ÉNS de Lyon Cours d’algèbre
M2 FEADéP 2019–2020
Groupes : conjugaison et quotients
Table des matières
1 Groupes en action 3
1.1 Premières définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Action d’un groupe sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Action d’un groupe sur lui-même par multiplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2 Conjugaison et groupes distingués 5
2.1 Action d’un groupe sur lui-même par conjugaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Quotients de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Sous-groupes caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Le cas des p-groupes 8
3.1 Résultats fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Complément sur les parties génératrices de p-groupes finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4 Extensions de groupes 10
4.1 Simplicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.2 Extensions de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.3 Le problème de la classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.4 Présentation de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
5 Résultats à connaître sur les groupes usuels finis 12
Leçons directement concernées (2020)
(103)* Conjugaison dans un groupe. Exemples de sous-groupes distingués et de groupes quotients. Appli-
cations.
(104) Groupes abéliens et non abéliens finis. Exemples et applications.
(105) Groupe des permutations d’un ensemble fini. Applications.
(108) Exemples de parties génératrices d’un groupe. Applications.
Leçons où on parle naturellement de conjugaison et de groupes distingués
(101) Groupe opérant sur un ensemble. Exemples et applications.
(106) Groupe linéaire d’un espace vectoriel de dimension finie E, sous-groupes de GL(E). Applications.
(107)* Représentations et caractères d’un groupe fini sur un C-espace vectoriel. Exemples.
Leçons qui utilisent des techniques de groupes ou d’action de groupe
(102)* Groupe des nombres complexes de module 1. Sous-groupes des racines de l’unité. Applications.
(150)* Exemples d’actions de groupes sur les espaces de matrices.
(190) Méthodes combinatoires, problèmes de dénombrement.
(191) Exemples d’utilisation des techniques d’algèbre en géométrie.
1
Ce qui est dans le programme
(a) Groupes, morphismes de groupes. Produit direct de groupes. Sous-groupes. Sous-groupe engendré
par une partie. Ordre d’un élément. Sous-groupes distingués (ou normaux), groupes quotients.
Action d’un groupe sur un ensemble. Stabilisateur d’un point, orbites, espace quotient. Formule
des classes. Classes de conjugaison. Application à la détermination des groupes d’isométries d’un
polytope régulier en dimension 2 et 3.
(b) Groupes cycliques. Groupes abéliens de type fini. Groupe des racines complexes n-ièmes de l’unité,
racines primitives.
(c) Groupe des permutations d’un ensemble fini. Décomposition d’une permutation en produit de trans-
positions, en produit de cycles à supports disjoints. Signature. Groupe alterné. Application : déter-
minants.
Bibliographie (autour des groupes en général)
• J.-M. Arnaudiès et J. Bertin, Groupes, algèbres et géométrie.
• M. Artin, Algebra.
• M. Audin, Géométrie.
• A. Bouvier et D. Richard, Groupes, observation, théorie, pratique.
• J. Calais, Éléments de théorie des groupes.
• P. Caldero et G. Germoni, Histoires hédonistes de groupes et de géométries.
• J.-C. Carrega, Théorie des corps - La règle et le compas.
• P. Colmez, Éléments d’analyse et d’algèbre (et de théorie des nombres).
• F. Combes, Algèbre et géométrie.
• M. Demazure, Cours d’algèbre.
• R. Goblot, Algèbre commutative.
• X. Gourdon. Algèbre. Ellipse, 2009.
• R. Mneimné et F. Testard, Introduction à la théorie des groupes de Lie classiques. Hermann, 1986.
• A. Paugam, Agrégation de mathématiques – Questions délicates en algèbre et géométrie. Dunod,
2007.
• D. Perrin, Cours d’algèbre.
• G. Peyré, L’algèbre discrète de la transformée de Fourier.
• M. Ramis et A. Warusfel, Mathématiques, tout-en-un pour la licence, niveau L2, L3.
• J.-E. Rombaldi, Mathématiques pour l’agrégation : Algèbre & géométrie.
• J.-P. Serre, Représentations linéaires des groupes finis.
• P. Tauvel, Algèbre. Dunod, 2005.
2
1 Groupes en action
La structure de groupe est la structure algébrique la plus élémentaire qu’on puisse mettre sur un
ensemble. Historiquement, les groupes sont apparus comme familles de permutations des racines d’un
polynôme, de sorte que les relations qu’entretiennent les racines entre elles soient toujours vérifiées.
Par la suite, la géométrie a connu une évolution retentissante avec le point de vue de Félix Klein :
définir une géométrie c’est définir l’action d’un groupe sur un ensemble, par exemple par transformations
affines, par isométries d’un espace euclidien, par homographies sur un espace projectif, . . .
1.1 Premières définitions
On suppose connues les notions de base : groupe, groupe abélien, sous-groupe, produit direct de
groupes, morphisme de groupes, noyau et image d’un morphisme de groupes, ordre d’un élément. On
rappelle qu’une réunion croissante ou une intersection quelconque de sous-groupes est un sous-groupe.
