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Chapitre 2 - L'urbanisation en Afrique

Le chapitre examine l'urbanisation en Afrique, en distinguant les indicateurs statiques et dynamiques de la population urbaine, tout en soulignant la nécessité d'analyses plus fines pour comprendre la diversité des situations urbaines. Il met en lumière l'impact historique de la colonisation sur la structure des villes africaines et présente des données sur les taux d'urbanisation variés selon les régions et les pays. Enfin, il souligne la croissance continue des grandes villes malgré les défis économiques, avec une concentration croissante de la population dans des villes de plus de 500 000 habitants.

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Chapitre 2 - L'urbanisation en Afrique

Le chapitre examine l'urbanisation en Afrique, en distinguant les indicateurs statiques et dynamiques de la population urbaine, tout en soulignant la nécessité d'analyses plus fines pour comprendre la diversité des situations urbaines. Il met en lumière l'impact historique de la colonisation sur la structure des villes africaines et présente des données sur les taux d'urbanisation variés selon les régions et les pays. Enfin, il souligne la croissance continue des grandes villes malgré les défis économiques, avec une concentration croissante de la population dans des villes de plus de 500 000 habitants.

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Chapitre 2 - L'urbanisation en Afrique

Deux grandes séries d'indicateurs peuvent être distingués: d'une part, des
indicateurs statiques comme le volume de la population urbaine et ses
caractéristiques; d'autre part, des indicateurs dynamiques qui mesurent les
changements observés, et notamment la croissance. Les relations entre ces divers
indicateurs sont faibles, et l'appréciation du degré d'urbanisation d'un pays reste très
subjective, car son évaluation reste fonction de l'indice choisi. Tous ces indicateurs
privilégient une approche macro-économique et ne rendent pas compte de la
diversité des situations citadines au sein d'une même ville. Des analyses plus fines
sont nécessaires au niveau des grandes villes afin de mieux appréhender la diversité
du tissu social, de mieux mettre en rapport les équipements avec les populations
concernées. Les urbanistes attendent des démographes des données spatialisées à
un niveau relativement fin. Ces données sont déjà collectées par les Services de
statistiques nationaux (îlots de recensement, par exemple), mais elles ne sont pas
restituées à un niveau aussi fin que le quartier ou l'îlot, ce qui permettrait de mieux
mettre en rapport équipements urbains et effectifs de population concernée.

S'il est vrai que l'existence de villes est un phénomène très ancien en Afrique[3],
c’est néanmoins la colonisation qui lui a imprimé le caractère qu'elle connaît encore
de nos jours. Les grandes villes actuelles ont été fondées dans des sites choisis en
fonction de considérations liées aux besoins de la colonisation. Les ports maritimes
ont généralement été favorisés: Dakar, Abidjan, Lagos, Luanda, etc., et la
localisation des grands centres urbains reste marquée par cette extraversion. Dès
cette époque, les investissements ont été concentrés dans des capitales où résidait
l'essentiel des cadres dirigeants de l'Administration coloniale. Cependant, ces villes
coloniales étaient essentiellement peuplées d’Africains. Ainsi, en 1926, Dakar, qui
pourtant rassemblait alors 38 pour cent de la population non africaine de toute
l'Afrique de l'Ouest francophone, ne comptait que huit pour cent de non africains.
Cette proportion a ensuite culminé à 13 pour cent en 1955 avant de retomber à
moins de deux pour cent en 1976. Comme le fait remarquer Catherine Coquery
(1988), «le choc colonial a constitué un élément décisif de l'urbanisme africain
contemporain par la juxtaposition et l'inévitable interpénétration de deux modèles
apparemment contradictoires: le (ou plutôt les) modèle(s) autochtone(s) ancien(s), et
le modèle spécifique colonial/blanc/métropolitain». Le modèle colonial, sous prétexte
d'hygiénisme, a accentué le caractère ségrégatif de l'habitat et des quartiers des
villes africaines et il a imposé sa trame qui persiste aujourd'hui dans la plupart des
agglomérations (Massiah, Tribillon, 1988).

