Chapitre 23 : Déterminant
Table des matières
1 Formes multilinéaires alternées 3
2 Déterminant d’une famille de vecteurs dans une base 4
3 Déterminant d’une matrice carrée 6
4 Déterminant d’un endomorphisme 7
5 Calcul des déterminants 8
5.1 Méthode de Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.2 Développement par rapport à une ligne ou une colonne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
En algèbre, la notion de déterminant permet de généraliser des propriétés
géométriques comme l’aire ou le volume à des dimensions quelconques. Il s’agit
d’une fonction qui associe un nombre à une matrice carrée, et ce nombre
reflète certaines caractéristiques de la matrice, notamment son inversibilité. La
méthode de Sarrus, utilisée pour calculer le déterminant d’une matrice 3 × 3,
repose sur une règle simple qui facilite ce calcul en se basant sur des produits
de termes diagonaux. Cependant, cette méthode est considérée comme limitée
car n’est valable que pour les matrices 3 × 3 et donne une forme développée
du déterminant alors que l’on cherche souvent à obtenir une forme factorisée.
Pierre-Frédéric Sarrus, à qui l’on attribue cette règle, est né à la fin du xviiie
siècle à Saint-Affrique dans l’Aveyron, tout comme le grand mathématicien Pierre-Frédéric Sarrus
Emile Borel près d’un siècle plus tard. (1798-1861)
Chapitre 23 : Déterminant H. Bringuier
Introduction
Le but de ce chapitre est de définir une fonction
det : Mn (K) −→ K
appelée déterminant, et qui vérifiera les propriétés suivantes :
1. det(A) ̸= 0 ⇔ A est inversible
2. det(AB) = det(A) det(B) ; det(In ) = 1 ; si A est inversible, det(A−1 ) = 1
det(A) .
3. det(AT ) = det(A)
a b a b
4. pour n = 2 : det = = ad − bc.
c d not c d
a b c a b c
5. pour n = 3 : det d e f = d e f = aei + bf g + cdh − gec − hf a − idb (règle de Sarrus)
not
g h i g h i
Attention ! Cette règle ne se généralise pas pour des matrices de taille plus grande.
6. Le déterminant d’une matrice triangulaire est égale au produit de ses coefficients diagonaux.
Ceci est vrai en particulier pour les matrices diagonales.
7. Effet des opérations élémentaires sur le déterminant :
(i ) Li ← Li + λLj (avec i ̸= j) : déterminant inchangé
(ii ) Li ↔ Lj (avec i ̸= j) : déterminant multiplié par (−1)
(iii ) Li ← λLi (avec λ ̸= 0) : déterminant multiplié par λ
Idem pour les transformations élémentaires sur les colonnes.
On peut donc utiliser la méthode du pivot de Gauss pour calculer un déterminant.
8. Développement par rapport à une ligne ou une colonne :
Soit A = (ai,j ) ∈ Mn (K).
On note Ai,j la matrice obtenue à partir de A en supprimant la i-ème ligne et la j-ème colonne.
Xn
Pour tout i ∈ J1 ; nK, det(A) = (−1)i+j ai,j det(Ai,j ) (développement suivant la i-ème ligne)
j=1
Xn
Pour tout j ∈ J1 ; nK, det(A) = (−1)i+j ai,j det(Ai,j ) (développement suivant la j-ème colonne)
i=1
Les scalaires (−1)i+j correspondent aux signes de la matrice suivante :
+ − +
− + −
..
+ − +
.
.. .. ..
. . .
.. ..
. . −
− +
Ces formules permettent de ramener le calcul d’un déterminant à des déterminants de taille inférieure.
9. Multilinéarité par rapport aux colonnes ou aux lignes :
Pour une matrice A de colonnes C1 , · · · , Cn , on écrit aussi det(C1 , . . . , Cn ) au lieu de det(A).
Pour tout i ∈ J1 ; nK, le déterminant est linéaire par rapport à la colonne numéro i, c’est-à-dire :
(i ) det(C1 , . . . , Ci + Ci′ , . . . , Cn ) = det(C1 , . . . , Ci , . . . , Cn ) + det(C1 , . . . , Ci′ , . . . , Cn )
(ii ) det(C1 , . . . , λCi , . . . , Cn ) = λ det(C1 , . . . , Ci , . . . , Cn )
On a la même propriété par rapport aux lignes.
En particulier, det(λA) = λn det(A) (pour une matrice carrée A de taille n).
