Module - HPE (2023)
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SOMAIRE
Introduction
1. Objet du cours
2. Utilité de l’HPE
3. Qu’est-ce que l’économie
3.1 Définition de l’économie par son objet
3.2 Définition de l’économie par sa méthode
3.3 Définition de l’économie comme science de choix ou comme
science des échanges
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Leçon 3 : Les réactions contre l’économie classique et la pensée socialiste
1. Le socialisme préscientifique français
1.1 Le socialisme industrialiste de Saint Simon
1.2 Le socialisme mutuelliste de Pierre Joseph Proudhon
2. Le socialisme scientifique de Karl Marx
2.1 Théorie de la valeur du travail
2.2 L’exploitation capitaliste
2.3 La dynamique des sociétés capitalistes
Leçon 4 : Le marginalisme
1. L’école de Lausanne
1.1 Léon Walras et la théorie de l’équilibre général
1.2 Economie, Sociologie et Optimalité chez Pareto
2. L’école autrichienne
2.1 La première génération d’économistes autrichiens
2.2 La seconde école de Vienne
3. Le marginalisme anglais
3.1 William Stanley Jevons
3.2 Alfred Marshall
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Introduction
1. Objet du cours
L’histoire de la pensée économique est différente de l’histoire des
doctrines économiques, elle-même différentes aussi de l’histoire des théories,
mais reste une des histoires de l’économie. La différence provient
essentiellement que dans l’histoire des théories on met l’accent sur le contenu
scientifique des idées et l’on considère que ces théories peuvent être
distinguées des idéologies ou des doctrines que les économistes ont.
L’histoire de la pensée économique est plus vaste que l’histoire des théories
car, précisément, dans une histoire de la pensée économique, on essaie de
faire le lien entre les théories et les fondements idéologiques des théoriciens.
On essaie aussi de comprendre l’interdépendance de l’économie et des
autres sphères de la société.
ça vaut lasignifie
Faire de l’histoire de la pensée économique peineque
d'étudier HPEà
l’on donne
l’économie une dimension politique, ce qui a pour conséquence de
considérer l’économie comme une philosophie plus qu’une science, et
suppose l’interdépendance entre les jugements de valeur et les théories.
Remarque :
1) L’argument donné fait objet d’un débat en économie pour savoir si,
effectivement, il y a des jugements de valeur chez les économistes et sur
ce que les économistes doivent faire de ces jugements de valeur.
Certains économistes considèrent qu’ils sont uniquement des
scientifiques, et que par conséquent, quand ils énoncent une loi, ils
exercent leur profession de scientifique ; leur utilisation de la théorie ne
conduit à aucune recommandation politique. Le sociologue Max Weber
a considéré que l’économie est dénuée de tout jugement de valeur ; les
lois économiques sont donc toujours vraies scientifiquement. En
revanche, d’autres économistes disent que les jugements de valeur sont
toujours présents, et qu’il est nécessaire de les expliciter avant de
commencer son travail théorique, car elle définisse la théorie et la
véracité de la théorie en fonction du modèle idéologique.
2) Dire qu’il y a des jugements de valeur ne veut pas dire qu’une idéologie
est préférable qu’une autre car les idéologies sont incomparables.
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3) La production des idées est nécessairement subjective ; personne n’a
raison car il n’y a pas de vérité objective et toutes les idées sont le produit
d’une expérience personnelle, ce qui implique la subjectivité des idées.
4) Plus on voit l’économie comme une technique, moins il est utile de faire
de l’histoire des idées car les théories deviennent obsolètes par réfutation
et l’instruction de ces théories devenues obsolètes rend son intérêt toute
relative pour ne pas dire sans intérêt.
2. Utilité de l’HPE
L’histoire de la pensée économique est utile pour affiner la compréhension des
théories en les mettant dans leur contexte. L’histoire de la pensée participe à
la constitution d’une culture économique mais aussi générale, ce qui améliore
ses capacités de réflexion : lorsque l’on a une culture historique on est capable
de mieux évaluer ses idées et, par conséquent, d’éviter certaines erreurs faites
dans le passé.
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du XIXème siècle, l’économie est définie comme la science des richesses, par
la publication de la Richesse des Nations d’Adam Smith. C’est aussi ce que dit
Jean-Baptiste Say qui a défini l’économie comme la science qui étudie la
manière dont se forme et se distribue les richesses 1 . Robbins invente une
définition de l’économie révolutionnaire dans le sens où personne ne perçoit
le sens de ce qu’il définit à cette époque (1962) : « L’économie est une science
qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les
moyens rares et à usage alternatif. » Les êtres humains sont caractérisés par
des objectifs multiples mais les moyens à notre disposition en sont limités ; nous
sommes cependant obligés de faire des choix et l’économie est la science de
ces choix : avec Robbins on passe à une science des richesses à la science des
choix.
C’est deux définitions, celle de Say et Robbins, disent toutes les deux que
l’économie est défini par son objet. Implicitement, cela signifie que l’économie
est limitée à cet objet à ses activités spécifiquement économiques.
1Le terme de richesse ne fait référence qu’au terme de richesse matériel ; les services sont
déterminés comme étant des travaux improductifs de richesse.
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C’est un économiste américain, Gary Becker, Nobel d’économie en
1992, qui commence à défendre l’idée que l’économie peut être utilisée pour
analyser n’importe quel type de phénomène. Il commence à développer une
analyse économique de la criminalité. Ces théories ont été qualifiées
d’impérialiste car l’économie envahit le domaine des autres sciences sociales
en étant capable d’expliquer les phénomènes et les comportements mieux
que les autres sciences sociales parce qu’elle permet d’expliquer les
phénomènes avec des hypothèses beaucoup moins restrictives puisque
l’économie a besoin que d’une hypothèse, celle de la rationalité individuelle.
La définition de Robins, où les individus sont contraints par la rareté est une
définition comme science du choix, on considère que les agents sont des
individus uniquement intéressés par l’acquisition d’objets, la seule chose qui
intéresse les individus ce sont les biens qu’ils peuvent acquérir. Dans cette
définition on met au second plan les relations entre individus, c’est-à-dire les
échanges entre individus. On ignore la notion d’intersubjectivité, on n’a pas
besoin de s’intéresser aux institutions qui permettent les échanges, on
s’intéresse uniquement aux moyen qui permettent aux individus d’acquérir des
objets. Cette approche est a-institutionnel. Cette conception de l’économie
est individualiste.
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Leçon 1 : Les physiocrates
1. La critique du mercantilisme
La physiocratie a émergé en réaction contre le mercantilisme : ensemble de
doctrines qui prônent l’enrichissement provenant de l’accumulation de
richesses, et en particulier des métaux précieux. Il y a eu plusieurs formes de
mercantilisme. Il y a des différences entre ces théories mais toutes convergent
vers une même vision du fonctionnement de l’économie avec comme objectif
l’accumulation de richesse grâce à un moyen : le commerce.
Les commerçants sont donc la classe productive.
Les physiocrates considèrent que les mercantilistes sont à l’origine des crises
qui touchent le pays. Il y a d’abord une crise des finances publique : l’Etat est
en faillite. On a aussi une crise d’ordre politique, guerre de 7ans, qui se solde
par la perte des colonies américaines, et a contribué à alourdir davantage les
finances. Et pour finir il y a une crise agricole, l’agriculture française ne produit
pas suffisamment pour nourrir le pays (famines).
Les physiocrates reprochent aux mercantilistes d’avoir négligé l’agriculture
et la nature au profit du commerce et de l’artificiel. Le reproche est d’autant
plus justifié que les physiocrates sont persuadés que la France a suffisamment
de capacité agricole pour nourrir le pays, qui calcule que l’agriculture pourrait
nourrir 31 millions de personnes alors qu’il n’y a que 18 millions de personnes, ce
qui démontre donc bien que la France est affamé parce que la richesse est
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mal gérée. Et par conséquent pour sortir de cette crise il faut aller chercher les
richesses là où elles se trouvent et les orienter correctement vers les gens qui en
ont besoin. Une fois que la richesse est créée pour l’orientée de manière
efficace il faut autoriser la liberté du commerce et notamment du commerce
agricole (« commerce des grains »).
La physiocratie repose sur 2 idées :
D’une part l’agriculture est la source de la richesse et le commerce est
secondaire.
Pour commercialiser et répartir la richesse créée par l’agriculture il faut
supprimer toutes les barrières à l’échange à l’intérieur du pays mais aussi
avec les autres pays.
L’un des premiers à avoir critiqué le mercantilisme parce qu’il favorise le
superflu au détriment du nécessaire c’est Boisguillebert, qui est un précurseur
des physiocrates dont les idées seront reprises par les physiocrates. Dans un
ouvrage écrit en 1697 il fait la distinction entre les richesses nécessaires et les
richesses superflues. Il considère que les richesses nécessaires doivent précéder
les superflues, et il considère que l’agriculture est à l’origine de ces richesses.
Les deux concepts que Quesnay élabore à partir de ses observations sont les
concepts de produit brut et produit net.
Produit Brut = somme des intérêts reçus sur les avances primitives + avances
annuelles + produit net.
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Produit net représente la différence entre la richesse obtenue par la
production et la richesse dépensée pour produire.
Pour les physiocrates la notion de richesse est matérielle, elle n’est pas
monétaire comme chez les mercantilistes.
Pour les physiocrates le surplus est possible car leur travail est complété
par celui de la nature : « Dieu seul est producteur » Dupont de Nemours.
Ce qui est important de noter c’est que la classe stérile et les propriétaires bien
qu’il ne crée pas de surplus ne sont pas totalement inutile, en effet il contribue
à faire circuler les richesses dans l’économie, entre les classes.
