Cours Mesures électriques et électroniques UAMB
III.3. Oscilloscope
L'oscilloscope est un appareil de mesure destiné à visualiser l'allure d'un ou plusieurs
signaux électriques, le plus souvent, variation de la tension en fonction du temps. Il existe des
oscilloscopes "simple trace ou mono courbes " et "double trace" permettant d'étudier
simultanément un ou deux ou signaux. La courbe obtenue sur l'écran d'un oscilloscope est
appelée un oscillogramme. On distingue généralement deux types d'oscilloscopes :
- Les oscilloscopes analogiques utilisent directement un multiple de la tension d'entrée pour
produire la déviation du spot.
- Les oscilloscopes numériques qui transforment, préalablement à tout traitement, la tension
d'entrée en nombre.
III.3.1. Principe de fonctionnement
La trace correspond à la courbe qui est engendrée par le déplacement d’un spot lumineux sur
l’écran d’un tube cathodique. Elle présente l’évolution d’une grandeur (tension appliquée par
l’utilisateur) en fonction du temps ou à l’évolution d’une grandeur par rapport à une autre
(composition de signaux). L'analyse ou la mesure de signaux correspond au comptage des
divisions sur l'écran.
L'élément essentiel est le tube cathodique dans lequel règne un vide très poussé (voir
figure III.15). À l'entrée du tube, des électrons sont émis par la cathode chauffée puis
accélérés et focalisés en un faisceau par une série d'électrodes, portées à une tension élevée.
Ce faisceau dirige vers le fond phosphorescent du tube cathodique. On observe donc un spot
lumineux au point d'impact des électrons sur l'écran. Le spot se déplace sur l'axe X par les
plaques de déviation horizontales, via l'amplificateur horizontal, et sur l'axe Y par les plaques
de déviation verticales, via l'amplificateur vertical.
Le faisceau semble donc dessiner une ligne continue, appelée trace. L'écran du tube est
quadrillé par un graticule de 10 divisions horizontales et 8 verticales.
Le spot a donc, à chaque instant, une position telle que ses coordonnées (x, y) soient
proportionnelles aux tensions Vx et Vy appliquées sur les plaques de déviation horizontale et
verticale. Les amplificateurs de la figure III.15 permettent de régler l'amplitude du signal afin
que le spot couvre convenablement l'écran et soit facilement observable.
Mme IDJDARENE
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Figure III.15 : Schéma de principe d'un oscilloscope.
En général l'oscilloscope possède 2 voies (CH1 et CH2) et permet alors d'observer
deux tensions V1 et V2 en fonction du temps. Pour l'observation de l'évolution de tension en
fonction du temps, la tension Vx est une tension de balayage horizontal, proportionnelle au
temps, qui est fournie par l'élément dit "base de temps". Ce circuit synchronise le système en
générant une impulsion chaque fois que la forme d'onde traverse une certaine valeur de
réglage de la tension. Le commutateur de la base de temps (TIME/DIV) permet de choisir le
temps de balayage du spot d'une division verticale à la suivante.
III.3.2. Mesure sur l’oscilloscope
L’oscilloscope est appareil indispensable pour l’étude des signaux électrique
(courants, tension). Il permet de faire des mesures d’amplitude, de période et donc de
fréquence et de déphasage.
III.3.2.1. Mesure de tension
Pour pouvoir mesurer les caractéristiques d’une tension sur l’oscilloscope, on utilise
l’une de ces voies CH1 ou CH2 (utilisation en monomode).
L’oscilloscope permet de mesurer une tension continue. Si on applique une tension
aux plaques horizontales, on provoque un déplacement vertical du spot. Ce déplacement est
proportionnel à la tension appliquée V, tel que : V K Y
avec :
V : la tension appliquée exprimée en Volts (V).
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Y : le déplacement du spot exprimé en (cm).
K : le coefficient de proportionnalité (ou encore sensibilité) exprimé en "V/cm".
Si la tension appliquée est sinusoïdale de forme v( t ) Vmax sin( t ) .
