Protocoles Opératoires de Minéralisation D Biologiques Par Chauffage Micro-Ondes Sous Conditions Hyperbares: Méthodologie Et Résultats Préliminaires
Protocoles Opératoires de Minéralisation D Biologiques Par Chauffage Micro-Ondes Sous Conditions Hyperbares: Méthodologie Et Résultats Préliminaires
SCIENCES DE LA MER
BIOLOGIE MARINE
2000
Olivier MAGAND
Centre de Nouméa
NOTES TECHNIQUES
SCIENCES DE LA MER
BIOLOGIE MARINE
2000
Olivier MAGAND
···· .......
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----
--
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--.-
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Institut de recherche
pour le d veloppement
© IRD, Nouméa, 2000
/Magand, O.
AVANT-PROPOS
RESUME - ABSTRACT
V. Expérimentations 27
V.1. Schéma d'extractions chimiques pour les métaux 27
V.2. Volume de solution d'attaque 29
V.3. Temps d'exposition au four micro-ondes 29
V.4. Acide ou cocktail d'acides 29
VIII. Conclusion 42
II. Expérimentations 50
II.l. Masse d'échantillon 50
II.2. Cocktail d'acides 50
11.3. Temps de digestion au four micro-ondes 50
II.4. Expériences réalisées 51
II.4.1. Bivalves 51
II.4.2. Echinodermes (cas des holothuries) 51
II.4.2. Phanérogames 51
2
CHAPITRE 5 : ANALYSE D'ECHANTILLONS DE CREVETTES D'ELEVAGE 65
III. Résultats 70
111.1. Validité de la méthode 70
II1.1.1. Analyse du matériel certifié 70
III.1.2. Analyse de la crevette Litopenaeus sty/irostris 70
III.2. Distribution et évolution des métaux 73
111.2.1. Introduction et rappels 73
III.2.2. Distribution des métaux dans les crevettes 73
... II1.2.3. Cas particulier des granulés alimentaires 76
111.3. Constats et hypothèses 76
IlIA. Notion de toxicité et contamination 77
111.4.1. Introduction 77
IIIA.2. Rappels sur les notions de toxicité et contamination 78
IIIA.3. Normes et santé humaine 78
IIIAA. Toxicologie et physiologie des crevettes 81
REFERENCES BIBUOGRAPHIQUES 87
ANNEXES 92
...
3
J
4
AVANT -PROPOS
" Don't dirty the water around you: you may have to drink it someday"
Proverbe mexicain
"AII the rivers run into the sea,' yet the sea is not fui/"
La bible, Ecclésiastique 1 : 7
Une fois encore, un grand merci à Mister Benjamin MORETON (est-il vraiment
anglo-saxon ?), pour ses qualités d'homme torche, mais essentiellement pour ses qualités
propres, bien évidemment.
5
RESUME
Ce rapport d'activités s'inscrit dans le cadre d'une action de recherche menée par
le centre IRD de Nouméa, le Centre d'Océanologie de Marseille (COM), et le Laboratoire
de Biologie et Biochimie Marines (université de la Rochelle) sur l'étude de l'accumulation
des métaux dans des organismes marins tropicaux, en vue de la recherche de
bioindicateurs. L'étude entreprise a pour objectif de définir et valider un ou plusieurs
protocole(s) opératoire(s) de digestion totale des échantillons biologiques. La multiplication
des expérimentations effectuées a entraîné la conception d'un ensemble de procédures
techniques simples d'application, rapides et efficaces en terme de minéralisation complète
des échantillons et de rendement optimum d'extraction des métaux liés aux différentes
matrices organiques étudiées. L'emploi de matériaux de référence agréés par la
communauté internationale a permis d'attester de la précision et de la justesse du
protocole nouvellement défini. Les premiers essais réalisés sur certaines espèces
d'organismes végétaux et animaux lagonaires donnent des résultats concluants et
encourageants, et montrent ['adaptation possible de ce protocole sur des matrices
biologiques de texture et composition diverses.
ABSTRACT
The present paper is part of research project carried out by IRD Noumea Center,
the Marseille Oceanology Center and the Marine Biology and Biochemistry Laboratory
(University of La Rochelle). The subject concerns metals accumulation studies in tropical
marine organisms. The final aim is to provide sound extraction techniques to be used in
bioindicators from the South-West lagoon of New-Caledonia. The determination and
validation of total digestion protocols of biological samples is presented. Numerous
experiments were conducted to test the efficiency of different technical procedures used
to reach complete metal extraction prior to ICP-OES detection. The use of referential
materials proved the new protocol to be highly accurate. Application to lagoon organisms
(animal and vegetal) give very consistent and conclusive results, and demonstrate the
protocol to be suitable, simple, quick and cost effective when applied to a large range of
biological samples of different nature and composition.
6
Liste des figures
Figure 1 : Schéma du four micro-ondes de type ANTON-PAAR PERKIN-ELMER.
Figure 2 : Schéma du carroussel (ou rotor) sur lequel les 6 bombes en téflon sont disposées et fixées
par l'intermédiaire d'un système de vis entre les deux plateaux (source: Microwave Sample
Preparation System - Instruction Handbook).
Fi.9.ure 3 : Descrip'tion du ~stème de mesures de la pression et température interne des bombes en
téflon au cours au chauffage par l'intermédiaire d un détecteur infra-rouge (schéma d'une coup'e
transversale du carrousel et d une bombe en téflon). Le schéma montre également le système de
ventilation appliqué sur l'ensemble du jeu de carroussel lors du chauffage (source: Microwave Sample
Preparation System - Instruction Handbook).
Figure 4 - Schéma de la procédure d'extraction des éléments traces dans les matrices d'origine
biologique employé lors des études préliminaires (BREAU, 1999).
Figure 5 : Schéma de la nouvelle procédure d'extraction des éléments traces dans les matrices
d'origine biologique.
Figure 6 : Composants majeurs d'un aEparei/ de mesure ICP-OES (source : Hardware guide of ICP
Emission Spectroscopy - Optima 3000 family PERKIN-ELMER).
Figure 7 : Module de la torche à plasma, constituée du nébuliseur, d'une chambre de vaporisation, et
de la torche en quartz (source: Hardware guide of ICP Emission Spectroscopy - Optima 3000 family
PERKIN-ELMER).
Figure 8: Diagramme schématique du système oRtique de collecte et d'enregistrement de l'ICP-OES
Optima 3300 XL (source : Hardware guide of ICP Emission Spectroscopy - Optima 3000 family
PERKIN-ELMER).
Figure 9 : Carte de localisation des sites d'étude et de récolte dans le lagon sud-ouest de Nouvelle-
Calédonie.
Figure 10: Bassin de dépuration utilisé dans le cadre de cette étude.
Figure 11 : table de dissection et réalisation des mesures biométriques sur les différentes espèces
biologiques étudiées.
Figure 12: Récap'itulatif des expérimentations effectuées sur l'échantillon standard interne GT D65
(Gafrarium tumidum).
Figure 13: RécaEitulatif des expérimentations effectuées sur les échantillons standards internes
HE N27 Visc. & HE N27 Teg. (Holothuria edulis).
Figure 14: Récapitulatif des expérimentations effectuées sur "échantillon standard interne CT D43
(Caulerpa taxifolia).
Fi~re 15 à 17 : Evolution et distribution des concentrations en aluminium, cuivre et fer dans les
différentes parties anatomiques de l'espèce de crevettes Litopenaeus stylirostris.
Fi~re 18 à 20 : Evolution et distribution des concentrations en manganèse, nicklel et zinc dans les
différentes parties anatomiques de l'espèce de crevettes Litopenaeus stylirostris
7
Tableau 4b : Comparaison entre les valeurs (moy ± écart-type) obtenues (n = 3) et les valeurs
certifiées de l'échantillon de référence MA-A-l reconditionne (AIEA - Homogénat de copépodes)
pour l'analyse des métaux, et estimation de la précision et de la justesse de la procédure opératoire
et analytique appliquée (test de réplicabilité et répétabilité).
Tableau 5 :Comparaison entre les valeurs (moy. ± écart-type) obtenues (n=3) et les valeurs certifiées
de l'échantillon de référence DOLT-l (NRCC - foie de cnien de mer) pour l'analyse des métaux, et
estimation de la précision et de la justesse de la procédure opératoire et analytique (test de
réplicabilité et répétabilité).
Tableau 6 : Récapitulatif des organismes, organes ou tissus étudiés et description des mesures
biométriques effectuées.
Tableau 7 : Récapitulatif des valeurs de précisions ('0) de la procédure opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour l'analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (GT D65)
du bivlalve Gafrarium tumldum (grisette). Les précisions sont estimées sur des triplicats
d'échantillons.
Tableau 8 : Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus (lJ.g/g de poids sec ou l'pm) pour
"analyse des métaux dans l'échantillon standard interne (GT D65) du oivlalve Gafrarium tumldum
(grisette) (0 teneurs proches ou en deça des limites de detection et quantification). Les
concentrations sont estimées sur des triplicats d'échantillons.
Tableau 9 : Récapitulatif des valeurs de précisions ('0) des procédures opératoire et analytique
appliquées, obtenues p'our l'analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (HE N27)
de l'echinoderme Holothuria edu/is (holothurie) (0 teneurs proches ou en deça des limites de
détection et quantification). Les précisions sont estimées sur des triplicats d'échantillons.
Tableau 10: Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus (Ilg/g de poids sec ou l'pm) pour
l'analyse des métaux dans les viscères et téguments de l'espèce H%thuria édu/is (0 teneurs
prodies ou en deça des limites de détection et quantification). Les concentrations sont estimées sur
des triplicats d'échantillon.
Tableau 11 : Récapitulatif des valeurs de précisions ('0) des procédures opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour l'analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (CT D43)
de la phanérogame Cau/erpa taxifo/ia. Les précisions sont estimées sur des duplicats d'échantillons,
excepté pour les échantillons sur lesquels le programme de four classique a été appliqué.
Tableau 12 : Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus (IJ.~/g de poids sec ou l'pm) pour
l'analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (CT D43 de la phanérogame Cau/erpa
taxifo/ia. Les concentrations sont estimées sur des duplicats d'éc antillons, excepté pour les
échantillons sur lesquels le programme de four classique a été appliqué.
Tableau 13: Récapitulatif des valeurs de précisions ('0) de la procédure opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour l'analyse des métaux dans différentes parties corporelles de la crevette
«Litop'enaeus sty/irostris» (0 teneurs proches ou en deça des limites de détection et
quantification). Les précisions sont estimées sur des triplicats d'échantillons, exceptés pour les
cuticules de queues de crevettes (n = 4), et les céphalothorax (n = 2).
Tableau 14 : Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus ~~g/g de poids sec) pour
l'analyse des métaux dans différentes parties corporelles de la crevette Litopenaeus sty/irostris'
(0 teneurs proches ou en deçà des limites de détection et quantification). Les précisions sont
estimées sur des triplicats d'échantillons, exceptés pour les cuticules de queues, les granulés (n=4),
et les céphalothorax (n=2).
Tableau 15 : Rép'ertoire de quelques teneurs maximales admissibles pour la consommation humaine
(mg/kg de poids frais &pOids sec*) établies par la SASO, dans les tissus mous (queues décortiquées)
de crevettes (source: SASO, 1971a, 1977b, 1980a, 1980b; dans SADIQ, 1995).
* On considère un rapport poids frais/poids sec de "ordre de 4,5.
Tableau 16: Liste de «]ammes de concentrations (lJ.g/g de ~oids frais) détectées dans différentes
espèces de crustacées a travers le monde (source: CARBONELL et al., 1998).
8
CHAPITRE 1
INTRODUCTION GENERALE
9
--~
Les études géochimiques menées jusqu'à présent au sein du programme ont permis
de mettre en évidence les influences des apports terrigènes et anthropiques (urbaines et
industrielles) au niveau de la zone côtière et urbaine de Nouméa (baie Ste-Marie, Grande
Rade..), et dans l'environnement côtier limitrophe (Baie de Dumbéa, Baie de Boulari...).
