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Cours Ier20253

Ce document présente un cours sur l'intégration économique régionale, abordant les obstacles aux échanges, les types d'intégration, ainsi que les effets et finalités de l'intégration. Il traite également des mesures du degré d'intégration en Afrique et des concepts de protectionnisme et de multilatéralisme. Les étudiants apprendront à analyser les dynamiques d'intégration et à évaluer les processus économiques régionaux.

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Eric Kouassi
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Cours Ier20253

Ce document présente un cours sur l'intégration économique régionale, abordant les obstacles aux échanges, les types d'intégration, ainsi que les effets et finalités de l'intégration. Il traite également des mesures du degré d'intégration en Afrique et des concepts de protectionnisme et de multilatéralisme. Les étudiants apprendront à analyser les dynamiques d'intégration et à évaluer les processus économiques régionaux.

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PRÉSENTATION DU COURS...............................................................................................................

1
CHAPITRE 1 DU PROTECTIONNISME AUX ACCORDS D’INTEGRATION REGIONALE.........3
1. Les obstacles aux échanges..............................................................................................................3
2. Du multilatéralisme au régionalisme...............................................................................................5
CHAPITRE 2 NOTION D’INTEGRATION ÉCONOMIQUE REGIONALE.......................................7
1. Définition.........................................................................................................................................8
2. Degrés de l’intégration économique régionale................................................................................8
3. Conceptions théoriques de l’integration économique régionale......................................................9
CHAPITRE 3 EFFETS ET FINALITE DE L’INTEGRATION ÉCONOMIQUE RÉGIONALE........13
1. Régionalisme et multilatéralisme...................................................................................................13
2. Effets statiques...............................................................................................................................14
3. Effets dynamiques de l’intégration................................................................................................17
4. Finalités des processus d’intégration économique régionale.........................................................20
CHAPITRE 4 MESURE DU DEGRÉ D’INTÉGRATION AFRICAINE.............................................21
1. Processus d’integration économique régionale en Afrique...........................................................21
2. Mesure du degré d’intégration africaine........................................................................................24
Références...............................................................................................................................................28
PRÉSENTATION DU COURS
Objectifs du cours
Le principal objectif de ce cours est d’initier les étudiants à la compréhension des différents
aspects de l’intégration économique régionale en partant d’éléments théoriques et d’études de
cas tirées de l’expérience de différentes régions. Il traite des coûts et avantages du processus
d’intégration et des aspects de l’intégration liés à l’économie politique.
À l’issue de ce cours, les participants devraient pouvoir :
 Décrire les obstacles à l’intégration régionale.
 Analyser les différents types d’intégration régionale, ainsi que la dynamique d’un
processus d’intégration.
 Étudier les effets statiques et les effets dynamiques d’un processus d’intégration
régionale.
 Évaluer un processus d’intégration économique régionale.
Méthode pédagogique
Cours magistral
Travaux dirigés
Travaux de groupe
Évaluation
Une évaluation en contrôle continu (40%)
Une évaluation finale (60%)
Une session de rattrapage (100%).
CHAPITRE 1 DU PROTECTIONNISME AUX ACCORDS D’INTEGRATION
REGIONALE
Le protectionnisme est l’ensemble des politiques commerciales visant à empêcher ou limiter
les importations (les exportations et les transits) de biens et de services.
Une politique commerciale désigne toutes les interventions de l'État portant sur le commerce
extérieur du pays, qu'il s'agisse de l'érection de barrières destinées à limiter les importations
(les exportations et les transits) ou encore d'aides apportées aux exportateurs pour pénétrer sur
les marchés étrangers.

1. Les obstacles aux échanges


L’intégration régionale peut être empêché par plusieurs obstacles. On distingue les obstacles
les obstacles institutionnels, géographiques physiques, culturels et historiques.
1.1. Obstacles institutionnels
Les obstacles institutionnels sont causés par l’intervention des appareils d’État. Ils touchent
la circulation des biens et services, la circulation des capitaux et la circulation des personnes.
[Link] à la circulation des biens et services
Les barrières commerciales et douanières à la libre circulation des biens et services sont les
plus évidentes et apparaissent dès la formation des États dans l’Antiquité.
Barrières tarifaires
Les barrières tarifaires sont essentiellement des droits de douane (DD). Les pays prélèvent des
droits de douanes pour :
1) Réaliser des recettes financières (DD financiers).
2) Protéger des groupes de producteurs locaux.
3) Améliorer la balance des paiements.
4) Améliorer la situation du marché de travail.
5) Sanctionner le Reste du Monde.
On distingue les droits de douane sur l’importation (dominant), les droits de douane sur
l’exportation et les droits de douane sur le transit.
Ces prélèvements obligatoires à la frontière des pays peuvent prendre trois formes :
 Les droits de douane spécifiques ou droits de douane ad quantum : ils portent sur les
quantités et correspondent à des prélèvements monétaires sur chaque unité du bien.
 Les droits de douane ad valorem : ils portent sur les valeurs et correspondent à des
prélèvements en pourcentage de la valeur du bien.
 Les quotas tarifaires qui sont des combinaisons de quota et de tarif. Il s’agit
d’appliquer deux taux de droit de douane différents selon que le volume d’importation
est inférieur (Inside Quota Tariff) ou supérieur (Outside Quota Tariff Rate) au quota
annuel.
Restriction quantitatives
Ce sont essentiellement les quotas d’importation . Un quota est une limitation quantitative des
importations imposée par l’État pour certains produits ou catégories de produits. Un quota est
la quantité maximum d’importation autorisée par l’État pour certains produits ou catégories
de produits. Le quota peut être relative ou absolue (une quantité maximum de produits,
indépendamment de la taille du marché intérieur).
Barrières techniques au commerce (technical barriers to trade dont l’acronyme TBT)
Elles sont créées par l’utilisation stratégique de normes techniques à des fins de
protectionnisme commercial. Ces barrières sont très usité dans les négociations de politique
commerciale. Les États peuvent imposer des standards techniques (nécessité d’adopter un
système de mesure local très spécifique, utilisation d’un certain type d’emballage, recette de
fabrication très stricte pour obtenir le label du produit), des normes de protection du
consommateur ou de l’environnement qui favorisent les producteurs nationaux au détriment
de leurs concurrents étrangers. Les lourdeurs administratives des procédures douanières
peuvent constituer une autre forme de barrière technique.
Barrières monétaires
Les États peuvent utiliser la politique monétaire pour ériger des barrières monétaires à des
fins protectionnistes ou pour accroître la compétitivité́ des exportateurs de ce pays. C’est ce
qu’on appelle parfois les « dévaluations compétitives » ou les guerres de devises (« currency
wars »). Ils procèdent à des dévaluations ou à un accroissement de la masse monétaire (par la
planche à billet) qui génère une dépréciation de la devise du pays. La baisse du taux de
change rend les exportations des entreprises localisées dans ce pays relativement plus
compétitives (tant que l’inflation n’a pas rogné les effets de la dépréciation ou de la
dévaluation) sur les marchés mondiaux. Corollairement, sur le marché national, les
importations en provenance du reste du monde deviennent moins compétitives que les biens
produits dans le pays.
[Link] à la circulation des capitaux
On distingue deux flux de capitaux entre deux pays : les investissements directs étrangers
(IDE) et les investissements de portefeuille .
Il y a investissements directs étrangers (IDE) lorsqu’une entreprise investit en dehors de son
pays d’origine afin de contrôler une activité production. L’investissement peut concerner la
création d’une filiale ex nihilo dans un autre pays (aussi appelé Greenfield Investment) ou la
reprise d’une entreprise étrangère déjà̀ existante par voie de fusion ou d’acquisition.
Il y a investissement de portefeuille (portfolio investments) si le but est de maximiser le
rendement d’un portefeuille financier. Contrairement aux IDE qui sont donc motivés par une
logique de production de biens et services, les investissements de portefeuille procèdent d’une
logique financière ce qui les rend plus mobiles et volatiles.
Ces flux de capitaux peuvent être empêché de plusieurs façon :
 Un gouvernement peut imposer un contrôle sur les mouvements de capitaux et sur
les opérations de change, ce qui peut lui permettre de déterminer quels
investissements étrangers il autorise sur son territoire.
 Un autre gouvernement peut également se contenter d’interdire certains secteurs
spécifiques d’activités aux investisseurs étrangers (le plus souvent, il s’agit des
secteurs stratégiques comme l’énergie, les télécoms, les médias, les transports ou le
secteur financier) en établissant ce qu’on appelle des listes négatives (negative lists).
 Ces entraves à la libre circulation des capitaux restreignent la capacité des
entreprises à investir et à opérer sur plusieurs pays, limitant ainsi les phénomènes de
convergence décrits précédemment.
[Link] à la circulation des personnes
Les obstacles à la libre circulation des personnes sont de plusieurs types : l’ouverture à
l’immigration, la reconnaissance des diplômes, de l’expérience professionnelle ou à la
portabilité des avantages professionnels et sociaux et les emplois réservés.
 Le degré de liberté de circulation des personnes peut dépendre du nombre de titres de
séjour disponibles, de la difficulté et des coûts de la procédure d’obtention de visas ou
de titres de séjour. Par ailleurs, les pays peuvent également favoriser un certain type
d’immigration selon les besoins de certains secteurs spécifiques (soins de santé,
informatique).
 Les obstacles administratifs à la reconnaissance des diplômes et de l’expérience
professionnelle ou à la portabilité des avantages professionnels et sociaux (prime à
l’ancienneté, système de classement administratif dans la fonction publique, méthodes
de calcul de la pension qui ne prennent pas en compte les années de travail à
l’étranger).
 Les emplois strictement réservés aux nationaux, notamment dans la défense nationale
et d’autres postes de la fonction publique jugés stratégiques pour la garantie de la
souveraineté́ nationale.
1.2. Obstacles géographiques physiques
Les obstacles géographiques physiques (distance, relief montagneux, zone désertique)
constituent un obstacle à l’intégration car ils augmentent le coût de transport et limitent les
mécanismes de convergence.
Les obstacles physiques ont été réduites grâce au progrès technologique en matière de
transport et de télécommunication.
Au XIXe siècles, les développements des chemins de fer, du bateau à vapeur et du télégraphe
ont fortement contribué à décloisonner les marchés dans le reste du monde.
Au XXe siècle, le transport par container, le jet, l’informatisation des télécommunications
sont autant de progrès réduisant de nombreux obstacles à la libre circulation des biens,
services et facteurs de production.
1.3. Obstacles culturels et historiques
Certaines différences culturelles ou des contentieux historiques majeurs peuvent constituer
d’importantes barrières pour les entreprises ou les individus.
La langue, les différences religieuses ou ethniques constituent évidemment des barrières qui
sont d’autant plus fortes qu’il n’existe pas au sein du pays de destination de communautés
culturellement proches du pays d’origine.
Plusieurs études empiriques montrent que l’existence de communautés immigrées d’une
origine ethnique spécifique dans un pays rend ce dernier plus attractif pour les candidats à
l’émigration du lieu d’origine de ce groupe ethnique. Ces facteurs ne jouent pas seulement
pour les mouvements de main d’œuvre, mais aussi pour les firmes.

