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Pr. KHOUILID - Cours - M1 - Economie Internationale

Le document présente le cours d'Économie Internationale dispensé par le Pr. Mustapha Khouilid à l'Université Hassan II de Casablanca. Il vise à fournir aux étudiants une compréhension des mécanismes de l'économie mondiale, des théories du commerce international, et du rôle de l'OMC. La structure du cours inclut des chapitres sur les théories du commerce, la politique commerciale internationale, et les accords commerciaux.

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Pr. KHOUILID - Cours - M1 - Economie Internationale

Le document présente le cours d'Économie Internationale dispensé par le Pr. Mustapha Khouilid à l'Université Hassan II de Casablanca. Il vise à fournir aux étudiants une compréhension des mécanismes de l'économie mondiale, des théories du commerce international, et du rôle de l'OMC. La structure du cours inclut des chapitres sur les théories du commerce, la politique commerciale internationale, et les accords commerciaux.

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UNIVERSITÉ HASSAN II DE CASABLANCA

Avertissement
FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES AIN CHOCK
2

Département des Sciences Economiques et Gestion


Master Econométrie appliquée et Data science

Semestre 1
Ce document est un support de cours et non
Economie Internationale pas le cours. Par conséquent, votre présence
aux séances du cours est indispensable pour
Pr. Mustapha KHOUILID
mieux cerner le programme du cours
[email protected] Economie Internationale.
Année universitaire : 2024 - 2025

1 Pr. Mustapha KHOUILID Cours Economie Internationale

Bibliographie Objectifs généraux


3 4

 BERTHAUD, Pierre. Introduction à l'économie internationale : le commerce et l'investissement.  Le présent module a pour objectif de fournir aux étudiants un aperçu sur les
De Boeck supérieur, 2017.
mécanismes de l’économie mondiale ;
 BERTHAUD, Pierre, KÉBABDJIAN, Gérard, et al. La question politique en économie
internationale. 2006.
 GÉRARD, LAFAY. Initiation à l’économie internationale. Economica, Paris, 2004.  Ce module leur permettra ainsi de s’initier aux instruments de base du
 GUILLOCHON, Bernard, PELTRAULT, Frédéric, et VENET, Baptiste. Économie internationale. raisonnement du commerce international ;
9e éd. Dunod, 2020.
 KRUGMAN, Paul, OBSTFELD, Maurice, MELITZ, Marc, et al. Économie internationale (10e
édition). Pearson France, 2015.  Ce module a également pour objectif de familiariser les étudiants avec les
 SALVATORE, Dominick. Economie internationale. De Boeck Supérieur, 2008. principales théories du commerce international.

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1
Objectifs spécifiques
5

 Connaître les théories du commerce international ;

 Comprendre les explications théoriques et pratiques de la spécialisation


internationale ;
Introduction
 Faire le lien entre théorie et vie économique ;

 Appréhender le rôle de l’OMC dans la régulation des échanges internationaux ;

 La compréhension des phénomènes de l’économie internationale.

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Introduction Introduction
7 8

 L’économie internationale est l’étude des interdépendances entre  L’objectif de l'économie internationale est de comprendre :
économies nationales. Ces interdépendances prennent la forme de flux
• Les gains de l'échange ;
internationaux de biens et services, d’échanges d’actifs financiers, de
migrations ou encore d’investissements directs à l’étranger. • La structure des échanges ;
• Le protectionnisme ;
• La balance de paiement ;
 L’économie internationale est une branche de l’économie qui • La détermination du taux de change ;
s’intéresse à l’analyse :
• Des échanges commerciaux ; • La coordination internationale des politiques ;
• Des politiques monétaires et Des taux de change ; • Et le marché internationale du capitale.
• Des mouvements de capitaux entre pays (Finance internationale) ;
• Des mouvements des capitaux entre des régions ;
• Etc.

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2
Introduction Introduction
9 10

 Les questions que se pose l’économie internationale sont  S’il est intuitif que certains flux de biens et services sont efficaces du
étroitement liées à la nature des enjeux de politique économique point de vue économique (par exemple, les importations d’agrumes
par des pays nordiques), la question de l’optimalité globale du libre-
spécifiques aux transactions internationales.
échange est beaucoup plus controversée, historiquement et
aujourd’hui encore.

 Par exemple, la question de l’optimalité d’une politique


commerciale régulant les flux de biens et services est étroitement  Les modèles que nous étudierons dans ce cours montrent comment
liée à celle des gains au commerce. l’échange international de biens et services peut être source de gains
en bienêtre grâce à une utilisation plus efficace des ressources
productives.

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Plan du cours Plan du cours


11 12

 Chapitre 1. Théories du commerce international  Chapitre 3. L’Organisation Mondiale du Commerce


• Section 1. Les théories des avantages • Section 1. Principes et exceptions de l’OMC
• Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson • Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC
• Section 3. Les nouvelles théories du commerce international • Section 3. Champs d’action de l’OMC

 Chapitre 2. La politique commerciale internationale  Chapitre 4. Accords commerciaux


• Section 1. Les instruments de la politique commerciale des Etats • Section 1. Accords commerciaux multilatéraux
• Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme • Section 2. Régionalisme
• Section 3. Politique commerciale stratégique • Section 3. Accords régionaux conclus par le Maroc

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3
14

 Les théories du commerce international tentent d’expliquer


pourquoi les pays échangent entre eux.

Chapitre 1. Théories du commerce  La raison principale soulignée concerne leurs différences, qui
s’expriment par les prix relatifs différents des produits.
international
 Ainsi, les différences dans la productivité du travail et les
différences dans la quantité de facteurs disponibles sur le
territoire national ont été les deux phénomènes examinés en
priorité.

Pr. Mustapha KHOUILID Cours Economie Internationale 13 Pr. Mustapha KHOUILID Cours Economie Internationale

15 16

 Ces éléments ont donné lieu à la détermination des avantages que


les pays ont à échanger entre eux, sachant qu’ils peuvent se
 Mais la relative imprécision de ce premier modèle quant à
procurer certains produits relativement moins cher à l’étranger
l’origine des différences de productivité du travail amènera
que sur leur territoire national.
d’autres auteurs, E. Heckscher et B. Ohlin, à centrer l’analyse des
différences de coûts sur les différences de quantités de facteurs
de production possédés par les divers pays.
 Ainsi, dans le premier véritable modèle de l’échange
international, celui de D. Ricardo, les différences de productivité
et de qualité du travail seront considérées comme le déterminant
essentiel des différences de coût.

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4
Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
17 1. La théorie des avantages absolus 18 1. La théorie des avantages absolus

 L’avantage absolu peut être illustré par l’exemple ci-dessous. On


considère deux partenaires à l’échange : le Nord et le Sud, et
 Pourquoi un pays peut-il avoir intérêt à l’échange international ? deux secteurs ou deux produits : les voitures et le textile.

 La première réponse fut apportée par Adam Smith, pour qui un  Les coûts sont indiqués en termes de nombres d’heures de travail
pays ne pouvait participer à l’échange que s’il produisait au (L) requises pour produire une unité du produit (X) ; ce rapport
moins un produit moins cher que tous les autres pays : c’est la est appelé coefficient d’input-output ; soit / .
notion d’avantage absolu qui est ainsi établie.
 Ce coefficient ( / ) représente l’inverse de la productivité
du travail, qui, elle, peut s’exprimer comme le nombre d’unités
de produit fabriqués (X) par heure de travail (L) ; soit / .
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Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
19 1. La théorie des avantages absolus 20 1. La théorie des avantages absolus

 Tableau 1. Avantages absolus et échange (heures requises pour  Les données du tableau sont exprimées en termes de coefficients
produire une unité du produit considéré : / ) d’input-output. Elles indiquent que les ouvriers du Nord peuvent
produire des voitures en moins de temps que les ouvriers du Sud.

Pays Nord Sud  L’inverse étant vrai pour la production textile (ouvriers du Sud).
Secteurs
Ainsi, chaque pays a un avantage absolu dans une des
Voitures 3 12 productions.

Textiles 6 4
 L’avantage absolu est la possibilité pour un pays de produire un
bien avec moins de facteur de production (input) que partout
ailleurs dans le reste du monde.
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5
Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
21 1. La théorie des avantages absolus 22 1. La théorie des avantages absolus

 D’après Adam Smith, si chaque pays, après ouverture à  Ainsi, mondialement, pour un coût en travail identique, la
l’échange, se spécialise dans le produit pour lequel il a un production mondiale de textile aura augmenté de 2 et celle
avantage absolu, il en résulte un gain mondial. d’automobiles de 1 par rapport à la situation d’autarcie.

 En effet, si les pays du Nord transfèrent leur travail du textile


vers l’automobile, ils obtiennent deux unités supplémentaires de  Cette spécialisation, qui correspond à une nouvelle distribution
voiture pour une unité en mois de textile. internationale des productions, met en évidence un gain mondial,
illustré ici par la possibilité d’obtenir, avec la même quantité de
travail, une unité de voiture et deux unités de textile
 Si les pays du Sud transfèrent le travail de l’automobile vers le supplémentaires.
textile, ils obtiennent trois unités supplémentaires de textile pour
une unité d’automobile en moins.
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Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
23 1. La théorie des avantages absolus 24 2. La théorie des avantages comparatifs

 La règle de la spécialisation en fonction des avantages absolus


exclut du commerce international tout pays qui n’en aurait aucun.

 Problème de la théorie des avantages absolus : Les pays qui


n’avaient pas d’avantage absolu n’avaient-ils alors aucune  Ainsi, supposons que les pays du Nord aient à la fois un avantage
possibilité de participer au commerce international. absolu dans la fabrication des voitures et un avantage absolu dans
celle du textile : en vertu du principe de l’avantage absolu, le Sud
ne peut participer à l’échange.