Les données présentées au tableau 1 sont des estimations, et doivent être maniées
avec beaucoup de prudence. Ce tableau présente pour chaque pays l'effectif de
population urbaine, la proportion d'habitants résidant en milieu urbain (taux
d’urbanisation), le taux de croissance annuel de population urbaine, la population de
la ville la plus peuplée du pays, et un indicateur mesurant l’importance relative prise
par la ville la plus peuplée du pays.

Le Maghreb est bien plus urbanisé que l'Afrique subsaharienne. En Afrique noire,
c'est l'Afrique centrale qui a le taux d'urbanisation le plus élevé, à l'exception notable
du Zaïre, où, bien que la ville de Kinshasa dépasse les quatre millions d'habitants (en
1995), la majorité de la population vit en milieu rural (71 pour cent). L'Afrique de
l'Ouest côtière, caractérisée par une concentration dans certaine villes portuaires, est
aussi assez fortement urbanisée. À l'opposé, le Sahel, toute la face orientale de
l'Afrique et la zone australe (à l'exception de l'Afrique du Sud et de la Zambie) le sont
nettement moins. Cependant, partout la croissance de la population urbaine est plus
élevée que la croissance naturelle.

En 1960, environ 15 pour cent de la population de l’Afrique de l’Ouest et centrale


résidait en milieu urbain; on peut estimer que cette proportion entre 34 et 37 pour
cent en 1994. La situation est très variable suivant les pays. Compte tenu des
réserves précédemment exposées concernant la difficulté de connaître avec
précision les effectifs de population urbaine, on peut toutefois classer les pays de la
façade atlantique de l’Afrique en cinq grand groupes en fonction de leur taux
d’urbanisation (Source WALTPS (Kalassa, 1994), estimation pour 1990):

Groupe I: Congo, Gabon.


Groupe II: Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal, Centrafrique, Mauritanie, Nigeria, Sao
Tomé.
Groupe III: Bénin, Togo, Zaïre, Gambie, Ghana, Sierra Leone, Cap Vert, Guinée
équatoriale.
Groupe IV: Guinée, Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad, Liberia, Guinée Bissau, Angola.
Groupe V: Burundi, Rwanda.
Le groupe I correspond aux pays ayant une proportion de population urbaine supérieure à 50
%; il s’agit de deux pays d’Afrique centrale exportateur de pétrole, le Congo et le Gabon. Le
groupe II rassemble des pays où plus de 40 % de la population vit en ville; il s’agit pour la
plupart de pays côtiers ayant connu un certain dynamisme économique (Centrafrique et
Mauritanie semblant être deux cas particuliers). Le groupe III regroupe des pays dont la
proportion d’urbains est comprise entre 29 et 39 %. Le groupe IV rassemble des pays
faiblement urbanisés (un taux compris entre 20 et 28 %), essentiellement des pays du Sahel
intérieur. Enfin le groupe V comprend deux pays particuliers, très densemment peuplés, mais
où la population urbaine est d’environ cinq pour cent; il s’agit du Rwanda et du Burundi.

Les enquêtes du REMUAO confirment que les différences d'urbanisation sont


importantes entre les pays enclavés et les pays côtiers. Parmi les pays les moins
urbanisés du réseau figurent le Mali (où 25 % de la population réside en ville) et le
Niger (18 %). Les plus urbanisés sont, à des niveaux d'urbanisation très proches, le
Sénégal (41 %), la Mauritanie (41 %) et la Côte d'Ivoire (40 %). La Guinée se situe à
un niveau intermédiaire (32 %) (Bocquier, Traoré, 1995).