Attention ! En général : det(A + B) ̸= det(A) + det(B) ; det(λA) ̸= λ det(A)
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Chapitre 23 : Déterminant H. Bringuier
1 Formes multilinéaires alternées
Définition 1.1 (forme multilinéaire)
Soit E un K-espace vectoriel, et soit n ∈ N∗ .
Une forme n-linéaire sur E est une application f : E n −→ K telle que pour tout i ∈ J1 ; nK,
∀(x1 , . . . , xi−1 , xi+1 , . . . , xn ) ∈ E n−1 , l’application partielle
E −→ K
xi 7−→ f (x1 , . . . , xi−1 , xi , xi+1 , . . . , xn )
est linéaire.
Cas particuliers :
1. Pour n = 1, c’est la même chose que la linéarité.
2. Pour n = 2, on dit ≪ bilinéaire ≫ plutôt que ≪ 2-linéaire ≫.
Une forme f : E 2 → K est bilinéaire si et seulement si :
( i) ∀y ∈ E, ∀x , x′ ∈ E, ∀λ ∈ K, f (x + λx′ , y) = f (x , y) + λf (x′ , y) (linéarité à gauche)
( ii) ∀x ∈ E, ∀y , y ′ ∈ E, ∀λ ∈ K, f (x , y + λy ′ ) = f (x , y) + λf (x , y ′ ) (linéarité à droite)
Attention ! Ce n’est pas la même chose de dire que f : E n → K est n-linéaire que de dire qu’elle est linéaire.
Par exemple, pour une forme bilinéaire f : E 2 → K, on aura f (λ(x,y)) = f (λx , λy) = λ2 f (x , y), et pas λf (x , y).
Exemples 1.2 :
1. L’application f : Kn → K définie par f (x1 , . . . , xn ) = x1 · · · xn est une forme n-linéaire sur K.
Z 1
2
2. L’application f : K[X] → K définie par f (P , Q) = P (t)Q(t)dt est une forme bilinéaire sur K[X].
0
Ces deux formes multilinéaires sont dites symétriques, car l’image est inchangée par permutation des variables.
Définition 1.3 (forme alternée)
Soit E un K-espace vectoriel, et soit f : E n → K une forme n-linéaire (avec n ∈ N∗ ).
On dit que f est alternée si :
∀(x1 , . . . , xn ) ∈ E n , (∃i ̸= j ∈ J1 ; nK, xi = xj ) =⇒ f (x1 , . . . , xn ) = 0.
Remarque : Une forme 1-linéaire est toujours alternée.
Exemples 1.4 :
1. Calculs d’aires dans le plan :
On considère le R-espace vectoriel E = R2 , et on choisit comme unité d’aire le carré construit sur la base
→
− → −
canonique ( i , j ).
Si →
−
u et →
−v sont deux vecteurs de E, on définit f (→
−
u ,→−
v ) comme l’aire orientée du parallélogramme construit
sur les vecteurs u et v (l’aire est affectée d’un signe + si (→
→
− →
− −u ,→−
v ) est une base directe, d’un signe − si
→
− →
−
c’est une base indirecte, est nulle si u et v sont colinéaires).
Alors l’application f : E 2 → R est une forme bilinéaire alternée sur E.
2. Calculs de volumes dans l’espace :
On considère le R-espace vectoriel E = R3 , et on choisit comme unité de volume le cube construit sur la
→
− →− → −
base canonique ( i , j , k ).
Si →
−
u, →−
v et →
−
w sont trois vecteurs de E, on définit f (→
−
u ,→−v ,→
−
w ) comme le volume orienté du parallélépipède
construit sur les vecteurs u , v et w (l’aire est affectée d’un signe + si (→
→
− →
− →
− −
u ,→−
v ,→
−
w ) est une base directe,
→
− →
− →
−
d’un signe − si c’est une base indirecte, est nulle si u , v et w sont coplanaires).
Alors l’application f : E 3 → R est une forme trilinéaire alternée sur E.
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Définition 1.5 (forme n-linéaire antisymétrique)
Soit E un K-espace vectoriel, et soit f : E n → K une forme n-linéaire (avec n ∈ N∗ ).
