DROIT DES INSTRUMENTS DE CREDIT
ET DE PAIEMENT
INTRODUCTION
CAMBIAIRE
CAMBIO : CHANGE
Action de changer, troc d'une chose contre une
autre.
Il signifie, en termes de Banque, Conversion
d'une monnaie en une autre monnaie
équivalente ou de billets de banque contre de
la monnaie.
INTRODUCTION
Droit Cambiaire
Le droit cambiaire est le droit qui régit les effets de
commerce. Ceux-ci peuvent être définis comme des titres
négociables qui constatent, au profit du porteur, une
créance de somme d’argent et qui servent à son paiement,
mais ils constatent toujours une créance à court terme.
On parle ainsi d’obligations
cambiaires qui résultent de la
signature du titre, et n’obéit pas
au droit commun des
obligations.
Texte Applicable
• Règlement 15/2002/CM/UEMOA adopté le 19
septembre 2002 à Cotonou
• Directives de l’UEMOA de 2008
• Les lois uniformes de 1996 et 2008
INTRODUCTION
Instruments de crédit et de paiement, la lettre de
change et le billet à ordre font partie des effets de
commerce.
Quant au chèque, son appartenance à la catégorie des
effets de commerce a été contestée du fait qu’il est
essentiellement un instrument de paiement. Mais du
point de vue de son régime juridique, il se rapproche
des effets de commerce.
Chapitre I: LA LETTRE DE CHANGE
La lettre de change encore appelée traite, est un
écrit par lequel une personne, le tireur, donne à
une autre personne, le tiré, l’ordre de payer à
une date déterminée une certaine somme
d’argent à un tiers appelé bénéficiaire.
La lettre de change est un ordre de
paiement, mais un ordre qui
comporte un engagement implicite
de payer en cas de défaillance du tiré.
Ainsi la traite constate toujours une opération juridique
constituant le rapport fondamental entre le tireur et le
tiré, appelé provision et la créance du bénéficiaire sur le
tireur c’est à dire la valeur fournie.
Section I: LA CREATION DE LA LETTRE DE CHANGE
Comme tout acte juridique, la création d’une lettre de change
obéissent à des conditions de fond et de forme.
Para I: Les conditions de fond
sont :
•Le consentement du signataire,
•La capacité commerciale ou le pouvoir selon que la personne
intervient dans le mécanisme pour soit même ou en représentation
d’autrui,
•Un objet et une cause licite.
L’absence ou le vice concernant l’une des conditions de fond
n’entache pas la validité du titre lui-même. Il en est ainsi par
exemple de l’absence de consentement d’un signataire.
L’absence d’une condition de fond ne rend nulle que l’obligation
cambiaire du signataire concerné. S’il y a d’autres signataires,
ceux-ci seront tenus en vertu du principe de l’indépendance
LA CREATION DE LA LETTRE DE CHANGE
Para II: Les conditions de forme :
Elles consistent en des mentions obligatoires et facultatives.
Mais seul l’irrespect des mentions obligatoires entraîne la nullité
de la lettre de change et par voie de conséquence, toutes les
obligations cambiaires issues du titre.
• La dénomination de « lettre de change »,
• Le mandat pur et simple de payer une somme d’argent
déterminée
• Le nom du tiré,
• L’indication du lieu de paiement,
• Le nom du bénéficiaire,
• L’indication du lieu et de la date de création
• La date de l’échéance
• La signature du tireur sans laquelle il n’y a pas de lettre de
change.
LA CREATION DE LA LETTRE DE CHANGE
En l’absence d’une mention obligatoire, le
titre est normalement nul en tant que lettre
de change, mais cette nullité ne lui fait pas
perdre toute valeur juridique. Une telle
nullité peut d’ailleurs être évitée dans
certains cas
La régularisation par
La suppléance légale les parties.
