Actes Du Colloque
Actes Du Colloque
Page
10
14
14
18
22
32
36
Page
37
Page
39
42
55
60
64
64
84
89
Les Intervenants
Le CRIAVS est le Centre Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de
Violences Sexuelles. Jean Boitout, coordinateur du CRIAVS. Catherine Beuzelin est
Infirmière en psychiatrie au Centre Thérapeutique Saint-Sever. Jean François Laot est
Educateur Spécialisé au Centre Thérapeutique Saint- Sever
Sheila WAREMBOURG est diplômée en sexologie et santé publique. Elle est chef du
projet AVAS (Service d’Accompagnement à la vie affective et sexuelle des personnes
handicapées) et propose aux professionnels des formations à l’animation de groupes
de paroles sur les thèmes de la vie intime, affective et sexuelle.
Mot d’accueil
La sexualité est un sujet sensible entre tous. Mais en plus s’il concerne des personnes en
situation de handicap, ce n’est plus un sujet sensible mais plutôt un sujet tabou.
En effet, aborder le sujet de la vie affective et sexuelle pour les personnes qui sont prises en
charge dans nos associations n’a pas toujours été source de consensus mais depuis quelques
années, les mentalités et les comportements sont en train de changer.
A l’APEI de Dieppe, sous l’impulsion de Nancy COUVERT, un travail est engagé depuis 3 ans
pour sensibiliser tous les professionnels. Car le constat est que les personnes en situation de
handicap mental n’ont pas accès à la connaissance et l’échange sur l’émotion, les sentiments ,
la sexualité.
C’est aussi dans le foyer familial que ses accès à la connaissance ne se font pas, sans doute
parce qu’il est difficile de parler de ces sujets auxquels nous ne sommes pas formés.
C’est pour cette raison, que notre association, respectant son projet associatif, s’engage
aujourd’hui dans une démarche volontariste et ce colloque se propose de répondre à de très
nombreuses questions que nous pouvons et nous devrons nous poser.
De nombreux sujets seront abordés tout au long de ces deux journées et j’espère que
l’ensemble des participants pourront trouver les réponses aux questions qu’elles pouvaient
se poser ou auront une nouvelle approche de la prise en charge ou des réponses aux
problèmes que pouvait soulever le désir de l’autre.
Simplement deux mots pour introduire ces deux journées. Nous réunissons aujourd’hui 170
personnes. Nous sommes professionnels, familles, administrateurs, personnes accueillies,
tous concernés par un sujet important, mais délicat.
Un sujet intime et qui pourtant est aussi un sujet politique, un sujet de société.
Après les remerciements du Président, je tenais donc tout d’abord à vous remercier d’être
présents et de partager avec nous l’intérêt pour cette question.
Nous aurons l’occasion de vous présenter le travail mené dans les établissements pour
adultes de l’APEI de la région dieppoise au cours d’une table ronde demain.
Un projet construit avec des étapes : du recueil des attentes des uns et des autres, de
l’échange, de la réflexion à la création d’outils, d’écrits institutionnels, d’actions et
d’événements.
Il a été pensé avec la volonté à la fois humble et fervente de partager notre expérience,
d’évaluer le travail accompli et tenter de mesurer ses effets sur l’accompagnement, sur le
vécu des personnes accueillies et de leurs familles.
Mais aussi de se poser pour mieux poursuivre, enrichis par les apports des intervenants et
les échanges que nous pourrons avoir.
Pour garantir le bon déroulement de ces journées, nous avons confié le rôle d’animateur
discutant à Christian LUCAS, c’est donc à lui que je passe la parole.
Le langage affectif et sexuel est le plus fort que tout être humain puisse employer, il est aussi
le plus difficile à gérer.
Dans le champ des handicaps, les limites physiques, sensorielles et/ou mentales vont amener
l’enfant, puis l’adolescent concernés à manifester moins facilement ou au contraire avec
excès leurs besoins affectifs et sexuels : ils touchent les autres et se touchent directement
pour connaître, ils se montrent pour nous signifier qu’ils changent dans leur corps, ils
provoquent pour interroger, ils utilisent certains termes à défaut de connaître ceux qui sont
adéquats, ils abusent parfois pour crier leur solitude.
Les enfants en situation de handicap ne sont pas dépourvus de curiosité sexuelle, mais soit,
ils ne peuvent rien nous en dire par manque de code proches des nôtres, soit ils nous la
traduisent sans pudeur, sans filtre et souvent sans émotion apparente.
Lorsque cette curiosité ne peut se parler, elle est parfois mise en scène : l’enfant glisse sa
main dans la culotte, cherche à regarder ou au contraire détourne les yeux, pose toujours
un doigt sur l’entre-jambe nu de la poupée, rit bruyamment à la vue d’images d’amoureux
dans les magazines, etc….
Plusieurs questions sont posées et parlées avec les personnes en situation de handicap :
Introduction
Les handicapés par accidents survivent aussi de mieux en mieux à l’accident et vivent de plus
en plus longtemps avec le handicap acquis.
Les comportements des résidents sont encore mal vécus : ceux qui expriment leurs besoins
(masturbations ou relations sexuelles) sont encore perçus comme dangereux ou en danger,
les relations sexuelles sont encore souvent interdites dans les règlements intérieurs (ou
autorisés mais non tolérés-sic), les aménagements rarement pensés pour permettre intimité,
visites et éventuellement vie de couple, très peu d’éducation sexuelle, très rarement une
information adaptée sur la contraception et la prévention des IST.
Les demandes d’aide à des spécialistes sont le plus souvent liées à des accidents ou des
violences. Très peu dans une dynamique éducative et préventive.
Enfin, les professionnels craignent fortement les réactions de parents face à toute forme
d’autorisation de la sexualité dans les établissements.
C’est pourquoi, nous proposons aux professionnels un travail pour initier une prise en
charge incluant la santé sexuelle dans la prise en charge globale du handicap.
Loi-Sexualité et Handicap
Préalable :
Il faut distinguer : loi – justice – morale – croyance – valeurs ainsi que code pénal - code civil
Les principes :
- Pas de loi spécifique pour les handicapés par refus de stigmatiser. C’est donc
d’abord le droit commun qui s’applique :
- Respect de la vie privée
- Principe d’inviolabilité du corps humain (code civil – art 16-1)
- Droit à la vie
- Droit à la vie familiale
- Responsabilité civile et pénale
- Capacité à l’autorité parentale (sauf mesures d’information qui prouveraient un
incapacité provisoire ou durable)
- La protection contre les violences sexuelles telles que définies par le code pénal
Note de l’Espace METANOYA : le programme prévu par l’Education Nationale (2h par
trimestre de la maternelle à la terminale) peut servir de référence pour l’appropriation la
mieux conscientisée possible par chacun des résidents de sa vie sexuelle. En veillant à ne pas
travailler que sur les dangers (abus sexuels, grossesses indésirées ou MST) mais bien sur
l’épanouissement de chacun dans le respect de soi, de l’autre et des autres.
Notre approche et notre expérience en la matière nous permet d’affirmer que cet effort de
tous les professionnels pour voir, entendre et guider les personnes handicapées dans
l’appropriation de leur vie sexuelle est une chance à saisir pour élargir leur
champ d’autonomie, pour améliorer leur qualité de vie intime, certes, mais aussi pour
améliorer leur qualité de vie sociale et leur insertion en milieu ordinaire.
Enfin, la sexualité amène dans l’espace public une parole propre des personnes
en situation de handicap dans une dimension que nous n’avons connue pour
d’autres revendications (soin, accessibilité, citoyenneté ...).
1ère partie :
Historique
Divers types d’établissements : La France a choisi lier l’aspect intime à l’espae
collectif. Le poids des institutions en France et des professionnels reste donc
aujourd’hui encore prédominant dans la relation à l’enfant et à l’adulte handicapé.
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 14 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
Divers établissements existent : établissements religieux, et puis des associations de
parents qui se battent pour créer des lieux de vie adaptés au fur et à mesure de
l’évolution des besoins de leurs enfants.
Prévention VIH- SIDA : Le VIH est apparu dans les établissements médico-sociaux
alors qu’auparavant, seul le planning familial s’occupait de ce sujet. Il y a eu quelques
années de flottement où on a senti le travail à faire, mais on n’avait pas les moyens de
le faire.
Lois en faveur des personnes en situation de handicap : loi de 2002, de 2005, loi
n°2001-588 relative à l’IVG, et à la contraception, stérilisation à visée contraceptive,
l’article 22 dans le code de l’éducation et la circulaire d’application du 17 février 2003
incitant au développement de l’éducation à la sexualité dans les milieux scolaires pour
enfants et adultes.
Exemple de Charte :
Victor Hugo a dit : « La volonté trouve, la liberté choisit, Trouver et choisir, c’est penser »
« Je suis signalé à l’ARS car j’ai mis en danger la vie de mon fils en situation de handicap mental et
épileptique, en lui achetant des billets de train afin d’aller dans un « sauna HOMO » où il rencontre un autre
homo. Je lui fournis les lubrifiants et préservatifs.
Mon fils a commencé sa sexualité à l’IME. Il était amoureux d’un autre garçon qui lui est devenu séropositif
car aucune protection.
Ma question est la suivante : Les parents sont seuls à affronter la sexualité de leurs enfants, c’est nous qui
achetons les billets de train. Le vrai danger c’est l’ignorance de cet aspect. »
Appels obscènes : anonymes la plupart du temps, ces appels sont constitués de propos
à caractère sexuel, dans le but d’intimider la personne.
Voyeurisme : le voyeur observe les gens à leur insu; il cherche à les surprendre dans
leur intimité.
Viol : relation sexuelle avec pénétration, qu’elle soit vaginale, anale ou orale. La
pénétration peut être faite avec le pénis, une autre partie du corps ou un objet et est
effectuée contre le gré de la victime.
- De femme ou homme adulte viols de guerre
- Par personne ayant autorité
- Sur personne vulnérable handicapé
- Sur mineur, sur mineur de 15 ans
- Par ascendant
L’inceste : agression sexuelle commise par un adulte sur un enfant avec lequel il a un
lien biologique (ex. : père, grand-père, oncle) ou par un adulte qui représente une figure
parentale pour cet enfant (ex. : beau-père). L’inceste fraternel.
A la veille d'un transfert d'établissement pour les congés d'été, une fillette de 12 ans révèle,
dans un état d'agitation important, être victime (mais peut-être aussi auteure) de « pratiques
sexuelles » régulières avec 6 autres jeunes garçons et filles de 8 ans à 12 ans. Ces actes ont
eu lieu dans une cabane, (dite « cabane de l'amour »), construite dans le parc du lieu de vie.
Le CRIAVS de Haute Normandie ouvert en septembre 2007 a été très vite sollicité, et
beaucoup plus que nous ne l'avions prévu, par des établissements accueillant des mineurs.