L'analyse des métaux lourds dans les matrices sédimentaires (sédiments de surface et
carottes) démontre nettement les perturbations subies par le milieu marin, et les
modifications engendrées sous l'influence de ces multiples apports (BREAU, 1998; CABON
et al., 1998). Par contre, il existe relativement peu de références bibliographiques sur les
actions et le devenir des métaux au sein des différentes communautés biologiques
présents dans le lagon calédonien (CHAVE & BUDDEMEIER, 1977; BINET & BOELY, 1981;
ROONEY et al., 1989; BREAU, 1999), et donc, à fortiori, sur les impacts néfastes ou pas,
de ces éléments potentiellement contaminants au sein des chaînes trophiques et du cycle
de la vie. Les zones côtières, et les écosystèmes estuariens inévitablement liés, par
lesquels transfèrent la majorité des éléments terrigènes et/ou anthropiques, constituent
effectivement de véritables "pièges à polluants" de par leurs caractéristiques
géomorphologiques et leurs propriétés physico-chimiques. La forte productivité et
l'activité biologique intense associées à ces milieux peuvent engendrer un rapide transfert
de ces éléments potentiellement contaminants au sein des chaînes alimentaires non
seulement dans les biocénoses côtières, mais également à plus grande échelle dans l'océan
du large, notamment au moyen des espèces de poissons pélagiques. Or, les organismes
marins vivant dans des environnements à 'risques', et pouvant accumuler des éléments
10
... toxiques en concentrations excessives représentent un véritable danger en terme de santé
publique pour les populations locales, dans la mesure où les environnements côtiers
représentent des zones de ressource nourricière et que beaucoup d'organismes ont un
statut commercial (SKERFVING, 1972;
BEBBINGTON et al., 1977; KFUPM/RI, 1988; SADIQ et al., 1995). La mise en place de
"Biomonitoring", permettant une surveillance et gestion de ces "zones à risques" s'avère de
plus en plus fatalement utile et indispensable, et ce, dans un souci à la fois écologique et
économique (préservation des biocénoses, des ressources nutritionnelles maritimes, santé
publique... ).
Ce rapport débute par un rapide récapitulatif des travaux déjà effectués sur ce
sujet dans cette région du Pacifique, puis présente les multiples expérimentations mises en
oeuvre et de la démarche scientifique suivie pour la mise au point et la validation du
protocole opératoire et de la méthode analytique employés à partir de matériaux de
référence. Une seconde partie présente les résultats obtenus dans le cadre d'une étude
effectuée en relation avec l' IFREMER Nouvelle-Calédonie sur les crevette d'élevage, ainsi
que les travaux réalisés sur les échantillons biologiques provenant d'organismes
potentiellement ou non bioindicateurs, collectés dans le cadre du projet de recherche
ECOTROPE sur la bioaccumulation.
....
Il
12
..
CHAPITRE 2
BIBLIOGRAPHIE ET TRAVAUX
PRELIMINAIRES
..
13
I. INTERETS DU BIOMONITORING NOTION DE BIOINDICATEURS
14
En Nouvelle-Calédonie, un nombre limité d'articles évoquent des études sur les
concentrations en métaux dans des organismes de l'écosystème lagonaire (CHAVE &
BUDDEMEIER, 1977; BINET & BOELY, 1981; ROONEY et al., 1989; BREAU, 1999) et le
projet de recherche mise en œuvre au sein du programme ECOTROPE sur la définition de
bioindicateurs dans le lagon calédonien reste la première étude de ce genre sur le
territoire (thèse BREAU Ludovic, en cours).
• La méthode de chauffage dite "classique" avec bain de sable chaud ou plaque chauffante
(-r'C "" 70 - 120 OC),
• Le four à micro-ondes (-r'C "" 250°C), une technique plus récente et qui semble prendre le
pas vis-à-vis de la technique précédente.
15
ou
Programme USER 006M 1000 W pendant 20 mn
refroidissement des bombes.
Echantillons poissons-papillons
Ce protocole avait été établi sur une base empirique et n' avait pas fait l'objet
d'expériences systématiques préalables permettant de définir avec exactitude le
protocole opératoire à adopter dans le cadre de cette étude. Cette première approche
était destinée à fournir des informations préliminaires sur les potentialités bioindicatrices
de certaines espèces lagonaires. Le présent rapport se propose de définir les conditions
optimum, sur une base rigoureusement méthodologique, du ou des protocole(s) de digestion
totale, par chauffage micro-ondes sous conditions de pression hyperbare, pour chaque
matrice biologique.
16
CHAPITRE 3
. DEVELOPPEMENT METHODOLOGIQUE ET
..
17
I. PRINCIPE & INTERETS DE LA MINERAUSATION PAR MICRO-ONDES
Par rapport à la méthode classique dite "du bain de sable" couramment utilisé dans
les processus de digestion totale des échantillons d'origine sédimentaire ou biologique, la
technologie proposée par le chauffage micro-ondes sous conditions hyperbares offre de
nombreuses possibilités et avantages techniques et expérimentaux.
Concernant la minéralisation des échantillons, cette technique permet le maintien
sous pression des solutions d'attaque, ce qui induit une augmentation de la température
d'ébullition des acides employés, limitant ainsi leur vaporisation et assurant un meilleur
rendement de l'extraction. Par exemple, l'acide nitrique, à pression atmosphérique,
possède une température d'ébullition limitée à 90°C. Le maintien sous pression de ce même
acide permet d'atteindre un point d'ébullition de l'ordre de 190°C; une température qui
accroît le pouvoir oxydant de la solution. Cette méthode permet ainsi une augmentation de
la cinétique de décomposition des différentes matrices biologiques étudiées, une
diminution de la consommation d'acides, et assure également une meilleure propreté et
sécurité au niveau du traitement de l'échantillon (KINGSTON, 1998).
Pour la mise au point d'un protocole de digestion totale par chauffage micro-ondes
sous condition de pression hyperbare, que ce soit sur une matrice sédimentaire ou
biologique, il semble nécessaire de prendre en compte et de faire varier les paramètres
suivants:
18
II.2. Nature et volume des acides et/ou mélanges d'acides:
L'acide nitrique (HN0 3 69i'o), chlorhydrique (HCI 36i'o), ainsi que le péroxyde
d' hydrogène (HzO z) constituent les trois réactifs fréquemment soumis à l'essai pour la
digestion totale de la matière biologique en four micro-ondes sous conditions hyperbare.
De nombreux travaux prouvent l'efficacité de l'acide nitrique concentré (69%) chauffé
pour la déstructuration des tissus organiques (LORING & RANTALA, 1977; COSSA et al.,
1980; KINGSTON & J ASSrE, 1988; USERO et al., 1996). En effet, l'acide nitrique revêt
un fort pouvoir oxydant lorsqu'il est soumis à des températures supérieures à 200°C, en
système clos sous pression. Toutefois, plusieurs auteurs s'accordent pour affirmer que
l'acide nitrique n'est pas suffisamment puissant pour digérer complètement les composés
organiques (GUPTA & CHEN, 1975; TESSIER et a/., 1979), et que l'utilisation
complémentaire de "acide chlorhydrique et du péroxyde d' hydrogène peut s' avérer
relativement efficace dans le processus de minéralisation totale (EAKINS & MORISSON,
1978; EL DAOUSHY, 1991; SERRA, 1991). Lors de la digestion de matériel organique par
l'intermédiaire d'acide nitrique concentré, l'ajout de 5 à lOi'o d'acide chlorhydrique peut
s'avérer utile notamment en tant qu'agent décomplexant de certains métaux (Fe, Sb, Sn,
Ag, Zn) présents sous forme de chlorocomplexes. L'acide perchlorique (HCI0 4 ) peut
également parfois être employé pour la digestion des matrices d'origine biologique.
Toutefois, cet agent oxydant extrêmement fort comporte de nombreux risques et
désavantages lors de son utilisation. Explosif lorsqu'il est mélangé avec des composés
autres que des produits acides, il présente également des risques de contamination
potentielle des échantillons et peut être à l'origine de réactions hasardeuses lors de
fortes montées en température. Il n'a donc pas été testé dans le cadre de cette étude,
d'autant que les matrices d'origine biologique étudiées ne nécessitent pas
fondamentalement l'emploi d'un tel produit. Pour des raisons évidentes de fiabilité et
validité du protocole appliqué, des tests alliant différents mélanges de réactifs à des
proportions variables ont été effectués afin de déterminer l'efficacité des différents
acides et oxydants puissants (préparation de cocktails), ainsi que l'intérêt de leur emploi.
19
de puissance maximale (1000 W) n'est pas toujours accessible selon les programmes
individuels de décomposition créés. En effet, le four micro-ondes et les bombes téflon
utilisés dans le cadre de cette étude autorise une énergie micro-ondes maximale de 30000
Joules pour chaque programme de digestion, et ce, sur toute la durée du dit programme.
L'énergie est définie comme le produit de la puissance micro-ondes dissipée au cours des
différentes étapes du protocole et la durée de ces mêmes étapes. En conséquence,
certains programmes nécessitent une diminution soit de la durée de certaines phases, soit
de la gamme de puissance appliquée sur l'échantillon afin de ne pas dépasser l'énergie
maximale requise. Les premières expériences (§ V.2. Chap. 3) se déroulent notamment avec
une puissance maximale réglée à 950 W. Cette limitation n'entache en rien le rendement
de décomposition de l'échantillon au cours de la manipulation, à partir du moment ou les
autres paramètres (durée d'exposition) du programme sont réglés de façon à compenser la
perte minime de puissance appliquée et obtenir un processus de digestion optimal. Les
expériences ultérieures à la détermination du volume optimal de solution d'attaque
pourront être réalisées avec un réglage de puissance maximale, soit 1000 W.
~--~---~---~----~~--
0000
Do
Cavity Rotor Drive Oponing for Oven Baso Plate Salety Ooor Contact
Boarlng Exhaust AIr
20
..
Rolor Upper Plaie
Lever
80mb Jackel
Deepening
Figure 2 : Schéma du carroussel (ou rotor) sur lequel les 6 bombes en téflon sont disposées et fixées
par l'intermédiaire d'un système de vis entre les deux plateaux (source: Microwave Sample
Preparation System - Instruction Handbook).
Hydraullc System
Rotor Nul
a
Pressure Vessel
:)
IR Oplical System
IR Delecter -----1•• Alr Duc1
...
21
III. PRECAUTIONS A PRENDRE AVEC LE FOUR MICRO-ONDES.
IV.!. Introduction
22
réglementaire, laboratoire..) qui assure adéquatement la qualité et la {iabl/ité des résultats
obtenus et produits par un laboratoire. Cet ensemble de règles qui représente les Bonnes
Pratiques de Laboratoire (IFREMER, 1989) sont présentées ci-dessous.
Dans le cadre d'une analyse, la justesse est calculée à partir des résultats obtenus
sur le matériel de référence, base de la validation des données. Toutefois, il est souvent
considéré qu'il n'existe qu'une seule valeur certifiée pour le matériel de référence, ce qui
n'est pas le cas. Effectivement, les matériaux référentiels ne possèdent pas une valeur
certifiée unique, mais un intervalle de confiance, dans lequel les moyennes de valeurs
observées obtenues doivent s'inscrire afin de valider la méthode analytique appliquée.
• Les erreurs aléatoires (précision du processus analytique) sont évaluées en
effectuant des mesures sur des échantillons répliqués et en déterminant des coefficients
de variation. On distingue:
23
Dans le cadre de ce travail, les différents protocoles mis en place seront testés sur des
triplicats. Il ne semble pas nécessaire de réaliser des tests sur un nombre de réplicats plus
importants.
rv.2.2. Blancs
DORM-l est certifié pour les métaux-traces suivants : arsenic, cadmium, cobalt,
chrome, cuivre, fer, manganèse, mercure, nickel, plomb, selenium et zinc. Lors de leur
utilisation, et en vue d'une fiabilité optimale, il est préconisé d'analyser au minimum 250
mg d' échantillon. Le matériel de référence, préparé par le Laboratoire International de
l'Environnement Marin à l'AlEA, présente un certificat d'analyse pour les éléments
chrome, cobalt, cuivre, arsenic, argent, cadmium, manganèse, fer, zinc, nickel, sélénium,
mercure et plomb.
24
Tableau 1 : Récapitulatif des valeurs certifiées (/1g/g de poids sec ou ppm) et des intervalles de
confiance respectifs de quelques éléments métalliques des matériaux de référence DORM-1 (NRCC)
et MA-A-1 (AlEA), utilisés pour la validation du protocole de minéralisation de la matrice biologique.
DonM-l MA-A-l
(NRCC - muscles de chien de mer) (AlEA - Copépodes)
Element V. C. moy. (ug/g) Interv. Confiance V. C. moy. (uqlq) Interv. Confiance
Cd 0.086 0.074 - 0.098 0.75 0.72 - 0.78
Co 0.049 0.035 - 0.063 0.12 0.11 - 0.13
Cr 3.6 3.20 - 4.00 1.1 0.9 - 1.3
Cu 5.22 4.89 - 5.55 7.63 7.43 - 7.83
Fe 63.6 58.7 - 68.9 60 58 - 62
Mn 1.32 1.06 - 1.58 2.9 2.7 - 3.1
Ni 1.2 0.90 - 1.50 1.9 1.7 - 2.1
Zn 21.3 20.3 - 22.3 158 156 - 160
IV 2.4. Vaisselle
Le matériel utilisé pour le stockage des échantillons et des réactifs pour l'analyse
des éléments-traces sont de nature plastique. Deux types de composites plastiques
peuvent être employés dans le cadre de ces expériences:
25
IV.2.4.2. Procédure de nettoyage.
