UNIVERSITE MAPON
Faculté Polytechnique
Génie des Mines et Géologie
Cours de Géologie des Ressources
Minérales
Thème : « Etude bibliographique sur les
gisements de Charbon »
Réalisé par : MUSA MARONI ARISIA
Promotion : master 2
Titulaire du cours : Prof Ord. Gabriel MAKABU
Année Académique : 2022-2023
Page |1
Table des matières
Liste des figures ..................................................................................................................................... 2
Introduction ........................................................................................................................................... 3
I. Localisation.................................................................................................................................... 3
II. Roches encaissantes .................................................................................................................. 6
III. Minéralisation ........................................................................................................................... 7
IV. Modèle génétique ...................................................................................................................... 7
IV.1. Composition du charbon ......................................................................................................... 9
IV.2. Formation ............................................................................................................................... 10
V. Utilisations ................................................................................................................................... 10
V.1. Avantages de son utilisation ................................................................................................... 11
V.2. Inconvénients ........................................................................................................................... 11
Conclusion ........................................................................................................................................... 12
Bibliographie ....................................................................................................................................... 13
Page |2
Liste des figures
Figure 1: Âges de formation des charbons (source : Svtmarcq.over-blog.com) ................ 9
Figure 2: Types de charbon (source : encyclopedie-energie.org) ...................................... 10
Figure 3: Transformation du charbon en électricité .......................................................... 11
Page |3
Introduction
Les ressources minérales constituent l’une des bases de la civilisation. Depuis la chasse
aux métaux précieux du Paléolithique jusqu’aux recherches visant à découvrir de nouvelles
substances, elles n’ont cessé d’être l’un des moteurs, non seulement de l’économie mondiale,
mais également du progrès de nos sociétés. Les ressources minérales sont omniprésentes, dans
nos constructions comme dans nos moyens de transport et nos instruments de travail; elles ont
été indispensables aussi bien au sculpteur de la Renaissance qu’elles le seront au biopharmacien
de demain.
Bien que depuis la Révolution industrielle au XIXe siècle, la part des ressources
minérales ait constamment baissé dans l’économie mondiale, celles-ci demeurent l’un des
principaux enjeux économiques et géopolitiques de la planète. La première mondialisation, à
la fin du XIXe siècle, était largement provoquée par l’internationalisation des compagnies
minières, drainant des capitaux en Europe pour les investir dans les pays en développement.
La seconde mondialisation, à la fin du XXe siècle, repose sur la mise en commun de l’expertise
mondiale, avec des capitaux qui proviennent aussi bien du Nord que du Sud, dans un contexte
de marché ouvert et transparent. Dans tous les secteurs stratégiques, de l’acier à l’uranium ou
du pétrole au charbon, les pays développés ont su construire des filières qui leur garantissent
un approvisionnement pour les années à venir. Les pays en développement concurrencent pour
la rente minière, une rente qui, dans certains cas, s’est beaucoup réduite.
De ce fait, dans le cadre du cours de Géologie des Ressources Minérales il nous a été
demandé de réaliser un projet sur la bibliographie des gisements de charbon. Dans ce projet
nous donnerons la localisation géographique de ces gisements, nous parlerons de la roche
encaissante, de la minéralisation, de la structure de ces gisements, du modèle génétique pour
enfin chuter avec une conclusion.
I. Localisation
On trouve généralement ces gisements dans les unités géologiques sédimentaires d’âge
Pennsylvanien (carbonifère supérieur) et Permien, datant d’il y a environ 320 à 270 millions
d’années. Ces époques étaient caractérisées par des climats chauds et humides, favorables à la
croissance de fougères arborescentes et d’autres plantes à haute teneur en cellulose, qui
constituent la matière première du charbon.
Nous présentons les principaux types d’unités géologiques où l’on trouve des gisements de
charbon :
Page |4
Bassins houillers : zones étendues où se sont accumulées d’épaisses couches de sédiments
riches en matière organique, généralement à la suite de la subsidence de la croute terrestre et
de l’inondation par des eaux marines ou lagunaires. Les bassins houillers les plus connus se
trouvent en Europe (Allemagne, Angleterre, Pologne), en Amérique du Nord (Appalaches), en
Chine et en Australie.
Deltas fluviaux : les deltas des grands fleuves ont également pu être des sites de dépôts des
matières organiques importantes donnant naissance à des gisements de charbon plus localisés ;
c’est le cas du delta du Nil en Egypte.
Marais : dans certaines régions de vastes marais ou tourbières se sont développés au cours du
temps, accumulant de la matière végétale qui pouvait se transformer en charbon, cas des
gisements de charbon brun d’Europe centrale.
En plus de ces unités géologiques sédimentaires, on peut également trouver du charbon dans
des formations géologiques plus anciennes comme les gisements de graphite d’origine
métamorphique.