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Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
25 2. La théorie des avantages comparatifs 26 2. La théorie des avantages comparatifs

 Ricardo (1817, Principes de l’économie politique et de l’impôt,  Tableau 2. Avantages comparatifs et échanges [les variables du
traduction française, Calman-lévy, 1970) dépassa cette limite en Sud sont notées avec *]
établissant la loi de l’avantage comparatif :
Nord Sud
 Il est toujours avantageux pour les deux pays de commercer, à Voitures (aLv et a*Lv) 3 12
condition qu’ils se spécialisent dans le bien dans lequel ils ont le Textile (aLt et a*Lt) 6 8
plus grand avantage absolu ou le plus petit désavantage absolu.
Coût d’opportunité :
-voiture/textile (aLv/aLt et a*Lv/a*Lt) 0,5 1,5
-textile/voiture (aLt/aLv et a*Lt/a*Lv) 2 0,66
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Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
27 2. La théorie des avantages comparatifs 28 2. La théorie des avantages comparatifs

 A partir du tableau, les pays du Nord ont un avantage absolu dans  En termes de coût d’opportunité, c’est-à-dire de réduction de la
les deux productions. production d’un bien pour pouvoir augmenter celle de l’autre
bien, on remarque que si les pays du Nord veulent fabriquer une
unité supplémentaire de voiture, ils sont obligés de prendre 3
 Cependant, ils sont quatre (=12/3) fois plus efficients dans la heures dans la production de textile (qui servaient à fabriquer une
production de voitures que les pays du Sud (3 heures de travail demi-unité de textile); le coût d’opportunité des voitures en
par unité produite contre 12) et seulement 1,33 (=8/6) fois plus termes de textile est donc 3/6, soit 0,5 : / 0,5.
efficients dans la production de textile (6 heures par unité contre
8).
 Inversement, le coût d’opportunité en termes de voitures pour
fabriquer une unité supplémentaire de textile est de 6/3 :
 Les pays du Nord ont alors un avantage comparatif dans la / 2.
production de voitures et les pays du Sud dans celle du textile.
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Section 1. Les théories des avantages Section 1. Les théories des avantages
29 2. La théorie des avantages comparatifs 30 2. La théorie des avantages comparatifs

 Pour les pays du Sud, le coût d’opportunité des voitures en  On a les notations suivantes :
termes de textile est de 12/8 : ∗ / ∗ 1,5, et celui du • Textile : 0,66 2, soit : ∗ / ∗ / .
textile par rapport aux voitures de 8/12 : ∗ / ∗ 0,66 (les • Voitures : 0,5 1,5, soit : ∗ / ∗ / .
variables du Sud sont notées avec *).
 La structure des avantages comparatifs est donc donnée par les
rapports de coûts (coûts d’opportunités ou coûts comparés) entre
 D’après le tableau 2, le textile (en termes de voitures) est moins les deux pays.
cher à fabriquer au Sud qu’au Nord et, inversement, en termes de
textile, les voitures sont moins chères à produire au Nord qu’au
Sud.  Les pays du Nord auront donc tout intérêt à se spécialiser dans
les voitures et à en échanger contre le textile fabriqué par le Sud.

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson


31 1. Hypothèses de base 32 1. Hypothèses de base

 Dans le modèle de base d’Heckscher et Ohlin, les différences de  Le modèle HO considère une situation où il n’y a que deux pays,
dotations de facteurs sont à la source des avantages comparatifs. deux biens à produire et deux facteurs de production (2 2 2).
Ce modèle repose sur plusieurs hypothèses:
• La production se fait à rendements d’échelle constants ;
 Les pays sont supposés ne pas avoir les mêmes dotations • La concurrence est pure et parfaite ;
relatives de facteurs et donc ne pas obtenir les coûts relatifs de • Les facteurs de production ne circulent pas entre les pays ;
production pour les produits. • Les facteurs de production circulent à l’intérieur de chaque pays ;
• Le transport de marchandises entre les pays ne coûte rien et il n’y a pas
de barrières douanières ;
 Deux facteurs de production sont retenus : le capital et le travail. • …..

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson
33 1. Hypothèses de base 34 1. Hypothèses de base

 ……….Ce modèle repose sur plusieurs hypothèses: (Suite)  En notant K le capital et L le travail, si, par hypothèse, les pays
• Le plein-emploi des facteurs de production ; du Nord ont un stock relatif de capital K/L supérieur à celui des
pays du Sud K*/L*, les pays du Nord sont alors relativement
• Les conditions de production et de demande sont les mêmes entre les
économies ;
abondants en capital et les pays du Sud relativement abondants
en travail.
• Les facteurs de production ne sont pas disponibles en même quantité
dans chaque pays ;
• L’intensité en capital et travail est différente pour les deux produits ;  En fonction de la loi économique simple qui consiste à dire que
• La technologie est identique dans les deux pays : si un bien nécessite plus tout ce qui est rare est cher et que tout ce qui abondant est bon
de capital que de travail dans un pays, c’est aussi le cas dans l’autre pays. marché, on peut établir une relation entre l’abondance factorielle,
K/L, et le coût des facteurs, w/r (avec w, le taux de salaire, et r, le
taux d’intérêt du capital), telle que : les facteurs rares ont coût
élevé et les facteurs abondants un coût faible.
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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson


35 1. Hypothèses de base 36 2. La notion d’intensité relative de facteurs des industries

 La relation suivante est obtenue :  La phase suivante de l’analyse consiste à considérer deux
produits ou secteurs, comme le textile et les voitures, et à faire
 Si K/L > K*/L*, alors w/r > w*/r*
l’hypothèse selon laquelle, quel que soit le lieu de production, les
voitures utilisent des techniques toujours plus intensives en
 Si les pays du Nord sont relativement abondants en capital (K/L capital que le textile ;
élevé), celui-ci est bon marché comparativement au travail (w/r
élevé), et inversement pour les pays du Sud.
 C’est-à-dire que le textile utilise toujours plusieurs ouvriers par
machine que les voitures, comme dans l’exemple du tableau
suivant.

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson
37 2. La notion d’intensité relative de facteurs des industries 38 2. La notion d’intensité relative de facteurs des industries

 Tableau 3. Abondance de facteurs, intensité factorielle et avantages  En notant et les quantités de capital et de travail requises
comparatifs (Unités de travail et de capital nécessaires à la fabrication par unité de voiture, et les quantités de capital et de
d’une unité de chaque bien)
travail par unité de textile, on obtient les relations suivantes :
Travail aLi Capital aKi aKi/aLi
 Dans le Nord : / > /
Nord Sud Nord Sud Nord Sud
 Dans le Sud : ∗ / ∗ > ∗ / ∗
Textile 4 6 3 2 0,75 0,33

Voitures 2 3 8 6 4 2

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson


39 2. La notion d’intensité relative de facteurs des industries 40 2. La notion d’intensité relative de facteurs des industries

 Sous ces hypothèses, le produit intensif en capital (voitures) sera  Le théorème d’Ohlin des avantages comparatifs s’énonce ainsi :
relativement moins cher dans les pays abondants en capital (pays
du Nord) et le produit intensif en travail (textile) y sera
relativement plus cher que dans les pays abondants en travail  Un pays a un avantage comparatif dans le produit qui utilise
(pays du Sud), soit : intensivement le facteur pour lequel il a une abondance
factorielle relative par rapport à son partenaire commercial.

/ ∗ / ∗ et ∗/ ∗ / .
 Dans notre exemple, les pays du Nord ont un avantage
comparatif dans les voitures et ceux du Sud dans le textile.

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson
41 3. La spécialisation internationale et ses répercussions 42 3. La spécialisation internationale et ses répercussions

 En prenant comme hypothèse de départ les relations établies  Le prix international étant supérieur au prix interne des pays du
précédemment ( / ∗ / ∗ et ∗ / ∗ / ), Nord, cela va les inciter à se spécialiser dans les voitures. La
l’ouverture à l’échange établira un prix international compris production de voitures augmente, celle du textile va diminuer.
entre les deux rapports autarciques.

 Les producteurs vont demander de plus en plus de capital et de


 Ainsi, pour les voitures, le prix international ( ′ / ′ ) sera tel moins en moins de travail pour accroître cette production
que : intensive en capital.
/ ′ / ′ ∗ / ∗

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson


43 3. La spécialisation internationale et ses répercussions 44 4. Le paradoxe de Leontief

 La rémunération du capital par rapport à celle du travail (r/w) va  Au début des années 1950, Wassily Leontief (prix Nobel en
augmenter ; celle du travail par rapport au capital (w/r) va 1973) cherche à vérifier si le contenu en facteurs de production
diminuer. des échanges internationaux des Etats-Unis répond bien aux
prédictions d’Heckscher-Ohlin.
 Ainsi, lorsque le prix d’un produit augmente, cela augmente la
rémunération du facteur de production qui est intensif dans la
production de ce produit.  Pour cela, il effectue un test sur le commerce extérieur américain
pour l’année 1947. Ce test devant déterminer si les exportations
américaines étaient plus intensives en capital que les
 Ce résultat est connu sous le nom de théorème de Stolper- importations.
Samuelson.

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson
45 4. Le paradoxe de Leontief 46 4. Le paradoxe de Leontief

 Si le théorème est vérifié, on doit s’attendre à ce que les  Pour déterminer la quantité de facteurs incorporés dans les
exportations des Etats-Unis soient relativement plus intensives en différents biens faisant l’objet du commerce international, la
capital qu’en travail. méthode retenue par Leontief est la suivante :

 Car, dans cette période d’après la Seconde Guerre mondiale, il • (i). le travail est exprimé en hommes/années employés dans une industrie
donnée ;
paraît évident que les Etats-Unis sont plus riches en capital que le
reste du monde (et donc relativement moins riches en travail que
• (ii). le capital est mesuré par les besoins d’investissement pour une unité
le reste du Monde). additionnelle de production de chaque industrie.

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Section 2. Le Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson Section 3. Les nouvelles théories du commerce international


47 4. Le paradoxe de Leontief 48 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon

 Selon l’auteur, la participation américaine à la division  Le commerce mondial, n'est plus justifié par les dotations
internationale du travail repose sur une spécialisation caractérisée naturelles et statiques comme le démontraient Smith et Ricardo.
par des types de production comprenant relativement plus de Mais par l'avantage comparatif dynamique fondé sur les écarts
travail que de capital. internationaux de technologie ou les niveaux de formation de la
main-d'œuvre.

 Donc, le « paradoxe de Leontief » vient du fait que les États-Unis


exportent des biens qui exigent moins de capital et plus de travail  De nombreux hauteur sont à la base de cette nouvelle approche
que n’en demandent les produits américains concurrencés par les parmi lesquels on peut citer les "précurseurs" tel Tuker (1758)
importations. Marshal (1919), Shumpeter (1934),"les propagateurs" comme
Kravis (1956), Vernon (1966).

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12
Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
49 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon 50 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon

 La théorie du cycle de vie de produit de Vernon, constitue une


des théories les plus utilisées pour analyser les évolutions des
 Les tentatives contemporaines d'explication du commerce structures de marché et pour comprendre le bien fondé de
international reste dans la ligne Ricardienne. L'approche néo- certaines méthodes de planification stratégique des firmes.
technologique des échanges internationaux va dans ce sens.
 Dans sa théorie du cycle de vie du produit, Vernon montre qu’une
 Elle essaie de mieux appréhender la différence de technologie et production traverse généralement une série de phases :
donne alors un rôle prédominant à l'innovation dans la genèse des • Le démarrage
avantages absolus et comparatifs. • La croissance
• La maturité
• Le déclin

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
51 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon 52 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon

Le démarrage Le démarrage
 À ce stade, une entreprise d'un pays développé ou en
développement innovera ou fabriquera un nouveau produit pour
 Les caractéristiques de cette étape comprennent :
ses clients. Le marché de ces produits manufacturés sera restreint
• De gros frais promotionnels sont obligatoires pour sensibiliser les clients.
et les ventes seront donc relativement faibles.
• Un commerçant doit entreprendre des problèmes de procédure et de
fabrication.
• La vente est faible et augmente à un rythme moindre.
 Les responsables marketing de l'entreprise doivent observer
attentivement les réactions des acheteurs pour s'assurer que le • Il y a une perte ou un profit insignifiant.
nouveau produit répond aux besoins des clients.

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13
Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
53 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon 54 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon

La croissance La maturité
 Au stade de du cycle de vie du produit, les produits manufacturés  Le marché des produits manufacturés se stabilise. Le produit devient
davantage une marchandise et les entreprises sont contraintes de
sont généralement connus et sont achetés par de nombreux réduire autant que possible leurs coûts industrialisés en déplaçant la
clients. production vers des installations situées dans des pays où les coûts de
main-d'œuvre sont faibles.

