Dossier de TD n°1
1|1 Définitions
La position extérieure représente le patrimoine ou
La balance des paiements est un état statistique qui
l’endettement net de la Nation vis-à-vis du reste du
rassemble et ordonne sous une forme comptable
monde. Alors que la balance des paiements retrace
l’ensemble des transactions économiques et
des flux, la position établit des stocks (encours). À
financières d’une économie – territoire, pays ou zone
monétaire – avec le reste du monde au cours d’une l’échelle nationale, la balance des paiements et
période donnée. Les flux économiques et financiers la position extérieure permettent d’évaluer
représentatifs de ces transactions sont répartis en l’insertion de la France dans son environnement
distinguant le compte de transactions courantes, le extérieur, d’identifier l’apparition de
compte de capital et le compte financier. déséquilibres, de comprendre comment ces
déséquilibres sont financés par le reste du monde
En dépit de son appellation, la balance des paiements
(lorsque les transactions courantes font
n’a plus vocation à rendre compte des paiements, mais
apparaître un besoin de financement net) ou
des transactions entre résidents et non-résidents. Elle
est présentée suivant les règles de la comptabilité en placés auprès du reste du monde (dans le cas
partie double. Elle est donc toujours équilibrée, chaque inverse).
transaction – financière ou non financière – avec un
non-résident ayant nécessairement pour contrepartie 1|2 Flux et stocks : balance des
une variation d’avoirs ou d’engagements vis-à-vis des
non-résidents. paiements et position
extérieure
Dans le cas le plus simple, une exportation ou une
cession de titres par les résidents se traduit, en La position extérieure représente le patrimoine ou
contrepartie, par une augmentation de leurs avoirs (par l’endettement net de la Nation vis-à-vis du reste du
exemple, des dépôts des résidents auprès de banques monde. Alors que la balance des paiements retrace
non résidentes) ou par une diminution de leurs des flux, la position établit des stocks (encours). En
engagements (par exemple un remboursement
particulier, il s’agit de distinguer, dans la variation des
d’avances précédemment obtenues auprès de
banques non résidentes). encours financiers entre deux dates, ce qui est dû aux
transactions financières au cours de cette période de
ce qui provient des évolutions du stock déjà constitué,
en raison notamment des fluctuations du taux de
change et des variations de prix des actifs
Schéma synthétique de la balance des
paiements (illustration à partir des données de 2004)
Notes : Pour le compte de transaction courantes et pour le compte de capital, le solde correspond à la différence
entre recettes et dépenses. Pour le compte financier, la colonne « net » résulte de la différence entre la variation
des avoirs et de celles des engagements.
E&O signifie erreurs et omission.
En raison des écarts d’arrondis, les agrégats et les soldes peuvent ne pas apparaître exactement égaux au
total des composantes. Source : Banque de France.
2|1 Résidents/non-résidents administrations publiques locales (APUL) et les
organismes de sécurité sociale ;
Le critère de base est celui de la résidence des agents
économiques, distinct du critère de nationalité. • le secteur des institutions financières monétaires
(IFM) hors banque centrale, comprenant les
établissements de crédit résidents tels que définis
Les résidents sont :
par la législation communautaire et toutes les
autres institutions financières résidentes dont
• les personnes physiques ayant leur centre d’intérêt
l’activité consiste à recevoir des dépôts (ou de
économique prédominant en France, quelle que soit
proches substituts de dépôts) de la part d’entités
leur nationalité, à l’exception des fonctionnaires et
autres que des IFM et qui, pour leur propre
militaires étrangers en poste en France, qui restent
compte, consentent des crédits et/ou effectuent
des non-résidents ;
des placements en valeurs mobilières. La Caisse
des dépôts et consignations et les organismes de
• les fonctionnaires et autres agents publics français
placement collectif (OPC) monétaires sont aussi
en poste à l’étranger ou mis à la disposition
inclus dans le secteur des IFM. Les
d’organisations internationales ou d’autres
établissements de paiement n’en font en revanche
employeurs non résidents ;
pas partie ;
• les établissements situés en France des personnes
• les « Autres secteurs », correspondant aux autres
morales françaises ou étrangères, à l’exception des
sociétés financières (sociétés d’assurance,
représentations des pays étrangers et des
entreprises d’investissement, sociétés de
organismes internationaux installés en France,
financement, OPC – sauf les OPC monétaires qui
lorsqu’il y a existence d’une activité économique
sont classés parmi les IFM), des entreprises
réelle exercée en France par des unités de
industrielles et commerciales, des ménages et
production autonomes, quelle qu’en soit la forme
entrepreneurs individuels, ainsi que les institutions
juridique (filiale, succursale, agence, bureau, etc.).