Institut Médico-Educatif-ITEP-PJJ etc. Bien plus que le passage à l'acte (agi ou subi) ayant
provoqué le placement, c'est souvent la transposition au sein du lieu d'accueil, de la
problématique familiale sexuelle et relationnelle des enfants qui déstabilise les équipes
éducatives et les traumatise quand les faits sont graves et répétés à l'insu de tous.
Ces institutions sont mises à mal car se sentent prises en défaut de protection et dans la
reproduction de l'exclusion (des auteurs). Mises à mal aussi par les enquêtes judiciaires et
administratives dont les recommandations peuvent modifier considérablement le regard et
les attitudes professionnelles qui tendent à devenir suspicieuses.
Le CRIAVS de Haute Normandie a fait le choix de proposer des interventions au sein même
de ces institutions. Nous mettons en place des séances de réflexions cliniques où se
travaillent des situations de jeunes concernés par cette problématique
En aucun cas nous ne nous substituons à l'analyse des pratiques souvent existantes dans ces
institutions et il est important que la personne qui fait ce travail soit informée de notre
intervention.
Nous proposons à l'équipe de nous exposer la situation problématique d'un jeune pris en
charge, on assiste souvent à une sidération des professionnels devant la violence des
problématiques sexuelles des jeunes qu'ils rencontrent que ce soit dans ce qu'ils agissent au
sein de l'institution ou dans ce qu'ils disent avoir subis dans leur milieu familial.
A partir de ces études de cas nous essayons d'apporter des éclairages théoriques, afin de
permettre aux professionnels d'analyser et de mentaliser certains passages à l'acte, de faire
des liens avec l'histoire familiale du jeune et de se dégager des symptômes sexuels pour une
prise en charge plus globale.
Il est très important d'avoir toujours en tête que nous ne sommes pas face à des sujets
adultes, mais face à des jeunes dont la sexualité est en devenir.
Ce travail au sein des institutions est organisé sous forme de contrat avec un certain nombre
de séances déterminées à l'avance, ce qui permet une réflexion dans la durée sur plusieurs
situations et d'expérimenter les aides et éclairages que le CRIAVS apporte aux équipes.
A l'issue de ce temps imparti, il est toujours possible pour les équipes de nous recontacter
ponctuellement.
Cette approche de terrain (à différencier de formations proposées dans les locaux des
CRIAVS) répond aux missions complémentaires de formation, d'aide, de conseil, et de
prévention, mais pose les limites de la tentation de thérapie institutionnelle car souvent, les
passages à l'acte en particulier d'ordre sexuel s'inscrivent dans les failles des fonctionnements
institutionnels.
En fait, rapidement, nous sommes confrontés non seulement aux résistances individuelles,
mais surtout aux résistances groupales des équipes professionnelles. Et ces résistances se
sont organisées sur des fonctionnements propres à chaque institution. Nous constatons des
difficultés d’élaboration sur ces passages à l’acte, difficultés liées à l’histoire parfois
traumatique de l’institution, à ses idéaux fondateurs, à ses modes d’organisation.
Nous constatons que pour que notre travail puisse se faire, il nous faut démasquer l’origine
de ces résistances groupales pour ne pas être malgré nous en alliance avec ces résistances,
mais accompagner le groupe professionnel à faire face à ses difficultés là.
Avec du temps, le groupe professionnel accède à une réelle capacité d’élaboration sur ces
passages à l’acte (plus ou moins graves), mais aussi dévient beaucoup plus attentif aux
comportements pouvant être significatifs de problématiques sexuelles violentes.
C’est pourquoi, nous nous sommes aperçus à travers nos interventions que nous avions
aussi un rôle préventif quant à la réalisation ou la répétition de passages à l'acte (auteurs ou
victimes) en permettant aux équipes de repérer certains comportements indicateurs et
d'avoir un rôle plus contenant auprès de ces jeunes.
Table ronde : Accompagner les adolescents et jeunes adultes vers une vie
affective et sexuelle responsable et épanouie : retours sur l’existence de
groupes de paroles dans les établissements du secteur Enfance/jeunesse.
Par :
Céline CADOT, éducatrice spécialisé IME Mont Cauvaire
Dominique CASTIONI, médecin SESSAD Rouen
Anne COUTURIER, éducatrice spécialisée IMPro d’Omonville
Nadège GUERET, éducatrice spécialisé IME Mont Cauvaire
Béatrice LANGLOIS, infirmière à l’IME d’Arques la Batailles, APEI Dieppe,
secteur enfant
Marcellin KOUBASSANAH NAKA, éducateur spécialisé à IME de Rieux
Marie-Laure PELTIER, psychologue IME de Rieux et secteur adulte de l’APEI
de Dieppe
SESSAD Rouen :
Suite aux propos et aux comportements des jeunes relatés par les éducateurs concernant
leur vie affective, le médecin de la structure souhaitait mettre un groupe en place car il lui
paraissait important que les adolescents du SESSAD bénéficient d’un temps d’échanges sur la
VAS.
IMPRo d’Omonville :
Il n’y a pas encore de groupe de parole, mais une réflexion sur ce thème est en cours. Une
éducatrice de l’établissement assiste à diverses réunions d’échanges et formations sur le
thème de la vie affective et sexuelle, organisées par l’ADAPT et l’ARRED, animées par
Bertrand Morin. Ces temps d’échanges avec d’autres professionnels d’établissement médico
sociaux, mettant en place des choses autour de la vie affective et sexuelle, ont conforté
l’IMPro dans le souhait d’offrir aux jeunes des temps d’échanges sur ce thème.
IME de Rieux :
Adolescents de 12 à 20 ans volontaires et avec accord des parents
4 groupes non mixtes.
Homogène au niveau de la déficience.
Vigilance à séparer les personnalités trop forte qui empêchent aux plus introvertis de
s’exprimer.
5 à 6 jeunes par groupe
IME d’Arques :
Adolescent de 15 à 19 ans
4 groupes non mixtes
Homogène au niveau de la déficience
5 à 6 jeunes par groupes
Dans une petite salle. La grande salle a été essayée mais ne convenait pas car pas assez
contenante.
SESSAD Rouen :
Jeunes entre 14 et 25 ans issus d’un SESSAD au cours de leur parcours scolaire.
3 groupes non mixtes d’environ 5 jeunes
Homogène au niveau de l’âge
Réunions parents-professionnels tous les 3 mois pour parler du travail effectué avec les
jeunes.
Lieu neutre sans connotation de rééducation (hors SESSAD).
IME de Rieux :
Présentation à tous les groupes de jeunes âgés entre 12 et 20 ans. Constitution de petits
groupes de 6 au maximum et brainstorming sur les pensées et mots qui leur viennent en tête
lorsque l’on parle de « relations affectives et intimes ». Ainsi ils évoquent différents thèmes
lesquels seront discutés plus en détail dans chaque séance. A la fin de cette présentation, les
jeunes donnent ou non leur accord. Nous demandons ensuite l’accord aux parents par un
courrier explicatif du projet en restant à disposition pour toutes questions.
SESSAD Rouen :
Présentation du projet aux parents et aux professionnels dans les différents SESSAD trisomie
21 de haute Normandie. Les enfants volontaires ont intégré le groupe.
IME de Rieux :
- parler poliment, utiliser un vocabulaire approprié pour parler de la sexualité,
- l’anatomie,
- la différence entre ce que c’est qu’être ami et ce que c’est qu’être amoureux (les
projets de vie, les activités partagées),
- l’identification du sentiment amoureux (sensations corporelles, pensées occupées par
l’être aimé, etc.),
- le choix amoureux (les qualités et attitudes de l’autre qui font que le jeune peut
tomber amoureux)
- la construction de la relation amoureuse (réfléchir sur le fait qu’on ne passe pas d’une
rencontre à un acte sexuel, que l’acte sexuel s’inscrit dans une relation affective)
- la pornographie : amener les jeunes à remettre en question cette représentation de
la sexualité (explication qu’il s’agit de comédiens et que cela ne représente pas la
réalité sur le plan des relations interpersonnelles)
- le consentement (les conséquences négatives pour autrui et pour soi en cas de non-
respect de cette règle éthique, la nécessité pour la poursuite de la relation d’un
accord mutuel, le droit de dire non même si on est amoureux)
- les questionnements d’un garçon et d’une fille par rapport au premier acte sexuel
- comprendre les transformations corporelles liées à la puberté, comprendre les
mécanismes de la sexualité, de la fécondation, de l’accouchement
- Information sur la protection, MST, contraception (donner de l’information pour
gérer par soi-même et être responsable, favoriser la sollicitation des ressources
extérieures)
IME d’Arques :
- l’amitié
- l’amour
- le couple
- l’intimité
- différences filles-garçons
- savoir dire « non »
- la contraception, les règles
- projet d’avenir
- composition de la famille
- puberté
- les émotions
- le respect d’autrui.
SESSAD Rouen :
- Les émotions : joie, tristesse…repris au début de chaque séance : les jeunes
évoquent leur ressenti avant d’aborder le thème du jour.
- La beauté du corps : ce qu’ils aiment chez eux et le corps d’autrui. Les émotions que
renvoient les images de pub. Les trucages des pubs.
- Les besoins physiologiques du corps : fondamentaux, importants
- Les relations avec les autres selon le degré de connaissance : amoureux, famille,
amis…les activités que l’on peut faire avec chacun, la distance à tenir….
- L’évolution du corps du bébé à la personne âgée, les changements de la puberté
(visibles et invisibles). Anatomie et physiologie.
- Intimité, pudeur : comment préserver son intimité dans les différents lieux
- Savoir dire « non »
- Le toucher : agréable, désagréable,
- L’abus sexuel, prévention, se protéger, qui prévenir
- Masturbation, pornographie
- Avoir des amis, où en trouver
- La vie future, les différentes sortes de fécondité
IME d’Arques :
Photos, « Le zizi sexuel », moyens de contraception, pochette personnelle pour y mettre le
travail réalisé, constitution du puzzle du corps, de la carte d’identité, photos personnelles…
SESSAD Rouen :
Jeux de rôles avec des accessoires, photo-langage, dessins, supports audio-visuels…
Utilisation du programme « des hommes et des femmes » et « mon corps c’est mon corps »
IME de Rieux :
Auparavant il s’agissait de « Groupe de parole sur la sexualité » mais les adolescents de 12-
14 ans refusaient de venir au groupe. Nous avons donc changé par « Relations affectives et
intimes » pour d’une part, éviter le mot « sexualité » qui semblait générer des résistances.
Pour eux sexualité = l’acte sexuel. Mais nous abordons dans nos groupes des éléments bien
plus larges. Ainsi « Relations affectives et intimes » semble plus englobant.