On dit que f est antisymétrique si
∀(x1 , · · · , xn ) ∈ E n , ∀i ̸= j ∈ J1 ; nK, f (x1 , · · · , xi , · · · , xj , · · · , xn ) = −f (x1 , · · · , xj , · · · , xi , · · · , xn )
Proposition 1.6 (antisymétrique et alternée sont synonymes)
Soit E un K-espace vectoriel et soit f : E n → K une forme n-linéaire (avec n ∈ N∗ ).
f est alternée ⇐⇒ f est antisymétrique
2 Déterminant d’une famille de vecteurs dans une base
Définition 2.1 (déterminant dans une base)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soit B = (e1 , . . . , en ) une base de E.
Il existe une unique forme n-linéaire alternée f sur E telle que f (e1 , . . . , en ) = 1.
Cette forme n-linéaire alternée f est appelée déterminant dans la base B, et notée detB .
Interprétation géométrique du déterminant dans R2 ou R3 :
→
− →−
1. Dans R2 : on note B = ( i , j ) la base canonique.
Pour tous vecteurs u et v de R2 , detB (→
→
− →
− −u ,→ −
v ) est l’aire orientée du parallélogramme construit sur → −u
→
− →
− →
−
et v , en prenant comme unité d’aire le carré construit sur i et j .
→
− →− → −
2. Dans R3 : on note B = ( i , j , k ) la base canonique.
Pour tous vecteurs →−
u, →
−v et →
−
w de R3 , detB (→ −u ,→
−v ,→
−w ) est le volume orienté du parallélépipède construit
→
− →
− →
− →
− → − →
−
sur u , v et w , en prenant comme unité de volume le cube construit sur i , j et k .
En effet, pour chacun de ces deux exemples, l’application n-linéaire alternée f définie en bas de la page 3 vérifie
f (B) = 1, donc f = detB grâce à l’unicité dans la définition 2.1.
Proposition 2.2 (expression du déterminant dans une base en dimension 2)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension 2, et soit B = (e1 ,e2 ) une base de E.
a1,1 a1,2
Pour toute famille (x1 ,x2 ) ∈ E 2 , si on note = MatB (x1 , x2 ), alors :
a2,1 a2,2
detB (x1 , x2 ) = a1,1 a2,2 − a2,1 a1,2
Exemple 2.3 : Déterminer detB (1 + X,1 − X) où B = (1,X) est la base canonique de R1 [X].
Proposition 2.4 (expression du déterminant dans une base en dimension 3)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension 3, etsoit B = (e1 ,e2 ,e 3 ) une base de E.
a1,1 a1,2 a1,3
Pour toute famille (x1 ,x2 ,x3 ) ∈ E 3 , si on note a2,1 a2,2 a2,3 = MatB (x1 , x2 , x3 ), alors :
a3,1 a3,2 a3,3
detB (x1 , x2 , x3 ) = a1,1 a2,2 a3,3 + a2,1 a3,2 a1,3 + a3,1 a1,2 a2,3 − a2,1 a1,2 a3,3 − a3,1 a2,2 a1,3 − a1,1 a3,2 a2,3
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Chapitre 23 : Déterminant H. Bringuier
Expression du déterminant dans une base en dimension finie :
Pour toute famille (x1 , · · · , xn ) ∈ E n , si on note (ai,j ) = MatB (x1 , . . . , xn ), alors :
X
detB (x1 , . . . , xn ) = ε(σ) aσ(1),1 · · · aσ(n),n .
σ∈Sn
où Sn est l’ensemble des bijections (permutations) de J1; nK dans lui-même, et où ε(σ) = ±1 est ce qu’on appelle
la signature de σ. Cette formule n’est pas à savoir (hors programme), mais il est intéressant de retenir que detB
est une fonction polynomiale en les coefficients (ai,j ).
Pour n = 4, cette formule comprendrait 4! = 24 termes. Il est donc indispensable de développer d’autres outils car
cette définition abstraite ne permet pas de calculer des déterminants de manière efficace.
Proposition 2.5 (toute forme n-linéaire alternée est un multiple de detB )
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soit B une base de E.
Si f est une forme n-linéaire alternée sur E, alors il existe λ ∈ K tel que f = λ detB .
Remarque : Par conséquent, le K-espace vectoriel des formes n-linéaires aternées sur E (où n = dim E) est de
dimension 1 : c’est une droite vectorielle engendrée par detB , où B est n’importe quelle base de E.
Théorème 2.6 (formule de changement de base pour les déterminants)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soit B et B ′ deux bases de E.