sans but lucratif au service des ménages
(ISBLSM) comme les associations ou les
Les non-résidents sont :
fondations.
• les personnes physiques étrangères ou françaises
qui vivent habituellement à l’étranger, c’est-à-dire qui
y ont leur installation effective, à l’exception des 2|3 Catégories fonctionnelles du
représentations françaises et des fonctionnaires compte financier et de la
français en poste à l’étranger ;
position extérieure
• les personnes morales étrangères ou françaises, Les comptes internationaux (balance des paiements et
pour leurs établissements à l’étranger, lorsqu’il y a position extérieure) distinguent cinq catégories
existence d’une activité économique réelle exercée à fonctionnelles pour les transactions financières et les
l’étranger par des unités de production autonomes, positions (ainsi que pour la ventilation de certains types
quelle qu’en soit la forme juridique. de revenus primaires) :
2|2 Secteurs institutionnels résidents • les investissements directs sont des
investissements dans lesquels un résident acquiert
Pour la plupart des postes de la balance des ou détient le contrôle ou une influence importante sur
paiements, à l’exception notamment des biens et la gestion d’une entreprise non résidente ;
services, les montants recensés font l’objet d’un
classement en fonction du secteur institutionnel • les investissements de portefeuille sont les
auquel appartient le résident qui participe à transactions et positions portant sur des titres de
l’opération. Ces secteurs institutionnels sont créance ou des actions, autres que celles relevant
communs avec ceux de la comptabilité nationale. On des investissements directs ou des avoirs de réserve
distingue :
• un instrument financier dérivé est un instrument lié
• les autorités monétaires (ou banque centrale), qui à un autre instrument (ou indicateur financier ou
correspondent à la Banque de France ; produit de base spécifique) et par le biais duquel des
risques financiers spécifiques peuvent être négociés
• le secteur des administrations publiques (APU), en tant que tels sur les marchés financiers ;
qui regroupe l’État, les organismes divers
d’administration centrale (ODAC), les
• les « autres investissements » regroupent les 2|4 Échéances : long terme/court
transactions et positions autres que celles incluses
dans les investissements directs, investissements de terme
portefeuille, instruments financiers dérivés et avoirs
Pour les besoins de la balance des paiements et de la
de réserve. Elle consiste assez largement en dépôts,
position extérieure, le long terme correspond à une
prêts et emprunts – notamment liés aux opérations
échéance à l’origine supérieure à un an, le court terme
internationales des banques – et crédits
à une échéance à l’origine inférieure ou égale à un an.
commerciaux ;
• les avoirs de réserve sont les avoirs extérieurs à la
disposition immédiate de la banque centrale.
