0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues22 pages

Cours Dpe 24-25 Part1

Le droit public économique étudie les relations entre économie et administration, se concentrant sur les règles juridiques qui régissent les activités économiques. Il peut être défini par son objet, son but ou la spécificité de ses règles, et son essor est lié à l'évolution de l'État et du contexte économique. L'enseignement se limite au droit public économique interne, en se penchant sur les instruments d'intervention des personnes publiques et leurs sources juridiques.

Transféré par

mariellekolokosso2023
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues22 pages

Cours Dpe 24-25 Part1

Le droit public économique étudie les relations entre économie et administration, se concentrant sur les règles juridiques qui régissent les activités économiques. Il peut être défini par son objet, son but ou la spécificité de ses règles, et son essor est lié à l'évolution de l'État et du contexte économique. L'enseignement se limite au droit public économique interne, en se penchant sur les instruments d'intervention des personnes publiques et leurs sources juridiques.

Transféré par

mariellekolokosso2023
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction générale

L’expression Droit public économique peut susciter des interrogations sur


l’existence même d’une telle discipline académique, son champ et la manière de
l’aborder. Le droit public économique est une réflexion sur les relations entre
économie et administration. Il étudie les bases du système juridique qui sous-
tend les activités économiques, et se présente donc comme un cours de droit, et
non d’économie. Il s’agit, partant des concepts classiques du Droit public, de les
appliquer à la matière économique. Il convient pour mieux l’appréhender de le
définir, d’en indiquer l’essor et l’orientation de l’approche avant d’en présenter
les aspects essentiels.

A- La définition et l’objet du Droit public économique


La notion de droit public économique suppose qu'on puisse isoler au sein du
droit public, un secteur qui entretiendrait avec l'économie des rapports
suffisamment spécifiques pour faire l'objet d'un expose systématique.
 Le droit public peut être économique par son objet.
Serait économique toute règle portant sur la production, la distribution, le
transport des biens rares. On voit immédiatement le caractère extensif d'une telle
définition. Les finances publiques, le domaine public, le droit des marches
publics, le droit de l'aménagement du territoire, etc., constitueraient les chapitres
clés de ce droit public économique, il se ramènerait a une nouvelle façon
d'exposer le droit administratif.
 Le droit public peut être économique par son but.
Serait qualifiée d'économique toute règle dont la finalité est de modifier un
rapport économique. Les finances publiques par exemple, n'entreraient dans le
droit public économique que dans la mesure où le budget sert d'instrument de
politique économique. Dans cette conception le droit public économique est le

1
droit de l'interventionnisme des personnes publiques. Quel que soit l'intérêt
d'une telle approche sur laquelle nous reviendrons, il convient de noter le défi
qu'elle lance aux juristes ! Une règle pourrait avoir un but économique sans
avoir d'objet économique et inversement. Elle entrerait ou non dans le droit
public économique, selon que l'arrête municipal en cause aurait un but de police
(protection de la liberté de circulation) ou un but commercial (protection des
commerçants sédentaires). On s'aperçoit immédiatement que dans cette
conception, le droit public économique disparait comme objet spécifique au
profit de l'étude des politiques publiques économiques. Cette question est
particulièrement intéressante, mais ne relève pas du droit.

 Le droit public peut enfin être économique par la spécificité de ses règles
Cette conception ontologique conduit a distingué le droit économique du droit
de l'économie. Celui-ci se caractérise par son objet et celui-là par la spécificité
des normes qu'il pose. Cette conception est la plus rigoureuse mais semble
malheureusement utopique. Comme le remarquent André de Laubadere et Pierre
Delvolve, « on est amène à chercher quelle idée générale est susceptible de
fonder et d'expliquer la spécificité du droit public économique », et la simple
lecture de la doctrine montre que chaque auteur ou presque a sa propre vision ;
on se trouve face à un « arc-en-ciel de conceptions ». Ceci explique pourquoi le
droit public économique fut avant tout un objet de controverse doctrinale.