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Entre ces 3 classes circulent trois types de ressources : les avances (ressources
indispensables pour la production) et les reprises (ressources utilisées pour
reconstituer les avances, partie des bénéfices utilisée pour reconstituer son
capital).
Avances :
La classe stérile a une avance de 1 milliard qui lui provient par les achats de
biens manufacturés par les agriculteurs. Elle dépense son avance en achat à
la classe productive, et reconstitue son avance, la classe stérile ce qu’elle a
gagné sous forme de réinvestissement et achat de biens de consommation →
produit net nul.
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passer, associé traditionnellement avec l’ultralibéralisme, formule que l’on
attribue à Gournay.
La formule de Gournay s’applique en matière première agricole, l’idée étant
que le meilleur moyen de répartir la richesse crée par l’agriculture est de laisser
circuler librement (entre et dans les nations) les grains et que d’une certaine
façon cette liberté de circuler contribue à l’enrichissement. 3 effets directs sont
attendus de l’aboutissement de cette liberté de circulation : l’unification, la
stabilisation et l’augmentation des prix, permettant la sécurisation des
ressources des agriculteurs. L’augmentation des prix permet l’enrichissement
des agriculteurs ; la quantité de ressources qui va circuler dans l’économie sera
plus importante.
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naturellement et spontanément ordonnés ; il ne peut pas y avoir de crise, ni de
récession, et cela va d’autant mieux puisqu’il est forcément bon. Si cette
société est naturellement ordonnée, il n’est pas nécessaire d’intervenir pour
améliorer le fonctionnement de la société et de l’économie. La politique est
donc inutile voire nuisible car elle vise à se substituer à une situation qui est déjà
la meilleure possible.
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Leçon 2 : L’école classique anglaise et ses prolongements continentaux
Le terme d’économie politique classique a été inventé par Karl Marx, en faisant
la distinction entre 2 formes d’économies :
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1. Les précurseurs2
Les deux idées dont on va parler viennent d’économistes qui ont fondé
l’économie politiques classique : l’harmonie naturelle des intérêts et
l’individualisme, et ces deux concepts sont aux fondements du libéralisme.
Dans les sociétés humaines, l’ordre se fait spontanément parce que les intérêts
individuels s’harmonisent naturellement. L’harmonie naturelle signifie que, dans
le fondement des sociétés, se trouve l’intérêt individuel et que si chacun
poursuit son propre intérêt alors la société sera parfaitement ordonnée et
fonctionnement correctement. On abandonne la référence à la puissance
divine. La croyance dans l’ordre spontané est une croyance assez optimiste
dans le fait qu’aucune intervention extérieure n’est nécessaire pour réguler,
ordonner la société : c’est justement l’intervention humaine qui crée la crise
économique, l’intervention de l’état est néfaste. Cet argument que l’on
retrouvera chez Adam Smith sous la forme de la Main Invisible. On le retrouve
chez Boisguillebert : Il y a une tradition de l’ordre spontané qui va jusqu’au
XXème siècle.
Au XVIIIème siècle, l’un des premiers à avoir formalisé cette idée est Bernard
de Mandeville, qui, comme son nom l’indique, est né à Mandeville au Pays-Bas
en 1670. En 1705, il écrit un premier poème intitulé La Ruche Murmurante (The
Grumbling Hive) où il explique comment les gens mauvais produisent de l’ordre
social, et ce poème va rencontrer beaucoup de succès et va créer une
certaine polémique, ce qui va le conduire à écrire une version plus longue en
1714, intitulé La Fable des Abeilles. C’est un ouvrage qui décrit le
fonctionnement d’une ruche et qui explique comment les vices privés se
transforment en vertus publiques, c’est-à-dire comment l’envie, la jalousie, la
vanité, l’avarice sont les fondements d’une société riche, puissante, ordonnée
et stable. A l’inverse, les vertus privées conduisent au désordre.
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Personnes dont la doctrine, les œuvres ont frayé la voie à l’auteur de développements
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Son histoire est précisément celle d’une ruche dans laquelle les abeilles ont
tous les vices possibles et imaginables, et qui prospère. Les abeilles vivent très
mal d’avoir des vices et demandent à Jupiter de devenir vertueuse et le
résultat est que toutes les industries périclitent, le chômage arrivent, et la ruche
devient pauvre. La Fable des Abeilles est un des ouvrages fondateurs du
libéralisme car il explique que le bonheur et la prospérité ne proviennent pas
de l’accumulation des vertus individuelles et la morale est socialement
inefficace dans le sens où elle crée de la pauvreté et du désordre.
Ici, tous les individus travaillent au bien commun parce qu’il travaille au bien
privé. Il y a donc un effet de composition entre les différentes actions
individuelles qui se combinent et se compensent de façon à engendrer un
système qui est prospère : ce n’est pas une puissance divine ni la morale
naturelle qui garantissent l’ordre mais, au contraire, l’absence de morale qui
crée l’ordre. Cela ne veut pas dire que, dans le système de Mandeville, il n’y a
pas de place pour les vertueux mais qu’être vertueux ne provient que de
l’intérêt individuel : On reconnait que les êtres humains sont intéressés et que
cela ne sert à rien de vouloir les changer.
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raison, dans un sens très fort, qui permettent d’interpréter correctement les sens,
qui permettent de percevoir le monde. Descartes dit qu’il faut douter des
informations que les sens nous transmettent. Hume affirme cependant qu’il
n’existe pas de raison rationnel qui caractérise l’Homme ; les êtres humains ont
accès au monde par leur sens.
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communiquer avec les autres de manière implicite. C’est une capacité
cependant limitée aux membres d’une même famille, aux gens proches, et
donc, cela veut dire que l’on va chercher à obtenir l’approbation de ces gens
et on va prendre en considération leur réaction. Chez Hume, la sympathie
explique que les individus collaborent avec des proches mais explique aussi
que l’on ne coopère pas avec les personnes éloignées.
Hume fonde un libéralisme qui est très particulier parce qu’il suppose qu’on
ne peut pas rationnellement tout connaître, opposé à la rationalité
néoclassique, et ce libéralisme a une dimension morale. On retrouve la même
chose chez Adam Smith, avec l’économie en plus…
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libérales : le laissez-faire, la division du travail, le marché et la main invisible (la
non-intervention de l’Etat) et surtout l’intérêt personnel. L’une des phrases
d’Adam Smith les plus cités est la suivante : « Ce n’est pas de la bienveillance
du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre diner mais
de leurs soucis pour leur intérêt personnel. ». Le marché fonctionne donc à
partir de l’intérêt personnel. Cependant, dans la Théorie des Sentiments
Moraux, l’argumentaire est totalement différent : « Les individus éprouvent de
la sympathie et de la bienveillance des uns pour les autres. […] ». Même si l’on
est égoïste, il existe un principe qui nous pousse à s’intéresser au bonheur des
autres uniquement pour le plaisir [d’en être témoin].
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qui veut dire que, en étant basé sur le marché, l’économie devient
essentiellement une économie d’échange (Il faut produire pour échanger).
Adam Smith propose une théorie de la valeur travail, et pour arriver à cette
théorie, il fait la différence entre valeur d’usage et valeur d’échange : Il refuse
de fonder la valeur sur l’utilité2, en partant du fameux paradoxe de la valeur
de l’eau et du diamant : Certains biens ont une valeur d’usage mais pas de
valeur d’échange, comme l’eau. D’autres biens ont peu de valeurs d’usage
mais une valeur d’échange très élevé, comme le diamant. Il y a un paradoxe
dans le fait que l’eau sera vendue très cher dans le désert, comment expliquer
cela ?
Le prix s’explique donc soit par sa rareté soit par ses coûts de production mais
en aucun cas par la valeur retirée par la consommation de l’eau ; ce que
démontre Smith, c’est que la valeur d’échange d’un bien ne peut pas être
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définie par l’utilité retiré par le consommateur, alors la valeur sera fondée par
le travail, comme étant valeur d’échange de toutes marchandises :
Chez Smith, l’interprétation qu’il faut retenir est la première ; il nous propose à
la fois une théorie de la valeur travail, mais aussi une théorie de la valeur travail
incorporée.
Les classiques considèrent qu’il existe deux types de revenus ; les revenus
primaires et les revenus secondaires. Les revenus primaires sont les revenus qui
sont directement liés au processus de production, comme les salaires versés
aux travailleurs productif (rémunéré à la productivité marginale du travail), les
profits et les rentes foncières. Les revenus secondaires sont des revenus de
redistribution, de transfert, qui correspondent aux impôts, intérêts et les salaires
versés aux travailleurs improductifs3.
3
Travailleurs qui ne participent pas à la fabrication, au transport et à la commercialisation
des objets matériels (incluant les services)
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Les revenus auxquels s’intéressent les économistes classiques sont les
revenus primaires. Ces mêmes revenus peuvent être eux aussi classés en 2
catégories ; les revenus du travail et ceux de la propriété. Les revenus de la
propriété sont des revenus résiduels, obtenus par différence, déduction sur les
revenus du travail : Le profit est le résidu qui reste, une fois les salaires payés ; la
rente est ce qu’il reste lorsque le produit du travail de la terre a été payé. Ces
deux revenus.
C’est le travail qui fonde tous les revenus, qui fonde donc la richesse des
nations : c’est à partir du travail et des salaires que la collectivité va vivre. Il n’y
a pas, chez Smith, de théorie de la rente ; il ne fait que constater son existence.
Cependant, le travail est lui-même une marchandise ; par conséquent, quelle
est la valeur de cette marchandise ? Elle ne fait que dépendre du travail
incorporé.