Il y a au Congo deux groupes de bassins houillers, tous deux situés dans l’ancienne
province du Katanga : au nord les bassins de la LUKUGA et du TANGANYIKA, au sud les
bassins de LUENA et du HAUT LUALABA.
Les séries houillères font partie de la série de la LUKUGA. Cette dernière débute au
carbonifère supérieur et se termine au Permien supérieur ; l’assise dite « à couches de houille »
est permienne et correspond à une partie du Karroo sud-africain. Toutes ces houilles sont riches
en cendres.
Bassin de la LUENA
Le bassin de la LUENA comprend 4 cuvettes d’origine vraisemblablement lacustre,
s’étendant de 30 km : du nord au sud, les cuvettes Kisulu, LUENA et Kalule-nord. Le
centre de l’exploitation est à environ 30km au sud de Bukama.
La série houillère repose sur des roches glaciaires ou périglaciaires. Son toit est
constitué par au moins 50m d’argilites panachées à teinte rouge prédominante. Elle
colporte, suivant les endroits, 2, 3 ou 4 couches de houille ; l’épaisseur de chaque
couche varie de 1 à 5m ; elles sont disposées dans « l’assise à couches de houille », de
35m de puissance. Chaque couche est constituée de strates carboneuses altérant avec
Page |5
quelques intercalations schisteuses. Les couches sont plus épaisses au milieu de la
cuvette que sur les bords.
Le charbon de la LUENA contient environ 5,50% humidité, 15 à 50% cendres, 30 à
34% des matières volatiles et environ 40% carbone fixe. La production totale des
charbonnages de la LUENA atteint près de 5 millions de tonnes depuis l’origine (1922)
jusqu’en 1960. En 1959, dernière année d’exploitation normale, elle a été de 247 000
tonnes.
- Réserves certaines : 5 millions de tonnes
- Réserves probables : 7,5 millions de tonnes
- Réserves possibles : 10,5 millions de tonnes.
Bassin du HAUT LUALABA
Situé au sud-ouest du bassin de la LUENA, la stratigraphie de ce bassin est beaucoup
moins bien connue malgré qu’elle puisse être analogue à celle du bassin de la LUENA.
Il n’y a aucune liaison actuelle entre les deux bassins. La série houillère serait puissante
de 23m environ et comporterait plusieurs fines couches de charbon. Des analyses faites
sur du charbon prélevé au voisinage de la surface avaient donné comme résultats
suivants :
- Humidité + Matière Volatile : 24 à 30%
- Cendres : 34 à 40%
- Carbone fixe : 30 à 42% inexploité.
Bassin de LUKUGA
Situé à 20km environ à l’ouest de Kalemie de part et d’autre de la rivière Lukuga,
traversé par le chemin de fer Kalemie-Kabalo, le centre de ce bassin s’appelait
Greinerville.
La stratigraphie est bien connue grâce à de nombreux sondages. La série de la Lukuga
comprend, de haut en bas, l’assise « transition » (Permien antérieur), l’assise à couches
de houilles, l’assise des schistes noirs (toutes deux permiennes) puis, plus bas, des
assises moins bien connues, principalement glaciaires et périglaciaires, d’âge
carbonifère supérieur. Elles sont surmontées, en transgressive par la série des « roches
rouges », d’âge probable triasique à jurassique moyen.
Page |6
En plus de veinettes, l’assise productive comporte 5 couches principales (de haut en
bas) :
o Couche 5 : de 0,3 à 0,55
o Couche 4 : de 0,65 à 1,22
o Couche 3 : de 0,34 à 1,17
o Couche 2 : de 0,5 à 1,20
o Couche 1 : de 1,25 à 2,40
Ce charbon est très comparable à celui de la LUENA, il contient environ :
o 6% d’humidité
o 20% de cendres
o 32% matières volatiles et
o 45% carbone fixe.
La production totale jusqu’en 1960 : 290 000 tonnes. Les réserves à vue sont de l’ordre
de 50 millions de tonnes. Les réserves possibles atteignent plusieurs centaines de millions de
tonnes, peut-être même le milliard de tonnes.
Bassin du TANGANYIKA
Ce bassin est situé environ 20 ou 30km au sud de Kalemie. Sa stratigraphie est
comparable à celle du bassin de la Lukuga, il y a également 5 couches principales et un
certain nombre de veinettes.
Il paraît être une portion du bassin de la Lukuga, séparé de celui-ci par des failles, et
conservé dans des fossés tectoniques.
Les réserves totales seraient supérieures aux évaluations faites naguère ; en effet les
études récentes soulignent la continuité des couches de houille antérieurement à la
fracturation du bassin. Enfin des tourbières d’une certaine importante sont connues au
Rwanda.
