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Travail de Priscille

Le document traite de la problématique de la fraude fiscale en République Démocratique du Congo (RDC) et de ses conséquences sur l'économie et le développement socio-économique du pays. Il souligne l'importance de la mobilisation des ressources fiscales pour renforcer l'autonomie financière de l'État et propose des solutions pour améliorer la collecte des impôts, notamment par la digitalisation et la sensibilisation des contribuables. Enfin, il présente une méthodologie de recherche rigoureuse pour évaluer l'ampleur de la fraude fiscale et proposer des réformes adaptées.

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Travail de Priscille

Le document traite de la problématique de la fraude fiscale en République Démocratique du Congo (RDC) et de ses conséquences sur l'économie et le développement socio-économique du pays. Il souligne l'importance de la mobilisation des ressources fiscales pour renforcer l'autonomie financière de l'État et propose des solutions pour améliorer la collecte des impôts, notamment par la digitalisation et la sensibilisation des contribuables. Enfin, il présente une méthodologie de recherche rigoureuse pour évaluer l'ampleur de la fraude fiscale et proposer des réformes adaptées.

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1.

État de la question

Depuis toujours, l’impôt a suscité des réactions diverses de la part des contribuables. Cela
s’explique probablement par le caractère contraignant de tout prélèvement obligatoire, souvent
perçu comme une atteinte à leur patrimoine. À cela s’ajoute un sentiment d’injustice, renforçant
l’impression désagréable associée au paiement de l’impôt. Ainsi, certains contribuables n’hésitent
pas à considérer que l’impôt leur cause un préjudice, refusant de voir une partie de leurs biens
transférée à une entité abstraite qu’est le fisc. Dans cette logique, il n’est pas rare de voir des
contribuables adopter une posture suggérant qu’ils donnent sans rien recevoir en retour. Cette
perception les pousse souvent à chercher des moyens d’échapper à leur contribution légitime aux
charges publiques (Frédéric Compin, 2014).

Pour ce faire, certains envisagent de s’allier à des groupes susceptibles d’exercer une influence
sur les pouvoirs publics (Richard Musgrave, 2017). Cette influence peut s’exercer à deux niveaux
: soit sur le législateur afin qu’il adopte des lois favorables à certaines catégories de contribuables,
soit sur l’administration fiscale qui, sous pression, pourrait atténuer la rigueur de ses contrôles.
Toutefois, ces stratégies ne constituent pas les seules formes de résistance à l’impôt, car il faut
également prendre en compte la fraude fiscale.

Dans ce contexte, plusieurs travaux se sont intéressés à la question de la fraude fiscale en


République Démocratique du Congo (RDC). Le professeur Mathias Buabua, dans la troisième
édition de son ouvrage intitulé Droit fiscal congolais (2016), analyse les conséquences de la fraude
fiscale sur l’économie congolaise.

De son côté, Ghislain Kavula Mwanangana, dans son ouvrage La fraude fiscale en République
Démocratique du Congo (2011), affirme que, comme tout pays aspirant au développement, la
RDC doit impérativement réformer son secteur fiscal, qui constitue la principale source de
revenus de l’État. Selon lui, la mauvaise gestion des finances publiques et la faiblesse des autorités
fiscales ont entraîné des pertes massives de recettes. Il préconise des sanctions exemplaires
contre les fraudeurs, un réaménagement du Code des investissements pour inclure des
dispositions encourageant les investisseurs extérieurs, ainsi qu’une révision de la politique
d’octroi et de gestion des exonérations fiscales.

En outre, l’écrivain français Yves Noël, dans son ouvrage La fraude fiscale (2018), soutient que la
lutte contre la fraude fiscale doit s’inscrire dans une démarche globale. Il met l’accent sur la
nécessité de surveiller la fiscalité pour contrer ce phénomène à l’échelle internationale.

En RDC, outre la fraude fiscale elle-même, on observe une banalisation du phénomène, qui se
manifeste par des comportements ostentatoires. Certains contribuables n’hésitent pas à se
vanter de leurs pratiques frauduleuses, témoignant ainsi d’un mépris flagrant pour leurs
obligations fiscales. Il arrive même que des individus expriment des regrets lorsqu’ils ne
parviennent pas à frauder, notamment en raison de l’efficacité accrue des contrôles fiscaux dans
certaines situations.