26
v. EXPERIMENTATIONS.
Les premières expérimentations, appliquées sur les matériaux de référence, sont
destinés à valider le protocole analytique utilisé.
Le protocole originel (figure 4), appliqué par BREAU (1999) préconise une étape
intermédiaire d'évaporation de la solution d'attaque après digestion de l'échantillon au
micro-ondes, puis une reprise du résidu par 5 ml d'acide chlorhydrique 0,5 M. L'échantillon
est ensuite filtré, puis stocké et analysé (annexe 1). L'absence de dommages occasionnés
par l'acide chlorhydrique de faible molarité au niveau du four graphite et de la torche rcp-
OES constitue la raison première de l'utilisation de cette solution HCI O,5M comme
matrice finale, et non l'acide nitrique concentré, produit d'attaque.
Î
Agitation manuelle et Evaporer à 90-95'}'o la
Ajout X ml HN03 68'}'o ou
digestion au four solution d'attaque au
cocktail d'acides
micro-ondes bain-marie 95°C
Figure 4 - Schéma de la procédure d'extraction des éléments traces dans les matrices d'origine
biologique employé lors des études préliminaires (BREAU, 1999).
27
Le temps nécessairement employé pour la phase d'évaporation ralentissant
considérablement la procédure, le protocole a été simplifié en procédant à l'élimination de
l'étape d'évaporation. De même, le procédé de filtration a été modifié. L'ancien protocole
préconise l'emploi de stand de filtration en polysulfone (composite non contaminant) avec
des filtres Millipore (0,45j.U'Tl) de diamètre 47 mm. Ce système impose des transvasements
/
500 mg d'échantillon sec
dans bombes téf Ion
....Ill
+ / '\
/ Séparation phase Liq/sol
par filtration (0,45 microns)
Agitation manuelle et
Ajout X ml HN03 68'10 ou
cocktail d'acides
~ digestion au four r+ (seringues en polyéthylène et
micro-ondes filtres-seringues en ester de
~ ....Ill
cellulose) ~
Figure 5 : Schéma de la nouvelle procédure d'extraction des éléments traces dans les matrices
d'origine biologique.
28
fréquentes qu'à l'accoutumée. Lors de la mise en place de ce nouveau protocole, il a
également été vérifié que les filtres-seringues employés résistaient à l'acide nitrique lO'Yo.
29
sulfurique (BESECKER et al., 1998). Mais ces cocktails d'attaque sont généralement
réservés à la digestion de matériel organique très réfractaire, ou structure polymère, ce
qui n'est pas le cas des matériaux de référence, ni des échantillons traités dans le cadre
de cette étude. KINGSTON (1998) ou WARNAU (com. Pers.) emploient généralement
l'acide nitrique concentré comme solution d'attaque principale, parfois complétée par le
péroxyde d' hydrogène, pour la digestion respective de tissus d' huîtres et d'échinodermes.
Ces travaux constituent la base de notre choix pour l'emploi des deux produits d' attaque
cités précédemment. L'absence d'informations par rapport à nos échantillons, concernant
l'intérêt d'utiliser le péroxyde d'hydrogène en complément de l'acide nitrique nous a
poussé à réaliser des tests sur les matériaux de référence. Ces tests qui reposent sur la
variation des proportions relatives de ces deux composés dans la solution d'attaque, et ce
pour un volume constant (5 ml), permettent de définir l'influence de ces différents
mélanges sur le rendement d'extraction des éléments métalliques. Les résultats des tests
obtenus pour les matériaux de référence ne s'appliquent pas forcément sur les différents
groupes d'échantillons biologiques étudiés qui devront être testés ultérieurement. Il
convient également de noter que des tests blancs sont systématiquement effectués,
notamment avec le péroxyde d'hydrogène, afin de vérifier la pureté du produit utilisé.
30
Transfer Optlc s
",""';-
Radio i'l
. ·· ........ 1.
" l'
Frequency
Ceneralor
,-------=='!IIi
1 Torch PMT
1 ICP çil L-
5pectrometer
--.- '
I------~'I' '-----, 1
,----L-_ _--'---,
Argon Nebullzer ----.. li",lloavo_........ Spray IMlcroprocessor
,~:~---L --I Chamber and Electronlcs
l '
1 1
rn
To Wasle
1
Sample
compUlerl
1 ~H-
1
Figure 6 : Composants majeurs d'un appareil de meSure lCP-OEs (source Hardware guide of lCP
Emission Spectroscopy - Optima 3000 family PERKlN-ELMER).
Quartz
Tarch~
"'-.....~l--_
"".......
...... - -/"
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J~, /"
\'
,,---- ~ ..'~:--.~
'\,=:~:--'=-':)"
__. "_... ~. ·Î~'.:.·,
/' ~
.. >/;
Spray
Chamber-"
/
""
Neb,bm/Eod Cep \
31
Introduction de Il échantillon : L' échantillon est généralement introduit dans le
plasma (source thermique d'ionisation) sous forme liquide par l'intermédiaire d'un
nébuliseur qui transforme la solution en fines gouttelettes au moyen d'un flux d'argon.
...
32
Il permet l'analyse multi-élémentaire instantanée avec une sensibilité de
détections accrue, grâce à la température élevée Uusqu'à 10 OOOOK) et la haute stabilité
du plasma. Les capacités thermiques du plasma permettent l'excitation et l'ionisation de la
majorité des éléments de la table périodique de Mendeleïev, parfois difficilement dissociés
avec les systèmes d'analyse conventionnels. Les interférences chimiques se trouvent
réduites, voire éliminées. Le temps de résidence important (2 ms) de l'échantillon dans la
torche permet également de réduire les effets de matrice et accroît la sensibilité de
l' appare i 1.
Par contre, le système d'analyse multi-élémentaires induit parfois la présence
d'importantes interférences spectrales, qui nécessitent l'application de modèles
mathématiques de déconvolution du signal, appelées MSF (Multicomponent Spectral
Fitting). Ces méthodes permettent d'estimer et corriger les interférences spectrales des
éléments les uns par rapport aux autres.
Avec Ctotale correspond à la concentration totale de l'élément dans la fraction fine (poudre) de
l'échantillon sec (~g/g ou ppm), Crcp la concentration de l'élément dans la solution d'extraction (mg/I
ou ppm), FD le facteur de dilution, V le volume de la solution d'extraction (0,025 , dans notre cas) et
m la masse de l'échantillon.
Les réplicabilités estimées sur les matériaux de référence DORM-l et MA-A-l sont
présentées dans les tableaux 3, 4a et 4b.
Les résultats d'analyse des échantillons de blancs de réactifs (HN0 3 69io et HzO z
30'}'0), analysés comme échantillons classiques, attestent de la pureté des produits
employés dans le mode opératoire. Les données sont répertoriées dans le tableau 2. Les
limites de détection et de quantification déterminées à partir des valeurs d'écart-type
obtenues sur chacun des blancs de réactifs et ce, pour l'ensemble des éléments
métalliques analysés, restent bien en deça des plus faibles valeurs observées pour les
échantillons de référence. Seules les teneurs en cobalt dans les matériaux de référence
sont proches des limites de quantification de l'appareil, d'ou les précisions médiocres
observées pour cet élément.
33
Il convient de préciser que les limites de détection et quantification sont
généralement estimées à partir des blancs d'analyse. lors de la calibration de l'appareil
avec les solutions standards, et non des blancs de réactifs. Or. le tableau 2 décrit les
valeurs obtenues pour des blancs de réactifs, analysés à nCp-OES en tant qu'échantillons,
et confirme la validité et fiablité des résultats obtenus par rapport aux limites de
détection et quantification calculées. Une telle constatation ne fait que confirmer le bon
fonctionnement de la méthode analytique.
NB : Au niveau de "ICP-OES. chaque métal est analysé pour une gamme plus ou moins
importante de longueurs d'onde. Le traitement ultérieur des données obtenues se fait sur
une ou plusieurs longueurs d'onde sélectionnées en fonction de la sensibilité de chacune des
longueurs d'onde. des variations observées (Relative Standard Deviation) au cours de
l·analyse•...Les résultats cités dans ce document font apparaître une longueur d'onde
spécifique pour chaque métal. mais il convient de garder à l'esprit qu'il peut subsister
d'autres longueurs d'onde pour lesquelles les données récoltées sont sensiblement
similaires. Il ne semble pas nécessaire de décrire l'ensemble des longueurs d'onde
analysées pour chacun des métaux étudiés dans le cadre de cette étude.
Tableau 2 : Récapitulatif des résultats obtenus pour l'analyse des éléments métalliques dans des
triplicats de blancs d'acide nitrique concentré et de péroxyde d'hydrogène. utilisés dans la digestion
des échantillons biologiques. Détermination de leur degré d'impuretés.
34
fois sur les résultats obtenus sur les blancs d'analyse et de réactifs, sur la sensibilité de
cette longueur d'onde, et les déviations standards relatifs (triplicats d'un échantillon
donné pour un élément et une longueur d'onde données durant un temps d'intégration
préalablement défini) correspondant lors de l'analyse. Toutefois, les différences
observées entre les différentes longueurs d'onde pour un élément donné restent faibles,
ce qui atteste encore du bon déroulement de la méthode analytique.
Les précisions de la méthode analytique et chimique utilisée dans le cadre de ces
expérimentations, en ce qui concerne l'échantillon DORM-l, sont suffisantes pour
considérer le protocole opératoire comme réplicable et répétable (les expérimentations se
sont déroulées sur plusieurs jours) et ce pour l'ensemble des éléments
35
Tableau 3 : Comparaison entre les valeurs (moy ± écart-type) obtenues (n = 3) et les valeurs
certifiées de l'échantillon de référence DORM-l (NRCC - muscles de chien de mer) pour l'analyse
des métaux, et estimation de la précision et de la justesse de la procédure opératoire et analytique
appliquée (test de réplicabilité et répétabilité). Les valeurs de concentration sont exprimées en ~g/g
de poids sec (ppm); C.V. correspond au coefficient de variation ou précision de la mesure et Val.
Cert. à La valeur certifiée moyenne de l'élément considéré dans l'échantillon. L'intervalle de
confiance correspond aux gammes de valeurs à laquelle la donnée obtenue doit appartenir afin de
valider la méthode. Pour chaque élément métallique analysé, on distingue 3 protocoles différents, une
digestion avec 5ml d'HN0 3 69'Yo, (1), 4ml d'HN0 3 69'Yo et Iml HzO z 30'Yo (2), et 3ml d'HN0 3 69'Yo et
2ml d'HzO z 30'Yo (3).
* Pour l'élément fer, en ce qui concerne les échantillons traités avec 4ml D'HN0 3 69'Yo et lml d'HzO z
30'Yo, les calculs sont basés sur des duplicats, le troisième échantillon étant soumis à des problèmes
de contamination.
36
Tableau 40 : Comparaison entre les valeurs (moy ± écart-type) obtenues (n = 3) et les valeurs
certifiées de l'échantillon de référence MA-A-l brut (AlEA - Homogénat de copépodes) pour
l'analyse des métaux, et estimation de la précision et de la justesse de la procédure opératoire et
analytique appliquée (test de réplicabilité et répétabilité). Les valeurs de concentration sont
exprimées en Ilg/g de poids sec (ppm); C. V. correspond au coefficient de variation ou précision de la
mesure et Val. Cert. à La valeur certifiée moyenne de l'élément considéré dans l'échantillon.
L'intervalle de confiance correspond aux gammes de valeurs à laquelle la donnée obtenue doit
appartenir afin de valider la méthode. Pour chaque élément métallique analysé, on distingue 3
protocoles différents, une digestion avec 5ml d'HN0 3 69%, (la) et (lb) qui correspondent à
"application du même protocole sur des séries d'analyse effetuées à des dates différentes, 4ml
d'HN0 3 6970 et Iml HzO z 30% (2), et 3ml d'HN0 3 6970 et 2ml d'HzO z 30% (3).
'" En raison de problèmes opératoires, l'expérience (la) comprend un seul échantillon.
37
Tableau 4b : Comparaison entre les valeurs (moy ± écart-type) obtenues (n = 3) et les valeurs
certifiées de J'échantillon de référence MA-A-1 reconditionné (AIEA - Homogénat de copépodes)
pour l'analyse des métaux, et estimation de la précision et de la justesse de la procédure opératoire
et analytique appliquée (test de réplicabilité et répétabilité). Les valeurs de concentration sont
exprimées en ~g/ g de poids sec (ppm); C. V. correspond au coefficient de variation ou précision de la
mesure et Val. Cert. à La valeur certifiée moyenne de l'élément considéré dans l'échantillon.