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 27 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
IME d’Arques :
Groupe VAS A, B, C, D faute de temps de préparation et de réflexion
SESSAD Rouen :
Chaque groupe a donné son nom : « les BG crackers », « les super-miss », « des amis
ensemble »…
Retour des jeunes, des familles, des équipes, changements éventuels dans
l’institution :
IME de Rieux :
Les jeunes sont contents d’avoir eu un espace pour parler de ce sujet, d’avoir pu évoquer
leurs situations personnelles, leurs questionnements, d’avoir appris plus sur leur corps, les
moyens de protection.
Equipe : l’équipe observe moins de passages à l’acte, et plus de stabilité dans les relations
amoureuses (changements de partenaires moins fréquents)
Familles : les familles ont fait peu de retours mais certaines peuvent dire qu’elles apprécient
que ce sujet soit discuté avec leur enfant à l’IME car il est difficile pour elles de le faire.
IME d’Arques :
Les jeunes ont grand plaisir à venir et certains sont très à l’heure. Les plannings sont affichés
sur les ateliers respectifs.
Les familles sont enchantées. Certaines familles ne savent pas comment aborder certaines
choses, cela leur facilite la tâche. Les parents en parlent lors des synthèses de leur enfant.
Notre directeur n’encourage pas la participation des jeunes sur des journées à thème
comme le repas de la St Valentin. Nous sommes un secteur enfance et il ne doit pas y avoir
d’encouragement à la sexualité, ceci est exclu dans le projet d’accueil du jeune.
SESSAD Rouen :
Les jeunes sont contents de venir, malgré que ce soit sur leur temps de WE
Les parents reçoivent un mail après chaque réunion pour connaître le thème abordé.
Les éducateurs et les parents trouvent que les jeunes changent, sont mieux dans leur corps,
et abordent ces sujets plus facilement
IME de Rieux :
Difficulté à offrir des créneaux de groupe de parole pour l’ensemble des jeunes volontaires
en raison de la complexité des emplois du temps de chacun.
Résistances de certaines familles qui craignent qu’en parlant de sexualité, on induise des
comportements chez leur enfant, notamment chez les filles. Or, nous nous sommes rendus
compte que les jeunes ont des questions bien précises et se renseignent déjà par eux même
sur internet.
IME d’Arques :
Le départ de la psychologue de l’établissement n’a pas permis la poursuite des groupes VAS
car les éducateurs ne se sentent pas suffisamment formés pour intervenir auprès des jeunes,
sur ce thème en particulier.
IME de Rieux :
Lecture du programme « Des hommes et des femmes ». L’éducateur a suivi une formation
dans lequel ce programme était présenté. Nous nous sommes donc principalement inspirés
de ce programme et nous sommes adaptés en fonction des besoins et des demandes des
jeunes.
IME d’Arques :
Nous avons monté le groupe de parole sans formation ni l’une ni l’autre. Le sujet nous tenait
à cœur et nous y avons consacré une bonne dose d’énergie. La complémentarité de l’une et
de l’autre (psychologue et infirmière) nous a permis de réfléchir chacune dans nos bureaux
et de mutualiser nos recherches avant nos rencontres VAS. Le manque de temps de
préparation était réel mais nous avons su y pallier par notre motivation réelle.
IME de Rieux :
Participer aux groupes de discussions thématiques autour de la vie affective et sexuelle que
propose l’ADAPT.
IME d’Arques :
Oui, des formations sont indispensables. J’aurais aimé (infirmière) participer à la semaine de
formation proposée par Sheila Warembourg ou peut-être rencontrer d’autres personnes qui
abordent ces thèmes mais mon poste d’infirmière ne me permet pas autant de détachement
d’heures.
SESSAD Rouen :
Continuer à se former et rencontrer d’autres équipes pour partager sur les parcours de
chaque établissement
La formation des animateurs : nous n’avons pas tous été formés. Une formation rassure sur les
compétences professionnelles, apporte des connaissances théoriques et donne des idées
d’intervention. Néanmoins, nous pouvons aussi inculquer des choses aux jeunes en fonction
de nos observations de leurs besoins et aussi en nous appuyant sur nos connaissances en
tant que professionnel et en tant qu’être humain. La VAS nous concerne tous et chacun de
nous souhaite transmettre des valeurs, des informations qui seront utiles aux jeunes pour
mener une vie affective et sexuelle responsable et épanouie. Le partage d’expériences entre
professionnels ayant déjà animés des groupes de paroles sur ce thème nous semblent très
enrichissant.
La nécessité d’un projet porté par la direction. Oui, car on observe que lorsque c’est le cas, les
groupes continuent d’exister malgré le départ des professionnels qui anime les groupes. Si le
projet est reconnu par la direction, les professionnels suivent.
Etre prêt à dévoiler des choses de soi car les jeunes nous interpellent sur notre vie personnelle
(en recherche de modèles ?). Etre à l’aise avec ce sujet pour mettre les jeunes en confiance
et créer un espace de parole serein.
Adapter nos interventions à la spécificité du public. Nécessité d’évaluer où les jeunes en sont
dans leur vie affective et sexuelle afin de ne pas avancer des sujets qui sont trop éloignés de
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 30 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
leurs préoccupations. Préparer les thèmes et la façon d’intervenir est important mais il est
aussi nécessaire de s’adapter aux questionnements et préoccupations actuelles des jeunes.
L’importance d’un lieu d’écoute et de partage d’expérience. L’animateur est parfois amené à se
mettre en retrait car les jeunes échangent entre eux leurs expériences, se questionnent les
uns les autres. Ils enrichissent ainsi leurs représentations ce que peut être la vie affective et
sexuelle d’une personne.
2ème Partie :
Le mammifère humain, contrairement aux autres mammifères, peut boire sans soif …
s’empiffrer ou jeûner... et avoir des rapports sexuels hors nécessité reproductive.... Alors
comment ça marche et à quoi nous sert la sexualité ???
Mais il est aussi vulnérable …., Diable ou ami, selon le discours du groupe.
L’érection est présente dès la vie fœtale. En moyenne, on compte 50 000 h d’ érection entre
20 et 75 ans, dont 2 à 3000 en acte sexuel. Soit 95% inutilisées !!!!
Pourquoi ?????
L’érection, est nécessaire à la santé sexuelle :
Le pénis – extérieur – a besoin d’être oxygéné et maintenu à température du corps
95% des érections servent donc à préserver sa capacité fonctionnelle
L’érection est un réflexe (l’éjaculation aussi)
Pour connaître son désir sexuel, l’homme doit reconnaître les différentes natures de ses
érections. Il doit apprendre à les distinguer :
« Erection d’entretien» - « besoin d’éjaculer » et se masturber pour entretenir
une bonne capacité fonctionnelle.
« Excitation sexuelle dans une dynamique relationnelle » (attirance sexuelle,
admiration, amour…) et reconnaître et réguler les émotions qu’elles déclenchent
en lui – car elles peuvent perturber son excitation sexuelle.
Désir fusionnel …
Elles apprennent à soigner leur enveloppe corporelle mais ont rarement appris comment
s’approprier leur féminité de l’intérieur car personne n’a guidé cette exploration….
Il existe donc Mille et une facettes du désir. Dans une vie, notre désir sexuel peut varier,
selon l’âge, les circonstances, les instants…
LES ATELIERS
Atelier 3 : Prévention et informations – Pôle Santé CMS de Dieppe – CDAG (Pour tous)
Lors de cet atelier, il y a eu une présentation du Centre de Diagnostic Anonyme et Gartuit
de Dieppe qui concerne principalement le VIH et l’Hépatite B et C et du CDDIST Centre
d’Information, de Dépistage des Infections sexuellement Transmissibles, Il s’agitici
d’infections moins graves mais plus fréquentes.
Au-delà du dépistage, ce centre a pour mission la prévention et l’information au
niveau des écoles/lycées mais aussi des établissements médico-sociaux.
Ils ont présents sur les 4 territoires de Santé : Dieppe, El Bœuf, Fécamp et Le Havre.
Atelier 4 : Plaire, séduire, s’aborder pour les personnes en situation de handicap - Tendance
Coiffure et Parenthèses Agence de Conseil en image par Gaëlle LEGRAND, Conseillère en
image et l’ASSOCIATION « Les habilleuses de Fécamp » stand de vêtements accessibles à
tous.
Parce qu’avoir subi une épreuve de vie peut parfois entamer l’estime de soi, prendre soin de
soi, de son corps, se maquiller, se coiffer, porter des vêtements que l’on aime contribue au
bien-être dans la vie de tous les jours. Ce métier de passion, le conseil en image, a pour but
d’aider les autres à trouver une image qui correspond à leur personnalité, parce que l’image
est la première impression que l’on donne de soi et qu’il est agréable d’être à l’aise avec son
image et d’avoir confiance en soi. La colorimétrie permet de découvrir par un jeu de
draping , les couleurs qui mettent en valeur la personne. Par la suite, cet exercice permet de
choisir astucieusement la couleur de ses cheveux, des accessoires(bijoux, lunettes, etc…). Il
est complété par un apport sur la symbolique des couleurs et les codes qui s’y réfèrent.
Cette animation ludique et interactive, elle permet à l’individu de se retrouver face à un
miroir sans se focaliser sur son reflet. C’est un très bon ancrage pour un travail de réflexion
sur l’estime de soi.
3ème Partie :
« La vie, les autres et moi »
Vulnérabilité des personnes, consentement, abus
Chritian LUCAS
On a osé
Avouer un peu bon mal an
L’impudeur de nos rêv’es troublants
Oter nos masques, se mettre à nu
Devants vos regards bienvenus
On a osé
S’envoler plus haut que nos peurs
Rouler comme des boules de flipper
Charlie Chaplin
La violence sexuelle est aussi vieille que le monde mais de plus en plus judiciarisé.
22% des personnes incarcérées le sont pour violence sexuelle
Cette définition recouvre les situations d’agression et d’atteinte sexuelles, qu’elles soient
simples ou aggravées définies par le code pénal. Il s’agit des exhibitionnistes, des auteurs
d’atteintes sexuelles de toutes sortes dont le viol contre des adultes ou des enfants mais
aussi des auteurs de violences sexuelles intra familiales de viols conjugaux de viols en série
de viols collectifs.
Dans les situations d’inceste, les actes violents sont le plus souvent le fait d’un beau père,
d’un concubin ou d’un frère ainé. Les pères utilisent plus souvent la séduction et la
contrainte. S’installe alors une relation d’emprise .
Dans les tournantes chez les adolescents, un des auteurs est connu de la victime.
Les AVS ne sont pas une catégorie de patients psychiatriques on ne peut faire une typologie
selon les infractions commises.
On retrouve chez tous nos patients des troubles graves du narcissisme c’est-à-dire une
image de soi dévalorisée, une fragilité du sentiment de continuité identitaire, un risque
Nos patients AVS ont souvent été des enfants non reconnus comme sujets.
En tant que soignant on est souvent frappés par l’absence de souffrance exprimée de la part
de nos patients par rapport aux violences qu’ils ont subies, on va donc parler de déni, qui
est donc un mécanisme de défense inconscient qui vise à soulager le psychisme d’un danger,
ex : un conflit, une angoisse ,et ou il est important de se couper de soi même pour ne pas
sombrer pour ne pas être anéanti.