On a la relation :
detB′ = detB′ (B) detB
Remarques :
1. Pour savoir si on doit écrire detB (B ′ ) ou detB′ (B), se rappeler que la formule doit être correcte évaluée
en B.
1
2. En évaluant la formule en B ′ , on obtient que detB (B ′ ) ̸= 0 et detB′ (B) = .
detB (B ′ )
Exemple 2.7 : Soient B = (1,X,X 2 ) et B ′ = (1,X − 1,(X − 1)2 ) deux bases de R2 [X].
Exprimer detB′ en fonction de detB .
Proposition 2.8 (caractérisation des bases à l’aide du déterminant)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , soit B une base de E et soit (x1 , . . . , xn ) ∈ E n .
La famille (x1 , . . . , xn ) est une base de E si et seulement si detB (x1 , . . . , xn ) ̸= 0.
Exemple 2.9 : Montrer que la famille F = (1 + 2X + 3X 2 , 3 + X + 2X 2 , 2 + 3X + X 2 ) forme une base de R2 [X].
Orientation d’un R-espace vectoriel de dimension finie :
Soit E un R-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ .
Définir une orientation sur E signifie que l’on sait dire quelles bases de E sont directes et lesquelles sont indirectes.
Pour ceci, on se fixe une base B0 de référence, et on décrète qu’une base B de E est :
une base directe si detB0 (B) > 0 ;
une base indirecte si detB0 (B) < 0.
Dans R2 ou dans R3 , on retrouve bien la notion usuelle d’orientation en choisissant pour B0 la base canonique.
Remarques : Grâce à la formule de changement de base pour le déterminant, on a la propriété suivante :
Soient B et B ′ deux bases de E.
si detB (B ′ ) > 0, alors B et B ′ ont la même orientation (les deux sont directes ou les deux sont indirectes) ;
si detB (B ′ ) < 0, alors B et B ′ ont des orientations distinctes (l’une est directe et l’autre est indirecte).
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3 Déterminant d’une matrice carrée
Définition 3.1 (déterminant d’une matrice carrée)
Soit n ∈ N∗ et soit A ∈ Mn (K), de colonnes C1 , . . . , Cn (vecteurs de Mn,1 (K)).
Alors det(A) = detB (C1 , . . . , Cn ), où B désigne la base canonique de Mn,1 (K).
def
En particulier, pour n = 2 et n = 3, on retrouve les formules données dans l’introduction.
Remarques : Les propriétés suivantes découlent directement de la définition :
1. det(In ) = 1
2. Le déterminant est n-linéaire par rapport aux colonnes.
En particulier, det(λA) = λn det(A), pour tous A ∈ Mn (K) et λ ∈ K.
3. Le déterminant est alterné par rapport aux colonnes, ce qui signifie que si deux colonnes sont identiques,
alors le déterminant est nul.
4. Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , B une base de E, et (x1 , · · · , xn ) ∈ E n .
Alors detB (x1 , · · · , xn ) = det(A), où A = MatB (x1 , · · · , xn ).
Théorème 3.2 (caractérisation de l’inversibilité d’une matrice à l’aide du déterminant)
Soit n ∈ N∗ , et soit A ∈ Mn (K).
La matrice A est inversible si et seulement si det(A) ̸= 0.
1 2 3
Exemple 3.3 : La matrice A = 4 5 6 est-elle inversible ?
7 8 9
Théorème 3.4 (déterminant d’une transposée)
Soit n ∈ N∗ , et soit A ∈ Mn (K). On a l’égalité : det(A) = det(AT ).
Conséquence : Le déterminant est aussi n-linéaire alterné par rapport aux lignes.
Théorème 3.5 (déterminant d’un produit)
Soit n ∈ N∗ , et soient A et B ∈ Mn (K). On a l’égalité : det(AB) = det(A) det(B).
Corollaire 3.6 (déterminant d’un inverse, d’une puissance)
Soit n ∈ N∗ , et soit A ∈ Mn (K).
1
1. Si A est inversible, alors det(A−1 ) = .
det(A)
2. Pour tout k ∈ N, det(Ak ) = det(A)k .
Si de plus A est inversible, cette égalité est valable pour tout k ∈ Z.
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Chapitre 23 : Déterminant H. Bringuier
Proposition 3.7 (deux matrices semblables ont le même déterminant)
Soit n ∈ N∗ , et soient A et B ∈ Mn (K).
Si A et B sont semblables, alors det(A) = det(B).