 L'entreprise innovante construit de nouvelles usines pour élargir


ses compétences et convaincre la demande nationale et étrangère  Les caractéristiques de cette étape comprennent :
• Les ventes diminuent rapidement.
pour les produits. Les caractéristiques de cette étape • Les bénéfices diminuent plus rapidement que les ventes.
comprennent : • Régulièrement, l'entreprise préfère déplacer ses ressources vers de nouveaux
• Les ventes augmentent à un rythme décroissant. produits.
• La préservation de la clientèle est davantage mise en avant. • La plupart des vendeurs se retirent du marché.

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
55 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon 56 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon

Le déclin Principes de la théorie :


 À un moment donné, le marché devient saturé et le produit n'est  La théorie supposait que la production du nouveau produit se
plus vendu et devient impopulaire. produirait entièrement dans le pays d'origine de son innovation. Dans
les années 1960, c'était une théorie utile pour expliquer le succès
manufacturier des États-Unis. Le secteur manufacturier américain était
le producteur dominant à l'échelle mondiale dans de nombreuses
 Les téléviseurs, les calculatrices et les téléphones portables sont industries après la Seconde Guerre mondiale.
les exemples les plus généraux de produits qui subissent le cycle
triphasé. Bien que l'on puisse trouver des produits qui supportent
ce cycle de vie, la légalité de cette théorie est très limitée.  Cette théorie suppose que le produit progresse à travers ces étapes et
que la production aura lieu dans le pays où il a été inventé. Cependant,
cette théorie n'explique pas les tendances actuelles du commerce
international en matière de fabrication et d'innovation dans le monde.

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
57 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon 58 1. Théorie du cycle de vie de Raymond Vernon

Principes de la théorie : Principes de la théorie :


 Cette théorie a été utilisé pour décrire comment l'ordinateur  La théorie du cycle de vie du produit n’est pas en mesure
personnel (PC) a traversé son cycle de production. Le PC était un d'expliquer les modèles commerciaux actuels où l'innovation et la
nouveau produit dans les années 1970 et est devenu un produit fabrication se produisent dans le monde entier.
mature au cours des années 1980 et 1990.

 Par exemple, des entreprises mondiales mènent même des


 Aujourd'hui, le PC est au stade de produit standardisé, et la activités de recherche et développement sur des marchés en
majorité du processus de fabrication et de production est développement où la main-d'œuvre et les installations hautement
effectuée dans des pays à bas coûts en Asie et au Mexique. qualifiées sont généralement moins chères.

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
59 2. Les économies d’échelle 60 2. Les économies d’échelle

 L’économie d’échelle, ou rendement d’échelle croissant, est le 2.1. Les économies d’échelle externes
cas où l’augmentation du volume des facteurs utilisés engendre  Les rendements d’échelles sont à l’extérieur de la firme ;
une augmentation plus importante de la production;
 En 1920, Alfred Marshall, économiste britannique a étudié la
concentration de quelques secteurs en les appelant les « districts
industriels »;
 Dans ce cas, le doublement de la quantité des facteurs de  Appelés aujourd’hui les pôles spécialisés.
production fait plus que doubler la quantité de la production;
 Exemples:
• La silicon valley en Californie: producteurs de semi-conducteurs et de logiciels
• Bangalore en Inde: services informatiques
 On distingue deux types d’économie d’échelle: interne et externe. • Qiaotou en chine: concentration de petites firmes manufacturières: 60% de la
Ces deux types d’économies impactent le commerce production mondiale des boutons
international. • Toulouse en France: industriels aéronautiques

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
61 2. Les économies d’échelle 62 2. Les économies d’échelle

2.1. Les économies d’échelle externes 2.1. Les économies d’échelle externes
 Marshall a apporté trois explications à ces concentrations:  Impact sur le commerce international :
 Proximité géographique d’un grand nombre de fournisseurs • Dans chaque pays, l’entreprise bénéficiant des économies d’échelle
spécialisés : la concentration des firmes ayant le même besoin attire externe verra son coût de production diminuer et en conséquence son prix
un nombre important des fournisseurs spécialisés et facilite en
conséquence la relation clients-fournisseurs de vente diminuera également
• En situation de libre échange, la concentration de la production ramène
 Disponibilité de la main d’œuvre : la concentration attire une main
d’œuvre qualifiée et spécialisée dans l’activité du district vers une spécialisation de l’activité et vers également une baisse de prix:
L’exemple de la fabrication des boutons en chine
 Externalité de connaissance : grâce à la circulation informelle de
l’information et la connaissances, les inventions, les nouveaux modes • Les économies d’échelle externe sont fortement liées à la base à des
de productions ou de gestion sont facilement copiés, améliorés, effets historiques: «accidents historiques».
combinés avec d’autres idées et engendrant de nouvelles idées

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
63 2. Les économies d’échelle 64 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman

2.2. Les économies d’échelle internes 3.1. Le commerce intra-branche


 Développé par Krugman, qui lie le commerce intra-branche à la
 Les rendements d’échelles internes sont à l’intérieur de la firme; concurrence imparfaite ;
 Lorsque une firme augmente le volume de sa production, elle
voit ses coûts moyens de production diminuer;  En commerce internationale, le commerce intra branche est
l’ensemble des échanges de produits ou de service qui s’effectuent au
 A l’échelle internationale, les économies d’échelle interne sein d’une même branche; exemple: les voitures issus d’une même
permettent aux entreprises exportatrices d’être compétitives branche, ces produits satisfont le même besoin ou ont les mêmes
caractéristiques technologique ;
Une nouvelle source de gain à l’échange international
 Les avantages comparatifs sont incapables de prédire le commerce
intra-branche.

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
65 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman 66 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman

3.1. Le commerce intra-branche 3.1. Le commerce intra-branche


 Le commerce intra-branche s’explique principalement par la stratégie Demande franco-allemande: 2015
de la différentiation : Le commerce intra-branche concerne
principalement les échanges entre les pays développés où les besoins
les plus fondamentaux sont satisfaits.

 Les auteurs distinguent entre:


• Les échanges intra-branche horizontaux : importations et exportations de
voitures dont les caractéristiques techniques sont presque identiques ;
• Les échanges intra-branche verticaux : importations et exportations de
produits de qualité différentes : vêtements de luxe et vêtements de bas de
gamme.

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
67 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman 68 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman

3.2. Le modèle de dumping 3.2. Le modèle de dumping


 En cas de concurrence imparfaite, les firmes pour pouvoir gagner  Pour vendre à l’étranger, une firme doit gagner en termes de part
en termes de parts de marché à l’exportation, peuvent fixer des de marché par rapport à ses concurrents:
prix différents pour un même produit selon qu’il s’agit du marché • Accepter un taux de marge plus faible sur ses ventes à l’étranger ;
national ou étranger: la discrimination par le prix ; • Appliquer un prix Free on board (FOB) et donc réaliser une marge plus
faible que sur le marché domestique.
Chaque entreprise pratique une forme de « dumping » pour conquérir de
 Le Dumping est une discrimination par le prix qui consiste à nouvelles parts de marché.
fixer, pour un même bien, un prix plus faible à l’exportation que
sur le marché national ;  Cette pratique est considérée comme injuste et donne lieu à des
différends et des sanctions au sein de l’OMC.

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Section 3. Les nouvelles théories du commerce international Section 3. Les nouvelles théories du commerce international
69 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman 70 3. La nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman

3.3. La concurrence monopolistique 3.3. La concurrence monopolistique


 La concurrence monopolistique a été développée par plusieurs  Et grâce aux économies d’échelles, les firmes produisent des
auteurs dont P. Krugman ; grandes quantités de bien à coût moyen faible.
 Dans le cas de concurrence monopolistique, le marché est
imparfait et les entreprises :
• Produisent des biens différenciés : design, caractéristiques techniques,
image de la marque… ;
• …. et optent pour un comportent monopolistique ;  Offre internationale d’une grande variété de biens à prix faibles:
• Pas de barrières à l’entrée pour les nouveaux concurrents ; caractéristique du commerce intra-branche et des économies
• Sont des faiseurs de prix (price setters) pour leurs produits. Exemple: les modernes
marques de chaussures de sport.

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Section 1. Les instruments de la politique commerciale


72

 Les modèles théoriques de commerce international en concurrence parfaite indiquent


qu’en règle générale, le commerce international est bénéfique à tous les partenaires à
l’échange.

Chapitre 2. La politique
 Les modèles en concurrence imparfaite, lorsque les firmes disposent d’un certain
commerciale internationale pouvoir de marché, l’ouverture engendre des économies d’échelle, une concurrence
accrue entre les firmes et une plus grande diversité de produits offerts aux
consommateurs.

 Pourtant le libre-échange existe peu dans la réalité : les pays imposent le plus souvent
des entraves à l’échange sous forme de tarifs douaniers ou de barrières non tarifaires.

Pr. Mustapha KHOUILID Cours Economie Internationale 71 Pr. Mustapha KHOUILID Cours Economie Internationale

18
Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
73 74 1. Le protectionnisme tarifaire

 Le protectionnisme est un phénomène complexe dans ses causes et effets, mais  La première mesure protectionniste est le droit de douane. Les barrières
également dans sa mesure. Il est difficile de mesurer le niveau de protection d’une tarifaires se réfèrent aux mesures douanières qui visent à prélever une taxe
économie et de résumer ce niveau à l’aide d’une statistique simple. sur les importations quand elles pénètrent dans un pays.

 Il est également difficile de comparer les pays entre eux à cet égard. Le
 Cette mesure est la plus simple et la plus transparente, car elle est
protectionnisme prend des formes diverses et surtout changeant, s’adaptant aux
directement interprétable et comparable entre pays.
différents contraintes institutionnelles en vigueur.

 On peut distinguer différents types de barrières à l’échange. Une première  Le droit est prélevé soit sur le prix « CIF » (Cost Insurance Freight = Coût,
distinction doit être établie entre les barrières tarifaires et non tarifaires. assurance et fret) soit, si le coût de transport est exclu, sur le prix « FOB »
(Free On Board = Sans frais à bord).

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Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
75 1. Le protectionnisme tarifaire 76 1. Le protectionnisme tarifaire

 Un droit de douane peut être prélevé soit sur la valeur de la marchandise  Les statistiques et le processus de négociation multilatérale font référence à
(ad valorem) soit par unité de produit importé auquel cas on parle d’un deux types de droit:
droit de douane spécifique (Ex: 1000 Dhs par tonne de sucre importée). • Le droit appliqué à la Nation la Plus Favorisé (NPF), qui selon les principes de l’OMC
doit être appliqué à l’ensemble de partenaires, hors accords préférentiels signalés à
l’OMC ;
 Il faut calculer des équivalents ad valorem pour pouvoir comparer les
taux entre les pays. • Le droit consolidé, qui est un taux plafond que le pays déclare à l’OMC et qu’il
s’engage à ne pas dépasser ;

 Il existe enfin un autre type de droit de douane appelé droit anti- • L’écart entre le droit NPF et droit consolidé rend compte de la flexibilité d’un pays peut
dumping. Pour contrer des stratégies de « prix prédateurs » de la part vouloir s’octroyer pour remonter ses droits de douane si le besoin fait sentir. Bouët
d’un pays étranger. (2000) cite l’exemple du produit « autres céréales » (SH 100890) auquel la Corée
applique un taux NPF de 3% alors que le taux consolidé du même pays est de 800%.

