CHAP I : LA TECTONIQUE DES PLAQUES
I- La dérive des continents
1- La mobilité de la croûte terrestre
Le globe terrestre n’est pas une masse stable. Il présente des mouvements provenant des
profondeurs et conduisant au plissement et à la fracture continue de la lithosphère. Ces
mouvements et ces déformations de la lithosphère s’appellent la tectonique des plaques. Elle
est marquée par la dérive des continents c'est-à-dire la séparation ou le rapprochement des
continents l’un par rapport à l’autre.
Le principe de la tectonique des plaques est dirigé par des mouvements de convection dus à la
chaleur dans le manteau supérieur. On distingue 3 types de mouvements de convection.
- Les zones de divergence sont caractérisées par des distensions. Elles sont marquées
par l’éloignement relatif des plaques. Elles sont souvent le siège des émissions
volcaniques. Exemple, la dorsale médio-atlantique.
- Dans la zone de convergence on a la compression. Ces zones sont marquées par le
rapprochement des plaques. Les zones de convergence sont souvent représentées par
des chaînes de montagne. Exemple, la chaîne des Andes.
- Les zones de coulissement : elles sont caractérisées par les déplacements latéraux des
plaques à la faveur des fractures appelées failles transformantes. C’est l’exemple du
déplacement du continent indien vers le continent asiatique.
2- La théorie de la dérive des continents
- Arguments morphologiques : si l’on rapproche les contours des côtes orientales de
l’Amérique du sud et des côtes occidentales de l’Afrique, on constate qu’elles
s’emboîtent parfaitement : les deux continents étaient autre fois réunis.
- Arguments paléontologiques : les faunes et la flore de l’Amérique du sud et de
l’Afrique présentent une similitude jusqu’à l’ère secondaire.
- Arguments géologiques
Les montagnes du cap au sud de l’Afrique ont un prolongement dans les
montagnes plissées près de Buenos-Aires qui leur ressemblent quant à la
structure et la composition.
Le plateau de gneiss de l’Afrique et le haut plateau du Brésil sont apparentés
dans le sens géologique.
Une étude plus detaillée révèle une similitude de composition des roches de
même âge.
Ces trois arguments ont autorisé Wegener à formuler son hypothèse selon laquelle les
continents actuels formaient un supercontinent, la Pangée. C’est au mésozoïque (ère
secondaire) que la Pangée a commencé à se fragmenter en amorçant la dérive des blocs
continentaux vers leur position actuelle.
II- La tectonique des plaques
1- Rappels sur la structure interne du globe terrestre
Les données sismologiques ont permis de connaître la structure interne du globe terrestre. Il
est formé de plusieurs couches concentriques qui sont de l’intérieur vers l’extérieur :
- Le noyau : il forme une boule divisée en 2 parties par la discontinuité de Lehman à
5100 Km de profondeur. Il a un rayon d’environ 3300 Km. Il est formé d’une
enveloppe externe liquide ou noyau externe et une graine rigide ou noyau interne.
- Le manteau : il est sous l’écorce ou croûte et forme une épaisse enveloppe limitée à
son tour en profondeur par la discontinuité de Gutemberg à 2900Km et par le Moho
(Mohorovicic) sous l’écorce. Il est constitué par un manteau externe, l’asthénosphère
(liquide) et un manteau interne rigide. L’asthénosphère est le siège des mouvements de
convection. Le manteau externe forme avec l’écorce la lithosphère.
- L’écorce ou croûte : elle est limitée par la discontinuité de Moho située à une
profondeur de 5 à 10 Km sous les océans et de 20 à 70 Km sous les continents.
(Schéma R. Djakou p 67)
2- Notion de plaque
a- Répartition des volcans et des séismes à la surface du globe
Les volcans se répartissent en 4 zones principales :
- ‟le cercle de feu₺ du pacifique constitué par des volcans de bordure des continents. Il
s’aligne parallèlement à la côte ;
- La zone axiale des océans pacifiques, indien, atlantique. Cette zone est jalonnée d’îles
volcaniques telles que le Cap Vert, l’Îles Maurice, la Réunion…
- Le pourtour de la méditerranéen et la chaîne alpine ;
- Les grandes cassures telles la mer rouge, les grands lacs africains, l’Erythrée.
Les séismes se répartissent suivant :
- Une aire circumpacifique ou péripacifique ;
- Une aire étroite qui suit la crête des reliefs sous-océaniques ;
- Le pourtour méditerranéen et la chaîne alpine.
On constate une similitude frappante entre la répartition des volcans et des séismes. Ils sont en
relation avec les lignes de faille, c'est-à-dire les zones actives et instables de l’écorce terrestre.
b- Notion de plaques
Le volcanisme, les séismes, les déformations affectent certaines régions et pas d’autres. Ces
zones actives, étroites délimitent de vastes surfaces où semble exister aucune activité : les
plaques.