0 0 0 1
Remarque : La réciproque est fausse. Contre-exemple : et ont le même déterminant (il vaut 0),
0 0 0 0
mais elles ne sont pas semblables (car la seule matrice semblable à 0M2 (K) est elle-même).
4 Déterminant d’un endomorphisme
Définition 4.1 (déterminant d’un endomorphisme)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soit f ∈ L (E).
Le scalaire det(MatB (f )) ne dépend pas de la base B de E : on l’appelle déterminant de f , noté det(f ).
Remarques : Les propriétés suivantes découlent directement de la définition :
1. det(f ) = detB (f (B)), pour tout base B de E.
2. Le déterminant d’une matrice A ∈ Mn (K) est égal au déterminant de l’endomorphisme de Kn canonique-
ment associé à A.
3. det(idE ) = 1
4. Pour tous f ∈ L (E) et λ ∈ K, det(λf ) = λn det(f ), où n = dim(E).
Théorème 4.2 (caractérisation de la bijectivité à l’aide du déterminant)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soit f ∈ L (E).
L’endomorphisme f est un automorphisme si et seulement si det(f ) ̸= 0.
Théorème 4.3 (déterminant d’une composée)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soient f et g ∈ L (E).
On a l’égalité : det(f ◦ g) = det(f ) det(g).
Corollaire 4.4 (déterminant d’un automorphisme réciproque, d’un endomorphisme itéré)
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , et soit f ∈ L (E).
1
1. Si f est un automorphisme, alors det(f −1 ) = .
det(f )
2. Pour tout k ∈ N, det(f k ) = det(f )k .
Si de plus f est un automorphisme, cette égalité est valable pour tout k ∈ Z.
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5 Calcul des déterminants
5.1 Méthode de Gauss
Théorème 5.1 (effet des opérations élémentaires sur le déterminant)
Les opérations élémentaires modifient le déterminant d’une matrice de la manière suivante :
Li ↔ Lj (avec i ̸= j) le déterminant est multiplié par −1
Li ← λLi (avec λ ̸= 0) le déterminant est multiplié par λ
Li ← Li + λLj (avec i ̸= j) pas d’effet sur le déterminant
Ci ↔ Cj (avec i ̸= j) le déterminant est multiplié par −1
Ci ← λCi (avec λ ̸= 0) le déterminant est multiplié par λ
Ci ← Ci + λCj (avec i ̸= j) pas d’effet sur le déterminant
m m 1 1
Exemple 5.2 : Soit m ∈ R, =m = m.
1 2 1 2
Théorème 5.3 (déterminant d’une matrice triangulaire)
Le déterminant d’une matrice carrée triangulaire est égal au produit de ses coefficients diagonaux.
Remarque : Ceci est vrai en particulier pour une matrice diagonale.
Conséquence : On peut calculer un déterminant grâce à des opérations élémentaires pour se ramener à une
matrice triangulaire, en utilisant par exemple la méthode du pivot de Gauss.
1 0 3 4
2 0 8 3
Exemple 5.4 : La matrice A = 0 2 1 6 est-elle inversible ?
0 0 0 1
5.2 Développement par rapport à une ligne ou une colonne
Théorème 5.5 (développement d’un déterminant par rapport à une ligne ou une colonne)
Soit n un entier supérieur ou égal à 2, et soit A = (ai,j ) ∈ Mn (K).
Pour tout (i,j) ∈ J1; nK2 , on note Ai,j la matrice obtenue à partir de A en supprimant la i-ème ligne et
la j-ème colonne.
Xn
1. ∀j ∈ J1 ; nK, det(A) = (−1)i+j ai,j det(Ai,j ) (développement par rapport à la j-ème colonne)
i=1
n
X
2. ∀i ∈ J1 ; nK, det(A) = (−1)i+j ai,j det(Ai,j ) (développement par rapport à la i-ème ligne)
j=1
Cette technique de calcul est surtout efficace lorsqu’une ligne ou une colonne comporte ≪ beaucoup ≫ de zéros.
Pour le calcul complet d’un déterminant, on peut combiner cette technique avec des opérations élémentaires :
1. d’abord faire des opérations élémentaires pour faire apparaı̂tre une ligne ou une colonne avec le plus de
zéros possible ;
2. puis développer suivant cette ligne ou cette colonne.
Exemple 5.6 : On considère la matrice A de l’exemple précédent. Calculer à nouveau son déterminant.
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