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Hachimi Manal

Cette étude propose des améliorations pour la gestion de l'irrigation localisée de la betterave à sucre dans le Tadla, en mettant en avant l'importance d'une approche scientifique basée sur le modèle CROPWAT. Les résultats montrent que cette méthode peut augmenter le rendement en sucre de 55% tout en réduisant la consommation d'eau de 13%. L'étude souligne la nécessité d'une adoption généralisée de cette approche pour optimiser la production agricole dans la région.

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Hachimi Manal

Cette étude propose des améliorations pour la gestion de l'irrigation localisée de la betterave à sucre dans le Tadla, en mettant en avant l'importance d'une approche scientifique basée sur le modèle CROPWAT. Les résultats montrent que cette méthode peut augmenter le rendement en sucre de 55% tout en réduisant la consommation d'eau de 13%. L'étude souligne la nécessité d'une adoption généralisée de cette approche pour optimiser la production agricole dans la région.

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‫المملكة المغربية‬

ROYAUME DU MAROC

INSTITUT AGRONOMIQUE ‫معهد الحسن الثاني‬


ET VETERINAIRE HASSAN II
‫للزراعة والبيطرة‬

Travail de Fin d’Etudes présenté pour l’obtention du


diplôme d’Ingénieur en Génie Rural

Proposition des voies d’amélioration du pilotage de l’irrigation


localisée pour une meilleure valorisation de l’eau :

« Cas de la betterave à sucre dans le Tadla »

Présenté et soutenu publiquement par :


HACHIMI Manal
Devant le jury composé de :
Pr. BAMOUH Ahmed Président IAV Hassan II

M. KAMEL Mohamed Examinateur ORMVAT

M. MOUILEH Zouhair Examinateur Groupe COSUMAR

Pr. KRIM Hassan Co-Rapporteur IAV Hassan II

Pr. BOURARACH El Hassane Rapporteur IAV Hassan II

Septembre 2017

Adresse : Madinat Al Irfane, B.P. 6202. Rabat – Maroc ‫ الرباط المعاهد الرباط – المغرب‬6202 ‫ ب‬.‫ ص‬:‫العنوان‬
Tél : (00 212) 0537 77 17 58/59
Fax : (00 212) 0537 77 58 45 (00 212) 77 0537 17 58/ 59 :‫الهاتف‬
ite web : [Link]
(00 212) 770537 58 45 :‫الفاكس‬

[Link] األنتيرنت‬
Dédicaces
Au nom de Dieu, le tout Miséricordieux, le très Miséricordieux !
A mes très chers parents Fatima et Moulay Driss, chaleur de ma vie, source
de mes joies, secret de ma force… Vous serez toujours mon modèle à suivre :
- Maman, pour ta douceur, ton abnégation, ton dévouement …
- Papa, pour ton altruisme, ta tendresse et ta détermination…
Toutes les encres du monde ne me suffisent pour vous exprimer ma profonde
gratitude. Que Dieu, le tout puissant, vous garde et vous procure santé,
bonheur et longue vie. Je vous aime.
A ma très cher sœur Safae et à ma petite douce Ouiame, en témoignage de
l’attachement, de l’amour et de l’affection que Je porte pour vous. Que tous
vos rêves soient réalisés et que rien ne vous manque.
A mon oncle Abdelouahed et ma tante Houria, Je vous exprime mon amour et
ma gratitude.
Atoute la famille HACHIMI et RAMI, Avec toute mon affection et mon
respect.
A mes deux chères Fatima, En souvenir de notre sincère et profonde amitié et
des moments agréables que nous avons passés ensemble.
A Chafik, Chaimae, Fatima Zohra, Hajar, Hind, Ikram, Ilham, Iliass,
Khadija, Med Amine, Merieme, Nour Houda, Latifa, Oualid, Oussama,
Outmane, Sara, Zakaria…Pour votre amitié et soutien.
Veuillez trouver dans ce modeste travail l'expression de mon affection la plus
sincère…
Remerciements
Tout au long de ce cheminement académique et personnel, j'ai été épaulé par des gens sans
qui ce travail n'aurait été possible.
Je veux par ces humbles mots remercier dans un premier temps, le Professeur
BOURARACH EL Hassane, pour son encadrement, pour les grandes valeurs humaines dont
il est porteur, pour m’avoir accordé toute sa confiance, pour l’aide et les conseils qu’il a su
m’apporter.
Aussi, Je tiens à remercier tout particulièrement et à témoigner toute ma reconnaissance
personnelle au Professeur KRIM Hassan pour sa disponibilité, pour les appuis précieux
qu’il a su me procurer, et pour les conseils qu’il m’a prodigué et qui m’ont permis de
progresser sans cesse.
J’exprime également ma profonde gratitude à tous les cadres du groupe COSUMAR et plus
précisément à Monsieur El HASSANI Directeur Général de la SUTA, Madame BOUCH
Naima Directrice Agronomique de la SUTA, ainsi qu’à Messieurs KHIYI Abdeljalil et
MOUILEH Zouhair et à Madame TOUFIKI Noura qui ont veillé au bon déroulement de
mon travail de fin d’études en mettant à ma disposition les informations nécessaires.
Je remercie vivement Messieurs KAMEL Mohamed et CHARIF Sidimoh de l’ORMVAT,
pour l’aide et l'intérêt particulier qu'ils ont accordé à mon travail.
J’exprime également ma gratitude à l’égard de tous les conseillers agricoles, chauffeurs et
ouvriers de la SUTA, pour leur précieuse aide et leur soutien.
Mes vifs remerciements vont également à tous les membres du jury, qui m’ont honorée en
acceptant de discuter et juger ce travail.
Mes sincères remerciements vont également à tout le corps professoral et administratif de
l’IAV Hassan II et plus particulièrement celui du Département Energie et Agroéquipements.
Je ne saurai clore ces remerciements sans adresser ma grande reconnaissance aux agriculteurs
betteraviers du Tadla.
Je n’oublierai pas aussi de remercier tous ceux et celles qui ont contribué d’une manière
directe ou indirecte à l’aboutissement de ce travail.
Résumé
Face à la gestion souvent inadaptée de la pratique agricole de l’irrigation localisée qui ne
cesse d’affecter la rentabilité de la culture betteravière dans le Tadla, la mise en place d’une
gestion réfléchie et rationnelle de la conduite de l’irrigation goutte à goutte pour cette culture
représente un défi et une opportunité pour tous les intervenants impliqués dans la production
des cultures sucrières au Tadla.
La recherche d’une issue à cette problématique a toujours été au centre des préoccupations de
ces intervenants aussi bien au niveau régional qu’au niveau national. Plus de 26000 ha du
périmètre d'irrigation de Tadla ont été équipés en irrigation localisée dans le cadre du projet
de reconversion collective vers l'irrigation localisée relevant du PNEEI (ORMVAT, 2017).
De plus, la SUTA, dans sa zone d’intervention, apporte un soutien à ce programme à travers
les axes de la recherche et développement et celui de l’encadrement technique des agriculteurs
betteraviers. Une convention de partenariat entre l’ORMVAT et la SUTA cadre cette
intervention.
La présente étude vise à proposer des voies d’amélioration du pilotage de l’irrigation goutte à
goutte de la culture de la betterave à sucre dans le périmètre irrigué du Tadla. Plus
spécifiquement, cette étude vise à montrer qu’une irrigation rationnelle basée sur un modèle
scientifique (tel que CROPWAT) qui tient compte des facteurs climatiques, pédologiques et
des données relatives à la culture, est plus performante qu’une irrigation basée sur un savoir
faire de l’agriculteur souvent inadapté.
Pour mener à bien notre étude, une méthodologie à plusieurs étapes a été adoptée. En premier
lieu, un état des lieux de la pratique et de la gestion de l’irrigation localisée par l’agriculteur
betteravier du Tadla a été élaboré en se basant sur les résultats des enquêtes menées sur le
terrain. Une expérience avec témoin a été menée sous forme de test de démonstration chez
deux agriculteurs betteraviers. Chez chacun d’eux, on a identifié une zone témoin et une autre
expérimentale (objet du test de démonstration), présentant toutes les deux les mêmes
caractéristiques au départ. L’irrigation dans les zones expérimentales a respecté d’une part le
planning élaboré selon le modèle CROPWAT; paramétré par l’utilisation des données
récoltées au niveau de la Station des Expérimentations Hydro-Agricole (SEHA) Oulad
Gnaou; et d’autre part l’irrigation dans la zone témoin a été faite selon les habitudes usuelles
de l’agriculteur. Des mesures de l’uniformité d’irrigation, de la consommation en eau, et des
performances agronomiques et technologiques ont été effectuées dans les deux zones.
Les résultats de l’enquête nous ont permis de faire ressortir une gestion très souvent
irrationnelle de l’irrigation localisée caractérisée par la prédominance des décisions
subjectives. En effet, 87,5% des agriculteurs enquêtés déclenchent l’irrigation sur la base
d’une appréciation subjective de l’état du sol et de la plante contre 12.5% qui se basent sur un
calcul scientifique de l’évapotranspiration de référence (ETo). L’irrigation se fait d’une
manière espacée dans le temps (tous les 6 à 8 jours) avec des surdosages ponctuels en eau les
premiers jours suivis de stress hydriques prolongés pour les jours suivants.
D’un autre côté, les résultats des expérimentations nous ont permis de conclure que
l’irrigation localisée raisonnée (basée sur les paramètres calculés à partir du modèle
CROPWAT) assurait une amélioration du rendement en sucre d’environ 55%, en plus du fait
qu’elle soit moins gourmande en eau (une réduction d’environ 13% de la consommation en
eau). Ce qui justifie l’intérêt d’une future généralisation de ce modèle d’irrigation au niveau
de la zone concernée et au-delà.

Mots clés : Betterave à sucre, CROPWAT, irrigation localisée, performances agronomiques


et technologiques, pilotage de l’irrigation, ORMVA, SUTA, Tadla.
Abstract
Given to the inadequate management of the agricultural practice of drip irrigation, which is
constantly impeding the cultivation of sugar beet in Tadla, the implementation of a thought-
out and a rational management to control drip irrigation of sugar beet is a challenge and an
opportunity for all stakeholders in sugar crops in Tadla.
Seeking a solution to this issue has always been a major concern of these actors, at both
regional and national level. More than 26,000 ha of the irrigation perimeter of Tadla have
been equipped with localized irrigation as part of the collective redevelopment project for
localized irrigation under the PNEEI (ORMVAT, 2017).
In addition, the SUTA in its area of intervention provides support to this program through its
research and development axes and that of the technical supervision of beet growers. A
partnership agreement between the ORMVAT and the SUTA frame this intervention.
The purpose of this study is to propose ways to improve the practice of drip irrigation of sugar
beet in the irrigated sector of Tadla. More specifically, this study aims to show that a rational
irrigation based on a scientific model that takes into consideration climatic, soil and crop
factors is more efficient than irrigation based on the farmer’s know-how often inappropriate.
To carry out this study, a methodology involving several steps has been adopted. First, based
on the results of field surveys, a status report of drip irrigation management for sugar beet was
drafted.A controlled experiment was conducted with too beet farmer. The irrigation in the
experimental area was done according to the CROPWATmodel parameterized by the use of
data collected at the Hydro-Agricultural Experiment Station Oulad Gnaou, and in the control
area according to the usual habits of the beet farmer. Measurements of water distribution
uniformity, water consumption, and agronomic and technological performance were carried
out in these areas. The results of the survey revealed an irrational management of drip
irrigation, characterized by the predominance of subjective decisions (87.5% of beet farmers
initiate irrigation on the basis of a subjective appreciation of state of soil and plant, against
12.5% who start the irrigation on the ETo), moreover this irrigation takes place in a spaced-
apart manner (every 6-8 days) with occasional water overdoses the first days followed by
prolonged water stresses for the following days.
On the other hand, the results of the experiments allowed us to point out that the reasoned
irrigation (CROPWAT) ensured an improvement of yield sugar of 55%,besides the fact that it
is less water-intensive (a reduction of 13% of water consumption).
This justifies a widespread adoption of this irrigation model at the level of the concerned area
and beyond.

Keywords: Agronomic and technologic performance, CROPWAT, drip irrigation, irrigation


management, ORMVA, sugar beet, SUTA, Tadla.
Table des matières

Dédicaces ...............................................................................................................I

Remerciements.................................................................................................... II

Résumé............................................................................................................... III

Abstract ............................................................................................................... V

Table des matières ........................................................................................... VII

Liste des figures ............................................................................................. VIII

Liste des tableaux ..............................................................................................IX

Liste des annexes ................................................................................................ X

Liste des abréviations ........................................................................................XI

Liste des Symboles ........................................................................................... XII

Liste des Unités ................................................................................................ XII

Introduction Générale......................................................................................... 1

Synthèse bibliographique ................................................................................... 4


1. Modernisation de l’irrigation localisée au Tadla ............................................................ 5

1.1. Mise au œuvre du PNEEI au Tadla .......................................................................... 6

2. Besoins en eau des cultures en irrigation ..................................................................... 14

2.1. Définition des besoins en eau des cultures ............................................................ 14

2.2. Evapotranspiration (ET) ......................................................................................... 14

3. Techniques de pilotage de l’irrigation .......................................................................... 20

3.1. Programmation des irrigations ............................................................................... 21

4. Conduite de la culture de la betterave à sucre .............................................................. 28

4.1. Règles d’implantation de la culture de la betterave à sucre ................................... 28


4.2. Comparaison des performances entre les différents systèmes d’irrigation pour la
culture de la betterave à sucre .......................................................................................... 34

Matériels et Méthodes ....................................................................................... 38


1. Présentation succinte de la zone d’étude ...................................................................... 39

2. Présentation du programme informatique « CROPWAT ».......................................... 42

2.1. L’approche de la modélisation ............................................................................... 42

3. Démarche méthodologique des activités menées sur le terrain .................................... 47

3.1. Elaboration d’un état des lieux .............................................................................. 47

3.2. Mise en place de l’essai ......................................................................................... 49

3.3. Définition du planning du pilotage de l’irrigation localisée adopté pour la


betterave à sucre ............................................................................................................... 50

3.4. Mesure de l’uniformité de distribution (CU) ......................................................... 54

3.5. Mesure des composantes du rendement de la betterave à sucre ............................ 56

Résultats et Discussions .................................................................................... 60


1. Etat des lieux de la pratique et la gestion de l’irrigation localisée dans le Tadla ......... 61

2. Calcul des besoins en eau de la culture de la betterave à sucre.................................... 63

3. Résultats d’évaluation du test d’uniformité au niveau des parcelles identifiées .......... 66

3.1. Résultats du test d’uniformité dans la première parcelle ....................................... 66

3.2. Résultats du test d’uniformité dans la seconde parcelle ........................................ 67

4. Etude de l’influence du mode de pilotage de l’irrigation sur les performances


agronomiques et technologiques .......................................................................................... 69

5. Efficience d’utilisation de l’eau ................................................................................... 79

Conclusions et recommandations .................................................................... 81

Références bibliographiques ............................................................................ 84

Annexes ............................................................................................................... 87
Liste des figures

Figure 1: Première tranche de la reconversion .......................................................................... 8


Figure 2: Surélevation des berges du canal G ........................................................................... 9
Figure 3 : Nouvelle prise borne installée dans le cadre du projet de reconversion ................. 11
Figure 4: Coefficients culturaux et leur courbe de variation durant le cycle végétatif ........... 23
Figure 5: Aperçu sur les trois systèmes d’irrigation avant la plantation et pendant la
croissance de la BàS ................................................................................................................. 35
Figure 6: Rendement racine, des trois essais plantés en betterave à sucre, obtenu en fonction
de l’eau consommée ................................................................................................................. 36
Figure 7: Localisation du périmètre du Tadla ......................................................................... 39
Figure 8: Schéma représentant l’approche du modèle CROPWAT........................................ 43
Figure 9: Ecran de saisie des données climatiques pour calcul de l'ETo ................................ 44
Figure 10: Ecran d’entrée des données sur la culture de la BAS du test de démonstration .... 45
Figure 11: Ecran d’entrée des données relatives aux propriétés du sol du test ....................... 46
Figure 12: Schéma représentant la contiguïté des deux zones d’études ................................. 50
Figure 13: Schéma de localisation des points de mesure de débit .......................................... 54
Figure 14: Conduite de l’esssai de conformité ........................................................................ 56
Figure 15: Procédure de prélèvement de l’échantillon des tubercules au niveau des deux
parcelles .................................................................................................................................... 58
Figure 16: Répartition du nombre de betteraviers selon les 4 systèmes d’irrigation au titre de
la campagne agricole 2016/2017 dans le Tadla ....................................................................... 61
Figure 17: Répartition de la surface betteravière selon les 4 systèmes de l’irrigation au titre de
la campagne agricole 2016/2017 dans le Tadla ....................................................................... 61
Figure 18: Mode de prise de décision du déclenchement de l'irrigation dans les deux zones 62
Figure 19: Répartion des doses moyennes journalières apportées en eau selon les ETo ........ 63
Figure 20: Répartition des besoins en eau mensuels de la culture de la betterave à sucre en
mm dans la parcelle 1 calculés à l’aide de CROPWAT ........................................................... 64
Figure 21: Répartition des besoins en eau mensuels de la culture de la betterave à sucre en
mm dans la parcelle 2 calculés à l’aide de CROPWAT ........................................................... 65
Figure 22: Comparaison des moyennes des performances agronomiques et technologiques de
la betterave des deux modes de conduite de la parcelle 1 ........................................................ 70
Figure 23: Comparaison des coefficients de variation en (%) des performances agronomiques
et technologiques de la betterave dans les deux zones de la parcelle 1................................... 71
Figure 24: Comparaison des moyennes des performances agronomiques et technologiques de
la betterave dans les deux zones de la parcelle 2 .................................................................... 75
Figure 25: Comparaison des coefficients de variation en (%) des performances agronomiques
et technologiques de la betterave dans les deux zones de la parcelle 2................................... 76
Figure 26: Répartition des postes d'arrosage de la parcelle expérimentale 1 .......................... 91
Figure 27: Répartition des postes d'arrosage de la parcelle expérimentale 2 .......................... 93
Liste des tableaux

Tableau 1: Caractéristiques de l'équipement interne collectif de la première tranche ............ 12


Tableau 2: Résultats des performances de la BàS pour les différents systèmes d’irrigation
dans le site d’Ouled Gnaou et exploitation ABT ..................................................................... 36
Tableau 3: Paramètres de l’échantillon constitué ................................................................... 49
Tableau 4: Valeurs des coefficients culturaux Kc pour la culture de la betterave à sucre...... 52
Tableau 5: Valeurs des coefficients culturaux Ky pour la culture de la betterave à sucre ..... 53
Tableau 6: Interprétation du coefficient d'uniformité ............................................................. 55
Tableau 7: Evaluation de l'uniformité de la zone témoin 1 .................................................... 66
Tableau 8: Evaluation de l'uniformité de la zone expérimentale 1 ......................................... 67
Tableau 9: Evaluation de l'uniformité de la zone témoin 2 .................................................... 68
Tableau 10: Evaluation de l'uniformité de la zone expérimentale 2 ....................................... 68
Tableau 11: Moyenne, écart type et coefficient de variation des paramètres mesurés dans les
deux zones de l’étude de la parcelle 1 ...................................................................................... 69
Tableau 12: Résultats de l'analyse statistique de la variance .................................................. 73
Tableau 13: Moyenne, écart type et coefficient de variation des paramètres mesurés dans les
deux zones de l’étude de la parcelle 2 ...................................................................................... 74
Tableau 14: Résultats de l'analyse statistique de la variance .................................................. 78
Tableau 15: Efficience agronomique de la betterave à sucre pour les deux zones des deux
parcelles 1&2 ............................................................................................................................ 79
Tableau 16: Efficience agronomique moyenne de la betterave à sucre pour les deux zones . 80
Liste des annexes

Annexe 1: Fiche d’enquête ...................................................................................................... 88


Annexe 2: Paramètres de l’échantillon enquêté....................................................................... 90
Annexe 3: Identification des parcelles objet de l’étude ........................................................... 91
Annexe 4: Répartition du nombre de betteraviers et de la surface betteraviers selon les
différents systèmes d’irrigation pour la campagne 2016/2017 dans le Tadla .......................... 94
Annexe 5: Caractéristiques Hydrodynamiques du sol de la SEHA ......................................... 95
Annexe 6: Résultats des performances agronomiques et technologiques au niveau des deux
parcelles .................................................................................................................................... 96
Annexe 7: Résultats calcul des besoins en eau de la culture sur CROPWAT ......................... 97
Annexe 8: Calendrier d’irrigation établi sur CROPWAT ....................................................... 99
Annexe 9: Planning d'irrigation localisée proposé pour la betterave à sucre ........................ 101
Annexe 10: Résultats de l’analyse statistique de la variance établie à l’aide du logiciel « SPSS
» .............................................................................................................................................. 106
Liste des abréviations
ABT Association des Betteraviers du Tadla

AIMCRA Institut de Recherche sur la Betterave à Sucre en Espagne

AFEID Association Française pour l'Etude des Irrigations et du Drainage

AUEA Association des Usages des Eaux Agricoles

BAS Betterave à sucre

BEC Besoins en Eau de la Culture


Centre d’Etude du Machinisme Agricole et du Génie Rural et des Eaux
CEMAGREF
et Forêts (actuel-Institut national de recherche en sciences et
(actuel- IRSTEA)
technologies pour l'environnement et l'agriculture)
CDA Centre de Développement Agricole

CT Centre de Travaux

DPA Direction Provinciale de l’Agriculture


Organisation des nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FAO
(Food and Agriculture Organisation)
FDA Agence Américaine des Produits Alimentaires et Médicamenteux

MAPM Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime

ORMVAT Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Tadla

PMV Plan Maroc Vert

PNEEI Programme National d’Economie d’Eau en Irrigation

RFU Réserve facilement utilisable

SAU Superficie Agricole Utilisée

SDD Stress Degree Day

SEHA Station des Expérimentations Hydro-Agricole

SUTA Sucreries et Raffineries du Tadla

USDA-SCS United States Department of Agriculture-Soil Conservation Service


Liste des Symboles
CU Coefficient d’Uniformité PE Polyéthylène

E Est Peff Pluie effective


Efficience de l’application de l’eau
Ea PMR Poids moyen de la racine
d’irrigation
ET Evapotranspiration PVC Polychlorure de Vinyle

ETo Evapotranspiration de référence q Débit minimal

ETc Evapotranspiration de la culture qmin Débit moyen

ETP Evapotranspiration potentielle Rp Rendement à la parcelle

Kc Coefficient cultural T Transpiration


Epuisement de la teneur initiale en
Kr Coefficient de réduction TAM
eau
Ky Facteur de réponse du rendement Ts Température de surface du couvert

N Nord Ta Température de l’air

p Tarissement admissible

Liste des Unités


°C Degré Celsius kPa Kilopascal

cm Centimètre l/h Litre par hectare

ha Hectare m Mètre

j Joule m² Mètre carré

kg Kilogramme m3 Mètre cube

kg/m3 Kilogramme par mètre cube m3/ha Mètre cube/hectare

km Kilomètre Mj Mégajoule

km Kilomètre mm Milimètre

km2 Kilomètre carré s Seconde


Introduction Générale
L’irrigation au Maroc a toujours été un impératif et un instrument privilégié pour assurer
l’accroissement de la productivité agricole, garantir une stabilité de la production et améliorer
le revenu des agriculteurs.
L’eau, denrée vitale, limitée et vulnérable, se raréfie de plus en plus, alors que la pression sur
cette ressource naturelle ne cesse de s’accroitre en fonction de la croissance démographique,
l’extension des terres irriguées et les besoins des autres secteurs économiques ; environ 80 %
des eaux sont destinées à l’agriculture contre seulement 20 % à l’alimentation en eau potable
et à l’industrie (El Amrani et Gana, 2006).
Dans ce contexte, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime (MAPM) a élaboré et
met en place une stratégie pour l’économie d’eau et sa valorisation en agriculture irriguée.
Parmi les composantes de cette stratégie figure le Programme National d’Economie d’Eau en
Irrigation (PNEEI) qui s’inscrit dans les mesures transverses du Plan Maroc Vert (PMV). Il
vise en effet à atténuer la contrainte hydrique, considérée comme le principal facteur limitant
l’amélioration de la productivité agricole. Ce programme consiste en une conversion massive
de l’irrigation de surface et par aspersion à l’irrigation localisée, sur une superficie de près de
550.000 ha pour une période de 10 ans ; soit un rythme d’équipement moyen de près de
55.000 ha/an (Arrifi, 2009).
En outre, pour une meilleure rationalisation de l’usage de l’eau et pour éviter les gaspillages
et les fuites, l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Tadla (ORMVAT) a adopté une
approche stratégique fondée sur la modernisation des équipements (renouvellement des
canalisations vétustes), la maintenance de l’infrastructure hydraulique et surtout l’adoption de
l’irrigation localisée.
Par ailleurs, le périmètre irriguéde Tadla est une zone à fort potentiel de production de la
betterave à sucre. La superficie cultivée en betterave à sucre en 2015/2016 a atteint 15 500 ha
avec un rendement moyen de 78t/ha et une richesse moyenne en sucre de 18,6%
(COSUMAR, 2016).
Le développement des performances de la culture de la betterave à sucre a connu une nette
amélioration depuis son introduction dans le périmètre de Tadla grâce au modèle d’agrégation
adopté par la Sucrerie du Tadla (SUTA) ramené dans le cadre du PMV et au vaste PNEEI.