2. Problématique

La quête du développement socio-économique s’impose aujourd’hui comme une priorité


incontournable pour l’ensemble des nations du monde. Cette nécessité est d’autant plus
pressante lorsque l’on compare les pays selon leur niveau de développement humain. Par
exemple, en 2019, seulement 42 % des adultes dans les pays à faible développement humain
avaient achevé des études primaires, contre 94 % dans les pays à très haut développement
humain. Ce constat met en lumière la responsabilité des gouvernements et pousse à s’interroger
sur l’efficacité des actions publiques entreprises.

D’un point de vue institutionnel, l’État se définit comme une autorité souveraine exerçant son
pouvoir sur une population résidant dans un territoire délimité, tout en s’appuyant sur une
organisation permanente. Si Adam Smith défend l’idée que l’État doit se limiter à maintenir
l’ordre public et à protéger les citoyens, John Maynard Keynes estime au contraire que
l’intervention étatique est cruciale pour réguler l’économie, redistribuer les richesses et favoriser
la croissance. Dans cette optique, le rôle des pouvoirs publics devient central pour améliorer les
conditions socio-économiques d’un pays.

Cependant, des obstacles comme la fraude fiscale et la corruption freinent significativement les
efforts de nombreux États, particulièrement dans des pays en développement comme la
République démocratique du Congo (RDC). Ces fléaux posent un défi majeur aux gouvernements,
qui doivent concilier deux impératifs : assurer un fonctionnement administratif efficace grâce à
une mobilisation adéquate des ressources financières et répondre aux besoins sociaux et
économiques urgents de leurs populations, notamment en matière de réduction de la pauvreté,
de création d’emplois et de construction d’infrastructures essentielles.

Dans ce cadre, les recettes fiscales et parafiscales revêtent une importance capitale. Elles
représentent la principale source de financement des budgets publics, atteignant jusqu’à 90 %
des ressources dans les pays développés et entre 60 et 70 % dans ceux en développement. En
RDC, la fiscalité constitue également un pilier central des finances publiques. Toutefois, en
pratique, le système fiscal congolais peine à mobiliser les fonds nécessaires pour répondre aux
besoins économiques du pays.

Cette inefficacité découle de nombreux facteurs structurels et conjoncturels. D’une part, la


collecte des impôts reste faible en raison de procédures complexes, d’un manque de
numérisation des services fiscaux et d’un déficit en ressources matérielles et humaines. D’autre
part, la fraude fiscale, l’évasion fiscale et l’incivisme fiscal aggravent la situation. Ces pratiques,
qui consistent à contourner les obligations fiscales ou à exploiter les failles des lois pour éviter de
payer les impôts, privent l’État de ressources essentielles à son fonctionnement.

Deux exemples spécifiques peuvent illustrer les défis auxquels la Direction Générale des Recettes
de Kinshasa (DGRK) est confrontée : l’impôt foncier et l’impôt sur les véhicules.

L’impôt foncier, bien qu’il représente une source potentielle de revenus significative, reste
largement sous-exploité. La plupart des citoyens, qu’ils soient propriétaires ou exploitants de
biens immobiliers, ne se sentent pas concernés par cet impôt, qu’ils perçoivent comme inutile en
raison de l’absence de retombées concrètes dans leur cadre de vie. Ce manque de visibilité sur
l’utilisation des fonds alimente une fraude généralisée, allant de la non-déclaration des biens
immobiliers à la falsification des informations relatives à ces biens. Résultat : la DGRK perd une
part importante de ses ressources.

L’impôt sur les véhicules, quant à lui, illustre également les limites du système fiscal actuel. Les
propriétaires de véhicules exploitent les failles administratives en enregistrant leurs véhicules
dans des provinces où les taux d’imposition sont plus faibles, tout en les utilisant principalement
à Kinshasa. Cette pratique, bien qu’elle ne soit pas nécessairement illégale, prive la DGRK des
recettes nécessaires à l’entretien des infrastructures routières et à la sécurité routière de la
capitale.

Ces deux cas ne sont que la partie visible d’un problème plus profond. La fiscalité en RDC est
souvent perçue comme une contrainte ou une sanction, plutôt qu’un levier de développement.
Cette perception négative contribue à l’incivisme fiscal, où les contribuables refusent de
s’acquitter de leurs obligations ou cherchent à minimiser leur contribution. Par ailleurs, l’État
peine à instaurer des mécanismes de contrôle efficaces, ce qui perpétue un cercle vicieux : les
faibles recettes fiscales ne permettent pas de répondre aux attentes des citoyens, alimentant leur
mécontentement et leur désengagement vis-à-vis du système fiscal.

