MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, REPUBLIQUE GABONAISE
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Union – Travail – Justice
ET DE L’INNOVATION TECHNOLOGIES -------------------
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ECOLE NORMALE SUPERIEURE
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DIRECTION DES ETUDES
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UER ESPACE, SOCIETE ET CIVILISATION
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DEPARTEMENT HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET EDUCATION A Année académique : 2024 - 2025
LA CITOYENNETE
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Tél : 01. 73.31.59 / Fax : 01. 73.31.61
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Libreville - GABON
E-mail :
[email protected] Site web : www.enslibreville.org
Géomorphologie dynamique
Evaluation n°1 :
L’érosion dans la commune de
Libreville.
Membres du groupe : Enseignant :
OBAME Edwin – Olsen M. Séverin EMANE MBA
Docteur en géographie physique
ABOUYANE Kleinne-Judisca
Année académique : 2024 – 2025
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PLAN DU DOSSIER : L’EROSION DANS LA COMMUNE DE LIBREVILLE
INTRODUCTION
I. LES ORIGINES DE L’EROSION DANS LA COMMUNE DE LIBREVILLE
1) Les origines naturelles.
a) Les fortes poussées de chaleur.
b) Les pluies abondantes.
2) Les origines anthropiques.
a) L’occupation anarchique des zones à risques.
b) Les comportements inciviques des populations.
II. LES CONSEQUENCES DE L’EROSION DANS LA COMMUNE DE
LIBREVILLE
1) Les conséquences physiques.
a) Modifications incessantes des formes de reliefs.
b) Destruction et recul de la zone côtière de Libreville.
2) Les conséquences sociales.
a) Dégradation des voies de communication.
b) Déplacement forcé de plusieurs familles.
III. LES MOYENS DE LUTTE CONTRE L’EROSION DANS LA COMMUNE DE
LIBREVILLE
1) Concernant les autorités de la commune.
a) Etablir un plan d’aménagement et construire des caniveaux partout.
b) Prendre des lois fortes sur les occupations anarchiques.
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2) Concernant les populations.
a) Adopter des comportements civiques au quotidien pour limiter l’érosion.
b) Organisation d’ateliers pour sensibiliser la population sur les risques de l’érosion.
COCNCLUSION
BIBLIOGRAGHIE
SITES PHOTOGRAPHIER
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INTRODUCTION
De manière générale, l’érosion peut être défini comme l’ensemble des phénomènes
engendrant la dégradation des structures continentales, le transport puis l’accumulation des
débris (ou sédiments) issus de cette dégradation. Au Gabon, pays de l’Afrique centrale
traversé par l’équateur avec une superficie de 267667 km2, la dynamique de l’érosion est
particulière, notamment dans la commune de Libreville. Capitale gabonaise située dans la
province de l’Estuaire, Libreville est une commune qui est quotidiennement en proie aux
phénomènes de l’érosion à cause d’une combinaison de facteurs et dont les conséquences sont
visibles dans le paysage urbain.
Ce qui nous amène à nous poser ces quelques questions importantes : comment expliquer
les phénomènes de l’érosion dans la commune de Libreville ? Quelles sont les conséquences ?
Et surtout, quels sont les moyens de prévention à mettre en place aussi bien par l’Etat que par
la population pour lutter efficacement contre ce phénomène ?
« L’érosion dans la commune de Libreville » est ici abordée dans une étude présentant de
manière synthétique à l’aide d’illustrations de terrain les origines, les conséquences et les
moyens de lutte contre l’érosion.
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I. LES ORIGINES DE L’EROSION DANS LA COMMUNE DE LIBREVILLE
Pour expliquer les phénomènes de l’érosion dans la commune de Libreville, nous nous
sommes principalement penchés sur le fonctionnement de la nature dans la ville et sur les
actions exécutées par les populations.
1) Les origines naturelles
A Libreville, l’érosion peut trouver une explication dans l’aspect naturel de la commune
caractérisée par des fortes poussées de chaleur et des pluies abondantes.
a) Les fortes poussées de chaleur.
La chaleur joue un rôle important dans le processus d’érosion, en particulier dans les climats
tropicaux comme celui de Libreville, la capitale du Gabon.
Photo n°1 : érosion du sol due aux fortes poussées de chaleur au quartier « pavé du pk9 »
(OBAME Edwin Olsen. septembre 2024).
Photo n°2 : érosion thermique. (OBAME Edwin-
Olsen, septembre 2024). La modification de ce paysage semble être d’origine thermique.
Plusieurs forces liées aux variations de températures s’exercent sur les roches, créant ainsi des
modelés d’accumulation dispersés un peu partout.