1.2 Action d’un groupe sur un ensemble
Ces notions ont été vues en cours de Géométrie.
Définition 1.1. Soir G un groupe et X un ensemble. De manière équivalente, une action (à gauche) de
G sur X est la donnée :
(i) d’un morphisme de groupes ϕ : G → Bij(X) ;
(ii) d’une application λ : G×X → X telle que ∀g, h ∈ G, ∀x ∈ X, λ(gh, x) = λ(g, λ(h, x)) et λ(e, x) = x
où e désigne le neutre de G.
Le noyau d’une action est ker ϕ = GX .
L’action est fidèle si ker ϕ = GX = 1.
Dès qu’on saura que le noyau d’un morphisme est distingué, on aura :
Fait 1.2 (Fidélisation). Le groupe quotient G/ ker ϕ agit fidèlement sur X.
Remarque 1.3. L’équivalence dans la définition est donnée par α(g, x) = φ(g)(x). On note souvent g · x
au lieu de λ(g, x).
On peut définir la notion d’action à droite en remplaçant la condition ϕ morphisme de groupes par ϕ
anti-morphisme de groupes (i.e. ϕ(gh) = ϕ(h) ◦ ϕ(g) ∀g, h). On pose alors x · g = ρ(g, x) = ϕ(g)(x). On
a alors la formule x · (gh) = (x · g) · h.
Un peu de vocabulaire :
Définition 1.4. On définit le stabilisateur
— d’un point : Gx = StabG (x) = {g ∈ G, g · x = x} est un sous-groupe ;
— d’une partie : G{Y } = StabG ({Y }) = {g ∈ G, g · Y = Y } (attention au signe « = ») ; c’est le
stabilisateur du point Y pour l’action de G sur P(X) par g · Y = {g · y, y ∈ Y } ;
T
— point par point : GY = StabG (Y ) = {g ∈ G, g · y = y ∀y ∈ Y } = y∈Y StabG (y).
On définit les points fixes (parfois appelé fixateur) :
— d’un élément : X g = {x ∈ X, g · x = x} = {x ∈ X, g ∈ StabG (x)} ;
— d’un sous-groupe : X H = h∈H X h .
T
Une action est dite libre si tous les stabilisateurs sont triviaux, autrement dit si tous les fixateurs X g
pour g 6= e sont vides.
Fait 1.5. Une action libre est fidèle.
Fait 1.6 (Formule des stabilisateurs).
StabG (g · x) = g StabG (x)g −1 .
En particulier, si l’action de G sur X est transitive, alors les stabilisateurs d’un point sont des sous-
groupes conjugués dans G.
3
Définition 1.7. Une orbite est une partie de X de la forme O(x) = G · x = {g · x, g ∈ G}.
Une action est transitive s’il n’y a qu’une seule orbite G · x = X pour tout x ∈ X, autrement dit pour
tous x, y ∈ X, il existe g ∈ G tel que g · x = y. Elle est simplement transitive si elle est libre et transitive.
Une action est dite n-transitive si l’action de G sur l’ensemble des parties à n éléments Pn (X) est
transitive. Une action est dite exactement n-transitive si elle est n-transitive mais pas n + 1-transitive.
Pour montrer qu’une partie O ⊂ X est une orbite, il suffit de montrer que :
— O est non vide ;
— O est G-stable ;
— l’action de G sur O est transitive.
Exemple 1.8. Un groupe agit simplement transitivement sur lui-même par multiplication à gauche. Le
groupe linéaire GL(K n ) agit simplement transitivement sur les bases de K n .
L’action de Sn sur J1, nK est m-transitive pour tout m 6 n.
L’action de PGL2 (K) sur P1 (K) est exactement 3-transitive (cela permet de définir le birapport).
La relation « être dans une même orbite » est une relation d’équivalence, donc X se partitionne en
orbites. Une famille de représentants (xi )i∈I c’est un choix d’un élément xi dans chaque orbite i ∈ I.
Proposition 1.9 (Équation aux classes).
|G · x| = [G : StabG (x)]
Démonstration. G/ StabG (x) → G · x est une bijection.
Corollaire 1.10 (Formule des classes).
X
|X| = [G : StabG (xi )]
i∈I
où (xi )i∈I famille de représentants.
Proposition 1.11 (Formule de Burnside).
1 X g
|X/G| = |X |
|G|
g∈G
Application de la formule de Burnside : Tout sous-groupe de Sn agissant transitivement sur J1, nK
contient une permutation sans points fixes.
1.3 Action d’un groupe sur lui-même par multiplication
G agit sur lui-même par multiplication à gauche g · h = gh (resp. par multiplication par l’inverse à
droite g · h = hg −1 ). Cette action est simplement transitive.