Une plaque est donc une vaste surface de la lithosphère, géologiquement peu ou pas active. La
surface du globe est divisée en 12 plaques :
- La plaque nord-américaine ;
- La plaque sud-américaine ;
- La plaque des caraïbes ;
- La plaque africaine ;
- La plaque arabique ;
- La plaque eurasiatique ;
- La plaque des philippines ;
- La plaque australo-indienne ;
- La plaque pacifique ;
- La plaque des cocos ;
- La plaque de nazca
- La plaque antarctique.
Les frontières des plaques sont constituées de reliefs variés dont les plus élevés constituent les
dorsales. Les dorsales peuvent être sismiques ou asismiques. On observe au niveau des
dorsales les fossés d’effondrement (vallées) appelés rifts.
3- Les limites des plaques
a- Les zones de convergences
Les limites des plaques s’affrontent créant ainsi un problème d’espace qui se resoud soit par la
subduction soit par la collision.
- La subduction est le passage d’une des plaques sous l’autre. La plaque qui s’enfonce
est le plus souvent de type océanique car celle-ci est généralement plus dense. La
plaque en subduction s’enfonce dans le manteau suivant un angle variable. Cet angle
détermine le type de roche à fabriquer. Le plan de subduction est le lieu de séisme
profond (300 à 700 Km) qui se dispose dans un plan appelé plan de WADATI-
BENIOFF.
- L’obduction est le passage d’une plaque océanique sur une plaque continentale.
L’obduction s’observe dans les zones assez limitées sur le globe terrestre.
- La collision a lieu lorsque les plaques qui s’affrontent ont une densité voisine. Elle
donne lieu à un raccourcissement régional produisant des déformations souples ou des
ruptures fragiles suivants les niveaux structuraux : c’est l’orogénèse. La zone de
contact entre les deux plaques s’appelle la suture.
b- Les zones de divergence
Il s’agit d’un mouvement d’éloignement de deux limites de plaque. Le mouvement peut être
perpendiculaire ou oblique par rapport aux limites. Un vide est ainsi créé entre les deux
plaques. Ce vide appelé ride dans les océans ou rift sur les continents est immédiatement
comblé par une arrivée de matière sous forme d’une ascension de magma formant des
intrusions ou faisant éruption dans la zone de séparation. Cet apport de matière aussi bien
superficiellement qu’en profondeur contribue à former une nouvelle lithosphère océanique. La
divergence de plaques entraine l’amincissement crustal (croûte).
c- Les zones de coulissage
Le décrochement d’une limite de plaque par rapport à sa voisine s’effectue avec frottement le
long d’une faille verticale ou presque qui est le lieu d’important séisme : ce sont des failles
transformantes.
CHAP II : GEOLOGIE DU BURKINA FASO
I- Les principales formations géologiques du Burkina Faso
1- Les formations cristallines : granitoïdes
Les roches cristallines du Burkina Faso peuvent être regroupées au sein de deux générations :
- Une génération précoce constituée de tonalites, de trondhjémites et de granodiorites
(TTG). Les domaines occupés par ces TTG sont ceux qui ont été jadis considérés
comme le domaine des granites et migmatites indifférenciés Libériens ou
antébirimiens. Ces granitoïdes TTg se mettent en place dans l’unité métavolcanique et
métasédimentaire qu’ils contribuent à structurer en ceintures. Les données
géochronologiques de plus en plus fréquentes sur ces granitoïdes montrent que leurs
âges se situent au tour de 2150 Ma. Ces âges coincident effectivement avec la période
de raccourcissement majeure des roches de ceintures à 2100 Ma.
- La deuxième génération correspond à des plutons de granodiorites, de granites calco-
alcalins et de granites alcalins. Leurs mises en place interfèrent le plus souvent avec la
tectonique transcurrente régionale qui succède à la phase de raccourcissement.
2- Les formations sédimentaires
Les sédiments Néoprotérozoïques à Phanérozoïques se trouvent dans les deux bassins de
Taoudéni et de Voltas.
a- Les formations sédimentaires du bassin de Taoudéni
Ces dépôts sédimentaires commencent avant le cambrien puisqu’on y trouve des roches
glaciaires (la tillite) caractéristiques de la glaciation globale de la terre au début du
paléozoïque. De bas en haut on distingue :
- L’étage des grès inférieurs : cette formation ne s’observe qu’au tour de Banfora. Il
s’git d’un grès de couleur rougeâtre.
- L’étage des grès de base (grès de Kawara-Sindou) : il a une épaisseur myenne de 100
mètre et s’observe sur une grande distance entre Bobo-Dioulaasso et le Mali. Il s’agit
d’un grès grossier blanc à ciment parfois kaolinique et renfermant des morceaux de
feldspath et de quartzites. Il est localement conglomératique.