2. Du multilatéralisme au régionalisme
2.1. Multilatéralisme
Pour limiter les conséquences du protectionnisme et maintenir la paix, 23 pays ont signé, en
1947, l’« Accord général sur les tarifs et le commerce ». Au fil des négociations, cet accord à
aboutit en 1995 à la création de l’OMC lors des accords de Marrakech.
[Link] du multilatéralisme
Le principal objectif était de la libéralisation des échanges internationaux de marchandises en
réduisant les obstacles tarifaires ou non tarifaires, aux échanges. L’OMC poursuit deux
principaux objectifs, à savoir :
1) Promouvoir et réguler le commerce mondial
2) Favoriser la liberté et l'équité
3) Pour atteindre ces objectifs, elle remplit trois missions principales :
4) Assurer la continuité des négociations multilatérales d’accords commerciaux à venir
dans un champ de compétences plus élargies ;
5) Veiller au respect de l’application des accords passés entre les pays signataires ;
6) Proposer un règlement aux différends commerciaux pouvant subvenir entre les pays
membres à travers à la création de l’Organe de règlement des différends (ORD).
[Link] du multilatéralisme
Les principes qui régissent le multilatéralisme de l’OMC sont :
1) Principe de non-discrimination
 Clause de la nation la plus favorisée : les membres s’engagent, en général, à ne pas
favoriser un partenaire commercial plutôt qu’un autre.
 Traitement national
2) Consolidation des droits de douanes
3) Transparence des politiques commerciales et suppression de toutes barrières autres
que tarifaires en particulier les quotas.
4) Réciprocité des concessions
2.2. Accords commerciaux régionaux
Dans le contexte de l’OMC, les accords commerciaux régionaux (ACR) constituent des
exceptions au système de libre-échange promu par l’OMC (Organisation mondiale du
commerce) selon les principes de liberté commerciale et de non-discrimination entre les
partenaires. En effet, les Membres de l’OMC sont autorisés à conclure des ACR à certaines
conditions énoncées dans les articles ou clauses suivants : l’article XXIV du GATT de 1994,
la clause d’habilitation et l’article VI de l’Accord général sur le commerce des services
(AGCS)
L’article XXIV du GATT de 1994 autorise l’établissement et le fonctionnement des unions
douanières et des zones de libre-échange pour le commerce des marchandises. En effet, si
l’article XXIV du GATT dispose que l’accord n’empêche pas la constitution d’unions
douanières ou de zones de libre-échange, celles-ci dérogent à la clause de la nation la plus
favorisée. Elles apparaissent ainsi comme un système concurrent visant à contourner les
contraintes de l’OMC. La clause d’habilitation qui concerne les arrangement régionaux ou
mondiaux relatifs au commerce des marchandises entre les pays en développement. L’article
VI de l’Accord général sur le commerce des services qui concerne les accords relatifs au
commerce des services
Un ACR est tout accord commercial réciproque entre deux ou plusieurs partenaires
n’appartenant pas nécessairement à la même région. D’une manière générale, les ACR
doivent couvrir l’essentiel des échanges commerciaux (à l’exception de ceux qui relèvent de
la Clause d’habilitation) et favoriser la libéralisation des échanges entre les pays participants
sans opposer d’obstacles au commerce avec le reste du monde.

Au 1 mars 2022, 354 ACR étaient en vigueur. Ils correspondent à 577 notifications
présentées par les Membres de l'OMC (en comptant séparément les marchandises, les
services et les accessions).1

Graphique 1 : Évolution des notifications des ACR en vigueur et inactifs, 1948 – 2022

1
[Link]
Source: WTO, Regional Trade Agreements Information System (RTA-IS)

EXERCICE 1
Quels sont les effets des barrières institutionnelles sur les économies dans le monde ?
Identifiez à partir d’internet les huit. Communauté Économique Régionale (CER) retenu par
l’union africaine dans le projet de ZLECA.
CHAPITRE 2 NOTION D’INTEGRATION ÉCONOMIQUE REGIONALE
L’intégration régionale fait référence à deux réalités distinctes à savoir l’intégration de facto
qui renvoie à la régionalisation des échanges et l’intégration de jure qui correspond au
régionalisme. La différence réside dans le caractère institutionnel ou non de la réalisation des
échanges.
La régionalisation désigne le développement des échanges au sein de la même zone
géographique alors que le régionalisme désigne les processus institutionnels mis en œuvre par
les pouvoirs publics pour favoriser l’intégration économique régionale à travers des accords
de libre-échange par exemple.