1
Malgré la conjugaison de ces actions et la réalisation de progrès notoires en matière de la
gestion des réseaux d’irrigation et de la promotion des techniques modernes d’irrigation dans
le Tadla, la conduite de l’irrigation localisée récemment introduite se heurte encore à
plusieurs problèmes. En effet, la consommation d’eau d’irrigation dans les parcelles de la
betterave à sucre n’a pas véritablement connu une baisse importante. Ceci est dû aux pratiques
de gestion traditionnelles constatées chez la majorité des agriculteurs même après la
modernisation des systèmes d’irrigation. En effet, la majorité des betteraviers déclenche
l’irrigation sur la base d’une appréciation subjective de l’état hydrique du sol et de la plante,
ce qui provoque très souvent un dépassement des besoins en eau et par conséquent une perte
d’eau importante.
L’absence d’une gestion optimale de l’irrigation augmente les charges de production de la
culture de la betterave à sucre ; notamment les charges afférentes à l’eau d’irrigation ;
impactant ainsi le rendement et la teneur en sucre. Ce qui induit par conséquent, la
dévalorisation de l’eau d’irrigation, à l’encontre de ce qui caractérise l’irrigation localisée.
Pour faire face à cette problématique chronique, une gestion rationnelle et rigoureuse de l’eau
dans le domaine agricole s’avère donc nécessaire.
Notre objectif partagé est de proposer des voies d’amélioration de la pratique de l’irrigation
goutte à goutte de la culture de la betterave à sucre dans le périmètre du TADLA, et plus
spécifiquement en assurant une assistance à la prise de décision quant à l’enclenchement des
différentes irrigations afin de réduire la consommation d’eau et améliorer la productivité de la
culture.
Le présent travail de fin d’étude se propose de :

Elaborer un état des lieux de la gestion et la pratique de l’irrigation localisée par les
betteraviers du Tadla ;

Mener un test de démonstration pour un meilleur pilotage de l’irrigation localisée pour la


culture de la betterave à sucre basé sur des données scientifiques et techniques à travers
l’utilisation du logiciel CROPWAT ;

Mettre en relief l’importance de l’utilisation de ce modèle à travers la comparaison des


résultats de la consommation en eau et des performances agronomiques et technologiques
entre la zone expérimentale et la zone témoin.
Pour atteindre ces objectifs assignés, une méthodologie à plusieurs étapes a été adoptée. En
premier lieu, un état des lieux de la pratique et de la gestion de l’irrigation localisée par
2
l’agriculteur betteravier du Tadla a été élaboré en se basant sur les résultats des enquêtes
menées sur le terrain. Un essai avec témoin a été mené chez deux agriculteurs betteraviers.
L’irrigation dans les zones expérimentales a respecté le planning élaboré selon le modèle
CROPWAT et dans les zones témoins elle a respectée les habitudes usuelles de l’agriculteur.
Le présent document comporte les parties suivantes : une synthèse bibliographique, une
présentation de la méthodologie adoptée pour réaliser ce travail, les résultats des calculs et les
conclusions et les recommandations.

3
Synthèse bibliographique

4
Nous cherchons à travers ce travail à proposer un modèle adéquat d’irrigation à travers
l’amélioration du pilotage actuel de l’irrigation localisée de la betterave à sucre.
Pour ce faire, on part de ce qui se fait actuellement dans le domaine de modernisation de
l’irrigation au niveau national à travers le PNEEI, pour axer notre recherche par la suite sur la
zone du Tadla.
Notre recherche bibliographique s’est interessée aussi aux besoins en eau de culture et à la
terminologe et les techniques de l’évapotranspiration pour pouvoir aboutir à l’estimation des
apports en eau à faire pour l’irrigation de la betterave à sucre.
Par la suite, on a traité les techniques usuellement adoptées pour le pilotage et la
programmation des irrigations en agriculture en général.
On a abordé ensuite la conduite de la culture de la betterave à sucre et présenter finalement les
résultats d’une étude antécédante réalisée au niveau du Tadla et qui compare la consommation
en eau entre les différents systèmes d’irrigation pour la culture de la betterave à sucre.

1. Modernisation de l’irrigation localisée au Tadla


Le Maroc a développé des programmes d’économie d’eau en irrigation dans un contexte de
besoins alimentaires croissants et de rareté de l’eau. Il a mis en place des subventions pour
encourager les agriculteurs à adopter des systèmes d’irrigation permettant l’économie d’eau,
tel que le goutte à goutte. Ainsi, un ambitieux programme d’économie d’eau en irrigation, qui
vise la reconversion de 550 000 ha en irrigation localisée d’ici 2022, fut adopté en 2007
(Belghiti, 2009).
Deux modes de reconversion sont prévus par le PNEEI. D’une part, la reconversion
individuelle, sur une surface de 330 000 ha, à travers l’octroi de subventions individuelles aux
agriculteurs et une gestion individuelle de leurs projets de goutte à goutte. D’autre part, le
PNEEI (2007) proposait la reconversion collective pour un «passage plus rapide et à plus
grande échelle à des systèmes d’irrigation à économie d’eau», sur une surface de 220 000 ha.
Cette reconversion concerne les périmètres irrigués de grande hydraulique, dont le Tadla.

 Consistance du PNEEI
Le nouveau programme de développement de l’irrigation localisée se veut ambitieux,
volontariste et holistique. Il place l’agriculteur et l’amélioration de son revenu agricole au
centre des préoccupations et se base non seulement sur la reconversion des techniques
d’irrigation peu efficientes, mais aussi sur la revue et l’amélioration de tout le processus de
5
mise en valeur agricole et de valorisation de la production, c’est-a-dire de l’amont (choix des
cultures, amélioration des techniques culturales, …) à l’aval agricole (organisation,
partenariat, commercialisation, agro-industrie, …) (Arrifi, 2009).
Ainsi, ce programme consiste en la conversion massive de l’irrigation de surface et par
aspersion à l’irrigation localisée, d’une superficie de l’ordre de 550 000 ha sur 10 ans. Cette
superficie se compose comme suit:
• Périmètres de grande hydraulique: 395 090 ha avec un taux de conversion allant de
4% pour Ouarzazate à 81% pour le Tadla.
• Irrigation privée: 160 000 ha correspondant à 50% de la superficie irriguée
gravitairement dans les zones d’irrigation privée.
Pour ce faire, le PNEEI est divisé en cinq composantes principales:
• Les modernisations collectives (217.940 ha en grande hydraulique), y compris la mise
à niveau des réseaux d’irrigation et leur modernisation pour faciliter la reconversion
aux techniques d’irrigation économes en eau (réseaux basse pression, densification de
réseaux sous pression, aménagement de bassins, etc…).
• Les modernisations individuelles (337.150 ha dont 177.150 ha au niveau des
périmètres de grande hydraulique et 160.000 dans les zones d’irrigation privée).
• La valorisation agricole: il s’agit notamment de l’amélioration de la mise en valeur
agricole et de l’aval agricole pour une meilleure valorisation de l’eau (révision des
assolements, partenariat avec l’agro-industrie pour le développement de nouvelles
filières, contrat de culture, labellisation, produits de terroir,…).
• Le renforcement de l’appui technique par le développement d’un conseil de proximité
en matière de conception des systèmes d’irrigation localisée et d’appui à
l’amélioration de la productivité.
Avec la réalisation de ce programme, la superficie équipée en irrigation localisée atteindra
près de 700 000 ha, soit 50% de la superficie équipée pour l’irrigation (MAPM, 2007).

1.1. Mise au œuvre du PNEEI au Tadla

 Introduction
Dans le Tadla, le PNEEI a pour objectif la reconversion en collectif de 49 000 ha en irrigation
localisée dans le périmètre des Beni Moussa et de 39 700 ha en reconversion individuelle dans

6
les deux périmètres de Béni Moussa et Béni Amir. Une étude de faisabilité, réalisée en 2009,
basée sur plusieurs critères, dont le principal est la disponibilité d’une dénivelée naturelle, a
permis d’identifier une surface de 20 000 ha comme reconvertible sans recours à l’énergie de
pompage. La première tranche de 10 000 ha a débuté en 2009 (Boularbah et al, 2017).
Le projet comporte trois composantes :

• Composante 1 : Service de l’eau (Equipement externe) ;

• Composante 2 : Appui aux agriculteurs et leurs partenaires ;

• Composante 3 : Appui à l’agence d’exécution.


Les travaux d’équipement externe (composante 1) ont démarré en 2010 et sont actuellement à
un stade avancé (90%) (ORMVAT, 2013).

 Le choix de la première tranche (ORMVAT, 2013)


Deux critères ont été retenus pour la sélection de 10.000 ha favorable à la reconversion : il
s’agit de la disponibilité de l’eau de nappe et de la faible salinité de cette dernière. Deux zones
ont été ainsi identifiées:
- La zone d’action de l’arrondissement de Dar Ouled Zidouh regroupant les CDA 533,
534 et 537. Les deux premières présentent une salinité acceptable tandis que le CDA
537 a une salinité élevée et une nappe plus profonde ;
- La zone d’action de l’arrondissement de Souk Sebt regroupant les CDA 531, 535, 536
est caractérisée par la disponibilité d’eau souterraine à faible profondeur avec une
salinité plus faible.
La zone d’action de l’arrondissement de Souk Sebt a été considérée favorable pour la
reconversion du mode d’irrigation gravitaire en irrigation localisée.

 Le choix du secteur pilote (ORMVAT, 2013)


En se basant sur les facteurs suivants pour le choix du secteur pilote :
▪ L’existence des AUEA et leur dynamisme;
▪ L’extension du périmètre urbain dans les secteurs retenus;
▪ Le linéaire des conduites d’alimentation des secteurs;
▪ Le nombre de puits et forages parsecteur.
Le secteur du CDA 356, d’une superficie de 3700 ha a été retenu dans un premier temps
comme secteur pilote pour le projet de reconversion collective à l’irrigation localisée.
7
Par la suite et pour des considérations hydrauliques (appartenance à une même branche
secondaire) et de gestion par les AUEA existantes, l’étendu du secteur pilote a subi les
changements suivants :
▪ Il a été étendu sur une partie du CDA 534 pour tenir compte de la superficie desservie
par le secondaire M7 et l’AUEA Al Omrania;
Les autres branches secondaires du CDA 536 (M8 et M9) ont été occultées du fait que la
majeure partie des surfaces irriguées se situe sur le CDA 534. De plus l’irrigation dans la zone
desservie par deux branches gérées par deux autres AUEA différentes.
De ce fait le secteur pilote est constitué, désormais, des deux zones d’intérêt pour les deux
AUEA (Al Ittihad et Al Omrania). Ce secteur, qui est desservi par les secondaires M4, M5,
M6 et M7, s’étend sur une superficie de 4045 ha.

 Les travaux d’aménagement externes


Ces travaux lancés dans le cadre du PNEEI, concernent la reconversion des secteurs Arraja,
Al Ittihad, Al Omrania et Annour sur une superficie d’environ 10 235 ha.

Figure 1: Première tranche de la reconversion


(Source : ORMVAT, 2014)

8
Ces aménagements se résument en 4 volets :

• Régulation hydraulique des canauxprincipaux :

Les aménagements à réaliser sont:


• Le rehaussement du canal G sur 3 Km, en amont de la prise G10, en vue de constituer
une réserve ;
• Le rehaussement du canal GM sur 2,6 Km, cet aménagement concerne le deuxième
bief de régulation canal;
• Le revêtement du départ du canal G sur 12,43 km;
• La réalisation des ouvrages de prises des adducteurs;
• La construction d’un grand bassin;
• La gestion automatisée des vannes: télégestion et télé contrôle.

Figure 2: Surélevation des berges du canal G


(Source: ORMVAT, 2014)

 Travaux des adducteurs, conduites secondaires et les réseaux de


distribution (ORMVAT, 2013)
Les travaux à réaliser se présentent comme suit :

• Les adducteurs : Le projet prévoit 4 adducteurs alimentant les 4 secteurs, le linéaire


de ces adducteurs est 32,5 Km de diamètre variant de 1000 mm et 1200 mm;

• Le réseau des conduites secondaires : concerne la réalisation des conduites M1, M3,
M4, M5, M6, M7, M8 ET M9 sur un linéaire de 63 Km de diamètre entre 400 et
1000 mm ;
9
• Le réseau de distribution : c’est un réseau de conduites tertiaires de petit diamètre
allant de 125 et 400 mm sur un linéaire de 114 Km;

• Les ouvrages annexes: la réalisation d’environ 610 ouvrages hydrauliques liés aux
travaux de pose des conduites (chambres de vannes, ventouse et vidanges isolées).

 Stations de filtration collective (ORMVAT, 2013)


Le projet prévoit la réalisation de 4 stations de filtration collectives à tamis à la fin de chaque
adducteur, pour garantir un niveau de filtration assez important. Ces stations de filtration ont
les caractéristiques suivantes :
• La première station dans le secteur Arraja, est installée à la fin de l’adducteur A1
alimentant ce secteur avec un débit nominal de 1.5 m3/s;
• La deuxième station dans le secteur Al Ittihad, est installée à la fin de l’adducteur A2
alimentant ce secteur avec un débit nominal de 1 m3/s;
• La troisième station dans le secteur Al Omrania, est installée à la fin de l’adducteur A3
alimentant ce secteur avec un débit nominal de 1.1 m3/s;
• La quatrième station dans le secteur Annour, est installée à la fin de l’adducteur A4
alimentant ce secteur avec un débit nominal de 1.84 m3/s.

 Equipement au niveau du bloc (ORMVAT, 2013)


- Equipement de la prise bloc :
Le secteur hydraulique est subdivisé en un nombre important de blocs avec une superficie par
bloc d’environ 30 ha. Chaque bloc d’irrigation sera servi par une prise dite ‘’prise bloc’’ à
partir d’une conduite tertiaire au milieu ou à l’extrémité.
Cette prise alimente une conduite de raccordement enterrée en PVC sur laquelle un nombre de
prises propriétés seront branchées. Il a été décidé d’effectuer une desserte individuelle des
propriétés.
Les prises blocs seront installées au niveau du piquage des conduites tertiaires desservant les
blocs. Elles seront de simples sorties munies des appareillages installés de l’amont vers l’aval
comme suit : Une vanne de sectionnement ; une chasse pierres ; un limiteur de débit ; un
régulateur de pression ; soupape anti-bélier.

10
Figure 3 : Nouvelle prise borne installée dans le cadre du projet de reconversion

- Equipement de la prise propriété :


Dans un bloc d’irrigation il y a un nombre variable de propriétés avec des superficies qui
varient entre 1 et 10 hectares. Chaque propriété est desservie par une prise propriété.
L’agriculteur procédera au branchement de sa station de tête du système goutte à goutte à
l’aval de cette prise.
Chaque prise propriété, mise sous abri en béton armé, comprendra les équipements installés
de l’amont vers l’aval comme suit :
Une vanne de sectionnement pour fermer en cas de réparations et vérification du compteur,…
Une vanne de sectionnement en dehors de l’abri qui permet d’alimenter la propriété et d’isoler
le matériel d’irrigation du réseau de distribution. Après cet élément commence l’équipement
interne de la propriété, installé et géré par l’agriculteur.

 Equipement interne collectif

• Caractéristiques de la première tranche :


L’équipement interne en irrigation localisée de la première tranche de 1500 ha (près de 37%
du secteur pilote), concerne 7 lots dont les caractéristiques sont présentées dans le tableau
suivant:

11
Tableau 1: Caractéristiques de l'équipement interne collectif de la première tranche

Nombre de Superficie Association des Usages


Superfi Nombre de
Prise- moyenne/ des Eaux Agricoles
Lot cie (ha) Prise-blocs
parcelles parcelle (ha) (AUEA)

I 197 89 10 2,22 Al Ittihad


Al Ittihad & Al
II 270 82 10 3,29
Omrania
III 218 76 9 2,87 Al Ittihad
IV 215 68 11 3,16 Al Ittihad
V 209 65 8 3,22 Al Ittihad
VI 187 47 6 3,98 Al Omrania
Al Ittihad & Al
VII 207 48 7 4,31
Omrania
Total 1503 475 61
(Source: NOVEC, 2014)
L’équipement interne des propriétés en irrigation localisée de la première tranche sera réalisé
par les agriculteurs à travers la subvention accordée par l’Etat dans le cade du FDA.
Les agriculteurs du bloc d’irrigation sont répartis en deux groupes : un groupe irriguant le
matin et un groupe l’après-midi. La durée totale d’irrigation pour chaque groupe est de 9
[Link] station de tête à installer au niveau de chacune des propriétés du bloc d’irrigation
consiste en :

• Un local-abri en dur (largeur 2 m, Longueur 3 m et hauteur 2,2 m) ;


• Un injecteur d’engrais de type Venturi ;
• Des filtres à disque ;
• Des accessoires de raccordement (notamment à la prise-propriété), et appareillage de
contrôle (vannes, manomètres, clapet anti-retour, vanne libre après la prise-
propriété, etc.).
Le goutteur à prévoir est de type intégré turbulent de 2 l/h (pour les cultures annuelles) et 4
l/h (pour l’arboriculture fruitière) installés sur rampe en PE 16 mm, épaisseur 1 mm, avec un
écartement de 0,40 m. L’écartement adopté entre rampes est de 0,80 m.
Pour les cas particuliers d’arboriculture qui peuvent se présenter dans la zone concernée, le
goutteur devra être également du type intégré turbulent mais avec un débit de 4 litres/heure
12
et des écartements de 0,75 m entre goutteurs et de 2,5 à 3 m, entre rampes.

• Appuis aux agriculteurs de la zone de reconversion

Dans l’objectif d’assurer un appui à la valorisation de l’eau d’irrigation et permettre aux


agriculteurs et leurs partenaires de réussir la transition vers une agriculture plus productive,
durable et respectueuse de l’environnement, le projet a dédié une composante (C2) à
l’accompagnement du processus d’équipement interne des propriétés, à la sensibilisation et
l’appui des producteurs pour une maîtrise des techniques agricoles et l’utilisation
rationnelle de l’eau et des fertilisants.

Dans ce cadre, l’ORMVAT a initié en mai 2012 les activités d’appui aux agriculteurs pour
les premiers secteurs (7.376 ha) relevant des quatre AUEA : Al Itihad, Al Omrania, Annour
et Brahmia, dont la reconversion est financée par l’état à travers un crédit de la Banque
Mondiale. Les activités menées avec l’appui d’une Assistance Technique étalées sur 4
années, sont articulées autour des principales activités suivantes:
• Appui en matière de conduite technique des cultures et pilotage de l’irrigation
localisée;
• Accompagnement de l’équipement interne des propriétés agricoles;
• Appui aux projets d’agrégation;
• Sensibilisation à la gestion durable des nappes ;
• Etablissement d’un plan de formation du personnel impliqué dans le projet et d’un
programme de recherche appliquée.

13
2. Besoins en eau des cultures en irrigation
Les contraintes imposées par le régime pluviométrique en zone aride et semi-aride exigent le
développement des techniques agricoles qui permettent d'utiliser au mieux les faibles
ressources en eau disponibles pour une amélioration et une stabilisation de la production. Pour
cela la détermination des besoins en eau des cultures est considérée comme une des solutions
requises pour une meilleure gestion de l’irrigation.

2.1. Définition des besoins en eau des cultures


D’après la FAO (1976), les besoins en eau d’une culture (BEC) sont définis comme étant des
volumes d’eau consommés par le phénomène de l’évapotranspiration (ET) dans les conditions
non limitantes de disponibilité en eau dans le sol pour une culture indemne de maladies,
développée sur une grande étendue et fertilisée de manière optimale.
Les BEC sont aussi définis comme étant la quantité d’eau nécessaire pour satisfaire l’eau
perdue par évapotranspiration d’une culture ne souffrant d’aucune maladie, croissant en plein
champ sous des conditions du sol non restrictives, y compris l’eau du sol et la fertilité, et
atteignant un potentiel total de production sous un environnement de croissance donné.
(Salisu et al., [Link], et al, 1992)
La détermination des besoins en eau d’une culture dans un contexte donné dépend
essentiellement du climat, du cycle de la culture, de son coefficient cultural et des conditions
locales telles que l’état de la réserve en eau du sol, les techniques culturales, la salinité, la
taille de la parcelle, etc.
Le calcul des besoins en eau des cultures est mené dans l’objectif de la planification de
l’irrigation et de la conception des réseaux d’irrigation.