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leur. Il considère que les définitions données par les mercantilistes et les
physiocrates étaient trop restrictives. Il s’écarte des mercantilistes qui
considèrent que seul l’argent était source de Richesse car chez Smith, la
richesse matérielle est aussi source de Richesse. Chez les physiocrates, la
Richesse est fondée sur l’agriculture, Smith la rejette aussi car il considère que
l’industrie crée aussi de la Richesse.
La Richesse est donc constituée de toutes les choses nécessaires et
commodes (superflus) à la vie, que permet d’obtenir le travail annuel de la
Nation. La Richesse est tout ce que le travail a permis de créer. Cette Richesse
est doublement fondée sur le travail : le travail produit des marchandises qui
ont une valeur, et d’autre part, le travail crée aussi de la Richesse quand il est
organisé de manière particulière (division du travail). C’est la division du travail
qui permet l’accroissement des capacités productives des travailleurs, et donc
qui permet d’augmenter la Richesse de la Nation.
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de tout produire, on peut produire seulement certains objets puis les échanger
avec d’autres personnes. La division du travail est le résultat spontané du fait
que les individus cherchent à échanger des biens avec d’autres individus.
Une 1ère fois dans un essai qui a été publié après sa mort et dont on
pense qu’il l’a écrit en 1758 et qui porte sur l’histoire de l’astronomie,
c’est un ouvrage dans lequel Smith explique sa conception de la
méthodologie de la recherche intellectuelle. Il parle de la main invisible
de Jupiter. Cette utilisation de concept n’a pas beaucoup de rapport
avec l’utilisation qui est faite d’habitude.
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La 2ème fois que l’expression apparaît c’est dans la théorie des
sentiments moraux, dans le passage dans lequel il discute la légitimité du
luxe : « Par cette consommation les riches sont conduit par une main
invisible à accomplir presque la même distribution que celle qui aurait
eu lei si la terre aurait été divisée en proportions égales entre les tous ses
habitants. ». Les riches poursuivant que leur intérêt personnel conduise
au même résultat comme s’ils se sont occupés du bien-être des autres.
La 3ème fois est dans la richesse des nations, il explique que : « ce n’est
que dans la vue d’un profit qu’un homme emploi son capital et dans ce
cas son intention n’est pas de servir l’intérêt public et il ne sait même pas
jusqu’à quel point il peut être utile à la société. Il ne pense alors qu’à son
propre gain et en cela il est conduit par une main invisible à remplir une
finalité/fin qui n’entre nullement dans ses intentions. Dans ce passage,
Smith raisonne en terme d’allocation de ressources et explique donc que
penser à soi, à son propre intérêt, est le meilleur moyen à contribuer au
bien public.
La main visible de l’État ne peut pas faire mieux que la main invisible qui pousse
sans que les gens le sachent.
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On est dans cette idée où la libéralisation du commerce international
supprimera tous les conflits. C ‘est une idée qui va se retrouver chez les libéraux,
même encore aujourd’hui (Absence de protectionnisme). Le libre-échange a
une dimension économique qui est d’éviter que l’économie ne tombe pas
dans l’État stationnaire.
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Le libre-échange supprime les frontières entre les pays, contribue à la
richesse et au bien-être de tous de manière tout-à-fait spontanée. Cette
logique est assez libérale, mais est limité.
Smith a eu des idées, des théories qui sont de tendance libérale parce qu’elles
demandent peu d’intervention de l’État. Malgré tout, Smith accepte certaines
interventions. Il n’est pas dogmatique. Il a conscience que le système libéral a
des imperfections, en particulier il a conscience des oppositions des intérêts qui
existent entre « classe sociales ». Il a conscience que les rapports entre les
individus sont déterminés par des rapports de force (employeurs / employés).
Il admet donc que l’État puisse améliorer ces rapports entre les classées
sociales. Cela le conduit à accepter les lois d’aide aux pauvres. Cette
dimension donne un aspect social a son libéralisme que d’autres auteur n’ont
pas ; Or il a cette conviction que le libéralisme, malgré ces défauts est moins
pire, en particulier, même si le libéralisme accroit les inégalités. C’est un
système qui permet la croissance et cette croissance profite à tout le monde,
ce qui n’est pas le cas dans les autres systèmes.
Une des explications tient dans le fait qu’ils n’ont pas vécu la même
époque, il y a environ une cinquantaine d’années entre leurs publications
respectives et la situation d’Angleterre a changé radicalement. Entre les deux
il s’est passée la 1ère révolution industrielle, elle a commencé et s’est terminé.
Cette révolution s’est accompagné d’un changement radical de la société,
on a vu apparaître un prolétariat industriel qui n’existait pas avant et qui était
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très pauvre. On a peu observé aussi de mouvements de populations de la
campagne vers les villes. Cette pauvreté a causé un problème politique car il
fallait prendre des mesures pour essayer de la limiter. Ces mesures ont conduit
Malthus à écrire son essai sur la population.
Thomas Robert Malthus (1766 – 1834) était le fils de Daniel Malthus, intellectuel
proche de Rousseau et de William Godwin. Ce dernier était en faveur de
l’assistance aux pauvres, contrairement à Malthus fils, qui lui y était donc
opposé.
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a) Faut-il aider les pauvres ?
Cet aide au travailleur pauvre a duré jusqu’en 1834 et surtout, c’est une
mesure qui a eu une certaine popularité, qui s’est très rapidement répandu et
qui a permis d’aider un grand nombre de famille qui avait des salaires trop
faibles. Les employeurs pouvaient alors réduire les salaires versés aux travailleurs,
précisément parce qu’il savait que les travailleurs concernés recevraient une
subsistance. Cette mesure a créé un cercle vicieux qui a fait baisser les salaires
de manière très importante. La conséquence négative, au-delà de la baisse
des salaires, est que ce nouveau barème a empêché la formation d’un
nouveau marché du travail car ça a supprimé la flexibilité du marché du travail,
en désincitant les travailleurs, au revenu faible, de retourner au travail.
C’est dans ce cadre que Malthus va écrire son principe des populations.
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b) La Loi de la population et « utilité » de la misère
Les lois d’aide au pauvre ont provoqué beaucoup de débats pour savoir si
elles étaient légitimes est efficace.
En tant que défendeur de la loi, il y a eu Daniel Malthus (Père) et William
Godwin. Thomas Malthus va écrire, en réaction à ces avis favorables, un
pamphlet : Essai sur le principe de population et la manière dont il affecte la
société, avec des remarques sur les spéculations de Godwin, Condorcet et
autres. Le pamphlet est d’abord publié de manière anonyme, connaissant par
la suite un grand succès, poussant Malthus a préparé une deuxième édition
qui sera publié en 1803, qu’il publiera sous son nom. Il publiera au total 6
éditions
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Malthus ne croît pas dans le réalisme de ses chiffres, les tendances sont
des possibilités, des risques, car il pense qu’il y a des « freins », des
obstacles qui régulent l’évolution de la population.
La contrainte morale
L’abstinence sexuelle
Le contrôle des naissances
Le contrôle du mariage
L’anticipation : Les individus sont capables d’anticiper et de prévoir la
misère dans laquelle il serait s’ils font trop d’enfant.
- Les freins positifs (ou destructifs) : Ce sont des mécanismes qui regroupent les
occupations (activités) malsaines (mauvaises pour la santé), pénibles et
dangereuses, l’extrême pauvreté, la mauvaise qualité des denrées
alimentaires et l’insalubrité des conditions de vie et de travail, et les guerres.
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d.1. Critique de la valeur travail de Ricardo
Dans la théorie de la valeur travail incorporé de Ricardo, les prix relatifs des
marchandises sont proportionnels à la quantité de travail direct et indirect qui
est incluse dans les marchandises.
Soit une économie à 2 secteurs d’activité dans lesquels les durées de
production sont différentes et le capital utilisé est différent. Il est évident que les
prix relatifs des produits fabriqués ne dépendent pas simplement du rapport
entre les quantités de travail incorporé : Une théorie de la valeur travail est
incapable de déterminer les prix relatifs ; il faut donc changer de théorie. Pour
Malthus, la valeur dépend du travail commandé (Achat de travail). On
s’éloigne de la théorie de Ricardo.
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e) L’héritage de la pensée de Malthus
Parmi les scientifiques influencées par Malthus, on trouve deux
biologistes/naturalistes : Alfred Russel Wallace et Charles Darwin, inventeurs de
la théorie de la sélection naturelle (et donc de l’idée que l’évolution des
espèces se fait par un processus de sélection qui garantit la survie du plus apte,
le mieux adapté à leur environnement).
L’idée emprunté (à Malthus) est la suivante : les individus dans les
différentes espèces produisent plus d’enfant qu’il ne peut potentiellement en
survivre ; une partie de ces individus va mourir, ce qui, comme chez Malthus,
garantit une régulation spontanée de la population. Il y a principe de sélection
à l’œuvre dans les populations mais il y a aussi un second principe, celui de
survie.
Ceux qui survivent sont ceux qui sont les mieux adaptés à leur
environnement car, comme il y a trop d’individu dans la nature, il y a
concurrence entre les individus et seules les plus aptes survivent. C’est cette
idée que Darwin affirme, développé de Malthus ; un principe qui régule le
principe de population est de même nature que celui qui régule les espèces
non-humaines.
3.2 Ricardo
David Ricardo, né en 1772, mort en 1823, a commencé à l’âge de 14 avec son
père, courtier de Londres. En 1793, Ricardo se converti au christianisme à
l’occasion de son mariage et se fait déshérité de son père. Il deviendra lui-
même courtier à la Bourse de Londres et fera fortune relativement rapidement
et prend sa retraite en 1814. Il commence alors à écrire des livres d’économie.