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19
Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
77 2. Le protectionnisme non-tarifaire 78 2. Le protectionnisme non-tarifaire

2.1. Les mesures dont l’objectif premier est la restriction des


échanges/importations
 Il existe une multitude de barrières non tarifaires que l’on peut
 Les quotas ou les contingents : il s’agit d’un plafond quantitatif (en
distinguer selon leurs intentions premières: volume, en valeur ou en part de marché), une limitation de la quantité
autorisée à l’importation qui peut aller jusqu’à la prohibition.
• Les mesures dont l’objectif premier est la restriction des
échanges/importations ;
 Les contingents tarifaires : il s’agit d’une combinaison d’un quota et
d’un tarif qui prévoit qu’au-delà d’une certaine quantité les
• Mesures pour lesquelles la restriction du commerce n’est qu’un objectif importations sont autorisées moyennant un droit de douane
secondaire. substantiel. Parfois, le système inverse est appliqué avec un droit
prélevé sur une quantité limitée puis une prohibition.
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Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
79 2. Le protectionnisme non-tarifaire 80 2. Le protectionnisme non-tarifaire

2.1. Les mesures dont l’objectif premier est la restriction des 2.1. Les mesures dont l’objectif premier est la restriction des
échanges/importations
échanges/importations
 Le rationnement des devises : il s’agit d’un rationnement des devises mis en
 Les dépôts préalables : les importateurs doivent payer au place pour résoudre des situations de pénurie de devises. Ce rationnement peut
préalable une fraction de leurs importations ce qui constitue une prendre la forme d’un taux de change multiple (en vendant les devises à des prix
barrière aux échanges surtout lorsque l’inflation est élevée. différents selon les demandeurs) ou en édictant des critères d’accès aux devises.

 Valeurs mercuriales : il s’agit d’un prix de référence utilisé pour le calcul du


 Licences d’importation : dans ce cas, les importateurs doivent droit de douane. Ces valeurs servent de prix plancher pour éviter souvent des
obtenir au préalable une licence pour importer les biens qu’ils fraudes fiscales liées à des pratiques de sous-facturation des marchandises
importées.
souhaitent.
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Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
81 2. Le protectionnisme non-tarifaire 82 2. Le protectionnisme non-tarifaire

2.1. Les mesures dont l’objectif premier est la restriction des échanges/importations 2.1. Les mesures dont l’objectif premier est la restriction des
 Restrictions volontaires à l’exportation (RVE) : il s’agit d’accords négociés échanges/importations
bilatéralement entre un pays importateur et un pays exportateur. En ce sens, elles ne
sont pas compatibles avec les règles de l’OMC en raison de leur caractère bilatéral.  Autres mesures protectionnistes :

• Mesures antidumping ;
 Mécanisme de contenu local (règles d’origine) : Ce mécanisme est souvent utilisé
par les pays qui veulent encourager une industrie naissante. Ce principe est appliqué
également pour octroyer le statut d’origine dans une zone de libre-échange (50% ou • Subventions aux industries concurrentes aux importations.
2/3 de la valeur ajoutée doit provenir de la zone de libre échange pour que la
marchandise puisse circuler librement).

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Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
83 2. Le protectionnisme non-tarifaire 84 2. Le protectionnisme non-tarifaire

2.2. Mesures pour lesquelles la restriction du commerce n’est qu’un objectif secondaire 2.3. Protectionnisme monétaire

 Réglementations sanitaires (SPS) ;


 La guerre des monnaies, nouvel épisode de la guerre économique. La
manipulation monétaire est aussi nuisible au libre échange que les
 Normes de sécurité (OTC: Obstacles Techniques au Commerce), et la réglementation de droits de douane ou les discriminations.
l’emballage et étiquetage ;

 Pour éviter les manipulations des taux de change, il faut avoir des taux
 Aide gouvernementale aux activités de R+D ; de change flottants, sans aucune intervention des banques centrales, le
prix de chaque devise variant avec l’offre et la demande pour cette
devise sur un libre marché des changes.
 Production gouvernementale et monopole de distribution ;

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Section 1. Les instruments de la politique commerciale Section 1. Les instruments de la politique commerciale
85 2. Le protectionnisme non-tarifaire 86 2. Le protectionnisme non-tarifaire

2.3. Protectionnisme monétaire 2.3. Protectionnisme monétaire


 Aujourd’hui deux monnaies sont accusées de manipulation de taux de  La Grande Dépression nous a montré qu’une guerre commerciale peut
change, le Yuan et le dollar. être suivie d’une guerre monétaire. Si de nombreux pays dévaluaient
• La Chine n’a pas encore rendu sa monnaie convertible. Le taux de change est intentionnellement leur monnaie en vue de favoriser leurs
donc largement artificiel, fixé arbitrairement par les gouvernants, comme un exportations, les conséquences pour l’économie mondiale en seraient
simple prix administré. Si c’était une monnaie convertible, librement achetée désastreuses.
par les partenaires commerciaux de la Chine, on assisterait à une hausse
spectaculaire du yuan.
• Quant au dollar, sa dépréciation est voulue par la FED et le gouvernement
américain, car celui-ci a besoin de crédit pour réinjecter de l’argent dans  Conscientes de ce fait, les banques centrales ont toujours renoncé à
l’économie américaine, espérant par là une sortie de crise plus rapide et une dévaluer leur monnaie au cours des dernières années. Il est toutefois
réduction du chômage. C’est toujours la vieille lune keynésienne : des taux difficile de prédire comment elles réagiraient en cas de véritable
d’intérêt bas, le crédit facile. guerre commerciale.
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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


87 88 1. Le libre-échange

 L'étude des politiques commerciales depuis le début du XIXème  Le développement international des échanges a toujours existé car aucun
pays ne peut vivre replié sur lui-même, en autarcie.
siècle révèle qu'il n'y a pas de tendance lourde orientée d'une
part, dans une politique dite protectionniste, ou d'autre part, d'une
politique dite libérale.  Il faut attendre 1846 pour voir en Angleterre la première application du
libre-échange. Il s’agit de la suppression des CORN LAWS ou lois sur le blé
qui protégeaient le blé anglais des importations étrangères par des droits de
douane élevés.
 Bien au contraire, il existe des cycles marqués par
l'affaiblissement ou par le renforcement du protectionnisme qui
peuvent être rapprochés des fluctuations générales de l'activité  Puis ce fut le traité de commerce franco-anglais en 1860 sous Napoléon III
qui libéralisa, pendant quelques années, les échanges commerciaux entre ces
économique. deux pays.

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
89 1. Le libre-échange 90 1. Le libre-échange

 Mais la France revient au protectionnisme dès 1892 avec les lois Meline 1.1. Les théories du libre-échange
instaurant des droits élevés sur les importations de produits agricoles.
Les théories classiques Les nouvelles théories

 La crise de 1929 entraîne un retour général du protectionnisme dans les


SMITH et la théorie de l'avantage absolu LINDER et la demande représentative
Etats.

David Ricardo et l’avantage comparatif VERNON et le cycle de vie du produit


 Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que commence
à se dessiner une internationalisation des échanges, avec en particulier le Les dotations des factorielles du modèle LASSUDRIE et la théorie de la demande de
plan Marshall qui développe l’aide américaine auprès de nombreux pays. HOS différence

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


91 1. Le libre-échange 92 1. Le libre-échange

1.1. Les théories du libre-échange 1.1. Les théories du libre-échange


Théorie de Linder : La demande représentative La théorie de Bernard Lassudrie Duchêne : la demande de différence
 Les analyses traditionnelles sont fondées sur les capacités de production des  Pour Bernard Lassudrie Duchêne, la différenciation des produits permet aux
pays et donc sur l'offre. En 1961, Steffan Burestam Linder considère que la entreprises de retrouver une situation de monopole de fait. Il ne s'agit plus
demande, largement négligée jusqu'alors, joue un rôle essentiel dans de produire en masse des produits homogènes mais de produire, en séries
l'explication du commerce international. plus limitées, des articles différenciés, soit dans le cadre d'une stratégie de
spécialisation, soit d'une stratégie de diversification.

 Les pays se spécialisent non plus en fonction de leurs dotations en facteurs


mais de leur demande interne. Quand celle-ci tend à se saturer, l'entreprise  La compétitivité internationale se construit maintenant sur la gestion bien
cherche de nouveaux débouchés à l'exportation. comprise du binôme différenciation/domination par les coûts.

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23
Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
93 1. Le libre-échange 94 1. Le libre-échange

1.2. Les indicateurs de mesure du libre-échange 1.2. Les indicateurs de mesure du libre-échange
Le taux de couverture :
Le degré ou taux d’ouverture :

 Taux d’équilibre idéal = 100%.


Degré
d’ouverture  Si le taux est supérieur à 100%, le pays s’enrichit grâce aux échanges
internationaux.
 Si le taux est inférieur à 100%, le pays s’appauvrit en raison du commerce
mondial.

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


95 1. Le libre-échange 96 1. Le libre-échange

1.2. Les indicateurs de mesure du libre-échange 1.2. Les indicateurs de mesure du libre-échange

Les termes de l’échange : La balance commerciale :


Balance commerciale = total des exportations du pays X – total des
importations du pays Y

 Une balance commerciale positive signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en
 L’indice des termes de l’échange est posé égal à 100 pour une année de référence donnée.
importe: on parle alors d’«excédent commercial » ou de « balance excédentaire ». Le Canada, le
 L’année suivante, si l’indice est supérieur à 100, cela signifie que les termes de l’échange Japon et l'Allemagne sont des exemples de balance commerciale positive. Ils jouissent d'une
s’améliorent : on exporte une quantité moindre de marchandises pour acheter la même économie stable et de taux d'épargne intéressants.
quantité de biens importés.  Une balance commerciale négative signifie que le pays n'exporte pas assez: on parle de « déficit
commercial ». Cette notion ne doit pas nécessairement être perçue négativement, mais plutôt comme
 Si l’indice est inférieur à 100, on observe une dégradation ou détérioration des termes de un événement cyclique en relation avec le cycle de l'économie. Des pays jouissant d'une forte
l’échange : il faut exporter plus de marchandises pour pouvoir importer la même quantité de économie en expansion tels que les Etats-Unis, Hong Kong et l'Australie "collectionnent" les déficits
biens qu’avant. commerciaux

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
97 1. Le libre-échange 98 2. Le protectionnisme

1.2. Les indicateurs de mesure du Libre-échange  Le protectionnisme est une politique économique
interventionniste menée par un Etat, visant à limiter l’entrée des
La balance des paiements :
produits et ou des capitaux étrangers afin de protéger son
 La balance des paiements est un document statistique élaboré économie de la concurrence étrangère.
sous forme comptable, élément de la comptabilité nationale
recensant les flux de biens, de services, de revenus, de transferts
de capitaux, et les flux financiers que les résidents d'un pays dans  Depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale et la création du
leur ensemble (particuliers, entreprises ou État) entretiennent GATT, le protectionnisme a beaucoup reculé, au moins
avec ceux du reste du monde. officiellement. Mais on ne peut pas dire qu’il a disparu car de
barrières non tarifaires de plus en plus subtiles existent toujours.