1. Définition
L’intégration économique régionale être défini comme une union régionale qui rassemble
plusieurs pays d'une même zone géographique souhaitant constituer un espace économique
autonome dans lequel les obstacles et les disparités se réduisent, voire disparaissent.
Bela Balassa (1961, 1992) : « l’intégration peut être définit soit comme un processus soit
comme un état donné d’un système ».
 En tant que processus l’intégration se matérialise par le retrait progressif des obstacles
aux activités économiques transfrontalières relatives à la circulation de biens et
services, de capitaux et de main d’œuvre.
 En tant qu’état l’intégration se mesure par un certain degré de cohésion social,
politique et économique, se matérialisant par l'absence de discriminations entre unités
économiques appartenant à des nations différentes.
Outre le retait des obstacles, l’intégration économique régionale se caractérise par la mise en
place d’un environnement institutionnel commun ou la coordination des politiques pour
garantir les convergences des économies et un ancrage des politiques économiques.
L’intégration économique régionale porte sur les dimensions (i) commerciale, financière,
monétaire, économique pour assurer les convergences de la croissance. Mais elle s’intéresse
aussi (ii) sectorielle, institutionnelle par les règles et les normes et (iii) politique et culturelle.

2. Degrés de l’intégration économique régionale


B. Balassa (1961) montre qu’il y a cinq degré d’intégration économique selon l’importance de
l’unification des marchés et la nature des accords entre pays de la zone.
 La zone de libre-échange constitue le premier degré de l’intégration économique, elle
correspond à la diminution, voire la suppression des barrières douanières à l’intérieur
d’une région. Ce type d’accord laisse chaque membre libre de sa politique
commerciale envers les pays extérieurs à la zone, préservant ainsi l’autonomie
nationale à l’égard des pays extérieurs à la zone. L’ALENA, zone de libre-échange
entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada créée en 1992 en constitue un exemple.
 L’union douanière est une zone de libre-échange dont les membres décident d’adopter
une politique commerciale unique vis-à-vis du reste du monde, en fixant des
tarifs extérieurs communs. Le Mercosur est organisé sur ce mode depuis sa création en
1991. On trouve des exemples d’unions douanières dès le XIXème siècle, comme le
Zollverein, créé entre les Etats Allemands en 1834.
 Le marché commun constitue une intégration économique plus poussée puis que les
pays membres ajoutent à l’union douanière la libre circulation des facteurs de
production. Cela suppose une harmonisation approfondie des réglementations
nationales. Le marché unique européen entré en vigueur en 1993 constitue bien
exemple de marché commun.
 L’union économique et monétaire qui combine l’union économique et l’union
monétaire. L’union économique peut se définir par l’adoption d’objectifs de politiques
économiques communs, ce qui conduit à une harmonisation progressive des politiques
économiques dans la zone tandis que l’union monétaire implique en outre une
politique monétaire commune matérialisé par l’adoption d’un monnaie commune.
Ainsi, l’Union européenne s’est engagée sur la voie de l’Union économique et
monétaire définie en 1992 par le traité de Maastricht.
 La construction d’une véritable fédération d’Etats constitue le degré ultime de
l’intégration économique, ce que B. Balassa appelle l’intégration totale. A l’union
économique et monétaire s’ajoute la constitution d’un pouvoir politique fédéral avec
l’harmonisation des politiques fiscales et sociales.

3. Conceptions théoriques de l’integration économique régionale


Qu’est-ce qui motive les pays lorsqu’ils forment des accord d’intégration économique
régionale. Plusieurs conceptions émergent opposant l’intégration par le marché (conception
libérale) à l’intégration planifiée par les États (conception volontariste), l’intégration liée aux
règles (conception institutionnelle); l’intégration suscitée par les acteurs en position
asymétrique et liée à des dynamiques territoriales (conception territoriale) et l’intégration
politique.
3.1. Libérale par le marché
On parle de « Régionalisme ouvert ».
La libéralisation par le marché est assimilée à la libéralisation des échanges et des facteurs de
production et s’analyse au regard de l’intégration mondiale. Ainsi, intégrer par le marché,
c’est réduire les distorsions des politiques nationales et déplacer les frontières nationales en se
rapprochant du marché international.
Les effets créés par l’intégration par le marché sont à la fois statiques et dynamiques.
 La théorie statique de Viner (1950) met en évidence les créations et détournement de
trafic.
 La théorie dynamique met en relief la concurrence, les économies d’échelle et les
changements de termes de l’échange.
CONCEPTS DE BASE
Cadre de la concurrence pure et parfait et de l’équilibre, ajustement par le marché
Coordination ex-post des activités par les prix sur un marché élargie
Libéralisation et ouvertures extérieures
Jeu des avantages comparatifs (David Ricardo) : spécialisation
OBJECTIFS
- Bien-être des consommateurs
- Concurrence
- Création de trafic
- Libre circulation des produits et des facteurs de production
- Respect des avantages comparatifs
- Économie d’échelle
MOYENS
- Zone de libre-échange : association de coopération
- Unions douanières : politiques tarifaires
- Union monétaire : vérité du change, marché libre des changes, convertibilité des
monnaies et libre transfert des capitaux
- Cadre institutionnel léger pour faire respecter la concurrence et le jeu du marché
INDICATEURS
- Avantages comparatifs révélés
- Mobilité régionale des facteurs
- Réduction des coûts de production
- Élargissement du marché par hausse du revenu par tête
- Ouverture commerciale
- Création de trafic et détournement
- Économie d’échelle
3.2. Volontariste par le plan
Il s’agit d’un « Régionalisme fermé ».
L’intégration prend la forme d’un processus de déconnexion visant à protéger les économies
de la mondialisation. Elle utilise comme moyens la protection, des politiques d’aménagement
du territoire, la construction d’un système productif plus ou moins déconnecté du système de
prix mondiaux. Le cadre d’analyse est celui de sociétés dépendantes, extraverties et
désarticulées qui ne peuvent construire leur industrie dans le cadre national. L’intégration
régionale volontariste par le plan vise alors à réduire l’extraversion, à accroître les capacités
de coalition, à créer un marché, à compenser les déséquilibres territoriaux. Les principaux
instruments renvoient à l’économie administrée, à la forte protection des industries régionales,
à la mise en œuvre de projets ayant des effets de polarisation.
CONCEPTION
-Vision volontariste d’un plan régionale de développement ex-ante et de programmation
par les États
-Protection vis-à-vis de l’extérieur
-Déconnexion

OBJECTIFS
- Coalition, pouvoir de négociation
- Industrialisation
- Complémentarité entre régions
- Programmation de la production et aménagement des territoires planifiés à long terme
au niveau des États
- Objectifs distributifs et spatiaux

MOYENS
- Institutions et autorités régionales
- Protection de l’espace régional
- Investissements publics
- Infrastructures régionales
- Mécanismes compensateurs et redistributifs forts (péréquation)
- Planification régionale

INDICATEURS
- Unification des politiques économiques et sociales
- Projets conjoints
- Capacité de négociation internationale des instances régionales
- Degré de protection tarifaire et non tarifaire de l’espace régional
- Économie d’échelle pour industries régionales
3.3. Territoriale par les firmes
C’est du « Régionalisme polarisé » de facto
Elle est aussi appelée intégration productive qui résultante de relations d’internalisation au
sein des firmes transnationales ou des réseaux. Elle est assurée par les conglomérats déployant
leurs stratégies dans un espace régional.2
Elle conduit à une division régionale du travail. La coopération sectorielle s’appuie sur des
projets mis en place par des acteurs ayant des intérêts convergents : exploitation de ressources
en commun, lutte contre la désertification ou la protection de l’environnement, régulation
aérienne (ex-ASECNA), observatoire économique régional, corridors ou triangles de
croissance. L’analyse de l’intégration se fait en privilégiant les stratégies d’acteurs dans un
univers de concurrence imparfaite et d’espace non-homogène.
CONCEPTION
-concurrence imparfaite
-Vision d’acteurs pluriels en situation asymétrique
-Coordination non-marchande (réseaux de intra firme)
-Coûts de transaction
-Effets d’agglomération
- Conflits/jeux coopératifs
OBJECTIFS
- Interdépendance des acteurs ; externalités positives
- Coopération fonctionnelle
- Maîtrise des variables jouant à l’échelle régionale
- Réduction des coûts de transaction
- Compensation des asymétries