Il entrera au parlement en 1819.
Il écrit son premier essai en 1815, Essai sur l’influence du prix du maïs sur
les profits. C’est un essai dans lequel il démontrait qu’une augmentation des
taxes sur l’importation de grain ne pouvait entraîner qu’une augmentation du
prix et une augmentation du revenu des propriétaires terriens et de
l’aristocratie, au dépend des ouvriers et des industriels. Une augmentation des
taxes détourne donc la richesse des classes les plus productives vers les moins
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productives, rendant l’économie moins efficace. Dans cet ouvrage, il
développe sa théorie de la rente.
Dès le début de ces principes d’économie politique, Ricardo comme par une
interrogation sur la théorie de la valeur. Ricardo adopte d’emblée une théorie
de la valeur travail, ici, incorporé qui s’oppose à la théorie de la valeur
commandée, que l’on trouve chez Smith et Malthus. Ricardo s’oppose à cette
théorie de la valeur travail commandé parce que, dans ce cas, la valeur n’est
pas indépendante de la répartition des revenus ; si les salaires changent, dans
une théorie de la valeur travail commandé, le prix des biens va changer
également, montrant bien que la valeur d’un bien dépend de la manière dont
les revenus se répartissent entre salaires et profit.
34
posent donc problème et va pousser les prochains économistes à tendre vers
une théorie de la valeur utilité. Ricardo tentera longtemps de régler ce
problème de dépendance prix/répartition des revenus.
35
2. Les rendements marginaux décroissants (une combinaison de plus en
plus importante de travail et de capital utilisé sur une quantité fixe de
terres produit des outputs de plus en plus faible).
36
Soit 6 qualités de terres, classées de la plus à la moins fertile. E représente la
terre marginale sur laquelle le produit est utilisé pour le profit et les salaires
(sans la rente). Le profit et le salaire épuisent la production.
S’il n’y avait pas de rente, les profits réalisés sur chaque terre augmentent
mais ici, c’est la rente qui augmente pour une qualité de terre plus importante.
C’est la rente qui augmente parce que les taux de profits sont uniformes (car
la concurrence entre les capitalistes les pousse à offrir une partie de ce profit
pour avoir le droit à exploiter les terres les plus fertiles, ce qui conduit à une
harmonisation des taux de profit et à une distribution de la totalité du surplus
aux propriétaires terriens). Ce surplus est donc exogène au processus de
production puisqu’il n’est pas lié à une qualité particulière, le prix du blé va se
fixer sur les coûts de production des terres les moins fertiles. La rente sur la terre
marginale semble être égale à 0. Pour comprendre la solution, il faut modifier
l’interprétation de ce graphique.
37
Cette théorie de la rente est intéressante dans le sens où elle permet de
comprendre le prix du blé. La rente existe parce que le prix du blé est élevé ;
par conséquent, l’inverse n’est pas vrai, c’est-à-dire que ce n’est pas la rente
qui explique le prix du blé. Cela explique pourquoi les propriétaires terriens ont
intérêt à maintenir un prix du blé élevé.
- Le libre échange est bénéfique parce que tous les pays qui
commercent se spécialisent dans la production des biens dans lesquels ils ont
un avantage comparatif et cette spécialisation permet un gain mutuel.
Ricardo prend l’exemple du Portugal et de l’Angleterre, et montre que chaque
38
pays a intérêt à se spécialiser dans la production du bien qu’ils produisent le
plus efficacement tout en y gagnant chacun de leur côté.
4. L’utilitarisme
Une grande partie de la théorie économique repose sur l’utilitarisme. Jérémy
Bentham, John Stuart Mill et Henry Sidgwick sont parmi les grands penseurs de
la pensée utilitariste.
L’utilitarisme est une doctrine qui se fonde sur l’idée que l’utilité est le
critère d’évaluation des actions individuels et aussi des actions collectives.
L’utilitarisme est une doctrine « conséquentialiste » : la valeur morale d’une
action dépend de ses conséquences, pour l’individu et pour la collectivité. Le
conséquentialisme s’oppose à l’approche déontologique de la morale, c’est-
à-dire à une approche dans laquelle la morale est définit par rapport à des
principes en termes de devoir.
39
cela doit être accepté par tout le monde mais ne doit pas être fondé sur des
préceptes religieux. Son raisonnement part d’un constat : tous les êtres humains
se comportent de la même façon, en suivant un même principe, obtenir le plus
grand Bonheur possible en évitant la Souffrance. Par conséquent, pour lui, une
action sera jugée bonne si elle a pour conséquence de nous rendre heureux,
ce qui n’est pas forcément morale déontologiquement parlant.
2 problèmes se posent :
Né en 1806, mort en 1873, John Stuart Mill est considéré comme le penseur du
couronnement de l’école Classique : il a synthétisé et modernisé les thèses de
40
l’école Classique. Il a aussi modernisé l’utilitarisme de Bentham, par la
distinction notamment entre les Peines et Plaisirs physiques et intellectuelles.
John Stuart Mill est le fils de James Mill, philosophe utilitariste, ami de
Bentham, et partageaient entre eux une idée précise de l’éducation : les
individus sont le produit de leur environnement/éducation. A leur naissance,
les Hommes sont tous identique, et c’est l’éducation qui les forme. James a
décidé de façonner son fils en lui donnant une éducation très poussée. Il sera
considéré comme étant « la vieille femme qui sait tout ». A 14 ans, John Stuart
Mill apprend la chimie et la zoologie à la faculté de Sciences de Montpellier,
et, en 1851, il se marie à Ariette Taylor.
Pour J.S. Mill, l’économie est une science morale qui ne peut pas avoir
recours à l’expérimentation. Elle ne peut pas utiliser de méthode scientifique,
mais l’économie reste une science, dans le sens où, contrairement à l’éthique
ou la philosophie, elle se limite à un aspect des comportements humains :
L’acquisition de Richesses. L’économie (politique) étudie les faits sociaux qui se
produisent en vue de l’acquisition des Richesses.
41
b) La théorie économique de J.S. Mill
42
d’un fond de salaire : cette théorie dit que la masse salariale est prédéterminée
par le montant des capitaux, accumulés par les capitalistes, et engagés dans
le processus de production. Cette masse salariale est égale à l’épargne,
laquelle fonde totalement les capitaux utilisés dans le processus de production.
Le salaire moyen ici est déterminé par le rapport entre les capitaux accumulés
et le nombre de travailleurs. Dans cette théorie des fonds de salaires, la
productivité du travail n’a aucun impact sur le salaire, les institutions non plus :
Le salaire est un résidu.
Mill admettra plus tard que d’autres facteurs pouvaient influencer les
salaires comme les anticipations des travailleurs ou des facteurs institutionnels.
Il synthétise une fois encore la conception de plusieurs économistes classiques,
comme Smith, avec la théorie du fond de salaire ou Malthus pour l’anticipation
des travailleurs. Mill accepte le principe des populations de Malthus, il est
favorable au contrôle des naissances pour réguler les variations de population
mais ne pense pas que les individus, et surtout les pauvres, soit incapable de
contrôler leur comportement : il pense que les individus ont conscience du
besoin de contrôler le nombre de leur enfant. La raison joue un rôle dans les
comportements individuels même en matière d’évolution de la population.
J.S. Mill reprend l’idée que la baisse des taux de profit conduit à un état
stationnaire mais ne considère pas que l’état stationnaire soit une mauvaise
situation, voire enviable. La concurrence entre les individus a disparu, et dans
l’état stationnaire, quand plus personne n’aspire à devenir riche alors la société
a atteint son optimum. Mill a une vision « qualitative » du progrès : le progrès,
c’est arriver à cette situation de plein harmonie, sans concurrence.
Le libéralisme de Mill est tout à fait paradoxal, différent des autres économistes
Classiques. Il croît dans la liberté individuelle et la nécessité de respecter cette
liberté, mais il admet que l’on puisse intervenir dans le fonctionnement de la
société, que l’on puisse corriger l’évolution naturelle des sociétés, en particulier,
si le plus grand Bonheur du plus grand nombre n’est pas atteint alors
43
l’intervention de l’Etat est tout à fait légitime pour corriger ces lois naturelles.
Certains l’ont rapproché du socialisme à cause de sa volonté de légitimer
l’intervention de l’Etat. Il est assez intéressant de voir que le plus grand
économiste Classique est celui qui a transformé le libéralisme de cette école.
Ici, on revient à un optimisme assez franc qui rappelle celui d’Adam Smith.
Dans le cas de Jean-Baptiste Say, les liens avec Smith sont assez importants
parce que l’on présente Jean-Baptiste Say comme son disciple. Né en 1767,
mort en 1832, Jean-Baptiste Say aura écrit un ouvrage publié en 1803 intitulé
Traité d’économie politique ou Simple exposé de la manière dont se forme, se
distribue et se consomme les Richesse. En 1815, il publie un Catéchisme
d’économie politique et en 1830, Cours d’économie politique.
44
services soient productifs. Il faut donc admettre que le travail de l’entrepreneur,
qui est improductif chez les classiques, devienne productif.
Quand on dit que l’on achète des produits avec d’autres produits, cela
peut signifier qu’il y a absence de monnaie comme régulateur du marché.