Le déni de l’altérité, de reconnaitre l’autre dans sa différence, son altérité, est retrouvé
dans des proportions importantes chez les AVS, et cela va se traduire par un manque
d’empathie, par une difficulté à différencier les sexes et les générations.
Différentes personnalités :
Les AVS se rencontrent peu dans la schizophrénie ou là l’agression rentre dans le délire par
exemple un patient qui entend des voix qui lui disent de passer à l’acte ou dans le cadre
d’un délire mystique.
Dans ces cas de pathologies psychiatriques avérées il est important de prendre en charge le
patient dans sa globalité.
On rencontre aussi des AVS chez les personnes souffrant de troubles mentaux : les
passages à l’acte se traduisant par une familiarité, un investissement anarchique du corps de
En tout premier lieu, ce sont les plus jeunes, les plus petits dans l’institution ou bien leurs
pairs, filles et garçons du même âge. Dans les familles ce seront plutôt les frères, sœurs,
cousins, amis proches. Dans les familles d’accueil ce seront les enfants naturels mais aussi les
autres enfants placés.
On retrouve là une difficulté pour mettre des mots sur les actes dont ils n’ont pas compris la
gravité.
Il faut dire que jusqu’à une période très récente, le sujet de la sexualité des handicapés
mentaux n’était pas ou peu abordé. Souvent la sexualité chez les handicapés était connotée
comme anormale pulsionnelle.
Aujourd’hui on sait mieux que ceux-ci ont une sexualité comme les autres.
Mais souvent le jeune déficient découvre la sexualité et la pratique dans une solitude
anxiogène et culpabilisante. La sexualité découverte, on voit que souvent il y a une tendance
à la répétition effrénée des actes.
Il est donc important de mettre en place un système d’auto régulation des comportements
avec un discours sur le sexuel s’ouvrant aussi sur l’intime, la notion de pudeur, sur la relation
à l’autre. Notons que plus les personnes handicapées mentales bénéficient de programmes
adaptés d’éducation sexuelle et affective, plus elles seront protégées des abus sexuels.
Souvent les auteurs déficients reconnaissent les faits et s’en excusent. Puis ils
recommencent, compte tenu de la difficulté à prendre conscience de la gravité des actes
commis.
Ils ont des difficultés à énoncer les règles de vie, de respect à l’autre, de comprendre les
interdits imposés par la famille, par l’institution. Y a -t-il un manque de culpabilité ?
Jeux sexuels ou actes pervers ? Il faudrait toujours pouvoir évaluer ce qui est de l’ordre du
jeu, d’une rencontre du corps de l’autre, d’interrogations qu’ils se posent avant de parler
d’actes transgressifs violents.
On ne peut nier le plaisir à transgresser, à jouer avec l’interdit à l’adolescence.
Plusieurs facteurs de risque que l’on va retrouver dans l’enfance de nos patients
AVS.
Selon les études 20 à 70% des AVS ont été eux-mêmes victimes d’abus sexuels
pendant leur enfance ou leur adolescence dans un cadre intra ou extra Familiale, il
faut tenir compte de ce facteur d’autant plus qu’il y a souvent corrélation entre l’âge de
l’auteur quand il a été victime et l’âge de sa victime.
- comme chez nos patients AVS on peut découvrir beaucoup d’immaturité, et des troubles
de l’adaptation sociale qui les handicapent pour avoir une relation avec d’autres adultes, une
relation avec un enfant devient plus rassurante, moins angoissante plus inoffensive qu’une
relation avec un adulte. Comme c’est le cas des patients AVS avec une problématique
d’ordre pédophilique.
Les patients ont une grande incapacité à verbaliser sur ces sujets
L’identification à l’agresseur
Ce concept d’identification à l’agresseur évoque l’incapacité pour l’enfant victime de se
défendre face à son agresseur par peur, et c’est cette peur qui amènerait l’enfant à se
soumettre à la volonté de son agresseur, à deviner, à anticiper le moindre des désirs de son
agresseur, En agissant ainsi l’enfant peut maintenir, préserver des rapports de tendresse avec
son agresseur dans le cadre d’une relation d’emprise.
On parle aussi d’identification à l’agresseur lorsqu’il y a reproduction des actes de la part
d’un sujet qui lui même a été victime.
Des troubles profonds et durables du lien à l’autre dans les familles ou règne un
climat incestuel se traduisant par :
- Des attaques constantes à l’intimité, à travers le regard le toucher
- Dévalorisation du corps
- Absence de limites entre les espaces corporels et entre l’intimité de chacun
- Exhibitionnisme
- Manque de pudeur sexualité des parents exposés aux enfants ou partagés par des
confidences érotiques voire pornographique
- Suppression des frontières entre générations, absence d’une hiérarchie entre les parents
et les enfants qui normalement doivent être structurante pour l’enfant.
De fait l’enfant se retrouve plongé dans une cohabitation perverse malgré lui.
Ce qui crée une situation confusionnelle par rapport à sa propre identité, concernant les
limites de ce qui est.
Des familles ou il y a une mauvaise intégration de la loi elles vivent hors de la loi universelle
par rapport au tabou de l’inceste. Face à cela chaque individu a des stratégies de survie plus
ou moins adapté selon la conscience de l’existence de l’autre. Il n’y a pas toujours le même
niveau d’empathie selon l’histoire des individus.
Il y a aussi parfois des passages à l’acte qu’on a du mal à rattacher à des troubles
de la personnalité
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 46 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
Ce sont des actes intervenant à un moment où l’auteur est fragilisé. Cela peut se traduire
par des régressions infantiles, des dépressions lors de ruptures affectives, de décès, de
déboires professionnels, d’anxiété liés à la prise de toxiques
Dans la prise en charge thérapeutique, la personne est un patient même s’il a commis un
acte délictueux
Les règles médicales habituelles sont donc en vigueur : pas de traitement sans indication
médicale et accord préalable du sujet
Le secret professionnel médical constitue une condition indispensable au cadre
thérapeutique, en milieu carcéral comme dans le dispositif du droit commun
L’une des principales difficultés déontologiques pour le praticien est de repérer les situations
nécessitant un signalement. En effet, le médecin aura, en conscience, à concilier des principes
pouvant être contradictoires ou à choisir entre eux : d’une part, l’obligation de respecter le
secret professionnel, les impératifs de la confidentialité nécessaires au cadre thérapeutique et
la non-ingérence dans les affaires de famille ; d’autre part, l’obligation légale de porter
assistance à une personne en péril et l’urgence de signaler les mauvais traitements sur un
mineur de moins de 15 ans ou une personne vulnérable, lorsqu’elle est en danger.
Les soins en détention reposent sur le principe du consentement : une offre de soins
peut être proposée sans qu’elle ait de caractère obligatoire. Elle peut s’inscrire dans le
cadre d’une demande de la personne ou dans le cadre de l’incitation judiciaire aux soins
après condamnation. Dans le cadre pré-sentenciel, le praticien doit rester vigilant et
respecter la présomption d’innocence
En milieu ouvert, lorsque la personne est soumise à une injonction ou à une obligation
de soins, le médecin traitant ou le psychologue traitant n’ont pas à rendre compte
directement au juge des contenus et des modalités du soin. Ils peuvent, à la demande de
leur patient, délivrer une attestation de participation aux soins. C’est le médecin
coordonnateur ou bien l’expert désigné par le juge qui sont seuls tenus de fournir une
évaluation de la mise en œuvre et une appréciation de l’évolution de la personne.
Evaluation initiale
Il est recommandé de réaliser un ou plusieurs entretiens à visée diagnostique, permettant
d’établir s’il existe ou non une indication de soins et d’en définir les orientations et les
modalités en s’appuyant sur toutes les informations dont on peut disposer
L’évaluation clinique initiale est indispensable au choix des modalités de prise en charge, parce
qu’elle permet de déterminer et d’identifier les vulnérabilités et les ressources du sujet et plus
généralement des facteurs qui ont pu contribuer au développement des troubles et à les
précipiter.
Un bilan somatique est réalisé en fonction des comorbidités en collaboration avec le médecin
généraliste traitant.
Si une lésion frontale ou un début de démence sont suspectés, il est recommandé de
demander un avis neurologique. Des tests neuropsychologiques peuvent être utiles en cas de
déficience intellectuelle.
Concernant l’évaluation psychologique, celle-ci repose avant tout sur l’entretien clinique. Le
cas échéant l’évaluation de dimensions plus spécifiques peut être réalisée.
La prise en charge d’un auteur d’agression sexuelle peut être conçue comme un
accompagnement médico-psycho-éducatif.
Ce qui induit une prise en charge thérapeutique globale du sujet.
La prise en charge des auteurs d’agression sexuelle est très complexe et peut justifier que le
soignant puisse bénéficier d’informations et formations complémentaires relatives aux
problèmes spécifiques de cette population.
La première étape de la prise en charge consiste à faire émerger la demande, y compris dans
les cas fréquents où la demande n’est ni apparente ni explicite. Elle permet également la
construction du cadre de soin.
Les objectifs de la prise en charge de l’auteur d’agression sexuelle visent à créer les conditions
d’une bonne relation thérapeutique (alliance thérapeutique, bonne observance), à améliorer le
fonctionnement psycho-social du patient et à diminuer l’activité sexuelle inappropriée. Elle
peut ainsi contribuer à éviter la récidive de l’agression sexuelle, sans jamais pouvoir l’exclure.
Dès lors, l’absence de récidive ne saurait apparaître comme le premier et le seul objectif du
soin.
Les agressions sexuelles sont à replacer et à comprendre dans un contexte plus global,
notamment en termes de comorbidités somatique et psychique, voire psychiatrique, ainsi que
de contexte social général. Ces éléments contextuels doivent être reconnus et pris en charge
de manière adaptée. Les troubles psychiatriques caractérisés doivent être traités en priorité.
Les éléments d’évaluation à prendre en compte au cours du suivi des auteurs d’agression
sexuelle sont notamment l’amélioration du fonctionnement psycho-social du sujet et d’autre
part sur des aspects plus spécifiques en lien avec le passage à l’acte.
A titre d’exemple, les éléments suivants du fonctionnement global du sujet peuvent être
évalués :
Types de psychothérapie
L’approche psycho dynamique accorde une place importante aux étapes précoces du
développement et à ses perturbations (traumatismes, maltraitance, séparations et ruptures),
qui s’expriment notamment dans des troubles de l’attachement et de la construction de
l’identité.