On constate bien la dilatation thermique du sol. La chaleur provoque la dilation et la
contraction des roches (photo n°2), surtout dans des régions où les variations de température
en journée sont importantes comme dans les PK. Ce phénomène, appelé thermoclastie,
affaiblit les roches en créant des fissures, les rendant vulnérable à l’érosion. Donc, à
Libreville, où les températures restent élevées toute l’année, ce processus est amplifié.
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b) Les pluies abondantes.
Les pluies abondantes sont un facteur clé de l’érosion à Libreville, en raison du climat
équatorial qui y prédomine.
Photo n°3 Photos n°4 : l’érosion
hydrique à Libreville, particulièrement au quartier « Chantier Moderne » à Nzeng-Ayong.
(ABOUYANE K.J. septembre 2024). On observe bien comment l’argile, lorsqu’il pleut
énormément, absorbe de l’eau et rejette à la surface les excédents d’eaux de pluie qui
ruissèlent rapidement entre les roches et autres matériaux.
Sur ces photos de terrain, nous pouvons réellement remarquer l’impact direct de la pluie. En
effet, les fortes précipitations provoquent un effet de battement sur le sol, détachant ainsi les
particules de la surface. Ce phénomène s’accentue sur les pentes, où l’eau de ruissellement
emporte les matériaux arrachés, contribuant à l’érosion. A Libreville, les terrains en pente
accentuent donc l’érosion hydrique. L’eau de ruissellement, accélérée par les fortes pluies,
creuse des ravines dans le sol, emportant des sédiments et affaiblissant la stabilité des terrains.
2) Les origines anthropiques.
L’érosion dans la commune de Libreville peut également s’expliquer par l’occupation
anarchique des zones à risques et les comportements inciviques des populations.
a) L’occupation anarchique des zones à risques.
Dans des villes comme Libreville, l’occupation anarchique des zones à risques est un facteur
aggravant de l’érosion.
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Photo n°5 Photo n°6. Ces photos
ont été prises par ABOUYANE K.J. en septembre 2024 au quartier Chantier Moderne à
Nzeng-Ayong.
Sur les photos ci-dessus, vous avez une manifestation de l’érosion due à l’absence de
planification urbaine. Effectivement, l’occupation anarchique dans la commune de
Libreville se traduit par un manque de contrôle sur l’aménagement des terrains. Les zones à
risques, comme les pentes et les zones inondables, sont souvent habitées sans respect des
normes de construction. Cela fragilise davantage ces terrains, comme on peut l’observer sur
les photos n°5 et n°6, qui devient plus sensibles à l’érosion, surtout en cas de pluies
abondantes.
b) Les comportements inciviques des populations.
Dans la commune de Libreville, on retrouve fréquemment des déchets ménagers aussi bien
liquides que solides, allant des sachets poubelles, des restes de nourriture, des bouteilles, aux
appareils ménagers (photo n°7). Ces immondices d’origine domestique sont la traduction d’un
comportement incivique de la population urbaine qui laisse à désirer. Aussi, les mauvaises
installations des tuyaux de compteurs d’eau de la SEEG favorisent cette érosion.
Photo n°7 : Photo n°8 :
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La photo n°7 montre bien le comportement incivique des populations de Libreville, au
quartier dit « Carrefour Hassan ». Le ruissellement des eaux domestiques se crée un chemin
qui est nettement visible sur cette photo et cela contribue à la dégradation de la route.
(OBAME Edwin – Olsen, septembre 2024).
La photo n°8 illustre parfaitement l’ingérence des agents de la SEEG qui installent des tuyaux
de compteurs d’eau n’importe où sans prendre conscience des conséquences érosives de leurs
installations anarchiques au quartier Nombakélé. (OBAME Edwin – Olsen, septembre 2024).
II. LES CONSEQUENCES DE L’EROSION DANS LA COMMUNE DE
LIBREVILLE
Les conséquences issues de l’érosion sont nombreuses dans la commune de Libreville. Pour
mieux les comprendre, nous avons structurés ces conséquences en deux catégories,
notamment les conséquences physiques (naturelles) et sociales.
1) Les conséquences physiques.
Il convient de noter que lorsque nous parlons de conséquences physiques de l’érosion, nous
faisons référence ici aux conséquences qui affectent principalement les paysages et
l’environnement de Libreville.
a) Modification incessante des formes de reliefs et des paysages.
L’érosion transforme progressivement le relief et les formes du paysage. Des collines se
forment, les montagnes peuvent perdre de leur hauteur et des surfaces planes se couvrir de
ravines. Ces changements affectent à long terme le paysage librevillois.