Jean-Baptiste Say étudierait donc une économie de troc, et pourtant ce n’est
pas le cas. Ce que veut dire Jean-Baptiste Say, c’est que la monnaie n’affecte
pas les échanges : la monnaie est neutre, la monnaie est un Voile, c’est-à-dire
que la monnaie n’a pas de valeur en elle-même et, dès qu’un individu a vendu
un bien, il cherche immédiatement à utiliser la somme obtenue pour acheter
45
d’autres biens. Par conséquent, on peut effectuer qu’il y a échange de biens
car la monnaie n’est jamais un obstacle à l’échange. Evidemment, cela ne
veut pas dire qu’il n’y a pas d’épargne mais l’épargne ici n’est jamais retiré de
la circulation, il n’y a pas de thésaurisation chez Jean-Baptiste Say : l’épargne
est immédiatement placée. Par conséquent, l’épargne sert à financer
l’investissement, donc toute la monnaie existant dans l’économie est utilisée,
soit directement dans les achats, soit indirectement dans l’épargne.
La loi des débouchés garantit qu’il n’y aura pas de crise économique, parce
qu’il n’y a pas d’excès d’offre (puisqu’elle crée sa propre demande) ; la
demande est toujours suffisante : la demande potentielle correspond toujours
à la demande effective.
Remarque 1
Remarque2 :
46
demande peut être insuffisante du fait que les agents économiques
peuvent éviter de dépenser tout leur revenu.
La loi de Say a été reprise dans les années 1970 par les économistes de
l’offre, qui ont réhabilité Jean-Baptiste Say contre Keynes, et l’offre
contre la demande. Donc, si l’on suit la pensée de Keynes, si une crise
survient, c’est par une faiblesse de la demande, et, par conséquent,
l’Etat doit intervenir pour réajuster cette demande. C’est une relance
par la consommation. En revanche, si l’on suit la pensée de Say, si une
crise survient, c’est par une faiblesse de l’offre dû à une trop grande
intervention de l’Etat, et donc, il faut réduire les barrières règlementaires
imposées aux entreprises par l’Etat pour relancer l’offre sur le marché. La
loi des débouchés permet de justifier la dérèglementation, et donc, tous
les mouvements, toutes les politiques de dérèglementation mises en
place à la fin des années 1970 et au début des années 1980 (Thatcher,
Reaganomics, …) sont fondés sur cette idée : libérer l’offre permet de
libérer la richesse.
Les crises sont malgré tout possible si des évènements exogènes
surviennent et perturbent le fonctionnement du système économique
(catastrophes naturelles, « désastres » politiques [interventions abusives
de l’Etat]).
L’absence de crise, l’égalité entre l’offre et la demande, peut se faire à
n’importe quel niveau d’emploi. Les économistes classiques pensent que
le chômage ne peut pas durer dans le long terme et, ce, à cause
essentiellement du principe des populations de Malthus : les chômeurs
ne peuvent pas survivre. Le court terme correspond ici à la mise en
pratique du principe de population, la mise à mort des chômeurs.
47
Frédéric Bastiat était à la foi un économiste, un journaliste et un homme
politique. Il n’est pas véritablement un théoricien de l’économie, mais son rôle
reste relativement important car il a servi d’appui à beaucoup de libéraux et
d’ultralibéraux au XXème siècle. L’Histoire dit que Ronald Reagan a été
convaincu par les thèses libérales et ultralibérales ; quand on lui a demandé
d’enregistrer des œuvres de Frédéric Bastiat, c’est par la suite que Reagan est
devenu libérale.
Frédéric Bastiat aura eu une vie assez tragique, il a été orphelin jeune,
ces tentatives professionnelles ont été tous des échecs relatifs, il a eu la
tuberculose, et il est mort jeune. En 1848, il est nommé à l’assemblé nationale
et aura laissé quelques écrits intéressants, notamment 2 ouvrages : Les
Sophismes Economiques et Harmonies Economiques. Bastiat y développera
notamment l’idée que les intérêts individuels s’harmonisent naturellement et
de manière spontanée.
Puisque l’intérêt général n’existe pas, il est évident que toute prétention
à défendre cet intérêt général n’est qu’une façon de promouvoir des intérêts
privés. Cela a pour conséquence que l’Etat agit de manière totalement
48
désordonnée, injuste, inefficace et ces interventions ne peuvent aller qu’en
augmentant parce que les groupes de pression cherchent à obtenir toujours
plus d’avantages.
Ce que veut dire Frédéric Bastiat, c’est que l’intervention de l’Etat est
nécessairement contraire à l’intérêt de la collectivité parce qu’il cherche à
satisfaire les intérêts de groupes privés.
49
groupes de pression ; la seule solution reste encore de supprimer l’Etat, cela
veut dire privatiser la production des biens et services, qui sont habituellement
les prérogatives de l’Etat.
50
Leçon 3 : Les réactions contre l’économie classique et la pensée socialiste
51
qui va permettre le changement, qui va réussir à convaincre les élites à la foi
de la nécessité de changer et du caractère inéluctable du changement, et,
par contagion, l’idée que la société va, et doit, changer va se répandre chez
dans toute la société. Cet Homme providentiel est un entrepreneur qui a perçu
avant tout le monde le besoin du changement, qui a compris le
fonctionnement des sociétés et les raisons de leur décadence, mais à la
différence des autres entrepreneurs, cet Homme providentiel agit pour l’intérêt
collectif, le bien-être de tous. La plupart des penseurs socialistes sont persuadés
d’être cet Homme providentiel, qui a compris le fonctionnement des sociétés,
et écrivent pour promouvoir ces idées.
La théorie est de l’Histoire est une explication que donne St Simon sur la
manière dont les sociétés humaines évoluent. Il pense que les sociétés
52
humaines évoluent à la foi de manière cyclique et linéaire, cyclique dans la
mesure où il existe une alternance de périodes de croissance et de crise et de
manière linéaire car cette évolution se fait dans une tendance de progrès.
Dans le détail, les périodes « d’or », les périodes de création, sont donc
des phases constructives dans lesquelles les individus partagent des valeurs
communes qui garantissent à la foi la cohésion sociale, l’harmonie, et la
croissance. Pour St Simon, ces phases sont des phases dites organiques. Les
phases de crises sont des périodes dites critiques et, pendant ces périodes, tout
ce qui a été créé, mis en place pendant la période organique, se détruit. Cette
destruction n’est pas nécessairement mauvaise car elle prépare l’avènement
d’une nouvelle période positive qui sera meilleure que la période positive,
organique, précédente. Ces phases sont des phases de destruction créatrice
qui sont indispensables pour atteindre une étape ultérieure dans l’évolution
vers le progrès.
Les sociétés primitives : Ce sont les sociétés féodales et, de manière plus
générale, les sociétés fondées sur la force armée.
Les sociétés légistes : Ces sociétés sont fondées sur le Droit, les légistes
remplacent les militaires.
Les sociétés industrielles : Au début du XIXème, pour St Simon, on est à la
foi au début d’une période organique et au début de la société
industrielle ; la société qui s’annonce n’est plus une société de guerre,
de conquête, mais une société de production, d’industrie,
d’organisation du travail.
b) Le rôle de l’industrie
53
St Simon a inventé un terme pour caractériser la doctrine qu’il défend, le terme
d’« industrialisme », car il veut se démarquer du libéralisme et d’une façon de
faire de l’économie non-socialiste. Il invente une histoire pour expliquer ce
qu’est l’industrialisme :
54
vivre ensemble, et la sphère économique ; les questions politiques sont mises
au second plan au profit des questions industrielles et économiques. C’est une
société de la disparition de la politique et de la suprématie de l’industrie.
Les St Simoniens sont importants car ce sont eux qui ont donné vie à la pensée
de St Simon, qui ont fait connaître cette pensée et qui lui ont donné une
dimension concrète. Olinde Rodrigues, Prosper Enfantin et Saint-Amand Bazard
critiqueront la propriété privée, considérant cette institution périmée,
inadaptée à la société dans laquelle ils vivent, à la foi inefficace et injuste,
inefficace par la désorganisation de la production, injuste car elle repose sur
l’exploitation de l’Homme par l’Homme.
55
Il essaie de trouver une 3ème voie et cela a pour conséquence est que
Proudhon a été utilisé par des penseurs qui appartiennent à la fois au
libéralisme et socialisme. Le projet de Proudhon s’appuie sur la volonté de
respecter à la fois la souveraineté individuelle et la souveraineté collective.
56
Le travail représente le « moi », au sens de Freud, des êtres humains, la
substance de l’Homme. C’est le travail qui marque la différence entre les êtres
humains et les animaux. Pour Proudhon cela signifie que le travail permet
véritablement d’exprimer l’identité de l’humain (par l’exploitation de ses
capacités). Proudhon rajoute que le produit d’un travail fait isolément n’a
aucune valeur ; le travail n’acquiert de valeur que lorsqu’il est partagé, lorsque
plusieurs individus mettent leur travail en commun. Par conséquent, pour
Proudhon, le travail à une dimension collective, le travail exprime la
dépendance de l’Homme à la société. Evidemment, l’une des conséquences
de cette conception est la nécessité de diviser le travail, comme le disent les
libéraux, mais Proudhon explique que les libéraux se sont trompés sur les
raisons/causes de la division du travail. Cette erreur les a conduits à oublier la
dimension collective du travail et les libéraux sont par conséquent incapables
de comprendre la contradiction entre le fait que, d’une part, la division du
travail permet l’amélioration des compétences individuelles, et d’autre part, la
division du travail en tant que cause de la décadence de l’esprit. Les libéraux
ne peuvent pas sortir de cette contradiction. Ce que Proudhon veut faire, c’est
essayer d’échapper à cette contradiction. Proudhon pense qu’une
recomposition du travail est nécessaire : repenser le travail en lui donnant cette
dimension collective et réorganiser la division du travail en prenant toujours en
considération la dimension collective.