Fait 1.12 (Théorème de Cayley). Tout groupe fini d’ordre n est isomorphe à un sous-groupe de Sn , donc
à un sous-groupe de GLn (K) quel que soit le corps K.
En particulier, tout sous-groupe H de G agit sur G via cette action.
Définition 1.13. On appelle classe à gauche (resp. à droite) les orbites Hg (resp. gH) de cette action.
L’indice d’un sous-groupe H de G noté [G : H] est le nombre d’orbites pour cette action.
Fait 1.14 (Théorème de Lagrange). Si G est fini alors l’ordre d’un sous-groupe divise l’ordre de G et,
en particulier, l’ordre d’un élément divise l’ordre du groupe.
4
2 Conjugaison et groupes distingués
2.1 Action d’un groupe sur lui-même par conjugaison
Un groupe agit sur lui-même par conjugaison, c’est-à-dire que
ϕ: G → Bij(G)
g 7→ Int(g) = (h 7→ ghg −1 )
est un morphisme de groupes. On appelle classe de conjugaison une orbite pour cette action.
Exemple 2.1. Les classes de conjugaison de Sn sont décrites par les tailles des cycles dans une décompo-
sition en produit de cycles à supports disjoints.
Les classes de conjugaison dans GL2 (K) sont les {M ∈ M2 (K), χM = (X − λ)(X − µ)}, les {M ∈
M2 (K), µM = (X − λ)2 } et les {λI2 } pour λ, µ ∈ K ∗ avec λ 6= µ.
Définition 2.2. On appelle automorphismes intérieurs les éléments de l’image de ϕ (qui sont bien des
automorphismes de groupe).
Le noyau de ϕ noté Z(G) est appelé le centre de G. C’est l’ensemble des éléments de G qui commutent
avec tous les éléments de G.
On note Int(G) = im ϕ et Out(G) = Aut(G)/ Int(G).
Remarque 2.3. 1. Le sous-groupe Int(G) est distingué dans Aut(G) donc Out(G) est un groupe.
2. Par construction, on a un isomorphisme Int(G) ' G/Z(G).
3. Cette action est fidèle si, et seulement si, Z(G) = 1. Donc l’action par conjugaison n’est vraiment
pas fidèle si G est abélien.
4. Cette action est libre si, et seulement si, G = 1.
Définition 2.4. Si X est une partie de G,
— le centralisateur de X dans G, noté ZG (H), est le stabilisateur point par point de X pour l’action
par conjugaison de G sur lui-même.
— le normalisateur de X dans G, noté NG (H) est le stalibisateur de la partie X.
Fait 2.5.
ZG (X) = {g ∈ G, ∀h ∈ X, ghg −1 = h}
NG (X) = {g ∈ G, gXg −1 = X}
Définition 2.6. On dit qu’un sous-groupe H est
— normal si NG (H) = G ;
— central si ZG (H) = G.
Fait 2.7. Le normalisateur de X est le plus grand sous-groupe normal H de G contenant X.
Proposition 2.8. Soit H un sous-groupe de G. S’équivalent :
(i) H est un sous-groupe normal de G, i.e. NG (H) = G ;
(ii) H est stable par tout automorphisme intérieur ;
(iii) Pour tout g ∈ G, on a gHg −1 = H ;
(iv) H est le noyau d’un morphisme de groupes.
Si H vérifie ces conditions, on dit que H est distingué dans G et on note H C G.
Démonstration. Pour (iv) ⇒ (i) ⇒ (ii) ⇒ (iii), c’est immédiat par définition. Montrons (iii) ⇒ (iv). On
sait que H agit sur G par multiplication à droite. On considère l’application f : G → G/H qui à g associe
l’orbite gH. D’une part, on observe que G/H est un groupe d’élément neutre H. D’autre part, on observe
que f est un morphisme de groupes car f (g)f (g 0 ) = gHg 0 H = g(Hg 0 )H = g(g 0 H)H = (gg 0 )H = f (gg 0 ).
Enfin, ker f = {g ∈ G, gH = H} = H.
Fait 2.9. (1) Tout sous-groupe d’indice 2 est distingué (même si G est infini !).
(2) Plus généralement, si p est le plus petit nombre premier qui divise l’ordre d’un groupe fini G, alors
tout sous-groupe d’indice p de G est distingué.
(2) Si ϕ : G → H morphisme de groupes et K C H, alors ϕ−1 (K) C G.
Remarque 2.10. Le sous-groupe An est distingué dans Sn .
L’image directe d’un sous-groupe distingué n’est pas un sous-groupe distingué en général.ù Par
exemple, le morphisme de groupes injectif j : Z/2Z → S3 qui envoie j(1) = (1 2).
5
2.2 Quotients de groupes
Définition 2.11. Si H est un sous-groupe distingué de G, alors l’espace quotient G/H est naturellement
muni d’une structure de groupe et on a un morphisme naturel de groupes πH : G → G/H donné par
πH (g) = gH de noyau H appelé morphisme quotient.