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


99 2. Le protectionnisme 100 2. Le protectionnisme

2.1. Les théories protectionnistes 2.1. Les théories protectionnistes


 Le protectionnisme éducateur de Friedrich List (1789 – 1846) : pour lui,  La reconquête du marché intérieur de Jacques Mistral : Selon
comme toutes les spécialisations ne se valent pas, comme il vaut mieux fabriquer l’économiste français Mistral, la relance d’une économie nationale nécessite
des produits manufacturés modernes que des produits primaires, le pays doit l’intervention de l’Etat. Sa théorie préconise des mesures limitées mais non
fermer ses frontières à ces produits modernes pour permettre la naissance et le
discriminatoires telles que :
développement des jeunes industries.
• Réserver les commandes politiques aux entreprises nationales ;
• Accorder des facilités de crédit aux entreprises nationales.
 Le protectionnisme défensif de Nicolas Kaldor (1908 – 1986) : Nicolas
Kaldor préconise la protection de l’industrie dans sa vieillesse. Selon lui, le
 Le nouveau protectionnisme de Jean-Marcel Jeanneney : Pour lui, le
protectionnisme est nécessaire à cause des difficultés engendrées par la crise et
protectionnisme est un moyen de contrôler les concurrences en vue de
pour faciliter la reconversion des secteurs en déclin.
maintenir la diversification des économies.

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25
Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
101 2. Le protectionnisme 102 2. Le protectionnisme

2.2. Les formes du protectionnisme 2.2. Les formes du protectionnisme


Le protectionnisme offensif : Le protectionnisme défensif :
 Ce type de protectionnisme a pour but la limitation de l’intrusion  Le protectionnisme défensif est destiné en principe à aménager
des entreprises étrangères sur les marchés nationaux. Les outils une phase d’ajustement pour tel ou tel secteur d’activité menacé
de protectionnisme offensif les plus utilisés sont: par la concurrence internationale. Ses instruments prennent la
forme de barrières non tarifaires. Ce sont :
Les barrières tarifaires Les subventions à l’exportation

Les quotas Les normes techniques et sanitaires Le protectionnisme monétaire

Les restrictions volontaires aux exportations Le dumping

Les blocs régionaux Le patriotisme

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


103 2. Le protectionnisme 104 2. Le protectionnisme

2.3. Les arguments en faveur du protectionnisme 2.3. Les arguments en faveur du protectionnisme
 L’argument des représailles : on peut s’enfoncer dans un cercle vicieux de fermeture progressive
 L’argument des termes de l’échange : un tarif améliore les termes des frontières.
de l’échange du pays importateur si celui-ci est un grand pays et donc
influence les prix internationaux. La protection est alors meilleure que
le libre-échange, à condition toutefois qu’il n’y ait pas de représailles.  L’argument de l’indépendance vis-à-vis de l’étranger : ex de l’énergie (USA en 1979 contre
l’importation de pétrole du Golf, tarif sur les ordinateurs du Brésil).

 L’argument de la balance commerciale : Un tarif augmente le prix  L’argument de la défense nationale : « l’English Navigation Act » d’Adam Smith, interdisant le
des produits importés, et doit en principe en limiter les importations. transport maritime étranger pour le commerce de produits anglais afin de maintenir le pouvoir de la
(les mesures protectionnistes sont utilisées pour changer la structure marine anglaise. De nos jours encore de nombreuses interdictions d’importer ou d’exporter, des
produits ayant un lien avec la défense nationale, sont encore en vigueur.
des échanges et la spécialisation du pays, et non son déficit ou son
excédent courant d’ensemble).
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26
Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
105 2. Le protectionnisme 106 2. Le protectionnisme

2.3. Les arguments en faveur du protectionnisme 2.3. Les arguments en faveur du protectionnisme
 Les arguments liés à l’âge de l’industrie, le protectionnisme éducateur de F. List : Cet  L’argument de l’emploi : le tarif douanier est justifié parfois par le fait qu’il
argument repose sur le fait qu’un pays pense avoir un avantage comparatif potentiel dans protège le travail domestique contre le travail étranger bon marché. (argument peut
une industrie, mais du fait d’un manque d’expérience, de faibles niveaux de fabrication être qualifié de fallacieux car, même si les salaires sont plus élevés dans
(manque d’économies d’échelle).., cet avantage comparatif ne pourra devenir effectif
l’économie nationale, la productivité peut également être plus importante et donc
qu’après un certain temps. Durant cette période « d’enfance », il conviendrait alors
d’effectuer une protection provisoire. (le choix de la meilleure politique commerciale:
les coûts du travail concurrentiels). (Les conditions de travail: dumping social).
subvention par exemple).

 L’argument des distorsions internes : des distorsions peuvent exister pour divers
 L’argument de l’industrie sénescente : un argument opposé au précédent peut être avancé raisons: monopole, syndicats, déséconomies d’échelle, réglementations. L’idée est
pour protéger temporairement les vieilles industries en perte d’avantages comparatifs. d’utiliser le tarif pour annuler partiellement ou totalement la distorsion (la structure
(faciliter la réallocation des facteurs vers les secteurs compétitifs: textile par exemple). interne des prix, l’allocation des ressources).

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


107 2. Le protectionnisme 108 2. Le protectionnisme

2.3. Les arguments en faveur du protectionnisme 2.3. Les arguments en faveur du protectionnisme
 Dans une démocratie, les agents économiques vont essayer de faire  Les autres arguments :
pression sur le gouvernement, notamment à travers leur vote, pour
faire prévaloir leurs préférences en termes de protectionnisme ou de • L’argument du revenu : le tarif est une taxe qui engendre un revenu
libre-échange. pour l’Etat.

• L’argument de la distribution du revenu : le tarif douanier protège le


 La demande de la protection est souvent plus forte que la demande revenu du facteur relativement rare dans le pays et baisse celui du facteur
de libre-échange (problème d’asymétrie). L’offre de protection et le abondant (théorème de Stolper-Samuelson). Ou alors la protection de la
fait du gouvernement et de la bureaucratie qui cherche à se maintenir rémunération du facteur spécifique du secteur qui n’a plus d’avantage
au pouvoir en satisfaisant les groupes majoritaires ou les plus comparatif (revenu agricole…).
puissants.
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27
Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
109 2. Le protectionnisme 110 3. Les effets du tarif douanier

 Le protectionnisme présente un certain nombre de limites : 3.1. Les effets du tarif douanier pour un petit pays
• Les branches d’activité deviennent non soumises à la concurrence  L’offre mondiale est infiniment élastique par rapport à la demande de ce
internationale ; pays. Cette demande est confronté à un prix international fixe et l’offre
• Le protectionnisme porte atteinte aux consommateurs des pays pauvres ; mondiale est représentée par une droite horizontale.
• Le protectionnisme est souvent une arme pour le nationalisme ;  L’imposition d’un tarif douanier affectera les prix perçus par les producteurs
• Une taxe à l’importation est aussi une taxe à l’exportation ; et les consommateurs nationaux mais pas le prix relatif international.
• Le protectionnisme engendre le protectionnisme ;  L’imposition change également la distribution des revenus à l’intérieur du
• La disparition progressive de l'esprit de compétitivité ; pays. Le droit de douane déplace la production en faveur du bien protégé.
• Une baisse de la croissance économique car les activités sont restreintes.  L’équivalence des instruments de taxation: une taxe sur la consommation
couplée à une subvention à la production.

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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


111 3. Les effets du tarif douanier 112 3. Les effets du tarif douanier

3.1. Les effets du tarif douanier pour un petit pays 3.1. Les effets du tarif douanier pour un petit pays
Conséquences :
 Droits de douane ad valorem Les importations
P  Baisse de la demande domestique et Hausse de la production domestique.
diminuent de « AB »
O à « CE »  Baisse des importations.
 Hausse des recettes fiscales pour l’Etat.
 Baisse du bien-être pour la collectivité (la perte subie par les consommateurs est supérieure aux gains
C E Prix domestique: PM(1+t) obtenus par les producteurs et l’Etat).
 Baisse du surplus des consommateurs = T+Q+R+S.
Recette fiscale R
T Q S  Le fait d’imposer des mesures protectionnistes ne fait pas que réduire le bien être global de
Px mondial l’économie, cela change également la distribution des revenus à l’intérieur du pays. La perte sèche
A B
(Q+S).

Q
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28
Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme
113 3. Les effets du tarif douanier 114 3. Les effets du tarif douanier

3.2. Les effets du tarif douanier pour un grand pays 3.2. Les effets du tarif douanier pour un grand pays
Les importations
diminuent de « AB »
Prix D O à « CE »
 Dans le cas d’un grand pays, le prix mondial d’un produit est
influencé par la demande de ce pays.
C E Prix domestique: PM(1+t)

 De ce fait, l’offre mondiale n’est plus infiniment élastique mais


Recette fiscale R
réagit comme une droite d’offre classique. T Q S
PW R’
PW’ A B

Q
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Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme Section 2. Libre-échange Vs Protectionnisme


115 3. Les effets du tarif douanier 116

3.2. Les effets du tarif douanier pour un grand pays Conclusion


 En règle générale, les périodes de récession favorisent la montée du protectionnisme, alors
 Le prix baisse quand les quantités demandées se réduisent. que celles d'expansion sont plus favorables au libre- échange.
 La perte du surplus du pays importateur est équivaut à
T+R+Q+S.
 Dans les deux cas, il existe une rétroaction des politiques commerciales sur l'activité
 Les recettes douanières plus élevées (baisse du prix économique, la protection renforçant la récession et le libre-échange nourrissant la
croissance.
international).
 Les producteurs étrangers voient leur surplus diminuer (récupéré
 La théorie économique semble montrer que le libre-échange est globalement créateur
par le pays sous forme de recettes douanières).
d'emplois mais ce bilan quantitatif doit être relativisé par une vision plus qualitative. Les
 L’effet net est ambigu. (instauration d’un tarif optimal). emplois créés sont moins bien rémunérés et avec une protection sociale dégradée.

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29
Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique
117 118

 A l'origine de la politique commerciale stratégique, le modèle


Brander-Spencer est un modèle économique du commerce
 Cette conclusion contredit les résultats de la plupart des modèles
international développé à l'origine par James Brander et Barbara
de commerce international, dans lesquels la non-intervention du
Spencer dans les années 80.
gouvernement est socialement optimale.

 Le modèle illustre une situation où, sous certaines hypothèses, un


 La PCS a été popularisée en 1988 par les économistes Krugman
gouvernement peut subventionner des entreprises nationales pour
et Baldwin dans leur article « Market Access and Competition: A
les aider dans leur concurrence contre les producteurs étrangers
Simulation Study of 16K Random Access Memories » .
et, ce faisant, améliore le bien-être national.

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Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique


119 1. Fondements théoriques de la PCS 120 1. Fondements théoriques de la PCS

 Dans les années 80, les économistes Barbara Spencer et James  Un autre argument en faveur des politiques commerciales stratégiques
Brander ont proposé un nouvel argument en faveur des soutiens repose sur le fait que les gouvernements devraient soutenir les secteurs qui
publics à l’industrie. L’imperfection du marché peut suffire à justifier génèrent des externalités technologiques et pour profiter des économies
l’intervention de l’Etat. (les surprofits, des rentes, pouvoir de marché d’échelles (internes /externes) (ressemblance avec l’argument de l’industrie
de quelques firmes). naissante).

