MPSI 1 Feuille d’exercices 2009-2010
Groupes - anneaux
Exercice 1 :
1. Montrer que l’ensemble des bijections continues de R dans R est un groupe.
2. Les bijections dérivables de R dans R forment-elles un groupe ?
Exercice 2 :
1. Montrer que l’application exp : R −→ R∗ est un morphisme de groupe. Déter-
miner son image et son noyau.
x
2. Montrer que l’application f : R∗ −→ R∗ définie par x 7−→ est un mor-
|x|
phisme de groupes. Déterminer son image et son noyau.
z
3. Mêmes questions avec l’application g : C∗ −→ C∗ définie par z 7−→ .
|z|
Exercice 3 :
1. Soit G un groupe et g un élément de G. Soit ϕg l’application de G dans G
définie par h 7−→ ghg −1. Montrer que ϕg est un morphisme de groupes. Si le
groupe G est commutatif, que vaut ϕg ?
2. Soit Aut(G) l’ensemble des automorphismes de groupes de G. Montrer que
Aut(G) est un groupe pour ◦.
3. Soit ϕ : G → Aut(G) définie par ϕ(g) = ϕg . Montrer que ϕ est un morphisme
de groupes. À quelle condition sur le centre Z(G) de G est-il injectif ?
Exercice 4 : [Homographies]
Soit H = {z ∈ C / Im z > 0}. Pour tous a, b, c, d ∈ R tels que ad − bc = 1, on
considère l’application ϕ = ϕa,b,c,d
ϕa,b,c,d : H −→ H
(
az + b
z 7−→ .
cz + d
Une telle application s’appelle une homographie. On note G l’ensemble des homo-
graphies, i.e.
G = {ϕa,b,c,d / a, b, c, d ∈ R et ad − bc = 1}.
1. Montrer que l’application ϕ est bien définie.
2. Montrer que ϕ est injective.
3. Montrer que ϕ est bijective et donner une expression de sa réciproque.
4. Montrer que G est un groupe pour la composition ◦.
5. Déterminer les similitudes (directes, puis indirectes) du plan complexe dont la
restriction à H est une homographie.
1
6. Montrer que toute homographie est une composée de fonctions de la forme
1
z 7→ − , z 7→ z + t, z 7→ kz
z
où t ∈ R et k > 0.
7. Pour θ ∈ R, on pose rθ = ϕcos θ,− sin θ,sin θ,cos θ . Montrer que l’application ϕ : R →
G donnée par θ 7→ rθ est un morphisme de groupes. Déterminer son noyau.
Exercice 5 : [Théorème de Lagrange]
Soit G un groupe fini et H un sous-groupe de G. Montrer que |H| divise |G|.
(Considérer la relation xRy si et seulement si xy −1 ∈ H.)
Exercice 6 : [Un théorème de Cayley 1 ]
Soit G un groupe fini. Pour tout g ∈ G, on note Lg : G → G l’application h 7→ gh.
Soit L l’application g 7→ Lg . Montrer que L est un morphisme injectif de groupes
de G vers SG . En déduire que tout groupe fini est isomorphe à un sous-groupe d’un
groupe Sn .
Exercice 7 : Soit G un groupe et A une partie finie non vide de G stable par
produit. Montrer que A est un sous-groupe. (Indication : considérer la suite (g n )n
où g ∈ A.)
Exercice 8 : [Groupes d’exposant 2]
Soit G un groupe tel que pour tout g ∈ G, on a g 2 = e. Montrer que G est commu-
tatif.
Exercice 9 : [Un isomorphisme de groupes ]
Soit G le groupe des isométries du plan affine euclidien qui laissent invariant un
triangle équilatéral ∆ (i.e. g ∈ G si g(∆) ⊂ ∆). Montrer que G est isomorphe à S3 .
Exercice 10 : [Groupes divisibles]
Un groupe (G, ∗) est divisible si pour tout g ∈ G et tout n ∈ N∗ , il existe un h ∈ G
tel que hn = g.
1. Le groupe (Q, +) est-il divisible ?
2. Montrer que (Q, +) et (Q∗+ , ·) ne sont pas isomorphes.
Exercice 11 : [Groupe dérivé]
Soit G et H deux groupes et ϕ : G → H un morphisme de groupes.
1. Pour tous a, b ∈ G, on note [a, b] = aba−1 b−1 , appelé commutateur de a et b.
Soit D(G) l’ensemble des produits de commutateurs d’éléments de G. Mon-
trer que D(G) est un sous-groupe de G. Montrer que G est commutatif si et
seulement si D(G) = {eG }.
2. Montrer que Ker ϕ contient D(G) si et seulement si Im ϕ est commutatif.
Exercice 12 : [Caractérisation du logarithme ]
Montrer que les seuls morphismes dérivables de R∗+ dans R sont les x 7→ α ln x.
Exercice 13 : [Morphismes continus ]
Déterminer les morphismes continus R → R∗+ , R∗+ → R et R∗+ → R∗+ .