3|1 La structure et Les rubriques de la
balance des paiements et de la position Le poste des « Erreurs et omissions nettes » est
extérieure un poste d’ajustement. Son existence tient à ce
que, à la différence d’un système simple de
Les rubriques de la balance des paiements sont : comptabilisation en partie double, les
• le compte de transactions courantes, qui se enregistrements en débit et crédit dans la balance
subdivise en biens, services, revenus primaires et des paiements résultent de déclarations ou
revenus secondaires ; d’enquêtes provenant de sources différentes. Les
• le compte de capital, qui regroupe les transferts erreurs et omissions traduisent les décalages
en capital – remises de dettes, pertes sur statistiques issus d’incertitudes dans les taux de
créances, aides à l’investissement – et les couverture de certaines collectes, de décalages de
acquisitions et cessions d’actifs non financiers non période, ou encore de différences de méthode.
produits;
• le compte financier, qui se décompose entre La position extérieure présente les créances et
investissements directs, investissements de engagements suivant les mêmes catégories que le
portefeuille, instruments financiers dérivés, autres compte financier.
investissements et avoirs de réserve.
3|2 Le compte de transacations capacité de financement de la Nation dans les
comptes nationaux.
courantes et le compte de capital
Compte de transactions courantes Le solde du compte de transactions courantes et du
compte de capital reflète la capacité de l’économie
Biens
Services
nationale à équilibrer ses échanges avec le reste du
Revenus primaires
monde. Toutes choses égales par ailleurs, un déficit
Revenus secondaires durable des transactions courantes et du compte de
Compte de capital capital se traduit par une dégradation de la position
Transferts en capital
extérieure et, en conséquence, par un accroissement
Remises de dettes de la dépendance financière vis-à-vis de l’étranger.
Autres transferts L’accumulation d’excédents se traduit, à l’inverse,
Acquisitions/cessions d’actifs non financiers non produits toutes choses égales par ailleurs, par une position
extérieure créditrice.
Le compte de transactions courantes comprend les 3|3 Le compte financier
biens, les services, les revenus primaires et les revenus
secondaires. Son solde est égal à la différence entre Le compte financier de la balance des paiements et la
les exportations et revenus à recevoir et les position extérieure sont structurés selon la « catégorie
importations et revenus à payer par les résidents. fonctionnelle » des investissements : investissements
directs, investissements de portefeuille, instruments
Les revenus primaires représentent les flux qui financiers dérivés, autres investissements, et avoirs de
reviennent aux agents économiques pour leur réserve.
participation au processus de production («
Rémunérations des salariés »), pour la fourniture Compte financier
d’actifs financiers (« Revenus d’investissements ») ou Investissements directs
pour la location de ressources naturelles (« Loyers »). Investissements de portefeuille
Les impôts et subventions sur les produits et la Instruments financiers dérivés
production sont également inclus. Les rémunérations Autres investissements
Avoirs de réserve
des salariés comprennent les salaires, gages,
traitements versés par des employeurs non résidents à
leurs salariés résidents (travailleurs frontaliers, Les investissements directs couvrent les opérations
saisonniers, en mission de courte durée) et effectuées par des investisseurs résidant dans une
inversement. Cette rubrique inclut également les économie afin d’acquérir, d’accroître ou de liquider un
cotisations sociales des employeurs et des employés. intérêt durable dans une entreprise résidant dans une
autre économie et de détenir (ou de liquider) une
Les revenus secondaires retracent les transferts influence dans sa gestion. La notion d’investissement
courants entre résidents et non-résidents. Un transfert direct est donc plus large que celle de contrôle. Par
est une écriture qui correspond à la fourniture d’un bien, convention, on considère qu’une relation
d’un service, d’un actif financier ou d’un autre actif non d’investissement direct est établie dès lors qu’une
produit sans la contrepartie d’un élément de valeur personne physique ou morale (l’investisseur) détient au
économique. Les transferts courants sont tous les moins 10 % des droits de vote en assemblée générale
transferts qui ne constituent pas des transferts en des actionnaires, ou à défaut 10 % du capital social,
capital (cf. infra, « le compte de capital », pour la d’une entreprise « investie ».
définition des transferts en capital).