2.2. Evapotranspiration (ET)

2.2.1. Définition
L’évapotranspiration est la somme de l’eau perdue par la surface d’un sol nu par évaporation
(E) et celle perdue par les plantes par transpiration (T).
Plusieurs facteurs influencent l’évapotranspiration à savoir : Le rayonnement solaire (RS), la
température, l’humidité de l’air, la pression atmosphérique, le vent, la résistance
aérodynamique, etc...

14
2.2.2. Terminologie de l’évapotranspiration
On distingue plusieurs termes qui expriment, selon les conditions, différents niveaux
d’évapotranspiration.

[Link]. Evapotranspiration potentielle ou de référence (ET0)


ET0 est définie comme étant l’évapotranspiration d’un couvert végétal actif ayant le système
racinaire dans un milieu non déficitaire en eau dans les conditions de croissance et de
développement optimal (Faouzi, 1999).
Elle est définie par Doorenbos et Pruitt (1975) comme étant ‘’le taux d’évapotranspiration
d’une surface étendue de gazon vert, ombrant complètement le sol et ne manquant pas
d’eau’’.

[Link]. Evapotranspiration maximale (ETM)

Elle désigne l’évapotranspiration d’une culture donnée qui se produit lorsque la teneur en
eau du sol conduit à une résistance minimale au transfert d’eau et la régulation stomatique
est minimale (Soutter et al, 2007).

L’ETM d'une culture donnée est définie à différents stades de développement végétatif, elle
représente l’apport d’eau qui satisfait complètement les besoins en eau d’une culture.

[Link]. Evapotranspiration réelle (ETR)

Elle peut être définie comme la quantité d’eau perdue par une culture dans les conditions
réelles où elle se trouve. Il s’agit donc d’une ET qui se produit dans un sol occupé par une
culture lorsque son humidité varie dans le temps en fonction des ressources en eau
disponibles (Doorenbos et Pruitt, 1975).

La mesure directe de l’ET réelle reste du domaine de la station expérimentale, son


estimation se fait à partir de l’ETM en tenant compte de l’eau disponible dans le sol.

[Link]. Evapotranspiration de la culture (ETc)


Elle est déterminée expérimentalement ou estimée à partir de l’ET0 à l’aide des coefficients
culturaux (Doorenbos et Pruitt, 1975).

ETc=Kc*ETo

Naturellement, si l’ETc est déterminée expérimentalement, elle correspond à l’ETR. Quand

15
il s’agit de calcul, elle correspond à l’ETM.

2.2.3. Techniques et Méthodes d’évaluation de


l’évapotranspiration

Deux types de méthodes permettent le calcul de l’ET, on site :

 Les méthodes directes qui se basent sur des mesures directes. Les types d’appareils
utilisés pour la mesure de l’évaporation sont les bacs évaporants, les lysimètres, le
piche, les jauges d’ET (simule l’évapotranspiration).

 Les méthodes indirectes d’estimation à partir de données climatiques. Elles


recourent à l’utilisation de modèles mathématiques impliquant un certain nombre de
paramètres climatiques pour approcher l’évapotranspiration.

2.2.4. Quelques méthodes empiriques de calcul


d’évapotranspiration

Ces modèles d’évapotranspiration sont pour la plupart dérivés à partir des données
atmosphériques collectées à une hauteur de référence.

[Link]. Formule de Kutch (1978)

Elle a été mise au point par Kutch (1978) au Maroc. Après avoir utilisé les données
climatiques de plusieurs stations météorologiques réparties dans le royaume, il mit au point
le modèle suivant à partir de l’équation de Penman:

ETo = A*T- m

Avec :

- ETo : Evapotranspiration de référence en mm/j ;

- T : Température moyenne journalière en °C ;

- A et m : Deux coefficients empiriques dont les valeurs sont:

• A = 0,36 pour le littoral atlantique,

• m = 0,46 pour l’intérieur cis atlasique

L’équation n’intègre que la température et les valeurs de m sont données dans une table et
dépendent du mois, de la décade et de la sous région considérée.
16
[Link]. Formule de Hargreaves (1985,1994)

L’équation de Hargreaves provenait d’après 8 ans d’études sur des données de lysimètre de
Davis, Californie. Puisque les données de radiation solaire ne sont pas fréquemment
valables, Hargraeves et Samani proposent d’estimer Rs de la radiation extraterrestre Ra et
d’utiliser la différence entre moyenne maximale et moyenne minimale des températures
dans les valeurs mensuelles.
Elle s'écrit de la manière suivante :

Avec:
- ET0 : évapotranspiration de référence (en mm/j) ;
- T : Température moyenne pour la période considérée (en °C) ;
- Td : Différence entre la température maximale et minimale (en °C) ;
- Ra : Rayonnement extra-terrestre, il est fonction de la saison et la latitude (en
mm/jour).

[Link]. Formule de Blaney-Criddle (1950)


C’est une formule développée dans l'Ouest des Etats-Unis et qui est largement utilisée à
travers le monde entier, elle demande comme paramètres climatiques la température de l’air et
la durée théorique de l’insolation, elle se trouve parmi les quatre méthodes de calcul de l’ET0
choisies par la FAO (1977).
La formule doit être ajustée dans un environnement climatique donnée et le coefficient
d’ajustement dépend de l’humidité relative minimale, de la durée d’insolation et des
estimations de la ventilation pendant la journée.
La formule de Blaney-Criddle SCS modifiée s’écrit de la manière suivante :

ETo=p*[0.46*T+8.13]*Kt

Avec :

- ETo: Evapotranspiration de référence (en mm/j) ;

- T : Température moyenne pour la période considérée (en °C) ;

- p : Pourcentage du nombre moyen journalier d’heures d’éclairement par rapport au


17
total, ce pourcentage est fonction de la latitude et du mois considéré.

- Kt : Coefficient climatique dépendant de la température moyenne T, approché par la


formule suivante:

Kt=0.031*T+0.24

[Link]. Penman-Monteith FAO


La modélisation de Penman-Monteith est très utilisée et considérée comme le modèle offrant
« les meilleurs résultats et le minimum d'erreurs » selon la FAO (1998) et présentant des
résultats « exacts et constants » pour les climats tempérés, humides et arides. Avec ce modèle,
la couverture végétale est considérée comme un ensemble homogène et l'évapotranspiration
est considérée de manière « verticale », comme une succession de résistances et régulations
empêchant l'eau de s'évaporer : la résistance du sol, des racines, des stomates des feuilles, du
couvert, etc. (Robin, Ferren, Najjar, 1998)

La formule complexe de Penman-Monteith (1965) incorpore de nombreux paramètres, qui


sont mesurables ou bien calculables à partir de données météorologiques et agronomiques.
Les données météorologiques utilisées comportent par exemple les variations de température,
d'humidité et de pression atmosphérique, la latitude, l'altitude, la durée d'ensoleillement et la
vitesse du vent. Les paramètres agronomiques comportent l'albédo et la conductivité
stomatale des plantes, la hauteur des plantes, le type de sol…
La formule s’écrit de la manière suivante :
900
0,408 ∆(𝑅𝑛 − 𝐺) + 𝛾 𝑇+273 𝑢2 (𝑒𝑠 − 𝑒𝑎 )
𝐸𝑇0 =
∆ + 𝛾(1 + 0,34𝑢2 )

Avec :

ET0 ∶ Évapotranspiration de référence en mm. j−1

R n ∶ Radiation nette de la surface de culture en MJ. m−2 . j−1

G : Densité du flux thermique du sol en MJ. m−2 . j−1

T : Température moyenne journalière de l’air en °C

u2 : Vitesse du vent en m.s-1

es ∶ Pression de vapeur saturante en kPa

ea ∶ Pression de vapeur réelle en kPa

∆ ∶ Pente de la courbe de la pression de vapeur en kPa. °C-1

18
γ : Constante psychométrique en kPa. °C-1

La méthode de Penman FAO est la méthode actuellement recommandée par défaut pour
l'estimation de l'ET0.

19
3. Techniques de pilotage de l’irrigation
Le pilotage de l'irrigation, appelée encore conduite ou programmation des arrosages, consiste
à répondre à trois questions essentielles : quand irriguer, quelle dose prévoir, comment
l'apporter ? Auxquelles il faut pouvoir répondre avec une précision maximale pour garantir un
potentiel de production quantitatif et qualitatif a moindre coût en évitant tout apport d'eau
inutile et parfois nuisible (Chol, Iceberie, Tron, 2000) cité par Filali (2003).
Il y a différents techniques utilisées par les irrigants pour décider du moment d’irrigation
d’une culture. Les techniques vont de la simple observation d’une plante jusqu’à une
budgétisation complexe de l’eau du sol. Plus simple est la méthode moins de données seront
requises et moins exacte peut être la prédiction du timing des irrigations.
L’irrigation consiste à fournir à une culture l’eau qui est nécessaire en complément des
apports naturels, en vue d’assurer une production optimale. Elle se traduit par des arrosages
qui sont des recharges périodiques de la réserve en eau du sol qui alimente en permanence le
système racinaire de chacune des plantes de la culture. Ces arrosages sont caractérisés par leur
importance (dose d’arrosage) et leur périodicité (fréquence d’arrosage), tel est l’objectif du
pilotage de l’irrigation, encore appelé conduite des arrosages ou encore programmation des
arrosages.
Les méthodes d’avertissement à l’irrigation existantes sont basées sur l’estimation d’un
paramètre indicateur du stress hydrique lié au climat, au sol ou à la plante. Ainsi, les besoins
en eau d’une culture sont liés à l’état du couvert végétal, à la quantité d’eau restante
disponible dans le sol et à la demande climatique.
L’objectif principal de la gestion de l’eau d’irrigation au niveau d’une parcelle est de réaliser
un approvisionnement d’eau optimum aux cultures tout en maintenant un environnement idéal
du sol. L’accomplissement de cet objectif comporte 3 activités principales:

- L’application de l’eau au bon moment, en quantités exactes, à l’endroit exact, et


en utilisant une méthode appropriée ;
- Le drainage de l’eau en excès pour maintenir une bonne aération ;
- Le lessivage des sels en excès en dehors de la zone des racines.
La programmation des irrigations s’occupe principalement de la première activité. On veille
au lessivage des sels dans la programmation en ajoutant la quantité requise pour lessiver les
sels sur celle requise pour l’utilisation de la [Link] programmation des irrigations est une

20
application des renseignements des besoins en eau des cultures (Chapitre 2).Le timing des
irrigations et les répartitions de la quantité d’eau à appliquer impliquent des considérations
supplémentaires sur la budgétisation de l’eau, du sol, l’environnement du sol (lessivage) et
l’efficience des systèmes d’irrigation.

3.1. Programmation des irrigations


La programmation de l’irrigation vient pour répondre aux questions suivantes : A quel
moment faut-il irriguer ? Et quelle quantité d’eau apporter ? Elle a comme intérêt d'optimiser
le rendement en évitant l’occurrence du stress hydrique, de valoriser l’eau d’irrigation,
d’améliorer l’efficience de l’utilisation des engrais et réduire ainsi les risques de pollution des
nappes par lessivage des éléments fertilisants.
Il y a plusieurs méthodes de pilotage de l’irrigation localisée. Elles sont en fonction du mode
de culture, du type de sol, de la disponibilité de l’information sur les données climatiques et
sur les coefficients culturaux dans une région donné[Link] les techniques de pilotage on
distingue : (Belabbes, 2012)

- Les techniques basées sur les données climatiques qui permettent d’estimer
l’ET0 et qui en connaissant pour un stade de culture le coefficient cultural Kc et
le coefficient de rationnement Kr on pourra déterminer les besoins en eau de la
culture ETc.
- Les techniques de lysimètrie et de tensiomètrie, déterminant directement les
quantités d’eau à apporter.

3.1.1. Le sol
Cette première approche de la planification de l’irrigation, qui s’intéresse à l’état hydrique du
sol, consiste à suivre sa teneur en eau. L’irrigation est requise lorsque l’humidité du sol est
inférieure à une valeur donnée (RNED et AFEID, 2003).
Cette valeur seuil est spécifique pour un sol, un climat et une culture donnée. Elle correspond
en général à 50% de l’eau disponible dans la zone racinaire (Akinremi et McGinn, 1996).
Etant donné que le rendement de la culture est en étroite relation avec l’état hydrique du sol,
cette approche est basée sur des mesures ponctuelles en réalisant un échantillonnage
important pour une bonne représentativité. Ce qui rend la mise en oeuvre de cette approche
laborieuse pour le pilotage de l’irrigation à l’échelle d’un grand périmètre irrigué.

21
3.1.2. La plante
Cette approche consiste à utiliser la plante comme indicateur de son besoin en eau. En fait,
c’était le principal moyen de planification pour les premiers irrigants de l’histoire en se basant
sur l’observation de plusieurs indicateurs tel que le changement de couleur, enroulement des
feuilles, le flétrissement, etc. Cette approche continue à être utilisée actuellement.
Plusieurs techniques basées sur la mesure des paramètres liés à la plante ont été développées.
Parmi les techniques les plus pertinentes, on distingue la radiothermométrie infrarouge, qui
permet de mesurer la température de surface d’un couvert végétal. Cette mesure présente
l’avantage d’être rapide, non destructive et intégrant les hétérogénéités possibles entre les
plantes (RNED et AFEID, 2003).

3.1.3. L’atmosphère
La troisième approche consiste à décider de déclencher l’irrigation en se basant sur la
détermination de la consommation en eau de la culture (ou ETM) par des modèles qui
utilisent des paramètres climatiques (RNED et AFEID, 2003). Il s’agit donc d’application des
données climatiques au planning et à la gestion de l’irrigation ;
Cette évapotranspiration maximale est déduite en faisant intervenir des coefficients culturaux
(kc) et l’évapotranspiration de référence (ET0) calculée par une des formules climatiques
usuelles, (formules détaillées en chapitre 2). Cette procédure est certainement la plus
appropriée pour la planification de l’irrigation du moment que la mise en place du système
d’information agro- météorologique est représentatif et fiable.

3.1.4. Les coefficients culturaux


Le coefficient cultural est un paramètre qui varie essentiellement avec les caractéristiques
propres de la culture, et peu avec le climat, ce qui permet le transfert des valeurs de Kc d’une
zone climatique à une autre (Tiercelin, 1998). Le coefficient cultural intègre les effets de trois
caractéristiques primaires:

- La hauteur de la culture, qui affecte la rugosité et la résistance aérodynamique ;


- La résistance de surface sol-végétation, influencée par la surface foliaire, le
taux de couverture du sol par la végétation, l’âge et l’état des feuilles, le degré
de régulation stomatique et la disponibilité de l’eau dans la zone racinaire ;
- L’albédo de la surface sol-végétation, qui dépend du taux de couverture du sol
et de l’humidité du sol.
22
La figure 4 est le graphe des coefficients culturaux Kc en fonction des phases de
développement de la plante. Elle montre que le Kc minimal et constant lors de la phase
initiale, augmente de manière arithmétique pendant la phase de croissance, puis stagne sur une
valeur maximale en mi-saison et diminue en arrière saison pour revenir à sa valeur initiale.

Figure 4: Coefficients culturaux et leur courbe de variation durant le cycle végétatif

(Doorenbos et Pruitt, 1975)

3.1.5. Quelques outils de pilotage de l’irrigation

[Link]. Le tensiomètre
Pour apprécier l’état hydrique du sol, les tensiomètres s’avèrent être des outils intéressants. La
modicité de leur coût est un avantage certain et de plus ils fournissent des informations de
qualité des conditions précises d’emploi et des méthodes adaptées à chaque type d’irrigation
(Vaysse, Soing et Peyremorte, 1990).
Les tensiomètres permettent de mesurer la force de liaison de l’eau retenue par le sol grâce à
une « bougie » (capsule de céramique poreuse) placée dans le sol à une profondeur voulue. La
bougie restitue de l’eau au sol lorsque celui-ci se dessèche : dans ce cas, le réservoir étant
étanche, il se produit par rapport à la pression atmosphérique ambiante une dépression
mesurée par le manomètre. Si le sol est réhumidifié, la dépression provoque un retour de l’eau
dans le tensiomètre et le manomètre est faible et lorsqu’il y en a peu la tension est forte. On
appelle tension, la valeur de la dépression lue sur le manomètre (Peyremorte et Isberie, 1986).
23
Les tensiomètres ont une plage de mesure assez réduite ce qui constitue un inconvénient. En
effet, ils ne permettent d’évaluer des tensions supérieures à 90 centibars alors que les racines
peuvent absorber de l’eau jusqu’à des valeurs pouvant atteindre 20 bars (Vaysse, Soing et
Peyremorte, 1990). Les sondes comblent en parti ce défaut puisqu’elles permettent des
mesures jusqu’à 200 centibars. Mais bien que les mesures soient du même type que celles
effectués par des tensiomètres hydrauliques, leur principe de fonctionnement est différent car
il s’agit de mesures électriques.
Ainsi la sonde tensiométrique se compose de deux parties distinctes, le capteur proprement dit
et un boîtier de mesure. Le boîtier est mobile et permet la lecture de plusieurs sondes. Le
capteur a la forme d’une bougie de tensiomètre. Il est constitue d’une enveloppe extérieure en
acier qui protège et maintient une enveloppe perméable à l’eau. L’enveloppe en acier est
largement perforée afin d’établir une bonne surface de contact avec le sol. A l’intérieur se
trouvent deux chambres remplies d’une substance hydrophile et séparées par un bloc de
gypse, la chambre supérieure renferme deux électrodes (Chol, Iceberie et Tron, 2000).
Lorsque le capteur est en contact avec le sol, la tension s’équilibre entre le sol et l’intérieur du
capteur. La présence de gypse sature l’eau en sulfate de calcium, rendant la mesure
indépendante de la salinité. En fait, cette résistivité présente une relation quasilinéaire avec la
teneur en eau à l’intérieur du capteur. Or la teneur en eau à l’intérieur du capteur est un reflet
de la tension de l’eau dans le sol la quantité d’eau, car la quantité d’eau dans le capteur est
telle que les forces de tension a l’intérieur et a l’extérieur du capteur soient égales (Chol,
Iceberie et Tron, 2000).
La tensiométrie permet :
- de détecter les excès d’eau (insuffisance de drainage, apports d’eau trop abondants
formation de nappes perchée temporaire, développement trop important du volume
saturé en irrigation localisée);
- d’apprécier l’opportunité de commencer des arrosages ou de renouveler les arrosages
en contrôlant que l’apport précédent a été totalement utilisé;
- de renseigner sur le devenir de l’eau dans le sol : profondeur atteinte par la dose
d’arrosage en aspersion, diffusion latérale de l’eau et homogénéité de sa répartition le
long des raies en gravitaire, diffusion de l’eau en goutte à goutte (Peyremorte et
Isberie, 1986).
Les informations fournies par les tensiomètres doivent être représentatives : il faut installer au

24
moins trois sites tensiométriques par unité culturale en des lieux représentatifs de la parcelle.
Et en fonction du type de sol, du type de culture, du stade de développement de la culture, et
du système d’irrigation, la position des tensiomètres et leurs profondeurs seront différentes.
Enfin l’interprétation des mesures nécessite une formation préalable des utilisateurs.

[Link]. Le lysimétre
C’est une cuve étanche enterrée, à parois verticales, ouverte en surface et remplie par une
portion de terrain d’une épaisseur de 0,5 à 2 mètres. La végétation et les conditions à chaque
niveau, surtout la teneur en eau, sont maintenues sensiblement identiques à celles du terrain
en place. Le lysimètre est pourvu à sa base d’un dispositif recueillant l’eau de drainage. On
peut déduire l’évaporation à la surface du terrain de ces variations de stock par pesée, ou
encore des mesures de l’eau du sol et de drainage et des précipitations. L’aire horizontale de
la portion de terrain isolé doit être suffisamment grande pour obtenir une bonne précision de
la hauteur d’eau évaporée. Cet appareil, tout comme l’évaporimètre de Piche se montre
suffisamment simple et précis dans la mesure où les normes d’installation et les protocoles
d’observation sont respectés. La difficulté d’obtention de conditions représentatives de la
zone d’étude, la lourdeur et la fixité du dispositif sont entre autres, les limites de la méthode.

[Link]. Les sondes TDR (Time domain reflectometry)


Un humidimètre TDR (time domain reflectometry) est un dispositif qui permet de mesurer
l'humidité (ou teneur en eau) d'un sol par réflectométrie temporelle. Il s'agit d'une mesure
indirecte : la grandeur mesurée est la permittivité du sol, l'humidité est déduite de la
permittivité à la suite d'un étalonnage. La mesure est non destructive mais nécessite tout de
même d'enfoncer une sonde dans le sol.
Le dispositif est composé d'un réflectomètre temporel relié à une sonde. La sonde est un guide
d'onde constitué de tiges métalliques que l'on plante dans le sol. On mesure l’humidité
moyenne du volume situé entre les tiges.
La méthode TDR sert à mesurer la teneur en eau volumétrique en se basant sur les lois de
l’électromagnétique. Elle est fondée sur la détermination de la vitesse de propagation d'une
onde entre deux ou trois tiges métalliques au contact du sol humide, la fréquence de cette
onde étant comprise entre 1 MHz et 1 GHz. Cette vitesse est inversement proportionnelle à la
permittivité électrique (K). De fait plus la constante électrique est élevée, plus la vitesse de
propagation de l'onde électromagnétique est faible. La mesure de la permittivité électrique du

25
sol se fait avec une précision d’environ 2 %.
L’avantage principal de cette méthode est de pouvoir travailler dans une bande fréquentielle
allant jusque 2 GHz. Ce type d’onde ne risque donc pas de perturber l’équilibre hydrique du
milieu. Par contre autant l’application de la méthode TDR a donné des bons résultats pour un
milieu homogène, autant ils divergent en milieux stratifiés. Il faut noter également une
atténuation de l’onde dans les milieux où il y a beaucoup de pertes par conduction électrique
(Laurent et Pereira Dos Santos, 1998).

[Link]. D’autres capteurs


Les développements technologiques récents ont permis la mise au point de matériel de
mesures permettant des contrôles directs sur la plante ou sur le couvert végétal.
Les outils actuellement développés et fondés sur les indicateurs suivants :
Températures de surface
La mesure de la température de surface d’un couvert végétal se fait à l’aide d’un radio-
thermomè[Link] une culture bien alimentée en eau, la température de surface reste inferieure
à la température de l’air, sauf conditions exceptionnelles (fortes humidité de l’air) ; par contre
ce n’est pas le cas pour une culture stressée. Un certain nombre d’indices thermiques peuvent
être calculés à partir de la température de surface du couvert. Dans les conditions actuelles,
seul le SDD (Stress Degree Day) est utilisable. Il s’agit de l’écart entre la température de
surface du couvert (Ts) et la température de l’air (Ta) mesurées autour du midi solaire. Le
cumul des valeurs journalières positives (Ts-Ta) correspondant à des stress hydriques (SDD
cumulés), est comparé à un seuil à partir duquel on déclenchera l’irrigation. Ces seuils, de
l’ordre de 10 à 15°C, ont été établis expérimentalement pour un certain nombre de cultures
(blé, mais, Soja, sorgho …) (RNED et AFEID, 2003).
Etat de développement du couvert foliaire
La croissance et /ou la régression des surfaces foliaires de certaines espèces évolue de façon
marquée en fonction de l’état hydrique des plantes.
Dans la phase d’établissement du couvert végétal, il est possible d’appréhender le
développement foliaire par l’évolution de l’interception de l’énergie lumineuse par un capteur
placé au sommet de la végétation et un autre au sol, au sein de la culture.
On peut aussi en déduire l’indice foliaire grâce à des capteurs tel que les ‘’LAI-Ceptometer’’.

