ré- Les perspectives d’une inflation relativement faible à
cession. En outre, le rythme auquel certaines mesures moyen terme laissent penser que les banques centrales
sont retirées doit dépendre de la structure de l’éco- disposent d’une marge de manœuvre pour permettre
nomie. Par exemple, dans les pays comptant une forte à la reprise de s’enraciner fermement avant de sortir de
proportion de travailleurs indépendants et une vaste leur cadre actuel.
économie informelle, il peut se révéler nécessaire de
poursuivre plus longtemps les transferts en espèces et Limiter les dégâts dans les pays disposant d’une vaste éco-
en nature en faveur des ménages, tandis que d’autres nomie informelle. Bon nombre des mesures évoquées
mesures peuvent être abandonnées. Dans les pays où jusqu’à présent reposent sur des registres fiscaux bien éta-
les moyennes et grandes entreprises représentent une blis et sur un accès généralisé aux comptes bancaires pour
part importante de l’emploi, il peut être nécessaire, s’assurer que l’aide parvient à ceux qui en ont besoin. Or,
pour éviter une augmentation soudaine du chômage, ces infrastructures font souvent défaut dans les pays où
de maintenir les garanties de crédit et l’appui à la liqui- l’emploi informel est très répandu. Dans ces pays, l’aide
dité pour les entreprises ainsi que les subventions sa- publique peut être fournie au moyen de systèmes de paie-
lariales pour les travailleurs salariés, même si d’autres ment numériques, comme cela a été fait au Bénin et en
mesures d’urgence sont progressivement supprimées. Côte d’Ivoire (voir aussi Díez et al., 2020). Dans certains
• À mesure que des ressources budgétaires sont dégagées pays, des bases de données centralisées dotées de numéros
de l’aide ciblée, une partie de celles-ci devrait être réaf- d’identification ont été utilisées pour apporter une aide ci-
fectée à l’investissement public. Les autorités peuvent blée aux commerçants, aux chauffeurs de taxi et aux autres
par exemple investir dans les énergies renouvelables, groupes les plus éprouvés pendant le confinement (par
l’amélioration de l’efficience du réseau électrique et la exemple au Togo). D’autres problèmes se posent lorsque
modernisation des bâtiments afin d’en réduire l’em- les personnes ne possèdent pas de téléphone portable ou de
preinte carbone (voir aussi le chapitre 2 de l’édition numéro d’identification et ne peuvent donc pas recevoir de
d’octobre 2020 du Moniteur des finances publiques). paiements numériques. Dans ces cas, les solutions peuvent
En outre, à mesure qu’elles mettent fin aux dispositifs consister en une aide en nature sous forme de nourriture,
d’urgence, elles devraient augmenter les dépenses so- de médicaments ou d’autres produits de première nécessité
ciales afin de protéger les personnes les plus vulnérables. fournis par les autorités locales, des organisations de proxi-
Par exemple, lorsque des lacunes existent et selon les be- mité ou des magasins spécialisés qui stockent des produits
soins, elles pourraient insister sur certaines mesures de subventionnés (Prady, 2020).
protection sociale, notamment les congés payés pour Pour faire face à d’autres chocs, les dirigeants devraient
maladie ou raison familiale, l’assouplissement des condi- également renforcer les mécanismes permettant d’ap-
tions d’admissibilité à l’assurance chômage et le renfor- porter automatiquement et rapidement une aide tempo-
cement de la couverture des prestations de santé. raire en cas de récession. Comme mentionné dans l’édition
• En complément de ces efforts, des subventions à l’em- d’avril 2020 des PEM, les mesures de relance budgétaire
bauche et une hausse des dépenses en faveur de la re- fondées sur des règles et déclenchées en cas de détériora-
conversion, associées à une aide au revenu pour les tra- tion de la situation macroéconomique (par exemple les
vailleurs victimes de suppressions d’emplois, peuvent transferts monétaires temporaires en faveur des ménages
contribuer à faciliter la transition. Les mesures visant à à faibles revenus dont les liquidités sont limitées qui sont
réduire les rigidités du marché du travail qui dissuadent mis en œuvre lorsque le chômage ou les demandes de pres-
les entreprises d’embaucher peuvent également contri- tations de chômage dépassent un certain seuil) peuvent
buer à la réorientation des emplois vers des secteurs en contribuer à atténuer les ralentissements.

26 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Mesures permettant de relever les défis Favoriser de nouvelles perspectives de croissance, notam-
à moyen et à long terme ment pour accélérer la transition vers une économie à faibles
La pandémie de COVID-19 est un phénomène qui émissions de carbone. En outre, comme indiqué au cha-
génère des mutations sans précédent depuis la Seconde pitre 3, un effort d’investissement vert visant à accroître
Guerre mondiale. Les dommages causés au potentiel de le recours aux énergies renouvelables, à améliorer l’effi-
l’offre, l’accumulation de la dette et les conséquences pour cience du réseau et à rénover les bâtiments pour accroître
les inégalités dont il a été question plus haut sont suscep- les économies d’énergie pourrait également stimuler les
tibles d’exacerber des problèmes antérieurs à la pandémie. dépenses d’investissement dans certains secteurs, notam-
Par ailleurs, le recul de l’accumulation de capital humain ment ceux des matériaux de construction et des systèmes
constitue une nouvelle difficulté. La présente partie traite de chauffage à faible consommation d’énergie, tout en
des mesures prioritaires à prendre pour relever ces défis. accélérant la transition vers une trajectoire de croissance
plus sobre en carbone. L’accord de l’Union européenne vi-
sant à consacrer 30 % de l’instrument de relance « Next
Favoriser une croissance plus forte et viable Generation EU » aux dépenses relatives au changement cli-
sur le plan environnemental matique constitue un pas dans cette direction. Plus géné-
La croissance de la productivité avait déjà ralenti dans ralement, les efforts destinés à promouvoir l’investissement
les pays émergents et les pays en développement au cours dans de nouveaux domaines de croissance contribueraient
des 15 années précédant la pandémie, et ce avant même également à la réorganisation post-pandémique de l’éco-
la crise financière mondiale (Adler et al., 2017 ; cha- nomie à mesure que les entreprises tirent profit des nou-
pitre 2 de l’édition d’octobre 2018 des PEM). Dans les velles possibilités offertes. Un ensemble de nouvelles pers-
projections à moyen terme, les dommages causés au po- pectives de croissance est apparu pendant la pandémie du
tentiel de l’offre s’expliquent en partie par la persistance fait de l’accélération du passage au commerce électronique,
des facteurs qui avaient entraîné un fléchissement de la de la numérisation croissante de l’économie et de possibles
croissance de la productivité dans les années précédant la innovations concernant de nouveaux services fondés sur
pandémie : une croissance relativement lente des investis- des données. Un autre ensemble de possibilités est lié à la
sements, qui pèse sur l’accumulation de capital physique, médecine et à la biotechnologie.
des améliorations plus modestes du capital humain et un
ralentissement des gains d’efficience dans la combinaison
des avancées technologiques et des facteurs de production Stimuler l’accumulation de capital humain
disponibles, dû en partie à des inadéquations sectorielles. Compte tenu de la fermeture des écoles et des univer-
Les initiatives qui peuvent contrecarrer ces facteurs sités pendant une grande partie de l’année 2020, la dé-
consistent notamment à assainir les bilans et à se défaire scolarisation à l’échelle mondiale constituera probable-
des créances en souffrance afin que les investissements ment l’une des séquelles les plus durables de la crise de
puissent se redresser rapidement. Les dirigeants devraient la COVID-19. L’apprentissage à distance pourrait ne
également s’attaquer aux rigidités du marché du travail et pas suffire pour y remédier, même là où la connexion
en réduire les barrières à l’entrée susceptibles d’entraver la Internet à haut débit est généralisée, où les consomma-
réaffectation des ressources vers les secteurs en expansion. teurs ont un accès satisfaisant à l’apprentissage en ligne et
À cet égard, le bouleversement du secteur des entreprises où un enseignement complémentaire peut être dispensé à
provoqué par la pandémie, en particulier la sortie des pe- domicile. La déscolarisation peut avoir des conséquences
tites entreprises, risque de renforcer la tendance à une durables pour les perspectives de revenu des individus
augmentation généralisée de la concentration et du pou- tout au long de leur vie et pour la croissance de la pro-
voir de marché dans l’ensemble de l’économie (chapitre 3 ductivité dans l’ensemble de l’économie. Les dirigeants
de l’édition d’avril 2019 des PEM), ce qui constitue devront élaborer des stratégies de rattrapage à appliquer
une menace pour le dynamisme de l’économie et l’in- lorsque la pandémie sera sous contrôle et qu’il sera pos-
novation. Les cadres de concurrence et la surveillance sible de reprendre une scolarité à plein temps en toute
des fusions d’entreprises doivent permettre de s’assurer sécurité. Les mesures envisageables pourraient consister
que cette évolution ne conduit pas à des abus de pou- à prévoir des fonds permettant de réajuster la durée de
voir de marché et que les petites entreprises en démar- l’année scolaire, à former les enseignants aux méthodes de
rage puissent continuer de concurrencer les entreprises en rattrapage pour remédier aux lacunes dues à la déscolari-
place sur un pied d’égalité. sation et à mettre en place ou généraliser des programmes

Fonds monétaire international | Octobre 2020 27


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

de soutien parascolaire (voir Banque mondiale, 2020b). personnes physiques, l’instauration d’une taxe sur la va-
Dans le même temps, les programmes éducatifs et pro- leur ajoutée lorsque celle-ci n’est pas prévue dans le code
fessionnels devront répondre aux besoins de formation des impôts, et l’amélioration de la couverture des registres
dans des domaines qui seront probablement très de- fiscaux et de la transmission électronique des déclarations.
mandés (services d’urgence, infirmiers, techniciens de la- Pour ce qui est des dépenses, réduire celles liées notam-
boratoire et, plus généralement, connaissances informa- ment aux subventions mal ciblées et inutiles contribue-
tiques permettant à davantage de personnes de profiter rait à la consolidation. Dans certains cas, la restructuration
des possibilités de télétravail). Même s’il est procédé à de la dette souveraine peut être nécessaire pour atténuer
ces adaptations, le taux de participation aux programmes les contraintes de financement et rétablir la viabilité de la
professionnels peut demeurer insuffisant si la formation dette, bien que cela pose d’autres problèmes, notamment
suppose l’acquisition d’un ensemble de compétences des conséquences potentiellement durables pour la crédi-
sensiblement différentes et difficiles, ce qui risque d’en- bilité d’un État. Le cas échéant, il peut se révéler nécessaire
traîner une augmentation persistante des abandons et d’activer des clauses d’action collective pour accélérer le
du nombre de personnes sans emploi qui ne suivent ni processus. La restructuration peut prendre la forme d’un
études ni formation. allongement des échéances, d’une réduction des taux d’in-
térêt, d’une réduction du principal (décote) et d’autres
échanges de créances (avec des conditions renégociées).
Répartir les gains plus équitablement Surendettement des entreprises. Pour résoudre le pro-
Comme nous l’avons déjà mentionné, le recul de l’ac- blème du surendettement probable des grandes entre-
cumulation de capital humain est un élément qui risque prises au sortir de la crise, il faudra d’abord déterminer
d’accroître les inégalités en raison de la pandémie. Au- quelles entreprises sont considérées comme viables et
delà de l’enseignement, les mesures de dépenses so- peuvent être restructurées et lesquelles ne le sont pas.
ciales visant à lutter contre le creusement des inégalités Dans le cas des entreprises d’importance systémique,
consistent notamment à renforcer l’aide sociale (par des injections de capitaux peuvent être envisagées. Si le
exemple transferts monétaires conditionnels, bons ali- modèle économique d’une entreprise semble viable à
mentaires et vivres en nature, couverture des frais médi- moyen terme, il convient de restructurer son bilan et de
caux pour les ménages à faible revenu), à étendre l’assu- lui fournir des liquidités. Il peut être nécessaire de ren-
rance sociale (assouplissement des critères d’admissibilité forcer (ou de mettre en place) des dispositifs spéciaux de
à l’assurance chômage, extension de la couverture des restructuration extrajudiciaire pour faire face au nombre
congés payés pour maladie ou raison familiale) et à in- élevé de cas attendus. Il faudra appliquer des solutions de
vestir dans des programmes de reconversion et de recy- restructuration normalisées et des mesures d’incitation
clage permettant d’améliorer les perspectives de retrouver (échéances pour les accords, amendes pour les créanciers,
un emploi pour les travailleurs licenciés. menace de liquidation pour les débiteurs) pour accé-
lérer la restructuration (Liu, Garrido et DeLong, 2020).
Pour contribuer à gérer une éventuelle augmentation des
Résoudre les situations de surendettement prêts improductifs, les autorités de contrôle devraient
La portée des mesures visant à stimuler la croissance renforcer la surveillance réglementaire (par exemple en
de la productivité, à accélérer la transition vers une éco- faisant preuve de plus de rigueur en ce qui concerne le
nomie sobre en carbone et à réduire les inégalités est sou- provisionnement, les annulations de créances et la comp-
vent limitée, car les niveaux d’endettement élevés ob- tabilisation des recettes), tandis que les banques devraient
servés au début de la crise vont encore augmenter. améliorer leurs capacités internes de gestion des prêts im-
Surendettement des États. Les États dont l’encours de la productifs. Le développement des marchés des créances
dette est élevé devront envisager des mesures permettant en souffrance peut être soutenu en améliorant l’accès aux
d’augmenter les recettes et de réduire progressivement les informations sur les débiteurs, en supprimant les obs-
dépenses à moyen terme. Il s’agit notamment d’accroître tacles réglementaires (par exemple en permettant à des
la progressivité du code des impôts, comme nous l’avons entités non bancaires de détenir et de gérer des prêts im-
évoqué plus haut. Les efforts visant à élargir l’assiette de productifs) et en améliorant la qualité des évaluations de
l’impôt peuvent se traduire par une réduction des allége- garanties. Les règles fiscales qui empêchent les restructu-
ments fiscaux accordés aux entreprises, un plafonnement rations ou les annulations de dettes devraient également
plus strict des déductions de l’impôt sur le revenu des être modifiées (Aiyar et al., 2015 ; Awad et al., 2020).

28 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Compte tenu de l’ampleur du choc de la pandémie de inférieure aux projections de référence. Une coopération
COVID-19 et de la possibilité que les faillites aient des multilatérale efficace permettant de désamorcer ces ten-
répercussions plus fortes que lors d’une récession tradi- sions et de combler les lacunes du système commercial
tionnelle, il convient de soutenir la solvabilité plus mas- multilatéral fondé sur des règles contribuerait grande-
sivement que d’habitude, sauf pour les entreprises qui ment à prévenir cette dégradation.
étaient déjà insolvables avant le début de la crise. Des me- Les pays doivent également agir collectivement pour
sures fiscales, notamment le report rétrospectif des pertes, tenir leurs engagements en matière d’atténuation des
pourraient contribuer à aider les entreprises jusqu’alors changements climatiques. Comme expliqué au cha-
viables. Pour les grandes entreprises, l’aide peut prendre pitre 3, une action conjointe, menée en particulier par
la forme d’injections directes de fonds propres ou de les plus gros émetteurs et combinant une hausse régu-
créances de second rang assorties de garanties qui per- lière des prix du carbone et le développement de l’in-
mettent aux finances publiques de bénéficier d’un éven- vestissement vert, est indispensable pour parvenir à des
tuel retour à la rentabilité. Pour les petites et moyennes réductions d’émissions conformes à la limitation de l’aug-
entreprises non cotées en bourse, pour lesquelles les injec- mentation de la température mondiale prévue dans les
tions directes de fonds propres ne sont pas envisageables, objectifs de l’Accord de Paris conclu en 2015. Un en-
il pourrait s’agir de leur verser des subventions qui seront semble de mesures d’atténuation, largement adopté et
partiellement récupérées au moyen d’une augmentation porteur de croissance, pourrait accroître l’activité mon-
temporaire du taux d’imposition des sociétés. diale au moyen d’un investissement à court terme dans
Lorsque les chaînes de consommation et de produc- des infrastructures respectueuses de l’environnement,
tion connaissent des mutations durables ou structurelles dont les coûts de production seraient modestes à moyen
et que les perspectives à moyen terme d’une entreprise terme, car les pays abandonneraient progressivement
sont mauvaises, il peut être nécessaire de procéder à une les combustibles fossiles au profit de technologies plus
liquidation pour réaffecter le capital et la main-d’œuvre propres. Par rapport au statu quo, cet ensemble de me-
à de meilleurs usages. Pour les entreprises devenues non sures donnerait un fort coup d’accélérateur aux revenus
viables en raison de mutations structurelles persistantes, il au cours de la deuxième moitié du siècle en permettant
est essentiel de disposer d’un régime de faillite efficace et d’éviter des dommages et des risques de catastrophe im-
équitable qui permette de répartir les pertes entre les in- putables aux changements climatiques. La communauté
vestisseurs, les banques et les propriétaires. internationale devrait également prendre de toute ur-
gence des mesures visant à renforcer ses moyens de lutte
contre des crises sanitaires calamiteuses, par exemple
Des mesures multilatérales pour assurer une reprise en augmentant les réserves d’équipements de protec-
durable à l’échelle mondiale tion et de fournitures médicales essentielles, en finan-
Au-delà de la pandémie actuelle, comme indiqué çant la recherche et en assurant constamment une aide
dans la partie sur les risques, l’intensification des ten- suffisante aux pays dont les capacités sanitaires sont li-
sions commerciales et technologiques entre les pays pour- mitées, notamment avec le concours d’organisations
rait donner lieu à une croissance mondiale nettement internationales.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 29


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré scénario 1. Autres scénarios possibles


Ici, le modèle G-201 est utilisé pour estimer les pos- Graphique scénario 1. Autres évolutions
sibles répercussions sur l’activité de deux voies que peut possibles de la lutte contre le virus
prendre l’évolution de la lutte contre la COVID-19. de la COVID-19
Dans la première (défavorable), l’endiguement du virus (Écart par rapport au scénario de référence)
se révèle être plus difficile et plus long que prévu jusqu’à Scénario favorable Scénario défavorable
ce qu’un vaccin soit largement disponible. Dans la se- 1. PIB réel mondial 2. Croissance du PIB
conde (favorable), la lutte contre le virus se déroule bien 4 (En pourcentage) réel mondial 4
sur tous les plans. (En points de 3
2 pourcentage) 2
Évolution défavorable : l’endiguement se révèle 1
0
beaucoup plus difficile que prévu 0
Dans le scénario défavorable (ligne rouge dans le gra- –2 –1
phique scénario 1), il est supposé que les mesures vi- –2
sant à endiguer la propagation (obligatoires ou faculta- –4 –3
2019 21 23 25 2019 21 23 25
tives) accroissent légèrement l’effet direct sur l’activité 3. PIB réel des PA 4. PIB réel des PE
au cours du second semestre de 2020, car le virus se ré- 4 (En pourcentage) (En pourcentage) 4
vèle plus difficile à maîtriser. En outre, il est supposé
2 2
que, en 2021, les progrès sur tous les fronts de la lutte
contre le virus sont plus lents que prévu dans le scénario 0 0
de référence, notamment en ce qui concerne les vaccins, –2 –2
les traitements et le respect des consignes de distancia-
tion physique visant à endiguer la propagation du virus. –4 –4
Cela entraîne une détérioration de l’activité dans les sec- –6 –6
teurs où les contacts sont nombreux, ce qui se répercute 2019 21 23 25 2019 21 23 25
par un effet de revenu sur d’autres secteurs. Ces réper-
24 5. Dette publique 6. Dette publique 24
cussions sur la demande intérieure sont ensuite ampli- des PA/PIB des PE/PIB
fiées par les échanges commerciaux. Un resserrement des 18 (En points de (En points de 18
conditions financières est également supposé : les écarts pourcentage) pourcentage)
12 12
de taux sur les obligations d’entreprises augmentent dans
les pays avancés, et ces écarts ainsi que les écarts de ren- 6 6
dement sur les obligations souveraines se creusent dans 0 0
les pays émergents. L’augmentation en 2020 est assez
–6 –6
modérée, mais plus marquée en 2021, car la faiblesse de 2019 21 23 25 2019 21 23 25
l’activité persiste. Les conditions financières reviennent
progressivement au niveau de référence au-delà de 2022. Source : FMI, simulations selon le modèle G-20.
Selon les hypothèses retenues, les autorités budgétaires Note : PA = pays avancés ; PE = pays émergents.
des pays avancés réagissent par une augmentation des
transferts au-delà des stabilisateurs automatiques habi-
tuels, tandis que l’action de leurs homologues dans les
pays émergents est plus restreinte, car seuls les stabili- non conventionnelles pour juguler les hausses des taux
sateurs automatiques fonctionnent. Les autorités mo- d’intérêt à long terme. La faiblesse prolongée de l’activité
nétaires des pays avancés dont la marge de manœuvre est supposée nuire davantage et de manière persistante
conventionnelle est restreinte ont recours à des mesures à la capacité d’offre des pays, ce qui se traduit par une
perte de capital productif, une hausse durable du taux de
Les auteurs du présent encadré sont Ben Hunt et Susanna chômage naturel et un ralentissement temporaire de la
Mursula. croissance de la productivité. Ces effets de cicatrisation
1Le modèle G-20 est un modèle global et structurel de l’éco-
devraient se faire largement sentir en 2022 et au-delà. La
nomie mondiale qui tient compte des répercussions internationales
et des principales relations économiques entre le secteur des mé-
plage 1 du graphique 2 du scénario présente une décom-
nages, le secteur des entreprises et le secteur public, y compris la po- position de l’incidence sur le PIB mondial des quatre
litique monétaire. principaux éléments du scénario défavorable.

30 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré scénario 1 (suite)


Graphique scénario 2. Scénarios favorable de 10 points de pourcentage dans les pays avancés et, plus
et défavorable : PIB réel mondial modestement, de 5 points de pourcentage dans les pays
(Écart en pourcentage par rapport au scénario émergents d’ici à 2022.
de référence)
1. Scénario défavorable Évolution favorable : la lutte contre le virus
Distanciation physique dans le pays et retombées se déroule bien sur tous les plans
6 sur les échanges
Durcissement net des conditions financières Dans le scénario favorable (ligne bleue dans le gra-
4 Séquelles phique scénario 1), il est supposé que la lutte contre la
Dépenses budgétaires exceptionnelles COVID-19 se déroule en tout point beaucoup mieux que
2 Total
ce qui avait été envisagé dans le scénario de référence. En
0 ce qui concerne les traitements, des progrès permettent de
réduire rapidement le taux de mortalité, ce qui diminue
–2
le sentiment de peur et contribue à rétablir la confiance.
–4 Une augmentation rapide et sensible des investissements
dans les capacités de production de vaccins et des accords
–6
2020 21 22 23 24 25 de coopération dans la chaîne d’approvisionnement mon-
6 2. Scénario favorable
diale correspondante permettent de disposer de vaccins
plus tôt que prévu et à grande échelle. Grâce à la franchise
4 et à la transparence totales des travaux de recherche menés
2
en la matière, la confiance dans l’efficacité et l’innocuité
des vaccins est renforcée, ce qui permet de généraliser les
0 vaccinations. Toutes ces avancées permettent aux secteurs
Effacement de la distanciation physique dans le pays
–2 et des répercussions commerciales
où les contacts sont nombreux, qui ont été les plus tou-
Assouplissement des conditions financières chés, de connaître une reprise de l’activité plus rapide-
–4 Effacement des séquelles ment que prévu par rapport au scénario de référence. En
Total
–6
outre, l’amélioration générale de la confiance entraîne une
2020 21 22 23 24 25 augmentation des dépenses dans d’autres secteurs à me-
Source : FMI, simulations selon le modèle G-20. sure que l’incertitude sur les perspectives de revenus fu-
turs se dissipe. Une activité plus dynamique entraîne à
son tour une amélioration des perspectives des entreprises
Par rapport au scénario de référence, la croissance mon- et une détérioration moins forte de la situation budgé-
diale en 2020 est plus faible d’environ ¾ point de pour- taire, ce qui conduit à une baisse des primes de risque.
centage et de près de 3 points de pourcentage en 2021 En outre, le redressement plus rapide que prévu permet
selon le scénario défavorable. Les pays émergents sont plus de réduire le nombre de faillites, de limiter les perturba-
touchés que les pays avancés, car le faible espace budgé- tions sur le marché du travail et d’atténuer le ralentisse-
taire dont ils disposent restreint leur capacité à soutenir les ment de la croissance de la productivité par rapport aux
revenus. Par conséquent, des conditions financières encore hypothèses du scénario de référence. L’amélioration de ces
plus restrictives pour les pays émergents accentuent ce dé- facteurs liés à l’offre commence en 2023 et se poursuit.
calage, qui est amplifié par des séquelles plus profondes. Pour ce qui est des politiques publiques, avec l’améliora-
Après 2021, la croissance dépasse le niveau de référence tion de l’activité, il est supposé que le retrait de l’impul-
pendant plusieurs années, mais le niveau du PIB mondial sion budgétaire ne se fait qu’au niveau des stabilisateurs
est toujours inférieur d’environ 1,5 % au niveau de réfé- automatiques et que les autorités monétaires sont partout
rence à la fin de la période considérée dans les Perspectives en mesure de faire face à l’accélération de la croissance
de l’économie mondiale, en 2025. L’incidence négative sur sans compromettre leurs objectifs de stabilité des prix. La
le niveau du PIB est environ deux fois plus forte pour les plage 2 du graphique scénario 2 présente une décompo-
pays émergents que pour les pays avancés. Les effets né- sition de l’incidence sur le PIB mondial des trois princi-
fastes plus prolongés sur l’activité, combinés aux dépenses paux éléments du scénario favorable.
budgétaires supplémentaires visant à soutenir les revenus, Dans le cadre du scénario favorable, la croissance
entraînent une nette augmentation de l’endettement mondiale s’accélère progressivement par rapport au scé-
public. Le ratio dette/PIB augmente en moyenne de plus nario de référence : son taux est plus élevé d’environ

Fonds monétaire international | Octobre 2020 31


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré scénario 1 (fin)


½ point de pourcentage en 2021 et atteint environ En 2025, le PIB mondial est supérieur d’environ 2 %
1 point de pourcentage de plus en 2023. La reprise de- au niveau de référence, et l’amélioration dans les pays
vient plus modérée en 2024, et la croissance légèrement émergents est presque deux fois plus forte que dans les
inférieure au niveau de référence en 2025. Si les pays pays avancés. L’accélération de la croissance entraîne une
avancés comme les pays émergents enregistrent une nette amélioration de la situation budgétaire : les pays avancés
amélioration de l’activité, ces derniers en profitent da- comme les pays émergents voient leur ratio dette/PIB di-
vantage, car le scénario de référence suppose que le ca- minuer d’environ 5 points de pourcentage d’ici à la fin
ractère limité des progrès observés dans la mise en œuvre de la période considérée dans les Perspectives de l’économie
des mesures de lutte contre le virus pèse davantage sur les mondiale. Si les autorités budgétaires profitent également
pays émergents. En outre, la différence est amplifiée par de cette accélération pour mettre fin aux mesures discré-
une diminution relativement plus marquée des primes de tionnaires plus rapidement que prévu dans le scénario
risque et par un effacement plus prononcé des séquelles de référence, le ratio dette/PIB pourrait enregistrer une
prévues dans le scénario de référence. amélioration encore plus nette.

32 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.1. Révision des parités de pouvoir d’achat dans les Perspectives de l’économie mondiale
Le Programme de comparaison internationale (PCI), des États-Unis), le prix relatif d’un panier donné de biens
géré et publié par la Banque mondiale en coordination et de services d’un pays à l’autre.
avec l’Organisation de coopération et de développement Les estimations de la production et de la croissance
économiques et d’autres organisations internationales, a régionales et mondiales, ainsi que les prévisions en la
permis de rendre publiques, en mai 2020, de nouvelles matière, sont des indicateurs macroéconomiques essen-
parités de pouvoir d’achat (PPA) pour l’année de réfé- tiels dont font état de nombreuses publications phares
rence 2017 dans les 176 pays participants. Des résul- du FMI, notamment les Perspectives de l’économie mon-
tats révisés pour l’année de référence précédente, 2011, diale (PEM). Les PPA révisées utilisées dans l’édition
et des estimations des PPA annuelles pour la période d’octobre 2020 des PEM sont basées sur les données
2012–16 ont également été publiés1. Les PPA sont utili- 2011–17 de l’enquête 2017 du PCI, qui sont ensuite
sées pour convertir différentes monnaies en une monnaie extra­polées dans un sens et dans l’autre en utilisant les
commune et égaliser leur pouvoir d’achat en éliminant taux de croissance des déflateurs relatifs du PIB (quotient
les différences de niveaux de prix entre les pays. Elles in- du déflateur du PIB d’un pays par le déflateur du PIB
diquent, par rapport à une économie de référence (celle des États-Unis). Ces données génèrent le PIB en PPA,
qui sert de pondération pour calculer la croissance du
PIB réel régional et mondial ainsi que d’autres agrégats
Le présent encadré a pour auteurs Jungjin Lee et Evgenia du secteur réel, y compris l’inflation2.
Pugacheva, qui ont bénéficié des contributions d’Angela Espiritu et
de Mahnaz Hemmati. 2Voir la foire aux questions (en anglais) sur les PEM pour plus
1Voir le rapport 2017 du PCI (en anglais ) pour plus d’informa- d’informations sur la méthode d’agrégation et l’utilisation des PPA
tions sur les résultats obtenus et la méthode employée. dans les PEM.

Tableau 1.1.1. Variations des parts du PIB mondial dues aux révisions des parités de pouvoir d’achat
(En pourcentage, sauf indication contraire)
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8)
Part du PIB mondial Part du PIB
Nouvelle (PCI 2017) Ancienne (PCI 2011) Écart2 en USD
2011 2017 20191 2011 20171 20191 2019 2019
Pays avancés 45,3 44,0 43,1 45,2 41,3 40,3 2,8 59,1
États-Unis 16,3 16,1 15,9 16,3 15,2 15,1 0,9 24,4
Zone euro3 13,2 12,9 12,5 13,2 11,5 11,2 1,3 15,2
Japon 4,8 4,3 4,1 4,8 4,2 4,0 0,0 5,8
Autres pays avancés4 7,0 6,9 6,8 6,9 6,6 6,5 0,3 8,4

Pays émergents et pays en développement 54,7 56,0 56,9 54,8 58,7 59,7 –2,8 40,9
Pays émergents et pays en développement d’Asie 26,5 29,9 31,5 26,7 32,4 34,1 –2,6 24,1
Chine 14,4 16,3 17,4 14,5 18,1 19,2 –1,8 16,8
Inde 5,9 6,8 7,1 6,1 7,5 7,8 –0,7 3,5
Pays émergents et pays en développement d’Europe 7,5 7,6 7,6 7,7 7,2 7,1 0,5 4,5
Russie 3,4 3,1 3,1 3,6 3,2 3,1 0,0 1,9
Amérique latine et Caraïbes 8,7 8,0 7,6 8,7 7,7 7,2 0,3 5,9
Brésil 3,1 2,5 2,4 3,1 2,5 2,4 –0,1 2,1
Mexique 2,0 2,0 2,0 2,0 1,9 1,8 0,1 1,4
Moyen-Orient et Asie centrale 9,0 7,4 7,1 8,7 8,4 8,1 –0,9 4,5
Arabie saoudite 1,7 1,3 1,2 1,4 1,4 1,3 –0,1 0,9
Afrique subsaharienne 3,0 3,1 3,1 3,1 3,1 3,1 0,0 2,0
Nigéria 0,9 0,8 0,8 0,9 0,9 0,9 –0,1 0,5
Afrique du Sud 0,7 0,6 0,6 0,7 0,6 0,6 0,0 0,4
Sources : Mise à jour des PEM de juin 2020 ; calculs des services du FMI.
Note : Les nouvelles parts reposent sur la Mise à jour des PEM de juin 2020 révisée à l’aide du PCI 2017, et les anciennes parts sur la Mise à jour
des PEM de juin 2020 ; PCI = Programme de comparaison internationale ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale ; USD = dollar américain.
1Extrapolations.
2Écart entre colonne 3 et colonne 6 ; en points de pourcentage.
3Agrégat des pays membres.
4Hors Groupe des Sept et pays de la zone euro.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 33


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 1.1 (suite)


Variations des PPA dans les régions et les pays hypothèses sur lesquelles reposent les extrapolations des
Le tableau 1.1.1 montre que la part des pays émergents PPA pour le PIB est que la structure de l’économie de
et des pays en développement dans le PIB mondial aug- chaque pays est similaire à celle du pays de référence et
mente, tandis que celle des pays avancés diminue au cours évolue de la même manière dans le temps. Dans la pra-
de la période 2011–19 sur la base du PCI 2017 (colonnes 1 tique, toutefois, les structures et les évolutions peuvent
à 3) ; c’était également le cas sur la base du PCI 2011 (co- être très différentes. Il s’agit là d’un point important,
lonnes 4 à 6). Toutefois, l’accent est mis ici sur les révisions en particulier lorsque des pays en développement sont
des pondérations pour une année donnée, et le principal comparés à un pays avancé. L’économie chinoise, par
changement consiste en une variation de la pondération re- exemple, s’est développée rapidement ces dernières an-
lative des pays avancés, dont la part dans l’économie mon- nées, et la manière dont sa structure a évolué est très dif-
diale pour 2019 est désormais estimée à 43 %, contre 40 % férente de celle observée aux États-Unis.
selon le calcul précédent. Si l’on considère les variations Bien que le PCI présente des valeurs révisées des PPA
pour les différents pays et régions, on constate que les pays de 2011 à partir des résultats du PCI 2017, les révisions
de la zone euro et les États-Unis ont des parts plus élevées par rapport à 2011 sont mineures, et les nouvelles esti-
en 2019 qu’auparavant. Parallèlement, les révisions pour mations de 2017 entraînent des variations dans les trajec-
la Chine et l’Inde prises ensemble absorbent pour l’essen- toires des PPA au cours de la période 2011–17 par rap-
tiel les variations plus faibles des pays émergents d’Asie et port à celles extrapolées à partir des données du PCI 2011.
de l’ensemble des pays émergents et des pays en développe- Le graphique 1.1.1 montre que la part de la Chine dans
ment dans les nouvelles pondérations. L’Amérique latine et le PIB de 2019 a été révisée à la baisse et que le taux de
les Caraïbes ainsi que les pays émergents d’Europe ont une conversion en PPA s’est déprécié par rapport aux estima-
pondération mondiale légèrement supérieure, tandis que tions précédentes. Cela laisse entendre que l’augmentation
la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale affiche une du niveau général des prix en Chine a été sous-estimée
pondération inférieure. La pondération de l’Afrique sub-
saharienne reste pratiquement inchangée.
Les parts des pays dans le PIB mondial qui servent de Graphique 1.1.1. Révision des parités
pondérations pour calculer la croissance de la produc- de pouvoir d’achat pour la Chine
tion mondiale peuvent différer selon que les parts du PIB (En pourcentage ; en monnaie nationale par dollar
sur l’échelle de droite)
sont établies à partir de la PPA ou des taux de change du
Part du PIB mondial en PPA : PCI 2017
marché3. Malgré les révisions des PPA, la part des pays 25 Part du PIB mondial en PPA : PCI 2011 7
émergents et des pays en développement dans le PIB Taux de conversion en PPA : PCI 2017
mondial en 2019 est beaucoup plus faible selon les taux (échelle de droite)
Taux de conversion en PPA : PCI 2011
de change du marché (41 %) que selon la PPA (57 %), (échelle de droite) 6
ce qui illustre le caractère plus limité de leur pouvoir 20
d’achat sur les marchés internationaux.
5
Facteurs déterminants de la révision des PPA
15
Des écarts sensibles peuvent apparaître entre les PPA
d’un nouveau cycle et les PPA extrapolées à partir d’un 4
cycle précédent, car le nouveau cycle présente des don-
nées supplémentaires et actualisées sur le monde. Les six 10
années écoulées entre les cycles du PCI donnent lieu à 3
des différences notables pour certains pays4. L’une des

3Le tableau 1.1 des PEM présente les deux mesures de la produc- 5 2
2005 07 09 11 13 15 17 19 21
tion mondiale.
4Bien que la méthode d’extrapolation utilisée soit robuste, les
Sources : Mise à jour des Perspectives de l’économie
estimations fondées sur l’extrapolation (par exemple, la valeur mondiale de juin 2020 ; calculs des services du FMI.
de 2017 dérivée du PCI 2011) ne devraient pas nécessairement Note : La zone grisée indique les années des nouvelles
coïncider avec l’année correspondante dans la nouvelle enquête du estimations tirées de l’enquête PCI 2017. PCI = Programme de
PCI 2017. Voir McCarthy (2013) et Deaton et Aten (2017). comparaison internationale ; PPA = parités de pouvoir d’achat.

34 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.1 (fin)


dans les données extrapolées à partir du PCI 2011. Dans faible. La croissance mondiale moyenne est estimée à
le PCI 2017, le niveau des prix relatifs en Chine en 2019 3,2 % pour 2018–19 et à 3,6 % pour 2011–17, soit en-
est désormais plus élevé, et le PIB converti au taux de PPA viron 0,1 point de pourcentage de moins que les taux
est donc plus faible. La part de la Chine en PPA dans obtenus avec les anciennes pondérations. Pour 2020,
l’économie mondiale en 2019 (17,4 %), établie à partir l’agrégation des prévisions par pays de la Mise à jour
du PCI 2017, est par conséquent inférieure à celle estimée des PEM de juin 2020 avec les nouvelles pondérations
à partir du PCI 2011 (19,2 %). Cela signifie que les aug- donne une projection du taux de croissance globale à
mentations des prix globaux dépassent les différences entre l’échelle mondiale de –5,2 % pour 2020 (par rapport à
les déflateurs du PIB. la projection de –4,9 % dans la Mise à jour des PEM de
juin 2020, qui reposait sur les anciennes pondérations)5.
Incidence de la révision des PPA sur la croissance globale La réduction de la pondération relative de la région qui
Pour illustrer la manière dont la modification des pon- connaît la croissance la plus rapide, selon les pondéra-
dérations peut influer sur le calcul des taux de croissance tions du PCI 2017, suppose également une croissance
globale, le tableau 1.1.2 compare l’agrégation des pré- moyenne légèrement inférieure pour les pays émergents
visions par pays présentées dans la Mise à jour des PEM et les pays en développement par rapport à l’estimation
de juin 2020, basées sur le PCI 2011, avec celles basées fondée sur les pondérations du PCI 2011.
sur le PCI 2017. La pondération plus faible des pays
émergents d’Asie à croissance rapide et la pondération 5Les calculs de la part du PIB et de la croissance globale fondés
plus élevée des pays avancés dans le cadre du PCI 2017 sur le PCI 2017 présentés ici sont basés sur les données les plus ré-
laissent supposer que la croissance mondiale calculée à centes de la Mise à jour des PEM de juin 2020 et peuvent différer des
partir des nouvelles pondérations est légèrement plus estimations finales de l’édition d’octobre 2020 des PEM.

Tableau 1.1.2. Révisions de la croissance du PIB réel des agrégats


des Perspectives de l’économie mondiale
(En pourcentage, sauf indication contraire)
2011–17 2018 2019 2020 2021
PEM de juin 2020 révisées à l’aide du PCI 2017
Monde 3,6 3,5 2,8 –5,2 5,4
Pays avancés 1,9 2,2 1,7 –8,1 4,8
Pays émergents et pays en développement 5,0 4,5 3,6 –3,1 5,8
PEM de juin 2020 fondées sur le PCI 2011
Monde 3,7 3,6 2,9 –4,9 5,4
Pays avancés 1,9 2,2 1,7 –8,0 4,8
Pays émergents et pays en développement 5,1 4,5 3,7 –3,0 5,9
Écart (en points de pourcentage)
Monde –0,05 –0,08 –0,08 –0,24 –0,04
Pays avancés 0,00 0,00 0,00 –0,07 0,04
Pays émergents et pays en développement –0,04 –0,03 –0,05 –0,13 –0,05
Sources : Mise à jour des PEM de juin 2020 ; calculs des services du FMI.
Note : PCI = Programme de comparaison internationale ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 35


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 1.2. Croissance inclusive dans les pays émergents et les pays en développement :
incidence de la COVID-19
Le présent encadré décrit les conséquences possibles État des lieux : avancées en matière de croissance
de la pandémie sur la réduction de la pauvreté, l’allonge- inclusive avant la pandémie
ment de l’espérance de vie et la diminution des inégalités Des progrès remarquables de réduction de la pau-
dans les pays émergents et les pays en développement. vreté ont été accomplis entre 2000 et le début de la pan-
Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté démie2. La proportion de personnes vivant avec moins de
devrait augmenter considérablement cette année, pour 1,90 dollar par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2011)
la première fois depuis plus de vingt ans, et les inéga- par rapport à la population totale est passée de 25 %
lités de revenu dans ces pays pourraient, en moyenne, en 2002 à 12 % en 2018, en moyenne, et les progrès ont
revenir aux niveaux observés en 2008, ce qui annihile- été plus nets dans les pays en développement à faible re-
rait les progrès réalisés depuis la crise financière mon- venu (graphique 1.2.1, plage 1)3. En plus des améliora-
diale. L’espérance de vie devrait moins varier, malgré des tions concernant la marge extensive de la pauvreté (me-
risques de détérioration dus à la fragilité des systèmes de sure de l’effectif), l’indice d’écart de pauvreté (la distance
santé et aux interruptions des traitements administrés au-dessous du seuil de pauvreté à laquelle se trouvent les
pour d’autres maladies mortelles. pauvres dans un pays donné) met en évidence des avan-
Au cours des deux décennies qui ont précédé la crise cées en ce qui concerne la marge intensive (distance
de la COVID-19, les pays émergents et les pays en dé- moyenne par rapport au seuil de 1,90 dollar/jour parmi
veloppement ont connu une croissance moyenne de les personnes vivant dans la pauvreté), ce qui indique que
4,1 %, soit 1 point de pourcentage de plus que pendant le montant moyen du transfert monétaire annuel à effec-
les deux décennies précédentes (1980–99). Avec le ralen- tuer pour chaque personne vivant dans la pauvreté afin de
tissement de la croissance démographique, le contraste mettre fin à l’extrême pauvreté est passé de 240 à 184 dol-
est encore plus marqué au niveau de la croissance par ha- lars (pour des transferts parfaitement ciblés).
bitant : 2,4 % en 2000–19, contre 1,0 % en 1980–99. Les indicateurs liés à la santé ont également mis en
Aussi, il est essentiel de savoir quels progrès ont été réa- évidence des progrès notables avant la crise. Une forte
lisés au cours des vingt dernières années pour rendre la « convergence » a été constatée en ce qui concerne l’es-
croissance plus inclusive dans ces pays (réduction de la pérance de vie : les niveaux ont considérablement aug-
pauvreté, allongement de l’espérance de vie et diminu- menté dans presque tous les pays émergents et les pays
tion des inégalités)1. en développement, et l’augmentation a été plus forte
Avec la pandémie, le PIB réel des pays émergents et pour les pays présentant une espérance de vie plus faible,
des pays en développement devrait diminuer de 3,3 % dont la plupart sont des pays en développement à faible
en 2020. Cette crise touche de manière disproportionnée revenu (graphique 1.2.1, plage 2)4. La convergence peut
les travailleurs vulnérables, ce qui met en péril une également être observée à l’intérieur des pays : l’inéga-
grande partie des progrès réalisés avant la crise et risque lité en matière d’espérance de vie entre les habitants d’un
d’exacerber les écarts qui subsistent. Dans ce contexte, même pays a été réduite, mais dans une moindre me-
une deuxième question fondamentale consiste à savoir sure. D’autres indicateurs de santé ont en outre révélé
comment la pandémie pèsera sur le caractère inclusif de des progrès sensibles, notamment en ce qui concerne
la croissance dans ces pays. la mortalité des moins de cinq ans, la mortalité mater-
nelle et l’accès à l’eau potable. Néanmoins, des difficultés
subsistent en ce qui concerne les systèmes de santé de
Le présent encadré a pour auteurs Gabriela Cugat et Futoshi nombre de ces pays, ce qui les rend particulièrement vul-
Narita, qui ont bénéficié des contributions des auteurs de Brussevich, nérables à la pandémie (voir Banque mondiale, 2019).
Dabla-Norris et Khalid (2020), de ceux de Bannister et Mourmouras
Malgré les avancées en matière de réduction de la pau-
(2017), ainsi que d’Albe Gjonbalaj. Il relève d’un projet de recherche
sur la politique macroéconomique dans les pays à faible revenu ap- vreté et d’allongement de l’espérance de vie, la diminution
puyé par le ministère des Affaires étrangères, du Commonwealth et
du Développement du Royaume-Uni (FCDO). Les avis qui y sont 2Pour plus de précisions, voir Banque mondiale (2018).
exprimés ne correspondent pas forcément à ceux du FCDO. 3Étant donné que les données analysées dans le présent encadré
1Pour une réflexion plus approfondie sur les pays en développe- sont pour la plupart sporadiques, les points de données d’une année
ment à faible revenu, voir Fabrizio et al. (2017) ; le chapitre 1 de l’édi- spécifique sont établis à partir d’une moyenne sur l’année en ques-
tion d’avril 2020 des Perspectives économiques régionales de l’Afrique tion et les quatre années précédentes.
subsaharienne traite des progrès accomplis dans les pays de la région. 4Pour plus de précisions, voir PNUD (2019).

36 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.2 (suite)


Graphique 1.2.1. Évolution positive Graphique 1.2.2. Écarts restants
1. Réduction de la pauvreté 1. Inégalité de revenu
120 (En pourcentage ; proportion de personnes 70 (En pourcentage ; indice de Gini ; moyennes
vivant avec 1,90 dollar par jour en parités simples ; 2002–18)
100 de pouvoir d’achat de 2011 ; 60
moyennes simples ; 2002–18)
80
50
60
40
40
30 Pays avancés,
20 moyenne de 2018
0 20
Pays émergents Pays en développement Pays émergents Pays en développement
à faible revenu à faible revenu
2. Inégalité entre les sexes dans le taux d’activité :
90 2. Espérance de vie : une « convergence » 1,2 ratio femmes/hommes
(Années de vie ; moyennes simples ; 2002–18) (Ratio ; moyennes simples ; 2002–18)
80 Pays avancés ; moyenne de 2018 1,0

0,8
70
0,6 Pays avancés,
60 moyenne de 2018
0,4
50
0,2

40 0,0
Pays émergents Pays en développement Pays émergents Pays en développement
à faible revenu à faible revenu
Source : Banque mondiale, base de données des indicateurs Sources : Banque mondiale, base de données des indicateurs
de développement dans le monde. de développement dans le monde ; Organisation internationale
Note : Chaque flèche représente un pays, commence au du travail ; calculs des services du FMI.
niveau de la variable correspondante en 2002 et se termine Note : Chaque flèche représente un pays, commence au
au niveau de 2018. Une flèche verte (rouge) indique une niveau de la variable correspondante en 2002 et se termine
amélioration (dégradation) supérieure à un demi écart-type. au niveau de 2018. Une flèche verte (rouge) indique une
Pour chaque année, les points de données indiquent la amélioration (dégradation) supérieure à un demi écart-type.
moyenne sur l’année et les quatre années précédentes. Pour chaque année, les points de données indiquent la
moyenne sur l’année et les quatre années précédentes. La
définition de l’indice de Gini varie selon les enquêtes nationales
auprès des ménages (revenu ou consommation, par exemple).
des inégalités de revenu a été lente au cours des deux der-
nières décennies. Le coefficient de Gini (un indicateur de
la dispersion statistique visant à représenter les inégalités développement, alors que la différence n’est que de 25 %
de revenus) n’a diminué que progressivement, de 3 points en moyenne dans les pays avancés.
de pourcentage en moyenne (44 à 41), au cours de cette Plusieurs autres aspects de la croissance inclusive, liés
période (graphique 1.2.2, plage 1). Pour de nombreux à l’inégalité des chances, ont également connu de lentes
pays émergents et pays en développement, de larges écarts avancées. La part des jeunes inactifs (c’est-à-dire des jeunes
par rapport au niveau moyen des pays avancés subsistent, qui ne sont ni scolarisés ni employés) a oscillé autour de
tandis que d’autres pays de ce groupe ont déjà atteint ce 20 %5. L’inégalité en matière d’enseignement (c’est-à-
niveau. Les progrès ont été plus faibles dans les pays en dé-
dire l’inégalité au niveau des années de scolarité au sein
veloppement à faible revenu ; dans un tiers d’entre eux,
d’un pays) n’a que très peu diminué, ce qui signifie que la
les inégalités de revenus se sont accrues. De même, le ratio
de Palma montre que le revenu total des 10 % les plus 5Pour plus de précisions sur les marchés de l’emploi des jeunes dans
riches est deux fois plus élevé que le revenu total des 40 % ces pays, voir Ahn et al. (2019). Pour plus de précisions sur les politiques
les plus pauvres dans les pays émergents et les pays en du marché du travail dans ces pays, voir Duval et Loungani (2019).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 37


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 1.2 (suite)


plupart de ces pays présentent des écarts très marqués par Bien qu’il soit difficile de quantifier sur une base com-
rapport à la moyenne des pays avancés6. L’égalité femmes– parable les effets de la pandémie dans de nombreux pays,
hommes a été encouragée ces dernières années, mais l’écart une estimation parcimonieuse fondée sur le fait que la ca-
entre les sexes reste prononcé en ce qui concerne le taux pacité à télétravailler est plus faible pour les emplois moins
d’activité (graphique 1.2.2, plage 2)7. Dans certains pays, bien rémunérés révèle un fort recul des progrès réalisés en
l’absence de progrès pour ce qui est de la participation des matière de réduction des inégalités de revenu depuis la
femmes à la population active est liée à une hausse du taux crise financière mondiale. En effet, en estimant la capacité
de scolarisation de ces dernières. Cependant, le niveau à télétravailler dans 35 pays, Brussevich, Dabla-Norris et
d’instruction des femmes reste également inférieur à celui Khalid (2020) constatent qu’elle est généralement plus
des hommes dans la plupart de ces pays, en particulier faible pour les personnes à faible revenu que pour les per-
dans les pays à faible revenu. sonnes à revenu élevé (graphique 1.2.3, plage 1). D’autres
données d’enquête en temps réel montrent également que
Incidence de la pandémie sur le caractère inclusif les secteurs où le télétravail est plus facile à mettre en place
de la croissance ont perdu moins d’emplois entre février et mai 2020 aux
La pandémie de COVID-19 devrait à la fois mettre États-Unis (voir Bick, Blandin et Mertens, 2020). En ex-
un terme aux améliorations observées et creuser les écarts trapolant ces résultats aux pays émergents et aux pays en
en matière d’inclusion. La Banque mondiale estime que, développement, la baisse globale de revenu (tirée des der-
par rapport aux projections antérieures, la pandémie de nières projections du FMI relatives au PIB réel) peut être
COVID-19 fera augmenter de 1,14 point de pourcentage distribuée parmi les groupes de personnes subdivisés par
la proportion mondiale de personnes vivant avec moins de quintile de revenu pour chaque pays, en fonction de leur
1,90 dollar par jour, ce qui représente une hausse de près de capacité à télétravailler10. L’effet qui en résulte (sans tenir
90 millions du nombre de personnes vivant dans l’extrême compte des politiques de redistribution ou d’autres fac-
pauvreté (première augmentation depuis 1998)8. En ce qui teurs) sur les parts de revenu par quintile de revenu est uti-
concerne l’espérance de vie, l’incidence de la COVID-19 lisé pour estimer une variation en pourcentage du coeffi-
devrait être modérée9. Toutefois, la fragilité accrue des sys- cient de Gini en 2020. Il en ressort que le coefficient de
tèmes de santé par rapport aux pays avancés et l’interrup- Gini moyen des pays émergents et des pays en dévelop-
tion d’autres services de soins visant à traiter et à prévenir pement augmenterait de 2,6 points de pourcentage pour
le VIH, le paludisme et la tuberculose (voir Hogan et al., atteindre 42,5, soit un niveau globalement comparable à
2020) constituent des facteurs de risque. Les inégalités de celui de 2008, ce qui suppose que les progrès accomplis
revenu se sont accentuées lors des pandémies précédentes, depuis la crise financière mondiale pourraient être anni-
surtout à moyen terme (voir Furceri et al., 2020). En outre, hilés (graphique 1.2.3, plage 2).
les effets sur les inégalités devraient être beaucoup plus pro- Selon un indicateur simple des conditions de vie
noncés que par le passé, car la crise de la COVID-19 et qui va au-delà du PIB, de réels progrès ont été réalisés
les mesures d’endiguement correspondantes touchent de avant la pandémie et un fort revirement dû à cette crise
manière disproportionnée les personnes les plus vulné- peut être attendu. Cet indicateur, proposé par Jones et
rables (voir Adams et al., 2020, et Shibata, 2020). L’égalité Klenow (2016), prend en considération quatre facteurs :
femmes–hommes est également mise à mal et pourrait 1) la consommation réelle par habitant ; 2) l’espérance
connaître un net recul dans le contexte actuel (voir Alon et de vie ; 3) le temps de loisir ; 4) les inégalités de consom-
al., 2020, et Georgieva et al., 2020). mation11. En combinant ces facteurs, l’amélioration
6L’indice des inégalités en matière d’éducation est établi par le 10La manière dont le choc influe sur les parts des quintiles de re-

Bureau du Rapport sur le développement humain de l’ONU. Pour venu en fonction de la capacité à télétravailler est calibrée à partir
plus de précisions, voir PNUD (2019). du coefficient estimé de la capacité à télétravailler dans la régression
7Pour plus de précisions sur les inégalités femmes–hommes dans de la perte d’emplois dans les différents secteurs en utilisant les don-
ces pays, voir Brussevich et al. (2018), Ostry et al. (2018) et Sahay et nées de Bick et al. (2020, tableau C1 de l’appendice). La moyenne
Cihak (2018). du groupe de pays (le plus proche) est utilisée lorsque l’indice de ca-
8Voir Banque mondiale (2020a). L’estimation correspond aux pro- pacité à télétravailler n’est pas établi.
jections de référence sans modification en ce qui concerne les inégalités. 11Voir Jones et Klenow (2016), dans lequel les auteurs proposent
9Étant donné que les populations plus jeunes (d’un âge médian un indicateur des conditions de vie exprimé en pourcentage de la
de 27 ans) sont moins vulnérables à la maladie jusqu’à présent, la consommation annuelle, sur la base de l’utilité escomptée d’une
charge de mortalité est plusieurs fois moindre que dans les pays personne imaginaire juste avant sa naissance dans un pays au cours
avancés (Decerf et al., 2020). d’une année donnée, en s’appuyant sur de nombreuses hypothèses

38 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.2 (suite)


Graphique 1.2.3. Capacité à télétravailler Graphique 1.2.4. Amélioration du bien-être
et inégalités de revenu au-delà du PIB
(En pourcentage ; croissance annualisée par habitant
1. Capacité à télétravailler, par quintile de revenu par rapport à 2002 ; moyennes simples pour 45 pays)
(Indice sur une fourchette de 0 à 1 ; moyennes simples 6
divisées par le nombre de pays entre parenthèses dans
les libellés des abscisses ; chaque barre correspond
à la moyenne divisée par le nombre de travailleurs 4
dans chaque quintile de revenu de l’échantillon)
0,5 2
Moins de 20 % 20–40 % 40–60 %
0,4 60–80 % Plus de 80 %
0
0,3
–2
0,2
Pas de variation de l’indice de Gini
0,1 –4 Indice de Gini en hausse lors
des pandémies précédentes
0,0 –6
Pays émergents et Pays
pays en développement (7) avancés (28)
–8
2. Incidence estimée sur les inégalités de revenu
(Variation en pourcentage de l’indice de Gini ; –10
densité estimée à l’aide du noyau d’Epanechnikov Moyenne rétrospective Croissance du bien-être
avec la largeur de bande de Silverman) (2002–19) en 2020 sur la base de
0,35 la capacité à télétravailler
Pays avancés
0,30 Pays émergents Sources : Banque mondiale, base de données des indicateurs
0,25 Pays en développement à faible revenu de développement dans le monde ; Penn World Table (9.1) ;
Pandémies calculs des services du FMI.
0,20
précédentes Note : L’indicateur du bien-être se fonde sur Jones et Klenow
0,15 (2016, équation 7). Pour différents scénarios relatifs aux
0,10 Pas de inégalités en 2020, le scénario « Pas de variation de l’indice de
changement de Gini » utilise les dernières observations ; le scénario « Indice
0,05 de Gini en hausse lors des pandémies précédentes » applique
0,00 une hausse de 1¼ % à tous les pays, selon les conclusions de
–2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 Furceri et al. (2020) sur l’indice de Gini net ; et le scénario
« Capacité à télétravailler » se fonde sur des estimations
parcimonieuses utilisant divers degrés de capacité à
Sources : Banque mondiale, base de données des indicateurs télétravailler selon les groupes de revenu au sein des pays
de développement dans le monde ; Bick, Blandin et Mertens, (graphique 1.2.3, plage 2). Les données macroéconomiques
2020 ; Brussevich et al., 2020 ; calculs des services du FMI. sont extrapolées à partir des dernières projections du FMI.
Note : À la plage 2, l’incidence sur l’indice de Gini est estimée L’estimation des impacts sur l’espérance de vie et l’emploi est
en répartissant le choc global sur le revenu (sur la base des calculée au moyen d’un modèle multigroupes « prédisposé/
projections du FMI pour le PIB réel) entre les parts des quintiles infecté/éliminé ». Pour chaque année, les points de données
de revenu, en proportion de la capacité à télétravailler, dont indiquent la moyenne sur l’année et les quatre années
l’ampleur est calibrée au moyen du coefficient estimé de la précédentes.
capacité à télétravailler dans la régression des pertes
d’emplois dans tous les secteurs, à partir des données de
Bick, Blandin et Mertens (2020, tableau C1 de l’appendice). moyenne des conditions de vie dans 56 pays émergents
Les variations de l’indice de Gini en pourcentage sont et pays en développement entre 2002 et 2019, selon
obtenues en tant que les variations d’un indice de Gini
approximatif se fondant seulement sur les parts des quintiles
les données disponibles, équivaut à une augmentation
de revenu. La moyenne du groupe de pays (le plus proche) est de 6 % des niveaux de consommation annuels chaque
utilisée lorsque l’indice de capacité à télétravailler n’est pas année (graphique 1.2.4). Au cours de la même période,
établi. Pour chaque année, les points de données indiquent la
moyenne sur l’année et les quatre années précédentes. La
solides nécessaires au calcul de cet indicateur pour un large en-
ligne verticale « pandémies précédentes » correspond à 1¼ %,
sur la base des conclusions de Furceri et al. (2020) relatives à semble de pays ne disposant que de données au niveau agrégé. Voir
l’indice de Gini net. l’annexe en ligne de Jones et Klenow (2016) pour une explication
détaillée des réserves concernant cet indicateur. En outre, pour ap-
profondir la question en tenant compte de la dégradation nette
des conditions de vie due aux problèmes environnementaux, voir
Bannister et Mourmouras (2017).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 39


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 1.2 (fin)


ce chiffre est supérieur de 1,3 point de pourcentage à réduction de la pauvreté et d’allongement de l’espérance
la croissance du PIB réel par habitant. Cette améliora- de vie. La COVID-19 risque de contrecarrer ces pro-
tion des conditions de vie s’explique presque entièrement grès, notamment en ce qui concerne la réduction de la
par un allongement de l’espérance de vie. En 2020, ces pauvreté, et de creuser les écarts existants pour ce qui est
conditions pourraient connaître un recul d’une valeur des inégalités de revenu, de l’accès à l’enseignement et de
supérieure à 8 %, principalement en raison de la varia- l’égalité femmes–hommes. Les politiques de redistribu-
tion excessive des inégalités, comme le montrent des esti- tion et les mesures visant à venir en aide aux personnes et
mations parcimonieuses. aux entreprises touchées sont essentielles pour atténuer
Depuis 2000, les pays émergents et les pays en déve- les effets négatifs considérables de la pandémie sur les
loppement ont fait des progrès notables en matière de inégalités et sur les conditions de vie en général.

40 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.3. Hausse des risques de faillite et d’insolvabilité pour les petites et moyennes
entreprises : évaluation et possibilités d’action
La récession due à la COVID-19 touchera tout par- Graphique 1.3.1. Problèmes de liquidité
ticulièrement les petites et moyennes entreprises (PME). et de solvabilité des PME dans le contexte
Celles-ci sont généralement plus exposées que les entre- de la COVID-19 en 2020
prises de plus grande taille, ce qui s’explique notamment Sans COVID-19 COVID-19, scénario
par le niveau restreint de leurs réserves et de leur accès au de référence des PEM
crédit. Cela dit, les effets de la crise actuelle sur les PME 1. Part des emplois menacés dans les PME,
14 par scénario
risquent d’être encore plus graves que lors des crises précé- (En pourcentage)
dentes, car les PME sont principalement présentes dans les 12
secteurs les plus durement touchés, notamment la restau-
10
ration, l’hôtellerie et les arts et spectacles. Par conséquent,
les risques liés à la liquidité et à la solvabilité ne peuvent 8
qu’augmenter, ce qui mettra en péril les emplois et la dette 6
des PME. Le présent encadré vise à dresser un bilan des 4
emplois menacés et à examiner les possibilités d’action per-
2
mettant de faire face à la hausse des risques de faillite pour
les PME. En s’appuyant sur les mêmes données et le même 0
Manque de liquidité Fonds propres négatifs
dispositif, le chapitre 1 de l’édition d’octobre 2020 du
Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global 2. Part des emplois menacés dans les PME en raison
Financial Stability Report) permet d’évaluer les consé- d’un manque de liquidités, par scénario et secteur
(En pourcentage)
quences de la crise pour la stabilité financière, en mettant
particulièrement l’accent sur la dette des PME en péril. Commerce de gros et de détail
L’analyse s’appuie sur la méthode proposée par Eau et traitement des déchets
Transport et stockage
Gourinchas et al. (2020) et sur les données d’Orbis Immobilier
Professions libérales et sciences
concernant les PME de 21 pays (pour la plupart des pays Autres services
avancés)1. Pour évaluer les risques de liquidité, ses au- Exploitation minière
Secteur manufacturier
teurs examinent si une entreprise dispose de suffisamment TIC
de liquidités à la fin de l’année 2020 pour couvrir ses dé- Santé humaine et travail social
Électricité et gaz
penses opérationnelles et financières, en supposant qu’elle Éducation
Bâtiment
puisse renouveler les dettes arrivant à échéance, mais ne Arts et divertissement
puisse pas s’endetter davantage. De même, pour les risques Agriculture
Administration
d’insolvabilité, il s’agit de savoir si, selon les projections, Hébergement et alimentation
les fonds propres effectifs d’une entreprise devraient de- 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
venir négatifs à la fin de l’année 2020. L’analyse montre
que les entreprises en difficulté représentent de 9 à 13 % Sources : Orbis ; calculs des services du FMI.
de l’emploi total des PME (de l’échantillon), selon la me- Note : Les barres indiquent la proportion d’emplois menacés
sure choisie (insolvabilité ou illiquidité). Cela représente dans les PME, car les entreprises risquent de manquer de
liquidités ou de présenter des fonds propres négatifs, dans
presque un doublement des emplois des PME menacés un scénario sans COVID-19 en 2020 (barres bleues) et dans
en raison de risques de liquidité (et une augmentation de un scénario avec COVID-19 utilisant les projections de
50 % en raison de risques d’insolvabilité) par rapport à un référence des PEM à l’échelon des pays (barres rouges). Les
données sont agrégées du niveau des entreprises à celui des
scénario sans pandémie (voir graphique 1.3.1, plage 1). pays en fonction de pondérations sectorielles, et entre les
En choisissant l’illiquidité comme mesure, la part des em- pays en fonction de pondérations par le PIB. PEM =
plois à risque grimpe à 30 % dans le secteur des arts et Perspectives de l’économie mondiale ; PME = petites et
moyennes entreprises ; TIC = technologies de l’information
spectacles et à 40 % dans celui de la restauration et de et de la communication.

Les auteurs du présent encadré sont Federico Díez et Chiara Maggi.


1Les pays concernés sont l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la

Belgique, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie,


l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Pologne, le Portugal, la République de
Corée, la République slovaque, la République tchèque, la Roumanie, le
Royaume-Uni, la Slovénie et la Suède.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 41


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 1.3 (fin)


l’hébergement, ce qui traduit une baisse de production Graphique 1.3.2. Variation de la proportion
comparativement plus forte et une plus grande intensité de PME dont les fonds propres sont négatifs,
d’emploi (graphique 1.3.1, plage 2)2. par scénario et région
La forte augmentation des risques prévue justifie une (En points de pourcentage)
aide publique supplémentaire. S’il est généralement 9
COVID-19, scénario de référence des PEM 2020
conseillé de fournir des liquidités aux entreprises illi- 8
Prêts de l’État
quides mais solvables et de restructurer les entreprises in- Injections de fonds propres
ou d’actifs similaires
solvables pour favoriser une réaffectation rapide des res- 7
sources, cette fois-ci, la situation est différente. L’ampleur
du choc, l’incertitude quant à sa durée et les amplifica- 6
teurs macrofinanciers associés aux faillites massives jus- 5
tifient un recours plus important que d’habitude à des
mesures d’appui à la solvabilité. Cela vient s’ajouter à la 4
nécessité de réduire les coûts juridiques et financiers des
procédures de faillite afin d’atténuer les risques d’engor- 3
gement des tribunaux chargés de prononcer les faillites. 2
Les multiples façons dont les pouvoirs publics ap-
portent un appui à la solvabilité des entreprises peuvent 1
se traduire par d’importants arbitrages, par exemple en
équilibrant la portée et le rapport coût–efficacité de l’aide 0
Asie et Pacifique Zone euro Europe,
fournie, en réduisant au minimum les faillites injustifiées, hors zone euro
en limitant les coûts budgétaires et en favorisant la pré- Sources : Orbis ; calculs des services du FMI.
servation des entreprises (et des emplois) et la réaffecta- Note : Les barres indiquent la variation de la proportion des
PME en situation de fonds propres négatifs dans des scénarios
tion des ressources. Le graphique 1.3.2 illustre l’incidence sans intervention des pouvoirs publics (barres bleues), avec
sur les taux d’insolvabilité prévus de deux scénarios : dans des prêts de l’État (barres rouges), et avec des injections de
fonds propres ou d’actifs similaires (barres jaunes). Les
le premier, il s’agit de fournir à toutes les PME l’équiva- variations sont calculées en comparant le scénario de
lent de 5 % de leurs recettes annuelles antérieures à la pan- référence des PEM, avec la COVID-19, à un scénario fictif pour
démie (ce qui représente plus de 4 % du PIB) sous forme 2020 sans la COVID-19. Les données sont agrégées du niveau
des entreprises à celui des pays en fonction de pondérations
de prêts publics ; dans le deuxième, la démarche est la sectorielles, et entre les pays en fonction de pondérations par
même, mais sous forme d’injections de fonds propres (ou le PIB. PEM = Perspectives de l’économie mondiale ;
d’actifs similaires). Seules les injections de fonds propres PME = petites et moyennes entreprises.
(ou d’actifs similaires) réduiraient les risques d’insolvabi-
lité (elles réduiraient en outre la part des emplois menacés Dans l’ensemble, compte tenu de l’augmentation
de près de 3 points de pourcentage par rapport à la plage 1 des risques et du frein à la reprise qui l’accompagne, il
du graphique 1.3.1)3. Ce gain se fait au prix de risques convient de continuer d’aider les entreprises sur une
budgétaires plus élevés, en particulier si les entreprises fi- plus longue période et d’intervenir au moyen de fonds
nissent toujours par faire défaut, étant donné que les propres (ou d’actifs similaires), du moins dans les pays
créances sur fonds propres (ou d’actifs similaires) seraient disposant d’un espace budgétaire suffisant. Pour les
alors de rang inférieur par rapport aux créances sur dettes. grandes entreprises, les solutions possibles consisteraient,
par exemple, en des injections directes de fonds propres
2La prise en considération de l’aide publique massive fournie ou en des créances de rang inférieur assorties de garan-
dans la plupart des pays tempère ces projections. Cette aide est diffi- ties. Pour les PME, une combinaison entre des dons et
cile à quantifier, car elle a pris de multiples formes, et les taux d’uti- une future hausse temporaire du taux d’imposition des
lisation varient considérablement selon les entreprises et les pays.
Compte tenu de ces limites, les simulations préliminaires semblent
sociétés aurait l’effet d’une injection de fonds propres ;
indiquer que l’aide publique annoncée pourrait avoir considérable- une démarche de ce type pourrait poser des problèmes
ment atténué la hausse des pénuries de liquidités et des taux d’insol- d’administration fiscale et devrait être soigneusement ca-
vabilité dans certains pays européens (chapitre 3 de l’édition d’oc- librée. Toutes ces possibilités présenteraient toutefois des
tobre 2020 des Perspectives économiques régionales pour l’Europe risques sur le plan budgétaire, étant donné que les injec-
(Regional Economic Outlook: Europe).
3Dans les deux scénarios, le transfert monétaire est d’un montant tions de fonds propres dans les PME peuvent attirer non
similaire, ce qui permet d’atténuer les risques de liquidité de ma- seulement les entreprises viables, mais aussi celles qui ne
nière tout aussi efficace dans un cas comme dans l’autre. le sont pas et qui misent sur une « résurrection ».

42 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.4. Troubles sociaux pendant la pandémie de COVID-19


Les troubles sociaux ont diminué au cours de ces der- Graphique 1.4.1. Proportion mensuelle de
niers mois en raison de la réduction des déplacements. pays connaissant des troubles, calculée
Cela correspond à ce qui a été observé dans le passé, im- selon l’indice des troubles sociaux signalés
médiatement après une épidémie. Toutefois, les troubles (En pourcentage ; écart en pourcentage par rapport
au scénario de référence sur l’échelle de droite)
étaient nombreux et en hausse avant le début de la crise
de la COVID-19. Au fur et à mesure que la crise se pro- Troubles de grande ampleur, moyenne
6 10
longe, ils peuvent réapparaître dans les pays où les pro- sur trois mois de part et d’autre
grès sur des questions sociales et politiques fondamen- Indice de mobilité de Google, stations
de transports publics 0
tales sont au point mort et où la crise met en évidence ou 5 (échelle de droite)
exacerbe des problèmes préexistants.
Le mécontentement social a nettement diminué avec –10
4
la mise en place de mesures de confinement et de dis-
tanciation physique. L’indice des troubles sociaux si- –20
gnalés (RSUI), qui recense les troubles sociaux rapportés 3
par les médias, a chuté de façon spectaculaire depuis –30
mars 20201. La fréquence des troubles de grande am-
2
pleur (illustrés par des envolées de l’indice RSUI pour un –40
pays donné) est tombée à son plus bas niveau en près de
cinq ans. La diminution des troubles sociaux est étroite- 1
–50
ment liée à une baisse généralisée des déplacements due
aux réglementations mises en place, notamment en ce
0 –60
qui concerne l’interdiction de quitter son domicile et la 2016 17 18 19 20
distanciation physique volontaire, comme le montre le
graphique 1.4.1 (conformément aux conclusions du cha- Sources : Factiva ; Google Community Mobility Reports ;
pitre 2). Les États-Unis, où les protestations contre les calculs des services du FMI.
Note : L’indice de mobilité de Google est une moyenne
violences policières se sont rapidement intensifiées au simple de l’écart par rapport au scénario de référence en
début du mois de juin (graphique 1.4.2), et le Liban font matière d’usage des transports publics, pour tous les pays,
figure d’exceptions notables à cet égard2. sur une base mensuelle.
Avant la flambée de COVID-19, les troubles
s’étaient accentués depuis plusieurs années. Fin 2019 et Historiquement, les pays où les épidémies sont plus
début 2020, de grandes manifestations ont eu lieu, en fréquentes connaissent plus souvent des troubles so-
particulier au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, ciaux que les autres. Le tableau 1.4.1 présente des don-
mais aussi ailleurs, notamment au Bélarus, en Bolivie, au nées transversales sur le nombre de conflits sociaux et
Chili, en France, dans la Région administrative spéciale d’épidémies enregistrés depuis 1990. Les données sur les
de Hong Kong, en Inde, en Iran et en Iraq. Elles s’inscri- épidémies proviennent de l’EM-DAT, une base de don-
vaient dans le prolongement d’une longue tendance ob- nées contenant des informations sur le moment et le lieu
servée depuis 2016 (graphique 1.4.1), qui a elle-même de plus de 1 200 épisodes épidémiques pays–année de-
inversé la baisse progressive des troubles après un pic at- puis 1990. Les résultats révèlent une relation positive et
teint à la suite des printemps arabes de 2011. statistiquement significative d’un pays à l’autre entre les
deux variables. Cette relation vaut pour toutes les régions
Les auteurs du présent encadré sont Philip Barrett et Sophia
Chen. Luisa Calixto leur a apporté son concours pour les activités
et elle est robuste tant pour la fréquence des épidémies
de recherche. que pour leur gravité.
1L’indice RSUI mesure le mécontentement social à partir des Cela dit, cette relation transversale ne présente proba-
informations communiquées par les médias. Dans Barrett et al. blement pas de lien de cause à effet. Par exemple, malgré
(2020), des précisions sont apportées sur cet indice et sur la manière des facteurs en commun, tels que la géographie ou le ni-
dont il peut être utilisé pour déterminer les principaux faits.
2La forte réaction des médias face à la situation aux États-Unis veau de revenu, les troubles peuvent être plus nombreux
prouve également que cette méthode permet de prendre en compte et les épidémies plus fréquentes ou plus graves. Pour étu-
les protestations même si d’autres sujets font l’actualité. dier cette possibilité, le tableau 1.4.2 présente les résultats

Fonds monétaire international | Octobre 2020 43


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 1.4 (suite)


d’une régression de panel dynamique3. Il est ainsi tenu Graphique 1.4.2. Articles quotidiens sur des
compte de certains des facteurs communs, notamment manifestations aux États-Unis, avril–juin 2020
les effets spécifiques à un pays ou à un moment et les ré- (Indice, avril 2020 = 100)
centes manifestations. Les résultats obtenus présentent Couvre-feux imposés
4 000
des preuves statistiques très faibles d’une augmenta- dans les grandes villes
tion de la probabilité que des troubles se produisent à la des États-Unis
3 500
suite d’une épidémie. Au contraire, dans un pays donné,
Homicide de
la probabilité de troubles sociaux diminue légèrement George Floyd
3 000
à la suite d’une épidémie (voir en particulier les spéci-
fications 2 et 3). À ce jour, la situation résultant de la 2 500
COVID-19 est conforme à ce schéma historique.
L’histoire récente compte également quelques exemples Ensemble des sources
2 000 Uniquement sources
de troubles manifestement causés par des épidémies. Les non américaines
préoccupations en matière de santé publique ont rare- 1 500
ment été un facteur déterminant des grands épisodes
de troubles sociaux au cours des deux dernières décen- 1 000
nies, malgré les nombreuses épidémies (souvent virales)
survenues pendant cette période. Si les revendications 500

3Plus 0
précisément, le modèle de probabilité linéaire suivant est avril mai juin
n
​  ​​  = ​α​i​​  + ​η​t​​  + ​∑​​​  ​β​ j​​ ​xi,t
appliqué : ​​yi,t ​  γ´z​ i,t​​  + ​e​ i,t​​  .​ Dans ce modèle, ​​yi,t
j​  ​ + ​ ​  ​​​ 2020 20 20
j=1
est un indicateur d’un épisode de troubles sociaux dans un pays i
au cours d’une année t, ​​α​ i​​​ et ​​η​ t​​​ sont des effets fixes pour le pays et le Sources : Factiva ; calculs des services du FMI.
moment en question, x​ i,t j ​​​  est une variable indicatrice qui prend une

valeur de 1 si la dernière catastrophe s’est produite j périodes au-


paravant (en pratique, nous regroupons les retards passés pour spécifiques varient, les motivations déclarées des mani-
améliorer la puissance), et ​​zi,t ​  ​​​est un vecteur de contrôle. Les mo-
dèles non linéaires sont évités afin d’admettre une vaste série d’ef-
festants lors de manifestations aussi diverses que les prin-
fets fixes par pays et par moment. Dans Barrett et al. (2020), il est temps arabes de 2011, les contestations en Amérique la-
démontré que les troubles sociaux récents, au niveau national et tine à la fin de 2019, les rassemblements anti-­austérité
dans les pays voisins, sont corrélés à des troubles sociaux à l’avenir, en Europe après la Grande Récession et divers épisodes
qui sont donc utilisés comme éléments de contrôle. Cette analyse à en Asie sont toutes liées, au moins en surface, au mécon-
court terme n’exclut pas les effets à plus long terme des épidémies
sur les troubles, tels que ceux recensés dans l’édition d’octobre 2020
tentement lié à des questions sociales ou politiques, et
des Perspectives économiques régionales pour l’Asie et le Pacifique non à la santé publique. Dans le même temps, plusieurs
(Asia and Pacific Regional Economic Outlook). crises majeures de santé publique se sont produites, bien

Tableau 1.4.1. Régressions transversales


(Relation transversale entre les troubles sociaux et les épidémies)
Variable dépendante : nombre de troubles sociaux 1990–2019
(1) (2) (3) (4)
Nombre d’épidémies 0,056*** 0,044**
(0,013) (0,019)
Morts dues à une épidémie 0,0002*** 0,0001*
(0,00005) (0,0001)
Effets fixes régionaux Non Oui Non Oui
Observations 128 128 128 128
R2 0,080 0,109 0,058 0,097
R 2 ajusté 0,072 0,072 0,050 0,060
Sources : EM-DAT ; Indice des troubles sociaux signalés (Reported Social Unrest Index) ; calculs des services
du FMI.
Note : Les erreurs-types robustes sont indiquées entre parenthèses.
*p < ,05 ; **p < ,01 ; ***p < ,001.

44 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Encadré 1.4 (fin)


Tableau 1.4.2. Régressions dynamiques : épidémies
(Probabilités conditionnelles de troubles sociaux à la suite d’une épidémie)
Variable dépendante : incident de trouble social
(1) (2) (3) (4) (5) (6)
Épidémie, mois en cours –0,003 –0,006** 0,0003 0,002 0,003
(0,003) (0,003) (0,003) (0,004) (0,005)
Épidémie, derniers 2 à 3 mois –0,003 –0,006* –0,001 –0,001 –0,003
(0,003) (0,003) (0,003) (0,005) (0,005)
Épidémie, derniers 4 à 6 mois –0,005* –0,009*** –0,003 –0,003 –0,003
(0,003) (0,003) (0,003) (0,004) (0,005)
Nombre de mois depuis 0,00000 –0,00000
le dernier trouble social (0,00002) (0,00003)
Nombre de mois depuis 0,00002
le dernier trouble social, (0,00003)
pays voisin
Constante 0,014*** 0,015***
(0,001) (0,001)
Effets fixes pays Non Oui Oui Oui Oui
Effets fixes temps Non Non Oui Oui Oui
R2 0,014 0,015 0,019 0,036 0,044 0,049
Observations 27 223 27 223 27 223 27 223 17 893 14 952
Sources : EM-DAT ; Indice des troubles sociaux signalés (Reported Social Unrest Index) ; calculs des services du FMI.
Note : Toutes les spécifications comportent aussi des décalages supplémentaires des épidémies ne présentant pas de tendances statistiques
robustes. Les erreurs-types à doubles noyaux sont indiquées entre parenthèses.
*p < ,05 ; **p < ,01 ; ***p < ,001.

qu’à une échelle moindre par rapport à la pandémie de la que l’agitation était forte avant le début de la crise de la
COVID-19, notamment le SRAS (2002–04), la grippe COVID-19, mais qu’elle a diminué à mesure que cette
aviaire H5N1 (2003–présent), la grippe porcine H1N1 dernière se prolongeait. Il est raisonnable de s’attendre à
(2009–10), le MERS (2012–présent) et l’épidémie ce que, à mesure que la crise s’estompe, des troubles ré-
d’Ebola en Afrique de l’Ouest (2013–16). apparaissent là où ils s’étaient produits auparavant, non
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’absence de lien pas à cause de la crise de la COVID-19 en soi, mais sim-
à court terme entre les épidémies et les troubles sociaux. plement parce que les problèmes sociaux et politiques de
Les crises humanitaires entravent probablement les com- fond n’ont pas été résolus. La probabilité que ces troubles
munications et les transports nécessaires à l’organisation surviennent de nouveau peut également être plus élevée
de grands rassemblements. L’opinion publique peut pri- là où la crise met en évidence ou exacerbe des problèmes
vilégier la cohésion et la solidarité en période de crise. tels que le manque de confiance dans les institutions, la
Ou encore, les régimes en place peuvent profiter d’une mauvaise gouvernance, la pauvreté ou les inégalités4.
situation d’urgence pour consolider leur pouvoir et ré-
4De nombreuses études traitent de la manière dont ces facteurs
primer la dissidence.
peuvent conduire à une instabilité politique (Alesina et Perotti,
Les troubles sociaux risquent de réapparaître à mesure 1996) et à des conflits civils (enquête menée par Blattman et
que la pandémie s’atténue. La présente analyse montre Miguel, 2010).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 45


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Dossier spécial — Marchés des produits de base : évolution et prévisions

En dépit d’un regain de volatilité, l’indice des cours des pro- Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base
duits de base établi par le FMI est resté à peu près stable entre 1. Indices des cours des produits de base
350
février 2020 et août 2020, les deux mois de référence utilisés (Indice ; 2016 = 100) Ensemble des produits Énergie
respectivement pour l’édition d’avril 2020 et la présente édi- 300 de base Métaux
250 Denrées alimentaires
tion des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) (gra-
phique [Link].1, plage 1). Deux phases sont à distinguer : entre 200
février et avril, l’indice a chuté de 24 % sur fond d’intensi- 150
fication de la pandémie de COVID-19 ; entre avril et août, 100
l’indice a regagné environ 31 % avec l’assouplissement des me-
50
sures de confinement dans de nombreux pays et la reprise de 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
l’activité. Le rebond a toutefois été différent selon les produits
90 2. Courbes des cours à terme du Brent1
considérés et en fonction de la situation dans les secteurs d’uti- (Dollars le baril ; date d’expiration sur l’axe des abscisses)
80
lisation finale et des régions touchées par l’épidémie, ainsi que
70
de la capacité de stockage des produits considérés et de l’élas-
60
ticité de l’offre. Les cours de l’énergie et de certaines matières PEM d’avril 2019
50
premières agricoles ont rebondi plus tard que ceux des métaux. PEM d’octobre 2019
40 PEM d’avril 2020
Les effets sur les cours des denrées alimentaires ont été plus
30 PEM d’octobre 2020
ténus, avec toutefois une forte dispersion des variations selon les
20
matières premières agricoles. Ce dossier spécial contient égale- Juil. 2018 Juil. 19 Juil. 20 Juil. 21 Juil. 22 Juil. 23
ment une analyse approfondie du secteur du charbon.
200 3. Perspectives des cours du Brent2
(Dollars le baril)
160 Cours à terme
Les cours de l’énergie se sont redressés Intervalle de confiance de 68 %
Intervalle de confiance de 86 %
120
à compter d’avril Intervalle de confiance de 95 %
Les cours du pétrole ont baissé de 60 % entre fé- 80

vrier et avril 2020, la pandémie ayant entraîné un effon- 40


drement de la demande mondiale de pétrole et suscité
0
des inquiétudes au sujet des capacités de stockage (voir 2013 14 15 16 17 18 19 20 21 22
graphique [Link].2). En mars, les membres de l’OPEP+
300 4. Indices des cours des métaux
(Organisation des pays exportateurs de pétrole, avec la (1er janvier 2016 = 100)
250
Russie et d’autres exportateurs de pétrole non membres de
l’OPEP) n’ont pas réussi à s’entendre sur les restrictions qui 200
remettraient de l’ordre sur le marché, mais, quand la chute 150
des cours s’est intensifiée, le cartel a décidé, à la mi-avril, 100
de réduire la production de 9,7 millions de barils par jour Aluminium Cuivre
50 Minerai de fer Nickel
en mai et juin (puis jusqu’en juillet), de 7,7 millions de
0
barils par jour jusqu’en décembre 2020 et de 5,8 millions Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv.
2016 17 18 19 20 21
de barils par jour jusqu’en avril 2022. Les producteurs de
pétrole brut américains n’ont pas non plus été épargnés,
Sources : Bloomberg Finance L.P. ; FMI, système des cours des produits de base ;
puisque les cours à terme (mois le plus rapproché) du West Refinitiv Datastream ; estimations des services du FMI.
Texas Intermediate ont brièvement plongé à −37 dollars Note : PEM = Perspectives de l’économie mondiale.
1
Les cours à terme utilisés dans les PEM sont des hypothèses de référence
en avril. La baisse prolongée des cours a entraîné des arrêts propres à chaque rapport des PEM et sont dérivés des cours à terme. Les PEM
de production, une nette réduction des activités de forage d’octobre 2020 ont été établies à partir des cours du 21 août 2020 (heure de
clôture).
et une forte augmentation des déclarations de faillite chez 2
Établies à partir des cours des options sur contrats à terme du 27 août 2020.
les producteurs américains de gaz de schiste. Ceci s’est tra-
duit en mai 2020 par une diminution sans précédent de

46 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Graphique [Link].2. Taux d’utilisation des capacités Graphique [Link].3. Indices de la mobilité en voiture
de stockage pétrolier et à pied dans le monde
(En pourcentage) (Indice ; 13 janvier 2020 = 100)
27 décembre 2018 27 février 2020 20 août 2020 Médiane mobilité Médiane mobilité Écart interquartile
piétonne routière mobilité routière
180
Chine
160
Monde
140
Asie
120
Europe
100
MOAN
80
Amérique
du Nord
60
Amérique
du Sud
40
Afrique
20
Caraïbes
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 Janv. Févr. Mars Avril Mai Juin Juil.
2020 20 20 20 20 20 20

Sources : URSA Space Systems ; calculs des services du FMI. Sources : Apple ; calculs des services du FMI.
Note : MOAN = Moyen-Orient et Afrique du Nord. Pays et régions tels que définis Note : Les données correspondent à la moyenne mobile sur sept jours des indices
par URSA. Apple de mobilité.

la production journalière de pétrole brut aux États-Unis Sur le marché du gaz naturel, les cours au comptant
(−2 millions de barils). ont avoisiné leurs niveaux les plus bas ces derniers mois,
Les réductions de l’offre ont permis une remontée des les stocks restant substantiels en raison d’un hiver peu ri-
cours dès la fin du mois d’avril, d’environ 15 dollars à goureux, d’une faible demande et de cours pétroliers mo-
plus de 40 dollars le baril au début du mois de juin. En dérés. La situation a conduit les producteurs à procéder
août, cependant, ils demeuraient inférieurs d’environ au torchage de grosses quantités de rejets gazeux produits
25 dollars aux cours de début janvier. De nombreuses so- par l’extraction, soit l’équivalent de 400 tonnes métriques
ciétés pétrolières ont donc subi des pertes importantes, de dioxyde de carbone (CO2) en 2019, ce qui, d’après la
procédé à des vagues de licenciements et enregistré des Banque mondiale, constitue un record depuis 2009. À la
dépréciations d’actifs après une réévaluation des pers- fin du mois d’août, les cours du gaz naturel ont augmenté
pectives de cours et des investissements. à la suite d’une hausse attendue de la demande hivernale,
Du côté de la demande, l’épidémie de COVID-19 de l’incertitude concernant l’approvisionnement en Asie
a fait chuter les cours du pétrole, car les restrictions de et des modèles techniques de négociation. En concur-
voyage ont lourdement pesé sur la demande mondiale rence avec le gaz naturel pour la production d’électricité,
de carburants liquides au premier semestre 2020. Certes, le charbon a également subi une pression à la baisse no-
le trafic routier a repris dans de nombreux pays (voir table sur ses cours, même si les perturbations de l’appro-
graphique [Link].3), mais le volume du trafic aérien, en visionnement en Afrique du Sud et la forte demande des
particulier les vols internationaux, demeure très modéré. industriels indiens ont soutenu les cours du charbon sud-­
D’après l’Agence internationale de l’énergie, la demande africain, tandis que le durcissement apparent des restric-
de pétrole devrait donc diminuer de 8,1 millions de ba- tions à l’importation imposées par la Chine et le projet
rils par jour cette année, pour s’établir à 91,9 millions, des autorités japonaises de supprimer progressivement les
puis augmenter de 5,2 millions en 2021 ; il s’agit d’une centrales au charbon inefficaces d’ici 2030 ont pesé sur les
révision à la hausse notable par rapport à la réduction de cours australiens (voir la section sur le charbon).
9,3 millions de barils par jour que l’Agence prévoyait en À début septembre, les contrats à terme sur le pétrole
avril pour 2020. indiquent que les cours du Brent atteindront 50 dollars

Fonds monétaire international | Octobre 2020 47


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

d’ici la fin de 2023, soulignant les inquiétudes relatives à Graphique [Link].4. Cours des produits de base pendant
la demande à moyen terme (graphique [Link].1, plage 2). la pandémie de COVID-19
Les hypothèses de référence, également fondées sur les (En pourcentage)
cours à terme, laissent entrevoir un cours annuel moyen du Charbon, Australie
baril de 41,7 dollars en 2020 — en recul de 32 % par rap- Riz, Thaïlande
Blé
port à 2019 — et 46,7 dollars en 2021 pour le cours au Maïs
Café arabica
comptant moyen établi par le FMI. À l’heure actuelle, le Charbon, AS
marché du pétrole est en proie à une forte incertitude, car Cacao Énergie
Palladium Métaux de base
la pandémie de COVID-19 n’est pas encore maîtrisée (gra- Oranges et matières premières
Soja
phique [Link].1, plages 2 et 3). Dans l’ensemble, toutefois, Porc Agriculture
les perspectives s’équilibrent. Les facteurs d’augmentation Coton Métaux précieux
Cobalt
des cours sont, entre autres, l’aggravation de la situation Indice huiles végét.
géopolitique au Moyen-Orient et l’endiguement plus ra- Indice fruits de mer Or
pide de la pandémie, mais aussi la réduction excessive des Aluminium
S&P 500
investissements en amont dans les secteurs pétrolier et ga- Nickel
Platine
zier et les nouvelles faillites dans le secteur de l’énergie. Le GN, EU
principal risque de baisse des cours réside dans un nouveau Cuivre
GN, HH des É.-U.
ralentissement de l’activité économique mondiale, car l’im- Minerai de fer
GNL, Asie du NE
portance des stocks demeure préoccupante. Les autres fac- Argent
teurs de risque à la baisse comprennent l’accélération de APSP
la production pétrolière dans plusieurs pays hors OPEP+, –80 –60 –40 –20 0 20 40 60 80 100 120
une normalisation plus rapide de la production libyenne et Sources : Argus ; Bloomberg L.P. ; FMI, système des cours des produits de base ;
un échec de l’accord OPEP+. À moyen et à long terme, les Thomson Reuters Datastream ; calculs des services du FMI.
mesures prises à l’échelle mondiale pour abaisser les émis- Note : Les barres sombres et claires représentent la variation en pourcentage des
cours des produits de base pour février–avril 2020 et pour avril–août 2020,
sions de CO2 risquent également de faire diminuer la de- respectivement. APSP = cours moyen du pétrole sur le marché au comptant (average
mande de pétrole (voir l’encadré [Link].1). petroleum spot price) ; AS = Afrique du Sud ; É.-U. = États-Unis ; EU = Europe ;
GN = gaz naturel ; GNL = gaz naturel liquéfié ; HH = Henry Hub ; NE = Nord-Est.