Photo n°9 Photo
n°10
(ABOUYANE K.J, septembre 2024)
Dans le quartier PK9 précisément aux pavés, nous pouvons observer les modifications
incessantes des formes de reliefs à cause des taux de chaleur élevés qui ne font que
s’accentuer avec le changement climatique et cela change complètement le paysage initial.
Nous avons, par conséquent, la présence d’un sol argileux sec, complètement appauvrit en
éléments nutritifs. Sans la protection des arbres ou autre couvert végétal pour réduire
l’insolation, le sol subit une érosion intensifiée chaque jour et encore plus en été (pendant la
période de sécheresse).
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b) Destruction des ouvrages de protection côtière.
L’érosion côtière est phénomène naturel qui contribue à modifier les formes de la cote de la
province de l’Estuaire, particulièrement de la commune de Libreville.
Photo n°11 : érosion côtière dans la commune
de Libreville. Un phénomène naturel et dynamique influencé par les forçages naturels (vents,
courants marins) et anthropiques (déboisement et l’occupation du territoire).
De par cette photo n°10, on constate que de tous les facteurs naturels et continus de l’érosion,
la mer est le plus puissant. La mer, par sa houle, ses courants, ses marées, est un agent érosif
redoutable, qui provoque notamment la dévastation des aménagements installés en bordures
du trait de la cote, la destruction des ouvrages de protection côtière et de la dégradation de
l’environnement.
2) Les conséquences sociales.
L’érosion, en tant que processus de dégradation des sols et de la surface terrestre par des
agents naturels comme la chaleur, l’eau ou l’activité humaine, entraine des conséquences
sociales significatives. Parmi ces conséquences sociales, nous avons la dégradation des
voies de communication et le déplacement forcé de certaines familles à cause des
glissements de terrains et des inondations récurrentes.
a) Dégradation des voies de communication.
L’érosion dans la commune de Libreville, endommage souvent certaines voies de
communication comme les routes et les ponts, nécessitant des couts élevés de réparation ou de
réinstallation, ce qui affecte les populations.
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Photo n°12 : Destruction des routes au niveau d’Akebe-
Ville, à l’impasse (OBAME Edwin – Olsen, septembre 2024).
Photo n°13 : Destruction d’une route au
quartier Ambowet débarcadère.
Sur la photo n°12, on observe bien la différence de niveau le reste de la route bitumée sur
laquelle la voiture est garée et le sol dur qui est une conséquence de l’érosion. C’est une
parfaite illustration entre « avant et après l’érosion ». Et la photo n°13 qui nous montre le
parcours habituel des eaux de pluie et les conséquences qui émanent de leur passage sur la
route au quartier Ambowet débarcadère.
b) Déplacement forcé de plusieurs familles.
Lorsque les inondations sont répétitives à cause de l’érosion qui facilite l’entrée des eaux dans
les maisons, lorsque l’accès devient difficile à cause des routes qui sont complètement
détruites, plusieurs familles sont obligées de se déplacer pour aller vivre ailleurs. Ainsi, de
nombreuses maisons sont abandonnées dans les quartiers de Libreville, notamment dans les
quartiers sous-intégrés et les banlieues.
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Photo n°14 : Maison abandonné à cause des inondations récurrentes due à l’érosion hydrique
au quartier la Sorbonne, banlieue de Libreville. (OBAME Edwin – Olsen, septembre 2024)
III. LES MOYENS DE LUTTE CONTRE L’EROSION DANS LA COMMUNE
DE LIBREVILLE.
Les moyens de lutte contre l’érosion impliquent à la fois les autorités de la commune et la
population, avec des rôles complémentaires.
1) Concernant les autorités de la commune.
Pour lutter efficacement contre l’érosion à Libreville, les autorités de la commune doivent
prendre un certain nombre d’initiatives importantes, notamment établir un plan
d’aménagement de la ville et l’adoption de lois fortes contre l’occupation anarchique.
a) Etablir un plan d’aménagement du territoire et construire des caniveaux partout.
L’aménagement du territoire désigne l’ensemble des politiques mises en œuvre pour encadrer
les évolutions d’un territoire, généralement à l’échelle de l’Etat. Il faut donc que les autorités
construisent des terrasses, des digues et autres infrastructures pour retenir les sols,
particulièrement dans les zones à risques comme dans les quartiers sous-intégrés de
Libreville. Construire des caniveaux dans tous les quartiers de la ville pour permettre eaux de
pluies de ruisseler facilement. N’oublions pas qu’un aménagement paysager est un
investissement important, pour lequel on veut éviter les erreurs.
b) Prendre des lois fortes sur les occupations anarchiques.