L'intervalle de confiance correspond aux gammes de valeurs à laquelle la donnée obtenue doit
appartenir afin de valider la méthode. Pour chaque élément métallique analysé, on distingue 3
protocoles différents, une digestion avec 5ml d'HN0 3 69':'0, (la) et (lb) qui correspondent à
l'application du même protocole sur des séries d'analyse effetuées à des dates différentes, 4ml
d'HN0 3 69':'0 et 1ml HzO z 30':'0 (2), et 3ml d'HN0 3 69':'0 et 2ml d'HzO z 30':'0 (3).
.. En raison de problèmes opératoires, l'expérience (la) comprend un seul échantillon.
38
VII.2. Justesse ou exactitude de la mesure
Les données de justesse estimées sur les matériaux de référence DORM-1 et MA-
A-1 sont présentées dans les tableaux 3, 4a et 4b.
Les résultats de rendement d'extraction des métaux, observés sur les matériaux
de référence, apparaissent sensiblement différents en fonction de la solution d'attaque
39
appliquée. Comme cité précédemment (§ VI!.l. & VII.2. Chap. 3), les données de précision
et justesse répertoriées avec l'application du mélange acide nitrique concentré (69'Yo) -
péroxyde d' hydrogène (30'Yo), selon la proportion 4/1, sont bien meilleures que celles
observées avec les deux autres cocktails.
Il semble donc, en premier lieu, que l'acide nitrique concentré, utilisé seul ne soit
pas suffisamment puissant pour digérer intégralement l'échantillon. L'addition de
péroxyde d' hydrogène en quantité réduite permettrait une meilleure attaque de la matrice
biologique. Cette constatation est en conformité avec les nombreuses études réalisées
depuis plusieurs décennies (§ II.2. Chap. 3). Par contre, il est constaté une baisse du
rendement d'extraction des métaux lorsque la proportion de péroxyde additionnée
augmente au détriment de l'acide nitrique, soit 3ml d'HN0 3 69'Yo pour 2ml d'HzO z 30'Yo. Un
tel résultat pourrait nous conforter dans l'idée que la quantité d'acide versée, par rapport
au mélange précédent, n'est pas suffisante pour permettre une digestion complète de
l'échantillon, et que le surplus de péroxyde d'hydrogène ne permet pas de pallier ce
manque.
Force est donc de constater que le mélange acide nitrique concentré (69'Yo) -
péroxyde d'hydrogène (30'Yo) selon la proportion 4/1 semble le plus approprié pour la
digestion des matrices biologiques étudiées, soit les matériaux de référence DORM-l et
MA-A-l. Il faut également rappeler que cette remarque est valable pour des conditions
opératoires particulières, correspondant à la digestion de 500mg d'échantillons. Le
cocktail précédemment cité sera donc employé comme solution de digestion pour la suite
des expérimentations ainsi que les analyses de routine.
40
VIlA. Analyses complémentaires
Tableau 5 :Comparaison entre les valeurs (moy. ± écart-type) obtenues (n=3) et les valeurs certifiées
de l'échantillon de référence DOLT-1 (NRCC - foie de chien de mer) pour l'analyse des métaux, et
estimation de la précision et de la justesse de la procédure opératoire et analytique (test de
réplicabilité et répétabilité). Les valeurs de concentration sont exprimées en Ilg/g de poids sec
(ppm); C. V. correspond au coefficient de variation ou précision de la mesure et Val. Cert. à La valeur
certifiée moyenne de l'élément considéré dans l'échantillon. L' intervalle de confiance correspond aux
gammes de valeurs à laquelle la donnée obtenue doit appartenir afin de valider la méthode
(1) et (2) correspondent à l'application du même protocole sur des séries de triplicats effectuées à
des dates différentes. La solution de digestion utilisée, e conformité avec les résultats précédents,
est le mélange composé de 4ml d'HN03 69/0 et 1ml d'HzO z 30/0.
41
DORM-l. Les éléments cuivre, fer, manganèse et zinc présentent des résultats
relativement satisfaisants, largement inférieurs à 10':'0. Le manganèse, en particulier, donne
des données d'exactitudes excellentes sur deux séries de mesures, avec respectivement
0,1 et 0,2':'0. Les valeurs expérimentales moyennes obtenues pour le cuivre et le fer sont
comprises dans les intervalles de confiance, prédéfinis pour ces métaux par le NRCC. Le
zinc, avec des résultats de justesse estimés à 7 et 3,9':'0 sur les deux séries analysées,
montrent des valeurs légèrement inférieures au seuil minimal de l'intervalle de confiance
préconisé pour cet élément. Toutefois, le zinc, au même titre que le cuivre, le fer et le
manganèse attestent de l'exactitude de la mesure et de la faiblesse des erreurs
systématiques imputables aux différentes procédures du protocole. Par contre, les
éléments cobalt, chrome et nickel donnent des résultats trop médiocres pour prétendre à
une analyse juste et correcte de ces éléments. Les valeurs certifiées par le NRCC pour ces
trois éléments sont extrêmement faibles et correspondent, en terme analytique sur l'ICP-
OES (mg/I), à la détection d'éléments dans des teneurs de l'ordre du ppb. Ces valeurs sont
trop proches des limites de détection et quantification de l'appareil d'ou les teneurs
rencontrées et la médiocrité des résultats.
En définitif, l'échantillon DOLT-l permet de montrer la réplicabilité et répétabilité
de la méthode opératoire et analytique, mais ne permet pas à lui seul de prouver
l'exactitude des mesures effectuées.
VIII. CONCLUSION
42
CHAPITRE 4
ECHANTILLONS BIOLOGIQUES
43
A la suite de la validation du protocole opératoire, de nouvelles expériences ont été menées
pour établir un ou plusieurs protocoles adaptés aux différentes matrices biologiques
étudiées dans le cadre de la sélection des espèces bioindicatrices.
Les organismes marins benthiques choisis pour les analyses en vue de l'étude des
processus de bioaccumulation sont sélectionnés à partir d'une base de données
d'inventaires de la biodiversité marine littorale de Nouvelle-Calédonie (RICHER de
fORGES & HOffSCHIR, 2000). Cette étude a été complétée par une phase de prospection
et d'observation in situ. Les organismes, susceptibles de présenter un intérêt potentiel en
tant que bioindicateur de contamination, doivent répondre en principe aux critères suivants
44
1.2. Site d'étude et prélèvements
Passe de
Dumbéa
Océan Pacifique
Figure 9: Carte de localisation des sites d'étude et de récolte dans le lagon sud-ouest de Nouvelle-
Calédonie.
45
L2.2. Méthodes et période de récolte
L2.3. Prélèvements
Dès le retour au laboratoire, excepté les bivalves et les éponges, les espèces
récoltées sont directement sacrifiées par congélation, à -25°C. Elles restent congelées
jusqu'à application des procédures suivantes: dissection (sélection d'un organe particulier
ou prise en compte de l'organisme dans son ensemble), mesures biométriques, lyophilisation
et broyage. Toutes les espèces sont rincées à l'eau de mer du large filtrée (0,45 !lm) afin
de les débarrasser des particules ou épiphytes, avant d'être congelés.
Les bivalves et éponges sont soumis à une procédure de dépuration dont l'objectif
est la purge, au sein des organismes filtreurs, des éléments non digérés ainsi que des
sédiments retenus qui peuvent influer sur les analyses entreprises (BORDIN et al., 1992;
USERO etaI., 1996).
46
forme dissous). Dépourvus de leur épi faune originelle et du matériel particulaire associé,
les organismes sont déposés sur une grille en plastique rigide perforé (chute des particules
et fécès) dans un bac rempli d'eau de mer (site de prélèvement) filtrée, d'une contenance
de l'ordre de 200 - 250 litres (figure 10).
47
I.3.2. Etape de dissection, lyophilisation et broyage
Figure 11 : table de dissection et réalisation des mesures biométriques sur les différentes espèces
biologiques étudiées.
48
Tableau 6 : Récapitulatif des organismes, organes ou tissus étudiés et description des mesures
biométriques effectuées.
Bivalves
Gafrarium tumidum Ensemble des parties Valves Epaisseur, longueur et poids
molles sec des valves
Hyotissa hyotis Ensemble des parties Valves Epaisseur, longueur et poids
molles sec des valves
Isognomon sp. Ensemble des parties Valves Epaisseur, longueur et poids
molles sec des valves
Echinodermes
H%thuria edu/is Ensemble des viscères Tégument et tube Longueur totale en extension
diQestif
Diadema setosum Ensemble des parties Test calcaire
molles
Alcyonoires
Sinu/aria /eptoc/ados Organisme entier
Sarcophyton sp. Organisme entier
Eponges
Spheciospongia Organisme entier
vagabunda
49
II. EXPERIMENTATIONS
50
Programme USER 014M 100 W ~ 1000 W en 5 mn ; puis 1000 W pendant 10 mn
Noté Prog.2 o W pendant 10 mn (refroidissement des bombes)
Programme USER 015M 100 W ~ 1000 W en 5 mn ; puis 1000 W pendant 15 mn
Noté Prog.3 o W Pendant 10 mn (refroidissement des bombes)
Programme USER 016M 100 W ~ 1000 W en 5 mn ; puis 1000 W pendant 20 mn
Noté Prog.4 o W Pendant 10 mn (refroidissement des bombes)
IIA. Expériences réalisées
IIA.1. Bivalves
Les nouvelles expérimentations appliquées sur les espèces de bivalves ont été
réalisées sur un ensemble d'échantillons regroupant les tissus mous d'individus de l'espèce
Gafrarium tumidum prélevé dans la baie de Dumbéa (station D65). Les individus de cette
station ont été rassemblés et homogénéisés en un échantillon unique (<< pool» GT D65),
afin d'obtenir un échantillon standard interne permettant la réalisation des
expérimentations sur une matrice identique de chair molle, par souci de cohérence. La
figure 12 récapitule les différents protocoles opératoires appliquées.
Les tissus mous des autres espèces de bivalves Isognomon sp. et Hyotissa hyotis
ont une texture et une composition sensiblement similaires à ceux de Gafrarium tumidum.
Le protocole finalement retenu à la suite du traitement des résultats obtenus au cours des
nouvelles expérimentations, est donc applicable à l'ensemble des échantillons de chairs
molles de bivalves. Les résultats obtenus ont conduit à abandonner le programme 4 dans les
expérimentations suivantes.
Par analogie avec les individus de «grisettes», les tissus mous (viscères et
muscles), d'une part, et les téguments d'autre part, d'individus de l'espèce Holothuria
edulis prélevée dans la station N27 (sortie de la baie de Ste-Marie) sont rassemblés en
deux groupes d'échantillons distincts (HEN27 Vi sc. ; HEN27 Teg.). La figure 13 présente la
procédure appliquée. Il faut noter, que les masses individuelles d'échantillons de téguments
ne représentent pas un critère limitatif pour la suite des analyses, ce qui n'est pas le cas
des échantillons de tissus mous (§ II.1. ChapA).
IIA.2. Phanérogames
Les masses des échantillons de Caulerpa taxifolia, quelques soient les stations
étudiées, constituent un critère limitatif au niveau analytique. La masse digérée
d'échantillons de la station D43 (baie de Dumbéa), regroupés en un échantillon standard
interne (CT D43), est donc fixée à 200 mg. De plus, pour les expérimentations dont le
protocole est exposé sur la figure 14, seuls des duplicats ont pu être effectués.
L'espèce de phanérogame Caulerpa sertularioides présentant une texture et
composition similaires à la Caulerpa taxifolia, le protocole finalement retenu est donc
applicable à l'ensemble des échantillons de phanérogames.
51
Expérience 10: 200 mg d'échantillon sec
L.. (CT D43) dans bombes téflon
application Prog.1 ...
(1000 W pendant 5mn) ......
......
~
/
Expérience 11 : Ajout 4ml HN03 69'Yo
application Prog.2 L.. et lml HzOz 30'Yo
1""1
(1000 W pendant lOmn) .....
.....
/'
Expérience 12 :
+
Agitation manuelle et
....... digestion au four
application Prog.3
(1000 W pendant l5mn) micro-ondes
...... "- ....4
/'
Experience 13 * : /'
+
application Prog. classique Séparation phase Liq/sol
(1000 W pendant 25mn) par filtration (0,45 microns)
* Cocktail utilisé:
....... ~
"- ......
, Stockage de la solutIon
, ..
contenant les éléments
Transfert dans flacon Récupération du surnageant
traces extraits dans le
nalgène 30 ml dans une fiole jaugée 25 ml
réfrigérateur 2-4°C jusqu'à
analyse
Figure 12: Récapitulatif des expérimentations effectuées sur "échantillon de standard interne GT
D65 (Gafrarium Tumidum).
52
300 mg d'échantillon sec 300 mg d'échantillon sec
(HE N27 Visc) (HE N27 Teg)
dans bombes téflon dans bombes téflon
Expérience 5 : Expérience 8 :
application Prog.1
L..