Les cours des métaux se sont redressés sur fond


de perspectives économiques incertaines marqué par l’optimisme croissant relatif à la reprise écono-
Les cours des métaux de base ont augmenté de 18,2 % mique en Chine, la baisse des stocks et les perturbations
entre février et août 2020. L’atonie de l’activité indus- de l’offre dans les principaux pays producteurs (Chili et
trielle mondiale a lourdement pesé sur les cours au pre- Pérou). L’aluminium (+3,0 %), dont l’approvisionnement
mier trimestre 2020 (voir le graphique [Link].4). Depuis, a moins souffert de la pandémie puisque la majorité des
des ruptures d’approvisionnement dans le secteur minier pays se le procurent sur leur marché intérieur, n’a pas vu
liés à la COVID-19 et un regain d’activité industrielle ses cours augmenter compte tenu de l’effondrement des
en Chine, pays qui représente la moitié de la demande ventes mondiales d’automobiles. Les cours du nickel et du
de métaux de base, ont aidé les cours à revenir à leurs ni- cobalt, deux intrants essentiels pour la fabrication de l’acier
veaux d’avant la pandémie. Des mesures de relance sans inoxydable et des batteries de véhicules électriques, ont res-
précédent et un épisode d’euphorie boursière ont ren- pectivement augmenté de 14,6 % et chuté de 1,9 %.
forcé la confiance des marchés dans les métaux. Dans un L’indice annuel des cours des métaux de base établi par
contexte marqué par la crainte d’une deuxième vague le FMI devrait progresser d’en moyenne 0,8 % en 2020
pandémique qui entraînerait la prolongation des mesures et d’encore 3,0 % en 2021, dans un climat d’inquié-
de relance monétaire, les cours des métaux précieux ont tude concernant l’impact à long terme de la pandémie.
continué d’augmenter, soutenus par la demande crois- L’éventualité d’une seconde vague de COVID-19, le main-
sante d’actifs considérés comme des valeurs-refuges. tien d’une demande soutenue en Chine et les tensions entre
S’agissant des métaux de base, les cours qui ont le plus cette dernière et les États-Unis sont les aléas principaux
progressé entre février et août sont ceux du minerai de pour une baisse des cours des métaux et ils l’emportent lar-
fer (hausse record de 37,0 % sur l’année), tandis que les gement sur le risque de perturbations de l’offre dans les
cours du cuivre augmentaient de 14,4 % dans un contexte principaux pays producteurs de métaux. L’indice des cours

48 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

des métaux précieux devrait augmenter de 28,4 % en 2020 début du mois de février en raison de l’abondance des
et de 10,4 % en 2021 sous l’effet conjugué des perspectives stocks mondiaux, même si les achats chinois ont aug-
plus incertaines au niveau mondial et de la poursuite des menté en juin comme le prévoyait l’accord commercial
politiques monétaires accommodantes. signé avec les États-Unis en 2020.
Les cours des denrées alimentaires devraient légèrement
progresser, de 0,4 % en glissement annuel en 2020, puis de
Les cours des denrées alimentaires ont baissé 4,3 % l’année suivante, car l’offre (de viande, par exemple)
dans un contexte d’offre alimentaire mondiale diminuera, notamment en raison de retards probables dans
abondante la chaîne d’approvisionnement. Les perturbations d’ordre
L’indice des cours des aliments et des boissons établi logistique et les restrictions à l’exportation imposées aux
par le FMI a augmenté de 0,7 %, reflétant l’évolution de gros exportateurs de produits alimentaires sont des facteurs
la demande et de l’offre consécutive à la pandémie, avec notables de risques de révision à la hausse. Le regain de
des effets variables sur les cours des denrées alimentaires tensions entre les États-Unis et la Chine pourrait perturber
en fonction des régions et des produits agricoles consi- le commerce des produits alimentaires et faire baisser le
dérés. En raison du ralentissement de l’activité écono- cours de ces denrées aux États-Unis tout en les poussant à
mique lié à la COVID-19, la demande de matières pre- la hausse chez leurs concurrents.
mières agricoles et d’aliments pour animaux a d’abord
diminué. Les cours de la plupart des cultures de base,
dont le blé, le maïs, le soja et l’huile de palme, n’ont pas Charbon : passé, présent et futur
varié ou ont baissé depuis le début de la pandémie du fait En quête d’un avenir plus durable, de nombreux pays
de l’importance des stocks alimentaires mondiaux et de prennent des mesures pour réduire leur dépendance vis-
l’effondrement initial des cours du pétrole brut (voir gra- à-vis des combustibles fossiles, en particulier le charbon.
phique [Link].4). Du fait de sa forte teneur en carbone, le charbon est à
Entraîné par le cours du porc, l’indice des cours de la l’origine d’un peu moins de la moitié des émissions mon-
viande a chuté de 7,1 % par rapport au niveau de réfé- diales de CO2 et de près des trois quarts des émissions
rence d’avril. L’offre fermière saisonnière était abondante de CO2 de l’ensemble du secteur de l’énergie. En l’ab-
et a amplifié la tendance : les prix de gros de la viande sence de systèmes de dépollution, il contribue à la pol-
porcine ont baissé de 4,5 % après la fermeture de plu- lution atmosphérique locale et à ses effets potentielle-
sieurs usines de transformation aux États-Unis, où des ment néfastes pour la santé humaine (Smith, Mehta et
salariés avaient été infectés par le coronavirus. La baisse Maeusezahl-Feuz, 2004). La chute sans précédent de
résultante des capacités de transformation a pesé sur l’ap- la demande d’électricité observée en 2020 a favorisé les
provisionnement des circuits de détail et créé un écart énergies renouvelables par rapport aux sources fossiles
entre les prix de gros et de détail, qui a augmenté de ma- traditionnelles telles que le charbon et le gaz naturel. En
nière générale1. Le recul des prix de gros s’est répercuté Europe, où la consommation d’électricité a diminué de
sur d’autres viandes et sur les fruits de mer, pour lesquels plus de 10 % en avril, la part du charbon (des combus-
des tendances baissières similaires ont été observées. tibles fossiles) dans la production électrique est passée
D’abord soutenus par la constitution de stocks par les sous la barre historique de 8 (30) %. Avec le redémarrage
consommateurs, les cours des aliments de base (blé, riz, de la demande d’électricité, la consommation mondiale
etc.) se sont redressés, mais, après l’augmentation ini- de charbon est repartie à la hausse.
tiale de la demande, l’offre pléthorique a entraîné une Pourquoi le charbon reste-t-il donc populaire malgré
contraction des cours. Globalement, cependant, le cours ses coûts externes élevés ? Quels sont les pays et les sec-
du riz reste en hausse (12,6 %). Avec la disparition de la teurs économiques qui en sont le plus tributaires ?
demande d’éthanol, les cours du maïs ont dégringolé de Certains pays ont renoncé au charbon. Comment s’y
13,0 % pour atteindre en mai leur niveau le plus bas de- sont-ils pris et leur expérience est-elle transposable ail-
puis 10 ans. Les cours du soja ont baissé de 13,0 % au leurs ? La pandémie accélérera-t-elle ou ralentira-t-elle la
sortie du charbon ? Nous tentons de répondre à ces ques-
1Le sous-indice harmonisé des prix à la consommation pour les den- tions en examinant l’utilisation du charbon depuis ses
rées alimentaires et les boissons non alcooliques, par exemple, a aug-
débuts et jusqu’à la pandémie récente, ainsi que les ten-
menté de 4,5 % entre février et juin aux États-Unis et de 1,3 % dans la
zone euro. En Chine, en revanche, le sous-indice des prix à la consom- dances internationales de production et de consomma-
mation des produits alimentaires a baissé de 9,7 %. tion de ce combustible.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 49


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Utilisation du charbon, industrialisation et transition Graphique [Link].5. Charbon, 1850–2017


énergétique vers les combustibles fossiles
Grande Dépression Première et Seconde Guerres
L’âge d’or Chocs pétroliers (1973 et 1979) mondiales
Envolée de la croissance chinoise Part du charbon dans l’énergie
Le charbon a commencé à être utilisé en Angleterre Consommation de charbon par (échelle de gauche)
pendant la révolution industrielle, au XVIIIe siècle, puis habitant, revenu élevé Consommation de charbon par
(échelle de droite) habitant, revenu intermédiaire
son utilisation s’est répandue sur le continent européen supérieur (échelle de droite)
et aux États-Unis aux XIXe et XXe siècles. Une série d’in- 0,7 1,6
novations technologiques (machine à vapeur, hauts-­
fourneaux pour la sidérurgie) ont radicalement trans- 0,6 1,4
formé le secteur de la fabrication, l’extraction du charbon
et les transports (avec, par exemple, les locomotives et 1,2
0,5
les bateaux à vapeur). La croissance économique rapide,
1,0
l’industrialisation et l’urbanisation qui en ont découlé 0,4
ont considérablement stimulé la demande. En Europe, 0,8
la transition vers le charbon a également contribué à in- 0,3
verser un modèle de déforestation excessive résultant de 0,6
siècles d’exploitation forestière intensive ; dans le cadre de 0,2
cette transition énergétique majeure, les pays industriels 0,4

se sont détournés de la biomasse (c’est-à-dire du bois uti- 0,1 0,2


lisé comme combustible2, 3). Jusqu’au début de l’entre-
deux-guerres, la consommation de charbon et sa part 0,0 0,0
dans le bouquet énergétique ont donc augmenté à un 1850 1900 50 2000 17

rythme soutenu dans la quasi-totalité des pays.


Sources : B.R. Mitchell ; base de données du projet Maddison (2018) ; Organisa-
tion des Nations Unies ; calculs des services du FMI.
Déclin et renaissance Note : L’envolée de la croissance chinoise correspond aux années 2003 à 2011,
période où le PIB augmentait de plus de 12 % par an (sauf en 2009). Les groupes
Pendant les années 30 et en particulier après la de revenu sont tels que définis par la Banque mondiale.
Seconde Guerre mondiale, d’autres combustibles fossiles
plus propres comme le pétrole et ensuite le gaz naturel
ont été de plus en plus souvent substitués au charbon dans le bouquet énergétique, a diminué rapidement et
dans différents secteurs : transport, logement, commerce s’est contractée encore davantage quand le secteur auto-
et même production d’électricité (graphique [Link].5). mobile, gros consommateur d’essence, s’est développé.
Le charbon, surtout celui de mauvaise qualité à forte te- Le déclin du charbon s’est interrompu étonnamment
neur en soufre, coûtait peu cher mais constituait un fac- dans les années 70 et la tendance baissière s’est partielle-
teur important de pollution atmosphérique et d’atteintes ment inversée sous l’effet de trois facteurs notables (gra-
à l’environnement4. Par conséquent, la consommation de phique [Link].5) : 1) les questions de sécurité énergé-
charbon par habitant, et en particulier la part du charbon tique (en raison du double choc pétrolier des années 70),
2) la part croissante de l’électricité dans les utilisations
2En effet, le couvert forestier européen est aujourd’hui plus haut qu’il
finales de l’énergie et 3) la croissance économique ra-
ne l’a été en un siècle (Fuchs et al., 2015). Nonobstant le reboisement,
les forêts primitives sont extrêmement rares en Europe de l’Ouest. Pour
pide dans les pays émergents. La combinaison des deux
une représentation saisissante de la forêt italienne à l’ère préindustrielle, premiers facteurs a contribué à une demande accrue de
voir le tableau d’Horace Vernet Hunting in the Pontine Marshes (1883). charbon pour la production d’électricité dans de nom-
3De même, l’essor de l’industrie pétrolière américaine au XIXe siècle
breux pays avancés qui souhaitaient réduire leur dépen-
a aidé à sauver plusieurs espèces de baleines menacées d’extinction,
quand les lampes au kérosène ont rapidement remplacé les lampes et les dance à l’égard du pétrole5. Puis, au début du siècle sui-
bougies qui utilisaient l’huile extraite de ce cétacé. vant, quand la croissance économique s’est déplacée vers
4Pendant le grand smog de Londres (5–9 décembre 1952), en raison
les pays consommant davantage de charbon (consom-
des conditions météorologiques, la pollution atmosphérique créée par
la combustion de charbon et le moteur diesel des autobus publics a re- mation par unité de PIB) et présentant une élasticité de
couvert la ville d’une épaisse couche de smog. D’après les rapports mé- la demande de charbon par rapport au revenu (Chine
dicaux du gouvernement britannique, 4 000 personnes seraient décé-
dées directement des suites de ce phénomène et 100 000 autres seraient 5À l’échelle mondiale, la part du charbon dans le total de l’énergie a

tombées malades. atteint son plus bas niveau en 1973.

50 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Graphique [Link].6. Variation de la consommation de charbon Graphique [Link].7. Consommation de charbon par pays
dans le monde : décomposition (En pourcentage)
(En pourcentage)
Chine Inde États-Unis Russie Japon Reste du monde
Consommation par pays Effets de composition
Variation de la consommation Consommation mondiale 60
de charbon dans le monde (échelle de droite)
6 5,0
50
4,5
4
4,0 40
2 3,5

3,0 30
0
2,5
20
–2
2,0

–4 1,5 10
1,0
–6
0,5 0
1991–2000 2001–10 2011–17 2018
–8 0,0
1991 95 2000 05 10 15 17 Sources : Agence internationale de l’énergie, World Energy Balances ; calculs
des services du FMI.
Sources : Agence internationale de l’énergie ; Banque mondiale, Indicateurs
de développement dans le monde ; calculs des services du FMI. Tableau [Link].1. Consommation de charbon par secteur
(En pourcentage)
et Inde, par exemple), la demande s’est envolée dans OCDE Hors OCDE Total
les pays émergents, compensant largement le déclin du Production d’électricité 20,1 50,7 70,8
charbon dans les pays avancés6. On a donc observé une Industrie 2,2 19,4 21,6
renaissance du charbon : la consommation mondiale de Autres 0,9 6,7 7,6
charbon par habitant, la part de ce combustible dans le Total 23,2 76,8 100,0
bouquet énergétique et même l’intensité de son utilisa- Sources : Agence internationale de l’énergie ; calculs des services du FMI.
Note : Autres = utilisations domestiques, commerciales et à des fins non
tion sont reparties à la hausse (graphique [Link].6). énergétiques. OCDE = Organisation de coopération et de développement
À l’heure actuelle, les cinq plus gros consommateurs économiques.
de charbon (Chine, Inde, États-Unis, Russie et Japon) re-
présentent 76,7 % de la consommation mondiale (gra-
phique [Link].7). Environ la moitié du charbon mondial Dans les pays avancés, la demande de charbon est es-
est consommé par la Chine, où la demande de charbon sentiellement liée à la production d’électricité compte
pour l’industrie et la production d’électricité a aug- tenu du déclin des secteurs comme l’acier et le ciment,
menté particulièrement vite au milieu de la première qui utilisent beaucoup de charbon. Comme l’électrifica-
décennie 2000 à la faveur d’une forte expansion des tion des filières économiques est en cours, la demande
infrastructures. Aujourd’hui, tirés par la Chine, les pays d’énergie pour la production d’électricité devrait aug-
émergents — dont la demande de charbon industriel de- menter dans les pays avancés, où l’on observe une stabi-
meure importante — représentent la plus grande part de lisation de la demande d’énergie totale7. Il n’existe pas
la consommation de charbon (76,8 %). Les utilisations de solutions économiques intéressantes pour remplacer
industrielles représentent environ 20 % de la consomma- le charbon à coke dans l’industrie (pour la fabrication de
tion totale (tableau [Link].1). l’acier ou du ciment, par exemple) ; en revanche, pour les
investissements dans de nouvelles centrales électriques, le
6Avec l’accélération de leur activité économique, la Chine et l’Inde 7Le rôle de l’électricité dans la fourniture de services d’énergie pro-

ont eu de plus en plus recours au charbon pour couvrir leurs besoins gresse régulièrement. En 2017, la production d’électricité représentait
énergétiques croissants (Steckel, Edenhofer et Jakob, 2015). environ 41 % de la demande totale d’énergie, contre 26 % en 1971.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 51


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique [Link].8. Facteurs d’émission les émissions des centrales au charbon10. D’autres pays
(Tonnes métriques de dioxyde de carbone par mégawattheure) ont décidé de (lentement) renoncer à utiliser le charbon
au profit d’autres sources d’énergie : le nucléaire, l’hy-
Électricité et chauffage Électricité
droélectricité, le gaz naturel et, plus récemment, les éner-
1,0
gies renouvelables remplacent peu à peu le charbon.
Même si des mesures ont été prises pour atténuer les
effets directs du charbon sur l’environnement, sa com-
0,8 bustion produit également du CO2. Sa teneur en carbone
est supérieure à celle de tout autre combustible primaire.
Substituer d’autres sources d’énergie au charbon permet
0,6 donc de décarboner la filière énergétique et le degré de
décarbonation dépend du substitut choisi. Pour classer
les sources d’énergie en fonction de leur intensité en car-
0,4
bone, on peut comparer leurs coefficients d’émission : ex-
primés en tonnes de CO2 par unité d’électricité produite,
ces coefficients tiennent compte à la fois de l’intensité in-
0,2
trinsèque en carbone du combustible par unité d’énergie
et du rendement énergétique de la technologie en ques-
0,0 tion. Quand il est brûlé pour produire de la chaleur et de
Charbon Pétrole Gaz naturel l’électricité, le charbon a une intensité en carbone 2,2 fois
supérieure à celle du gaz naturel, qui constitue l’unique
Sources : Agence internationale de l’énergie ; calculs des services du FMI.
combustible de substitution envisageable dans le secteur
de l’électricité (graphique [Link].8). Avec son coefficient
charbon est en concurrence avec des solutions sobres en d’émission élevé et sa part importante dans la consom-
carbone, tout particulièrement dans les pays émergents, mation d’énergie mondiale, le charbon contribue à en-
où les capacités de production d’électricité devraient le viron 44 % de l’ensemble des émissions de CO2 et 72 %
plus se développer. de l’ensemble des émissions du secteur de l’électricité
(graphique [Link].9)11.

Coûts externes du charbon : santé, environnement,


émissions de carbone À quel rythme et quand les pays réduisent-ils
leur dépendance vis-à-vis du charbon ?
Les centrales thermiques au charbon rejettent plusieurs
substances, dont du dioxyde de soufre, de l’oxyde d’azote, Avec l’introduction et l’essor de nouvelles sources
des particules et du mercure, dans l’air, les cours d’eau d’énergie, surtout après la Seconde Guerre mondiale, le
et les lacs. Ces émissions présentent un danger pour la bouquet énergétique s’est étoffé dans de nombreux pays,
santé humaine (toxines) et l’environnement (polluants)8. qui sont devenus moins tributaires du charbon. À l’heure
La pollution atmosphérique provoquée par la combus- actuelle, la consommation de charbon par habitant a
tion du charbon et autres combustibles fossiles a long- déjà atteint son pic dans 73 des 84 pays dont la part du
temps été considérée comme le problème le plus grave charbon dans la consommation d’énergie totale a franchi
pour l’environnement dans les pays avancés9. En Europe à un moment donné le seuil de 5 %. Nonobstant le ni-
et aux États-Unis, par exemple, des réglementations ont veau de dépendance absolue atteint au pic de consom-
commencé à être mises en place dans les années 80 et 90 mation, la baisse moyenne mesurée dans ces pays a été de
pour encourager l’adoption de techniques de dépollution 2,3 % par an entre 1971 et 2017 (graphique [Link].10).
de l’environnement comme les épurateurs et réduire ainsi 10Une étape importante a été franchie dans ce contexte, avec la

Convention des Nations Unies sur la pollution atmosphérique transfron-


8Les émissions engendrées par la combustion du charbon peuvent tière à longue distance. Premier traité consacré à la pollution atmosphé-
entraîner chez l’humain des lésions au niveau des systèmes respiratoire, rique à l’échelle régionale, la Convention est entrée en vigueur en 1983.
cardiovasculaire et nerveux (Smith, Mehta et Maeusezahl-Feuz, 2004). 11D’après l’Agence internationale de l’énergie, la part de l’énergie
9D’après Fouquet (2011), en 1880, l’extraction, le transport et la dans le total des émissions de gaz à effet de serre était de 74,2 % en
combustion du charbon nécessaires à l’économie britannique avaient 2015. Le reste correspond aux émissions produites par l’agriculture, la
entraîné des externalités dont le coût avoisinait 20 % du PIB. déforestation et, plus largement, la réaffectation des terres.

52 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Graphique [Link].9. Émissions annuelles moyennes L’hypothèse de l’échelle de qualité peut contribuer à
de dioxyde de carbone expliquer la relation qui est observée entre le revenu et
(Tonnes métriques de dioxyde de carbone)
le bouquet énergétique : lorsque le revenu augmente, les
Charbon Pétrole Gaz naturel
sources d’énergie seraient choisies non plus seulement
35 000
en fonction de leur coût et de leur disponibilité, mais
de plus en plus pour des raisons de rendement, de com-
30 000
modité, de faible impact sur l’environnement et de sécu-
rité13. Les biocarburants sont situés en bas de l’échelle, le
25 000
charbon, le pétrole et l’hydroélectricité au niveau inter-
médiaire, et les sources à forte intensité de capital comme
20 000
le nucléaire, le gaz naturel et les énergies renouvelables en
haut de l’échelle. En raison de son faible coût, la produc-
15 000 tion d’électricité à partir de charbon (graphique [Link].11
fait que ce dernier pèse lourd dans le panier énergé-
10 000 tique des pays à revenu intermédiaire des tranches in-
férieure et supérieure, car il constitue une source
5 000 d’énergie financièrement abordable et souvent abon-
dante (tableau [Link].2)14, 15. La dotation de chaque pays
0 en sources d’énergie concurrentes (potentiel hydroélec-
1971–80 1981–90 1991–2000 2001–10 2011–16 2017 trique, par exemple) pourrait aussi jouer sur l’attractivité
du charbon aux différents stades de développement.
Sources : Agence internationale de l’énergie ; calculs des services du FMI.
Analyse empirique
Une régression sur données de panel est utilisée pour
Une fois atteint le pic de consommation par habitant, il vérifier la relation entre le revenu par habitant et la
faut donc en moyenne 43 ans pour sortir du charbon.
La comparaison du paysage énergétique des pays en 13Voir Stokey (1998) pour un modèle théorique de la demande de

fonction du groupe de revenus met en lumière des diffé- qualité environnementale.


14Même aujourd’hui, le coût marginal d’exploitation d’une centrale
rences frappantes (tableau [Link].2). Les pays pauvres ex-
électrique au charbon est l’un des moins élevés. Le coût de l’éolien et du
ploitent principalement la biomasse pour couvrir leurs solaire a considérablement diminué à l’échelle de la centrale, mais une
besoins énergétiques, tandis que les pays à revenu inter- pleine montée en puissance des énergies renouvelables dans le réseau
médiaire sont très dépendants du charbon12. Dans les électrique est assortie d’un risque de rendements décroissants compte
tenu de l’intermittence de ces productions.
pays à revenu élevé, la part du charbon dans la palette 15Pour comparer les différentes solutions de production d’électricité
énergétique décroît, tandis que les options du nucléaire et qui sont envisageables, on se sert souvent du coût moyen actualisé de
du gaz naturel progressent. l’électricité, défini comme la valeur actualisée du prix de l’énergie élec-
trique produite (généralement exprimée en cents par kilowattheure), en
tenant compte de la durée de vie économique de la centrale et des coûts
12Au sujet du lien entre niveau de revenu et consommation de bio- de construction, d’exploitation et de maintenance, ainsi que du coût des
masse, voir le chapitre 1 de l’édition d’octobre 2018 des PEM. combustibles.

Tableau [Link].2. Bouquets énergétiques en 2017, par groupe de revenu


(En pourcentage)
Énergies
Parts des sources d’énergie primaire : Biomasse Charbon Pétrole brut Gaz naturel Hydroélectricité renouvelables Nucléaire
Pays à faible revenu 80,8 2,3 13,3 0,9 2,8 1,6 0,0
Pays à revenu intermédiaire de la 26,2 26,9 26,6 14,4 1,8 2,3 1,8
tranche inférieure
Pays à revenu intermédiaire de la 5,2 40,9 25,0 21,5 3,4 1,4 2,5
tranche supérieure
Pays à revenu élevé 5,7 15,8 36,6 29,0 2,1 1,6 9,2
Monde 12,9 28,0 29,9 23,3 2,6 1,6 1,6
Sources : Agence internationale de l’énergie ; Banque mondiale ; calculs des services du FMI.
Note : Les groupes de revenu sont tels que définis par la Banque mondiale.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 53


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique [Link].10. Sorties progressives du charbon Les résultats montrent aussi que la dotation énergé-
tique des pays, notamment leur potentiel hydroélectrique
États-Unis Allemagne et leurs réserves de charbon, joue un rôle important sur le
France Royaume-Uni
Réduction en 2017 depuis le pic plan quantitatif, plus important que le secteur manufac-
turier et la réglementation dans le domaine de l’environ-
0 nement, dont les effets constatés sont minimes. Les hivers
plus rigoureux sont également associés à une consomma-
PRT KAZ tion accrue de charbon.
–20
À l’instar de la relation entre la part du charbon et le
Variation en pourcentage après le pic

revenu, le lien entre consommation de charbon par ha-


AUS bitant et revenu est très peu linéaire. La spécification pri-
–40
ESP vilégiée montre une relation en « S » avec le revenu par
GRC
USA
habitant : la croissance de la consommation de charbon
–60 ISR
s’accélère quand le revenu est faible, culmine au ni-
UKR
veau de revenu intermédiaire et se stabilise ensuite. Le
point d’inflexion de la dépendance absolue, après le-
–80 quel la consommation décline, se situe entre 35 000 et
DNK GBR
39 000 dollars.
Il ressort de la comparaison des points d’inflexion res-
–100 pectifs des deux mesures de la dépendance au charbon
0 10 20 30 40 50
Nombre d’années après le pic que le « point d’inflexion en fonction de la part » (ou
point d’inflexion relatif ) précède le « point d’inflexion
Sources : Agence internationale de l’énergie ; calculs des services du FMI. par habitant » (ou point d’inflexion absolu). En effet, aux
Note : Pour chaque pays, le pic correspond à l’année où la consommation de
charbon par habitant a été la plus élevée. Les carrés bleus représentent la baisse niveaux de revenu intermédiaire et élevé, le charbon tend
de la consommation par habitant en 2017 après le pic. Le graphique illustre la à être supplanté par des combustibles en forte croissance
trajectoire de sortie du charbon de différents pays. Les codes pays utilisés sont
ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
et de meilleure qualité comme le pétrole, le nucléaire et le
gaz naturel, ce qui réduit d’autant sa part dans le bouquet
énergétique. Toutefois, la consommation de charbon par
dépendance au charbon, qui est définie comme la part habitant continue d’augmenter ensuite (mais moins vite
du charbon dans l’approvisionnement total en énergie que certaines autres sources d’énergie) pour satisfaire la
primaire (dépendance relative au charbon) ou comme demande d’énergie qui croît rapidement. Si le revenu par
la consommation de charbon par habitant (dépendance habitant progresse de 4 % par an, il faut encore 33 ans
absolue au charbon). L’analyse neutralise l’effet des fac- pour passer du point d’inflexion relatif au point d’in-
teurs propres au pays, y compris la part du secteur ma- flexion absolu. Ces résultats confirment l’hypothèse que
nufacturier dans la valeur ajoutée nominale, les réserves les nouveaux combustibles énergétiques ne remplacent
de charbon par habitant et le potentiel hydroélectrique que lentement les plus anciens.
(pour une discussion approfondie sur ce point, voir l’an- Si l’on combine les estimations du rythme de déclin
nexe I en ligne, consultable à l’adresse [Link]/en/ moyen et l’intervalle de temps estimé entre les pics de dé-
Publications/WEO). pendance relative et absolue, il faut en moyenne 76 ans
Les résultats corroborent clairement l’existence d’une pour éliminer le charbon une fois qu’il a atteint sa part
relation en « U » inversé entre le revenu et la part du maximale dans le bouquet énergétique. Le Royaume-Uni
charbon dans le panier énergétique, le charbon atteignant est en passe d’avoir éliminé le charbon, mais il lui
sa part maximale à un niveau de revenu de 9 600 dollars a fallu près de 100 ans pour réaliser cette prouesse
par habitant, ce qui correspond au seuil du statut de pays (graphique [Link].10). En Chine, où la part du charbon
à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. D’après a culminé en 2013, cela signifie encore au moins 38 ans
notre principale spécification, par exemple, entre 1971 et de consommation de charbon au rythme actuel. Mais le
2017, le revenu par habitant a contribué à abaisser la part cas britannique illustre la pertinence des mesures décidées
du charbon de 6,4 points aux États-Unis et de 5,2 points par les pouvoirs publics, pertinence accrue par l’intro-
au Japon, et à la relever de respectivement 12,2 et duction de la tarification du carbone au niveau du four-
11,3 points en Inde et en Chine. nisseur ; le Royaume-Uni a enregistré l’une des baisses les

54 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Graphique [Link].11. Coût actualisé de l’électricité Tableau [Link].3. Sortie rapide du charbon :
pour les nouveaux investissements, 2019 quelques exemples récents
(En dollars par mégawattheure) Réduction sur Part initiale Substitut
Pays Année 5 ans (en %) (en %) principal
Royaume-Uni 2018 –12,4 17,0 Gaz naturel
Israël 2018 –9,4 29,8 Gaz naturel
Nucléaire
Grèce 2018 –8,9 29,9 Gaz naturel
Kazakhstan 2016 –8,1 51,3 Gaz naturel
Éolien en mer Espagne 2010 –6,8 12,8 Mixte
Solaire PV Australie 2014 –6,5 39,7 Gaz naturel
(commerce Portugal 2010 –6,3 13,5 Gaz naturel
et industrie) Chine 2017 –6,2 69,7 Mixte
Charbon Danemark 2018 –5,9 15,7 Biocarburants
Ukraine 2017 –5,8 35,8 Nucléaire
Coût marginal d’une États-Unis 2018 –5,3 19,6 Gaz naturel
centrale au charbon Sources : Agence internationale de l’énergie ; calculs des services du FMI.
Note : Mixte = gaz naturel, nucléaire et énergies renouvelables.
Cycle combiné au gaz
Solaire PV,
silicium cristallin
(échelle commerciale)
d’électricité (graphique [Link].12). Néanmoins, il est en-
Éolien terrestre
core trop tôt pour déclarer « mission accomplie ». En
0 20 40 60 80 100 120 140 premier lieu, la pression à la baisse sur les cours du gaz
naturel a été encore plus puissante que sur le charbon,
Source : Lazard (2019). notamment en raison du manque de sites de stockage
Note : bas de la fourchette des estimations tirées de Lazar, Levelized Cost of (graphique [Link].13). Deuxièmement, là où la demande
Energy Comparison—Unsubsidized Analysis. La barre jaune représente le point
médian du coût marginal d’exploitation d’une centrale électrique au charbon d’électricité a redémarré, la consommation de charbon
existante. PV = photovoltaïque. a repris.
Au vu de ces considérations ainsi que des exemples
et de l’analyse économétrique qui précèdent, la dispa-
plus rapides de la consommation de charbon entre 2013 rition complète du charbon sera effective longtemps
et 2018, avec le remplacement de ce dernier par le gaz après que les sources d’énergie à faible émission de car-
naturel (tableau [Link].3)16. Aux États-Unis, une baisse bone commenceront à peser dans le panier énergétique.
comparable mais plus modeste a été constatée grâce aux Il y a principalement deux raisons à cette persistance du
mécanismes du marché, puisque la révolution du gaz de charbon. Premièrement, dans l’industrie, il est difficile de
schiste a fait baisser les cours du gaz naturel. Le gaz na- lui substituer d’autres sources d’énergie, et le charbon in-
turel et parfois les énergies renouvelables ont été le mo- dustriel représente toujours 33 % de la consommation
teur des transitions les plus rapides engagées récemment de charbon dans les pays émergents, où se concentrent
pour sortir du charbon (tableau [Link].3). la plupart des utilisations industrielles du minerai.
Sans surprise, la pandémie de COVID-19 a en- Deuxièmement, et c’est extrêmement important, les cen-
traîné une réduction très sensible de la consommation trales au charbon sont des actifs à long terme, avec une
de charbon dans de nombreux pays (voir chapitre 3). durée de vie spécifiée d’au moins 30 à 40 ans. De ce fait,
Comme les coûts marginaux des énergies renouvelables le rythme d’obsolescence d’une centrale au charbon de
sont extrêmement bas, le gaz naturel et le charbon ont construction récente est très bas en l’absence de variations
représenté l’essentiel de la baisse de la production élec- importantes du coût moyen actualisé de l’électricité issue
trique. Dans certaines régions, cela s’est traduit par une de sources renouvelables ou en l’absence de mesures des
part record des énergies renouvelables dans la production pouvoirs publics.
La pandémie et ses effets sur l’activité économique mo-
16En 2013, le Royaume-Uni a été le premier pays de l’Union euro-
difient à plus d’un égard les perspectives à moyen terme du
péenne à introduire un soutien au prix du carbone. Il s’agit d’une taxe
acquittée par les entreprises qui produisent de l’électricité à partir de charbon et des centrales électriques au charbon, mais, glo-
combustibles fossiles. Elle s’ajoute au système européen d’échange de balement, l’impact n’est pas clair. D’un côté, si la baisse de
quotas d’émission en vertu duquel les entreprises du secteur de l’énergie la demande d’électricité revêt un caractère plus permanent,
achètent des autorisations pour émettre du dioxyde de carbone. La taxe
avait d’abord été fixée à 9 livres par tonne métrique de CO2 avant d’être les centrales au charbon existantes devraient être moins uti-
progressivement multipliée par deux, à 18 livres. lisées, ce qui incitera à les fermer, en particulier dans les

Fonds monétaire international | Octobre 2020 55


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique [Link].12. Contribution à l’augmentation Graphique [Link].13. Cours du charbon et du gaz naturel en 2020
de la production électrique en Europe (2–15 janvier = 100)
(Glissement annuel, en pourcentage)
Indice charbon Indice gaz naturel
Énergies renouvelables Nucléaire
Gaz Charbon 120
Total
110
15 100
90
10 80
70
5
60

0 50
40
–5 30
20
–10
10
0
–15 15 janv. 17 févr. 16 mars 15 avril 15 mai 15 juin 15 juil. 21 août
2020 2020 2020 2020 2020 2020 2020 2020
–20
Janv. 2020 Févr. 20 Mars 20 Avril 20 Mai 20 Juin 20
Sources : FMI, système des cours des produits de base ; calculs des services du FMI.
Source : EMBER. Note : L’indice des cours du charbon est la moyenne simple des cours australiens et
Note : Les données se rapportent aux 27 pays membres de l’Union européenne. sud-africains. L’indice des cours du gaz naturel est la moyenne simple des cours du
Title Transfer Facility néerlandais et des cours du gaz naturel liquéfié asiatique.

pays avancés. Dans les pays émergents, en revanche, même


charbon des principaux pays qui en consomment ou en
si la demande d’électricité ne revient pas complètement à
produisent (pour une discussion approfondie, voir l’an-
son niveau tendanciel d’avant la pandémie, elle devrait en-
nexe II en ligne).
core augmenter fortement. En l’absence de mesures des
pouvoirs publics, la baisse éventuelle des cours du charbon
associée à une baisse des prix de gros de l’électricité pour- Conclusion
rait ralentir l’investissement dans les énergies renouvelables,
Réduire les émissions de carbone liées au charbon
au profit du charbon.
contribuerait considérablement à la lutte contre les
Enfin, il convient de noter que, malgré les études
changements climatiques. De plus, la décarbonation
consacrées à la consommation totale d’énergie, la varia-
du secteur de la production d’électricité amplifierait les
tion de la dépendance à l’égard du charbon est large-
avantages d’une transition mondiale vers les véhicules
ment inexpliquée17. Ceci est sans doute en partie lié à
électriques et, plus largement, la mobilité électrique,
des facteurs d’économie politique, qui incitent les pays
puisque les nouveaux véhicules utiliseraient une électri-
à faire des choix différents en termes de politiques éner-
cité à faible émission de carbone.
gétiques. Dans certains pays, les réserves de charbon re-
La sortie du charbon démarre généralement dans les
présentent en valeur plusieurs fois le PIB national, ce qui
pays à revenu élevé et elle n’est effective qu’au bout de plu-
accroît le risque de voir ces actifs devenir inexploitables.
sieurs décennies. La pandémie a pu freiner la consomma-
En outre, des intérêts puissants dans le secteur minier des
tion de charbon, mais ce n’est sans doute que temporaire.
grands pays consommateurs et producteurs de charbon,
De surcroît, les pays qui viennent d’atteindre ou n’ont
notamment asiatiques comme la Chine et l’Inde, pour-
pas encore atteint leur pic de consommation par habitant
raient encore compliquer la donne et retarder la sortie du
(dont la Chine, l’Inde et l’Indonésie) représentent la ma-
17Pour une analyse de la demande d’énergie, voir le dossier spécial jeure partie de la consommation mondiale de charbon ;
sur les produits de base dans l’édition d’octobre 2018 des PEM. il faudra donc des années pour que cette consommation

56 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

diminue si aucune mesure notable n’est prise par les auto- (voir par exemple Jacobson, 2020). Néanmoins, il serait
rités. De nouvelles baisses considérables du prix des subs- sans doute judicieux de multiplier les stratégies d’atté-
tituts à faible émission de carbone (solaire, éolien, par nuation et d’investir dans ces stratégies ; en effet, le carac-
exemple) pourraient être utiles, mais, pour éviter le pro- tère intermittent des sources renouvelables, en particulier
blème de l’intermittence des sources renouvelables, le gaz quand leur taux de pénétration dans le système électrique
naturel (plus proche substitut du charbon) pourrait être est élevé, reste problématique et pourrait contraindre à
nécessaire, même si la demande d’électricité ne remonte continuer d’utiliser du charbon pour produire de l’élec-
pas à ses niveaux prépandémiques. tricité dans certaines régions.
Bien que les technologies de captage et de stockage du Le déclin du charbon pourrait être accéléré si les auto-
carbone puissent être une solution viable, en l’absence de rités étaient prêtes à indemniser les acteurs pénalisés par
tarification substantielle du carbone, la mise à niveau des la sortie progressive du charbon et voyaient dans la pan-
centrales existantes et la construction de nouvelles cen- démie de COVID-19 une occasion de progresser plus
trales équipées de ces technologies coûtent cher à l’heure vite dans ce domaine. Dans les pays émergents, le degré
actuelle (pour une analyse détaillée des avantages de la de maintien du charbon peut diminuer si l’on réduit les
tarification du carbone, voir FMI, 2019). De plus, cer- obstacles à l’investissement dans les énergies renouve-
tains considèrent que les coûts d’opportunité des émis- lables. La communauté internationale peut fournir une
sions de CO2 qui seraient associés à de nouveaux in- assistance financière et technique (à l’édification de ré-
vestissements dans le captage et le stockage du carbone seaux alimentés par intermittence en électricité renou-
pourraient être importants, car les technologies qui ont velable) et limiter le financement de nouvelles centrales
fait leurs preuves, comme l’éolien et le solaire, peuvent au charbon, tout au moins quand d’autres solutions sont
déjà être utilisées pour diminuer les émissions de carbone disponibles.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 57


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré [Link].1. Bilan des émissions mondiales de carbone en 2019


Le présent encadré est une mise à jour de l’évaluation Graphique [Link].1.2. Contribution
des émissions mondiales de carbone présentée dans les aux émissions mondiales, par source
Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2019. Les (Variation en pourcentage)
chiffres les plus récents pour la fin de 2019 montrent
Émissions Intensité de carbone
que les émissions mondiales ont augmenté de moins Intensité énergétique PIB par habitant
de 0,5 %, après un rebond alarmant de plus de 2 % en Population
2017 et 2018 (graphique [Link].1.1). 6
La Chine demeure l’un des principaux moteurs de la
croissance des émissions et son influence s’est renforcée
en 2019, après une période de déclin progressif. La
4
contribution de l’Inde et d’autres pays émergents a consi-
dérablement diminué en 2019 et les émissions ont baissé
dans l’ensemble des pays du Groupe des Sept.
2
Le recul des émissions mondiales en 2019 résulte prin-
cipalement d’une chute de l’intensité énergétique et d’une
0
Graphique [Link].1.1. Contribution aux
émissions mondiales, par pays/région
(Variation en pourcentage) –2

G-7 hors É.-U. RDM


États-Unis Monde –4
Chine Croissance de la PI mondiale 2008 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
Inde (échelle de droite)
Sources : British Petroleum ; Agence internationale de
12 10 l’énergie ; Banque mondiale, Indicateurs de développement
dans le monde ; calculs des services du FMI.
10 8

8 moindre croissance des revenus (graphique [Link].1.2)1.


6
C’est une évolution comparable à celle des années précé-
6 dentes et probablement le reflet du ralentissement cyclique
4
4 de la production industrielle mondiale en 2019. La dé-
2 carbonation a encore été un facteur d’atténuation non né-
2 gligeable en 2019 : l’éolien, le solaire et le gaz naturel ont
0
0 continué de remplacer le charbon comme source d’énergie
–2 privilégiée pour la production électrique dans les princi-
–2 paux pays émetteurs de carbone.
–4 En 2020, la pandémie de COVID-19 et les confi-
–4
nements qu’elle a entraînés feront sans doute chuter les
–6 –6
émissions, même si l’essentiel de la baisse sera probable-
–8 –8 ment transitoire, le temps que la croissance économique
2008 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 mondiale revienne à la normale. Les autorités devraient
profiter de la crise pour investir dans une croissance plus
Sources : British Petroleum ; Agence internationale de verte axée sur une réduction permanente des émissions
l’énergie ; calculs des services du FMI.
Note : G-7 = Groupe des Sept (Allemagne, Canada, États-Unis, (Georgieva, 2020).
France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ; PI = production
industrielle ; RDM = reste du monde ; É.-U. = États-Unis. 1Les Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2019 montrent

que les émissions totales peuvent être exprimées comme le produit


de l’intensité carbone (émissions de carbone par unité d’énergie), de
l’intensité énergétique (énergie par unité de PIB), du PIB par habi-
Les auteurs de cet encadré sont Claire Li et Nico Valckx. tant et de la population.

58 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Europe 1,6 –7,0 4,7 3,0 2,0 2,4 2,1 1,7 1,9 ... ... ...
Pays avancés 1,4 –8,1 5,2 1,3 0,5 1,0 2,3 2,1 2,3 6,6 8,0 8,5
Zone euro4, 5 1,3 –8,3 5,2 1,2 0,4 0,9 2,7 1,9 2,4 7,6 8,9 9,1
Allemagne 0,6 –6,0 4,2 1,3 0,5 1,1 7,1 5,8 6,8 3,1 4,3 4,2
France 1,5 –9,8 6,0 1,3 0,5 0,6 –0,7 –1,9 –1,8 8,5 8,9 10,2
Italie 0,3 –10,6 5,2 0,6 0,1 0,6 3,0 3,2 3,0 9,9 11,0 11,8
Espagne 2,0 –12,8 7,2 0,7 –0,2 0,8 2,0 0,5 0,9 14,1 16,8 16,8
Pays-Bas 1,7 –5,4 4,0 2,7 1,2 1,5 9,9 7,6 9,0 3,4 5,5 4,5
Belgique 1,4 –8,3 5,4 1,2 0,6 1,2 –1,2 0,0 –0,8 5,4 6,1 7,6
Autriche 1,6 –6,7 4,6 1,5 1,2 1,8 2,6 2,4 2,5 4,5 5,8 5,5
Irlande 5,9 –3,0 4,9 0,9 –0,2 0,6 –11,4 5,0 5,5 5,0 5,6 6,2
Portugal 2,2 –10,0 6,5 0,3 0,0 1,1 –0,1 –3,1 –3,5 6,5 8,1 7,7

Grèce 1,9 –9,5 4,1 0,5 –0,6 0,7 –2,1 –7,7 –4,5 17,3 19,9 18,3
Finlande 1,1 –4,0 3,6 1,1 0,7 1,3 –0,5 –1,8 –0,7 6,8 8,4 8,6
République slovaque 2,4 –7,1 6,9 2,8 1,5 1,5 –2,9 –3,1 –4,1 5,8 7,8 7,1
Lituanie 3,9 –1,8 4,1 2,2 1,3 1,7 4,3 7,2 4,5 6,3 8,2 7,5
Slovénie 2,4 –6,7 5,2 1,6 0,5 1,8 5,7 4,5 3,9 4,6 8,0 6,0
Luxembourg 2,3 –5,8 5,9 1,7 0,4 1,4 4,5 3,8 4,3 5,4 6,5 7,0
Lettonie 2,2 –6,0 5,2 2,7 0,6 1,8 –0,5 2,0 –0,8 6,3 9,0 8,0
Estonie 5,0 –5,2 4,5 2,3 0,2 1,4 2,6 4,0 2,0 4,4 7,8 6,1
Chypre 3,2 –6,4 4,7 0,6 –0,6 1,0 –6,7 –10,6 –9,1 7,1 8,0 7,0
Malte 4,9 –7,9 4,8 1,5 0,8 1,1 9,6 7,6 8,3 3,6 4,2 4,2
Royaume-Uni 1,5 –9,8 5,9 1,8 0,8 1,2 –4,0 –2,0 –3,8 3,8 5,4 7,4
Suisse 1,2 –5,3 3,6 0,4 –0,8 0,0 11,5 8,5 9,0 2,3 3,2 3,6
Suède 1,3 –4,7 3,5 1,6 0,8 1,4 4,2 3,2 4,2 6,8 8,7 9,3
République tchèque 2,3 –6,5 5,1 2,9 3,3 2,4 –0,4 –0,7 –0,5 2,0 3,1 3,4
Norvège 1,2 –2,8 3,6 2,2 1,4 3,3 4,1 2,8 4,4 3,7 4,5 4,3

Danemark 2,3 –4,5 3,5 0,7 0,4 0,9 7,8 6,4 6,6 5,0 6,2 6,0
Islande 1,9 –7,2 4,1 3,0 2,7 2,8 6,2 0,0 0,2 3,6 7,2 7,0
Saint-Marin 1,1 –11,0 5,7 1,0 0,5 0,8 0,7 –4,5 –1,2 7,7 10,1 8,4

Pays émergents et pays en 2,1 –4,6 3,9 6,6 5,2 5,2 1,4 –0,3 0,1 ... ... ...
développement d’Europe6
Russie 1,3 –4,1 2,8 4,5 3,2 3,2 3,8 1,2 1,8 4,6 5,6 5,2
Turquie 0,9 –5,0 5,0 15,2 11,9 11,9 1,2 –3,7 –0,9 13,7 14,6 12,4
Pologne 4,1 –3,6 4,6 2,3 3,3 2,3 0,4 3,0 1,8 3,3 3,8 5,1
Roumanie 4,1 –4,8 4,6 3,8 2,9 2,5 –4,6 –5,3 –4,5 3,9 7,9 6,0
Ukraine7 3,2 –7,2 3,0 7,9 3,2 6,0 –2,7 4,3 –3,0 8,5 11,0 9,6

Hongrie 4,9 –6,1 3,9 3,4 3,6 3,4 –0,8 –1,6 –0,9 3,4 6,1 4,7
Bélarus7 1,2 –3,0 2,2 5,6 5,1 5,1 –1,8 –3,3 –2,2 0,3 1,4 1,1
Bulgarie5 3,4 –4,0 4,1 2,5 1,2 1,7 4,0 1,9 2,3 4,2 5,6 4,5
Serbie 4,2 –2,5 5,5 1,9 1,5 1,9 –6,9 –6,4 –6,5 10,9 13,4 13,0
Croatie 2,9 –9,0 6,0 0,8 0,3 0,8 2,8 –3,2 –3,1 7,8 9,3 10,3
Source : services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice
statistique pour une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A5

et A6 de l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.
5Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat, sauf pour la Slovénie.
6Inclut l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la République de Moldova, la Macédoine du Nord et le Monténégro.
7Voir la note pour le Bélarus et l’Ukraine dans la section des notes de l’appendice statistique.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 59


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et Pacifique : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Asie 4,6 –2,2 6,9 2,7 2,5 2,5 1,8 1,8 1,3 ... ... ...
Pays avancés 1,2 –4,2 2,9 0,7 0,2 0,7 4,3 3,6 3,5 3,1 4,0 3,8
Japon 0,7 –5,3 2,3 0,5 –0,1 0,3 3,6 2,9 3,2 2,4 3,3 2,8
Corée 2,0 –1,9 2,9 0,4 0,5 0,9 3,6 3,3 3,4 3,8 4,1 4,1
Australie 1,8 –4,2 3,0 1,6 0,7 1,3 0,6 1,8 –0,1 5,2 6,9 7,7
Taiwan (province chinoise de) 2,7 0,0 3,2 0,5 –0,1 1,0 10,7 9,6 9,8 3,8 3,9 3,8
Singapour 0,7 –6,0 5,0 0,6 –0,4 0,3 17,0 15,0 14,5 2,3 3,0 2,6
Hong Kong (RAS) –1,2 –7,5 3,7 2,9 0,3 2,4 6,2 4,4 4,7 3,0 5,2 4,4
Nouvelle-Zélande 2,2 –6,1 4,4 1,6 1,7 0,6 –3,4 –2,0 –2,4 4,1 6,0 7,0
Macao (RAS) –4,7 –52,3 23,9 2,8 1,7 1,8 34,8 –23,5 –6,7 1,7 2,3 2,0

Pays émergents et pays 5,5 –1,7 8,0 3,3 3,2 2,9 0,6 1,0 0,3 ... ... ...
en développement d’Asie
Chine 6,1 1,9 8,2 2,9 2,9 2,7 1,0 1,3 0,7 3,6 3,8 3,6
Inde4 4,2 –10,3 8,8 4,8 4,9 3,7 –0,9 0,3 –0,9 ... ... ...

ASEAN-5 4,9 –3,4 6,2 2,1 1,5 2,3 1,1 0,8 0,1 ... ... ...
Indonésie 5,0 –1,5 6,1 2,8 2,1 1,6 –2,7 –1,3 –2,4 5,3 8,0 6,8
Thaïlande 2,4 –7,1 4,0 0,7 –0,4 1,8 7,1 4,2 4,6 1,0 1,0 1,0

Malaisie 4,3 –6,0 7,8 0,7 –1,1 2,4 3,4 0,9 1,8 3,3 4,9 3,4
Philippines 6,0 –8,3 7,4 2,5 2,4 3,0 –0,1 1,6 –1,5 5,1 10,4 7,4
Viet Nam 7,0 1,6 6,7 2,8 3,8 4,0 3,4 1,2 1,7 2,2 3,3 2,7

Autres pays émergents et pays 6,6 –1,7 7,8 5,3 5,3 5,4 –2,5 –3,4 –3,7 ... ... ...
en développement d’Asie5
Pour mémoire
Pays émergents d’Asie6 5,4 –1,7 8,0 3,2 3,1 2,8 0,7 1,1 0,4 ... ... ...
Source : services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique
pour une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A5 et

A6 de l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Voir la note pour l’Inde dans la section des notes de l’appendice statistique.
5Les autres pays émergents et pays en développement d’Asie incluent les pays suivants : Bangladesh, Bhoutan, Brunei Darussalam, Cambodge, Fidji, Îles Marshall,

Îles Salomon, Kiribati, Maldives, Micronésie, Mongolie, Myanmar, Nauru, Népal, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, Samoa,
Sri Lanka, Timor-Leste, Tonga, Tuvalu et Vanuatu.
6Les pays émergents d’Asie incluent les pays de l’ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam), la Chine et l’Inde.

60 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Amérique du Nord 1,9 –4,9 3,3 2,0 1,6 2,7 –2,1 –2,0 –2,0 ... ... ...
États-Unis 2,2 –4,3 3,1 1,8 1,5 2,8 –2,2 –2,1 –2,1 3,7 8,9 7,3
Canada 1,7 –7,1 5,2 1,9 0,6 1,3 –2,0 –2,0 –2,4 5,7 9,7 7,9
Mexique –0,3 –9,0 3,5 3,6 3,4 3,3 –0,3 1,2 –0,1 3,5 5,2 5,8
Porto Rico4 2,0 –7,5 1,5 0,1 –1,6 0,6 ... ... ... 8,3 12,0 11,5

Amérique du Sud5 –0,2 –8,1 3,6 10,1 7,9 8,6 –2,3 –0,6 –0,7 ... ... ...
Brésil 1,1 –5,8 2,8 3,7 2,7 2,9 –2,8 0,3 0,0 11,9 13,4 14,1
Argentine –2,1 –11,8 4,9 53,5 ... ... –0,9 0,7 1,2 9,8 11,0 10,1
Colombie 3,3 –8,2 4,0 3,5 2,4 2,1 –4,2 –4,0 –3,9 10,5 17,3 15,8
Chili 1,1 –6,0 4,5 2,3 2,9 2,7 –3,8 –1,6 –2,9 7,2 11,4 10,2
Pérou 2,2 –13,9 7,3 2,1 1,8 1,9 –1,4 –1,1 –0,3 6,6 12,5 8,8
Venezuela –35,0 –25,0 –10,0 19 906 6 500 6 500 8,4 –4,1 –4,1 47,6 54,4 57,3
Équateur 0,1 –11,0 4,8 0,3 0,0 1,0 –0,1 –2,0 –0,1 3,8 8,1 5,6
Paraguay 0,0 –4,0 5,5 2,8 2,9 3,2 –1,0 –0,7 0,0 6,1 7,0 6,1
Bolivie 2,2 –7,9 5,6 1,8 1,7 4,1 –3,3 –2,6 –3,5 4,0 8,0 4,0
Uruguay 0,2 –4,5 4,3 7,9 10,0 8,2 0,6 –1,7 –3,3 8,9 9,7 9,0

Amérique centrale6 3,2 –5,9 3,6 2,0 1,8 2,2 –1,2 –3,1 –2,9 ... ... ...
Caraïbes7 0,7 –5,4 3,9 4,2 7,1 7,8 –2,4 –9,9 –7,5 ... ... ...

Pour mémoire
Amérique latine et Caraïbes8 0,0 –8,1 3,6 7,7 6,2 6,7 –1,7 –0,5 –0,8 ... ... ...
Union monétaire des Caraïbes orientales9 2,8 –15,1 5,8 0,8 0,6 1,5 –7,7 –21,0 –20,5 ... ... ...
Source : services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique
pour une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Le Venezuela est exclu des agrégats. Les variations de décembre à décembre sont

indiquées dans les tableaux A5 et A6 de l’appendice statistique.


2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4L’État libre de Porto Rico est classé parmi les pays avancés. Il s’agit d’un territoire des États-Unis, mais ses données statistiques sont tenues à jour de manière

séparée et indépendante.
5Voir les notes pour l’Argentine et le Venezuela dans la section des notes de l’appendice statistique.
6Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama et République dominicaine.
7Antigua-et-Barbuda, Aruba, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines,

Sainte-Lucie, Suriname et Trinité-et-Tobago.


8Inclut le Mexique et les pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Voir les notes pour l’Argentine et le Venezuela dans la section des notes de

l’appendice statistique.
9Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte-Lucie, ainsi qu’Anguilla et Montserrat, qui ne sont pas

membres du FMI.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 61


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau de l’annexe 1.1.4. Pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur
courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Moyen-Orient et d’Asie centrale 1,4 –4,1 3,0 7,8 9,3 9,3 0,7 –3,7 –2,7 ... ... ...
Pays exportateurs de pétrole4 0,3 –6,0 3,3 6,3 7,3 8,0 2,9 –3,3 –2,0 ... ... ...
Arabie saoudite 0,3 –5,4 3,1 –2,1 3,6 3,7 5,9 –2,5 –1,6 5,6 ... ...
Iran –6,5 –5,0 3,2 41,0 30,5 30,0 1,1 –0,5 0,3 10,7 12,2 12,4
Émirats arabes unis 1,7 –6,6 1,3 –1,9 –1,5 1,5 8,4 3,6 7,5 ... ... ...
Iraq 4,4 –12,1 2,5 –0,2 0,8 1,0 1,1 –12,6 –12,1 ... ... ...
Algérie 0,8 –5,5 3,2 2,0 3,5 3,8 –10,1 –10,8 –16,6 11,4 14,1 14,3

Kazakhstan 4,5 –2,7 3,0 5,2 6,9 6,2 –3,6 –3,3 –2,8 4,8 7,8 5,8
Qatar 0,8 –4,5 2,5 –0,6 –2,2 1,8 2,4 –0,6 2,6 ... ... ...
Koweït 0,4 –8,1 0,6 1,1 1,0 2,3 9,4 –6,8 –2,8 ... ... ...
Oman –0,8 –10,0 –0,5 0,1 1,0 3,4 –4,6 –14,6 –12,9 ... ... ...
Azerbaïdjan 2,2 –4,0 2,0 2,7 3,0 3,1 9,1 –3,6 –4,4 4,8 6,5 5,8
Turkménistan 6,3 1,8 4,6 5,1 8,0 6,0 5,1 1,0 1,8 ... ... ...

Pays importateurs de pétrole5 3,2 –1,1 2,5 10,3 12,4 11,3 –5,8 –4,5 –4,7 ... ... ...
Égypte 5,6 3,5 2,8 13,9 5,7 6,2 –3,6 –3,2 –4,2 8,6 8,3 9,7
Pakistan 1,9 –0,4 1,0 6,7 10,7 8,8 –4,9 –1,1 –2,5 4,1 4,5 5,1
Maroc 2,2 –7,0 4,9 0,2 0,2 0,8 –4,1 –7,3 –5,2 9,2 12,5 10,5
Ouzbékistan 5,6 0,7 5,0 14,5 13,0 10,7 –5,6 –6,4 –7,4 ... ... ...
Soudan –2,5 –8,4 0,8 51,0 141,6 129,7 –15,1 –12,7 –10,7 22,1 25,0 22,0

Tunisie 1,0 –7,0 4,0 6,7 5,8 5,3 –8,5 –8,3 –8,7 14,9 ... ...
Jordanie 2,0 –5,0 3,4 0,7 –0,3 1,4 –2,3 –6,8 –5,7 19,1 ... ...
Liban –6,9 –25,0 ... 2,9 85,5 ... –27,4 –16,3 ... ... ... ...
Afghanistan 3,9 –5,0 4,0 2,3 5,4 4,8 11,7 9,5 7,8 ... ... ...
Géorgie 5,1 –5,0 5,0 4,9 5,3 2,5 –5,1 –10,8 –8,5 11,6 ... ...

Tadjikistan 7,5 1,0 6,0 7,8 8,1 7,0 –2,3 –7,1 –4,5 ... ... ...
Arménie 7,6 –4,5 3,5 1,4 0,9 2,0 –8,2 –8,8 –7,3 18,9 22,3 21,1
République kirghize 4,5 –12,0 9,8 1,1 8,0 5,5 –5,6 –13,4 –12,8 6,6 6,6 6,6
Pour mémoire
Caucase et Asie centrale 4,8 –2,1 3,9 6,6 7,6 6,4 –1,5 –4,1 –3,8 ... ... ...
Moyen-Orient et Afrique du Nord, 0,9 –4,4 2,9 8,0 9,5 9,7 0,9 –3,6 –2,6 ... ... ...
Afghanistan et Pakistan
Moyen-Orient et Afrique du Nord 0,8 –5,0 3,2 8,2 9,4 9,9 1,3 –3,9 –2,7 ... ... ...
Israël6 3,4 –5,9 4,9 0,8 –0,5 0,2 3,4 3,5 3,5 3,8 6,0 5,6
Maghreb7 2,1 –8,1 7,8 2,3 3,4 3,7 –7,0 –12,7 –12,3 ... ... ...
Mashreq8 4,3 1,2 2,4 11,8 8,3 8,3 –6,8 –4,4 –4,7 ... ... ...
Source : services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique
pour une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A5 et A6

de l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi le Bahreïn, la Libye et le Yémen.
5Ce groupe comprend aussi la bande de Gaza et la Cisjordanie, Djibouti, la Mauritanie et la Somalie. La Syrie est exclue en raison de l’incertitude qui entoure sa

situation politique. Voir la note pour le Liban dans la section des notes de l’appendice statistique.
6Israël, qui n’est pas membre de la région économique, est inclus pour des raisons de géographie. Les chiffres relatifs à Israël ne sont toutefois pas inclus dans les

agrégats de la région.
7Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie.
8Bande de Gaza et Cisjordanie, Égypte, Jordanie et Liban. La Syrie est exclue en raison de l’incertitude qui entoure sa situation politique.

62 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays d’Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant
et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Afrique subsaharienne 3,2 –3,0 3,1 8,5 10,6 7,9 –3,6 –4,8 –4,1 ... ... ...
Pays exportateurs de pétrole4 1,6 –4,1 2,0 11,7 13,4 13,3 –2,1 –3,7 –2,2 ... ... ...
Nigéria 2,2 –4,3 1,7 11,4 12,9 12,7 –3,8 –3,6 –2,0 ... ... ...
Angola –0,9 –4,0 3,2 17,1 21,0 20,6 5,7 –1,3 0,1 ... ... ...
Gabon 3,8 –2,7 2,1 2,0 3,0 3,0 –0,3 –9,1 –6,0 ... ... ...
République du Congo –0,6 –7,0 –0,8 2,2 2,5 2,6 3,5 –5,7 –1,9 ... ... ...
Tchad 3,0 –0,7 6,1 –1,0 2,8 3,0 –4,9 –13,3 –9,7 ... ... ...

Pays à revenu intermédiaire5 2,2 –5,1 3,8 4,0 4,3 4,4 –3,2 –3,1 –2,9 ... ... ...
Afrique du Sud 0,2 –8,0 3,0 4,1 3,3 3,9 –3,0 –1,6 –1,8 28,7 37,0 36,5
Ghana 6,5 0,9 4,2 7,2 10,6 8,7 –2,7 –3,4 –2,9 ... ... ...
Côte d’Ivoire 6,5 1,8 6,2 0,8 1,2 1,4 –2,7 –3,7 –2,9 ... ... ...
Cameroun 3,9 –2,8 3,4 2,5 2,8 2,2 –4,4 –5,4 –4,5 ... ... ...
Zambie 1,4 –4,8 0,6 9,8 14,5 13,3 0,6 –1,0 0,0 ... ... ...
Sénégal 5,3 –0,7 5,2 1,0 2,0 2,0 –7,7 –9,2 –9,9 ... ... ...

Pays à faible revenu6 5,9 0,1 3,4 10,1 14,4 6,3 –5,9 –7,7 –7,6 ... ... ...
Éthiopie 9,0 1,9 0,0 15,8 20,2 11,5 –5,3 –4,5 –4,6 ... ... ...
Kenya 5,4 1,0 4,7 5,2 5,3 5,0 –5,8 –4,9 –5,4 ... ... ...
Tanzanie 7,0 1,9 3,6 3,4 3,6 3,7 –2,3 –3,2 –4,4 ... ... ...
Ouganda 6,7 –0,3 4,9 2,9 4,2 4,8 –6,5 –8,0 –5,9 ... ... ...
République démocratique du Congo 4,4 –2,2 3,6 4,7 11,5 12,1 –3,8 –4,8 –4,0 ... ... ...
Mali 5,1 –2,0 4,0 –2,9 0,5 1,5 –4,2 –2,0 –1,2 ... ... ...
Madagascar 4,8 –3,2 3,2 5,6 4,3 5,5 –2,3 –4,2 –2,9 ... ... ...
Source : services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique
pour une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A6 de

l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud.
5Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Botswana, Cabo Verde, Eswatini, Lesotho, Maurice, Namibie et Seychelles.
6Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Malawi, Mali, Mozambique,

Niger, République centrafricaine, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Togo et Zimbabwe.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 63


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau de l’annexe 1.1.6. Production réelle mondiale par habitant : récapitulatif


(Variations annuelles en pourcentage ; en parité de pouvoir d’achat en dollars internationaux constants de 2017)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Monde 2,4 1,9 2,0 2,1 2,1 2,0 2,6 2,4 1,6 –5,6 4,0
Pays avancés 1,1 0,6 0,9 1,6 1,8 1,2 2,1 1,8 1,3 –6,2 3,6
États-Unis 0,9 1,5 1,2 1,8 2,3 1,0 1,7 2,4 1,7 –4,7 2,6
Zone euro1 0,7 –1,2 –0,5 1,1 1,7 1,6 2,4 1,7 1,2 –8,5 5,1
Allemagne 1,2 0,2 0,2 1,8 0,6 1,4 2,2 1,0 0,3 –6,0 4,2
France 0,6 –0,2 0,1 0,4 0,7 0,8 2,0 1,6 1,4 –10,0 5,7
Italie –0,3 –3,3 –2,4 –0,5 0,8 1,5 1,8 1,0 0,5 –10,5 5,3
Espagne 0,3 –3,0 –1,1 1,7 3,9 3,1 2,9 2,3 1,9 –12,8 7,1
Japon 0,5 1,7 2,2 0,5 1,3 0,5 2,3 0,5 0,9 –4,9 2,7
Royaume-Uni 0,8 0,8 1,5 1,8 1,5 1,1 1,3 0,7 0,9 –10,4 5,4
Canada 1,0 0,7 1,3 1,8 –0,1 0,0 1,9 0,6 0,2 –8,4 4,1
Autres pays avancés2 2,8 1,3 1,8 2,2 1,5 1,7 2,4 2,0 1,1 –4,6 3,1
Pays émergents et pays
en développement 4,7 3,7 3,5 3,1 2,8 3,0 3,4 3,2 2,3 –4,7 4,8
Pays émergents et pays 7,3 6,0 5,9 5,8 5,8 5,8 5,7 5,5 4,6 –2,7 7,2
en développement d’Asie
Chine 10,1 7,4 7,3 6,7 6,4 6,2 6,4 6,3 5,8 1,5 7,9
Inde3 6,1 4,2 5,1 6,2 6,8 7,1 5,9 5,0 3,0 –11,2 7,7
ASEAN-54 3,9 4,9 3,7 3,4 3,7 3,9 4,3 4,2 3,8 –4,5 5,2
Pays émergents et pays 4,7 2,8 2,8 1,5 0,5 1,6 3,9 3,2 1,9 –4,7 3,7
en développement d’Europe
Russie 5,0 3,8 1,5 –1,1 –2,2 0,0 1,8 2,6 1,4 –4,2 2,8
Amérique latine et Caraïbes 2,2 1,7 1,7 0,1 –0,8 –1,9 0,2 0,1 –1,3 –9,1 2,7
Brésil 2,8 1,0 2,1 –0,3 –4,4 –4,1 0,5 0,5 0,3 –6,4 2,2
Mexique 0,4 2,2 0,0 1,5 2,0 1,4 0,9 1,1 –1,4 –9,9 2,5
Moyen-Orient et Asie centrale 2,3 1,3 0,4 0,3 0,5 2,3 0,0 0,0 –0,6 –6,4 1,0
Arabie saoudite 1,4 2,5 0,0 2,5 1,7 –0,6 –3,3 0,0 –1,6 –7,3 1,1
Afrique subsaharienne 2,8 1,9 2,3 2,5 0,5 –1,2 0,4 0,6 0,4 –5,6 0,5
Nigéria 5,9 1,5 2,6 3,5 0,0 –4,2 –1,8 –0,7 –0,4 –6,7 –0,8
Afrique du Sud 2,2 0,7 0,9 0,3 –0,3 –1,1 –0,1 –0,7 –1,3 –9,4 1,5
Pour mémoire
Union européenne 1,2 –0,9 –0,2 1,5 2,1 1,9 2,8 2,1 1,6 –7,8 5,0
Pays en développement à faible revenu 3,6 2,0 3,5 3,9 2,2 1,6 2,6 2,8 2,9 –3,3 2,7
Moyen-Orient et Afrique du Nord 2,0 0,7 –0,5 –0,4 0,2 2,5 –0,9 –0,9 –1,3 –7,5 1,0
Source : services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice
statistique pour une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les données correspondent à la somme des pays de la zone euro.
2Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) et pays de la zone euro.
3Voir la note pour l’Inde dans la section des notes de l’appendice statistique.
4Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Viet Nam.

64 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

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CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

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Fonds monétaire international | Octobre 2020 67


2
CHAPITRE

LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

Pour endiguer la pandémie de coronavirus (COVID-19) et pays ont recouru à des mesures de confinement contrai-
protéger les populations à risque, la plupart des pays ont im- gnantes en fermant les établissements scolaires et les en-
posé des mesures strictes de confinement au premier semestre treprises, voire en interdisant à leur population de sortir,
de 2020. Dans le même temps, l’activité économique s’est consi- sauf pour ses besoins essentiels. Dans le même temps,
dérablement contractée à l’échelle mondiale. Le présent cha- l’activité économique a connu une contraction specta-
pitre analyse la nature de la crise économique durant les sept culaire, comme on l’a vu au chapitre 1. Aucun pays n’a
premiers mois de la pandémie. Il révèle que la mise en place de été épargné, et le PIB a nettement reculé dans les pays
confinements a été un facteur important de la récession, mais avancés, les pays émergents et les pays en développement.
aussi que la distanciation physique volontairement appliquée Le présent chapitre vise en premier lieu à montrer dans
face à la hausse des infections a joué un rôle très important dans quelle mesure la contraction économique a résulté des
la contraction de l’économie. C’est pourquoi, si un assouplis- confinements mis en place par les autorités, et non pas
sement des confinements peut provoquer une reprise partielle, de la réduction volontaire des relations sociales par peur
l’activité économique va sans doute rester morose jusqu’à ce que de contracter ou de propager le virus. Cette question est
les risques sanitaires s’estompent. Dans l’intervalle, les pays de- importante pour comprendre, a posteriori, la nature de
vraient protéger les personnes les plus vulnérables et trouver les la récession et avoir une idée de la solidité de la reprise à
moyens de soutenir l’activité économique tout en respectant la venir. Si les confinements ont été les principaux respon-
distanciation physique, par exemple en réduisant l’intensité sables de la contraction économique, on pourrait raison-
des contacts sur les lieux de travail et en renforçant le télétra- nablement s’attendre à un rebond rapide une fois qu’ils
vail dans la mesure du possible. Ce chapitre présente en outre seront levés. Si, au contraire, c’est la distanciation phy-
de nouveaux éléments qui montrent que le confinement a des sique volontaire qui a joué un rôle essentiel, il y a lieu de
conséquences inégales et a un effet plus important sur la mobi- s’attendre à ce que l’activité économique reste morose
lité des femmes et des cohortes jeunes. Il faut donc prendre des jusqu’à ce que les risques sanitaires s’estompent.
mesures ciblées pour éviter que les inégalités se creusent. Enfin, Cette analyse commence par comparer le lien entre
l’analyse montre que les confinements peuvent sensiblement ré- les confinements et l’activité économique dans un vaste
duire les infections à la COVID-19, surtout s’ils sont imposés échantillon de pays. Elle révèle que les pays qui ont subi
au début de l’épidémie dans un pays et s’ils sont suffisamment les confinements les plus sévères ont connu une baisse de
stricts. Ainsi, même s’ils ont des répercussions économiques à la croissance plus marquée par rapport aux prévisions an-
court terme, les confinements peuvent ouvrir la voie à une re- térieures à la pandémie de COVID-19, même en tenant
prise plus rapide en maîtrisant la propagation du virus et en compte de la gravité de l’épidémie au niveau local. Elle
rendant la distanciation physique volontaire moins nécessaire évalue ensuite les conséquences des confinements à l’aide
avec le temps, ce qui pourrait avoir un effet globalement positif de variables fréquentes représentatives de l’activité éco-
sur l’économie. C’est un domaine important qui méritera d’être nomique, à savoir les indicateurs de mobilité de Google
étudié lorsque l’on disposera de nouvelles données. et les offres d’emploi publiées sur le site internet Indeed1.
Les résultats de la régression révèlent que les confine-
ments ont des répercussions négatives considérables sur
Introduction
1Les rapports Google Community Mobility Reports donnent des infor-
La pandémie de COVID-19 a provoqué des pro- mations sur le taux de fréquentation quotidien de différents lieux en le
blèmes sanitaires sans précédent dans le monde entier. comparant à son niveau avant la crise. Les données sont disponibles au
Pour maîtriser la propagation du virus, la plupart des niveau national pour un large éventail de pays avancés, de pays émer-
gents et de pays en développement. Des informations sur la mobilité au
Les auteurs de ce chapitre sont Francesca Caselli, Francesco Grigoli niveau infranational sont aussi disponibles pour certains pays. Les don-
(coauteur principal), Weicheng Lian et Damiano Sandri (coauteur prin- nées sont téléchargeables à l’adresse [Link]
cipal), qui ont reçu le concours de Jungjin Lee et Xiaohui Sun. Ils ont mobility/​. Le site d’offres d’emploi Indeed a communiqué au FMI des
bénéficié des observations éclairées de Yuriy Gorodnichenko et des par- informations anonymisées sur les offres d’emploi publiées chaque jour
ticipants à un séminaire interne. dans 22 pays, ventilées par catégorie d’emploi.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 69


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

l’activité économique. Il n’en reste pas moins que la dis- chargées de façon disproportionnée de s’occuper des en-
tanciation physique volontaire face à une hausse des in- fants, ce qui peut compromettre leurs perspectives profes-
fections à la COVID-19 peut elle aussi avoir des ef- sionnelles. Les données de Vodafone montrent également
fets très préjudiciables sur l’économie. De fait, l’analyse que le confinement a le plus souvent davantage de réper-
semble indiquer que les confinements et la distanciation cussions sur la mobilité des jeunes, qui sont plus vulné-
physique volontaire ont joué un rôle pratiquement com- rables sur le plan économique, car, de façon générale, ils
parable dans la récession économique. La distanciation dépendent des revenus du travail et occupent des emplois
volontaire a davantage contribué à réduire la mobilité moins stables. Il faut donc prendre des mesures ciblées
dans les pays avancés, où les individus ont plus de facilité pour protéger les perspectives d’emploi des femmes et des
à télétravailler et peuvent supporter un chômage tempo- jeunes et éviter que les inégalités de revenus se creusent.
raire grâce à leurs économies et aux prestations publiques. Enfin, on constate dans ce chapitre qu’un confine-
Si l’on examine la trajectoire de la reprise, l’importance ment peut réduire nettement les contaminations. L’effet
de la distanciation physique volontaire dans le ralentisse- d’un confinement sur les cas confirmés de COVID-19 se
ment de l’activité semble indiquer qu’un déconfinement concrétise généralement après quelques semaines, compte
a peu de chances de ramener rapidement l’activité écono- tenu de la période d’incubation du virus et des délais de
mique à son rythme potentiel si les risques sanitaires per- dépistage. C’est pourquoi il est important d’intervenir ra-
sistent. C’est particulièrement le cas si un déconfinement pidement, d’autant plus que les confinements freinent
survient alors que les contaminations sont encore relati- plus efficacement les contaminations s’ils sont instaurés
vement élevées, car son effet sur la mobilité semble plus dès le début de l’épidémie dans un pays. Cette analyse ré-
faible. Les perspectives d’une reprise économique rapide vèle également que les confinements doivent être suffi-
sont davantage tempérées par l’analyse, qui montre qu’un samment stricts pour réduire les contaminations de façon
assouplissement du confinement a généralement des effets significative.
positifs sur la mobilité, mais moins d’effet qu’un renforce- Le fait que le confinement réduise efficacement les
ment du confinement. Ces constatations semblent indi- contaminations permet de penser qu’il peut ouvrir la voie
quer que l’activité économique va rester en deçà de son po- à une reprise économique plus rapide s’il permet d’endi-
tentiel tant que les risques sanitaires persistent, même si les guer l’épidémie et de réduire ainsi l’ampleur de la distan-
confinements sont levés. Les décideurs doivent donc veiller ciation physique volontaire. Le coût économique à court
à ne pas cesser les mesures de soutien trop rapidement et terme du confinement pourrait donc être compensé par
étudier les moyens de protéger les plus vulnérables et de une croissance plus forte à moyen terme, et même avoir
stimuler l’activité économique tout en respectant la distan- un effet global positif sur l’économie. C’est une question
ciation physique. Ils pourraient ainsi prendre des mesures importante qui mérite qu’on lui consacre des recherches.
pour réduire l’intensité des contacts sur les lieux de travail Parallèlement, les décideurs devraient étudier d’autres
et rendre ces lieux plus sûrs, par exemple en encourageant moyens de maîtriser les infections qui seraient moins éco-
les paiements sans contact, en facilitant une réaffectation nomiquement coûteux à court terme que le confinement,
progressive des ressources vers des secteurs où les contacts par exemple développer le dépistage et le traçage des
sont peu nombreux et en promouvant le télétravail, par contacts et encourager le port de masques et le télétravail.
exemple en améliorant les liaisons internet et en favorisant À mesure que l’on saura mieux comment se transmet
les investissements dans l’informatique. le virus, les pays pourraient en outre prendre des me-
Le présent chapitre contribue également au corpus sures ciblées au lieu d’imposer un confinement brutal. Ils
grandissant de données empiriques sur les effets inégaux de pourraient, par exemple, porter leurs efforts sur la protec-
la crise, qui a des conséquences particulièrement graves sur tion des personnes vulnérables et limiter les grands ras-
les personnes les plus vulnérables sur le plan économique. semblements à l’intérieur.
L’analyse, réalisée à partir d’indicateurs anonymisés et Cette analyse s’ajoute aux publications de plus en plus
agrégés inédits de la mobilité communiqués par Vodafone nombreuses sur la pandémie et les effets du confinement,
sur quelques pays européens, révèle que les confinements
ont davantage d’effet sur la mobilité des femmes que sur aux fins de l’analyse sous une forme anonymisée en application d’un ac-
cord confidentiel. Pour protéger le caractère privé des données des indi-
celle des hommes, surtout lorsque les établissements sco- vidus et des groupes minoritaires, les indices de mobilité ont été agrégés
laires ferment2. Elle incite à penser que les femmes sont au niveau des provinces en regroupant 50 clients au minimum. Le pro-
tocole de communication des données a été soumis à des mesures de
2Ces indicateurs ont été préparés par l’équipe de Vodafone chargée contrôle technique et organisationnel, notamment une évaluation des
des mégadonnées et de l’intelligence artificielle et ont été communiqués règles déontologiques de l’analyse avant sa réalisation.