Deux conceptions sont envisageables :

Une conception large selon laquelle il y a droit public économique dès lors qu'il
existe des rapports économiques régis par des règles exorbitantes du droit
commun. Ainsi le droit des marchés publics relève du droit public économique,
car il pose des règles exorbitantes du droit des contrats. Le droit fiscal est le
droit économique par excellence, car il organise un mode de transfert de
ressources inconnu du droit commun. Cette conception logique a le défaut de ne

2
pas rendre compte du mouvement historique d'apparition de la notion de droit
public économique, d'où une conception plus restrictive.

Cette conception restrictive lie la présence du droit public économique à la


volonté de modifier le jeu normal de la relation économique. Ainsi le droit fiscal
ne deviendra économique, que si, outre sa fonction normale de procurer de
l'argent aux personnes publiques, il sert à modifier le comportement naturel des
agents économiques ; ainsi des mesures de dégrèvement fiscal aux entreprises
acceptant de s'installer en un lieu donne relèvent du droit public économique.
Autrement dit, il n'existe pas de règles qui intrinsèquement soient ou non du
droit public économique, tout dépend de leur objet. Cette conception
existentielle explique que le droit public économique n'ait aucune autonomie
vis-à-vis du droit public.

Ces deux conceptions paraissent aussi logiques l'une que l'autre, mais la seconde
rend mieux compte des évolutions sur le long terme du droit public. On
retiendra au final que le Droit public économique comporte l’ensemble des
règles à travers lesquelles la puissance publique manifeste directement ou
indirectement, sa présence dans le domaine économique.

B- L’essor du Droit public économique


L'économie fut de tout temps régie par le politique et le droit. Il y a alors un lien
étroit entre l’évolution de la conception de l’État et le contexte économique.

1- L’évolution de la conception de l’État


L'État à partir du xxe siècle devient peu à peu plus présent, et à l'État-gendarme
qui ne s'occupait que de la justice, de la police et de l'armée, lui succède la
notion d'État-providence qui elle-même recouvre plusieurs réalités. On distingue
l'État-providence libéral, conservateur-corporatiste et social libéral. Selon Pierre
Rosanvallon, on serait passé de l’État régalien (faire respecter l’ordre à travers la
3
police, l’armée et la justice) à l’État instituteur du social puis à l’État-providence
(1945) (redistribuer les revenus grâce au développement de la solidarité
nationale par le biais de la protection sociale notamment). De nos jours l'on
serait passé à l’État promoteur économique : soutenir l’économie (Keynes à
travers la notion de multiplicateur, par exemple via une politique de grands
travaux). Son influence sera fonction du contexte économique.

2- L’évolution du contexte économique


L’intervention de l’État dans l’économie désigne l’utilisation, par ce dernier, de
la politique budgétaire comme instrument de politique économique et sociale.
Au cours des années 1930, l’opinion publique et la classe politique se sont
progressivement ralliées à cette conception.
Avant la crise de 1929, le budget de l'État a pour fonction principale de financer
les administrations. Pour faire face à la crise, les pouvoirs publics tendent à
utiliser le budget comme un levier économique. Les théories développées par
John Maynard Keynes (1883-1946) justifient l’intervention de l’État. Elle passe
par les différents canaux des finances publiques :
 augmentation des dépenses publiques et extension de leurs domaines
d’intervention (exemple : sécurité sociale, assurance chômage) ;
 rôle redistributif et incitatif de la politique fiscale (exemple : impôts
progressifs) ;
 intervention directe de l’État dans l’économie, par la détention
d’entreprises, la mise en place de monopoles publics et la planification
indicative ;
 conséquences favorables du déficit et de l’emprunt public sur la
croissance économique et le système financier : en période de crise, une
hausse des dépenses publiques, même non financée par les ressources
courantes, permet de soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs et la
demande s’adressant aux entreprises

4
Après la Seconde Guerre mondiale, l’intervention de l’État dans l’économie
augmente sensiblement, notamment pour son financement (nationalisations,
grands projets industriels). L’État s’attache à reconstruire le pays, puis à
contrôler le rythme de la croissance économique.