Les investissements de portefeuille comprennent
Le compte de capital regroupe les transferts en capital toutes les opérations sur titres négociables entre
– remises de dettes, pertes sur créances, aides à résidents et non-résidents – achats à l’émission,
l’investissement – et les acquisitions et cessions négociations et remboursements – à l’exception de
d’actifs non financiers non produits. Il ne joue pas un celles comprises au sein des investissements directs,
rôle très important dans la balance des paiements des avoirs de réserve et des instruments financiers
française. À titre indicatif, en moyenne sur les dix dérivés.
dernières années, le compte de capital représente 0,3
% des recettes et 0,1 % des dépenses des comptes de
Un instrument financier dérivé est un instrument
transactions courantes et de capital
financier qui est lié à un autre instrument (ou à un
indicateur financier ou à un produit de base spécifique)
La somme du solde du compte de transactions et par le biais duquel des risques financiers spécifiques
courantes et du compte de capital correspond à la peuvent être négociés en tant que tels sur les marchés
financiers. Ces risques financiers spécifiques
Le poste « autres investissements » englobe toutes
les opérations sur actifs et passifs financiers vis-à-vis
des non-résidents qui ne figurent pas sous une autre
rubrique du compte financier. Ils se composent des
autres participations, du numéraire, des dépôts, des
prêts-emprunts, des crédits commerciaux et avances,
des autres comptes à payer/à recevoir, des provisions
et réserves des assurances, et enfin des allocations de
droits de tirage spéciaux (DTS).
Les avoirs de réserve sont les avoirs extérieurs qui
sont à la disposition immédiate de la Banque centrale.
Depuis la création de la zone euro, seuls les
mouvements affectant la partie des réserves de change
non transférées à la BCE et qui restent gérées par la
Banque de France figurent dans la balance des
paiements de la France. Seules les créances sur des
non-résidents hors zone euro sont prises en compte, ce
qui exclut de fait de cette rubrique les placements en
devises effectués auprès de banques non résidentes
situées dans la zone [Link] avoirs de réserve sont
constitués des créances brutes en or monétaire, des
avoirs en droits de tirage spéciaux (DTS), de la position
nette de réserve à l’égard du FMI et des autres avoirs
de réserve.
L’or monétaire est l’or dont les autorités monétaires
sont propriétaires en titre et qui est détenu à titre d’avoir
de réserve. Les droits de tirage spéciaux (DTS) sont
des avoirs de réserve internationaux créés par le FMI
et alloués à ses pays membres pour compléter les
réserves officielles dont ils disposent déjà. Les DTS
confèrent à leur détenteur le droit inconditionnel
d’obtenir des devises ou d’autres avoirs de réserve
auprès d’autres pays membres du FMI. Les avoirs en
droits de tirage spéciaux, enregistrés dans les avoirs de
réserve, ont pour contrepartie des engagements : les
allocations de DTS enregistrées dans les « autres
investissements » (cf. supra). La position de réserve au
FMI est la somme de a) la « tranche de réserve », c’est-
à-dire le montant de devises (y compris les DTS) qu’un
pays membre peut tirer sur le FMI à bref délai 1, et b)
de toute dette auprès du FMI (dans le cadre d’un
accord de prêt) au compte des ressources générales
qui est immédiatement disponible pour le pays
membre. Les autres avoirs de réserve recouvrent
principalement les avoirs en titres étrangers, ainsi que
le numéraire et les dépôts auprès d’institutions
étrangères (y compris la Banque centrale européenne).
Extraits de [Link]
statistiques/statistiques/balance-paiements#Cadre-
mthodologique-11284
1
Les positions dans la « tranche de réserve » du FMI sont des leurs monnaies pour répondre à la demande d’utilisation des
créances liquides des pays membres sur le FMI qui naissent non ressources du FMI par d’autres pays membres qui ont besoin d’un
seulement des paiements en avoirs de réserve pour les soutien de leur balance des paiements.
souscriptions de quote-parts, mais aussi de la vente par le FMI de