57
puissance qui émane des Hommes quand ils travaillent de manière
harmonieuse et solidaire avec les autres et permet de produire de plus grandes
quantités de biens et de meilleures qualités, dans des conditions idéales
puisque les individus peuvent véritablement exprimé leurs natures, ils ne sont
plus exploités. Le travail devient véritablement le moyen de libérer les individus.
b) La propriété (privée)
La propriété est une idée essentiellement et fondamentalement contradictoire,
parce qu’elle a à la fois des éléments négatives et positives. Si on ne reconnait
que les aspects positifs ou négatifs de la propriété, alors on ne peut pas
comprendre la nature même de ce concept, donc one ne peut pas organiser
la société, d’une façon qui permette d’exploiter à la fois les aspects positifs et
à la fois les aspects négatifs.
L’aspect positif est qu’elle répond à un besoin ; elle est utile à la fois à la
société et aux individus et c’est cette utilité qui la justifie, elle permet
l’enrichissement et le développement de la société, et cet aspect positif devra
être conservé dans une société socialiste. Cependant, il est apparu un aspect
négatif, le despotisme : le droit d’user et d’abuser que l’on peut associer, au
droit de propriété. Avec le droit de propriété s’est mis en place le despotisme.
58
De ce fait, il s’est créé une relation déséquilibrée entre les individus par lesquels
les propriétaires ont des obligations qu’ils peuvent, ou non, remplir. C’est donc
ce déséquilibre, le fait que le propriétaire puisse échapper à ses obligations,
qui justifie la formule : « La propriété, c’est le vol ». Cette formule ne signifie pas
un rejet total de la propriété privée, mais cela signifie la suppression des
aspects négatifs de la propriété.
C’est une forme de despotisme quand elle repose sur des rapports entre
les individus qui sont faussés, c’est-à-dire quand elle considère les
travailleurs uniquement dans son individualité et donc qu’elle conduit le
capitaliste à verser au travailleur un salaire qui permet à peine sa
subsistance parce que le salaire de subsistance ne permet pas au
travailleur d’avoir une existence stable alors que ce salaire permet au
capitaliste d’engranger des profits qui lui permettent d’obtenir un avenir
serein.
Le despotisme de la propriété privée s’exprime aussi dans l’appropriation
de la force collective. Le propriétaire du capital s’approprie la force
collective de manière totalement illégitime : cette appropriation résulte
du fait que le capitaliste emploie les travailleurs de manière collective
mais il ne les paie que de manière individuelle, et donc, en payant les
individus, le propriétaire ne paie pas la force collective parce qu’il ne
paie pas la puissance qui résulte du travail solidaire mais du travailleur.
La différence entre le produit de la force collective et la somme des
salaires, la plus-value de Marx, est « volée » par les capitalistes. Le « vol »
repose donc de la négation de la nature sociale de l’Homme. Il faut
donc trouver une organisation sociale qui permette d’éviter ce vol et
donc, c’est la base de cette société mutuelliste qui repose sur le fait que
la propriété du travail doit retourner au travailleur.
59
Proudhon plaide pour une société où ce sont les travailleurs qui possèdent les
entreprises, c’est-à-dire qu’il plaide pour l’autogestion. Les entreprises
autogérées vont nouer entre elles des relations contractuelles et donner
naissance à une société fédérale, à une fédération industrielle.
60
Marx pose la question suivante : Comment peut-on expliquer que des biens
qui ont des valeurs d’usages différentes peuvent avoir une même valeur
d’échange ?
Il y a une contraction parce que si des biens ont des valeurs d’usages
différentes, cela signifie qu’ils ont des qualités différentes, et donc leur rapport
d’échange devrait être différent. Toutes les marchandises, tous les biens, ont
un point commun, une substance commune : le travail. Le travail constitue la
substance de la marchandise et donc aussi celle de la valeur. Au-delà des
propriétés objectives/apparentes des marchandises, qui leur permettent de
satisfaire des besoins, il y a un élément profond, ultime : le travail, que l’on
retrouve dans toutes les marchandises.
Il apparait que le travail lui-même est hétérogène au sens où tous les travaux
diffèrent les uns des autres (maçon cuisinier). A cause de cette hétérogénéité,
on se retrouve avec un nouveau problème : on a donné aux marchandises
une substance hétérogène. Comment réconcilier l’hétérogénéité du travail
avec la notion d’essence/substance ? Précisément en imaginant que le travail
a deux dimensions, celles évoquées plus haut : le travail exprime la nature de
l’Homme dans sa dimension abstraite et dans sa dimension concrète il montre
l’être humain en train de produire son existence, il représente la matérialisation
de l’être humain.
Comme chez Proudhon, le travail comme essence n’est pas un travail isolé,
c’est une activité sociale. Marx adopte une théorie de la valeur travail dans
laquelle la valeur de la marchandise est donnée par le temps de travail
nécessaire à sa production, avec deux dimensions : On inclue dans ce temps
de travail, le travail direct, ce que Marx appelle « le travail vivant », et le travail
indirect, le travail nécessaire pour produire les outils de production. La valeur
d’une marchandise est déterminée par le temps de travail socialement
nécessaire4 à la production.
4
Quantité de travail moyenne nécessaire à la production
61
Comme l’on a une théorie de la valeur travail, le système capitaliste a une
forte incitation à innover parce que les entreprises vont chercher à réduire la
quantité de travail pour produire : une entreprise qui utilise une technique de
production obsolète va avoir besoin de plus de travail que ses concurrents et
va vendre ses produits plus chers que ses concurrents.
a) La valeur du travail
Si on adopte une théorie de la valeur travail, pour déterminer la valeur DU
travail, il faut considérer que le travail est une marchandise, mais Marx refuse
que le travail soit une marchandise, par conséquent le travail n’a pas de valeur,
parce qu’il est la substance de la valeur et on ne peut pas déterminer la
substance de la substance.
Comment déterminer la valeur du travail ? Marx dit que ce n’est pas le
travail qui est vendu au capitaliste, c’est la force de travail, ou, plus
précisément, l’usage de la force de travail pendant une période donnée. Pour
déterminer sa valeur, on peut raisonner en terme de valeur travail, c’est donc
la quantité de travail nécessaire qui a été nécessaire pour produire cette force
de travail, c’est-à-dire la valeur du panier, la valeur des biens qui permettent
aux travailleurs de reconstituer la force de travail.
Le travailleur est exploité selon Marx, mais il l’est parce que le revenu qui est
perçu par celui-ci est différent de celui qu’il aurait dû percevoir.
62
Le revenu, qui est la contrepartie de la valeur créée par le travail, ne va
pas uniquement au travailleur mais va au travailleur ET au capitaliste. Le
capitaliste bénéficie donc aussi de la valeur créée par le travail alors qu’il ne
crée aucune valeur. Cette différence représente l’exploitation du travailleur
par le capitaliste. On peut mesurer cette exploitation puisqu’elle est égale à la
différence entre la valeur créée par le travail et le salaire versé au travailleur.
Cette différence, Marx l’appellera : la plus-value.
a) La logique du capitalisme
Dans la société marchande, la logique est de vendre pour pouvoir acheter.
Marx dit alors que le cycle sur lequel fonctionnent les sociétés marchandes est
le suivant :
63
Le point de départ du cycle économique est l’argent dont dispose les
capitalistes pour pouvoir acheter des marchandises, y compris les moyens de
production, qui une fois vendu, permettent de récupérer de l’argent. La finalité
du cycle du système capitaliste est le profit, profit qui est rendu possible par
l’accumulation du capital, laquelle fonctionne sur l’exploitation des travailleurs
et la plus-value.
b) L’accumulation du capital
c) La concentration capitaliste
64
dynamique de crises de plus en plus grave, de plus en plus importante,
jusqu’au moment où cette instabilité ne sera plus tenable, et le système
capitaliste disparaîtra. Cette instabilité sera renforcée par un autre
phénomène.
Chez les classiques, l’état stationnaire est un état sans croissance. Chez
Marx, la baisse tendancielle du taux de profit conduit à la disparition du
système capitaliste. Cet élément est très important car il permet d’expliquer la
disparition de capitaliste … Cependant, la baisse tendancielle du taux de
profit peut être éventuellement contrecarrée. Quand le taux de profit
augmente de nouveau, on a des phases de croissance qui permettent une
augmentation des salaires, engendrant une dégradation des taux de plus-
value et amenant par la suite une nouvelle crise économique de surproduction,
sous le même schéma que précédemment. On a succession de phases de
croissance et de décroissance, le capitalisme se caractérise par ces
expansions et crises, et Marx nous dit qu’au fur et à mesure que le temps passe,
les crises sont de plus en plus violentes et fréquentes, et, à chaque fois que la
croissance revient, le taux de profit est de plus en plus faible : Plus il y a de crises
économiques, plus le système s’affaiblit (, plus les entreprises sont fragiles).
Cette succession de période de crises et de croissances finit par conduire à
une dernière crise économique à laquelle le système ne peut résister. Au mieux,
les capitalistes peuvent reculer l’échéance de la chute du système mais ne
peuvent l’arrêter. Cette disparition est bien évidemment liée à la fragilité
accentuée des entreprises, due à la diminution perpétuelle du taux de profit.
65
L’un des problèmes soulevés est que la baisse tendancielle du taux de profit
n’est pas véritablement vérifiée. Un autre problème vient du fait qu’il ne s’agit
pas d’une loi mais, comme dit plus haut, d’une conviction, car, ce que dit Marx
peut être résumé de la façon suivante : le taux de profit baisse dans le long
terme sauf lorsqu’il y a des éléments qu’il l’empêche de baisser. Sous cette
forme, cette baisse du taux de profit n’est qu’une tautologie (le taux de profit
ne baisse que lorsqu’il ne baisse pas). Cette loi ne peut pas être démontrée,
elle est toujours vraie ou fausse.