LA CREATION DE LA LETTRE DE CHANGE
A- La suppléance légale (Art 149 R 15/CM/UEMOA)
• si la date d’échéance n’est pas indiquée, la lettre de
change est payable à vue.
• à défaut d’indications spéciales, le lieu désigné à
côté du nom du tiré est réputé être le lieu du
paiement et en même temps celui du domicile du tiré.
• en l’absence du lieu de création, la lettre de change
est considérée comme étant souscrite au lieu indiqué
à côté du nom du tireur.
LA CREATION DE LA LETTRE DE CHANGE
B- LA RÉGULATION
La régularisation, elle est l’affaire des parties. Les parties
peuvent convenir de régulariser postérieurement une
lettre de change incomplète. Pour les effets de la
régularisation, il faut distinguer 3 types de rapports :
Entre tireur et bénéficiaire :
La régularisation rend le titre
valable si elle a respecté
l’accord des parties.
LA CREATION DE LA LETTRE DE CHANGE
Entre tireur et porteur autre que le bénéficiaire :
Il faut envisager deux hypothèses :
• S’il est démontré que le porteur a reçu un titre incomplet, il n’est
pas titulaire d’une lettre de change.
• Si par contre, le porteur a reçu le titre régularisé, le tireur est tenu
à son égard, dans les termes de la régularisation, sauf en cas de
mauvaise foi du porteur.
Entre le tiré et le porteur :
•Si le premier a accepté un titre incomplet ou en blanc, il est tenu à
l’égard du porteur de bonne foi dans les termes de la
régularisation.
• Cependant, si le porteur est de mauvaise foi, le tiré n’est tenu à
son égard que dans les termes de son apport avec le tireur.
Section II: LA CIRCULATION DE LA LETTRE DE
CHANGE
• Le mode normal de transmission de la lettre de change
est l’endossement. Cette circulation de la lettre de
change par la voie de l’endossement est en principe
possible jusqu’à la survenance de la date de l’échéance.
• Il existe trois formes d’endossements :
Endossement Endossement
translatif de procuration
Endossement
pignoratif
Para I: L’ENDOSSMENT TRANSLATIF
• C’est celui qui vise le transfert de la propriété de la
lettre de change. Il est porté sur la lettre de change elle-
même ou sur une allonge qui suit la lettre de change.
• Il doit comporter la signature de l’endosseur.
• Il doit en principe indiquer le nom du bénéficiaire, le nom
de l’endossataire.
• Toutefois, l’endossement peut être en blanc. En cas
d’endossement en blanc, la signature de l’endosseur doit
figurer obligatoirement au dos du titre ou sur une
allonge. Une simple signature au dos du titre suffit. Celui
qui reçoit le titre par tradition est censé avoir acquis
celui-ci à la suite de l’endossement en blanc.
• L’endosseur doit avoir la qualité de porteur légitime.
Autrement dit, il doit avoir acquis des droits sur le titre à
la suite d’une chaîne ininterrompue d’endossements.
L’ENDOSSMENT TRANSLATIF
L’endossement translatif produit trois types de
conséquences importantes :
• Le transfert des droits résultant de la lettre de change,
• L’obligation de garantie de l’endosseur relativement à
l’acceptation et au paiement de la lettre de change
• L’inopposabilité des exceptions.
o Le principe de l’inopposabilité des exceptions ne joue pas
cependant au profit du porteur de mauvaise foi (il avait
connaissance de l’exception). L’inopposabilité des
exceptions ne couvre pas non plus les exceptions fondées
sur :
- un vice apparent du titre,
- une absence de consentement (imitation de signature) ou
- l’incapacité d’un signataire.
Para II: L’ENDOSSMENT DE PROCURATION
L’endossement de procuration est celui par lequel
l’endosseur donne à une autre personne mandat
d’encaisser le montant de la lettre de change. C’est donc
un mandat de recouvrement de la lettre de change.
L’endossement par procuration se matérialise par la
mention :
• « valeur pour recouvrement »,
• « pour encaissement »,
• « par procuration » ou
• toute autre mention impliquant un mandat.