Tableau 1: Population urbaine (en millions), indicateurs d'urbanisation, population de


la première ville (en milliers) et indice de primatie.
Indicateurs Population Taux Taux de Population de la Indice de
urbaine en d’urbanisation en croissance ville principale primatie
1994 (millions) 1994 (pour cent) urbaine 1990- en 1990 (*)
1995 (pour cent) (milliers)
MAGHREB
Algérie 15,0 55 3,8 3033 3,5
Égypte 27,5 44 2,6 8633 7,1
Libye 4,4 85 4,3 2595 2,2
Maroc 12,7 48 3,1 2815 2,4
Tunisie 6,6 57 2,8 1741 3,7
AFRIQUE
ORIENTALE
Burundi 0,5 7 6,6 234 -
Kenya 7,3 27 6,8 1519 2,6
Ouganda 2,5 12 5,8 754 12,7
Rwanda 0,5 6 4,2 219 8,1
SAHEL EST
Djibouti 0,5 82 2,7 417 8,5
Erithrée 0,6 17 4,4 359 -
Éthiopie 7,0 13 4,7 1808 5,4
Somalie 2,3 25 2,5 779 -
Soudan 6,6 24 4,4 1944 6,5
OCÉAN INDIEN
Comores 0,2 30 5,7 24 -
Madagascar 3,8 26 5,8 690 7,5
Maurice 0,5 41 1,2 158 -
Seychelles 0,03 54 2,9 35 -
AFRIQUE
AUSTRALE
Afrique du Sud 20,5 50 2,9 2294 2,2
Angola 3,4 32 6,3 1642 4,6
Bostwana 0,4 27 7,0 109 2,1
Lesotho 0,4 22 6,2 170 -
Malawi 1,5 13 6,2 310 5,0
Mozambique 5,0 33 7,4 1561 -
Namibie 0,5 36 5,9 149 -
Swaziland 0,3 30 6,2 47 -
Tanzanie 6,8 24 6,1 1436 4,9
Zambie 3,9 43 3,5 979 2,6
Zimbabwe 3,5 31 4,9 854 5,3
AFRIQUE
CENTRALE
Cameroun 5,7 44 4,9 1001 4,7
Centrafrique 1,3 39 3,4 474 10,8
Congo 1,5 58 4,9 793 2,00
Gabon 0,6 49 4,7 286 4,30
Guinée 0,2 41 5,9 30 6,58
équatoriale
Sao Tomé 0,06 46 4,2 50 -
Zaïre 12,3 29 3,9 3455 4,60
PAYS DU
SAHEL (CILSS)
Burkina Faso 2,5 25 11,2 681 4,40
Cap Vert 0,2 53 6,9 62 -
Gambie 0,3 25 6,2 209 7,26
Guinée Bissau 0,2 22 4,4 71 -
Mali 2,8 26 5,7 738 7,27
Mauritanie 1,2 53 5,4 707 6,65
Niger 1,5 17 5,6 447 3,29
Sénégal 3,4 42 3,7 1613 8,55
Tchad 1,3 21 3,6 613 5,00
AFRIQUE DE
L’OUEST
CÔTIÈRE
Bénin 1,6 31 4,6 487 -
Côte d'Ivoire 5,9 43 5,0 2168 6,07
Ghana 6,1 36 4,3 1405 2,90
Guinée 1,9 29 5,8 1127 9,69
Liberia 1,3 44 4,6 670 8,52
Sierra Leone 1,6 35 4,8 649 6,85
Togo 1,2 30 4,5 513 10,00
Nigeria 41,7 39 5,2 5685 5,29
(*) Rapport de l’effectif de la ville la plus peuplée à celui de la seconde ville du pays (les
valeurs de l’indice données ici sont dues à F. Moriconi-Ebrard (1993); elles portent sur des
dates variables selon le pays, mais toujours dans la décennie 1980).

Source: pour les quatre premières colonnes du tableau: Nations Unies, World Urbanization

Prospects. The 1994 Revision, 1995; pour le Nigeria (dernière ligne du tableau): Federal
Republic of Nigeria, Official Gazette, 1992.