 Les auteurs soulignent qu’un gouvernement peut intervenir pour  Sur ces marchés imparfaits, les nations et les firmes se concurrencent pour
modifier un peu les règles de jeu, et transférer une partie des rentes accroître leur part de marché et donc de profit. L’objectif principal d’une
détenues par des entreprises étrangères vers les entreprises politique commerciale stratégique est de capturer une plus grande part de
domestiques. profit que celle que l’on pourrait obtenir sans intervenir.

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30
Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique
121 1. Fondements théoriques de la PCS 122 1. Fondements théoriques de la PCS

 Elle va revitaliser les thèses mercantilistes selon lesquelles l’Etat  Dans le cas de produits importés, la protection doit permettre à l’Etat ou aux firmes
nationales d’accaparer une part du profit des oligopoleurs ou du monopoleur
peut améliorer le Bien-être national, stimuler les exportations et étrangers.
la croissance économique en altérant le libre jeu des échanges
internationaux.
 Dans le cas des industries exportatrices, une subvention aux exportations (ou en
leur absence une subvention de la R&D, base de la compétitivité dans les industries
de haute-technologie), peut se permettre d’obtenir une plus large part du marché
 Théoriquement, ces arguments sont convaincants. Cependant, ils international.
sont bien souvent trop subtils et nécessitent de rassembler trop
d’informations pour être appliqués avec une efficacité certaine.
 Si le supplément de profit excède la perte du consommateur ou le coût de la
subvention, le bien-être du pays protectionniste augmente.

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Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique


123 1. Fondements théoriques de la PCS 124 2. Illustration de l’analyse de Brander-Spencer

 Un exemple très signifiant a été présenté par Krugman et Baldwin. Ces auteurs  Une version simplifiée du modèle a été popularisée par Paul Krugman dans
étudient la manière dont le Japon a protégé, par des taxes sur les importations, son les années 1990. Dans cette configuration, deux entreprises, une étrangère et
marché intérieur, ce qui a laissé le temps aux firmes japonaises produisant de la une nationale, envisagent de pénétrer un nouveau marché d'exportation dans
mémoire RAM de se développer. un pays tiers (ou éventuellement dans le monde entier).

 Le secteur des semi-conducteurs connaissant un fort effet d'apprentissage, et donc


 La demande sur le marché d'exportation est telle que si une seule entreprise
des rendements marginaux fortement croissants, elles ont pu ensuite s'adapter à la
concurrence internationale. entre, elle réalisera un profit, mais si elles entrent toutes les deux, chacune
subira une perte, peut-être en raison de la mise en place initiale, de
l'infrastructure, du développement de produits, de la commercialisation ou
 Il s'agit d'un argument en faveur de la protection de l'industrie lorsqu'elle est encore d'autres coûts fixes d’entrée. La matrice ci-dessous présente un exemple
naissante défendue par Friedrich List. stylisé du jeu auquel se livrent les deux firmes.

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31
Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique
125 2. Illustration de l’analyse de Brander-Spencer 126 2. Illustration de l’analyse de Brander-Spencer

 Les choix disponibles des entreprises nationales sont indiqués sur la gauche,
tandis que ceux de l'entreprise étrangère sont en haut. Le premier chiffre de
chaque cellule indique le gain pour l'entreprise nationale tandis que le
Entrer Reste dehors Entrer Reste dehors
deuxième chiffre est le gain pour l'entreprise étrangère.
Entrer −10, −10 50, 0 Entrer 10, −10 70, 0

Reste dehors 0, 50 0, 0 Reste dehors 0, 50 0, 0


 Le jeu sans subvention gouvernementale à l'entreprise nationale est illustré à
Jeu d'entrée à équilibres multiples Jeu d'entrée avec subvention, équilibre
la figure à gauche. Si les deux entreprises entrent, elles subissent chacune
unique
une perte de 10 millions de dollars et si elles restent toutes les deux en
dehors du marché, aucune entreprise ne fait de profit ni de perte.

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Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique


127 2. Illustration de l’analyse de Brander-Spencer 128 2. Illustration de l’analyse de Brander-Spencer

 Si une seule entreprise entre cependant, cette entreprise réalisera un  Le jeu change cependant si le gouvernement promet de façon crédible de
profit de 50 millions de dollars tandis que l'autre entreprise ne fera subventionner l'entreprise nationale si elle entre sur le marché, comme
rien. Les deux équilibres de Nash de ce jeu sont les situations dans illustré à la figure à droite. Supposons que le gouvernement promet une
lesquelles une seule entreprise entre – mais quelle entreprise, nationale subvention de vingt millions, que l'entreprise étrangère entre également ou
ou étrangère, est indéterminée. non.

 Dans ce cas, si l'entreprise étrangère entre, l'entreprise nationale perdra dix


 Dans une telle situation, si l'entreprise étrangère a un léger avantage millions de dollars en coûts d'entrée mais sera plus que compensée par la
initial sur l'entreprise nationale (peut-être parce qu'elle a commencé le subvention du gouvernement, se terminant par un gain net de dix millions.
développement du produit plus tôt), l'entreprise nationale restera en Si l'entreprise étrangère n'entre pas, bien sûr, il est toujours rentable pour
dehors et l'entreprise étrangère entrera. l'entreprise nationale d'entrer.

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Section 3. Politique commerciale stratégique Section 3. Politique commerciale stratégique
129 2. Illustration de l’analyse de Brander-Spencer 130 3. Limites de la politique commerciale stratégique

 Par conséquent, quelle que soit l'action de l'entreprise étrangère,  Une politique commerciale stratégique pertinente nécessite une lecture adéquate de
l'incitation de l'entreprise nationale est d'entrer sur le marché. En la situation pour limiter les effets pervers sur le reste de l’économie.
anticipant cela, l'entreprise étrangère restera elle-même en dehors du
marché, car sinon elle subirait une perte.  L’exigence d’information se complique du fait qu’il est concrètement impossible
de considérer les différents secteurs de façon isolé. (la subvention d’un secteur
drainera des ressources qui ne seront plus disponibles pour d’autres activités).
 Du point de vue du pays domestique, la subvention améliore le bien-
être. La subvention de 20 millions est un transfert du gouvernement à
l'entreprise et n'a donc aucun effet sur le bien-être national. De plus,  Les PCS (qui répondent à toutes ces critiques) sont des politiques qui n’apportent
de bien à une économie qu’au détriment de ses voisins (beggar-thy-neighbor
l'entreprise nationale gagne 50 millions qui seraient autrement allés à policies : les politiques du chacun pour soi). Ce qui engendre les guerres
l'entreprise étrangère. commerciales et les représailles.

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Section 3. Politique commerciale stratégique


131 3. Limites de la politique commerciale stratégique

 Ainsi, il faut pouvoir chiffrer la matrice des résultats pour toutes


les éventualités, avec une précision qui dépasse celle usuellement
disponible (là réside d’ailleurs la difficulté) car pour Krugman
toute erreur lors des évaluations aussi minime soit-elle peut Chapitre 3. L’Organisation
s’avérer très coûteuse.
Mondiale du Commerce
 D’ailleurs, pour Krugman les gouvernements n’agissent pas
toujours pour l’intérêt national, ils sont parfois influencés par des
groupes de pression qui travaillent pour des intérêts particuliers.

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33
133 134

 Juillet 1944 : Fixation des règles du jeu monétaire entre les pays en
créant le FMI.
 Après la Seconde Guerre mondiale, la charte de l'Organisation
des Nations Unies (ONU) est signée en 1945 à San Francisco.  Décembre 1945 : La création de la BIRD.
Tirant les leçons de l'impuissance de la Société des Nations  En 1947, la conférence internationale sur le commerce et l'emploi de
(SDN), des désordres économiques de l'entre-deux- guerres, en La Havane donnera lieu à la signature de la Charte de La Havane
particulier de la crise économique de 1929 ,elle fait beaucoup instituant l'Organisation internationale du commerce (OIC).
plus attention à la coopération économique internationale.  Tentative avortée à cause du refus du Congrès des États-Unis de la
ratifier.
 Le GATT est alors devenu, de 1948 à la création de l’OMC en 1995,
le seul instrument multilatéral régissant le commerce international.

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135 136

 De 1948 à 1994; le GATT a constitué les règles régissant une Le GATT et l'OMC est-ce la même chose?
grande partie du commerce mondial, au cours de périodes
 Non. L'OMC, c'est le GATT et beaucoup plus encore. Le GATT
pendant lesquelles le commerce international a enregistré
(l'organisme) était petit et provisoire, et il n'était même pas
quelques-uns de ses taux de croissance les plus élevés.
reconnu juridiquement comme une organisation internationale.

 Il semblait solidement établi mais tout au long de ces 47 années,


 Il est aujourd'hui remplacé par l'Organisation mondiale du
il était un accord et une organisation provisoires.
commerce. Le GATT (l'accord) a été modifié et incorporé dans
les nouveaux Accords de l'OMC. Le GATT régissait uniquement
le commerce des marchandises. Les Accords de l'OMC visent
aujourd'hui également les services et la propriété intellectuelle.
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34
Section 1. Principes et exceptions de l’OMC
137 138 1. Principes de l’OMC

Qu'est-ce-que l'OMC ? 1.1. Principe de non-discrimination


 L'Organisation mondiale du commerce est née le 1er janvier 1995 (OMC, ou
World Trade Organisation, WTO) c’est un lieu où les gouvernements Clause de la nation la plus favorisée (NPF)
membres se rendent pour s’efforcer de résoudre les problèmes commerciaux
auxquels ils sont mutuellement confrontés.  Egalité de traitement pour les autres. Aux termes des Accords de
l’OMC, les pays ne peuvent pas, en principe, établir de
 Au cœur de l'organisation se trouvent les Accords de l'OMC, négociés et discrimination entre leurs partenaires commerciaux.
signés à Marrakech par la majeure partie des puissances commerciales du
monde et ratifiés par leurs parlements.
 Si un pays accorde à quelqu’un une faveur spéciale (en abaissant,
 Elle a pour mission principale de s'occuper des règles régissant le commerce par exemple, le droit de douane perçu sur un de ses produits), il
international entre les pays et de favoriser autant que possible la bonne
marche, la prévisibilité et la liberté des échanges . doit le faire pour tous les autres membres de l’OMC.

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Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC


139 1. Principes de l’OMC 140 1. Principes de l’OMC

1.1. Principe de non-discrimination 1.1. Principe de non-discrimination


Clause de la nation la plus favorisée (NPF) Traitement national
 Ce principe est dénommé traitement de la nation la plus favorisée  Pas de discrimination entre les produits importés et les produits
(NPF). Son importance est telle qu’il constitue le premier article de d’origine nationale. Les produits importés et les produits de
l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), qui fabrication locale doivent être traités de manière égale, du moins une
régit le commerce des marchandises. fois que le produit importé a été admis sur le marché.

 Il est aussi une clause prioritaire de l’Accord général sur le commerce  Il doit en aller de même pour les services, les marques de commerce,
des services (AGCS) (article 2), et de l’Accord sur les aspects des les droits d’auteur et les brevets étrangers et nationaux. Ce principe du
droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) « traitement national » figure aussi dans tous les trois principaux
(article 4), même s’il est énoncé en des termes légèrement différents Accords de l’OMC (article 3 du GATT, article 17 de l’AGCS et article
d’un accord à l’autre. 3 de l’Accord sur les ADPIC), même si, là encore, il est énoncé en des
termes légèrement différents d’un accord à l’autre.