66
Leçon 4 : Le marginalisme
Au milieu du XIXème, ce sont plus les néoclassiques qui se sont imposés, et qui
ont donc imposé leur vision de l’économie, qui ont défini ce que l’on appelle
aujourd’hui l’économie « orthodoxe ». L’approche historique, inductive quant
à elle fut et est restée une approche « hétérodoxe » de l‘économie.
1. L’école de Lausanne
67
Ces 3 économistes ont inventé de manière totalement indépendante et quasi-
simultanée, le raisonnement marginal.
68
l’éthique, la morale et les jugements de valeurs. D’un point de vue idéologique,
Léon Walras est plutôt socialiste : il était en faveur de l’intervention de l’Etat.
Léon Walras se disait lui-même être un socialiste scientifique libérale. Comme
conséquence de cette idéologie, il considérait qu’il existait deux autres
branches dans l’économie : l’économie politique appliquée et l’économie
sociale.
69
aussi dans une logique totalement et absolument individualiste ; il n’y a que
des individus, pas de classe/déterminisme sociale, pas de syndicat, pas de
groupe de pression, pas de cartel. Cet individualisme est logiquement relié au
fait que Léon Walras se situe dans un cadre de concurrence pure et parfaite.
Comment est-il donc possible d’expliquer que les actions individuelles peuvent
elles se coordonner par les marchés ?
70
conditions d’échange qui leur permettent de maximiser leur fonction
objectif et sont parfaitement satisfaits par cette situation.
3) Toutes les firmes/consommateurs sont capables d’échanger
précisément les quantités de biens qui maximisent les profits et les utilités.
C’est un équilibre réel au sens où la monnaie ne joue aucun rôle, elle ne sert
qu’intermédiaire des échanges, et tout fonctionne parce que les marchés sont
parfaitement concurrentiels, les agents sont maximisateurs et les prix sont
flexibles. C’est la flexibilité des prix qui permet d’atteindre l’équilibre, et non
celle des quantités. L’équilibre général s’obtient après une procédure dite de
tâtonnement et tout se passe comme-ci il y avait un commissaire-priseur qui
annonçait les prix, les individus réagissent en faisant des propositions d’offres et
de demandes, maximisant leur utilité. Si l’offre est égale à la demande, on est
à l’équilibre et l’échange peut avoir lieu, dans le cas contraire, le commissaire-
priseur annonce un autre prix, et les agents réagiront en fonction de l’évolution
de ce prix.
Ce qui est crucial dans cette procédure, c’est qu’elle est totalement fictive,
qui intervient avant l’échange, c’est-à-dire qu’il n’y a d’échange qu’à
l’équilibre, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas d’individus employés sur le
marché du travail : tous les agents économiques qui souhaitent réaliser une
transaction au prix d’équilibre peuvent le faire.
71
d’inconnus. L’explication vient du fait que s’il y a n marchés et qu’il y a
équilibre sur n-1 marchés, cela signifie que les consommateurs ont
dépensé une somme d’argent égale à la valeur des biens qui leur sont
offerts. Or, dans le même temps, on sait que la totalité des biens produits
en valeur (le produit national, ) est égale à la totalité des revenus perçus
par les consommateurs. Par conséquent, s’il y a n-1 marchés en équilibre
dans cette économie, on peut conclure de manière mécanique qu’il y
a équilibre sur les n marchés. Ce résultat s’appelle la loi de Walras, mais
il pose un problème au modèle Walrasien, dans le sens où il implique
moins d’équations que d’inconnus. Sa certitude que l’on peut trouver un
équilibre général n’était pas fondé.
Même en admettant qu’il y ait autant d’équations que d’inconnus, que
le système d’équations peut être résolu, cela ne veut pas dire qu’il existe
une solution. Il se peut qu’il n’y ait pas de solution comme il est possible
qu’il y ait une infinité de solutions, et il est tout à fait possible qu’il existe
qu’une seule solution, mais que cette solution n’est aucune signification
économique (prix ou quantités négatives).
3 remarques historiques :
72
1.2 Economie, sociologie et optimalité chez Pareto
L’idée de Pareto est donc de dire qu’il n’est pas nécessaire de quantifier
les utilités individuelles mais d’ordonner les paniers de consommation, en
fonction de la satisfaction retirée. L’individu n’attribue pas un nombre aux
différents paniers qu’il consomme mais il se contente de les classer, ce qui
conduira à Edgeworth à proposer la notion de « courbe d’indifférence » et le
seul élément qui compte pour évaluer un état de la société, une allocation des
ressources, c’est de connaître la « carte » d’indifférence des individus ; ce qui
a 2 conséquences :
73
1. La quantité d’informations nécessaires que l’économiste a besoin
pour juger un état de l’économie est beaucoup moins importante
que dans une approche cardinale/utilitariste.
2. Il est impossible de déterminer de l’extérieur des individus ce que
sont leur préférence ; cela évite de donner à l’économiste, qu’il
soit bien veillant ou non, un pouvoir très important sur les individus.
b) Utilité et ophélimité
Le point de départ de la pensée de Pareto, en matière de comportement
individuel, est que l’individu est le meilleur juge de son bien-être ; Chacun est
apte à dire ce qui optimise son utilité, mais la complexité de la psychologie
humaine conduit Pareto à distinguer deux types de satisfactions individuelles :
les satisfactions strictement économiques, parce qu’elles proviennent de la
consommation de biens et services et que Pareto appelle « l’ophélimité », et
les satisfactions non purement économiques, reposant sur les relations
humaines et l’appartenance à une société, en suivant des préférences
morales, que Pareto appelle « l’utilité ». Le terme d’ophélimité a été rarement
repris car les économistes, même parétien, l’ont amalgamé avec l’utilité ; ils
ont choisi de réduire l’utilité à l’ophélimité et de considérer que les seules
satisfactions pertinentes pour une analyse économique sont celles qui sont liés
à la consommation de biens et services. 2 raisons expliquent cette ignorance
de différence : le concept d’ophélimité a été développé dans le Traité de
sociologie générale, ce qui montre que pour Pareto, il n’y avait pas de frontière
nette entre sociologie et économie, et les économistes ne lisent pas la
sociologie, et la distinction que propose Pareto va à l’encontre des définitions
habituellement retenues.
Malgré tout, la nature économique de l’ophélimité résulte de 4
caractéristiques :
74
Ces préférences s’expriment uniquement sur le marché.
Ces préférences sont données et exogènes à l’analyse
L’utilité désigne donc un champ plus vaste que l’ophélimité, qui lui ne
s’intéresse qu’à la dimension de satisfaction économique, mais conduit à
prendre considération des préférences qui vont au-delà des préférences
strictement économiques, et donc, pour Pareto, le raisonnement économique,
n’est qu’une étape dans l’analyse du fonctionnement des sociétés.
L’économie n’est qu’une partie du fonctionnement de la société et elle est en
quelque sorte englobée par des éléments plus vastes.
c) L’optimalité parétienne
Ce que les économistes appellent un « optimum de Pareto » correspond à un
état de la société qui représentait, pour Pareto, le maximum d’ophélimités pour
la collectivité ; c’est une allocation des ressources ne conduisant pas à un
maximum d’utilités mais bien d’ophélimités. Pour Pareto, cet optimum n’est pas
une finalité : c’est une étape intermédiaire qui doit compléter par des «
considérations étrangères à l’économie », comme des considérations
politiques, éthiques, etc… L’optimum de Pareto est donc une situation où il y a
unanimité entre les individus sur les transformations sociales à réaliser : chaque
75
individu à un droit de veto sur les modifications que l’on veut réaliser, et, de
manière symétrique, le sacrifice est totalement exclu. Plus précisément, il faut
distinguer les 2 formulations différentes de cette conception d’unanimité :
1. Soit on exige l’accord explicite de chaque individu à la transformation
sociale proposée.
2. Soit on se contente d’une adhésion implicite
2 L’école autrichienne
L’économie autrichienne est liée à une spécificité géographique : les premiers
économistes de l’école autrichienne étaient … autrichiens !
Jusqu’au premier tiers du premier siècle, les économistes ont commencé
a quitté le pays pour migrer vers les états unis, et le terme d’école autrichienne
est devenu plus une appellation pour définir une spécificité de l’économie.
C’est une économie subjectiviste, fondé sur l’idée que les valeurs
économiques sont toutes subjectives.
76
dire que les économistes autrichiens mettent l’accent sur la psychologie des
agents économiques. On a une approche des comportements individuels, des
motivations, plus fine que dans l’école néoclassique, où, dans cette dernière,
la psychologie individuelle est réduite à sa plus simple expression : la rationalité
des agents économiques. Cette façon de réduire la psychologie individuelle
est refusée par les économistes autrichiens, soulignant les limites des capacités
individuelles.
A. Carl Menger
Carl Menger, né en 1840 et mort en 1921, écrit son principal ouvrage en 1871 :
Principes fondamentaux d’économie politique. Dans cet ouvrage, Menger
décide comme objectif, en toute modestie, de reconstruire l’économie
politique. Il utilisera la théorie des besoins, la définition des biens économiques,
l’importance des biens, des échanges sur le marché, de la monnaie, etc… Le
principe unificateur de l’approche de Menger est cette conception qualitative
de l’économie, reposant sur l’approche subjectiviste de l’action humaine
évoquée précédemment.
77
cependant que ce même raisonnement pourrait être appliqué aux institutions
juridiques ou au langage. Aujourd’hui, il existe l’analyse l’économique du droit,
et Menger en est probablement son fondateur.