Certaines villes, comme Conakry ou Ouagadougou, ont connu ces dernières années une
croissance particulièrement rapide. Certes, avec la crise, de nombreuses agglomérations ont
vu leur croissance se ralentir, mais la plupart des grandes capitales croissent encore au
rythme d'environ quatre pour cent par an, ce qui signifie un doublement de leur population en
17 ans. La croissance démographique naturelle (naissances et décès) contribue plus que les
migrations. Jusqu'à présent, il a été fort difficile de réorienter les flux migratoires vers les
villes secondaires ou vers le milieu rural. L’une des raisons de l’échec de ces programmes
de réorientation des flux réside dans la méconnaissance de la complexité des mécanismes
qui sous-tendent la prise de décision de l’acte migratoire (Lututala, 1995).

La figure 2 permet de comparer le rythme de croissance et le taux d’urbanisation de


l’ensemble des pays africains. Deux axes figurent sur ce graphique: le taux moyen
de croissance de la population urbaine sur la période 1990-1995, soit 4,38 pour cent,
et la proportion d’urbains en 1995 en Afrique, soit 34 pour cent. On distingue donc
nettement les pays encore faiblement urbanisé comme le Rwanda, le Tchad, et la
Somalie dont le taux de croissance de la population urbaine est inférieure à quatre
pour cent par an. D’autres pays sont également faiblement urbanisé mais leur rythme
d’urbanisation est particulièrement rapide; il s’agit en particulier du Burkina Faso,
mais aussi du Kenya, de la Gambie et de la Tanzanie. Certains pays déjà urbanisé à
plus de 40 pour cent gardent une croissance soutenue, comme la Mauritanie et le
Cameroun. Enfin, certains pays, dont la moitié de la population est déjà urbaine,
connaissent une croissance urbaine moins soutenue, en particulier les pays du
Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc). La Libye constitue un cas particulier, la
population de l’ensemble du pays étant essentiellement concentrée dans quelques
villes.

L'essentiel de la population urbaine africaine réside dans des villes de moins de 500
000 habitants. Mais les villes millionnaires attirent une part croissante de la
population. En 1995, 36 pour cent de la population urbaine mondiale vit dans des
villes de plus de un million d'habitants, particulièrement en Amérique du Nord (51
pour cent) et en Amérique latine (38 pour cent). Bien que le phénomène soit plus
récent en Afrique, il est déjà très accusé, puisque cette proportion est de 32 pour
cent en 1995, et atteindra probablement 39 pour cent en 2010. Cette concentration
est particulièrement marquée en Afrique du Nord.

Figure 2: Corrélation entre la population urbaine en 1995 et le taux annuel de


croissance urbaine 1990-1995.

Tableau 2: Répartition en pourcentage de la population urbaine selon la taille des


villes et le taux d'urbanisation en 1995.

Taille (en millions)


Région
Plus de 5 1 à 5 0,5 à 1 Moins de 0,5 Taux d'urbanisation
Afrique de l'Est - 22 13 65 21,7
Afrique centrale - 36 12 52 33,2
Afrique de l'Ouest 13 14 10 63 36,6
Maghreb 13 30 5 52 45,9
Afrique australe - 35 11 54 36,6
AFRIQUE 8 24 10 58 34,4
ASIE 19 19 9 55 34,6
AMÉRIQUE LATINE 20 18 10 52 74,2
AMÉRIQUE DU NORD 16 35 11 38 76,3
EUROPE 7 20 9 64 73,6
MONDE 15 21 9 55 45,2