70 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

passées en revue à l’encadré 2.1. Les connaissances sur la liés aux confinements. En effet, la décision d’instaurer un
crise évoluent encore : certains articles mettent en évidence confinement n’est pas prise au hasard, mais peut être le re-
les effets considérables du confinement, tandis que d’autres flet de caractéristiques nationales constantes dans le temps
soulignent le rôle de la distanciation physique volontaire. qui influent également sur les résultats économiques.
Les publications établissent en outre l’effet inégal de la Ainsi, les pays dont le capital social est élevé n’ont pas né-
pandémie sur les catégories vulnérables de la population cessairement besoin d’un confinement contraignant, car
et démontrent que le confinement et le port d’un masque leurs habitants prennent davantage de précautions pour ne
permettent de maîtriser efficacement les contaminations. pas contaminer les autres, et pourraient également mieux

Données internationales sur les confinements Graphique 2.1. Confinement et activité économique
et l’activité économique Il existe une corrélation entre le renforcement du confinement et les fortes
L’analyse commence par présenter des données sur le contractions de l’activité économique.
lien entre le confinement et l’activité économique dans un

Erreur de prévision du PIB en 2020 : S1 (en %)


1. Erreurs de prévision du PIB en 2020 : S1 et sévérité du confinement
échantillon maximum de 52 pays avancés, pays émergents 0
–2 TWN KOR LTU IRL
et pays en développement. La plage 1 du graphique 2.1 il- FIN
–4 SWE NOR RUS
lustre la corrélation entre la sévérité des confinements du- –6 ISR CHN
EST
rant le premier semestre de 2020 et la baisse du PIB par –8 JPN UKR
–10 CZE COL
rapport aux prévisions antérieures à la pandémie3. On ob- SVN
–12 MYS ITA
serve que les pays qui ont imposé les confinements les plus GBR
–14
FRA PHL
stricts ont connu les plus fortes contractions de leur PIB. –16
Données Ajustement linéaire ESP
–18 IND PER
La plage 2 du graphique 2.1 montre que la corrélation
–20
négative entre le confinement et l’activité économique reste –22
constante si l’on utilise d’autres indicateurs que le PIB. 0 10 20 30 40 50 60 70
Sévérité du confinement (indice, moyenne en 2020 : S1)
Ainsi, un confinement plus strict est associé à une baisse
de la consommation, de l’investissement, de la production
0,8 2. Confinement et activité économique au regard d’une
industrielle, du commerce de détail et de l’indice des di- 0,6 vaste gamme d’indicateurs
recteurs d’achat des secteurs manufacturier et des services, 0,4 Sans tenir compte des cas de COVID-19
Coefficients normalisés

ainsi qu’à une hausse des taux de chômage4. Cette corréla- 0,2 En tenant compte des cas de COVID-19
tion persiste que l’on tienne compte ou non de la gravité de 0,0
l’épidémie dans chaque pays sur la base du nombre total de –0,2
cas confirmés de COVID-19 rapportés à la population. –0,4
Le graphique 2.1 permet ainsi de penser que le confi- –0,6
nement a généralement des conséquences économiques –0,8
négatives à court terme. Ce constat doit cependant être –1,0
PIB Conso- Invest. Prod. Ventes IDA IDA Taux
interprété avec prudence compte tenu des problèmes de mmation industrielle de secteur services de
détail manuf. chômage
variables omises qui ont une incidence sur les analyses
comparatives entre pays et des problèmes d’endogénéité
Sources : Haver Analytics ; Oxford COVID-19 Government Response Tracker ; base
3L’analyse utilise un indice de sévérité du confinement qui fait la de données des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) ; calculs des services
du FMI.
moyenne de plusieurs sous-indicateurs — fermeture des établisse-
Note : Plage 1 : les erreurs de prévision du PIB sont définies comme les écarts par
ments scolaires, fermeture des lieux de travail, annulation des manifes- rapport aux projections de l’édition des PME de janvier 2020 sur le premier
tations publiques, limitation des rassemblements, arrêt des transports semestre de 2020 (2020 : S1). Le tableau 2.1.2 de l’annexe en ligne donne la liste
publics, interdiction de sorties, restriction des déplacements intérieurs complète des pays. Plage 2 : pour le PIB, la consommation et l’investissement,
et contrôle des voyages internationaux — fournis par le COVID-19 l’analyse utilise les données du premier semestre de 2020. Pour les autres
Government Response Tracker de l’université d’Oxford. indicateurs disponibles à une fréquence mensuelle, l’analyse porte sur les trois
4Les données relatives au PIB, à la consommation et à l’investisse- premiers mois après les 100 premiers cas de COVID-19 dans un pays. Les
ment portent sur le premier semestre de 2020. Pour les autres indica- régressions tiennent compte du logarithme des cas de COVID-19 normalisés par
teurs disponibles à une fréquence mensuelle, l’analyse porte sur les trois rapport à la population en 2019. Les coefficients normalisés indiqués en ordonnée
illustrent l’impact d’une augmentation d’un écart-type de l’indice de confinement
premiers mois après les 100 premiers cas confirmés de COVID-19
sur chaque variable économique, normalisé par son propre écart-type. Les
dans chaque pays afin de comparer les résultats économiques durant la écarts-types reposent sur la variation entre pays de l’échantillon. Les lignes
même phase de l’épidémie des pays. On trouvera à l’annexe 2.2 en ligne verticales représentent les intervalles de confiance à 90 %. Voir l’annexe 2.2 en
des précisions complémentaires. Toutes les annexes sont disponibles à ligne pour des précisions complémentaires. IDA = indice des directeurs d’achat ;
l’adresse [Link]/en/Publications/WEO. Invest. = investissement. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation
internationale de normalisation (ISO).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 71


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

supporter l’impact économique de la crise. Ceci pour- compte du nombre de cas de COVID-19 et comprend
rait créer une corrélation négative factice entre la sévérité des valeurs décalées de l’indicateur de mobilité. En d’autres
des confinements et l’activité économique. Pour renforcer termes, l’analyse empirique tente de mesurer l’effet sur la
l’identification en tenant compte de ces caractéristiques na- mobilité d’un renforcement du confinement à un stade
tionales constantes dans le temps, on examine dans la sec- donné de l’épidémie dans un pays. L’annexe 2.3 en ligne
tion suivante les conséquences économiques du confine- donne des précisions supplémentaires à ce sujet.
ment à l’aide de la variation des séries chronologiques dans On estime la régression à l’aide de données nationales
les données à haute fréquence. sur 128 pays. La plage 1 du graphique 2.2 montre que
les confinements ont généralement un effet négatif sta-
tistiquement significatif sur la mobilité. Un confinement
Évaluation de l’impact des confinements total où sont appliquées toutes les mesures auxquelles les
à l’aide de données à haute fréquence pouvoirs publics ont recouru durant la pandémie (fer-
Deux catégories de données journalières sont utilisées meture des établissements scolaires et des entreprises, li-
comme variables fréquentes représentatives de l’activité mitation des déplacements et interdictions de sorties, par
économique. En premier lieu, l’analyse utilise les données exemple) provoque généralement une réduction de la
relatives à la mobilité fournies par Google, qui mesurent le mobilité de 25 % environ dans un délai d’une semaine.
taux de fréquentation de différents lieux en le comparant à La mobilité commence ensuite à reprendre progressive-
son niveau avant la crise5. Ces données présentent le grand ment à mesure que le choc du durcissement du confine-
avantage de couvrir un vaste ensemble de pays et d’être ment se dissipe, comme le montre l’annexe 2.3 en ligne6.
également disponibles au niveau local. Les conclusions qui Pour atténuer davantage les problèmes d’endogénéité,
reposent sur les données relatives à la mobilité sont corro- on estime l’impact du confinement à l’aide de données
borées à l’aide des offres d’emploi publiées par le moteur infranationales. L’analyse porte sur 15 pays du Groupe des
de recherche d’emploi en ligne Indeed. Les données d’In- Vingt qui ont imposé un confinement national face à de
deed portent sur moins de pays, mais elles décrivent plus graves flambées localisées, et examine son effet sur la mobi-
directement la situation du marché du travail. lité dans les régions où les cas de COVID-19 sont relative-
ment peu nombreux. Cette méthode renforce l’identifica-
tion, car la mise en place d’un confinement national a été
Confinement et mobilité essentiellement exogène dans les régions peu touchées par
Pour évaluer l’effet des confinements sur la mobilité, l’épidémie. Comme le montre l’annexe 2.3 en ligne, les ré-
l’analyse a utilisé des projections locales qui comprennent sultats confirment que les confinements ont généralement
des effets fixes par pays et des variables indicatrices tempo- un impact très négatif sur la mobilité. Ces constatations
relles afin de tenir compte des caractéristiques nationales sont robustes à la prise en compte des cas de COVID-19
constantes dans le temps et des chocs mondiaux, respec- tant au niveau régional qu’au niveau national.
tivement. Il importe de noter que les confinements sont Cela dit, le confinement n’est pas le seul facteur qui in-
des choix stratégiques endogènes qui dépendent du stade flue sur la baisse de mobilité. Durant une pandémie, les
de l’épidémie et du niveau de mobilité. Ainsi, les autorités individus se tiennent volontairement à l’écart les uns des
sont plus susceptibles d’imposer un confinement lorsque autres à mesure que les contaminations augmentent et
les risques sanitaires deviennent plus aigus. Dans le même qu’ils craignent de tomber malades. Plusieurs publications
temps, les individus ont tendance à devenir moins mobiles en apportent la preuve en montrant que la mobilité a été
s’ils craignent de contracter le virus, indépendamment du étroitement corrélée à la propagation de la COVID-19,
confinement, ce qui pourrait créer une corrélation négative même si l’on neutralise les effets des confinements im-
factice entre le confinement et la mobilité. Pour atténuer posés par les autorités, en particulier dans les pays avancés
ce problème d’endogénéité, le cadre de régression tient (Aum, Lee et Shin, 2020 ; Goolsbee et Syverson, 2020 ;
5Les données reposent sur la localisation des téléphones portables des 6L’annexe 2.3 en ligne montre également que les résultats ne sont

personnes qui possèdent un mobile multifonction et acceptent de par- pas sensibles à la prise en compte des décès dus à la COVID-19 au lieu
tager leurs données de localisation avec Google. Cette catégorie de per- des cas de COVID-19 ; à l’utilisation des sous-indicateurs de la mobi-
sonnes pouvant avoir des caractéristiques différentes de celles de la popu- lité fournis par Google ; à la prise en compte des campagnes de dépis-
lation au sens large (en termes de revenu, d’âge ou d’accès à internet, par tage, de traçage des contacts et d’information publique ; et à la prise en
exemple), les indices de mobilité ne sont pas nécessairement totalement considération d’une éventuelle hétérogénéité entre pays dans l’effet du
représentatifs de l’ensemble du pays, en particulier dans les pays pauvres, confinement sur la mobilité en fonction de la densité démographique et
où les propriétaires de mobiles multifonction sont moins nombreux. des indicateurs de gouvernance et de capital social.

72 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

Graphique 2.2. Impact du confinement et de la distanciation Maloney et Taskin, 2020). Dans le même ordre d’idées,
physique volontaire sur la mobilité
le cadre de régression utilisé dans l’analyse peut apporter
(En pourcentage)
un éclairage sur l’application volontaire des mesures de
Le confinement et la distanciation physique volontaire ont un effet négatif
distanciation physique en mettant en évidence l’effet sur
important sur la mobilité. la mobilité d’une hausse des infections à la COVID-19
selon différents niveaux de confinement7. La plage 2 du
10 1. Impact d’un confinement total sur la mobilité graphique 2.2 montre qu’un accroissement des cas de
COVID-19 a généralement un effet négatif considérable
0 sur la mobilité. Un doublement des cas quotidiens se tra-
duit par une contraction de la mobilité de l’ordre de 2 %.
–10 Pour mieux comprendre l’importance relative du confi-
nement et de la distanciation physique volontaire liés à une
–20 hausse des cas de COVID-19, la plage 3 du graphique 2.2
illustre leur rôle dans la réduction de la mobilité durant
–30 les trois premiers mois de l’épidémie dans chaque pays. Le
0 5 10 15 20 25 30
Jours depuis le choc
confinement et la distanciation physique volontaire ont
eu tous deux un effet important sur la mobilité. et ont
2. Impact d’un doublement des cas quotidiens de COVID-19 sur la mobilité
1 joué un rôle à peu près analogue dans les pays émergents.
La distanciation physique volontaire a eu une incidence
0 plus faible dans les pays à faible revenu et plus forte dans
les pays avancés. Ces différences s’expliquent probable-
–1 ment par le fait que les habitants des pays plus développés
économiquement peuvent télétravailler plus facilement et
–2
même se permettre de cesser de travailler temporairement
grâce à leurs économies ou aux prestations de sécurité so-
ciale. À l’inverse, les habitants des pays à faible revenu ont
–3
0 5 10 15 20 25 30 rarement la possibilité de choisir de se distancier sociale-
Jours depuis le choc
ment, car ils n’ont pas les moyens financiers d’absorber
15
3. Impact du confinement et de la distanciation physique volontaire une perte temporaire de revenus. Ce phénomène souligne
sur la mobilité durant les 90 premiers jours de l’épidémie
10 dans chaque pays
l’importance de l’aide internationale pour donner aux pays
5
à faible revenu une marge de manœuvre budgétaire afin
Sévérité du confinement Distanciation physique volontaire
0
d’élargir leurs dispositifs de protection.
Le rôle important de la distanciation physique volon-
–5
taire dans la baisse de la mobilité semble indiquer qu’un
–10
déconfinement peut se traduire par un regain de l’activité
–15
économique qui ne sera que partiel si les risques sanitaires
–20
persistent. Ainsi, la plage 1 du graphique 2.3 montre
–25
Total PA PE PFR que l’effet du confinement sur la mobilité est plus faible
lorsque les contaminations sont relativement élevées. La
Source : calculs des services du FMI. raison en est probablement que les individus hésitent à
Note : Les zones ombrées des plages 1 et 2 correspondent aux intervalles de
confiance de 90 % calculés avec les erreurs-types regroupées au niveau national.
reprendre leurs déplacements lorsque le confinement est
À la plage 3, les 90 premiers jours de l’épidémie varient selon les pays, car ils sont
calculés depuis le premier cas de COVID-19 dans chaque pays. Voir l’annexe 2.1 en 7La distanciation physique volontaire peut être décidée face à la pro-
ligne pour les sources de données et la couverture des pays. PA = pays avancés ;
PE = pays émergents ; PFR = pays à faible revenu. pagation de la COVID-19, mais aussi en réaction à d’autres facteurs
comme les déclarations des autorités sanitaires, la contamination de per-
sonnes célèbres, voire la mise en place d’un confinement par les pouvoirs
publics. Il se peut donc que l’analyse sous-estime l’ampleur de la distan-
ciation physique volontaire. Les résultats ne sont pas sensibles à la prise
en compte des décès dus à la COVID-19 au lieu des cas de COVID-19.
Il n’est pas pertinent de normaliser les cas de COVID-19 ou les décès par
rapport à la population, car la régression comprend les effets fixes par pays
et la population ne varie pas durant la période couverte par l’analyse.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 73


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 2.3. Données supplémentaires concernant les économies vont vraisemblablement rester en deçà de
l’impact du confinement sur la mobilité
leur potentiel tant que les problèmes sanitaires persiste-
(En pourcentage)
ront8. La première conséquence en est que les décideurs
Le confinement a moins d’effet sur la mobilité lorsque les cas de COVID-19 sont devraient veiller à ne pas cesser les mesures de soutien
élevés. De plus, un assouplissement du confinement a généralement moins d’effet
sur la mobilité qu’un renforcement du confinement. trop rapidement pour éviter de précipiter un nouveau
repli et devraient continuer à protéger les plus vulnérables
5 1. Impact d’un confinement total sur la mobilité lorsque le nombre en finançant les dispositifs de protection sociale. En deu-
de cas de COVID-19 est faible et lorsqu’il est élevé
0 xième lieu, il est important de trouver des moyens de sti-
–5 muler l’activité économique tout en respectant la distan-
–10 ciation physique. On pourrait notamment prendre des
–15 mesures visant à réduire l’intensité des contacts et rendre
–20 les lieux de travail plus sûrs — par exemple en encoura-
–25 Nombre élevé
geant les paiements sans contact — et faciliter une réaf-
–30 Nombre faible fectation des ressources vers des secteurs où les contacts
–35 sont moins nombreux. En outre, les autorités devraient
0 5 10 15 20 25 30 favoriser le télétravail, par exemple en améliorant l’accès
Jours depuis le choc
à internet et en encourageant les entreprises à investir
dans l’informatique, mesure qui, comme le montre l’en-
30 2. Impact d’un confinement total sur la mobilité, renforcement
et assouplissement cadré 2.2, peut protéger l’emploi durant la pandémie.
20
10
0
Confinement et offres d’emploi
–10 On peut également étudier l’importance du confine-
ment et de la distanciation physique volontaire dans la
–20
Renforcement crise actuelle en examinant le nombre d’offres d’emploi
–30 Assouplissement
publiées chaque jour par Indeed dans 22 pays en suivant
–40 une méthode de projection locale analogue à celle em-
0 5 10 15 20 25 30
Jours depuis le choc ployée dans l’analyse de la mobilité. Les plages 1 et 2 du
graphique 2.4 montrent qu’un renforcement du confine-
Source : calculs des services du FMI.
Note : voir l’annexe 2.1 en ligne pour les sources de données et la couverture des ment et une augmentation des cas de COVID-19 ont tous
pays. À la plage 1, les nombres de cas élevé et faible correspondent aux 75e et deux un effet négatif significatif sur les offres d’emploi, ce
25e centiles de la distribution dans les différents pays du logarithme des cas
quotidiens de COVID-19, respectivement. Les zones ombrées aux plages 1 et 2
qui corrobore les constatations basées sur la mobilité. Le
correspondent aux intervalles de confiance de 90 % calculés avec les confinement, tout comme la distanciation physique vo-
erreurs-types regroupées au niveau national. lontaire, face à une hausse des contaminations, semble
avoir joué un rôle important dans la diminution des offres
d’emploi durant les trois premiers mois de l’épidémie dans
levé s’ils continuent d’avoir le sentiment qu’ils courent un chaque pays (plage 3). Comme dans l’analyse de la mobi-
risque considérable de contracter ou de propager le virus. lité, le rôle de la distanciation physique volontaire est rela-
Il faut donc se garder de déconfiner prématurément dans tivement plus grand, car l’échantillon de pays est essentiel-
l’espoir de relancer l’activité économique. La plage 2 du lement composé de pays avancés.
graphique 2.3 apporte d’autres éléments prouvant qu’il Une désagrégation des données fournies par Indeed
ne suffit pas d’alléger un confinement pour espérer une par catégories d’emploi donne d’autres indications con-
forte reprise économique. Elle montre qu’un assouplisse- formes aux résultats présentés jusqu’ici. En premier lieu, la
ment du confinement a généralement un effet positif sur plage 1 du graphique 2.5 permet de penser que le confine-
la mobilité, mais qu’il est plus faible que l’effet d’un ren- ment, tout comme la distanciation physique volontaire, a
forcement. Comme le décrit l’annexe 2.3 en ligne, cette contribué à la baisse des offres d’emploi. Les emplois qui
différence est statistiquement significative.
8Compte tenu de la gravité du repli, il se peut que cette crise ait éga-
L’importance de la distanciation physique volontaire
lement réduit le potentiel de production et provoqué ainsi des pertes
conjuguée à la légère hausse de la mobilité provoquée par permanentes qui persisteront même après la fin de la pandémie. Il s’agit
un assouplissement du confinement semble indiquer que d’une question importante qui mérite d’être étudiée.

74 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

Graphique 2.4. Impact du confinement et de la distanciation Graphique 2.5. Offres d’emploi, par secteur, autour
physique volontaire sur les offres d’emploi de l’instauration du confinement
(En pourcentage) (Normalisées à 100, 40 jours avant le confinement)

Le confinement et la distanciation physique volontaire ont un effet négatif L’analyse des offres d’emploi par secteur confirme l’importance tant du confine-
important sur les offres d’emploi ment que de la distanciation physique volontaire. Les emplois dans les secteurs où
les contacts sont nombreux ont diminué avant le confinement, tandis que ceux
5 1. Impact d’un confinement total sur les offres d’emploi dans le secteur manufacturier ont baissé autour de l’instauration du confinement.
Les offres d’emploi sont restées atones même après les déconfinements nationaux.
0
1. Offres d’emploi, par secteur, autour de l’instauration du confinement
–5 120
–10
100
–15
–20 80
Alimentation
–25 Hôtellerie et restauration
60 Secteur manufacturier
–30 Soin à la personne
0 5 10 15 20 25 30 40
Jours depuis le choc
20
1 2. Impact d’un doublement des cas quotidiens de COVID-19 –40 –30 –20 –10 0 10 20 30 40
sur les offres d’emploi Jours depuis l’instauration du confinement
0
2. Offres d’emploi, par secteur, autour du déconfinement
120
–1
100
–2
80
–3
60 Alimentation
–4 Hôtellerie et restauration
0 5 10 15 20 25 30
40 Secteur manufacturier
Jours depuis le choc
Soin à la personne
6 3. Impact du confinement et de la distanciation physique volontaire 20
sur les offres d’emploi durant les 90 premiers jours de l’épidémie –120 –100 –80 –60 –40 –20 0 20 40
4 Jours depuis le déconfinement
2 Distanciation physique volontaire Sévérité du confinement
0 Sources : Indeed ; calculs des services du FMI.
Note : Ces diagrammes de dispersion groupés illustrent l’évolution temporelle de
–2 la moyenne mobile sur sept jours des offres d’emploi dans différents secteurs.
–4 La variable en abscisse est divisée en 20 groupes de taille égale. L’échantillon
comprend des pays qui ont instauré un confinement d’après l’Oxford COVID-19
–6 Government Response Tracker. Il s’agit des pays suivants : ARE, AUT, BEL, ESP,
–8 FRA, GBR, IND, IRL, ITA, MEX, NLD, NZL, POL et SGP. Les codes pays utilisés sont
ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
–10

Sources : Indeed ; calculs des services du FMI.


Note : voir l’annexe 2.1 en ligne pour les sources de données et la couverture l’effet des mesures de confinement. Le graphique montre
des pays. Les zones ombrées aux plages 1 et 2 correspondent aux intervalles de
confiance de 90 % calculés avec les erreurs-types regroupées au niveau national.
en outre que les offres d’emploi dans les secteurs où les
contacts sont nombreux ont diminué davantage que celles
dans le secteur manufacturier, probablement à cause d’une
reposent sur de nombreux contacts (notamment dans l’hô- chute plus forte de la demande globale du fait de la distan-
tellerie et la restauration, le soin à la personne et l’alimenta- ciation physique volontaire. En deuxième lieu, la plage 2
tion) ont diminué avant les interdictions de sorties, proba- confirme qu’un assouplissement du confinement a peu de
blement du fait de la distanciation physique volontaire, les chance de provoquer une forte reprise de l’activité écono-
clients craignant les risques d’infection. Les offres d’emploi mique. L’annulation des interdictions de sorties a coïncidé
dans le secteur manufacturier, qui n’exigent pas de contacts avec une hausse des offres d’emploi qui n’a été que margi-
personnels avec les clients, ont quant à elles commencé nale, même dans le secteur manufacturier, où les contacts
à reculer à l’approche des interdictions de sorties, sous sont peu nombreux.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 75


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 2.6. Impact du confinement sur la mobilité Un confinement aux effets inégaux
par genre et groupe d’âge
(En pourcentage)
selon le sexe et l’âge
La pandémie a des effets disproportionnés sur les ca-
Le confinement touche de façon disproportionnée les femmes et les jeunes
travailleurs.
tégories de la population les plus vulnérables sur le plan
économique. Comme l’indique l’encadré 2.1, les publi-
0,9 1. Proportion des personnes âgées de 25 à 44 ans se déplaçant cations attestent des effets négatifs importants sur les
autour de l’instauration du confinement
0,8 ménages à faible revenu, les travailleurs ayant un faible
Hommes niveau d’instruction, les minorités, les immigrés et les
0,7
Femmes femmes. Ainsi, contrairement à ce qui s’est passé durant
0,6 des récessions passées, l’emploi des femmes a générale-
0,5 ment diminué davantage que celui des hommes. La pré-
sente section apporte un éclairage supplémentaire sur
0,4
l’effet inégal de la pandémie sur les femmes à l’aide des
0,3 données inédites fournies par Vodafone sur la mobilité en
–30 –20 –10 0 10 20 30
Jours depuis l’instauration du confinement
Espagne, en Italie et au Portugal. En analysant les liaisons
passant par les antennes-relais, Vodafone peut créer des
2. Proportion des personnes âgées de 25 à 44 ans se déplaçant autour
0,9 de la fermeture des établissements scolaires en Italie indices de mobilité par genre à l’aide des renseignements
0,8 Confinement
fournis par les clients lorsqu’ils souscrivent à un abonne-
0,7
national, ment téléphonique. Les données sont agrégées au niveau
10 mars des provinces pour protéger les données personnelles des
0,6 Hommes
clients. En outre, elles sont ventilées par groupes d’âge, ce
Femmes
0,5 qui donne une perspective nouvelle et importante sur les
Fermeture
0,4 locale des schémas de mobilité durant la pandémie de COVID-19.
établissements,
0,3 23 février La plage 1 du graphique 2.6 illustre la mobilité des
0,2 hommes et des femmes âgés de 25 à 44 ans 30 jours avant
–30 –20 –10 0 10 20 30 40 50 et après la mise en place des confinements. Ces confine-
Jours depuis la fermeture locale des établissements scolaires
ments ont coïncidé avec une forte baisse de la mobilité,
1,0 3. Proportion des personnes se déplaçant autour de l’instauration tant chez les hommes que chez les femmes, le nombre
du confinement par groupe d’âge de personnes quittant leur domicile un jour donné dimi-
0,8
18 à 24 ans nuant de 20 % environ. L’effet des confinements a cepen-
25 à 44 ans dant été plus important sur les femmes, de 2 % environ,
45 à 64 ans
65 ans et + une différence faible mais statistiquement significative. Les
0,6
confinements en Espagne, en Italie et au Portugal ayant
coïncidé avec les fermetures des établissements scolaires
0,4
dans pratiquement toutes les régions, la plus forte réduc-
tion de la mobilité des femmes peut s’expliquer par le fait
0,2
–30 –24 –18 –12 –6 0 6 12 18 24 30 que les femmes ont davantage tendance à s’occuper des en-
Jours depuis l’instauration du confinement fants lorsque les établissements scolaires sont fermés. Dans
la logique de cette hypothèse, les données font apparaître
Sources : Vodafone ; calculs des services du FMI.
Note : Toutes les plages présentent des diagrammes de dispersion groupés autour
une différence plus faible entre les hommes et les femmes
de l’instauration du confinement. Aux plages 1 et 2, les séries sont les résidus du âgés de 45 à 64 ans, qui sont moins susceptibles d’avoir de
modèle avec des effets fixes individuels (pour les provinces) et temporels (pour les jeunes enfants à surveiller à la maison.
jours de la semaine). À la plage 2, l’échantillon est limité à cinq régions du Nord
de l’Italie où les établissements scolaires ont été fermés avant le confinement. La plage 2 apporte de nouveaux éléments sur le rôle
L’abscisse est divisée en 20 groupes de taille égale. des femmes dans le soin aux enfants. En s’intéressant à
quelques régions du Nord de l’Italie qui ont fermé les éta-
blissements scolaires deux semaines avant le confinement
national, les données sur la mobilité révèlent que l’écart
entre les genres s’est creusé dès la fermeture des établisse-
ments scolaires. Le confinement national a accru encore
cet écart, probablement du fait que les femmes travaillent

76 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

davantage dans des secteurs où les contacts sont nom- COVID-19 à l’aide des projections locales par rapport à la
breux (commerce de détail, tourisme et hôtellerie–­ sévérité des confinements, tout en tenant compte des effets
restauration notamment) qui ont fermé durant le confi- fixes par pays et temporels ainsi que d’autres variables qui
nement national. Les données des plages 1 et 2 font peuvent influer sur les contaminations telles que la tempé-
apparaître un effet disproportionné des mesures de confi- rature extérieure et l’humidité, les campagnes d’information
nementAux femmes et justifient que l’on adopte des me- publique, le dépistage et le traçage. On trouvera des préci-
sures ciblées pour aider les femmes (en leur accordant un sions supplémentaires à ce sujet dans l’annexe 2.5 en ligne.
congé parental, par exemple) et éviter des répercussions à La plage 1 du graphique 2.7 montre que le confine-
long terme sur leurs perspectives professionnelles9. ment a généralement un effet négatif sur les contamina-
Les données de Vodafone révèlent en outre que le confi- tions. Un confinement strict entraîne une réduction des
nement a des effets inégaux sur les différents groupes d’âge. contaminations cumulées de l’ordre de 40 % au bout de
La plage 3 montre que la mise en place du confinement a 30 jours. Il faut relever que les effets du confinement sur
provoqué une réduction considérable de la mobilité dans les cas confirmés de COVID-19 se manifestent générale-
tous les groupes d’âge, mais que cet effet a été nettement ment après au moins deux semaines, ce qui correspond à
plus fort sur les cohortes les plus jeunes. Les personnes en la période d’incubation de la COVID-19 et au délai né-
âge de travailler, qui étaient plus mobiles de par la néces- cessaire pour les tests. Il est important de tenir compte
sité d’aller travailler, ont vu leur mobilité fortement dimi- de cet aspect pour guider correctement les attentes de la
nuer autour de la mise en place des confinements. Cette population sur l’efficacité du confinement. En outre, son
diminution a été particulièrement marquée chez les per- effet décalé sur les contaminations montre qu’il est né-
sonnes âgées de 18 à 24 ans (qui comptaient cependant cessaire de l’instaurer avant que le taux de contamination
des étudiants) et celles âgées de 25 à 44 ans. L’effet du n’augmente trop rapidement.
confinement a été nettement moindre sur les personnes Les plages 2 et 3 du graphique 2.7 apportent d’autres
âgées de 65 ans et plus, qui en général ne travaillent plus preuves des avantages d’instaurer un confinement dès le
et étaient déjà moins mobiles avant le confinement. Ces début d’une épidémie dans un pays. La plage 2 montre
constatations montrent que les confinements tndent à l’évolution des contaminations depuis le premier cas de
avoir un effet disproportionné sur les travailleurs relative- COVID-19, en classant les pays en fonction du nombre
ment jeunes et pourraient ainsi creuser les inégalités entre de jours entre le premier cas et le jour où les mesures de
générations10. Si les personnes plus âgées peuvent compter confinement ont été les plus strictes. Les pays qui ont im-
sur leur pension de retraite, en particulier dans les pays posé un confinement le plus rapidement ont eu de meil-
avancés, les jeunes travailleurs dépendent des revenus du leurs résultats sur le plan épidémiologique. Cette diffé-
travail et ont souvent des contrats temporaires qui risquent rence est encore plus frappante si l’on distingue les pays
davantage d’être résiliés en temps de crise. en fonction du nombre de cas de COVID-19 au mo-
ment du confinement (plage 3). Les pays qui ont ins-
Confinement et infections à la COVID-19 tauré un confinement alors que le nombre de cas de
COVID-19 était encore faible ont enregistré beaucoup
Les confinements entraînent des coûts économiques
moins de contaminations durant les trois premiers mois
non négligeables à court terme, mais constituent égale-
de l’épidémie que ceux qui ont confiné lorsque le nombre
ment un investissement dans la santé publique pour pro-
de cas était déjà élevé.
téger les populations vulnérables d’un virus très contagieux.
L’argument selon lequel le confinement peut réduire
Nous analysons ici si les confinements freinent efficace-
les contaminations mais entraîne des coûts économiques
ment les contaminations. Nous procédons pour ce faire à
à court terme est souvent utilisé pour avancer que le
une régression des taux de croissance des cas confirmés de
confinement suppose un arbitrage entre sauver des vies
9Cette analyse comporte plusieurs limites. À titre d’exemple, l’échan- et protéger les moyens de subsistance. Il convient de re-
tillon ne porte que sur quelques pays européens, les données n’ap- voir cette position compte tenu des premières conclu-
portent aucune information sur la situation au regard de l’emploi avant
sions, qui montrent qu’une hausse des contaminations
et après le confinement, et divers autres facteurs peuvent accentuer ou
réduire l’inégalité entre les femmes et les hommes durant la pandémie. peut également avoir des effets préjudiciables graves sur
Ces questions importantes méritent d’être étudiées. l’activité économique. En permettant de maîtriser les in-
10Bien que les confinements aient eu un effet plus marqué sur la mo-
fections, le confinement peut accélérer une reprise écono-
bilité des jeunes, les personnes âgées ont pâti de façon disproportionnée
des conséquences sanitaires de la COVID-19, le taux de létalité étant mique, car la population hésite moins à reprendre des ac-
particulièrement élevé chez les personnes âgées de 65 ans et plus. tivités normales. Autrement dit, les coûts économiques à

Fonds monétaire international | Octobre 2020 77


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 2.7. Impact du confinement sur les infections Mesures de confinement et effets non linéaires
à la COVID-19
Le confinement est un outil efficace pour réduire les infections, surtout s’il est L’analyse a utilisé jusqu’à présent un indice de sévérité
instauré au début de l’épidémie. du confinement qui comprend un vaste arsenal de mesures
1. Effet d’un confinement total sur les infections sous-jacentes. Il s’agit, par exemple, des restrictions des dé-
30 (En pourcentage) placements, des fermetures des établissements scolaires et
15 des lieux de travail et des interdictions de sorties. Il est dif-
0 ficile de distinguer l’effet de chacune de ces mesures, car
–15 elles sont étroitement corrélées, les pays les imposant sou-
vent coup sur coup pour freiner les contaminations. De
–30
plus, les pays ont généralement suivi un ordre analogue,
–45
allant de restrictions sur les voyages internationaux aux in-
–60 terdictions de sorties, comme l’illustre la plage 1 du gra-
phique 2.8. L’analyse empirique a donc tendance à rendre
0 5 10 15 20 25 30
Jours depuis le choc compte de l’effet marginal d’une mesure donnée qui dé-
pend de celles déjà prises. Comme indiqué dans l’an-
2. Infections depuis le début de l’épidémie dans les pays
2,0 qui ont renforcé le confinement rapidement ou lentement nexe 2.6 en ligne, on sous-estime ainsi l’importance des
(Par milliers d’habitants, distinction en fonction du nombre mesures adoptées par la suite. Ainsi, on constate que les in-
de jours nécessaires pour atteindre le niveau le plus strict)
1,5 terdictions de sorties ont peu d’effet sur la mobilité, car di-
verses autres mesures sont déjà en vigueur.
1,0 Une analyse plus rigoureuse consiste à examiner si un
Renforcement rapide
Renforcement lent durcissement des mesures de confinement continue d’avoir
0,5 les mêmes effets économiques et épidémiologiques. Elle
peut indiquer aux décideurs s’il vaut mieux imposer des
0,0 confinements légers de longue durée ou prendre des me-
0 15 30 45 60 75 90 sures plus sévères. Pour permettre de mieux comprendre
Jours depuis le premier cas de COVID-19
cette question, l’analyse utilise les valeurs quadratiques de
3. Infections depuis le début de l’épidémie dans les pays
2,5 qui ont instauré un confinement strict avec des cas peu l’indice de confinement dans le cadre de régression. La
nombreux ou très nombreux plage 2 du graphique 2.8 montre que l’introduction de
2,0 (Par milliers d’habitants, distinction en fonction du nombre
de cas hebdomadaires au niveau le plus strict)
mesures de confinement supplémentaires a un effet mar-
ginal plus faible sur la mobilité si d’autres mesures sont
1,5 Confinement strict, cas peu nombreux
Confinement strict, cas très nombreux déjà en vigueur, c’est-à-dire lorsque l’indice de sévérité du
1,0 confinement est déjà relativement élevé. Ceci tend à indi-
quer que le confinement a des effets économiques négatifs
0,5 marginalement moindres à mesure qu’il devient plus strict.
Ainsi, les interdictions de sorties risquent d’avoir peu de
0,0
0 15 30 45 60 75 90 conséquences négatives sur l’économie si les autorités ont
Jours depuis le premier cas de COVID-19 déjà imposé la fermeture des lieux de travail.
À l’inverse, la plage 3 montre que les confinements
Source : calculs des services du FMI.
Note : voir l’annexe 2.1 en ligne pour les sources de données et la couverture des sont progressivement plus efficaces dans la réduction des
pays. La plage 1 montre l’effet d’un confinement total sur les contaminations ; cas de COVID-19 lorsqu’ils deviennent suffisamment
les plages 2 et 3 illustrent le nombre de contaminations depuis le premier cas de
COVID-19. La zone ombrée de la plage 1 représente les intervalles de confiance à stricts, alors qu’il semble que les confinements modérés
90 % calculés avec les erreurs-types de Driscoll–Kraay ; les zones ombrées des n’aient pas d’effet sur la diminution des contaminations.
plages 2 et 3 correspondent à l’écart interquartile.
La raison en est peut-être qu’il ne suffit pas d’empêcher
quelques contacts personnels, par exemple en fermant
court terme du confinement peuvent être compensés par uniquement les établissements scolaires, pour réduire
une activité économique future plus forte, et éventuelle- sensiblement la propagation au sein de la communauté.
ment avoir des effets nets positifs sur l’économie. C’est Des mesures complémentaires comme la fermeture des
une question fondamentale qu’il faudra étudier à mesure lieux de travail ou les interdictions de sorties sont néces-
que l’on disposera de données supplémentaires. saires pour maîtriser efficacement le virus.

78 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

Graphique 2.8. Mesures de confinement et effets non linéaires Ces résultats permettent de penser que, pour obtenir
Les pays prennent généralement des mesures de confinement différentes en une réduction donnée des contaminations, les décideurs
suivant un ordre analogue. Les confinements les plus rigoureux ont un effet pourraient choisir d’imposer des mesures de confinement
marginalement plus faible sur la mobilité, mais plus fort sur les contaminations.
strictes pendant une courte période plutôt que des confi-
nements légers et prolongés. L’expérience montre que les
1. Ordre dans lequel les mesures de confinement sont prises
confinements les plus rigoureux ne semblent occasionner
Restriction des voyages
internationaux que des coûts économiques supplémentaires limités tout
Fermeture des établissements
scolaires
Annulation des manifestations
en provoquant une diminution considérablement plus
publiques forte des contaminations. Il sera important de réexa-
Restriction des rassemblements
Fermeture des lieux de travail
miner ces résultats à mesure que la pandémie évol,ue,
Restriction des déplacements car les avantages relatifs des confinements légers et rigou-
nationaux
Arrêt des transports publics reux peuvent changer. Ainsi, si une augmentation du tra-
Interdictions de sortie çage des contacts et une utilisation plus généralisée des
0 5 10 15 20 25 30 masques faciaux réussissent à limiter les contaminations,
Jours depuis le premier cas de COVID-19 un confinement léger pourrait suffire à maîtriser de nou-
velles flambées localisées du virus.
20 2. Impact d’un renforcement du confinement sur la mobilité
10 (En pourcentage)
0 Conclusions
–10
–20 Ce chapitre a exposé le rôle fondamental que jouent
–30 aussi bien les confinements que la distanciation physique
–40 volontaire face à une augmentation des contaminations
–50 Confinement peu rigoureux en réduisant l’activité économique durant la pandémie.
–60 Confinement très rigoureux Un examen des indicateurs économiques de plusieurs
–70 pays et de variables fréquentes représentatives de l’activité
0 5 10 15 20 25 30
Jours depuis le choc économique, telles que la mobilité et les données sur les
offres d’emploi fournies par Google et Indeed, apporte
3. Impact d’un renforcement du confinement sur les contaminations des données concordantes sur l’impact des confinements.
(En pourcentage)
De plus, l’effet négatif des confinements sur la mobilité
200
100 n’est pas sensible à l’inclusion de données infranationales
50 afin de renforcer l’identification.
0 Bien que les confinements aient des répercussions éco-
–20
nomiques négatives à court terme, laisser les contamina-
–40
Confinement peu rigoureux
tions augmenter sans imposer la moindre restriction peut
–60
Confinement très rigoureux également avoir des conséquences économiques désas-
–80
treuses. En effet, la distanciation physique volontaire face
0 5 10 15 20 25 30
à une hausse des infections à la COVID-19 a des effets
Jours depuis le choc
gravement préjudiciables sur l’économie. Le rôle de la
Source : calculs des services du FMI. distanciation physique volontaire dans la réduction de la
Note : voir l’annexe 2.1 en ligne pour les sources de données et la couverture des mobilité est particulièrement grand dans les pays avancés,
pays. Les barres bleues de la plage 1 représentent le nombre médian de jours, et les
lignes horizontales l’écart interquartile. Le confinement peu rigoureux et très
où la population peut plus facilement rester chez elle
rigoureux des plages 2 et 3 correspond au 25e et au 75e centiles de la sévérité du grâce au télétravail, possède davantage d’économies et bé-
confinement. Les zones ombrées aux plages 2 et 3 correspondent aux intervalles de néficie de prestations de sécurité sociale plus généreuses.
confiance de 90 % calculés avec les erreurs-types regroupées au niveau national.
Un renforcement du confinement correspond à une hausse de l’indice de 100 unités. La distanciation physique volontaire jouant un rôle
important dans la récession, il faut se garder d’attendre
un rebond rapide de l’économie une fois le confinement
levé. Ceci est particulièrement vrai pour les pays qui dé-
confinent prématurément alors que les infections sont
encore relativement élevées. En effet, dans cette situa-
tion, le confinement a généralement moins d’effet sur la

Fonds monétaire international | Octobre 2020 79


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

mobilité, sans doute du fait que les décisions de la popu- le virus et les moyens de le combattre. Il sera essentiel
lation sont guidées par la crainte de contracter le virus. d’examiner l’efficacité d’instruments plus ciblés en les com-
L’analyse montre que, le plus souvent, un déconfinement parant à un confinement brutal, prévoyant, par exemple,
a moins d’effet sur la mobilité qu’un renforcement du des restrictions sur les foules denses en intérieur ou l’isole-
confinement, ce qui tempère encore davantage les pers- ment des personnes les plus vulnérables au virus.
pectives d’une reprise économique marquée. L’efficacité du confinement dans la réduction des
Ces constatations tendent à démontrer que, tant que contaminations, conjuguée au constat que les contamina-
des risques sanitaires persisteront, il est à prévoir que tions peuvent causer un tort considérable à l’activité éco-
l’activité économique demeurera morose. Les décideurs nomique du fait de la distanciation physique volontaire,
doivent donc s’abstenir de mettre fin aux mesures de sou- apporte une nouvelle perspective importante sur le coût
tien trop rapidement et préserver les dépenses consacrées du confinement. Selon le discours dominant, le confi-
aux dispositifs de protection sociale. De plus, il est im- nement suppose souvent un arbitrage entre sauver des
portant de stimuler l’activité économique tout en conti- vies et soutenir l’économie. En posant le problème en ces
nuant de respecter la distanciation physique, par exemple termes, on ne tient pas compte du fait que, bien qu’il ait
en encourageant le télétravail, en facilitant une réaffecta- un coût économique à court terme, le confinement peut
tion des ressources vers des secteurs où les contacts sont accélérer la reprise économique en endiguant la propaga-
peu nombreux et en promouvant l’adoption de nouvelles tion du virus et en réduisant la distanciation physique
technologies afin de limiter l’intensité des contacts dans volontaire. Ces avantages à moyen terme peuvent com-
certains secteurs. penser les coûts à court terme du confinement, et même
Ce chapitre apporte des preuves nouvelles des effets iné- avoir des effets globalement positifs sur l’économie. Cet
gaux des confinements, qui portent gravement atteinte aux aspect important mérite de faire l’objet de nouvelles re-
couches économiquement vulnérables de la population. cherches à mesure que la crise évolue et que de nouvelles
Les données fournies par Vodafone sur la mobilité dans données deviennent disponibles. Parallèlement, les dé-
certains pays européens révèlent que les mesures de confi- cideurs devraient également étudier d’autres moyens de
nement, en particulier la fermeture des établissements sco- maîtriser les infections qui pourraient avoir un coût éco-
laires, réduisent généralement plus la mobilité des femmes. nomique moindre. Conformément aux conseils des ex-
Ceci s’explique probablement par le rôle disproportionné perts en santé publique, ils pourraient étendre les dépis-
que jouent les femmes dans le soin aux enfants, qui peut tages et le traçage des contacts et encourager l’usage de
compromettre leurs perspectives professionnelles durant masques et le recours au télétravail.
la crise. En outre, les confinements provoquent générale- Les résultats de l’analyse et leurs conséquences sur l’ac-
ment une réduction plus forte de la mobilité des jeunes, ce tion des pouvoirs publics présentés dans ce chapitre sont
qui est préoccupant, car les jeunes travailleurs dépendent assortis de plusieurs réserves. Premièrement, l’analyse
des revenus du travail et ont souvent des contrats de travail tente d’atténuer les problèmes d’endogénéité du confi-
temporaires qui risquent davantage d’être résiliés. Des me- nement en montrant que les résultats restent inchangés à
sures ciblées, telles qu’un renforcement des prestations de l’aide d’une identification transversale et par séries chro-
chômage versées aux catégories vulnérables et des congés nologiques, et en exploitant des données nationales et in-
rémunérés pour les parents, s’imposent pour que la crise franationales lorsqu’elles existent. On ne peut cependant
ne contribue pas à creuser les inégalités entre les sexes et les pas négliger totalement les problèmes d’identification,
générations. notamment ceux posés par la mesure de la distanciation
L’analyse révèle en outre que le confinement est un physique volontaire. Deuxièmement, l’analyse repose
moyen puissant de réduire les contaminations, en parti- sur des indicateurs de court terme, tels que la mobilité
culier lorsqu’il est imposé dès le début de l’épidémie dans et les offres d’emploi, qui mesurent de façon imparfaite
un pays et qu’il est suffisamment strict. De plus, étant l’activité économique. Il faudra réexaminer les conclu-
donné qu’il semble que le coût économique marginal du sions de ce chapitre lorsque l’on disposera d’indicateurs
confinement diminue à mesure que celui-ci devient plus économiques plus classiques. Troisièmement, l’analyse
rigoureux, les décideurs pourraient souhaiter adopter ra- porte essentiellement sur les conséquences économiques
pidement un confinement contraignant dès que les conta- du confinement en négligeant des effets secondaires im-
minations augmentent plutôt que de tarder à adopter des portants, par exemple le niveau d’instruction et les pro-
mesures modérées. Il n’en reste pas moins qu’il faudra réé- blèmes de santé mentale. Ce sont autant de questions
valuer ces recommandations lorsque l’on connaîtra mieux cruciales qui devront faire l’objet de recherches.

80 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

Encadré 2.1. Synthèse des publications sur les conséquences économiques du confinement
La parution d’articles sur la crise économique provo- pénibles sur les personnes les plus vulnérables sur le plan
quée par la pandémie de coronavirus ne s’est pas fait at- économique, tant aux États-Unis que dans d’autres pays
tendre. Cet encadré fait une synthèse non exhaustive de (Alstadsæter et al., 2020 ; Béland, Brodeur et Wright,
publications qui s’intéressent aux conséquences des me- 2020). Il s’agit notamment des individus ayant les re-
sures de confinement1. venus et le niveau d’instruction les plus faibles (Cajner
et al., 2020 ; Chetty et al., 2020 ; Shibata, 2020), des
Impact économique des confinements et inégalités minorités (Fairlie, Couch et Xu, 2020), des immigrés
Plusieurs auteurs font observer que les confinements (Borjas et Cassidy, 2020) et des femmes (Alon et al.,
aux États-Unis ont joué un rôle important en provo- 2020a ; Del Boca et al., 2020 ; Papanikolaou et Schmidt,
quant des pertes d’emploi, une baisse sensible des dé- 2020). L’une des raisons en est que les travailleurs les
penses et une dégradation de la situation économique moins payés sont rarement en mesure de télétravailler
locale (Baek et al., 2020 ; Baker et al., 2020 ; Béland, (Barrero, Bloom et Davis, 2020 ; Dingel et Neiman,
Brodeur et Wright, 2020 ; Chernozhukov, Kasahara et 2020 ; Gottlieb et al., 2020). On peut donc s’attendre
Schrimpf, 2020 ; Coibion, Gorodnichenko et Weber, à un creusement des inégalités (Mongey, Pilossoph et
2020 ; Gupta et al., 2020). Des effets analogues ont été Weinberg, 2020 ; Palomino, Rodríguez et Sebastian,
enregistrés dans différents pays (Carvalho et al., 2020 ; 2020).
Chronopoulos, Lukas et Wilson, 2020 ; Deb et al., Certains auteurs utilisent des modèles structurels éla-
2020a ; Demirgüç-Kunt, Lokshin et Torre, 2020). borés de la production pour prévoir les dommages pro-
D’autres chercheurs avancent que la distanciation phy- voqués par les confinements, et la plupart constatent de
sique volontaire a eu un rôle plus important que le confi- très vastes effets sur les activités économiques (Barrot,
nement (Allcott et al., 2020 ; Bartik et al., 2020 ; Kahn, Grassi et Sauvagnat, 2020 ; Baqaee et Farhi, 2020a ;
Lange et Wiczer, 2020 ; Maloney et Taskin, 2020). Ils Bonadio et al., 2020 ; Cakmaklı et al., 2020 ; Fadinger
constatent que la mobilité de la population et l’activité et Schymik, 2020 ; Inoue et Todo, 2020) et sur les li-
économique aux États-Unis se sont contractées avant les quidités et la solvabilité des entreprises (Carletti et al.,
confinements (Chetty et al., 2020), et que les déconfine- 2020 ; Gourinchas et al., 2020 ; Schivardi et Romano,
ments se sont traduits par une reprise limitée de la mo- 2020). Chen et al. (2020a) étudient plutôt les réactions
bilité (Dave et al., 2020b) et de l’activité économique de la Bourse et présentent des éléments conformes à la
(Cajner et al., 2020, et Glaeser et al., 2020, font cepen- conception des marchés selon lesquels les mesures d’at-
dant exception). Goolsbee et Syverson (2020) relèvent ténuation sont bonnes pour les entreprises sur le long
de légères différences dans la fréquentation des magasins terme. De plus, certains articles étudient comment les
à proximité soumis à des restrictions réglementaires dif- chocs sur l’offre peuvent provoquer un déficit de de-
férentes, car situés dans des zones différentes. Chen et al. mande (Guerrieri et al., 2020) et avoir une incidence sur
(2020b) enregistrent des résultats analogues ; ils étendent les rigidités nominales (Baqaee et Farhi, 2020b).
l’analyse à l’Europe et ne trouvent pas de données pro-
bantes sur l’effet des confinements. Le cas de la Suède Effet des confinements et de la distanciation
montre également l’importance de la distanciation phy- physique sur les contaminations
sique volontaire. Le pays a évité des mesures strictes de Certaines analyses empiriques démontrent en outre
confinement, mais n’en a pas moins connu une diminu- que la distanciation physique et les confinements jouent
tion de la mobilité et des activités économiques analogue à un rôle important dans le ralentissement de la pro-
celle de pays comparables (Andersen et al., 2020a ; Born, pagation du coronavirus (Chernozhukov, Kasahara et
Dietrich et Müller, 2020 ; Bricco et al., 2020 ; Chen et al., Schrimpf, 2020 ; Ciminelli et Garcia-Mandico, 2020 ;
2020b). Aum, Lee et Shin (2020) tirent des enseigne- Dave et al., 2020a ; Deb et al., 2020b ; Demirgüç-Kunt,
ments similaires de l’expérience de la Corée du Sud. Lokshin et Torre, 2020 ; di Porto, Naticchioni et
Des publications montrent en outre que les premières Scrutinio, 2020 ; Fang, Wang et Yang, 2020 ; Friedson
phases de la pandémie ont eu des conséquences plus et al., 2020 ; Glaeser, Gorback et Redding, 2020 ; Imai
et al., 2020 ; Jinjarak et al., 2020 ; Yilmazkuday, 2020).
Nicola Pierri est l’auteur de cet encadré.
1Au moment où ces lignes ont été écrites, la plupart des articles
Plusieurs facteurs ont cependant entravé leur efficacité et
cités n’avaient pas encore fait l’objet d’une vérification par les pairs. leur respect, notamment le capital social (Barrios et al.,
Il faut donc interpréter leurs conclusions avec prudence. 2020 ; Ding et al., 2020), la disponibilité de connexions

Fonds monétaire international | Octobre 2020 81


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 2.1 (fin)


internet à haut débit (Chiou et Tucker, 2020), des pré- Favero, Ichino et Rustichini (2020) ; Jones, Philippon et
occupations électorales (Pulejo et Querubín, 2020), la Venkateswaran (2020). Le risque accru auquel sont ex-
précarité de l’emploi (Levy Yeyati et Sartorio, 2020) ou posées les personnes âgées, le rôle de la distanciation phy-
les congés maladie (Andersen et al., 2020b). Certains de sique volontaire et les contraintes en matière de capacité
ces auteurs soutiennent en outre que des mesures d’atté- hospitalière comptent parmi les facteurs étudiés dans ces
nuation moins restrictives telles que le port du masque modèles. Un grand nombre de ces publications relèvent
et le dépistage de masse peuvent jouer un rôle important le rôle important des mesures de confinement ciblées et
et ralentir la propagation des infections (Chernozhukov, des interventions précoces. D’autres se demandent com-
Kasahara et Schrimpf, 2020 ; Gapen et al., 2020). ment les politiques optimales peuvent être différentes
dans les pays en développement (Alon et al., 2020b ; von
Politiques d’atténuation optimales Carnap et al., 2020).
et perspectives historiques Quelques articles offrent une perspective historique de
l’impact économique des confinements. Correia, Luck et
Certaines études appliquent des modèles théoriques Verner (2020) constatent que les confinements imposés
(essentiellement quantitatifs) pour définir les caracté- dans les villes des États-Unis pour empêcher la propaga-
ristiques des politiques d’atténuation optimales tout en tion de la grippe espagnole ont eu un effet positif sur leur
tenant compte des effets préjudiciables sur l’économie. croissance future, mais Lilley, Lilley et Rinaldi (2020) ré-
Voir à ce sujet Acemoglu et al. (2020) ; Akbarpour et al. examinent leurs données et font valoir qu’elles ne sont pas
(2020) ; Alvarez, Argente et Lippi (2020) ; Bodenstein, probantes. Bodenhorn (2020) étudie les conséquences de
Corsetti et Guerrieri (2020) ; Cakmaklı et al. (2020) ; la grippe espagnole sur le Sud des États-Unis et ne trouve
Checo, Grigoli et Mota (2020) ; Eichenbaum, Rebelo et aucun élément prouvant que les fermetures obligatoires
Trabandt (2020) ; Farboodi, Jarosch et Shimer (2020) ; des entreprises ont provoqué davantage de faillites.

82 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 2 LE GRAND CONFINEMENT : ANALYSE DE SES EFFETS ÉCONOMIQUES

Encadré 2.2. Le rôle de l’informatisation durant la pandémie de COVID-19 :


données recueillies aux États-Unis
Graphique 2.2.1. Effet d’atténuation exercé par
Le présent encadré analyse comment l’adoption de l’informatisation sur le chômage aux États-Unis
l’informatique par les entreprises modifie l’impact des (En pourcentage)
confinements et de la distanciation physique volontaire
1. Chômage et confinement aux États-Unis
sur le marché de l’emploi aux États-Unis. L’informatique 35

Hausse du taux de chômage


peut atténuer l’effet économique de la pandémie de plu- 30 Inf. élevée Ajustement linéaire : inf. élevée
sieurs manières : elle facilite le télétravail, favorise les Inf. faible Ajustement linéaire : inf. faible
25
ventes en ligne ou permet d’organiser des livraisons sans 20
contact. L’analyse révèle que l’emploi a résisté davantage 15
dans les États américains où les entreprises qui font l’uti-
10
lisation la plus intensive de l’informatique. La plage 1 du
5
graphique 2.2.1 illustre la hausse du taux de chômage
0
entre février et avril dans chacun des États en fonction 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
de la sévérité des confinements durant la même période. Sévérité du confinement
De même, la plage 2 illustre la relation entre la hausse du
35 2. Chômage et mobilité aux États-Unis
chômage et la baisse de la mobilité. Dans les États où les

Hausse du taux de chômage


30 Inf. élevée Ajustement linéaire : inf. élevée
entreprises font peu appel à l’informatique, on observe Inf. faible Ajustement linéaire : inf. faible
une forte corrélation entre l’intensité du confinement, la 25
diminution de la mobilité et la hausse du taux de chô- 20
mage. À l’inverse, les confinements et la mobilité ne sont 15
pas associés à une augmentation du taux de chômage 10
dans les États qui ont davantage adopté l’informatique. 5
Ceci permet de conclure que l’informatique peut consti- 0
tuer un rempart important pour les économies locales 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
Baisse de la mobilité
durant la pandémie.
Ce phénomène se confirme si l’on exploite les données 0,2 3. Effet d’atténuation exercé par l’informatisation
au niveau individuel de la Current Population Survey, sur le chômage, par catégorie de travailleur
0,1
enquête menée conjointement par le Census Bureau et le
Bureau of Labor Statistics des États-Unis. Les personnes 0,0
interrogées risquaient davantage d’être au chômage en
–0,1
avril si elles vivaient dans les aires métropolitaines statis-
tiques où la mobilité a le plus diminué, mais l’informa- –0,2
tisation des entreprises atténue cet effet1. La probabilité
–0,3
accrue d’être au chômage associée à une forte baisse de la Hommes Blancs Très instruits
mobilité (un écart-type, égal à 10 points de pourcentage) Total Femmes Non-Blancs Peu instruits
est plus élevée de 25 % dans les aires métropolitaines sta-
Sources : Google Community Mobility Report ; Keystone ;
tistiques où les entreprises sont peu informatisées que calculs des services du FMI.
dans les aires où elles sont très informatisées (5 points de Note : L’ordonnée des plages 1 et 2 représente la hausse
pourcentage, contre 4 points de pourcentage). du taux de chômage au niveau des États entre février et
avril 2020 en pourcentage. L’abscisse de la plage 1
L’analyse étudie également les conséquences de l’in- représente la sévérité moyenne du confinement entre février
formatisation sur différentes catégories de travailleurs et avril 2020 ; l’abscisse de la plage 2 représente la baisse
(plage 3 du graphique 2.2.1). L’informatique absorbe moyenne de la mobilité. La plage 3 illustre les résultats d’une
régression à l’aide de données de la Current Population
l’effet de la mobilité sur le chômage, tant pour lesommes Survey, dans laquelle la variable dépendante est une variable
fictive indiquant si la personne interrogée est au chômage
en avril 2020, et les variables indépendantes sont
Nicola Pierri et Yannick Timmer sont les auteurs de cet encadré. l’informatisation et la baisse de mobilité dans l’aire
Leur analyse s’inspire largement de Pierri et Timmer (2020), qui métropolitaine statistique où vit la personne interrogée, ainsi
donnent des détails techniques. que leur relation. L’ordonnée de la plage 3 illustre l’ampleur
1Le Census Bureau des États-Unis définit l’aire métropolitaine du coefficient du terme d’interaction pour chaque sous-
statistique comme étant une région géographique qui possède une échantillon. On entend par peu instruits les répondants qui ne
densité de population relativement forte en son centre et des liens sont pas diplômés de l’enseignement secondaire. Voir Pierri
économiques étroits avec l’ensemble de l’aire. et Timmer (2020) pour plus de détails. Inf. = informatisation.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 83


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 2.2 (fin)


que pour les femmes, et aussi bien pour les travailleurs protéger de façon significative les marchés de l’emploi
blancs que pour les non-Blancs, mais elle n’atténue pas contre les effets de la pandémie de coronavirus, elle peut
son impact sur les individus peu instruits. Par consé- aussi contribuer à creuser les inégalités entre les individus
quent, même si l’informatisation peut globalement peu instruits et très instruits.

84 Fonds monétaire international | Octobre 2020


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88 Fonds monétaire international | Octobre 2020


3
CHAPITRE
ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES
FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

En l’absence de nouvelles mesures de réduction des émis- années (2015–19) ont été les plus chaudes jamais réper-
sions de gaz à effet de serre, la planète est partie pour connaître toriées. Quant à l’année 2019, elle pourrait être l’année
des températures jamais atteintes en plusieurs millions d’an- la plus chaude jamais enregistrée. La pression croissante
nées, avec des implications qui pourraient se révéler désas- sur les systèmes terrestres se traduit déjà par la fréquence
treuses. L’analyse contenue dans le présent chapitre fait appa- accrue des catastrophes naturelles liées aux conditions
raître qu’une impulsion initiale en faveur des investissements météorologiques1. Le niveau de la mer s’élève et de plus
verts, combinée à une hausse régulière des prix du carbone, en- en plus d’éléments tendent à montrer que le monde est
traînerait la réduction d’émissions nécessaire et que cette tran- plus proche de changements brutaux et irréversibles (les
sition aurait des répercussions raisonnables sur la production points de basculement, ou de non-retour) qu’on ne le
mondiale. L’économie mondiale pourrait alors s’appuyer sur pensait auparavant (Lenton et al., 2019).
des fondations plus solides et plus durables sur le moyen terme. Les études scientifiques attribuent essentiellement le ré-
La tarification du carbone est essentielle à cette atténuation, chauffement climatique aux émissions de gaz à effet de
car des prix plus élevés stimulent l’efficacité énergétique en ré- serre associées à l’activité humaine, et plus précisément
affectant les ressources depuis les activités à forte intensité de au carbone rejeté par la combustion des combustibles
carbone vers celles à faible intensité de carbone. Un encou- fossiles (GIEC, 2014, 2018a) (voir le lexique dans l’en-
ragement des investissements verts renforcerait les indicateurs cadré 3.1)2. Les scientifiques ont prévenu que l’augmenta-
macroéconomiques à court terme et contribuerait à diminuer tion des températures par rapport à leurs niveaux préindus-
les coûts liés à l’ajustement à des prix du carbone plus élevés. triels devait être maintenue bien en deçà de 2 °C (1,5 °C
Les coûts de la transition vers une tarification du carbone ali- dans l’idéal) afin de ne pas atteindre les points de bascule-
gnée sur un objectif de neutralité carbone d’ici au milieu du ment climatiques et de ne pas soumettre les systèmes na-
siècle semblent acceptables. De plus, ils pourraient aller en di- turels et socioéconomiques à de graves tensions (GIEC,
minuant compte tenu des innovations technologiques conçues 2014, 2018a). En signant l’Accord de Paris sur le climat
en réponse à la tarification du carbone, et sous l’effet des sub- en 2015, les dirigeants mondiaux se sont engagés à limiter
ventions en faveur de la recherche et du développement verts. la hausse des températures à 1,5 °C–2 °C d’ici à 2100.
Les autorités peuvent protéger les populations les plus affectées Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de procéder
par les mesures d’atténuation en octroyant des transferts moné-
taires ciblés financés par les recettes du carbone. 1Voir également le chapitre 2 de l’édition d’avril 2020 des Perspectives
économiques régionales : Afrique subsaharienne, le chapitre 3 de l’édition
d’octobre 2017 des Perspectives de l’économie mondiale, et Kahn et al.
Introduction (2019). Les politiques d’adaptation constituent un autre rouage fon-
damental de la stratégie de réduction des pertes liées aux changements
Le réchauffement climatique se poursuit plus vite que climatiques et, dans certains cas, elles peuvent rejoindre les politiques
jamais. L’augmentation de la température moyenne à d’atténuation (pour la préservation des forêts tropicales humides, par
exemple). Cependant, ces politiques n’entrent pas dans le champ du
la surface de la Terre depuis la révolution industrielle se présent chapitre.
situe aux alentours de 1 °C et l’on estime qu’elle va en 2Un gaz à effet de serre est un gaz qui contribue à l’effet de serre en

s’accélérant. Depuis les années 80, chaque décennie a absorbant le rayonnement infrarouge (énergie thermique nette) émis
par la surface terrestre et en le renvoyant vers cette dernière. Entrent
été plus chaude que la précédente et les cinq dernières
dans cette catégorie le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde
d’azote et les gaz fluorés. Le présent chapitre se concentre sur les émis-
Les auteurs du présent chapitre sont Philip Barrett, Christian sions de carbone issues de la consommation de combustibles fossiles,
Bogmans, Benjamin Carton, Johannes Eugster, Florence Jaumotte qui constituent un déterminant majeur des émissions de gaz à effet de
(cheffe d’équipe), Adil Mohommad, Evgenia Pugacheva, Marina M. serre liées à l’activité humaine. Une étude du FMI (2019) analyse des
Tavares et Simon Voigts. Ils ont bénéficié de la collaboration des consul- mesures visant à réduire d’autres sources importantes d’émissions de gaz
tants externes Warwick McKibbin et Weifeng Liu pour les simula- à effet de serre, au-delà des émissions intérieures de CO2 engendrées par
tions de modélisation, et des contributions de Thomas Brand. Srijoni les combustibles fossiles (exploitation forestière, agriculture, fuites de
Banerjee, Eric Bang et Jaden Kim ont apporté leur concours en matière méthane, émissions liées aux procédés industriels, gaz fluorés, émissions
de recherche, et Daniela Rojas Fernandez a fourni l’assistance éditoriale. liées au transport aérien/maritime international).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 89


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

rapidement à des réductions drastiques des émissions de Graphique 3.1. Risques liés à l’absence d’atténuation
carbone. Plus précisément, les émissions nettes de carbone des changements climatiques
doivent être portées à zéro d’ici au milieu du siècle (GIEC, Si les émissions suivent leur trajectoire actuelle, la probabilité de maintenir le
réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C chuterait de 50 % au bout de
2014, 2018a). Cela signifie que les émissions de car- 15 ans environ. À politiques inchangées, les températures mondiales augmenteraient
bone doivent être éliminées ou que les émissions restantes à des niveaux jamais atteints en plusieurs millions d’années, provoquant des pertes
de revenus considérables et accentuant le risque de répercussions catastrophiques.
doivent être absorbées par des puits naturels (les forêts et
les océans, par exemple) ou artificiels (des dispositifs de 1 600 1. Émissions cumulées
(En gigatonnes de CO2)
captage et de séquestration, par exemple). Même avec ces 1 400
Scénario de référence
réductions de grande ampleur, les températures pourraient 1 200 GIEC, 5e RA : 66 % de chances de < 1,5 °C
dépasser temporairement la cible, jusqu’à ce que le stock de 1 000 GIEC, 5e RA : 50 % de chances de < 1,5 °C
carbone accumulé dans l’atmosphère ait été suffisamment 800
absorbé par les puits de carbone. 600
À ce jour, les mesures concrètes prises pour réduire les 400
émissions de gaz à effet de serre se sont révélées largement 200
insuffisantes3. La crise de la COVID-19 a entraîné une 0
2020 30 40 50
baisse des émissions, mais la situation actuelle montre que
celle-ci n’était que temporaire. Sans une réorientation des 7 2. Température « à politiques inchangées »
politiques, les émissions vont continuer d’augmenter im- (Degrés Celsius au-dessus de la moyenne préindustrielle)
6
Sensibilité climatique moyenne
placablement et les températures planétaires pourraient 5 Fourchette entre les sensibilités climatiques
grimper de 2 à 5 °C d’ici à la fin du siècle, atteignant des basse et élevée
4 1,5 °C
niveaux jamais vus depuis des millions d’années, ce qui
causera de plus en plus de dommages physiques et éco- 3

nomiques et augmentera le risque de répercussions ca- 2


tastrophiques dans le monde entier (graphique 3.1)4. Les 1
répercussions des changements climatiques prennent les 0
formes suivantes, sans s’y limiter : baisse de la producti- 2010 20 30 40 50 60 70 80 90 2100
vité en raison de modifications du rendement des cultures 10 3. Pertes de production liées aux changements climatiques
agricoles et des piscicultures, et de températures plus éle- (En pourcentage)
0
vées pour les personnes travaillant à l’extérieur ; perturba-
tions plus fréquentes de l’activité économique et dégrada- –10
tions physiques plus importantes du capital productif, des Coûts selon Burke–Hsiang–Miguel,
–20 sensibilité climatique de référence
infrastructures et des bâtiments en raison de catastrophes Sensibilité climatique basse à élevée
naturelles plus fréquentes et plus graves, et (pour les zones –30 Coûts économiques selon Nordhaus,
sensibilité climatique de référence
côtières) de l’élévation du niveau de la mer ; détérioration –40 Sensibilité climatique basse à élevée
de la santé, voire pertes de vie, en raison de catastrophes
–50
naturelles et de la prévalence accrue des maladies infec- 2010 20 30 40 50 60 70 80 90 2100
tieuses ; réorientation des ressources vers l’adaptation et la Sources : Burke, Hsiang et Miguel (2015) ; GIEC (2014, 2018a) ; Nordhaus (2010) ;
estimations des services du FMI.
3La plupart des contributions déterminées au niveau national sur
Note : La référence dans la plage 1 représente les émissions cumulées dans le
lesquelles les pays se sont engagés au titre de l’Accord de Paris sont ju- scénario sans atténuation des changements climatiques sur la base du modèle
gées insuffisantes pour atteindre l’objectif de 1,5 °C ou 2 °C. Compte « G-Cubed » (G3) ; les lignes en pointillés correspondent aux plafonds d’émissions
tenu des politiques actuellement en vigueur, ces contributions seraient nécessaires pour limiter le réchauffement climatique. La plage 2 représente la
probablement impossibles à atteindre de toute façon (voir le rapport température mondiale moyenne à politiques inchangées. Les courbes pleines
Warming Projections Global Update du Climate Action Tracker, dé- reposent sur une sensibilité climatique (l’augmentation à long terme des tempéra-
tures causée par un doublement à long terme du stock de carbone dans
cembre 2019). D’autres acteurs, comme l’Agence internationale de
l’atmosphère) de 3 ; les zones ombrées sont définies selon une fourchette de
l’énergie (AIE), ont pointé les lacunes de ces annonces politiques. L’AIE sensibilité climatique comprise entre 1,5 et 4,5 (voir Heal, 2017 ; Hassler, Krusell et
a ainsi estimé que des politiques beaucoup plus ambitieuses s’impo- Olovsson, 2018). La plage 3 représente les pertes économiques causées par les
saient pour atteindre ces objectifs (AIE, 2019). changements climatiques par rapport à un maintien des températures à leurs
4En l’absence de politiques d’atténuation des changements clima-
niveaux actuels. Les courbes pleines reposent sur une sensibilité climatique de 3 ;
tiques ou de migrations de masse, un tiers de la population mondiale les zones ombrées reposent sur une fourchette de sensibilité comprise entre 1,5 et
pourrait être confronté à des températures annuelles moyennes supé- 4,5 (voir Heal, 2017 ; Hassler, Krusell et Olovsson, 2018). Les coûts économiques liés
rieures à 29 °C d’ici à 2070. Alors que l’on ne relève de telles moyennes à des augmentations de températures données sont basés soit sur Nordhaus (2010),
que sur 0,8 % de la surface terrestre aujourd’hui, elles pourraient soit sur Burke, Hsiang et Miguel (2015). 5e RA = cinquième rapport d’évaluation du
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
concerner 19 % de la surface d’ici à 2070 (Xu et al., 2020).

90 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

reconstruction (voir, par exemple, Batten, 2018)5. La ré- également l’édition d’octobre 2020 du Fiscal Monitor —
action des températures à l’accumulation des émissions de Moniteur des finances publiques)6. La crise ayant pro-
carbone dans l’atmosphère (la « sensibilité climatique ») voqué un recul marqué de l’investissement, les politiques
et les conséquences néfastes qui peuvent être attendues économiques peuvent veiller à ce que la composition des
à la suite de hausses de températures données restent su- mesures de relance s’agissant des dépenses en capital cor-
jettes à l’incertitude. En effet, bon nombre des dommages responde aux objectifs de décarbonation en envoyant les
(y compris ceux causés à la nature et les risques de catas- bons signaux en matière de prix et en fournissant d’autres
trophe) sont pris en compte de façon insuffisante par les incitations financières. De plus, la relance budgétaire qui
estimations existantes, qui sont basées sur de légères varia- sera probablement nécessaire au lendemain de la pan-
tions historiques des températures. Cependant, toutes les démie peut offrir une occasion de privilégier les infra-
estimations indiquent que les dommages devraient être structures respectueuses de l’environnement et résilientes.
considérables. Quant aux études plus récentes qui tiennent Le présent chapitre considère l’objectif d’atteindre la
compte de la possibilité d’effets non linéaires et de ralen- neutralité carbone d’ici à 2050 comme fixé et étudie dif-
tissements durables de la croissance économique (voir, par férentes manières de concevoir des politiques d’atténua-
exemple, Burke, Hsiang et Miguel, 2015), elles prévoient tion, tout en veillant à tenir compte de leur faisabilité po-
des dommages beaucoup plus importants que ceux quan- litique7. Il répond de manière plus spécifique aux deux
tifiés jusque-là. Plusieurs changements enclenchés par le questions suivantes :
réchauffement climatique, tels que la fonte des calottes gla- • Quelle combinaison d’instruments de politique éco-
ciaires, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des nomique (tarification du carbone, stimulation de
océans, pourraient eux-mêmes accélérer le réchauffement l’investissement public et privé, subventions à la re-
climatique et seraient très difficiles à inverser à l’échelle de cherche–développement) permettrait au monde
temps humaine (GIEC, 2014, 2018a). d’atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à
La crise de la COVID-19 est à l’origine de probléma- 2050 tout en favorisant la croissance, l’emploi et la
tiques, mais aussi d’opportunités pour l’atténuation des distribution ?
changements climatiques. Bien que les politiques d’at- • Un arsenal de politiques d’atténuation bien conçues et
ténuation soient susceptibles de stimuler les revenus à bien séquencées peut-il aider l’économie à se remettre
long terme en limitant les dommages et les risques phy- de la crise de la COVID-19 ?
siques graves, la transformation économique qu’elles né-
cessitent pourrait ralentir la croissance pendant la période Malgré l’importance de certains aspects ayant trait à
de transition, en particulier dans les pays fortement tri- la coordination internationale, l’ampleur des réductions
butaires des exportations de combustibles fossiles et dans d’émissions ciblées dans le présent chapitre (objectif de
ceux enregistrant une rapide croissance économique et neutralité carbone) limite les possibilités d’opérer une dis-
démographique. La récession mondiale actuelle com- tinction entre les mesures d’atténuation entreprises dans
plique l’adoption des politiques nécessaires à l’atténua- les différents pays, en particulier ceux de grande taille. On
tion. Compte tenu de ce contexte, il est urgent de com- considère donc que chaque pays/région réduit ses émissions
prendre comment les mesures d’atténuation peuvent dans les mêmes proportions (à l’exception d’un groupe de
être mises en place de façon à favoriser l’emploi et la pays exportateurs de pétrole et d’autres pays, où l’on consi-
croissance, tout en assurant la protection des popula- dère que les émissions resteront à leurs niveaux actuels).
tions pauvres. Cependant, ce même contexte ouvre éga-
lement des opportunités pour placer l’économie sur une
6Pour des discussions consacrées à ce sujet, voir Batini et al. (2020),
trajectoire plus respectueuse de l’environnement (voir
Bhattacharya et Rydge (2020), Black et Parry (2020) et Hepburn et al.
(2020).
5Les changements climatiques vont aussi compliquer la gestion de 7Pratiquement tous les pays revoient leurs stratégies pour le climat

la stabilité macroéconomique. En effet, ces changements et les catas- en vertu de l’Accord de Paris (contributions déterminées au niveau
trophes naturelles font augmenter la volatilité de la production et des national) dans l’optique de la Conférence de l’ONU sur les change-
prix. De plus, compte tenu des coûts des catastrophes naturelles (de la ments climatiques 2021 (COP 26). Environ 70 pays se sont engagés
reconstruction aux investissements consacrés à l’adaptation), ils mettent à atteindre l’objectif zéro émission nette d’ici à 2050. En vertu de cet
la viabilité budgétaire en péril. Enfin, et c’est important, ils vont ag- objectif, les émissions positives sont censées être compensées par des
graver la pauvreté et les inégalités, car les pays à faible revenu et les per- émissions négatives (p. ex. co-combustion de biocombustibles dans
sonnes à faible revenu dans un pays donné, en plus d’être davantage ex- la production d’électricité, avec captage et séquestration du carbone,
posés aux chocs, ont moins de ressources pour absorber ces derniers et extension de la capacité de séquestration du carbone des forêts et tech-
s’adapter aux changements climatiques. nologies de captage direct du carbone dans l’air).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 91


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Une décarbonation profonde de l’activité humaine né- de mesures vise directement à augmenter l’offre de sources
cessitera que l’efficacité énergétique et la part des sources d’énergie à faibles émissions de carbone et à baisser leurs
d’énergie à faible intensité de carbone augmentent prix. Il s’attaque également à des dysfonctionnements plus
toutes deux beaucoup plus rapidement qu’au cours des larges des marchés s’agissant de l’approvisionnement (par
dernières décennies. Pour impulser ces changements, exemple la diffusion des connaissances, les externalités de
l’énergie à forte intensité de carbone devra être beaucoup réseau et les économies d’échelle). L’arsenal à disposition
plus chère que l’énergie à faible intensité de carbone, ou pour mener cette approche comporte des subventions et
que d’autres biens et services, qu’elle ne l’est aujourd’hui. des prix garantis afin d’accroître la demande, l’investisse-
Les prix des combustibles fossiles sont extrêmement ment et l’offre dans le secteur des énergies à faibles émis-
sous-estimés aujourd’hui, ce qui s’explique par une fac- sions de carbone ; l’investissement public direct dans les
turation insuffisante des coûts de production et environ- technologies et les infrastructures à faible intensité de car-
nementaux, notamment la pollution atmosphérique et le bone ; et les subventions à la recherche et au développe-
réchauffement climatique. Coady et al. (2019) estiment ment visant à favoriser l’innovation9.
que les subventions mondiales à l’énergie, à savoir l’écart D’autres options stratégiques concernent la pour-
entre les prix existants et les prix efficaces (les prix tenant suite du développement et de l’adoption de technologies
compte des coûts d’approvisionnement, des coûts envi- d’émissions négatives, telles que le captage et la séquestra-
ronnementaux et des considérations liées au revenu), ont tion du carbone, dont le chapitre montre qu’elles sont
atteint pas moins de 4 700 milliards de dollars en 2015, censées jouer un rôle dans la modélisation des stratégies
soit environ 6,3 % du PIB mondial. Coady et al. (2019) de réduction des émissions, et les techniques de modi-
ont effectué une mesure plus étroite des subventions ne fication du rayonnement solaire, qui peuvent être effi-
tenant compte que des différences entre le montant véri- caces en théorie mais supposent, dans la pratique, des in-
tablement payé par les consommateurs pour l’utilisation certitudes, des risques et des lacunes non négligeables en
des combustibles et le coût d’opportunité correspondant termes de connaissances10.
à l’approvisionnement : elle aboutit à un montant de La manière de combiner et séquencer au mieux les ou-
305 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2015. tils d’atténuation ainsi que les implications macroécono-
Les gouvernements peuvent avoir recours à différents miques de ces derniers font encore l’objet de nombreuses
leviers pour augmenter le prix relatif des activités à forte discussions. Certains analystes estiment que, même s’il
intensité de carbone. Le premier ensemble de mesures stimule la production et le bien-être sur le long terme,
consiste à augmenter le prix du carbone soit en impo- l’enrayement des changements climatiques par la tarifica-
sant des taxes sur le carbone, soit en mettant en place des tion du carbone pourrait affaiblir la croissance à court et
systèmes d’échange de droits d’émissions de façon à fac- moyen terme, car la hausse des prix de l’énergie fait aug-
turer les externalités négatives des émissions. Une tarifi- menter le coût de la vie (en particulier chez les pauvres),
cation correcte du carbone réduirait son usage en même entraîne des déplacements de travailleurs et réduit les bé-
temps qu’elle stimulerait la fourniture de solutions de néfices des activités à fortes émissions. Il est cependant
remplacement à faible intensité de carbone. Le chapitre possible d’atténuer certaines de ces répercussions si les
se concentre sur une taxe sur le carbone en tant que levier
pour augmenter les prix du carbone. L’introduction de la au-dessous du point de basculement. Cette approche hybride entre la
taxation avec remise, ou l’imposition de normes ou de ré- tarification du carbone et les mesures en faveur des énergies propres
glementations sur les émissions constituent d’autres outils, peut se révéler plus facile à porter sur le plan politique, car elle évite une
augmentation du prix de l’énergie. La taxation avec remise peut être
éventuellement complémentaires, qui sont certes moins utilisée en tant que telle ou en complément d’autres instruments (voir
efficaces, mais qui augmentent le prix induit du carbone l’édition d’octobre 2019 du Moniteur des finances publiques).
et pourraient se heurter à une résistance politique moins 9L’idéal est probablement de déployer un large éventail de mesures,

car ces deux types de politiques sont censées fonctionner en synergie.


virulente (pour une discussion sur les arbitrages entre ef-
Par exemple, une augmentation des prix du carbone serait plus accep-
ficacité et faisabilité, voir l’édition d’octobre 2019 du table pour la population (et donc plus viable) si les sources d’énergie à
Moniteur des finances publiques)8. Le deuxième ensemble faibles émissions de carbone étaient disponibles à un coût raisonnable.
Inversement, les subventions n’encourageront probablement pas de gros
8La taxation avec remise se traduit par des mesures sectorielles (sur investissements dans les technologies à faibles émissions si elles ne s’ac-
les transports, l’industrie ou l’énergie, par exemple) qui imposent compagnent pas de projections de prix du carbone suffisamment élevées.
un barème mobile de redevances aux entreprises/biens dont les taux 10La modification du rayonnement solaire vise à compenser le ré-

d’émissions (CO2 par kilowatt-heure, par exemple) dépassent le ni- chauffement généré par les émissions accumulées dans l’atmosphère,
veau du « point de basculement ». En contrepartie, elle génère des tandis que le captage et la séquestration du carbone limitent l’accumu-
subventions pour les entreprises/biens dont les taux d’émissions sont lation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

92 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

recettes issues de la tarification du carbone sont utilisées importantes s’agissant de la réorientation de l’innovation,
pour stimuler la croissance (en finançant par exemple de la production d’électricité et de l’emploi vers les acti-
des investissements productifs ou en réduisant les taxes vités à faibles émissions de carbone, et cela sans trop pé-
à l’origine de distorsions). D’autres croient en la « crois- naliser l’activité dans son ensemble. Étayées par ces ré-
sance verte », en avançant que le soutien public aux in- sultats empiriques, les simulations de modèles contenues
vestissements et technologies durables (combiné à la pers- dans ce chapitre font apparaître qu’il est encore faisable
pective d’une hausse des prix du carbone) peut stimuler d’atteindre l’objectif zéro émission nette d’ici à 2050,
l’activité à court et à moyen terme grâce un accroisse- bien que la fenêtre permettant de maintenir l’augmen-
ment de l’investissement net, surtout lorsque l’économie tation des températures dans une fourchette jugée sûre
tourne en deçà de son potentiel11. Autre argument mis est en train de se fermer rapidement. Cela placerait l’éco-
en avant : les mesures de décarbonation centrées autour nomie mondiale sur une trajectoire de croissance viable
de l’innovation (comme les subventions à la recherche, pour la deuxième partie du siècle et au-delà, et les me-
par exemple) pourraient déclencher des vagues de progrès sures d’atténuation engendreraient immédiatement des
technologique qui pourraient entraîner la productivité et bienfaits indirects dans les pays, grâce notamment à la
la croissance à moyen et à long terme. baisse de la mortalité et de la morbidité à la faveur de la
Le présent chapitre aborde ces questions en trois par- réduction de la pollution12. Une impulsion initiale en fa-
ties. La première dresse l’inventaire des politiques d’at- veur des investissements verts combinée avec des prix du
ténuation mises en œuvre dans un large échantillon de carbone augmentant progressivement depuis un niveau
pays au cours du dernier quart de siècle. Elle examine de départ modéré entraînerait les réductions d’émissions
leur rôle dans la transition depuis les activités à fortes nécessaires, avec des répercussions raisonnables en termes
émissions vers celles à faibles émissions, ainsi que leurs ré- de production. Une relance budgétaire verte soutiendrait
percussions sur l’activité dans son ensemble. L’analyse se le PIB mondial et l’emploi pendant la phase de reprise de
concentre sur le secteur de l’électricité, qui est ciblé par la crise de la COVID-19. Elle préparerait aussi le terrain
nombre de ces mesures. La deuxième utilise trois modèles pour une augmentation des prix du carbone en stimu-
macroéconomiques afin d’examiner les mesures d’atté- lant la productivité des secteurs à faibles émissions de car-
nuation nécessaires pour atteindre l’objectif zéro émis- bone. Une fois la reprise enclenchée, l’augmentation an-
sion d’ici à 2050 et la façon de les concevoir afin qu’elles noncée et progressive des prix du carbone deviendra un
accompagnent au mieux la croissance. La troisième s’in- puissant instrument pour opérer les réductions d’émis-
téresse aux effets distributionnels des politiques d’atté- sions rapides et considérables qui s’imposent pour at-
nuation en modélisant leurs répercussions sur la consom- teindre la neutralité carbone d’ici à 2050.
mation et sur les revenus professionnels des ménages. Elle Au cours de la phase de transition, la hausse des prix
porte aussi sur les différentes manières d’utiliser les re- du carbone entraînerait des pertes de production à
cettes issues du carbone pour atténuer les effets néfastes l’échelle mondiale, mais celles-ci seraient raisonnables par
sur les populations dont les conditions de vie pourraient rapport aux augmentations de revenu attendues grâce aux
se trouver les plus affectées. dommages climatiques évités au cours de la deuxième
Le chapitre montre que les mesures d’atténuation des partie du siècle et au-delà. Si rien n’est fait pour atténuer
changements climatiques ont apporté des contributions les changements climatiques, la croissance à moyen et à
11Les termes « faibles » et « fortes » émissions de carbone se rap-
long terme se détériorera considérablement. Les bienfaits
portent à des quantités spécifiques de CO2. Le terme « vert » est issu liés aux mesures d’atténuation seront donc beaucoup plus
des travaux consacrés à l’environnement et désigne généralement les ac- importants que les avantages temporaires de l’inaction13.
tivités qui ont un (très) faible impact sur l’environnement. Bien que le La transition serait encore moins onéreuse si de nou-
terme « vert » soit souvent utilisé pour désigner des activités à faibles
émissions de carbone, celles-ci ne sont pas nécessairement 100 % vertes, velles technologies à faibles émissions de carbone étaient
mais simplement plus respectueuses de l’environnement. Par exemple, mises au point. De plus, il peut être sérieusement envi-
les énergies solaire et éolienne sont des sources à faibles émissions de sagé de compléter rapidement les encouragements à l’in-
carbone, mais elles nécessitent beaucoup de terres et de ressources ou
novation déclenchés par la tarification du carbone par des
matériaux. Il en va de même pour d’autres sources à faibles émissions de
carbone, telles que l’hydraulique ou le nucléaire. Cela pose la question
du déplacement du problème, dans un monde qui se caractérise par de 12Voir Parry, Veung et Heine (2015) et l’édition d’octobre 2019 du
multiples problèmes environnementaux. Le terme « énergies renouve- Moniteur des finances publiques pour plus d’informations sur les coûts
lables » désigne l’énergie éolienne et solaire et le fait que ces technolo- unilatéraux et les bénéfices intérieurs nets d’une taxe sur le carbone de
gies n’ont pas besoin de combustibles fossiles, lesquels sont non renou- l’ordre 50 dollars/tonne dans les pays du Groupe des Vingt.
velables à l’échelle de temps humaine. 13Voir également Stern (2007) et Hassler, Krusell et Olovsson (2018).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 93


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

subventions à la recherche et au développement verts qui Graphique 3.2. Politiques environnementales et part
contribuent à supprimer les obstacles entravant le déve- de l’innovation et de la production d’électricité propres
loppement de nouvelles technologies. L’innovation et la production d’électricité propres ont globalement augmenté en
Les coûts de la transition vers une économie à faibles suivant le resserrement des politiques environnementales. Les taxes sur le
carbone ont été très peu utilisées.
émissions de carbone varient en fonction des pays. Les
pays enregistrant une croissance économique et démo- 3,0 1. Innovation, production d’électricité et politiques propres 6
graphique rapide (tels que l’Inde et, dans une moindre (Indice ; pourcentage sur l’échelle de droite)
2,5 RPE, moyenne 5
mesure, la Chine), ceux qui dépendent fortement des
Innovation ACC, part du total (échelle de droite)
sources d’énergie à forte intensité de carbone (comme la 2,0 Part des investissements dans les énergies 4
Chine) et la plupart des producteurs de pétrole risquent renouvelables dans la production
1,5 d’électricité (échelle de droite) 3
de devoir supporter des coûts de transition plus élevés.
1,0 2
Cependant, pour les pays à croissance rapide, ces coûts
restent faibles compte tenu des projections de croissance 0,5 1
sur les 30 prochaines années (même avec des politiques
0,0 0
d’atténuation). De plus, ils doivent être mis en balance 1990 95 2000 05 10 15
avec les dommages causés par les changements clima-
tiques qui seront évités et avec les avantages liés aux poli- 5 2. Rigueur moyenne de différentes politiques environnementales
(Indice)
tiques d’atténuation, comme la réduction de la pollution
4 Taxes sur le CO2 Échanges
et de la mortalité à l’échelle nationale. Si les pays avancés Tarifs de rachat Limites
devaient adopter des politiques d’atténuation de façon Subventions R–D
3
isolée, ils ne seraient pas capables de maintenir l’aug-
mentation des émissions et des températures à l’échelle 2
mondiale à des niveaux jugés sûrs. Il est donc capital que
1
les grandes puissances économiques agissent de concert
afin d’éviter les pires répercussions des changements cli- 0
matiques. Les producteurs de combustibles souffriront 1990 95 2000 05 10 15

de la diversification nécessaire de leurs économies, mais Sources : Agence internationale de l’énergie ; Organisation de coopération et de
nombre d’entre eux sont aussi bien positionnés pour bé- développement économiques ; base de données statistiques de l’Office européen
des brevets ; calculs des services du FMI.
néficier de l’atténuation des changements climatiques. Note : innovation ACC = brevets portant des technologies d’atténuation des
Enfin, même si la tarification du carbone affecterait les changements climatiques ; R–D = recherche et développement ; RPE = indice de
ménages pauvres de façon disproportionnée, le recyclage rigueur des politiques environnementales.

d’un sixième à un quart des recettes du carbone sous


forme de transferts ciblés pourrait dédommager pleine-
ment les 20 % de ménages les plus pauvres. Pour dédom- décennies, sur fond de resserrement des politiques envi-
mager pleinement les 40 % de ménages les plus pauvres, ronnementales (graphique 3.2, plage 1)14. Les politiques
il faudrait recycler entre 40 % et 55 % des recettes car- environnementales englobent un large éventail d’instru-
bone. De plus, des dépenses publiques raisonnables ments utilisés à des degrés divers. Les limites d’émissions,
consacrées aux secteurs à faibles émissions de carbone notamment celles imposées aux centrales électriques, et
permettraient d’accompagner la transition des métiers les subventions à la recherche–développement (instru-
depuis les secteurs à forte intensité de carbone vers ceux ments « hors marché ») sont largement utilisées depuis
à faible intensité de carbone. Une action déterminée des les années 90. Au fil du temps, les restrictions se font de
autorités en faveur de l’inclusion sera essentielle pour une plus en plus rigoureuses. L’utilisation d’instruments « de
meilleure adhésion sociale et politique à la transition. marché », tels que les programmes d’échange de droits
d’émissions et les tarifs de rachat, a bondi depuis le début
de la première décennie 2000, alors que dans la plupart
Les dispositifs en faveur de l’atténuation :
quelle a été l’efficacité des mesures jusqu’ici ?
14Le présent chapitre utilise le degré d’exigence des politiques envi-
L’innovation et l’investissement dans les technolo-
ronnementales de l’Organisation de coopération et de développement
gies énergétiques propres à l’échelle mondiale ont consi- économiques, tel que publié dans OCDE (2018). Pour plus de détails,
dérablement augmenté au cours des deux dernières voir Botta et Koźluk (2014).