- Les fluxmètres qui sont des appareils équipés de deux sondes à enfoncer à

26
l’intérieur du tronc pour mesurer le flux de sève et déduire après la transpiration
réelle.
- Des chambres à pression pour mesurer le potentiel hydrique foliaire.
- Bioprogrammateur pour évaluer la microvariation de diamètre d’un organe
d’arbres (branches, fruits,..) (RNED et AFEID, 2003).

27
4. Conduite de la culture de la betterave à sucre
4.1. Règles d’implantation de la culture de la betterave à sucre
Il n'existe pas de règle absolue pour le choix de techniques d'implantation de la betterave. En
effet, ce dernier sera dicté par les possibilités existantes et les conditions climatiques. Les
techniques actuelles évoluent pour concilier simplification, gain de temps et qualité de la
structure.
En règle générale, tout choix d'outils doit respecter les exigences spécifiques de la culture
telles que citées ci-après et tenir compte des caractéristiques du sol et des conditions
climatiques de la région. Dans tous les cas, il y a lieu de veiller à répondre aux éléments
suivants : (Agbani et Jenane, 2000):

• La maîtrise du labour, de la préparation du lit des semences et du semis;


• La maîtrise de la fertilisation;
• La disponibilité en eaux d'irrigation, particulièrement pour la pré-irrigation des
parcelles et juste après le semis;
• Les traitements herbicides et pesticides et la disponibilité du matériel d'application de
ces produits;
• La date et les procédés de récolte.

4.1.1. Installation de la culture : du labour au semis

[Link]. Installation de la culture


La phase d’installation est une phase primordiale dans l’élaboration du rendement dans la
culture de la betterave. L’objectif en termes de peuplement recherché est de l’ordre de 100
000 à 120 000 plantes par Ha. Pour réussir cette phase, il faut aboutir à une bonne structure
du sol et à un lit de semences favorable à la germination à une levée rapide aboutissant à un
peuplement homogène et suffisant, afin de faciliter un bon développement racinaire et un
rendement élevé.

• Labour
La plupart des agriculteurs pratique le labour à la charrue à socs ou à disques. Cette
opération contribue au nettoyage du sol et à la lutte contre les adventices en les détruisant
mécaniquement ou en les enfouissant. Cette opération ouvre le sol pour faciliter la
circulation de l'air et de l'eau.

28
Il est pratiqué en été ou au début de l'automne, pour bénéficier de l'action structurante de
l’humectation-dessiccation sur les sols argileux, obtenir une terre ameublie et détruire les
adventices ou les repousses.

• Reprises superficielles
Elles viennent après le labour. Elles permettent d’ameublir le sol en surface et sur la
profondeur du lit de semences (5 à 6 cm) par un passage croisé de covercrop, de rotavator,
de herse ou d'instruments à dent flexibles. Il faut éviter l'utilisation d'instruments qui écrasent
le sol ; mais il convient d'obtenir un sol suffisamment et régulièrement affiné.
L'objectif est d'avoir une profondeur de semis constante et régulière et un contact étroit entre
la terre fine et la graine. Ceci permettra une humidification rapide des semences et une
germination et levée homogène. La profondeur de semis optimum se situe entre 2 et 3
centimètres.

• Mode de semis
La distance entre les lignes de semis ou écartement le plus généralement utilisé est en
moyenne de 50 cm. L’espacement recommandé entre graines sur la ligne de semis se situe
autour de 16 à 18 [Link] agriculteurs adoptent un mode de semis en lignes jumelées
espacées de 40 cm et un grand écartement de 60 cm.

• Semences et date de semis


La semence était autrefois constituée par des glomérules pluri germes, aujourd’hui ce sont
les semences monogermes qui sont utilisées. Les graines se présentent sous deux formes :
• Les graines nues avec une préférence de calibre située entre 3,5 et 4,5 mm ;
• Les graines enrobées, utilisant comme base les graines nues, protégées par des
substances neutres qui permettent d'avoir des graines de forme sphérique plus
régulières et calibrées entre 3,75 et 4,75 mm.
La semence fait l'objet d'une opération de pelliculage permettant d'appliquer dans un film
polymère, un colorant, des insecticides (pour protéger les jeunes plantules des ennemis
souterrains) et des fongicides (pour lutter contre les maladies cryptogamiques qui peuvent
être transmises par la semence). Les graines sont vendues par Unité (100 000 graines), ce qui
facilite le calcul des besoins.
Le choix de la variété est fonction des situations notamment le type de sol, la date de semis,
donc du potentiel de production et des parasites en présence ou des maladies du sol, comme
29
la Rhizomanie et le Rhizoctone violet. Pour faciliter ce choix, il a été mis en place une grille
simplifiée de classification, soit une typologie fondamentale des variétés en fonction des
rendements bruts et de leur richesse en sucre.

[Link]. Irrigation localisée de la betterave à sucre


L’irrigation localisée se prête parfaitement à la culture de betterave à sucre monogerme. Elle
assure les conditions idéales pour une levée réussie et uniforme.

• Conduite de la première irrigation


La culture de betterave à sucre sous irrigation localisée est conduite en lignes jumelées : une
rampe de goutteurs irrigue deux lignes de betterave espacées de 50 cm. L’écartement entre
rampes de goutteurs est par conséquent de 1 mètre.
Pour effectuer la première irrigation après le semis avec un minimum de volume d’eau
d’irrigation, il est conseillé aux agriculteurs de procéder en trois étapes :
• Etape 1 : Disposer les rampes de goutteurs le long des lignes de semis espacées de 1
mètre et d’irriguer pendant 2,5 à 4 heures, en fonction de l’état hydrique initial du
sol et de la texture, jusqu’à l’humectation de 25 cm de part et d’autre de la rampe.
Une bande d’environ 50 cm de largeur est ainsi humectée;
• Etape 2 : Déplacer les rampes de 50 cm pour les disposer au milieu des bandes non
humectées.
• Etape 3 : Appliquer une irrigation avec la même durée que la 1ère irrigation (étape
1). La durée totale d’irrigation varie par conséquent entre 5 et 8 heures.
Avec un écartement entre goutteurs de 40cm le long de la rampe, un débit nominal du
goutteur de 2 litres/heure et l’écartement entre rampes de 1 mètre, la pluviométrie théorique
de l’installation est de 5 mm/heure, ou 50 m3/ heure/Ha.

• Besoins en eau d’irrigation de la betterave en goutte à goutte


La reconversion à l’irrigation localisée permet d’augmenter la productivité chez les
agriculteurs avec une meilleure valorisation du m3 d’eau. Les besoins en eau de la culture
sont définis comme étant la quantité d'eau nécessaire pour satisfaire l'évapotranspiration
maximale (ETM) pour une culture saine, dans des conditions, d'alimentation en eau non
limitantes. Ces besoins sont généralement estimés par l’approche climatique, en multipliant
l'évapotranspiration de référence (ETo) par le coefficient cultural (Kc), soit :

ETM (mm/jour) = Kc x ETo (mm/jour).


30
ETo est calculée par la formule de Penman-Monteith à partir des données climatiques
complètes: température, humidité relative, vent et rayonnement solaire. Ces données sont
acquises par les stations automatiques disponibles dans le périmètre irrigué de Tadla.

4.1.2. Fertilisation
Au sein de la rotation culturale, la betterave sucrière est l’une des cultures ayant les besoins
les plus élevés en éléments nutritifs : environ 400 à 450 unités de K2O, 150-200 pour l’azote
et 80 à 100 unités de P2O5 ; en plus des éléments secondaires comme le magnésium (Mg), le
soufre (S) et les oligo-éléments tels que le bore (B) et le manganèse (Mn).
Les principaux engrais utilisés en fertigation en goutte à goutte sont : Ammonitrate (33,5%),
Sulfate d’ammonium (21%), sulfate de potassium (50%), Solupotasse (51%), MAP soluble
12-61-00 (Mono-Ammonium-Phosphate), etc. Pour le bore, un apport préventif de 2 à 3 kg
par hectare ou une application foliaire à mi-saison peut éviter l'apparition d'une carence
(Agbani et Jenane, 2000).

4.1.3. Protection de la culture

 Contrôle des maladies et ravageurs


La betterave à sucre peut être attaquée par plusieurs ravageurs et maladies durant tout son
cycle de développement. Les principaux ennemis de début de cycle de la culture sont les
taupins, les fontes de semis, l’adulte du cléone mendiant et les larves de Prodenia. En pleine
végétation, la partie foliaire des plantes peut être attaquée par la casside, Prodénia, la
cercosporiose, la rouille et l’oïdium. En fin de cycle, les racines sont soumises aux attaques
des larves de cléone et des agents de pourritures dont principalement Sclerotium rolfsii.
La réussite de la protection dépend de la capacité de détection précoce des attaques des
ennemis de la culture, de l’appréciation du risque et de l’utilisation adéquate des moyens de
lutte préventifs et curatifs.
L’obtention d’un peuplement homogène de la betterave à sucre est une étape importante
pour la réussite de la culture. Ainsi, un certain nombre de mesures préventives sont
nécessaires avant et au moment de l’installation de la culture pour éviter des pertes dans le
peuplement de la culture causées par des problèmes phytosanitaires. L’excès d’eau
(stagnation à la surface du sol), peut aussi provoquer l’apparition des tumeurs marbrées,
mais le problème de la pourriture à Sclerotium se pose plus avec acuité ces dernières années
(Agbani et Jenane, 2000).
31
 Mesures de lutte préventive

• Avant l’installation de la culture


Le choix et la préparation de la parcelle destinée à la culture de betterave sont importants pour
la réussite de cette culture :
• Il faut éviter de cultiver betterave sur betterave, pour ne pas avoir de problèmes de
maladies (pourritures, cercosporiose) dont les agents responsables se conservent sur
les résidus de cette culture,
• Il est conseillé de labourer la parcelle destinée à la betterave juste après la récolte de
la culture précédente, afin d’exposer les agents qui se conservent dans le sol au
rayonnement solaire estival. Dans certains pays, on a recours de plus en plus au
semis direct, à l’installation de cultures de couverture ou à la lutte biologique.
En fonction de leur disponibilité, on peut choisir des variétés résistantes ou tolérantes à
certaines maladies qui peuvent être importantes dans la zone : rhizomanie, cercosporiose,
pourriture à Sclerotium, rhizoctone brun, etc. La semence doit être protégée avec un fongicide
contre les agents responsables des fontes de semis (Agbani et Jenane, 2000).

• A l’installation de la culture
L’application d’un insecticide granulé au sol au moment du semis est une mesure préventive
contre les taupins.
Mesures de lutte contre les principaux ennemis de la culture en pleine végétation
Plusieurs insecticides et fongicides spécifiques sont disponibles pour la lutte contre les
ravageurs et les maladies foliaires de la betterave à sucre. Les périodes d’application des
pesticides foliaires sont déterminées sur la base des informations fournies par le réseau de
surveillance phytosanitaire installé dans le périmètre et l’observation des premiers individus
de ravageurs et des foyers de maladies dans les parcelles de betterave à sucre (Agbani et
Jenane, 2000).
Contrôle des mauvaises herbes
La présence de mauvaises herbes ou plantes adventices dans une parcelle de betterave à
sucre peut être nuisible à plusieurs titres. En effet, la compétition pour l'eau, les éléments
minéraux et la lumière affecte directement la croissance et le développement de la culture
ainsi que son rendement ultérieur. Actuellement, la mauvaise herbe la plus problématique est
le ray-grass (Madhoun) et dans une moindre mesure l’alpiste. La réussite de l’installation de
32
la culture de betterave de type monogerme exige un programme de contrôle des mauvaises
herbes à concevoir de manière intégrée (rotation des cultures, travail de sol ou binage ou sur
la base de produits phytosanitaires efficaces avant et pendant le cycle de la culture (pré-levée
et post-levée) (Agbani et Jenane, 2000).

4.1.4. La récolte
L'opération de récolte consiste à extraire du sol les racines, en les débarrassant de leurs
feuilles et collets et en éliminant le maximum de terre attenante. La récolte mécanique est en
cours de développement dans le Tadla, en dépit de la réticence des agriculteurs qui préfère
garder les feuilles et collets qui sont commercialisés ou utilisés comme aliment du bétail.
Dans le cas de la récolte mécanique, l’opération consiste en l’arrachage et décolletage des
racines, andainage et chargement...
L’arrachage mécanique a l’avantage d’accélérer les chantiers des travaux de récolte avec un
gain substantiel en main d’œuvre.
La date de récolte de la betterave n'est pas définie par un stade de maturité physiologique,
mais cette culture est plutôt récoltée quand sa production en sucre est optimale. La maturité de
la betterave, qui se traduit par le jaunissement des feuilles, est difficile à apprécier avec
précision. Aussi, la date de récolte de la betterave est bien plus déterminée par les exigences
de travail, la possibilité de livraison à la sucrerie ou la libération du sol, que par la maturité
physiologique.
Les travaux de recherches menés dans différents périmètres betteraviers marocains montrent
que la phase de maturation de la betterave doit être la plus ensoleillée que possible et
suffisamment longue, sans toutefois être exagérée. D'une manière générale, la teneur en sucre
dans la racine suit une courbe en cloche: elle est trop faible en avril-début mai, acceptable en
fin mai, bonne en juin, élevée en juillet, tandis qu'elle décroît en août. Par conséquent, le fait
de retarder la récolte s'avère néfaste pour le rendement et surtout pour la qualité technologique
de la betterave. En effet, les betteraves récoltées en août sont moins riches en sucre que celles
arrachées en juillet, à cause des hautes températures estivales et des pourritures qui font chuter
leur teneur en sucre.(Agbani et Jenane, 2000)
Le poids des racines augmente considérablement jusqu'à la première quinzaine de juillet, se
traduisant par un gain de rendement racine par jour de 0.4 T/ha. Par la suite, la diminution
devient forte, surtout en août. Il en est de même pour la pureté du jus qui est satisfaisante à
partir du mois d'avril jusqu'à la première quinzaine de juillet. D’une manière générale, si la
33
récolte n'est pas faite à ce moment là, la racine continue de respirer sans photosynthétiser et
perd ainsi de son poids et de sa richesse en sucre, et ceci est d'autant plus accentué que la
température est élevée.(Agbani et Jenane, 2000)

4.2. Comparaison des performances entre les différents systèmes


d’irrigation pour la culture de la betterave à sucre
Au titre de la campagne 2014-15, un programme de recherche et développement est mis en
place dans le périmètre de Tadla lors d’une convention de partenariat entre la COSUMAR et
l’Institut de Recherche sur la betterave à sucre en Espagne « AIMCRA » visant le
développement des systèmes d’irrigation de la betterave à sucre.
Ce programme a porté sur la comparaison technico-économique des systèmes d’irrigation
aspersif, goutte à goutte et gravitaire et le choix de la meilleure technique d’irrigation adaptée
à la culture de la BAS et la mise en place d’un système de pilotage de l’irrigation par bilan
hydrique.
L’objectif de cette étude est d’amélioration des performances de la culture de la betterave à
sucre, la valorisation de l’eau d’irrigation par le biais des systèmes à économie d’eau,
l’optimisation des charges de production par mode d’irrigation et la comparaison des trois
techniques d’irrigation sur le plan technique .
Pour atteindre ces objectifs, 3 essais ont été mis en place avec 3 modes d’irrigation distinctes
(gravitaire, aspersion et goutte à goutte). L’essai a été installé dans le périmètre du Tadla
précisément dans la station Ouled Gnaou (SEHA) sur un sol argileux. Chacune des trois
parcelles objet de l’étude a une superficie de 0,3 ha en plus d’un suivi de deux techniques
d’irrigation (Goutte à goutte et aspersion) chez les agriculteurs au niveau de l’exploitation
l’ABT pour déterminer la meilleure technique d’irrigation adaptée à la culture de la betterave.

34
Figure 5: Aperçu sur les trois systèmes d’irrigation avant la plantation et pendant la
croissance de la BàS
(a) système localisé (b) système aspersif (c) système gravitaire

Le tableau 2 trois résume les résultats de cette étude. On désigne par l’efficience agronomique
de l’utilisation de l’eau est le rapport entre la production obtenue et le volume de l’eau utilisé.

35
Tableau 2: Résultats des performances de la BàS pour les différents systèmes
d’irrigation dans le site d’Ouled Gnaou et exploitation ABT

Racine Sucre
Technique Consomm Efficience Efficien
Site d’essai d’irrigatio ation Rendem Riches Agronomi Rendeme ce
n (m3/ha) ent (t/ha) se (%) que nt (t/ha) (Kg/m3
(Kg/m3) )
Localisée 5440 67,93 18,23 12,49 12,38 2,28
OULED
Aspersion 6325 63,75 18,08 10,08 11,53 1,82
Gnaou
Gravitaire 8190 55,02 17,19 6,72 9,46 1,16
Localisée 10500 63,30 19,39 6,03 12,27 1,17
Exploitation
ABT Aspersion 6090 65,50 18,50 10,76 12,12 2

(Source : COSUMAR-AIMCRA, 2015)

Figure 6: Rendement racine, des trois essais plantés en betterave à sucre, obtenu en
fonction de l’eau consommée
(Source: COSUMAR-AIMCRA, 2015)
Lors de cette étude les auteurs ont abouti aux conclusions suivantes :
• Le système d’irrigation gravitaire traditionnel encore utilisé par un nombre important
d’agriculteurs génère des pertes en eau qui atteint 50 % par rapport à l’irrigation localisée et
36
30% par rapport à l’irrigation en aspersion.
• Le rendement, la richesse en sucre montrent que le système d’irrigation gravitaire est le
moins rentable et le moins efficient.
• L’efficience de l’utilisation de l’eau est importante dans le système d’irrigation goutte à
goutte en comparaison avec les autres systèmes d’irrigation.
• Les résultats de l’essai, indiquent qu’avec une irrigation goutte à goutte, on obtient une
légère augmentation du poids et la richesse en comparaison avec l’irrigation par aspersion
donc le système d’irrigation localisé reste le plus productif pour les exploitations à haute
niveau de technicité et dans les essais suivi du système aspersif.
• Malgré ces résultats, les agriculteurs trouvent facile de gérer l’aspersif en comparaison avec
le localisé. Mais les deux systèmes fonctionnent parfaitement pour la betterave à sucre
(Morillo-Velarde et Bermejo, 2015).

37
Matériels et Méthodes

38
1. Présentation succinte de la zone d’étude
La plaine du Tadla appartient à la zone d’action de l’Office Régional de la Mise en Valeur
Agricole du Tadla. Elle est située à 200 km au Sud Est de Casablanca, à une altitude de 400
m, et couvre une superficie de 3600 km2. Cette plaine est traversée sur toute sa longueur par
l’Oued Oum Rbiaa créant deux périmètres indépendants : les Béni Moussa en rive gauche et
les Béni Amir en rive droite.

Figure 7: Localisation du périmètre du Tadla

➢ Situation géographique
La Zone d’action de l’ORMVA du Tadla est divisée en deux zones :
• La zone Bour (137 500 ha), se compose de Bour cultivé et de forêts, de parcours et
de terres incultes. On y trouve également des terres irriguées en «petite et moyenne
hydraulique»;
• La zone de «grande hydraulique» du Tadla (97 000 ha). Elle comporte deux
périmètres distincts séparés par l’oued Oum Er Rbia. Le périmètre de Béni-Moussa
couvrant une superficie de 69 500 ha, entièrement irriguée par le barrage Bin El
Ouidane (édifié en 1954) sur l’oued El Abid, d’une capacité totale de 1 300 millions

39
de m3), et le périmètre de Béni-Amir, d’une superficie de 27 500 ha, irriguée par le
barrage Ahmed El Hansali (mis en service en 2001, d’une capacité totale de 670
millions de m3) édifié sur le fleuve Oum ErRbia.
➢ Caractéristiques physiques
o Pluviométrie
Le climat dominant est de type continental : froid intense en hiver avec des étés très chauds.
Par ailleurs, la pluviométrie moyenne annuelle connaît d'importantes variations. La campagne
agricole 2015/2016 a été caractérisée par un sérieux déficit pluviométrique accentué par une
mauvaise répartition. Le cumul pluviométrique enregistré à la fin de la campagne est de 134,8
mm, soit une baisse d’environ 60,6 % par rapport à la campagne écoulée (341,4 mm) et une
diminution de presque 61,5 % par rapport à une année normale de 350 mm.

o Température
La campagne agricole 2015/2016 a été caractérisée par un hiver relativement doux. La
comparaison des températures enregistrées durant les deux campagnes montre que :

• Les températures moyennes ont peu évolué par rapport à la campagne précédente,
• Les températures moyennes enregistrées en juin, juillet et août 2016 sont légèrement
supérieures à celles enregistrées durant la même période de la campagne précédente,
• La température enregistrée en janvier 2016 était supérieure de 3 °C à celle enregistrée en
2016.
o Ressources hydrographiques
La région est drainée par un cours d’eau principal qui est Oued Oum Er-Rbia et ses affluents
(Oued Derna, Oued El Abid, Oued Lakhdar et Oued Tassout).

Ressources en eaux superficielles


La région de Béni Mellal-Khénifra compte 15 barrages en plus de 7 systèmes de transfert
d’eau. Ces ouvrages permettent de garantir, tant pour le bassin de l’Oum Er-Rbia que pour les
bassins limitrophes, la satisfaction des besoins en eau potable, industrielle et agricole ainsi
que le soutien des débits nécessaires à la salubrité des cours d’eau. Cette infrastructure
hydraulique actuelle permet de mobiliser, en moyenne, près de 3 550 millions de mètre cubes.
Ces ressources permettent l’irrigation de près de 493 575 ha et la production de d’environ 350
millions de mètres cubes /an pour l’alimentation en eau potable et industrielle.

40
Eaux souterraines
Quant aux eaux souterraines le complexe aquifère du bassin de l’Oum Er Rbia est constitué
par un ensemble de nappes phréatiques du plio-quaternaire. On peut citer les nappes
phréatiques du Turonien, l’Eocène de Tadla, les nappes de Beni Moussa et de Béni Amir et
enfin la nappe phréatique du Dir.