MOYENS
- Politiques incitatives vis-à-vis des acteurs à vocation régionale
- Appui de pôles régionaux
- Favoriser des apprentissages
- Conventions et accords limitant les incertitudes des acteurs
- Actions régionales ad hoc
- Mécanismes compensateurs

INDICATEURS
2
Un conglomérat est un groupe constitué d’entreprises aux activités très
différentes, ce qui permet de diversifier les risques : les pertes de
certaines activités pourront être compensées par les profits d'autres
activités
- Importance des relations économiques marchandes et non-marchandes transfrontières
- Horizon spatial des acteurs
- Degré de maîtrise de l’information au niveau régional
- Coordination des actions au niveau régional
- Échanges officiels et non-officiels
- Importance des réseaux et des relations de proximité
- Effets d’agglomération
3.4. Institutionnaliste par les règles
Il correspond au « Régionalisme normatif » de jure
L’intégration est la mise en place d’un système commun de règles de la part des pouvoirs
publics en relation avec les acteurs privés. Les institutions sont des systèmes d’attente
permettant la convergence des anticipations des agents. Elles stabilisent et sécurisent
l’environnement, permettant la crédibilité. L’intégration par les règles concerne ainsi, dans
l’UEMOA, l’harmonisation des fiscalités, un droit social régional, un droit des affaires, des
lois uniques d’assurance. Les conséquences attendues des accords régionaux sont l’ancrage
des politiques favorisant leur prévisibilité et l’attractivité des capitaux et de technologie.
L’ancrage des politiques économiques réduit les risques de réversibilité. La crédibilité est liée
à la dilution des préférences, en séparant les instances de contrôle et de pouvoir judiciaire des
lobbies nationaux, et à la création institutionnelle (de Melo, 1993).
Les accords de libre-échange n’ont toutefois pas nécessairement des effets d’attractivité des
capitaux. D’une part, ces effets se diluent avec le nombre d’accords, d’autre part, ils sont
souvent contrecarrés par les conséquences négatives de la libéralisation commerciale et des
changes. Ainsi, les zones attractives d’Afrique subsaharienne (l’Afrique australe) ou d’Asie
de l’Est (la Chine) ont-elles maintenu des contrôles de change et des mesures protectionnistes.
CONCEPTION
-Environnement institutionnel réducteur d’incertitude
-Ancrage des politiques
- Signal

OBJECTIFS
- Création institutionnelle
- Crédibilité des politiques économiques
- Ancrage monnaie
- Banque régionale
- Coordination ou unification des politiques économiques

MOYENS
- Accords Nord-Sud
- Accords d’intégration régionale
- Mécanismes stabilisateurs régionaux
- Innovation institutionnelle
- Transfert de crédibilité
INDICATEURS
- Unification du droit et des règles
- Convergence des politiques économiques
- Production de normes et de règles
- Attractivité des capitaux
- Horizon longtermiste des opérateurs

3.5. Diplomatique par les transferts de souveraineté


C’est du « Régionalisme fédérateur »
L’intégration régionale se traduit par des transferts de souveraineté et par des objectifs de
prévention des conflits. Les convergences d’intérêts économiques sont une manière de
dépasser les rivalités et antagonismes politiques. Les transferts de souveraineté et la
production de biens publics à des niveaux régionaux sont une réponse au débordement des
États dans un contexte de mondialisation (exemple création d’une monnaie régionale). Les
processus de désintégration régionale renvoient à des facteurs socio-politiques de
désintégration nationale et de décomposition des États, à des crises économiques et
financières donnant la priorité aux objectifs nationaux ou à des environnements internationaux
conduisant à des ouvertures à l’égard de tous et à des politiques se faisant aux dépens des
accords régionaux.
CONCEPTION
- Transfert de souveraineté
-Union politique
OBJECTIFS
- Confédération ou fédération des États
- Prévention des conflits, sécurité
- Dilution des préférences
- Échanges et projets joints moyens de dépasser rivalités politiques
- Production de biens publics régionaux
- Pouvoirs de négociation

MOYENS
- Accords de stabilisation monétaire
- Union monétaire
- Unification des politiques sectorielles et des politiques macro-économiques
- Instances de prévention des conflits
- Forces d’intervention régionales

INDICATEURS
- Degré de transfert de souveraineté
- Action des pays hégémoniques
- Poids des lobbies
- Production de biens publics régionaux
CHAPITRE 3 EFFETS ET FINALITE DE L’INTEGRATION ÉCONOMIQUE
RÉGIONALE

1. Régionalisme et multilatéralisme
Dans un monde de concurrence pure et parfaite, sans économies d’échelle, le libre-échange
intégral entre tous les pays est la solution optimale, au regard de l’utilisation des facteurs de
production. Dans la mesure où elle maintien des droits de douane vis-à-vis de certains pays
hors de l’union, l’union douanière est sous-optimale par rapport au libre-échange.
Ce fait a suscité un débat entre chercheurs et acteurs qui eut se résumé en deux questions :
 L’union douanière est meilleure ou pire que la situation avec droits de douane
semblables à l’égard de tous les pays du monde ?
 L’intensification du processus de régionalisation des échanges observée entre les
années 1980 et le début du XXIème siècle correspond à un mouvement vers le libre-
échange mondial ou à une tendance au repli sur soi a reçu des réponses diverses.
L’intégration exerce des effets complexes sur les économies des pays membres et des pays
tiers, effets qui peuvent être étudiés en statique ou en dynamique.

2. Effets statiques
L’analyse de référence due à Viner [1950] s’appuie sur le cas de l’union douanière pour tenter
de répondre à la première question. Pour illustrer supposons un monde composé de trois pays,
A, H et Q. Les pays H et Q sont des grands pays qui produisent et commercialisent un produit
homogène. Pour simplifier, on supposera que le pays A est un petit pays qui produit
partiellement le bien considéré. Sa production est donc largement inférieure à la demande de
ses consommateurs, ainsi le déficit de consommation est compensé par sa demande
d’importation adressé aux pays H et Q.
Le prix du bien homogène dans ces deux pays sont respectivement P H et PQ de sorte que
P H > P Q autrement le pays Q est plus compétitif que le pays H. Pour protéger ses producteurs
le pays A fixe un droit de douane NPF sur les importations des pays H et Q. Le prix du bien
homogène en provenance des pays H et Q deviennent P H (1+ t)et PQ (1+t ) de sorte que
P H (1+ t)> PQ (1+t ). Si le pays A n’a pas d’union douanière avec les deux pays toutes ses
importations proviendront en priorité du pays Q qui est toujours le plus compétitif, la quantité
importé étant de M 1=D1−S1.
2.1. Effet sur le commerce
Il s’agit d’analyser l’effet de l’union douanière le les volumes de commerce entre le pays A et
ses partenaires.
2.1.1. Effet de création de commerce
Supposons que le pays A et le pays Q adoptent une union douanière. Les importations en
provenance du pays Q n’étant plus soumises au droits de douane t, le prix du bien homogène
dans l’union baisse de PQ (1+t ) à PQ. À ce prix, le pays A importera du pays Q la quantité
M 2=D2−S 2 supérieur à la quantité M 1=D1−S1 importé en situation de protection.
Le passage du protection indifférenciée à l’adoption de union douanière entre pays A et le
pays Q, fait apparaitre un courant commercial supplémentaire, qui n’existait pas auparavant
(ni avec pays Q, ni avec le pays H), entre les deux pays. On parle d’effet de création
d’échanges car la formation de l’union est bénéfique, en termes de commerce.
Les échanges sont créés lorsque la réduction des barrières commerciales permet aux pays de mieux
faire valoir leurs avantages comparatifs respectifs. En concentrant leurs facteurs de production là où ils
ont un avantage comparatif et en commerçant entre eux, les pays génèrent des résultats économiques
plus efficaces grâce à une meilleure allocation des ressources et des facteurs de production.