II. Roches encaissantes
Les roches encaissantes des gisements de charbon peuvent être de nature variée, mais
les plus communes sont :
Page |7
Grès : qui sont des roches sédimentaires composées de grain de sable cimentés par des
minéraux tels que le quartz et le feldspath. Ils sont souvent présents dans les bassins houillers
où ils forment les couches qui encadrent les dépôts de charbon.
Schistes : sont des roches sédimentaires fines composées de particules d’argile et de mica.
Egalement fréquents dans les bassins houillers et peuvent se trouver au-dessus ou en dessous
des couches de charbon.
Calcaires : roches sédimentaires formées par l’accumulation de carbonate de calcium. Ils
peuvent être présents dans les bassins houillers, mais sont généralement moins fréquents que
le grès et les schistes.
Roches volcaniques : dans certains cas, des gisements de charbon peuvent se trouver associés
à des roches volcaniques, si l’activité volcanique a eu lieu avant ou pendant la formation du
gisement.
III. Minéralisation
Les gisements de charbon se situent sous terre et sous les planchers continentaux des
océans. Ils peuvent être enfouis à plusieurs kilomètres de profondeur ou affleurer à la surface
du sol. Les charbons de haut rang (houille) sont composés à plus de 70% de carbone et se
forment à plus de 10km de profondeur. A la suite des mouvements tectoniques et de l’érosion,
la houille peut affleurer à la surface. Ces gisements se forment sur plusieurs millions d’années
à partir de l’accumulation de débris végétaux qui vont sédimenter et carboniser
progressivement à la suite d’une modification graduelle des conditions de température et de
pression. Les plus anciens et les plus recherchés des charbons datent de près de 300Ma (ère
carbonifère), mais on trouve aussi des charbons plus récents, déposés jusque dans l’ère tertiaire
(lignite) ou quaternaire (tourbe).
IV. Modèle génétique
Comme le pétrole, le charbon est le produit de la maturation de dépôts végétaux enfouis
dans des roches sédimentaires. Un climat humide provoque la prolifération de végétaux
(fougères, arbres, etc.) dans un milieu marécageux, lacustre ou deltaïque. Ces dépôts sont
périodiquement recouverts par des sédiments amenés par les fleuves et s’enfoncent très
progressivement. La maturation des dépôts organique est très lente et peut prendre des dizaines
de millions d’années. On obtient ainsi une sorte de « millefeuilles » de zones stériles ou pauvres
et de zones très riches en matière organique (les futures veines de charbon). Ces dernières
Page |8
évoluant au cours du temps de la tourbe vers un produit solide de plus en plus induré, sec et
riche en carbone. Ce phénomène est appelé houillification ou carbonification. Au fur et à
mesure de la perte de l’eau et des produits volatils sous l’action des microorganismes (au
début), de la pression et de la température dues à l’enfouissement, on passe ainsi du lignite, au
charbon vapeur ou à coke, puis à l’anthracite.
La différence essentielle avec le pétrole est, qu’étant solide, le charbon ne migre pas de
sa roche mère pour se concentrer dans le piège d’une roche réservoir. On va donc le retrouver
« en place » dans le niveau sédimentaire où il a subi sa transformation, sous forme de « veines
» d’épaisseur très variable (de centimétriques à une centaine de mètres). Une quantité bien
supérieure de pétrole s’est formée au cours des âges mais l’essentiel a été détruit par oxydation
en arrivant à la surface sous la pression des forces hydrostatiques et seuls quelques
pourcentages ont été piégés en route pour donner des gisements en des endroits privilégiés. Le
charbon, au contraire, est resté où il est né, sauf si la formation géologique a été érodée. On
comprend pourquoi il est aujourd’hui plus abondant que le pétrole et pourquoi on le trouve en
bassins continus d’assez grande extension correspondant à l’ensemble d’une zone où les
conditions de sédimentation étaient favorables à la formation du charbon. Ces bassins peuvent
couvrir plusieurs dizaines, voire centaines, de milliers de km2 et où la tectonique est souvent
assez calme, ce qui permet une extraction aisée.
Plus de la moitié du charbon mondial s’est formé vers la fin de l’ère primaire (il y a 300
à 350 millions d’années) au Carbonifère et au Permien, moment où les conditions climatiques
étaient particulièrement favorables mais on en retrouve dans beaucoup d’autres niveaux
géologiques. En particulier le lignite date le plus souvent de l’ère tertiaire, qui a débuté il y a
65 millions d’années. Cette relative jeunesse explique qu’il en soit resté aux premiers stades de
houillification.
À noter que de nombreux charbons insuffisamment matures contiennent du grisou,
principal danger affronté par le mineur souterrain. Il s’agit en réalité de méthane, identique à
celui qui constitue l’essentiel du gaz naturel et son exploitation dans certains cas par des forages
ad hoc permet d’extraire un « gaz non conventionnel ».