94 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

Graphique 3.3. Effet du durcissement des politiques des pays, la taxe sur le carbone n’est pas encore un dispo-
environnementales sur l’innovation dans l’électricité, la sitif contraignant (graphique 3.2, plage 2)15.
production d’électricité et l’emploi, par type de technologies
Au cours de la même période, l’innovation dans les
Le resserrement des politiques environnementales a stimulé l’innovation
dans les technologies énergétiques atténuant les changements climatiques et
énergies propres (mesurée par les demandes de brevets)16
augmenté la part de la production d’électricité renouvelable. Ces politiques ont a doublé en part du total des innovations dans le do-
également augmenté l’emploi dans les secteurs « verts » et l’ont fait baisser
dans les secteurs non écologiques.
maine de l’énergie. Les innovations liées à l’électricité
propre comptent aujourd’hui pour la moitié du total des
30 1. Effet sur les parts de la technologie dans l’innovation électrique
et dans l’innovation totale innovations dans le secteur électrique dans les cinq pays
25
20
(En pourcentage) les plus innovants (contre 15 % en 1990). La part mon-
15 diale d’électricité solaire et éolienne dans la production
10 totale d’électricité a également augmenté de façon no-
5 table, passant de pratiquement zéro en 2000 à 6 ½ % en
0 2020, avec des parts beaucoup plus importantes dans cer-
–5
tains pays de l’Union européenne. Par ailleurs, la transi-
–10
Part propre Part grise Par polluante Total tion s’accélère au niveau de la production électrique : la
2. Effet sur les parts des sources d’énergie primaires dans part mondiale de l’énergie renouvelable augmentait de
0,6 la production d’électricité et sur la production d’électricité totale 1 point de pourcentage par an en 2016, contre ½ point
(En points de pourcentage ; en mégawatts-heure par habitant
0,4 pour le total d’électricité) de pourcentage en 2010.
0,2 Une analyse économétrique indique que le durcisse-
0,0 ment des politiques environnementales dans de nom-
–0,2
breux pays a joué un rôle important dans la modifica-
tion de la composition de l’innovation et l’investissement
–0,4 Tarifs de rachat Programme
d’échanges dans le secteur de l’énergie, en faveur des activités à
–0,6
Solaire/ Charbon Gaz Électricité Solaire/ Charbon Gaz Électricité faibles émissions de carbone (graphique 3.3 ; annexes en
éolienne/ naturel totale éolienne/ naturel totale ligne 3.1 et 3.2)17. Plus précisément, on estime que ces
biomasse biomasse
mesures environnementales plus strictes ont apporté les
15 3. Effet sur l’emploi, par secteur et intensité d’émissions
10 (Variation en pourcentage) contributions suivantes :
5 15Avec les tarifs de rachat, les producteurs d’électricité renouve-
0
lable se voient offrir des contrats à long terme qui garantissent un prix
–5
fixe pour chaque unité d’électricité fournie au réseau. Les programmes
–10
d’échange englobent les certificats blancs et verts, ainsi que ceux cou-
–15 Entreprises Entreprises vrant les émissions de différents polluants. Les certificats verts et blancs
–20 Secteurs à fortes à faibles sont des titres respectivement octroyés pour l’atteinte d’objectifs de pro-
–25 émissions émissions
duction d’énergie renouvelable (normes de portefeuille) et d’objectifs
–30
d’économie d’énergie. Dans un programme d’échange d’émissions, un
Combustibles
fossiles
Secteurs à fortes
émissions
Secteurs à faibles
émissions
Services

Bâtiment

Transport

RPE globale

Marché

Hors marché

RPE globale

Marché

Hors marché

nombre de permis d’émission déterminé est alloué ou vendu par une


institution centrale. Leurs prix varient en fonction de l’offre et de la de-
mande. En revanche, une taxe appliquée au carbone (ou à d’autres pol-
luants) définit un prix, ou plus précisément une majoration, et laisse la
quantité d’émissions s’ajuster.
16L’analyse se concentre sur les innovations « propres » dans le sec-
Sources : Dechezleprêtre, Martin et Mohnen (2017) ; Agence internationale de
l’énergie ; Organisation de coopération et de développement économiques ; Penn teur de l’énergie, en raison de l’importante contribution de ce dernier
World Tables ; base de données de Worldscope ; base de données statistiques de au total des émissions et à l’innovation dans les technologies propres,
l’Office européen des brevets ; calculs des services du FMI. et de son exposition directe à la plupart des mesures environnemen-
Note : Toutes les plages présentent des estimations ponctuelles et des intervalles tales analysées. L’innovation dans les énergies propres est définie par le
de confiance de 90 %. La plage 1 présente l’effet d’un resserrement d’une unité de nombre de demandes de brevets portant sur des technologies d’atténua-
l’indice de la politique environnementale sur l’innovation dans les différents types
d’électricité et dans l’électricité totale. La plage 2 présente l’effet d’un tion des changements climatiques appliquées à la production, la trans-
resserrement d’une unité de l’indice de la politique environnementale sur la part mission ou la distribution d’énergie, telles que classifiées par Haščič et
dans l’électricité des différents types d’énergie primaire et sur la production totale Migotto (2015).
d’électricité par habitant. La plage 3 présente l’effet sur l’emploi d’un resserrement 17L’analyse porte sur environ 30 pays avancés et pays émergents sur
d’un écart-type des politiques. Les six barres sur la gauche présentent l’impact du la période 1990–2015. Les spécifications ne sont pas totalement uni-
resserrement des politiques fondées sur le marché sur l’emploi dans les formes, mais elles neutralisent généralement les dynamiques mondiales
entreprises de secteurs donnés. Les six barres sur la droite présentent l’impact des
et les facteurs pays constants (avec des effets fixes pays et année), les va-
politiques de resserrement agrégées, fondées sur le marché et hors marché,
respectivement, sur l’emploi dans les entreprises à forte (faible) intensité riations des prix de l’énergie, les réserves de pétrole et de gaz, et les mo-
d’émissions de CO2 (sur la base d’un échantillon d’entreprises plus restreint qui difications réglementaires. Toutes les annexes sont disponibles à l’adresse
déclarent leurs émissions de CO2). RPE = rigueur de la politique environnementale. [Link]/en/Publications/WEO.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 95


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

• Trente pour cent de l’augmentation des innovations l’expansion de l’innovation accuse un coup d’arrêt de-
dans les énergies propres à l’échelle mondiale, ce qui puis. Ce ralentissement a coïncidé avec un assouplisse-
équivaut à l’effet d’une hausse permanente des prix du ment réglementaire, ainsi qu’avec l’essor du pétrole et
pétrole de 66 dollars par baril. Les prix plus élevés du du gaz de schiste aux États-Unis, qui a fait plafonner la
pétrole expliquent le reste de l’augmentation jusqu’en hausse des prix du pétrole20. Popp et al. (2020) signalent
2010, mais ce schéma s’est inversé à partir de 2010. également le rôle possible d’une bulle spéculative créée
Dans le secteur électrique, les politiques environne- en amont par les technologies et par la baisse des ren-
mentales ont fait augmenter la part de l’innovation dements générés par les innovations propres. Bien que
dans les technologies d’électricité propres et « grises » l’effet estimé de l’augmentation des prix du carbone soit
(qui réduisent l’empreinte environnementale des tech- loin d’être statistiquement significatif (en raison pro-
nologies polluantes) au détriment des technologies bablement de l’adoption limitée de cet instrument et
polluantes18. Les politiques environnementales ont d’une puissance statistique modeste), l’impact notable
dans l’ensemble contribué à l’essor de l’innovation des prix du pétrole sur les innovations dans les énergies
dans l’électricité (graphique 3.3, plage 1). propres indique que les mesures faisant augmenter le
• Cinquante-cinq pour cent de l’augmentation de la coût des énergies polluantes peuvent fortement stimuler
part des énergies renouvelables dans la production ces innovations.
d’électricité. Le resserrement des politiques environ- • Les tarifs de rachat et les programmes d’échange (qui
nementales a été associé à une baisse de la part du englobent les certificats verts permettant de respecter
charbon et à un effet ambigu sur la part du gaz na- les normes de portefeuilles pour les énergies renou-
turel, souvent complémentaire à l’énergie renouvelable velables et les programmes d’échange portant sur les
(graphique 3.3, plage 2). La nature intermittente des émissions de carbone) semblent exercer un réel impact
énergies renouvelables nécessite des dispositifs de se- positif sur l’investissement dans la production d’élec-
cours, comme des batteries ou des générateurs capables tricité d’origine renouvelable21. Les programmes de
de fournir rapidement de l’électricité au réseau. Cette certificats verts sont progressivement abandonnés dans
électricité peut être fournie par des centrales hydro- plusieurs pays, tandis que les taxes sur le carbone et
électriques ou thermiques au gaz naturel. Dans l’en- les programmes d’échange d’émissions de carbone de-
semble, les politiques environnementales ne semblent vraient prendre de plus en plus d’importance. Alors
pas être associées à un effet négatif notable sur la pro- que la part des énergies renouvelables dans la produc-
duction totale d’électricité. tion d’électricité augmente, il devient de plus en plus
nécessaire de traiter les problèmes d’intermittence,
Différents instruments politiques s’avèrent efficaces ce qui nécessitera probablement des investissements
pour stimuler l’innovation et l’investissement dans les publics considérables dans les réseaux et l’innovation
énergies renouvelables. (p. ex. technologies de stockage).
• Les instruments de marché et hors marché, en particu-
lier les subventions à la recherche et au développement, Enfin, l’analyse étudie l’impact de politiques environne-
les programmes d’échanges, les limites d’émissions et les mentales plus contraignantes sur l’emploi dans les secteurs
tarifs de rachat, ont joué un rôle dans l’encouragement à fortes émissions et à faibles émissions de carbone (voir
des innovations dans les énergies propres. Les prix du l’annexe en ligne 3.3). L’une des inquiétudes liées aux po-
pétrole se sont également révélés être des déterminants litiques de décarbonation réside dans le fait qu’elles entraî-
de poids de l’innovation dans les énergies propres19. Le neront des pertes d’emploi dans des activités à fortes émis-
durcissement des politiques environnementales et la sions, telles que l’extraction de carbone, la production de
hausse des prix du pétrole ont contribué à stimuler l’in- pétrole et de gaz de schiste, les industries manufacturières
novation dans les énergies propres jusqu’en 2010, mais
20Acemoglu et al. (2019) étudient dans quelle mesure la révolution
18Lestechnologies grises sont par exemple celles qui permettent du gaz de schiste a freiné l’innovation dans les énergies propres.
d’utiliser la chaleur générée par l’incinération de combustibles ou de 21Avec les tarifs de rachat, les producteurs d’électricité renouvelable se

déchets, ou de combustibles issus de sources non fossiles. Pour plus voient offrir des contrats à long terme qui garantissent un prix fixe pour
de détails concernant la classification, voir Dechezleprêtre, Martin et chaque unité d’électricité fournie au réseau. Les certificats verts sont un
Mohnen (2017). moyen de mettre en œuvre des normes de portefeuilles renouvelables
19L’estimation de l’effet des prix du pétrole s’appuie sur une régression imposées par les États, mesurées sous forme de pourcentage d’électricité
séparée, avec des neutralisations identiques, mais sans les effets fixes années. que les fournisseurs doivent tirer de sources renouvelables.

96 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

à forte intensité de carbone et le transport22. Cependant, indiquent que les politiques environnementales sont par-
l’effet net de ces politiques sur l’emploi dépend également venues à réaffecter les emplois depuis les secteurs à fortes
du nombre d’emplois créés dans les activités à faibles émis- émissions vers ceux à faibles émissions. Cependant, la tran-
sions dans le secteur de l’énergie (comme la production sition vers de nouveaux emplois peut impliquer des coûts
d’électricité grâce à l’énergie solaire ou éolienne) et, plus pour les travailleurs affectés et il conviendra d’étudier les
largement, dans l’économie. La production d’énergie re- conséquences en matière de distribution des effets des po-
nouvelable nécessite davantage de main-d’œuvre que la litiques environnementales sur le marché du travail (voir la
production d’électricité à base de combustibles fossiles section « Agir en faveur de l’inclusion »).
(voir ci-après)23. Mais la substitution peut ne pas être in-
tégrale (car les mesures d’atténuation réduisent les émis-
sions en partie au moyen d’une baisse de la demande Comment atteindre l’objectif de neutralité
d’énergie et de l’intensité énergétique) et l’effet net peut carbone d’ici à 2050
être non significatif, voire négatif. Les données des entre- Cette partie du chapitre étudie les combinaisons de
prises montrent que les pertes d’emplois dans les secteurs politiques d’atténuation nécessaires pour porter les émis-
à fortes émissions (p. ex. industrie manufacturière à fortes sions nettes de carbone à zéro d’ici à 2050 ainsi que leurs
émissions et transports) à la suite du renforcement des me- répercussions potentielles sur les indicateurs macroéco-
sures environnementales peuvent être compensées par des nomiques. Il convient de réaliser une analyse de modèle
créations d’emplois dans certains secteurs à faibles émis- d’équilibre général pour simuler les effets de politiques
sions (p. ex. industrie manufacturière à faibles émissions d’atténuation, car celles-ci affectent l’économie par dif-
et services)24. L’effet net sur les chiffres consolidés de l’em- férents canaux, et entraînent des effets à la fois posi-
ploi est généralement faible et indéterminé, en fonction tifs et négatifs sur la production, car certains secteurs se
de l’ampleur de la substitution entre les activités à fortes et contractent et d’autres se développent. Leurs effets nets
faibles émissions (graphique 3.3, plage 3)25. En général, les ne peuvent pas être prédits avec certitude et dépendent
mesures « hors marché » semblent générer un effet net sur de la puissance relative des différents canaux.
l’emploi plus important et négatif, alors que les mesures
de marché, telles que les tarifs de rachat et les programmes
d’échange, exercent un effet net plus modéré et positif. Mécanismes
L’impact sur l’emploi dans le secteur des combustibles fos- Globalement, les politiques d’atténuation influent sur
siles n’est pas significatif et s’explique par les effets inverses les émissions de carbone et les indicateurs macroécono-
des mesures basées sur les taxes (négatif) et des mesures ba- miques au moyen de la différence entre les prix des com-
sées sur les échanges (positif). Dans l’ensemble, les chiffres bustibles fossiles et de l’énergie propre, et le prix global
de l’énergie.
22Les travaux font apparaître que le durcissement des politiques d’atté-
nuation des changements climatiques, telles que la taxation du carbone, Prix relatif des énergies fossiles
a entraîné des pertes d’emploi chez les travailleurs faiblement qualifiés et et de celles à faible intensité de carbone
dans les secteurs à fortes émissions, bien que les répercussions sur l’emploi
global soient moins nettes. Voir Kahn (1997) et Yamazaki (2017) pour les Les politiques de tarification du carbone et en faveur
effets sur l’emploi dans différents secteurs ; Yip (2018) et Marin et Vona des énergies vertes font toutes deux augmenter le prix de
(2019) pour les effets en fonction des qualifications ; Metcalf et Stock l’énergie fossile par rapport à l’énergie à faible intensité
(2020) pour les effets consolidés sur l’emploi. Yamazaki (2017) montre
notamment qu’une taxe sur le carbone neutre en termes de recettes peut de carbone en faisant augmenter le prix du carbone et/ou
exercer un petit effet positif et significatif sur l’emploi. baisser celui des énergies renouvelables et d’autres énergies
23La production et l’installation d’énergies renouvelables tendent à
à faibles émissions. L’augmentation du prix de l’énergie
nécessiter une main-d’œuvre plus abondante que les technologies du
secteur des combustibles fossiles, car les investissements dans les capa- fossile par rapport à l’énergie propre fait augmenter la de-
cités s’y font en général progressivement, par petites tranches. mande d’énergie renouvelable et, plus généralement, des
24Les secteurs à fortes émissions englobent l’industrie chimique, l’in-
activités à faible intensité de carbone. Cela entraîne donc
dustrie métallurgique et minière, l’industrie des papiers et des embal-
lages, ainsi que l’agroalimentaire.
une réorientation de l’investissement, de l’innovation
25Un resserrement des mesures augmenterait les coûts pour les en- et de l’emploi dans cette direction. L’effet net sur l’acti-
treprises à fortes émissions et, en fonction de l’élasticité de la demande, vité économique dépendra de la vitesse relative à laquelle
réduirait la production (et l’emploi). Inversement, la demande de main-
les secteurs à forte intensité de carbone se contractent et
d’œuvre pourrait augmenter dans des secteurs ou des entreprises où
l’énergie peut être remplacée par de la main-d’œuvre, les services par ceux à faible intensité de carbone peuvent se développer
exemple (voir Yamazaki, 2017). (les coûts d’ajustement du capital peuvent entraver une

Fonds monétaire international | Octobre 2020 97


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

intensification rapide). L’effet net sur l’investissement et les populations pauvres et d’améliorer l’acceptabilité de ces
l’emploi dépend également de l’intensité de capital et de mesures sur le plan politique (édition d’octobre 2019 du
main-d’œuvre des secteurs. Les secteurs à fortes émissions Moniteur des finances publiques). En revanche, les me-
de carbone (tels que la production d’énergies fossiles et sures favorisant la fourniture d’énergie verte font diminuer
l’industrie lourde) nécessitent généralement une forte in- le prix global de l’énergie et pourraient stimuler le PIB, en
tensité de capital, tandis que les secteurs à faibles émis- fonction du levier choisi pour les financer (taxes ou em-
sions (tels que les énergies renouvelables et de nombreux prunts). Cependant, les mesures en faveur de l’énergie
services) nécessitent davantage de main-d’œuvre. Toutes verte n’encouragent pas l’efficacité énergétique et peuvent
choses étant égales par ailleurs, l’effet net de la réorienta- donc s’accompagner d’une plus grande consommation
tion de l’activité depuis les secteurs à fortes émissions de d’énergie, y compris celle faisant appel à des sources à forte
carbone vers ceux à faibles émissions pourrait donc se ré- intensité de carbone (compte tenu de la nature intermit-
véler plus positif (ou moins négatif) pour l’emploi que tente de l’énergie renouvelable). Ces différences expliquent
pour l’investissement. Enfin, le creusement des écarts de à la fois la plus grande efficacité des taxes sur le carbone
prix entre les énergies fossiles et les énergies propres peut dans la réduction des émissions et leur coût plus élevé en
entraîner des effets de richesse et des délaissements d’ac- termes de production27. Combinées, les mesures en faveur
tifs. Les activités à forte intensité de carbone occupent de l’énergie verte et la tarification du carbone peuvent,
une grande place dans les portefeuilles financiers des pays en principe, déclencher des réductions d’émissions cohé-
avancés et la valeur nette des exportateurs de pétrole. Dans rentes avec une atténuation réelle des changements clima-
un scénario de décarbonation agressive, l’obsolescence pré- tiques, sans contraction majeure de la production et de la
coce du capital à forte intensité de carbone entraînerait des consommation pendant la phase de transition.
pertes de richesse et freinerait la demande agrégée dans cer- En complément des signaux de prix qu’elles peuvent
tains pays. Le chapitre 5 du Rapport sur la stabilité finan- envoyer au moyen de la tarification du carbone et des me-
cière dans le monde d’octobre 2020 étudie les implications sures en faveur de l’énergie verte, les autorités peuvent
financières que pourraient provoquer des défaillances des aussi stimuler les technologies vertes de façon directe en
entreprises à forte intensité de carbone suite à une hausse encourageant la recherche. L’innovation est portée par
des prix du carbone. Dans le même temps, les pays présen- la taille du marché. Par conséquent, une hausse des prix
tant un avantage comparatif dans les technologies d’éner- du carbone (qui entraîne une expansion des marchés fa-
gies renouvelables et à faibles émissions pourraient enregis- vorables aux activités à faible intensité de carbone et une
trer des effets de richesse positifs. contraction de ceux privilégiant les activités à forte inten-
sité de carbone) encouragerait un changement de cap vers
Prix global de l’énergie une recherche et un développement plus verts, ce qui fe-
La tarification du carbone et les mesures favorisant rait baisser les prix des technologies vertes et amplifierait
la fourniture d’énergie verte affectent le prix global de la décarbonation. De plus, et c’est important, la présence
l’énergie de façon différente. Une taxe sur le carbone peut de ce mécanisme amplificateur impliquerait qu’une ré-
faire augmenter le prix global de l’énergie et porter pré- duction donnée d’émissions nécessiterait des prix du car-
judice à l’activité économique, mais elle encourage éga- bone moins élevés. Le recours aux subventions à la re-
lement l’efficacité énergétique et décourage la consom- cherche et au développement dans les technologies vertes
mation d’énergie. Cela dit, les recettes générées par la couplé à des taxes sur le carbone se justifie sur le plan éco-
tarification du carbone pourraient être utilisées pour com- nomique en ce sens qu’il remédie à de nombreux dysfonc-
penser ces coûts. Cela peut se traduire par une incitation tionnements des marchés (voir, par exemple, Acemoglu
directe de la fourniture d’énergies propres ou le finance- et al., 2012, 2016 ; Stiglitz et al., 2014). Il peut s’agir de
ment d’infrastructures publiques vertes qui contribuent à fuites de connaissances issues de l’innovation qui ne sont
réduire l’intensité énergétique de l’activité économique ou pas prises en compte par les sociétés privées ; de la dépen-
améliorent l’efficacité de l’énergie renouvelable26. Les re- dance au sentier de la recherche, qui confère un avantage
cettes peuvent également être utilisées pour effectuer des aux technologies établies et crée des barrières à l’entrée
transferts en faveur des ménages afin d’éviter de pénaliser (par les économies d’échelle, les coûts non récupérables
et les effets de réseau) ; et de la difficulté à accéder aux
26Une autre possibilité de recyclage des recettes issues des taxes sur le

carbone consiste à réduire les taxes à l’origine de distorsions sur la main- 27Les taxes sur le carbone constituent également un moyen très effi-

d’œuvre et le capital (voir, par exemple, Goulder, 1995 ; Goulder et cace de réduire les émissions, car elles appliquent automatiquement les
Parry, 2008). pénalités les plus fortes aux combustibles les plus polluants.

98 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

financements en raison de niveau élevé d’incertitude/de 3) des transferts compensatoires en faveur des ménages.
risque, du long délai de rentabilité de l’innovation et du Plus précisément, voici les mesures concernées :
manque de connaissances et d’information chez les inves- • Politiques en faveur de l’énergie verte : Elles consistent en
tisseurs. Comme les autres mesures en faveur de l’énergie un taux de subvention de 80 % sur la production d’éner-
propre, les subventions à la recherche et au développement gies renouvelables et en un programme d’investissement
dans les technologies vertes feraient baisser le prix global sur 10 ans dans les énergies vertes (commençant à 1 %
de l’énergie. Par voie de conséquence, elles stimuleraient la du PIB et déclinant de façon linéaire jusqu’à atteindre
production, mais contrebalanceraient en partie la réduc- zéro au bout de 10 ans ; par la suite, d’autres investisse-
tion des émissions en faisant augmenter la consommation ments publics maintiennent le stock de capital vert créé).
d’énergie. L’histoire a montré que la recherche publique a L’investissement public est supposé intervenir dans les
joué un rôle clé dans le développement de grandes avan- secteurs des énergies renouvelables et d’autres énergies
cées technologiques (p. ex. premiers pas de l’homme sur la à faible intensité de carbone, dans l’infrastructure des
Lune et prototype d’Internet). Une implication plus active transports et dans les services — cela afin d’exploiter la
des États, y compris au moyen de la coopération interna- meilleure efficacité énergétique des bâtiments (pour plus
tionale, pourrait se révéler nécessaire pour favoriser le dé- de détails, voir l’annexe en ligne 3.4)28.
veloppement de technologies en mesure d’accompagner la • Tarification du carbone : Les prix du carbone sont cali-
transition vers une économie sobre en carbone. brés pour atteindre la réduction de 80 % des émissions
d’ici à 2050, après avoir tenu compte des réductions
générées par la stimulation budgétaire en faveur des
Un programme d’action complet pour l’atténuation énergies vertes. Le taux de croissance annuelle des prix
des changements climatiques du carbone est fixé à un niveau élevé (7 %) afin de re-
L’objectif de porter les émissions nettes de carbone à produire des prix initiaux du carbone peu élevés et une
zéro d’ici à 2050 dans chaque pays peut être atteint en ap- augmentation échelonnée29. Les prix initiaux du car-
pliquant un programme d’action complet qui soit favo- bone sont d’abord fixés entre 6 et 20 dollars par tonne
rable à la croissance (en particulier à court terme) et pré- de CO2 (en fonction du pays), atteignent une four-
voie des transferts compensatoires en faveur des ménages chette comprise entre 10 et 40 dollars par tonne de
afin de veiller à l’inclusion. L’objectif pour 2050 se maté- CO2 en 2030, et se situent entre 40 et 150 dollars par
rialise par une réduction de 80 % des émissions brutes, en tonne de CO2 en 205030, 31.
partant du principe que l’expansion des puits naturels à
émissions (tels que les forêts) et le déploiement de techno- 28Un rapport de l’AIE (2020a) présente les possibilités d’investisse-

logies à émissions négatives (p. ex. captage et séquestration ments verts dans les secteurs de l’énergie et des transports et dans l’ef-
ficacité énergétique (p. ex. rénovation des bâtiments). Voir également
du carbone) aideront à absorber le restant des émissions McCollum et al. (2018) pour une estimation des investissements dans
de carbone (GIEC, 2018a, b). Pour que des réductions le secteur de l’énergie nécessaires pour respecter les engagements de
d’émissions aussi drastiques soient appliquées au niveau l’Accord de Paris et atteindre les objectifs de développement durable
(ODD) des Nations Unies.
mondial, chaque pays/région doit réduire ses propres émis- 29Gollier (2018a, b) conclut que, contrairement à la règle de
sions de 80 %, sachant qu’il y a peu de marge pour une Hotelling (selon laquelle la meilleure efficacité est atteinte lorsque la
éventuelle différenciation des actions d’atténuation entre taxe sur le carbone augmente à un taux équivalent aux taux d’intérêt),
les pays. Cependant, une exception est consentie pour le la plupart des scénarios du Groupe d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat (GIEC) supposent un taux de croissance de la
groupe de pays exportateurs de pétrole et d’autres pays sé- taxe sur le carbone supérieur au taux d’intérêt, afin de tenir compte des
lectionnés, dont les émissions sont censées se maintenir à contraintes politiques liées au niveau initial des taxes sur le carbone.
30La fourchette d’estimations des prix du carbone nécessaires pour
leurs niveaux actuels, car l’activité économique se contracte
atteindre un certain niveau de réduction d’émissions est large (voir, par
fortement en raison de la chute de la demande mondiale exemple, GIEC, 2014, graphique 6.21.a ; Stiglitz et al., 2014). Les ni-
de pétrole. Conçu en fonction d’objectifs de politique veaux relativement bas des prix du carbone dans les simulations de ce
macroéconomique et de considérations liées à la faisabilité, chapitre tiennent à plusieurs raisons : 1) la combinaison des prix du car-
bone avec d’autres instruments (investissement dans les infrastructures
le programme d’action comprend : 1) une impulsion bud-
vertes et subventions vertes), qui est à l’origine d’une partie de la réduc-
gétaire verte qui stimule la demande et l’offre dans l’éco- tion des émissions ; 2) le niveau élevé du taux de croissance supposé des
nomie, accompagnant ainsi la relance après la crise de la prix du carbone, qui reporte leur augmentation ; et 3) et le fait que le
COVID-19, et contribue à abaisser le niveau des prix du modèle « G-Cubed » (G3) intègre une plus grande substituabilité entre
les énergies à forte et faible intensité de carbone (sur la base des données
carbone nécessaire pour atteindre l’objectif d’émissions ; économétriques) que les modèles basés sur l’ingénierie.
2) une augmentation échelonnée des prix du carbone ; et 31Le prix réel du carbone continue d’augmenter jusqu’en 2080.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 99


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

• Transferts compensatoires : Les ménages perçoivent un Graphique 3.4. Simulations du modèle « G-Cubed »,
dédommagement équivalent à un quart des recettes scénario de référence
fiscales sur le carbone, ce qui devrait préserver le pou- À politiques inchangées, les émissions mondiales de carbone continueraient
d’augmenter du fait de la croissance économique et démographique.
voir d’achat des ménages modestes au moyen de trans- Des réductions continues de l’intensité énergétique ne suffiraient
ferts monétaires ciblés (voir la section « Agir en faveur pas à contrebalancer ces forces.
de l’inclusion »). 1. Émissions de CO2 dans le scénario de référence à politiques inchangées
80 (Gigatonnes de CO2)
• Mesures macroéconomiques de soutien : Le programme
70
d’action présenté ci-avant implique un assouplisse- CHN Europe de l’Ouest IND JPN
60 PEP Échantillon de PEP RUS USA
ment budgétaire. Celui-ci nécessite un financement RdM + autres pays
50
par recours à l’endettement au cours de la première
40
décennie et intervient alors que les taux d’intérêt sont
30
partis pour se maintenir à un bas niveau pendant long-
20
temps, du fait du contexte actuel de faible inflation.
10
0
2020 25 30 35 40 45 50 52
Simulations de modèles
Les mesures sont simulées en utilisant le modèle 60 2. Décomposition de la variation des émissions mondiales de CO2
macroéconomique mondial « G-Cubed » (McKibbin et (Variation en pourcentage)
50
Intensité énergétique Intensité de carbone Population
Wilcoxen, 1999, 2013 ; Liu et al., 2020 ; voir l’annexe en 40 PIB réel par habitant Émissions de CO2
ligne 3.4). Le modèle englobe dix pays/régions, des sec- 30
teurs énergétiques détaillés, des facteurs prospectifs, des 20
rigidités réelles et nominales, et des politiques budgétaires 10
et monétaires. Il se prête à l’étude de l’effet des politiques 0
d’atténuation sur les émissions de carbone liées à la com- –10
bustion de combustibles fossiles et sur les dynamiques
–20
macroéconomiques à court, moyen et long terme. Les 2020–30 30–40 40–50
dynamiques des températures à long terme et les estima- 3. Croissance du PIB réel dans le scénario de référence
tions des dommages liés aux changements climatiques 8 (Variation en pourcentage)
CHN Europe de l’Ouest IND JPN
qui ont pu être évités sont simulées en utilisant le modèle
PEP Échantillon de PEP RUS USA
d’évaluation intégré de Hassler et al. (2020) et différentes 6 RdM + autres pays Monde
fonctions des dommages causés par les changements cli-
matiques. Les simulations présentées dans le chapitre 4
visent à illustrer les principaux mécanismes à l’œuvre
et fournissent un ordre d’idées s’agissant des volumes. 2
L’ampleur exacte de ces projections à long terme est natu-
rellement sujette à une forte incertitude. 0
2020 25 30 35 40 45 50 52
En l’absence de nouvelles politiques d’atténuation des
changements climatiques, les émissions mondiales de car-
Source : estimations des services du FMI.
bone devraient continuer d’augmenter à un rythme an- Note : Les simulations du scénario de référence sont réalisées en utilisant le
nuel moyen de 1,7 % pour atteindre 57,5 gigatonnes modèle macroéconomique mondial « G-Cubed » de McKibbin et Wilcoxen (1999,
2013) et de Liu et al. (2020). Voir l’annexe en ligne 3.4 pour une description des
d’ici à 2050 (graphique 3.4)32. Les progrès en matière hypothèses de référence. Europe de l’Ouest = Union européenne, Norvège,
Royaume-Uni, Suisse ; PEP = pays exportateurs de pétrole (Australie, Canada,
32Black et Parry (2020) concluent que la crise économique actuelle
Islande, Liechtenstein et Nouvelle-Zélande) ; RdM = reste du monde. Les codes
pays sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
ne modifie pas fondamentalement les réductions d’émissions nécessaires
pour atteindre les objectifs de stabilisation des températures. Cependant,
la crise de la COVID-19 pourrait, à long terme, entraîner des change-
ments comportementaux susceptibles de faire augmenter ou diminuer les d’efficacité énergétique et la pénétration des énergies
émissions : baisse de l’utilisation des transports publics et usage accru des renouvelables (tenant à la poursuite des mesures ac-
véhicules individuels, ou plus forte utilisation des outils de communica- tuelles et à certaines augmentations autonomes, par
tion numérique, entraînant une réduction des déplacements quotidiens et
des voyages. Le scénario de référence table sur des augmentations de l’effi- exemple alimentées par les préférences des consomma-
cacité énergétique (légèrement) supérieures à la tendance. teurs) ne peuvent pas contrebalancer la puissance de la

100 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

croissance démographique et économique, qui fait aug- Graphique 3.5. Températures et émissions de CO2 mondiales
menter les émissions. Les pays avancés se sont tradition- Le programme d’action, combiné à un déploiement des technologies de captage
nellement taillé la part du lion en matière d’émissions, et de la séquestration du carbone, porte les émissions nettes de carbone à zéro
mais la Chine et l’Inde, pays émergents de grande taille d’ici au milieu du siècle et contribue à maintenir l’augmentation des températures
en dessous du seuil de 2 °C sur le long terme.
enregistrant une croissance rapide, sont de gros émet-
teurs et devraient continuer de représenter une part crois- 16 1. Température
(Degrés Celsius au-dessus de la moyenne préindustrielle)
sante des émissions de carbone. Leurs émissions par ha- 14
API, sensibilité climatique moyenne
bitant restent toutefois relativement faibles par rapport 12 Politiques d’atténuation, sensibilité climatique moyenne
à celles des pays avancés. On table sur un ralentissement 10 Politiques d’atténuation et CSC, sensibilité climatique moyenne
API, sensibilité climatique faible à élevée
progressif de la croissance mondiale, de 3,7 % en 2021 8 Politiques d’atténuation, sensibilité
à 2,1 % en 2050, qui tient à une perte de vitesse de la 6 climatique faible à élevée
croissance dans les pays émergents, à mesure qu’ils rat- 4
trapent les niveaux de revenus des pays avancés. Les pré- 2
visions de croissance économique au cours des 30 pro- 0
chaines années déterminent la croissance attendue des 2010 30 50 70 90 2110 30 50

émissions et, avec elle, l’ampleur des efforts nécessaires


80 2. Émissions mondiales annuelles de CO2
pour maintenir l’augmentation des températures dans 70 (En gigatonnes de CO2)
la fourchette 1,5–2 °C. Cependant, la plupart des scé- 60
narios existants (GIEC, 2014, 2018a) indiquent que, si 50 À politiques inchangées
les politiques ne changent pas, les émissions de carbone Politiques d’atténuation et CSC
40
Politiques d’atténuation
continueront d’augmenter fortement et les températures 30
dépasseront de loin les niveaux viables convenus dans 20
l’Accord de Paris, ce qui accentuera le risque de dom- 10
mages catastrophiques pour la planète. 0
Toutefois, comme le montrent les simulations, une –10
2010 30 50 70 90 2110 30 50
impulsion initiale en faveur des investissements verts
combinée à une augmentation progressive des prix du Source : estimations des services du FMI.
carbone engendrerait les réductions d’émissions néces- Note : Les calculs utilisent un modèle d’évaluation intégré avec un changement
technique exogène. La plage 1 représente la température mondiale moyenne dans
saires, avec des répercussions raisonnables en termes de trois scénarios : politiques inchangées, programme politique d’atténuation et
production. programme d’atténuation associé au captage et à la séquestration du carbone
(CSC). Les courbes pleines reposent sur une sensibilité climatique (l’augmentation
Avec le programme d’action, les émissions de car- à long terme des températures par un doublement à long terme du stock de
bone mondiales sont réduites à environ 75 % de leurs carbone dans l’atmosphère) de 3 ; les zones ombrées reposent sur une fourchette
niveaux actuels, pour atteindre environ 9 gigatonnes au de sensibilité climatique comprise entre 1,5 et 4,5 (voir Heal, 2017 ; Hassler,
Krusell et Olovsson, 2018). API = à politiques inchangées.
milieu du siècle (graphique 3.5). Cela porte les émissions
nettes à zéro aux alentours de 2050 et à des niveaux né-
gatifs par la suite, sous l’effet du déploiement des techno- net positif sur la croissance mondiale au cours des pre-
logies de captage et de séquestration du carbone. À long mières années, ce qui donne à penser qu’il peut soutenir
terme, l’augmentation des températures est contenue à la reprise après la crise de la COVID-19. Au bout de
2 °C après un léger dépassement initial. Le programme 15 ans, le PIB est inférieur d’environ 1 % à son niveau
d’action permet donc d’éviter la plupart des dommages de référence sans changement des politiques. Les coûts
graves imputables aux changements climatiques, en parti- estimés de la transition sur le PIB dans la simulation
culier le risque de conséquences catastrophiques, plaçant de ce chapitre s’inscrivent dans la fourchette des autres
l’économie mondiale sur une trajectoire de revenus plus études (1 à 6 % du PIB d’ici à 2050), même s’ils se si-
élevée et plus durable à partir de la deuxième moitié du tuent dans la partie basse des estimations. Cela s’explique
siècle (voir ci-après). par le soutien à l’activité généré par l’investissement dans
Une observation plus poussée des 30 prochaines an- les infrastructures vertes et par le fait que la substitua-
nées montre que les coûts de la transition sont modérés bilité entre les énergies à forte et faible intensité de car-
et que la stimulation budgétaire en faveur des énergies bone est plus grande dans le modèle G3 que dans les mo-
vertes et la tarification du carbone jouent des rôles clés dèles fondés sur l’ingénierie (voir le chapitre 6 de GIEC,
(graphique 3.6). Le programme d’action exerce un effet 2014). Il s’agit là de pertes de production modérées, dans

Fonds monétaire international | Octobre 2020 101


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 3.6. Simulations selon le modèle « G-Cubed » d’un programme d’action complet, résultats mondiaux
(Écart-type par rapport au scénario de référence, sauf indication contraire)
Une impulsion initiale en faveur des investissements verts, combinée à une augmentation progressive des prix du carbone, engendrerait les réductions d’émissions
nécessaires, avec des répercussions raisonnables en termes de production. Dans un premier temps, le programme stimulerait le PIB mondial en soutenant la reprise au
sortir de la crise de la COVID-19, mais il pèserait ensuite sur l’activité mondiale pendant une certaine période, durant laquelle l’effort d’investissement se tasse et les
prix du carbone continuent d’augmenter. Au cours de la seconde partie du siècle, la réduction des émissions placerait l’économie mondiale sur une trajectoire plus
robuste et plus durable.
1. Émissions mondiales de CO2 2. PIB mondial réel
60 (En gigatonnes de CO2) (Écart en pourcentage) 5
Dommages évités Total de la simulation Infrastructure 4
50 Subventions vertes Taxe sur le carbone Transferts 3
40 2
1) Scénario de référence 1
30 2) Écart + 1 de l’infrastructure 0
3) Écart + 2 des subventions
vertes –1
20 –2
4) Écart + 3 des transferts
10 5) Écart + 4 de la taxe sur le carbone –3
6) Écart + 5 des dommages évités –4
0 –5
2020 25 30 35 40 45 50 52 2020 25 30 35 40 45 50 52

4,0 3. PIB réel et croissance de l’emploi, moyennes annuelles par décennie 4. Ratio solde budgétaire global/PIB réel 1,0
(Variation en pourcentage) (Écart en points de pourcentage) 0,8
3,5 Total de la simulation
Scénario de référence (PIB réel) 0,6
3,0 Scénario de référence (emploi) 0,4
0,2
2,5 0,0
–0,2
2,0
Dommages évités Taxe sur le carbone –0,4
1,5 Subventions vertes Infrastructure –0,6
Total de la simulation Transferts –0,8
1,0 –1,0
2021–30 31–40 41–50 2021–30 31–40 41–50 2020 25 30 35 40 45 50 52

Gaz Pétrole et produits pétroliers Charbon Bâtiment Agriculture, exploitation forestière et autres activités d’extraction minière
Industrie manufacturière Transports Services Énergies renouvelables Autres activités sobres en carbone Effet net

3 5. Emploi mondial, par secteur 6. Investissement privé mondial, par secteur 20


(Contribution à l’écart de l’emploi total par rapport (Contribution à l’écart de l’investissement privé total
au scénario de référence, en pourcentage) par rapport au scénario de référence, en pourcentage) 16
2
12
1 8
4
0
0
–1 –4
–8
–2
–12
–3 –16
2020 25 30 35 40 45 50 52 2020 25 30 35 40 45 50 52

Source : estimations des services du FMI.


Note : Les simulations du scénario sont réalisées en utilisant le modèle macroéconomique mondial « G-Cubed » de McKibbin et Wilcoxen (1999, 2013) et de Liu
et al. (2020). Le programme d’action pour l’atténuation des changements climatiques est calibré pour réduire les émissions brutes de 80 % dans chaque pays/région
d’ici à 2050 et prévoit 1) des taxes sur le carbone qui augmentent progressivement, 2) une stimulation budgétaire en faveur des énergies vertes se traduisant par
des investissements dans les infrastructures vertes et une subvention pour la production d’énergies renouvelables, et 3) des transferts compensatoires en faveur
des ménages. Le graphique présente aussi les effets des dommages des changements climatiques évités grâce à la mise en œuvre du programme d’action. Voir
l’annexe en ligne 3.4 pour plus de détails sur la mise en œuvre de la simulation.

102 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

le contexte d’une croissance du PIB mondial qui devrait Graphique 3.7. Gains de production à moyen et à long terme
s’élever à 120 % en cumulé au cours des 30 prochaines grâce à l’atténuation des changements climatiques
(En pourcentage du PIB de référence)
années (graphique 3.6, plages 2 et 3). À partir de 2050,
les bienfaits de l’atténuation des changements clima-
L’atténuation des changements climatiques engendre des gains de production
tiques, sous forme de dommages évités, se font plus im- considérables au cours de la deuxième moitié du siècle.
portants, et le programme d’action stimule le PIB et la
croissance pour les entraîner bien au-dessus des niveaux 15
de référence (graphique 3.7).
Un examen plus approfondi des effets des différents
instruments utilisés dans le programme d’action permet 10 Nordhaus, 2010
de démontrer leurs rôles complémentaires : Burke, Hsiang et Miguel, 2015
• Réduction des émissions : La stimulation budgétaire des
énergies vertes contribue à réduire les émissions de
façon significative, mais son effet est bien moins fort 5
que celui de la tarification du carbone. Cette dernière
constitue un puissant levier pour générer rapidement
d’importantes réductions d’émissions, car il est prouvé 0
qu’elle améliore l’efficacité énergétique, tandis que les
mesures en faveur de l’énergie verte font baisser le prix
global de l’énergie et stimulent la consommation éner-
gétique (graphique 3.6, plage 1). –5
2050 2070 2100
• Coûts économiques : Là où la tarification du car-
bone fait baisser le PIB réel en augmentant le coût de Source : estimations des services du FMI.
l’énergie, la stimulation budgétaire en faveur des éner- Note : Le graphique présente la variabilité des gains de production générés par
l’atténuation des changements climatiques sous l’effet de l’incertitude de deux
gies vertes le fait augmenter, à la fois directement et sources : les coûts locaux de l’augmentation des températures selon Nordhaus
indirectement (graphique 3.6, plage 2). Tout d’abord, (2010) ou Burke, Hsiang et Miguel (2015) ; et la sensibilité climatique, mesurée en
tant qu’augmentation de la température à long terme sous l’effet d’un doublement
la stimulation budgétaire en faveur des énergies vertes de la concentration de CO2, avec une fourchette comprise entre 1,5 et 4,5 et un
alimente directement le PIB grâce à l’accroissement point médian de 3 (voir le corps du texte pour une discussion sur le sujet).
des dépenses d’investissement. Ensuite, elle réduit in-
directement les coûts de production de la transition
vers une économie sobre en carbone en diminuant les
futures émissions et le niveau des taxes sur le carbone mondiale (environ 0,7 % sur la période 2036–50, et
nécessaires pour atteindre les objectifs de réduction un peu plus de 1 % à partir de 2050) apparaît accep-
des émissions. Dans un premier temps, la stimulation table dans le contexte d’une augmentation cumulée du
des énergies vertes dynamise l’activité économique en PIB réel de 120 % estimée pour les 30 prochaines an-
faisant augmenter la demande agrégée. Puis les inves- nées. Après avoir été plus élevée dans les années 2020
tissements dans les infrastructures vertes favorisent la grâce à la stimulation budgétaire en faveur des énergies
productivité des secteurs à faible intensité de carbone, vertes, la croissance annuelle moyenne est plus faible
ce qui encourage les investissements privés dans ces dans les années 2030, mais de seulement un dixième
secteurs et fait augmenter la production potentielle de point de pourcentage, et dans les années 2040, de
de l’économie. Leurs effets sont suffisamment consé- moins d’un dixième de point de pourcentage (gra-
quents pour largement compenser le coût économique phique 3.6, plage 3). Au fil du temps, le fait d’éviter
de la taxe sur le carbone au cours des premières an- certains dommages causés par les changements clima-
nées. Le programme d’action fait donc augmenter la tiques (par exemple baisse de la productivité en raison
production d’environ 0,7 % du PIB global par an au des températures plus élevées et des catastrophes natu-
cours des 15 premières années (en moyenne sur cette relles plus fréquentes) bénéficie à l’économie, si bien
période). Au bout de 15 ans, le fardeau de la taxe sur le que la production serait supérieure à son niveau sans
carbone se fait plus lourd à porter, ce qui se traduit par changement des politiques. Les estimations des dom-
de légères pertes nettes de production. Le freinage net mages causés par les changements climatiques varient
imposé par le programme d’action sur la production en fonction de la réaction supposée des températures

Fonds monétaire international | Octobre 2020 103


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

au stock de carbone accumulé et des méthodologies Graphique 3.8. Multiplicateurs d’emploi


(Années d’emploi par gigawatt-heure ; chiffres actualisés sur le cycle
utilisées pour établir un lien entre les dommages éco-
de vie de la source d’énergie)
nomiques et les températures. Les études plus récentes
La production d’électricité à partir d’énergies renouvelables et l’investissement
(par exemple Burke, Hsiang et Miguel, 2015) tablent dans l’amélioration de l’efficacité énergétique nécessitent davantage de
sur des dommages beaucoup plus importants que ceux main-d’œuvre que la production d’électricité à partir de combustibles fossiles.
estimés jusque-là, qui correspondent davantage aux
1,6
risques considérables contre lesquels la communauté
scientifique met en garde33. Sur la base de ces estima-
1,4
tions, les gains de production nets obtenus grâce à l’at-
ténuation des changements climatiques augmentent 1,2 Efficacité énergétique
rapidement après 2050, atteignant 13 % du PIB mon- Combustibles fossiles
Faible intensité de carbone
dial en 2100 (graphique 3.7). Cependant, même ces 1,0 Énergies renouvelables
projections sous-estiment probablement les bienfaits
0,8
liés à l’atténuation des changements climatiques, car
elles ne prennent pas parfaitement en compte (ou n’in- 0,6
corporent pas) certains dommages causés par la hausse
des températures, tels que la fréquence plus élevée et 0,4
la plus grande gravité des catastrophes naturelles, l’élé-
vation du niveau des mers et le risque de changements 0,2
climatiques plus catastrophiques.
0,0
• Coûts budgétaires : Sur le front budgétaire, le pro-
Efficacité énergétique

Charbon

Gaz naturel
Hydroélectricité
(grande éch.)
Nucléaire

Hydroélectricité
(petite éch.)
Géothermie

Solaire (thermique)

Biomasse

Éolienne

Déchets ménagers

Stockage
Solaire (PV)
gramme d’action détériore dans un premier temps le
solde budgétaire et nécessite un financement par re-
cours à l’endettement, car les recettes issues du car-
bone sont inférieures aux dépenses initiales consacrées
aux infrastructures, aux subventions et aux transferts
compensatoires en faveur des ménages. Dans un deu- Sources : Wei, Patadia et Kammen (2010) ; calculs des services du FMI.
Note : Chaque barre représente le nombre total d’années d’emploi générées par
xième temps, les recettes de la taxe sur le carbone sont gigawatt-heure de capacité. Cette statistique englobe les emplois directs et
largement suffisantes pour financer les infrastructures indirects, et exclut les emplois induits (par la variation de prix relatifs, par exemple),
vertes complémentaires et les transferts en faveur des sauf dans le cas de l’efficacité énergétique. Les emplois créés, que ce soit durant la
phase initiale de création des actifs ou durant l’exploitation et l’entretien des
ménages pauvres (graphique 3.6, plage 4). nouvelles capacités de production, sont chiffrés en moyenne (actualisés) sur le
cycle de vie habituel d’une source d’énergie. PV = photovoltaïque.
Les effets du programme d’action d’atténuation des
changements climatiques sur l’emploi global sont compa-
rables à ceux sur la production (graphique 3.6, plage 5). jusqu’à ce que l’économie atteigne une trajectoire de pro-
On constate dans un premier temps une stimulation duction et de croissance plus élevée. Malgré ce déclin par
de l’emploi. En moyenne, l’emploi global augmenterait rapport au niveau de référence, la croissance de l’emploi
d’abord de 12 millions de personnes par an entre 2021 reste robuste tout au long de la période (graphique 3.6,
et 2027, avant de baisser légèrement par rapport à la tra- plage 3). Les secteurs à faible intensité carbonique en ex-
jectoire de référence de l’emploi pendant la transition, pansion, tels que les énergies renouvelables, la modernisa-
tion des bâtiments, la production de voitures électriques
33La grande différence entre les mesures tient à l’incertitude qui en-
et le secteur des services, nécessitent généralement da-
toure deux aspects liés aux coûts des changements climatiques : en pre-
mier lieu, la question de savoir si la hausse des températures affecte le vantage de main-d’œuvre que les secteurs à fortes émis-
niveau de la production (voir Nordhaus, 2010) ou son taux de crois- sions qui subissent une contraction (p. ex. énergies fos-
sance (voir Dell, Jones et Olken, 2012 ; Burke, Hsiang et Miguel, siles, transport, industrie lourde), que ce soit à court ou à
2015) ; en second lieu, celle de savoir si les relations constatées dans les
données rétrospectives entre la température et la production sont va- long terme. Ils peuvent donc créer de nombreux emplois
lables pour l’avenir (en particulier lorsqu’elles ne sont pas linéaires). Sur (graphique 3.8). Le scénario impliquant le programme
des horizons prévisionnels plus longs, des positionnements différents d’action entraîne cependant une importante réaffectation
sur ces deux aspects peuvent entraîner de très grandes différences s’agis-
sant des coûts des changements climatiques et des gains engendrés par
d’environ 2 % des emplois des secteurs à fortes émissions
leur atténuation. vers ceux à faibles émissions. Cela pourrait impliquer des

104 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

transitions difficiles pour certains travailleurs et nécessiter longtemps pour nombre de gros émetteurs, ce qui signifie
des recyclages ou un soutien public (voir ci-après). qu’une politique d’investissement agressive serait abor-
S’agissant de l’investissement privé, le programme dable et souhaitable. À mesure que la reprise s’installera,
d’action entraîne une contraction marquée à l’échelle il sera essentiel de procéder à de nouvelles augmentations
mondiale, car la taxe sur le carbone exerce un effet de des taxes sur le carbone afin de générer les importantes
choc négatif sur la richesse et réduit le stock de capital dé- réductions d’émissions nécessaires. Ces augmentations
siré à long terme (graphique 3.6, plage 6). Les secteurs à n’entraîneraient que des coûts modérés pour la crois-
faible intensité carbonique en expansion (énergies renou- sance. Sur le plus long terme, l’économie épouserait une
velables, services) présentent également une intensité de trajectoire de croissance et de production supérieure, car
capital inférieure à celle des secteurs en contraction (éner- des dommages considérables causés par les changements
gies fossiles, industrie manufacturière), ce qui contribue climatiques seraient évités.
aussi à réduire la demande d’investissement en capital.
Enfin, le secteur des énergies renouvelables est plus res-
treint que celui des combustibles fossiles et son expansion Disparités entre pays
nécessite du temps en raison des coûts liés à l’ajustement Bien que les coûts sur la production liés au pro-
du capital de production, bien que les investissements gramme d’action pendant la transition soient relative-
et subventions pour les infrastructures vertes favorisent ment modérés dans l’ensemble, ils varient sensiblement
l’investissement privé dans les énergies renouvelables et d’un pays à l’autre (graphique 3.9, plage 1).
d’autres secteurs énergétiques à faibles émissions34. On Certains pays avancés pourraient afficher des coûts
constate certaines variations en fonction des pays et des économiques moindres, voire des gains, tout au long de
régions : les baisses de l’investissement privé sont particu- la transition, comme c’est le cas de l’Europe. Plus un pays
lièrement marquées dans les pays où les secteurs liés aux s’appuie sur les énergies renouvelables, plus son stock de
combustibles fossiles sont plus développés, tandis que le capital initial est élevé. Il pourra donc plus facilement
programme d’action déclenche des réactions plus posi- en accroître l’utilisation en évitant des coûts d’ajuste-
tives de l’investissement privé lorsque les secteurs à faibles ment importants35. L’Europe partant avec un secteur des
émissions sont déjà importants et le coût de renforce- énergies renouvelables de grande taille, ses coûts d’ajus-
ment du capital physique est relativement bas (en Europe tement par unité d’investissement complémentaire sont
et au Japon, par exemple ; voir ci-après). Dans le contexte bien moins élevés que ceux d’autres pays36. En revanche,
actuel, marqué par un investissement privé en berne et le capital des États-Unis et de la Chine dans le secteur
des taux d’intérêt très bas, les politiques de soutien vertes des combustibles fossiles est très important par rapport à
pourraient également exercer un effet sur l’investissement celui de leur secteur non fossile, si bien que les réductions
privé à court terme plus positif que celui modélisé ici. d’investissements dans ce secteur viennent contrebalancer
Pour résumer, la combinaison de la tarification du les investissements dans les énergies renouvelables, qui
carbone et de l’impulsion initiale en faveur des éner- nécessitent des coûts d’ajustement plus importants pour
gies vertes contribuerait à court terme à la reprise au voir leur utilisation accrue.
sortir de la crise de la COVID-19 tout en plaçant l’éco- Les pays connaissant une croissance économique et dé-
nomie mondiale sur une trajectoire de croissance du- mographique rapide (l’Inde en particulier, et la Chine,
rable, moyennant des coûts modérés sur la croissance dans une moindre mesure) et la plupart des pays produc-
pendant la transition. Le soutien budgétaire aux énergies teurs de pétrole doivent prévoir des coûts économiques
vertes aiderait à stimuler la croissance et l’emploi au cours supérieurs du fait de l’abandon des formes d’énergie bon
des premières années, lorsque l’économie est en réces-
sion, malgré l’introduction de la taxe sur le carbone. Du 35Cela tient au fait que les coûts d’ajustement sont quadratiques dans

point de vue des indicateurs macroéconomiques et des le taux d’investissement.


36Une étude du FMI (2020a) évalue les scénarios d’atténuation des
finances publiques, la prochaine décennie est le meilleur changements climatiques pour l’Union européenne en utilisant le mo-
moment pour les États d’investir et d’emprunter, car les dèle d’équilibre général calculable « Envisage ». Il en ressort que les ob-
taux d’intérêt vont vraisemblablement rester bas pendant jectifs d’atténuation des changements climatiques de l’Europe exigent
d’augmenter les prix du carbone et qu’une subvention en faveur de la
production d’énergies renouvelables permettrait d’abaisser le prix du
34Dans le modèle « G-Cubed », les investisseurs sont prospectifs et la carbone nécessaire à l’atteinte de ces objectifs. La lutte contre les chan-
substituabilité est élevée par rapport aux autres modèles (McKibbin et gements climatiques figure parmi les objectifs explicites du nouveau
Wilcoxen, 1999, 2013 ; Liu et al., 2020). fonds de relance de l’Union européenne.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 105


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 3.9. Simulations d’un programme d’action complet au moyen du modèle « G-Cubed », différences en fonction des pays

On constate d’importantes différences entre pays s’agissant des effets sur la production : la plupart des pays producteurs de pétrole et des pays enregistrant une
croissance économique et démographique rapide assument des coûts supérieurs à moyen terme. Cependant, ces pays sont aussi à même de bénéficier davantage des
dommages des changements climatiques évités et des bienfaits indirects.

CHN EUW IND JPN OEC OPC RUS USA RdM WLD

1. PIB réel régional 2. Bienfaits indirects régionaux


10 7
(Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence) (Écart en pourcentage du PIB par rapport au scénario de référence)
6
5
5
0
4
–5 3
2
–10
1
–15
0
–20 –1
2020 25 30 35 40 45 50 52 2020 25 30 35 40 45 50 52

3. PIB réel et bienfaits indirects, moyenne sur trois ans 4. Gains de production à long terme générés par l’atténuation
8 16 60 120
(Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence) des changements climatiques
6 12 50 (Écart en pourcentage par rapport au PIB réel de 2100) 100
4 8 40 80
30 60
2 4
20 40
0 0
10 20
–2 –4
0 0
–4 –8 –10 –20
Dommages évités
–6 Transferts –12 –20 –40
Taxe sur le carbone Subventions vertes Nordhaus, 2010
–8 –16 –30 Burke, Hsiang et Miguel, 2015 –60
Infrastructure Total Bienfaits indirects
–10 –20 –40 –80
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52
21–23
36–38
50–52

CHN EUW JPN OEC USA WLD IND RUS RdM


(échelle de droite)
CHN EUW IND JPN OEC RdM USA WLD OPC RUS
(échelle de droite)

Source : estimations des services du FMI.


Note : Les plages 1, 2 et 3 sont basées sur des simulations réalisées en utilisant le modèle macroéconomique mondial « G-Cubed » de McKibbin et Wilcoxen (1999,
2013) et de Liu et al. (2020). Le programme d’action d’atténuation des changements climatiques est calibré pour réduire les émissions brutes de 80 % dans chaque
pays/région d’ici à 2050 et prévoit 1) des taxes sur le carbone qui augmentent progressivement, 2) une stimulation budgétaire en faveur des énergies vertes se
traduisant par des investissements dans les infrastructures vertes et une subvention pour la production d’énergies renouvelables, et 3) des transferts compensatoires
en faveur des ménages. Le graphique présente aussi les effets des dommages des changements climatiques évités grâce à la mise en œuvre du programme d’action.
Voir l’annexe en ligne 3.4 pour une explication détaillée de la simulation. La plage 4 montre la variabilité des gains de production générés par l’atténuation des
changements climatiques en 2100 en raison de l’incertitude de deux sources : les coûts locaux de l’augmentation des températures selon Nordhaus (2010) ou Burke,
Hsiang et Miguel (2015) ; et la sensibilité climatique, mesurée en tant qu’augmentation de la température à long terme sous l’effet d’un doublement de la concentration
de CO2, avec une fourchette comprise entre 1,5 et 4,5 et un point médian de 3 (voir le texte pour une discussion sur le sujet). EUW = Union européenne, Norvège,
Royaume-Uni, Suisse ; OEC = Australie, Canada, Islande, Liechtenstein, Nouvelle-Zélande ; OPC = pays exportateurs de pétrole et autres pays ; RdM = reste du monde ;
WLD = monde. Les codes pays sont ceux de l'Organisation internationale de normalisation (ISO).

marché, comme le charbon ou le pétrole. Ces coûts de Les pays dont les coûts économiques sont plus élevés
production restent cependant faibles par rapport à la sont aussi ceux qui bénéficieraient de façon immédiate
croissance de base de la plupart de ces pays. Par exemple, d’avantages considérables liés à la diminution des émis-
dans le cadre du programme d’action, le PIB de l’Inde en sions de carbone (graphique 3.9, plage 2). Ces bienfaits
2050 serait supérieur de 277 % à son niveau actuel, soit se traduisent par une diminution des risques de mortalité
légèrement inférieur à ce qu’il serait sans changement des et une amélioration de la santé à la faveur d’une réduc-
politiques (287 %). Ces coûts économiques doivent sur- tion de la pollution (liée à une baisse de la consomma-
tout être mis en balance avec les dommages liés aux chan- tion de charbon et de gaz naturel), et par une réduction
gements climatiques ainsi évités et avec les avantages liés des embouteillages, des risques d’accidents de la circula-
à l’atténuation de ces changements. tion et de la dégradation du réseau routier (associée à la

106 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

taxation de l’essence et du diesel). Bien que l’importance liés aux dommages climatiques évités au cours de la se-
de sauver des vies humaines aille bien au-delà des consi- conde moitié du siècle. Les bienfaits tirés de l’atténuation
dérations liées aux avantages économiques, et qu’il soit des changements climatiques seraient particulièrement
difficile de quantifier la valeur économique de la vie hu- importants pour certains des pays présentant les coûts de
maine et de la santé, les estimations déjà réalisées (voir, transition les plus élevés. L’Inde fait partie des pays suscep-
par exemple, l’édition d’octobre 2019 du Moniteur des tibles de payer le plus lourd tribut au réchauffement clima-
finances publiques et Parry, Veung et Heine, 2015) in- tique, en raison du niveau initial élevé de ses températures.
diquent que ces bienfaits indirects généreraient des avan- Dans ce pays, les bienfaits nets d’une atténuation des chan-
tages économiques considérables pour de nombreux gements climatiques (par rapport à l’inaction) atteindraient
pays : de l’ordre de 0,7 % du PIB immédiatement, puis 60 à 80 % du PIB en 2100 (graphique 3.9, plage 4). Les
de 3,5 % du PIB en 2050 pour la Chine ; et de 0,3 % pertes associées aux changements climatiques seraient
immédiatement, puis de 1,4 % en 2050 pour l’Inde37. moins importantes pour les régions plus froides (par
La combinaison des effets sur le PIB réel et des bienfaits exemple l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie de l’Est),
indirects se traduit par des gains positifs tout au long de mais elles sont probablement sous-estimées, car elles ne
la période de transition pour la Chine, et par une réduc- tiennent pas compte d’un certain nombre de dommages
tion des coûts liés à la transition pour l’Inde, la Russie et (tels que l’élévation du niveau des mers, les catastrophes
d’autres pays (graphique 3.9, plage 3)38. naturelles et les dommages causés aux infrastructures par
Sans une action politique à l’échelle mondiale, les dom- le dégel du pergélisol en Russie) et des répercussions néga-
mages causés par les changements climatiques augmentent tives à l’échelle internationale d’importantes perturbations
fortement après 2050. Par conséquent, le programme d’ac- économiques dans d’autres parties du monde.
tion fournirait à tous les pays des bienfaits considérables Certains avancent que les pays responsables de la plus
grande part des émissions de carbone mondiales, à savoir
37Parry, Veung et Heine (2015) calculent une tarification du CO qui
2
les pays avancés, devraient endosser la plus grande partie
internaliserait pour chaque pays les coûts externes indépendants des chan- du fardeau lié à l’atténuation. Les pays avancés ne peuvent
gements climatiques associés aux combustibles fossiles. Le prix efficace
du CO2 au niveau national s’élève, en moyenne, à 57,5 dollars la tonne
pas à eux seuls maintenir les températures mondiales à des
(en 2010) et s’inscrit dans une fourchette comprise entre 11 et 85 dollars niveaux jugés sûrs, puisque leur part dans les émissions
pour les pays/régions pris en compte dans le modèle « G-Cubed ». Ces mondiales diminuerait à 23 % en 2050, contre 32 % des
prix s’expliquent essentiellement par les bienfaits indirects en matière de émissions mondiales sans changement des politiques. De
santé entraînés par la diminution de la pollution atmosphérique générée
par les centrales au charbon et, dans certains cas, par les réductions des plus, dans un scénario où seuls les pays avancés adopte-
externalités associées aux automobiles. Les bienfaits connexes exprimés raient des politiques d’atténuation, la baisse de leurs émis-
en unité de réduction varient d’un pays à l’autre. C’est pour la Russie sions serait en partie contrebalancée par une augmentation
et la Chine qu’ils sont les plus importants. (Voir Karlsson, Alfredsson et
Westling (2020) pour un examen des estimations monétaires des bienfaits
des émissions des autres pays par rapport au niveau de réfé-
liés à la qualité de l’air.) Sur la base de données quasi expérimentales de la rence. Cela s’explique par deux types de « fuites » : en pre-
Chine, Ebenstein et al. (2017) calculent qu’une augmentation de 10 mi- mier lieu, la baisse de la demande de combustible fossiles
crogrammes par mètre cube des PM10 (particules en suspension d’un
par les pays avancés entraîne une chute des prix des com-
diamètre inférieur à 10 micromètres) réduit l’espérance de vie de 0,64 an
et, partant, que la mise en conformité de tout le pays avec sa norme de bustibles fossiles et une augmentation de leur consomma-
Classe I s’agissant des PM10 permettrait d’épargner 3,7 milliards d’années tion dans d’autres pays ; en second lieu, certaines activités
de vie. Outre les bienfaits liés à la baisse de la mortalité, les études font à forte intensité de carbone auparavant réalisées dans des
également apparaître des bienfaits considérables associés à la baisse de la
morbidité (à savoir une diminution des dépenses de santé) sous l’effet des pays avancés sont susceptibles d’être délocalisées dans des
politiques environnementales. Par exemple, en portant sa concentration pays où le carbone n’est pas taxé.
de PM2,5 (particules en suspension d’un diamètre inférieur à 2,5 micro- Dans un scénario où les pays avancés sont les seuls à
mètres) au niveau recommandé par l’Organisation mondiale de la santé
(environ un sixième du niveau moyen actuel), la Chine réduirait ses dé-
réduire leurs émissions de carbone brutes de 80 % à l’ho-
penses de santé de 42 milliards de dollars par rapport au niveau de 2015, rizon 2050, les émissions mondiales augmentent malgré
soit environ 7 % de ses dépenses de santé annuelles (voir, par exemple, tout de 48 gigatonnes en 2050, soit bien au-dessus de
Barwick et al., 2018).
38Bento, Jacobsen et Liu (2018) soulignent également que les coûts leurs niveaux actuels (graphique 3.10). En revanche, si les
liés à la mise en place d’une taxe sur le carbone sont considérablement États-Unis, l’Europe, la Chine, le Japon et l’Inde (soit les
inférieurs en présence d’un secteur informel de grande taille, car la taxe cinq plus grands pays/ensembles économiques) agissent
sur le carbone diminue la distorsion relative entre les secteurs formel et de concert, ils peuvent fortement diminuer les émissions
informel (le secteur informel devant lui aussi se procurer de l’énergie
auprès du secteur formel, ces mécanismes peuvent conduire à une ex- mondiales au cours des trois décennies à venir. Les émis-
pansion du secteur formel favorable au bien-être de la population). sions mondiales baisseraient de près de 55 % par rapport

Fonds monétaire international | Octobre 2020 107


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 3.10. Simulations basées sur le modèle prix plancher du carbone pour les plus gros émetteurs
« G-Cubed », contribution partielle à l’atténuation (avec la possibilité d’un plancher plus bas ou de transferts
S’ils œuvrent seuls à l’atténuation des changements climatiques, les pays avancés pour les pays à faible revenu) pourrait se révéler efficace
ne pourront pas contenir l’augmentation des températures à des niveaux jugés sûrs. pour renforcer les engagements pris en vertu de l’Accord
En agissant ensemble, les cinq plus grands pays (région économique, pour l’Union
européenne) opéreraient une ponction importante dans les émissions mondiales. de Paris. Ce dispositif établirait un objectif transparent
Scénario de référence Pays avancés fondé sur un indicateur commun et contribuerait à ras-
Cinq plus grands pays Tous les pays surer les acteurs s’agissant de leur éventuelle perte de
compétitivité à l’échelle internationale en raison de coûts
60 1. Émissions mondiales de CO2 énergétiques plus élevés.
(En gigatonnes de CO2)
50
Les pays exportateurs de combustibles fossiles subiront
les pertes les plus lourdes avec la transition de l’économie
40 mondiale vers une trajectoire à faible intensité de carbone
30 (voir Mirzoev et al., 2020, pour une étude des risques liés
à la transition dans les pays du Conseil de coopération du
20
Golfe). Même sans taxe sur le carbone à l’échelle nationale,
10 la chute de la demande mondiale de combustibles fossiles
0
entraînerait une baisse considérable des recettes budgétaires
2020 25 30 35 40 45 50 52 et de l’activité économique dans ces pays. De plus, la struc-
ture industrielle de nombreux pays exportateurs repose sur
1,5 2. Production mondiale une énergie bon marché, ce qui rend les nécessaires res-
(Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence)
1,0
tructuration et diversification de ces modèles économiques
plus difficiles et douloureuses. L’instauration d’une taxe
0,5 (redevance) sur les ventes de pétrole (si les producteurs de
0,0 pétrole pouvaient s’entendre sur un tel dispositif) pourrait
optimiser les recettes tirées des réserves de pétrole (tant que
–0,5
la demande se maintient), tout en contribuant à la décar-
–1,0 bonation d’autres pays (voir l’édition d’octobre 2019 du
–1,5 Moniteur des finances publiques). Cependant, de nom-
2020 25 30 35 40 45 50 52 breux pays exportateurs de pétrole peuvent tirer profit des
mesures d’atténuation des changements climatiques. Par
Source : estimations des services du FMI. exemple, la hausse des températures rendra le climat des
Note : Ce graphique est basé sur des simulations réalisées en utilisant le modèle
macroéconomique mondial « G-Cubed » de McKibbin et Wilcoxen (1999, 2013) pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, où la pé-
et de Liu et al. (2020). Le programme d’action pour l’atténuation des changements nurie d’eau suscite déjà des inquiétudes croissantes, encore
climatiques est calibré pour réduire les émissions brutes de 80 % dans chaque
pays/région sauf dans le groupe des pays exportateurs de pétrole et autres
plus chaud. De nombreux pays exportateurs de pétrole
pays (scénario « Tous les pays ») d’ici à 2050 et prévoit 1) des taxes sur le carbone ont déjà reconnu les difficultés engendrées par la transition
qui augmentent progressivement, 2) une stimulation budgétaire en faveur énergétique et cherchent activement à diversifier leurs éco-
des énergies vertes se traduisant par des investissements dans les infrastructures
vertes et une subvention pour la production d’énergies renouvelables, et 3) des nomies afin de ne plus dépendre du pétrole. Ils mettent en
transferts compensatoires en faveur des ménages. Le graphique présente œuvre des politiques qui renforcent le secteur non pétro-
aussi les effets des dommages des changements climatiques évités grâce à la
mise en œuvre du programme. Voir l’annexe en ligne 3.4 pour une explication lier au moyen d’une meilleure réglementation des affaires,
détaillée de la simulation. Dans les scénarios « Pays avancés » et « Cinq plus d’une plus grande disponibilité du crédit et de réformes
grands pays », seuls les pays avancés et les cinq pays/régions présentant les PIB
les plus élevés (Chine, États-Unis, Inde, Japon, Union européenne) agissent appliquées au marché du travail, et augmentent les sources
en faveur de l’atténuation des changements climatiques. de recettes non pétrolières.

au niveau de référence et de 25 % par rapport à leurs ni- Les retombées engendrées par le soutien
veaux actuels d’ici le milieu du siècle, avec un effet forte- à l’innovation technologique
ment similaire sur le PIB de chacun des pays participants, La réponse technologique (« évolution technique en-
comme dans le scénario d’une action à l’échelle mon- dogène ») aux taxes sur le carbone ou les subventions à la
diale. L’édition d’octobre 2019 du Moniteur des finances recherche–développement jouent un rôle important dans
publiques montre dans quelle mesure la fixation d’un l’amplification des effets de la tarification du carbone et

108 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

Graphique 3.11. Rôle du progrès technologique « vert » modèle G3. En présence d’une évolution technique en-
Les politiques qui contractent les marchés des carburants « polluants » et dogène et de subventions en faveur de la recherche-déve-
développent ceux des carburants propres entraînent une réponse technologique loppement, les coûts de transition liés aux politiques d’at-
« verte » de façon à ce qu’une réduction d’émissions du même ordre puisse être
réalisée avec une taxe sur le carbone moins élevée et un coût moindre pour ténuation sont bien moins élevés, et le PIB mondial se
l’activité économique. rapproche du niveau de référence plus tôt (au milieu des
Taxe sur le carbone élevée et stimulation budgétaire en faveur années 2040 environ) qu’en l’absence d’innovation.
des énergies vertes
L’effet bénéfique de cette mesure se fait surtout res-
Plus subventions à la recherche–développement et évolution
technique endogène, et taxe sur le carbone moins élevée sentir à moyen et à long terme (après 2030), car la ré-
40 1. Émissions mondiale brutes annuelles ponse de l’innovation et la diffusion de nouvelles
(En gigatonnes de CO2) connaissances à travers l’économie mondiale met du
35
temps à se matérialiser39. Dans l’ensemble, l’analyse fait
30
apparaître qu’un prix du carbone moins élevé, s’il est
25 combiné à un recours précoce à des subventions à la re-
20 cherche et au développement verts, pourrait engendrer
15 les mêmes bienfaits en termes de réduction des émissions
10
qu’une taxe plus élevée, avec un coût de la transition sur
la production inférieur. Toutefois, les subventions en fa-
5
2020 25 30 35 40 45 50 52 veur de la recherche–développement ne pourraient pas à
elles seules générer les réductions rapides et sensibles des
2 2. Production mondiale par rapport au scénario de référence émissions nécessaires pour maintenir la hausse des tem-
(Écart en pourcentage)
pératures à des niveaux jugés sûrs40.
1 Un bon exemple du rôle de la technologie dans la ré-
duction des émissions est fourni par le secteur de l’élec-
0 tricité, qui, avec le chauffage, est à l’origine d’environ
40 % du total des émissions mondiales de carbone (gra-
–1 phique 3.12). Les trois quarts de ces émissions pro-
viennent de la production d’électricité à partir de charbon.
–2 L’augmentation de la part des énergies renouvelables dans
2020 25 30 35 40 45 50 52 le secteur de l’électricité est considérée comme la pre-
mière étape du chemin menant à la neutralité carbone, car
Source : estimations des services du FMI. des technologies de substitution à faibles émissions sont
Note : Les plages comparent la simulation selon le modèle « G-Cubed » du
programme d’action complet avec une simulation effectuée en utilisant une déjà disponibles et compétitives sur le plan économique,
extension du modèle d’évaluation intégré de Hassler et al. (2020) avec une sous l’effet d’une spectaculaire chute des prix au cours des
évolution technologique endogène. La deuxième simulation est effectuée avec une
taxe sur le carbone moins élevée et une subvention en faveur de la recherche et dix dernières années. Par exemple, le coût de l’électricité
du développement verts, et elle inclut une réponse endogène de la technologie produite à partir de l’énergie éolienne a baissé de 70 %
aux mesures prises. Pour plus de détails, consulter l’annexe en ligne 3.5.
(Lazard, 2019). Cela rend les mises en balance à court
terme entre émissions et production particulièrement fa-
vorables dans ce secteur, ce qui se retrouve également dans
dans la facilitation de la transition vers une économie la simulation ayant recours au modèle G3, dans laquelle
sobre en carbone. Ce mécanisme étant difficile à inté- environ deux tiers des réductions d’émissions au cours des
grer au modèle G3, ce chapitre utilise la représentation 10 premières années sont obtenues dans la production
simplifiée de Hassler et al. (2020) pour illustrer l’impact d’électricité. De plus, la production d’électricité à faibles
du soutien apporté à l’innovation technologique (gra- émissions de carbone apporterait des bienfaits complémen-
phique 3.11 ; voir l’annexe 3.5 en ligne). L’apport d’une taires à la décarbonation, avec l’électrification d’autres uti-
réponse plausible du changement technologique au prix lisations finales de l’énergie (automobiles, chauffage, etc.).
du carbone, combiné à une subvention (de 70 %) en fa- L’encadré 3.2 examine de manière plus approfondie la
veur de la recherche et du développement verts, permet-
39Les effets immédiats de cette mesure sont limités par la petite taille
trait d’atteindre un objectif d’émissions similaire, avec
initiale du secteur de l’énergie verte.
une trajectoire de prix du carbone environ deux fois 40Voir aussi, par exemple, Bosetti et al. (2011), Newell (2015) et

moins élevée que les niveaux requis dans le scénario du Dechezleprêtre et Popp (2017).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 109


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Graphique 3.12. Potentiel de réduction d’émissions des services). Par exemple, en l’absence de mesures com-
dans le secteur électrique pensatoires, les ménages à faible revenu risquent davan-
tage d’être touchés par la tarification du carbone que ceux
Le secteur de l’électricité présente un potentiel considérable de réduction à haut revenu, car dans de nombreux pays, les plus mo-
d’émissions et des mises en balance émissions–production plus favorables en raison
de la disponibilité de technologies de substitution à faible intensité de carbone. destes consacrent une part relativement plus importante
de leurs revenus aux services énergétiques, comme l’électri-
Production d’électricité et de chaleur Transports cité et le chauffage (graphique 3.13, plage 1). Par ailleurs,
Agriculture/exploitation forestière/pêche Industries manufacturières
Autres utilisations industrielles et bâtiment
les ménages à faible revenu sont davantage exposés à des
de l’énergie Services commerciaux et publics pertes de revenu, car ils ont tendance à occuper des postes
Résidentiel Autres
à faible qualification dans des secteurs à forte intensité de
55 1. Émissions de gaz à effet de serre, par secteur carbone (industrie manufacturière, transport, énergie ; gra-
50 (En gigatonnes d’équivalent CO2)
45 phique 3.13, plage 2). Les sondages d’opinion montrent
40 que les travailleurs faiblement qualifiés sont moins suscep-
35 tibles que les travailleurs hautement qualifiés de faire passer
30
25 la protection de l’environnement avant la stimulation de
20 la croissance économique. C’est chez les travailleurs faible-
15 ment qualifiés employés dans les secteurs à forte intensité
10
5
de carbone que le soutien à la protection de l’environne-
0 ment est le plus bas (graphique 3.14)41.
1990 2015
Les répercussions de la tarification du carbone en
termes de distribution sont susceptibles de varier d’un
10 2. Taxe sur le carbone aux États-Unis : contributions sectorielles 0,4
aux réductions d’émissions et impact sur le PIB en 2030 pays à l’autre. La tarification du carbone n’est pas tou-
5 0,2
(Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence) jours régressive, en particulier dans les pays émergents et
0 0,0
les pays en développement, où les ménages les plus mo-
–5 –0,2
destes disposent d’un accès moindre à l’électricité et pos-
–10 –0,4
Électricité sèdent moins de biens durables, ce qui se traduit par une
–15 Autres –0,6 consommation directe moins élevée (pour une étude plus
–20 –0,8 détaillée, voir l’édition d’octobre 2019 du Moniteur des
–25 –1,0 finances publiques). De même, l’impact distributionnel
–30 –1,2 généré par le biais des revenus du travail peut varier en
Émissions de carbone Impacts sur le PIB
(échelle de droite) fonction des pays. En tout cas, lorsque la tarification du
Sources : Agence internationale de l’énergie ; estimations des services du FMI.
carbone menace d’affecter les ménages et travailleurs vul-
Note : La plage 2 est basée sur l’effet de la taxe carbone dans les simulations nérables, il sera fondamental d’agir en faveur de l’équité
« G-Cubed » du programme d’action complet. et de l’inclusion pour assurer l’acceptabilité politique et la
durabilité des stratégies d’atténuation.
Différentes mesures peuvent limiter les effets négatifs
façon dont les émissions dans le secteur électrique peuvent des prix plus élevés du carbone sur les ménages. Celles-ci
être réduites grâce aux technologies existantes (voir égale- consistent par exemple à rembourser totalement ou par-
ment l’annexe 3.6 en ligne). tiellement les recettes issues de la tarification du carbone au
moyen de transferts monétaires universels ou ciblés, ou bien
à utiliser une partie de ces recettes pour financer une aug-
Agir en faveur de l’inclusion mentation des dépenses publiques dans les secteurs à faible
En sous-face des effets macroéconomiques modérés intensité de carbone, ce qui créera des emplois et com-
générés par les politiques d’atténuation évoquées plus- pensera les pertes d’emplois dans les secteurs à forte inten-
avant, on remarque des répercussions différenciées sur les sité de carbone. Parmi les différentes possibilités de trans-
ménages, selon qu’ils appartiennent à la tranche de re- ferts monétaires, les aides ciblées en faveur des ménages à
venu basse ou haute, et sur les travailleurs, selon qu’ils faible revenu présentent un rapport coût/efficacité intéres-
exercent dans les secteurs en contraction ou en expan- sant. La plage 3 du graphique 3.13 présente l’impact sur la
sion (p. ex. extraction de combustibles fossiles et indus-
trie manufacturière ou secteurs des énergies propres et 41Voir également FMI (à paraître).