L'État cherche ensuite à résoudre la crise des années 1970 et à développer une
couverture sociale. Avant cette crise, l’État veut conserver son équilibre
budgétaire. Après la fin des années 1970, l’intervention de l’État est de plus en
plus discutée, cette dernière étant jugée comme étant peu efficace pour lutter
contre les déséquilibres économiques, notamment contre l’inflation. Depuis lors,
l’État a davantage acquis le rôle de régulateur.

C- L’orientation de l’enseignement
Cet enseignement sera restreint au Droit public économique interne. Il
s’intéresse alors aux instruments d’intervention des personnes publiques et aux
modalités de cette intervention.

5
PARTIE I : LES INSTRUMENTS D’INTERVENTION DES PERSONNES
PUBLIQUES

La puissance publique utilise un certain nombre de d’instruments pour intervenir


dans l’économie. Il peut s’agir d’instruments normatifs ou d’instruments
institutionnels. Il s’agit alors d’aborder les sources et les acteurs de
l’intervention.

CHAPITRE I : LES SOURCES

Les principes directeurs du droit public économique sont issus de multiples


sources juridiques, qu’elles soient internes ou externes (internationales ou
communautaires.

Section : Les sources internes

Les sources internes du Droit public économique sont à la fois


constitutionnelles, législatives et règlementaires.

Paragraphe I : Les sources constitutionnelles

En tant que norme fondamentale dans un État, la constitution est le fondement


de tout le droit national. Elle est la source de l’intervention de l’État dans la
sphère économique. Il faut entendre par constitution à la fois le corps même du
texte et son préambule. La jurisprudence constitutionnelle a mis en évidence les
sources de droit qu’elle comporte.

Le préambule de la constitution renvoie à plusieurs principes et règles de


fondements du Droit public économique notamment le droit à la propriété
privée, le principe d’égalité, le principe de liberté, la liberté d’entreprendre etc…
Mais un principe constitutionnel encore plus emblématique de l’intervention de
l’État dans l’économie peut avoir pour fondement dans le préambule la
disposition suivant laquelle : « Tous les hommes sont égaux en droits et en
devoirs. L'État assure à tous les citoyens les conditions nécessaires à leur
6
développement ». On retrouve par ailleurs dans le préambule plusieurs renvoie à
des conventions internationales relatives accordant un rôle économique à l’État.
Il en existe d’autres dans le corpus. En outre, on peut par exemple trouver dans
la constitution française le fondement de la nationalisation. La constitution du 04
octobre 1958 renvoie au préambule de celle de 1946, notamment à l’alinéa 9
selon lequel « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les
caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la
propriété de la collectivité ».

Le corpus comporte également plusieurs sources du Droit public économique.


D’abord, l’article 26 de la constitution détermine le domaine de la loi et attribue
clairement des compétences relatives à l’intervention économique à l’État.
Ainsi, la loi fixe « le régime des obligations civiles et commerciales » ; « le
régime de la propriété mobilière et immobilière » ; « Les questions financières
et patrimoniales suivantes :

- le régime d'émission de la monnaie ;


- le budget ;
- la création des impôts et taxes et la détermination de l'assiette, du taux et
des modalités de recouvrement de ceux-ci ;
- le régime domanial, foncier et minier ;
- le régime des ressources naturelles.
- La programmation des objectifs de l'action économique et sociale ». ;
La constitution fait également référence à d’autres lois, notamment la loi de
finances, les lois sur la sécurité sociales, les lois de programmation des objectifs
de l’action de l’État.

Ensuite, la constitution consacre un Conseil économique et social. Article 54 :


« Il est créé un Conseil économique et social dont la composition, les
attributions et l'organisation sont déterminées par la loi ». Il est consulté sur les

7
projets ou proposition de loi, d’ordonnance ou de décrets en matière économique
et sociale. Il émet un avis.

Il existe aussi des sources législatives.

Paragraphe II : Les sources législatives

Les textes législatifs sont multiples en matière économique. En effet, à la lecture


des compétences attribuées au législateur par la constitution la loi apparait
comme un fondement principal de l’intervention de l’État dans l’économie. Il
s’agit le plus souvent des lois parlementaires, mais aussi d’ordonnances.