La psychothérapie s’appuie sur une relation de confiance et de sécurité avec le thérapeute, qui
permet d’aborder les problématiques profondes, les fantasmes (sexuels, de destruction, etc.)
et la souffrance de la personne dans le contexte de son fonctionnement psychique. Ces
problématiques sont abordées dans le transfert avec le thérapeute. Elles impliquent de sa part
un ajustement permanent et soutenu à l’évolution et aux (im) possibilités de la personne. Les
déficits initiaux de verbalisation et de mentalisation, la fragilité narcissique, la maturation
émotionnelle et relationnelle, la gestion de la sexualité s’inscrivent dans les objectifs de
changement, aux côtés de la compréhension cognitive et émotionnelle des processus
dynamiques internes associés aux comportements pathologiques et de la perception du vécu
des victimes.
Elles sont indiquées lorsqu’il faut mettre en place une phase de préparation à des entretiens
individuels ou dans le cas d’une famille dépressive, repliée ou fusionnelle. Elles le sont
également lorsque les auteurs d’agression sexuelle sont identifiés comme autoritaires ou
tyranniques au sein du groupe. Il n’y a pas de contre-indications spécifiques aux thérapies
familiales car l’investissement des auteurs dans cette dynamique thérapeutique se réalise de
façon variable et individualisée.
Dans le cadre de soins avec des personnes sous main de justice et condamnées, la prise en
considération du dossier pénal (récit des faits, expertises psychiatriques, enquête sociale)
paraît être un élément important dans la prise en charge de ces sujets. Contrairement à un
cadre de prise en charge dite classique, ce dossier permet de croiser le discours du sujet à
celui de la justice. Il peut être un levier thérapeutique car souvent les sujets n’ont que des
souvenirs partiels de ce qui a été énoncé lors du procès, et ce car les émotions les ont bien
souvent submergés à ce moment-là.
Traitements pharmacologiques
Traitements hormonaux
Les traitements hormonaux ont pour objectif commun de réduire les pulsions sexuelles. IIs
réduisent les comportements sexuels inappropriés, mais ils réduisent également l’activité
sexuelle globale.
Notre expérience de la prise en charge des sujets auteurs de violences sexuelles, en milieu
carcéral, nous a permis de nous rendre compte que chez certains de ces sujets, la
psychothérapie en face à face n’est pas toujours la mieux indiquée. Un passage dans un
dispositif groupal à un moment ou à un autre du parcours thérapeutique du sujet peut lui
permettre de se confronter à la notion d’altérité, problématique rencontrée souvent chez ces
patients. Le rapport à la relation duelle mobilise des aménagements défensifs de façon massive,
une persistance dans un déni au moins partiel des agissements, alors que le groupe va
permettre une diffraction du transfert et une ébauche d’approche de la problématique sous
jacente.
L’orientation des patients vers ce groupe de parole se fera après une évaluation et une
synthèse d’équipe.
La démarche adoptée est voulue globale et transversale : tous les établissements du secteur
Adultes (ESAT, Ateliers de jour, Foyer d’Accueil médicalisé, Atelier de Jour médicalisé,
SAVS, Foyer d’hébergement et Foyer de vie) ont été fortement impliqués. Un comité de
pilotage pluridisciplinaire dont font partie le Vice-président du Secteur Adultes et un
administrateur parent, a été constitué en vue d’en suivre l’avancement.
A partir de cette évaluation, des réunions transversales ont été mises en place pour
l’ensemble des professionnels éducatifs dans le but d’offrir aux professionnels une
information globale, et construire un socle théorique de base, commun à tous les les
établissements du secteur adulte.
Ces réunions de trois séances étaient animées par les deux psychologues du Secteur
Adultes. Les objectifs los de chaque séance se déclinent comme suit :
Première séance
Se rencontrer, faire connaissance entre les professionnels des différents
établissements du Secteur Adultes
Définir le cadre des réunions
Cibler les attentes
Deuxième séance
Exprimer les représentations
Définir ce que l’écoute
Parler de vie affective et sexuelle
Troisième séance
Les manifestations de la sexualité
Les notions de norme et de déviance
Rôles et missions des professionnels, paradoxes
8 groupes de travail thématiques transversaux ont été constitués afin de réfléchir sur
l’amélioration de l’existant :
- LE CORPS ET L’ESTIME DE SOI
- LE TRAVAIL AVEC LES FAMILLES
- LE COUPLE
- INFORMATION PREVENTION EDUCATION POUR LES PERSONNES
- INFORMATION FORMATION PREVENTION EDUCATION POUR LES
PROFESSIONNELS.
- LES PARTENAIRES
- LES ESPACES
- LES REGLEMENTS ET LES ECRITS
Chacun de ces groupes de travail etait animé par un ou deux membres du comité de
pilotage.
Les réflexions menées ont abouti à plusieurs propositions, que le Comité de pilotage a validées.
Aussitôt, de nouveaux groupes de travail se sont constitués, toujours de manière volontaire et
transversale, en vue de concrétiser les actions proposées. Il s’agit en effet de :
1. L’Organisation d’un Colloque sur la Vie affective et sexuelle et présentation du
spectacle de la Comédie Musicale « Train des désirs » à l’occasion, en Mai 2014.
5. La Mise en place d’un guide adapté sur la vie affective et sexuelle pour les personnes en
situation de handicap. Ce guide sera distribué lors du Colloque
Le groupe travaille aussi sur le recensement les différentes ressources extérieures à mobiliser
dont l’IREPS de la Haute Normandie, en vue d’envisager des actions d’information et de
prévention en direction des usagers, dans le proche avenir.
7. La mise en place d’un comité transversal de supervision des groupes de parole auquel
participeraient les personnes ayant animé ou ayant envie d’animer des groupes de parole,
en vue d’échanger sur les outils et les pratiques. En cours
9. La mise en place de deux annuaires (un pour les participants et un autre pour les
professionnels) pour lister les différents partenaires externes qui peuvent être mobilisés.
En cours
10. La facilitation des rencontres et des liens pour les usagers (Organisation de soirées avec
d’autres établissements, pique-niques, …)
Du désir à la réalité…
Avancées, questionnements, ouvertures
La VAS est un thème qui bouscule puisqu’il nous amène à faire face à la désorganisation
de nos repères et défenses, accueillir le changement;
De l’information obligatoire à la démarche volontaire des professionnels
De l’engagement dans le temps des professionnels
De l’équilibre entre intérêt pour la VAS et travail quotidien : « le terrain n’attend pas ! »
Un thème sans cesse à re-questionner : le travail d’analyse pluridisciplinaire face aux
situations
Un projet global, des réponses individuelles pour les personnes
De la volonté d’agir à l’impuissance: la gestion de la souffrance et la frustration chez les
personnes
A chacun ses priorités ! Rester à l’écoute des problématiques individuelles : handicap, le
vieillissement…
A l’origine de ce projet, il y a la volonté de tisser un lien de confiance avec les familles, de voir les
parents s’investir dans la vie de l’association et d’être porteurs de projets singuliers et dynamiques.
Les parents peuvent être acteurs dans l’évolution des projets associatifs, institutionnels ainsi que dans
l’accompagnement des personnes, via une alliance et une collaboration avec les institutions et les
équipes.
Pour réfléchir à la portée de ce projet, le Comité de pilotage « Ressources famille » composé des
directeurs adjoints, psychologues (du secteur adultes et enfants), et de 3parents administrateurs s’est
constitué afin d’élaborer un questionnaire en direction des familles de l’APEI, secteur enfants et
adultes - questionnaire ayant pour objectif de faire un état des lieux des modalités de rencontres
existantes, évaluer leur adéquation avec les besoins des familles, et faire émerger de nouvelles
propositions à ce sujet.
A réception des questionnaires, plusieurs pistes de travail se sont dégagées (voir shéma):
1. Se rencontrer de manière conviviale entre familles (café-parents)
2. Partager des temps de vie avec les professionnels de terrain
3. Participer à des groupes de parole parents-fratrie
4. Ateliers d’écriture
L’état des lieux a été également complété par le point de vue des personnes accueillies,
pour qui, des groupes de parole sur le thème de la « Famille » ont été animés. L’objectif
étant d’évoquer avec eux leurs représentations et besoins en lien avec la notion de famille.
- Le handicap: Une histoire singulière pour la personne et sa famille. Comment est-il vécu
par les parents, dans la famille ? Comment est-il vécu par les personnes en situation de
handicap ? Comment est-il parlé au sein des familles?
- Les institutions: Quels regards sont portés sur les établissements et le travail des équipes?
Comment travailler ensemble tout en respectant les rôles et les espaces de chacun?
- L’intimité: Intimité du corps, intimité de la chambre, expériences intimes… A domicile,
comment préserver l’intimité de la personne en situation de grande dépendance?
- Confidences, jardins secrets, discrétion… Quelles sont les limites de ce qui se partage
entre professionnels et familles? La personne en situation de handicap « au cœur » de
cette question.
- Autonomie, vulnérabilité: entre peurs et réalités, quand les représentations et les regards
sur la personne divergent, comment se comprendre et envisager l’accompagnement.
- Parentalité des personnes en situation de handicap: Quelles représentations en ont les
familles? Comment entendre le désir des personnes ?
4ème Partie :
« A corps ouvert »
Le corps, l’identité l’image et la parentalité
L’accompagnement de la parentalité,
Un nécessaire travail de réseau.
Catherine BAUDET:
Depuis la création de notre service en 1993, nous avons constaté une évolution progressive
de notre travail : au début, les participants s’installaient seuls en appartement, des couples se
sont ensuite formés ; le désir d’enfant a suivi naturellement, la concrétisation de ce désir leur
permettant d’être « comme tout le monde » ; rapidement, la possibilité de prendre un congé
parental avec deux enfants a augmenté le nombre de grossesses au sein de notre service ;
Certaines familles ont même désiré avoir d’autres enfants encore.
Au cours de cette période, notre service a orienté avant tout son travail sur la prévention,
sur les différents modes de contraception et autour d’une réflexion avec les participants sur
leur désir de grossesse, leurs projections personnelles. Notre travail, au sein du service est
bien d'accompagner les parents ou futurs parents mais en aucun cas d'encourager les
grossesses.
Devant, donc, le nombre croissant des suivis de grossesses et avec l’arrivée de tous ces
bébés, notre travail auprès des parents s’est modifié au fur et à mesure de nos interventions ;
Initialement, notre service n’étant pas missionné pour le suivi des enfants, nous avons dû,
néanmoins, faire face à la multiplication de leurs suivis éducatifs et de santé.
Dans une réflexion menée autour de nos pratiques professionnelles, on a pu mettre en
exergue que, même si les parents ne représentaient pas la part la plus importante en nombre
de suivis SAVS en comparaison avec les autres adhésions individuelles, ils nous
monopolisaient davantage en terme de temps de visites à domicile et en nombre de
démarches extérieures.