• En cas d’ambigüité de la formule employée,
l’endossement est présumée translatif. Mais une telle
présomption a un caractère simple dans les rapports
entre endosseur et endossataire par procuration.
Para III:L’ENDOSSMENT PIGNORATIF
Elle résulte de la mention :
• « valeur en garantie »,
• « valeur en gage » ou de Toute autre mention impliquant un
nantissement.
Il permet la mise en garantie de la lettre de change. Toutefois,
si la formule utilisée est équivoque, l’endossement est
présumé translatif. L’endossataire bénéficie à l’égard des
signataires autres que son propre endosseur du principe de
l’inopposabilité des exceptions. En outre, son endosseur
contracte à son égard un engagement cambiaire.
Pour les effets de l’endossement pignoratif, il est fait
application des dispositions de l’acte uniforme de l’OHADA
portant Organisation des Sûretés relatives au nantissement de
créances.
Section III: LES GARANTIES DE PAIEMENT DE LA
LETTRE DE CHANGE
PARA I: LA PROVISION DE LA LETTRE DE CHANGE
• La provision, qui est la créance du tireur sur le tiré peut
s’analyser comme une condition de fond de la création de
la lettre de change. En effet, elle est la cause de
l’engagement du tireur. La provision peut être fournie
jusqu’au jour de l’échéance. La nécessité de la provision
explique la sanction par la nullité des effets de
complaisance.
• Mais la provision peut également être considérée comme
une garantie de paiement de la lettre de change dans la
mesure où elle est transmise au porteur en même temps
que la lettre de change. Dès lors, le tiré informé de la
création du titre doit réserver le montant de la créance de
provision au porteur du titre.
LES GARANTIES DE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
Para II: L’ACCEPTATION
• L’acceptation est l’engagement que prend le tiré à qui est présenté le
titre, de payer à l’échéance le montant de la lettre de change. Elle est
considérée à ce titre comme une garantie de paiement.
• L’acceptation se matérialise par la mention « accepté » ou par tout
autre mot équivalent suivi de la signature du tiré sur la lettre de
change. Néanmoins, une simple signature au dos du titre vaut
acceptation.
• En principe, le tiré n’est pas obligé d’accepté. S’il accepte, il aggrave sa
situation. En effet, par l’acceptation, il devient un débiteur cambiaire.
• Exceptionnellement, le tiré est obligé d’accepter, c’est le cas en
présence d’une convention de bon accueil, c’est le cas également, à
certaines conditions, lorsque la traite a été émise en exécution d’un
contrat de fourniture de marchandises entre commerçants.
• Mais l’effet classique du défaut d’acceptation est pour le porteur la
possibilité de faire dresser protêt et d’exercer des recours anticipés
contre les différents signataires de la lettre de change. Pour éviter de
tels recours anticipé, il est possible de faire recours à l’acceptation par
intervention d’un tiers au profit d’un signataire.
LES GARANTIES DE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
Para III: L’AVAL
• L’aval peut être défini comme l’engagement que prend un
tiers ou un signataire de payer la traite en cas de
défaillance du débiteur avalisé. Celui qui donne l’aval est
appelé donneur d’aval, avaliseur ou avaliste. Quant au
débiteur garanti, il est appelé avalisé.
• L’aval peut être donné sur la lettre de change ou par acte
séparé. Mais lorsqu’il est donné par acte séparé, l’aval
n’est pas soumis au formalisme cambiaire. L’aval qui
emporte engagement cambiaire doit figurer sur le titre ou
sur une allonge. Il est exprimé par les mots « bon pour
aval » ou toute formule équivalente. Il est signé par le
donneur d’aval. Il peut toutefois être matérialisé par la
seule signature figurant au recto du titre sauf quand il
s’agit de celle du tireur ou du tiré. Le nom du bénéficiaire
de l’aval doit être indiqué sinon l’aval est réputé donné au
profit du tireur.