Définition 2.12. Un morphisme quotient est la donnée d’un groupe K et d’un morphisme de groupes
p : G → K tel que ker p = H et pour tout morphisme de groupes f : G → G0 tel que ker f ⊃ H, il existe
un unique morphisme de groupes f : K → G0 tel que f ◦ p = f .
Exemple 2.13. Le morphisme πH : G → G/H précédemment défini est un morphisme quotient, c’est-à-
dire qu’il satisfait :
Pour tout morphisme de groupes f : G → G0 tel que H ⊂ ker f , il existe un unique morphisme
de groupes f : G/H → G0 tel que f ◦ πH = f .
Proposition 2.14 (Propriété universelle des quotients). Soit G un groupe et H un sous-groupe distingué
de G. Si p : G → K et p0 : G → K 0 sont des morphismes quotients, alors il existe un unique isomorphisme
ϕ : K → K 0 tel que p0 = ϕ ◦ p.
Corollaire 2.15. Si f : G → G0 est un morphisme de groupes, alors f : G/ ker f → im(f ) est un
isomorphisme de groupes.
Démonstration. La méthode est la même que pour les quotients d’espaces vectoriels.
Théorème 2.16 (Théorème d’isomorphisme). Si H, K sont deux sous-groupes de G avec H / G alors
H ∩ K / K et HK/H ∼
= K/H ∩ K.
Démonstration. On considère le morphisme de groupes πH : G → G/H. On a im(πH |K ) = KH/H et
ker πH |K = H ∩ K. Donc H ∩ K est distingué dans K comme noyau et πH |K induit l’isomorphisme
K/K ∩ H ∼ = KH/H.
2.3 Sous-groupes caractéristiques
Définition 2.17. On dit qu’un sous-groupe H de G est caractéristique s’il est stable par tout automor-
phisme.
Exemple 2.18. Le centre d’un groupe Z(G) est un sous-groupe caractéristique.
Fait 2.19. Un sous-groupe caractéristique est distingué.
Démonstration. Les automorphismes intérieurs sont des automorphismes.
Proposition 2.20. Soient G, H, K des groupes tels que H est distingué (resp. caractéristique) dans G
et K est caractéristique dans H. Alors K est un sous-groupe distingué (resp. caractéristique) de G.
Démonstration. Par hypothèse sur K, on a ∀ϕ ∈ Aut(H), ϕ(K) = K. Soit ψ ∈ Int(G) (resp. Aut(G)).
Alors ϕ = ψ|H ∈ Aut(H) car H est distingué (resp. caractéristique) dans G. Donc ϕ(K) = K = ψ(K).
Remarque 2.21. Tout autre énoncé similaire admet un contre-exemple qui peut se trouver dans le groupe
S4 . Le groupe de Klein K formé par les doubles transpositions de S4 est un sous-groupe caractéristique
de S4 , abélien et isomorphe à (Z/2Z)2 , mais aucun sous-groupe strict non-trivial de K n’est distingué
dans S4 .
Définition 2.22. On appelle sous-groupe dérivé d’un groupe G, noté D(G), le sous-groupe de G engendré
par les commutateurs d’éléments de G.
Fait 2.23. (1) C’est un sous-groupe caractéristique de G.
(2) C’est aussi le plus petit sous-groupe distingué de G tel que G/D(G) est distingué.
Démonstration. (1) Soit ψ ∈ Aut(G) et H = ψ(D(G)). Alors pour tous x, y ∈ G, on a ψ([x, y]) =
[ψ(x), ψ(y)] ∈ D(G). Ainsi im(ψ) ⊂ D(G) car c’est le cas sur une partie génératrice. Comme ψ(D(G)) ⊂
D(G) pour tout ψ ∈ Aut(G), on a également D(G) = ψ −1 (ψ(D(G))) ⊂ ψ −1 (D(G)), d’où l’égalité.
(2) Le groupe G0 = G/D(G) est abélien car pour tout u, v ∈ G0 , si x, y sont des représentants de
u, v, on a [u, v] = πD(G) ([x, y]) = e. Soit H un sous-groupe distingué de G tel que G/H est abélien. Soit
πH : G → G/H le morphisme quotient et x, y ∈ G. Alors πH ([x, y]) = [πH (x), πH (y)] = e car G/H
abélien, donc [x, y] ∈ ker πH = H. Ainsi, H ⊃ D(G) car H contient une partie génératrice de D(G).
6
Définition 2.24. On dit qu’un groupe est résoluble s’il existe une suite finie (Gi )06i6n de sous-groupes
distingués de G, appelée suite de résolubilité telle que :
— G0 = G et Gn = 1 ;
— pour tout 1 6 i 6 n, Gi C Gi−1 et Gi−1 /Gi est abélien.
Si G est un groupe. On appelle suite dérivée de G, la suite de sous-groupes de G définie par récurrence
par G0 = G et pour tout n > 1, Gn = D(Gn−1 ).