1"'" r+ application Prog.1
(1000 W pendant5mn) (1000 W pendant5mn)
...oll ...oll
+
Expérience 6 : Agitation manuelle et Expérience 9 :
application Prog.2
.... digestion au four
......
1"'" application Prog.2
(1000 W pendant lOmn) micro-ondes (1000 W pendant lOmn)
-ooOlIIIII ...oll
/
Expérience 7 :
application Prog.3
(1000 W pendant 15mn)
...oll
/
Séparation phase Liq/sol Ellimination du résidu final
par filtration ~ potentiel
(0,45 microns) (matériel réfractaire)
...oll
Figure 13: Récapitulatif des expérimentations effectuées sur les échantillons standards internes
HE N27 Vise. & HE N27 Teg. (Holothuria edulis).
53
/
/
Expérience 10: 200 mg d'échantillon sec
application Prog.1
....... (CT D43) dans bombes téflon
(1000 W pendant 5mn) .......
......
/
+
Expérience11 : Ajout 4ml HN03 69'Yo
application Prog.2 ....... et 1ml H202 30'Yo
(1000 W pendant 10mn) .....Il
......
-,r
Expérience 12 :
application Prog.3
....... ( Agitation manuelle et
digestion au four
(1000 W pendant 15mn) micro-ondes
~ ......
Experience 13 '" :
+
application Prog. classique Séparation phase Liq/sol
(1000 W pendant 25mn) par filtration (0,45 microns)
L.. ....oIIl
1""
* Cocktail utilise:
3ml HN03 69'Yo
+ 1 ml H202 30'Yo
+ 1ml HCI 6'Yo ~ Elimination du résidu final
L..
potentiel ""
(matériel réfractaire)
....oIIl
,.
Stockage de la solution "
contenant les éléments
Transfert dans flacon Récupération du surnageant
traces extraits dans le
nalgène 30 ml dans une fiole jaugée 25 ml
réfrigérateur 2-4°C jusqu'à
analyse
Figure 14: Récapitulatif des expérimentations effectués sur l'échantillons standard interne CT D43
(Caulerpa taxifo/ia).
Dans le cadre de cette étude, neuf métaux lourds sont analysés dans les
échantillons d'origine biologique: l'aluminium (AI), le Calcium (Ca), le Cobalt (Co), le Cuivre
(Cu), le Chrome (Cr), le Fer (Fe), le Manganèse (Mn), le Nickel (Ni), et le Zinc (Zn). Ces
éléments regroupe diverses origines (marine, terrigène ou anthropique), parfois mixtes. Il
est nécessaire de rappeler succinctement quelles sont les différentes de chacun de ces
métaux, dans le lagon sud-ouest de Nouméa. Chacun de ces éléments peut avoir des
54
origines diverses en fonction des zones considérées. Toutefois, il peut s'avérer utile de
rappeler les grandes tendances de distribution de ces éléments dans le lagon sud-ouest de
Nouméa. Toutefois, l'identification des sources principales d'apports en métaux ne permet
pas pour autant d'identifier les voies préférentielles de contamination de la faune et de la
flore marines locales, et de pollution des sites d'étude. La forte teneur d'un élément
donné dans le milieu, en considérant ses concentrations sous forme particulaire et/ou
dissoute, n'est pas obligatoirement corrélée à une forte bioaccumulation ou
bioconcentration, tout dépend de la biodisponibilité de l'élément.
En considérant la nature des sols des bassins versants dans la zone d'étude, le fer,
le nickel, le cobalt, le chrome et le vanadium apparaissent comme un groupe d'éléments
d'origine principalement terrigène. L'altération des massifs péridotitiques et des couches
latéritiques libère des quantités importantes de ces éléments (DEBENAY, 1985) qui sont
transportés sous forme dissoutes et / ou particulaires avant d'être déversés dans le
domaine lagonaire. De nombreuses études estiment que les composés terrigènes sont
principalement transportés sous formes de particules fines et ultrafines, correspondant à
des gels silico-ferrugineux, auxquels sont associés, par adsorption, des oxydes de nickel «
1io), de chrome (lio), de manganèse (> O,3io), vanadium (> O,1io) (TRESCASES, 1975; Lj
NALOVIC et al, 1972). Des travaux récents, par le biais de l'étude des MES et des
sédiments, montrent également ces sources minéralogiques d'apports (MAGAND et al,
1998; MAGAND, 1999). Il convient de noter que ces apports terrigène peuvent être
naturels et "artificiels". Les phénomènes de lessivage et lixivation peuvent effectivement
être accélérés ou favorisés par les activités humaines et en particulier minières de la
région (conséquence indirecte), principalement avec les extractions des minerais d'oxyde
de nickel (latérite ou saprolite), dans les mines à ciel ouvert du territoire (SLN-B.
PELLETIER, 1990; ILTIS J., 1980 & 1986). Certains de ces métaux (fer, nickel et
vanadium), considérés comme des éléments de type nutritif, deviennent alors disponibles
pour la faune et flore locales et peuvent être remobilisés par des mécanismes biologiques
actifs (DEBENAY, 1985; CHESTER, 1990).
55
toute généralisation. Enfin, le calcium apparaît, quant à lui, comme un élément d'origine
strictement marine, sans ambiguités aucunes.
Dans le cadre de cette étude, et compte tenu des sites considérés, le plomb et le
cadmium apparaissent comme deux éléments traces d'origine strictement anthropique. Les
activités industrielles, qui pourraient être responsables du rejet de ces deux métaux, sont
quasi-inexistantes à Nouméa et la zone industrielle environnante, et à fortiori, sur
l'ensemble du territoire. Par contre, plomb et cadmium rentrent dans la composition de
nombreux produits manufacturés destinés à la consommation urbaine, et importés sur le
territoire, notamment sous la forme de produits semi-finis (tuyaux, etc ...), câbles
électriques, alliage ou encore toute autre forme de composés métallurgiques, mais les
quantités présentes à Nouméa restent relativement modeste et sont à mettre en rapport
avec l'échelle réduite de la population. Il faut noter que le plomb est employé en tant
qu'additif pour l'essence, mais la taille réduite du parc automobile calédonien doit
également être prise en compte. Il semble que les apports anthropiques, par voie liquide
(effluent) ou aérienne, de plomb et cadmium dans le domaine lagonaire soient donc faibles.
Les activités métallurgiques, en relation directe avec les potentialités minières de
la région, c'est à dire l'exploitation des minerais de nickel, rejettent par contre des
quantités non négligeables de métaux traces. Ces rejets industriels, sous forme liquide
(circuits d'eau pour le refroidissement des processus industriels) et solide (scories et
poussières atmosphériques), présentent une composition qualitative en éléments traces de
nature sensiblement analogue à celle rencontrée dans les sous-sols exploités. En
conséquence, les apports en nickel, fer, chrome, cobalt et vanadium, et dans une moindre
mesure nickel puisqu'il est extrait industriellement dans le domaine lagonaire ont une
origine double, à la fois terrigène et industrielle (§ III.!. ChapAl.
IV.1.1. Précision
Les valeurs de précision ou coefficients de variation définis pour l'échantillon GT
D65 (tableau 7) sont relativement satisfaisants pour les éléments métalliques analysés (AI,
Ca, Co, Cr, Cu, Fe, Mn, Ni & Zn) et ce, pour la majorité des expérimentations réalisées.
Seule l'expérimentation n03, avec application du programme de digestion n03 (5 mn de
montée de puissance; 15 mn à 1000 W) sur des triplicats traités avec 5ml d'acide nitrique
concentré, montre de mauvaises précisions pour l'aluminium et le chrome (14':10). Mises à
part ces deux valeurs, les coefficients de variation sont généralement inférieurs à 5':10. On
observe également que les différents temps de digestion appliqués avec le four micro-
ondes n'ont aucune influence apparente sur la précision. Ce constat est cohérent avec les
résultats obtenus sur les teneurs dans les échantillons selon les expérimentations (§
IV.1.2. Chap. 4).
Ces résultats attestent de la faiblesse des erreurs aléatoires imputables à
l'ensemble des procédures opératoires appliquées, ainsi que de l'homogénéité de
l'échantillon standard interne GT D65 analysé.
56
Tableau 7 : Récapitulatif des valeurs de précisions ('j'a) de la procédure opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour l'analyse des métaux dans les échantillons (n=3) de standard interne (GT
D65) du bivlalve Gafrarium tumidum (grisette).
(a) et (b) correspondent aux types de digestion appliqués pour un protocole défini:
a -Digestion avec 4ml d'HN0 3 69% + lml d'HzO z 30%; b -Digestion avec 5ml d'HN0 3 69':10.
Prog. 1 (5 mn de plateau à 1000 W), Prog. 2 (10 mn), Prog. 3 (15 mn) & Prog. 4 (20 mn) ; GT
correspond à l'espèce Gafrarium fumidum.
AI Ca Co Cr Cu Fe Mn Ni Zn
396.153 317 228.616 267.716 327.393 238 260.58 231.60 213.85
GT (a) 2,2 0,7 0,7 0,5 0,8 2,3 1,2 0,6 3,8
Prog. 1
GT (b) 6,7 2,9 2,4 2,9 1,3 7,3 6,2 2,7 3,8
Prog. 1
GT (a) 8,8 3,9 3,3 2,7 3,1 4,4 4,3 2,9 3,1
Prog. 2
GT (b) 2,1 0,8 1,7 0,7 1,4 2,6 7,1 1 1,1
Prog. 2
GT (a) 8,3 1,9 2,9 1 4,5 1,4 2 2 1,5
Prog. 3
GT (b) 14,1 0,8 1 14 3,8 2,1 2,1 4,9 5,7
Prog. 3
GT (a) 3,7 7 2 1,8 2 1,5 0,5 1,8 1,1
Prog. 4
GT (b) 2,1 0,5 0,9 7,8 2,1 1,4 0,8 3,3 1,4
Prog.4
NB: Au niveau de nCp-DES, chaque métal est analysé pour une gamme plus ou moins
importante de longueurs d'onde. Le traitement ultérieur des données obtenues se fait sur
une ou plusieurs longueurs d'onde sélectionnées en fonction de la sensibilité de chacune des
longueurs d'onde, des variations observées (Relative Standard Deviation) au cours de
l'analyse,...Les résultats cités dans ce document font apparaître une longueur d'onde
spécifique pour chaque métal, mais il convient de garder à "esprit qu'il peut subsister
d'autres longueurs d'onde pour lesquelles les données récoltées sont sensiblement
similaires. Il ne semble pas nécessaire de décrire l'ensemble des longueurs d'onde
analysées pour chacun des métaux étudiés dans le cadre de cette étude.
Tous les éléments métalliques dosés sur "échantillon standard interne GT D65 sont
détectables et quantifiables par nCp-DES, et ce, malgré la faiblesse de certaines teneurs
observées (mg/I au niveau de ncp-DES) pour le cobalt, le chrome et le cuivre. Les
résultats, pour un élément considéré, apparaissent relativement similaires, quelques soient
la solution d'attaque ou le programme de digestion appliqués (tableau 8). Les rares
différences qui peuvent être observées ne sont pas significatives. Ce constat est en
adéquation avec les observations réalisées lors de la mise en œuvre des expérimentations,
à savoir la digestion complète des échantillons au terme de la programmation n0 1 établie
avec le four micro-ondes (5 mn de montée en puissance; 1000 W pendant 5 mn). li apparaît
O
que le programme n l est suffisant pour arriver à une digestion complète des tissus mous
57
de bivalves et donc une extraction totale des métaux. Les autres programmes de digestion,
dont "action est plus poussée, n'apportent pas d'informations supplémentaires.
Tableau 8 : Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus (Jlg/g de poids sec ou ppm) pour
l'analyse des métaux dans l'échantillon standard interne (GT D65) du bivlalve Gafrarium tumidum
(grisette) (0 teneurs proches ou en deça des limites de détection et quantification). Les
concentrations sont estimées sur des triplicats d'échantillons.
(a) et (b) correspondent aux types de digestion appliqués pour un protocole défini:
a - Digestion avec 4 ml d'HN0 3 69% + 1 ml d'HzO z 30':10; b - Digestion avec 5 ml d'HN0 3 69':10.
Prog. 1 (5 mn de plateau), Prog. 2 (10 mn), Prog. 3 (15 mn) & Prog. 4 (20 mn) ; GT correspond à
l'espèce Gafrarium tumidum.