LES GARANTIES DE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
L’AVAL
Par rapport aux effets de l’aval, il faut distinguer deux types de
rapports:
• Dans les rapports entre donneur d’aval et le porteur, le donneur d’aval
est engagé dans les mêmes termes que le débiteur garanti soit
partiellement soit totalement. Le donneur d’aval peut ainsi opposer
toute exception susceptible de l’être par le débiteur avalisé. Toutefois,
en vertu du principe de l’indépendance des signatures, l’engagement
du donneur d’aval reste valable alors même que celui du débiteur
avalisé est considéré comme nul pour toute cause autre qu’un vice de
forme.
• Dans les rapports entre donneur d’aval et avalisé, après avoir payé, le
donneur d’aval dispose d’un recours cambiaire intégral contre le
débiteur garanti (l’avalisé) et les signataires qui lui sont antérieurs et il
dispose d’un droit propre dans les mêmes conditions qu’un porteur de
bonne foi. En cas de pluralité de donneur d’aval, celui qui a payé doit
diviser ses poursuites à l’égard des autres. Il n’y a pas d’action cambiaire
entre avaliseur.
Section IV: LE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
Para I: le régime juridique du paiement de la lettre de change
• Le paiement de la lettre de change doit intervenir en principe au jour
de l’échéance ou les deux jours ouvrables qui suivent. Seules les lettres
de change payable à vue peuvent être présentées dès leur émission
(délai d’1 an).
• La présentation au paiement a un caractère obligatoire. A défaut d’une
telle présentation, le tiré peut garder par devers lui le montant de la
traite jusqu’à réclamation ou bien se libérer en déposant la somme à la
caisse de dépôt et consignation aux risques et périls du porteur.
• L’auteur de la présentation au paiement est le porteur de la lettre de
change ou un mandataire chargé du recouvrement. Le titre doit être
présenté en principe au domicile du tiré, qu’il soit accepteur ou non. Il
en est autrement lorsqu’on est en présence d’une clause de
domiciliation (indication d’une banque chez qui le paiement aura lieu);
le cas échéant c’est au domicile du tiers indiqué.
LE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
S’agissant du paiement par le tiré, celui-ci doit
impérativement payer à l’échéance. Le paiement de la
lettre de change peut être effectué par un mode normal
(chèque, espèce, etc.). C’est ce que l’on appelle le
paiement d’un effet de commerce (différent du paiement
en effet de commerce). Mais aussi, le paiement peut être
réalisé par des modes anormaux (compensation, cession
de créances, etc.). Le porteur peut accepter un paiement
partiel le cas échéant, il pourra dresser protêt pour le
reliquat en vue de l’exercice des recours cambiaires.
• En principe, nul ne peut faire opposition au paiement de
la traite par le tiré. Néanmoins, il est permis de faire
opposition en cas de dépossession involontaire (vol ou
perte du titre) ou d’ouverture d’une procédure collective
contre le porteur.
LE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
Quant au paiement par un tiers, il peut être soit
le fait d’un domiciliataire soit celui d’un
intervenant :
• Lorsqu’il s’agit du domiciliataire, celui-ci doit
avoir reçu instruction du tiré.
• Quant au paiement par intervention, son auteur
peut être un tiers ou même un signataire. Le but
du paiement par intervention est d’éviter à son
bénéficiaire et au signataire postérieur, des
recours cambiaires de la part du porteur impayé.
Le paiement par intervention doit en principe
être fait avant qu’un protêt ne soit dressé.