110 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

Graphique 3.13. Distribution de la consommation, Graphique 3.14. Opinion publique en faveur de la protection
l’emploi et l’impact des taxes sur le carbone de l’environnement
Les ménages du quintile inférieur de la distribution du revenu consacrent une part (En pourcentage)
légèrement plus importante de leur revenu à l’énergie que les ménages plus aisés, Le soutien à la cause environnementale a tendance à être supérieur chez les
et ils sont davantage susceptibles d’être employés dans les secteurs à forte
personnes plus qualifiées, en particulier celles travaillant dans les secteurs dits
intensité énergétique. Lorsqu’elles s’accompagnent de transferts en faveur des
ménages, les taxes sur le carbone peuvent réduire la pauvreté et les inégalités. propres. Les personnes faiblement qualifiées travaillant dans les secteurs à forte
Lorsqu’elles sont combinées à des dépenses publiques dans les secteurs intensité de carbone, qui constituent le groupe le plus fortement affecté par les
consommant moins d’énergie, elles peuvent faciliter les transitions changements nécessaires à une transition vers une économie verte, affichent le
professionnelles vers les secteurs à faible intensité énergétique. soutien le plus faible aux politiques de protection de l’environnement.
Énergie Forte intensité énergétique Faible intensité énergétique
90 1. Par niveau d’études
1. Consommation des ménages 2. Emploi sectoriel
140 (En pourcentage du total des (En pourcentage 80
dépenses de consommation de l’emploi total) 70 80
120
des ménages) 60
100 70
50
80
40 60
60
30
40 50
20
20 10 40
0 0
Quintile Quintile Quintile Quintile Non Qualifié Non Qualifié 30
inférieur supérieur inférieur supérieur qualifié qualifié Qualifié Non qualifié
États-Unis Chine États-Unis Chine
3. Consommation des deux quintiles inférieurs selon différentes 60 2. Par type de profession, en fonction du niveau d’études
8 possibilités de recyclage des recettes issues de la taxe sur le carbone
6 (Écart en pourcentage par rapport Profession dans les secteurs sobres en carbone
58
4 au scénario de référence) Profession dans les secteurs à forte intensité
de carbone
2
56
0
–2 54
–4 Transferts universels Transferts ciblés
–6 Dépenses publiques dans les en faveur des deux
secteurs sobres en énergie quintiles inférieurs 52
–8
Avant-dernier Avant-dernier
Quintile inférieur quintile Quintile inférieur quintile 50
États-Unis Chine Qualifié Non qualifié
4. Heures travaillées par secteur selon différentes possibilités
5 de recyclage des recettes issues de la taxe sur le carbone
Sources : European Values Study (2017) ; World Values Survey, vague 7 (2017–20) ;
4 (Contribution à l’écart en pourcentage du total des heures travaillées
calculs des services du FMI.
par rapport au scénario de référence)
3 Note : Le graphique montre le pourcentage de participants aux enquêtes qui estiment
Secteur à forte intensité énergétique Énergie polluante que la protection de l’environnement doit constituer une priorité, même si elle ralentit
2 Énergie propre
Secteur à faible intensité énergétique la croissance et entraîne des pertes d’emplois. La plage 1 reproduit la fourchette de
1 valeurs pour 77 pays, où le rectangle bleu représente les 25e et 75e centiles, les
0 taquets indiquent les 10e et 90e centiles et la ligne horizontale correspond à la
médiane. Le niveau d’études est utilisé pour représenter le niveau de qualification.
–1 « Qualifié » correspond à un niveau d’études post-secondaire, et « non qualifié » à un
–2 niveau d’études secondaire ou inférieur. La plage 2 représente la moyenne sur les
Dépenses publiques Transferts Dépenses publiques Transferts personnes issues de 47 pays. Les métiers dans les secteurs à forte intensité de
dans les secteurs sobres ciblés dans les secteurs sobres ciblés carbone correspondent aux professions industrielles qualifiées, aux professions non
en énergie en énergie qualifiées, aux professions peu qualifiées et aux professions agricoles.
États-Unis Chine
Sources : American Community Survey ; China Family Panel Survey ; Consumption
Expenditure Survey ; National Bureau of Statistics of China ; calculs des services du FMI.
Note : Les plages 1 et 2 sont basées sur des données tirées d’enquêtes. Dans la plage 1,
les produits énergétiques sont l’électricité, le chauffage, le gaz et le pétrole. Les produits
à forte intensité énergétique sont principalement les produits industriels et les
transports. Globalement, les produits à faible intensité énergétique correspondent aux
services moins les transports. Dans la plage 2, les travailleurs non qualifiés sont des
travailleurs n’étant pas allés au-delà des études secondaires, les travailleurs qualifiés
étant allés au-delà. Les plages 3 et 4 utilisent un modèle d’agent hétérogène
multisectoriel calibré pour générer des parts de production sectorielles avec simulation
d’une taxe de 50 dollars par tonne de CO2 dont les recettes sont utilisées pour financer
les dépenses publiques dans 1) les produits à faible intensité énergétique, 2) des
transferts monétaires universels et 3) des transferts monétaires ciblés en faveur des
deux quintiles inférieurs de la distribution des revenus. Dans la plage 3, chaque barre
présente la variation en pourcentage de la consommation des quintiles par rapport au
scénario de référence. Dans la plage 4, chaque barre présente la variation en
pourcentage par rapport au scénario de référence du volume horaire des travailleurs
pondéré par l’emploi du secteur dans le scénario de référence.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 111


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

consommation d’une taxe de 50 dollars par tonne de CO2 La taxation avec rabais constitue un complément essen-
dans différents scénarios de recyclage des recettes, sur la tiel d’autres politiques d’atténuation. Il s’agit de systèmes
base d’un modèle d’équilibre général à agents hétérogènes de redevances et de rabais sur les produits ou activités
calibré pour les États-Unis et la Chine qui incorpore l’im- dont l’intensité des émissions est supérieure ou inférieure
pact de la taxe carbone sur la consommation et l’emploi à la moyenne, ou d’une réglementation (instauration de
(voir l’annexe 3.7 en ligne et Tavares, à paraître). Les simu- normes pour les taux d’émission et l’efficacité énergétique,
lations font apparaître que le recyclage total des recettes is- par exemple) qui peuvent être mis en place lorsque la ta-
sues de la taxe sur le carbone en transferts monétaires des- rification du carbone n’est pas faisable ou ne peut être im-
tinés aux groupes à faible revenu (deux quintiles inférieurs) posée à l’échelle nécessaire (édition d’octobre 2019 du
peut faire augmenter leur consommation (voir la plage 3 du Moniteur des finances publiques). La taxation avec rabais
graphique 3.13 et l’annexe 3.7 en ligne pour l’impact sur peut être adaptée à des marchés spécifiques, et son impact
la distribution totale de la consommation). La consomma- sur les émissions dépend de la taille et de l’intensité éner-
tion des ménages du quintile le plus bas pourrait être pré- gétique du marché ciblé. Dans le présent chapitre, elle est
servée (globalement maintenue à un niveau constant) en globalement modélisée sous forme d’une taxe de 50 dollars
redistribuant environ un quart et un sixième des recettes is- par tonne de CO2 imposée sur la consommation d’énergie
sues du carbone à ce groupe de ménages aux États-Unis et polluante des entreprises et des ménages, les recettes étant
en Chine, respectivement. En revanche, les gouvernements utilisées pour financer une subvention en faveur de la
américain et chinois devraient respectivement transférer consommation d’énergie propre. La seule différence entre
55 % et 40 % de ces recettes pour préserver le niveau de cette expérience et la précédente réside dans le fait que les
consommation des ménages des deux quintiles les plus bas. recettes sont consacrées aux subventions destinées à pro-
Un remboursement total des recettes issues de la tarification mouvoir la consommation d’énergie propre. La compo-
du carbone par des transferts universels permettrait globale- sante à l’origine des recettes est la même : il s’agit de la taxe
ment d’éviter une baisse de la consommation chez les mé- sur le carbone.
nages dans les deux quintiles inférieurs, mais moyennant un Les simulations montrent que les effets de la taxation
coût bien plus élevé pour les finances publiques42. avec rabais sur la consommation du quintile inférieure
Bien qu’ils préservent tous deux la consommation des et les inégalités sont plus faibles que lorsque des taxes
ménages, ni les transferts universels ni les transferts ciblés sur le carbone sont imposées, si aucune action n’est en-
ne facilitent concrètement la transition professionnelle. treprise pour atténuer l’impact sur la distribution (gra-
En revanche, l’augmentation des dépenses publiques phique 3.15). Les effets sont plus faibles, car l’impact sur
en faveur des biens et services à faible intensité de car- les prix de l’énergie est minime (les taxes et subventions
bone (comparables, dans l’esprit, aux mesures en faveur sont prélevées sur différentes composantes du même
de l’énergie verte étudiées dans la section précédente) ne bien) et parce que la taxation avec rabais stimule l’emploi
préserverait pas la consommation des ménages les plus chez les travailleurs peu qualifiés, en valeur nette (le sec-
modestes, mais contribuerait à enrayer la baisse de l’em- teur des énergies renouvelables nécessitant davantage de
ploi global et aiderait au recyclage des travailleurs dans main-d’œuvre que celui des énergies polluantes).
des secteurs sobres en carbone (graphique 3.13, plage 4). Enfin, certaines communautés risquent d’être davantage
En pratique, il sera probablement demandé aux gou- pénalisées que d’autres par les politiques d’atténuation, ce
vernements entendant instaurer la tarification du carbone qui ajoute une dimension géographique aux inégalités. Il
de protéger les ménages à faible revenu contre l’augmen- convient d’opérer une transition juste pour les commu-
tation des prix et de contrebalancer les pertes d’emplois nautés et les régions les plus touchées, ce qui pourrait né-
dans les secteurs à forte intensité de carbone. Les simu- cessiter, au-delà du recyclage professionnel des travailleurs,
lations montrent que la tarification du carbone peut gé- un soutien public efficace en faveur de ces populations.
nérer suffisamment de recettes pour consacrer des dé-
penses aux deux objectifs, à condition que le soutien au
revenu soit correctement ciblé. Conclusion
La fenêtre permettant d’atteindre la neutralité carbone
42La réforme des subventions aux carburants de 2010 en Iran et d’ici à 2050 et de maintenir l’augmentation des tempé-
l’instauration de la tarification du carbone en Colombie-Britannique ratures dans une fourchette jugée sûre est en train de se
(Canada) sont des exemples de réformes réussies qui prévoyaient des
transferts compensatoires en faveur des ménages (entre autres mesures). fermer rapidement. L’analyse du présent chapitre montre
Voir Guillaume, Zytek et Farzin (2011) et Carl et Fedor (2016). qu’une impulsion initiale en faveur des investissements

112 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

Graphique 3.15. Effets distributionnels des taxes avec rabais cette stratégie pourrait placer l’économie mondiale sur une
(Consommation, écart en pourcentage par rapport au scénario de
trajectoire de croissance plus dynamique et plus viable en
référence, variation du coefficient de Gini)
évitant des dommages causés par les changements clima-
Les taxes avec rabais peuvent réduire les émissions de carbone, mais elles
doivent être accompagnées de transferts. tiques et le risque de répercussions catastrophiques.
Le maintien des températures à des niveaux jugés sûrs
0,0 nécessite une mobilisation à l’échelle mondiale. À eux seuls,
les pays avancés ne parviendront pas à atténuer les change-
ments climatiques, car leur part dans les émissions mon-
diales est en train de diminuer. En revanche, en agissant en-
–0,1
semble, les quatre plus grands pays et la plus grande union
économique du monde (les États-Unis, la Chine, l’Union
européenne, le Japon et l’Inde) peuvent opérer une ponc-
–0,2 tion de taille dans les émissions mondiales. Bien que les
coûts économiques liés à l’atténuation varient en fonction
des pays, tous ont beaucoup à gagner des dommages évités
et des bienfaits corrélés à l’atténuation, comme la réduction
–0,3
de la pollution et la baisse de la mortalité. En entreprenant
Consommation un travail sur la durabilité dès aujourd’hui plutôt qu’avoir
Coefficient de Gini à reconstruire les infrastructures plus tard, les pays rédui-
–0,4 raient la facture de l’atténuation durant la phase de tran-
États-Unis Chine
sition. Pour négocier cette transition plus en douceur, les
Source : calculs des services du FMI. pays exportateurs de combustibles fossiles devront accélérer
Note : Le graphique présente les résultats de la simulation utilisant un modèle la diversification de leur économie. Le présent chapitre était
d’agent hétérogène multisectoriel d’une taxe de 50 dollars par tonne de CO2
prélevée sur la consommation d’énergie polluante des ménages et des consacré aux impacts macroéconomiques des politiques
entreprises. Les recettes sont utilisées pour financer une subvention en faveur des d’atténuation des changements climatiques. L’autre enjeu
énergies propres. La première barre montre la variation en pourcentage de la
consommation du quintile inférieur par rapport au scénario de référence, et la
majeur concerne la coordination internationale, qui pour-
deuxième barre indique la variation du coefficient de Gini par rapport au scénario rait offrir la latitude nécessaire pour un partage différent
de référence. Le coefficient de Gini est mesuré sur une échelle allant de zéro des coûts liés à l’atténuation. La coordination de la poli-
(égalité parfaite) à 100 (inégalité parfaite).
tique internationale sur les changements climatiques mérite
d’être examinée plus en profondeur, au vu des difficultés
verts, combinée à une hausse progressive des prix du car- rencontrées par les pays pour se rassembler et prendre en-
bone, permettrait de réaliser les réductions d’émissions semble des mesures concrètes en faveur de la réduction des
nécessaires, le tout avec des répercussions raisonnables en émissions (voir, par exemple, Barrett, 2005, 2013 et 2016 ;
termes de production pendant la phase de transition. Un Lessmann et al., 2015 ; Nordhaus, 2015). Cependant, les
encouragement des investissements verts renforcerait les modalités de mise en place d’une telle coopération n’en-
indicateurs macroéconomiques à court terme et contribue- traient pas le cadre du présent chapitre.
rait à diminuer les coûts liés à l’ajustement à des prix du Enfin, et c’est important, la décarbonation passe par
carbone plus élevés. La tarification du carbone est essen- une transformation structurelle des économies, avec des
tielle à cette atténuation, car des prix plus élevés stimulent répercussions différentes en fonction des sous-groupes de
l’efficacité énergétique tout en réaffectant les ressources de- la population. Pour agir en faveur de l’inclusion et veiller
puis les activités à forte intensité de carbone vers celles à à ce que le soutien des politiques d’atténuation soit le
faible intensité de carbone. Les coûts liés à la transition vers plus large possible, les pouvoirs publics peuvent utiliser
une tarification du carbone alignée sur l’objectif de neutra- une partie des recettes générées par la taxe sur le carbone
lité carbone d’ici le milieu du siècle semblent acceptables pour octroyer des transferts monétaires ciblés destinés à
dans le contexte de la croissance attendue de l’économie empêcher une perte de pouvoir d’achat chez les ménages
mondiale au cours des trois décennies à venir. De plus, modestes. Des mesures fondées sur la localisation géo-
ils pourraient aller en diminuant à mesure que des inno- graphique pourraient également s’imposer afin de dé-
vations technologiques seront développées sous l’effet de dommager des zones ou des régions risquant de subir des
la tarification du carbone et des subventions en faveur de pertes d’emploi à la suite du repli des secteurs à forte in-
la recherche et du développement verts. À moyen terme, tensité de carbone.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 113


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 3.1. Lexique


Accord de Paris. Accord international (ratifié en 2016) (à un horizon futur, en ce qui concerne les changements
portant sur l’atténuation des changements climatiques, climatiques), dont les premiers cités ne tiennent pas
l’adaptation à ces changements et les financements cor- compte.
respondants. L’objectif principal de l’accord est de Gaz à effet de serre. Composant gazeux dans l’atmos-
contenir l’augmentation des températures mondiales phère qui laisse passer le rayonnement solaire, mais em-
moyennes dans une fourchette comprise entre 1,5 et prisonne et absorbe la chaleur émise par la Terre par
2 °C au-dessus de leurs niveaux préindustriels. rayonnement infrarouge. Le CO2 est, de loin, le prin-
Activités à forte intensité de carbone. Activités qui im- cipal gaz à effet de serre.
pliquent la production d’énergie à base de carbone ou Innovation dans les énergies propres. Le nombre de
émettent des quantités élevées de CO2. demandes de brevets pour des technologies d’atténua-
Bienfaits indirects. Diminution des risques de mortalité tion des changements climatiques liées à la production,
et amélioration de la santé à la faveur d’une réduction la transmission et la distribution d’énergie.
de la pollution (liée à une baisse de la consommation de Politique favorable à la distribution. Politique visant
charbon et de gaz naturel), et réduction des embouteil- à atténuer les effets négatifs de certaines mesures sur la
lages, des risques d’accidents de la circulation et de la dé- consommation des groupes à faible revenu (ou autre me-
gradation du réseau routier. sure en faveur du bien-être des ménages).
Certificats verts/blancs. Titres respectivement attribués Politiques en faveur de l’énergie verte. Politiques desti-
en échange de l’atteinte d’objectifs en matière de produc- nées à stimuler l’offre d’énergies renouvelables et l’effica-
tion d’énergies renouvelables/d’économies d’énergie. cité énergétique, notamment les subventions et les pro-
Contributions déterminées au niveau national grammes d’investissement.
(CDN). Stratégies pour le climat, notamment les en- Recherche et développement. Activités innovantes
gagements en matière d’atténuation, soumises par les menées par des sociétés ou des États dans le but de
190 parties signataires de l’Accord de Paris. Les pays développer de nouveaux produits et de nouvelles
sont tenus de faire part de leurs avancées dans la mise en technologies.
œuvre des CDN tous les deux ans et (à partir de 2020) Recyclage des recettes. Utilisation des recettes issues des
de soumettre des CDN révisées (censées contenir des en- taxes (sur le carbone) à des fins telles que l’abaissement
gagements de plus en plus rigoureux en termes d’atté- d’autres taxes sur les ménages et les entreprises, ou le fi-
nuation) tous les cinq ans. nancement de l’investissement public.
Dioxyde de carbone (CO2). Le principal gaz à effet de Système d’échange de droits d’émissions. Politique
serre, produit par la combustion de combustibles fos- fondée sur le marché destinée à réduire les émissions
siles, la fabrication de ciment et l’exploitation forestière. (on parle parfois de plafonnement et échange des droits
Les émissions de CO2 restent dans l’atmosphère pendant d’émissions). Les sources concernées doivent disposer de
100 ans en moyenne. quotas pour chaque tonne de leurs émissions ou (dans le
Dommages évités. La valeur des événements causés cadre d’un programme en amont) du contenu en émis-
par les changements climatiques évités. Il peut s’agir de sions imputable aux combustibles. La quantité totale de
pertes de récoltes, de l’élévation du niveau des mers et de quotas est fixée, et la négociation de quotas sur le marché
conditions météorologiques extrêmes. établit un prix du marché pour les émissions. La mise
Économies d’échelle. Avantages dont bénéficient cer- aux enchères des quotas constitue une précieuse source
taines entreprises au niveau de leurs coûts grâce à l’am- de recettes publiques.
pleur de leur activité, les coûts unitaires de production Tarifs de rachat. Contrats à long terme qui garantissent
diminuant parallèlement à l’augmentation de l’échelle. aux producteurs d’énergies renouvelables un prix fixe
Énergie renouvelable. Type d’énergie englobant géné- pour chaque unité d’électricité distribuée au réseau.
ralement l’énergie produite par l’effet photovoltaïque du Taxation avec rabais. Barème mobile de redevances im-
soleil, la chaleur du soleil, le vent, la géothermie, la bio- posées aux entreprises dont les taux d’émissions (CO2
masse et les mouvements de l’eau. On opère souvent par kilowatt-heure, par exemple) dépassent le « point de
une distinction entre l’hydroélectricité à petite et grande basculement » et de subventions à l’avenant pour les en-
échelle en raison de l’impact environnemental supérieur treprises dont les taux d’émissions sont au-dessous du
de cette dernière. point de basculement. Une taxation avec rabais peut
Externalité. Coût imposé par les actions d’individus ou aussi être appliquée aux taux de consommation éner-
d’entreprises à d’autres individus et d’autres entreprises gétique (par exemple volume d’essence par kilomètre

114 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

Encadré 3.1 (fin)


parcouru) plutôt qu’aux taux d’émissions. La taxation à taxer l’offre de combustibles fossiles (charbon, pétrole
avec rabais peut exploiter de nombreuses possibilités et gaz naturel) proportionnellement à leur intensité en
d’atténuation (mais pas toutes) favorisées par les taxes sur carbone.
le carbone, mais sans entraîner une forte augmentation Technologies grises. Technologies qui ont tendance
des prix de l’énergie. à améliorer l’effet des technologies « sales » sur la pol-
Taxe sur le carbone. Taxe appliquée aux rejets de CO2, lution. On peut citer celles qui permettent d’utiliser la
principalement attribuables à la combustion de com- chaleur générée par les combustibles ou l’incinération
bustibles fossiles à base de carbone. D’un point de vue des déchets, ou des combustibles issus de sources non
administratif, sa mise en œuvre la plus simple consiste fossiles.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 115


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré 3.2. Zoom sur le secteur de l’électricité : la première étape vers la décarbonation
Cet encadré étudie plus en détail la façon dont les Graphique 3.2.1. Décarbonation du secteur
émissions du secteur de l’électricité (qui, avec le chauffage, de l’électricité
est responsable d’environ 40 % des émissions mondiales) États-Unis Chine Union européenne
peuvent être réduites avec les technologies existantes. Taxe carbone de Taxe carbone de 50 dollars
50 dollars seulement avec programme d’action
Pour ce faire, l’analyse modifie le modèle monétaire et
70 1. Part dans la production d’électricité
budgétaire mondial intégré (Laxton et al., 2010) pour un
(En pourcentage)
secteur de l’électricité dans lequel l’électricité est produite 60
à partir de charbon, de gaz naturel et d’énergies renouve- 50
lables, ou par des procédés nucléaires ou hydroélectriques.
40
Les contraintes que l’intermittence des énergies renouve-
lables (la variation indésirable de la production inhérente 30
à la disponibilité variable du soleil et du vent) posent 20
s’agissant de leur pénétration du marché sont reproduites 10
en associant la production d’électricité renouvelable avec
0
une capacité de secours flexible qui prend le relais en cas 2020 30 35 2020 30 35 2020 30 35 2020 30 35
d’interruption de la production (voir l’annexe 3.6 en Charbon Gaz naturel Énergies Autres
ligne ; toutes les annexes sont disponibles à l’adresse www. renouvelables
2. Émissions de carbone du secteur de l’électricité
[Link]/en/Publications/WEO). L’étude du même prix 20 (Écart en pourcentage par rapport au scénario
du carbone de 50 dollars (utilisé à titre d’illustration) aux 10 de référence)
États-Unis, en Europe et en Chine permet de montrer 0
dans quelle mesure le bouquet électrique d’un pays et sa –10
structure économique influent sur l’effet de l’introduction –20
d’un prix du carbone. –30
Les simulations pour les États-Unis montrent que –40
même une politique modérée consistant à introduire –50
progressivement un prix du carbone de 50 dollars sur –60
10 ans dans le secteur électrique, combinée à une sub- –70
2020 25 30 35
vention en faveur de l’investissement dans les énergies
renouvelables en début de période, permettrait de décar- 3. PIB réel
1 (Écart en pourcentage par rapport au scénario
boner sensiblement le secteur de l’électricité moyennant de référence)
des coûts de production très faibles (graphique 3.2.1, 0
plages 1–3). La combinaison de mesures a un effet
neutre sur le budget lorsque le prix du carbone est plei- –1
nement installé au bout de 10 ans et que les recettes qu’il
génère (environ 0,2 % du PIB) sont suffisantes pour fi- –2
nancer la subvention. Cependant, avant que les revenus
atteignent leur plein potentiel, la subvention est financée –3
par la dette, ce qui entraîne une augmentation totale du
–4
ratio dette/production d’environ 1 % du PIB. Le prix du 2020 25 30 35
carbone est différencié en fonction de l’intensité carbone Source : estimations des services du FMI.
des différentes technologies, aux dépens de la production Note : Ce graphique utilise le modèle macroéconomique
d’électricité utilisant le carbone (et, dans une moindre d’atténuation des émissions de carbone (« Carbon Mitigation
Macro Model ») pour effectuer la simulation d’une taxe de
mesure, le gaz). Accentuée par une baisse des prix des 50 dollars par tonne de dioxyde de carbone, introduite sur
énergies renouvelables permise par la subvention, la va- une période de 10 ans, seule et accompagnée d’un
riation des prix relatifs entraîne un rééquilibrage du bou- programme d’action. Le programme d’action comprend,
dans chacune des trois pays/régions, des subventions de
quet électrique aux dépens du charbon et en faveur des départ en faveur des investissements dans les énergies
technologies renouvelables. Par conséquent, les émissions renouvelables et, à court terme, une politique monétaire
accommodante. Pour la Chine, le programme d’action inclut
Les auteurs de cet encadré sont Benjamin Carton et également un doublement des capacités de production
Simon Voigts. d’électricité nucléaire et hydroélectrique sur 20 ans.

116 Fonds monétaire international | Octobre 2020


CHAPITRE 3 ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION

Encadré 3.2 (fin)


du secteur de l’électricité baissent de 35 % par rapport n’est pas suffisant pour ramener la part du charbon à un
au niveau de référence en 2030. Le déclin du gaz est at- niveau viable. Compte tenu de la disponibilité limitée du
ténué par son rôle en tant qu’énergie de secours pour gaz naturel, les énergies renouvelables doivent compter sur
l’électricité renouvelable. le charbon en tant qu’énergie de secours (en imaginant
Alors que l’investissement et l’emploi baissent dans le la possibilité de rénovations de flexibilité, comme évoqué
secteur du charbon, la subvention déclenche une poussée dans AIE, 2019), ce qui rétrécit ainsi la marge disponible
de l’investissement dans les énergies renouvelables, qui pour les réductions. En complément des subventions
compense une grande partie des pertes d’investissements en faveur des énergies renouvelables, le scénario macro-
dans le secteur du charbon. Par conséquent, la combi- économique table sur une expansion de l’électricité d’ori-
naison de mesures réduit fortement les émissions, et les gine nucléaire (en tenant compte du temps nécessaire à la
dommages économiques sont atténués (la production construction des centrales), qui supplante la production à
baisse de ½ % sur 10 ans au-dessous du niveau de réfé- partir de charbon. En pourcentage, la baisse des émissions
rence) au fur et à mesure que l’économie s’adapte en ré- est du même ordre que dans les autres régions, mais, en
orientant la main-d’œuvre et l’investissement depuis le termes absolus, elle est environ trois fois supérieure à celle
charbon vers les énergies renouvelables. des États-Unis en raison du niveau initial supérieur des
Par rapport à d’autres pays ou régions, l’Union eu- émissions de la Chine.
ropéenne est en avance s’agissant de la transition élec- Dans l’ensemble, la politique se révèle très efficace
trique (le charbon et les énergies renouvelables représen- pour réduire les émissions liées à l’électricité avec des
tant tous deux une part d’environ 20 %). Par ailleurs, la coûts macroéconomiques raisonnables, en particulier si
part du gaz naturel est beaucoup plus faible qu’aux États- la réaffectation de la main-d’œuvre peut être facilitée.
Unis, ce qui limite une expansion future des énergies re- La technologie de stockage de l’énergie renouvelable,
nouvelables en rendant le réseau moins flexible et donc qui pourrait devenir faisable à court terme, amplifierait
moins apte à supporter une augmentation de la pro- la pénétration des énergies renouvelables obtenue grâce
duction d’électricité intermittente. Compte tenu de la au prix du carbone. Sachant que les coûts macroécono-
marge moins importante pour réduire la production de miques de la transition vers une électricité à faible in-
charbon et des moyens d’expansion plus limités des éner- tensité de carbone sont raisonnables, il est étonnant que
gies renouvelables, le prix du carbone provoque une ré- l’action et les programmes stratégiques actuels en faveur
duction moins marquée des émissions. de l’abandon du charbon soient insuffisants pour at-
La part importante de l’électricité produite à base de teindre des résultats qui permettront d’éviter des dom-
charbon en Chine (près de 70 %) amplifie l’augmenta- mages climatiques irréversibles. L’Agence internationale
tion des coûts de l’électricité provoquée par le prix du car- de l’énergie estime qu’avec les plans et politiques mis en
bone, ce qui entraîne une baisse plus prononcée de la pro- place et proposés, la production d’électricité à partir de
duction. Le prix du carbone augmente la part des énergies charbon utilisera la plupart du budget carbone restant
renouvelables d’environ 20 points de pourcentage, ce qui (AIE, 2019).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 117


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

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Fonds monétaire international | Octobre 2020 121


APPENDICE STATISTIQUE

L
    ’appendice statistique présente des données Les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne
rétrospectives et des projections. Il comprend changeront pas. Les hypothèses plus spécifiques sur les-
sept sections : hypothèses ; modifications quelles sont fondées les projections relatives à un échan-
récentes ; données et conventions ; notes tillon de pays sont décrites dans l’encadré A1.
sur les pays ; caractéristiques générales et composition S’agissant des taux d’intérêt, le taux interbancaire of-
des différents groupes de pays dans la classification des fert à Londres (LIBOR) à six mois en dollars s’établira
Perspectives de l’économie mondiale (PEM) ; principaux en moyenne à 0,7 % en 2020 et à 0,4 % en 2021, le
documents relatifs aux données ; tableaux statistiques. LIBOR sur les dépôts à trois mois en euros à –0,4 % en
La première section résume les hypothèses sur lesquelles 2020 et à –0,5 % en 2021, et le LIBOR sur les dépôts à
reposent les estimations et projections pour 2020–21. La six mois en yen à 0,0 % en 2020 et 2021.
deuxième rappelle brièvement les modifications appor- À titre de rappel, en ce qui concerne l’euro, le Conseil
tées à la base de données et aux tableaux de l’appendice de l’Union européenne a décidé le 31 décembre 1998
statistique depuis l’édition d’avril 2020 des PEM. La troi- qu’à compter du 1er janvier 1999, les taux de conver-
sième donne une description générale des données et des sion des monnaies des États membres qui ont adopté
conventions utilisées pour calculer les chiffres composites l’euro sont irrévocablement fixés comme décrit dans
pour chaque groupe de pays. La quatrième présente des in- l’encadré 5.4 de l’édition d’octobre 1998 des PEM.
formations importantes pour chaque pays. La cinquième Pour plus de détails sur les taux de conversion de l’euro,
résume la classification des pays par groupes-types. La si- veuillez vous reporter également à l’encadré 5.4 de l’édi-
xième donne des informations sur les méthodes d’établis- tion d’octobre 1998 des PEM.
sement et les normes de déclaration des indicateurs de
1 euro = 15,6466 couronnes estoniennes1
comptabilité nationale et de finances publiques des pays
= 30,1260 couronnes slovaques2
membres qui sont inclus dans le rapport.
= 1,95583 deutsche mark
La dernière et principale section regroupe les tableaux
= 340,750 drachmes grecques3
statistiques. (L’appendice statistique A est inclus dans
= 200,482 escudos portugais
la version papier ; l’appendice statistique B est dispo-
= 2,20371 florins néerlandais
nible en ligne, en anglais, à l’adresse [Link]/en/
= 40,3399 francs belges
Publications/WEO.)
= 6,55957 francs français
Les données de ces tableaux sont établies sur la base
= 40,3399 francs luxembourgeois
des informations disponibles au 28 septembre 2020. Par
= 0,702804 lat letton4
souci de commodité uniquement, les chiffres portant sur
= 0,42930 lire maltaise5
2020–21 sont présentés avec le même degré de précision
= 1 936,27 lires italiennes
que les chiffres rétrospectifs, mais, en tant que projections,
= 3,45280 litas lituaniens6
ils n’ont pas nécessairement le même degré d’exactitude.
= 0,585274 livre chypriote5
= 0,787564 livre irlandaise
Hypothèses = 5,94573 marks finlandais
= 166,386 pesetas espagnoles
Les taux de change effectifs réels des pays avancés de-
= 13,7603 schillings autrichiens
meureront constants à leur niveau moyen mesuré du-
= 239,640 tolars slovéniens7
rant la période allant du 24 juillet au 21 août 2020. Pour 1Taux de conversion établi le 1er janvier 2011.
2020 et 2021, ces hypothèses se traduisent par les taux 2Taux de conversion établi le 1er janvier 2009.
moyens de conversion suivants : 1,391 et 1,430 pour 3Taux de conversion établi le 1er janvier 2001.

le taux dollar/DTS, 1,143 et 1,230 pour le taux dollar/ 4Taux de conversion établi le 1er janvier 2014.
5Taux de conversion établi le 1er janvier 2008.
euro, et 107,2 et 105,9 pour le taux yen/dollar. 6Taux de conversion établi le 1er janvier 2015.
Le prix du baril de pétrole sera en moyenne de 7Taux de conversion établi le 1er janvier 2007.

41,69 dollars en 2020 et de 46,70 dollars en 2021.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 123


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Modifications récentes peut être pleinement conforme à ces définitions que si les
statisticiens nationaux communiquent des données révi-
• À la suite de la récente publication de l’enquête 2017
sées. En conséquence, les estimations des PEM ne sont
du Programme de comparaison internationale (PCI) adaptées qu’en partie aux définitions des manuels. Dans
sur les nouveaux repères de la parité des pouvoirs de nombreux pays, toutefois, la conversion aux normes
d’achat, les estimations des PEM concernant les pon- actualisées n’aura qu’une faible incidence sur les prin-
dérations de la parité des pouvoirs d’achat et le PIB cipaux soldes et agrégats. Beaucoup d’autres pays ont
évalué en parité des pouvoirs d’achat ont été mises adopté une partie des normes les plus récentes et poursui-
à jour. Pour plus de précisions, voir l’encadré 1.1 de vront leur mise en application au fil des années1.
l’édition d’octobre 2020 des PEM. Les données relatives à la dette budgétaire brute et
• À partir de l’édition d’octobre 2020 des PEM, les nette présentées dans les PEM sont tirées de sources de
données et les prévisions pour le Bangladesh et données officielles et d’estimations des services du FMI.
les Tonga sont présentées sur la base de l’exercice Il a été essayé d’établir les données de la dette brute et de
budgétaire. la dette nette à partir des définitions du MSFP, mais en
• Les données relatives à la Cisjordanie et à Gaza sont raison d’une insuffisance de données ou de la situation
désormais prises en considération dans les PEM. particulière de certains pays, ces données peuvent parfois
La Cisjordanie et Gaza ont été ajoutées au groupe ne pas correspondre aux définitions officielles. Malgré
régional du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. tous les efforts déployés pour garantir la pertinence et la
comparabilité internationale des données des PEM, les
données ne sont pas universellement comparables du fait
Données et conventions des différences concernant la portée des secteurs et des
La base des données des PEM repose sur des données instruments. Au fur et à mesure que de nouvelles infor-
et projections portant sur 195 pays. Les données sont éta- mations deviennent disponibles, les modifications appor-
blies conjointement par le département des études et les tées aux sources de données ou au champ d’application
départements géographiques du FMI, ces derniers prépa- des instruments peuvent donner lieu à des révisions de
rant régulièrement des projections par pays actualisées à données parfois sensibles. Pour plus de précisions sur les
partir d’un ensemble cohérent d’hypothèses mondiales. différences concernant la portée des secteurs ou des ins-
Les services nationaux des statistiques sont la source es- truments, veuillez consulter en ligne les métadonnées de
sentielle des données rétrospectives et des définitions, mais la base de données des PEM.
les institutions internationales participent également aux Les chiffres composites pour les groupes de pays qui
travaux statistiques afin d’harmoniser les méthodes d’éta- figurent dans les PEM correspondent soit à la somme,
blissement des statistiques nationales, notamment les cadres soit à la moyenne pondérée des chiffres des différents
d’analyse, concepts, définitions, classifications et méthodes pays. Sauf indication contraire, les moyennes des taux de
d’évaluation. La base de données des PEM incorpore des croissance sur plusieurs années sont les taux de variation
renseignements communiqués aussi bien par les organismes annuelle composés2. Les moyennes sont des moyennes
nationaux que par les institutions internationales. arithmétiques pondérées dans le groupe des pays émer-
Pour la plupart des pays, les données macroécono- gents et pays en développement, sauf en ce qui concerne
miques présentées dans les PEM sont dans l’ensemble l’inflation et la croissance monétaire, pour lesquelles il
conformes à la version 2008 du Système de comptabi- s’agit d’une moyenne géométrique. Les conventions sui-
lité nationale (SCN 2008). Les normes des statistiques vantes s’appliquent :
sectorielles du FMI (la sixième édition du Manuel de la Les chiffres composites relatifs aux taux de change,
balance des paiements et de la position extérieure globale aux taux d’intérêt et à l’expansion des agrégats moné-
(MBP6), le Manuel et guide d’établissement des statistiques taires sont pondérés par le PIB converti en dollars sur la
monétaires et financières (Guide MSMF) et le Manuel de base des cours de change du marché (moyenne des trois
statistiques de finances publiques 2014 (MSFP 2014) ont 1Beaucoup de pays mettent en œuvre le SCN 2008 ou le Système

toutes été alignées sur le SCN 2008. Elles reflètent l’in- européen des comptes nationaux 2010. Un petit nombre de pays uti-
lise des versions du SCN antérieures à celle de 1993. On s’attend à
térêt particulier porté par l’institution aux positions exté-
une tendance similaire pour ce qui est de l’adoption du MBP6 et du
rieures des pays, à la stabilité de leur secteur financier et à MSFP 2014. Veuillez vous référer au tableau G, qui indique les normes
la position budgétaire de leur secteur public. L’adaptation statistiques observées par chaque pays.
2Les moyennes du PIB réel, de l’inflation, du PIB par habitant et des
des statistiques nationales aux nouvelles normes com-
cours des produits de base sont calculées sur la base des taux de varia-
mence véritablement avec la publication des manuels.
tion annuelle composés, sauf pour le taux de chômage, qui repose sur
Il faut toutefois noter que l’ensemble des statistiques ne une moyenne arithmétique simple.

124 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

années précédentes) en pourcentage du PIB du groupe de importations au niveau mondial ou pour le groupe consi-
pays considéré. déré (enregistrées l’année précédente).
Les chiffres composites portant sur d’autres données de Sauf indication contraire, les chiffres composites sont
l’économie intérieure, qu’il s’agisse de taux de croissance calculés pour les groupes de pays s’ils représentent au
ou de ratios, sont pondérés par le PIB calculé selon les moins 90 % des pondérations du groupe.
parités de pouvoir d’achat en pourcentage du PIB mon- Les données se rapportent aux années civiles, sauf pour
dial ou de celui du groupe considéré3. Les taux annuels un petit nombre de pays qui utilisent les exercices bud-
d’inflation sont de simples variations en pourcentage par gétaires. Le tableau F indique les pays dont la période de
rapport aux années précédentes, sauf dans le cas des pays déclaration est différente pour les données relatives aux
émergents et des pays en développement, pour lesquels comptes nationaux et aux finances publiques.
les taux reposent sur des différences logarithmiques. Pour certains pays, les chiffres de 2019 et des années
Les chiffres composites pour le PIB réel par habi- antérieures reposent sur des estimations, et non sur des
tant calculé selon les parités de pouvoir d’achat sont des données effectives. Le tableau G donne pour chaque pays
sommes des données de chaque pays après conversion en les dernières données effectives pour les indicateurs des
dollar international pour les années indiquées. comptes nationaux, des prix, des finances publiques et de
Sauf indication contraire, les chiffres composites pour la balance des paiements.
tous les secteurs dans la zone euro sont corrigés de ma-
nière à tenir compte des divergences dans la déclaration
des transactions qui s’effectuent à l’intérieur de la zone. Notes sur les pays
Pour les données annuelles sur le PIB, des données non Pour l’Albanie, les projections ont été établies avant
ajustées sont utilisées pour la zone euro et la majorité des la première mission de suivi post-programme, qui a pris
pays, à l’exception de Chypre, de l’Espagne, de l’Irlande fin le 28 septembre, et ne tiennent donc pas compte des
et du Portugal, qui déclarent des données corrigées des mises à jour effectuées pendant la mission.
effets de calendrier. Pour les données antérieures à 1999, Pour l’Argentine, les variables concernant les finances
les agrégations des données se rapportent aux taux de publiques ne sont pas publiées pour 2021–25 et celles
change de l’écu de 1995. concernant l’inflation ne le sont pas pour 2020–25, car
Les chiffres composites pour les données budgétaires elles sont dans une large mesure liées à des négociations
sont les sommes des données nationales après conversion en cours au sujet d’un programme. L’indice des prix à
en dollars aux taux de change moyens du marché pour la consommation (IPC) officiel pour tout le pays est
les années indiquées. établi à partir de décembre 2016. Pour les périodes pré-
Les taux composites du chômage et de l’emploi sont cédentes, les données relatives à l’IPC pour l’Argentine
pondérés par la population active des pays, exprimée en correspondent à celles de l’IPC pour le Grand Buenos
pourcentage de la population active du groupe considéré. Aires (avant décembre 2013), à l’IPC national (IPCNu,
Pour ce qui est des statistiques du secteur extérieur, les de décembre 2013 à octobre 2015), à l’IPC de la ville
chiffres composites représentent la somme des données de Buenos Aires (de novembre 2015 à avril 2016) et à
pour chaque pays, après conversion en dollars aux cours l’IPC du Grand Buenos Aires (de mai à décembre 2016).
de change moyens des années indiquées pour la balance Comme ces séries n’ont pas la même couverture géogra-
des paiements. phique et n’emploient ni les mêmes pondérations, ni les
En ce qui concerne toutefois les volumes et les prix du mêmes méthodes d’échantillonnage, ni la même métho-
commerce extérieur, les chiffres composites représentent dologie, l’inflation moyenne pour 2014–16 et l’inflation
la moyenne arithmétique des pourcentages de variation en fin de période pour 2015–16 n’apparaissent pas dans
enregistrés par les différents pays, pondérée par la valeur l’édition d’octobre 2020 des PEM. En outre, l’Argentine
en dollars de leurs exportations ou importations respec- a mis fin à la publication des données sur le marché du
tives exprimées en pourcentage des exportations ou des travail en décembre 2015 et de nouvelles séries ont été
3Voir l’encadré 1.1 de l’édition d’octobre 2020 des PEM pour une ré- publiées à compter du deuxième trimestre de 2016.
capitulation des coefficients de pondération en parité de pouvoir d’achat Pour l’Australie, les projections ne tiennent pas compte
révisés, ainsi que la « Révision des pondérations de parité de pouvoir du budget du Commonwealth du 6 octobre, qui a été
d’achat » dans la Mise à jour des PEM de juillet 2014, l’encadré A2 de
publié après la date butoir (28 septembre) pour l’établis-
l’édition d’avril 2004 des PEM, l’encadré A1 de l’édition de mai 2000 des
PEM et l’annexe IV de l’édition de mai 1993 des PEM ; voir aussi Anne- sement de l’édition d’octobre 2020 des PEM.
Marie Gulde et Marianne Schulze-Ghattas, « Purchasing Power Parity Les données et les prévisions pour le Bangladesh sont
Based Weights for the World Economic Outlook », dans Staff Studies for the présentées sur la base de l’exercice budgétaire à partir de
World Economic Outlook (Washington, Fonds monétaire international,
l’édition d’octobre 2020 des PEM. Toutefois, les agrégats
décembre 1993), pages 106–23.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 125


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

du PIB réel et du PIB en parité de pouvoir d’achat qui Cette note à propos du système public de retraite ne s’ap-
tiennent compte du Bangladesh sont basés sur des don- plique qu’aux séries relatives aux recettes et à la capacité/
nées de l’année civile. au besoin de financement.
Pour le Bélarus, les projections ont été établies avant Le périmètre des données budgétaires pour l’Uruguay
l’élection présidentielle du 9 août 2020. est passé du secteur public consolidé au secteur public non
Les données budgétaires pour l’Équateur indiquent les financier à partir de l’édition d’octobre 2019 des PEM.
emprunts/prêts nets du secteur public non financier. Les En Uruguay, le secteur public non financier comprend
autorités équatoriennes, avec l’appui technique du FMI, l’administration centrale, les administrations locales, les
procèdent à la révision des données budgétaires rétrospec- caisses de sécurité sociale, les entreprises publiques non fi-
tives pour les emprunts/prêts nets du secteur public non nancières, et la Banco de Seguros del Estado. Les données
financier au cours de la période 2012–17, afin de cor- rétrospectives ont également été révisées en conséquence.
riger les erreurs statistiques récemment constatées en ce Dans ce périmètre budgétaire réduit, qui exclut la banque
qui concerne l’établissement des données au niveau infra- centrale, les actifs et passifs détenus par le secteur public
national et la cohérence entre les données au-dessus de la non financier avec la banque centrale comme contrepartie
ligne et les données de financement par sous-secteurs. ne sont pas enregistrés dans les chiffres de l’endettement.
Les taux de croissance du PIB réel de l’Inde sont tirés Dans ce contexte, les obligations de capitalisation émises
des comptes nationaux, avec comme année de référence auparavant par l’État en faveur de la banque centrale font
2004/05 pour la période 1998–2011 et 2011/12 pour les désormais partie de la dette du secteur public non finan-
années ultérieures. cier. Les estimations de la dette brute et nette pour la pé-
Pour le Liban, les projections pour 2021–25 sont riode 2008–11 sont préliminaires.
omises en raison d’un degré d’incertitude inhabituelle- L’établissement des perspectives économiques du
ment élevé. Venezuela, y compris l’évaluation de l’évolution écono-
Du fait de la guerre civile et de l’insuffisance des capa- mique passée et actuelle comme base des projections, est
cités, la fiabilité des données relatives à la Libye, en par- compliqué par : l’absence d’entretiens avec les autorités
ticulier pour les comptes nationaux et les projections à (la dernière consultation au titre de l’article IV a eu lieu
moyen terme, est faible. en 2004), une compréhension incomplète des données
Le périmètre des séries de finances publiques pour la communiquées et des difficultés dans l’interprétation de
République dominicaine est le suivant : la dette publique, certains indicateurs économiques étant donné l’évolution
le service de la dette ainsi que les soldes corrigés des varia- économique. Les comptes budgétaires incluent l’admi-
tions cycliques et soldes structurels se rapportent au sec- nistration centrale, la sécurité sociale, l’organisme de ga-
teur public consolidé (à savoir l’administration centrale, rantie des dépôts (FOGADE) et une série d’entreprises
le reste du secteur public non financier et la banques cen- publiques, dont Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA) ;
trale) ; les autres séries de finances publiques portent sur les données pour 2018–19 sont des estimations des ser-
l’administration centrale. vices du FMI. Compte tenu des effets de l’hyperinflation
Les données pour la Syrie sont exclues à compter de et du manque de données communiquées, les indica-
2011 en raison de la situation politique incertaine. teurs macroéconomiques projetés par les services du FMI
Les données révisées des comptes nationaux de doivent être interprétés avec prudence. Par exemple, le
l’Ukraine sont disponibles à partir de 2000, mais n’in- PIB nominal est projeté en supposant que le déflateur du
cluent pas la Crimée et Sébastopol à partir de 2010. PIB augmente en phase avec la projection de l’inflation
À compter d’octobre 2018, le système public de re- moyenne estimée par les services du FMI. Le ratio dette
traite de l’Uruguay reçoit des transferts dans le contexte publique extérieure/PIB est estimé à l’aide de l’estimation
d’une nouvelle loi qui indemnise les personnes touchées du taux de change moyen annuel établie par les services
par la création du système mixte de retraite. Ces fonds du FMI. Ces projections sont entourées d’une grande in-
sont enregistrés comme recettes, conformément à la mé- certitude. Les prix à la consommation du Venezuela sont
thodologie du FMI. Ces transferts influent donc sur les exclus de toutes les données de groupe des PEM.
données et les projections pour 2018–21. Ils représen- En 2019, les autorités du Zimbabwe ont adopté le
taient 1,3 % du PIB en 2018 et 1,2 % du PIB en 2019, dollar à règlement brut en temps réel, rebaptisé par la
et devraient représenter 0,8 % en 2020, 0,2 % en 2021 suite dollar du Zimbabwe, et sont en train de redéfinir
et 0 % ultérieurement. Pour de plus amples informa- les statistiques de leurs comptes nationaux. Les données
tions, veuillez consulter le rapport du FMI n° 19/644. actuelles sont sujettes à révision. Le dollar du Zimbabwe
4Uruguay : rapport des services du FMI pour les consultations de 2018
avait auparavant cessé de circuler en 2009 et, entre 2009
au titre de l’article IV, rapport no 19/64 (Washington : Fonds monétaire et 2019, le Zimbabwe a fonctionné sous un régime mul-
international, février 2019). tidevise dont l’unité de compte était le dollar américain.
126 Fonds monétaire international | Octobre 2020
APPENDICE STATISTIQUE

Classification des pays latine et Caraïbes ; Moyen-Orient et Asie centrale (qui


comprend les sous-groupes régionaux « Caucase et Asie cen-
Résumé trale » et « Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan
Les pays sont répartis en deux groupes principaux : pays et Pakistan » ; pays émergents et pays en développement
avancés, et pays émergents et pays en développement5. d’Asie ; pays émergents et pays en développement d’Europe
Loin d’être fixée en fonction de critères immuables, éco- (on parle parfois d’Europe centrale et orientale).
nomiques ou autres, cette classification évolue au fil des Les pays émergents et les pays en développement sont
années. Elle a pour but de faciliter l’analyse en permettant aussi subdivisés en fonction de critères analytiques, qui
d’organiser les données de manière aussi significative que tiennent à la source de leurs recettes d’exportation et à
possible. Le tableau A donne une vue d’ensemble de la la distinction entre pays créanciers nets et pays débiteurs
classification des pays, avec le nombre de pays appartenant nets. Les tableaux D et E donnent le détail de la com-
à chaque groupe présenté par région ainsi que des indica- position des pays émergents et pays en développement,
teurs de la taille de leur économie (PIB calculé sur la base classés par région et en fonction de critères analytiques.
des parités de pouvoir d’achat, total des exportations de La classification des pays selon le critère analytique,
biens et de services, et population). par source de recettes d’exportation, distingue deux caté-
Un certain nombre de pays ne figurent pas actuelle- gories : les combustibles (Classification type pour le com-
ment dans cette classification et ne sont donc pas inclus merce international — CTCI, section 3) et les autres pro-
dans l’analyse. Cuba et la République populaire démo- duits, dont les produits de base autres que les combustibles
cratique de Corée ne sont pas membres du FMI, qui, en (CTCI, sections 0, 1, 2, 4 et 68). Les pays sont classés
conséquence, n’assure aucun suivi de leur économie. dans l’un ou l’autre de ces groupes lorsque leur principale
source de recettes d’exportation dépasse 50 % de leurs
exportations, en moyenne, entre 2015 et 2019.
Caractéristiques générales et composition des La classification en fonction de critères financiers dis-
différents groupes de pays dans la classification tingue les pays créanciers nets, les pays débiteurs nets, les
des Perspectives de l’économie mondiale pays pauvres très endettés (PPTE) et les pays en développe-
Pays avancés ment à faible revenu (PDFR). Les pays sont classés parmi
les débiteurs nets lorsque leur dernière position extérieure
Le tableau B donne la composition du groupe des
globale nette, si elle est disponible, est négative ou que
pays avancés (39 pays). Les sept pays de ce groupe dont
le solde courant qu’ils ont accumulé entre 1972 (ou une
les PIB calculés sur la base des taux de change du marché
année antérieure si des données sont disponibles) et 2019
sont les plus élevés (États-Unis, Japon, Allemagne,
est négatif. Les pays débiteurs nets sont aussi différenciés
France, Italie, Royaume-Uni et Canada) forment le sous-
selon la situation du service de la dette6.
groupe dit des principaux pays avancés, souvent appelé
Le groupe des PPTE comprend tous les pays qui, selon
le Groupe des Sept. Les pays membres de la zone euro
le FMI et la Banque mondiale, peuvent participer à l’ini-
constituent un autre sous-groupe. Les chiffres composites
tiative PPTE en vue de ramener leur dette extérieure à un
figurant dans les tableaux sous la rubrique « zone euro » niveau viable dans un délai relativement bref7. Nombre
se rapportent aux pays qui en font actuellement partie, et de ces pays ont déjà bénéficié d’un allégement de la dette
cela vaut pour toutes les années, bien que le nombre des et ont pu sortir de l’initiative.
pays membres ait augmenté au fil du temps. Les PDFR sont les pays qui ont un revenu par habi-
Le tableau C donne la liste des pays membres de tant inférieur à un certain niveau (fixé à 2 700 dollars en
l’Union européenne, qui ne sont pas tous classés parmi 2016 selon la méthode Atlas de la Banque mondiale),
les pays avancés dans les PEM. des caractéristiques structurelles qui correspondent à un
développement et à une transformation structurelle res-
Pays émergents et pays en développement treints, ainsi que des relations financières extérieures in-
Le groupe des pays émergents et des pays en dévelop- suffisantes pour être considérés de manière générale
comme des pays émergents.
pement (156 pays) rassemble tous les pays qui ne sont
pas des pays avancés. 6Pendant la période 2015–19, 27 pays ont accumulé des arriérés de

Les pays émergents et les pays en développement sont paiements extérieurs ou ont conclu des accords de rééchelonnement de
regroupés par région : Afrique subsaharienne ; Amérique leur dette avec des créanciers officiels ou des banques commerciales. Ce
groupe de pays est désigné sous le nom de pays ayant accumulé des ar-
5Dans la présente étude, les termes « pays » et « économie » ne se riérés ou bénéficié d’un rééchelonnement entre 2015 et 2019.
rapportent pas nécessairement à une entité territoriale constituant un 7Voir David Andrews, Anthony R. Boote, Syed S. Rizavi et

État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Ils s’ap- Sukwinder Singh, Allégement de la dette des pays à faible revenu : l’ini-
pliquent aussi à certaines entités territoriales qui ne sont pas des États, tiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés, brochure du FMI
mais qui établissent indépendamment des statistiques distinctes. n° 51 (Washington, Fonds monétaire international, novembre 1999).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 127


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 20191
(En pourcentage du total pour le groupe considéré ou du total)
Exportations de biens
PIB et de services Population
Nombre Pays Pays Pays
de pays avancés Monde avancés Monde avancés Monde
Pays avancés 39 100,0 43,1 100,0 63,0 100,0 14,1
États-Unis 37,0 15,9 16,3 10,3 30,7 4,3
Zone euro 19 29,0 12,5 41,7 26,3 31,7 4,5
Allemagne 8,1 3,5 11,7 7,4 7,8 1,1
France 5,6 2,4 5,8 3,6 6,1 0,9
Italie 4,6 2,0 4,1 2,6 5,6 0,8
Espagne 3,5 1,5 3,1 2,0 4,3 0,6
Japon 9,4 4,1 5,8 3,7 11,8 1,7
Royaume-Uni 5,6 2,4 5,8 3,6 6,2 0,9
Canada 3,3 1,4 3,5 2,2 3,5 0,5
Autres pays avancés 16 15,7 6,8 26,9 16,9 16,1 2,3
Pour mémoire
Principaux pays avancés 7 73,5 31,7 53,0 33,4 71,6 10,1
Pays émergents Pays émergents Pays émergents
et pays en et pays en et pays en
développement Monde développement Monde développement Monde
Pays émergents et pays en développement 156 100,0 56,9 100,0 37,0 100,0 85,9
Par région
Pays émergents et en développement d’Asie 30 55,4 31,5 49,1 18,2 56,1 48,2
Chine 30,5 17,4 29,1 10,8 21,5 18,5
Inde 12,5 7,1 5,9 2,2 21,0 18,1
ASEAN-5   5 10,0 5,7 12,5 4,6 8,8 7,6
Pays émergents et en développement d’Europe 16 13,4 7,6 16,8 6,2 5,8 5,0
Russie 5,4 3,1 5,3 2,0 2,3 1,9
Amérique latine et Caraïbes 33 13,3 7,6 13,7 5,1 9,7 8,3
Brésil 4,2 2,4 2,9 1,1 3,2 2,8
Mexique 3,4 2,0 5,4 2,0 2,0 1,7
Moyen-Orient et Asie centrale 32 12,6 7,2 15,9 5,9 12,5 10,7
Arabie saoudite 2,2 1,2 3,1 1,2 0,5 0,4
Afrique subsaharienne 45 5,4 3,1 4,5 1,7 15,9 13,6
Nigéria 1,4 0,8 0,8 0,3 3,1 2,7
Afrique du Sud 1,0 0,6 1,2 0,4 0,9 0,8
Classification analytique2
Source des recettes d’exportation
Combustibles 27 15,7 8,9 20,7 7,7 11,7 10,0
Autres produits 128 84,3 48,0 79,3 29,3 88,3 75,8
Dont : produits primaires 36 5,6 3,2 5,2 1,9 9,2 7,9
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 123 53,7 30,6 50,5 18,7 68,5 58,8
Pays débiteurs (net), selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019 27 3,8 2,2 2,9 1,1 7,6 6,6
Autres groupes
Pays pauvres très endettés 39 2,8 1,6 2,0 0,7 11,9 10,2
Pays en développement à faible revenu 59 8,2 4,6 7,4 2,8 23,2 19,9
1Les parts de PIB sont fondées sur le calcul des PIB des pays à parités de pouvoir d’achat (PPA). Le nombre de pays indiqué pour chaque groupe corres-

pond à ceux dont les données sont incluses dans le total.


2La Syrie est exclue du groupe classé par source des recettes d’exportation, et le Soudan du Sud et la Syrie sont exclus du groupe classé par la source de

financement extérieur net en raison de l’insuffisance des données.

128 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau B. Pays avancés classés par sous-groupe


Principales zones monétaires
États-Unis
Japon
Zone euro
Zone euro
Allemagne France Malte
Autriche Grèce Pays-Bas
Belgique Irlande Portugal
Chypre Italie République slovaque
Espagne Lettonie Slovénie
Estonie Lituanie
Finlande Luxembourg
Principaux pays avancés
Allemagne France Royaume-Uni
Canada Italie
États-Unis Japon
Autres pays avancés
Australie Macao (RAS)2 Singapour
Corée Norvège Suède
Danemark Nouvelle-Zélande Suisse
Hong Kong (RAS)1 Porto Rico Taiwan, prov. chinoise de
Islande République tchèque
Israël Saint-Marin
1Le 1er juillet 1997, Hong Kong, dont le territoire a été rétrocédé à la République populaire de Chine,

est devenue une région administrative spéciale de la Chine.


2Le 20 décembre 1999, Macao, dont le territoire a été rétrocédé à la République populaire de Chine,

est devenue une région administrative spéciale de la Chine.

Tableau C. Union européenne


Allemagne Finlande Malte
Autriche France Pays-Bas
Belgique Grèce Pologne
Bulgarie Hongrie Portugal
Chypre Irlande République slovaque
Croatie Italie République tchèque
Danemark Lettonie Roumanie
Espagne Lituanie Slovénie
Estonie Luxembourg Suède

Fonds monétaire international | Octobre 2020 129


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau D. Pays émergents et pays en développement classés par région et par principale source
de recettes d’exportation
Combustibles Autres produits, dont produits primaires
Pays émergents et en développement d’Asie
Brunei Darussalam Îles Marshall
Timor-Leste Îles Salomon
Kiribati
Papouasie-Nouvelle-Guinée
République dém. pop. lao
Tuvalu
Pays émergents et en développement d’Europe
Russie
Amérique latine et Caraïbes
Équateur Argentine
Trinité-et-Tobago Bolivie
Venezuela Chili
Guyana
Paraguay
Pérou
Suriname
Uruguay
Moyen-Orient et Asie centrale
Algérie Afghanistan
Arabie saoudite Mauritanie
Azerbaïdjan Ouzbékistan
Bahreïn Somalie
Émirats arabes unis Soudan
Iran Tadjikistan
Iraq
Kazakhstan
Koweït
Libye
Oman
Qatar
Turkménistan
Yémen
Afrique subsaharienne
Angola Afrique du Sud
Congo, Rép. du Bénin
Gabon Burkina Faso
Guinée équatoriale Burundi
Nigéria Congo, Rép. dém. du
Soudan du Sud Côte d’Ivoire
Tchad Érythrée
Guinée
Guinée Bissau
Libéria
Malawi
Mali
République centrafricaine
Sierra Leone
Zambie
Zimbabwe

130 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette et appartenance aux groupes
des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu
Pays en Pays en
Position extérieure Pays pauvres très développement Position extérieure Pays pauvres très développement
nette1 endettés2 à faible revenu nette1 endettés2 à faible revenu
Pays émergents et en développement d’Asie Monténégro *
Bangladesh * * Pologne *
Bhoutan * * Roumanie *
Brunei Darussalam • Russie •
Cambodge * * Serbie *
Chine • Turquie *
Fidji * Ukraine *
Îles Marshall * Amérique latine et Caraïbes
Îles Salomon * * Antigua-et-Barbuda *
Inde * Argentine •
Indonésie * Aruba *
Kiribati • * Bahamas *
Malaisie * Barbade *
Maldives * Belize *
Micronésie • Bolivie * •
Mongolie * Brésil *
Myanmar * * Chili *
Nauru * Colombie *
Népal • * Costa Rica *
Palaos * Dominique •
Papouasie-Nouvelle- El Salvador *
Guinée * * Équateur *
Philippines * Grenade *
République dém. pop. lao * * Guatemala *
Samoa * Guyana * •
Sri Lanka * Haïti * • *
Thaïlande * Honduras * • *
Timor-Leste • * Jamaïque *
Tonga * Mexique *
Tuvalu * Nicaragua * • *
Vanuatu * Panama *
Viet Nam * * Paraguay *
Pays émergents et en développement d’Europe Pérou *
Albanie * République dominicaine *
Bélarus * Saint-Kitts-et-Nevis *
Bosnie-Herzégovine * Saint-Vincent-et-les
Bulgarie * Grenadines *
Croatie * Sainte-Lucie *
Hongrie * Suriname *
Kosovo * Trinité-et-Tobago •
Macédoine du Nord * Uruguay *
Moldova * * Venezuela •

Fonds monétaire international | Octobre 2020 131


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette et appartenance aux groupes
des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu (fin)
Pays en Pays en
Position extérieure Pays pauvres très développement Position extérieure Pays pauvres très développement
nette1 endettés2 à faible revenu nette1 endettés2 à faible revenu
Moyen-Orient et Asie centrale Cabo Verde *
Afghanistan • • * Cameroun * • *
Algérie • Comores * • *
Arabie saoudite • Congo, Rép. dém. du * • *
Arménie * Congo, Rép. du * • *
Azerbaïdjan • Côte d’Ivoire * • *
Bahreïn • Érythrée • * *
Cisjordanie et Gaza * Eswatini •
Djibouti * * Éthiopie * • *
Égypte * Gabon •
Émirats arabes unis • Gambie * • *
Géorgie * Ghana * • *
Iran • Guinée * • *
Iraq • Guinée Bissau * • *
Jordanie * Guinée équatoriale •
Kazakhstan * Kenya * *
Koweït • Lesotho * *
Liban * Libéria * • *
Libye • Madagascar * • *
Maroc * Malawi * • *
Mauritanie * • * Mali * • *
Oman * Maurice •
Ouzbékistan • * Mozambique * • *
Pakistan * Namibie *
Qatar • Niger * • *
République kirghize * * Nigéria * *
Somalie * * * Ouganda * • *
Soudan * * * République centrafricaine * • *
Syrie3 ... Rwanda * • *
Tadjikistan * * Sao Tomé-et-Principe * • *
Tunisie * Sénégal * • *
Turkménistan • Seychelles *
Yémen * * Sierra Leone * • *
Afrique subsaharienne Soudan du Sud3 ... *
Afrique du Sud • Tanzanie * • *
Angola * Tchad * • *
Bénin * • * Togo * • *
Botswana • Zambie * • *
Burkina Faso * • * Zimbabwe * *
Burundi * • *
1La présence d’un rond (astérisque) indique que le pays est un créditeur (débiteur) net.
2La présence d’un rond au lieu d’un astérisque indique que le pays a atteint le point d’achèvement, ce qui lui permet de recevoir l’allégement de dette total qui a été permis au point
de décision.
3Le Soudan du Sud et la Syrie sont exclus du groupe classé par la source de financement extérieur net en raison de leur base de données encore en cours de composition.

132 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau F. Pays dont la période de déclaration est différente1


Comptes nationaux Finances publiques
Bahamas Juil./juin
Bangladesh Juil./juin Juil./juin
Barbade Avril/mars
Bhoutan Juil./juin Juil./juin
Botswana Avril/mars
Dominique Juil./juin
Égypte Juil./juin Juil./juin
Eswatini Avril/mars
Éthiopie Juil./juin Juil./juin
Haïti Oct./sept. Oct./sept.
Hong Kong (RAS) Avril/mars
Îles Marshall Oct./sept. Oct./sept.
Inde Avril/mars Avril/mars
Iran Avril/mars Avril/mars
Jamaïque Avril/mars
Lesotho Avril/mars Avril/mars
Malawi Juil./juin
Maurice Juil./juin
Micronésie Oct./sept. Oct./sept.
Myanmar Oct./sept. Oct./sept.
Namibie Avril/mars
Nauru Juil./juin Juil./juin
Népal Août/juil. Août/juil.
Pakistan Juil./juin Juil./juin
Palaos Oct./sept. Oct./sept.
Porto Rico Juil./juin Juil./juin
Rwanda Juil./juin
Sainte-Lucie Avril/mars
Samoa Juil./juin Juil./juin
Singapour Avril/mars
Thaïlande Oct./sept.
Tonga Juil./juin Juil./juin
Trinité-et-Tobago Oct./sept.
1Sauf indication contraire, toutes les données portent sur les années civiles.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 133


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Dernières
données Système Utilisation d’une données
Source de données annuelles Année de des comptes méthode à bases Source de données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Afghanistan Afghani BSN 2019 2002/03 SCN 1993 BSN 2019
Afrique du Sud Rand sud-africain BSN 2019 2010 SCN 2008 BSN 2019
Albanie Lek albanais Services du FMI 2018 1996 SECN 2010 Depuis 1996 BSN 2019

Algérie Dinar algérien BSN 2019 2001 SCN 1993 Depuis 2005 BSN 2019
Allemagne Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1991 BSN 2019
Angola Kwanza angolais BSN et MEP 2018 2002 SECN 1995 BSN 2019
Antigua-et-Barbuda Dollar des Caraïbes BC 2019 20066 SCN 1993 BC 2019
orientales
Arabie saoudite Riyal saoudien BSN 2019 2010 SCN 1993 BSN 2019
Argentine Peso argentin BSN 2019 2004 SCN 2008 BSN 2019
Arménie Dram arménien BSN 2019 2005 SCN 2008 BSN 2019
Aruba Florin de Aruba BSN 2017 2000 SCN 1993 Depuis 2000 BSN 2019
Australie Dollar australien BSN 2019 2017/18 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2019
Autriche Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Azerbaïdjan Manat d’Azerbaïdjan BSN 2018 2005 SCN 1993 Depuis 1994 BSN 2018
Bahamas Dollar des Bahamas BSN 2018 2012 SCN 1993 BSN 2018
Bahreïn Dinar de Bahreïn BSN 2019 2010 SCN 2008 BSN 2019
Bangladesh Taka du Bangladesh BSN 2018/19 2005/06 SCN 1993 BSN 2018/19
Barbade Dollar de la Barbade BSN et BC 2019 2010 SCN 1993 BSN 2019
Bélarus Rouble biélorusse BSN 2019 2014 SCN 2008 Depuis 2005 BSN 2019
Belgique Euro BC 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1995 BC 2019
Belize Dollar du Belize BSN 2019 2000 SCN 1993 BSN 2019
Bénin Franc CFA BSN 2018 2015 SCN 1993 BSN 2019
Bhoutan Ngultrum BSN 2018/19 2000/016 SCN 1993 BC 2018/19
du Bhoutan
Bolivie Boliviano bolivien BSN 2019 1990 SCN 2008 BSN 2019

Bosnie-Herzégovine Mark convertible BSN 2018 2015 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2019
Botswana Pula du Botswana BSN 2019 2006 SCN 1993 BSN 2019
Brésil Real brésilien BSN 2019 1995 SCN 2008 BSN 2019

Brunei Darussalam Dollar de Brunei BSN et DAP 2019 2010 SCN 1993 BSN et DAP 2018
Bulgarie Lev bulgare BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1996 BSN 2019
Burkina Faso Franc CFA BSN et MEP 2018 2015 SCN 1993 BSN 2019
Burundi Franc burundais BSN 2015 2005 SCN 1993 BSN 2018
Cabo Verde Escudo cap-verdien BSN 2018 2007 SCN 2008 Depuis 2011 BSN 2019
Cambodge Riel cambodgien BSN 2018 2000 SCN 1993 BSN 2018
Cameroun Franc CFA BSN 2019 2005 SCN 2008 BSN 2019
Canada Dollar canadien BSN 2019 2012 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2019
Chili Peso chilien BC 2019 20136 SCN 2008 Depuis 2003 BSN 2019
Chine Yuan chinois BSN 2019 2015 SCN 2008 BSN 2018
Chypre Euro BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Cisjordanie et Gaza Shekel israélien BSN 2019 2015 SCN 2008 BSN 2019
Colombie Peso colombien BSN 2019 2015 SCN 1993 Depuis 2005 BSN 2019
Comores Franc comorien MdF 2018 2007 ... Depuis 2007 BSN 2019

Congo, Rép. dém. du Franc congolais BSN 2019 2005 SCN 1993 BC 2019
Congo, Rép. du Franc CFA BSN 2018 2005 SCN 1993 BSN 2019

134 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Afghanistan MdF 2019 2001 AC C BSN, MdF et BC 2018 MBP 6
Afrique du Sud MdF 2019 2001 AC, AEF, CSS, autre C BC 2019 MBP 6
Albanie Services du FMI 2018 1986 AC, AL, CSS, SPM, ... BC 2018 MBP 6
SPNF
Algérie MdF 2019 1986 AC C BC 2019 MBP 6
Allemagne BSN 2019 SECN 2010 AC, AEF, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Angola MdF 2018 2001 AC, AL ... BC 2018 MBP 6
Antigua-et-Barbuda MdF 2019 2001 AC C BC 2018 MBP 6

Arabie saoudite MdF 2019 2014 AC C BC 2019 MBP 6


Argentine MEP 2019 1986 AC, AEF, CSS C BSN 2019 MBP 6
Arménie MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Aruba MdF 2019 2001 AC Mixte BC 2019 MBP 6
Australie MdF 2018/19 2014 AC, AEF, AL, CT E BSN 2019 MBP 6
Autriche BSN 2019 2014 AC, AEF, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Azerbaïdjan MdF 2018 ... AC C BC 2018 MBP 6
Bahamas MdF 2018/19 2014 AC C BC 2019 MBP 5
Bahreïn MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Bangladesh MdF 2018/19 ... AC C BC 2018/19 MBP 6
Barbade MdF 2019/20 1986 ACB C BC 2019 MBP 5
Bélarus MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Belgique BC 2019 SECN 2010 AC, AEF, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Belize MdF 2019 1986 AC,SPM Mixte BC 2019 MBP 6
Bénin MdF 2019 1986 AC C BC 2018 MBP 6
Bhoutan MdF 2018/19 1986 AC C BC 2018/19 MBP 6

Bolivie MdF 2019 2001 AC, AL, CSS, SPFNM, C BC 2019 MBP 6
SPNF
Bosnie-Herzégovine MdF 2019 2014 AC, AEF, AL, CSS Mixte BC 2019 MBP 6
Botswana MdF 2018/19 1986 AC C BC 2019 MBP 6
Brésil MdF 2019 2001 AC, AEF, AL, CSS, C BC 2019 MBP 6
SPNF
Brunei Darussalam MdF 2019 ... AC, ACB C BSN, MEP et DAP 2018 MBP 6
Bulgarie MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Burkina Faso MdF 2019 2001 AC CE BC 2018 MBP 6
Burundi MdF 2015 2001 AC E BC 2016 MBP 6
Cabo Verde MdF 2018 2001 AC E BSN 2018 MBP 6
Cambodge MdF 2018 2001 AC, AL Mixte BC 2018 MBP 5
Cameroun MdF 2019 2001 AC, SPNF, SPFNM Mixte MdF 2018 MBP 6
Canada MdF 2019 2001 AC, AEF, AL, CSS, autre E BSN 2019 MBP 6
Chili MdF 2019 2001 AC, AL E BC 2019 MBP 6
Chine MdF 2019 ... AC, AL C DAP 2019 MBP 6
Chypre BSN 2019 SECN 2010 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Cisjordanie et Gaza MdF 2019 2001 AC Mixte BSN 2019 MBP 6
Colombie MdF 2019 2001 AC, AEF, AL, CSS ... BC et BSN 2019 MBP 6
Comores MdF 2018 1986 AC Mixte BC et services 2018 MBP 5
du FMI
Congo, Rép. dém. du MdF 2019 2001 AC, AL E BC 2019 MBP 6
Congo, Rép. du MdF 2018 2001 AC E BC 2017 MBP 6

Fonds monétaire international | Octobre 2020 135


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Dernières
données Système Utilisation d’une données
Source de données annuelles Année de des comptes méthode à bases Source de données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Corée Won coréen BC 2019 2015 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2019
Costa Rica Colon costa-ricien BC 2019 2012 SCN 2008 BC 2019
Côte d’Ivoire Franc CFA BSN 2017 2015 SCN 2008 BSN 2019
Croatie Kuna croate BSN 2019 2015 SECN 2010 BSN 2019
Danemark Couronne danoise BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Djibouti Franc djiboutien BSN 2018 2013 SCN 1993 BSN 2019
Dominique Dollar des Caraïbes BSN 2018 2006 SCN 1993 BSN 2019
orientales
Égypte Livre égyptienne MEP 2018/19 2016/17 SCN 2008 BSN 2019
El Salvador Dollar EU BC 2019 2014 SCN 2008 BSN 2019
Émirats arabes unis Dirham des É.A.U. BSN 2019 2010 SCN 2008 BSN 2019
Équateur Dollar EU BC 2019 2007 SCN 1993 BSN et BC 2019

Érythrée Nakfa d’Érythrée Services du FMI 2018 2011 SCN 1993 BSN 2018
Espagne Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Estonie Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 2010 BSN 2019
Eswatini Lilangeni BSN 2018 2011 SCN 1993 BSN 2019
États-Unis Dollar EU BSN 2019 2012 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2019
Éthiopie Birr éthiopien BSN 2018/19 2015/16 SCN 1993 BSN 2019
Fidji Dollar de Fidji BSN 2018 2014 SCN 1993 BSN 2018
Finlande Euro BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
France Euro BSN 2019 2014 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Gabon Franc CFA MdF 2019 2001 SCN 1993 BSN 2019
Gambie Dalasi gambien BSN 2018 2013 SCN 1993 BSN 2018

Géorgie Lari géorgien BSN 2019 2015 SCN 1993 Depuis 1996 BSN 2019
Ghana Cedi ghanéen BSN 2018 2013 SCN 1993 BSN 2018
Grèce Euro BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Grenade Dollar des Caraïbes BSN 2019 2006 SCN 1993 BSN 2019
orientales
Guatemala Quetzal BC 2019 2013 SCN 1993 Depuis 2001 BSN 2019
guatémaltèque
Guinée Franc guinéen BSN 2018 2010 SCN 1993 BSN 2019
Guinée Bissau Franc CFA BSN 2018 2015 SCN 1993 BSN 2018
Guinée équatoriale Franc CFA MEP et BC 2017 2006 SCN 1993 MEP 2019
Guyana Dollar du Guyana BSN 2019 20126 SCN 2008 BSN 2019
Haïti Gourde haïtienne BSN 2017/18 1986/87 SCN 1993 BSN 2018/19
Honduras Lempira hondurien BC 2019 2000 SCN 1993 BC 2019
Hong Kong (RAS) Dollar de Hong Kong BSN 2019 2018 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2019
Hongrie Forint hongrois BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1995 OEI 2019
Îles Marshall Dollar EU BSN 2017/18 2003/04 SCN 1993 BSN 2017/18
Îles Salomon Dollar des Salomon BC 2019 2012 SCN 1993 BSN 2019
Inde Roupie indienne BSN 2019/20 2011/12 SCN 2008 BSN 2019/20

Indonésie Rupiah indonésienne BSN 2019 2010 SCN 2008 BSN 2019

136 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Corée MdF 2019 2001 AC, CSS C BC 2019 MBP 6
Costa Rica MdF et BC 2019 1986 AC C BC 2019 MBP 6
Côte d’Ivoire MdF 2019 1986 AC E BC 2018 MBP 6
Croatie MdF 2019 2014 AC, AL E BC 2019 MBP 6
Danemark BSN 2019 2014 AC, AL, CSS E BSN 2019 MBP 6
Djibouti MdF 2019 2001 AC E BC 2018 MBP 5
Dominique MdF 2019/20 1986 AC C BC 2018 MBP 6

Égypte MdF 2018/19 2001 AC, AL, CSS, SPM C BC 2018/19 MBP 5
El Salvador MdF et BC 2019 1986 AC, AL, CSS, SPNF C BC 2019 MBP 6
Émirats arabes unis MdF 2018 2001 AC, ACB, AEF, CSS Mixte BC 2018 MBP 5
Équateur BC et MdF 2019 1986 AC, AEF, AL, CSS, Mixte BC 2019 MBP 6
SPNF
Érythrée MdF 2018 2001 AC C BC 2018 MBP 5
Espagne MdF et BSN 2019 SECN 2010 AC, AEF, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Estonie MdF 2019 1986/2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Eswatini MdF 2018/19 2001 AC E BC 2019 MBP 6
États-Unis MEP 2019 2014 AC, AEF, AL E BSN 2019 MBP 6
Éthiopie MdF 2018/19 1986 AC, AEF, AL, SPNF C BC 2019/20 MBP 5
Fidji MdF 2018 1986 AC C BC 2018 MBP 6
Finlande MdF 2019 2014 AC, AL, CSS E BSN 2019 MBP 6
France BSN 2019 2014 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Gabon Services du FMI 2019 2001 AC E BC 2019 MBP 5
Gambie MdF 2018 1986 AC C BC et services 2018 MBP 5
du FMI
Géorgie MdF 2019 2001 AC, AL C BSN et BC 2019 MBP 6
Ghana MdF 2018 2001 AC C BC 2018 MBP 5
Grèce BSN 2019 2014 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Grenade MdF 2019 2014 AC CE BC 2018 MBP 6

Guatemala MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6

Guinée MdF 2019 2001 AC C BC et MEP 2019 MBP 6


Guinée Bissau MdF 2018 2001 AC E BC 2018 MBP 6
Guinée équatoriale MdF et MEP 2017 1986 AC C BC 2017 MBP 5
Guyana MdF 2019 1986 AC, CSS. SPNF C BC 2019 MBP 6
Haïti MdF 2018/19 1986 AC C BC 2018/19 MBP 5
Honduras MdF 2019 2014 AC, AL, CSS, autre Mixte BC 2019 MBP 5
Hong Kong (RAS) BSN 2018/19 2001 AC C BSN 2019 MBP 6
Hongrie MEP et BSN 2019 SECN 2010 AC, AL, CSS, SPFNM E BC 2019 MBP 6
Îles Marshall MdF 2017/18 2001 AC, AL, CSS E BSN 2017/18 MBP 6
Îles Salomon MdF 2019 1986 AC C BC 2019 MBP 6
Inde MdF et services 2018/19 1986 AC, AEF C BC 2018/19 MBP 6
du FMI
Indonésie MdF 2019 2001 AC, AL C BC 2019 MBP 6

Fonds monétaire international | Octobre 2020 137


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Dernières
données Système Utilisation d’une données
Source de données annuelles Année de des comptes méthode à bases Source de données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Iran Rial iranien BC 2019/20 2011/12 SCN 1993 BC 2018/19
Iraq Dinar iraquien BSN 2019 2007 SCN 1968/93 BSN 2019
Irlande Euro BSN 2019 2017 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Islande Couronne islandaise BSN 2018 2005 SECN 2010 Depuis 1990 BSN 2018
Israël Shekel israélien BSN 2019 2015 SCN 2008 Depuis 1995 BSN 2019
Italie Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Jamaïque Dollar jamaïcain BSN 2019 2007 SCN 1993 BSN 2019
Japon Yen japonais DAP 2019 2011 SCN 2008 Depuis 1980 DAP 2019
Jordanie Dinar jordanien BSN 2019 2016 SCN 1993 BSN 2019
Kazakhstan Tenge Kazakh BSN 2019 2007 SCN 1993 Depuis 1994 BC 2019
Kenya Shilling du Kenya BSN 2019 2009 SCN 2008 BSN 2019
Kiribati Dollar australien BSN 2017 2006 SCN 2008 Services du FMI 2017
Kosovo Euro BSN 2019 2016 SECN 2010 BSN 2019
Koweït Dinar koweïtien MEP et BSN 2019 2010 SCN 1993 BSN et MEP 2019
Lesotho Loti du Lesotho BSN 2017/18 2012/13 SCN 2008 BSN 2018
Lettonie Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Liban Livre libanaise BSN 2018 2010 SCN 2008 Depuis 2010 BSN 2019/20

Libéria Dollar EU BC 2018 2018 SCN 1993 BC 2019


Libye Dinar libyen MEP 2017 2007 SCN 1993 BSN 2019
Lituanie Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 2005 BSN 2019
Luxembourg Euro BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Macao (RAS) Pataca de Macao BSN 2019 2018 SCN 2008 Depuis 2001 BSN 2019
Macédoine du Nord Dinar macédonien BSN 2019 2005 SECN 2010 BSN 2019
Madagascar Ariary malgache BSN 2018 2007 SCN 1993 BSN 2019
Malaisie Ringgit malaisien BSN 2019 2015 SCN 2008 BSN 2019
Malawi Kwacha malawien BSN 2011 2010 SCN 2008 BSN 2019
Maldives Rufiyaa des Maldives MdF et BSN 2019 2014 SCN 1993 BC 2019
Mali Franc CFA BSN 2018 1999 SCN 1993 BSN 2018
Malte Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2019
Maroc Dirham marocain BSN 2019 2007 SCN 1993 Depuis 2007 BSN 2019
Maurice Roupie mauricienne BSN 2018 2006 SCN 1993 Depuis 1999 BSN 2018
Mauritanie Ouguiya BSN 2018 2014 SCN 1993 Depuis 2014 BSN 2019
mauritanienne
Mexique Peso mexicain BSN 2019 2013 SCN 2008 BSN 2019

Micronésie Dollar EU BSN 2017/18 2003/04 SCN 1993 BSN 2017/18


Moldova Leu moldave BSN 2019 1995 SCN 1993 BSN 2019
Mongolie Togrog mongol BSN 2019 2010 SCN 1993 BSN 2019
Monténégro Euro BSN 2019 2006 SECN 2010 BSN 2019
Mozambique Metical du BSN 2019 2014 SCN 1993/2008 BSN 2018
Mozambique
Myanmar Kyat du Myanmar MEP 2018/19 2015/16 ... BSN 2018/19
Namibie Dollar namibien BSN 2019 2000 SCN 1993 BSN 2019
Nauru Dollar australien ... 2018 2006/07 SCN 1993 BSN 2019
Népal Roupie népalaise BSN 2018/19 2000/01 SCN 1993 BC 2018/19
Nicaragua Cordoba BC 2019 2006 SCN 1993 Depuis 1994 BC 2019
nicaraguayen
Niger Franc CFA BSN 2019 2015 SCN 1993 BSN 2019
Nigéria Naira nigérien BSN 2019 2010 SCN 2008 BSN 2019

138 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Iran MdF 2018/19 2001 AC C BC 2018/19 MBP 5
Iraq MdF 2018 2001 AC C BC 2018 MBP 6
Irlande MdF et BSN 2019 2001 AC, AL, CSS E BSN 2019 MBP 6
Islande BSN 2019 2001 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Israël MdF et BSN 2019 2014 AC, AL, CSS ... BSN 2019 MBP 6
Italie BSN 2019 2001 AC, AL, CSS E BSN 2019 MBP 6
Jamaïque MdF 2019/20 1986 AC C BC 2019/20 MBP 6
Japon DAP 2018 2014 AC, AL, CSS E MdF 2019 MBP 6
Jordanie MdF 2019 2001 AC, SPNF C BC 2019 MBP 6
Kazakhstan BSN 2019 2001 AC, AL E BC 2019 MBP 6
Kenya MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Kiribati MdF 2017 1986 AC C BSN 2018 MBP 6
Kosovo MdF 2019 ... AC, AL C BC 2019 MBP 6
Koweït MdF 2019 2014 AC, CSS Mixte BC 2018 MBP 6
Lesotho MdF 2019/20 2001 AC, AL C BC 2018/19 MBP 6
Lettonie MdF 2019 SECN 2010 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Liban MdF 2019 2001 AC Mixte BC et services 2019 MBP 5
du FMI
Libéria MdF 2018 2001 AC E BC 2018 MBP 5
Libye MdF 2019 1986 AC, AEF, AL C BC 2017 MBP 6
Lituanie MdF 2019 2014 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Luxembourg MdF 2019 2001 AC, AL, CSS E BSN 2019 MBP 6
Macao (RAS) MdF 2018 2014 AC, CSS C BSN 2018 MBP 6
Macédoine du Nord MdF 2019 1986 AC, AEF, CSS C BC 2019 MBP 6
Madagascar MdF 2019 1986 AC, AL C BC 2019 MBP 6
Malaisie MdF 2019 2001 AC, AEF, AL C BSN 2019 MBP 6
Malawi MdF 2018/19 1986 AC C BSN et DAP 2018 MBP 6
Maldives MdF 2019 1986 AC C BC 2019 MBP 6
Mali MdF 2018 2001 AC Mixte BC 2018 MBP 6
Malte BSN 2019 2001 AC, CSS E BSN 2019 MBP 6
Maroc MEP 2019 2001 AC E DAP 2019 MBP 6
Maurice MdF 2019/20 2001 AC, AL, SPNF C BC 2018 MBP 6
Mauritanie MdF 2019 1986 AC C BC 2018 MBP 6

Mexique MdF 2019 2014 AC, CSS, SPFNM, C BC 2019 MBP 6


SPNF
Micronésie MdF 2017/18 2001 AC, AEF ... BSN 2017/18 MBP 6
Moldova MdF 2019 1986 AC, AL C BC 2019 MBP 6
Mongolie MdF 2019 2001 AC, AEF, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Monténégro MdF 2019 1986/2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Mozambique MdF 2018 2001 AC, AEF Mixte BC 2018 MBP 6

Myanmar MdF 2018/19 2014 AC, SPNF C Services du FMI 2018/19 MBP 6
Namibie MdF 2018/19 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Nauru MdF 2019/20 2001 AC Mixte Services du FMI 2018/19 MBP 6
Népal MdF 2018/19 2001 AC C BC 2018/19 MBP 5
Nicaragua MdF 2018 1986 AC, AL, CSS C Services du FMI 2018 MBP 6

Niger MdF 2019 1986 AC E BC 2018 MBP 6


Nigéria MdF 2019 2001 AC, AEF, AL C BC 2019 MBP 6

Fonds monétaire international | Octobre 2020 139


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Dernières
données Système Utilisation d’une données
Source de données annuelles Année de des comptes méthode à bases Source de données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Norvège Couronne BSN 2018 2017 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
norvégienne
Nouvelle-Zélande Dollar néo-zélandais BSN 2019 2009/10 SCN 2008 Depuis 1987 BSN 2019
Oman Rial omani BSN 2019 2010 SCN 1993 BSN 2019
Ouganda Shilling ougandais BSN 2019 2016 SCN 1993 BC 2018/19
Ouzbékistan Sum ouzbek BSN 2019 2015 SCN 1993 BSN et services 2019
du FMI
Pakistan Roupie pakistanaise BSN 2019/20 2005/066 ... BSN 2019/20
Palaos Dollar EU MdF 2018/19 2014/15 SCN 1993 MdF 2018/19
Panama Dollar EU BSN 2019 2007 SCN 1993 Depuis 2007 BSN 2019

Papouasie- Kina papouan- BSN et MdF 2015 2013 SCN 1993 BSN 2015
Nouvelle-Guinée néo-guinéen
Paraguay Guarani paraguayen BC 2018 2014 SCN 2008 BC 2018

Pays-Bas Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Pérou Sol péruvien BC 2019 2007 SCN 1993 BC 2019

Philippines Peso philippin BSN 2019 2018 SCN 2008 BSN 2019
Pologne Zloty polonais BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 2010 BSN 2019
Porto Rico Dollar EU BSN 2017/18 1954 SCN 1968 BSN 2018/19
Portugal Euro BSN 2019 2016 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Qatar Riyal qatarien BSN et MEP 2019 2018 SCN 1993 BSN et MEP 2019
République Franc CFA BSN 2017 2005 SCN 1993 BSN 2018
centrafricaine
République dém. Kip lao BSN 2018 2012 SCN 1993 BSN 2019
pop. lao
République Peso dominicain BC 2018 2007 SCN 2008 Depuis 2007 BC 2019
dominicaine
République kirghize Som kirghize BSN 2019 2005 SCN 1993 BSN 2019
République slovaque Euro BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1997 BSN 2019
République tchèque Couronne tchèque BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2019
Roumanie Leu roumain BSN 2019 2015 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2019
Royaume-Uni Livre sterling BSN 2019 2016 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Russie Rouble russe BSN 2019 2016 SCN 2008 Depuis 1995 BSN 2019
Rwanda Franc rwandais BSN 2018 2017 SCN 2008 BSN 2019
Saint-Kitts-et-Nevis Dollar des Caraïbes BSN 2019 2006 SCN 1993 BSN 2019
orientales
Saint-Marin Euro BSN 2018 2007 ... BSN 2018
Saint-Vincent-et- Dollar des Caraïbes BSN 2019 2006 SCN 1993 BSN 2019
les Grenadines orientales
Sainte-Lucie Dollar des Caraïbes BSN 2018 2018 SCN 1993 BSN 2018
orientales
Samoa Tala du Samoa BSN 2018/19 2012/13 SCN 2008 BSN 2018/19
Sao Dobra de Sao BSN 2019 2008 SCN 1993 BSN 2019
Tomé-et-Principe Tomé-et-Principe
Sénégal Franc CFA BSN 2019 2014 SCN 1993 BSN 2019
Serbie Dinar serbe BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 2010 BSN 2019

Seychelles Roupie seychelloise BSN 2017 2006 SCN 1993 BSN 2019

140 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Norvège BSN et MdF 2019 2014 AC, AL, CSS E BSN 2018 MBP 6

Nouvelle-Zélande MdF 2018/19 2014 AC, AL E BSN 2019 MBP 6


Oman MdF 2018 2001 AC C BC 2018 MBP 5
Ouganda MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Ouzbékistan MdF 2019 2014 AC, AEF, AL, CSS C BC et MEP 2019 MBP 6

Pakistan MdF 2019/20 1986 AC, AEF, AL C BC 2019/20 MBP 6


Palaos MdF 2018/19 2001 AC ... MdF 2018/19 MBP 6
Panama MdF 2019 2014 AC, AEF, AL, CSS, C BSN 2019 MBP 6
SPNF
Papouasie- MdF 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Nouvelle-Guinée
Paraguay MdF 2019 2001 AC, AEF, AL, CSS, C BC 2018 MBP 6
SPM, SPNF
Pays-Bas MdF 2019 2001 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Pérou BC et MdF 2019 2001 AC, AEF, AL, CSS Mixte BC 2019 MBP 5

Philippines MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6


Pologne MdF et BSN 2019 SECN 2010 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Porto Rico MEP 2015/16 2001 ... E ... ... ...
Portugal BSN 2019 2001 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Qatar MdF 2019 1986 AC C BC et services du FMI 2019 MBP 5
République MdF 2018 2001 AC C BC 2017 MBP 5
centrafricaine
République dém. MdF 2018 2001 AC C BC 2019 MBP 6
pop. lao
République MdF 2019 2014 AC, AEF, AL, CSS, E BC 2018 MBP 6
dominicaine SPFNM
République kirghize MdF 2019 ... AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
République slovaque BSN 2019 2001 AC, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
République tchèque MdF 2019 2014 AC, AL, CSS E BSN 2019 MBP 6
Roumanie MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Royaume-Uni BSN 2019 2001 AC, AL E BSN 2019 MBP 6
Russie MdF 2019 2014 AC, AEF, CSS Mixte BC 2019 MBP 6
Rwanda MdF 2018 1986 AC, AL Mixte BC 2018 MBP 6
Saint-Kitts-et-Nevis MdF 2019 1986 AC, AEF C BC 2018 MBP 6

Saint-Marin MdF 2018 ... AC ... Autre 2018 ...