41
2. Présentation du programme informatique « CROPWAT »
Dans le cadre de notre étude, nous avons utilisé un programme informatique pour le calcul
des besoins en eau de la culture betterave à sucre et des besoins en irrigation basés sur le sol,
le climat et les données sur la culture. Il s’agit du modèle CROPWAT 8.0 qui va de la
programmation jusqu’au calcul du volume d'eau nécessaire par apport.
L’outil d'aide à la gestion de l'irrigation « CROPWAT » a été mis au point par la FAO en
1992, il est basé sur la formule de Penman – Monteith. Il permet ainsi le calcul des besoins en
eau des cultures et des quantités d'eau d'irrigation en maintenant l’équilibre du sol selon les
caractéristiques du champ comme le système de culture, le type du sol, les conditions
climatiques et la date du semis (Van Laere, 2008).
Il offre également la possibilité de développer un calendrier d'irrigation en fonction de
diverses pratiques culturales, et d'évaluer les effets du manque d'eau sur les cultures et
l'efficience de différentes pratiques d'irrigation (Van Laere, 2008).

2.1. L’approche de la modélisation


Le fonctionnement de base du logiciel CROPWAT repose sur quelques variables. Toutes ces
variables s’articulent autour du bilan hydrique qui s’écrit de façon générale sous la forme :
Ri= Ri-1 + Peff + Irr – D – ETm
Avec :
Ri: Réserve en eau du sol au jour i (mm);
Ri-1 : Réserve en eau du sol au jour i-1 (mm);
Peff: Précipitation efficace (mm);
Irr: Remontée capillaire en mm/j;
D: Apport de l’irrigation (mm);
ETm: ETm évapotranspiration maximale (= Crop Water Requirement (CWR) : besoin
en eau des cultures).
Le modèle est basé sur trois composantes essentielles pour la détermination des besoins en
eau brutes pour la culture, à savoir : le climat, le sol et la culture. Ainsi la dose d’irrigation
journalière est calculée en tenant compte des données relatives aux trois différentes
composantes (Van Laere, 2008).
La figure 8 schématise l’approche globale du modèle.

42
Figure 8: Schéma représentant l’approche du modèle CROPWAT

2.1.1. Les données d’entrée du modèle CROPWAT


Les données d'entrée de ce modèle sont groupées en trois catégories :

 Données météorologiques et pluviométriques


Ces données sont requises pour le calcul de l’Evapotranspiration de référence ET0 et de la
pluie effective Pe .
Le modèle utilise l’équation de Penman–Monteith (Chapitre 2). C’est une formule qui
combine le bilan énergétique et la méthode de transfert de masse. Ainsi, elle exige pour son
calcul : les températures maximales et minimales, l’humidité relative, la vitesse du vent et les
durées d’insolation. Parmi les différentes méthodes de calcul des ETP, la méthode de
Penman-Monteith est recommandée par la FAO (Allen et al, 1998).
Conséquemment, le choix d’une station agro-météorologique ; normalisée et représentative ;
mettant à notre disposition ces différentes données climatiques a été indispensable. Ainsi, La
station maîtresse que nous avons considérée est la station SEHA de Ouled Gnaou caractérisée
par : Une latitude de 32° 19 N, une longitude de 6° 31 E et une altitude de 450 m.

43
Figure 9: Ecran de saisie des données climatiques pour calcul de l'ETo
(Source : Données de la SEHA d’Ouled Gnaou)

44
 Données relatives à la culture
Pour pouvoir déterminer les besoins en eau d’une plante, CROPWAT a besoin de connaître
différents paramètres propres à cette dernière. Pour cela, nous entrons les caractéristiques de
chaque phase de développement de la plante.
Ces caractéristiques étant :

- La durée de chaque phase, paramètre variant suivant le lieu de culture et la période


dans l'année. Le logiciel divise la vie de la plante en 4 étapes (initiale, développement,
mi-saison, et enfin arrière-saison).

- Le coefficient cultural Kc, qui est le rapport de l'évapotranspiration maximale d'une


culture pendant une période déterminée de son cycle végétatif c'est-à-dire dans des
conditions optimales, sur l'évapotranspiration potentielle.

- Le facteur de réponse du rendement Ky, qui permet d'estimer les réductions de


rendement dues au stress [Link] lie les pourcentages de rendement actuel et de
l'évapotranspiration.

- Le logiciel a également besoin de la profondeur des racines, du tarissement admissible


(p) qui représente le niveau critique de la réserve à partir de laquelle, le stress dû au
manque d'eau se fait sentir.

Figure 10: Ecran d’entrée des données sur la culture de la BAS du test de démonstration

45
 Les données relatives aux propriétés du sol

Le module relatif aux propriétés du sol rassemble l’ensemble des données qui caractérisent
le sol, la réserve utile maximale, la vitesse maximale d’infiltration qui permet une estimation
de l'écoulement de surface (ruissellement) pour le calcul des pluies efficaces. Nous rentrons
également la profondeur maximale que peuvent atteindre les racines. Nous avons également
défini le tarissement initial de la réserve utile et ainsi déterminer le stock initialement
disponible dans le sol (Annexe 5).

Figure 11: Ecran d’entrée des données relatives aux propriétés du sol du test

A partir des modules qui viennent d’être brièvement décrits, CROPWAT est capable de
calculer tous les paramètres.

46
3. Démarche méthodologique des activités menées sur le terrain
Partant de la vision « Une agriculture alternative performante qui valorise la consommation en
eau, appliquée à la culture de la betterave à sucre », ce travail a été réalisé suivant une
approche qui comporte trois axes majeurs :

Elaborer un état des lieux de la gestion et la pratique de l’irrigation localisée par les
betteraviers du Tadla ;

Mener un test de démonstration pour un meilleur pilotage de l’irrigation localisée pour la


culture de la betterave à sucre basé sur des données scientifiques et techniques à travers
l’utilisation du logiciel CROPWAT ;

Montrer l’efficience de ce modèle à travers la comparaison des résultats de la


consommation en eau et des performances agronomiques et technologiques entre la zone
expérimentale et la zone témoin.
Ce dit diagnostic ainsi que la mise en œuvre du modèle de pilotage de l’irrigation localisée, a
été fait en étroite collaboration avec la Direction Agronomique de la SUTA avec la
coopération de l’ORMVAT.

[Link] d’un état des lieux

3.1.1. Conception de la fiche d’enquête technique utilisée


Notre étude est basée sur la réalisation des enquêtes auprès des betteraviers retenus dans la
région du Tadla. Elle a comme finalité la caractérisation de la conduite des arrosages adoptée
par le betteravier du Tadla.
Pour ce faire, un questionnaire d’enquête a été conçu, il vise fondamentalement l’acquisition
des différentes informations sur la pratique de l’irrigation localisée adoptée pour la culture de
la betterave à sucre. (Annexe 1)
A travers notre questionnaire, nous avons cherché à répondre aux trois questions essentielles
suivantes :
✓ Quand le betteravier du Tadla irrigue?
✓ Quelle dose en eau il apporte? Et à quelle fréquence?

✓ Comment il l'apporte?
En outre, nous avons complété notre discussion avec les agriculteurs par l’observation des
équipements de la micro-irrigation (station de tête, porte rampes, rampes et goutteurs).
47
Il est à noter que les enquêtes ont été organisées en collaboration avec la Direction
Agronomique de la Sucrerie et la Raffinerie de Tadla.

3.1.2. Constitution de l’échantillon des bettraviers enquêtés


Les agriculteurs betteraviers enquêtés sont au nombre de 35 (Annexe 2), ils ont été déterminés
à partir de labase de données concernant les betteraviers pour la campagne agricole 2016/2017
et selon les procédés adoptés par la SUTA qui le juge comme échantillon aléatoire et
représentatif. La dite base de données comporte la liste des betteraviers pour cette campagne
agricole, avec leurs identifications (CDA, nom et prénom de l’exploitant, superficie
betteravière et mode d’irrigation) et leur localisation dans les périmètres de Béni Amir, Béni
Moussa et DPA.
On s’est basé sur la méthode de l’échantillonnage aléatoire et stratifié pour l’identification de
l’échantillon des agriculteurs à enquêter.
Pour que notre échantillon soit le plus représentatif possible, on a respecté le protocole adopté
par la SUTA qui consiste à ce qu’il comporte une proportion d’environ 6% des agriculteurs
betteraviers pratiquants du goutte à goutte de chaque CDA, et à ce qu’il répond aux facteurs
gérants la diversité des agriculteurs, à savoir :

• Zone de production : La production de la betterave sucrière au niveau du Tadla s’organise


sous forme de trois zones de production :
- Le périmètre des Béni Amir;
- Le périmètre des Béni Moussa;
-Zone de la Direction Provinciale de l’Agriculture (DPA).

• Mode d’irrigation : Irrigation localisée (goutte à goutte).


• Période de semis : Il existe trois classes.
-Première classe : Semis précoce
-Deuxième classe : Semis de saison
-Troisième classe : Semis tardif
Le tableau 3 donne un aperçu synthétique sur la composition de notre échantillon.

48
Tableau 3: Paramètres de l’échantillon constitué
Zone de Mode Période de Nombre de
Superficie
production d’irrigation semis parcelles
Précoce 00
0-1 ha Saison 00
Tardif 00
Précoce 01
1-3 ha Saison 02
Tardif 01
Béni Amir Localisée
Précoce 00
3-5 ha Saison 00
Tardif 00
Précoce 01
>5 ha Saison 00
Tardif 00
Précoce 01
0-1 ha Saison 04
Tardif 02
Précoce 06
1-3 ha Saison 03
Tardif 05
Béni Moussa Localisée
Précoce 00
3-5 ha Saison 00
Tardif 00
Précoce 01
> 5 ha Saison 02
Tardif 01
Précoce 00
0-1 ha Saison 00
Tardif 00
Précoce 00
1-3 ha Saison 00
Tardif 00
DPA Localisée
Précoce 01
3-5 ha Saison 02
Tardif 01
Précoce 00
> 5 ha Saison 00
Tardif 01

3.2. Mise en place de l’essai


Une multitude de facteurs agissent sur les performances de la betterave à sucre dont les
facteurs pédologiques ; climatiques ; génétiques de la plante (variété et écotype) et les apports

49
de l’agriculteur en intrants chimiques et en [Link] on a choisi des parcelles à piloter
(zone témoin et zone expérimentale) contigües (même sol, même climat et même variété), les
seuls paramètres qui peuvent différer sont les apports d’eau d’[Link] donnée que
notre objectif fondamental est de faire ressortir l’impact du mode d’irrigation sur le rendement
en betterave à sucre, sur les parcelles témoins et expérimentales on aura le même itinéraire
technique.

3.2.1. Protocole de l’essai


Au préalable, on a identifié deux agriculteurs volontaires et réceptifs pour abriter nos essais.
(Voir en annexe 3). Chez chacun de ces agriculteurs, on a déterminé une surface betteravière
totale de 0.6 ha, qui a été subdivisée en deux zones contigües et qui présente les mêmes
caractéristiques:
- Une zone témoin où l’irrigation en goutte à goutte a été pilotée par l’agriculteur
betteravier sans aucune instruction extrinsèque ;
- Une zone extrinsèque où l’irrigation localisée a été pilotée par nous même à partir du
planning d’irrigation élaboré sur conformément au résultat obtenu par le programme
Cropwat.

Figure 12: Schéma représentant la contiguïté des deux zones d’études

3.3.Définition du planning du pilotage de l’irrigation localisée


adopté pour la betterave à sucre
L'opération de pilotage de l’irrigation est une opération assez délicate, elle nécessite la
combinaison de plusieurs facteurs qui sont : climat, sol, plante, et moyens techniques. Elle
50
permet l'établissement d'un calendrier d'irrigation où sont définies pour chaque irrigation la
date et la dose jugée optimales.
Le but de cette opération est d'éviter le stress hydrique sur l'ensemble du cycle de la culture
afin d'avoir une production maximale sans contrainte d'alimentation en eau, et l'optimisation
de l'utilisation de l'eau pour une économie de cette ressource.
Pour conduire les irrigations, il est indispensable de choisir l’outil de pilotage, dont l’objet
principal est de permettre à l'agriculteur d'apporter la dose adéquate au moment opportun, et
de maintenir ainsi la production agricole et optimiser le rendement.
L’outil proposé dans notre étude est le modèle CROPWAT.

3.3.1. Calcul des besoins en eau de la betterave


La quantité d'eau nécessaire pour compenser les pertes par évapotranspiration depuis un
champ cultivé est définie comme les besoins en eau des cultures. Bien que les valeurs
d'Évapotranspiration de la culture dans des conditions standard (ETc) et les besoins en eau de
la culture soient identiques, les besoins en eau de la culture se réfère à la quantité d'eau qu'il
est nécessaire d'apporter alors que l'évapotranspiration de la culture se réfère à la quantité
d'eau qui est perdue par évapotranspiration.
L'évapotranspiration de la culture peut être calculée à partir de données climatiques et en
intégrant directement les facteurs de résistance de la culture, d'albédo et de résistance de l'air
dans l'approche de Penman-Monteith. Comme il y a encore un manque important de données
pour diverses cultures, la méthode de Penman-Monteith est utilisée pour l'estimation de
l'Évapotranspiration de référence (ETo). Les ratios ETc/ETo (appelé Coefficients culturaux,
Kc), déterminés expérimentalement, sont utilisés pour lier ETc à ETo, ainsi nous pouvons
exprimer l'évapotranspiration de la culture par ETc = Kc * ETo. Ceci est connu comme
l'approche du coefficient cultural pour calculer l'évapotranspiration de la culture.
Dans CROPWAT 8.0, le calcul des besoins en eau des cultures est effectué par décade.
L'évapotranspiration de la culture par décade est calculée par multiplication du nombre de
jours effectifs de la culture. Pour convertir les données de précipitations mensuelles en valeurs
décadaires, une interpolation linéaire est effectuée. Les valeurs de la première et la troisième
décades de chaque mois sont calculées par interpolation respectivement avec les mois
précédent et suivant. Pour compenser les déviations dans les mois maximum et minimum, une
réitération est effectuée pour remplir la condition que la valeur des 3 décades donne la
moyenne mensuelle.
51
Les besoins en eau des cultures sont ensuite calculés par la différence entre
l'évapotranspiration de la culture et les précipitations efficaces:

BEC = ETc –Pe


Avec :
- BEC : Besoins en eau de la betterave à sucre,
- ETc : Evapotranspiration de la culture,
- Pe : Pluie efficace.

[Link]. Calcul de l’évapotranspiration de référence ETo


La formule utilisée est celle de Penman-Monteith développée par la FAO (CROPWAT). Elle
est explicitée dans le chapitre 2 de la partie “étude bibliographique(3)”.

[Link]. Le Coefficient cultural Kc


C’est le rapport entre l'évapotranspiration de la culture (ETc ) et l'évapotranspiration potentielle
(ET0 ). Les facteurs qui influent la valeur de k c sont : les caractéristiques de la culture, les
dates de plantation ou de semis, le rythme de son développement et la durée de son cycle
végétatif, les conditions climatiques, en particulier au début de la croissance et la fréquence
des pluies ou des [Link] valeurs des coefficients culturaux (k c ) utilisés pour la culture
de la betterave à sucre sont consignées dans le tableau suivant :
Tableau 4: Valeurs des coefficients culturaux Kc pour la culture de la betterave à sucre

Phase Initiale Croissance Mi-saison Arrière-saison


Kc 0,45 0,80 1,10 0,65

(Source : SEHA Oulad Gnaou)

[Link]. Le facteur de réponse du rendement Ky


La réponse du rendement à l’apport d’eau se chiffre au moyen du coefficient de réponse du
rendement (Ky) qui met en rapport la baisse du rendement et le déficit de l’é[Link]
évaluation du coefficient du rendement (Ky) a été faite par l’AIMCRA, on a utilisé les
données issues de cette évaluation, représentées sur le tableau 5, pour paramétrer le modèle
CROPWAT.

52
Tableau 5: Valeurs des coefficients culturaux Ky pour la culture de la betterave à sucre

Phase Initiale Croissance Mi-saison Arrière-saison

Ky 0,50 0,80 0,90 1

(Source : AIMCRA, 2016)

[Link]. Détermination de la pluie efficace 𝐏𝐞𝐟𝐟


C’est la portion de la pluie qui est utile, en répondant aux besoins en eau des cultures, pour le
lessivage des sols, en procurant une humidité suffisante pour les travaux d’entre saisons. La
définition, la plus couramment utilisée, considère que la pluie efficace est la fraction des
précipitations totales, qui contribue effectivement à couvrir les besoins en eau de la culture à
déduction des pertes par ruissellement de surface et par percolation profonde.
Compte tenu de la diversité des facteurs dont dépend la pluie efficace, il est difficile de la
mesurer de façon précise, c’est pourquoi il y a eu recours à des méthodes empiriques. Dans la
littérature, une multitude des méthodes a été proposé[Link] calculer les pluies efficaces,
CROPWAT utilise la formule selon l’USDA –SCS:

• Pour des précipitations inférieures à 250mm, il utilise la formule suivante :


Ptot  125  0.2  Ptot 
Peff 
125
Avec :
- Peff : Précipitation efficace (mm) ;
- Ptot : Précipitation totale (mm).

• Pour des précipitations supérieures à 250 mm, il utilise la formule :

Peff  125  0.1Ptot

3.3.2. Etablissement du planning d’irrigation


Après avoir récupéré les données climatiques relatives à la zone d’étude, et parallèlement
recueillie les caractéristiques de la culture en cours de la betterave à sucre et les données
relatives aux propriétés du sol, l’outil CROPWAT nous a permis de déterminer
l’évapotranspiration de référence journalière et aussi la pluie efficace.
En se basant sur ces deux paramètres, le logiciel calcule le besoin en eau de la culture et
donne le calendrier d’irrigation pour la parcelle concernée.

53
[Link] de l’uniformité de distribution (CU)
Afin de montrer que la qualité du réseau d’irrigation, au niveau de la parcelle témoin et la
parcelle expérimentale, n’impacte pas la productivité en biomasse, nous avons procédé à
l’évaluation de l’uniformité de distribution d’eau par les goutteurs.

3.4.1. Présentation de la méthode utilisée pour mesurer l’uniformité


d’arrosage
L’uniformité de distribution est évaluée par la méthode de Keller et Karmeli (1974) sur 16
distributeurs. En plaçant un récipient sous le goutteur et à l’aide d’un chronomètre nous
pouvons mesurer le volume d’eau délivré par le goutteur par unité de temps. Ces mesures
portent sur 4 distributeurs par rampe sur au moins 4 rampes.
La figure 13 présente l’emplacement des rampes et des goutteurs testés au cours de la mesure
de l’uniformité :

Figure 13: Schéma de localisation des points de mesure de débit

(Source : CEMAGREF « actuel IRSTEA », 2012)

• On choisit la première et la dernière rampe, celles qui se trouvent au premier et aux


deuxième tiers de la longueur du porte-rampes.
• Sur chacune de ces rampes, le premier et le dernier distributeur, ceux qui se trouvent au
tiers et aux deux tiers de la longueur de la rampe.
• On classe les débits mesurés par ordre croissant.
54
• On calcule:

La moyenne de l’ensemble des débits mesurés :

La moyenne des 4 mesures des débits les plus faibles :

Le coefficient d’uniformité est égal à:

• CU > 90 : excellente uniformité


• 80 < CU < 90 : uniformité satisfaisant
• 70 < CU < 80 : uniformité médiocre
• CU < 70 : mauvaise uniformité

La valeur du CU permet de décider de la nécessité de nettoyer le réseau d’irrigation. Le


CEMAGREF ”actuel IRSTEA” (1992) propose la classification présentée au tableau 6.
Tableau 6: Interprétation du coefficient d'uniformité

Valeur CU Interprétation

CU > 90% Il n’y pas lieu d’intervention sur le réseau

70%< CU < 90% Le réseau doit être nettoyé

CU < 70% Il faut rechercher les causes du colmatage et les traiter

(Source: CEMAGREF "actuel IRSTEA", 1992)

3.4.2. Présentation du matériel utilisé pour mesurer l’uniformité


d’arrosage
Le matériel utilisé pour cette opération est composé de pots, une éprouvette et un
chronomètre.

55
Figure 14: Conduite de l’esssai de conformité

[Link] des composantes du rendement de la betterave à sucre


Afin de déterminer l’influence du mode de pilotage de l’irrigation goutte à goutte sur la
productivité de la betterave à sucre, on a effectué des mesures sur chacune des deux zones de
chaque parcelle étudiée :

- Zone témoin (zone pilotée par l’agriculteur lui-même)/Zone expérimentale (pilotée


par nous-mêmes à partir du modèle CROPWAT).
- Parcelle Oulad Illoul/Parcelle Ghorm Laalam.
A la récolte, nous avons procédé au prélèvement des échantillons représentatifs sur lesquels
on a effectué les mesures suivantes :
• Le peuplement (le nombre de pieds par hectare) ;
• Le poids moyen de la racine (le poids moyen des racines d’un plant);
• La richesse en sucre ;
• Le taux en sucre extractible ;
• Le rendement en racine et en sucre.

3.5.1. Procédure de prélèvement de l’échantillon


On a pratiqué la même procédure d’échantillonnage au niveau des deux zones de chacune des
deux parcelles. Dans un objectif d’homogénéité, on a éliminé les bordures de chaque zone (10
mètres du côté amont qui est censé être un peu mieux irrigué et 10 mètres du côté aval qui est
censé être un peu moins irrigué) ainsi que les bordures latérales (2 lignes de chaque
extrémité).
La zone homogène restante a été subdivisée en 16 rectangles de mêmes dimensions (35m x
8m).

56
On a échantillonné les 4 rectangles formant la diagonale. Et au niveau du centre de chacun de
ces 4 rectangles, on a désigné une placette centrale longue de 5 mètres et dont la largeur est
répartie équitablement sur 2 lignes successives d’irrigation. Pour effectuer cet
échantillonnage, on a utilisé un mètre ruban et une balance.
Au niveau de chacune des placettes, on a procédé à la récolte de la betterave à sucre et au
comptage du nombre de pieds récoltés et la mesure de leur poids total. Aussi, 10 racines de
betterave de chaque placette ont fait l’objet des analyses technologiques au centre d’analyse
de la SUTA.

57
Figure 15: Procédure de prélèvement de l’échantillon des tubercules au niveau des deux
parcelles

58
3.5.2. Traitement statistique
Les résultats de mesures ont été assignés dans des tableaux. On leur a fait subir un traitement
statistique pour ressortir pour chaque zone de chaque parcelle les moyennes, les écarts types
et les coefficients de variation du peuplement, du poids moyen de la racine, du rendement,
de la richesse en sucre et du sucre extractible. Ces paramètres calculés vont nous permettre de
comparer les résultats de la zone témoin pilotée par l’agriculteur selon les pratiques agricoles
usuelles dans la région et ceux de la zone expérimentalepilotée à partir du planning
d’irrigation élaboré à l’aide du programme CROPWAT.
Ensuite, on va faire subir aux performances mesurées au niveau de la zone témoin et au
niveau de la zone expérimentale une analyse de variance (ANOVA) à travers l’utilisation du
logiciel « SPSS » (Statistical Package for the Social Sciences).
Le modèle d’analyse est une analyse de variance à un seul facteur (ANOVA1) avec comme
critère de classification le mode de pilotage de l’irrigation localisée à deux niveaux (mode
usuel adopté par l’agriculteur betteravier, mode de pilotage selon le programme CROPWAT)
avec 4 répétitions (placettes) au niveau de chaque zone.