LE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
o En principe, le porteur ne peut refuser le paiement par
intervention. Celui qui paye par intervention bénéficie des
mêmes droits de recours que celui pour qui il intervient. Le
paiement effectué par le tiré a un effet libératoire total ou
partiel selon le cas. Dans cette mesure, il entraîne une
extinction de l’obligation cambiaire et du rapport
fondamental.
o Lorsque le tiré qui a payé n’a pas reçu provision, il dispose
d’un droit de recours contre le tireur. Si le paiement est
effectué par une personne autre que le tiré, celle-ci
conserve ses recours contre ses garants et le tiré. Pour
prouver le paiement, son auteur a la possibilité d’exiger que
la lettre de change lui soit remise avec l’acquis du porteur
(décharge montrant que l’on a été payé). Mais lorsque le
paiement est partiel, il peut exiger que mention en soit faite
sur le titre et que quittance lui soit remise.
Para II: LES RECOURS POUR DEFAUT DE PAIEMENT
o L’exercice des recours cambiaires supposent le
respect de certains préalables :
L’auteur du recours doit Le porteur doit faire
avoir la qualité de constater le défaut de
porteur diligent. paiement par un protêt.
LES RECOURS POUR DEFAUT DE PAIEMENT
• Premier préalable :
• L’auteur du recours doit avoir la qualité de porteur diligent. Cette règle est
cependant assortie de deux tempéraments :
Le premier est que le Le second est que lorsque la
porteur négligent provision n’a pas été fournie, le
conserve une action porteur malgré sa négligence
cambiaire contre le conserve son droit de recours
tireur. contre le tireur.
• Le porteur négligent est celui qui n’a pas rempli les obligations qui lui incombe. Il
en est ainsi lorsque le porteur s’abstient de protester dans les délais en cas de
refus de paiement du tiré.
• Un tel porteur ne perd en principe que les recours cambiaires. Cela dit, sa
négligence n’empêche pas l’exercice des recours de droit commun fondés sur le
rapport fondamental.
LES RECOURS POUR DEFAUT DE PAIEMENT
• Second préalable :
• Le porteur doit faire constater le défaut de paiement par un protêt. Toutefois,
l’établissement d’un protêt n’est pas nécessaire dans certains cas :
Il en est également ainsi lorsque la
lettre de change comporte une
clause de retour sans frais (clause
aux termes de laquelle le porteur
d'une lettre de change est dispensé
il en est ainsi en cas de protester en cas de non-
d’existence d’un protêt paiement, en vue d'éviter des
faute d’acceptation. frais.)
•Le protêt est un acte authentique dressé par notaire, huissier de justice, ou toute autre
personne dûment habilité par la loi et qui constate le refus du tiré de payer la lettre de
change.
•Il doit être établi au domicile ou dernier domicile connu du tiré, du recommandataire, ou du
tiers intervenant. Cette formalité doit être effectuée l’un des 2 jours suivant celui où la lettre
de change est payable.
LES RECOURS POUR DEFAUT DE PAIEMENT
• Lorsque ces préalables sont respectés, le porteur dispose de recours cambiaire
contre les signataires du titre en vertu du principe de la solidarité en matière
de lettre de change.
• Le porteur peut agir contre tous les signataires sans être tenu de respecter un
quelconque ordre. Le signataire qui paye peut exercer un recours intégral
contre les autres signataires antérieurs qui sont ses garants.
• Mais les recours cambiaires sont enfermés dans des délais (délais de
prescription extinctives) variant entre :
o 6 mois action des endosseurs les uns contre les autres et contre le
tireur, délais courant à compter du jour du remboursement
o 1 an action cambiaire dirigé contre le tireur et les endosseurs par le
porteur à compter du protêt
o 3 ans actions cambiaires dirigés contre le tiré accepteur qui se
prescrivent à compter de l’échéance
• L’extinction des recours cambiaires pour cause de prescription ne fait pas
disparaître les recours fondés sur les créances fondamentales lesquelles
peuvent être exercées sous réserve des délais de prescription du droit
commun.
LE BILLET A ORDRE
• Il s’agit d’un écrit par lequel un souscripteur s’engage à
payer à une autre personne, appelée bénéficiaire, ou à
son ordre une somme déterminée à une échéance
déterminée.