AI Ca Co Cr Cu Fe Mn Ni Zn
396.153 317 228.616 267.716 327.393 238 260.58 231.60 213.85
GT (a) 42 ± 0,9 2480 5,8 ± 6,6 ± 6,9 ± 1880 28 ± 0,3 34 ± 0,2 62 ± 2,3
Prog. 1 ± 18 0,04 0,06 0,06 ±43
GT (b) 43 ± 3 2514 5,8 ± 0,1 6,5 ± 0,2 6,7 ± 0,1 1852 28 ± 1,7 34 ± 0,9 61 ± 2,3
Prog. 1 ± 74 ± 136
GT (a) 48 ± 4,2 2499 6 ± 0,2 6,8 ±0,2 6,8 ± 0,2 1877 29 ± 1,2 35,3 ± 1 62 ± 1,9
Prog.2 ± 97 ± 82
GT (b) 42 ± 0,9 2441 5,9 ± 0,1 6,7 ± 0,01 6,6 ± 0,01 1850 29 ± 2,1 34 ± 0,3 60 ± 0,6
Proq.2 ± 21 ± 48
GT (a) 48 ± 4 2424 5,7 ± 0,2 6,6 ± 0,1 6,3 ± 0,3 1805 28 ± 0,6 34 ± 0,7 61 ± 0,9
Prog.3 ±47 ± 26
GT (b) 46 ± 6,5 2346 5,6 ± 0,1 7,2 ± 1 6,2 ± 0,2 1766 27 ± 0,6 33 ± 0,6 65 ± 0,7
Prog.3 ± 20 ± 38
GT (a) 41 ± 1,5 2370 5,5 ± 0,1 6,7 ± 0,1 6 ± 0,1 1771 27 ± 0,1 33 ± 0,6 65 ± 0,7
Prog.4 ± 17 ± 26
GT (b) 40 ± 0,8 2347 5,5 ± 0,01 7,4 ± 0,6 6 ± 0,1 1759 27 ± 0,2 33 ± 1,1 65 ± 0,9
Prog.4 ± 12 ± 24
Bien que le programme nO! suffise à la digestion complète des tissus mous, il a été
décidé, par sécurité analytique, d'appliquer le programme n02 pour la minéralisation totale
des échantillons individuels de bivalves. Ce choix garantit avec une certaine sécurité la
digestion complète d'un échantillon de bivalves de masse plus importante ou de composition
légèrement. Etant donné l'absence de différence, en terme de rendement d'extraction des
métaux, entre les deux solutions de digestion utilisées, il est décidé de conserver le
mélange bipartite (4 ml d'acide nitrique concentré 69% + 1 ml de péroxyde d'hydrogène
3070), comme défini préalablement (§ VII.3. Chap. 3). Enfin, force est de constater que la
masse d'échantillons digérée (200 - 300 mg) est suffisante pour donner un signal
analytique détectable à l'ICP-OES. Les analyses futures, effectuées sur des échantillons
de bivalve pouvant être moins « chargés» en métaux permettront de confirmer ce constat.
58
IV.2. Analyse des échantillons standards internes d'holothuries
Tableau 9 : Récapitulatif des valeurs de précisions (io) des procédures opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour "analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (HE N27)
de j'échinoderme H%thuria edu/is (holothurie) (0 teneurs proches ou en deça des limites de
détection et quantification). Les précisions sont estimées Sur des triplicats d'échantillons.
Prog.l (5 mn de plateau), Prog.2 (10 mn), Prog.3 (15 mn) & Prog.4 (20 mn); HE Vise. Correspond à
H%thuria edu/isViscères, et HE Teg. à H%thuria edu/isTéguments.
AI Ca Co Cr Cu Fe Mn Ni Zn
396.153 317 228.616 205.560 224.700 238 260.58 231.60 213.85
HE Vise. 1.8 0.6 2.3 2.7 2.8 1.4 0.6 10.4 6.3
Prog.1
HE Vise. 0.3 0.5 0.7 13 0.5 2.4 1.2 5 1.5
Prog.2
HE Vise. 0.8 1 0.5 0.8 2.8 1.5 1.1 2.6 2
Prog.3
HE Teg. 3.5 1.3 0 14 4.6 1.6 1.5 43 18
Proq.1
HE Teg. 9.8 2 0 6.2 1.2 1.8 1.5 20 4.2
Prog.2
Par analogie avec l'étude des résultats obtenus pour les échantillons de bivalves, les
différents temps de digestion appliqués avec le four micro-ondes n'ont aucune influence
apparente sur la précision.
Outre le problème relatif à l'élément nickel, les résultats observés confirment
d'une part, la faiblesse des erreurs aléatoires, et d'autre part, l'homogénéité des deux
échantillons standards internes HE N27 Vise. et HE N27 Teg.
59
IV.2.2. Evolution des teneurs en métaux
Les teneurs (Ilg/g de poids sec), pour chaque métal considéré individuellement, sont
relativement similaires, quelques soient la solution d'attaque ou le programme de digestion
appliqués. Ce constat est valable pour les deux types d'échantillons standards, viscères et
téguments (tableau 10). Dans les échantillons de viscères, l'aluminium et le calcium sont les
deux seuls éléments pour lesquels on observe une légère élévation des teneurs en fonction
du temps de digestion appliqué au four micro-ondes :
• De 99 à 116 J.l.g/g de poids sec pour "aluminium,
• De 5922 à 6185 J.l.g/g de poids sec pour le calcium.
Les variations faibles ne sont pas observées pour les autres métaux et les
différences observées sont considérées comme peu significatives.
ri faut également noter les faibles teneurs du cobalt « 1 ppm), quantifiables dans
les échantillons de viscères, mais pas dans les téguments. Ce résultat rappelle la nécessité
de l'emploi du four graphite (Spectrophotométrie d'Absorption Atomique) lors des analyses
d'éléments métalliques dont les quantités, trop faibles dans les différents types de
matrice biologique, ne sont pas analysables par rCp-OES.
Tableau 10; Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus (Ilg/g de poids sec ou ppm) pour
l'analyse des métaux dans les viscères et téguments de l'espèce H%thuria édu/is (0 teneurs
proches ou en deça des limites de détection et quantification). Les concentrations sont estimées sur
des triplicats d'échantillon.
Prog.l (5 mn de plateau), Prog.2 (10 mn). Prog.3 (15 mn) & Prog.4 (20 mn) ; HE Vise. Correspond à
H%thuriaedu/isViscères, et HE Teg. à H%thuriaedu/isTéguments.
AI Ca Co Cr Cu Fe Mn Ni Zn
396.153 317 228.61 205.50 224.700 238 260.58 231.60 213.85
HE Vise. 99 ± 1.7 5922 ± 0.76± 3.4 ± 4 ± 0.1 276 ± 3.4 ± 5.8 ± 44 ±
Prog.1 36 0.02 0.09 4 0.02 0.6 2.8
HE Vise. 110 ± 0.3 6071 ± 0.8 ± 3.9 ± 3.8 ± 285 ± 3.5 ± 5.4 ± 44 ±
Prog.2 30 0.01 0.5 0.02 7 0.04 0.3 0.7
HE Vise. 116 ± 0.9 6185 ± 0.77± 3.8 ± 3.9 ± 0.1 286 ± 3.49± 5.3 ± 43 ±
Prog.3 64 0.01 0.03 4 0.04 0.1 0.9
HE Teg. 50 ± 1.7 19239 0 1.5 ± 1.9 ± 0.1 51 ± 2.8 ± 3.9 ± 20±
Prog.1 ± 245 0.2 0.8 0.04 1.6 3.7
HE Teg. 54 ± 5.3 19242 0 1.4 ± 1.7 ± 50± 2.8 ± 3.9 ± 16 ±
Prog.2 ±380 0.09 0.02 0.9 0.04 0.8 0.7
Enfin, les fortes teneurs en calcium (> 19 000 ppm) détectées dans les téguments
rappellent l'omniprésence des spicules calcaires dans le derme des holothuries (CONAND,
1988); une présence calcaire qui ne pose aucun problème (réactions violentes de
l'échantillon, effervescences... ) lors de l'ajout de la solution acidifiée de digestion.
Par analogie avec les processus de minéralisation réalisés sur les échantillons de
bivalves, la programmation n02 a été retenue, pour des raisons similaires (§ rV.1.2. Chap. 4)
pour la minéralisation des échantillons individuels d'holothuries. Le mélange bipartite de la
solution d'attaque est également conservé.
Le protocole général, finalement retenu, pour la digestion totale de échantillons
d'holothuries (viscères et téguments) est récapitulé en annexe 1.
60
IV.3. Analyse des échantillons standards internes de phanérogames
rv.3.1. Précision
Les valeurs de précision (tableau 11) sont très satisfaisantes pour la majorité des
métaux analysés dans les échantillons standards internes de la phanérogame Cau/erpa
taxifo/ia CT D43, et ce, pour les différentes expérimentations. Les coefficients de
variation estimés pour les éléments aluminium, calcium, cobalt, fer et manganèse sont
meilleurs que ceux observés, pour les mêmes métaux, dans les échantillons standards
internes de tissus mous de bivalves, de viscères et téguments d'holothuries. La majorité
des valeurs est inférieure à 1%. Les éléments chrome et cuivre présentent toutefois des
précisions relativement correctes, inférieures à 10':10. Le niveau de l'erreur aléatoire est
également faible pour l'élément nickel avec des valeurs de l'ordre de 0,5, 0,5 et O,6'Yo pour
les duplicats d'échantillons soumis respectivement aux programmations (four micro-ondes)
de digestion nO l, 2 & 3.
Tableau Il : Récapitulatif des valeurs de précisions ('7'0) des procédures opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour l'analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (CT D43)
de la phanérogame Caulerpa taxifolia. Les précisions sont estimées sur des duplicats d'échantillons,
excepté pour les échantillons sur lesquels le programme de four classique a été appliqué.
Prog.l (5 mn de plateau), Prog.2 (10 mn), Prog.3 (15 mn) & Prog. cio. (25 mn); CT correspond à
l'espèce Caulerpa taxifolia.
Ir Cette expérimentation concerne la digestion d'un triplicat d'échantillons avec une solution de
minéralisation tripartite (3ml HN0 3 6970 + 1ml HCI 36'7'0 + 1ml HzOz 30'7'0).
AI Ca Co Cr Cu Fe Mn Ni Zn
396.153 317 228.616 205.560 224.700 238 260.58 231.60 213.85
CT D43 3.4 0.2 0.1 9.4 2.6 1.6 0.4 0.5 22.1
Prog.l
CT D43 0.8 0.2 2.3 2.1 0.5 0.04 0.4 0.5 8.2
Prog.2
CT D43 0.2 0.4 0.7 0.2 5 0.3 0.1 0.6 6.7
Prog.3
CT D43* 0.7 0.9 1 1 5.3 0.4 0.8 24 15
Proq.Cla.
Par contre, la précision estimée, pour ce même élément, sur des triplicats
d'échantillons, minéralisés par une solution de digestion tripartite (HN0 3 + HCI + HzO z) et
soumis à la programmation classiquement utilisée sur les matériaux de référence, est
élevée (24'Yo). Les coefficients de variation sont également forts pour l'élément zinc (de
6,7 à 22'Yo), mais restent dans le domaine de l'acceptable, exceptées les valeurs
supérieures à 1O-15'Yo.
61
rv.3.2. Evolution des teneurs en métaux
Tableau 12: Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus (Jlg/g de poids sec ou ppm) pour
l'analyse des métaux dans les échantillons de standard interne (CT D43) de la phanérogame Cau/erpa
faxifo/ia. Les concentrations sont estimées sur des duplicats d'échantillons, excepté pour les
échantillons sur lesquels le programme de four classique a été appliqué.
Prog.1 (5 mn de plateau), Prog.2 (10 mn). Prog.3 (15 mn) & Prog. cio. (25 mn); CT correspond à
l'espèce Cau/erpa faxifo/ia.
.. Cette expérimentation concerne la digestion d'un triplicat d'échantillons avec une solution de
minéralisation tripartite (3ml HN0 3 6970 + lml HCI 3670 + lml HzOz 3070).
AI Ca Co Cr Cu Fe Mn Ni Zn
396.153 317 228.61 205.56 224.70 238 260.58 231.60 213.85
CT D43 630 ± 21 20404 1.8 ± 11.7 ± 2.2 ± 1201 23 ± 26 ± lO±
Prog.1 ±40 0.001 1.1 0.06 ± 19 0.09 0.1 2.2 1
62
les solutions de digestion et les programmations micro-ondes appliqués. Ces métaux,
potentiellement fixés à ces particules, n'influencent donc en aucun cas les analyses
effectuées.
En conséquence, et par analogie avec les conclusions déduites des expérimentations
effectuées sur les échantillons de Gafrarium tumidum et h%turia edu/is, le mélange
bipartite de digestion est conservé, ainsi que l'application du programme de digestion n02,
pour la suite des analyses sur les espèces de caulerpales.