Saint-Vincent-et- MdF 2019 1986 AC C BC 2018 MBP 6
les Grenadines
Sainte-Lucie MdF 2017/18 1986 AC C BC 2018 MBP 6

Samoa MdF 2018/19 2001 AC E BC 2018/19 MBP 6


Sao Tomé-et-Principe MdF et douanes 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6

Sénégal MdF 2019 2001 AC C BC et services du FMI 2019 MBP 5


Serbie MdF 2019 1986/2001 AC, AEF, AL, CSS, C BC 2018 MBP 6
autre
Seychelles MdF 2019 1986 AC, CSS C BC 2017 MBP 6

Fonds monétaire international | Octobre 2020 141


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Dernières
données Système Utilisation d’une données
Source de données annuelles Année de des comptes méthode à bases Source de données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Sierra Leone Leone de Sierra BSN 2018 2006 SCN 1993 Depuis 2010 BSN 2019
Leone
Singapour Dollar de Singapour BSN 2019 2015 SCN 1993 Depuis 2015 BSN 2019
Slovénie Euro BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2019
Somalie Dollar EU BC 2019 2013 SCN 1993 BC 2019
Soudan Livre soudanaise BSN 2019 1982 SCN 1968 BSN 2019
Soudan du Sud Livre sud-soudanaise BSN et services 2018 2010 SCN 1993 BSN 2019
du FMI
Sri Lanka Roupie sri-lankaise BSN 2019 2010 SCN 1993 BSN 2019
Suède Couronne suédoise BSN 2019 2019 SECN 2010 Depuis 1993 BSN 2019
Suisse Franc suisse BSN 2019 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2019
Suriname Dollar surinamais BSN 2018 2007 SCN 1993 BSN 2019
Syrie Livre syrienne BSN 2010 2000 SCN 1993 BSN 2011
Tadjikistan Somoni du BSN 2018 1995 SCN 1993 BSN 2018
Tadjikistan
Taiwan, prov. Nouveau dollar de BSN 2019 2016 SCN 2008 BSN 2019
chinoise de Taiwan
Tanzanie Shilling tanzanien BSN 2018 2015 SCN 2008 BSN 2018
Tchad Franc CFA BC 2017 2005 SCN 1993 BSN 2019
Thaïlande Baht thaïlandais MEP 2018 2002 SCN 1993 Depuis 1993 MEP 2019
Timor-Leste Dollar EU BSN 2018 20156 SCN 2008 BSN 2019
Togo Franc CFA BSN 2016 2007 SCN 1993 BSN 2019
Tonga Pa’anga des Tonga BC 2018/19 2016/17 SCN 1993 BC 2018/19
Trinité-et-Tobago Dollar de BSN 2018 2012 SCN 1993 BSN 2019
Trinité-et-Tobago
Tunisie Dinar tunisien BSN 2019 2010 SCN 1993 Depuis 2009 BSN 2019
Turkménistan Nouveau manat du BSN 2018 2008 SCN 1993 Depuis 2000 BSN 2018
Turkménistan
Turquie Livre turque BSN 2019 2009 SECN 1995 Depuis 2009 BSN 2019
Tuvalu Dollar australien Conseillers PFTAC 2018 2005 SCN 1993 BSN 2018
Ukraine Hryvnia ukrainienne BSN 2019 2016 SCN 2008 Depuis 2005 BSN 2019
Uruguay Peso uruguayen BC 2019 2005 SCN 1993 BSN 2019

Vanuatu Vatu de Vanuatu BSN 2018 2006 SCN 1993 BSN 2019
Venezuela Bolívar vénézuélien BC 2018 1997 SCN 2008 BC 2019
Viet Nam Dong vietnamien BSN 2019 2010 SCN 1993 BSN 2019
Yémen Rial yéménite Services du FMI 2017 1990 SCN 1993 BSN, BC et 2019
services du FMI
Zambie Kwacha zambien BSN 2018 2010 SCN 2008 BSN 2019
Zimbabwe Dollar du Zimbabwe BSN 2019 2012 ... BSN 2019

142 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

(fin)
Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)
Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Sierra Leone MdF 2019 1986 AC C BC 2018 MBP 5

Singapour MdF et BSN 2019/20 2014 AC C BSN 2019 MBP 6


Slovénie MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Somalie MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 5
Soudan MdF 2019 2001 AC Mixte BC 2019 MBP 6
Soudan du Sud MdF et MEP 2019 ... AC C MdF, BSN et MEP 2018 MBP 6

Sri Lanka MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6


Suède MdF 2018 2001 AC, AL, CSS E BSN 2018 MBP 6
Suisse MdF 2018 2001 AC, AEF, AL, CSS E BC 2019 MBP 6
Suriname MdF 2018 1986 AC Mixte BC 2019 MBP 5
Syrie MdF 2009 1986 AC C BC 2009 MBP 5
Tadjikistan MdF 2018 1986 AC, AL, CSS C BC 2018 MBP 6

Taiwan, prov. MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
chinoise de
Tanzanie MdF 2018 1986 AC, AL C BC 2018 MBP 6
Tchad MdF 2019 1986 AC, SPNF C BC 2013 MBP 5
Thaïlande MdF 2018/19 2001 AC, ACB, AL, CSS E BC 2018 MBP 6
Timor-Leste MdF 2018 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Togo MdF 2019 2001 AC C BC 2018 MBP 6
Tonga MdF 2018/19 2014 AC C BC et BSN 2018/19 MBP 6
Trinité-et-Tobago MdF 2018/19 1986 AC C BC 2019 MBP 6

Tunisie MdF 2019 1986 AC C BC 2019 MBP 5


Turkménistan MdF 2018 1986 AC, AL C BSN et services 2015 MBP 6
du FMI
Turquie MdF 2019 2001 AC, AL, CSS, autre E BC 2019 MBP 6
Tuvalu MdF 2019 ... AC Mixte Services du FMI 2012 MBP 6
Ukraine MdF 2019 2001 AC, AL, CSS C BC 2019 MBP 6
Uruguay MdF 2019 1986 AC, AL, CSS, SPFNM, C BC 2019 MBP 6
SPNF
Vanuatu MdF 2019 2001 AC C BC 2019 MBP 6
Venezuela MdF 2017 2001 ACB, SPNF, CSS, autre C BC 2018 MBP 6
Viet Nam MdF 2018 2001 AC, AEF, AL C BC 2018 MBP 5
Yémen MdF 2019 2001 AC, AL C Services du FMI 2019 MBP 5

Zambie MdF 2019 1986 AC C BC 2018 MBP 6


Zimbabwe MdF 2018 1986 AC C BC et MdF 2018 MBP 6
Note : IPC = indice des prix à la consommation ; MBP = Manuel de la balance des paiements (le chiffre qui suit l’abréviation indique l’édition) ; SCN = Système des comptes nationaux ; SECN =
Système européen des comptes nationaux.
1BC = banque centrale ; BSN = bureau de statistiques national ; DAP = département des administrations publiques ; MdF = ministère des Finances ; MEP = ministère de l’Économie, du Plan,

du Commerce et/ou du Développement ; OEI = organisation économique internationale ; OF = Office des changes ; PFTAC = centre régional d’assistance technique et financière du Pacifique.
2L’année de référence pour les comptes nationaux est la période avec laquelle les autres périodes sont comparées et la période pour laquelle les prix apparaissent au dénominateur des rapports

de prix utilisés pour calculer l’indice.


3L’utilisation d’une méthode à bases enchaînées permet aux pays de mesurer la croissance du PIB avec plus de précision en réduisant ou en éliminant les biais à la baisse

des séries en volume fondées sur des indices qui établissent la moyenne des composantes en volume à partir de pondérations d’une année assez récente.
4AC = administration centrale ; ACB = administration centrale budgétaire ; AEF = administrations d’États fédérés ; AL = administrations locales ; CSS = caisses de sécurité sociale ; CT =

collectivités territoriales ; SPFNM = sociétés publiques financières non monétaires ; SPM = sociétés publiques monétaires, dont banque centrale ; SPNF = sociétés publiques non financières.
5Normes comptables : C = comptabilité de caisse ; CE = comptabilité sur base des engagements ; E = comptabilité d’exercice ; Mixte = comptabilité sur base mixte (droits constatés et caisse).
6L’année de référence n’est pas égale à 100, car le PIB nominal n’est pas mesuré de la même manière que le PIB réel ou les données sont corrigées des variations saisonnières.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 143


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré A1. Hypothèses de politique économique retenues pour les projections

Hypothèses de politique budgétaire stabilité et les lois de finances supplémentaires 2020, et


Les hypothèses de politique budgétaire à court terme sur les mises à jour des données de l’agence nationale des
retenues dans les Perspectives de l’économie mondiale statistiques et du ministère des Finances, après prise en
(PEM) reposent normalement sur les budgets ou lois compte des différences dans le cadre macroéconomique
de finances annoncés par les autorités et corrigés de ma- des services du FMI et les hypothèses concernant les élasti-
nière à tenir compte des différences entre les hypothèses cités des recettes. L’estimation de la dette brute inclut la li-
macroéconomiques et les projections des services du quidation de portefeuilles d’actifs compromis et d’activités
FMI et des autorités nationales. Lorsqu’aucun budget non essentielles qui avaient été transférées à des institu-
officiel n’est annoncé, les mesures dont l’application est tions en cours de liquidation, ainsi que d’autres opérations
jugée probable sont incluses dans les projections bud- d’aide au secteur financier et à l’Union européenne.
gétaires à moyen terme. Les projections budgétaires à Arabie saoudite : Les projections budgétaires de réfé-
moyen terme reposent de manière similaire sur un ju- rence des services du FMI reposent sur la manière dont
gement quant à la trajectoire la plus probable de la poli- les services du FMI comprennent la politique gouverne-
tique des pouvoirs publics. Lorsque les services du FMI mentale telle qu’elle a été mise en évidence dans le cadre
ne disposent pas d’informations suffisantes pour éva- du budget 2020 et des mesures annoncées par le gouver-
luer les intentions gouvernementales et les perspectives nement pour faire face aux répercussions négatives de la
de mise en œuvre des mesures décidées, le solde pri- COVID-19 et la baisse des prix du pétrole. Les recettes
maire structurel est censé rester inchangé, sauf indication du pétrole exporté reposent sur les cours du pétrole qui
contraire. Les hypothèses retenues pour certains pays servent de référence dans les PEM et sur la manière dont
avancés figurent ci-dessous. Veuillez consulter aussi, en les services du FMI comprennent la politique actuelle
ligne et en anglais, les tableaux B5 à B9 de l’appendice des autorités en matière d’exportation de pétrole.
statistique pour des données sur la capacité/le besoin de Argentine : Les projections budgétaires reposent sur les
financement et les soldes structurels1. informations disponibles en ce qui concerne les résultats et
Afrique du Sud : Les hypothèses budgétaires reposent plans budgétaires des administrations fédérale et provin-
principalement sur l’examen du budget 2020. Les re- ciales, les mesures budgétaires annoncées par les autorités
cettes non fiscales excluent les transactions sur actifs et et les projections macroéconomiques des services du FMI.
passifs financiers, car elles impliquent principalement des Australie : Les projections budgétaires reposent
recettes liées à des plus-values sur taux de change (dépôts sur les données du Bureau australien des statistiques,
en monnaies étrangères, vente d’actifs et postes similaires les examens semestriels de l’exercice 2019/20 du
d’un point de vue conceptuel). Commonwealth et des États, les perspectives écono-
Allemagne : Les projections des services du FMI miques et budgétaires de juillet 2020, ainsi que les esti-
pour 2020 et au-delà reposent sur le programme de mations et projections des services du FMI.
Autriche : Les projections budgétaires reposent sur les
1L’écart de production correspond à la différence entre la données de l’organe des statistiques, les projections des
production effective et la production potentielle, en pourcentage de autorités, ainsi que les estimations et les projections des
cette dernière. Les soldes structurels sont exprimés en pourcentage services du FMI.
de la production potentielle. Le solde structurel correspond à la
Belgique : Les projections reposent sur le programme de
différence entre le solde capacité/besoin de financement effectif et
l’impact de la production potentielle sur la production conjonctu- stabilité 2020–21 (qui porte sur deux années uniquement
relle, après correction pour tenir compte de facteurs ponctuels ou en raison du choc de la COVID-19), le projet de budget
autres, comme les cours des actifs et des produits de base et les effets 2020 et d’autres informations disponibles sur les plans
de composition de la production ; par conséquent, ses variations in- budgétaires du gouvernement, avec des ajustements pour
cluent les effets des mesures budgétaires temporaires, l’impact des
tenir compte des hypothèses des services du FMI.
fluctuations de taux d’intérêt et du coût du service de la dette, ainsi
que d’autres fluctuations non cycliques du solde capacité/besoin Brésil : Les projections budgétaires pour 2020 tiennent
de financement. Le calcul du solde structurel repose sur l’estima- compte des mesures annoncées par les autorités au
tion par les services du FMI du PIB potentiel et des élasticités des 31 juillet. Les projections à moyen terme reposent sur
recettes et des dépenses (voir les PEM d’octobre 1993, annexe I). l’hypothèse d’un respect du plafond de dépenses prévu
La dette nette correspond à la différence entre la dette brute et les
dans la Constitution.
actifs financiers correspondant aux instruments de dette. Les esti-
mations de l’écart de production et du solde budgétaire structurel Canada : Les projections s’appuient sur les prévi-
comportent une marge d’incertitude significative. sions de référence du budget fédéral 2019, le Portail

144 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Encadré A1 (suite)

économique et budgétaire 2020 et les derniers budgets au coronavirus (Coronavirus Preparedness and Response
provinciaux disponibles. Les services du FMI ajustent Supplemental Appropriations Act), de la loi relative à la
ces prévisions pour tenir compte des différences dans protection des familles face au coronavirus (Families
les projections macroéconomiques. Les projections du First Coronavirus Response Act), du programme de pro-
FMI incluent également les données les plus récentes des tection des salaires (Paycheck Protection Program) et de
comptes économiques nationaux de Statistique Canada, la loi d’amélioration des services de santé (Health Care
y compris les chiffres des budgets fédéral, provinciaux et Enhancement Act). Enfin, les projections budgétaires sont
territoriaux jusqu’au premier trimestre de 2020. ajustées de manière à tenir compte des prévisions des ser-
Chili : Les projections reposent sur les rapports bud- vices du FMI pour les principales variables macroécono-
gétaires trimestriels des autorités, corrigées de manière à miques et financières et d’un traitement comptable diffé-
tenir compte des projections des services du FMI pour le rent de l’aide au secteur financier et des plans de retraite
PIB et les prix du cuivre. à prestations définies, et sont converties en base adminis-
Chine : Une forte expansion budgétaire est estimée trations publiques. Les données sont établies sur la base
pour 2020 sur la base des mesures liées à la fiscalité et du Système de comptabilité nationale 2008 ; lorsqu’elles
aux dépenses inscrites au budget et annoncées pour atté- sont traduites en statistiques des finances publiques, cela
nuer les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur se fait conformément au Manuel de statistiques de finances
les plans sanitaire et économique. Une légère expansion publiques 2014. En raison des limitations des données, la
est prévue pour 2021 étant donné que l’écart de produc- plupart des séries commencent en 2001.
tion devrait rester relativement élevé. France : Les estimations pour 2019 et les projections
Corée : Les prévisions à moyen terme tiennent compte pour 2020 et au-delà reposent sur les mesures figurant dans
de la trajectoire des dépenses publiques à moyen terme la loi de finances 2018, la loi de finances 2019 et la loi de
pour le solde global budgétaire dans le budget 2021 et finances 2020, corrigées pour tenir compte des différences
le plan budgétaire à moyen terme qui ont été annoncés dans les hypothèses concernant les variables macroécono-
dans le budget 2021, ainsi que de l’ajustement des ser- miques et financières, et les projections des recettes. Les
vices du FMI. données budgétaires rétrospectives reflètent les révisions de
Danemark : Les estimations pour 2020 sont alignées mai 2019, ainsi que la mise à jour des comptes budgétaires,
sur les derniers chiffres officiels, corrigés, le cas échéant, des données sur la dette et des comptes nationaux.
pour tenir compte des hypothèses macroéconomiques Grèce : Les données rétrospectives depuis 2010 re-
des services du FMI. Pour 2021, les projections incluent flètent les ajustements opérés conformément à la défini-
les principaux éléments du programme budgétaire à tion du solde primaire dans le dispositif de surveillance
moyen terme, tels qu’énoncés dans le dernier budget pré- renforcée pour le pays.
senté par les autorités. Hong Kong (RAS) : Les projections reposent sur
Espagne : Les projections budgétaires pour 2020 les projections à moyen terme des autorités en ce qui
tiennent compte des mesures discrétionnaires adoptées concerne les dépenses.
pour faire face à la crise de la COVID-19, des augmenta- Hongrie : Les projections budgétaires incluent les pro-
tions des retraites et des salaires publics prévues par la loi, jections des services du FMI concernant le cadre macro-
ainsi que de l’aide au revenu minimum vital. Les projec- économique et les projets budgétaires annoncés dans le
tions budgétaires à partir de 2021 supposent l’arrivée à budget 2020.
échéance des mesures temporaires liées à la COVID-19 Inde : Les données historiques reposent sur les don-
et aucun autre changement de la politique économique. nées relatives à l’exécution de la loi de finances. Les pro-
Les décaissements au titre de la facilité pour la reprise et jections sont fondées sur les informations disponibles
la résilience de l’Union européenne sont pris en compte ayant trait aux programmes budgétaires des autorités,
dans les projections pour 2021–24. avec certains ajustements pour tenir compte des hy-
États-Unis : Les projections budgétaires reposent sur le pothèses des services du FMI. Les données infranatio-
scénario de référence de janvier 2020 du Congressional nales sont prises en compte avec un retard pouvant aller
Budget Office, corrigé de manière à tenir compte des hy- jusqu’à un an ; les données sur l’ensemble des adminis-
pothèses macroéconomiques et autres des services du trations publiques sont donc finales longtemps après
FMI. Elles incorporent les effets de la loi relative aux cré- celles de l’administration centrale. Les présentations du
dits supplémentaires visant à se préparer et à faire face FMI et des autorités diffèrent, notamment en ce qui

Fonds monétaire international | Octobre 2020 145


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré A1 (suite)

concerne le produit du désinvestissement de l’État et de qui ont été établis en octobre 2018, et sont validés par
l’adjudication de licences, l’enregistrement net/brut des le Conseil de surveillance. En phase avec les hypothèses
recettes dans certaines catégories peu importantes et cer- de ces plans, les projections du FMI tiennent compte de
tains prêts au secteur public. l’aide fédérale à la reconstruction après l’ouragan Maria,
Indonésie : Les projections du FMI sont conformes au qui a dévasté l’île en septembre 2017. Les projections re-
retrait progressif des vastes mesures de relance budgétaire posent aussi sur les hypothèses suivantes : pertes de re-
prises en 2020, y compris le retour à un déficit budgé- cettes liées à l’élimination du financement fédéral pour
taire inférieur à 3 % du PIB d’ici à 2023. la loi sur les soins de santé abordables (Affordable Care
Irlande : Les projections budgétaires reposent sur la loi Act) à compter de 2020 ; élimination des incitations fis-
de finances 2020 et la mise à jour 2020 du programme cales fédérales qui avaient neutralisé les effets de la loi 154
de stabilité. de Porto Rico sur les entreprises étrangères à compter de
Israël : Les données rétrospectives reposent sur les sta- 2018 ; et effets de la loi sur les baisses d’impôts et l’em-
tistiques de finances publiques qui sont établies par le ploi (Tax Cuts and Jobs Act), qui réduisent l’avantage fiscal
Bureau central des statistiques. Les projections supposent pour les entreprises américaines actives à Porto Rico.
une application partielle des deux séries de mesures bud- Étant donné l’incertitude considérable qui entoure l’ac-
gétaires prévues par le parlement pour faire face au choc tion gouvernementale, certaines hypothèses du plan de
lié au coronavirus. finances publiques et de croissance et du FMI pourraient
Italie : Les projections et les estimations des services différer, en particulier en ce qui concerne les effets de la
du FMI reposent sur les plans budgétaires inclus dans réforme de l’impôt sur les sociétés, l’observance fiscale et
le budget et les lois de finances rectificatives de 2020. les ajustements fiscaux (droits et taux) ; la réduction des
L’encours des bons d’épargne postaux arrivant à échéance subventions et des dépenses, le gel des coûts opérationnels
est pris en considération dans l’établissement des projec- de la masse salariale, et l’amélioration de la mobilité ; la
tions concernant la dette. réduction des dépenses, ainsi que l’augmentation de l’effi-
Japon : Les projections s’appuient sur les mesures bud- cience des soins de santé. Sur le plan des dépenses, il s’agit
gétaires déjà annoncées par le gouvernement au 11 sep- de prolonger la loi 66, qui gèle une bonne partie des dé-
tembre, avec certains ajustements pour tenir compte des penses publiques, jusqu’en 2020, ainsi que de réduire les
hypothèses des services du FMI. coûts de fonctionnement, les subventions et les dépenses
Mexique : Les projections budgétaires pour 2020 re- d’éducation. Bien que les hypothèses du FMI soient simi-
posent sur le budget approuvé, mais tiennent compte des laires à celles du scénario du plan comprenant l’ensemble
probables effets de la pandémie de COVID-19 sur les ré- complet des mesures, les projections du FMI pour les re-
sultats budgétaires ; dans les projections pour 2021 et les cettes, les dépenses et le solde sont différentes. Cela s’ex-
années qui suivent, il est supposé que la règle de l’équi- plique par deux différences principales sur le plan mé-
libre budgétaire est observée. Les projections reposent thodologique : premièrement, les projections du FMI
sur les données disponibles jusqu’au 31 août 2020. Elles sont effectuées sur la base des droits constatés, et celles
ne tiennent donc pas compte du projet de budget 2021. du plan, sur la base des encaissements– décaissements.
Nouvelle-Zélande : Les projections budgétaires re- Deuxièmement, les hypothèses macroéconomiques du
posent sur le budget de l’exercice 2020/21et les estima- FMI sont très différentes de celles du plan.
tions des services du FMI. Portugal : Les projections pour l’exercice en cours re-
Pays-Bas : Les projections budgétaires pour 2020–25 re- posent sur le budget approuvé, corrigé de manière à tenir
posent sur les prévisions des services du FMI, le projet de compte des prévisions macroéconomiques des services
loi de finances des autorités et les projections du Bureau du FMI. Les projections pour les années ultérieures re-
d’analyse de la politique économique. Les données rétro- posent sur des politiques inchangées.
spectives ont été révisées après que le Bureau central des Russie : La politique budgétaire sera anticyclique en
statistiques a publié des données macroéconomiques révi- 2020. Elle présentera un certain degré de consolidation
sées en juin 2014 en raison de l’adoption du Système eu- en 2021 et reviendra à la règle budgétaire en 2022.
ropéen des comptes nationaux et régionaux (SEC 2010), Singapour : Pour l’exercice 2020, les projections re-
ainsi que de la révision des sources de données. posent sur la loi de finances (18 février 2020) et les lois
Porto Rico : Les projections budgétaires reposent sur les de finances rectificatives qui ont été adoptées par la suite
plans de finances publiques et de croissance économique, (26 mars, 6 avril, 26 mai). Les services du FMI supposent

146 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Encadré A1 (suite)

que les programmes de soutien de l’exercice 2020 ne de la trajectoire du PIB réel, qui, selon les services du
portent que sur une seule année et que la politique écono- FMI, pourrait ou non être la même que celle prévue par
mique ne sera pas changée pour le reste de la période. le Bureau de la responsabilité budgétaire. Le PIB pour
Suède : Les estimations pour 2019 sont fondées sur les l’exercice est différent de celui pour l’année courante. Les
données du ministère des Finances suédois. Les projec- comptes budgétaires sont présentés sur la base de l’exer-
tions pour 2020 sont basées sur des informations préli- cice. Les projections ne tiennent pas compte des révi-
minaires concernant le projet de loi de finances de l’au- sions comptables (concernant notamment les prêts étu-
tomne 2020. L’effet de l’évolution conjoncturelle sur les diants) entrées en vigueur le 24 septembre 2019.
finances publiques est calculé à l’aide de l’élasticité 2014
de l’OCDE2 de manière à tenir compte des écarts de
production et d’emploi. Hypothèses de politique monétaire
Suisse : Les projections budgétaires pour 2020 Les hypothèses de politique monétaire reposent sur le
tiennent compte des mesures de relance discrétionnaires cadre établi dans chaque pays pour cette politique. Ce
annoncées par les autorités, qui sont autorisées dans le cadre suppose le plus souvent une politique de non-
cadre de la règle du frein à l’endettement en cas de « cir- accompagnement de la conjoncture durant le cycle : les
constances exceptionnelles ». taux d’intérêt officiels augmentent lorsque, d’après les in-
Turquie : La base des projections dans les PEM et le dicateurs économiques, il semble que l’inflation va passer
Moniteur des finances publiques est le solde budgétaire au-dessus du taux ou de la fourchette acceptable, et dimi-
défini par le FMI, qui exclut certains postes des recettes nuent lorsqu’il semble qu’elle ne va pas les dépasser, que
et des dépenses inclus dans le solde global des autorités. le taux de croissance est inférieur au taux potentiel et que
Royaume-Uni : Les projections budgétaires reposent les capacités inemployées sont importantes. En consé-
sur la déclaration budgétaire de 2020 et sur les estima- quence, on suppose que le taux interbancaire offert à
tions révisées du Bureau de la responsabilité budgétaire Londres (LIBOR) sur les dépôts en dollars à six mois sera
(Office for Budget Responsibility). Les projections des en moyenne de 0,7 % en 2020 et 0,4 % en 2021 (voir ta-
dépenses tiennent compte des mesures annoncées par la bleau 1.1), que le taux moyen des dépôts en euros à trois
suite pour faire face à l’épidémie de coronavirus. Les pro- mois sera en moyenne de 0,4 % en 2020 et de 0,5 %
jections des recettes sont en outre corrigées de manière à en 2021, et que le taux d’intérêt des dépôts en yen à six
tenir compte des différences entre les prévisions du FMI mois sera en moyenne de 0,0 % en 2020 et 2021.
pour des variables macroéconomiques (telles que la crois- Afrique du Sud : Les hypothèses de politique moné-
sance du PIB et l’inflation) et les prévisions pour ces va- taire sont compatibles avec le maintien de l’inflation
riables adoptées dans les projections des autorités. Les dans la fourchette cible de 3 % à 6 %.
projections sont établies en supposant que les mesures Arabie saoudite : Les projections de politique moné-
prises pour faire face à l’épidémie de coronavirus arrivent taire reposent sur la poursuite du rattachement au dollar.
à échéance comme annoncé, mais aussi qu’un certain as- Argentine : Les hypothèses de politique monétaire cor-
souplissement budgétaire supplémentaire par rapport respondent à une modeste appréciation réelle cette année
aux politiques annoncées à ce jour se produise au cours et à la nécessité de financer le déficit budgétaire par des
des deux prochaines années pour soutenir la reprise éco- mesures monétaires et de résorber ces liquidités.
nomique, et qu’un assainissement progressif des finances Australie : Les hypothèses de politique monétaire cor-
publiques commence ensuite en vue de stabiliser la dette respondent aux attentes des marchés.
publique dans un délai de cinq ans. Les données des ser- Brésil : Les hypothèses de politique monétaire sont
vices du FMI excluent les banques du secteur public compatibles avec une inflation qui converge progressive-
et l’effet du transfert des actifs du Royal Mail Pension ment vers le milieu de la fourchette cible.
Plan au secteur public en avril 2012. La consommation Canada : Les hypothèses de politique monétaire re-
et l’investissement réels du secteur public font partie posent sur l’analyse effectuée par les services du FMI.
Chili : Les hypothèses de politique monétaire reposent
2Voir Robert Price, Thai Dang et Yvan Guillemette, « New Tax
sur le taux de croissance du PIB.
and Expenditure Elasticity Estimates for EU Budget Surveillance », Chine : La politique monétaire devrait être accom-
document de travail no 1174 du Département des affaires écono-
miques de l’OCDE (Paris : Publications de l’Organisation de coo-
modante en 2020 et rester favorable en 2021 (mais dans
pération et de développement économiques, décembre 2014). une moindre mesure par rapport à 2020).

Fonds monétaire international | Octobre 2020 147


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Encadré A1 (fin)

Corée : Les projections supposent que le taux directeur Mexique : Les hypothèses de politique monétaire sont
évolue conformément aux attentes des marchés. compatibles avec l’objectif d’inflation.
Danemark : La politique monétaire a pour but de Pays-Bas : Les projections monétaires reposent sur les
maintenir le rattachement à l’euro. projections du LIBOR à six mois en euro estimées par
États-Unis : Les services du FMI s’attendent à ce que les services du FMI.
le comité de politique monétaire continue d’ajuster le Nouvelle-Zélande : Les projections monétaires reposent
taux cible pour les fonds fédéraux selon les perspectives sur les estimations de croissance du PIB nominal.
macroéconomiques plus générales. Portugal : Les projections monétaires reposent sur des
Grèce : Les taux d’intérêt sont basés sur le LIBOR re- projections pour les secteurs réel et budgétaire.
tenu dans les PEM, avec l’hypothèse d’un écart pour la Royaume-Uni : La trajectoire des taux d’intérêt à court
Grèce. Les projections concernant la monnaie au sens terme repose sur les anticipations de taux d’intérêt des
large sont basées sur les bilans des établissements finan- marchés.
ciers monétaires et les hypothèses de flux de dépôts. Russie : Les projections monétaires supposent que la
Hong Kong (RAS) : Les services du FMI supposent que banque centrale de Russie applique une politique moné-
le système de caisse d’émission restera inchangé. taire modérément accommodante.
Inde : Les projections de politique monétaire cadrent Singapour : La masse monétaire augmente parallèle-
avec la réalisation de l’objectif d’inflation de la Banque ment à la croissance prévue du PIB nominal.
de réserve d’Inde à moyen terme. Suède : Les projections monétaires correspondent aux
Indonésie : Les hypothèses de politique monétaire projections de la banque centrale.
cadrent avec le maintien de l’inflation dans la fourchette Suisse : Les projections supposent que le taux directeur
ciblée par la banque centrale. ne varie pas en 2020–21.
Israël : Les hypothèses comprennent une orientation Turquie : Les perspectives en matière de conditions
modérément souple de la politique monétaire à court monétaires et financières supposent que la politique mo-
terme et une normalisation de la politique non moné- nétaire ne fait pas l’objet d’un assouplissement supplé-
taire à moyen terme. mentaire en 2020.
Japon : Les hypothèses de politique monétaire corres- Zone euro : Les hypothèses de politique monétaire
pondent aux attentes des marchés. des pays membres sont conformes aux anticipations des
marchés.

148 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Liste des tableaux1

Production mondiale
A1. Production mondiale : récapitulation
A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale
A3. Pays avancés : composantes du PIB réel
A4. Pays émergents et en développement : PIB réel

Inflation
A5. Inflation : récapitulation
A6. Pays avancés : prix à la consommation
A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation

Politiques financières
A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques

Commerce extérieur
A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix

Transactions courantes
A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes
A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes
A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes

Balance des paiements et financement extérieur


A13. État récapitulatif des soldes du compte financier

Flux de ressources
A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement

Scénario de référence à moyen terme


A15. Ensemble du monde — Scénario de référence à moyen terme : récapitulation

1Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 149


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A1. Production mondiale : récapitulation1


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Monde 4,1 3,5 3,5 3,5 3,4 3,3 3,8 3,5 2,8 –4,4 5,2 3,5
Pays avancés 1,7 1,2 1,4 2,1 2,4 1,8 2,5 2,2 1,7 –5,8 3,9 1,7
États-Unis 1,8 2,2 1,8 2,5 3,1 1,7 2,3 3,0 2,2 –4,3 3,1 1,8
Zone euro 1,1 –0,9 –0,2 1,4 2,0 1,9 2,6 1,8 1,3 –8,3 5,2 1,4
Japon 0,6 1,5 2,0 0,4 1,2 0,5 2,2 0,3 0,7 –5,3 2,3 0,6
Autres pays avancés2 2,9 2,0 2,4 2,9 2,1 2,2 2,8 2,3 1,7 –5,5 4,3 2,1
Pays émergents et en développement 6,5 5,4 5,1 4,7 4,3 4,5 4,8 4,5 3,7 –3,3 6,0 4,7
Par région
Pays émergents et en développement
d’Asie 8,6 7,0 6,9 6,8 6,8 6,8 6,7 6,3 5,5 –1,7 8,0 5,9
Pays émergents et en développement
d’Europe 4,8 3,1 3,1 1,8 1,0 1,9 4,1 3,3 2,1 –4,6 3,9 2,6
Amérique latine et Caraïbes 3,6 2,9 2,9 1,3 0,4 –0,6 1,4 1,1 0,0 –8,1 3,6 2,5
Moyen-Orient et Asie centrale 5,6 5,1 3,1 3,1 2,7 4,5 2,6 2,1 1,4 –4,1 3,0 3,3
Afrique subsaharienne 5,9 4,8 5,1 5,2 3,2 1,5 3,1 3,3 3,2 –3,0 3,1 4,3
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 5,6 5,3 2,6 2,2 0,3 1,5 1,0 0,9 0,2 –5,4 2,8 2,1
Autres produits 6,7 5,4 5,7 5,3 5,1 5,1 5,6 5,2 4,3 –2,9 6,6 5,1
Dont : produits primaires 4,5 2,5 4,1 2,2 2,9 1,7 2,8 1,7 1,0 –7,1 4,5 3,3
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 5,3 4,4 4,7 4,4 4,1 4,1 4,8 4,4 3,4 –5,6 5,5 4,9
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019 4,5 1,8 2,9 1,6 0,3 2,7 3,0 3,6 3,2 –2,4 2,6 4,9
Autres groupes
Union européenne 1,5 –0,7 0,0 1,7 2,5 2,1 3,0 2,3 1,7 –7,6 5,0 1,6
Pays en développement à faible revenu 6,3 4,8 5,9 6,2 4,7 3,9 4,9 5,1 5,3 –1,2 4,9 5,7
Moyen-Orient et Afrique du Nord 5,3 5,1 2,6 2,8 2,5 4,9 2,0 1,2 0,8 –5,0 3,2 2,9
Pour mémoire
Taux de croissance médian
Pays avancés 2,2 1,0 1,3 2,3 2,2 2,2 3,0 2,7 1,9 –6,1 4,6 1,8
Pays émergents et en développement 4,7 4,3 4,0 3,8 3,3 3,4 3,7 3,5 3,0 –4,8 4,0 3,5
Pays en développement à faible revenu 5,3 5,1 5,3 5,4 3,9 4,3 4,5 4,0 4,5 –1,8 3,6 5,0
Production par habitant3
Pays avancés 1,1 0,6 0,9 1,6 1,8 1,2 2,1 1,8 1,3 –6,2 3,6 1,4
Pays émergents et en développement 4,7 3,7 3,5 3,1 2,8 3,0 3,4 3,2 2,3 –4,7 4,8 3,6
Pays en développement à faible revenu 3,6 2,0 3,5 3,9 2,2 1,6 2,6 2,8 2,9 –3,3 2,7 3,4
Croissance mondiale sur la base
des cours de change 2,7 2,5 2,6 2,8 2,9 2,6 3,3 3,1 2,4 –4,7 4,8 2,9
Production mondiale
(valeur en milliards de dollars)
Aux cours de change 53 903 74 805 76 990 79 060 74 829 76 022 80 716 85 690 87 552 83 845 91 031 113 482
Sur la base de la parité des pouvoirs d’achat 75 026 100 032 104 954 108 876 111 126 115 336 121 522 128 712 134 557 130 187 139 824 174 434
1PIB réel.
2Hors États-Unis, Japon et zone euro.
3La production par habitant est calculée sur la base de la parité des pouvoirs d’achat.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 151


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale


(Variations annuelles en pourcentage)
4e trimestre1
Moyenne Projections Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025 2019 : T4 2020 : T4 2021 : T4
PIB réel
Pays avancés 1,7 1,2 1,4 2,1 2,4 1,8 2,5 2,2 1,7 –5,8 3,9 1,7 1,5 –4,9 3,8
États-Unis 1,8 2,2 1,8 2,5 3,1 1,7 2,3 3,0 2,2 –4,3 3,1 1,8 2,3 –4,1 3,2
Zone euro 1,1 –0,9 –0,2 1,4 2,0 1,9 2,6 1,8 1,3 –8,3 5,2 1,4 1,0 –6,6 4,8
Allemagne 1,1 0,4 0,4 2,2 1,5 2,2 2,6 1,3 0,6 –6,0 4,2 1,2 0,4 –5,2 4,6
France 1,3 0,3 0,6 1,0 1,1 1,1 2,3 1,8 1,5 –9,8 6,0 1,7 0,8 –6,7 4,0
Italie 0,2 –3,0 –1,8 0,0 0,8 1,3 1,7 0,8 0,3 –10,6 5,2 0,9 0,1 –8,0 3,4
Espagne 1,6 –3,0 –1,4 1,4 3,8 3,0 2,9 2,4 2,0 –12,8 7,2 1,5 1,8 –10,8 6,6
Pays-Bas 1,3 –1,0 –0,1 1,4 2,0 2,2 2,9 2,4 1,7 –5,4 4,0 1,5 1,7 –5,6 5,6
Belgique 1,8 0,7 0,5 1,6 2,0 1,5 1,9 1,5 1,4 –8,3 5,4 1,3 1,3 –7,5 5,6
Autriche 1,7 0,7 0,0 0,7 1,0 2,1 2,5 2,4 1,6 –6,7 4,6 1,6 0,4 –4,2 2,5
Irlande 2,3 0,0 1,6 8,5 25,4 1,7 9,4 9,3 5,9 –3,0 4,9 2,6 7,7 –6,8 9,6
Portugal 0,4 –4,1 –0,9 0,8 1,8 2,0 3,5 2,6 2,2 –10,0 6,5 1,7 2,2 –9,4 7,9
Grèce 0,4 –7,3 –3,2 0,7 –0,4 –0,2 1,5 1,9 1,9 –9,5 4,1 1,0 0,8 –9,2 6,8
Finlande 1,8 –1,4 –0,9 –0,4 0,5 2,8 3,3 1,5 1,1 –4,0 3,6 1,3 0,9 –3,6 4,5
République slovaque 4,9 1,9 0,7 2,8 4,8 2,1 3,0 3,9 2,4 –7,1 6,9 2,5 2,0 –5,4 7,4
Lituanie 4,3 3,8 3,6 3,5 2,0 2,6 4,2 3,6 3,9 –1,8 4,1 2,2 3,9 –2,9 6,6
Slovénie 2,5 –2,6 –1,0 2,8 2,2 3,1 4,8 4,1 2,4 –6,7 5,2 2,3 0,8 –0,4 2,4
Luxembourg 2,7 –0,4 3,7 4,3 4,3 4,6 1,8 3,1 2,3 –5,8 5,9 2,5 3,0 –4,5 5,3
Lettonie 3,7 4,1 2,3 1,9 3,3 1,8 3,8 4,3 2,2 –6,0 5,2 3,0 1,0 –5,9 7,9
Estonie 3,6 3,1 1,3 3,0 1,8 3,2 5,5 4,4 5,0 –5,2 4,5 3,0 4,1 –6,7 7,0
Chypre 3,0 –3,4 –6,6 –1,9 3,4 6,7 4,4 4,1 3,2 –6,4 4,7 2,5 3,2 –2,5 4,3
Malta 2,6 4,1 5,5 7,6 9,6 3,9 8,0 5,2 4,9 –7,9 4,8 4,5 4,3 –7,9 7,1
Japon 0,6 1,5 2,0 0,4 1,2 0,5 2,2 0,3 0,7 –5,3 2,3 0,6 –0,7 –2,3 0,7
Royaume-Uni 1,5 1,5 2,1 2,6 2,4 1,9 1,9 1,3 1,5 –9,8 5,9 1,6 1,1 –6,4 3,7
Corée 4,6 2,4 3,2 3,2 2,8 2,9 3,2 2,9 2,0 –1,9 2,9 2,4 2,4 –3,5 5,0
Canada 2,0 1,8 2,3 2,9 0,7 1,0 3,2 2,0 1,7 –7,1 5,2 1,7 1,5 –5,9 4,9
Australie 3,1 3,8 2,1 2,6 2,3 2,8 2,4 2,8 1,8 –4,2 3,0 2,5 2,3 –5,6 5,2
Taiwan, prov. chinoise de 4,7 2,2 2,5 4,7 1,5 2,2 3,3 2,7 2,7 0,0 3,2 2,1 3,6 –1,3 5,0
Singapour 6,6 4,5 4,8 3,9 3,0 3,2 4,3 3,4 0,7 –6,0 5,0 2,5 1,1 –3,9 3,3
Suisse 1,9 1,0 1,9 2,5 1,3 1,7 1,9 2,7 1,2 –5,3 3,6 1,3 2,2 –5,2 3,6
Suède 2,4 –0,6 1,2 2,7 4,5 2,1 2,6 2,0 1,3 –4,7 3,5 2,0 0,7 –5,5 6,6
Hong Kong (RAS) 4,5 1,7 3,1 2,8 2,4 2,2 3,8 2,8 –1,2 –7,5 3,7 2,9 –3,0 –4,8 4,1
République tchèque 3,1 –0,8 0,0 2,3 5,4 2,5 5,2 3,2 2,3 –6,5 5,1 2,5 2,0 –6,0 6,3
Norvège 1,5 2,7 1,0 2,0 2,0 1,1 2,3 1,3 1,2 –2,8 3,6 1,8 1,8 –4,1 5,5
Israël 3,6 2,3 4,3 3,9 2,2 3,8 3,6 3,5 3,4 –5,9 4,9 4,0 3,9 –7,7 7,5
Danemark 0,8 0,2 0,9 1,6 2,3 3,2 2,0 2,4 2,3 –4,5 3,5 1,7 2,1 –3,7 2,9
Nouvelle-Zélande 2,7 2,5 2,2 3,2 4,1 4,2 3,8 3,2 2,2 –6,1 4,4 2,5 1,8 –5,6 5,6
Porto Rico –0,3 0,0 –0,3 –1,2 –1,0 –1,3 –2,7 –4,9 2,0 –7,5 1,5 –0,3 ... ... ...
Macao (RAS) 13,2 9,2 11,2 –1,2 –21,6 –0,7 9,9 5,4 –4,7 –52,3 23,9 6,0 ... ... ...
Islande 2,4 1,3 4,1 2,1 4,7 6,6 4,5 3,9 1,9 –7,2 4,1 1,8 2,9 –9,0 3,5
Saint-Marin –0,4 –7,2 –0,8 –0,7 2,7 2,3 0,4 1,7 1,1 –11,0 5,7 0,5 ... ... ...
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,4 1,4 1,4 1,9 2,2 1,5 2,3 2,1 1,6 –5,9 3,8 1,5 1,4 –4,6 3,2
Demande intérieure réelle totale
Pays avancés 1,6 0,8 1,1 2,1 2,7 2,0 2,5 2,2 1,8 –5,7 4,0 1,6 1,2 –4,7 4,0
États-Unis 1,7 2,2 1,6 2,7 3,7 1,9 2,5 3,2 2,3 –4,5 3,2 1,8 1,9 –3,9 3,2
Zone euro 1,0 –2,4 –0,5 1,4 2,3 2,4 2,3 1,8 1,9 –7,6 4,9 1,3 1,4 –6,4 4,3
Allemagne 0,6 –0,9 1,1 1,7 1,4 3,1 2,7 1,8 1,2 –4,1 3,4 1,2 0,3 –3,4 3,7
France 1,5 –0,4 0,7 1,5 1,5 1,5 2,4 1,4 1,7 –8,2 6,1 1,3 1,6 –5,1 3,8
Italie 0,3 –5,6 –2,7 0,1 1,2 1,8 1,8 1,1 –0,2 –10,8 5,2 0,9 –0,8 –9,7 6,0
Espagne 1,5 –4,9 –2,9 1,9 4,1 2,1 3,1 2,7 1,2 –12,0 7,2 1,1 –0,1 –9,2 6,7
Japon 0,2 2,3 2,4 0,4 0,8 –0,1 1,6 0,3 0,8 –4,8 2,3 0,5 –1,1 –3,2 3,0
Royaume-Uni 1,4 1,9 2,6 3,2 2,6 2,5 1,2 1,3 1,5 –11,5 7,9 1,6 –1,6 –4,3 3,9
Canada 3,2 2,0 2,2 1,7 –0,2 0,4 4,1 1,9 1,3 –8,3 6,0 1,6 1,6 –6,6 5,5
Autres pays avancés2 3,2 2,0 1,6 2,8 2,5 2,9 3,6 2,6 1,2 –3,5 3,3 2,4 1,6 –3,3 4,4
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,3 1,1 1,4 2,0 2,5 1,7 2,3 2,2 1,7 –5,8 3,9 1,5 0,9 –4,3 3,6
1Parrapport au quatrième trimestre de l’année précédente.
2Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.

152 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A3. Pays avancés : composantes du PIB réel


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
2002–11 2012–21 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Dépenses de consommation privée
Pays avancés 1,7 1,2 1,0 1,2 1,9 2,6 2,3 2,3 2,0 1,7 –7,1 4,4
États-Unis 2,0 1,8 1,5 1,5 3,0 3,8 2,8 2,6 2,7 2,4 –4,9 2,8
Zone euro 0,9 0,3 –1,1 –0,6 0,9 1,9 2,0 1,8 1,5 1,3 –9,2 5,5
Allemagne 0,4 0,9 1,5 0,4 1,1 1,9 2,4 1,5 1,5 1,6 –6,9 4,1
France 1,6 0,5 –0,4 0,5 0,8 1,5 1,8 1,5 0,9 1,5 –8,4 6,1
Italie 0,4 –0,8 –3,7 –2,4 0,2 1,9 1,2 1,5 0,9 0,4 –11,8 4,9
Espagne 1,4 0,0 –3,3 –2,9 1,7 2,9 2,7 3,0 1,8 1,1 –14,8 9,1
Japon 0,7 0,1 2,0 2,4 –0,9 –0,2 –0,3 1,3 0,0 0,1 –7,8 4,3
Royaume-Uni 1,4 1,1 1,6 2,7 2,3 3,0 3,6 2,2 1,6 1,0 –12,6 6,7
Canada 3,1 1,8 1,9 2,6 2,6 2,3 2,1 3,6 2,1 1,6 –8,6 8,9
Autres pays avancés1 3,0 1,8 2,1 2,3 2,5 2,9 2,6 2,8 2,8 1,8 –5,8 4,3
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,5 1,2 1,1 1,3 1,8 2,6 2,2 2,2 1,9 1,7 –6,9 4,1
Consommation publique
Pays avancés 1,8 1,3 0,0 –0,1 0,5 1,7 2,0 1,1 1,7 2,2 2,4 1,8
États-Unis 1,4 0,7 –1,5 –1,9 –0,8 1,6 1,8 0,6 1,5 1,8 1,7 1,9
Zone euro 1,7 1,1 –0,3 0,2 0,8 1,3 1,9 1,1 1,1 1,8 2,2 0,9
Allemagne 1,4 2,1 1,3 1,4 1,7 2,9 4,0 1,6 1,2 2,7 4,8 –0,4
France 1,6 1,1 1,6 1,5 1,3 1,0 1,4 1,4 0,9 1,7 –3,1 3,6
Italie 0,4 –0,2 –1,8 –1,1 –0,6 –0,6 0,7 –0,1 0,1 –0,4 3,1 –1,0
Espagne 4,3 0,5 –4,2 –2,1 –0,7 2,0 1,0 1,0 1,9 2,3 3,7 0,2
Japon 1,3 1,1 1,7 1,5 0,5 1,5 1,4 0,2 0,9 1,9 1,4 –0,4
Royaume-Uni 2,5 1,6 1,1 –0,4 2,0 1,8 1,0 0,3 0,4 3,4 –2,0 9,1
Canada 2,3 1,4 0,7 –0,8 0,6 1,4 1,8 2,3 3,0 2,1 1,5 1,1
Autres pays avancés1 3,0 3,1 2,3 2,7 2,8 2,8 3,2 3,0 3,5 3,5 5,6 2,3
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,5 1,0 –0,2 –0,6 0,1 1,5 1,8 0,7 1,3 1,9 1,4 1,8
Formation brute de capital fixe
Pays avancés 0,8 2,1 2,6 1,8 3,4 3,4 2,3 3,8 2,9 2,4 –6,0 4,6
États-Unis 0,5 3,1 6,9 3,6 5,1 3,7 1,8 3,5 4,8 2,3 –2,7 2,8
Zone euro 0,4 1,1 –3,2 –2,4 1,4 4,7 4,0 3,8 3,1 5,7 –12,0 7,6
Allemagne 0,7 1,6 –0,2 –1,3 3,2 1,7 3,8 2,5 3,5 2,5 –5,0 5,8
France 1,2 0,8 0,2 –0,8 0,0 1,0 2,7 4,7 3,2 4,3 –14,2 8,9
Italie –0,5 –1,0 –9,7 –6,4 –2,2 1,8 4,0 3,2 3,1 1,4 –15,1 12,6
Espagne –0,4 0,4 –7,4 –3,8 4,1 4,9 2,4 5,9 5,3 1,8 –16,2 10,3
Japon –1,8 1,5 3,5 4,9 3,1 1,6 –0,3 3,0 0,6 1,3 –2,5 0,0
Royaume-Uni 0,3 1,4 2,0 3,5 6,6 3,7 3,6 1,6 –0,2 0,7 –14,7 9,0
Canada 3,8 0,8 4,9 1,4 2,3 –5,2 –4,7 3,6 1,2 –0,4 –3,9 9,7
Autres pays avancés1 3,5 1,9 3,2 2,6 2,6 2,3 3,1 5,6 0,9 0,0 –4,0 2,8
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,3 2,1 3,6 2,2 3,8 2,5 1,8 3,3 3,3 2,0 –5,4 4,6

Fonds monétaire international | Octobre 2020 153


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A3. Pays avancés : composantes du PIB réel (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
2002–11 2012–21 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Demande intérieure finale
Pays avancés 1,5 1,4 1,1 1,1 2,0 2,6 2,3 2,4 2,1 2,0 –5,2 3,8
États-Unis 1,6 1,9 2,0 1,3 2,8 3,5 2,4 2,5 3,0 2,3 –3,6 2,7
Zone euro 1,0 0,7 –1,3 –0,8 1,0 2,3 2,4 2,0 1,7 2,4 –7,4 4,9
Allemagne 0,7 1,3 1,1 0,2 1,7 2,1 3,1 1,8 1,9 2,0 –4,0 3,4
France 1,5 0,7 0,2 0,5 0,8 1,3 1,9 2,2 1,4 2,2 –8,5 6,1
Italie 0,2 –0,7 –4,5 –2,9 –0,4 1,4 1,6 1,5 1,2 0,4 –9,6 5,0
Espagne 1,6 0,0 –4,3 –2,9 1,6 3,1 2,3 3,1 2,5 1,1 –12,1 7,3
Japon 0,2 0,6 2,3 2,8 0,2 0,6 0,0 1,5 0,3 0,8 –4,6 2,4
Royaume-Uni 1,4 1,2 1,5 2,2 2,9 2,9 3,1 1,7 1,1 1,4 –11,0 7,5
Canada 3,1 1,4 2,3 1,6 2,1 0,3 0,5 3,3 2,1 1,3 –6,1 6,6
Autres pays avancés1 3,1 2,0 2,4 2,4 2,6 2,7 2,9 3,3 2,4 1,5 –3,3 3,4
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,3 1,3 1,4 1,2 2,0 2,4 2,1 2,2 2,1 1,8 –5,1 3,6
Formation de stock2
Pays avancés 0,1 –0,1 –0,3 0,0 0,1 0,0 –0,3 0,1 0,1 –0,2 –0,5 0,1
États-Unis 0,1 0,0 0,2 0,2 –0,1 0,3 –0,6 0,0 0,2 0,0 –0,9 0,5
Zone euro 0,0 –0,1 –1,1 0,3 0,4 0,0 0,0 0,3 0,0 –0,5 –0,2 0,0
Allemagne 0,0 –0,2 –1,8 0,8 0,0 –0,7 0,0 0,8 –0,1 –0,7 0,0 0,0
France 0,0 0,0 –0,6 0,2 0,7 0,3 –0,4 0,2 0,0 –0,4 0,3 0,0
Italie 0,1 –0,2 –1,1 0,2 0,5 –0,1 0,2 0,2 –0,1 –0,6 –1,2 0,1
Espagne 0,0 –0,2 –0,8 0,1 0,2 –1,5 –0,1 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0
Japon 0,0 0,0 0,0 –0,4 0,1 0,3 –0,1 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0
Royaume-Uni 0,0 0,0 0,4 0,1 0,6 –0,3 –0,6 –0,6 0,2 0,2 0,0 –0,1
Canada 0,1 –0,2 –0,3 0,5 –0,4 –0,5 0,0 0,8 –0,2 0,1 –1,6 –0,6
Autres pays avancés1 0,1 –0,1 –0,4 –0,7 0,2 –0,1 0,0 0,2 0,2 –0,3 –0,2 –0,1
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,0 –0,1 –0,2 0,2 0,1 0,1 –0,4 0,1 0,1 –0,1 –0,6 0,2
Solde extérieur2
Pays avancés 0,1 0,0 0,4 0,2 0,0 –0,3 –0,1 0,0 0,0 –0,1 –0,2 0,0
États-Unis 0,0 –0,2 0,0 0,2 –0,3 –0,8 –0,2 –0,2 –0,3 –0,2 0,3 –0,2
Zone euro 0,2 0,1 1,5 0,3 0,1 –0,2 –0,4 0,4 0,2 –0,5 –1,0 0,5
Allemagne 0,5 –0,1 1,2 –0,5 0,7 0,3 –0,6 0,1 –0,4 –0,6 –2,1 0,9
France –0,3 –0,2 0,7 –0,1 –0,5 –0,4 –0,4 –0,1 0,4 –0,2 –1,5 –0,2
Italie –0,1 0,3 2,6 0,8 –0,1 –0,4 –0,5 0,0 –0,3 0,5 –0,1 0,2
Espagne 0,1 0,2 2,0 1,4 –0,5 –0,1 1,0 –0,1 –0,3 0,5 –1,7 0,0
Japon 0,3 0,0 –0,8 –0,4 0,0 0,3 0,6 0,5 –0,1 –0,2 –0,5 0,1
Royaume-Uni 0,1 –0,2 –0,3 –0,6 –0,7 –0,5 –0,5 0,7 –0,2 0,1 1,9 –1,9
Canada –1,1 0,1 –0,3 0,1 1,2 0,8 0,4 –1,0 0,1 0,2 0,9 –1,2
Autres pays avancés1 0,5 0,2 0,5 0,7 0,5 0,0 0,0 –0,4 0,4 0,7 –0,4 0,4
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,0 –0,1 0,2 0,0 –0,1 –0,4 –0,2 0,0 –0,2 –0,2 –0,1 –0,2
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2Variations en pourcentage du PIB de la période précédente.

154 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Pays émergents et en développement 8,6 7,0 6,9 6,8 6,8 6,8 6,7 6,3 5,5 –1,7 8,0 5,9
d’Asie
Bangladesh 5,9 6,5 6,0 6,1 6,6 7,1 7,3 7,9 8,2 3,8 4,4 7,3
Bhoutan 8,8 6,5 3,6 4,0 6,2 7,4 6,3 3,8 3,8 0,6 –0,5 6,0
Brunei Darussalam 1,5 0,9 –2,1 –2,5 –0,4 –2,5 1,3 0,1 3,9 0,1 3,2 1,8
Cambodge 7,9 7,3 7,4 7,1 7,0 6,9 7,0 7,5 7,0 –2,8 6,8 6,9
Chine 10,7 7,9 7,8 7,3 6,9 6,8 6,9 6,7 6,1 1,9 8,2 5,5
Fidji 1,4 1,4 4,7 5,6 4,7 2,5 5,4 3,5 –1,3 –21,0 11,5 2,2
Îles Marshall 1,0 –2,4 3,7 –0,9 1,6 1,3 4,1 3,6 5,3 –4,5 –0,9 1,8
Îles Salomon 4,9 1,9 5,3 1,0 1,4 5,9 5,3 3,9 1,2 –5,0 4,5 3,0
Inde1 7,7 5,5 6,4 7,4 8,0 8,3 7,0 6,1 4,2 –10,3 8,8 7,2
Indonésie 5,7 6,0 5,6 5,0 4,9 5,0 5,1 5,2 5,0 –1,5 6,1 5,1
Kiribati 1,0 4,7 4,2 –0,7 10,4 5,1 0,9 2,3 2,3 –1,1 3,0 1,8
Lao, Rép. dém. pop. 7,5 7,8 8,0 7,6 7,3 7,0 6,8 6,3 5,2 0,2 4,8 6,1
Malaisie 5,1 5,5 4,7 6,0 5,0 4,4 5,8 4,8 4,3 –6,0 7,8 5,0
Maldives 7,0 2,5 7,3 7,3 2,9 6,3 6,8 6,9 5,7 –18,6 12,7 5,9
Micronésie 0,3 –1,9 –3,7 –2,3 4,6 0,9 2,7 0,2 1,2 –3,8 1,2 0,6
Mongolie 7,5 12,3 11,6 7,9 2,4 1,2 5,3 7,2 5,1 –2,0 6,0 4,5
Myanmar 10,0 6,5 7,9 8,2 7,5 6,4 5,8 6,4 6,5 2,0 5,7 6,5
Nauru ... 10,4 31,0 27,2 3,4 3,0 –5,5 5,7 1,0 0,7 1,3 0,5
Népal 3,8 4,8 4,1 6,0 3,3 0,6 8,2 6,7 7,1 0,0 2,5 5,0
Palaos 0,3 1,6 –1,7 6,0 5,0 –0,4 –2,0 5,8 –1,8 –11,4 –7,4 2,0
Papouasie-Nouvelle-Guinée 4,1 4,7 3,8 13,5 9,5 4,1 3,5 –0,8 4,9 –3,3 1,2 3,2
Philippines 4,9 6,9 6,8 6,3 6,3 7,1 6,9 6,3 6,0 –8,3 7,4 6,5
Samoa 3,3 –4,1 –0,4 0,1 4,3 8,1 1,0 –2,2 3,5 –5,0 –1,5 2,2
Sri Lanka 6,2 9,1 3,4 5,0 5,0 4,5 3,6 3,3 2,3 –4,6 5,3 4,8
Thaïlande 4,3 7,2 2,7 1,0 3,1 3,4 4,1 4,2 2,4 –7,1 4,0 3,7
Timor-Leste2 3,5 6,0 2,1 4,5 3,1 3,6 –3,8 –0,8 3,1 –6,8 4,0 2,6
Tonga 0,4 0,8 0,3 2,0 1,2 6,6 3,3 0,3 0,7 –2,5 –3,5 1,8
Tuvalu 1,4 –3,9 4,9 1,2 9,2 5,9 4,6 3,7 6,0 –0,5 3,0 3,0
Vanuatu 3,4 1,8 2,0 2,3 0,2 3,5 4,4 2,9 3,3 –8,3 4,3 3,0
Viet Nam 6,8 5,5 5,6 6,4 7,0 6,7 6,9 7,1 7,0 1,6 6,7 6,6
Pays émergents et en développement 4,8 3,1 3,1 1,8 1,0 1,9 4,1 3,3 2,1 –4,6 3,9 2,6
d’Europe
Albanie1 5,0 1,4 1,0 1,8 2,2 3,3 3,8 4,1 2,2 –7,5 6,1 3,4
Bélarus1 7,5 1,7 1,0 1,7 –3,8 –2,5 2,5 3,1 1,2 –3,0 2,2 1,3
Bosnie-Herzégovine 3,7 –0,7 2,4 1,1 3,1 3,1 3,2 3,7 2,7 –6,5 5,0 3,5
Bulgarie 4,3 0,4 0,3 1,9 4,0 3,8 3,5 3,1 3,4 –4,0 4,1 2,9
Croatie 2,1 –2,2 –0,5 –0,1 2,4 3,5 3,1 2,7 2,9 –9,0 6,0 3,0
Hongrie 1,8 –1,5 2,0 4,2 3,8 2,2 4,3 5,1 4,9 –6,1 3,9 2,6
Kosovo 4,0 2,8 3,4 1,2 4,1 4,1 4,2 3,8 4,0 –7,5 6,0 4,0
Macédoine du Nord 3,5 –0,5 2,9 3,6 3,9 2,8 1,1 2,7 3,6 –5,4 5,5 3,5
Moldova, Rép. de 5,1 –0,6 9,0 5,0 –0,3 4,4 4,7 4,0 3,6 –4,5 4,1 4,2
Monténégro 3,5 –2,7 3,5 1,8 3,4 2,9 4,7 5,1 3,6 –12,0 5,5 3,0
Pologne 4,2 1,6 1,4 3,3 3,8 3,1 4,9 5,3 4,1 –3,6 4,6 2,4
Roumanie 3,9 2,1 3,5 3,4 3,9 4,8 7,1 4,4 4,1 –4,8 4,6 3,5
Russie 4,8 4,0 1,8 0,7 –2,0 0,2 1,8 2,5 1,3 –4,1 2,8 1,8
Serbie 4,7 –0,7 2,9 –1,6 1,8 3,3 2,0 4,4 4,2 –2,5 5,5 4,0
Turquie 5,8 4,8 8,5 4,9 6,1 3,3 7,5 3,0 0,9 –5,0 5,0 3,5
Ukraine1 4,0 0,2 0,0 –6,6 –9,8 2,4 2,5 3,4 3,2 –7,2 3,0 4,0
Amérique latine et Caraïbes 3,6 2,9 2,9 1,3 0,4 –0,6 1,4 1,1 0,0 –8,1 3,6 2,5
Antigua-et-Barbuda 1,7 3,4 –0,6 3,8 3,8 5,5 3,1 7,0 3,4 –17,3 4,7 3,7
Argentine 4,5 –1,0 2,4 –2,5 2,7 –2,1 2,8 –2,6 –2,1 –11,8 4,9 1,7
Aruba –0,1 –1,4 4,2 0,9 –0,4 0,5 2,3 1,2 0,4 –19,7 9,0 1,1
Bahamas 0,5 3,1 –2,7 1,1 0,2 1,4 3,1 3,0 1,2 –14,8 4,6 1,5
Barbade 0,8 –0,4 –1,4 –0,1 2,4 2,5 0,5 –0,6 –0,1 –11,6 7,4 1,8
Belize 3,4 2,4 1,3 3,6 2,8 0,1 1,9 2,1 –2,0 –16,0 8,0 2,0
Bolivie 4,2 5,1 6,8 5,5 4,9 4,3 4,2 4,2 2,2 –7,9 5,6 3,7
Brésil 3,9 1,9 3,0 0,5 –3,5 –3,3 1,3 1,3 1,1 –5,8 2,8 2,2
Chili 4,5 5,3 4,0 1,8 2,3 1,7 1,2 4,0 1,1 –6,0 4,5 2,5
Colombie 4,6 3,9 5,1 4,5 3,0 2,1 1,4 2,5 3,3 –8,2 4,0 3,7

Fonds monétaire international | Octobre 2020 155


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel (suite)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Amérique latine et Caraïbes (suite) 3,6 2,9 2,9 1,3 0,4 –0,6 1,4 1,1 0,0 –8,1 3,6 2,5
Costa Rica 4,4 4,8 2,3 3,5 3,6 4,2 3,9 2,7 2,1 –5,5 2,3 3,2
Dominique 2,4 –1,1 –0,6 4,4 –2,6 2,5 –9,5 0,5 8,4 –8,8 3,3 1,5
El Salvador 1,9 2,8 2,2 1,7 2,4 2,5 2,3 2,4 2,4 –9,0 4,0 2,2
Équateur 4,5 5,6 4,9 3,8 0,1 –1,2 2,4 1,3 0,1 –11,0 4,8 2,3
Grenade 2,1 –1,2 2,4 7,3 6,4 3,7 4,4 4,1 3,0 –11,8 3,0 2,7
Guatemala 3,6 3,1 3,5 4,4 4,1 2,7 3,0 3,2 3,8 –2,0 4,0 3,3
Guyana 2,7 5,0 3,7 1,7 0,7 3,8 3,7 4,4 5,4 26,2 8,1 1,1
Haïti 0,7 2,9 4,2 2,8 1,2 1,5 1,2 1,5 –1,2 –4,0 1,2 1,4
Honduras 4,2 4,1 2,8 3,1 3,8 3,9 4,8 3,7 2,7 –6,6 4,9 3,7
Jamaïque 0,6 –0,5 0,2 0,6 0,9 1,5 0,7 1,9 0,9 –8,6 3,6 2,1
Mexique 1,9 3,6 1,4 2,8 3,3 2,6 2,1 2,2 –0,3 –9,0 3,5 2,1
Nicaragua 3,2 6,5 4,9 4,8 4,8 4,6 4,6 –4,0 –3,9 –5,5 –0,5 2,1
Panama 6,9 9,8 6,9 5,1 5,7 5,0 5,6 3,7 3,0 –9,0 4,0 5,0
Paraguay 4,2 –0,5 8,4 4,9 3,1 4,3 5,0 3,4 0,0 –4,0 5,5 4,0
Pérou 6,2 6,0 5,8 2,4 3,3 4,1 2,5 4,0 2,2 –13,9 7,3 3,8
République dominicaine 4,7 2,7 4,9 7,1 6,9 6,7 4,7 7,0 5,1 –6,0 4,0 5,0
Saint-Kitts-et-Nevis 1,7 –2,2 5,4 6,3 1,0 2,8 –2,0 2,9 2,8 –18,7 8,0 2,7
Saint-Vincent-et-les Grenadines 2,7 1,4 1,8 1,2 1,3 1,9 1,0 2,2 0,4 –7,0 3,7 2,7
Sainte-Lucie 2,8 –0,3 –2,2 1,3 –0,2 3,8 3,5 2,6 1,7 –16,9 7,2 1,8
Suriname 5,1 2,7 2,9 0,3 –3,4 –5,6 1,8 2,6 0,3 –13,1 1,5 2,1
Trinité-et-Tobago 5,3 –0,7 2,2 –0,9 1,8 –6,3 –2,3 –0,2 0,0 –5,6 2,6 1,5
Uruguay 4,1 3,5 4,6 3,2 0,4 1,7 2,6 1,6 0,2 –4,5 4,3 2,4
Venezuela 3,2 5,6 1,3 –3,9 –6,2 –17,0 –15,7 –19,6 –35,0 –25,0 –10,0 ...
Moyen-Orient et Afrique centrale 5,6 5,1 3,1 3,1 2,7 4,5 2,6 2,1 1,4 –4,1 3,0 3,3
Afghanistan ... 14,0 5,7 2,7 1,0 2,2 2,6 1,2 3,9 –5,0 4,0 4,0
Algérie 3,8 3,4 2,8 3,8 3,7 3,2 1,3 1,4 0,8 –5,5 3,2 0,9
Arabie saoudite 4,5 5,4 2,7 3,7 4,1 1,7 –0,7 2,4 0,3 –5,4 3,1 2,6
Arménie 7,6 7,1 3,4 3,6 3,3 0,2 7,5 5,2 7,6 –4,5 3,5 4,5
Azerbaïdjan 13,5 2,2 5,8 2,8 1,0 –3,1 0,2 1,5 2,2 –4,0 2,0 1,7
Bahreïn 5,3 3,7 5,4 4,4 2,5 3,6 4,3 1,8 1,8 –4,9 2,3 3,3
Cisjordanie et Gaza 6,5 6,1 4,7 –0,2 3,7 8,9 1,4 1,2 0,9 –12,0 8,2 2,0
Djibouti 4,1 4,8 5,0 7,1 7,7 6,7 5,4 8,4 7,5 –1,0 7,0 6,0
Égypte 4,7 2,2 3,3 2,9 4,4 4,3 4,1 5,3 5,6 3,5 2,8 5,6
Émirats arabes unis 4,4 4,5 5,1 4,3 5,1 3,1 2,4 1,2 1,7 –6,6 1,3 2,6
Géorgie 6,5 6,4 3,6 4,4 3,0 2,9 4,8 4,8 5,1 –5,0 5,0 5,2
Iran 4,9 –7,7 –0,3 3,2 –1,6 12,5 3,7 –5,4 –6,5 –5,0 3,2 1,2
Iraq 13,7 13,9 7,6 0,7 2,5 15,2 –2,5 –0,1 4,4 –12,1 2,5 0,9
Jordanie 6,1 2,4 2,6 3,4 2,5 2,0 2,1 1,9 2,0 –5,0 3,4 3,3
Kazakhstan 7,7 4,8 6,0 4,2 1,2 1,1 4,1 4,1 4,5 –2,7 3,0 3,1
Koweït 5,5 6,6 1,2 0,5 0,6 2,9 –4,7 1,2 0,4 –8,1 0,6 2,4
Liban1 5,4 2,5 3,8 2,5 0,2 1,5 0,9 –1,9 –6,9 –25,0 ... ...
Libye1 –8,6 124,7 –36,8 –53,0 –13,0 –7,4 64,0 17,9 9,9 –66,7 76,0 0,3
Maroc 4,7 3,0 4,5 2,7 4,5 1,0 4,2 3,0 2,2 –7,0 4,9 3,7
Mauritanie 4,3 4,5 4,2 4,3 5,4 1,3 3,5 2,1 5,9 –3,2 2,0 4,3
Oman 2,8 9,1 5,1 1,4 4,7 4,9 0,3 0,9 –0,8 –10,0 –0,5 3,1
Ouzbékistan 7,2 7,4 7,6 7,2 7,4 6,1 4,5 5,4 5,6 0,7 5,0 5,5
Pakistan 4,7 3,8 3,7 4,1 4,1 4,6 5,2 5,5 1,9 –0,4 1,0 5,0
Qatar 14,2 4,7 5,6 5,3 4,8 3,1 –1,5 1,2 0,8 –4,5 2,5 2,5
République kirghize 4,1 –0,1 10,9 4,0 3,9 4,3 4,7 3,5 4,5 –12,0 9,8 4,1
Somalie ... 1,2 1,9 2,4 3,5 2,9 1,4 2,8 2,9 –1,5 2,9 3,9
Soudan3 3,6 –17,0 2,0 4,7 1,9 3,5 0,7 –2,3 –2,5 –8,4 0,8 4,5
Syrie4 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Tadjikistan 7,7 7,5 7,4 6,7 6,0 6,9 7,1 7,3 7,5 1,0 6,0 4,0
Tunisie 3,6 4,1 2,8 2,9 1,2 1,2 1,9 2,7 1,0 –7,0 4,0 3,0
Turkménistan 12,7 11,1 10,2 10,3 6,5 6,2 6,5 6,2 6,3 1,8 4,6 5,0
Yémen 2,5 2,4 4,8 –0,2 –28,0 –9,4 –5,1 0,8 2,1 –5,0 0,5 6,2

156 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Afrique subsaharienne 5,9 4,8 5,1 5,2 3,2 1,5 3,1 3,3 3,2 –3,0 3,1 4,3
Angola 8,7 8,5 5,0 4,8 0,9 –2,6 –0,2 –1,2 –0,9 –4,0 3,2 2,9
Afrique du Sud 3,5 2,2 2,5 1,8 1,2 0,4 1,4 0,8 0,2 –8,0 3,0 2,3
Bénin 3,6 4,8 7,2 6,4 1,8 3,3 5,7 6,7 6,9 2,0 5,0 7,0
Botswana 4,7 4,5 11,3 4,1 –1,7 4,3 2,9 4,5 3,0 –9,6 8,7 4,1
Burkina Faso 5,9 6,5 5,8 4,3 3,9 6,0 6,2 6,8 5,7 –2,0 3,9 5,6
Burundi 4,0 4,4 5,9 4,3 –3,9 –0,6 0,5 1,6 1,8 –3,2 3,1 2,6
Cabo Verde 5,2 1,1 0,8 0,6 1,0 4,7 3,7 4,5 5,7 –6,8 4,5 6,2
Cameroun 3,9 4,5 5,4 5,9 5,7 4,6 3,5 4,1 3,9 –2,8 3,4 5,4
Comores 2,9 3,2 4,5 2,1 1,3 3,5 4,2 3,6 1,9 –1,8 2,9 4,2
Congo, Rép. dém. du 5,6 7,1 8,5 9,5 6,9 2,4 3,7 5,8 4,4 –2,2 3,6 4,3
Congo, Rép. du 4,0 9,9 –0,7 6,7 –3,6 –10,7 –4,4 –6,4 –0,6 –7,0 –0,8 2,3
Côte d’Ivoire 0,6 10,9 9,3 8,8 8,8 7,2 7,4 6,8 6,5 1,8 6,2 6,5
Érythrée 2,8 1,9 –10,5 30,9 –20,6 7,4 –10,0 13,0 3,8 –0,6 5,7 3,9
Eswatini 3,7 5,4 3,9 0,9 2,3 1,3 2,0 2,4 1,1 –3,5 1,4 2,1
Éthiopie 8,9 8,7 9,9 10,3 10,4 8,0 10,2 7,7 9,0 1,9 0,0 8,0
Gabon 1,9 5,3 5,5 4,4 3,9 2,1 0,5 1,0 3,8 –2,7 2,1 4,5
Gambie 2,0 5,2 2,9 –1,4 4,1 1,9 4,8 7,2 6,1 –1,8 6,0 5,8
Ghana 6,7 8,5 7,2 2,9 2,2 3,4 8,1 6,3 6,5 0,9 4,2 4,5
Guinée 3,3 5,9 3,9 3,7 3,8 10,8 10,3 6,2 5,6 1,4 6,6 5,0
Guinée Bissau 3,7 –1,7 3,3 1,0 6,1 5,3 4,8 3,4 4,5 –2,9 3,0 5,0
Guinée équatoriale 10,6 8,3 –4,1 0,4 –9,1 –8,8 –5,7 –5,8 –6,1 –6,0 2,2 –2,2
Kenya 4,4 4,6 5,9 5,4 5,7 5,9 4,8 6,3 5,4 1,0 4,7 5,8
Lesotho 4,4 6,1 3,9 2,8 3,3 3,4 –1,0 0,4 1,0 –4,8 3,9 2,1
Libéria 2,5 8,4 8,8 0,7 0,0 –1,6 2,5 1,2 –2,5 –3,0 3,2 5,4
Madagascar 2,2 3,0 2,3 3,3 3,1 4,0 3,9 4,6 4,8 –3,2 3,2 5,0
Malawi 5,8 1,9 5,2 5,7 2,9 2,3 4,0 3,2 4,5 0,6 2,5 6,2
Mali 4,6 –0,7 2,2 6,8 6,6 5,9 5,0 5,2 5,1 –2,0 4,0 5,0
Maurice 4,1 3,5 3,4 3,7 3,6 3,8 3,8 3,8 3,0 –14,2 9,9 3,3
Mozambique 7,6 7,3 7,0 7,4 6,7 3,8 3,7 3,4 2,3 –0,5 2,1 11,2
Namibie 4,3 5,1 5,6 5,8 4,5 –0,3 –0,3 0,7 –1,0 –5,9 3,4 2,7
Niger 4,4 10,5 5,3 6,6 4,4 5,7 5,0 7,2 5,9 0,5 6,9 6,0
Nigéria 8,7 4,3 5,4 6,3 2,7 –1,6 0,8 1,9 2,2 –4,3 1,7 2,5
Ouganda 7,8 2,3 3,9 5,7 6,8 0,4 7,3 6,1 6,7 –0,3 4,9 9,3
République centrafricaine 2,5 5,1 –36,4 0,1 4,3 4,7 4,5 3,8 3,0 –1,0 3,0 5,0
Rwanda 7,3 8,6 5,9 7,8 8,9 6,0 4,0 8,6 9,4 2,0 6,3 6,1
Sao Tomé-et-Principe 5,4 3,1 4,8 6,5 3,8 4,2 3,9 3,0 1,3 –6,5 3,0 4,5
Sénégal 3,7 5,1 2,8 6,6 6,4 6,4 7,4 6,4 5,3 –0,7 5,2 6,0
Seychelles 2,8 3,7 6,0 4,5 4,9 4,6 4,4 3,8 3,9 –13,8 4,2 4,0
Sierra Leone 7,8 15,2 20,7 4,6 –20,5 6,4 3,8 3,5 5,4 –3,1 2,7 4,6
Soudan du Sud ... –52,4 29,3 2,9 –0,2 –13,5 –5,8 –1,9 0,9 4,1 –2,3 5,4
Tanzanie 6,8 5,1 6,8 6,7 6,2 6,9 6,8 7,0 7,0 1,9 3,6 6,7
Tchad 8,6 8,8 5,8 6,9 1,8 –5,6 –2,4 2,3 3,0 –0,7 6,1 3,8
Togo 2,8 6,5 6,1 5,9 5,7 5,6 4,4 4,9 5,3 0,0 3,0 5,5
Zambie 7,5 7,6 5,1 4,7 2,9 3,8 3,5 4,0 1,4 –4,8 0,6 1,2
Zimbabwe1 –2,6 16,7 2,0 2,4 1,8 0,7 4,7 3,5 –6,5 –10,4 4,2 2,2
1Voirles notes relatives à l’Albanie, au Bélarus, à l’Inde, au Liban, à la Libye, à l’Ukraine et au Zimbabwe dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.
2Les données pour le Timor-Leste excluent les projections concernant les exportations pétrolières de la zone d’exploitation pétrolière commune (Joint Petroleum Development Area).
3Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les données pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
4Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 157


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A5. Inflation : récapitulation


(En pourcentage)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Déflateurs du PIB
Pays avancés 1,6 1,3 1,3 1,5 1,2 1,0 1,5 1,7 1,5 1,3 1,4 1,8
États-Unis 2,1 1,9 1,8 1,9 1,0 1,0 1,9 2,4 1,8 1,4 2,2 2,0
Zone euro 1,8 1,3 1,2 0,9 1,4 0,9 1,1 1,4 1,7 1,6 1,2 1,8
Japon –1,2 –0,8 –0,3 1,7 2,1 0,3 –0,2 –0,1 0,6 0,3 0,3 0,4
Autres pays avancés1 2,1 1,3 1,5 1,4 1,2 1,3 1,9 1,7 1,3 1,2 0,9 1,9
Prix à la consommation
Pays avancés 2,0 2,0 1,4 1,4 0,3 0,7 1,7 2,0 1,4 0,8 1,6 1,9
États-Unis 2,4 2,1 1,5 1,6 0,1 1,3 2,1 2,4 1,8 1,5 2,8 2,2
Zone euro2 2,1 2,5 1,3 0,4 0,2 0,2 1,5 1,8 1,2 0,4 0,9 1,7
Japon –0,2 –0,1 0,3 2,8 0,8 –0,1 0,5 1,0 0,5 –0,1 0,3 1,0
Autres pays avancés1 2,3 2,1 1,7 1,5 0,5 0,9 1,8 1,9 1,4 0,5 1,2 1,9
Pays émergents et en développement3 6,4 5,8 5,4 4,7 4,7 4,3 4,4 4,9 5,1 5,0 4,7 4,0
Par région
Pays émergents et en développement d’Asie 4,6 4,6 4,6 3,4 2,6 2,8 2,4 2,7 3,3 3,2 2,9 3,1
Pays émergents et en développement
d’Europe 9,9 6,3 5,5 6,5 10,6 5,5 5,6 6,4 6,6 5,2 5,2 5,3
Amérique latine et Caraïbes 5,6 4,6 4,6 4,9 5,4 5,5 6,3 6,6 7,7 6,2 6,7 4,3
Moyen-Orient et Asie centrale 7,6 8,8 8,3 6,4 5,5 5,7 6,9 9,5 7,8 9,3 9,3 6,5
Afrique subsaharienne 9,4 9,0 6,5 6,3 6,8 10,4 10,7 8,4 8,5 10,6 7,9 6,1
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 9,1 7,7 7,7 6,3 8,8 7,4 5,4 6,5 6,2 6,4 6,7 5,8
Autres produits 5,7 5,3 4,8 4,3 3,9 3,7 4,2 4,6 5,0 4,7 4,3 3,7
Dont : produits primaires4 6,4 6,8 6,4 6,9 5,1 6,0 11,5 13,9 17,6 18,7 16,9 7,0
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 7,2 6,9 6,1 5,6 5,4 5,1 5,6 5,5 5,3 5,4 4,9 4,4
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019 9,1 7,4 6,1 10,0 15,0 9,8 17,2 16,7 13,4 15,5 12,7 6,4
Autres groupes
Union européenne 2,4 2,6 1,4 0,4 0,1 0,2 1,6 1,9 1,4 0,8 1,2 1,8
Pays en développement à faible revenu 9,8 9,9 7,8 7,2 6,5 8,4 9,2 8,8 8,4 11,3 9,2 5,9
Moyen-Orient et Afrique du Nord 7,3 9,0 8,7 6,3 5,6 5,4 6,9 10,7 8,2 9,4 9,9 6,9
Pour mémoire
Taux d’inflation médian
Pays avancés 2,3 2,6 1,4 0,7 0,1 0,6 1,6 1,8 1,5 0,5 1,2 1,9
Pays émergents et en développement3 5,2 4,6 3,7 3,1 2,6 2,7 3,3 3,1 2,6 2,9 2,9 3,0
1Hors États-Unis, Japon et zone euro.
2Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.
3Exclut le Venezuela, mais inclut l’Argentine à partir de 2017. Voir les notes relatives à l’Argentine et au Venezuela dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.
4Inclut l’Argentine à partir de 2017. Voir les notes relatives à ce pays dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.