Proposition 2.25. Un groupe G est résoluble si, et seulement si, sa suite dérivée est une suite de
résolubilité.
Ceci est laissée en exercice à ceux qui voudront, par exemple, présenter en développement :
Théorème 2.26 (Lie-Kolchin). Soit G un sous-groupe connexe de GLn (C). Alors G est cotrigonalisable
si, et seulement si, G est résoluble.
7
3 Le cas des p-groupes
3.1 Résultats fondamentaux
Un p-groupe fini P est un groupe d’ordre une puissance de p. Le résultat suivant est fondamental.
Lemme 3.1. Soit P un p-groupe fini agissant sur un ensemble fini X. Alors X G = |X| mod p.
En particulier, si |X| = 0 mod p alors X P 6= ∅.
Démonstration. Pour x ∈ X \ X P , on a P · x 6= {x}. En X
particulier p| |P · x| = [P : StabP (x)].
On écrit X = X P t j∈J P · xj . Alors |X| = X P + |G · xj | ≡ X P mod p.
F
j∈J
| {z }
≡0 mod p
Proposition 3.2. Tout p-groupe fini admet un centre non trivial.
Démonstration. G agit sur lui-même X = P par conjugaison et Z(P ) = X P . Donc Z(P ) contient un
nombre d’éléments divisible par p.
Le résultat suivant n’est pas immédiat et utilise l’action du groupe cyclique d’ordre p.
Théorème 3.3 (Théorème de Cauchy). Un groupe fini G d’ordre divisible par p contient un élément
d’ordre p.
Démonstration. Soit X = {g ∈ G, g p = e} l’ensemble des éléments d’ordre divisant p de G. On fait agir
P = Z/pZ sur Y = {(x0 , . . . , xp−1 ) ∈ Gp , x0 · · · xp−1 = e} par permutations cycliques. On observe que X
est en bijection avec Y P via x 7→ (x, . . . , x). On observe également que Y est en bijection avec Gp−1 via
(x0 , . . . , xp−1 ) 7→ (x1 , . . . , xp−1 ). Ainsi |Y | ≡ 0 mod p. Le lemme donne alors Y P 6= {e}. Donc il existe
un élément non trivial de G d’ordre divisant p : son ordre est donc exactement p.
On note
1 ∗ ∗
..
Un (K) = ∗ ⊂ SLn (K)
.
0 1
le sous-groupe des matrices triangulaires supérieures strictes de taille n à coefficient dans K. Si K = Fpm
est un corps fini (par exemple K = Fp = Z/pZ) où p est un nombre premier, alors Un (Fpm ) est un
n(n−1)
p-groupe d’ordre (pm ) 2 . Ce groupe est non-abélien dès que n > 3.
Théorème 3.4 (Théorèmes de Sylow). Soit G un groupe fini et p un nombre premier divisant l’ordre de
G. On écrit |G| = pα m avec m premier à p. Alors
1. G admet des sous-groupes d’ordre pα , on les appelle p-sous-groupes de Sylow ou plus simplement
p-Sylow ;
2. les p-Sylow sont deux à deux conjugués ;
3. si np est le nombre de p-Sylow de G, alors np ≡ 1 mod p et np |m.
Démonstration. Les théorèmes de Sylow sont à traiter en exercice.
Voici un autre résultat possible sur les p-groupes :
Proposition 3.5. Tout p-groupe fini est isomorphe à un sous-groupe de Un (Fp ) pour un certain n ∈ N
et, en particulier, est résoluble. De plus, un p-groupe fini admet des sous-groupes distingués de tous les
indices possibles.
3.2 Complément sur les parties génératrices de p-groupes finis
Une bonne référence à ce qui suit se trouve dans le livre de Zavidovique, Un max de maths. Attention,
cette section n’est pas au programme de l’agrégation mais peut constituer l’objet d’un développement
par exemple.
Définition 3.6. Soit G un groupe. Un sous-groupe M de G est dit maximal si c’est un sous-groupe strict
de G qui est maximal pour l’inclusion.
On appelle sous-groupe de Frattini et on note Frat(G) l’intersection des sous-groupes maximaux de
G.
8
Lemme 3.7. Si G est un p-groupe fini, alors tout sous-groupe maximal M de G est distingué et G/M '
Z/pZ.
Démonstration. G agit sur G/M par translation à gauche et si N = NG (M ), alors p| Card(N/M ) qui est
aussi le cardinal de l’ensemble des points fixes dans G/M sous l’action par translation à gauche de M .
Ainsi |N | > |M | et, par maximalité, on a N = G. En particulier, M est un sous-groupe normal de G.
Comme M est maximal, le groupe quotient G/M n’a pas de sous-groupe propre donc G/M ' Z/pZ.
Proposition 3.8. Soit G un groupe fini (pas nécessairement un p-groupe.
(1) Le sous-groupe de Frattini Frat(G) est un sous-groupe distingué de G.