Page |9
Figure 1: Âges de formation des charbons (source : Svtmarcq.over-blog.com)
IV.1. Composition du charbon
Le charbon est composé d’hydrogène, de soufre, d’oxygène et surtout de carbone. Selon
la teneur en carbone, la température et la profondeur du gisement, il en existe plusieurs
catégories :
- Le lignite : composé de 50% à 60% de carbone ;
- Les sous-bitumineux : constitués entre 60% et 70% de carbone ;
- Les bitumineux : composés de 70% à 90% de carbone. Ils peuvent être utilisés comme
« charbon-vapeur », c’est-à-dire comme combustible pour produire de la vapeur ou
comme « charbon à coke » que l’on carbonise dans un four chauffé à 1000°C à l’abri
de l’air pour produire du coke ;
P a g e | 10
- L’anthracite a encore une qualité supérieure puisqu’il est composé à plus de 90% de
carbone.
Figure 2: Types de charbon (source : encyclopedie-energie.org)
IV.2. Formation
Ci-dessous, nous expliquons les processus de formation qui prend des millions d’années :
1. Dépôt des végétaux morts au fond d’un bassin sédimentaire sous une couche d’eau. Ils
se retrouvent ainsi dans un milieu pauvre en dioxygène favorable à leur fossilisation.
2. Enfoncement progressif du fond du bassin sédimentaire ou subsidence. Dans certains
cas, cet enfoncement peut être dû à l’étirement de la croute continentale. Des failles se
forment et on observe un effondrement local.
3. Dépôts des sédiments qui se mélangent à la couche de végétaux puis la recouvrent et
servent de support pour une nouvelle végétation.
4. Transformation des sédiments et des végétaux morts en roches sous l’action d’une
augmentation de la température due à l’enfouissement et de bactéries anaérobies qui
transforment les molécules organiques en libérant les molécules volatiles (02, H2, N2)
et concentrent le carbone. Ce processus prend plusieurs millions d’années.
V. Utilisations
- Le charbon est utilisé dans la production d'acier, la fabrication de ciment ainsi que
l'utilisation comme combustible liquide.
- Du 19ème siècle à la deuxième moitié du 20ème siècle, le charbon était très utilisé pour
faire avancer les trains et les machines à vapeur et pour produire de l’énergie électrique.
P a g e | 11
Energie
Alternateur
Cinétique
Turbine
Vapeur d'eau Energie
électrique ⚡
Energie
Combustible Mécanique
Energie
Thermique
Figure 3: Transformation du charbon en électricité
V.1. Avantages de son utilisation
- Une centrale thermique à charbon peut être arrêtée n'importe quand.
- Le charbon est plus difficilement épuisable que le gaz et le pétrole.
- Le charbon est l'énergie fossile la moins couteuse
V.2. Inconvénients
- Le charbon est un combustible très polluant.
- Comme c'est une énergie fossile, ses ressources ne sont pas inépuisables.
- L'exploitation du charbon est une activité qui demande beaucoup de travail.
- Les usines dégradent le paysage.
P a g e | 12
Conclusion
En conclusion, les gisements de charbon jouent un rôle crucial dans
l’approvisionnement en énergie à l’échelle mondiale. Leur exploration, leur exploitation et leur
gestion durable sont des enjeux majeurs pour répondre aux besoins énergétiques actuels et
futurs tout en minimisant les impacts environnementaux. La connaissance approfondie des
caractéristiques des gisements de charbon, obtenue grâce à une bibliographie exhaustive, est
essentielle pour une utilisation efficace et responsable de cette ressource non renouvelable. En
intégrant les avancées technologiques et les considérations environnementales, il est possible
de garantir une utilisation durable du charbon tout en favorisant la transition vers des sources
d’énergie plus propres et durables sachant que la demande d'énergie mondiale augmente
constamment. Le prix du gaz et du pétrole croît. En ce moment le charbon conserve toutes ses
qualités : ses réserves sont importantes (environ pour 1 siècle) et son coût d’exploitation pour
la production d’électricité reste avantageux, mais le charbon reste une source d'énergie
polluante.
P a g e | 13
Bibliographie
A. Livres et articles
- Mining annual Review (2000), The Mining Journal Ltd.
- Hans Gruss- Hans Wilhelm Schiffer and Joseph H. Gallish .Rheinbrau News (2000),
World Market for Hard Coal.
- Darmstadter J. (1971), Energy in the world economy.
- JAMOTTE A. (1950), les gisements houillers du Katanga dans le cadre africain, Vol
2, p. 271-287. Bruxelles.
- CAHEN L. (1954), Géologie du Congo Belge. Liège, Vaillant-Carmanne.
B. Webographie
- www.connaissancedesenergies.org
- www.encyclopedie-energie.org
- Svtmarcq.over-blog.com