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35
Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC
141 1. Principes de l’OMC 142 1. Principes de l’OMC

1.1. Principe de non-discrimination 1.2. Libéralisation progressive du commerce


Traitement national  L’un des moyens les plus évidents d’encourager les échanges est
 Le traitement national s’applique uniquement une fois qu’un de réduire les obstacles au commerce, par exemple les droits de
produit, service ou élément de propriété intellectuelle a été admis douane (ou tarifs) et les mesures telles que les interdictions à
sur le marché. l’importation ou les contingents qui consistent à appliquer
sélectivement des restrictions quantitatives.
 Par conséquent, le prélèvement de droits de douane à
l’importation n’est pas contraire à ce principe même lorsque  Périodiquement, d’autres problèmes comme les lourdeurs
aucune taxe équivalente n’est perçue sur les produits de administratives et les politiques de change ont aussi été
fabrication locale.
examinés.
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Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC


143 1. Principes de l’OMC 144 1. Principes de l’OMC

1.2. Libéralisation progressive du commerce 1.3. La transparence


 L’ouverture des marchés peut apporter des avantages mais elle  Parfois, il est peut-être aussi important de promettre de ne pas
exige aussi des ajustements. Les Accords de l’OMC autorisent les renforcer un obstacle au commerce que d’en réduire, car la
pays à introduire pas à pas les changements, par une promesse permet aux entreprises de mieux voir les possibilités
libéralisation progressive. qu’elles auront à l’avenir.

 Les pays en développement disposent généralement d’un délai  Lorsqu’il y a stabilité et prévisibilité, l’investissement est
plus long pour s’acquitter de leurs obligations. encouragé, des emplois sont créés et les consommateurs peuvent
profiter pleinement des avantages qui résultent de la concurrence,
c’est-à-dire du choix et de la baisse des prix.
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36
Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC
145 1. Principes de l’OMC 146 1. Principes de l’OMC

1.3. La transparence 1.4. Promouvoir une concurrence loyale


 Le système commercial multilatéral concrétise l’effort que font  On dit parfois que l’OMC est l’institution du « libre-échange »,
les gouvernements pour rendre l’environnement commercial mais cela n’est pas tout à fait exact. Le système autorise bien
stable et prévisible. l’application de droits de douane et, dans des circonstances
limitées, d’autres formes de protection.

 Un pays peut modifier ses consolidations, mais seulement après


avoir négocié avec ses partenaires commerciaux, ce qui pourrait  Il serait plus juste de dire qu’il s’agit d’un système de règles
impliquer l’octroi d’une compensation pour la perte de visant à garantir une concurrence ouverte, loyale et exempte de
possibilités commerciales. distorsions.

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Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC


147 1. Principes de l’OMC 148 2. Exceptions de l’OMC

1.4. Promouvoir une concurrence loyale 2.1. Exceptions générales


 Sous réserve que ces mesures ne soient pas appliquées de façon à constituer soit un
 Les règles relatives à la non-discrimination (traitement NPF et moyen de discrimination, le système juridique de l’OMC autorise l'adoption ou
traitement national) ont pour objet de garantir des conditions l'application par les pays des mesures :
commerciales loyales, de même que celles qui concernent le
dumping et les subventions. • Nécessaires à la protection de la moralité publique ;

• Nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à la


préservation des végétaux ;
 Il s’agit de questions complexes, et les règles visent à définir ce
qui est loyal et ce qui ne l’est pas, ainsi que la manière dont les • Se rapportant à l'importation ou à l'exportation de l'or ou de l'argent ;
pouvoirs publics peuvent réagir, notamment en prélevant des • Se rapportant aux articles fabriqués dans les prisons ;
droits d’entrée additionnels calculés de façon à compenser le
dommage occasionné par des pratiques commerciales déloyales. • Imposées pour la protection de trésors nationaux ayant une valeur artistique, historique ou
archéologique ;

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37
Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC
149 2. Exceptions de l’OMC 150 2. Exceptions de l’OMC

2.1. Exceptions générales 2.2. Exceptions concernant la sécurité


 Suite des exceptions générales :  Les textes juridiques de l’OMC ne peuvent jamais être interprétés :
• Comme imposant à une partie contractante l'obligation de fournir des
• Se rapportant à la conservation des ressources naturelles épuisables, si de telles renseignements dont la divulgation serait, à son avis, contraire aux intérêts
mesures sont appliquées conjointement avec des restrictions à la production ou essentiels de sa sécurité ;
à la consommation nationales ;
• Comme empêchant une partie contractante de prendre toutes mesures qu'elle
• Comportant des restrictions à l'exportation de matières premières produites à estimera nécessaires à la protection des intérêts essentiels de sa sécurité : se
l'intérieur du pays et nécessaires pour assurer à une industrie nationale de rapportant aux matières fissiles, au trafic d'armes, de munitions et de matériel de
transformation les quantités essentielles desdites matières premières pendant les guerre, appliquées en temps de guerre ou en cas de grave tension internationale ;
périodes où le prix national en est maintenu au-dessous du prix mondial en
exécution d'un plan gouvernemental de stabilisation ;
• Ou comme empêchant une partie contractante de prendre des mesures en
• Essentielles à l'acquisition ou à la répartition de produits pour lesquels se fait application de ses engagements au titre de la Charte des Nations Unies, en vue
sentir une pénurie générale ou locale. du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

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Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC


151 2. Exceptions de l’OMC 152 2. Exceptions de l’OMC

2.3. Zones de libre-échange et unions douanières 2.3. Zones de libre-échange et unions douanières
 L’établissement d’une union douanière ou d’une zone de libre-  Ces accords devraient en particulier favoriser la libéralisation des
échange constituerait normalement une violation du principe de courants d’échange entre les pays participants sans opposer
l’OMC selon lequel tous les partenaires commerciaux doivent d’obstacles au commerce avec le reste du monde. En d’autres
bénéficier de l’égalité de traitement (“traitement de la nation la termes, l’intégration régionale devrait compléter le système
plus favorisée”). commercial multilatéral et non le mettre en danger.

 Toutefois, en vertu de l’article 24 du GATT, la conclusion  L’OMC autorise l’établissement de zones de libre échange et
d’accords commerciaux régionaux constitue une exception d’unions douanière, dont le but est de faciliter les échanges entre
spéciale à cette règle et elle est autorisée à condition de satisfaire les Etats constitutifs et à condition que ces ACR couvrent un
à certains critères rigoureux. nombre substantiel de secteurs.

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38
Section 1. Principes et exceptions de l’OMC Section 1. Principes et exceptions de l’OMC
153 2. Exceptions de l’OMC 154 2. Exceptions de l’OMC

2.4. Clause d’habilitation 2.5. La protection de la balance des paiements


 Les pays développés peuvent accorder aux pays en développement un
traitement plus favorable qu’aux autres Membres de l’OMC.  Le GATT prévoit à cette fin des exceptions à l’interdiction des
restrictions quantitatives notamment si elles sont temporaires et
touchent une faible part du commerce extérieur.
 Exemple: plus de temps accordé à la mise en œuvre des Accords.

 Les textes juridiques de l’OMC comprennent des dispositions  Outre ces restrictions il est possible également de relever
énonçant le principe de la non-réciprocité du traitement préférentiel temporairement les droits de douane sans compensation.
accordé aux pays en développement, c'est-à-dire que lorsque des pays
développés accordent des concessions commerciales à des pays en
développement, ils ne devraient pas attendre de contrepartie de la part
de ces pays.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC


155 156 1. Objectifs de l’OMC

 L'Organisation Mondiale du Commerce s'inscrit dans la 1.1. Les objectifs du GATT


continuité des négociations menées dans le cadre du GATT et  L’objectif du système multilatéral de commerce des
cherche donc à favoriser le développement d'un commerce libre marchandises créé par le GATT est d’offrir aux entreprises et
et équitable entre les nations en fixant les règles de branches de production des différents pays un environnement sûr,
fonctionnement du commerce international et en les faisant stable et prévisible dans lequel elles peuvent commercer dans des
respecter par les Etats membres. conditions de concurrence loyales et équitables.

 Cette fonction principale couvre donc un certain nombre de  Ce système commercial ouvert et libéral devrait, grâce à
l’accroissement du commerce, promouvoir l’investissement, la
domaines d'intervention dans lesquels l'OMC va s'impliquer. production et la création d’emplois et faciliter ainsi le
développement économique de tous les pays

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39
Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC
157 1. Objectifs de l’OMC 158 1. Objectifs de l’OMC

1.1. Les objectifs du GATT 1.2. Les objectifs de l’OMC


 Les objectifs du GATT sont clairement énoncés : il s’agit de conclure des  Dans son préambule, l’Accord instituant l’OMC réaffirme les
accords "sur une base de réciprocité et d’avantages mutuels" dans le but de objectifs du GATT, à savoir le « relèvement des niveaux de vie et
réduire les tarifs douaniers et les autres obstacles au commerce et d’éliminer
les discriminations en matière de commerce international. du revenu réel, la réalisation du plein emploi, l’accroissement de
la production et du commerce et utilisation optimale des
ressources mondiales ».
 Le GATT n’est que ce que les signataires veulent qu’il soit. Les nations ont
ainsi des droits et des obligations différentes selon leur degré d’adhésion à
l’Accord général ; si un pays prend sa décision en ne considérant que les  C’est ainsi que les pays membres doivent s’engager à poursuivre
seuls intérêts de ses producteurs nationaux, le GATT prendra une forte la réduction des droits de douane, à interdire les obstacles
coloration protectionniste. En revanche, s’il met en balance les intérêts de
ses producteurs et ceux de ses consommateurs, alors le GATT assurera une tarifaires, à baisser puis supprimer les subventions qui faussent la
économie mondiale ouverte. concurrence.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC


159 1. Objectifs de l’OMC 160 1. Objectifs de l’OMC

1.2. Les objectifs de l’OMC 1.2. Les objectifs de l’OMC


 Le GATT ne s’appliquait qu’aux échanges de marchandises et  De plus, le préambule de l’Accord de Marrakech mentionne
considérait que dans une certaine mesure l’agriculture et les produits d’autres objectifs tel que : la nécessité de promouvoir un
textiles pouvaient bénéficier d’un traitement particulier. développement durable et de protéger et préserver
l’environnement, la nécessité de faire des efforts positifs pour
que les pays en développement, et en particulier les moins
 L’OMC considère que les produits agricoles et textiles doivent se avancés d’entre eux, s’assurent une part de la croissance du
conformer aux mêmes règles que les autres marchandises. commerce international.