(2) Une partie X ⊂ G engendre G si, et seulement si, X/ Frat(G) engendre le groupe quotient
G/ Frat(G).
Démonstration. (1) Si M est maximal, alors gM g −1 aussi pour tout g ∈ G. Donc l’intersection est encore
stable par conjugaison.
(2) Le sens direct est un résultat classique car si π : G → G/H est un morphisme de groupes quotients
et X engendre G, alors π(X) engendre G/H. Montrons la réciproque par contraposée.
Soit X une partie qui n’engendre pas G et H un sous-groupe maximal de G contenant X. Alors
Frat(G) ⊂ H G. Donc H/ Frat(G) G/ Frat(G) et X/ Frat(G) engendre H/ Frat(G) donc n’engendre
pas G/ Frat(G).
Remarque 3.9. Autrement dit, le sous-groupe de Frattini est l’ensemble des éléments de G qui n’appar-
tiennent à aucune famille minimale de générateurs.
La situation des p-groupes est exceptionnelle en le sens suivant :
Théorème 3.10. Si G est un p-groupe fini, alors G/ Frat(G) est un Fp -espace vectoriel de dimension
finie.
Démonstration. Lorsque G est un p-groupe fini, on a vu que pour tout sous-groupe maximal M de G, le
quotient G/M est un groupe abélien (et même
T le groupe cyclique d’ordre p). Donc le groupe dérivé D(G)
est un sous-groupe de M . Ainsi D(G) ⊂ {M maximal} = Frat(G), donc G/ Frat(G) est abélien.
DeTplus, si x ∈ G et M est un sous-groupe maximal de G, alors G/M ' Z/pZ donc xp ∈ M . Donc
p
x ∈ {M maximal} = Frat(G), ce qui permet de munir G/ Frat(G) de la structure de Fp -espace vectoriel
n · g = g n et g + h = gh.
Remarque 3.11. On a également montré que Frat(G) = [G, G]Gp est le sous-groupe de G engendré par
les commutateurs et les puissances p-èmes d’éléments de G.
Corollaire 3.12. Dans un p-groupe fini, toute famille minimale de générateurs est de cardinal
dimFp (G/ Frat(G)).
Démonstration. Une famille minimale de générateurs d’un Fp -espace vectoriel est une base et, en dimen-
sion finie, toutes les bases ont même cardinal.
1
∗
Exemple 3.13. Le groupe Tn (Fp ) =
..
, ∗ ∈ ⊂ GLn (Fp ) des matrices unitriangulaires
. F p
0 1
1 0 ∗
. . . .
p . .
supérieures sur Fp est un p-groupe. On a (Tn (Fp )) ⊂ D (Tn (Fp )) = , ∗ ∈ Fp . D’où
..
. 0
0 1
Tn (Fp )/ Frat(Tn (Fp )) = Tn (Fp )/D(Tn (Fp )) ' Fn−1 p . Donc Tn (Fp ) est engendré par n − 1-éléments qui
sont les matrices de transvection :
1 1 1
1 ..
.
1 ···
.
.. 1
. 1 1
1 1
9
4 Extensions de groupes
Pourquoi s’intéresse-t-on aux quotients de groupes ?
La première raison a déjà été fournie via les questions de dénombrement : on a l’équation au classes,
la formule des classes via des quotients de groupes. Ceci étant, on n’a en général pas besoin de quotienter
par un sous-groupe distingué pour les questions de comptage.
Une motivation plus convaincante est de ramener une question sur un groupe compliqué en des
questions sur des groupes plus simples. Par exemple, on ramène les groupes résolubles à des extensions
de groupes résolubles plus petits par des groupes abéliens. Ceci permet de faire des récurrences si on
connait des résultats sur les groupes abéliens (on pense par exemple au problème de Galois inverse).
Comme les nombres premiers sont les nombres entiers indivisibles, on dispose d’une notion analogue
de groupe non simplifiable.
4.1 Simplicité
Définition 4.1. Un groupe est simple s’il n’admet pas de sous-groupe strict distingué non trivial.
Exemple 4.2. On peut montrer que An est simple pour n > 5.
En général, le groupe SLn (K) n’est pas simple car son centre est µn (K) qui est en général non trivial.
Néanmoins, ce groupe « n’est pas très loin d’être simple ». Plus précisément, il satisfait la définition :
Définition 4.3. Un groupe G est parfait si G = D(G).
On observera en particulier qu’un groupe parfait n’est pas résoluble.
Fait 4.4. Tout groupe simple est soit parfait, soit isomorphe à Z/pZ.
4.2 Extensions de groupes
Définition 4.5. Soit G, H, K des groupes et g : G → H et h : H → K deux morphismes de groupes. On
dit que la suite G → H → K est exacte si im(g) = ker(h).
Pour dire que g est injectif, on note donc 1 → G → H.
Pour dire que h est surjectif, on note donc H → K → 1.