Céline DUBOS :
A titre indicatif, nous souhaiterions vous soumettre quelques chiffres :
Enfant 1 2 3 4 + de 4
Année TOTAL
à naître enfant enfants enfants enfants enfants
19 familles : 28
2013 - 11 3 3 2 0
parents, 34 enfants
15 familles : 19
2011 1 7 2 3 2 0 parents, 28 enfants
+ 1 à naître
13 familles : 17
2010 - 6 3 3 1 0
parents, 25 enfants
11 familles : 11
2009 - 4 4 2 1 0
parents, 22 enfants
Le financement de notre SAVS est semblable à n'importe quel autre SAVS : nous
fonctionnons de manière expérimentale, sans subvention supplémentaire, en ayant redéployé
les ressources humaines, matérielles et financières.
Avant d’exposer nos constats sur la problématique des suivis de grossesses avec des
personnes en situation de handicap, il nous parait important de rappeler un élément essentiel
de notre pratique professionnelle, sur lequel nous sommes très vigilantes : dans tous nos
accompagnements, nous ne faisons jamais « à la place de » mais « avec la personne
Rappelons ici le décret du 11 mars 2005, régissant les Services d’Accompagnement à la Vie
Sociale et Médico-social pour les adultes en situation de handicap : Les Services
d’Accompagnement à la Vie Sociale ont pour vocation de contribuer a la
réalisation du projet de vie des personnes adultes handicapées par un
accompagnement adapte favorisant le maintien ou la restauration de leurs liens
familiaux, sociaux, scolaires, universitaires ou professionnels et facilitant leur
accès à l’ensemble des services offerts par la collectivité.
Concrètement, au sein de notre pôle, c’est toujours le parent qui nous sollicite pour être
accompagné lors d’un rendez-vous, jamais nous n'imposons notre présence, même si parfois
nous savons que les informations qui nous serons restituées par le parent, seront
incomplètes pour une compréhension parfaite de la situation.
Sabine CHATROUSSAT :
Pendant longtemps, il été refusé à la personne handicapée un statut de sujet ainsi que dénié
l’accès au désir et à son expression. La possibilité de se penser parent en était ainsi entravée.
Actuellement, cette parentalité de cachée est devenue visible et nécessite que familles et
professionnels s’ajustent dans le souci du respect du parent, mais aussi de l’enfant à venir.
Aujourd’hui, on peut et on doit en parler avant que le couple ait un projet réel d’enfant. Il
est donc important de réfléchir à un outil de réflexion pour que les équipes intègrent dès
avant grossesse, l’amorce d’une réflexion avec le couple, avant la parentalité réelle.
Catherine BAUDET :
Depuis que nous accompagnons des parents ou futurs parents en situation de handicap,
nous sommes en mesure aujourd'hui de mettre en évidence des caractéristiques précises à
prendre en compte dans leur accompagnement.
Ces personnes ont des difficultés à avoir un raisonnement abstrait, elles possèdent peu
de facultés cognitives ; cela se traduit par une difficulté à se projeter dans l’avenir.
Concrètement, il est parfois difficile pour certaines mamans de se représenter les différentes
étapes de sa grossesse, d'appréhender les changements de son corps liés à la grossesse,
d'anticiper les achats de puériculture, de s'astreindre aux examens médicaux, d'organiser le
départ à la maternité, surtout quand d'autres enfants sont présents au domicile.
A plus long terme, les parents ou futurs parents n'ont pas forcément connaissance et/ou
conscience des différentes étapes de l'évolution de leur enfant, et donc de la nécessité de
s'adapter et d'ajuster achats, comportements, discours, etc...
Aujourd'hui, les enfants avançant en âge, nous sommes déjà confrontés aux problématiques
liées au passage à l’adolescence (les limites, la puberté...). Nous sommes amenées, à
accompagner les parents aux réunions d'orientation scolaire pour leurs enfants afin de les
aider à mieux comprendre les objectifs recherchés, de les accepter et parfois de mettre en
place des visites d'établissements dans le but de visualiser et mieux comprendre l'orientation
proposée.
A l'inverse, nous observons aussi combien il peut être difficile pour un enfant de dépasser le
niveau de compétences de son parent : il peut alors se développer au niveau de l'enfant, un
conflit de loyauté : continuer d'évoluer, de progresser et dépasser ainsi ses propres parents
ou refuser la poursuite des apprentissages pour rester au même niveau qu'eux.
La compréhension, elle est souvent réelle et immédiate en face d'un médecin spécialiste,
du pharmacien, ou dans tout autre domaine, mais avec le temps, elle se dilue ; nous avons
alors besoin de redonner régulièrement les explications relatives à la situation.
Cette difficulté de compréhension nous oblige aussi, parfois, à reformuler les propos
entendus lors des différents entretiens, à utiliser un vocabulaire adapté, à imager, à trouver
des références dans leur quotidien.
Catherine BAUDET :
Cette notion de temps n’existe pas au niveau des sentiments comme nous pouvons le
supposer dans des relations dites « ordinaires» ; nous le retrouvons également dans
l’exemple d’un deuil, l’expression du chagrin ne dure pas.
Nous observons aussi la nécessité pour les parents et futurs parents de disposer d'un temps
« suffisant »pour faire confiance à un autre professionnel avec qui nous les aurons mis en lien,
avant de pouvoir ne plus nous associer aux futurs rendez-vous.
Céline DUBOS :
La notion de distance vis-à-vis des autres n’est pas toujours non plus intégrée ; la barrière
patient/médecin/autre professionnel n’existe pas toujours au travers notamment du langage
et aussi vis-à-vis du SAVS ; nous sommes souvent confrontés à un manque de pudeur, un
manque de décence : lors des consultations, lorsque la personne souhaite que nous restions
auprès d’elle, elle n’éprouve pas de gêne pour se déshabiller ; à d’autres moments, à leur
domicile, elles peuvent également nous montrer des parties intimes de leur corps pour
mieux exprimer l’endroit de leur douleur ressentie ou la suite d’une opération.
Catherine BAUDET :
La vulnérabilité : dans les échanges avec certains professionnels, les personnes en situation
de handicap se sentent plus vite blessées, atteintes dans leur rôle de parents. Les remarques,
les conseils sont davantage pris pour des critiques et non comme un support d’échange leur
permettant de se saisir d’outils pour progresser.
Cette vulnérabilité s'applique aussi dans leurs difficultés parfois à protéger leur
environnement familial en ne sachant pas refuser l'entrée au domicile d'une personne
La présence parfois d'un nouveau conjoint vient diminuer les ressources du foyer : il est alors
parfois difficile pour le parent de ne pas négliger les besoins de son enfant au profit de son
nouveau compagnon.
Céline DUBOS :
Catherine BAUDET :
Céline DUBOS :
Catherine BAUDET :
Pour illustrer nos propos, nous vous proposons de vous présenter une situation que nous
accompagnons depuis 2006, donc à la fois avant la création du pôle famille et encore
aujourd'hui.
Caroline et Thierry sont en couple depuis 2006. Caroline était alors au foyer, dont elle
souhaitait partir pour prendre un appartement. Elle explique alors que la solution était
qu'elle tombe enceinte pour quitter l'établissement et intégrer le SAVS. Elle a donc
décidé de faire un enfant, contre l'avis de Thierry, et tout en poursuivant la prise de son
traitement psychiatrique.
En décembre 2006, ils ont alors emménagé ensemble et leur premier enfant est né en
janvier 2007. Rapidement, la maman a été dépassée par les problèmes de santé de sa fille :
montées en fièvre, bronchiolites, convulsions nécessitant des hospitalisations, puis
diagnostic d'épilepsie. A cela s'est ajouté des problèmes de hanches puis de jambes,
provoquant une démarche particulière. A ce moment, la maman se dit fatiguée, ne
pouvant pas dormir comme elle le souhaite, refusant de se lever la nuit pour s'occuper de
sa fille et obligeant Thierry, qui travaillait, à se lever.
Dans la journée, Caroline appelait sans cesse le service ou nous sollicitait pour aller chez
le médecin, expliquer la prise de médicaments voire nous demander de donner nous-
mêmes les médicaments. Elle attendait le retour de Thierry le soir pour qu'il emmène
leur fille aux rendez-vous de kiné. Concernant l'entretien de l'appartement, Caroline ne
se mobilisait pas : elle prétextait alors que son compagnon étant très maniaque, ça ne
servait à rien qu'elle le fasse puisqu'il repasserait derrière elle. Elle préférait utiliser ce
temps pour dormir. De plus, une TISF intervenait 3 fois par semaine essentiellement pour
du repassage et faire des repas adaptés à la petite. Ensuite, une inscription en crèche a été
proposée et la petite fille a bénéficié d'un accueil social qui s'est par ailleurs renouvelé
jusqu'à ses trois ans.
Cette situation familiale était l'une de celles qui occupait principalement nos temps de
réunions : nos inquiétudes quant aux sentiments exprimés par la maman, la fatigabilité du
papa, les tensions dans le couple, les soucis de santé de la petite fille et surtout les
difficultés à faire face à tout événement nouveau ou imprévu dans la prise en charge de la
petite. Malgré toutes les difficultés rencontrées, Caroline exprimait clairement son désir
de faire un autre enfant, à nouveau contre l'avis de Thierry. Parallèlement, ils
déménageaient pour prendre un appartement plus grand.
Début 2009, Caroline nous annonçait sa deuxième grossesse. Elle expliquait que les
difficultés qu'elle rencontrait avec sa fille aînée n'étaient pas graves, que ce n'était que
passager, qu'elle allait grandir. Quand on abordait sa fatigabilité, Caroline répondait que sa
fille irait à la crèche en journée et que Thierry la conduirait de bonne heure le matin et
irait la rechercher le soir. Elle ajoutait à cela une explication concernant ses origines :
issue de la communauté des gens du voyage, elle ne pouvait concevoir avoir un enfant
unique. Pour elle, une famille, c'est plein d'enfants et de préférence des garçons pour
jouer au foot avec eux !
A la rentrée 2010, l'aînée de la fratrie est rentrée à l'école : rapidement, les difficultés de
la petite fille ont été repérées et énoncées aux parents qui refusaient alors d'entendre
que leur fille puisse être porteuse d'un handicap. Une AVS a été mise en place pour
permettre à la petite fille d'intégrer l'école sur des temps de scolarisation de plus en plus
grands. Parallèlement, la situation au domicile se dégradant, les parents ne parvenant pas à
poser des limites à leur fille aînée, ils ont souhaité que celle-ci intègre une MECS. Elle y
est toujours accueillie à ce jour, avec des retours ponctuels au domicile organisés selon
un calendrier précis.
Au moment de cette rentrée 2010 et alors que les difficultés grandissaient, Caroline nous
annonçait être enceinte de son troisième enfant, à nouveau sans réelle concertation avec
son compagnon.
Un petit garçon est né en avril 2011, au moment où la sœur aînée intégrait la MECS.
Rapidement après cette naissance, la famille a souhaité emménager dans une maison avec
un jardin dans l'intérêt des enfants.