Figure 1 : Union douanière entre pays A et pays Q : création d’échanges

Pc (1+t)

Pb (1+t )

Pc
d c
Pb a b

S2 S1 D1 D2
D

2.1.2. Effet de détournement de commerce


Supposons maintenant que le pays A et le pays H adoptent une union douanière. Les
importations en provenance du pays H n’étant plus soumises au droits de douane t, le prix du
bien homogène dans l’union baisse de PQ (1+t ) à P H . À ce prix, le pays A importera du pays
H la quantité M 3=D3−S 3 supérieur à la quantité M 1=D1−S1 importé en situation de
protection, mais inférieur à la quantité M 2=D2−S 2 importé si l’union était formé avec le pays
Q.
L’adoption de l’union entre le pays et le pays H se traduit donc par le remplacement d’un
courant d’importation M 2 du pays A depuis le pays Q par un courant d’importation M 3 du
pays A depuis le pays H moins compétitif, car P H > P Q. Il y a donc effet de détournement de
trafic car M 2 est supérieur à M 3 et est également moins cher, mais l’union douanière rendant
le pays H artificiellement plus compétitif que le pays Q qui subit toujours le droit de douane,
le volume d’importation M 2 est détourné au profit des importations M 3 en provenance du
pays H.
Figure 2 : Union douanière entre pays A et pays Q : Détournement d’échanges
P
S

Pc (1+t)

Pb (1+t )
a d c b
Pc e
Pb
D

S2 S3 S1 D D3 D2
2.2. Effets sur le bien être 1
Il s’agit ici d’analyser comment les consommateurs, les producteurs et le gouvernement sont
affectés.
2.2.1. Gain de la création de commerce
L’union douanière conclue entre le pays A et le pays Q plus compétitif conduit à une création
de commerce évalué en terme de bien-être par les triangles foncés, b et d qui représente
respectivement les gains d’efficience de la production et les gains d’efficience de la
consommation. Il résulte
 Gains de surplus des consommateurs du pays A qui profite de la baisse du prix
intérieur du produit et une hausse de consommation augmente. Ce gains de surplus du
consommateur augmente est (a + b + c + d).
 Perte de surplus des producteur (a), car à mesure que le prix du produit baisse sur le
marché́ intérieur en raison de la concurrence du pays Q, certains producteurs
nationaux sont obligés de réduire leur production ou de cesser complètement de
produire.
 Perte de recette douanière (c) par le gouvernement, en raison de la levée des droit de
douane.
Ainsi, l’effet net global de l’union douanière sur le bien-être national (b + d) est donc positif.
2.2.2. Perte du détournement de commerce
L’union douanière conclue entre le pays A et le pays H moins compétitif conduit aussi à une
création de commerce évalué en terme de bien-être par les triangles foncés, b et b, mais les
gains d’efficience de la production et de la consommation sont plus faibles que
précédemment.
Cependant, l’union douanière entre le pays A et le pays H génère un détournement de
commerce mesuré en terme de bien-être par (e). Il correspond au volume de commerce
détourne du pays Q, plus compétitif, vers le pays H qui reçoit un accès libre au marché du
pays A. Les consommateurs du pays A subissent ainsi une perte d’efficience en payant un
prix plus élevé pour ses importations.
L’effet net global sur le bien-être national du pays est ambiguë car il dépend de la niveau des
gains d’efficience et des pertes d’efficience. Si la zone « e » est supérieure à la zone b + d
l’union douanière aura un effet net négatif sur le bien-être du pays A. Mais, si la zone « e » est
inférieure à la zone b + d, l’effet net global de l’union douanière sera positif sur le bien-être
du pays A.
2.3. Critique du modèle
L’analyse très simple de Viner reste fortement dépendante des hypothèses sur lesquelles elle
repose : concurrence pure et parfaite, absence de rendements d’échelle décroissants. Si le pays
H avec qui A forme une union produit le bien avec des rendements d’échelle décroissants, le
coût marginal qu’il supporte augmente lorsque la quantité vendue augmente. Pour maximiser
leurs profits, les entreprises du pays H vendent au prix domestique proposé pour les produits
en provenance de Q, soit PQ (1+t ). Si, pour ce prix, du pays H ne peut répondre à la totalité de
la demande de A, alors le pays Q fournit le complément. Dans ce cas, le pays A est
certainement perdant car les consommateurs paient le même prix qu’auparavant (pas de gain
de surplus) et une partie des recettes fiscales disparaît puisque seules les importations en
provenance de H font l’objet d’une taxation.