158 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A6. Pays avancés : prix à la consommation1


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyenne Projections Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025 2019 2020 2021
Pays avancés 2,0 2,0 1,4 1,4 0,3 0,7 1,7 2,0 1,4 0,8 1,6 1,9 1,5 0,9 1,5
États-Unis 2,4 2,1 1,5 1,6 0,1 1,3 2,1 2,4 1,8 1,5 2,8 2,2 2,1 2,1 2,2
Zone euro3 2,1 2,5 1,3 0,4 0,2 0,2 1,5 1,8 1,2 0,4 0,9 1,7 1,3 0,1 1,1
Allemagne 1,7 2,1 1,6 0,8 0,7 0,4 1,7 2,0 1,3 0,5 1,1 2,0 1,5 0,3 1,2
France 1,9 2,2 1,0 0,6 0,1 0,3 1,2 2,1 1,3 0,5 0,6 1,6 1,6 –0,5 1,1
Italie 2,3 3,3 1,2 0,2 0,1 –0,1 1,3 1,2 0,6 0,1 0,6 1,4 0,5 0,1 0,6
Espagne 2,8 2,4 1,4 –0,2 –0,5 –0,2 2,0 1,7 0,7 –0,2 0,8 1,7 0,8 –0,3 0,8
Pays-Bas 1,9 2,8 2,6 0,3 0,2 0,1 1,3 1,6 2,7 1,2 1,5 1,7 2,8 1,3 1,5
Belgique 2,2 2,6 1,2 0,5 0,6 1,8 2,2 2,3 1,2 0,6 1,2 1,6 0,9 0,6 1,1
Autriche 2,0 2,6 2,1 1,5 0,8 1,0 2,2 2,1 1,5 1,2 1,8 2,0 1,8 1,0 1,9
Irlande 2,0 1,9 0,5 0,3 0,0 –0,2 0,3 0,7 0,9 –0,2 0,6 2,0 1,1 0,7 0,6
Portugal 2,4 2,8 0,4 –0,2 0,5 0,6 1,6 1,2 0,3 0,0 1,1 1,5 0,4 0,0 1,2
Grèce 3,4 1,0 –0,9 –1,4 –1,1 0,0 1,1 0,8 0,5 –0,6 0,7 1,8 1,1 –1,1 1,2
Finlande 1,8 3,2 2,2 1,2 –0,2 0,4 0,8 1,2 1,1 0,7 1,3 1,9 1,1 1,2 1,3
République slovaque 3,8 3,7 1,5 –0,1 –0,3 –0,5 1,4 2,5 2,8 1,5 1,5 2,1 3,2 0,2 1,8
Lituanie 3,3 3,2 1,2 0,2 –0,7 0,7 3,7 2,5 2,2 1,3 1,7 2,1 2,7 1,3 1,7
Slovénie 3,5 2,6 1,8 0,2 –0,5 –0,1 1,4 1,7 1,6 0,5 1,8 1,9 1,8 1,2 1,6
Luxembourg 2,8 2,9 1,7 0,7 0,1 0,0 2,1 2,0 1,7 0,4 1,4 1,9 1,8 0,5 1,3
Lettonie 5,5 2,3 0,0 0,7 0,2 0,1 2,9 2,6 2,7 0,6 1,8 2,2 2,1 1,3 2,2
Estonie 4,2 4,2 3,2 0,5 0,1 0,8 3,7 3,4 2,3 0,2 1,4 1,9 1,8 0,2 1,4
Chypre 2,6 3,1 0,4 –0,3 –1,5 –1,2 0,7 0,8 0,6 –0,6 1,0 1,7 0,8 –0,5 0,6
Malte 2,4 3,2 1,0 0,8 1,2 0,9 1,3 1,7 1,5 0,8 1,1 2,0 1,3 0,5 1,6
Japon –0,2 –0,1 0,3 2,8 0,8 –0,1 0,5 1,0 0,5 –0,1 0,3 1,0 0,5 –0,6 0,7
Royaume-Uni 2,4 2,8 2,6 1,5 0,0 0,7 2,7 2,5 1,8 0,8 1,2 2,0 1,4 0,3 1,5
Corée 3,2 2,2 1,3 1,3 0,7 1,0 1,9 1,5 0,4 0,5 0,9 2,0 0,7 0,4 0,8
Canada 2,1 1,5 0,9 1,9 1,1 1,4 1,6 2,3 1,9 0,6 1,3 2,0 2,1 0,3 1,4
Australie 2,9 1,7 2,5 2,5 1,5 1,3 2,0 1,9 1,6 0,7 1,3 2,4 1,8 0,6 1,2
Taiwan, prov. chinoise de 1,1 1,6 1,0 1,3 –0,6 1,0 1,1 1,5 0,5 –0,1 1,0 1,4 1,1 –0,1 1,0
Singapour 2,0 4,6 2,4 1,0 –0,5 –0,5 0,6 0,4 0,6 –0,4 0,3 1,5 0,8 –0,5 0,7
Suisse 0,8 –0,7 –0,2 0,0 –1,1 –0,4 0,5 0,9 0,4 –0,8 0,0 1,0 0,2 –0,8 –0,3
Suède 1,8 0,9 0,4 0,2 0,7 1,1 1,9 2,0 1,6 0,8 1,4 1,8 1,7 0,9 1,5
Hong Kong (RAS) 1,1 4,1 4,3 4,4 3,0 2,4 1,5 2,4 2,9 0,3 2,4 2,4 2,9 0,3 2,4
République tchèque 2,3 3,3 1,4 0,4 0,3 0,7 2,5 2,2 2,9 3,3 2,4 2,0 3,2 3,2 2,4
Norvège 1,8 0,7 2,1 2,0 2,2 3,6 1,9 2,8 2,2 1,4 3,3 2,0 1,4 2,0 1,8
Israël 2,4 1,7 1,5 0,5 –0,6 –0,5 0,2 0,8 0,8 –0,5 0,2 0,8 0,6 –0,6 0,5
Danemark 2,0 2,4 0,5 0,4 0,2 0,0 1,1 0,7 0,7 0,4 0,9 1,6 0,8 0,4 0,9
Nouvelle-Zélande 2,8 1,1 1,1 1,2 0,3 0,6 1,9 1,6 1,6 1,7 0,6 2,0 1,9 1,7 0,0
Porto Rico 3,0 1,3 1,1 0,6 –0,8 –0,3 1,8 1,3 0,1 –1,6 0,6 1,2 0,5 –1,6 0,6
Macao (RAS) 3,0 6,1 5,5 6,0 4,6 2,4 1,2 3,0 2,8 1,7 1,8 2,8 2,6 1,7 1,8
Islande 6,0 5,2 3,9 2,0 1,6 1,7 1,8 2,7 3,0 2,7 2,8 2,5 2,0 3,1 2,5
Saint-Marin ... 2,8 1,6 1,1 0,1 0,6 1,0 1,8 1,0 0,5 0,8 1,2 0,7 0,5 0,8
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,9 1,9 1,3 1,5 0,3 0,8 1,8 2,1 1,5 0,9 1,8 1,9 1,6 1,1 1,6
1Les variations des prix à la consommation sont exprimées en moyennes annuelles.
2Il s’agit de variations mensuelles en glissement annuel et, pour plusieurs pays, de variations trimestrielles.
3Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 159


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation1


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyenne Projections Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025 2019 2020 2021
Pays émergents et en 4,6 4,6 4,6 3,4 2,6 2,8 2,4 2,7 3,3 3,2 2,9 3,1 4,7 1,9 2,9
développement d’Asie
Bangladesh 7,3 8,9 6,8 7,3 6,4 5,9 5,4 5,8 5,5 5,6 5,9 5,5 5,5 6,0 6,0
Bhoutan 5,0 10,1 8,1 9,6 6,7 3,3 4,3 3,7 2,6 3,6 4,6 3,2 2,7 4,5 4,7
Brunei Darussalam 0,4 0,1 0,4 –0,2 –0,3 –0,4 –1,3 1,1 –0,4 0,3 0,5 0,3 0,3 0,3 0,5
Cambodge 5,7 2,9 3,0 3,9 1,2 3,0 2,9 2,4 2,0 2,5 2,9 3,0 3,1 2,1 2,8
Chine 2,6 2,6 2,6 2,0 1,4 2,0 1,6 2,1 2,9 2,9 2,7 2,6 4,5 1,4 2,5
Fidji 4,0 3,4 2,9 0,5 1,4 3,9 3,4 4,1 1,8 –1,3 1,1 2,0 –0,9 –1,8 1,5
Îles Marshall ... 4,3 1,9 1,1 –2,2 –1,5 0,1 0,8 1,2 0,9 1,1 2,0 1,2 0,9 1,1
Îles Salomon 8,5 5,9 5,4 5,2 –0,6 0,5 0,5 3,5 1,8 3,9 3,0 4,2 2,8 3,1 3,5
Inde 7,0 10,0 9,4 5,8 4,9 4,5 3,6 3,4 4,8 4,9 3,7 4,0 6,7 3,4 4,0
Indonésie 7,9 4,0 6,4 6,4 6,4 3,5 3,8 3,3 2,8 2,1 1,6 3,0 2,6 1,5 2,1
Kiribati 2,6 –3,0 –1,5 2,1 0,6 1,9 0,4 0,6 –1,9 1,5 2,0 2,4 –1,2 1,2 1,9
Lao, Rép. dém. pop. 7,6 4,3 6,4 4,1 1,3 1,8 0,7 2,0 3,3 6,5 4,9 3,1 6,3 6,3 3,5
Malaisie 2,4 1,7 2,1 3,1 2,1 2,1 3,8 1,0 0,7 –1,1 2,4 2,0 1,0 –1,1 2,4
Maldives 5,0 10,9 3,8 2,1 1,9 0,8 2,3 1,4 1,3 0,4 2,7 2,0 1,3 1,5 2,1
Micronésie 3,5 6,3 2,2 0,7 –0,2 –0,6 0,1 1,5 1,9 –0,8 2,5 2,0 1,9 –0,8 2,5
Mongolie 9,3 14,3 10,5 12,3 5,7 0,7 4,3 6,8 7,3 5,0 5,5 7,5 5,2 4,5 6,6
Myanmar 16,6 0,4 5,8 5,1 7,3 9,1 4,6 5,9 8,6 6,1 6,2 6,0 9,5 3,3 7,7
Nauru ... 0,3 –1,1 0,3 9,8 8,2 5,1 0,5 4,3 0,9 1,2 2,0 4,5 –0,9 1,2
Népal 6,8 8,3 9,9 9,0 7,2 9,9 4,5 4,1 4,6 6,4 6,0 5,3 6,0 6,0 6,0
Palaos 3,0 5,4 2,8 4,0 2,2 –1,3 1,1 2,0 0,6 0,0 0,0 2,0 –0,4 0,0 0,0
Papouasie-Nouvelle-Guinée 6,0 4,5 5,0 5,2 6,0 6,7 5,4 4,7 3,7 3,4 3,9 3,2 2,7 3,6 4,4
Philippines 5,0 3,0 2,6 3,6 0,7 1,3 2,9 5,2 2,5 2,4 3,0 3,0 2,5 2,6 3,3
Samoa 5,8 6,2 –0,2 –1,2 1,9 0,1 1,3 3,7 2,2 2,8 2,5 2,8 –0,1 2,9 1,9
Sri Lanka 9,0 7,5 6,9 2,8 2,2 4,0 6,6 4,3 4,3 4,7 4,6 5,0 4,8 4,5 4,8
Thaïlande 2,8 3,0 2,2 1,9 –0,9 0,2 0,7 1,1 0,7 –0,4 1,8 1,8 0,9 0,8 0,7
Timor-Leste 5,5 10,9 9,5 0,8 0,6 –1,5 0,5 2,3 0,9 0,9 2,0 2,0 0,3 1,5 2,4
Tonga 7,7 3,3 0,7 2,3 0,1 –0,6 7,2 6,8 3,3 0,5 0,8 2,4 –0,1 0,1 2,5
Tuvalu 2,8 1,4 2,0 1,1 3,1 3,5 4,1 2,1 2,2 1,5 2,2 2,0 2,2 1,5 2,3
Vanuatu 2,6 1,3 1,5 0,8 2,5 0,8 3,1 2,3 2,7 2,9 2,4 2,3 3,5 2,6 2,2
Viet Nam 9,6 9,1 6,6 4,1 0,6 2,7 3,5 3,5 2,8 3,8 4,0 4,0 5,2 3,1 3,7
Pays émergents et en 9,9 6,3 5,5 6,5 10,6 5,5 5,6 6,4 6,6 5,2 5,2 5,3 5,3 5,3 5,2
développement d’Europe
Albanie3 3,1 2,0 1,9 1,6 1,9 1,3 2,0 2,0 1,4 1,4 1,7 3,0 1,1 1,2 2,2
Bélarus 19,5 59,2 18,3 18,1 13,5 11,8 6,0 4,9 5,6 5,1 5,1 4,1 4,7 5,5 4,9
Bosnie-Herzégovine 2,5 2,1 –0,1 –0,9 –1,0 –1,6 0,8 1,4 0,6 –0,8 0,4 2,0 0,7 –0,8 0,4
Bulgarie4 5,6 2,4 0,4 –1,6 –1,1 –1,3 1,2 2,6 2,5 1,2 1,7 2,0 3,1 0,5 2,4
Croatie 2,7 3,4 2,2 –0,2 –0,5 –1,1 1,1 1,5 0,8 0,3 0,8 2,1 1,4 0,2 0,9
Hongrie 5,1 5,7 1,7 –0,2 –0,1 0,4 2,4 2,8 3,4 3,6 3,4 3,0 4,0 3,7 3,1
Kosovo 2,3 2,5 1,8 0,4 –0,5 0,3 1,5 1,1 2,7 0,8 1,2 1,9 1,2 1,5 1,2
Macédoine du Nord 2,0 3,3 2,8 –0,3 –0,3 –0,2 1,4 1,5 0,8 0,9 1,3 2,2 0,4 1,0 1,4
Moldova, Rép. de 9,3 4,6 4,6 5,1 9,6 6,4 6,6 3,1 4,8 2,8 2,3 5,0 7,5 0,5 6,0
Monténégro 5,4 4,1 2,2 –0,7 1,5 –0,3 2,4 2,6 0,4 –0,1 0,7 1,7 1,1 –0,4 0,9
Pologne 2,6 3,7 0,9 0,0 –0,9 –0,6 2,0 1,6 2,3 3,3 2,3 2,4 3,4 2,2 2,0
Roumanie 9,4 3,3 4,0 1,1 –0,6 –1,6 1,3 4,6 3,8 2,9 2,5 2,5 4,0 2,7 2,7
Russie 11,2 5,1 6,8 7,8 15,5 7,0 3,7 2,9 4,5 3,2 3,2 4,0 3,0 3,8 3,3
Serbie 9,3 7,3 7,7 2,1 1,4 1,1 3,1 2,0 1,9 1,5 1,9 3,0 1,9 1,6 2,0
Turquie 13,2 8,9 7,5 8,9 7,7 7,8 11,1 16,3 15,2 11,9 11,9 11,0 11,8 12,0 12,0
Ukraine3 10,7 0,6 –0,3 12,1 48,7 13,9 14,4 10,9 7,9 3,2 6,0 5,0 4,1 5,2 5,8
Amérique latine et Caraïbes5 5,6 4,6 4,6 4,9 5,4 5,5 6,3 6,6 7,7 6,2 6,7 4,3 7,7 5,6 6,8
Antigua-et-Barbuda 2,3 3,4 1,1 1,1 1,0 –0,5 2,4 1,2 1,5 1,0 1,0 2,0 1,5 0,7 1,3
Argentine3 10,7 10,0 10,6 ... ... ... 25,7 34,3 53,5 ... ... ... 53,8 ... ...
Aruba 3,5 0,6 –2,4 0,4 0,5 –0,9 –1,0 3,6 4,3 1,2 1,8 2,2 5,2 –1,1 3,3
Bahamas 2,3 1,9 0,4 1,2 1,9 –0,3 1,5 2,3 1,3 1,8 2,1 2,2 1,8 1,7 2,5
Barbade 4,7 4,5 1,8 1,8 –1,1 1,5 4,4 3,7 4,1 2,9 1,6 2,3 7,2 –0,8 2,4
Belize 2,6 1,2 0,5 1,2 –0,9 0,7 1,1 0,3 0,2 0,8 0,7 2,2 0,2 1,1 1,3
Bolivie 5,4 4,5 5,7 5,8 4,1 3,6 2,8 2,3 1,8 1,7 4,1 3,5 1,5 3,3 3,8
Brésil 6,6 5,4 6,2 6,3 9,0 8,7 3,4 3,7 3,7 2,7 2,9 3,3 4,3 2,0 2,9
Chili 3,2 3,0 1,8 4,7 4,3 3,8 2,2 2,3 2,3 2,9 2,7 3,0 3,0 2,4 2,9
Colombie 5,1 3,2 2,0 2,9 5,0 7,5 4,3 3,2 3,5 2,4 2,1 2,9 3,8 1,4 2,4

160 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation1 (suite)


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyenne Projections Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025 2019 2020 2021
Amérique latine et
Caraïbes (suite) 5 5,6 4,6 4,6 4,9 5,4 5,5 6,3 6,6 7,7 6,2 6,7 4,3 7,7 5,6 6,8
Costa Rica 9,7 4,5 5,2 4,5 0,8 0,0 1,6 2,2 2,1 0,8 0,9 2,8 1,5 0,5 1,2
Dominique 2,2 1,4 0,0 0,8 –0,9 0,0 0,6 1,4 1,6 1,8 1,9 2,0 1,8 1,8 2,0
El Salvador 3,6 1,7 0,8 1,1 –0,7 0,6 1,0 1,1 0,1 0,2 1,1 1,0 0,0 0,7 1,5
Équateur 5,2 5,1 2,7 3,6 4,0 1,7 0,4 –0,2 0,3 0,0 1,0 1,0 –0,1 –0,3 2,0
Grenade 3,1 2,4 0,0 –1,0 –0,6 1,7 0,9 0,8 0,6 –0,2 1,1 1,9 0,1 –0,8 1,2
Guatemala 6,7 3,8 4,3 3,4 2,4 4,4 4,4 3,8 3,7 2,1 2,1 4,0 3,4 2,3 3,1
Guyana 6,1 2,4 1,9 0,7 –0,9 0,8 1,9 1,3 2,1 1,0 2,7 3,1 2,1 1,3 2,9
Haïti 13,1 6,8 6,8 3,9 7,5 13,4 14,7 12,9 17,3 22,4 23,8 11,3 19,7 25,0 22,0
Honduras 7,3 5,2 5,2 6,1 3,2 2,7 3,9 4,3 4,4 3,3 3,7 4,0 4,1 3,2 4,2
Jamaïque 11,5 6,9 9,3 8,3 3,7 2,4 4,4 3,7 3,9 5,1 5,4 5,0 6,2 4,1 5,7
Mexique 4,4 4,1 3,8 4,0 2,7 2,8 6,0 4,9 3,6 3,4 3,3 3,0 2,8 3,7 2,9
Nicaragua 8,4 7,2 7,1 6,0 4,0 3,5 3,9 4,9 5,4 4,4 4,0 3,5 6,1 4,0 3,5
Panama 3,1 5,7 4,0 2,6 0,1 0,7 0,9 0,8 –0,4 –0,8 0,2 2,0 –0,1 –0,5 0,5
Paraguay 7,9 3,7 2,7 5,0 3,1 4,1 3,6 4,0 2,8 2,9 3,2 3,3 2,8 3,0 3,3
Pérou 2,5 3,7 2,8 3,2 3,5 3,6 2,8 1,3 2,1 1,8 1,9 2,0 1,9 1,8 2,0
République
dominicaine 12,1 3,7 4,8 3,0 0,8 1,6 3,3 3,6 1,8 3,3 4,0 4,0 3,7 4,0 4,0
Saint-Kitts-et-Nevis 3,7 0,8 1,1 0,2 –2,3 –0,7 0,7 –1,0 –0,2 0,7 1,1 2,0 0,4 1,0 1,3
Saint-Vincent-et-les
Grenadines 3,1 2,6 0,8 0,2 –1,7 –0,2 2,2 2,3 0,9 0,9 1,6 2,0 0,5 1,5 2,0
Sainte-Lucie 2,4 4,2 1,5 3,5 –1,0 –3,1 0,1 2,4 0,5 0,3 2,1 2,0 0,9 1,5 2,1
Suriname 11,7 5,0 1,9 3,4 6,9 55,5 22,0 6,9 4,4 49,8 51,0 9,0 4,2 104,9 20,9
Trinité-et-Tobago 6,9 9,3 5,2 5,7 4,7 3,1 1,9 1,0 1,0 0,0 1,0 1,0 0,4 0,0 1,0
Uruguay 9,1 8,1 8,6 8,9 8,7 9,6 6,2 7,6 7,9 10,0 8,2 4,0 8,8 9,5 7,5
Venezuela 3 23,4 21,1 40,6 62,2 121,7 254,9 438,1 65 374,1 19 906,0 6 500,0 6 500,0 ... 9 585,5 6 500,0 6 500,0
Moyen-Orient
et Asie centrale 7,6 8,8 8,3 6,4 5,5 5,7 6,9 9,5 7,8 9,3 9,3 6,5 6,9 10,7 8,9
Afghanistan 11,1 6,4 7,4 4,7 –0,7 4,4 5,0 0,6 2,3 5,4 4,8 4,0 2,8 5,0 4,5
Algérie 3,6 8,9 3,3 2,9 4,8 6,4 5,6 4,3 2,0 3,5 3,8 7,0 2,4 5,2 2,5
Arabie saoudite 3,2 2,9 3,6 2,2 1,2 2,0 –0,8 2,5 –2,1 3,6 3,7 2,0 –0,1 3,6 3,7
Arménie 4,8 2,5 5,8 3,0 3,7 –1,4 1,0 2,4 1,4 0,9 2,0 3,8 0,7 1,5 2,5
Azerbaïdjan 8,0 1,0 2,4 1,4 4,0 12,4 12,8 2,3 2,7 3,0 3,1 3,2 2,7 3,0 3,1
Bahreïn 1,9 2,8 3,3 2,6 1,8 2,8 1,4 2,1 1,0 0,0 2,8 2,2 1,7 2,0 2,4
Cisjordanie et Gaza 4,3 2,8 1,7 1,7 1,4 –0,2 0,2 –0,2 1,6 –1,2 0,3 2,0 1,3 –1,7 0,9
Djibouti 4,0 4,2 1,1 1,3 –0,8 2,7 0,6 0,1 3,3 2,9 2,4 2,0 3,3 2,5 2,2
Égypte 8,8 8,7 6,9 10,1 11,0 10,2 23,5 20,9 13,9 5,7 6,2 7,4 9,4 5,6 8,0
Émirats arabes unis 5,3 0,7 1,1 2,3 4,1 1,6 2,0 3,1 –1,9 –1,5 1,5 2,1 –1,9 –1,5 1,5
Géorgie 7,0 –0,9 –0,5 3,1 4,0 2,1 6,0 2,6 4,9 5,3 2,5 3,0 7,0 3,5 3,0
Iran 15,6 30,6 34,7 15,6 11,9 9,1 9,6 31,2 41,0 30,5 30,0 25,0 26,0 35,0 25,0
Iraq ... 6,1 1,9 2,2 1,4 0,5 0,1 0,4 –0,2 0,8 1,0 2,0 0,1 1,0 1,0
Jordanie 4,1 4,6 4,9 3,0 –1,1 –0,6 3,6 4,5 0,7 –0,3 1,4 2,5 0,7 –1,7 1,4
Kazakhstan 8,6 5,1 5,8 6,7 6,7 14,6 7,4 6,0 5,2 6,9 6,2 4,0 5,4 7,5 5,9
Koweït 3,6 3,2 2,7 3,1 3,7 3,5 1,5 0,6 1,1 1,0 2,3 2,5 1,5 1,4 2,5
Liban 3 3,1 6,6 4,8 1,8 –3,7 –0,8 4,5 4,6 2,9 85,5 ... ... 7,0 144,5 ...
Libye3 2,9 6,1 2,6 2,4 14,8 24,0 28,0 –1,2 4,6 22,3 15,1 12,2 4,6 22,3 15,1
Maroc 2,0 0,7 1,6 0,4 1,4 1,5 0,7 1,6 0,2 0,2 0,8 2,0 1,0 0,2 0,8
Mauritanie 6,6 4,9 4,1 3,8 0,5 1,5 2,3 3,1 2,3 3,9 4,5 4,0 2,7 5,0 4,0
Oman 3,4 2,9 1,2 1,0 0,1 1,1 1,6 0,9 0,1 1,0 3,4 2,5 0,1 1,0 3,4
Ouzbékistan 13,1 11,9 11,7 9,1 8,5 8,8 13,9 17,5 14,5 13,0 10,7 5,1 15,2 12,1 9,3
Pakistan 9,0 11,0 7,4 8,6 4,5 2,9 4,1 3,9 6,7 10,7 8,8 6,5 8,0 8,6 10,2
Qatar 5,1 1,8 3,2 4,2 1,0 2,7 0,5 0,2 –0,6 –2,2 1,8 2,0 ... ... ...
République kirghize 8,3 2,8 6,6 7,5 6,5 0,4 3,2 1,5 1,1 8,0 5,5 5,0 3,1 7,7 7,0
Somalie ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 3,1 3,0 2,5
Soudan6 12,4 35,6 36,5 36,9 16,9 17,8 32,4 63,3 51,0 141,6 129,7 16,8 57,0 198,9 103,0
Syrie7 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Tadjikistan 11,1 5,8 5,0 6,1 5,8 5,9 7,3 3,8 7,8 8,1 7,0 6,5 8,0 7,5 7,0
Tunisie 3,5 4,6 5,3 4,6 4,4 3,6 5,3 7,3 6,7 5,8 5,3 4,0 6,1 5,4 4,9
Turkménistan 6,6 5,3 6,8 6,0 7,4 3,6 8,0 13,3 5,1 8,0 6,0 6,0 6,3 8,0 6,0
Yémen 11,7 9,9 11,0 8,2 22,0 21,3 30,4 27,6 10,0 26,4 31,0 8,0 6,2 45,4 21,0

Fonds monétaire international | Octobre 2020 161


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation1 (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyenne Projections Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025 2019 2020 2021
Afrique subsaharienne 9,4 9,0 6,5 6,3 6,8 10,4 10,7 8,4 8,5 10,6 7,9 6,1 9,7 10,5 7,3
Angola 31,5 10,3 8,8 7,3 9,2 30,7 29,8 19,6 17,1 21,0 20,6 6,0 16,9 22,2 19,6
Afrique du Sud 5,9 5,6 5,8 6,1 4,6 6,3 5,3 4,6 4,1 3,3 3,9 4,5 3,7 3,3 4,3
Bénin 3,0 6,7 1,0 –1,1 0,2 –0,8 1,8 0,8 –0,9 2,5 2,0 2,0 0,3 2,5 2,0
Botswana 8,7 7,5 5,9 4,4 3,1 2,8 3,3 3,2 2,8 1,6 3,0 4,0 2,2 1,6 3,0
Burkina Faso 2,6 3,8 0,5 –0,3 0,9 –0,2 0,4 2,0 –3,2 2,0 2,0 2,5 –2,6 3,5 2,5
Burundi 9,1 18,2 7,9 4,4 5,6 5,5 16,6 –2,8 –0,7 7,6 5,2 3,2 5,1 7,9 3,0
Cabo Verde 2,5 2,5 1,5 –0,2 0,1 –1,4 0,8 1,3 1,1 1,0 1,2 1,7 1,9 1,0 1,2
Cameroun 2,4 2,4 2,1 1,9 2,7 0,9 0,6 1,1 2,5 2,8 2,2 2,0 2,4 2,4 2,1
Comores 3,8 5,9 0,4 0,0 0,9 0,8 0,1 1,7 3,7 3,0 2,1 2,0 6,3 –5,5 4,1
Congo, Rép. dém. du 19,1 0,9 0,9 1,2 0,7 3,2 35,8 29,3 4,7 11,5 12,1 5,0 4,6 17,1 8,0
Congo, Rép. du 3,0 5,0 4,6 0,9 3,2 3,2 0,4 1,2 2,2 2,5 2,6 3,0 3,8 2,5 2,7
Côte d’Ivoire 3,0 1,3 2,6 0,4 1,2 0,7 0,7 0,4 0,8 1,2 1,4 2,0 1,6 1,2 1,4
Érythrée 17,1 4,8 5,9 10,0 28,5 –5,6 –13,3 –14,4 –16,4 4,7 2,6 2,0 27,2 4,0 2,0
Eswatini 7,1 8,9 5,6 5,7 5,0 7,8 6,2 4,8 2,6 4,1 4,2 4,9 2,0 4,5 4,1
Éthiopie 15,3 24,1 8,1 7,4 9,6 6,6 10,7 13,8 15,8 20,2 11,5 8,0 19,5 16,1 8,0
Gabon 1,1 2,7 0,5 4,5 –0,1 2,1 2,7 4,8 2,0 3,0 3,0 2,5 1,0 3,0 3,0
Gambie 7,0 4,6 5,2 6,3 6,8 7,2 8,0 6,5 7,1 6,1 6,0 5,0 7,7 6,5 5,8
Ghana 13,4 7,1 11,7 15,5 17,2 17,5 12,4 9,8 7,2 10,6 8,7 6,0 7,9 11,6 8,7
Guinée 17,6 15,2 11,9 9,7 8,2 8,2 8,9 9,8 9,5 9,1 8,0 7,8 9,1 8,7 8,0
Guinée Bissau 2,5 2,1 0,8 –1,0 1,5 2,7 –0,2 0,4 0,2 2,0 2,0 2,0 –0,1 2,5 2,0
Guinée équatoriale 5,2 3,4 3,2 4,3 1,7 1,4 0,7 1,3 1,2 3,0 2,2 2,1 4,1 2,1 2,2
Kenya 7,8 9,4 5,7 6,9 6,6 6,3 8,0 4,7 5,2 5,3 5,0 5,0 5,8 4,5 5,0
Lesotho 6,9 6,1 4,9 5,4 3,2 6,6 4,4 4,8 5,2 4,3 4,5 5,5 4,0 4,5 5,0
Libéria 9,6 6,8 7,6 9,9 7,7 8,8 12,4 23,5 27,0 11,9 9,5 5,0 20,3 11,0 8,0
Madagascar 10,4 5,7 5,8 6,1 7,4 6,1 8,6 8,6 5,6 4,3 5,5 5,4 4,0 5,2 5,5
Malawi 8,1 21,3 28,3 23,8 21,9 21,7 11,5 9,2 9,4 9,3 9,5 5,0 11,5 9,2 9,5
Mali 2,5 5,3 –2,4 2,7 1,4 –1,8 1,8 1,7 –2,9 0,5 1,5 2,0 –3,3 1,8 1,7
Maurice 5,8 3,9 3,5 3,2 1,3 1,0 3,7 3,2 0,5 2,5 3,2 3,3 0,9 3,5 3,7
Mozambique 11,2 2,6 4,3 2,6 3,6 19,9 15,1 3,9 2,8 3,6 5,6 5,5 3,5 4,4 5,5
Namibie 6,6 6,7 5,6 5,3 3,4 6,7 6,1 4,3 3,7 2,3 3,4 4,5 2,6 2,9 3,4
Niger 2,4 0,5 2,3 –0,9 1,0 0,2 0,2 2,8 –2,5 4,4 1,7 2,0 –2,3 2,2 2,0
Nigéria 12,2 12,2 8,5 8,0 9,0 15,7 16,5 12,1 11,4 12,9 12,7 10,6 12,0 13,7 11,6
Ouganda 7,7 12,7 4,9 3,1 5,4 5,5 5,6 2,6 2,9 4,2 4,8 5,0 3,6 5,0 5,2
République centrafricaine 3,0 5,5 7,0 14,9 1,4 4,9 4,2 1,6 2,7 2,9 2,5 2,5 –2,8 4,6 2,5
Rwanda 8,1 6,3 4,2 1,8 2,5 5,7 4,8 1,4 2,4 6,9 1,0 5,0 6,7 5,0 5,0
Sao Tomé-et-Principe 16,7 10,6 8,1 7,0 5,3 5,4 5,7 8,3 8,4 7,9 8,0 3,0 7,7 8,0 8,0
Sénégal 2,1 1,4 0,7 –1,1 0,9 1,2 1,1 0,5 1,0 2,0 2,0 1,5 0,6 2,5 0,9
Seychelles 7,3 7,1 4,3 1,4 4,0 –1,0 2,9 3,7 1,8 3,9 2,9 3,0 1,7 6,6 3,0
Sierra Leone 8,7 6,6 5,5 4,6 6,7 10,9 18,2 16,0 14,8 15,7 15,5 8,4 13,9 17,5 13,5
Soudan du Sud ... 45,1 0,0 1,7 52,8 379,8 187,9 83,5 51,2 27,1 33,1 11,9 30,0 20,0 23,8
Tanzanie 7,4 16,0 7,9 6,1 5,6 5,2 5,3 3,5 3,4 3,6 3,7 4,2 3,8 3,6 3,7
Tchad 2,2 7,5 0,2 1,7 4,8 –1,6 –0,9 4,0 –1,0 2,8 3,0 3,0 –1,7 1,6 4,4
Togo 2,4 2,6 1,8 0,2 1,8 0,9 –0,2 0,9 0,7 1,4 1,5 2,0 –0,3 1,1 4,5
Zambie 14,2 6,6 7,0 7,8 10,1 17,9 6,6 7,0 9,8 14,5 13,3 7,0 11,7 13,0 11,2
Zimbabwe3 –0,8 3,7 1,6 –0,2 –2,4 –1,6 0,9 10,6 255,3 622,8 3,7 3,0 521,1 495,0 3,0
1Les variations des prix à la consommation sont exprimées en moyennes annuelles.
2Ils’agit de variations mensuelles en glissement annuel et, pour plusieurs pays, de variations trimestrielles.
3Voir les notes relatives à l’Albanie, à l’Argentine, au Liban, à la Libye, à l’Ukraine, au Venezuela et au Zimbabwe dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.
4Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat
5Exclut le Venezuela, mais inclut l’Argentine à partir de 2017. Voir les notes relatives à l’Argentine et au Venezuela dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.
6Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les données pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
7Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

162 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques1
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Moyenne Projections
2002–11 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Principaux pays avancés
Prêt/emprunt (net) –5,2 –6,5 –4,3 –3,6 –3,0 –3,3 –3,2 –3,7 –4,2 –16,2 –7,6 –4,0
Écart de production2 –1,8 –3,8 –3,5 –2,7 –1,8 –1,5 –0,5 0,2 0,4 –3,6 –2,2 –0,1
Solde structurel2 –4,3 –4,6 –3,2 –2,6 –2,4 –2,9 –3,0 –3,6 –4,3 –12,5 –6,2 –3,9
États-Unis
Prêt/emprunt (net)3 –6,1 –8,0 –4,6 –4,1 –3,6 –4,4 –4,6 –5,8 –6,3 –18,7 –8,7 –5,5
Écart de production2 –3,1 –6,0 –5,4 –4,1 –2,3 –1,9 –1,0 0,4 1,0 –3,2 –1,5 –0,1
Solde structurel2 –4,4 –4,9 –3,0 –2,6 –2,6 –3,7 –4,3 –5,7 –6,8 –15,0 –7,6 –5,4
Dette nette 52,3 80,8 81,5 81,2 80,8 81,8 81,9 83,2 84,0 106,8 107,3 113,8
Dette brute 73,0 103,3 104,9 104,5 104,6 106,6 105,7 106,9 108,7 131,2 133,6 136,9
Zone euro
Prêt/emprunt (net) –3,2 –3,7 –3,0 –2,5 –2,0 –1,5 –1,0 –0,5 –0,6 –10,1 –5,0 –1,8
Écart de production2 0,1 –2,2 –3,1 –2,8 –2,2 –1,5 –0,4 0,2 0,1 –5,1 –3,2 0,0
Solde structurel2 –3,3 –2,0 –1,1 –0,7 –0,6 –0,6 –0,6 –0,5 –0,6 –5,3 –3,1 –1,8
Dette nette 58,8 73,2 75,7 75,9 74,7 74,3 72,1 70,4 69,2 85,1 84,7 80,9
Dette brute 73,5 90,7 92,6 92,8 90,9 90,0 87,6 85,7 84,0 101,1 100,0 94,3
Allemagne
Prêt/emprunt (net) –2,4 0,0 0,0 0,6 1,0 1,2 1,4 1,8 1,5 –8,2 –3,2 1,0
Écart de production2 –0,2 0,3 –0,8 –0,3 –0,3 0,2 1,0 1,2 0,4 –3,5 –1,8 0,0
Solde structurel2 –2,1 0,0 0,6 1,2 1,2 1,2 1,2 1,3 1,3 –5,8 –1,8 1,0
Dette nette 55,7 59,6 58,6 55,0 52,2 49,3 45,5 42,7 41,1 54,1 54,2 43,8
Dette brute 68,7 81,1 78,7 75,7 72,2 69,2 65,0 61,6 59,5 73,3 72,2 59,5
France
Prêt/emprunt (net) –4,2 –5,0 –4,1 –3,9 –3,6 –3,6 –2,9 –2,3 –3,0 –10,8 –6,5 –4,7
Écart de production2 –0,1 –1,3 –1,9 –2,1 –2,2 –2,3 –1,3 –0,5 0,0 –5,6 –4,0 0,0
Solde structurel2 –4,2 –4,0 –2,9 –2,6 –2,2 –2,1 –2,1 –1,7 –2,0 –4,5 –4,0 –4,7
Dette nette 61,8 80,0 83,0 85,5 86,3 89,2 89,4 89,3 89,4 110,0 109,8 114,6
Dette brute 71,2 90,6 93,4 94,9 95,6 98,0 98,3 98,1 98,1 118,7 118,6 123,3
Italie
Prêt/emprunt (net) –3,4 –2,9 –2,9 –3,0 –2,6 –2,4 –2,4 –2,2 –1,6 –13,0 –6,2 –2,5
Écart de production2 –0,1 –2,8 –4,1 –4,1 –3,4 –2,5 –1,2 –0,7 –0,7 –5,4 –5,4 –0,5
Solde structurel2 –4,0 –1,6 –0,5 –1,0 –0,6 –1,3 –1,8 –1,9 –1,3 –3,8 –3,4 –2,5
Dette nette 101,0 114,6 120,0 122,3 123,1 122,4 122,0 122,9 123,0 148,8 146,1 141,5
Dette brute 109,6 126,5 132,5 135,4 135,3 134,8 134,1 134,8 134,8 161,8 158,3 152,6
Japon
Prêt/emprunt (net) –6,7 –8,6 –7,9 –5,6 –3,8 –3,7 –3,1 –2,5 –3,3 –14,2 –6,4 –2,7
Écart de production2 –1,9 –3,1 –1,7 –1,9 –1,5 –1,8 –0,3 –0,8 –0,7 –3,0 –2,1 0,0
Solde structurel2 –6,2 –7,6 –7,5 –5,5 –4,3 –4,1 –3,3 –2,5 –3,0 –12,7 –5,6 –2,7
Dette nette 105,8 145,3 144,7 146,6 146,4 152,0 149,8 153,5 154,9 177,1 178,9 179,7
Dette brute4 183,3 228,7 232,2 235,8 231,3 236,4 234,5 236,6 238,0 266,2 264,0 264,0
Royaume-Uni
Prêt/emprunt (net) –4,9 –7,6 –5,5 –5,6 –4,6 –3,3 –2,5 –2,3 –2,2 –16,5 –9,2 –4,4
Écart de production2 0,4 –2,0 –1,5 –0,7 –0,1 0,0 0,3 0,0 0,0 –3,9 –3,5 0,0
Solde structurel2 –5,2 –6,1 –4,3 –4,9 –4,3 –3,3 –2,6 –2,3 –2,2 –14,0 –6,4 –4,3
Dette nette 44,4 74,8 75,9 78,0 78,4 77,8 76,7 75,9 75,4 98,1 101,6 107,1
Dette brute 49,7 83,2 84,2 86,2 86,9 86,8 86,2 85,7 85,4 108,0 111,5 117,0
Canada
Prêt/emprunt (net) –0,6 –2,5 –1,5 0,2 –0,1 –0,5 –0,1 –0,4 –0,3 –19,9 –8,7 –0,3
Écart de production2 0,0 –0,4 0,0 1,0 –0,1 –0,9 0,4 0,6 0,4 –3,8 –1,4 0,0
Solde structurel2 –0,6 –2,3 –1,5 –0,6 0,0 0,0 –0,3 –0,7 –0,6 –16,5 –7,9 –0,3
Dette nette5 28,3 28,9 29,7 28,5 28,4 28,7 27,9 26,5 25,9 46,4 48,4 42,9
Dette brute 74,5 85,4 86,1 85,6 91,2 91,7 90,5 89,7 88,6 114,6 115,0 106,2
Note : La méthodologie et les hypothèses propres à chaque pays sont décrites à l’encadré A1 de l’appendice statistique. Les chiffres composites des données budgétaires pour les groupes de pays
sont la somme en dollars des valeurs correspondant à chaque pays.
1Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année et ne sont pas toujours comparables entre les pays. Les dettes brutes et nettes déclarées par les organismes statistiques nationaux pour

les pays qui ont adopté le Système de comptabilité nationale 2008 (Australie, Canada, États-Unis et RAS de Hong Kong) sont ajustées de manière à exclure les engagements au titre des retraites
non capitalisées des plans de retraite à prestations définies des fonctionnaires. Les données budgétaires pour les principaux pays avancés agrégés et les États-Unis commencent en 2001, et la
moyenne pour le total agrégé et les États-Unis porte donc sur la période 2001–07.
2En pourcentage du PIB potentiel.
3Les chiffres déclarés par l’organisme national des statistiques sont ajustés pour exclure les postes liés à la comptabilité d’exercice des plans de retraite à prestations définies des fonctionnaires.
4Sur base non consolidée.
5Comprend les prises de participation.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 163


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
2002–11 2012–21 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Commerce de biens et de services
Commerce mondial1
Volume 5,7 2,3 3,0 3,6 3,9 2,9 2,2 5,6 3,9 1,0 –10,4 8,3
Déflateur des prix
En dollars 5,4 –1,5 –1,8 –0,7 –1,7 –13,3 –4,1 4,3 5,4 –2,7 –2,8 3,3
En DTS 3,2 –0,6 1,3 0,1 –1,7 –5,8 –3,4 4,6 3,2 –0,3 –3,5 0,5
Volume du commerce
Exportations
Pays avancés 4,5 1,9 2,9 3,1 3,9 3,7 2,0 4,8 3,5 1,3 –11,6 7,0
Pays émergents et en développement 8,7 2,9 3,4 4,7 3,3 1,7 2,7 6,6 4,1 0,9 –7,7 9,5
Importations
Pays avancés 4,1 2,0 1,7 2,6 3,9 4,8 2,6 4,8 3,6 1,7 –11,5 7,3
Pays émergents et en développement 9,9 2,8 5,4 5,1 4,3 –0,8 1,7 7,4 5,0 –0,6 –9,4 11,0
Termes de l’échange
Pays avancés –0,2 0,4 –0,6 1,0 0,3 1,8 1,2 –0,2 –0,5 0,1 0,6 0,3
Pays émergents et en développement 1,6 –0,7 0,6 –0,5 –0,6 –4,3 –1,4 1,4 1,2 –1,1 –2,6 0,3
Commerce de biens
Commerce mondial1
Volume 5,8 2,3 2,8 3,3 3,0 2,3 2,1 5,6 3,8 0,2 –8,1 8,4
Déflateur des prix
En dollars 5,5 –1,9 –1,9 –1,2 –2,4 –14,5 –4,8 4,9 5,7 –3,1 –3,5 2,9
En DTS 3,3 –1,0 1,1 –0,4 –2,3 –7,2 –4,2 5,1 3,6 –0,7 –4,2 0,1
Prix mondiaux en dollars2
Produits manufacturés 2,7 –1,1 2,3 –2,8 –0,4 –3,0 –5,1 0,1 1,9 0,4 –3,1 –1,3
Pétrole 15,6 –7,7 0,9 –0,9 –7,5 –47,2 –15,7 23,3 29,4 –10,2 –32,1 12,0
Produits primaires hors combustibles 11,6 –2,0 –7,6 –5,8 –5,5 –17,1 –0,4 6,4 1,3 0,8 5,6 5,1
Produits alimentaires 7,7 –1,8 –3,3 –0,3 –1,6 –16,9 1,5 3,8 –1,2 –3,1 0,4 4,3
Boissons 13,2 –3,6 –18,1 –13,7 20,1 –7,2 –3,1 –4,7 –8,2 –3,8 3,6 3,9
Matières premières agricoles 9,3 –4,8 –20,5 –4,4 –7,5 –11,5 0,0 5,2 2,0 –5,4 –4,2 1,7
Métaux 17,5 –3,9 –17,8 –3,9 –12,2 –27,3 –5,3 22,2 6,6 3,7 0,8 3,0
Prix mondiaux en DTS2
Produits manufacturés 0,5 –0,1 5,5 –2,0 –0,3 5,3 –4,5 0,4 –0,2 2,9 –3,7 –4,0
Pétrole 13,2 –6,8 4,0 –0,1 –7,5 –42,7 –15,1 23,6 26,7 –8,0 –32,5 9,0
Produits primaires hors combustibles 9,3 –1,0 –4,7 –5,1 –5,5 –10,0 0,3 6,6 –0,8 3,3 4,9 2,2
Produits alimentaires 5,4 –0,8 –0,3 0,5 –1,5 –9,8 2,2 4,1 –3,3 –0,7 –0,2 1,4
Boissons 10,8 –2,7 –15,6 –13,0 20,1 0,7 –2,5 –4,5 –10,1 –1,4 3,0 1,1
Matières premières agricoles 7,0 –3,8 –18,1 –3,7 –7,5 –4,0 0,6 5,5 –0,1 –3,1 –4,8 –1,1
Métaux 15,0 –3,0 –15,3 –3,1 –12,1 –21,1 –4,7 22,5 4,4 6,2 0,1 0,2
Prix mondiaux en euros2
Produits manufacturés –1,8 0,1 10,8 –5,9 –0,4 16,2 –4,8 –1,9 –2,6 6,0 –5,1 –8,3
Pétrole 10,7 –6,5 9,2 –4,1 –7,6 –36,8 –15,4 20,8 23,7 –5,2 –33,5 4,1
Produits primaires hors combustibles 6,8 –0,8 0,0 –8,9 –5,6 –0,7 –0,1 4,2 –3,1 6,4 3,4 –2,3
Produits alimentaires 3,0 –0,6 4,7 –3,5 –1,6 –0,5 1,8 1,7 –5,6 2,3 –1,6 –3,1
Boissons 8,4 –2,4 –11,4 –16,4 20,0 11,1 –2,8 –6,6 –12,2 1,5 1,5 –3,4
Matières premières agricoles 4,6 –3,6 –14,0 –7,5 –7,6 5,9 0,3 3,1 –2,5 –0,2 –6,1 –5,5
Métaux 12,4 –2,7 –11,0 –7,0 –12,2 –12,9 –5,0 19,7 1,9 9,4 –1,3 –4,2

164 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
2002–11 2012–21 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Commerce de biens
Volume du commerce
Exportations
Pays avancés 4,5 1,8 2,7 2,6 3,1 3,1 1,5 4,6 3,1 0,7 –9,7 7,3
Pays émergents et en développement 8,5 2,8 3,8 4,6 2,7 1,2 2,7 6,6 4,0 –0,5 –5,5 8,8
Pays exportateurs de combustibles 5,4 0,3 2,6 1,9 –0,5 3,1 1,2 1,5 1,0 –4,3 –7,8 5,3
Pays exportateurs d’autres produits 9,8 3,5 4,3 5,8 4,1 0,5 3,1 7,9 4,8 0,6 –4,9 9,6
Importations
Pays avancés 4,2 1,9 1,1 2,3 3,3 3,7 2,3 4,9 3,6 0,5 –9,4 7,6
Pays émergents et en développement 10,0 3,0 5,2 4,7 2,6 –0,5 2,1 7,4 5,0 –0,4 –6,4 10,9
Pays exportateurs de combustibles 10,3 –0,3 8,6 3,0 0,4 –6,4 –5,5 3,2 –2,0 0,7 –8,4 4,9
Pays exportateurs d’autres produits 9,9 3,6 4,5 5,1 3,1 0,8 3,7 8,2 6,3 –0,6 –6,0 11,9
Déflateur des prix en DTS
Exportations
Pays avancés 2,3 –0,7 –0,4 0,4 –1,9 –6,4 –2,2 4,4 2,8 –1,4 –3,1 1,2
Pays émergents et en développement 5,8 –1,3 3,1 –1,1 –3,1 –9,0 –7,0 6,9 4,8 0,3 –6,4 –0,7
Pays exportateurs de combustibles 10,7 –4,6 4,4 –2,4 –6,7 –29,9 –12,7 17,0 15,3 –2,7 –21,3 3,8
Pays exportateurs d’autres produits 3,9 –0,3 2,6 –0,5 –1,6 –1,0 –5,4 4,4 2,1 1,1 –2,4 –1,7
Importations
Pays avancés 2,6 –1,1 0,6 –0,6 –2,0 –8,1 –3,6 4,4 3,5 –1,3 –3,6 0,5
Pays émergents et en développement 4,0 –0,8 2,4 –0,6 –2,6 –4,9 –5,5 5,7 3,6 0,4 –4,4 –1,4
Pays exportateurs de combustibles 4,6 –0,4 3,0 0,9 –2,1 –4,0 –3,1 4,0 1,0 2,0 –3,6 –1,5
Pays exportateurs d’autres produits 3,8 –0,9 2,3 –0,9 –2,8 –5,1 –6,0 6,1 4,0 0,1 –4,6 –1,4
Termes de l’échange
Pays avancés –0,3 0,4 –1,0 1,0 0,2 1,8 1,4 –0,1 –0,7 –0,1 0,6 0,7
Pays émergents et en développement 1,8 –0,5 0,7 –0,5 –0,5 –4,3 –1,6 1,1 1,2 –0,1 –2,0 0,7
Par région
Pays émergents et en développement d’Asie –1,4 1,0 1,4 1,1 2,5 8,4 0,2 –3,3 –2,3 1,0 2,4 –0,6
Pays émergents et en développement d’Europe 2,8 –1,6 1,4 –3,2 –0,7 –10,7 –5,8 2,7 4,5 0,3 –3,3 –0,1
Moyen-Orient et Asie centrale 3,2 –0,7 –1,8 –1,1 –2,5 –8,7 1,1 4,2 0,0 0,2 –1,3 3,4
Amérique latine et Caraïbes 4,8 –3,7 0,4 –0,9 –4,6 –24,3 –6,1 10,1 10,7 –4,3 –15,4 3,3
Afrique subsaharienne 5,1 –1,1 –0,2 –0,5 –2,7 –13,5 –0,4 7,3 4,0 –2,0 –5,8 4,4
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 5,9 –4,3 1,3 –3,3 –4,7 –27,0 –9,9 12,5 14,1 –4,6 –18,3 5,3
Autres produits 0,0 0,6 0,3 0,4 1,2 4,3 0,6 –1,6 –1,9 1,0 2,3 –0,3
Pour mémoire
Exportations mondiales (milliards de dollars)
Biens et services 14 972 22 916 22 631 23 363 23 798 21 127 20 743 22 854 25 006 24 555 21 302 23 778
Biens 11 859 17 692 18 130 18 552 18 640 16 200 15 734 17 429 19 090 18 538 16 373 18 233
Prix moyen du pétrole3 15,6 –7,7 0,9 –0,9 –7,5 –47,2 –15,7 23,3 29,4 –10,2 –32,1 12,0
En dollars le baril 62,22 66,99 105,01 104,07 96,25 50,79 42,84 52,81 68,33 61,39 41,69 46,70
Valeur unitaire des exportations 2,7 –1,1 2,3 –2,8 –0,4 –3,0 –5,1 0,1 1,9 0,4 –3,1 –1,3
de produits manufacturés4
1Moyenne des variations annuelles en pourcentage des exportations et des importations mondiales.
2Représentés, respectivement, par l’indice de la valeur unitaire des exportations de produits manufacturés des pays avancés et représentant 83 % des pondérations des exportations de biens des
pays avancés, par la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate et par la moyenne des cours mondiaux des produits primaires hors combustibles, pondérée
en fonction de leurs parts respectives, en 2014–16, dans le total des importations mondiales des produits de base.
3Variation en pourcentage de la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate.
4Variation en pourcentage des produits manufacturés exportés par les pays avancés.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 165


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes


(Milliards de dollars)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Pays avancés 50,7 244,1 248,1 297,2 391,1 480,5 392,6 339,3 242,2 314,1 435,0
États-Unis –418,1 –336,9 –367,8 –407,4 –394,9 –365,3 –449,7 –480,2 –441,7 –463,0 –518,5
Zone euro 129,5 278,1 319,6 322,9 390,0 393,4 418,7 354,8 242,0 344,5 432,4
Allemagne 251,6 244,8 280,3 288,8 295,1 286,7 292,4 273,2 217,6 294,9 336,0
France –25,9 –14,3 –27,3 –9,0 –12,0 –19,9 –15,6 –18,1 –48,9 –51,7 –28,9
Italie –4,8 23,7 41,1 26,1 48,7 50,5 52,0 59,2 59,6 63,2 70,4
Espagne 1,1 27,6 23,3 24,2 39,1 35,1 27,5 27,5 6,7 13,4 32,2
Japon 59,7 45,9 36,8 136,4 197,9 203,5 176,6 184,3 143,5 165,6 187,0
Royaume-Uni –92,8 –132,7 –144,8 –143,7 –140,9 –93,1 –110,7 –113,5 –54,0 –107,6 –111,8
Canada –64,6 –58,0 –41,9 –54,4 –47,2 –46,4 –42,8 –35,4 –31,8 –42,9 –48,6
Autres pays avancés1 273,9 342,3 358,4 364,7 345,6 323,7 344,2 392,0 314,2 337,5 400,5
Pays émergents et en développement 334,5 165,9 173,9 –57,9 –82,3 7,4 –46,2 62,8 –39,5 –144,7 –208,7
Par région
Pays émergents et en développement d’Asie 119,0 98,9 228,3 308,6 223,3 173,1 –49,2 133,0 201,2 64,8 –7,5
Pays émergents et en développement d’Europe –28,4 –56,2 –8,0 36,3 –6,6 –16,3 69,3 54,9 –9,2 4,3 –10,4
Amérique latine et Caraïbes –148,3 –172,9 –186,0 –171,9 –99,7 –86,2 –130,2 –89,7 –21,6 –37,3 –71,3
Moyen-Orient et Asie centrale 418,7 333,7 201,9 –138,9 –143,2 –26,9 108,4 26,8 –133,3 –106,7 –57,8
Afrique subsaharienne –26,6 –37,6 –62,4 –92,0 –56,1 –36,3 –44,4 –62,2 –76,6 –69,8 –61,7
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 593,8 460,6 311,3 –75,9 –74,9 83,7 311,0 146,3 –95,6 –41,4 16,7
Autres produits –259,2 –294,7 –137,4 18,0 –7,4 –76,4 –357,2 –83,6 56,1 –103,3 –225,5
Dont : produits primaires –63,4 –87,5 –53,2 –64,2 –43,7 –56,6 –74,6 –45,7 –32,0 –32,3 –33,9
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –413,6 –379,1 –348,6 –312,2 –219,2 –243,0 –333,8 –228,1 –167,5 –233,4 –347,6
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019 –56,5 –62,2 –43,0 –51,3 –55,2 –46,3 –46,0 –47,4 –41,7 –49,5 –40,0
Pour mémoire
Monde 385,2 410,0 422,0 239,2 308,9 487,9 346,4 402,0 202,6 169,4 226,3
Union européenne 314,1 435,9 456,1 448,3 479,7 505,3 500,6 434,7 350,7 469,3 571,5
Pays en développement à faible revenu –32,8 –38,6 –40,6 –74,1 –41,1 –34,7 –57,0 –61,2 –88,6 –85,7 –76,4
Moyen-Orient et Afrique du Nord 408,4 326,5 191,5 –122,6 –120,2 –7,9 125,3 43,8 –117,3 –86,7 –33,6

166 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Pays avancés 0,1 0,5 0,5 0,7 0,8 1,0 0,8 0,7 0,5 0,6 0,7
États-Unis –2,6 –2,0 –2,1 –2,2 –2,1 –1,9 –2,2 –2,2 –2,1 –2,1 –2,0
Zone euro 1,0 2,1 2,4 2,8 3,3 3,1 3,1 2,7 1,9 2,4 2,5
Allemagne 7,1 6,6 7,2 8,6 8,5 7,8 7,4 7,1 5,8 6,8 6,7
France –1,0 –0,5 –1,0 –0,4 –0,5 –0,8 –0,6 –0,7 –1,9 –1,8 –0,8
Italie –0,2 1,1 1,9 1,4 2,6 2,6 2,5 3,0 3,2 3,0 2,9
Espagne 0,1 2,0 1,7 2,0 3,2 2,7 1,9 2,0 0,5 0,9 1,8
Japon 1,0 0,9 0,8 3,1 4,0 4,2 3,6 3,6 2,9 3,2 3,1
Royaume-Uni –3,4 –4,8 –4,7 –4,9 –5,2 –3,5 –3,9 –4,0 –2,0 –3,8 –3,3
Canada –3,5 –3,1 –2,3 –3,5 –3,1 –2,8 –2,5 –2,0 –2,0 –2,4 –2,2
Autres pays avancés1 4,1 5,0 5,1 5,7 5,2 4,6 4,6 5,4 4,5 4,4 4,3
Pays émergents et en développement 1,2 0,5 0,6 –0,2 –0,3 0,0 –0,1 0,2 –0,1 –0,4 –0,4
Par région
Pays émergents et en développement d’Asie 0,9 0,7 1,5 2,0 1,4 1,0 –0,3 0,6 1,0 0,3 0,0
Pays émergents et en développement d’Europe –0,7 –1,2 –0,2 1,1 –0,2 –0,4 1,8 1,4 –0,3 0,1 –0,2
Amérique latine et Caraïbes –2,5 –2,9 –3,1 –3,3 –2,0 –1,6 –2,5 –1,7 –0,5 –0,8 –1,3
Moyen-Orient et Asie centrale 11,2 8,6 5,1 –4,0 –4,2 –0,8 2,8 0,7 –3,7 –2,7 –1,2
Afrique subsaharienne –1,7 –2,2 –3,5 –5,8 –3,8 –2,3 –2,7 –3,6 –4,8 –4,1 –2,5
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 9,6 7,3 5,1 –1,5 –1,6 1,7 5,9 2,7 –2,0 –0,8 0,3
Autres produits –1,2 –1,2 –0,5 0,1 0,0 –0,3 –1,2 –0,3 0,2 –0,3 –0,5
Dont : produits primaires –3,3 –4,4 –2,7 –3,3 –2,4 –2,8 –3,8 –2,4 –1,9 –1,8 –1,5
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –3,0 –2,7 –2,4 –2,3 –1,6 –1,7 –2,2 –1,5 –1,2 –1,5 –1,7
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019 –6,6 –6,9 –4,8 –5,9 –6,5 –5,9 –5,6 –5,3 –4,8 –5,4 –3,4
Pour mémoire
Monde 0,5 0,5 0,5 0,3 0,4 0,6 0,4 0,5 0,2 0,2 0,2
Union européenne 2,1 2,8 2,9 3,3 3,5 3,4 3,1 2,8 2,3 2,8 2,8
Pays en développement à faible revenu –1,9 –2,1 –2,0 –3,8 –2,2 –1,8 –2,8 –2,8 –3,9 –3,6 –2,2
Moyen-Orient et Afrique du Nord 13,3 10,3 6,0 –4,3 –4,3 –0,3 4,0 1,3 –3,9 –2,7 –0,9

Fonds monétaire international | Octobre 2020 167


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage des exportations des biens et des servicess)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Pays avancés 0,4 1,7 1,7 2,2 2,9 3,3 2,5 2,2 1,8 2,1 2,3
États-Unis –18,6 –14,6 –15,4 –17,9 –17,6 –15,3 –17,7 –19,0 –20,8 –20,2 –18,4
Zone euro 4,0 8,2 9,0 10,0 12,0 11,1 10,8 9,3 ... ... ...
Allemagne 15,4 14,4 15,8 18,3 18,5 16,5 15,6 15,1 13,4 15,7 14,7
France –3,2 –1,7 –3,1 –1,2 –1,5 –2,4 –1,7 –2,0 –6,7 –6,6 –2,9
Italie –0,8 3,9 6,5 4,8 8,8 8,4 7,9 9,4 11,4 10,0 8,8
Espagne 0,3 6,2 5,1 6,0 9,4 7,6 5,5 5,7 1,8 3,1 5,2
Japon 6,5 5,5 4,3 17,4 24,4 23,2 19,0 20,4 18,6 19,3 18,2
Royaume-Uni –11,4 –15,9 –16,6 –17,7 –18,3 –11,5 –12,6 –12,7 –6,9 –12,4 –11,2
Canada –11,6 –10,4 –7,3 –11,0 –9,8 –9,0 –7,8 –6,4 –7,1 –8,5 –7,1
Autres pays avancés1 6,8 8,2 8,6 9,8 9,5 8,2 8,0 9,4 8,5 8,4 8,1
Pays émergents et en développement 3,6 1,9 2,2 –0,6 –1,1 0,1 –0,5 0,7 –0,3 –1,6 –1,8
Par région
Pays émergents et en développement d’Asie 3,3 2,6 5,7 8,1 6,1 4,2 –1,1 3,0 4,8 1,4 –0,1
Pays émergents et en développement d’Europe –2,0 –3,8 –0,5 3,0 –0,6 –1,2 4,5 3,6 –0,7 0,3 –0,5
Amérique latine et Caraïbes –11,7 –13,7 –15,0 –15,9 –9,5 –7,3 –10,3 –7,2 –2,0 –3,0 –4,8
Moyen-Orient et Asie centrale 22,2 18,8 12,9 –10,3 –11,8 –2,2 7,0 1,9 –11,3 –8,3 –3,5
Afrique subsaharienne –5,6 –7,8 –13,7 –26,7 –17,6 –9,9 –10,6 –15,3 –23,7 –18,5 –12,0
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 22,5 18,3 13,8 –4,1 –4,8 4,7 15,2 7,8 –6,0 –2,2 1,2
Autres produits –4,3 –4,6 –2,1 0,3 –0,1 –1,2 –5,0 –1,2 0,9 –1,4 –2,4
Dont : produits primaires –12,9 –18,0 –11,3 –15,9 –10,9 –12,6 –15,5 –9,7 –7,7 –6,9 –5,6
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –10,3 –9,2 –8,4 –8,5 –6,0 –5,8 –7,3 –5,0 –4,3 –5,2 –5,8
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019 –21,3 –22,9 –17,0 –24,4 –28,5 –21,2 –18,2 –18,2 –19,5 –21,6 –11,3
Pour mémoire
Monde 1,6 1,8 1,9 1,2 1,5 2,1 1,4 1,6 1,0 0,7 0,8
Union européenne 4,8 6,3 6,3 7,0 7,4 7,1 6,3 5,6 5,2 6,1 5,9
Pays en développement à faible revenu –6,9 –7,5 –7,6 –15,4 –8,5 –6,2 –8,9 –9,0 –15,0 –12,8 –7,9
Moyen-Orient et Afrique du Nord 24,6 20,9 13,9 –10,1 –11,0 –0,9 9,1 3,5 –11,2 –7,6 –2,2
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.

168 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes


(En pourcentage du PIB)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Pays avancés 0,1 0,5 0,5 0,7 0,8 1,0 0,8 0,7 0,5 0,6 0,7
États-Unis –2,6 –2,0 –2,1 –2,2 –2,1 –1,9 –2,2 –2,2 –2,1 –2,1 –2,0
Zone euro1 1,0 2,1 2,4 2,8 3,3 3,1 3,1 2,7 1,9 2,4 2,5
Allemagne 7,1 6,6 7,2 8,6 8,5 7,8 7,4 7,1 5,8 6,8 6,7
France –1,0 –0,5 –1,0 –0,4 –0,5 –0,8 –0,6 –0,7 –1,9 –1,8 –0,8
Italie –0,2 1,1 1,9 1,4 2,6 2,6 2,5 3,0 3,2 3,0 2,9
Espagne 0,1 2,0 1,7 2,0 3,2 2,7 1,9 2,0 0,5 0,9 1,8
Pays-Bas 10,2 9,8 8,2 6,3 8,1 10,8 10,8 9,9 7,6 9,0 8,7
Belgique –0,1 1,0 0,8 1,4 0,6 1,2 –1,4 –1,2 0,0 –0,8 –1,6
Autriche 1,5 1,9 2,5 1,7 2,7 1,6 2,3 2,6 2,4 2,5 2,2
Irlande –3,4 1,6 1,1 4,4 –4,2 0,5 6,0 –11,4 5,0 5,5 5,5
Portugal –1,6 1,6 0,2 0,2 1,2 1,3 0,4 –0,1 –3,1 –3,5 –3,7
Grèce –2,4 –2,6 –2,3 –1,5 –2,3 –2,5 –3,5 –2,1 –7,7 –4,5 –3,6
Finlande –2,1 –1,8 –1,3 –0,9 –2,0 –0,9 –1,7 –0,5 –1,8 –0,7 0,3
République slovaque 0,9 1,9 1,1 –2,1 –2,7 –1,9 –2,6 –2,9 –3,1 –4,1 –2,8
Lituanie –1,4 0,8 3,2 –2,8 –0,8 0,6 0,3 4,3 7,2 4,5 –1,7
Slovénie 1,3 3,3 5,1 3,8 4,8 6,2 5,9 5,7 4,5 3,9 1,1
Luxembourg 5,6 5,4 5,2 5,1 4,9 4,9 4,8 4,5 3,8 4,3 4,6
Lettonie –3,6 –2,7 –2,3 –0,9 1,4 1,0 –0,7 –0,5 2,0 –0,8 –1,2
Estonie –1,9 0,3 0,7 1,8 1,6 2,7 2,0 2,6 4,0 2,0 –0,1
Chypre –3,9 –1,5 –4,1 –0,4 –4,2 –5,1 –4,4 –6,7 –10,6 –9,1 –3,5
Malte 1,7 2,6 8,5 2,7 3,7 10,2 11,0 9,6 7,6 8,3 10,3
Japon 1,0 0,9 0,8 3,1 4,0 4,2 3,6 3,6 2,9 3,2 3,1
Royaume-Uni –3,4 –4,8 –4,7 –4,9 –5,2 –3,5 –3,9 –4,0 –2,0 –3,8 –3,3
Corée 3,8 5,6 5,6 7,2 6,5 4,6 4,5 3,6 3,3 3,4 4,3
Canada –3,5 –3,1 –2,3 –3,5 –3,1 –2,8 –2,5 –2,0 –2,0 –2,4 –2,2
Australie –4,3 –3,4 –3,1 –4,6 –3,3 –2,6 –2,1 0,6 1,8 –0,1 –2,0
Taiwan, prov. chinoise de 8,7 9,7 11,3 13,6 13,1 14,1 11,6 10,7 9,6 9,8 9,2
Singapour 17,6 15,7 18,0 18,7 17,6 16,3 17,2 17,0 15,0 14,5 14,0
Suisse 10,7 11,6 8,6 11,3 9,9 6,4 8,2 11,5 8,5 9,0 9,3
Suède 5,5 5,1 4,5 4,1 3,5 3,1 2,5 4,2 3,2 4,2 3,0
Hong Kong (RAS) 1,6 1,5 1,4 3,3 4,0 4,6 3,7 6,2 4,4 4,7 4,0
République tchèque –1,5 –0,5 0,2 0,2 1,5 1,6 0,4 –0,4 –0,7 –0,5 1,0
Norvège 12,6 10,3 10,8 8,0 4,5 4,6 7,1 4,1 2,8 4,4 4,3
Israël 0,3 3,0 4,0 5,1 3,3 3,1 2,1 3,4 3,5 3,5 2,8
Danemark 6,3 7,8 8,9 8,2 7,8 7,8 7,0 7,8 6,4 6,6 7,2
Nouvelle-Zélande –3,9 –3,2 –3,1 –2,9 –2,2 –3,0 –4,3 –3,4 –2,0 –2,4 –2,9
Porto Rico ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Macao (RAS) 39,3 40,2 34,2 25,3 28,1 32,3 34,6 34,8 –23,5 –6,7 28,0
Islande –3,8 5,8 3,9 5,1 7,6 3,8 3,2 6,2 0,0 0,2 0,1
Saint-Marin ... ... ... ... ... –0,1 –1,6 0,7 –4,5 –1,2 –0,1
Pour mémoire
Principaux pays avancés –0,8 –0,6 –0,6 –0,5 –0,1 0,0 –0,3 –0,3 –0,4 –0,3 –0,2
Zone euro2 2,3 2,9 3,0 3,4 3,6 3,6 3,5 2,9 2,5 2,9 3,1
1Les données sont corrigées des différences de déclaration entre pays de la zone euro.
2Les données correspondent à la somme des soldes des pays de la zone euro.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 169


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes


(En pourcentage du PIB)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Pays émergents et en développement
d’Asie 0,9 0,7 1,5 2,0 1,4 1,0 –0,3 0,6 1,0 0,3 0,0
Bangladesh –0,3 1,6 0,8 1,8 1,9 –0,5 –3,5 –1,7 –1,5 –2,8 –1,9
Bhoutan –21,9 –25,6 –27,1 –27,9 –30,3 –23,9 –19,1 –22,5 –21,4 –13,5 8,9
Brunei Darussalam 29,8 20,9 31,9 16,7 12,9 16,4 6,9 6,6 0,0 2,8 9,6
Cambodge –8,6 –8,5 –8,6 –8,7 –8,5 –7,9 –12,2 –15,8 –25,4 –16,3 –7,5
Chine 2,5 1,5 2,2 2,7 1,8 1,6 0,2 1,0 1,3 0,7 0,5
Fidji –1,4 –8,9 –5,8 –3,5 –3,6 –6,7 –8,5 –12,9 –15,3 –12,1 –7,6
Îles Marshall –0,4 –6,2 3,4 17,2 16,1 7,5 6,5 8,0 1,6 1,2 –2,3
Îles Salomon 1,4 –3,0 –3,7 –2,7 –3,5 –4,3 –3,0 –9,6 –11,3 –16,4 –8,0
Inde –4,8 –1,7 –1,3 –1,0 –0,6 –1,8 –2,1 –0,9 0,3 –0,9 –2,5
Indonésie –2,7 –3,2 –3,1 –2,0 –1,8 –1,6 –2,9 –2,7 –1,3 –2,4 –1,8
Kiribati 1,9 –5,5 31,1 32,8 10,8 37,6 38,7 32,0 –1,6 2,8 11,5
Lao, Rép. dém. pop. –21,3 –26,5 –23,3 –22,4 –11,0 –10,6 –12,0 –6,4 –8,7 –7,7 –6,7
Malaisie 5,1 3,4 4,3 3,0 2,4 2,8 2,2 3,4 0,9 1,8 0,7
Maldives –6,6 –4,3 –3,7 –7,5 –23,6 –21,7 –26,4 –26,0 –31,8 –17,0 –5,5
Micronésie –13,6 –9,9 6,1 4,5 7,2 10,3 21,0 16,0 1,6 3,5 –3,9
Mongolie –27,4 –25,4 –11,3 –4,0 –6,3 –10,1 –16,8 –15,6 –12,3 –13,5 –4,1
Myanmar –1,8 –1,2 –4,5 –3,5 –4,2 –6,8 –4,7 –2,6 –3,5 –4,4 –4,0
Nauru 35,7 49,5 25,2 –21,3 2,0 12,7 –4,6 10,5 4,2 3,4 –1,0
Népal 4,8 3,3 4,5 5,0 6,3 –0,4 –8,1 –7,7 –2,5 –7,0 –4,7
Palaos –15,2 –14,1 –17,8 –8,5 –13,4 –18,7 –15,2 –26,6 –32,7 –35,4 –29,0
Papouasie-Nouvelle-Guinée –36,7 –30,9 15,1 25,6 29,4 29,9 26,2 22,2 14,7 18,9 16,7
Philippines 2,7 4,0 3,6 2,4 –0,4 –0,7 –2,5 –0,1 1,6 –1,5 –2,2
Samoa –9,5 –1,5 –9,1 –2,8 –4,5 –2,0 0,8 2,3 –7,1 –7,0 –1,3
Sri Lanka –5,8 –3,4 –2,5 –2,3 –2,1 –2,6 –3,2 –2,2 –3,6 –3,2 –2,4
Thaïlande –1,2 –2,1 2,9 6,9 10,5 9,6 5,6 7,1 4,2 4,6 4,0
Timor-Leste 230,7 171,4 75,6 12,8 –32,9 –21,1 –12,2 8,2 –13,7 –27,6 –36,2
Tonga –14,9 –9,6 –6,3 –10,1 –6,5 –6,4 –5,6 –4,8 –4,6 –17,5 –12,1
Tuvalu 18,4 –6,7 3,0 –53,5 21,5 24,0 7,1 12,4 17,0 –11,0 –8,0
Vanuatu –6,5 –3,3 6,2 –1,6 0,8 –6,4 9,4 13,1 –0,3 –1,6 –4,0
Viet Nam 4,7 3,6 3,7 –0,9 0,2 –0,6 1,9 3,4 1,2 1,7 0,0
Pays émergents et en développement
d’Europe –0,7 –1,2 –0,2 1,1 –0,2 –0,4 1,8 1,4 –0,3 0,1 –0,2
Albanie1 –10,2 –9,3 –10,8 –8,6 –7,6 –7,5 –6,8 –7,6 –11,7 –8,5 –7,5
Bélarus1 –2,8 –10,0 –6,6 –3,3 –3,4 –1,7 0,0 –1,8 –3,3 –2,2 –2,2
Bosnie-Herzégovine –8,7 –5,3 –7,3 –5,1 –4,7 –4,4 –3,7 –3,6 –4,4 –6,1 –3,8
Bulgarie –0,9 1,3 1,2 0,1 3,2 3,5 1,4 4,0 1,9 2,3 0,5
Croatie –1,8 –1,1 0,3 3,3 2,1 3,5 1,8 2,8 –3,2 –3,1 1,6
Hongrie 1,6 3,5 1,2 2,4 4,5 2,3 0,0 –0,8 –1,6 –0,9 –0,5
Kosovo –5,8 –3,4 –6,9 –8,6 –7,9 –5,4 –7,6 –5,5 –6,0 –5,5 –4,2
Macédoine du Nord –3,2 –1,6 –0,5 –2,0 –2,9 –1,0 –0,1 –2,8 –4,7 –3,8 –2,3
Moldova, Rép. de –7,4 –5,2 –6,0 –6,0 –3,5 –5,7 –10,7 –8,9 –8,3 –10,6 –7,3
Monténégro –15,3 –11,4 –12,4 –11,0 –16,2 –16,1 –17,0 –15,2 –14,2 –13,6 –9,1
Pologne –3,7 –1,3 –2,1 –0,6 –0,5 0,0 –1,0 0,4 3,0 1,8 0,1
Roumanie –4,8 –0,8 –0,2 –0,6 –1,4 –2,8 –4,4 –4,6 –5,3 –4,5 –3,9
Russie 3,3 1,5 2,8 5,0 1,9 2,0 6,9 3,8 1,2 1,8 1,8
Serbie –10,8 –5,7 –5,6 –3,5 –2,9 –5,2 –4,8 –6,9 –6,4 –6,5 –5,2
Turquie –5,4 –5,8 –4,1 –3,2 –3,1 –4,7 –2,7 1,2 –3,7 –0,9 –1,4
Ukraine1 –8,1 –9,2 –3,9 1,7 –1,5 –2,2 –3,3 –2,7 4,3 –3,0 –3,4
Amérique latine et Caraïbes –2,5 –2,9 –3,1 –3,3 –2,0 –1,6 –2,5 –1,7 –0,5 –0,8 –1,3
Antigua-et-Barbuda ... ... 0,3 2,2 –2,4 –7,8 –13,7 –6,5 –22,0 –24,7 –8,4
Argentine –0,4 –2,1 –1,6 –2,7 –2,7 –4,8 –5,2 –0,9 0,7 1,2 0,7
Aruba 3,5 –12,9 –5,0 4,3 5,1 1,1 –0,7 2,1 –20,8 –17,2 –5,6
Bahamas –14,3 –14,3 –19,7 –13,8 –6,0 –12,1 –11,4 0,6 –17,5 –15,9 –7,7
Barbade –8,5 –8,4 –9,2 –6,1 –4,3 –3,8 –4,0 –3,1 –11,1 –6,8 –3,1
Belize –2,2 –4,6 –8,2 –10,1 –9,2 –8,6 –8,1 –9,6 –15,3 –11,4 –7,8
Bolivie 7,2 3,4 1,7 –5,8 –5,6 –4,8 –4,6 –3,3 –2,6 –3,5 –4,0
Brésil –3,4 –3,2 –4,1 –3,0 –1,3 –0,7 –2,2 –2,8 0,3 0,0 –0,7
Chili –4,4 –4,8 –2,0 –2,4 –2,0 –2,3 –3,6 –3,8 –1,6 –2,9 –0,9
Colombie –3,1 –3,3 –5,2 –6,3 –4,3 –3,3 –3,9 –4,2 –4,0 –3,9 –3,8

170 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Amérique latine et Caraïbes (suite) –2,5 –2,9 –3,1 –3,3 –2,0 –1,6 –2,5 –1,7 –0,5 –0,8 –1,3
Costa Rica –5,1 –4,8 –4,8 –3,5 –2,2 –3,3 –3,3 –2,4 –4,5 –4,1 –2,9
Dominique ... ... –5,4 –4,7 –7,7 –8,8 –44,6 –27,2 –27,8 –26,3 –11,4
El Salvador –5,8 –6,9 –5,4 –3,2 –2,3 –1,9 –4,7 –2,1 –4,9 –4,5 –5,0
Équateur –0,2 –1,0 –0,7 –2,2 1,1 –0,1 –1,2 –0,1 –2,0 –0,1 0,6
Grenade ... ... –11,6 –12,5 –11,0 –14,4 –15,9 –15,8 –25,3 –24,9 –10,1
Guatemala –3,7 –4,2 –3,3 –1,2 1,0 1,1 0,8 2,4 3,8 2,3 –0,4
Guyana –7,9 –9,3 –6,7 –3,4 1,5 –4,9 –29,2 –33,9 –22,0 –16,2 5,3
Haïti –5,7 –6,6 –8,6 –3,0 –0,9 –1,0 –3,9 –1,4 –2,5 –0,4 –2,6
Honduras –8,5 –9,5 –6,9 –4,7 –2,6 –0,8 –5,4 –1,4 –2,2 –2,8 –4,4
Jamaïque –9,8 –9,5 –8,0 –3,0 –0,3 –2,7 –1,6 –2,0 –5,2 –7,2 –3,0
Mexique –1,6 –2,5 –1,9 –2,7 –2,3 –1,8 –2,1 –0,3 1,2 –0,1 –2,0
Nicaragua –11,7 –12,6 –8,0 –9,9 –8,5 –7,2 –1,9 6,0 0,5 –0,2 –2,2
Panama –9,2 –9,0 –13,4 –9,0 –7,8 –5,9 –8,2 –5,2 –7,0 –6,2 –3,1
Paraguay –0,9 1,6 –0,1 –0,4 3,6 3,1 0,0 –1,0 –0,7 0,0 0,0
Pérou –3,2 –5,1 –4,5 –5,0 –2,6 –1,3 –1,7 –1,4 –1,1 –0,3 –1,0
République dominicaine –6,5 –4,1 –3,2 –1,8 –1,1 –0,2 –1,4 –1,4 –6,0 –4,5 –1,0
Saint-Kitts-et-Nevis ... ... 0,1 –8,7 –12,7 –11,2 –5,7 –2,1 –21,0 –20,0 –12,4
Saint-Vincent-et-les Grenadines ... ... –26,1 –15,3 –13,9 –11,6 –12,0 –10,0 –18,7 –16,9 –7,0
Sainte-Lucie ... ... –2,5 0,0 –6,5 –1,0 2,2 5,3 –16,8 –9,3 –0,3
Suriname 3,3 –3,8 –7,9 –16,4 –5,1 1,9 –3,4 –11,1 –8,0 –6,2 –8,1
Trinité-et-Tobago 13,4 19,3 13,8 7,0 –4,4 5,3 5,8 4,8 –3,3 1,5 3,6
Uruguay –4,0 –3,6 –3,2 –0,9 0,6 0,7 0,0 0,6 –1,7 –3,3 –2,2
Venezuela 0,7 1,8 2,4 –5,0 –1,4 6,1 8,8 8,4 –4,1 –4,1 ...
Moyen-Orient et Asie centrale 11,2 8,6 5,1 –4,0 –4,2 –0,8 2,8 0,7 –3,7 –2,7 –1,2
Afghanistan 10,9 1,4 6,6 3,8 9,0 7,6 12,2 11,7 9,5 7,8 7,0
Algérie 5,9 0,4 –4,4 –16,4 –16,5 –13,2 –9,6 –10,1 –10,8 –16,6 –12,2
Arabie saoudite 22,4 18,1 9,8 –8,7 –3,7 1,5 9,2 5,9 –2,5 –1,6 –0,6
Arménie –10,0 –7,3 –7,8 –2,7 –2,1 –3,0 –9,4 –8,2 –8,8 –7,3 –6,0
Azerbaïdjan 21,4 16,6 13,9 –0,4 –3,6 4,1 12,8 9,1 –3,6 –4,4 –0,4
Bahreïn 8,4 7,4 4,6 –2,4 –4,6 –4,1 –6,5 –2,1 –8,0 –5,7 –4,5
Cisjordanie et Gaza –14,9 –14,8 –13,6 –13,9 –13,9 –13,2 –13,1 –10,8 –11,1 –13,7 –12,2
Djibouti –23,4 –30,8 24,0 29,3 –1,0 –4,8 14,2 13,0 –3,2 –2,5 0,0
Égypte –3,6 –2,2 –0,9 –3,7 –6,0 –6,1 –2,4 –3,6 –3,2 –4,2 –2,7
Émirats arabes unis 19,5 18,8 13,5 4,9 3,7 7,1 9,6 8,4 3,6 7,5 8,5
Géorgie –11,4 –5,6 –10,2 –11,8 –12,5 –8,1 –6,8 –5,1 –10,8 –8,5 –7,0
Iran 5,6 5,8 3,2 0,3 3,8 3,5 6,1 1,1 –0,5 0,3 0,7
Iraq 5,1 1,1 2,6 –6,5 –8,3 1,8 6,7 1,1 –12,6 –12,1 –7,5
Jordanie –14,9 –10,2 –7,1 –9,0 –9,7 –10,6 –6,9 –2,3 –6,8 –5,7 –3,0
Kazakhstan 1,1 0,8 2,8 –3,3 –5,9 –3,1 –0,1 –3,6 –3,3 –2,8 –2,1
Koweït 45,5 40,3 33,4 3,5 –4,6 8,0 14,5 9,4 –6,8 –2,8 1,4
Liban1 –25,9 –28,0 –28,8 –19,9 –23,5 –26,3 –28,2 –27,4 –16,3 ... ...
Libye¹ 29,9 0,0 –78,4 –54,3 –24,6 8,0 1,8 –0,3 –59,8 –22,4 –8,6
Maroc –9,3 –7,6 –5,9 –2,1 –4,1 –3,4 –5,3 –4,1 –7,3 –5,2 –4,1
Mauritanie –18,8 –17,2 –22,2 –15,5 –11,0 –10,0 –13,8 –10,6 –15,3 –17,3 –2,5
Oman 10,2 6,6 5,2 –15,9 –19,1 –15,6 –5,4 –4,6 –14,6 –12,9 –3,2
Ouzbékistan 0,9 2,4 3,3 1,3 0,4 2,5 –7,1 –5,6 –6,4 –7,4 –4,0
Pakistan –2,1 –1,1 –1,3 –1,0 –1,8 –4,1 –6,4 –4,9 –1,1 –2,5 –2,7
Qatar 33,2 30,4 24,0 8,5 –5,5 4,0 9,1 2,4 –0,6 2,6 3,4
République kirghize –15,5 –13,9 –17,0 –15,9 –11,6 –6,2 –12,1 –5,6 –13,4 –12,8 –7,8
Somalie ... –13,6 –8,3 –8,3 –9,3 –9,7 –7,5 –10,5 –12,8 –12,9 –15,0
Soudan –12,8 –11,0 –5,8 –8,4 –7,6 –10,0 –13,1 –15,1 –12,7 –10,7 –7,2
Syrie2 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Tadjikistan –9,0 –10,4 –3,4 –6,1 –4,2 2,2 –5,0 –2,3 –7,1 –4,5 –3,9
Tunisie –9,1 –9,7 –9,8 –9,7 –9,3 –10,2 –11,2 –8,5 –8,3 –8,7 –5,4
Turkménistan –0,9 –7,3 –6,1 –15,6 –20,2 –10,4 5,5 5,1 1,0 1,8 –3,2
Yémen –1,7 –3,1 –0,7 –6,2 –2,9 –0,2 –2,0 –3,9 –6,5 –8,3 –0,3