Le travail entrepris avec la MECS a permis de mettre à jour des difficultés relationnelles
au sein de la fratrie mais aussi au sein du couple avec de très nombreuses tensions. Après
l'arrêt des interventions de la TISF puisque Caroline leur imposait de faire du ménage
plutôt que de la soutenir dans la prise en charge de ses enfants, un SMD a été proposé
après que la proposition d'un travail avec le service famille de la MECS ait échouée. A ce
moment, Thierry, qui s'exprime peu sur ses ressentis, se montre fuyant par rapport aux
intervenants et ne souhaite pas se saisir de ce qui lui est conseillé alors que c'est lui qui
semble davantage prendre en charge leur fille aînée. Le SMD a été renouvelé plusieurs
fois et les observations des divers intervenants pointaient le manque de stimulation du
petit garçon, bien qu'accueilli en crèche. Un retard de marche et de langage sont
rapidement aussi détectés.
Dans le même temps, pour familiariser Thierry à un travail sur soi, notre service a
proposé régulièrement des entretiens de couple à leur domicile en l'absence des enfants.
Peu à peu, Thierry a pu se montrer réceptif à ce travail et nous avons pu lui proposer un
suivi auprès de l'Equipe Mobile Psychiatrique Précarité. Ces entretiens ont aussi été
L'aînée de la fratrie bénéficie dorénavant d'un accueil en IME et est toujours accueillie en
MECS, dans l'attente d'une Famille d'Accueil disponible. La cadette suit une scolarité en
milieu ordinaire, sans souci détecté. Le 3ème enfant devrait intégrer l'école maternelle à
la rentrée prochaine : le retard de langage s'accentue, la démarche est particulière et ce
petit garçon manifeste des comportements très ritualisés et parfois même inadaptés.
Sabine CHATROUSSAT :
Toutes ces spécificités, vulnérabilités peuvent parfois se cumuler, rendant les professionnels
d’autant plus inquiets et nécessitant la mise en place d’un réseau de partenariat d’autant plus
vaste. Il est donc indispensable d’identifier les vulnérabilités et les points forts du couple
pour construire avec lui un soutien individualisé, adapté à ses difficultés. Pour réaliser ce
travail, nous avons réfléchi et construit des « grilles d’entretien » (les termes ne sont pas
encore tout à fait définis) à l’usage des professionnels afin qu’ils puissent réaliser cette
évaluation avec le couple et construire avec lui le réseau d’aide dont il a besoin, avant même
qu’une grossesse soit annoncée.
Par ailleurs, il est indispensable d’identifier les liens soutenants et entravants de l’entourage
du couple. Les liens soutenants peuvent provenir de la famille, des amis mais aussi de
professionnels ou structures dont l’aide a déjà été mise en place.
Certains couples peuvent bénéficier d’un soutien familial, d’un réseau d’amis stable et
étayant. Cette aide qu’elle soit affective et/ou dans le quotidien est essentielle à prendre en
compte car elle pourra permettre au couple de partager ses émotions, ses difficultés (et
parfois d’en être soulagé) et d’être rassuré quant à la possibilité d’un relais mais aussi leur
offre la possibilité d’être valorisé et soutenu dans leur parentalité.
A contrario, les couples très isolés tant au niveau familial que socialement, ayant un réseau
d’amis très peu développés nécessiteront un accompagnement sans doute plus étroit afin de
minimiser les risques d’un isolement d’autant plus problématique voire empêcher l’apparition
de comportements dangereux pour leur enfant.
En ce qui concerne les professionnels pouvant intervenir auprès des couples, ils sont de
différents champs et leur intervention très diversifiée provoque parfois un morcellement du
suivi et occasionne un manque de repère pour les parents. Ceux-ci ont beaucoup
d’interlocuteurs (PMI, éducateurs du SAVS, assistante sociale,…) et ne voient pas toujours la
finalité des différents suivis mis en place. D’autant qu’à l’arrivée du bébé des intervenants
pour l’enfant s’ajoutent aux leurs. Tous les professionnels s’additionnent mais ne sont pas
toujours coordonnés. Nous avons pu noter que ce manque de coordination entre les
différents professionnels et les clivages parfois entre différents service occasionne une
incompréhension pour les parents et les plonge au cœur de débats essentiels pour leur
avenir, débats dont ils sont exclus.
Lors de ce travail, nous avons pu noter aussi que certains professionnels de champs
différents accompagnent de fait, des personnes présentant des handicaps divers (déficience
intellectuelle, handicap moteur, handicap psychique) mais que leurs connaissances du
handicap ne sont pas toujours suffisamment solides. Cette méconnaissance rend difficile leur
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 74 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
ajustement aux besoins de ces parents ou futurs parents et les plonge parfois dans un état de
sidération en accroissant leurs inquiétudes.
Il est donc indispensable de construire un réseau de partenaires qui puisse être coordonné,
formé ou tout du moins qui ait accès à des formations et un soutien quand des situations de
parentalité se présentent.
Il nous semble donc nécessaire de construire un outil synthétique avec le couple montrant
ses difficultés, ses potentialités, ses compétences, les personnes de son entourage sur
lesquelles il peut compter ou pas, les professionnels, services, structures qui pourraient être
ressources. Cet outil sera un support objectif permettant de guider les parents, d’évaluer
leurs capacités ou non de prise d’initiative, d’appel à l’aide et de mise en place de protection
pour l’enfant, le couple,…
Ce travail de dialogue, d’évaluation avec le couple futur parent, a pour objectif de construire
un projet de parentalité dans lequel chacun sera acteur.
Il est essentiel d’éviter les décisions prises en dehors de l’avis du ou des parents et qui les
amène à une situation de déresponsabilisation, même quand une séparation est nécessaire.
Eviter les relations d’emprise afin que la personne puisse se réapproprier sa parentalité dans
toutes ses dimensions même si la séparation est nécessaire.
Pouvoir aider les professionnels à se déculpabiliser d’accompagner vers une séparation.
Facteurs de protection pour les parents et l’enfant
Etre force de proposition pour les parents et surtout accepter qu’ils soient eux-mêmes
force de proposition et puissent aider à organiser leur suivi
Si une séparation est inévitable, il est important d’essayer au maximum que le ou les parents
soient acteurs de ce placement : différentes propositions doivent être présentées telles que
le tiers digne de confiance, parentalité partielle pour préserver un lien.
Le travail de réseau peut et doit permettre entre autre d’articuler et coordonner le travail
des différents services afin que la séparation soit la moins traumatique à la fois pour les
parents et pour l’enfant.
Le désir d’enfant et le désir d’être parent sont des processus qui se construisent dès
l’enfance et qui nécessitent donc d’être accompagnés tout au long du développement du
sujet et non pas seulement quand une grossesse est envisagée voire annoncée. Accompagner
le questionnement des enfants et des adolescents sur la sexualité, l’affectivité et la parentalité
est un premier pas vers une représentation, une possibilité de se projeter dans l’avenir
comme futur adulte et pourquoi pas possible parent.
Ce travail nous a permis de mettre en évidence qu’il existe une parentalité spécifique des
parents déficients intellectuels, mais que celle-ci s’inscrit dans des processus psychiques plus
généraux. Ces parents ont besoin d’une aide, d’un accompagnement spécifique dans leur
parentalité. Il est donc important de proposer un soutien, d’offrir une aide matérielle dirigée
vers les deux parents, en faisant appel à une ou des personne-ressource de leur entourage
(famille, éducateurs, travailleurs sociaux).
Cependant pour une meilleure efficacité, certains écueils sont à éviter comme:
- Un morcellement trop important qui risque d’ajouter à la vulnérabilité des parents en les
noyant dans de multiples suivis dont ils ne comprennent plus le sens. Il est donc
nécessaire d’organiser des réunions régulières, de structurer l’accompagnement afin qu’il
soit structurant et non morcelant.
- Il me semble nécessaire de désigner un interlocuteur ayant une connaissance du réseau
qui pourra expliquer aux parents, reprendre avec eux les différents dispositifs mis en
place afin d’éviter qu’ils se sentent déposséder des décisions les concernant ainsi que leur
enfant.
- Par ailleurs, les échanges de point de vue, les discussions parfois vives qui animent les
professionnels peuvent néanmoins permettre une mise à distance affective voire un
passage de relais dans des relations chargées d’émotion. L’émergence d’un autre regard
de professionnel moins envahi par les émotions peut tout à fait être à un certain moment
profitable pour tous.
Sans un encadrement social qui soit bienveillant et non pas jugeant, ces parentalités risquent
d’aboutir à des drames familiaux (placements, maltraitances, séparations…). Entre des
postures professionnelles teintées d’angélisme et de naïveté niant d’éventuelles difficultés et
des pratiques fondées sur l’interdit et la discrimination, il existe une position éthique à créer,
celle d’un accompagnement à une parentalité responsabilisée. Ce travail nécessite de la part
des professionnels un engagement de réflexion sur leurs propres représentations afin de se
dégager de relations affectives culpabilisantes. Ce travail ne peut se mener seul mais
nécessite un partage d’expérience et un renouvellement des connaissances impossible sans
un travail de réseau et un partenariat entre équipes solide et structuré.
Notre expérience nous a amené à tisser un réseau de professionnels que nous sollicitons
régulièrement.
Le CMS de secteur :
Systématiquement, à chaque début de grossesse, nous prenons un rendez-vous avec le CMS
du secteur afin d’exposer le contexte de la grossesse et de présenter globalement la future
maman ou les futurs parents. Ceux-ci sont donc informés des différents professionnels
exerçant sur ce lieu (Conseillère Conjugale, Assistance Sociale, Infirmière, Puéricultrice, Sage-
Les maternités
Nous accompagnons donc les futures mamans qui choisissent de faire suivre leurs grossesses,
pour certaines au sein du pavillon Mère-Enfant de l’hôpital de Dieppe et, pour d’autres, à la
Clinique des Aubépines qui est une maternité privée.
Devant des comportements et des discours qui leur semblent parfois non adaptés, les
professionnels des maternités peuvent ainsi nous solliciter : notre connaissance du parent
permet d’objectiver la situation et de rassurer d’éventuelles inquiétudes sur leur capacité à
assumer tous les rendez-vous médicaux et examens relatifs à leur grossesse en expliquant les
différents supports de notre accompagnement.
L’Hôpital de Dieppe
La plupart des participants demeurant en centre-ville privilégient le suivi de la grossesse et le
suivi gynécologique à l’hôpital de Dieppe.
Notre expérience auprès de l’hôpital nous a montré que nous pouvions interpeller l’AS afin
d’échanger sur la situation en organisant des rencontres.
Il peut être proposé un allongement du séjour à la maternité si nécessaire, afin d’affiner les
observations concernant la prise en charge du bébé par les parents, ainsi que les interactions.
Cette proximité entre le SAVS et l’Assistante Sociale permet donc de réfléchir
conjointement à la situation afin d’envisager toutes les possibilités de prise en charge de
l’enfant et de permettre un accompagnement adapté.