Sous ces conditions, on dira alors que 1 → G → H → K → 1 est une suite exacte courte.
Définition 4.6. Si H et N sont deux groupes, on dit qu’un groupe G est une extension de H par N
s’il existe une suite exacte courte 1 → N → G → H → 1, ce qui signifie qu’on a un morphisme surjectif
G H dont le noyau est isomorphe à N .
i p
On dit qu’une extension 1 → N → G → H → 1 est scindée s’il existe un morphisme de groupes
s : H → G tel que p ◦ s = idH . Le morphisme s est alors appelé une section.
Proposition 4.7 (Caractérisation externe des produits semi-directs). Soit 1 → N → G → H → 1 une
extension de H par N . Alors G est un produit semi-direct N o H si, et seulement si, l’extension est
scindée.
Démonstration. Voir TD1 exercice 11 du cours de Géométrie.
Exercice 1. Montrer que les groupes suivants sont des produits semi-directs et préciser les sections
correspondantes :
1. un produit direct de deux groupes N × H ;
2. Sn ' An o Z/2Z ;
3. Dn ' Z/nZ o Z/2Z ;
4. GLn (K) ' SLn (K) o K ∗ .
10
4.3 Le problème de la classification
Culturellement, on admet (ou pas) qu’il existe une classification des groupes finis simples. Cette
classification repose sur des techniques complexes, utilisant – entre autres – des techniques de théorie des
représentations.
On se demande alors s’il est possible de classifier tous les groupes finis ou, ce qui revient au même,
de classifier les extensions. Cela signifie qu’étant donnés deux groupes N, H, on se demande quels sont
les groupes qui s’insèrent dans une suite exacte courte 1 → N → G → H → 1. C’est toujours le cas du
produit direct G = N × H et d’un produit semi-direct N oϕ H pour ϕ : H → Aut(N ), mais il en existe
souvent d’autres. Attention, il existe des extensions de groupes qui ne sont pas des produits semi-directs.
Exemple 4.8. Le groupe Z/4Z n’est pas le produit semi-direct de Z/2Z par Z/2Z. Le groupe des quater-
nions H = hi, j, k | i2 = j 2 = k 2 = ijk = 1i ne peut pas s’écrire comme produit semi-direct non-trivial
bien qu’il admette également des sous-groupes distingués (e.g. {1, i}).
i p i0 p0
Définition 4.9. On dit que deux extensions 1 → N → G → H → 1 et 1 → N → G0 → H → 1 sont
isomorphes s’il existe un isomorphisme de groupes ϕ : G → G0 tel que ϕ ◦ i = i0 et p0 ◦ ϕ = p.
Remarque 4.10. Attention, il existe des extension qui ne sont pas isomorphes mais telles que les groupes
obtenus G et G0 sont malgré tout isomorphes.
Proposition 4.11. Soit N et H deux groupes. Les extensions scindées de H par N sont en bijection
avec les morphismes de groupes H → Aut(N ).
Démonstration. Si ϕ : H → Aut(N ) est un morphisme de groupes, alors on sait construire le produit semi-
i p
direct Gϕ = N oϕ H. On dispose alors d’une suite exacte 1 → N → G → H → 1 où i : n ∈ N 7→ (n, 1) ∈ G
et p : (n, h) 7→ h scindée par la section s : h ∈ H → (1, h). On vérifie que s est bien un morphisme de
groupes car s(h)s(h0 ) = (1, h)(1, h0 ) = (1 · ϕ(h)(1), hh0 ) = (1, hh0 ) = s(hh0 ).
i p
Réciproquement, si 1 → N → G → H → 1 est une suite exacte scindée par une section s : H → G,
alors on définit un morphisme de groupes ψ : H → Int(G) par ψ(h) = Int(s(h)). Pour alléger les
notations, on identifie par abus N et i(N ). Comme N / G, on observe que ψ(h)(N ) = N donc ψ(h) induit
un automorphisme de groupes ψ(h) ∈ Aut(N ) et on peut définir le produit semi-direct G0 = N oψ H.
On définit alors ϕ : G0 → G par ϕ(n, h) = i(n)s(h). On vérifie que c’est un isomorphisme de groupes qui
induit un isomorphisme d’extensions (exo).
Ainsi, les produits semi-directs sont classifiés par Homgr (H, Aut(N )). En particulier, on rappelle que
Aut(N ) est une extension de Int(N ) ' N/Z(N ) par Out(N ), ce qui peut parfois aider.
Pour ceux qui souhaitent présenter en développement le fait que tout automorphisme de Sn pour
n 6= 6 est intérieur, demandez-vous quels sont les morphismes possibles d’un groupe dans Sn et pourquoi
ça ne marche pas pour n = 6.
Une autre situation dans laquelle on sait dire des choses est l’étude des extensions centrales, c’est-
i p
à-dire 1 → A → G → H → 1 où i(A) ⊂ Z(G). Il y a alors des résultats de classification en termes de
cohomologie des groupes mais on n’en dira pas plus.