A Libreville, plusieurs personnes construisent leurs maisons sur des caniveaux, sur les lits de
cours d’eaux, sur des collines, des pentes etc. C’est pourquoi il est aussi indispensable que les
autorités adoptent des lois fortes sur les occupations anarchiques pour prévenir l’érosion
excessive, avec sanctions en cas de non-respect. Sinon, les populations de la commune de
Libreville risqueront de revivre les glissements de terrain comme celui du Pk7 en 2014 ou
celui de 2022. Le glissement de terrain survenu dans la nuit du 20 au 21 octobre 2022 au
quartier PK7, alors que la ville était frappée par une forte pluie. Ce glissement de terrain a fait
7 victimes, d’où l’intérêt de prendre des lois fortes pour éviter ce genre de drame à l’avenir.
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2) Concernant les populations.
Il est évident que l’Etat ne peut pas tout faire. Raison pour laquelle il est primordial que les
populations de Libreville s’imprègnent aussi de ce problème qui les concerne avant tout.
a) Adopter des comportements civiques pour limiter l’érosion dans la commune.
En effet, l’érosion naturelle est amplifiée par l’anthropisation et les comportements
inciviques de la population qui transforme les voies aménagées pour l’évacuation des eaux et
les cours d’eaux en dépotoirs des ordures ménagères. Les inondations sont récurrentes et les
eaux ruisselantes ravinent fortement la terre ferme, incisent et dégradent les voies bitumées
qui font apparaitre de nombreux nids de poules. Il est donc crucial que la population de la
commune de Libreville adopte des comportements civiques au quotidien afin de limiter
l’apparition des phénomènes d’érosion.
b) Sensibiliser la communauté en organisant des ateliers sur les risques de l’érosion.
Il faut que les spécialistes, urbanistes etc. organisent des ateliers pour sensibiliser la
population, notamment celle qui se trouve dans des zones éloignées du centre-ville, sur les
risques de l’érosion est un moyen de prévention très important. Il faut que les urbanistes et
autres spécialistes prennent ce problème à bras le corps et fassent des apparitions régulières
dans les écoles, les collèges, les lycées, les quartiers sous-intégrés pour prévenir les
populations sur les dangers qu’elles courent en versant les eaux usées partout ou en
construisant des maisons n’importe où. Cette action de sensibilisation concertée par les
membres de la communauté de Libreville permettra de réduire une fois de plus
l’impact de l’érosion sur l’environnement en général.
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CONCLUSION
En somme, il était question pour nous d’établir un dossier sur « l’érosion dans la
commune de Libreville ». Ainsi, l’élaboration de ce travail de recherche nous a permis de
comprendre que l’érosion est un phénomène de transformation de la nature par la nature.
Aussi, que ce phénomène est causé par à un certain nombre de facteurs qui sont à la fois
naturels et anthropiques, et qu’il a des conséquences considérables sur non seulement
l’environnement, mais également sur la vie quotidienne des habitants de Libreville.
C’est pourquoi, loin de faire fi de ces répercussions négatives, il est important que les
autorités locales et la population librevilloise convergent leurs efforts vers un même objectif :
limiter les phénomènes d’érosion dans la ville.
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BIBLIOGRAPHIE
Dr Séverin Emane MBA, Géographie physique du Gabon (Climatologie, Géomorphologie,
Biogéographie, Pédologie), SoBook, 05-12-2023, pages 83 – 107 : L’érosion : causes et
manifestations.
Cours de Géomorphologie dynamique, chapitre 1 : la météorisation. (Dr. Séverin Emane
MBA).
Article L’érosion côtière au Gabon de Magloire – Désiré MOUNGANGA, spécialiste des
dynamiques littorales et coordinateur scientifique à l’ANPN.
SITES PHOTOGRAPHIER
Akébé-Ville, quartier du 3ème arrondissement de la commune de Libreville.
Carrefour Hassan, zone située entre les quartiers Akébé-Ville et Pont d’Akébé.
Feu rouge Nombakélé, quartier du 3ème arrondissement de la commune de Libreville.
Bord de mer de Libreville, précisément la cote située vers l’ambassade de France.
PK9, quartier du 3ème arrondissement de la commune de Libreville.
Ambowet débarcadère, quartier du 1er arrondissement de la commune de Libreville.
Nzeng-Ayong, quartier du 6ème arrondissement de la commune de Libreville.
La Sorbonne, banlieue de la commune de Libreville.
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