• A la différence de la lettre de change, le billet à ordre met
en relation deux personnes : le souscripteur et le
bénéficiaire. Les qualités de tireur et de tiré que l’on
retrouve en matière de traite sont en effet cumulées par
le souscripteur en matière de billet à ordre.
• Le billet à ordre constitue un effet de commerce qui
s’apparente à la lettre de change. D’ailleurs le règlement
de 2002 procède pour l’essentiel à un renvoi au régime
juridique de la lettre de change. Mais il existe des règles
tout à fait propres au billet à ordre.
LE BILLET A ORDRE
L’APPLICATION PAR RENVOI DU REGIME JURIDIQUE DE LA
LETTRE DE CHANGE
• Le règlement de 2002 renvoi pour l’essentiel aux règles
applicables à la lettre de change. Il suffit pour s’en
convaincre de se référer aux articles 230 et s. dudit
règlement. Ainsi, toutes les dispositions relatives aux
copies, à l’endossement, à l’aval, au paiement, ainsi qu’aux
recours cambiaires sont identiques qu’importe qu’il
s’agisse d’une lettre de change ou d’un billet à ordre.
• Il en est également de même en ce qui concerne les règles
de fond. C’est ainsi par exemple que l’article 231 du
règlement de 2002 prévoit l’application au billet à ordre
les mêmes conséquences attachées à la signature d’une
personne qui agit sans pouvoir ou qui dépasse ses
pouvoirs.
LE BILLET A ORDRE
• Il y a toutefois des exceptions aux renvois faits aux dispositions relatives
à la lettre de change :
- Il n’est pas question d’acceptation et de provision en matière de billet à
ordre. Cela s’explique aisément par le fait que le souscripteur d’un billet
à ordre cumule les qualités de tireur et de tiré d’une lettre de change.
La signature du souscripteur vaut engagement de payer le titre à
l’échéance. D’ailleurs, le règlement prévoit expressément dans son
article 232 que le souscripteur d’un billet à ordre est tenu de la même
façon que l’accepteur d’une lettre de change. Autrement dit, il est le
débiteur principal du titre.
- C’est ainsi que l’endossement du billet à ordre n’emporte pas
transmission de la créance de la provision. C’est parce qu’il n’y a pas de
provision en matière de billet à ordre.
- Une autre particularité concerne l’aval du billet à ordre. En effet, lorsque
l’aval n’indique pas pour qui il est donné, il est réputé donné pour le
souscripteur.
- Par rapport au paiement, la particularité de celui du billet à ordre payable
à un certain délai de vue réside dans le fait que le délai court à compter
du visa du souscripteur.
LE BILLET A ORDRE
• B- LES REGLES SPECIFIQUES AU BILLET A ORDRE
Parce qu’il met en présence deux et non trois personne comme en
matière de lettre de change, le billet à ordre présente une certaine
spécificité. C’est ainsi que l’on note l’absence de mentions distinctes
pour le titreur et le tiré. Cette particularité du billet à ordre à emmener
les rédacteurs du règlement de 2002 à prévoir expressément ses
mentions obligatoires dans une disposition autonome.
Ainsi, l’article 228 dudit règlement prévoit que le billet à ordre doit
contenir :
• - La clause à ordre ou la dénomination du titre insérée dans le texte
même et exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce
titre.
• - La promesse pure et simple de payer une somme déterminée.
• - L’indication de l’échéance.
• - L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer.
• - Le nom de celui auquel où à l’ordre duquel le paiement doit être fait.
• - L’indication de la date et du lieu où le billet à ordre est souscrit.
• - La signature du souscripteur.
LE BILLET A ORDRE
• Un billet à ordre qui ne comporterait pas les mentions
prévues par l’article 228 ne vaut pas comme tel.
• Le billet à ordre ressemble à une reconnaissance de dette
mais se différencie de celle-ci par la clause à ordre. En tant
qu’effet de commerce, il peut circuler selon des
procédures simplifiées.