59
Résultats et Discussions

60
1. Etat des lieux de la pratique et la gestion de l’irrigation
localisée dans le Tadla
La campagne betteravière 2016/2017 au niveau du périmètre irrigué du Tadla a impliqué 7570
betteraviers sur une surface cultivée globale de 15700 ha, avec prédominance de l’irrigation
gravitaire sur les autres types d’irrigation.
Les deux figures (16 et 17) suivantes montrent la répartition du nombre de betteravierset des
surfaces betteravières selon les 4 systèmes d’irrigation. (Voir tableau en annexe 4)

Figure 16: Répartition du nombre de Figure 17: Répartition de la surface


betteraviers selon les 4 systèmes d’irrigation au betteravière selon les 4 systèmes de l’irrigation
titre de la campagne agricole 2016/2017 dans le au titre de la campagne agricole 2016/2017
Tadla dans le Tadla

(Source: Fichier diagnostic SUTA, 2017)


L’étude analytique et comparative de ces données montre qu’au niveau des zones étudiées, il
y a une très large dominance du mode classique d’irrigation à savoir l’irrigation gravitaire. On
peut dire que l’agriculteur betteravier fait plus confiance à ses pratiques anciennes, il a besoin
de voir et de toucher les terrains immergés pour se sentir avoir répondu aux besoins hydriques
de la plante.

 Critères de prise de décision par l’agriculteur betteravier pour le déclenchement


de son irrigation localisée
Les données statistiques au niveau du périmètre du Tadla montrent une large dominance du
mode subjectif basé sur l’état du sol et de la plante comme critère de prise de décision par
l’agriculteur betteravier pour déclencher son irrigation localisée avec 87.5% (77.78% dans
Les Béni Amir, 88.24 % dans les Béni Moussa et 100% dans la zone de production DPA)

61
contre seulement 12.5 % pour la prise de décision basée sur l’ETo (22.22% dans Les Béni
Amir, 11.76 % dans les Béni Moussa).
La figure 18 ci-dessous illustre le mode de prise de décision du déclenchement de l'irrigation
dans les deux zones : Beni Moussa et Béni Amir.

Figure 18: Mode de prise de décision du déclenchement de l'irrigation dans les deux
zones
(Source : Résultats enquêtes élaborées dans le cadre de ce travail)

 Doses et fréquences d’irrigation de la betterave à sucre


D’après les résultats de nos enquêtes, il s’avère que la dose apportée lors de la première
irrigation de la saison betteravière varie entre 60 mm et 90 mm (600 m3/Ha et 900 m3/Ha), et
ce selon la coincidance ou non de la date du semis avec une période pluvieuse ou sèche. De
même, l’agriculteur bettervier a l’habitude d’irriguer selon un rythme temporel régulier (une
fois par semaine par exemple) et non selon l’état de la plante et du sol.
Par ailleurs, lors de nos enquêtes, on a pu noter qu’il n’y a pas de différence significative pour
les doses apportées et les fréquences d’irrigation, au niveau des trois zones de production :
Béni Amir, Béni Moussa et la zone DPA.
La recherche de correspondance entre les dates d’irrigation et les doses apportées d’un côté, et
la valeur d’ETo correspondante à cette date d’un autre côté, nous a permis de réaliser le
graphe de la figure 19.

62
70

60

50
Dose apportée en mm

40

30

20

10

0
Eto<2 2<Eto<5 5<Eto<7 Eto>7

Figure 19: Répartion des doses moyennes journalières apportées en eau selon les ETo

(Source : Résultats enquêtes élaborées dans le cadre de ce travail)


D’après nos diagnostics sur le terrain, on note que :

- L’agriculteur betteravier procède de manière discontinue à l’irrigation localisée de sa


parcelle (une fois tous les 6 à 8 jours).
- Les calculs de la dose journalière apportée en eau montrent une certaine
correspondance avec l’ETo (Figure 19), cependant ce rythme des irrigations nous
amène à déduire un surdosage ponctuel en eau les premiers jours suivi d’un stress
hydrique prolongé pour les jours suivants.

2. Calcul des besoins en eau de la culture de la betterave à


sucre
Les besoins en eau d’irrigation de la betterave à sucre, au niveau des deux parcelles, ont été
calculés en moyennant CROPWAT. En suivant, les étapes de l’approche méthodologique
expliquées dans la partie « matériels et méthodes » (2.1), nous avons obtenu les résultats de
calcul présenté sur les figures 20 et 21, et sur les tableaux présentés en annexe7, pour les deux
parcelles respectivement.

63
 Cas de la première parcelle
La figure 20 représente la répartition des besoins en eau mensuels théoriques de la culture de
la betterave à sucre à partir du modèle CROPWAT.

250.0
204.5
192.2
200.0
133.9
150.0
94.4

100.0
51.7

50.0 9.1
4.7

0.0
Janvier Février Mars Avril Mais Juin Juillet

Besoins en eau en mm

Figure 20: Répartition des besoins en eau mensuels de la culture de la betterave à sucre
en mm dans la parcelle 1 calculés à l’aide de CROPWAT

Sur la figure 20 on peut constater que les besoins en eau de la betterave à sucre dans cette
parcelle sont minimaux au premier stade de croissance (Janvier et Février), augmentent de
manière rapide en Mars et Avril pour atteindre des besoins élevés en Mai et Juin. Il est à noter
que le besoin enregistré pour le mois de Juillet correspond à la première décade (la récolte a
eu lieu le 11 Juillet).
On note, d’après la figure 20, que les besoins de pointe sont celles du mois de Juin avec un
besoin de 204.5 mm, représentant les 30% des besoins totaux.
Aussi, conformément au calcul, nous admettons que les besoins en eau de la culture de la
betterave à sucre s’élèvent à 6909 m3/ha, au titre de la campagne 2016/2017. L’irrigation
brute est de 725.6 mm et l’irrigation nette est de 689.3 mm.

 Cas de la seconde parcelle


La figure 21 présente la répartition des besoins en eau mensuels de la culture de la betterave à
sucre :

64
250.0
210.50
191.9
200.0 173.00

133.6
150.0
105.9

100.0

50.0 20.9
6.5 11.1
1.5

0.0

Besoins en eau en mm

Figure 21: Répartition des besoins en eau mensuels de la culture de la betterave à sucre
en mm dans la parcelle 2 calculés à l’aide de CROPWAT

Sur la figure 21 on peut constater que les besoins en eau de la betterave à sucre dans cette
parcelle sont minimaux au premier stade de croissance (de Novembre à Février), augmentent
de manière rapide à partir de Mars pour atteindre des besoins élevés en fin de saison.
On admet, d’après cette figure, que les besoins de pointe sont celles du mois de Juin avec un
besoin de 210.50 mm, représentant les 24.6% des besoins totaux.
Selon les calculs effectués en utilisant le programme CROPWAT, les besoins en eau de la
culture de la betterave à sucre s’élèvent à 8549 m3/ha, au titre de la campagne 2016/2017.
L’irrigation brute est de 846 mm et l’irrigation est estimée à 803.7 mm.

La différence des résultats obtenus à l’hectare au niveau des parcelles expérimentales est la
conséquence des données relatives à la culture, notamment la date de semis et de récolte qui
ne sont pas similaires pour les deux parcelles. En effet, la première parcelle a été semée le 03
janvier et a été récoltée le 11 juillet, quant à la seconde, elle a été semée le 19 novembre et a
été récoltée le 10 Août.

65
3. Résultats d’évaluation du test d’uniformité au niveau des
parcelles identifiées
Les mesures de l’uniformité de distribution ont été faites sur les deux zones de chaque
parcelle.
La répartition des postes d’arrosage au niveau des deux parcelles est présentée dans
l’annexe3.

3.1. Résultats du test d’uniformité dans la première parcelle

3.1.1. Résultats d’évaluation de l’uniformité au niveau de lazone témoin 1


Le premier poste est équipé avec des goutteurs de 2l/h, le résultat de l’évaluation de
l’uniformité de distribution dans ce poste est présenté dans le tableau 7 suivant :
Tableau 7: Evaluation de l'uniformité de la zone témoin 1

Position de la rampe sur le porte-rampe


Position des
points de Extrémité Extrémité
Tiers amont Tiers aval
distribution sur amont aval
la rampe q V V q
V (ml) V (ml) q (l/h) q (l/h)
(l/h) (ml) (ml) (l/h)
Extrémité amont 156 2,24 150 2,16 150 2,16 154 2,22
Tiers amont 120 1,73 136 1,96 134 1,93 143 2,06
Tiers aval 130 1,87 122 1,76 127 1,83 125 1,80
Extrémité aval 126 1,81 132 1,90 140 2,01 133 1,91
Temps (min) 4.17 4.17 4.17 4.17
Q (l/h) 1.96
Qmin (l/h) 1.77
Cu (%) 90.5

D’après le tableau 7, l’uniformité de distribution au niveau du premier poste arrive à


90.5%.Selon le tableau 6, l’uniformité à ce poste est excellente.

3.1.2. Évaluation de l’uniformité au niveau de la zone expérimentale 1


Le premier poste est équipé avec des goutteurs de 2l/h, le résultat de l’évaluation de

66
l’uniformité de distribution dans ce poste est présenté dans le tableau 8 suivant :
Tableau 8: Evaluation de l'uniformité de la zone expérimentale 1

Position de la rampe sur le porte-rampe


Position des
points de Extrémité
Extrémité amont Tiers amont Tiers aval
distribution aval
sur la rampe V V V q
q (l/h) V (ml) q (l/h) q (l/h)
(ml) (ml) (ml) (l/h)
Extrémité
119 2,04 134 2,30 122 2,09 130 2,23
amont

Tiers amont 110 1,89 132 2,26 156 2,67 120 2,06

Tiers aval 118 2,02 116 1,99 142 2,43 115 1,97

Extrémité aval 122 2,09 132 2,26 140 2,40 126 2,16

Temps (min) 3.5 3.5 3.5 3.5

Q (l/h) 2.18

Qmin (l/h) 1.97

Cu (%) 90.27

L’uniformité de distribution au niveau du premier poste arrive à 90.27%. Selon la


classification présentée sur le tableau 6, l’uniformité à ce poste est excellente.
Dans ce poste les débits des goutteurs varient entre 1,89 l/h et 2,43 l/h. Cette singularité peut
être justifiée par l’obturationde certains distributeurs.

3.2.Résultats du test d’uniformité dans la seconde parcelle

3.2.1. Résultats d’évaluation de l’uniformité au niveau de la zone témoin 2


Le premier poste (P1) est équipé avec des goutteurs de 2l/h, le résultat de l’évaluation de
l’uniformité de distribution dans ce poste est présenté dans le tableau 9 suivant :

67
Tableau 9: Evaluation de l'uniformité de la zone témoin 2
Position de la rampe sur le porte-rampe
Position des points Extrémité Extrémité
Tiers amont Tiers aval
de distribution sur amont aval
la rampe
q V q V q V q
V (ml)
(l/h) (ml) (l/h) (ml) (l/h) (ml) (l/h)
Extrémité amont 30 1,80 27 1,62 32 1,92 33 1,98
Tiers amont 32 1,92 30 1,80 36 2,16 31 1,86
Tiers aval 31 1,86 29 1,74 30 1,80 28 1,68
Extrémité aval 28 1,68 27,5 1,65 28 1,68 29 1,74
Temps (min) 1 1 1 1
Q (l/h) 1.81
Qmin (l/h) 1.69
Cu (%) 93.5

L’uniformité de distribution au niveau du premier poste arrive à 93.5%. Selon la classification


de l’IRSTEA, l’uniformité à ce poste est excellente. Dans ce poste les débits des goutteurs
varient entre 1,68 l/h et 2,16 l/h. Le réseau a été mis en place récemment (2016). Par
conséquent, cette anomalie est peut être le résultat d’une obturation de quelques goutteurs.

3.2.2. Évaluation de l’uniformité au niveau de la zone expérimentale 2


Le second poste (P2) est équipé avec des goutteurs de 2l/h, le résultat de l’évaluation de
l’uniformité de distribution dans ce poste est présenté dans le tableau suivant :
Tableau 10: Evaluation de l'uniformité de la zone expérimentale 2
Position des points Position de la rampe sur le porte-rampe
de distribution sur Extrémité
la rampe Tiers amont Tiers aval Extrémité aval
amont
V (ml) q (l/h) V (ml) q (l/h) V (ml) q (l/h) V (ml) q (l/h)
Extrémité amont 45 1,80 42,7 1,71 48 1,92 44,7 1,79
Tiers amont 46 1,84 48 1,92 46 1,84 46,7 1,87
Tiers aval 43,1 1,72 45 1,80 47 1,88 46 1,84
Extrémité aval 42 1,68 47 1,88 45 1,80 41,8 1,67
Temps (min) 1.5 1.5 1.5 1.5
Q (l/h) 1.81
Qmin (l/h) 1.70
Cu (%) 93.7

68
L’uniformité de distribution au niveau du premier poste arrive à 93.7%. En se reférant au
tableau 6, l’uniformité à ce poste est excellente.

4. Etude de l’influence du mode de pilotage de l’irrigation sur


les performances agronomiques et technologiques

4.1. Etude de l’influence du mode de pilotage de l’irrigation sur les


performances agronomiques et technologiques de la parcelle 1
Pour mettre en relief la relation éventuelle entre le mode de pilotage de l’irrigation et les
composantes du rendement de la betterave à sucre, on a procédé à une étude comparative qui
a abouti aux résultats figurants sur le tableau 11 (Annexe 6).
Tableau 11: Moyenne, écart type et coefficient de variation des paramètres mesurés
dans les deux zones de l’étude de la parcelle 1
Le
PMR* Riches taux
Paramètr Peupleme Rendeme Rendeme
se en en
Parcelle 1 es nt (Kg/h nt racine
sucre
nt sucre
mesurés (Plant/ha) (T/ha) SE* (T/ha)
a) (%) *
(%)
15,8
Moyenne 80725 0,54 43,34 15,91 7,15
6
Zone
témoin Ecart type 8668,86 0,03 5,11 0,44 0,71 0,94
CV % 10,74 6,24 11,79 2,78 4,45 13
16,1
Moyenne 95750 0,77 73,22 17,73 11,82
Zone 3
expériment
Ecart type 9023,12 0,06 5,01 0,41 0,48 1,10
ale
CV % 9,42 7,77 6,85 2,30 3,00 9
(*) PMR : Poids moyen des racines, (**) SE : Sucre extractible.
À partir de ces résultats on a réalisé les graphes ci-dessous qui vont nous permettre la
comparaison et la discussion des moyennes et des coefficients de variation des résultats des
performances agronomiques et [Link] ce qui suit, on va discuter les différents
résultats des performances agronomiques et technologiques au niveau des deux zones.

4.1.1. Analyse des moyennes des performances agronomiques et technologiques


La figure 22 représente un graphe de comparaison des moyennes des performances
agronomiques et technologiques des deux zones de l’étude.

69
Figure 22: Comparaison des moyennes des performances agronomiques et
technologiques de la betterave des deux modes de conduite de la parcelle 1
L’analyse de la figure 22 nous permet de tirer les conclusions suivantes :

- Le meilleur peuplement a été enregistré au niveau de la zone expérimentale, il est de


95750 pieds/ha contre 80752 pieds/ha pour la zone témoin.

- Le meilleur poids moyen des racines est obtenu au niveau de la zone expérimentale,
il est de 0,77 kg contre 0,54 kg pour la zone pilotée par l’agriculteur lui-même.

- Le meilleur rendement en racine obtenu est celui de la betterave de la zone pilotée à


partir du modèle CROPWAT, il est de 73.22 t/ha contre une valeur de rendement de
43.34 enregistrée au niveau de la zone témoin.

- Pour la richesse en sucre, la meilleure valeur enregistrée a été celle au niveau de la


betterave à sucre récoltée au niveau dans la zone expérimentale qui est de 17.73 %
contre 15.91 % obtenue au niveau de la zone témoin.

- Le meilleur taux de sucre extractible a été au niveau de la zone pilotée à partir du


modèle CROPWAT, il est de 16.13 %. Le taux de sucre extractible pour la zone
témoin est de 15.86 %.

- Le meilleur rendement en sucre a été au niveau de la zone expérimentale qui est de


11.82 t/ha, celui de la zone témoin est de 7.15 t/ha, soit un gain de 4.67 t/ha donc une
amélioration de la production en sucre de 65.31%.

70
4.1.2. Analyse des coefficients de variation des performances agronomiques et
technologiques
Le coefficient de variation d’un paramètre va nous permettre de comparer la variabilité des
deux séries (zone témoin et zone expérimentale) et nous en donner l’homogénéité (si ce
coefficient est inférieur à 15%, on considère que les données sont homogènes et inversement).
La figure 23 est un graphe qui permet de comparer les coefficients de variation des
performances agronomiques et technologiques des deux zones de l’étude.

Figure 23: Comparaison des coefficients de variation en (%) des performances


agronomiques et technologiques de la betterave dans les deux zones de la parcelle 1
La lecture de la figure 23 nous permet de déduire ce qui suit :

• Le peuplement
Les valeurs du coefficient de variation (10.74% et 9.42%) pour la distribution du
peuplement dans les deux zones peuvent être considérées comme très proches, en
plus du fait qu’elles témoignent d’une homogénéité de distribution du nombre de
plants par hectare autour de la moyenne.

• Poids moyen de la racine(PMR)


La valeur du coefficient de variation pour la distribution du PMR dans la zone
témoin est deux fois plus grande que celle de la zone expérimentale, ce qui veut
dire que les valeurs du PMR sont deux fois plus dispersées autour de la moyenne

71
dans la zone témoin que dans la zone expérimentale.

• Rendement
Dans la zone témoin, la valeur du coefficient de variation(16,92%) pour la
distribution du rendement est supérieure à 15% ce qui signifie que cette distribution
est hétérogène, alors que dans la zone expérimentale, ce coefficient(6,85%) signifie
l’homogénéité de distribution des valeurs du rendement autour de la moyenne, ce
qui veut dire qu’on a enregistré presque les mêmes rendements au niveau des
différentes placettes de cette zone expérimentale.

• Richesse en sucre et le taux en sucre extractible


Les valeurs des coefficients de variation pour la distribution de la richesse en sucre
et la teneur en sucre extractible dans les deux zones sont faibles et de même ordre
de grandeur, ce qui témoigne d’une homogénéité de distribution pour chacun de ces
deux paramètres autour des moyennes.

• Le rendement en sucre
Etant donné que les valeurs du coefficient de variation pour la distribution de ce
paramètre sont faibles, on a choisi de les multiplier par un facteur de 10 pour mieux
les visualiser sur le graphe ci-dessus.

Pour les deux zones on constate que la distribution est homogène avec plus de
centrage autour de la moyenne pour la zone expérimentale.

4.1.3. Comparaison des moyennes des résultats par une analyse de variance
(ANOVA)
Pour conforter les déductions et conclusions issues des comparaisons précédentes, on va faire
subir aux performances mesurées au niveau de la zone témoin et au niveau de la zone
expérimentale une analyse de variance (ANOVA) à travers l’utilisation du logiciel « SPSS »
(Statistical Package for the Social Sciences).
Le modèle d’analyse est une analyse de variance à un seul facteur (ANOVA1) avec comme
critère de classification le mode de pilotage de l’irrigation localisée à deux niveaux (mode
usuel adopté par l’agriculteur betteravier, mode de pilotage selon le programme CROPWAT)
avec 4 répétitions (placettes) au niveau de chaque zone.
Le tableau 12 présente les résultats de l’analyse de variance établie à l’aide de« SPSS ».

72
Tableau 12: Résultats de l'analyse statistique de la variance

Performances Somme des Moyenne des Signific


ddl F
carrés carrés ation
Inter- 451501250 1 451501250
Peuplement

groupes
Intra- 5.768 0.053
469697500 6 78282916.667
groupes
Total 921198750 7
Inter- 0.084
Poids moyen

0.084 1
de la racine

groupes
Intra- 0.032 6 0.005 16.066 0.007
groupes
Total 0.116 7
Inter-
Rendement en

1557.099 1 1557.099
groupes
racine

Intra- 37.096 0.001


251.851 6 41.975
groupes
Total 1808.950 7
Inter- 6.643
6.643 1
Richesse en

groupes
sucre

Intra- 1.181 36.719 0.001


1.085 6
groupes
Total 7.728 7
Inter-
Rendement en

43.665 1 43.665
groupes
sucre

Intra- 6.287 6 1.048 41.669 0.001


groupes
Total 49.952 7

Ce tableau montre des taux de signification différents pour les différentes performances :

- Pour le peuplement : on enregistre un taux de signification supérieure au seuil de 5%,


donc l’hypothèse Ho selon laquelle il y a une similitude entre les moyennes des
peuplements pour les deux modes est acceptée.
- Pour le poids moyen de la racine : on obtient un taux de signification de 7‰, donc au
risque d’erreur de 5% on peut dire que le mode de pilotage de l’irrigation localisée
influe sur le poids moyen de la racine.

73
- Pour les autres paramètres (rendement racine, taux en sucre extractible et rendement
en sucre) : on note des taux de signification de l’ordre de 1‰, par conséquent on
déduit qu’au risque d’erreur de 5% le mode de pilotage de l’irrigation localisée a un
effet sur chacun de ses paramètres.

4.2. Etude de l’influence du mode de pilotage de l’irrigation sur les


performances agronomiques et technologiques de la parcelle 2
Pour mettre en relief la relation éventuelle entre le mode de pilotage de l’irrigation et les
composantes du rendement de la betterave à sucre, on a procédé à une étude comparative qui
a abouti aux résultats figurants sur le tableau 13 suivant :
Tableau 13: Moyenne, écart type et coefficient de variation des paramètres mesurés
dans les deux zones de l’étude de la parcelle 2

Le
Rendem- Riches-
Paramètr Peupleme- PMR* taux Rendem-
ent se en
Parcelle 1 es nt
racine sucre
en ent sucre
(Kg/ha)
mesurés (Plant/ha) SE* (T/ha)
(T/ha) (%)
(%)
15,5
Moyenne 77675 0,64 50,06 15,83 10,07
3
Zone témoin
Ecart type 7350,00 0,05 7,59 0,37 0,34 0,86
CV % 9,46 8,21 15,16 2,36 2,18 8,53
16,7
Moyenne 99500 0,79 78,47 17,85 14,47
Zone 5
expérimenta Ecart type 7397,75 0,04 8,23 0,19 0,08 0,46
le
CV % 7,43 5,22 10,49 1,08 0,51 3,16
(*) PMR : Poids moyen des racines, (**) SE : Sucre extractible.