3. Effets dynamiques de l’intégration


L’analyse précédente est menée dans le cadre de la statique comparative : les techniques de
production, les goûts et les dotations factorielles ne sont pas affectés par la formation de
l’union. Mais, l’intégration économique régionale peut être à l’origine d’effets dynamiques,
qui peuvent être bénéfiques pour les membres de l’union, voire pour les pays restés à
l’extérieur.
En effet, la présence d’obstacles tarifaires et non tarifaires entre pays maintien à l’intérieur
des économies nationales de nombreuse entreprises inefficientes qui opèrent, pour beaucoup,
à une échelle insuffisante pour réduire leur coût de production et pour innover. La présence
d’obstacles limite également la circulation des facteurs de production, créant des inégalité
interne (pays) et externe (au sein de la zone supposée). Enfin, les marchés segmentés
induisent des coûts commerciaux élevés qui décourage l’investissement étranger tout en
maintenant les échanges à de très faibles niveau.
A travers la réduction ou la suppression des obstacles entre pays, l’intégration régionale
décloisonne les marchés, créant ainsi un vaste marché régionale sur lequel les entreprises et
les facteurs des pays membres se retrouvent en concurrence via la confrontation des offres et
des demandes.
3.1. Effet d’échelle
3.1.1. Effets liés aux économies d'échelle
L’intégration de micromarchés élimine la contrainte de la taille et permet de créer un marché
plus vaste .Si, dans le pays Q, il existe des rendements croissants à l'échelle, l'intégration entre
A et Q permet, en suscitant une production accrue en Q, aux petites entreprises d’atteindre
une taille optimale essentiel pour mieux exploiter ces économies d'échelle, donc d'abaisser les
coûts moyens de production et les prix. Ces diminutions sont sources de gains pour tous les
consommateurs de l'union et pour ceux restés en dehors, si les pays de l'union, par leurs gains
de compétitivité, exportent les produits concernés vers les pays tiers.
3.1.2. Effet pro-concurrentiel
L'intégration régionale entre A et Q met en compétition leurs entreprises, entrainant la
suppression des entreprises inefficaces. Cela débouche sur un cadre spatial dynamique
rationalisé et favorable au développement d’entreprises compétitives et une réallocation
optimale des ressources
3.1.3. Effets liés aux économie de gamme
La production pour un marché plus vaste est à l'origine de l'augmentation du nombre des
variétés produites. La concurrence accrue pour une large gamme de produits peut aussi faire
baisser les prix à la consommation. L’intégration des pays dans un plus vaste marché permet
donc d’offrir aux consommateurs un choix de produits varié et bon marché ce qui accroît leur
bien-être et l'utilité collective
3.1.4. Effet domino
Une ACR peut créer une dynamique se traduisant par l'accroissement du périmètre de la zone.
Cet accroissement de périmètre peut avoir un « effet domino » qui s’explique par le fait que
l’entrée de certains pays dans la zone convainc d'autres pays de demander leur adhésion.
3.2. Effet d’accumulation
La libre circulation des capitaux, de la main-d’œuvre et des autres facteurs de production peut
aider à réduire les coûts de production dans les pays membres où ces facteurs sont
relativement rares et à y attirer des activités productives.
3.2.1. Effets liés à l’attraction des autres facteurs
La libre circulation de la main d’œuvre et des autres facteurs de production de réduire les
inégalités de ressources des pays membres où ces facteurs sont relativement rares. Pour
l’entreprise, la possibilité d’un plus grand choix de facteurs de production permettant
d’utiliser des intrants mieux appropriés, ce qui peut accroître sa productivité. Ce processus
réduit les coûts de production moyenne à l’intérieur de la zone intégrée et accroît ainsi le
rendement des facteurs de production.
3.2.2. Effets liés à l’attraction des IDE
Le marché régional étant plus vaste que les marchés nationaux de chaque pays membres, les
investissements directs étrangers (IDE) sont attirés.
Paul Krugman (1991) montre la décision des entreprises de s’implanter à l’étranger est guidée
par les variables suivante :
 taille de marché ;
 coût de production ;
 disponibilités des facteurs de production pertinents, et ;
 accès au marché.
Les IDE attirés sont vitaux pour des pays en quête de ressources financières stables et
durables ainsi que la diversification des structures de production et d’exportation. Par ailleurs
les IDE entrants sont souvent porteurs de technologies nouvelles dont la mise en œuvre est
source de gains pour la région dans laquelle ils s'implantent.
3.2.3. Effet Moyeu-rayon
L’effet Moyen-rayon est spécifique aux zones constituées d'un centre développé ayant un très
gros poids commercial, entouré de pays périphériques de moindre importance sur le plan
économique. Les pays périphériques nouent des relations commerciales avec le centre, ce qui
renforce leur dépendance à son égard, mais distend les liens qui existaient entre eux avant la
formation de l'union. Les avantages d’une telle union profite surtout au centre et n’est donc
pas forcément bénéfique pour tous.
3.3. Convergence des prix
L’intégration régionale doit permettre une convergence des prix des biens, des services et des
facteurs de production.
3.3.1. Convergence des prix des biens et services
Dans une région parfaitement intégrée sur le plan du marché des biens et services, on devrait
donc constater une convergence parfaite des prix de ces biens et services.
Supposons deux pays A et Q produisent un bien homogène. Les producteurs du pays Q sont
plus efficaces que ceux du pays A. Le pays A se protège en imposant un droit de douane sur
le bien en provenance de B pour protéger ses producteurs.
Si ces obstacles à la libre circulation du bien entre les deux pays baisse, les producteurs du
pays B vont concurrencer ceux du pays A. Cette concurrence génère alors une convergence de
prix sur le marché du bien X dans les deux pays A et Q. Le phénomène de convergence se
poursuit et contribue à réduire le différentiel de prix entre les pays A et Q jusqu’à̀ ce qu’il soit
égal au niveau des coûts liés au franchissement des obstacles à la libre circulation du bien X
qui subsistent encore entre les pays A et Q.
Si l’on supprime complètement ces obstacles, il va se produire une égalisation parfaite du prix
du bien X entre les pays A et Q.
3.3.2. Convergence des prix des facteurs de production
Soit une région caractérisée par des rendements décroissants, composé de deux pays A et Q.
Le pays Q a abondance relative de capitaux par rapport au pays A qui est caractérisé par une
pénurie relative de capitaux. Du fait des rendements décroissants les taux d’intérêt seront
moins élevés dans le pays B que dans le pays Q. Par ailleurs, il existe des obstacles à la libre
circulation des capitaux entre les deux pays. Ça peut être par exemple la lourdeur des
procédures auxquelles doit faire face un détenteur de capital du pays Q pour créer une
entreprise dans le pays A ou un rentier du pays B pour placer ses capitaux sur les marchés
financiers du pays A.
Si les obstacles relatifs aux mouvements de capitaux sont réduits, on peut s’attendre à des flux
de capitaux du pays Q à faible taux d’intérêt vers le pays A à plus haut taux d’intérêt de façon
à maximiser le rendement des capitaux des investisseurs. L’offre de capitaux baissant dans le
pays Q et augmentant dans la région A. L’abondance relative du pays Q et la pénurie relative
du pays A tendent à̀ se réduire, créant ainsi une convergence des taux d’intérêt. Les
mouvements de capitaux visant à̀ obtenir une meilleure rémunération du capital se
poursuivent tant que le différentiel de taux d’intérêt est plus élevé que le coût de
franchissement des obstacles qui subsistent encore à la libre circulation des capitaux d’un
pays vers l’autre
Ainsi, dans zone plus intégrée où la production des entreprises est caractérisée par des
rendements marginaux décroissants des facteurs de production, on devrait également observer
une convergence des prix des facteurs de production.
3.4. Effets sur les pays tiers
Les effets dynamiques de l’intégration peuvent être la source d’avantages pour les pays tiers,
qui bénéficieront de la croissance de la zone qui stimule leurs exportations vers la zone.
Ce type d’effets va directement à l’encontre de l’effet de détournement de Viner et peut être à
l’origine au contraire de création de trafic. La question se pose donc de savoir quel effet
l’emporte. L’étude empirique de Acharya, Crawford, Maliszewska et Renard (2011) montre
que pour les principaux accords commerciaux régionaux existants, trois types d’effets sont
observés :
 la création d’échanges intra-union (effet de création attendu),
 la création d’exportations des pays hors zone vers l’union (effet de création)
 la création d’importations des pays hors zone depuis l’union.
Ainsi, l’effet de création en faveur des pays de l’accord eux-mêmes existe bien et est, le plus
souvent, très élevé. Même si l’effet de détournement de Viner existe peut-être, il est, en
général, plus que compensé par les conséquences externes favorables de la dynamique de
croissance de la zone. Pour les régions qui pèsent le plus dans le commerce mondial l’effet de
détournement n’existe pas. On observe, à l’inverse, un effet de création qui bénéficie aux pays
tiers.

4. Finalités des processus d’intégration économique régionale


Les processus d’intégration régionale ont diverses finalités à savoir des finalités économique,
politique et social et institutionnel.
4.1. Finalités économiques et
L’intégration régionale peut stimuler la croissance économique et favoriser la réduction des
inégalité et un développement plus équilibré, à travers :
 L'expansion des activités économiques, commerciales et des investissements.
 L’amélioration de la productivité des entreprises ;
 La création d’emplois et la distribution de revenu
 La convergence des économie qui favorise la réduction des disparités régionales.
4.2. Finalités sociales
L’intégration régionale peut améliorer le bien-être individuel et collectif en répondant, au
niveau régional, à des questions d’intérêt général pour les générations actuelles comme pour
les générations futures.
Par exemple :
 L’aménagement du territoire régional et la création d’infrastructures,
 La sécurité alimentaire et gestion des marchés agricoles et alimentaires : cela
favoriserait un accès plus large à des biens et services à des prix compétitifs.
 La santé publique, la santé animale et protection des végétaux,
 La circulation des personnes favorise les échanges culturels, notamment au sein
d’espaces humains artificiellement divisés par des frontières politiques.
4.3. Finalités politiques et sécuritaire
L’intégration régionale peut renforcer la stabilité politique et les pouvoirs de négociation
internationale. Les pays autrefois faibles peuvent obtenir des accords en matière de
commerce (protection du marché régional, accès à des marchés extérieurs) et des coopérations
plus favorables.. Elle peut également contribuer à la sécurité collective et diminution des
risques de conflits,
4.4. Finalités institutionnelles et environnementales
La dynamique régionale peut contribuer à améliorer les pratiques nationales, notamment en
matière de démocratie, de bonne gouvernance et de respect des droits de l’homme.
L’intégration régionale plus poussé peut s’intéresser aux questions comme la gestion durable
des ressources naturelles et protection de l’environnement,
CHAPITRE 4 MESURE DU DEGRÉ D’INTÉGRATION AFRICAINE