- L’étage des grès de Sotuba (grès glauconieux de Takalédougou) : il est formé de grès
fins plus ou moins schisteux et glauconieux, témoignant d’un paléo-environnement
marin. Cette formation est surtout observée au Nord-Est de Bobo-Dioulasso.
- L’étage des grès à yeux de quartz (grès de Tin) : la roche présente beaucoup de
similitude avec la précédente, à la seule différence qu’elle renferme des galets de
quartz roulés. Cette formation forme un vaste plateau cuirassé à Bobo-Dioulasso
- L’étage schisto-gréso-dolomite (formation de Guéna-Souroukoudinga) :
C’est une formation hétérogène où on retrouve des grès argileux, des schistes gréseux,
des schistes argileux, des dolomites plus ou moins argileux parfois à stromatolites.
- L’étage des grès roses (formation de Bonvalé) : c’est un niveau de grès fins, compacts
essentiellement quartzitiques avec souvent de minces intercalations dolomitiques.
- L’étage de schistes de Toun : c’est une association de grès schisteux, de grès
ferrugineux très fins et de schistes argileux avec quelques lits de jaspes et des passées
dolomitiques.
- L’étage des grès de Koutiala, constitué de grès roses et de grès légèrement kaolineux,
friables, à stratifications obliques et taches d’oxydes de fer.
- Les grès de Bandiagara clôturent les formations du bassin de Taoudéni. Ce sont des
grès à ciment siliceux ou kaolineux. Ils présentent des stratifications obliques et des
passées conglomératiques.
Cette succession lithostratigraphique varie légèrement lorsqu’on avance vers le Nord du pays.
b- Le bassin voltaien
Dans ce bassin on retrouve deux principales unités :
- Les sédiments Précambriens A essentiellement gréseux à intercalations de dolomies à
stromatolites. Le faciès gréseux dominant est celui du grès de Gobinangou.
- Les formations cambro-ordoviciennes recouvrent en discordance le précambrien A et
débutent par la tillite. Succédant à cette tillite, on retrouve des calcaires dolomitiques,
des dolomies calcaires, des silexites, des silstones argileux, des phosphates de chaux et
les schistes de la série de la Pendjari.
A proximité de la frontière de Togo et du Benin, les formations gréseuses du précambrien A
sont affectées par l’orogenèse panafricaine. Les effets de cette orogenèse se perçoivent par le
fait que les roches sont métamorphiques, plissées et écaillées. Elle affecte aussi sur une mince
frange bordière, les formations cambro-ordoviciennes.
II- Place des formations géologiques du Burkina Faso dans le contexte Ouest africain
1- Principaux ensembles géologiques de l’Afrique de l’Ouest
a- Définition d’un craton
Un craton est une vaste portion de domaine continental stable par opposition aux zones
instables ou zones mobiles qui sont soumises à des déformations. Un craton est constitué de
boucliers ou dorsales et de plateformes sédimentaires ou synéclises. On distingue 4 grands
cratons d’âge précambrien en Afrique qui sont : le craton ouest Africain, le craton Nilotique,
le craton du Congo et le craton du Kalahari.
b- Le craton de l’Afrique de l’ouest
Il est constitué de deux grandes dorsales :
- La dorsale de Reguibat au nord, qui couvre une partie de la Mauritanie, du Maroc et
de l’Algérie ;
- La dorsale de Man (Léo) au sud qui couvre une partie du Niger, du Burkina Faso, du
Mali, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Sierra Leone, du Togo et de la Guinée.
Ces deux dorsales sont séparées par la synéclise de Taoudéni au sein de laquelle affleurent les
deux boutonnières (fenêtres) de Kayes au Mali et de Kéniéba à cheval entre le Sénégal et le
Mali.
c- La dorsale de Man
Elle se subdivise en deux domaines majeurs :
- Le domaine occidental encore appelé domaine de Kénéma-Man où les roches sont
essentiellement d’âge Archéen (Précambrien D).
- Le domaine oriental encore appelé domaine de Baoulé-Mossi où les formations
géologiques sont d’âge Protérozoïque inférieur (Paléoprotérozoïque ou précambrien
C)
Les deux domaines sont séparés par l’accident majeur de Sassandra d’orientation sub-
méridienne (accident faillé).
2- Situation des formations géologiques du Burkina par rapport à ces ensembles
Le Burkina Faso appartient au domaine oriental de la dorsale de Man (domaine Baoulé-
Mossi). Les formations cristallines et cristallophylliennes occupent plus de 80% de la
superficie du pays. Ces formations sont recouvertes à l’ouest, au nord et à l’est par les
sédiments précambriens A (Néoprotérozoïques) à Paléozoïque du bassin de Taoudéni et du
bassin Voltaien.