 Elle met également en avant que les règles du libre-échange doivent


encadrer le commerce de services financiers ainsi que le commerce  L'OMC oriente aujourd'hui ses programmes d'action
qui touche à la propriété intellectuelle. principalement vers deux objectifs.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC
161 1. Objectifs de l’OMC 162 1. Objectifs de l’OMC

1.2. Les objectifs de l’OMC 1.2. Les objectifs de l’OMC


Libéraliser les échanges internationaux Favoriser le développement des pays
 Quand plusieurs pays souhaitent obtenir des règles plus favorables  Chaque année, l’OMC organise des centaines de missions de
pour l'exportation de leurs produits (par ex l'Europe veut moins de coopération technique dans les pays en développement et dispense de
taxe sur ses viandes aux Etats-Unis et les Etats-Unis veulent moins de
subventions pour le cinéma Européen …) les pays membres de l’OMC nombreux cours à Genève à l’intention des fonctionnaires
se mettent d’accord pour entamer un cycle de négociations. gouvernementaux.

 L’OMC souhaite dans ce cadre poursuivre la libéralisation du  L’Aide pour le commerce vise à aider les pays en développement à se
commerce en réduisant les droits de douane mais aussi en doter des compétences et des infrastructures nécessaires pour accroître
réglementant les barrières non tarifaires (politiques de subvention, leurs échanges commerciaux. Le but étant d’assurer une meilleure
pratiques de dumping...). intégration des PED au commerce international.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC


163 2. Fonctions de l’OMC 164 2. Fonctions de l’OMC

2.1. Administrer les accords commerciaux 2.1. Administrer les accords commerciaux
 La première mission de l’OMC consiste à veiller à la loyauté de la  Les Accords de l’OMC portent sur les marchandises, les services et la
concurrence internationale et notamment à poursuivre le processus propriété intellectuelle. Ils énoncent les principes de la libéralisation et
d’abaissement des droits de douane, non seulement pour les produits les exceptions autorisées.
industriels, mais aussi pour les produits agricoles et les services
intégrés au GATT depuis l’Uruguay Round.
 Les accords ne sont pas statiques, ils sont renégociés périodiquement
et de nouveaux accords peuvent être ajoutés à l’ensemble.
 Ainsi, l’OMC facilite la mise en œuvre, l’administration et le
fonctionnement de l’ensemble des Accords commerciaux mis en
place par l’Acte final de l’Uruguay Round et favorisera la réalisation  De nombreux accords sont actuellement négociés dans le cadre du
de leurs objectifs, et servira aussi de cadre pour la mise en œuvre, Programme de Doha pour le développement, lancé par les Ministres
l’administration et le fonctionnement des Accords commerciaux du commerce des Membres de l’OMC à Doha (Qatar), en novembre
plurilatéraux. 2001.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC
165 2. Fonctions de l’OMC 166 2. Fonctions de l’OMC

2.2. Cadre de négociations commerciales 2.2. Cadre de négociations commerciales


 L’OMC est « l’enceinte pour les négociations entre ses Membres  L’OMC est alors l’enceinte pour les négociations entre ses
au sujet de leurs relations commerciales multilatérales », pour Membres au sujet de leurs relations commerciales multilatérales
reprendre les termes de l’Acte final de l’Uruguay Round, dans la concernant des questions visées par les accords figurant dans les
continuité du GATT.
Annexes du l’Accord de Marrakech.

 Le Traité de Marrakech prévoyait ainsi la poursuite des


négociations concernant le commerce international des produits  L’OMC pourra aussi servir d’enceinte pour d’autres négociations
agricoles et des services. Ces négociations permanentes sont entre ses Membres au sujet de leurs relations commerciales
ponctuées du Doha Round, au cours duquel sont lancées des multilatérales, et de cadre pour la mise en œuvre des résultats de
négociations portant sur d’autres sujets. ces négociations.
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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC


167 2. Fonctions de l’OMC 168 2. Fonctions de l’OMC

2.3. Règlement des différends 2.3. Règlement des différends


 Un des résultats les plus importants de l’Uruguay Round est la
création d’une procédure pour régler les différends commerciaux. A
cet effet on a essentiellement amélioré la procédure de régler les
différends déjà existants dans le cadre du GATT avec l’arrangement
justifié et l’abolition du droit de veto pour la partie vaincue.

 L’OMC administre le « Mémorandum d’accord sur le règlement des


différends » qui figure à l’Annexe 2 de l’accord de Marrakech. La
procédure de règlement des litiges commerciaux est indispensable
pour faire respecter les règles et pour assurer un règlement équitable
des conflits commerciaux.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC
169 2. Fonctions de l’OMC 170 2. Fonctions de l’OMC

2.3. Règlement des différends 2.3. Règlement des différends


 Les Membres du groupe sont nommés d’un commun accord entre les parties, sinon
 Les pays soumettent leurs différends à l’OMC lorsqu’ils estiment qu’il par le Directeur général de l’OMC. Les recommandations d’un groupe spécial sont
est porté atteinte aux droits que leur confèrent les Accords. automatiquement adoptées, sauf si tous les Membres de l’OMC qui composent
l’ORD refusent par consensus de les adopter.

 Lorsqu’un conflit commercial naît entre deux pays membres, il y a  Il est possible de faire appel des décisions rendues en première instance par un
d’abord des procédures de consultation et de conciliation qui groupe spécial, mais les décisions rendues en seconde instance par l’Organe
permettent de résoudre la majorité des différends. d’appel sont définitives.

 Avant l’Accord de l’OMC, il fallait un consensus de l’ensemble des pays pour


 Si les consultations échouent, les Membres réunis au sein de l’Organe qu’une décision contre un pays soit adoptée, ce qui n’était évidemment pas très
de Règlement des Différends (ORD) portent le différend devant un efficace. Depuis 1994, la règle a changé : il faut un consensus contre la décision
pour qu’elle ne soit pas adoptée.
"panel", c’est-à-dire un groupe spécial d’experts.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC


171 2. Fonctions de l’OMC 172 2. Fonctions de l’OMC

2.3. Règlement des différends 2.4. Examens des politiques commerciales


 Le processus de Règlement des Différends doit avoir pour effet à long  L’OMC administre le Mécanisme d’examen des politiques commerciales
prévu à l’Annexe 3 de l’accord de Marrakech.
terme de rétablir entièrement le respect des règles de l’OMC.
Toutefois, si un Membre ne met pas en œuvre une décision de l’OMC,
deux mesures temporaires peuvent être prises :  Nous rappelons que les Accords de l’OMC obligent les gouvernements à
• Le Membre contrevenant offre une « compensation » pour le dommage causé assurer la transparence de leurs politiques commerciales en notifiant à
aux intérêts commerciaux de l’autre ; l’OMC les lois en vigueur et les mesures adoptées.
• L’ORD autorise certaines sanctions à titre de rétorsion, ce qui arrive rarement.
 Les divers conseils et comités de l’Organisation veillent à ce que ces
prescriptions soient respectées et à ce que les Accords de l’OMC soient
 La grande majorité des différends portés devant l’OMC ont été réglées convenablement mis en œuvre. Les politiques et pratiques commerciales de
sans heurts. tous les Membres font l’objet d’un examen périodique.

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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC
173 2. Fonctions de l’OMC 174 2. Fonctions de l’OMC

2.4. Examens des politiques commerciales 2.5. Coopération et communication


 L'incidence des différents Membres sur le fonctionnement du  En vue de rendre plus cohérente l’élaboration des politiques
système commercial multilatéral, définie d'après leur part du économiques au niveau mondial, l’OMC coopère avec le Fonds
commerce mondial pendant une période représentative récente, monétaire international et avec la Banque internationale pour la
est le facteur déterminant pour décider de la fréquence des reconstruction et le développement et ses institutions affiliées.
examens (chaque deux ans, ou plus).
 L’OMC entretient également un dialogue régulier avec les
organisations non gouvernementales, les parlementaires, les autres
 Il résulte de cet examen deux rapports établit par le pays organisations internationales, les médias et le grand public sur divers
concerné et un autre par le Secrétariat de l’OMC. aspects de l’Organisation et des négociations de Doha, afin
d’intensifier la coopération et de mieux faire connaître ses activités.
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Section 2. Objectifs et fonctions de l’OMC Section 3. Champs d’action de l’OMC


175 176 1. Le commerce de marchandises

 Ce secteur a été depuis les débuts des négociations commerciales


le principal secteur de libéralisation des échanges, ce qui s'est
traduit par une diminution significative des droits de douanes en
 Du fait de l'augmentation significative de ses fonctions, ce qui concerne l'échange de marchandises. L'OMC ne fait que
reprendre les règles définies dans le cadre des négociations du
l'Organisation Mondiale du Commerce est amenée à intervenir GATT en ce qui concerne le secteur des marchandises.
dans un nombre plus important de domaines d'intervention.

 Néanmoins, l'OMC tient aussi compte d'un certain nombre de


secteurs spécifiques qui échappent aux règles de fonctionnement
du commerce tel que le secteur textile mais surtout les produits
agricoles.

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Section 3. Champs d’action de l’OMC Section 3. Champs d’action de l’OMC
177 2. Le commerce de services 178 2. Le commerce de services

 Le fort développement des échanges internationaux de services  L'OMC à mis sur pied un système de commerce qui n'existait pas
au cours des dernières années traduit au niveau international la dans le cadre du GATT et qui permet un échange plus libre et
tertiarisation croissante d'un certain nombre d'économies qui plus équitable : l'Accord Général sur le Commerce des Services
échangent de plus en plus de services. (AGCS).

 Les échanges internationaux dans ce domaine relèvent  Les pays membres, dans le cadre de cet AGCS doivent s'engager
essentiellement des services aux entreprises qui se concentrent à ouvrir un certain nombre de secteurs des services à la
dans les secteurs de la finance, de l'assurance ou des concurrence internationale en favorisant l'ouverture de ces
télécommunications. marchés.

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Section 3. Champs d’action de l’OMC Section 3. Champs d’action de l’OMC


179 3. La protection de la propriété intellectuelle 180 4. Le règlement de différends commerciaux

 L'avantage compétitif d'un pays se faisant de plus en plus grâce  L'OMC a mis sur pied une procédure unique de règlement des
aux investissements immatériels, il a été nécessaire d'élaborer un différends commerciaux pouvant apparaître entre plusieurs États
ensemble de règles garantissant la protection de la propriété membres qui permet à tout État estimant que ces droits sont bafoués
intellectuelle lorsqu'il y a échanges commerciaux dans les par un autre État de déclencher une procédure auprès de l'OMC afin
domaines des droits d'auteur, des marques...Car la non protection d'obtenir le respect de ces droits.
des droits intellectuels risquerait à terme de freiner les
investissements dans le domaine de la recherche et de
l'innovation.  Cette procédure en plusieurs étapes marque l'émergence d'un véritable
droit international dans le domaine des échanges commerciaux.

 Ce domaine d'intervention de l'OMC est une nouvelle extension  Plus de 150 différends ont été portés à la connaissance de l'OMC
des règles de fonctionnement du commerce international. depuis sa création.

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181

Conclusion :
 En définitive, l'objectif poursuivi par l'OMC vise non seulement à
définir les règles régissant le commerce international mais aussi à les
faire respecter par les Etats membres. Cet objectif s'est traduit par
l'accroissement des domaines d'intervention de cette institution, qui ne
pouvait être mis en œuvre dans le cadre du GATT.

 La recherche d'un développement équitable des échanges et de leur


plus grande libéralisation s'est donc accompagnée de la mise en place
d'une nouvelle Institution Internationale, l'Organisation Mondiale du
Commerce, chargée de gérer un système commercial non
discriminatoire dans lequel chaque Etat membre se voit attribuer des
droits et des devoirs.

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