Fonds monétaire international | Octobre 2020 171


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2025
Afrique subsaharienne –1,7 –2,2 –3,5 –5,8 –3,8 –2,3 –2,7 –3,6 –4,8 –4,1 –2,5
Angola 10,8 6,1 –2,6 –8,8 –4,8 –0,5 7,0 5,7 –1,3 0,1 1,1
Afrique du Sud –5,1 –5,8 –5,1 –4,6 –2,9 –2,5 –3,5 –3,0 –1,6 –1,8 –2,4
Bénin –5,2 –5,4 –6,7 –6,0 –3,0 –4,2 –4,6 –4,3 –5,5 –4,8 –4,5
Botswana 0,3 8,9 15,4 7,8 7,7 5,3 0,6 –7,6 –2,5 –3,1 1,4
Burkina Faso –1,3 –10,0 –7,2 –7,6 –6,1 –5,0 –4,1 –4,8 –3,5 –3,5 –5,3
Burundi –18,6 –19,7 –19,5 –20,7 –13,5 –15,0 –14,5 –17,9 –20,7 –20,8 –17,7
Cabo Verde –12,6 –4,9 –9,1 –3,2 –3,8 –7,8 –5,2 0,3 –15,2 –10,0 –2,9
Cameroun –3,3 –3,5 –4,0 –3,8 –3,2 –2,7 –3,6 –4,4 –5,4 –4,5 –1,2
Comores –3,2 –4,0 –3,8 –0,3 –4,3 –2,1 –2,8 –3,8 –2,1 –1,5 –0,2
Congo, Rép. dém. du –4,3 –9,5 –4,8 –3,9 –4,1 –3,3 –3,6 –3,8 –4,8 –4,0 –3,8
Congo, Rép. du 13,6 10,8 1,0 –39,0 –48,7 –3,3 1,5 3,5 –5,7 –1,9 1,5
Côte d’Ivoire –0,9 –1,0 1,0 –0,4 –0,9 –2,0 –3,6 –2,7 –3,7 –2,9 –2,1
Érythrée 12,4 2,3 17,3 20,8 15,3 24,0 15,4 12,1 10,1 10,8 9,1
Eswatini 5,0 10,8 11,6 12,9 7,8 6,2 1,3 4,2 1,0 5,7 5,4
Éthiopie –7,1 –6,1 –6,6 –11,7 –9,4 –8,5 –6,5 –5,3 –4,5 –4,6 –3,3
Gabon 17,9 7,3 7,6 –5,6 –10,4 –7,0 –3,2 –0,3 –9,1 –6,0 –0,5
Gambie –4,5 –6,7 –7,3 –9,9 –9,2 –7,4 –9,5 –5,3 –8,5 –10,8 –7,4
Ghana –8,7 –9,0 –7,0 –5,8 –5,2 –3,4 –3,1 –2,7 –3,4 –2,9 –2,1
Guinée –19,9 –12,5 –12,9 –12,9 –31,9 –6,7 –18,7 –13,7 –20,5 –15,7 –10,1
Guinée Bissau –7,9 –4,3 0,5 1,8 1,4 0,3 –3,6 –8,5 –12,1 –4,2 –4,0
Guinée équatoriale –1,1 –2,4 –4,3 –16,4 –13,0 –5,8 –5,4 –5,9 –9,6 –5,8 –16,9
Kenya –8,4 –8,8 –10,4 –6,9 –5,8 –7,2 –5,7 –5,8 –4,9 –5,4 –5,8
Lesotho –8,8 –5,2 –5,1 –3,9 –6,5 –2,5 –1,3 –8,4 –13,3 –11,9 –4,7
Libéria –12,3 –14,7 –20,5 –22,2 –19,2 –22,6 –22,5 –21,5 –21,4 –21,6 –20,5
Madagascar –7,6 –5,5 –0,3 –1,6 0,5 –0,4 0,7 –2,3 –4,2 –2,9 –3,4
Malawi –9,2 –8,4 –8,2 –17,2 –18,5 –25,6 –20,5 –17,1 –19,2 –19,3 –16,2
Mali –2,2 –2,9 –4,7 –5,3 –7,2 –7,3 –4,9 –4,2 –2,0 –1,2 –5,8
Maurice –7,1 –6,2 –5,4 –3,6 –4,0 –4,6 –3,9 –5,4 –13,3 –10,7 –4,9
Mozambique –41,8 –40,5 –36,5 –37,4 –32,2 –19,7 –29,6 –20,4 –60,0 –68,9 –27,7
Namibie –5,7 –4,2 –11,1 –12,6 –15,7 –3,9 –2,8 –2,3 –4,4 –2,1 –2,0
Niger –10,8 –11,3 –12,0 –15,3 –11,4 –11,4 –12,6 –12,6 –16,8 –19,2 –6,9
Nigéria 3,8 3,7 0,2 –3,1 0,7 2,8 1,0 –3,8 –3,6 –2,0 –0,5
Ouganda –5,4 –5,7 –6,5 –6,1 –2,8 –4,8 –6,8 –6,5 –8,0 –5,9 –0,9
République centrafricaine –5,6 –2,9 –13,3 –9,1 –5,3 –7,8 –8,0 –4,9 –5,6 –5,3 –5,6
Rwanda –9,5 –7,1 –11,4 –14,8 –15,5 –7,5 –7,9 –9,2 –16,7 –10,5 –8,3
Sao Tomé-et-Principe –21,8 –14,5 –20,7 –12,0 –6,1 –13,2 –12,3 –12,5 –17,0 –11,7 –7,1
Sénégal –8,7 –8,2 –7,0 –5,7 –4,2 –7,3 –8,8 –7,7 –9,2 –9,9 –4,1
Seychelles –21,1 –11,9 –23,1 –18,6 –20,6 –20,1 –17,9 –16,7 –28,3 –25,7 –19,1
Sierra Leone –31,8 –17,3 –9,3 –15,5 –9,1 –21,0 –18,7 –13,5 –12,1 –13,3 –10,7
Soudan du Sud –15,9 –3,9 0,0 –0,8 7,1 –3,1 –7,5 0,9 14,6 –9,2 –14,8
Tanzanie –12,0 –10,7 –10,0 –7,8 –4,1 –2,6 –3,0 –2,3 –3,2 –4,4 –2,3
Tchad –7,8 –9,1 –8,9 –13,8 –10,4 –7,1 –1,4 –4,9 –13,3 –9,7 –5,1
Togo –7,6 –13,2 –10,0 –11,0 –9,8 –2,0 –3,5 –4,3 –6,3 –4,4 –3,8
Zambie 4,9 –0,8 2,1 –2,7 –3,3 –1,7 –1,3 0,6 –1,0 0,0 0,6
Zimbabwe1 –10,7 –13,2 –11,6 –7,6 –3,6 –1,3 –5,9 1,1 –3,6 –2,0 –5,5
1Voir les notes relatives à l’Albanie, au Bélarus, au Liban, à la Libye, à l’Ukraine et au Zimbabwe dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.
2Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

172 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier


(Milliards de dollars)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Pays avancés
Solde du compte financier –129,8 245,6 334,4 347,6 441,3 456,5 329,1 298,2 137,3 326,0
Investissements directs nets 126,0 178,5 244,6 –2,2 –302,3 316,8 –78,7 –114,7 –183,4 –126,6
Investissements de portefeuille nets –247,0 –560,6 54,8 194,1 528,0 38,7 413,4 233,0 375,7 603,4
Dérivés financiers nets –97,3 74,8 1,3 –82,3 32,7 21,4 56,5 21,5 –3,2 16,7
Autres investissements nets –185,0 399,8 –106,2 11,8 4,6 –164,5 –189,7 84,3 –107,3 –232,9
Variation des réserves 273,5 153,2 140,1 226,6 178,5 244,5 127,5 74,2 55,5 65,4
États-Unis
Solde du compte financier –448,0 –400,1 –297,1 –333,1 –363,6 –334,1 –419,7 –395,5 –539,3 –463,7
Investissements directs nets 126,9 104,7 135,7 –209,4 –174,6 38,4 –412,8 –163,2 –214,8 –221,8
Investissements de portefeuille nets –498,3 –30,7 –114,9 –53,5 –195,0 –221,4 32,2 –133,4 219,6 355,7
Dérivés financiers nets 7,1 2,2 –54,3 –27,0 7,8 24,0 –20,4 –38,3 –33,2 –20,0
Autres investissements nets –88,2 –473,2 –259,9 –37,0 –4,0 –173,4 –23,7 –65,3 –510,6 –577,5
Variation des réserves 4,5 –3,1 –3,6 –6,3 2,1 –1,7 5,0 4,7 –0,2 0,0
Zone euro
Solde du compte financier 171,7 426,8 339,1 310,2 358,4 392,3 450,0 309,4 ... ...
Investissements directs nets 59,4 37,3 90,3 254,8 97,1 –45,8 149,0 17,0 ... ...
Investissements de portefeuille nets –201,6 –184,1 40,1 142,1 609,0 421,9 264,7 –67,0 ... ...
Dérivés financiers nets 38,8 41,9 76,2 101,4 23,2 28,7 109,2 41,2 ... ...
Autres investissements nets 258,7 523,4 127,9 –199,9 –387,9 –11,0 –102,4 314,5 ... ...
Variation des réserves 16,4 8,3 4,6 11,8 17,0 –1,4 29,6 3,6 ... ...
Allemagne
Solde du compte financier 194,2 300,8 318,1 259,5 288,8 319,9 279,9 230,1 217,6 294,9
Investissements directs nets 33,6 26,1 88,0 68,4 47,1 42,2 5,2 62,3 36,5 39,0
Investissements de portefeuille nets 66,8 209,5 177,7 210,0 220,1 234,4 185,7 106,6 137,9 173,8
Dérivés financiers nets 30,9 31,8 50,8 33,8 31,6 12,5 27,3 25,1 17,0 28,1
Autres investissements nets 61,1 32,2 4,8 –50,4 –11,9 32,3 61,2 36,7 26,3 53,9
Variation des réserves 1,7 1,2 –3,3 –2,4 1,9 –1,5 0,5 –0,6 0,0 0,0
France
Solde du compte financier –48,0 –19,2 –10,3 –0,8 –18,6 –36,1 –27,6 –32,3 –46,7 –49,4
Investissements directs nets 19,4 –13,9 47,2 7,9 41,8 11,1 67,5 4,7 15,0 23,3
Investissements de portefeuille nets –50,6 –79,3 –23,8 43,2 0,2 30,3 11,1 –104,1 –70,6 –51,8
Dérivés financiers nets –18,4 –22,3 –31,8 14,5 –17,6 –1,4 –30,5 4,1 –0,9 –3,8
Autres investissements nets –3,6 98,2 –2,9 –74,2 –45,4 –72,7 –87,9 59,8 6,1 –21,7
Variation des réserves 5,2 –1,9 1,0 8,0 2,5 –3,4 12,3 3,2 3,7 4,6
Italie
Solde du compte financier –4,1 32,4 73,0 43,1 36,2 53,8 35,9 51,6 60,9 64,9
Investissements directs nets 6,8 0,9 3,1 2,0 –12,3 0,5 –0,2 –1,6 5,3 6,2
Investissements de portefeuille nets –22,4 –5,1 –2,2 105,7 154,8 95,0 141,7 –56,7 –52,8 –63,2
Dérivés financiers nets 7,5 4,0 –1,9 1,2 –3,6 –8,2 –3,2 2,8 1,7 1,2
Autres investissements nets 2,1 30,5 75,2 –66,5 –101,4 –36,5 –105,5 103,5 106,7 120,8
Variation des réserves 1,9 2,0 –1,3 0,6 –1,3 3,0 3,1 3,6 0,0 0,0

Fonds monétaire international | Octobre 2020 173


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier (suite)


(Milliards de dollars)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Espagne
Solde du compte financier 11,0 41,2 22,8 31,8 39,2 36,9 37,0 34,4 10,8 33,7
Investissements directs nets –23,1 –14,1 14,2 33,4 12,4 13,5 –17,9 12,1 –2,0 3,3
Investissements de portefeuille nets 53,6 –85,0 –8,8 12,0 64,9 37,1 25,6 –56,0 39,7 46,6
Dérivés financiers nets –10,7 1,4 1,3 4,2 2,8 8,4 1,9 –9,6 0,0 0,0
Autres investissements nets –11,9 138,0 10,9 –23,3 –50,1 –26,3 24,8 87,0 –26,9 –16,2
Variation des réserves 3,1 0,9 5,2 5,5 9,1 4,1 2,6 0,8 0,0 0,0
Japon
Solde du compte financier 53,9 –4,3 58,9 180,9 266,8 168,3 182,7 223,2 140,1 161,7
Investissements directs nets 117,5 144,7 118,6 133,3 137,5 154,9 133,4 212,0 156,4 163,9
Investissements de portefeuille nets 28,8 –280,6 –42,2 131,5 276,5 –50,6 92,2 87,1 99,1 110,7
Dérivés financiers nets 6,7 58,1 34,0 17,7 –16,1 30,4 0,9 3,3 3,3 3,3
Autres investissements nets –61,1 34,8 –60,1 –106,7 –125,4 10,0 –67,9 –104,7 –130,2 –127,7
Variation des réserves –37,9 38,7 8,5 5,1 –5,7 23,6 24,0 25,5 11,5 11,5
Royaume-Uni
Solde du compte financier –78,4 –132,8 –153,1 –158,2 –161,1 –101,8 –111,1 –142,3 –56,2 –109,8
Investissements directs nets –34,8 –11,2 –176,1 –106,0 –297,4 16,3 –23,9 –88,3 –68,6 28,6
Investissements de portefeuille nets 281,2 –284,6 15,9 –230,1 –201,5 –121,9 –360,0 57,4 –105,5 –153,6
Dérivés financiers nets –65,8 63,4 31,2 –128,6 29,3 13,3 11,2 11,3 10,6 5,0
Autres investissements nets –271,2 91,8 –35,8 274,3 299,8 –18,4 236,9 –121,6 97,6 –0,4
Variation des réserves 12,1 7,8 11,7 32,2 8,8 8,8 24,8 –1,1 9,8 10,6
Canada
Solde du compte financier –63,9 –57,2 –43,1 –51,8 –45,4 –41,6 –35,4 –32,9 –31,7 –42,9
Investissements directs nets 12,8 –12,0 1,3 23,6 33,5 51,8 6,4 25,9 13,7 12,3
Investissements de portefeuille nets –68,3 –34,8 –32,8 –36,2 –103,6 –76,4 3,1 –3,4 –94,2 –45,4
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets –10,1 –15,2 –16,9 –47,8 19,1 –17,9 –43,4 –54,1 48,7 –9,8
Variation des réserves 1,7 4,7 5,3 8,6 5,6 0,8 –1,5 –1,3 0,0 0,0
Autres pays avancés1
Solde du compte financier 252,2 377,1 344,2 300,8 338,7 312,8 328,2 330,7 314,6 333,8
Investissements directs nets –33,3 31,2 –6,0 –96,1 –64,5 –162,5 12,3 –58,7 7,9 –35,6
Investissements de portefeuille nets 150,0 139,6 175,5 334,6 258,4 157,7 345,2 280,5 235,9 241,0
Dérivés financiers nets –28,3 –33,5 –22,3 –11,9 3,5 –1,8 32,1 21,4 –6,5 –2,4
Autres investissements nets –110,9 138,7 85,7 –101,4 –8,6 106,7 –111,0 48,8 51,0 103,1
Variation des réserves 274,7 101,3 111,5 176,0 150,2 213,1 49,5 38,7 26,3 27,7

174 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier (suite)


(Milliards de dollars)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Pays émergents et en développement
Solde du compte financier 87,3 –24,6 12,0 –306,1 –405,8 –242,1 –220,7 –163,1 26,1 –81,9
Investissements directs nets –495,2 –483,7 –428,8 –346,4 –260,3 –303,2 –371,8 –356,3 –276,6 –301,2
Investissements de portefeuille nets –243,7 –147,6 –89,7 127,7 –53,5 –208,4 –94,2 –98,3 53,1 –165,4
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 424,2 64,7 406,3 468,8 381,8 97,5 125,5 116,7 55,1 154,7
Variation des réserves 407,9 541,4 111,7 –562,6 –467,1 168,2 116,4 175,1 195,4 228,7
Par région
Pays émergents et en développement
d’Asie
Solde du compte financier 13,0 28,5 153,2 72,4 –24,8 –53,6 –256,5 –84,0 199,7 63,1
Investissements directs nets –220,5 –271,2 –201,6 –139,6 –25,5 –104,2 –165,8 –148,2 –128,8 –140,2
Investissements de portefeuille nets –115,5 –64,6 –125,2 81,6 31,1 –70,1 –99,6 –70,9 –37,5 –117,2
Dérivés financiers nets 1,3 –2,1 0,8 0,6 –4,6 2,2 4,6 –6,1 –11,9 –5,6
Autres investissements nets 217,2 –81,7 282,0 458,8 352,9 –83,5 –20,4 42,3 –1,0 60,0
Variation des réserves 136,8 444,8 195,6 –329,4 –379,6 201,6 25,6 99,1 379,0 266,8
Pays émergents et en développement
d’Europe
Solde du compte financier –24,9 –66,5 –28,9 65,6 3,8 –19,1 99,9 60,7 6,3 26,0
Investissements directs nets –37,4 –15,4 0,3 –22,1 –45,8 –28,7 –25,4 –52,5 –5,6 –18,6
Investissements de portefeuille nets –92,6 –37,9 23,4 54,5 –7,4 –34,6 12,9 –3,6 21,6 –14,7
Dérivés financiers nets –1,6 –0,9 5,8 5,0 0,3 –2,5 –3,0 1,5 5,3 0,5
Autres investissements nets 55,1 –4,5 64,1 35,6 21,1 30,3 67,9 22,0 20,2 43,1
Variation des réserves 51,6 –7,8 –122,7 –7,4 35,5 16,5 47,4 93,3 –35,2 15,6
Amérique latine et Caraïbes
Solde du compte financier –155,4 –196,8 –194,0 –192,6 –105,4 –101,1 –148,3 –108,6 –11,6 –33,6
Investissements directs nets –159,5 –151,1 –136,6 –136,1 –126,9 –119,5 –148,8 –117,8 –109,8 –92,3
Investissements de portefeuille nets –80,3 –99,8 –109,2 –48,1 –48,5 –39,9 –12,2 5,0 29,0 –17,4
Dérivés financiers nets 2,5 1,8 6,8 1,2 –2,9 3,9 4,1 5,0 8,6 8,8
Autres investissements nets 22,9 39,8 5,2 19,1 51,7 36,9 –5,1 31,3 47,3 57,9
Variation des réserves 59,0 12,4 39,8 –28,7 21,0 17,1 13,6 –32,0 13,4 9,4
Moyen-Orient et Asie centrale
Solde du compte financier 278,8 263,8 159,8 –184,1 –218,5 –31,8 110,9 21,0 –107,0 –80,0
Investissements directs nets –43,2 –22,7 –42,7 –10,6 –29,1 –13,6 –9,7 –10,4 –11,4 –20,0
Investissements de portefeuille nets 72,6 75,3 130,4 61,6 –11,9 –41,4 6,1 –10,7 19,4 –13,1
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 108,5 121,7 65,9 –52,5 –42,7 104,1 88,5 33,5 –1,0 10,8
Variation des réserves 140,8 89,6 6,8 –182,4 –134,3 –80,6 26,4 8,9 –113,9 –57,5
Afrique subsaharienne
Solde du compte financier –24,2 –53,6 –78,1 –67,5 –60,8 –36,5 –26,7 –52,2 –61,3 –57,3
Investissements directs nets –34,6 –23,3 –48,3 –38,0 –33,1 –37,3 –22,0 –27,3 –21,0 –30,0
Investissements de portefeuille nets –27,9 –20,7 –9,1 –21,9 –16,8 –22,4 –1,4 –18,1 20,8 –3,0
Dérivés financiers nets –1,7 –0,8 –1,5 –0,4 0,9 0,3 –0,5 0,3 0,2 0,3
Autres investissements nets 20,4 –10,6 –10,9 7,8 –1,3 9,7 –5,5 –12,3 –10,5 –17,1
Variation des réserves 19,8 2,4 –7,8 –14,7 –9,7 13,6 3,5 5,9 –48,0 –5,7

Fonds monétaire international | Octobre 2020 175


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier (fin)


(Milliards de dollars)
Projections
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles
Solde du compte financier 426,3 332,8 210,4 –110,7 –161,1 65,0 312,0 140,5 –75,5 –27,9
Investissements directs nets –28,1 14,8 6,6 5,5 –27,8 21,5 35,6 –5,9 4,1 –2,0
Investissements de portefeuille nets 41,2 87,6 177,9 94,0 –12,1 –42,0 17,6 –25,7 20,3 –10,4
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 198,9 174,2 145,4 0,6 25,2 140,2 182,6 84,9 47,4 61,2
Variation des réserves 212,7 55,7 –124,5 –218,0 –146,4 –54,8 77,2 84,6 –145,7 –76,6
Autres produits
Solde du compte financier –339,0 –357,4 –198,4 –195,5 –244,6 –307,1 –532,7 –303,6 101,6 –54,0
Investissements directs nets –467,1 –498,5 –435,4 –351,9 –232,6 –324,7 –407,4 –350,4 –280,8 –299,1
Investissements de portefeuille nets –284,9 –235,2 –267,6 33,7 –41,4 –166,4 –111,8 –72,7 32,9 –155,1
Dérivés financiers nets –1,0 –2,3 6,7 –0,6 –6,2 3,5 5,8 –1,9 3,0 3,6
Autres investissements nets 225,3 –109,5 260,9 468,2 356,5 –42,7 –57,2 31,9 7,6 93,5
Variation des réserves 195,2 485,7 236,2 –344,6 –320,7 223,0 39,2 90,5 341,1 305,3
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net)
Solde du compte financier –409,8 –409,4 –352,7 –288,5 –231,0 –266,6 –319,0 –243,5 –119,9 –178,4
Investissements directs nets –277,0 –268,0 –274,6 –287,5 –287,3 –263,7 –308,4 –291,5 –240,0 –259,9
Investissements de portefeuille nets –220,5 –175,9 –188,8 –26,0 –53,3 –117,0 –11,1 –31,8 69,4 –98,5
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets –16,1 –38,9 –3,3 41,5 29,2 2,0 –9,0 –35,4 –8,8 74,7
Variation des réserves 112,3 72,2 104,8 –13,9 93,6 108,5 10,7 118,4 59,0 104,2
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonne-
ment entre 2015 et 2019
Solde du compte financier –56,8 –55,7 –34,3 –45,4 –58,9 –41,2 –36,6 –43,7 –29,3 –32,9
Investissements directs nets –32,6 –26,0 –23,3 –25,4 –26,6 –25,8 –27,6 –27,8 –15,9 –24,0
Investissements de portefeuille nets –0,1 –11,8 –4,4 0,7 –8,6 –29,5 –12,8 –14,7 2,2 –6,1
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets –3,8 –17,4 0,0 –20,8 –28,1 9,9 –1,5 4,9 2,9 –12,2
Variation des réserves –20,4 –0,2 –6,4 0,4 4,6 4,6 5,7 –5,7 –18,0 9,9
Pour mémoire
Monde
Solde du compte financier –42,5 221,0 346,4 41,5 35,6 214,4 108,4 135,1 163,3 244,1
Note : Les estimations figurant dans ce tableau reposent sur les statistiques des comptes nationaux et de la balance des paiements des pays. Les valeurs composites des groupes de pays sont
égales à la somme des valeurs en dollars pour les pays concernés. Certains agrégats de groupe pour les dérivés financiers ne sont pas indiqués parce que les données sont incomplètes. Les
projections pour la zone euro ne sont pas disponibles à cause de données insuffisantes.
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.

176 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement


(En pourcentage du PIB)
Projections
Moyennes Moyenne
2002–11 2006–13 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022–25
Pays avancés
Capacité/besoin de financement –0,7 –0,4 0,5 0,6 0,8 1,0 0,7 0,6 0,5 0,6 0,7
Solde du compte courant –0,7 –0,4 0,5 0,7 0,8 1,0 0,8 0,7 0,5 0,6 0,6
Épargne 21,6 21,5 22,6 22,8 22,4 23,0 22,9 22,7 21,7 22,0 22,5
Investissement 22,2 21,8 21,5 21,6 21,4 21,8 22,0 22,1 21,4 21,6 22,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 –0,1 0,0 0,0 –0,1 –0,1 0,0 0,0 0,0
États-Unis
Capacité/besoin de financement –4,4 –3,6 –2,1 –2,3 –2,1 –1,8 –2,2 –2,3 –2,1 –2,1 –2,1
Solde du compte courant –4,4 –3,6 –2,1 –2,2 –2,1 –1,9 –2,2 –2,2 –2,1 –2,1 –2,1
Épargne 17,0 17,0 20,4 20,1 18,7 19,2 19,1 18,6 17,7 17,8 18,5
Investissement 21,2 20,4 20,8 21,2 20,4 20,5 21,0 21,0 20,3 20,6 21,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Zone euro
Capacité/besoin de financement 0,0 0,1 2,5 2,9 3,3 2,9 2,8 2,5 ... ... ...
Solde du compte courant –0,1 0,0 2,4 2,8 3,3 3,1 3,1 2,7 1,9 2,4 2,5
Épargne 22,8 22,7 23,0 23,8 24,2 24,9 25,2 25,2 23,7 24,8 25,8
Investissement 22,3 21,7 20,0 20,3 20,7 21,3 21,8 22,3 21,3 21,9 22,7
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0 –0,2 –0,3 –0,2 ... ... ...
Allemagne
Capacité/besoin de financement 4,8 6,2 7,3 8,6 8,6 7,7 7,4 7,1 5,8 6,8 6,9
Solde du compte courant 4,9 6,2 7,2 8,6 8,5 7,8 7,4 7,1 5,8 6,8 6,9
Épargne 25,3 26,7 27,6 28,3 28,5 28,6 29,0 28,5 27,1 28,7 29,6
Investissement 20,4 20,4 20,4 19,7 20,0 20,8 21,6 21,4 21,4 21,9 22,7
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 –0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
France
Capacité/besoin de financement 0,0 –0,5 –1,0 –0,4 –0,4 –0,8 –0,5 –0,6 –1,8 –1,7 –1,1
Solde du compte courant 0,0 –0,5 –1,0 –0,4 –0,5 –0,8 –0,6 –0,7 –1,9 –1,8 –1,1
Épargne 22,5 22,4 21,8 22,3 22,1 22,7 23,3 23,5 20,8 21,4 22,6
Investissement 22,5 22,9 22,7 22,7 22,6 23,4 23,9 24,2 22,7 23,2 23,8
Solde du compte de capital 0,0 0,0 –0,1 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Italie
Capacité/besoin de financement –1,6 –1,5 2,1 1,8 2,4 2,6 2,5 2,9 3,3 3,1 3,1
Solde du compte courant –1,6 –1,6 1,9 1,4 2,6 2,6 2,5 3,0 3,2 3,0 3,0
Épargne 19,5 18,6 18,9 18,5 20,2 20,6 20,8 20,9 19,5 21,2 22,3
Investissement 21,2 20,2 17,0 17,1 17,6 18,1 18,3 18,0 16,3 18,2 19,3
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,2 0,4 –0,2 0,1 0,0 –0,1 0,1 0,1 0,1
Espagne
Capacité/besoin de financement –5,2 –4,0 2,1 2,7 3,4 2,9 2,4 2,3 0,9 2,3 2,8
Solde du compte courant –5,8 –4,4 1,7 2,0 3,2 2,7 1,9 2,0 0,5 0,9 1,8
Épargne 20,9 19,5 19,6 21,0 21,9 22,1 22,3 22,8 20,8 21,7 23,0
Investissement 26,8 23,9 17,9 19,0 18,8 19,4 20,4 20,8 20,3 20,8 21,2
Solde du compte de capital 0,6 0,4 0,4 0,6 0,2 0,2 0,5 0,3 0,3 1,4 1,0
Japon
Capacité/besoin de financement 3,2 2,7 0,7 3,1 3,9 4,1 3,5 3,6 2,9 3,2 3,0
Solde du compte courant 3,3 2,7 0,8 3,1 4,0 4,2 3,6 3,6 2,9 3,2 3,0
Épargne 27,0 25,8 24,7 27,1 27,4 28,2 27,9 28,2 27,8 27,6 26,9
Investissement 23,7 23,0 23,9 24,0 23,4 24,0 24,3 24,6 24,9 24,3 23,9
Solde du compte de capital –0,1 –0,1 0,0 –0,1 –0,1 –0,1 0,0 –0,1 –0,1 –0,1 –0,1
Royaume-Uni
Capacité/besoin de financement –2,7 –3,3 –4,8 –5,0 –5,3 –3,6 –4,0 –4,0 –2,1 –3,8 –3,5
Solde du compte courant –2,6 –3,3 –4,7 –4,9 –5,2 –3,5 –3,9 –4,0 –2,0 –3,8 –3,5
Épargne 14,5 13,2 12,4 12,5 12,2 14,0 13,2 13,3 13,7 12,6 13,4
Investissement 17,1 16,5 17,1 17,4 17,4 17,5 17,1 17,3 15,7 16,3 16,9
Solde du compte de capital 0,0 0,0 –0,1 –0,1 –0,1 –0,1 –0,1 0,0 –0,1 –0,1 –0,1

Fonds monétaire international | Octobre 2020 177


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement (suite)


(En pourcentage du PIB)
Projections
Moyennes Moyenne
2002–11 2006–13 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022–25
Canada
Capacité/besoin de financement 0,1 –1,7 –2,3 –3,5 –3,1 –2,8 –2,5 –2,0 –2,0 –2,4 –2,4
Solde du compte courant 0,0 –1,7 –2,3 –3,5 –3,1 –2,8 –2,5 –2,0 –2,0 –2,4 –2,3
Épargne 22,6 22,2 22,6 20,3 19,7 20,7 20,6 20,7 19,4 19,1 19,8
Investissement 22,5 23,9 24,9 23,8 22,8 23,5 23,1 22,7 21,4 21,6 22,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Autres pays avancés1
Capacité/besoin de financement 4,0 4,1 5,0 5,2 5,4 4,6 4,7 5,3 4,4 4,3 4,3
Solde du compte courant 4,0 4,1 5,1 5,7 5,2 4,6 4,6 5,4 4,5 4,4 4,3
Épargne 30,0 30,4 30,6 30,9 30,4 30,4 30,2 30,4 29,4 29,0 28,9
Investissement 25,8 26,1 25,4 25,0 25,0 25,6 25,5 24,9 24,5 24,1 24,2
Solde du compte de capital 0,0 0,0 –0,1 –0,4 0,1 0,1 0,1 –0,1 0,0 0,0 0,0
Pays émergents et en développement
Capacité/besoin de financement 2,6 2,3 0,6 0,0 –0,2 0,1 0,0 0,3 0,0 –0,3 –0,3
Solde du compte courant 2,5 2,2 0,6 –0,2 –0,3 0,0 –0,1 0,2 –0,1 –0,4 –0,4
Épargne 30,9 32,6 32,6 31,6 31,2 31,7 32,5 32,5 32,9 32,3 31,8
Investissement 28,6 30,6 32,2 32,1 31,4 31,8 32,8 32,5 33,1 32,8 32,3
Solde du compte de capital 0,2 0,2 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Par région
Pays émergents et en développement
d’Asie
Capacité/besoin de financement 3,6 3,3 1,5 2,0 1,4 1,0 –0,2 0,6 1,0 0,3 0,1
Solde du compte courant 3,5 3,3 1,5 2,0 1,4 1,0 –0,3 0,6 1,0 0,3 0,1
Épargne 40,3 42,9 42,7 41,1 39,9 40,0 39,8 39,6 40,4 39,0 37,4
Investissement 37,1 39,7 41,2 39,2 38,6 39,1 40,0 39,0 39,4 38,7 37,3
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pays émergents et en développement
d’Europe
Capacité/besoin de financement –0,2 –0,7 –0,6 1,8 0,1 –0,1 2,3 1,9 0,3 0,7 0,4
Solde du compte courant –0,2 –0,9 –0,2 1,1 –0,2 –0,4 1,8 1,4 –0,3 0,1 –0,1
Épargne 23,0 23,2 23,4 24,7 23,5 24,1 25,6 24,2 22,3 22,6 23,1
Investissement 22,8 24,0 23,5 23,5 23,7 24,5 23,5 22,7 22,6 22,6 23,4
Solde du compte de capital 0,0 0,2 –0,4 0,7 0,3 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,5
Amérique latine et Caraïbes
Capacité/besoin de financement –0,1 –1,0 –3,1 –3,2 –1,9 –1,5 –2,4 –1,7 –0,4 –0,8 –1,1
Solde du compte courant –0,2 –1,1 –3,1 –3,3 –2,0 –1,6 –2,5 –1,7 –0,5 –0,8 –1,1
Épargne 20,8 20,8 17,8 16,4 16,7 16,4 16,9 17,2 17,1 17,7 18,1
Investissement 20,9 21,9 21,5 21,1 18,3 18,3 19,4 19,0 17,7 18,6 19,3
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0
Moyen-Orient et Asie centrale
Capacité/besoin de financement 8,2 9,1 5,8 –3,6 –4,0 –0,7 3,0 0,8 –3,2 –2,5 –1,2
Solde du compte courant 8,4 9,4 5,1 –4,0 –4,2 –0,8 2,8 0,7 –3,7 –2,7 –1,4
Épargne 35,2 36,8 32,5 24,7 24,1 27,0 29,6 28,2 24,4 24,6 26,0
Investissement 27,5 28,1 26,8 28,3 27,6 27,7 26,8 27,8 28,3 27,8 27,7
Solde du compte de capital 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1
Afrique subsaharienne
Capacité/besoin de financement 1,8 1,0 –3,1 –5,4 –3,4 –1,9 –2,3 –3,3 –4,3 –3,6 –2,6
Solde du compte courant 0,5 –0,3 –3,5 –5,8 –3,8 –2,3 –2,7 –3,6 –4,8 –4,1 –3,0
Épargne 21,3 21,5 19,3 17,5 18,4 19,0 19,6 20,2 18,1 18,8 20,5
Investissement 21,1 22,0 22,7 23,0 21,8 21,3 22,3 24,1 23,0 22,9 23,6
Solde du compte de capital 1,3 1,3 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 0,5 0,4

178 Fonds monétaire international | Octobre 2020


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement (fin)


(En pourcentage du PIB)
Projections
Moyennes Moyenne
2002–11 2006–13 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022–25
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles
Capacité/besoin de financement 9,2 9,1 4,7 –1,5 –1,6 1,6 5,9 2,7 –1,7 –0,7 0,3
Solde du compte courant 9,6 9,3 5,1 –1,5 –1,6 1,7 5,9 2,7 –2,0 –0,8 0,2
Épargne 33,9 34,4 30,5 24,9 24,8 27,2 31,2 29,5 25,3 25,8 26,6
Investissement 24,7 25,5 25,5 27,6 25,3 25,6 25,2 26,9 27,4 26,9 26,6
Solde du compte de capital –0,1 0,0 –0,7 –0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Autres produits
Capacité/besoin de financement 0,8 0,3 –0,4 0,2 0,1 –0,2 –1,1 –0,2 0,3 –0,2 –0,4
Solde du compte courant 0,6 0,1 –0,5 0,1 0,0 –0,3 –1,2 –0,3 0,2 –0,3 –0,5
Épargne 30,1 32,1 33,2 33,0 32,4 32,5 32,8 33,0 34,1 33,3 32,5
Investissement 29,6 32,0 33,8 33,0 32,4 32,8 34,1 33,4 34,0 33,7 33,1
Solde du compte de capital 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net)
Capacité/besoin de financement –0,8 –1,6 –2,1 –2,0 –1,4 –1,5 –2,0 –1,3 –0,9 –1,3 –1,4
Solde du compte courant –1,1 –2,0 –2,4 –2,3 –1,6 –1,7 –2,2 –1,5 –1,2 –1,5 –1,7
Épargne 23,3 23,8 22,7 22,4 22,4 22,6 22,7 22,7 22,1 22,3 23,2
Investissement 24,6 25,8 25,1 24,8 24,1 24,4 25,0 24,3 23,4 24,0 25,0
Solde du compte de capital 0,3 0,3 0,3 0,3 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés ou
bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2015 et 2019
Capacité/besoin de financement –1,3 –3,3 –4,2 –5,4 –6,1 –5,4 –5,1 –5,0 –4,4 –5,1 –3,9
Solde du compte courant –2,3 –4,4 –4,8 –5,9 –6,5 –5,9 –5,6 –5,3 –4,8 –5,4 –4,2
Épargne 19,9 18,4 14,7 12,9 12,6 13,7 14,8 13,7 13,2 13,6 16,2
Investissement 22,6 22,9 19,4 19,0 19,5 20,0 20,7 19,5 18,5 19,6 20,9
Solde du compte de capital 1,0 1,0 0,6 0,5 0,3 0,6 0,4 0,3 0,4 0,4 0,4
Pour mémoire
Monde
Capacité/besoin de financement 0,2 0,4 0,5 0,4 0,4 0,6 0,4 0,4 0,3 0,3 0,3
Solde du compte courant 0,2 0,4 0,5 0,3 0,4 0,6 0,4 0,5 0,2 0,2 0,2
Épargne 24,3 25,2 26,5 26,3 25,8 26,4 26,7 26,7 26,3 26,2 26,4
Investissement 24,1 24,8 25,7 25,7 25,2 25,7 26,3 26,3 26,1 26,1 26,4
Solde du compte de capital 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0
Note : Les estimations figurant dans ce tableau reposent sur les statistiques des comptes nationaux et de la balance des paiements des pays. Les valeurs composites des groupes de pays
sont égales à la somme des valeurs en dollars pour les pays concernés, alors que, dans l’édition d’avril 2005 et les éditions précédentes des Perspectives de l’économie mondiale, les valeurs
composites étaient pondérées par le PIB en parité des pouvoirs d’achat en pourcentage du PIB mondial total. Les estimations de l’épargne et de l’investissement (ou formation brute de capital)
nationaux bruts sont tirées des statistiques des comptes nationaux des pays. Les estimations du solde du compte courant, du solde du compte de capital et du solde du compte financier
(ou capacité/besoin de financement) sont tirées des statistiques de la balance des paiements. Le lien entre les transactions intérieures et les transactions avec le reste du monde peuvent être
exprimées comme des identités comptables. L’épargne (S) moins l’investissement (I) est égal au solde du compte courant (CAB) (S – I = CAB). La capacité/besoin de financement (NLB) est la
somme du solde du compte courant et du solde du compte de capital (KAB) (NLB = CAB + KAB). Dans la pratique, ces identités ne tiennent pas exactement ; des déséquilibres résultent des
imperfections dans les données sources et dans l’établissement des données, ainsi que d’asymétries dans la composition des groupes en raison des données disponibles.
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.

Fonds monétaire international | Octobre 2020 179


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Tableau A15. Ensemble du monde — Scénario de référence à moyen terme : récapitulation


Projections
Moyennes Moyennes
2002–11 2012–21 2018 2019 2020 2021 2018–21 2022–25
Variations annuelles en pourcentage
PIB réel mondial 4,1 2,8 3,5 2,8 –4,4 5,2 1,7 3,8
Pays avancés 1,7 1,3 2,2 1,7 –5,8 3,9 0,4 2,2
Pays émergents et en développement 6,5 3,9 4,5 3,7 –3,3 6,0 2,7 4,9
Pour mémoire
Production potentielle
Principaux pays avancés 1,8 1,0 1,3 1,3 –2,0 2,3 0,7 1,5
Commerce mondial, volume1 5,7 2,3 3,9 1,0 –10,4 8,3 0,4 4,3
Importations
Pays avancés 4,1 2,0 3,6 1,7 –11,5 7,3 0,0 3,8
Pays émergents et en développement 9,9 2,8 5,0 –0,6 –9,4 11,0 1,2 5,2
Exportations
Pays avancés 4,5 1,9 3,5 1,3 –11,6 7,0 –0,2 3,9
Pays émergents et en développement 8,7 2,9 4,1 0,9 –7,7 9,5 1,5 4,9
Termes de l’échange
Pays avancés –0,2 0,4 –0,5 0,1 0,6 0,3 0,2 0,0
Pays émergents et en développement 1,6 –0,7 1,2 –1,1 –2,6 0,3 –0,6 0,0
Prix mondiaux (en dollars)
Produits manufacturés 2,7 –1,1 1,9 0,4 –3,1 –1,3 –0,5 1,5
Pétrole 15,6 –7,7 29,4 –10,2 –32,1 12,0 –3,0 2,3
Produits primaires hors combustibles 11,6 –2,0 1,3 0,8 5,6 5,1 3,2 0,4
Prix à la consommation
Pays avancés 2,0 1,3 2,0 1,4 0,8 1,6 1,4 1,7
Pays émergents et en développement 6,4 4,9 4,9 5,1 5,0 4,7 4,9 4,1
Taux d’intérêt En pourcentage
LIBOR à six mois en valeur réelle2 0,3 –0,7 0,1 0,6 –0,5 –1,6 –0,4 –1,5
Taux mondial d’intérêt réel à long terme3 1,7 0,1 –0,1 –0,2 –0,4 –1,2 –0,5 –0,4
Soldes des transactions courantes En pourcentage du PIB
Pays avancés –0,7 0,6 0,8 0,7 0,5 0,6 0,6 0,6
Pays émergents et en développement 2,5 0,1 –0,1 0,2 –0,1 –0,4 –0,1 –0,4
Dette extérieure totale
Pays émergents et en développement 29,3 30,2 31,0 30,0 32,7 30,8 31,1 28,3
Service de la dette
Pays émergents et en développement 8,9 10,9 10,9 10,8 11,6 10,8 11,0 9,8
1Les données se rapportent au commerce de biens et de services.
2Taux interbancaire offert à Londres sur les dépôts en dollars diminué du pourcentage de variation du déflateur du PIB des États-Unis.
3Moyennes pondérées en fonction du PIB des taux des obligations d’État à 10 ans (ou échéance la plus proche) de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la
France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

180 Fonds monétaire international | Octobre 2020


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE
QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Derniers numéros des Perspectives de l’économie mondiale


Perspectives de l’économie mondiale : Rééquilibrer la croissance Avril 2010
Perspectives de l’économie mondiale : Reprise, risques et rééquilibrage Octobre 2010
Perspectives de l’économie mondiale : Les tensions d’une reprise à deux vitesses —
Chômage, matières premières et flux de capitaux Avril 2011
Perspectives de l’économie mondiale : Croissance au ralenti, risques en hausse Septembre 2011
Perspectives de l’économie mondiale : Une reprise en cours, mais qui reste en danger Avril 2012
Perspectives de l’économie mondiale : Une dette élevée et une croissance anémique Octobre 2012
Perspectives de l’économie mondiale : Espoirs, réalités, risques Avril 2013
Perspectives de l’économie mondiale : Transitions et tensions Octobre 2013
Perspectives de l’économie mondiale : La reprise s’affermit, mais reste inégale Avril 2014
Perspectives de l’économie mondiale : Nuages et incertitudes de l’après-crise Octobre 2014
Perspectives de l’économie mondiale : Croissance inégale — facteurs à court et long terme Avril 2015
Perspectives de l’économie mondiale : L’ajustement au repli des prix des produits de base Octobre 2015
Perspectives de l’économie mondiale : Une croissance trop faible depuis trop longtemps Avril 2016
Perspectives de l’économie mondiale : Demande modérée — symptômes et remèdes Octobre 2016
Perspectives de l’économie mondiale : Un nouvel élan ? Avril 2017
Perspectives de l’économie mondiale : Viser une croissance durable —
reprise à court terme et enjeux à long terme Octobre 2017
Perspectives de l’économie mondiale : Reprise cyclique et changement structurel Avril 2018
Perspectives de l’économie mondiale : Obstacles à une croissance stable Octobre 2018
Perspectives de l’économie mondiale : Croissance ralentie, reprise précaire Avril 2019
Perspectives de l’économie mondiale : Ralentissement de l’activité manufacturière
et augmentation des obstacles au commerce Octobre 2019
Perspectives de l’économie mondiale : Le grand confinement Avril 2020
Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile Octobre 2020

I. Méthodologie : agrégats, modèles et prévisions


Les indicateurs de suivi de la croissance Octobre 2010, appendice 1.2
Calcul de la production potentielle à partir de données à bruit selon le modèle
de projection mondial Octobre 2010, encadré 1.3
Rééquilibrage non coordonné Octobre 2010, encadré 1.4
Perspectives de l’économie mondiale : contre-scénarios Avril 2011, encadré 1.2
Bilans budgétaires : l’importance des actifs non financiers et de leur évaluation Octobre 2014, encadré 3.3
Scénarios sur les droits de douane Octobre 2016, encadré scénario 1
Projections de la croissance mondiale à moyen terme Octobre 2016, encadré 1.1
Prévisions de croissance mondiale : hypothèses concernant les politiques,
les conditions de financement et les cours des produits de base Avril 2019, encadré 1.2
Source sous-jacente des variations des prix des biens d’investissement : une analyse modélisée Avril 2019, encadré 3.3
Prévisions de croissance mondiale : hypothèses concernant les politiques,
les conditions de financement et les cours des produits de base Octobre 2019, encadré 1.3
Autres évolutions possibles de la lutte contre la COVID-19 Avril 2020, encadré scénario
Autres scénarios possibles Octobre 2020, encadré scénario
Révision des parités de pouvoir d’achat dans les Perspectives de l’économie mondiale Octobre 2020, encadré 1.1

Fonds monétaire international | Octobre 2020 181


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

II. Études rétrospectives


Le meilleur comme le pire : 100 ans de surendettement public Octobre 2012, chapitre 3
Récessions : quelles conséquences ? Octobre 2015, encadré 1.1

III. Croissance économique : facteurs et évolution


Dynamiques du chômage pendant les récessions et les reprises : au-delà de la loi d’Okun Avril 2010, chapitre 3
Une croissance lente dans les pays avancés implique-t-elle une croissance lente
dans les pays émergents ? Octobre 2010, encadré 1.1
La reprise mondiale : où en sommes-nous ? Avril 2012, encadré 1.2
Comment l’incertitude influe-t-elle sur les résultats économiques ? Octobre 2012, encadré 1.3
La résilience des marchés émergents et des pays en développement sera-t-elle durable ? Octobre 2012, chapitre 4
L’emploi et la croissance sont-ils indissociables ? Octobre 2012, encadré 4.1
Effets de contagion : répercussions de l’incertitude entourant les politiques économiques
aux États-Unis et en Europe Avril 2013, chapitre 2
La montée en puissance des pays à faible revenu peut-elle durer ? Avril 2013, chapitre 4
Comment expliquer le ralentissement des BRICS ? Octobre 2013, encadré 1.2
Sur la même longueur d’onde ? Effets d’entraînement, chocs communs et rôle des liens
financiers et commerciaux Octobre 2013, chapitre 3
Synchronisme de la production au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan
et au Pakistan et dans le Caucase et en Asie centrale Octobre 2013, encadré 3.1
Effets d’entraînement des variations de la politique monétaire des États-Unis Octobre 2013, encadré 3.2
Épargne et croissance économique Avril 2014, encadré 3.1
Forcés à subir ? Conditions extérieures et croissance dans les pays émergents
avant, pendant et après la crise financière mondiale Avril 2014, chapitre 4
Incidence de la conjoncture extérieure sur la croissance à moyen terme des pays émergents Avril 2014, encadré 4.1
Les causes des révisions par le FMI des prévisions de croissance depuis 2011 Octobre 2014, encadré 1.2
Dossier spécial sur les effets de contagion : les déterminants sous-jacents
des rendements obligataires aux États-Unis Octobre 2014, chapitre 2
Le moment est-il propice à une relance des infrastructures ? Les effets macroéconomiques
de l’investissement public Octobre 2014, chapitre 3
Les effets macroéconomiques d’une augmentation de l’investissement public
dans les pays en développement Octobre 2014, encadré 3.4
Où allons-nous ? Points de vue sur la production potentielle Avril 2015, chapitre 3
Contre vents et marées : estimation de la production soutenable Avril 2015, encadré 3.1
Évolution et perspectives macroéconomiques des pays en développement à faible revenu :
le rôle des facteurs extérieurs Avril 2016, encadré 1.2
Le moment est-il venu de stimuler l’offre ? Effets macroéconomiques des réformes des marchés
du travail et des produits dans les pays avancés Avril 2016, chapitre 3
Sortir des sentiers battus : la croissance dans les pays émergents et les pays
en développement dans un environnement extérieur complexe Avril 2017, chapitre 2
Croissance et flux de capitaux : éléments tirés de données par secteur Avril 2017, encadré 2.2
Croissance des pays émergents et en développement : hétérogénéité et convergence
des revenus sur l’horizon prévisionnel Octobre 2017, encadré 1.3
Emplois manufacturiers : conséquences sur la productivité et les inégalités Avril 2018, chapitre 3
La croissance de la productivité est-elle partagée dans une économie mondialisée ? Avril 2018, chapitre 4
Dynamique récente de la croissance potentielle Avril 2018, encadré 1.3
Perspectives de croissance des pays avancés Octobre 2018, encadré 1.2
Perspectives de croissance : pays émergents et en développement Octobre 2018, encadré 1.3
La reprise économique mondiale dix ans après la tourmente financière de 2008 Octobre 2018, chapitre 2
La théorie du « pincement de la corde de guitare » appliquée au cycle économique Octobre 2019, encadré 1.4

182 Fonds monétaire international | Octobre 2020


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Relancer la croissance dans les pays à faible revenu et les pays émergents :
le rôle des réformes structurelles Octobre 2019, chapitre 3
Parer aux futures récessions dans les pays avancés : les politiques cycliques à l’ère
des taux bas et de l’endettement élevé Avril 2020, chapitre 2
Le Grand Confinement : analyse de ses effets économiques Octobre 2020, chapitre 2
Synthèse des publications sur les conséquences économiques du confinement Octobre 2020, encadré 2.1

IV. Inflation et déflation ; marchés des produits de base


Qu’est-ce que la remontée des cours des produits de base a d’inhabituel ? Avril 2010, encadré 1.2
Courbes des cours à terme des produits de base et ajustement cyclique du marché Avril 2010, encadré 1.3
Évolution et perspectives des marchés de produits de base Octobre 2010, appendice 1.1
Sombres perspectives pour le secteur de l’immobilier Octobre 2010, encadré 1.2
Les métaux sont-ils devenus plus rares et avec quelles conséquences pour leurs prix ? Octobre 2010, encadré 1.5
Évolution et perspectives des marchés des matières premières Avril 2011, appendice 1.2
Pénurie de pétrole, croissance et déséquilibres mondiaux Avril 2011, chapitre 3
Contraintes du cycle de vie pesant sur la production mondiale de pétrole Avril 2011, encadré 3.1
Le gaz naturel non conventionnel va-t-il changer la donne ? Avril 2011, encadré 3.2
L’effet à court terme des chocs pétroliers sur l’activité économique Avril 2011, encadré 3.3
Filtrage passe-bas pour extraire les tendances conjoncturelles Avril 2011, appendice 3.1
Les modèles empiriques pour l’énergie et le pétrole Avril 2011, appendice 3.2
Évolution et perspectives des marchés des matières premières Septembre 2011, appendice 1.1
Investissements financiers, spéculation et prix des matières premières Septembre 2011, encadré 1.4
Viser des objectifs atteignables : fluctuations des cours des matières premières
et politique monétaire Septembre 2011, chapitre 3
Dossier spécial : Les marchés des produits de base Avril 2012, chapitre 1
Fluctuations des cours des produits de base et conséquences pour les exportateurs Avril 2012, chapitre 4
Effets macroéconomiques des chocs sur les cours des produits
de base dans les pays à faible revenu Avril 2012, encadré 4.1
La volatilité des cours des produits de base et le défi du développement
dans les pays à faible revenu Avril 2012, encadré 4.2
Dossier spécial : Les marchés des produits de base Octobre 2012, chapitre 1
Les énergies non conventionnelles aux États-Unis Octobre 2012, encadré 1.4
Crise de l’approvisionnement alimentaire : qui sont les plus vulnérables ? Octobre 2012, encadré 1.5
Dossier spécial : Les marchés des produits de base Avril 2013, chapitre 1
Telle l’histoire du chien qui n’a pas aboyé : l’inflation a-t-elle été muselée,
ou s’est-elle simplement assoupie ? Avril 2013, chapitre 3
Est-il encore judicieux de cibler l’inflation si la courbe de Phillips est plate ? Avril 2013, encadré 3.1
Dossier spécial : Les marchés des produits de base Octobre 2013, chapitre 1
Les booms énergétiques et le solde des transactions courantes : l’expérience
de plusieurs pays Octobre 2013, encadré [Link].1
Facteurs influant sur les cours du pétrole et réduction de l’écart WTI–Brent Octobre 2013, encadré [Link].2
Ancrage des anticipations d’inflation lorsque l’inflation est inférieure à l’objectif Avril 2014, encadré 1.3
Dossier spécial : Produits de base — cours et prévisions Avril 2014, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées
principalement sur l’importance du gaz naturel dans l’économie mondiale Octobre 2014, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées
principalement sur l’investissement sur fond de faiblesse des cours du pétrole Avril 2015, chapitre 1
L’effondrement des cours du pétrole : question d’offre ou de demande ? Avril 2015, encadré 1.1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions, principalement
pour les métaux dans l’économie mondiale Octobre 2015, chapitre 1
Les nouvelles frontières de l’extraction des métaux : la réorientation Nord–Sud Octobre 2015, encadré [Link].1

Fonds monétaire international | Octobre 2020 183


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

À quoi les exportateurs de produits de base doivent-ils s’attendre ? Croissance


de la production après l’envolée des cours des produits de base Octobre 2015, chapitre 2
Un patient pas trop malade : l’envolée des cours des produits de base
et le phénomène du syndrome hollandais Octobre 2015, encadré 2.1
Les économies des pays exportateurs de produits de base sont-elles en surchauffe
durant la hausse des cours ? Octobre 2015, encadré 2.4
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions, principalement de
la transition énergétique lors d’une période de bas niveau des cours des combustibles fossiles Avril 2016, chapitre 1
La désinflation mondiale sur fond de politique monétaire sous contrainte Octobre 2016, chapitre 3
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions principalement
de la sécurité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale Octobre 2016, chapitre 1
Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires ? Octobre 2016, encadré 3.3
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions,
axées principalement sur le rôle de la technologie et des sources
non conventionnelles sur le marché mondial du pétrole Avril 2017, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2017, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2018, chapitre 1
Qu’est-ce qui a freiné l’inflation hors alimentation et énergie dans les pays avancés ? Avril 2018, encadré 1.2
Le rôle des métaux dans l’économie des véhicules électriques Avril 2018, encadré [Link].1
Aperçu de l’inflation : régions et pays Octobre 2018, encadré 1.4
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions,
axées principalement sur les tendances récentes de la demande d’énergie Octobre 2018, chapitre 1
L’offre et la demande d’énergies renouvelables Octobre 2018, encadré [Link].1
Normalisation des conditions financières mondiales :
défis de la politique monétaire dans les pays émergents Octobre 2018, chapitre 3
Dynamique de l’inflation dans un groupe plus large de pays émergents et en développement Octobre 2018, encadré 3.1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2019, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2019, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2020, chapitre 1
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2020, chapitre 1
Bilan des émissions mondiales de carbone en 2019 Octobre 2020, encadré [Link].1

V. Politique budgétaire
Cela sera-t-il douloureux ? Les effets macroéconomiques du rééquilibrage budgétaire Octobre 2010, chapitre 3
Soldes budgétaire et commercial, des jumeaux séparés à la naissance ? Septembre 2011, chapitre 4
Les multiplicateurs budgétaires à court terme sont-ils sous-estimés ? Octobre 2012, encadré 1.1
Les conséquences d’une dette publique élevée dans les économies avancées Octobre 2012, encadré 1.2
Le meilleur comme le pire : 100 ans de surendettement public Octobre 2012, chapitre 3
La grande divergence entre les politiques économiques Avril 2013, encadré 1.1
Surendettement public et résultats du secteur privé Avril 2013, encadré 1.2
Le moment est-il propice à une relance des infrastructures ? Les effets macroéconomiques
de l’investissement public Octobre 2014, chapitre 3
Améliorer l’efficience de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.2
Les effets macroéconomiques d’une augmentation de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.4
dans les pays en développement
Les institutions et règles budgétaires et l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.5
Hausses des cours des produits de base et investissements publics Octobre 2015, encadré 2.2
Les retombées transfrontalières de la politique budgétaire sont-elles encore
une question pertinente ? Octobre 2017, chapitre 4
Les retombées des chocs de dépenses publiques aux États-Unis sur les positions extérieures Octobre 2017, encadré 4.1

184 Fonds monétaire international | Octobre 2020


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

L’impact macroéconomique des modifications de la politique fiscale des entreprises Avril 2018, encadré 1.5
Politiques localisées : repenser les politiques budgétaires pour résorber les inégalités intérieures Octobre 2019, encadré 2.4

VI. Politique monétaire, marchés financiers et flux de ressources


Indices de conditions financières Avril 2011, appendice 1.1
Effondrement des prix de l’immobilier dans les pays avancés :
répercussions sur les marchés financiers Avril 2011, encadré 1.1
Retombées internationales et politiques macroéconomiques Avril 2011, encadré 1.3
Les cycles emballement–effondrement du crédit :
causes et conséquences pour les autorités Septembre 2011, encadré 1.2
La baisse des cours boursiers est-elle un signe avant-coureur d’une récession ? Septembre 2011, encadré 1.3
Effets de contagion : répercussions du désendettement des banques de la zone euro Avril 2012, chapitre 2
Effets de contagion : la transmission financière des tensions dans l’économie mondiale Octobre 2012, chapitre 2
La grande divergence entre les politiques économiques Avril 2013, encadré 1.1
Que se passera-t-il quand les États-Unis mettront fin à leur politique d’assouplissement ? Octobre 2013, encadré 1.1
Offre de crédit et croissance économique Avril 2014, encadré 1.1
Dossier spécial sur les effets de contagion : les pays avancés doivent-ils
se préoccuper d’un ralentissement de la croissance des pays émergents ? Avril 2014, chapitre 2
Points de vue sur les taux d’intérêt réels mondiaux Avril 2014, chapitre 3
Les marchés immobiliers mondiaux : mise à jour Octobre 2014, encadré 1.1
Politique monétaire aux États-Unis et flux de capitaux vers les pays émergents Avril 2016, encadré 2.2
Politique monétaire : approche transparente fondée sur la gestion des risques Octobre 2016, encadré 3.5
Le rebond des flux de capitaux vers les pays émergents est-il durable ? Octobre 2017, encadré 1.2
Contribution du rétablissement du secteur financier à la rapidité de la reprise Octobre 2018, encadré 2.3
Clarté de la communication de la banque centrale
et degré d’ancrage des anticipations inflationnistes Octobre 2018, encadré 3.2
Des taux directeurs négatifs peuvent-ils stimuler l’économie ? Avril 2020, encadré 2.1
La réglementation macroprudentielle peut-elle atténuer les chocs financiers mondiaux
dans les pays émergents ? Avril 2020, chapitre 3
Mesures macroprudentielles et crédit : une méta-analyse des conclusions empiriques Avril 2020, encadré 3.1
Les pays émergents ajustent-ils leur réglementation macroprudentielle en réponse
aux chocs financiers mondiaux ? Avril 2020, encadré 3.2
Hausse des risques de faillite et d’insolvabilité pour les petites et moyennes entreprises :
évaluation et possibilités d’action Octobre 2020, encadré 1.3

VII. Marché du travail, pauvreté et inégalité


Le dualisme du marché du travail : contrats temporaires et contrats permanents ;
mesures, effets et enjeux pour les politiques publiques Avril 2010, encadré 3.1
Programmes de travail à horaires réduits Avril 2010, encadré 3.2
Une lente reprise sans issue ? Une vision sectorielle des marchés du travail
dans les économies avancées Septembre 2011, encadré 1.1
La part du travail en Europe et aux États-unis pendant et après la Grande Récession Avril 2012, encadré 1.1
L’emploi et la croissance sont-ils indissociables ? Octobre 2012, encadré 4.1
Une réforme des systèmes de négociation collective visant à assurer un niveau
d’emploi élevé et stable Avril 2016, encadré 3.2
Comprendre la chute de la part du travail dans le revenu Avril 2017, chapitre 3
Taux d’activité de la population active dans les pays avancés Octobre 2017, encadré 1.1
Dynamique des salaires au cours des dernières années dans les pays avancés : facteurs
et conséquences Octobre 2017, chapitre 2

Fonds monétaire international | Octobre 2020 185


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

Dynamique du marché du travail par niveau de qualification Octobre 2017, encadré 2.1
Contrats de travail et rigidité des salaires nominaux en Europe : observations au niveau
de l’entreprise Octobre 2017, encadré 2.2
Ajustement des salaires et de l’emploi après la crise financière mondiale : observations
au niveau des entreprises Octobre 2017, encadré 2.3
Taux d’activité dans les pays avancés : facteurs déterminants et perspectives Avril 2018, chapitre 2
Comparaison des taux d’activité des jeunes dans les pays émergents et en développement
et dans les pays avancés Avril 2018, encadré 2.1
L’horizon s’assombrit-il ? Migration et taux d’activité Avril 2018, encadré 2.4
Les emplois manufacturiers sont-ils mieux rémunérés ? Éléments de réponse au niveau
des travailleurs au Brésil Avril 2018, encadré 3.3
Crise financière mondiale, migration et fécondité Octobre 2018, encadré 2.1
Impact sur l’emploi de l’automatisation après la crise financière mondiale :
la robotique industrielle Octobre 2018, encadré 2.2
Dynamique des marchés du travail dans les principaux pays avancés Avril 2019, encadré 1.1
Des réalités bien différentes : disparités régionales dans les pays Avril 2019, encadré 1.3
Plus près ou plus loin ? Disparités et ajustements régionaux dans les pays avancés Octobre 2019, chapitre 2
Changements climatiques et disparités régionales infranationales Octobre 2019, encadré 2.2
Les effets macroéconomiques des migrations mondiales Avril 2020, chapitre 4
Immigration : effets sur le marché du travail et rôle de l’automatisation Avril 2020, encadré 4.1
Croissance inclusive dans les pays émergents et les pays en développement : incidence
de la COVID-19 Octobre 2020, encadré 1.2

VIII. Taux de change


Enseignements de la crise sur le choix du régime de change Avril 2010, encadré 1.1
Régimes de change et susceptibilité aux crises des pays émergents Avril 2014, encadré 1.4
Les taux de change et les flux d’échanges sont-ils déconnectés ? Octobre 2015, chapitre 3
La relation entre les taux de change et les échanges liés aux chaînes de valeur mondiales Octobre 2015, encadré 3.1
Le rôle des chaînes de valeur mondiales dans la mesure des taux de change effectifs réels
et de la compétitivité Octobre 2015, encadré 3.2
Taux d’activité de la population active dans les pays avancés Octobre 2017, encadré 1.1
Dynamique des salaires au cours des dernières années dans les pays avancés :
facteurs et conséquences Octobre 2017, chapitre 2
Dynamique du marché du travail par niveau de qualification Octobre 2017, encadré 2.1
Contrats de travail et rigidité des salaires nominaux en Europe :
observations au niveau de l’entreprise Octobre 2017, encadré 2.2
Ajustement des salaires et de l’emploi après la crise financière mondiale :
observations au niveau des entreprises Octobre 2017, encadré 2.3

IX. Paiements extérieurs, commerce, mouvements de capitaux et dette extérieure


Trouver le bon équilibre : mettre fin aux excédents persistants du compte courant Avril 2010, chapitre 4
Réaction des pays émergents d’Asie aux entrées de capitaux Octobre 2010, encadré 2.1
En Amérique latine, le groupe AL-5 surfe sur une nouvelle vague d’entrées de capitaux Octobre 2010, encadré 2.1
Les crises financières ont-elles des effets durables sur le commerce ? Octobre 2010, chapitre 4
Correction des déséquilibres extérieurs à la périphérie de l’Union européenne Avril 2011, encadré 2.1
Flux internationaux de capitaux : fiables ou inconstants ? Avril 2011, chapitre 4
Engagements extérieurs et points de basculement dans la crise Septembre 2011, encadré 1.5
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3
Rééquilibrages extérieurs dans la zone euro Octobre 2013, encadré 1.3

186 Fonds monétaire international | Octobre 2020


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Le yin et le yang de la gestion des flux de capitaux : mettre en équilibre les entrées
et les sorties de capitaux Octobre 2013, chapitre 4
Simulation de la vulnérabilité à la situation des marchés internationaux de capitaux Octobre 2013, encadré 4.1
Les retombées commerciales du boom du gaz de schiste aux États-Unis Octobre 2014, encadré [Link].1
Les déséquilibres mondiaux ont-ils atteint un point d’inflexion ? Octobre 2014, chapitre 4
Changement de vitesse : l’ajustement extérieur de 1986 Octobre 2014, encadré 4.1
Le conte de deux ajustements : Asie de l’Est et zone euro Octobre 2014, encadré 4.2
Comprendre le rôle des facteurs cycliques et structurels dans le ralentissement
du commerce mondial Avril 2015, encadré 1.2
De petits pays, mais des déficits courants élevés Octobre 2015, encadré 1.2
Mouvements de capitaux et financiarisation dans les pays en développement Octobre 2015, encadré 1.3
Analyse du ralentissement du commerce mondial Avril 2016, encadré 1.1
Comprendre le ralentissement des flux de capitaux vers les pays émergents Avril 2016, chapitre 2
Flux de capitaux vers les pays en développement à faible revenu Avril 2016, encadré 2.1
Gains de productivité pouvant découler de la poursuite de la libéralisation
des échanges et de l’investissement direct étranger Avril 2016, encadré 3.3
À quoi tient le ralentissement des échanges mondiaux ? Octobre 2016, chapitre 2
Évolution de l’intégration commerciale des pays émergents
et en développement avec la demande finale chinoise Avril 2017, encadré 2.3
Évolution de l’allocation mondiale des capitaux :
conséquences pour les pays émergents et en développement Avril 2017, encadré 2.4
Ajustement macroéconomique dans les pays émergents exportateurs de produits de base Octobre 2017, encadré 1.4
Envois de fonds et lissage de la consommation Octobre 2017, encadré 1.5
Indicateurs de politique commerciale : une approche multidimensionnelle Avril 2018, encadré 1.6
L’essor du commerce des services Avril 2018, encadré 3.2
Rôle de l’aide étrangère dans l’amélioration de la productivité dans les pays
en développement à faible revenu Avril 2018, encadré 4.3
Tensions commerciales mondiales Octobre 2018, encadré scénario 1
Le prix des biens d’équipement : un moteur de l’investissement menacé ? Avril 2019, chapitre 3
Prix des biens d’investissement dans différents pays : le recours aux mégadonnées Avril 2019, encadré 3.2
Droits de douane et investissements dans les biens d’équipement :
l’exemple des entreprises colombiennes Avril 2019, encadré 3.4
Les déterminants des balances commerciales et les répercussions des droits de douane Avril 2019, chapitre 4
Échanges en valeur ajoutée et échanges bruts Avril 2019, encadré 4.1
Balances commerciales bilatérales et globales Avril 2019, encadré 4.2
Comprendre les rééquilibrages du déficit commercial : les échanges bilatéraux jouent-ils
un rôle à part ? Avril 2019, encadré 4.3
Les effets macro et microéconomiques d’un différend commercial
entre les États-Unis et la Chine : éclairages apportés par trois modèles Avril 2019, encadré 4.4
Brexit sans accord Avril 2019, Encadré scénario
Conséquences de la relocalisation dans des pays avancés d’une partie de la production Octobre 2019, encadré scénario 1.1
Tensions commerciales : scénario actualisé Octobre 2019, encadré scénario 1.2
Le recul des investissements directs étrangers mondiaux en 2018 Octobre 2019, encadré 1.2

X. Études régionales
Liens Est–Ouest et effets de contagion en Europe Avril 2012, encadré 2.1
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3
Toujours présents sur le marché du travail ? Évolution des taux d’activité
dans les régions européennes Avril 2018, encadré 2.3

Fonds monétaire international | Octobre 2020 187


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

XI. Études de cas


Le Japon après les Accords du Plaza Avril 2010, encadré 4.1
La situation de la province chinoise de Taiwan à la fin des années 80 Avril 2010, encadré 4.2
Les Accords du Plaza sont-ils responsables des décennies perdues au Japon ? Avril 2011, encadré 1.4
Comment va évoluer l’excédent extérieur de la Chine ? Avril 2012, encadré 1.3
La Home Owners’ Loan Corporation (HOLC) américaine Avril 2012, encadré 3.1
La restructuration de la dette des ménages en Islande Avril 2012, encadré 3.2
«Abenomics» : des risques après les premiers succès ? Octobre 2013, encadré 1.4
Chine : les dépenses évoluent-elles au détriment des produits de base ? Avril 2014, encadré 1.2
L’investissement public au Japon durant la décennie perdue Octobre 2014, encadré 3.1
Exportations japonaises : où est le hic ? Octobre 2015, encadré 3.3
Déflation : l’expérience japonaise Octobre 2016, encadré 3.2
Une perte d’emplois permanente ? Taux d’activité dans l’ensemble des États-Unis
et dans les zones métropolitaines Avril 2018, encadré 2.2
Immigration et salaires en Allemagne Avril 2020, encadré 4.2
L’impact des migrations en provenance du Venezuela sur l’Amérique latine et les Caraïbes Avril 2020, encadré 4.3

XII. Études sur les changements climatiques


Les effets des chocs météorologiques sur l’activité économique : quelles stratégies
pour les pays à faible revenu ? Octobre 2017, chapitre 3
L’impact des cyclones tropicaux sur la croissance Octobre 2017, encadré 3.1
Le rôle des politiques publiques face aux chocs météorologiques : analyse par modèle Octobre 2017, encadré 3.2
Stratégies face aux chocs météorologiques et au changement climatique :
sélection d’études de cas Octobre 2017, encadré 3.3
Affronter les chocs météorologiques : le rôle des marchés financiers Octobre 2017, encadré 3.4
Climat historique, développement économique et répartition mondiale des revenus Octobre 2017, encadré 3.5
Atténuation du changement climatique Octobre 2017, encadré 3.6
Le prix de la fabrication bas carbone Avril 2019, encadré 3.1
Que se passe-t-il avec les émissions mondiales de carbone ? Octobre 2019, encadré [Link].1
Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance
et à la distribution Octobre 2020, chapitre 3
Lexique Octobre 2020, encadré 3.1
Zoom sur le secteur de l’électricité : la première étape vers la décarbonation Octobre 2020, encadré 3.2

XIII. Études spéciales


Progresser avec un peu d’aide d’une hausse des cours : les recettes exceptionnelles tirées
des produits de base accélèrent-elles le développement humain ? Octobre 2015, encadré 2.3
Sortir de l’impasse : détermination des éléments d’économie politique propices
à une réforme structurelle Avril 2016, encadré 3.1
Des vagues de réforme peuvent-elles inverser le courant ? Études de cas faisant appel
à la méthode des contrôles synthétiques Avril 2016, encadré 3.4
La ruée mondiale vers les terres Octobre 2016, encadré [Link].1
Conflit, croissance et migration Avril 2017, encadré 1.1
Le casse-tête de la mesure de l’activité économique irlandaise Avril 2017, encadré 1.2
Évolution du revenu par habitant à l’intérieur des pays :
cas du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud Avril 2017, encadré 2.1
Progrès technologique et parts du travail : un aperçu historique Avril 2017, encadré 3.1
L’élasticité de substitution entre capital et travail : concept et estimation Avril 2017, encadré 3.2
Tâches routinières, automatisation et bouleversements économiques à travers le monde Avril 2017, encadré 3.3
Corrections de la part du travail dans le revenu Avril 2017, encadré 3.4

188 Fonds monétaire international | Octobre 2020


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Téléphones intelligents et commerce mondial Avril 2018, encadré 1.1


Les erreurs de mesure de l’économie numérique faussent-elles les statistiques de productivité ? Avril 2018, encadré 1.4
Évolution de la composante services de la production manufacturière Avril 2018, encadré 3.1
Données des brevets et concepts Avril 2018, encadré 4.1
Acquisition internationale de technologie et transferts de connaissances Avril 2018, encadré 4.2
Relation entre concurrence, concentration et innovation Avril 2018, encadré 4.4
Une puissance commerciale grandissante Octobre 2018, encadré 1.1
PIB en forte baisse : faits stylisés Octobre 2018, encadré 1.5
Prévoir les récessions et ralentissements : un défi de taille Octobre 2018, encadré 1.6
La montée de la puissance de marché des entreprises : implications macroéconomiques Avril 2019, chapitre 2
Covariation entre concentration sectorielle et épargne des entreprises Avril 2019, encadré 2.1
Effets des fusions–acquisitions sur la puissance de marché Avril 2019, encadré 2.2
L’industrie automobile mondiale : évolution récente et conséquences
pour les perspectives mondiales Octobre 2019, encadré 1.1
Mesurer l’activité économique et la qualité de vie dans les régions infranationales Octobre 2019, encadré 2.1
Les effets persistants des chocs locaux : le cas des fermetures d’usines automobiles Octobre 2019, encadré 2.3
Réformes structurelles : effets politiques Octobre 2019, encadré 3.1
L’impact des crises sur les réformes structurelles Octobre 2019, encadré 3.2
Persistance et facteurs de la composante commune des différentiels
taux d’intérêt–croissance dans les pays avancés Avril 2020, encadré 2.2
Troubles sociaux pendant la pandémie de COVID-19 Octobre 2020, encadré 1.4
Le rôle de l’informatisation durant la pandémie de COVID-19 : données recueillies
aux États-Unis Octobre 2020, encadré 2.2

Fonds monétaire international | Octobre 2020 189


EXAMEN DES PERSPECTIVES PAR LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DU FMI,
OCTOBRE 2020

Observations du Président à l’issue de la séance consacrée à l’examen par le conseil d’administration


du Moniteur des finances publiques, du Rapport sur la stabilité financière dans le monde
et des Perspectives de l’économie mondiale, le 30 septembre 2020.

D
ans l’ensemble, les administrateurs souscrivent assurer une croissance plus forte, plus équitable et plus ré-
à l’évaluation des perspectives, des risques et siliente. Les principales priorités à court terme sont le sou-
des priorités de l’économie mondiale. Tout tien à la reprise économique, la protection des personnes
en observant que l’activité économique a été vulnérables et le renforcement des systèmes de santé. Ils
plus forte que prévu au deuxième trimestre, en particulier soulignent la nécessité de réduire les effets néfastes de la
dans les pays avancés, ils conviennent que le chemin vers crise sur la production potentielle et l’emploi et d’inverser
un retour au niveau d’activité prépandémique sera long, la tendance à un creusement des inégalités et à un recul
précaire et marqué par des séquelles persistantes sur le de l’accumulation de capital humain. La plupart des ad-
plan de la production et de l’emploi. Ils notent que les ministrateurs considèrent par ailleurs la crise comme une
projections ont été établies en supposant que la distan- occasion de stimuler l’innovation, de développer l’infra-
ciation physique se poursuivra en 2021, puis s’estompera structure numérique et d’assurer une transition vers une
avec le temps, à mesure que les traitements s’amélioreront réduction des émissions de carbone au moyen de diffé-
et que les vaccins deviendront plus largement disponibles. rents outils de lutte contre les changements climatiques,
Les administrateurs relèvent avec inquiétude les effets tels que l’investissement vert et l’augmentation progressive
dramatiques de la pandémie sur les personnes vulnérables, du prix du carbone, tout en veillant à en compenser les
ainsi que le creusement des inégalités et l’augmentation conséquences négatives sur le plan social.
du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté Les administrateurs se félicitent des mesures sans pré-
qui en résultent. cédent qui ont été prises sur le plan budgétaire pour
Les administrateurs conviennent que l’incertitude qui faire face à la pandémie. Ils soulignent qu’au fur et à
entoure les projections de référence reste exceptionnelle- mesure de la réouverture des économies, les autorités
ment forte, car la reprise économique sera principalement devront veiller à ne pas retirer prématurément les dis-
déterminée par l’évolution de la pandémie, l’efficacité des positifs d’urgence mis en place. L’aide devrait progressi-
mesures d’endiguement et les innovations pharmaceu- vement passer de la protection des emplois à l’appui aux
tiques. La mise au point plus rapide de nouveaux traite- travailleurs déplacés, afin que ceux-ci trouvent de nou-
ments et la distribution à grande échelle de vaccins effi- veaux postes de travail grâce à des formations et à des
caces pourraient accélérer la reprise économique, tandis programmes de reconversion. Les administrateurs font
que des contretemps sur le plan médical et de nouvelles observer que, lorsque la pandémie sera sous contrôle, les
vagues d’infections pourraient rendre nécessaire la prise pouvoirs publics devront s’attaquer aux conséquences
de nouvelles mesures de confinement. L’ampleur des ré- de la crise, notamment les déficits et les niveaux de dette
percussions mondiales, les dommages causés au poten- publique records, le chômage élevé et l’augmentation de
tiel d’approvisionnement, l’efficacité et la durée de l’aide la pauvreté. Ils conviennent que l’investissement public
des pouvoirs publics ainsi que les éventuels changements doit jouer un rôle crucial dans le soutien à la reprise
d’humeur des marchés financiers constituent d’autres post-pandémique, relèvent son fort potentiel de créa-
sources importantes d’incertitude. Les administrateurs tion d’emplois et soulignent que la bonne gouvernance,
prennent également note des risques prépandémiques liés l’exécution du budget et la communication restent es-
à des tensions commerciales et technologiques, à des en- sentielles pour récolter pleinement les fruits du soutien
jeux géopolitiques et aux changements climatiques. budgétaire et garder la confiance du public.
Les administrateurs s’accordent à dire qu’un appui ef- Les administrateurs soulignent que les pouvoirs
ficace et décisif des pouvoirs publics est nécessaire pour publics devront faire plus avec moins et élaborer des

Fonds monétaire international | Octobre 2020 191


PERSPEC TIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

mesures crédibles et équitables pour réduire les déficits scénario défavorable des Perspectives de l’économie mondiale
budgétaires et les dettes à moyen terme. Les pays dont venait à se concrétiser. Les administrateurs insistent égale-
l’espace budgétaire est restreint devraient préserver l’in- ment sur l’importance d’améliorer l’accès des pays émer-
vestissement public et venir en aide aux ménages à faibles gents et des pays préémergents aux marchés de capitaux.
revenus qui ont été touchés de manière disproportionnée Les administrateurs soulignent qu’au fur et à mesure de
par la pandémie. Les autorités pourraient envisager d’ac- la réouverture des économies, il sera essentiel d’appliquer
croître la progressivité de l’impôt et de procéder à des ré- des politiques accommodantes et de maintenir le flux de
formes visant à moderniser la fiscalité des entreprises, no- crédit aux emprunteurs pour soutenir la reprise. Une fois
tamment dans le cadre d’une coopération multilatérale la pandémie maîtrisée, les pouvoirs publics pourront pro-
sur la conception d’une fiscalité internationale des entre- gressivement mettre fin à leur aide. Le programme de
prises qui permettrait de relever les défis de l’économie réforme financière post-pandémie doit principalement
numérique. Les pays à faible revenu, en particulier, font porter sur la consolidation du cadre réglementaire, afin de
face à de graves difficultés de financement, et de nom- remédier aux facteurs de vulnérabilité des institutions fi-
breux pays auront besoin d’une aide extérieure, notam- nancières non bancaires exposées à la crise, et sur le ren-
ment sous forme d’un allégement de la dette, de dons et forcement du contrôle prudentiel en vue de limiter la
de financements concessionnels. prise de risques excessive, dans un environnement où les
Les administrateurs conviennent que les mesures auda- taux d’intérêt vont être plus bas, plus longtemps.
cieuses que les banques centrales ont prises pour assouplir Les administrateurs insistent sur l’importance de la
la politique monétaire, fournir des liquidités suffisantes coopération internationale dans la lutte contre la crise sa-
et maintenir le flux de crédit ont permis de maîtriser les nitaire et économique mondiale. L’une des principales
risques à court terme qui pèsent sur la stabilité financière priorités à cet égard consiste à augmenter la capacité de
mondiale. Ils notent toutefois que la vulnérabilité s’ac- production et à développer les circuits de distribution
centue, notamment dans le secteur des sociétés non finan- afin que tous les pays puissent accéder à un vaccin effi-
cières, car les pressions sur les liquidités peuvent se traduire cace, abordable et sûr. Les administrateurs notent que
par des situations d’insolvabilité, en particulier pour les pe- plusieurs pays émergents et pays en développement ont
tites et moyennes entreprises. Les perspectives de crédit dé- besoin d’une aide internationale sous forme d’allégement
pendront à terme de la portée et de la durée des mesures de la dette, de dons et de financements concessionnels.
de soutien à l’économie, ainsi que de la rapidité de la re- Ils font observer que le FMI a rapidement augmenté les
prise de l’activité, qui devrait considérablement varier d’un ressources de ses mécanismes de prêt depuis le début de
secteur et d’un pays à l’autre. La hausse des défauts de paie- la pandémie et apporté une aide financière rapide à plus
ment pourrait provoquer des pertes considérables pour de 80 pays. Les administrateurs examinent les possibi-
les banques et les institutions financières non bancaires. lités de coopération multilatérale dans l’optique d’une at-
Le système bancaire mondial est globalement bien capita- ténuation des tensions commerciales et technologiques
lisé, mais certaines banques et certains systèmes bancaires entre les pays et d’une mise en œuvre collective des me-
pourraient souffrir d’un déficit global de fonds propres si le sures d’atténuation des changements climatiques.

192 Fonds monétaire international | Octobre 2020


DANS CE NUMÉRO :
CHAPITRE 1
Perspectives et politiques mondiales
CHAPITRE 2
Le Grand Confinement : analyse
de ses effets économiques
CHAPITRE 3
Atténuation des changements
climatiques : stratégies favorables
à la croissance et à la distribution

WORLD ECONOMIC OUTLOOK (FRENCH) OCTOBRE 2020

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