À partir de ces résultats on a réalisé les graphes sur les figures 24 et 25 ci-dessous qui vont
nous permettre la comparaison et la discussion des moyennes et des coefficients de variation
des résultats des performances agronomiques et technologiques.
Dans ce qui suit, on va discuter les différents résultats des performances agronomiques et
technologiques au niveau des deux zones.

74
4.2.1. Analyse des moyennes des performances agronomiques et technologiques
de la parcelle 2

Figure 24: Comparaison des moyennes des performances agronomiques et


technologiques de la betterave dans les deux zones de la parcelle 2
L’analyse de la figure 24 nous permet de tirer les conclusions suivantes :

- Le meilleur peuplement a été enregistré au niveau de la zone expérimentale, il est de


99500 pieds/ha contre 77675 pieds/ha pour la zone témoin.

- Le meilleur poids moyen des racines est obtenu au niveau de la zone expérimentale,
il est de 0,79 kg contre 0.64 kg pour la zone pilotée par l’agriculteur lui-même.

- Le meilleur rendement en racine obtenu est celui de la betterave de la zone pilotée à


partir du modèle CROPWAT, il est de 78.47 t/ha contre une valeur de rendement de
50.06 enregistrée au niveau de la zone témoin.

- Pour la richesse en sucre, la meilleure valeur enregistrée a été celle au niveau de la


betterave à sucre récoltée au niveau dans la zone expérimentale qui est de 17.85 %
contre 15.83 % obtenue au niveau de la zone témoin.

- Le meilleur taux de sucre extractible a été au niveau de la zone pilotée à partir du


modèle CROPWAT, il est de 16.75 %. Le taux de sucre extractible pour la zone
témoin est de 15.53 %.
75
- Le meilleur rendement en sucre a été au niveau de la zone expérimentale qui est de
14.47 t/ha, celui de la zone témoin est de 10.07 t/ha, soit un gain de 4.40 t/ha donc
une amélioration de la production en sucre de 43.7 %.

4.2.2. Analyse des coefficients de variation des performances agronomiques et


technologiques de la parcelle 2
Le coefficient de variation d’un paramètre va nous permettre de comparer la variabilité des
deux séries (zone témoin et zone expérimentale) et nous en donner l’homogénéité (si ce
coefficient est inférieur à 15%, on considère que les données sont homogènes et inversement).
La figure 25 est un graphe qui permet de comparer les coefficients de variation des
performances agronomiques et technologiques des deux zones de l’étude.

Figure 25: Comparaison des coefficients de variation en (%) des performances


agronomiques et technologiques de la betterave dans les deux zones de la parcelle 2
La lecture de la figure 25 nous permet de déduire que les distributions des paramètres
(peuplement, poids moyen de la racine, richesse en sucre, taux en sucre extractible et
rendement sucre) dans les deux zones sont homogènes. Par ailleurs, la valeur du coefficient de
variation pour la distribution du rendement en racine dans la zone témoin est supérieure à 15
%, elle témoigne d’une hétérogénéité de distribution.
De plus, les valeurs du coefficient de variation dans la zone témoin sont élevées en les
76
comparants avec celles enregistrées dans la zone expérimentale. Par conséquent en adoptant le
planning de pilotage d’irrigation élaboré à travers CROPWAT, nous sommes plus sûrs
d’avoir les performances obtenus.

4.2.3. Comparaison des moyennes des résultats de la parcelle 2 par une analyse
de variance (ANOVA)
Pour conforter les déductions et conclusions issues des comparaisons précédentes, on va faire
subir aux performances mesurées au niveau de la zone témoin et au niveau de la zone
expérimentale une analyse de variance (ANOVA) à travers l’utilisation du logiciel « SPSS »
(Statistical Package for the Social Sciences).
Le modèle d’analyse est une analyse de variance à un seul facteur (ANOVA1) avec comme
critère de classification le mode de pilotage de l’irrigation localisée à deux niveaux (mode
usuel adopté par l’agriculteur betteravier, mode de pilotage selon le programme CROPWAT)
avec 4 répétitions (placettes) au niveau de chaque zone.
Le tableau 14 présente les résultats de l’analyse de variance établie sur « SPSS ».

77
Tableau 14: Résultats de l'analyse statistique de la variance

Performances Somme des Moyenne des Signific


ddl F
carrés carrés ation
Inter-
952661250 1 952661250
groupes
Peuplement Intra- 17.520 0.06
326247500 6 54374583.33
groupes
Total 1278908750 7
Inter-
0.042 1 0.042
groupes
Poids moyen
Intra- 18.846 0.006
de la racine 0.013 6 0.002
groupes
Total 0.056 7
Inter-
1614.589 1 1614.589
groupes
Rendement
Intra- 25.765 0.002
en racine 375.994 6 62.666
groupes
Total 1990.582 7
Inter-
8.161 1 8.161
groupes
Richesse en
Intra- 92.631 0.000
sucre 0.529 6 0.088
groupes
Total 8.689 7
Inter-
38.676 1 38.676
groupes
Rendement
Intra- 81.757 0.000
en sucre 2.838 6 0.473
groupes
Total 41.514 7

Ce tableau montre des taux de signification différents pour les différentes performances :

- Pour le peuplement : on enregistre un taux de signification supérieure au seuil de 5%,


donc l’hypothèse Ho selon laquelle il y a une similitude entre les moyennes des
peuplements pour les deux modes est acceptée.
- Pour le poids moyen de la racine : on obtient un taux de signification de 6‰, donc au
risque d’erreur de 5% on peut dire que le mode de pilotage de l’irrigation localisée
influe sur le poids moyen de la racine.
- Pour les autres paramètres (rendement racine, taux en sucre extractible et rendement
78
en sucre) : on note des taux de signification nuls, par conséquent on déduit le mode de
pilotage de l’irrigation localisée a un effet sur chacun de ses paramètres.
Conclusion
- L’analyse comparative des résultats des performances agronomiques et technologiques
montre que les meilleurs rendements en racine et en sucre sont obtenus au niveau des
zones pilotées à partir du modèle CROPWAT, avec un gain moyen en rendement en sucre
de 54.51 %.
- L’analyse statistique par SPSS de ces performances agronomiques et technologiques
montre que le mode de pilotage a un effet sur le poids moyen de la racine, le rendement en
racine et en sucre, sur la richesse en sucre et aussi sur le taux en sucre extractible.

5. Efficience d’utilisation de l’eau


L’efficience agronomique de l’utilisation de l’eau est le rapport entre la production obtenue et
le volume de l’eau utilisé.
La lecture des compteurs volumétriques nous a permis de quantifier la consommation en eau
au niveau des zones des deux parcelles expérimentales. Les tableaux 15 et 16, ci-dessous,
illustrent l’ensemble des résultats obtenus :
Tableau 15: Efficience agronomique de la betterave à sucre pour les deux zones des deux
parcelles 1&2
Parcelle 1 Parcelle 2
Désignation
Zone Zone
Zone témoin Zone témoin
Expérimentale Expérimentale
Volume apporté
7783.2 6712 9052.3 8012.6
(m3/ha)
Rendement racine
43.34 73.22 50.06 78.47
(t/ha)
Efficience
agronomique en 5.56 10.9 5.53 9.8
racine (kg/m3)
Rendement Sucre
7.15 11.82 10.07 14.47
(t/ha)
Efficience
Agronomique en 0.91 1.76 1.11 1.8
sucre (Kg/m3)

79
Ces résultats montrent que:
- La consommation en eau d’irrigation au niveau de la zone témoin est supérieure de
manière significative à celle consommée dans la zone expérimentale. Le modèle de
pilotage CROPWAT a permis une économie d’eau de 14% en volume dans la première
parcelle et de 11.5% dans la seconde.
- L’efficience agronomique en racine et en sucre enregistrée dans la zone expérimentale sont
presque le double de celles obtenuesdansla zone témoin pilotée par l’agriculteur.

Pour les deux parcelles, on obtient le résultat moyen représenté sur le tableau 16 :
Tableau 16: Efficience agronomique moyenne de la betterave à sucre pour les deux
zones

Parcelles 1 et 2
Désignation Variation (%)
Zone témoin Zone Expérimentale

Volume apporté (m3/ha) 8417,75 7362,30 -12,54

Rendement racine (t/ha) 46,70 75,85 62,41


Efficience agronomique en
racine (kg/m3)
5,55 10,35 86,65

Rendement Sucre (t/ha) 8,61 13,15 52,67


Efficience Agronomique en
sucre (Kg/m3)
1,01 1,78 76,24

La lecture de ces résultats nous permet de ressortir que l’irrigation selon le modèle
CROPWAT permet :

• Une économie en eau de 12.54 %


• Une efficience agronomique en racine améliorée de 86.65 %,
• Une efficience agronomique en sucre améliorée de 76.24 %,

80
Conclusions et recommandations

La présente étude avait pour objectif de proposer des voies d’amélioration de la pratique de
l’irrigation goutte à goutte de la betterave à sucre dans le périmètre irrigué du TADLA. Plus
spécifiquement, elle a visé à monter qu’une irrigation rationnelle basée sur un modèle
scientifique (CROPWAT) qui tient compte des facteurs climatiques, pédologiques et des
données relatives à la culture, est plus performante qu’une irrigation basée sur le savoir-faire
de l’agriculteur souvent inadapté. A l’issue de ce travail, on a pu aboutir à un ensemble de
résultats, dont on cite les principaux points :
- Les enquêtes effectuées sur le terrain nous ont montré que la gestion des irrigations n’est
pas toujours assez maîtrisée par les betteraviers pratiquants de l’irrigation localisée dans le
Tadla. En effet, les techniques de pilotage ne sont pas assez utilisées dans la région; le
moyen le plus fréquent de déclenchement de l’irrigation est l’appréciation subjective de
l’état hydrique du sol et de la plante (Seulement 12.5 % des betteraviers décident le
déclenchement de leur irrigation sur la base de l’ETo), ce qui ne permet pas toujours
d’apporter les besoins exacts en eau d’irrigation;
- Selon la modélisation théorique effectuée en moyennant le modèle CROPWAT, les
besoins en eau de la betterave à sucre pour un semis tardif varient entre 690.9 mm pour
une betterave à sucre ayant une durée de cycle de 200 jours et 854.9 mm pour une durée de
cycle de 250 jours;
- L’analyse comparative des résultats des performances agronomiques et technologiques
montre que les meilleurs rendements en racine et en sucre sont obtenus au niveau des
zones pilotées à partir du modèle de pilotage de l’irrigation localisée élaboré selon
CROPWAT, avec un gain moyen en rendement en sucre de 54.51 %;
- L’analyse statistique par SPSS de ces performances agronomiques et technologiques
montre que le mode de pilotage de l’irrigation localisée a un effet sur le poids moyen de la
racine, sur le rendement en racine et en sucre, sur la richesse en sucre et aussi sur le taux en
sucre extractible;
- La comparaison de la consommation en eau dans la zone témoin et la zone expérimentale
montre que le modèle de pilotage selon CROPWAT a permis une économie d’eau
moyenne d’environ 12.54%;
81
- L’efficience agronomique en racine et en sucre enregistrées dans la zone expérimentale
sont presque le double de celles obtenues dans la zone témoin pilotée par l’agriculteur ;
- Le mode de conduite selon CROPWAT permet :
• Une efficience agronomique en racine améliorée de 86.65 %,
• Une efficience agronomique en sucre améliorée de 76.24 %.
A la lumière de ceci, nous recommandons :
- De réaliser des actions d’appui et de renforcement de capacités au profit des agriculteurs,
pour une meilleure maîtrise de la conduite de l’irrigation localisée;
- D’intensifier la généralisation de l’irrigation localisée au niveau de la région,
- D’organiser une formation continue au profit des conseillers agricoles de la SUTA aux
techniques et outils modernes de pilotage de l’irrigation;
- De généraliser l’utilisation du logiciel CROPWAT et optimiser cette utilisation via un
paramétrage adéquat qui demande la réalisation de tests au terrain et au laboratoire, d’où la
nécessité d’équiper les laboratoires de la SUTA et de l’ORMVAT en matériel adéquat;
- D’encourager des essais pilotes par les betteraviers et encadrés par les techniciens de la
SUTA et de l’ORMVAT qui serviront d’expériences démonstratives de vulgarisation
auprès des agriculteurs avoisinants;
- De charger les techniciens de la SUTA et ceux de l’ORMVAT du suivi des doses réelles
apportées par l’agriculteur pour l’irrigation de la betterave à sucre pour chaque période de
semis;
- De gratifier les agriculteurs betteraviers les plus performants en consommation d’eau et en
rendement en sucre;
- De répartir les agriculteurs betteraviers en des groupes homogènes selon les données
d’entrée du modèle CROPWAT (même variété, même période de semis, même cycle de
développement, même type de sol, même zone climatique). Les techniciens de la SUTA et
ceux de l’ORMVAT se chargeront ainsi du planning de déclenchement de l’irrigation pour
chaque groupe qui sera communiqué par SMS à tous les agriculteurs du même groupe,
dans le but d’un peu plus d’objectivité de décision à l’irrigation;
- De mettre en place un système d’irrigation de précision, afin de réduire l’impact des
décisions subjectives et optimiser l’irrigation en maîtrisant les quantités d’eau apportées de
manière instantanée. Ceci peut être fait à travers l’installation d’une expérience pilote qui
peut être par la suite généralisée dans toute la région et où le pilotage de l’irrigation
localisée sera assuré par un système informatique central qui reçoit de manière instantanée
82
les données climatiques (Températures, précipitations et humidité du sol) d’une micro-
station météorologique. Pour l’humidité du sol, on recommande des hygromètres à installer
capables d’émettre les informations captées à distance. Le logiciel installé au niveau de
l’ordinateur central décide en cas de besoin le déclenchement et l’arrêt de l’irrigation
localisée via sa commande des vannes des systèmes d’irrigation selon les besoins réels
déterminés par CROPWAT.

83
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Site web
ORMVAT:[Link]

MAPM : [Link]

86
Annexes

87
Annexe 1: Fiche d’enquête

Questionnaire d’enquête N°

 Données générales de l’exploitation betteravière


❖ Situation :
o CDA :…………………………………………………………………
o Nom de l’agriculteur :…………………………………………………
o Matricule :……………………………………………………………..
❖ Superficie :……………………………………………………………….
❖ Date de semis :……………………………………………………………
❖ Statut :…………………………………………………………………….
❖ Rendements réalisés particulièrement pour la betterave :…………………
❖ Précédent cultural :………………………………………………………..
❖ Date de la mise en place du système d’irrigation goutte à
goutte :……………………………………………………………………..
 Données sur la source d’eau utilisée en irrigation
❖ Source :……………………………………………………………………
❖ Qualité :……………………………………………………………………
❖ Débit :………………………………………………………………………
 Données sur le système d’irrigation localisée
Distributeurs Rampes Portes-Rampes
Espacements (m)
Débit (l/h)
Nombre
Longueur (m)
Pression de service
(bar)

 Données sur la pratique agricole de l’irrigation localisée pour la


betterave à sucre
- Critère de prise de décision du betteravier pour irriguer :

Appréciation subjective de la
Selon l’ETo
plante et de l’état du sol

- Quelle dose d’irrigation l’agriculteur prévoit selon la variation des ETo ? :

88
Valeurs d’ETo ETo<2 2<ETo<5 5<ETo<7 ETo>7

Durée
d’irrigation

Dose prévue

- A quelle fréquence le betteravier apporte cette dose ? :

N°d’irrigation Date d’apport Dose d’irrigation

89
Annexe 2: Paramètres de l’échantillon enquêté

Nombre de betteraviers Nombre de


CDA
pratiquants du goutte à goutte betteraviers enquêtés

503 6 1
504 10 1
505 14 1
507 3 0
508 2 0
509 2 0
510 4 0
511 6 1
512 6 1
520 5 0
521 3 0
522 3 0
528 3 0
529 1 0
530 1 0
531 247 15
534 7 1
536 147 9
537 2 0
538 2 0
1101 3 0
1104 56 5
Total 533 35

90
Annexe 3: Identification des parcelles objet de l’étude
Le choix des parcelles sujettes au pilotage a été établi en considération des critères suivants :
stade et période du semis de la betterave à sucre, l’itinéraire technique réalisé et les conditions
pédoclimatiques dans chacune des parcelles identifiées.

 Présentation de la première parcelle


➢ Localisation de la parcelle betteravière

L’exploitation betteravière s’étale sur une superficie de 0.6 Hectares équipée en réseau
d’irrigation localisée avec une station tête.
L’exploitation est située à Oulad Illoul à 15 Km de Souk Sebt. Elle est tributaire au CDA 536.
Elle a une superficie totale de 6 ha avec une superficie agricole totale de 5 ha dont 4.5 ha sont
irrigués.
Le statut juridique de l’exploitation est « Melk », elle appartient à M. MIZANE Brahim.
➢ Réseau d’irrigation

Le réseau est constitué d’une conduite principale en PVC de diamètre 110 mm. Cette dernière
conduite alimente des portes rampes télescopiques en PVC de diamètre 63 mm qui distribuent
l’eau à des rampes en PE de diamètre 16 mm. Ces rampes, espacées d’un mètre, comportent
des goutteurs intégrés de 2 l/h pour irriguer la betterave à sucre. Ces derniers sont espacés de
0.4 mètre.
La parcelle betteravière est subdiviséeen deux postes d’irrigation avec une superficie de 0.3
m2 par chaque poste d’irrigation.
La répartition des postes d’arrosage dans la parcelle est présentée dans le schéma suivant :

Figure 26: Répartition des postes d'arrosage de la parcelle expérimentale 1

91
➢ Production agricole au niveau de l’exploitation

La betterave à sucre, céréalicultures (Blé dur), la menthe, le colza, la courgette, le concombre


serpent arménien et la pomme de terre.

Superficie cultivée Technique


Parcelle Cultures pratiquées
(ha) d’irrigation
1 Blé dur 0.5 Localisée
2 Menthe 0.4 Localisée
3 Betterave à sucre 0.5 Localisée
4 Colza 0.5 Localisée
5 Concombre serpent 0.5 Localisée
6 Courgette 0.6 Localisée
7 Pomme de terre 0.7 Localisée
8 Betterave à sucre 0.4 Localisée

Pour la saison 2016/2017, la betterave à sucre a été semée le 03 janvier et a été récoltée le 11
juillet.

 Présentation de la seconde parcelle


➢ Localisation de la parcelle betteravière

L’exploitation betteravière s’étale sur une superficie de 0.9Hectares équipé en réseau


d’irrigation localisée avec une station tête.
L’exploitation est située à Ghorm Laalam à 20 Km de Beni Mellal. Elle est tributaire au
Centre de Travaux (CT) 1101 de la zone DPA.
Elle a une superficie totale de 12.2 ha avec une superficie agricole totale de 11.9 ha dont 11.9
ha sont irrigués.
Le statut juridique de l’exploitation est « Melk », elle appartient à M. ATFANI Ismail.

➢ Réseau d’irrigation

Le réseau est constitué d’une conduite principale en PVC de diamètre 110 mm. Cette dernière
conduite alimente des portes rampes télescopiques en PVC de diamètre 63 mm qui distribuent
l’eau à des rampes en PE de diamètre 16 mm. Ces rampes, espacées d’un mètre, comportent
des goutteurs intégrés de 2 l/h pour irriguer la betterave à sucre. Ces derniers sont espacés de
0.4 mètre.
92
La parcelle betteravière est subdivisée en 3 postes d’irrigation avec une superficie de 0.3 m²
chacun.
La répartition des postes d’arrosage dans la parcelle est présentée dans le schéma suivant :

Figure 27: Répartition des postes d'arrosage de la parcelle expérimentale 2

➢ Production agricole au niveau de l’exploitation

La betterave à sucre, céréalicultures et la pastèque.

Technique
Parcelle Cultures pratiquées Superficie cultivée (ha)
d’irrigation
1 Blé dur 6.5 Localisée
2 Betterave à sucre 0.9 Localisée
3 Pastèque 4.5 Localisée

Pour la saison 2016/2017, la betterave à sucre a été semée le 19 novembre et a été récoltée le
10 Août.