• Il n’y a pas de billet à ordre sans clause à ordre. Or celle-ci
n’est pas une obligation en matière de lettre de change.
En effet, en matière de traite, cette clause sous-entendue
peut être écartée par le truchement d’une mention
facultative. Il s’agit de la clause de non à ordre qui interdit
la circulation du titre par la voie de l’endossement.
• En outre, si en matière de lettre de change le tireur donne
un mandat de payer, le souscripteur d’un billet à ordre
s’engage purement et simplement à payer une somme
déterminée.
LE CHEQUE
Le chèque peut être défini comme le titre par
lequel une personne appelée le tireur, donne à
une autre personne appelée tiré, l’ordre de payer
à vue une somme déterminée à son bénéficiaire
ou à son profit.
Le chèque est exclusivement un
instrument de paiement, d’où la
contestation de son appartenance
aux effet de commerce.
N’étant pas un acte de commerce par la forme, le
caractère civil ou commercial du chèque dépend de la
qualité du tireur.
LA CREATION DU CHEQUE
Comme tout acte juridique, la création du chèque obéit à des
conditions de fond et de forme.
Les conditions de fonds
LES CONDITIONS RELATIVES AUX PARTIES
Le tireur : consentement ; Le bénéficiaire : peut être
capacité ; absence le tireur lui-même ou un
d’interdiction bancaire ; tiers qui doit avoir la
titulaire, co-titulaire ou capacité juridique de
mandataire d’un compte recevoir paiement
Le tiré : une banque ou un
établissement assimilé
LA CREATION DU CHEQUE
Comme tout acte juridique, la création du chèque obéit à des
conditions de fond et de forme.
Les conditions de fonds
LA PROVISION
La provision est la créance de somme d’argent du
tireur à l’encontre du tiré. Elle peut résulter d’un
dépôt de fonds, de l’escompte par le tiré d’effets
de commerce ou d’une ouverture de crédit.
Elle doit être disponible, préalable et suffisante
LA CREATION DU CHEQUE
Comme tout acte juridique, la création du chèque obéit à des
conditions de fond et de forme.
Les conditions de fonds
LA PROVISION
Sanction du défaut de provision
- L’interdiction bancaire qui consiste à faire défense au
tireur d’émettre des chèques autres que ceux de retrait
ou certifiés et ce pendant une durée de 5 ans.
- Des sanctions pénales lorsque le chèque est tiré dans
un compte clôturé, lorsque le tireur retire tout ou partie
de la provision dans le but de porter atteinte à autrui ou
en cas de violation d’une mesure d’interdiction
bancaire.
LA CREATION DU CHEQUE
Les conditions de forme :
Elles consistent en des mentions obligatoires et facultatives.
Mais seul l’irrespect des mentions obligatoires entraîne la nullité
du chèque.
MENTIONS OBLIGATOIRES
• La dénomination de « chèque » insérée dans le texte même du
titre et exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce
titre ;
• Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
• Le nom du tiré ;
• L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ; toutefois, le
règlement prévoit que lorsque ce lieu n’est pas indiqué, celui
indiqué à côté du nom du tiré est réputé être le lieu du paiement,
• L’indication de la date et du lieu de création du chèque ;
• La signature manuscrite du tireur.
LA TRANSMISSION DU CHEQUE
L’endossement translatif d’un chèque obéit
pratiquement aux mêmes principes applicables à celui
d’une lettre de change (voir les articles 62 et suivants
du règlement).
Le porteur bénéficie du principe de l’inopposabilité des
exceptions et selon l’article 67 du règlement,
l’endosseur est, sauf clause contraire, garant du
paiement du chèque.
L’endossement de procuration du chèque obéit
aussi aux même règles applicables à la lettre de
change.
L’article 72 du règlement prévoit un régime juridique
analogue à celui de la lettre de change aussi bien dans
la forme que dans les effets de l’endossement de
procuration.