Cette situation entraîne une faiblesse structurelle des finances publiques. L’État congolais se
retrouve dans l’incapacité de financer ses fonctions régaliennes telles que la sécurité, la
régulation économique ou encore la diplomatie. De plus, il lui devient impossible d’investir dans
des secteurs stratégiques comme la santé, l’éducation ou les infrastructures, ralentissant ainsi le
développement socio-économique du pays.

Face à ce constat, il est évident que la mobilisation des ressources fiscales locales est un levier clé
pour renforcer l’autonomie financière de l’État et encourager un développement durable.
Optimiser la collecte des impôts fonciers et des taxes sur les véhicules pourrait améliorer
considérablement les performances de la DGRK. Pour cela, une réforme profonde est nécessaire,
incluant la simplification des procédures, la sensibilisation des contribuables à l’importance des
impôts, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle et de sanction.

Ainsi, les questions suivantes se posent : comment la DGRK peut-elle surmonter les défis liés à la
collecte de l’impôt foncier et des taxes sur les véhicules tout en répondant aux attentes de
transparence et d’efficacité des contribuables ? Quels mécanismes pourraient être mis en œuvre
pour réduire l’incivisme fiscal et améliorer la perception des citoyens vis-à-vis des impôts ?
Répondre à ces interrogations est indispensable pour garantir une meilleure gestion des finances
publiques et soutenir l’émergence économique de la RDC.

3. Hypothèse

Le terme hypothèse, dérivé du mot grec hypóthesis, signifie “ce qui est posé en dessous, base ou
fondement”. Elle désigne une proposition supposée vraie à partir de laquelle on tire des
conséquences, tout en formulant une relation entre des faits significatifs. Une hypothèse, même
imparfaite, sert à interpréter des faits, les vérifier, et potentiellement constituer le début d’une
théorie.

Ainsi, en rejoignant les réflexions du professeur Jivet Ndela Kabukoso, nous estimons que la
réussite de toute politique de développement repose sur la bonne mobilisation des ressources
fiscales, qui elle-même est directement liée à la lutte efficace contre la fraude fiscale. En effet,
sans une fiscalité solide et bien gérée, l’État ne peut assurer son rôle et fournir des services
satisfaisants aux populations.

Dans ce cadre, nous hypothétisons que pour améliorer la mobilisation des recettes fiscales, la
Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK) doit adopter une approche globale
combinant plusieurs actions stratégiques. Tout d’abord, une maîtrise efficace de l’assiette fiscale
est essentielle, notamment par le biais de la digitalisation des procédures et la simplification des
formalités administratives, facilitant ainsi le travail des contribuables. Ensuite, le renforcement
des mécanismes de contrôle fiscal, accompagné d’une politique de répression rigoureuse,
permettrait de dissuader les fraudeurs tout en limitant les pratiques d’évasion fiscale.

Dans le prolongement des travaux du professeur Jivet, il est également crucial de promouvoir le
civisme fiscal et d’instaurer une véritable éducation fiscale au sein de la population. Une
sensibilisation accrue des contribuables, associée à une utilisation visible et équitable des fonds
collectés, restaurerait leur confiance envers l’administration fiscale. De plus, une sécurité fiscale
solide, qui garantit des lois fiscales adaptées et évolutives, contribuerait à un meilleur respect des
règles par les citoyens et les entreprises.

Nous supposons enfin que ces mesures, appliquées de manière cohérente et adaptée aux
spécificités de Kinshasa, permettraient non seulement de réduire significativement la fraude
fiscale, mais également d’augmenter les recettes publiques. Ce renforcement des finances
publiques offrirait à l’État les moyens nécessaires pour investir dans des infrastructures, des
services sociaux, et répondre aux besoins fondamentaux de la population, participant ainsi au
développement socio-économique durable de la RDC.

4. Choix et intérêt du sujet

a. Intérêt du sujet

Notre étude revêt un double intérêt, à la fois théorique et pratique :

• Sur le plan théorique :


Ce travail constitue une ressource précieuse pour toute personne désireuse de s’intéresser à la
problématique de la fraude et l’évasion fiscale en RDC. Il offre des informations fiables et
essentielles sur les conséquences de ce fléau, en permettant de mieux comprendre ses effets
néfastes sur l’économie congolaise.
• Sur le plan pratique :
L’objectif est d’illustrer concrètement l’impact et l’ampleur de la fraude et l’évasion fiscale sur
plusieurs aspects, notamment l’économie du pays plus particulièrement de la ville de Kinshasa, le
fonctionnement de l’administration fiscale et, par extension, le bien-être de la population.

b. Choix du sujet

Le choix de ce thème n’est pas le fruit du hasard. Il découle plutôt d’un constat attentif sur la
situation économique actuelle de la RDC. En examinant le fonctionnement de l’administration
fiscale, il est apparu évident que la fraude et l’évasion fiscale sapent profondément l’économie
nationale, affaiblit les institutions fiscales et aggrave les conditions de vie de nombreux Congolais.