93
Annexe 4: Répartition du nombre de betteraviers et de la surface betteraviers selon les
différents systèmes d’irrigation pour la campagne 2016/2017 dans le Tadla

Système d’irrigation Nombre de betteraviers Surface betteravière


Goutte à goutte 533 1437,8
Gravitaire 6909 12655,05
Pivot 97 1495,3
Aspersif 23 90,5
Total 7562 15678,65

94
Annexe 5: Caractéristiques Hydrodynamiques du sol de la SEHA

Caractéristiques de l'humidité volumétrique et de la réserve utile du sol de la SEHA

Horizons Humidité à la Humidité au Réserve Utile Cumul RFU


(cm) capacité au point de (mm) (mm)
champ % de flétrissement %
poid de poid
0-20 24.71 15.10 25,75 17,17
20-40 25.09 15.10 27,97 35,82
40-60 24.99 15.57 29,20 55,29
60-80 25.09 15.80 26,76 73,12
80-100 24.85 16 30,09 93,18

Densité apparente, densité réelle et porosité du sol de la SEHA

Horizons Densité apparente Densité réelle Porosité %


(en cm) kg/cm3 (g/cm3)
0-20 1.34 2.35 42.98
20-40 1.40 2.42 42.15
40-60 1.55 2.40 35.42
60-80 1.44 2.20 34.55
80-100 1.70 2.45 30.61
Moyenne 1.49 2.36 37.14

95
Annexe 6: Résultats des performances agronomiques et technologiques au niveau des
deux parcelles

Résultats des performances agronomiques et technologiques de la betterave à sucre au


niveau de la parcelle 1

Rendement
Peuplement PMR Rendement Richesse en Taux en
Parcelle 1 (Pieds/ha) (kg/Plant) (t/ha) sucre (%) SE(%)
en sucre
(t/ha)

1 86000 0,525 45,15 15,59 15,49 6,99


Zone 1 88500 0,519 45,93 15,78 16,09 7,39
témoin 1 79300 0,687 54,48 15,70 15,12 8,24
1 69100 0,517 35,72 16,56 16,73 5,98
2 107500 0,725 77,94 18,26 16,80 13,09
Zone 2 98000 0,755 73,99 17,80 16,15 11,95
Expérimen
tale 2 87500 0,855 74,81 17,30 15,84 11,85
2 90000 0,735 66,15 17,56 15,72 10,40

Résultats des performances agronomiques et technologiques de la betterave à sucre au


niveau de la parcelle 1

Rendement
Peuplement PMR Rendement Richesse en Taux en
Parcelle 2 (Pieds/ha) (kg/Plant) (t/ha) sucre (%) SE(%)
en sucre
(t/ha)

1 79000 0,694 54,826 16,09 15,31 9,85


Zone 1 83500 0,682 56,947 16,2 15,87 9,04
témoin 1 81200 0,596 48,3952 15,6 15,77 10,32
1 67000 0,598 40,066 15,43 15,18 11,09
2 106500 0,766 81,579 18,09 16,8 14,89
Zone 2 102500 0,847 86,8175 17,79 16,65 14,46
Expérimen
tale 2 89200 0,755 67,346 17,63 16,84 13,84
2 99800 0,783 78,1434 17,89 16,72 14,70

96
Annexe 7: Résultats calcul des besoins en eau de la culture sur CROPWAT
Résultats calcul des besoins en eau de la culture sur CROPWAT pour la parcelle 1

Besoins
ETc ETc Pluie eff
Mois Phase Kc Irr
(mm/jour) (mm/dec) (mm/dec)
(mm/dec)
Janvier 0.45 0.59 4.7 0 4.7
Janvier Initiale 0.45 0.60 6 10.2 0
Janvier 0.45 0.66 7.3 9.3 0
Février 0.50 0.91 9.1 0 9.1
Février 0.63 1.17 11.7 11.9 0
Février Croissance 0.74 1.12 8.9 21.8 0
Mars 0.84 2.33 23.3 0 23.3
Mars 0.97 3.03 30.3 0 30.3
Mars 1.08 3.75 41.2 0.4 40.8
Avril 1.11 4.90 49 0 49
Avril 1.11 5.44 54.4 0 54.4
Avril 1.11 4.68 46.8 16.3 30.5
Mai Mi-saison 1.11 5.73 57.3 0 57.3
Mai 1.11 6.61 66.1 0 66.1
Mai 1.11 6.26 68.8 0 68.8
Juin 1.11 6.74 67.4 0 67.4
Juin 1.11 7.17 71.7 0 71.7
Juin 1 6.54 65.4 0 65.4
Juillet Arr-saison 0.78 4.82 48.2 0 48.2
Juillet 0.66 3.54 3.5 0 3.5
Total 741.9 69.9 690.9

97
Résultats calcul des besoins en eau de la culture sur CROPWAT pour la parcelle 2

ETc ETc Pluie eff Besoins Irr


Mois Phase Kc
(mm/jour) (mm/dec) (mm/dec) (mm/dec)
novembre 0.45 0.76 1.5 0 1.5
novembre Initiale 0.45 0.53 5.3 28.9 0
décembre 0.45 0.57 5.7 8.4 0
décembre 0.45 0.46 4.6 12.8 0
décembre 0.52 0.59 6.5 0 6.5
Janvier 0.60 0.78 7.8 0 7.8
Janvier 0.68 0.91 9.1 10.2 0
Janvier Croissance 0.77 1.14 12.5 9.3 3.3
Février 0.85 1.53 15.3 0 15.3
Février 0.94 2.98 17.5 11.9 5.6
Février 1.01 3.46 12.2 21.8 0
Mars 1.08 3.81 29.8 0 29.8
Mars 1.10 4.89 34.6 0 34.6
Mars 1.10 5.43 41.9 0.4 30.4
Avril 1.10 4.67 48.9 0 48.9
Avril 1.10 5.72 54.3 0 54.3
Avril 1.10 6.60 46.7 16.3 30.4
Mai Mi-saison 1.10 6.24 57.2 0 57.2
Mai 1.10 6.73 66 0 66
Mai 1.10 6.24 68.7 0 68.7
Juin 1.10 6.73 67.3 0 67.3
Juin 1.10 7.16 71.6 0 71.6
Juin 1.10 7.16 71.6 0 71.6
Juillet 1.10 6.60 66 0 66
Juillet Arr-saison 0.91 6.24 62.4 0 62.4
Juillet 0.74 4.46 44.6 0 44.6
Total 929 120 854.9

98
Annexe 8: Calendrier d’irrigation établi sur CROPWAT

99
100
Annexe 9: Planning d'irrigation localisée proposé pour la betterave à sucre

Planning d’irrigation pour le mois de Mars


Précipitations
Date ETo (mm) Kc Kr Peff (mm) BI (mm)
(mm)
01/03/2017 0 2,30 1,08 1 0,12 2,36
02/03/2017 0 2,73 1,08 1 0,12 2,83
03/03/2017 0 2,49 1,08 1 0,12 2,57
04/03/2017 0 2,24 1,08 1 0,12 2,30
05/03/2017 0 2,73 1,08 1 0,12 2,83
06/03/2017 0 2,65 1,08 1 0,12 2,74
07/03/2017 0 2,39 1,08 1 0,12 2,46
08/03/2017 0 2,95 1,08 1 0,12 3,07
09/03/2017 0 3,17 1,08 1 0,12 3,30
10/03/2017 0 3,33 1,08 1 0,12 3,48
11/03/2017 0 3,80 1,10 1 0,12 4,06
12/03/2017 0 3,52 1,10 1 0,12 3,75
13/03/2017 0 2,47 1,10 1 0,12 2,59
14/03/2017 0 2,56 1,10 1 0,12 2,70
15/03/2017 0 2,91 1,10 1 0,12 3,08
16/03/2017 0 2,88 1,10 1 0,12 3,05
17/03/2017 0 3,10 1,10 1 0,12 3,28
18/03/2017 0 3,51 1,10 1 0,12 3,74
19/03/2017 0 3,50 1,10 1 0,12 3,73
20/03/2017 0 3,24 1,10 1 0,12 3,45
21/03/2017 0 3,04 1,10 1 0,12 3,23
22/03/2017 0 3,24 1,10 1 0,12 3,45
23/03/2017 0 2,55 1,10 1 0,12 2,69
24/03/2017 6,2 2,74 1,10 1 0,12 2,90
25/03/2017 0 2,44 1,10 1 0,12 2,57
26/03/2017 0 3,18 1,10 1 0,12 3,38
27/03/2017 0 3,51 1,10 1 0,12 3,74
28/03/2017 0 3,85 1,10 1 0,12 4,12
29/03/2017 0 3,80 1,10 1 0,12 4,06
30/03/2017 0 4,88 1,10 1 0,12 5,24
31/03/2017 0 4,34 1,10 1 0,12 4,66

101
Planning d’irrigation pour le mois d’Avril
Précipitations ETo Peff
Date Kc Kr BI (mm)
(mm) (mm) (mm)
01/04/2017 0 3,90 1,10 1 0,61 3,68
02/04/2017 0 4,31 1,10 1 0,61 4,13
03/04/2017 0 4,09 1,10 1 0,61 3,89
04/04/2017 0 4,39 1,10 1 0,61 4,22
05/04/2017 0 4,73 1,10 1 0,61 4,59
06/04/2017 0 4,31 1,10 1 0,61 4,13
07/04/2017 0 4,19 1,10 1 0,61 4,00
08/04/2017 0 3,85 1,10 1 0,61 3,63
09/04/2017 0 4,72 1,10 1 0,61 4,58
10/04/2017 0 4,95 1,10 1 0,61 4,83
11/04/2017 0 4,61 1,10 1 0,61 4,46
12/04/2017 0 4,38 1,10 1 0,61 4,21
13/04/2017 0 3,95 1,10 1 0,61 3,73
14/04/2017 0 4,42 1,10 1 0,61 4,25
15/04/2017 0 4,49 1,10 1 0,61 4,33
16/04/2017 0 4,97 1,10 1 0,61 4,86
17/04/2017 0 5,02 1,10 1 0,61 4,91
18/04/2017 0 6,30 1,10 1 0,61 6,32
19/04/2017 0 5,21 1,10 1 0,61 5,12
20/04/2017 0 5,64 1,10 1 0,61 5,60
21/04/2017 0 4,56 1,10 1 0,61 4,40
22/04/2017 0 4,22 1,10 1 0,61 4,03
23/04/2017 0 4,32 1,10 1 0,61 4,15
24/04/2017 5,5 4,40 1,10 1 0,61 4,23
25/04/2017 0,5 4,24 1,10 1 0,61 4,06
26/04/2017 0 4,57 1,10 1 0,61 4,41
27/04/2017 0 4,80 1,10 1 0,61 4,67
28/04/2017 4 3,78 1,10 1 0,61 3,55
29/04/2017 6,4 3,54 1,10 1 0,61 3,29
30/04/2017 14 3,70 1,10 1 0,61 3,46

102
Planning d’irrigation pour le mois de Mai

Précipitations ETo
Date (mm) (mm) Kc Kr Peff (mm) BI (mm)
01/05/2017 0 4,25 1,10 1 0 4,67
02/05/2017 0 5,21 1,10 1 0 5,74
03/05/2017 0 5,84 1,10 1 0 6,42
04/05/2017 0 5,20 1,10 1 0 5,72
05/05/2017 0 5,30 1,10 1 0 5,83
06/05/2017 0 5,26 1,10 1 0 5,79
07/05/2017 0 5,19 1,10 1 0 5,71
08/05/2017 0 5,86 1,10 1 0 6,44
09/05/2017 0 5,13 1,10 1 0 5,64
10/05/2017 0 5,17 1,10 1 0 5,69
11/05/2017 0 5,49 1,10 1 0 6,03
12/05/2017 0 5,57 1,10 1 0 6,13
13/05/2017 0 5,27 1,10 1 0 5,79
14/05/2017 0 5,40 1,10 1 0 5,93
15/05/2017 0 5,44 1,10 1 0 5,98
16/05/2017 0 6,31 1,10 1 0 6,94
17/05/2017 0 6,66 1,10 1 0 7,33
18/05/2017 0 6,37 1,10 1 0 7,01
19/05/2017 0 6,12 1,10 1 0 6,73
20/05/2017 0 7,80 1,10 1 0 8,58
21/05/2017 0 6,27 1,10 1 0 6,90
22/05/2017 0 5,35 1,10 1 0 5,89
23/05/2017 0 5,79 1,10 1 0 6,37
24/05/2017 0 5,28 1,10 1 0 5,81
25/05/2017 0 4,93 1,10 1 0 5,42
26/05/2017 0 5,62 1,10 1 0 6,18
27/05/2017 0 5,27 1,10 1 0 5,80
28/05/2017 0 5,17 1,10 1 0 5,69
29/05/2017 0 5,55 1,10 1 0 6,11
30/05/2017 0 5,71 1,10 1 0 6,28
31/05/2017 0 5,43 1,10 1 0 5,97
103
Planning d’irrigation pour le mois de Juin

Précipitations ETo
Date (mm) (mm) Kc Kr Peff (mm) BI (mm)
01/06/2017 0 5,83 1,10 1 0,1 6,32
02/06/2017 0 6,00 1,10 1 0,1 6,50
03/06/2017 0 6,17 1,10 1 0,1 6,69
04/06/2017 0 5,52 1,10 1 0,1 5,97
05/06/2017 0 5,58 1,10 1 0,1 6,04
06/06/2017 0 5,58 1,10 1 0,1 6,04
07/06/2017 0 6,64 1,10 1 0,1 7,21
08/06/2017 0 6,69 1,10 1 0,1 7,26
09/06/2017 0 5,99 1,10 1 0,1 6,49
10/06/2017 0 6,87 1,10 1 0,1 7,46
11/06/2017 0 6,76 1,10 1 0,1 7,33
12/06/2017 0 6,62 1,10 1 0,1 7,18
13/06/2017 0 4,59 1,10 1 0,1 4,94
14/06/2017 0 5,35 1,10 1 0,1 5,79
15/06/2017 0 6,28 1,10 1 0,1 6,80
16/06/2017 0 7,27 1,10 1 0,1 7,89
17/06/2017 0 7,71 1,10 1 0,1 8,38
18/06/2017 0 7,35 1,10 1 0,1 7,99
19/06/2017 0 6,66 1,10 1 0,1 7,23
20/06/2017 5 6,11 1,10 1 0,1 6,63
21/06/2017 0 6,20 1,10 1 0,1 6,72
22/06/2017 0 6,68 1,10 1 0,1 7,25
23/06/2017 0 7,21 1,10 1 0,1 7,83
24/06/2017 0 7,57 1,10 1 0,1 8,22
25/06/2017 0 6,85 1,10 1 0,1 7,43
26/06/2017 0 6,32 1,10 1 0,1 6,85
27/06/2017 0 6,59 1,10 1 0,1 7,15
28/06/2017 0 5,28 1,10 1 0,1 5,71
29/06/2017 0 4,83 1,10 1 0,1 5,21
30/06/2017 0 7,08 1,10 1 0,1 7,69

104
Planning d’irrigation pour le mois de Juillet

Précipitations ETo
Date (mm) (mm) Kc Kr Peff BI (mm)
01/07/2017 0 5,78 1,10 1 0 6,36
02/07/2017 0 6,43 1,10 1 0 7,07
03/07/2017 0 7,01 1,10 1 0 7,72
04/07/2017 0 5,48 1,10 1 0 6,03
05/07/2017 0 6,26 1,10 1 0 6,89
06/07/2017 0 6,25 1,10 1 0 6,87
07/07/2017 0 6,28 1,10 1 0 6,90
08/07/2017 0 5,99 1,10 1 0 6,59
09/07/2017 0 5,80 1,10 1 0 6,38
10/07/2017 0 5,84 1,10 1 0 6,42
11/07/2017 0 5,44 0,91 1 0 4,95
12/07/2017 0 7,88 0,91 1 0 7,17
13/07/2017 0 7,34 0,91 1 0 6,68
14/07/2017 0 7,63 0,91 1 0 6,94
15/07/2017 0 7,17 0,91 1 0 6,52
16/07/2017 0 7,02 0,91 1 0 6,39
17/07/2017 0 7,19 0,91 1 0 6,54
18/07/2017 0 6,63 0,91 1 0 6,03
19/07/2017 0 6,83 0,91 1 0 6,22
20/07/2017 5 5,59 0,91 1 0 5,09
21/07/2017 0 5,20 0,74 1 0 3,85
22/07/2017 0 4,97 0,74 1 0 3,68
23/07/2017 0 5,57 0,74 1 0 4,12
24/07/2017 0 6,84 0,74 1 0 5,06
25/07/2017 0 5,96 0,74 1 0 4,41
26/07/2017 0 6,35 0,74 1 0 4,70
27/07/2017 0 6,31 0,74 1 0 4,67
28/07/2017 0 6,54 0,74 1 0 4,84
29/07/2017 0 6,50 0,74 1 0 4,81
30/07/2017 0 6,82 0,74 1 0 5,04
31/07/2017 0 6,07 0,74 1 0 4,49
105
Annexe 10: Résultats de l’analyse statistique de la variance établie à l’aide du logiciel «
SPSS »

Parcelle 1

ANOVA à 1 facteur

Somme des ddl Moyenne des F Signification


carrés carrés

Inter-groupes 451501250,000 1 451501250,000 5,768 ,053

Intra-groupes 469697500,000 6 78282916,667


Peuplement

Total 921198750,000 7

Inter-groupes ,084 1 ,084 16,066 ,007

Intra-groupes ,032 6 ,005


PMR

Total ,116 7

Inter-groupes 1557,099 1 1557,099 37,096 ,001

Intra-groupes 251,851 6 41,975


RdtRacine

Total 1808,950 7

Inter-groupes 6,643 1 6,643 36,719 ,001

Intra-groupes 1,085 6 ,181


Polarisation

Total 7,728 7

Inter-groupes ,146 1 ,146 ,398 ,551

Intra-groupes 2,196 6 ,366


SE

Total 2,342 7

Inter-groupes 43,665 1 43,665 41,669 ,001

Intra-groupes 6,287 6 1,048


RdtSucre

Total 49,952 7

106
Parcelle 2

ANOVA à 1 facteur

Somme des ddl Moyenne des F Signification


carrés carrés

Inter-groupes 952661250,000 1 952661250,000 17,520 ,006

Intra-groupes 326247500,000 6 54374583,333


Peuplement
1278908750,00 7
Total
0

Inter-groupes ,042 1 ,042 18,846 ,005

Intra-groupes ,013 6 ,002


PMR

Total ,056 7

Inter-groupes 1614,589 1 1614,589 25,765 ,002

Intra-groupes 375,994 6 62,666


RdtRacine

Total 1990,582 7

Inter-groupes 8,161 1 8,161 92,631 ,000

Intra-groupes ,529 6 ,088


Polarisation

Total 8,689 7

Inter-groupes 2,977 1 2,977 48,860 ,000

Intra-groupes ,366 6 ,061


SE

Total 3,342 7

Inter-groupes 38,676 1 38,676 81,757 ,000

Intra-groupes 2,838 6 ,473


RdtSucre

Total 41,514 7

107
‫استهالك المياه بـ ‪ .(13%‬وهذا ما يبرر أهمية تعميم هذا النموذج للري على نطاق المنطقة كلها و الذهاب‬
‫ابعد من هذا‪.‬‬

‫الكلمات الدالة‪ :‬الشمندر السكري‪ ،CROPWAT،‬الفعالية الزراعية‪ ،‬الري بالتنقيط‪ ،‬التدبير الزراعي و‬
‫التقني‪ ،‬تدبير الري‪ ،SUTA ،ORMVA ،‬تادلة‪.‬‬
‫ملخص‬
‫بالنظر لعدم كفاءة تدبير الري بالتنقيط في الممارسة الزراعية فإنها أضحت تعوق باستمرار زراعات‬
‫الشمندر السكري في تادلة‪ ،‬لذا فتنفيذ إدارة عقالنية لتدبير الري بالتنقيط لهذه الزراعات يشكل تحديا‬
‫وفرصة لجميع المتدخلين المهتمين بهذه الزراعات في تادلة‪.‬‬
‫شكل البحث عن حل لهذه المشكلة‪ ،‬دائما‪ ،‬مركز اهتمامات هذه الجهات الفاعلة‪ ،‬سواء على الصعيد‬
‫اإلقليمي أو الوطني‪ .‬لقد تم تجهيز أكثر من ‪ 26000‬هكتار في المنطقة السقوية لتادلة بالري الموضعي‬
‫كجزء من مشروع إعادة التطوير الجماعي للري بالتنقيط في إطار ‪.(ORMVAT ,2017) PNEEI‬‬
‫وباإلضافة إلى ذلك‪ ،‬توفر ‪ SUTA‬في مجال تدخلها الدعم لهذا البرنامج من خالل محوري البحث‬
‫والتطوير من جهة واإلستشارة الفالحية لمزارعي الشمندر السكري من جهة أخرى‪ .‬يؤطر هذا التدخل‬
‫اتفاق شراكة بين ‪ ORMVAT‬و ‪.SUTA‬‬

‫تهدف الدراسة الحالية اقتراح طرق لتحسين تدبير الري بالتنقيط لزراعة الشمندر السكري في المنطقة‬
‫السقوية لتادلة‪ ،‬و بتحديد أكثر تهدف إبراز أن الري الرشيد القائم على نموذج علمي يأخذ في االعتبار‬
‫العوامل المناخية والتُّربوية والمعطيات المتعلقة بالمزروعات‪ ،‬يكون أكثر كفاءة من الري المبني على‬
‫معرفة المزارعين و التي تكون في كثير من األحيان غير كافية‪.‬‬
‫إلنجاح دراستنا‪ ،‬تم اعتماد منهجية متعددة الخطوات‪.‬أوال‪ ،‬تم رصد ممارسة وتدبير بالتنقيط من طرف‬
‫مزارعي الشمندر السكري في تادلة استنادا إلى نتائج المسوحات الميدانية‪ .‬ثم أجريت دراسة تجريبية عند‬
‫مزارعين للشمندر السكري‪ .‬تم الري في المناطق التجريبية باحترام البرنامج المنبثق عن نموذج‬
‫‪ CROPWAT‬التي تم تحديدها باستخدام البيانات التي تم جمعها في محطة التجارب الهيدروزراعية أوالد‬
‫غناو‪،‬أما فى المناطق الشاهدة فكان الري يتم وفقا للعادات التي ألفها المزارع‪ .‬وقد أجريت في هذه المناطق‬
‫قياسات تجانس الري واستهالك المياه وكل من األداء الزراعي والتكنولوجي‪.‬‬
‫وكشفت نتائج الدراسة االستقصائية عن تدبير غير معقلنة للري الموضعي‪ ،‬تتميز بغلبة القرارات الذاتية‬
‫(‪ ٪ 87.5‬من المزارعين الذين تم مسحهم يباشرون الري على أساس تقييم شخصي لحالة التربة والنبات‬
‫مقابل ‪ ٪12.5‬على أساس ‪ )ETo‬من ناحية‪ ،‬ومن ناحية أخرى يتم الري بطريقة متباعدة زمنيا (مرة كل‬
‫‪ 8-6‬أيام) مع جرعات زائدة لحظية من المياه في األيام األولى الموالية لعملية السقي يليها إجهاد مائي‬
‫لفترات طويلة في األيام الموالية‪.‬‬
‫من جهة أخرى‪ ،‬مكنتنا النتائج المتحصل عليها تجريبا من التوصل إلى أن الري الموضعي المعقلن يضمن‬
‫تحسينا لمردودية من السكر بنسبة ‪ 55%‬باإلضافة إلى كونها أقل نهما في استهالك المياه (تقليص‬
‫المملكة المغربية‬
‫‪ROYAUME DU MAROC‬‬
‫‪INSTITUT AGRONOMIQUE‬‬ ‫معهد الحسن الثاني‬
‫‪ET VETERINAIRE HASSAN II‬‬
‫للزراعة والبيطرة‬

‫مشروع نهاية الدراسات‬


‫لنيل شهادة مهندس دولة في الهندسة القروية‬

‫اقتراح طرق لتحسين تدبير الري بالتنقيط لتثمين أحسن للماء ‪:‬‬

‫«دراسة حالة زراعة الشمندر السكري في المنطقة السقوية لتادلة «‬

‫قدم للعموم ونوقش من طرف‪:‬‬

‫هشيمي منال‬
‫أمام اللجنة المكونة من‪:‬‬
‫معهد الحسن الثاني للزراعة والبيطرة‬ ‫االستاذ باموح أحمد‬ ‫رئيس اللجنة‬
‫المكتب الجهوي لالستثمارالفالحي لتادلة‬ ‫السيد كمال محمد‬ ‫الممتحن‬
‫كوسومار‬ ‫السيد مويلح زهير‬ ‫الممتحن‬
‫معهد الحسن الثاني للزراعة والبيطرة‬ ‫االستاذ اكريم حسن‬ ‫مساعد المقرر‬
‫معهد الحسن الثاني للزراعة والبيطرة‬ ‫األستاذ بوراراش الحسن‬ ‫المقرر‬

‫شتنبر ‪2017‬‬

‫‪Adresse : Madinat Al Irfane, B.P. 6202. Rabat – Maroc‬‬ ‫العنوان‪ :‬ص‪ .‬ب ‪ 6202‬الرباط المعاهد الرباط – المغرب‬
‫‪Tél : (00 212) 0537 77 17 58/59‬‬
‫‪Fax : (00 212) 0537 77 58 45‬‬ ‫الهاتف‪(00 212) 77 0537 17 58/ 59 :‬‬
‫‪Site web : [Link]
‫‪(00 212) 770537 58 45‬‬ ‫الفاكس‪:‬‬

‫موقع األنتيرنت‪[Link]

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