On peut distinguer plusieurs formes de lois en rapport avec l’activité


économique :

- Les lois d’orientation qui fixent les principes directeurs que les
règlements de l’exécutif doivent mettre en œuvre. On peut mentionner les
lois sur le secteur agricole, foncier, commercial, artisanal, l’aménagement
et le développement du territoire.
- Les lois de programmation à caractère économique, social ou
environnemental qui définissent des objectifs à moyens et long terme.
Elles s’inscrivent dans le cadre des orientations pluriannuelles des
finances publiques.
- Les lois de plan. Dans le cadre de la maitrise de son développement l’État
peut être amené à la planification.
- Les lois de finances, de l’année ou rectificatives, mettent en évidence la
priorité de l’État en matière économique et sociale. elles révèlent les choix
budgétaires, fiscaux ou monétaires.
- Les lois ordinaires qui peuvent porter sur la privatisation ou la
nationalisation.
Les ordonnances quant à elles, trouvent leur fondement dans l’article 28 de la
constitution camerounaise : « Dans les matières énumérées à l'article 26

8
alinea 2 ci-dessus, le Parlement peut autoriser le Président de la République,
pendant un délai limité et pour des objets déterminés, à prendre des
ordonnances.

Ces ordonnances entrent en vigueur dès leur publication.

Elles sont déposées sur le bureau de l'Assemblée nationale et sur celui du


Sénat aux fins de ratification dans le délai fixé par la loi d'habilitation.

Elles ont un caractère réglementaire tant qu'elles n'ont pas été ratifiées.

Elles demeurent en vigueur tant que le Parlement n'a pas refusé de les
ratifier ». Les ordonnances sont généralement utiles dans les cas d’urgence
économique. Elles permettent de contourner les lourdeurs des procédures
législatives. Ainsi, la loi peut habiliter le gouvernement à prendre par voies
d’ordonnance des mesures de privatisation ou de nationalisation
d’entreprises. Elles peuvent permettre à l’exécution de ratifier des accords
internationaux dans le domaine de la loi.

Que dire des actes règlementaires ?

Paragraphe III : Les actes règlementaires

Une série d’autorités publiques peuvent prendre des actes règlementaires à


portée économique. Il peut s’agir de décret, d’arrêté ou de décisions. Le
domaine de loi étant séparé de celui de la loi, l’exécution a d’importants
pouvoirs règlementaires en matière économique.

Ils peuvent relever du pouvoir règlementaire autonome. C’est donc le pouvoir


règlementaire général. En vertu de celui-ci, que le Président de la République
crée et organise les services publics de l’État, nomme aux emplois civils et
militaires de l’État. Il peut, lorsque les circonstances l'exigent, proclamer par
décret, l'état d'urgence qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans les conditions
fixées par la loi. Le Président de la République peut, en cas de péril grave
9
menaçant l'intégrité du territoire, la vie, l'indépendance ou les institutions de la
République, proclamer, par décret, l'état d'exception et prendre toutes mesures
qu'il juge nécessaires. Il en informe la Nation par voie de message. Le Président
de la République peut déléguer certains de ses pouvoirs au Premier ministre, aux
autres membres du Gouvernement et à certains hauts responsables de
l'administration de l'État, dans le cadre de leurs attributions respectives. Le
Gouvernement est chargé de la mise en œuvre de la politique de la Nation telle
que définie par le Président de la République. Le Premier ministre est le chef du
Gouvernement et dirige l'action de celui-ci. Il est chargé de l'exécution des lois.
Le Premier ministre exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois
civils, sous réserve des prérogatives reconnues au Président de la République
dans ces domaines.

Le pouvoir règlementaire peut également être d’application des lois. En effet,


certaines lois fixent les règles et principes généraux et laissent à l’exécutif le
soin de régler les détails de leur application. Ainsi, les lois portant ayant un
aspect économique donneront un fondement aux actes règlementaires qui seront
pris dans leur suite.

Qu’en est-il des sources externes ?