On visualise sur l’oscilloscope une sinusoïde. La tension mesurer correspond à la valeur
maximal Vmax et non pas la valeur efficace. On peut déduire sa valeur (seulement
Vmax
en sinusoïdal) par la relation : Veff
2
Figure III.15 : Représentation d’un signal sinusoïdal.
Chaque oscilloscope possède un sélecteur de calibre appelé aussi commutateur de
sensibilité qui permet des mesures de tension dans une gamme assez étendue allant de 5 mV à
20V.
III.3.2.2. Mesure de période et de fréquence
La période T est la plus petite durée pendant laquelle se reproduit le phénomène
identique à lui-même. Pour mesurer la période d’un signal à l’aide d’un oscilloscope, on
choisit une position de la base de temps de telle manière que la période du signal occupe la
majeure partie de la longueur de l’écran de visualisation, et ce pour minimiser les erreurs de
lecture. Elle correspond au nombre de division multiplié par la base de temps (voir la figure
précédente).
La fréquence f d’un phénomène périodique correspond au nombre de répétitions de ce
1
dernier pendant une seconde. Elle est reliée à la période par la relation : f
T
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III.3.2.3. Mesure de déphasage
Pour pouvoir mesurer le déphasage entre deux signaux, il faudrait les observer
simultanément. Deux méthodes permettent de mesurer le déphasage à l’aide d’un
oscilloscope.
III.[Link]. Méthode directe
Cette méthode est utilisée lorsque les deux signaux ont la même fréquence. Soient
deux signaux périodiques dont l’un est déphasé par rapport à l’autre (en retard ou en avance),
comme illustré dans la figure ci-dessous. Le déphasage est définit selon la formule suivante :
360
T
Avec :
T : Période du signal.
t : Décalage entre les deux signaux.
Figure III.16 : Représentation de deux signaux déphasés.
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III.[Link]. Méthode de Lissajous (mode XY)
Une tension étant appliquée sur chaque voie, on supprime le balayage (base de temps). On
observe alors une courbe qui montre la variation de l’une des tensions en fonction de l’autre.
On obtient alors une courbe de Lissajous. Par cette méthode, on peut mesurer :
Le déphasage entre deux signaux de même fréquence.
En éliminant ta base de temps, en appuyant sur la touche XY, on obtient une ellipse dont la
figure III.16 présente un exemple.
Le déphasage entre deux signaux de même fréquence est l’angle est tel que :
h
arc sin (en radian)
H
Avec :
h : La distance entre deux intersections de l’ellipse avec l’axe vertical.
H : L’amplitude maximale du signal (crête à crête).
Figure III.17 : Mesure de déphasage par la méthode de Lissajous.
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Cas particuliers :
- Si 0 ou , l’ellipse se réduit à une droite : une des diagonales du rectangle.
3
- Si ou , les axes de l’ellipse se confondent avec ceux du rectangle.
2 2
Figure III.18 : Cas particuliers d’ellipse pour différentes valeur du déphasage.
Le rapport des fréquences des deux signaux
Si à l’une des entrées on applique une tension V1 de fréquence f1et à la l’autre entrée
une tension V2 de fréquence f2 inconnue, alors en éliminant le temps entre les deux tensions.
On obtient une courbe fermée inscrite dans un rectangle de côté deux fois l’amplitude
maximale de V1 et deux fois l’amplitude maximale de V2.
Cette courbe présente un certain nombre de points de tangence Nx avec le côté horizontal et
Ny avec le côté vertical.
Si V1 est appliquée aux plaques de déviations horizontales et V2 aux plaques de déviations
verticales, on aura alors :
f2 N x
f1 N y
Où :
Nx : Nombre de points d’intersection de la courbe avec l’axe horizontal.
Ny : Nombre de points d’intersection de la courbe avec l’axe vertical.
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Dans cet exemple :
Nx = 3 et Ny = 2
3
f 2 f1
2
Figure III.19 : Mesure de la fréquence par la méthode de Lissajous.
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