C’est donc à partir de cette observation que nous avons décidé d’approfondir nos recherches afin
d’évaluer l’étendue de ce problème et de proposer des solutions pour enrayer cette « hémorragie
» économique. Cependant, pour atteindre ces objectifs, une étude de cette envergure doit
impérativement suivre une méthodologie rigoureuse, conforme aux exigences scientifiques.

5. Méthodes et techniques de recherche

a. Méthodes de recherche

Une méthode représente un moyen, un outil au service de la réflexion, et non une fin en soi. Elle
permet d’élargir la compréhension, de structurer la pensée et de clarifier l’expression. Selon
Kaplan, la méthode vise avant tout à aider à saisir le processus de recherche scientifique dans son
ensemble, plutôt que de se limiter aux résultats obtenus. Elle peut également être définie comme
le cheminement suivi par un individu pour atteindre un objectif donné. Comme l’a affirmé le
professeur Midagu Bahati, « une méthode vaut mieux qu’une connaissance ».

Ainsi, la méthode, dans son essence, constitue un ensemble de procédures bien définies,
employées pour approfondir la compréhension scientifique des phénomènes humains et sociaux.
Il s’agit d’une approche organisée et rationnelle, destinée à parvenir à un résultat. De manière
plus détaillée, le dictionnaire Le Robert décrit la méthode comme un ensemble de démarches
intellectuelles permettant de découvrir et de démontrer la vérité.

Pour notre travail, nous avons utilisé les méthodes suivantes :

• La méthode comparative : Cette approche a été déterminante en s’appuyant sur


les textes de droit comparé. Elle nous a permis non seulement de proposer des pistes de solutions
en vue de réformer le droit interne relatif à notre sujet, mais également de souligner l’importance
d’appliquer les textes en vigueur pour éviter qu’ils ne tombent en désuétude.
• La méthode exégétique : Grâce à cette méthode, nous avons pu analyser et
exposer le droit positif dans le but de résoudre des problématiques juridiques, qu’elles soient
dogmatiques ou casuistiques.

b. Techniques de recherche

Une technique scientifique se définit comme un ensemble de moyens mis en œuvre par un
chercheur pour collecter et traiter les données nécessaires à la compréhension et à l’explication
d’un phénomène. Elle regroupe des procédés méthodiques et rigoureusement établis par les
chercheurs pour évaluer, mesurer, contrôler, comparer et interpréter les faits, dans l’objectif de
valider des hypothèses et d’obtenir des informations fiables.

Dans ce travail, nous avons privilégié les techniques suivantes :

• La technique documentaire : Elle nous a permis d’effectuer une exploration


méthodique de toutes les ressources écrites liées à notre thème. Cela inclut l’analyse approfondie
des documents pertinents servant de sources principales pour notre sujet.
• L’entretien libre : Cette approche qualitative nous a permis de collecter des
données détaillées et précises en dialoguant directement avec les personnes concernées. Elle a
joué un rôle essentiel pour enrichir nos investigations et approfondir notre analyse.
• L’observation directe : Cruciale dans notre démarche, cette technique a permis de
compléter les informations recueillies par d’autres moyens. Elle nous a aidés à mieux comprendre
le contexte et à interpréter les résultats obtenus avec plus de précision.

6. Délimitation du travail
Tout travail scientifique, en raison de la complexité des sujets à aborder, nécessite une
délimitation précise, tant dans le temps que dans l’espace.

• Délimitation temporelle : Nous avons choisi d’analyser la période allant de 2019 à


2023. Ce choix se justifie par l’importance et l’accessibilité des données disponibles durant cette
période.
• Délimitation spatiale : Notre étude se concentre sur la lutte contre la fraude et
l’évasion fiscale à Kinshasa. Elle s’inscrit donc dans le cadre provincial et vise à examiner les
pratiques et régulations fiscales mises en œuvre par la Direction générale des recettes à Kinshasa
(DGRK en sigle ).

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