4.4 Présentation de groupes
Comme pour les parties génératrices d’un groupe qui permettent de simplifier un problème de groupes,
l’idée des présentations de groupes par générateurs et relations est de proposer une forme plus simple.
Si on dispose d’une famille, disons finie pour simplifier, de générateurs S = {si }i∈I d’un groupe G,
alors on va réaliser G comme quotient d’un groupe « universel », appelé groupe libre engendré par n
éléments FS G. Alors R = ker FS G est un sous-groupe distingué de FS . Une famille de relations
en les {si }i∈I est une famille {rj }j∈J de FS telle que le plus petit sous-groupe distingué de FS contenant
les rj est égal à R. On dit alors que G est présenté par les générateurs {si }i∈I et les relations {rj }j∈J et
on note alors G = h{si }i∈I | {rj }j∈J i. Voici les exemples pour les groupes finis usuels.
Exemple 4.12. — Z/nZ = hx | xn i est la présentation donnée par n’importe quel générateur x ∈
×
(Z/nZ) .
— Dn = hs, t | s2 , t2 , (st)n i est la présentation donnée par deux réflexions « voisines ».
— Sn = ht1 , . . . , tn−1 |(ti )2 , (ti ti+1 )3 , (ti tj )2 pour |i − j| > 2i est la présentation donnée par les géné-
rateurs ti = (i i + 1).
— Sn = ht, c | t2 , cn , (ct)n−1 , ([c, t])3 , [c, tj ]2 pour 2 6 j 6 n − 2i est la présentation donnée par les
générateurs t = (1 2) et c = (1 . . . n).
11
5 Résultats à connaître sur les groupes usuels finis
Groupes monogènes et cycliques ; groupes abéliens de type fini
— Groupe monogène : groupe engendré par 1 élément, est isomorphe à Z ou à Z/nZ.
— Groupe cyclique d’ordre n, noté Cn : groupe monogène fini, isomorphe au groupe Z/nZ.
— Sous-groupes de Z ou de Z/nZ : ce sont les dZ/nZ où d|n avec par convention n = 0 pour Z.
— Si x, y ∈ G abélien sont d’ordres m et n, il existe un élément dans hx, yi d’ordre ppcm(m, n).
— Structure des groupes abéliens finis et de type fini.
— Le groupe dual de (Z/nZ) est canoniquement isomorphe à (Z/nZ).
— Le groupe dual d’un groupe abélien est isomorphe à lui-même, son bidual canoniquement isomorphe.
— Générateurs de (Z/nZ) : les classes k + nZ pour k ∧ n = 1, i.e. les inversibles de l’anneau Z/nZ.
— Les automorphismes de (Z/nZ) sont les x 7→ ax avec a ∈ (Z/nZ)× .
Le groupe des racines de l’unité On note U le groupe des nombres complexes de module 1.
Si K est un corps et n ∈ N∗ , on note µn (K) le sous-groupe de K ∗ formé des racines du polynôme
n
X − 1. En particulier, µn (C) est un sous-groupe de U.
— Tout sous-groupe fini de K ∗ est cyclique. En particulier, µn (K) est cyclique d’ordre divisant n.
— Le groupe U est connexe, compact, abélien, isomorphe à SO2 (R).
— Tout sous-groupe discret de U est isomorphe à un µn (C).
— L’application R → U définie par x 7→ eix est un morphisme de groupes surjectif, de noyau 2πZ.
— Il faut savoir décrire la structure de SO2 (R) comme groupe de rotations. Ce groupe permet de
définir les angles orientés (cf. cours de Géométrie).
Groupe de permutations
— Conjugaison d’une permutation écrite comme produit de cycles à supports disjoints
— Savoir décrire les classes de conjugaison de Sn .
— La signature est l’unique morphisme non trivial de Sn dans {±1} (et même C∗ ).
— Les k-cycles avec k ≤ n − 2 sont conjugués dans An .
— Familles de générateurs classiques de Sn : les transpositions, {(i i + 1), i ∈ {1, · · · , n − 1}}, et
{(1 2), (1 · · · n)}. Il faut au minimum n − 1 transpositions pour engendrer Sn donc la deuxième
famille est minimale.
— Le groupe An est engendré par les 3-cycles pour n ≥ 3.
— (∗) Tous les automorphismes de Sn sont intérieurs sauf pour n = 6.
— Simplicité de An pour n ≥ 5, groupe de Klein pour n = 4.
— Le groupe An est le groupe dérivé de Sn pour tout n, et de lui-même pour n ≥ 5.
Groupe diédral
— Isométries d’un polygone régulier ; action transitive sur les paires de points liés par une arête.
— Engendré par deux réflexions consécutives.
— Facilement présenté par générateurs et relations.
— Produit semi-direct de Z/2Z par Z/nZ.
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