Son raisonnement est relativement simple : il explique que les institutions
émergent à l’issu d’un processus décentralisé, d’essais et d’erreurs, reposant
sur la répétition d’interactions entre individus. Les individus se trouvent donc
face à des problèmes récurrents, qu’ils essaient de résoudre d’une certaine
façon : lorsque ces solutions fonctionnent, elles sont adoptées par les individus,
et elles deviennent progressivement une règle ou une institution ; si ces solutions
ne fonctionnent pas, d’autres essais sont réalisés jusqu’à ce qu’une solution
adoptable par tous s’impose.
78
Les institutions par conséquent n’ont pas à être créées par l’Etat selon
une logique descendante, puisqu’elles émergent spontanément d’une
logique ascendante.
Un bien économique n’est pas uniquement défini par la rareté mais aussi par
les agents économiques.
79
La catégorie I correspond aux besoins alimentaires, ici, le bien type sera
le pain, et la catégorie X correspond aux divertissements.
80
Anecdote : l’utilité totale que se procure le consommateur rationnel est ici de
80.
L’apport de Böhm-Bawerk
Pour Eugène Böhm-Bawerk, il existe des facteurs de productions originels, la
terre et le travail, car leurs quantités/existences ne dépendent pas de facteurs
économiques. Le capital a une qualité différente de ces autres, car il est
constitué de biens fabriqués à partir des facteurs de productions originels. Le
capital a une place à part dans l’ensemble des facteurs de production, il
mérite une attention particulière.
Le capital accroît la productivité des facteurs originels, il permet de
démultiplier ce que la nature a créé. Le capital permet d’adopter des
méthodes de production détournées ; il permet de réaliser un détour de
production : On voit bien que le capital se définit par rapport au temps que
prend la production ; cette notion de temps, associée au capital est une notion
importante dans l’économie autrichienne. Le premier à avoir souligné cet
aspect est Carl Menger, qui a donc insisté dans ses Principes fondamentaux
d’économie politique : la production est consommatrice de temps, on a une
conception dynamique du processus de production, parce que l’on évalue
ce processus par la différence existant entre 2 périodes. On retrouve la même
idée chez Eugène Böhm-Bawerk, cette idée de structure temporelle de capital.
81
bien de capital, intermédiaire, avant la production du bien final. Le processus
de production non capitaliste est immédiat, on utilise les facteurs de
productions originels pour produire directement et sans détour le bien de
consommation.
82
Plus le détour de production est long, plus il faut attendre pour satisfaire un
besoin, mais, en contrepartie, le bénéfice que l’individu pourra en tirer est
important. Le détour de production est en fait un investissement. Plus
l’investissement est long à réaliser, plus il sera couteux, mais plus il sera
bénéfique pour l’individu.
83
La surestimation des biens présents par rapport aux biens futurs. Les
individus ont une tendance à surestimer leurs biens présents face aux
biens futurs.
La sous-estimation des besoins futurs par rapport aux biens présents. Ce
qui est une autre façon de surestimer le présent au futur.
84
processus de production. Les entrepreneurs sont disposés à payer pour
bénéficier de ces biens présents, pour les investir dans le processus de
production et donc obtenir une productivité et un revenu supérieurs.
Ces raisons expliquent donc pourquoi le taux d’intérêt est positif, pourquoi
les sociétés capitalistes continuent d’investir alors que la productivité
marginale du capital est décroissante et donc expliquent aussi le processus de
production n’est pas allongé indéfiniment. Le système capitaliste fonctionne
parce que les individus manifestent de la préférence pour le présent.
85
coût d’un bien pour un individu n’est pas représenté uniquement par le prix
réel de ce bien, mais il faut ajouter dans le coût du bien l’ensemble des
opportunités sacrifiées pour pouvoir se procurer ce bien. Le coût supportait par
les individus est un coût qui a une dimension subjective évidente parce que les
opportunités sacrifiées diffèrent d’un individu à l’autre. Cet aspect subjectif
n’est pas totalement ignoré par l’économie néoclassique ; en revanche, la
différence cruciale entre les deux écoles est que Friedrich Von Wieser étend
son analyse au coût de production.
Les coûts que supportent les entreprises ne sont pas des coûts objectifs,
mais ce sont aussi des coûts d’opportunités sacrifiés. On a ici une extension de
la dimension subjective du raisonnement des consommateurs et des
producteurs, ce qui est innovant à l’époque ; cet aspect est original et c’est
une vraie différence entre l’école autrichienne et l’école néoclassique.
Parmi les ouvrages les plus importants, il écrira la Route de la Servitude, traitant
de la planification et du rôle de l’Etat, menant à la servitude des agents
(fervent défenseur du libéralisme). Il écrira aussi la Constitution de la Liberté et
les 3 tomes Droit, Législation et Liberté, traitant de la philosophie politique et le
droit.
86
conception totalement différente de la conception néoclassique du marché.
Il reste cependant défavorable à l’intervention de l’Etat, même s’il y a
certaines ambigüités chez lui. Ces ambigüités font que, chez la plupart des
gens, Hayek est un ultralibéral des plus convaincus, ce qui s’explique par le fait
qu’il a été conseillé de Margareth Thatcher et un défenseur de la
dérèglementation en Grande-Bretagne.
87
sur lequel s’équilibre l’offre et la demande ; pour lui le problème économique
est celui de l’utilisation de la connaissance et plus précisément d’une
connaissance qui est répartie entre tous les individus et qui n’est donné à
personne en totalité. Son argument est simple : le savoir, la connaissance dont
nous disposons est totalement tacite, les gens savent des choses sans en avoir
conscience. Puisque les individus ne savent pas consciemment leur
connaissance, il est difficilement exploitable et transmissible à d’autres
personnes et il est donc inaccessible au planificateur central, ce qui veut dire
qu’une organisation de l’économie planifiée de puis le centre est incapable
d’exploitée ce savoir inconscient : le seul moyen d’utiliser ce savoir-là est
d’avoir une procédure décentralisée, c’est-à-dire le marché. Le marché est
donc la seule procédure/institution qui soit susceptible d’utiliser les savoirs
individuels.
88
l’évolution (des cycles) et sa théorie de l’entrepreneur. Il considère que
l’élément moteur, dynamique, permettant à une société d’évoluer, est
l’innovation et cette innovation est le résultat de l’action d’un type d’individu
particulier. Joseph Schumpeter distingue Innover et Inventer, innover apporte
quelque chose de nouveau dans l’économie, quelque chose qui permet de
réaliser de nouveaux investissements, alors que toutes les autres actions
permettent de réaliser des investissements, au mieux, de remplacement.
L’entrepreneur est, et il est le seul, capable d’identifier ces possibilités
d’innovation, ce qui signifie que l’innovation crée une rupture dans le
fonctionnement de la société et de l’économie, cette innovation ne garde pas
son avantage nécessairement longtemps, car elle finit par être imitée par
d’autres individus et, lorsqu’elle est imitée, l’économie retombe dans une
phase de stabilité. Cette innovation conduit à des périodes que Schumpeter
appelle des périodes de Destructions Créatrices, car il y a destructions des
anciens modes de production, qui amène la création de nouveaux
investissements (destinés à l’innovation).
La question qui se pose après est de savoir quel est le meilleur système
institutionnel pour exploiter ces innovations… Pour Schumpeter, c’est
l’économie de marché et la concurrence qui permettent de tirer le meilleur
profit de ces capacités entrepreneuriales. Pourtant, en 1942, Schumpeter
publie un ouvrage intitulé Capitalisme, Socialisme et Démocratie, dans lequel
il écrit que le capitalisme, selon lui, ne peut pas survivre et qu’il va être
remplacé par le socialisme, parce que les innovations vont finir par se «
bureaucratiser », va donc devenir le fait d’équipes de spécialistes travaillant
sur commande. Ces innovateurs bureaucrates/fonctionnaires vont être payés
comme n’importe quel autre travailleur, par des salaires, et donc va disparaître
la rémunération incitative de l’entrepreneur, ce qui va conduire à la perte du
pouvoir des capitalistes et de la bourgeoisie sur l’économie, amenant vers une
société socialiste, parce que le capitalisme n’aura pas été capable d’exploiter
ses spécificités.
89
C. Le débat sur le socialisme de marché
90
1) Le planificateur central, ou le bureau central de planification, envoie des
prix aux agents économiques pour tous les biens de consommations et
de productions.
2) Les agents économiques réagissent par des quantités d’offre et de
demande.
3) Le planificateur central ajuste les prix en fonction des réponses des
agents. Le processus dure comme ça jusqu’à égalité entre offre et
demande.
3. Le marginalisme anglais
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donc pas de l’utilité totale) et à avoir lié la valeur à l’utilité ressentie par les
consommateurs.
Comme Menger, il raisonne dans un cadre psychologique ; mais Jevons
fait référence à Jérémy Bentham et s’inscrit dans une approche hédoniste :
l’utilité et la valeur dépendent du plaisir que les individus retirent de la
consommation des biens, comme chez Bentham. D’une certaine façon, cette
approche devrait avoir une dimension cardinaliste pour qu’on puisse mesurer
l’utilité et savoir si le bilan entre plaisir et souffrance est positif ou négatif. En
réalité, Jevons ne fait pas explicitement la différence entre ces 2 formes d’utilité
(l’ordinale et la cardinale) : sa conception de l’utilité reste implicite/tacite dans
son analyse.
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consommatrice d’énergie. Le progrès technologique améliore l’efficacité
énergétique mais ne réduit pas la consommation d’énergie.
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On peut démontrer assez facilement que les externalités négatives sont
toujours produites en trop grande quantité et, réciproquement, les externalités
positives sont toujours produites en trop petite quantité.
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