Le nombre de villes millionnaires augmente. En 1995, sur l'ensemble du continent, une


trentaine d'agglomérations urbaines comptent plus d'un million d'habitants. Les plus
peuplées sont: Le Caire/Guizah (environ 10 millions d'habitants), Lagos (huit millions),
Kinshasa (4 millions), Alexandrie et Alger (environ 3,5 millions chacune), puis viennent
Casablanca, Tripoli, Abidjan et Le Cap. Selon le BIT, au-delà d'un million d'habitants, la ville
pose de nombreux problèmes de gestion: par exemple, la rénovation des égouts du Caire
coûtera deux milliards de dollars (El Kadi, 1987). La ville africaine est dévoreuse d'espace et,
au fur et à mesure de son extension, les charges des différents équipements urbains
deviennent très lourdes du fait de la longueur des réseaux: eau, assainissement, électricité,
voies publiques, transports. En Afrique subsaharienne, le phénomène urbain constitue une
préoccupation majeure, même dans le cas des centres urbains moins peuplés, car le rythme
de leur croissance démographique est sans rapport avec celui du développement des
capacités de production économique.

La macrocéphalie constitue une caractéristique majeure de l'urbanisation en Afrique.


Elle se traduit par le poids exorbitant d'une ville, généralement la capitale du pays, au
détriment des autres centres urbains. Moriconi-Ebrard (1993) a calculé pour la
plupart des pays un indice de primatie qui est le rapport de taille entre la première et
la deuxième ville du pays. Plus ce rapport est élevé, plus le poids de la première ville
est important (dernière colonne du tableau 1). Parmi les pays déjà fortement
urbanisés, le Sénégal et la Côte d'Ivoire sont fortement macrocéphales. Mais ce n'est
pas une règle générale et, dans certains pays, il existe plusieurs grandes villes
(généralement deux), dont la capitale économique et la capitale politique, qui sont
alors en compétition sur le plan démographique. Le phénomène de macrocéphalie
s'accentue dans les pays où la primauté d'une ville existait déjà dans les années 60.
Au Gabon, par exemple, ce rapport passe de 1,8 à 4,3 entre 1950 et 1990.

Certaines villes comme Maputo, Nairobi ou Conakry ont connu ces dernières années
une croissance particulièrement rapide. Certes, avec la crise, de nombreuses
agglomérations ont vu leur croissance se ralentir, mais la plupart des grandes
capitales croissent encore au rythme d'environ quatre pour cent par an, ce qui
signifie un doublement de leur population en 17 ans. La croissance démographique
naturelle (naissances et décès) contribue plus que les migrations. Jusqu'à présent, il
a été fort difficile de réorienter les flux migratoires vers les villes secondaires.

Concentration d'hommes, la grande ville est aussi une concentration des moyens de
production de biens et de service. Les besoins des citadins génèrent de multiples
emplois de production et de services. Une des conséquences de l'urbanisation
rapide réside dans la difficulté d'accès à un logement décent car la politique de
logement social n’a pas atteint ses objectifs en Afrique. Non seulement la production
de logement est inférieure aux prévisions et ne couvre pas la demande mais, de
plus, leur prix rend ces logements inaccessibles à ceux à qui ils étaient destinés: les
logements soi-disant sociaux deviennent la propriété des classes moyennes et
aisées. Quelles que soient les politiques suivies, on a l'impression d'aboutir au même
résultat dans la plupart des grandes villes africaines. Partout, on relève une logique
d'exclusion de l'accès au sol et au logement du plus grand nombre.

Cette inadéquation de la réponse à la question du logement n'est pas sans


conséquences démographiques. La diversité des situations démographiques découle
d'une fragmentation sociale accrue: différences de mortalité entre quartiers, entre
catégories sociales, etc. Les indicateurs démographiques laissent percevoir la
marginalisation croissante de certaines fractions de populations urbaines: l'exclusion
des pauvres se traduit par des différences accrues de mortalité, tandis que les
difficultés économiques poussent au mariage plus tardif des hommes et des femmes
en ville, et font évoluer la composition des ménages.

[3] On peut dater des 6 -7 siècles les premières villes du royaume du Ghana (Koumbi), mais
e e

certains auteurs pensent que sur le site de l'actuel Djenné (au Mali) se trouvait une ville qui
comptait 4000 habitants vers l'an 200. Tous les grands royaumes africains successifs eurent
des centres urbains importants (Bairoch, 1985).

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