63
64
CHAPITRE 5
ANALYSE D'ECHANTILLONS
DE CREVETTES D'ELEVAGE
65
I.ELEVAGE DES CREVETTES EN NOUVELLE - CALEDONIE ET
PROBLEMATIQUE D' ETUDE
66
L'exposition d'organismes aquatiques d'élevage à des métaux peut conduire à des
effets néfastes sur ces organismes, dus à leur toxicité, mais peut également, par le
phénomène de bioaccumulation, représenter un danger pour la santé des consommateurs.
Ce travail est une étude préliminaire visant à estimer les teneurs métalliques (AI,
Cd, Co, Cr, Fe, Mn, Ni, Sc, V, Zn) dans deux lots de crevettes. En parallèle, un dosage des
mêmes éléments a été effectué dans les granulés alimentaires distribués aux crevettes en
complément des apports de la productivité naturelle du bassin, ainsi que dans les sédiments
de surface prélevés dans les bassins d'élevage. Les résultats obtenus sur les sédiments de
surface feront l'objet d'un rapport ultérieur.
En fonction des résultats obtenus, un projet d'écotoxicologie pourrait être mis en
place dans le cadre d'une collaboration entre l'IRD et l'IFREMER.
Les aspects sur la santé humaine sont pris en considération. Par contre, les aspects
liés aux effets néfastes sur la physiologie des crevettes ou à leur toxicité ne sont pas
traités dans le cadre de cette étude préliminaire par manque de documentation.
Les crevettes ont été prélevées de manière aléatoire au sein des bassins
d'expérimentation et d'élevage. Lors de l'étude d'une zone définie, il est nécessaire
d'établir la liste des sources de variation (profondeur du site, période de l'année, type de
substrat, salinité, température, etc... ) qui peuvent affecter les organismes prélevés pour
sélectionner des échantillons représentatifs de la zone étudiée (OXLEY W.G., 1997). En
effet, plus le système est complexe, plus le nombre de réplicats d'échantillons récoltés
67
doit être important et dispersé afin d'obtenir un panel d'échantillons le plus représentatif
possible de l'ensemble des variables de la zone (OXLEY W.G., 1997). Dans le cadre de
cette étude, toutes les conditions environnementales sont contrôlées et homogènes sur
l'ensemble des bassins de prélèvements ce qui minimise l'hétérogénéité. Les crevettes
récoltées sont donc bien représentatives de la zone d'étude.
Echantillons du bassin d'élevage (Poids frais moyen des crevettes entières: 35g):
Echantillons du bassin dTFREMER (Poids frais moyen des crevettes entières: 7, 7g) :
68
• Les céphalothorax (exemptes de cuticules).
Pour des raisons analytiques, la masse des céphalothorax est trop faible pour
envisager des analyses individuelles. Ils ont donc été regroupées, broyées et
homogénéisées. Toutefois, Il faut noter que les masses de céphalothorax lyophilisées
restent trop faibles, même après regroupement, et nous limitent à des analyses de
duplicats.
Compléments alimentaires:
• Les granulés nutritionnels (provendier local) distribués dans les bassins d'élevage en
complément des apports de la productivité naturelle du bassin.
69
analyses, validées en parallèle par le dosage des échantillons certifiés, ont été réalisées
par l'ICP-OES (§ VI, Chap.3).
III . RESULTATS
70
teneurs, proches de la limite de quantification de l'appareillage, dans les différents
échantillons expliquent les fortes variations observées. De même que pour les matériaux de
référence, ces résultats attestent de la faiblesse des erreurs aléatoires imputables à
l'ensemble de la procédure opératoire, ainsi que de l'homogénéité des échantillons analysés.
Tableau 13: Récapitulatif des valeurs de précisions ('ro) de la procédure opératoire et analytique
appliquées, obtenues pour l'analyse des métaux dans différentes parties corporelles de la crevette
«Litopenaeus sty/irostris» (0 teneurs proches ou en deçà des limites de détection et
quantification). Les précisions sont estimées sur des triplicats d'échantillons, exceptés pour les
cuticules de queues de crevettes (n =4), et les céphalothorax (n = 2).
(a), (b)... correspondent à des groupes d'échantillons distincts.
,. B.E. est le sigle correspondant aux espèces de crevettes collectées dans les Bassins d'Elevage de la
ferme privée.
AI Co Cr Cu Fe Mn Ni Sc V Zn
Queue de crevettes 7.9 (2) 0 3.1 6.5 2.9 17 0 (2) 1.9
sans cuticules (a)
BE --
Queue de crevettes 2.8 0 0 2 3.1 2.4 2.5 0 0 1.4
sans cuticules (b)
BE --
Queue de crevettes 3.6 0 0 1.6 1.6 2.5 6.1 0 0 2.3
sans cuticules (c)
BE --
Cuticules de queues 3.1 0 (2) 3.7 3 1.5 10 0 0 4.4
de crevettes
1 BE--
Queue de crevettes 2.8 0 0 4.7 2.5 1.6 1.4 (2) 0 2.3
avec cuticules
(Ifremer)
Cephalothorax crev. 3.3 0 0 1.6 1.9 2.4 2.2 0.3 4.7 1.7
Sans cuticules (d)
(Ifremer)
Cephalothorax crev. 0.6 0 0 1.1 0.6 0.9 1.4 0.3 2.3 0.5
Sans cuticules (e)
(Ifremer)
Cuticules de 1.8 (2) 0 1.5 3.6 0.9 0.3 0 (2) 1.1
céphalothorax (f)
(Ifremer)
Cuticules de 2.2 0 0 0.8 3.9 3.9 3.3 0 0 1
céphalothorax (g)
(Ifremer
Granulés alimentaires 0.4 0 0 1.3 4.2 8.6 44 0 0 1.3
71
Tableau 14 : Récapitulatif des résultats (moy. ± écart-type) obtenus ÛJ.g/g de poids sec) pour l'analyse des métaux dans différentes parties corporelles de la
crevette "Litopenaeus stylirostris' (0 teneurs proches ou en deçà des limites de détection et quantification). Les précisions sont estimées sur destriplicats
d'échantillons, exceptés pour les cuticules de queues, les granulés (n::4), et les céphalothorax (n::2).
• * Métaux pour lesquels toutes les longueurs d'onde d'analyse donnent des résultats corrects, similaires et exploitables.
• ** B.E. est le sigle correspondant aux espèces de crevettes collectées dans les Bassins d'Elevage.
Les teneurs (Ilg/g de poids sec ou ppm) apparaissent extrêmement variables d'un
élément métallique à un autre et présentent de grandes fluctuations selon les parties
corporelles considérées. Quelque soit la partie anatomique analysée, les métaux se
répartissent généralement, par ordre croissant d' abondance, comme suit: Ni < Mn < Zn <
Cu < Fe < AI. On distingue également des variations de concentrations au sein d'une partie
anatomique spécifique, en fonction des groupes d'échantillons, pourtant collectés dans la
même zone d'étude (cas des queues, exemptes de cuticules, des crevettes prélevées dans
un bassin d'élevage).
L'évolution des teneurs en métaux dans les différentes parties des organismes
présente toutefois une certaine organisation générale (figure 15 à 20). Par ordre croissant
d'augmentation des teneurs en métaux, se succèdent les queues (exemptes de cuticules) ou
tissus mous, les cuticules de ces mêmes queues, les cuticules de céphalothorax et enfin les
céphalothorax (exemptes de la cuticule ). Les échantillons de queues de crevettes,
pourvues de la carapace, donnent des résultats intermédiaires. Les granulés alimentaires
représentent un cas à part, traité ultérieurement.
73
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76
• L'apport des sédiments
Le rinçage abondant des crevettes, après collecte et avant traitement, ainsi que
l' hétérogénéité de la distribution des métaux en fonction des parties anatomiques
considérées, excluent pratiquement l' hypothèse d'une contamination métallique par la
présence directe de fines particules sédimentaires déposées sur les parois externes des
échantillons. Toutefois, il n'est pas exclu que les sédiments de surface soient une source
potentielle de métaux biodisponibles, par relarguage des éléments (action de la diagénèse
précoce) dans la colonne d'eau. RAINBOW (1995) considère effectivement que les formes
ioniques libres (hydratées) des métaux constituent les formes disponibles sous lesquelles
s'effectue principalement le transfert de ces éléments chez les crustacés. Il existe, bien
évidemment, d'autres voies de transfert. L'analyse des sédiments doit fournir de plus
amples informations quant aux métaux présents dans les bassins, et leur rôle potentiel sur
les populations de crevettes.
IIL4.1. Introduction
Dans le cadre de cette étude, il est apparu nécessaire de comparer les résultats
obtenus au niveau des tissus mous de la queue (partie "consommable") avec des valeurs
limites de concentrations en métaux admises par des organismes de santé publique
extérieures. Les normes considérées dans ce rapport sont issues de travaux effectués
dans la province Est de l'Arabie Saoudite sur les concentrations en métaux de crevettes
locales destinées à la consommation (SADIQ, 1995). Ce sont les seules références que nous
avons à notre disposition actuellement, mais il existe également des normes européennes et
américaines. Les valeurs de concentrations limites admissibles utilisées sont proposées par
la SASO (Saudi Arabian Standards Organization), organisation responsable de
77
l'établissement de normes pour les produits de consommation dérivés des poissons et les
crevettes.
Tous les métaux ne sont pas toxiques pour les organismes vivants, et notamment
pour l' homme, certains apparaissent même essentiels à l'activité métabolique:
• Les métaux "légers" (Na, K, Ca, AL). Ces éléments ne représentent aucun danger pour la
santé humaine, et sont omniprésents dans la majorité des êtres vivants.
• Les métaux de transition (Fe, Cu, Co, Mn..) sont essentiels au métabolisme, mais
potentiellement toxiques à fortes concentrations.
• Les métaux lourds ou métalloïdes (Hg, Pb, Sn, Se, As, Ni...), ne sont pas utilisés en tant
qu'agents métaboliques chez l'homme, et qui plus est, représentent un véritable danger à
de très faibles teneurs.
78
Normes SA 50
Co Cu Fe Mn Ni V Zn
1 20 Considérés non dangereux pour la santé 50
humaine à faible concentration.
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d'échantillons analysés présentent des concentrations en zinc comprises entre 58 et 64
Ilg/g de poids sec. Ces valeurs sont largement inférieures à la norme proposée par la SASO
qui est de 50 Ilg/g de poids frais (225 Ilg/g de poids sec). La SASO rappelle elle-même que
cet élément est essentiel pour la croissance du corps humain, et qu'un manque substantiel
de ce métal est plus néfaste pour la santé humaine qu'une concentration extrêmement
élevée, ce qui n'est pas le cas des échantillons de crevettes Litopenaeus sty/irostris. Les
concentrations observées pour l'élément cuivre apparaissent également inférieures à la
norme envisagée par la SASO, de même que pour les crevettes cultivées dans le Golfe de
Fonseca (Amérique Centrale) ou dans les fermes aquacoles arabes et asiatiques (SADIQ et
al.,1995). Le cuivre apparaît comme un élément essentiel pour le corps humain, facilitant
notamment l'incorporation et l'utilisation de l'élément fer dans la synthèse de
l' hémoglobine.
En ce qui concerne les effets possibles des différents métaux sur la physiologie
des crevettes, nous ne disposons pas de données bibliographiques suffisantes actuellement.
Le premier travail consistera, avec les résultats de cette étude préliminaire, à établir une
comparaison des valeurs obtenues avec celles d'autres études où la toxicité des métaux
aurait éventuellement été testée. Les données obtenues sur les sédiments seront
également nécessaires en complément des résultats décrits dans cette étude. Ces
résultats sont une indication des teneurs en métaux présents dans des crevettes d'élevage
à une période précise de l'année. Il faut donc les considérer avec prudence et éviter
d'extrapoler sur l'ensemble du cycle biologique.
81
CHAPITRE 6
CONCLUSION GENERALE
83
La multiplication des expérimentations et essais effectués dans le cadre du
présent travail a contribué à la conception d'un protocole opératoire général simple,
rapide et efficace pour la minéralisation d'échantillons biologiques (organismes animaux et
végétaux d'origine lagonaire) en vue de mesurer les teneurs en éléments métalliques au sein
de ces matrices. Ce protocole comporte un nombre restreint de procédures opératoires, à
la différence de l'ancienne méthodologie appliquée lors d'une étude préliminaire sur la
bioaccumulation du nickel, chrome et cobalt chez trois espèceslagonaires (BREAU, 1999).
Il convient de rappeler également que l'ancien protocole avait été établi sur des
bases empiriques et n'avait pas fait l'objet d'expériences systématiques. Dans le cadre de
cette étude, la rigueur méthodologique appliquée, notamment par l'emploi de matériaux de
référence, permet d'attester de la précision et de la justesse de l'ensemble des
84
procédures opératoires définies et rend compte de la fiabilité et validité des données
extraites par l'application de ce protocole.