Section II : Les sources externes

La mondialisation a développé les engagements économiques. Le Droit


international et communautaire constituent des sources de droits de plus en plus
importantes. Leurs spécificités commandent des les examiner séparément.

Paragraphe I : Les sources internationales

Les engagements internationaux permettent la régulation des échanges, des


relations monétaires et des investissements. Les engagements internationaux
font références aux grands principes de droit international notamment la

10
souveraineté économique des États, le principe de territorialité ou le principe
d’égalité. En matière économique, il existe des traités spéciaux qui instituent des
organes. C’est le cas du traité de l’OMC (organisation mondiale du commerce)
ou encore du FMI (fonds monétaire international).

Venue succédée au GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), l’OMC


est une institution internationale permanente, devenue le lieu d’importantes
négociation sur l’évolution des règles en matières commerciale depuis 1994.
Elle assure la tenue de réunions et de cycles de négociations commerciales. Elle
règle contentieux par son Organe de Règlement des Différends (ORD).

Le FMI est institué par les accords de Bretton Woods en juillet 1944 afin de
développer les échanges commerciaux grâce à la stabilité des taux de change et
la coopération monétaire internationale. Les conditionnalités qu’il fixe ont un
impact réel sur les normes économiques des états et sur les acteurs. Ainsi, suite à
la crise économique de la fin des années 80 au début des années 90, le FMI va
imposer des conditionnalités aux États africains sollicitant un prêt. Il va inviter
les États, notamment le Cameroun, à suivre un Programme d’Ajustement
Structurel (P.A.S.). ce programme exigera entre autre que l’État se retire du
secteur productif, qu’il réduise son personnel, qu’il dévalue sa monnaie, qu’il
privatise, décentralise etc..

Plus importantes sont désormais sources communautaires.

Paragraphe II : les sources communautaires

L’intégration économique sous régionale est devenue un phénomène


incontournable. Les États se regroupent aujourd’hui en organisation sous
11
régionale pour préserver des intérêts économiques et politiques. Se
regroupement peut aller de la création d’une zone de libre échange à une union
économique en passant par l’union douanière et le marché commun. Les traités
consacrant ces intégrations mettent en place des organes. Ceux-ci prennent des
actes qu’on qualifie de droit dérivé contrairement au droit originaire. Le droit
communautaire, originaire ou dérivé, est une source importante du Droit public
économique. Ses règles, qui présentent une spécificité par rapport au droit
international, notamment quant à la sanction, sont aujourd’hui fortement
intégrées dans le droit originaire ou dérivé.

Le droit communautaire originaire repose sur les nombreux traités ratifiés par
les États membres. Ces traités sont créateurs de droits et d’obligations pour les
États membres, les personnes morales et physiques.

Le droit dérivé, quant à lui, bénéficie de l’application directe. Il s’agit des


règlements, des directives, des décisions et des recommandations. Les
règlements sont obligations dans tous les éléments et directement applicables
dans les États dès leurs publication officielle. Les directives ne sont obligatoires
qu’en tant que résultat à atteindre. Les États conservent la liberté des moyens à
mettre en œuvre pour les respecter. Les décisions concernent une personne
morale ou physique et sont exécutoires. Les recommandations invitent les États
membre à adopte une attitude.

On peut retrouver dans le droit communautaire le fondement des impôts ou


d’autres prélèvements obligatoires, mais également celles relatives au
commerce, à la monnaie ou à l’énergie.

CHAPITRE II : LES ACTEURS

12
L’intervention de la puissance publique en matière économique intervient au
travers de certaines institutions. C’est dernières sont publiques ou privées.

Section I : Les acteurs publics

Les acteurs publics ayant une intervention en matière économique sont


nombreux. On peut principalement distinguer les acteurs constitutionnels,
administratifs (gouvernementaux) et de régulation.

Paragraphe I : Les acteurs constitutionnels

Il s’agit d’institutions auxquelles la constitution attribue explicitement un role


économique. On peut en retenir deux principalement : Parlement et Conseil
économique et Social.