Exercice 14 : [Exposant d’un groupe fini]
Soit G un groupe.
1. Arthur Cayley (1821-1895), mathématicien britannique.
2
1. Montrer que {n ∈ Z / g n = e} est de la forme kZ avec k ∈ N∗ . Cet entier k
s’appelle l’ordre de g.
2. On suppose G fini. Montrer qu’il existe un entier n ∈ N tel que pour tout
g ∈ G, on a g n = e. Le plus petit entier n > 1 qui vérifie cette propriété
s’appelle l’exposant de G, et on le note ω(G).
Exercice 15 : [Ordre d’une permutation]
1. Soit s ∈ S11 la permutation suivante :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 ) .
s = ( 10 1 9 8 2 7 11 5 3 4 6
Décomposer s en produit de cycles à supports disjoints et trouver le plus petit
n > 1 tel que sn = id. (Cet entier s’appelle l’ordre de s.)
2. Soit s ∈ Sn . Déterminer le plus petit entier n > 1 tel que sn = id en fonction
de la longueur des cycles qui apparaissent dans la décomposition en produit de
cycles à supports disjoints de s.
1 2 3 4 5
Exercice 16 : Soit σ la permutation de S5 suivante : σ = .
1 3 5 4 2
1. Déterminer la décomposition en produit de cycles à supports disjoints de σ
ainsi que sa signature.
2. Soit C(σ) = {s ∈ S5 / s ◦ σ = σ ◦ s}. Montrer que C(σ) est un sous-groupe de
S5 .
3. Montrer que pour tout s ∈ S5 , la permutation s ◦ σ ◦ s−1 est un 3-cyle à
déterminer. En déduire C(σ).
Exercice 17 : [Autres générateurs de Sn ]
1. Soit n > 2 et τi = (i i + 1) ∈ Sn avec 1 6 i 6 n − 1. Montrer que toute
permutation s ∈ Sn s’écrit comme produit des τi .
2. Montrer que tout élément de Sn peut s’écrire comme produit de 1 2 et
1 2 ··· n .
Exercice 18 : Soit n > 2.
1. Déterminer tous les morphismes de groupes ϕ : Sn → Z.
2. Déterminer tous les morphismes de groupes ϕ : Sn → C∗ . (Indication : montrer
que toute transposition est de la forme s ◦ (1 2) ◦ s−1 où s ∈ Sn .)
Exercice 19 : Soit n > 2 et σi = (1 2 · · · i) ∈ Sn . Montrer que toute permutation
s ∈ Sn s’écrit de manière unique s = σ2k2 ◦ σ3k3 · · · ◦ σnkn où kj ∈ [[0, j − 1]].
Exercice 20 : [Petit théorème de Fermat]
1. Montrer que si p est premier, il divise ( kp ) pour tout 1 6 k 6 p − 1.
2. En déduire par récurrence que pour tout x ∈ Z, xp ≡ x mod p. En déduire
que si p ne divise pas x, xp−1 ≡ 1 mod p.
3
Exercice 21 : Soit A un anneau fini intègre et a ∈ A non nul. Montrer que la suite
(ak )k∈N est périodique. En déduire que A est un corps.
Exercice 22 : Soient n, p ∈ N tels que n, p > 2. Montrer que n est premier à p si et
seulement s’il existe k ∈ N∗ tel que nk ≡ 1 mod p. En déduire que si n est impair
et premier à 5, alors il existe un multiple de n qui ne s’écrit qu’avec le chiffre 1 en
base 10.
Exercice 23 : On appelle indicatrice d’Euler la fonction ϕ définie par
ϕ(n) = Card{k ∈ [[1, n]]|k ∧ n = 1}.
1. Déterminer Card(Z/nZ)∗ .
2. Soient A, B deux anneaux. Montrer que les inversibles de l’anneau produit
A × B sont exactement les éléments de A∗ × B ∗ .
3. Montrer que ϕ est multiplicative, i.e. si p ∧ q = 1, alors ϕ(pq) = ϕ(p)ϕ(q).
4. Exprimer ϕ(n) en fonction de la décomposition en facteurs premiers de n.
5. Que dire de aϕ(n) mod n si a ∧ n = 1 ?
6. Montrer que lim ϕ(n) = +∞.
Exercice 24 : Montrer que les algèbres C 0 (R, R) et C 1 (R, R) ne sont pas isomorphes.
(Indication : comparer les carrés.)
Exercice 25 : Soit A un anneau de Boole, i.e. pour tout x ∈ A, x2 = x.
1. Montrer que A est commutatif
2. Montrer que A est intègre si et seulement si Card A = 2.
3. On suppose A fini. Montrer que A est isomorphe en tant qu’anneau à un anneau
de Boole de la forme (P(X), ∆, ∩).
4. On définit une loi externe sur A en posant 0 · x = 0 et 1 · x = x où 0, 1 ∈ Z/2Z.
Montrer que A est une Z/2Z-algèbre.