1. Processus d’integration économique régionale en Afrique


1.1. Contexte historique de l’intégration régionale africaine
L'intégration régionale en Afrique a commencé bien avant l'indépendance des pays africains,
avec des initiatives initiales visant à favoriser la coopération entre les différentes colonies.
Cependant, les premières étapes significatives en matière d'intégration ont été franchies après
l'indépendance des pays africains, à partir des années 1960, avec la création de l'Organisation
de l'unité africaine (OUA) en 1963 à Addis-Abeba. L'OUA avait pour objectif de promouvoir
l'unité et la solidarité entre les États africains, de défendre la souveraineté des pays africains,
ainsi que d'éradiquer le colonialisme et l'apartheid.
Jusqu'à la création de l'Union africaine (UA), qui a remplacé l'OUA en 2002, plusieurs
initiatives ont renforcé l'idée d'une intégration régionale. D'abord, en 1979, la Déclaration de
Monrovia mentionnait pour la première fois un marché commun africain. Puis, en 1980, le
Plan d'action de Lagos élaborait cette notion de marché commun, et en 1991, le Traité d'Abuja
proposait la création d'une union douanière continentale.
L'Union africaine, établie avec une vision plus ambitieuse d'intégration politique et
économique, vise à créer une Afrique unie sur les plans politique, économique et social, et à
instaurer une coopération plus poussée entre les pays. Ainsi, en 2012, l'Assemblée de l'Union
africaine adopte le Plan d'action pour stimuler le commerce intra-africain (BIAT) et une
feuille de route pour l'établissement de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Les
négociations ont été lancées en juillet 2015, et la première phase devrait s'achever en octobre
2017.
1.2. Mécanismes de l’intégration économique régionale en Afrique
L’intégration régionale en Afrique s’appuie sur plusieurs mécanismes sont les plus pertinents
sont : le traités d’Abouja et le plan de lagos, les communautés économiques régionales (CER)
et la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECaf)
1.2.1. Traités d’Abuja et Communauté économique africaine (CEA)
L'intégration régionale en Afrique est portée par la vision de l'Union africaine qui est de
tendre « vers une Afrique intégrée, prospère et en paix, gérée par ses propres citoyens et
représentant une force dynamique sur la scène internationale ».
Le Traité d’Abuja entré en vigueur en 1994, donne la légitimité à l’Union Africain de
conduire ce processus. Par ailleurs, aux termes du Traité d'Abuja (1991) la Communauté
économique africaine (CEA) au sens large a été établie.
1.2.2. Communauté Économique Régionales (CER)
Le Plan d'action de Lagos pour le développement de l'Afrique de 1980 et le Traité d'Abuja ont
proposé la création des communautés économiques régionales (CER). Comme le montre la
figure ci-dessous, il existe plusieurs expériences intégration régionale qui se chevauchent souvent,
mais l’Union africaine n’en reconnaît que huit qui sont les communautés économiques régionales
retenues comme fondements de l'intégration de l'ensemble de l'Afrique.
L’objectif est de faciliter l'intégration économique régionale entre les membres dans chaque
région avant le lancement de la zone de libre-échange continentale.
1.2.3. ZLECAF
La ZLECAf est le principal mécanisme de l’UA adoptée par les chefs d’État de l’UA en 2012.
Ce mécanisme prévoit d’établir une zone de libre-échange continentale qui aboutira à un
marché commun pour les biens et les services, à l’intérieur duquel les gens d’affaires et les
investissements pourront circuler librement au-delà des frontières.
Les objectifs de la ZLECaf sont :
 Créer un marché continental unique pour les biens et services avec la liberté de
circulation des hommes et femmes d’affaires et des investissements, pour faciliter
l’établissement de l’Union douanière continentale et de l’Union douanière africaine.
 Développer le commerce intra-africain par l’harmonisation et la coordination des
échanges, leur libéralisation et la création de régimes de facilitation et d’instruments
appliqués dans les différentes CER et dans le continent en général.
 Résoudre les difficultés de l’appartenance à plusieurs organisations régionales et
accélérer l’intégration régionale et continentale.
 Améliorer la compétitivité au niveau de l’industrie et de l’entreprise en tirant
avantage des possibilités d’une production à grande échelle, d’un accès aux marchés
de tout le continent et d’une meilleure allocation des ressources.
La mise en œuvre de la ZLECAF est prévu en trois phases de négociations :
 La phase I des négociations concerne les protocoles sur le commerce des
marchandises, le commerce des services et les mécanismes de règlement des
différends. Les protocoles relatifs à ces domaines ont été approuvés, mais les
négociations sur les annexes et sur des questions telles que les règles d’origine et les
listes de concessions tarifaires se poursuivent. Les négociations sur les douanes et la
gestion des frontières, la facilitation des échanges et les dispositions en matière de
transit sont terminées.
 La phase II des négociations concerne les protocoles sur l’investissement, la
concurrence et les droits de propriété intellectuelle qui ont également été adoptés.
Certaines de ces questions sont liées à celles examinées lors de la phase 1 :
l’investissement étranger direct, par exemple, est souvent étroitement lié au commerce
des services.
 La phase III des négociations concerne le protocole sur le commerce numérique et le
protocole sur les femmes et les jeunes dans le commerce qui sont actuellement
examinés. Ces deux protocoles porteront sur le commerce électronique, les obstacles
spécifiques au genre et les entraves au commerce qui affectent les jeunes du continent.
Les négociations sur ces protocoles devraient s’achever en 2023.

Les négociations ont débuté en 2015 et l’accord sur la ZLECAf a été officiellement lancé trois
ans plus tard. Cependant, il n’est entré théoriquement en vigueur que le 30 mai 2019, pour les
24 pays qui avaient déposé leurs instruments de ratification. L’état d’avancement de la mise
en œuvre de la ZLECAF est résumé dans le tableau ci-après :

Années Évènements
Janvier 2012 - Addis- La 18e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'Etat et de
Abeba, Éthiopie gouvernement de l'UA a adopté la décision sur « l'accélération
de la mise en place de la zone de libre-échange
continentale africaine (ZLECAF) pour stimuler le commerce
intra-africain »

Juin 2015 - La 25e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de


Johannesburg, Afrique gouvernement de l'UA a lancé les négociations pour la création
du Sud de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF)

Mars 2018 - Kigali, Lors de la 10ème session extraordinaire de l'UA Assemblée des
Rwanda chefs d'Etat et de gouvernement, 44 des 55 Etats membres de
l'Union africaine ont signé l'accord instituant la zone de libre-
échange continentale africaine (ZLECAF)

30 mai 2019 - Addis- Entrée en vigueur de l'accord ZLECAf, après le 22e dépôt de
Abeba, Éthiopie l'instrument de ratification par la République sahraouie le 29
avril 2019

Juillet 2019 - Niamey, La 12e session extraordinaire de l'Assemblée des chefs d'Etat et
Niger de gouvernement de l'UA a lancé la phase opérationnelle de la
ZLECAF. Le début des échanges dans le cadre de l'accord
ZLECAf commence le 1er janvier 2021

10 février 2020 - Addis- SE Wamkele Mene a été élu premier secrétaire général de la
Abeba, Éthiopie ZLECAF le 10 février 2020, lors de la 33e session ordinaire de
l'Assemblée de l'Union à Addis-Abeba, en Ethiopie

19 mars 2020 - Addis- SE Wamkele Mene prête serment le 19 mars 2020 en tant que
Abeba, Éthiopie premier secrétaire général de la ZLECAF au siège de l'Union
africaine à Addis-Abe-ba, en Ethiopie

17 août 2020 - Accra, Remise officielle et mise en service du bâtiment du secrétariat


Ghana de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF)

1er janvier 2021 - Début des échanges dans le cadre de la ZLECAF. 13 e session
Johannesburg, Afrique extraordinaire de l'Assemblée de l'UA sur la ZLECAF
du Sud

Les échanges commerciaux dans le cadre de l'accord ZLECAf devaient commencer le 1 er


janvier 2021, cependant, aucun commerce n'a eu lieu jusqu'à récemment en raison de défis
dans la mise en œuvre tels que l'achèvement des négociations. En effet, certains aspects
relatifs aux concessions tarifaires, aux règles d’origine et à d’autres questions sont encore en
négociation. Une fois que les négociations seront terminées, la ZLECAf éliminera 97% des
droits de douane sur le commerce intra-africain et ouvrira la voie à une augmentation de la
part des exportations africaines échangées dans la région au-dessus de son niveau actuel, qui
est le plus bas du monde.
2. Mesure du degré d’intégration africaine
L’intégration régionale est une politique publique régionale qui influence les contribuables
nationaux des pays membres. : il faut donc l’évaluer.
La mesure du niveau d'intégration régionale de l'Afrique permet d'évaluer l'évolution de la
situation à travers le continent et s'avère un moyen important de mettre en lumière les lacunes
existantes. Le degré d’intégration de chaque pays et de chaque région d’Afrique est mesuré
par l’indice d’intégration régionale africaine (IIRA). L’IIRA est un indicateur composite
calculé à partir d’une série de seize indicateurs issus des données disponibles, regroupées dans
cinq dimensions reflétant l’état de l’intégration régionale.
2.1. Dimensions de l’intégration africaine évaluées et indicateurs clés
Les cinq dimensions sont l’intégration commerciale, les infrastructures régionales,
l’intégration productive, la libre circulation des personnes, et l’intégration financière et
macro-économique. Ces cinq dimensions et leurs indicateurs sont résumés dans le tableaux ci-
après.