85
86
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91
ANNEXE 1
•
[ Peser environ 500 mg d'échantillons, à l'aide d'une spatule en téflon, dans une bombe en
téflon de type MF (100 ml) préalablement référencée (dates, n°...) J
~
[ Verser progressivement X mil d'acide ou de cocktail d'acides
(PROLABO - qualité NORMA TOM 1) dans la bombe J
~
Laisser reposer l'échantillon le temps de l'émulsion
~
Après agitation manuelle, fermer les bombes avec un bouchon muni d'une valve de
sécurité et les placer dans un cylindre en céramique
~
[
Placer les cylindres en céramique sur un carroussel 6 places du four micro-ondes de
modèle ANTON-PAAR B30MC09A - PERKIN ELMER l
~
[ Appliquer le programme de digestion correspondant à la matrice étudiée
~
Une fois le programme terminé, sortir et déboucher précautionneusement les bombes
[ sous un système de forte ventilation ( !! relarguage de vapeurs acides importantes ,!! ) 1
~
tran""""erla solution d'attaque et le résidu potentiel dans une bombe téflon de type PFA )
(marque CEM - volume 120 ml)
~
Evaporer à 90-95'Y0 la solution d'attaque au bain-marie à 95°C, et reprendre (dissolution)
l'échantillon avec 5 -10 ml HCI 0,5 M (PROLABO - qualité NORMATOM 1)
r'--
Séparer les phases liq/sol avec un stand de filtration (flaconnage en polysulfone -
marque Nalgène) pourvu de filtres Millipore (0,45 microns) de 47mm de diamètre
J
Récupérer le surnageant dans une fiole jaugée 25 ml, compléter avec HCI (PROLABO -
qualité NORA TOM 1) 0,5 M et transférer la solution dans un flacon Nalgène 30 ml
C
Stocker la solution contenant les métaux extraits dans le réfrigérateur à 2 - 4°C
jusqu'à analyse à l'ICP-OES Optima 3300 DV PERKIN ELMER
l
.-/
•
Ancien protocole général utilisé pour les études préliminaires (1999)
[ Peser environ 500 mg d'échantillons, à l'aide d'une spatule en téflon, dans une bombe en
téflon de type MF (100 ml / 35 bars) préalablement référencée (dates, n°...) 1
i
Verser progressivement X ml d'acide ou de cocktail d'acides
(PROLABO - qualité NORMATOM 1) dans la bombe )
i
Laisser reposer l'échantillon le temps de l'émulsion
.
Après agitation manuelle, fermer les bombes avec un bouchon muni d'une valve de
( sécurité et les placer dans un cylindre en céramique
1
1 Appliquer le programme de digestion correspondant à la matrice étudiée 1
i
Une fois le programme terminé, sortir et déboucher précautionneusement les bombes
r sous un système de forte ventilation ( !i relarguage de vapeurs acides importantes !i ) 1
,- "
~ Séparer les phases liq/sol par filtration avec des filtres-seringues (cartouche stérile
jetable - Diam. 25mm) en PVC et des filtres Millipore d'esters de cellulose (0,45 microns)
l
- ~.-
"
Récupérer le surnageant dans une fiole jaugée 25 ml, compléter avec de l'eau
déminéralisée (Barnstead, résistivité 17.7 Mohm.cm-1).
Transférer la solution dans un flacon Nalgène (HDPE) 30 ml
]
[
Stocker la solution contenant les métaux extraits dans le réfrigérateur à 2 - 4°C
jusqu'à analyse à l'ICP-OEs Optima 3300 DV PERKIN ELMER
J
Nouveau protocole général utilisé pour les matrices biologiques (2000)
Peser environ 200-300 mg d'échantillons de bivalves *, à l'aide d'une spatule en téflon,
dans une bombe en téflon de type MF (100 ml / 35 bars) préalablement référencée
•
Verser progressivement 4ml d'acide nitrique concentré 69~o (PROLABO - qualité
NORMATOM 1) + 1ml de péroxyde d'hydrogène 30~o dans la bombe
Après agitation manuelle, fermer les bombes avec un bouchon muni d'une valve de
[ sécurité et les placer dans un cylindre en céramique
,Ir
Placer les cylindres en céramique sur un carroussel 6 places du four micro-ondes de
r modèle A'NTON-PAAR B30MC09A - PERKIN ELMER 1
,Ir
Appliquer le programme de digestion UsER 018M
(100 - 1000 W en 5mn; 1000 W pendant lOmn; lOmn de refroidissement des bombes)
Séparer Iles phases liq/sol par filtration avec des filtres-seringues (cartouche stérile 1
jetable - Diam. 25mm) en PVC et des filtres Millipore d'ester de cellulose (0,45 micronsl)
l ' -.
Récupérer le surnageant dans une fiole jaugée 25 ml, compléter avec de l'eau
déminéralisée (Barnstead, résistivité 17.7 Mohm.cm-1).
Transférer la solution dans un flacon Nalgène (HDPE) 30 ml J
(
Stocker la solution contenant les métaux extraits dans le réfrigérateur à 2 - 4°C
jusqu'à analyse à l'ICP-OEs Optima 3300 DV PERKIN ELMER ou au four graphite
J
Protocole général employé pour les tissus mous de bivalves
Peser environ 200-300 mg d'échantillons d' holothuries (viscères ou téguments) *,
à l'aide d'une spatule en téflon, dans une bombe en téflon de type MF (100 ml / 35 bars)
préalablement référencée
•
Verser progressivement 4ml d'acide nitrique concentré 69/0 (PROLABO - qualité
NORMATOM 1) + Iml de péroxyde d'hydrogène 30% dans la bombe
~
Laisser reposer l' échanti lion le temps de l'émulsion
'F
Après agitation manuelle, fermer les bombes avec un bouchon muni d'une valve de
[ sécurité et les placer dans un cylindre en céramique 1
( Séparer les phases Iiq/sol par filtration avec des filtres-seringues (cartouche stérile î
lletable - Diam. 25mm) en pve et des filtres MjUlipore d'ester de cellulose (0,45 microns~
[ Récupérer l'e surnageant dans une fiole jaugée 25 ml, compléter avec de Il' eau
déminéralisée (Barnstead, résistivité 17.7 Mohm.cm-l).
Transférer la solution dans un flacon Nalgène (HDPE) 30 ml J
l
Stocker la solut,ion contenant les métaux extraits dans le réfrigérateur à 2 - 4°e J
[ jusqu'à analyse à l'Iep-oES Optima 3300 DV PERKIN ELMER ou au four graphite
•
Verser progressivement 4ml d'acide nitrique concentré 69/0 (PROLABO - qualité
NORMATOM 1) + 1ml de péroxyde d'hydrogène 30/0 dans la bombe
Après agitation manuelle, fermer les bombes avec un bouchon muni d'une valve de
( sécurité et les placer dans un cylindre en céramique
"
r Appliquer le programme de digestion USER 018M
1 (100 - 1000 Wen 5mn; 1000 W pendant 10mn; lOmn de refroidissement des bombes) 1
"
Une fois le programme terminé, sortir et déboucher précautionneusement les bombes
[ sous un système de forte ventilation ( !! relarguage de vapeurs acides importantes !! ) J
~
G
Séparer les phases liq/sol par filtration avec des filtres-seringues (cartouche stérde
jetable - Diam. 25mm) en PVC et des filtres Millipore d'ester de cellulose (0,45 microns)
J
[ Récupérer le surnageant dans une fiole jaugée 25 m'l. compléter avec de l'eau
déminéralisée (Barnstead, résistivité 17.7 Mohm.cm-1).
Transférer la solution dans un flacon Nalgène (HDPE) 30 ml
~
J
(
Stocker la solution contenant les métaux extraits dans le réfrigérateur à 2 - 4°C
jusqu'à analyse à l'ICP-OES Optima 3300 DV PERKIN ELMER ou au four graphite
J
Protocole général employé pour les Caulerpales
ANNEXE 2
- bacs de récolte:
• Nettoyer à j'eau de Javel après chaque récolte puis rincer soigneusement.
• Rincer avec de l'eau de mer du site juste avant d'y placer les organismes récoltés.
• Dès l'arrivée au laboratoire, chaque spécimen est débarrassé de son éventuelle épibiose
puis rincé soigneusement dans différents bains d'eau de mer du site, puis d'eau de mer
prélevée hors du lagon (sur la pente externe du récif barrière, à 7 m de profondeur grâce
à une pompe à membrane) et précédemment filtrée à 0,45 J,Jm. Ce rinçage est destiné à
: éliminer les particules sédimentaires adhérentes, principales sources de contamination de
l'échantillon.
• Pendant toute la durée de cette dépuration, l'eau du bac est filtrée en continu (filtre
EHEIM Professionnel), mécaniquement (filtres en ouate et mousse synthétique) et
chimiquement (sur une couche de charbon actif en granules) afin d'empêcher les mollusques
de se nourrir tout en conservant une qualité d'eau acceptable.
• Avant la première utilisation, décontaminer tout le matériel avec une solution d'HCI à 5 'Yo
(VIV), puis rincer avec de l'eau déminéralisée station.
• Entre chaque opération, nettoyer l'aquarium et le matériel avec HCI 5 'Yo puis rincer à "eau
déminéralisée station.
Etape de dissection
• Rincer les pinces de dissection (acier inoxydable recouvert d'une couche de téflon) à l'eau
déminéralisée entre chaque échantillon, puis décontaminer dans une solution à 2'Yo de
détergent (marque Count-Off, NEN), rincer à l'eau déminéralisée (Barnstead, résistivité
17.7 MQ.cm-1) puis sécher à l'étuve (idem pour le büchner).
• Changer fréquemment les lames de scalpel en acier inoxydable lors des dissections.
• Lors du transfert des bombes et des échantillons pour la pesée, ne pas oublier de fermer
les bombes avec les bouchons (valve de sécurité) pour éviter toute contamination
extérieure.
• Rincer abondamment à l'eau déminéralisée (Barnstead, résistivité 17.7 MQ.cm-1) la
spatule en téflon entre chaque groupe d'échantillons différents, et sécher.
•
• Nettoyer la balance (acétone..) après les pesées, afin d'éviter toute source de
contamination potentielle pour de futures pesées, ainsi que les reproches de vos collègues
de travail.
• Refermer hermétiquement et rapidement les sachets contenant la poudre d'échantillons
lyophilisés afin d'éviter toute réhydratation.
Etape de digestion
III Les procédures suivantes s'effectuent toujours sous les hottes III
• Ajouter les acides ou produits oxydants dans les bombes, ml par ml, en cas de réactions
violentes (effervescences) et laisser reposer quelques minutes l'échantillon le temps de
l'émulsion.
• Une fois le programme de digestion terminé au four micro-ondes, attendre que la
température des bombes soient inférieures à 60°C, pour des raisons évidentes de sécurité.
• Une fois revenues à des températures correctes, déboucher précautionneusement les
bombes sous un système de forte ventilation, avec la hotte baissée (relarguage important
de vapeurs acides).
• Avant toute autre manipulation, laisser reposer l'échantillon sous la hotte, afin d'éliminer
la majorité des vapeurs libérées.
Etape de filtration
Rappel: Il vaut mieux rincer en 3 fois qu'en 1 fois avec une quantité plus importante d'eau
déminéralisée; le rinçage des bombes, de la coupelle en téflon et de la seringue est plus
efficace.
• Entre chaque échantillon, rincer abondamment 3 fois la seringue et son embout en téflon
avec de l'eau déminéralisée (Barnstead, résistivité 17.7 MQ.cm-l), ainsi que la coupelle en
téflon dans laquelle les échantillons sont versés avant d'être filtrés.
ANNEXE 3
OPERATOIRES ET APPAREILLAGES
Photo 1
.......
Photo 2
Photo 1 : Découpage des épines d'un individu de l'espèce « Diadema setosum» (échinoderme)
fraichement prélevé, avant sacrifice de l'animal par congélation. Ce prétraitement facilite la
procédure ultérieure de dissection.
Photo 2 : Séparation des viscères et du tégument d'un individu de l'espèce « Holothuria edulis»
(échinoderme) lors de l'étape de dissection.
+
Photo 3
Photo 4
Photo 6
Photo 5: Présentation des bombes en téflon 100 ml de type MF (à droite de la photo) (digestion
des échantillons), et des compartiments en céramique (à gauche de la photo) dans lesquelles sont
logées les bombes lors du passage au four micro-ondes ANTON-PAAR PERKIN-ELMER.
Photo 8 &9
Photo 8 & 9 : Etape de filtration, avec aspiration de la solution (coupelle en téflon) issue du
processus de digestion (à gauche de la photo) à l'aide d'une seringue en polyéthylène, et filtration
« proprement dite» de la solution avec un filtre-seringue (à droite de la photo).
•
Photo 10
•
Centre IRD de Nouméa
B.P. A5 Nouméa Cédex, 98848, Nouvelle-Calédonie
© IRD 2000