Le Parlement a un role économique important relatif à ses missions de


législateur et de contrôleur. En tant que législateur, le Parlement détient des
compétences économiques dévolues par la constitution. À l’article 26 il est
disposé que la loi fixe « le régime des obligations civiles et commerciales » ;
« le régime de la propriété mobilière et immobilière » ; « Les questions
financières et patrimoniales suivantes :

- le régime d'émission de la monnaie ;


- le budget ;
- la création des impôts et taxes et la détermination de l'assiette, du taux et
des modalités de recouvrement de ceux-ci ;
- le régime domanial, foncier et minier ;
- le régime des ressources naturelles.
La programmation des objectifs de l'action économique et sociale ».

Dans son rôle de contrôleur, le parlement contrôle l’action du gouvernement. Ce


contrôle s’inscrit dans le cadre de kla responsabilité politique du gouvernement.
Ce dernier peut engager sa responsabilité politique devant le parlement sur un

13
programme économique par une question de confiance. De même le parlement
peut engager la responsabilité du gouvernement à travers une motion de censure.
C’est deux mécanismes permettent au législateur d’accompagner ou de
désavouer le gouvernement dans le cadre d’une politique économique.

Paragraphe II : Les acteurs administratifs

Les autorités administratives sont celles qui détiennent le pouvoir économique


le plus concret et important. Au premier rang on peut citer le Président de la
république. Il crée et organise les services publics de l’État, nomme aux emplois
civils et militaires de l’État. Il peut, lorsque les circonstances l'exigent,
proclamer par décret, l'état d'urgence qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans
les conditions fixées par la loi. Le Président de la République peut, en cas de
péril grave menaçant l'intégrité du territoire, la vie, l'indépendance ou les
institutions de la République, proclamer, par décret, l'état d'exception et prendre
toutes mesures qu'il juge nécessaires. Il en informe la Nation par voie de
message. Le Président de la République peut déléguer certains de ses pouvoirs
au Premier ministre, aux autres membres du Gouvernement et à certains hauts
responsables de l'administration de l'État, dans le cadre de leurs attributions
respectives.

Il ya le Gouvernement pris d’abord au sens large. Il est chargé de la mise en


œuvre de la politique de la Nation telle que définie par le Président de la
République. Le Premier ministre est le chef du Gouvernement et dirige l'action
de celui-ci. Il est chargé de l'exécution des lois. Au sein du Gouvernement, il
existe des ministères au cœur de l’action économique. Deux d’entre eux sont
particulièrement important. Celui en charge des finances (MINFI) et celui en
charge de l’économie (MINEPAT).

14
Le Ministère des Finances est chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre de
la politique du Gouvernement en matière financière, budgétaire, fiscale et
monétaire.

En matière budgétaire, il est responsable notamment :

 de l’élaboration de la loi de règlement et de loi de finances ;

 de la préparation, du suivi et du contrôle de l’exécution du budget de


fonctionnement de l’Etat, ainsi que de l’exécution du budget
d’investissement en relation avec le Ministère de l’Économie, de la
Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) ;

 de l’exécution du budget d’investissement, en liaison avec le Ministère


de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
(MINEPAT) ;

 des opérations de dévolution du patrimoine immobilier, mobilier de l’État,


des Établissements Publics Administratifs (EPA) et des sociétés à capital
public, en liaison avec le Ministère des Domaines, du Cadastre et des
Affaires Foncières ;

 du contrôle financier des organismes dotés d’un budget annexe et des


établissements publics autonomes suivant les règlements propres à chaque
organisme ou établissement ;

 de la mise en œuvre des privatisations et de la réhabilitation des


entreprises publiques ;

 du suivi et du contrôle de la gestion des créances et des participations


publiques, de l’endettement des personnes morales de droit public et de
l’emploi des subventions ;

15
 de la prévision à court terme dans le cadre de l’élaboration du budget de
l’État ;

En matière fiscale,

 des impôts et des douanes ;

En matière monétaire et financière,

 de la gestion de la dette publique intérieure et extérieure ;

 de la gestion du trésor public ;

 de l’élaboration de la balance des paiements ;

 du contrôle des finances extérieures, de la monnaie et de la réglementation


des changes ;

 de la promotion de l’épargne et de son emploi pour le développement


économique ;

 du suivi de la coopération monétaire et financière, en liaison avec le


Ministère des Relations Extérieurs ;

 du suivi et du contrôle des établissements de crédits, des compagnies


d’assurances et des marchés financiers ;

 du suivi des affaires du Fonds Monétaire International, en liaison avec le


Ministère des Relations Extérieures.