Dimensions Indicateurs

Intégration Part des exportations intrarégionales en pourcentage du PIB : la part


commerciale de la valeur des exportations intrarégionales de biens en pourcentage
du produit intérieur brut du pays.
Part des importations intrarégionales en pourcentage du PIB : la part
de la valeur des importations intrarégionales de biens en pourcentage
du produit intérieur brut du pays.
Part du commerce intrarégional : la somme des exportations et des
importations intrarégionales d’un pays par rapport au commerce total
intrarégional de cette région.
Tarifs moyens des importations intrarégionales : les équivalents ad
valorem des taux tarifaires minimums qu’un pays a appliqués à ses
importations en provenance d’autres pays de sa région.
L’indicateur ZLECAf : prend la valeur 2 si les pays ont ratifié
l’Accord sur la création de la Zone de libre-échange continentale
africaine, 1 si les pays ont signé et 0 s’ils n’ont pas signé. Il concerne
que les pays.

Intégration Part des exportations intrarégionales de produits intermédiaires :


productive exportations intrarégionales de produits intermédiaires (semi-finis) du
pays, en pourcentage de la totalité de ses exportations
intrarégionales.
Part des importations intrarégionales de produits intermédiaires :
importations intrarégionales de produits intermédiaires (semi-finis) du
pays, en pourcentage de la totalité de ses importations
intrarégionales.
Indice de complémentarité du commerce de marchandises : valeur
absolue totale de la différence entre la part des importations et la part
des exportations des pays à l’étude par rapport à la région, divisée par
deux.
Intégration Le différentiel des taux d’inflation au niveau régional : écart entre le
macroéconomique taux d’inflation d’un pays et le taux d’inflation visé par la région.
La convertibilité régionale de la monnaie : nombre de pays de la
région avec lesquels un pays partage une monnaie commune ou avec
lesquels sa propre monnaie est convertible.
Nombre d’accords bilatéraux d’investissement en vigueur : évalue
l’importance des mouvements transfrontaliers de capitaux.

Intégration des Indice de développement des infrastructures de la BAD : indice


infrastructures composite qui mesure neuf éléments dans les domaines suivants :
électricité, transport, technologies de l’information et de la
communication, et eau et assainissement dans une zone donnée.
Proportion des connexions aériennes intrarégionales : nombre de vols
intrarégionaux d’un pays au départ et à l’arrivée, en pourcentage du
total des vols intrarégionaux.

Libre circulation Nombre de pays qui offrent des visas à l’arrivée : nombre de pays de
des personnes la région dont les ressortissants peuvent bénéficier de visas à l’arrivée
dans d’autres pays. Il mesure la facilité avec laquelle les ressortissants
de ce pays peuvent se déplacer dans la région pour le tourisme, les
affaires ou des transactions quotidiennes.
Nombre de pays qui exigent un visa : nombre de pays dont les
ressortissants ont nécessairement besoin d’un visa lorsqu’ils se
rendent dans l’un des autres pays de la région.
L’indicateur relatif au Protocole (de Kigali) sur la libre circulation des
personnes : prend la valeur 1 si un pays a ratifié le Protocole au Traité
instituant la Communauté économique africaine, relatif à la libre
circulation des personnes, au droit de résidence et au droit
d’établissement et 0 sinon.
2.2. Calcul et Interprétations de l’IIRA
L'indice IIRA est calculé en suivant une méthodologie rigoureuse qui comprend plusieurs
étapes :
1) Identification des Dimensions et des Indicateurs : L'IIRA repose sur cinq dimensions
principales de l'intégration régionale. Pour chaque dimension, un ensemble
d'indicateurs spécifiques est sélectionné pour quantifier le niveau d'intégration.
2) Normalisation des Indicateurs : Les indicateurs sont exprimés dans des unités de
mesure différentes. Pour les rendre comparables et agréables, ils sont normalisés c’est-
à-dire transformés sur une échelle commune, généralement entre 0 et 1, où 0
représente le niveau d'intégration le plus faible et 1 le niveau le plus élevé. 3
3) Pondération des Indicateurs : Les indicateurs n'ont pas nécessairement la même
importance dans la mesure de l'intégration régionale. Par conséquent, un système

3
Chaque indicateur q est normalisé en utilisant la procédure de changement d’échelle min-max à partir de
la formule :
q−q min
qmax −q min
de pondération est appliqué pour refléter leur importance relative. L'Analyse en
Composantes Principales (ACP) a été utilisée pour déterminer les coefficients de
pondération des indicateurs.
4) Agrégation au Niveau des Dimensions : Une fois les indicateurs normalisés et
pondérés, les scores pondérés pour chaque indicateur au sein d'une même dimension
sont additionnés pour obtenir un score global pour cette dimension. Il s'agit d'une
méthode d'agrégation linéaire.
5) Pondération des Dimensions : les dimensions elles-mêmes peuvent aussi ne pas avoir
la même importance globale dans l'évaluation de l'intégration régionale. L'Analyse en
Composantes Principales (ACP) est également appliquée aux scores des dimensions
pour déterminer le poids de chaque dimension. Les dimensions qui expliquent une
plus grande partie de la variance dans les données reçoivent des poids plus élevés.
6) Agrégation Finale pour l'IIRA : Enfin, les scores des dimensions, pondérés en fonction
de leur importance, sont additionnés linéairement pour obtenir l'Indice d'Intégration
Régionale Africaine (IIRA) final pour chaque pays et pour les Communautés
Économiques Régionales (CER).
2.3. Interprétation de l’IIRA
Le IIRA peut s’interpréter au niveau des CER au niveau global et par dimension
 Si IIRA=1, la CER a une performance élevée
 Si IIRA=0 , la CER a une performance faible
 Si 0< IIRA <1 , la CER a une performance moyenne
Au niveau des pays, il est seulement possible de faire un classification entre les pays d’une
CER par dimension. La norme de mesure est alors la moyenne des score des pays pour chaque
dimension. Pour un pays i on aura :
 Si IIRA i > IIRA , le pays a une performance élevée
 Si IIRA i=IIRA , le pays a une performance moyenne
 Si IIRA i < IIRA , le pays a une performance faible

Où q max et q minsont les valeurs maximum et minimum de q. Lorsque la valeur la plus faible de l’indicateur
reflète une plus grande intégration, comme le niveau de droit de douane, le différentiel d’inflation régionale
et le nombre de pays dont les citoyens ont besoin d’un visa, la valeur est ajustée comme suit :
q−qmin
1−
q max−qmin
Références
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DIETER, Heribert: « Report on East Asian Integration: Opportunities and Obstacles for
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Jean-Christophe Defraigne, Heribert Dieter, Richard Higgott and Pascal Lamy, Notre Europe,
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%20nom,Conférence%20à%20Kigali%2C%20au%20Rwanda%20. Consulté le 04 avril 2025 a
22h22.

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