LES GARANTIES DE PAIEMENT DU CHEQUE
L’aval peut être
Le visa a pour effet de
donné par un tiers
constater l’existence de
ou un signataire.
la provision à la date à
Le donneur d’aval
laquelle il est donné. Par
est engagé dans les
le visa, le banquier tiré
mêmes termes que
atteste l’existence de la
l’avalisé.
provision au moment où
il est donné.
Par la certification, le banquier tiré, qui
appose la mention sur le chèque, s’engage
à bloquer la provision au profit du porteur
jusqu’à l’expiration du délai légal de
présentation.
LE PAIEMENT DU CHEQUE
Article 81 R 15-02/CM/UEMOA
• Le chèque émis et payable dans un Etat membre de
l’UEMOA doit être présenté au paiement dans le délai de
huit (8) jours si le paiement doit s'effectuer au lieu
d'émission, et, dans les autres cas, dans le délai de vingt
(20) jours.
• Le chèque émis dans un Etat membre de l'Union et payable
dans un autre Etat membre de l’Union doit être présenté
dans le délai de quarante cinq (45) jours.
• Le chèque émis en dehors du territoire de l'Union et
payable dans un Etat membre de l’UEMOA doit être
présenté dans le délai de soixante-dix (70) jours.
• Le point de départ de ces délais est le jour porté sur le
chèque comme date d'émission.
LE PAIEMENT DU CHEQUE
Tempéraments
• La première est que le chèque postdaté
peut être payé dès sa présentation ;
• La seconde est que le non-respect du délai
légal de présentation n’est pas un obstacle au
paiement du chèque, il fait seulement perdre
au porteur négligent ses recours cambiaires.
LE PAIEMENT DU CHEQUE
• Le banquier tiré est tenu de payer le chèque
qui lui est présenté s’il y a provision sauf s’il
y a opposition confirmée par écrit.
• Toutefois, l’opposition non fondée sur l’une
des causes prévues par la loi, entraîne pour
son auteur une sanction pénale
conformément à l’article 2 de la loi de 2008.
LE PAIEMENT DU CHEQUE
Conditions de paiement
• Le cas particulier du chèque barré
Le barrement spécial
Le barrement général est matérialisé par
est marqué par l’apposition au recto du
l’apposition de deux titre de deux barres
barres parallèle sur le parallèles entres
recto du titre et le lesquelles est inscrit le
paiement ne peut être nom d’un banquier ; le
fait qu’à un banquier, à chèque ne peut être payé
un chef de bureau de dans ce cas qu’au
chèques postaux ou à un banquier désigné ou si
client du tiré celui-ci est le tiré à son
client.
LE DEFAUT DE PAIEMENT DU CHEQUE
• Sauf clause de retour sans frais, le défaut de
paiement du chèque pour absence ou
insuffisance de provision doit en principe être
constaté par un protêt afin de conserver les
recours cambiaires.
• L’attestation de rejet délivré par le banquier dans
laquelle précise le motif du refus de paiement
peut suffire.
LE DEFAUT DE PAIEMENT DU CHEQUE
Recours prévus par le R 15-02
Le porteur négligent
Le porteur diligent ne conserve de recours que
a des recours cambiaires contre le tireur qui n’a pas
contre tous les signataires fourni provision et contre les
du chèque. signataires qui se seraient
enrichis indument.
La procédure propre au chèque
A défaut de régularisation du chèque impayé dans le délai de 30
jours, le banquier délivre au porteur un certificat de non-paiement.
La notification effective ou la signification dudit certificat vaut
commandement de payer et à défaut de preuve du paiement dans
un délai de 10 jours, le porteur peut obtenir du tribunal un titre
exécutoire.
LE DEFAUT DE PAIEMENT DU CHEQUE
Recours prévus par l’AUPSRVE
La procédure La saisie
d’injonction de payer conservatoire
MERCI