Dans le cadre de ses missions, le Ministère des Finances assure la tutelle sur
l’institut d’émission, les établissements de crédit, les compagnies d’assurances
et les structures ci-après :

 la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA)

 la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC)

16
 la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun (SRC)

Lui sont rattachés

 le Centre National de Développement de l’Informatique (CENADI)

 la Commission Technique de Privatisation et de Liquidation des


Entreprises Publiques (CTPL)

 la Commission Technique de Réhabilitation des Entreprises Publiques


(CTR)

 l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF).

Le MINEPAT, quant à lui a des compétences en matière économique, de


planification et d’aménagement du territoire.

En matière d'Économie, le MINEPAT est chargé :

 De la réalisation des études économiques, en liaison avec les


administrations et organismes concernés et du suivi et de l’analyse
permanente des évolutions de l’économie nationale, des économies sous
régionales d’Afrique centrale et de l’environnement économique
international ;

 De la réalisation des études économiques, en liaison avec les


administrations et organismes concernés et du suivi et de l’analyse
permanente des évolutions de l’économie nationale, des économies sous
régionales d’Afrique centrale et de l’environnement économique
international ;

 Du suivi et de l’analyse permanente des évolutions du marché de


l’emploi en liaison avec les administrations concernées ;

17
 De la centralisation, du traitement, de la mise à jour et de la diffusion de
l’information économique ;

 Du développement et de la mise en œuvre des instruments techniques


appropriés pour les travaux de projections et d’analyse
macroéconomiques, en liaison avec les administrations et organismes
concernés ;

 Des prévisions macroéconomiques à court et moyen termes, en liaison


avec les administrations et organismes concernés ;

 Des études sur les stratégies de croissance et de compétitivité de


l’économie nationale ;

 De l’élaboration et du suivi de la mise en œuvre de la politique de


développement des filières ;

 De la définition des orientations stratégiques pour les opérations de


privatisation et de restructuration des entreprises publiques ;

En matière de planification, il est chargé :

 De l’élaboration de la politique de développement économique, social et


culturel de la nation, en liaison avec les administrations concernées ;

 De la réalisation des études et des analyses prospectives sur le


développement à long terme ;

 De l’élaboration et du suivi-évaluation de la mise en œuvre du cadre


global de planification stratégique du développement et de lutte contre la
pauvreté, en liaison avec les administrations et organismes concernés ;

18
 De la définition des priorités sectorielles et de la cohérence entre les
stratégies sectorielles de développement ;

 De l’élaboration et du suivi-évaluation de la mise en œuvre de la stratégie


nationale et des stratégies sectorielles de développement, en liaison avec
les administrations et les organismes concernés ;

 De l’élaboration du cadre de dépenses à moyen terme central ;

 De la coordination des études et du suivi des questions de population et


de développement social ;

 De la planification du développement des ressources humaines et de


l’équilibre quantitatif et qualitatif à moyen et long termes de l’offre et de
la demande sur le marché de l’emploi ;

En matière d’Aménagement du Territoire, le MINEPAT est chargé :

 De la formulation des politiques d’aménagement du territoire et de


développement régional et leur traduction en programmes et projets ;

 De l’élaboration et de la mise en œuvre des schémas d’aménagement du


territoire ;

 De l’élaboration et de la mise en œuvre des plans de développement des


zones frontalières terrestres et maritimes, en liaison avec les
administrations concernées ;

 Du suivi de la mise en œuvre des réformes agraires et foncières en liaison


avec les administrations et organismes concernés ;