Une convention a été signée entre l'APEI et la Clinique ; elle décline les modalités du séjour
pour l’accouchement de la future maman : ainsi, elle lui offre d’abord la possibilité de
prolonger sa durée d'hospitalisation jusqu’à 10 jours ; puis, elle prévoit plusieurs rendez-vous
entre les différents professionnels de la clinique et notre service, afin d’évaluer les capacités
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 78 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
de la maman ou du couple à s’occuper seuls, correctement du bébé.
A l’issue de ces rencontres et au terme du séjour, en cas de retour à domicile, nous pouvons
ainsi préconiser si nécessaire la nécessité de mettre en place un étayage précis pour pallier à
certaines lacunes observées autour de la prise en charge du bébé.
Le domaine de la prévention
Dès notre rencontre avec le ou les futurs parents, nous informons que nous pouvons être
amenés, si la situation le justifie, à signaler aux autorités compétentes la mise en danger de
leur enfant.
Nous rappelons à chaque fois que nécessaire les droits et les devoirs de tout parent vis à vis
de leur enfant. En ce sens, nous pouvons être amenés à expliquer concrètement au(x)
parent(s) en quoi nous considérons qu'un enfant est en danger : nos observations liées à une
immaturité, une fragilité, un manque de stimulation ou une pathologie psychiatrique, des
violences, etc... Nous ont confronté à ce contexte de mise en danger et nous ont obligé à
agir dans l'intérêt de l'enfant.
Les lieux d’accueil des enfants constituent des partenaires importants pour nous.
Nous accompagnons fréquemment les familles pour les inscriptions en crèches ou en école
mais notre travail peut se poursuivre au-delà.
Les crèches
Nous essayons de favoriser au maximum ce mode de garde afin d’offrir au bébé une
socialisation précoce et parfois pallier ainsi aux manques de stimulation de la part des
parents. De plus, notre partenariat avec la mairie de Dieppe mais aussi les divers lieux
d'accueil nous permet de favoriser dès que nécessaire un accueil social en crèche (contrat
entre les parents et la crèches posant des horaires fixes tous les jours et des objectifs à
réévaluer dans le temps).
Les nourrices
Il n’existe pas toujours de places disponibles dans ces crèches ou voire une absence totale
dans les campagnes environnantes de Dieppe : nous soutenons alors la maman ou le couple
dans la recherche d’une nourrice agréée.
Nous faisons ensuite le lien avec la mandataire judiciaire sur les possibilités budgétaires.
Les écoles
Nous soutenons les parents, s’ils le souhaitent, dans la démarche pour l’inscription de leur
enfant à l’école maternelle et dans les achats exigés pour la rentrée.
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 79 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
Nous nous faisons connaître auprès des écoles afin de pouvoir être interpellés en cas de
besoin et de soutenir les parents, à leur demande, lors des réunions scolaires. Nous
apportons également un soutien pour comprendre et compléter tous les documents d’ordre
administratifs. Par le biais du carnet de liaison, nous aidons les parents à comprendre les
demandes formulées par les professeurs des écoles et à y répondre.
Nous accompagnons aussi les parents quand une nouvelle orientation scolaire est proposée
à leur enfant, et que celle-ci se trouve éloignée de Dieppe (ex : St Valéry en Caux, St Nicolas
d’Aliermont) : en effet, si l’enfant bénéficie lui, d’un transport journalier en taxi pour se
rendre à sa nouvelle école, l’absence d’un permis de conduire et la distance pénalisent les
parents pour assister aux rencontres Parents/ Professeurs qui sont déjà la plupart du temps
une épreuve pour ces parents.
Les MECS
Nous travaillons en lien avec deux MECS sur le territoire dieppois. Nous pouvons être en
lien direct avec les éducateurs des enfants lorsque la situation le nécessite (placement en
urgence dans un contexte de violences conjugales, immaturité dans la prise en charge de
l'enfant et son investissement affectif) mais, la plupart du temps, les entretiens avec les
professionnels de la petite enfance sont plus ponctuels : le rôle du pôle famille est de
reprendre avec les parents les objectifs posés, dans l'intérêt de leur enfant. Nous sommes
bien dans ce cas dans l'accompagnement du parent pour garantir le bien-être de l'enfant, son
évolution, l'équilibre du fonctionnement familial et non dans l'objectif d'intervenir dans le
fonctionnement de l'établissement.
A titre d'information, voici quelques chiffres concernant les lieux de vie des enfants :
2011 2 1 8 1 16
Donc 16 enfants vivent dans leur famille (ce qui représente 50% des enfants).
Le secteur médical
Les médecins généralistes et spécialistes
Les pédiatres
Nous rencontrons généralement les pédiatres avec les parents dans le cadre de souci
particulier de l’enfant (diabète, retard de croissance, épilepsie..), notre présence permet de
reprendre avec le(s) parent(s) les informations données lors de l‘entretien, de rassurer la
famille et d’organiser les éventuels rendez-vous ultérieurs.
Le Pôle Famille accompagne, toujours à la demande des parents, lors du premier rendez vous
pour mettre en lien avec l'interlocuteur ; notre présence peut rassurer, parfois les parents
cherchent dans notre regard, une approbation des propos qu'ils tiennent. Puis nous nous
assurons du suivi régulier, relançons ce suivi si nécessaire, en « remobilisant » le parent : nous
mettons en avant l'intérêt de leur enfant, faisons le parallèle sur leur propre
accompagnement et les bénéfices pour leur épanouissement.
Nous sommes amenés à nous rencontrer lors de synthèses, ce qui permet de partager nos
observations.
Sans imposer sa présence, le SAVS propose son soutien aux parents de l’enfant concerné lors
des entretiens.
Que ce soit dans un cadre administratif ou judiciaire, le Pôle Famille du SAVS accompagne les
parents lors des rendez-vous avec les différents intervenants de la protection de l’enfance.
Notre présence lors des audiences auprès du Juge des Enfants permet de compléter les
propos des parents et de clarifier parfois des malentendus.
Dans le cadre des mesures d’Aide Educative à Domicile, notre service est maintenant aussi
associé aux réunions pour faire part de ses observations; il participe ainsi à l’élaboration des
objectifs et aide le parent à les accepter et les travailler, en collaboration avec tous les autres
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 81 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
intervenants (Mandataire judiciaire, TISF, Services familles de MECS...).
Conclusion
Catherine BAUDET
Depuis la création de notre Pôle Famille, nous avons été amenées à soutenir des parents
dans l'organisation, les préparatifs de leur mariage, mais nous avons été aussi confrontés à un
divorce et des séparations douloureuses;
Par exemple, nous avons accompagné un couple qui s'est séparé quelques temps après le
placement de leurs enfants ; aujourd'hui l'un des enfants réside dans une famille d'accueil,
l'autre dans un établissement.
Comme des parents séparés dits « normaux », les enfants rendent visite une fois à leur père,
une fois à leur mère selon un calendrier bien précis.
Autre évolution, nous avons aujourd'hui dans nos effectifs une participante devenue grand-
mère.
Mais les situations les plus éprouvantes que nous avons traversées dans notre pratique, sont
la mort d'un enfant, une fois en milieu de grossesse (IVG thérapeutique) et une autre fois
quelques jours après sa naissance. Nous avons alors soutenu les parents moralement, dans
l'organisation des funérailles et dans les démarches administratives relatives à cet événement.
Notre travail s'est ensuite poursuivi au niveau de l'accompagnement de la période de deuil.
Le travail au sein d'un SAVS est en perpétuelle évolution en fonction des problématiques
rencontrées. Actuellement, nous sommes amenées à accompagner des départs en retraite
mais aussi des maladies liées à l'âge, des fins des vie,,, qui doivent faire l'objet de formations
spécifiques. D'autre part, nous sommes de plus en plus confrontées à des problématiques
alcooliques mais aussi à des maladies psychiques qui touchent, pour ces deux domaines, à la
fois le cœur du SAVS et les parents accompagnés par le pôle famille.
Céline DUBOS
Perspectives :
Dans le cadre des Analyses de Pratiques, nous souhaiterions continuer à nous interroger sur
la notion de contrat et la pertinence de mettre des échéances plus ou moins réduites à
notre accompagnement en requestionnant les outils que nous avons créés du type Projet
d'Accompagnement Familial.
Les situations vestimentaires possibles à aujourd’hui, c’est soit des Vêtements spécialisés,
soit des vêtements de grandes enseignes
L’importance du vêtement :
Le vêtement est une seconde peau pour se présenter au monde, c’est un élément
structurant de la personne. La mode et la beauté, sont des symboles forts : Travail sur le
corps/ accroche de stigmate, agissent sur « le construit culturel »
1
Document de travail de la Direction des Etuides de l’évaluation et des statistiques (DREES), Série Etudes,
« Premiers travaux d’exploitation de l’enquête HID Handicap Incapacités Dépendance, Colloque scientifique,
er
Montpellier 30 novembre et 1 décembre 2000 », Coordination Christel COLIN et Roselyne KERJOSSE n°16 ?
Minist7re de l’emploi et de la solidarité, 2001, p.248
Colloque sur la Vie Affective et Sexuelle des personnes en situation de handicap
Page 84 sur 89
APEI de la Région Dieppoise ACTES DU COLLOQUE
« Empêche-moi si tu peux !! »
14 et 15 mai 2014 à Dieppe Ma vie , mes besoins, mes droits, mes devoirs
communs, une même humanité et une même société
[Link] [Link]
Exemple de commentaires :
Le label « Bien-à-Porter »
Ce label est attribué par Cover dressing à des vêtements sympas trouvés dans des boutiques
de prêt-à-porter… et qui ont «quelque-chose en plus » ! Ce plus, ce peut-être la facilité
d’enfilage, le confort lors d’une position assise prolongée, ou toute caractéristique faisant
que ce vêtement sera, dans certains cas, plus approprié que d’autres. Les chroniqueuses du
magazine cherchent, testent, décrivent et proposent leurs trouvailles : chacun pourra y
reconnaître, ou non, une réponse à ses recherches. Chacun ses goûts, chacun ses besoins,
chacun son style ! Ces sélections visent simplement à répondre aux demandes les plus
courantes.
CONCLUSION
Christian LUCAS
Il apparait indispensable dans le cadre de la prise en compte de la vie affective et sexuelle des
personnes en situation de handicap, que nous accompagnions en permanence les actions
émancipatoires d’une réflexion éthique responsable :
En fait si la question de la sexualité est difficile, c’est qu’il n y a pas moyen de répondre sans
engager, si peu que ce soit notre propre manière de vivre la sexualité. Plus notre gêne sera
grande, et moins nous laisserons d’espaces aux personnes en situation de handicap pour
développer leur identité sexuée.
Qu’on se montre permissif, répressif, rigide, gêné, compréhensif, etc…, on parle tous de ce
à quoi nous renvoie la sexualité et l’on transmet tous quelque chose. Ainsi, il est préférable
d’être à l’aise pour mieux aborder (ou supporter) la question, il vaut mieux ne pas forcer sa
nature.