 De l’appui au développement des collectivités territoriales décentralisées

 De la coopération sous-régionale en matière d’aménagement du territoire


et de gestion des écosystèmes forestiers ;

19
 Du suivi de la mise en œuvre de la politique du développement urbain, en
liaison avec les administrations concernées ;

 Du suivi des activités des programmes et projets de développement


participatif, de réduction de la pauvreté à la base et d’aménagement du
territoire ;

 Du suivi des activités du bureau central des recensements et des études de


population, de l’Institut panafricain pour le développement, de l’Institut
sous-régional de la statistique et de l’économie appliquée, et de l’Institut
de formation et de recherche démographique.

À ces organes gouvernementaux il faut ajouter les organes de régulation.

Paragraphe III : Les acteurs de régulation

La régulation est de plus en plus prononcée dans divers domaines ou le droit


rencontre l’économie et ou l’intérêt public rencontre l’intérêt privé. Elle a
généralement pour objectif d’assurer la facilitation du domaine. A cet égard les
autorités de régulation ont un rôle de contrôleur, de conseiller, de formateur et
de règlement des différends. Elles sont dotées d’une personnalité juridique,
d’une autonomie administrative et financière. Le Cameroun a mis sur pied
plusieurs agences de régulation qui jouent le rôle de facilitateur et de surveillant
(ARMP ? ART, ARSEL, ANTIC etc...).

Section II : Les entreprises publiques

Une entreprise publique est une unité économique dotée d’une autonomie
juridique et financière, exerçant une activité industrielle et commerciale, et donc
20
le capital social est détenu entièrement ou majoritairement par une personne
morale de droit public. les entreprises publiques sont placées sous une tutelle
technique et financières. Elles peuvent être crées par l’État, une collectivité
territoriale décentralisée et une ou plusieurs autres entreprises publiques.

Au Cameroun, on distingue clairement deux formes d’établissements publics :

 Les sociétés à capitaux publics : personne morale de droit privé dotée


d’une autonomie financière et d’un capital-actions intégralement détenu
par l’État, une ou plusieurs entreprises publiques ou une ou plusieurs
collectivités territoriales décentralisées, créée en vue de l’exécution dans
l’intérêt général, des activités présentant un caractère industriel et
commercial.
 Les sociétés d’économie mixte : personne morale de droit privé dotée
d’une autonomie financière et d’un capital-actions majoritairement détenu
par l’État, une ou plusieurs entreprises publiques ou une ou plusieurs
collectivités territoriales décentralisées.
Au Cameroun, les entreprises publiques sont classées en 05 catégories.

- Les entreprises de 1ère catégorie sont constituées par les sociétés donc le
chiffre d’affaires moyen des trois derniers exercices fiscaux est supérieur
à 100 milliards de FCFA ;
- Les entreprises de 2ème catégorie sont constituées par les sociétés donc le
chiffre d’affaires moyen des trois derniers exercices fiscaux est supérieur
à 50 milliards de FCFA et inférieur à 100 milliards ;
- Les entreprises de 3ème catégorie sont constituées par les sociétés donc le
chiffre d’affaires moyen des trois derniers exercices fiscaux est supérieur
à 10 milliards de FCFA et inférieur à 50 milliards ;
- Les entreprises de 4ème catégorie sont constituées par les sociétés donc le
chiffre d’affaires moyen des trois derniers exercices fiscaux est supérieur
à 5 milliards de FCFA et inférieur à 10 milliards ;
21
- Les entreprises de 2ème catégorie sont constituées par les sociétés donc le
chiffre d’affaires moyen des trois derniers exercices fiscaux est inférieur
ou égal à 5 milliards de FCFA ;
(Voir la loi n°2017/011 du 12 juillet 2017 portant statut général des entreprises
publiques ; Décret n°2019/321 du 19 juin 2019 fixant les catégories d’entreprise
publiques, la rémunération, les indemnités et les avantages de leurs dirigeants ;
arrêté n°001/MINFI du 03 janvier 2023 portant classification par catégorie des
entreprises publiques au Cameroun).

22

Vous aimerez peut-être aussi