Campus Universitaire de Mahdia A.U.
: 2020/2021
Analyse 2 LCE.1 & LCS.1
Cours 1 : Suites réelles
1. Introduction :
Une suite de nombres réels (ou suite réelle) est une application U de N dans R.
On note U = (un )n∈N ou tout simplement (un )n une telle suite, et on dit que un est le terme général de cette suite.
1
Exemples : un = ; un = (−1)n ; un = n2 .
n
2. Définitions :
— La suite U est majorée s’il existe un réel M tel que : ∀n ∈ N, un ≤ M .
— La suite U est minorée s’il existe un réel m tel que : ∀n ∈ N, un ≥ m.
— La suite U est bornée s’il existe un réel positif K tel que : ∀n ∈ N, | un |≤ K.
3. Monotonie :
— La suite U est croissante si et seulement si pour tout n ∈ N; un ≤ un+1 .
— La suite U est strictement croissante si et seulement si pour tout n ∈ N; un < un+1 .
— La suite U est décroissante si et seulement si pour tout n ∈ N; un ≥ un+1 .
— La suite U est strictement décroissante si et seulement si pour tout n ∈ N; un > un+1 .
— La suite U est constante si et seulement si tous les termes sont égaux au premier terme.
4. Convergence :
Soit U une suite réelle, et l ∈ R.
1. U a la limite l si et seulement si : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 ⇒| un − l |< ε
2. La suite U est dite convergente si elle a une limite finie , sinon elle est divergente.
3. Si une suite possède une limite, celle-ci est unique.
4. Si une suite est convergente, alors elle est bornée.
Attention ! ! La réciproque de 4. n’est pas vraie toujours : Contre-exemple, un = (−1)n
Théorème 1 1. Toute suite croissante et majorée est convergente.
2. Toute suite décroissante et minorée est convergente.
Conséquences :
— Si la suite U est croissante et non majorée, alors lim un = +∞.
— Si la suite U est décroissante et non minorée, alors lim un = −∞.
Théorème 2 Soient U, V, W trois suites réelles.
— Si U, V convergent et si un ≤ vn , pour tout n ∈ N, alors lim un ≤ lim vn .
— Si vn ≤ un ≤ wn , pour tout n ∈ N, et si lim vn = lim wn = l alors U converge et lim un = l.
— Si un ≤ vn et si lim un = +∞ alors lim vn = +∞.
— Si un ≤ vn et si lim vn = −∞ alors lim un = −∞.
5. Suite arithmétique :
— U est une suite arithmétique , s’il existe un réel r tel que pour tout n ∈ N, un+1 − un = r c’est à dire
un+1 = un + r.
— Son terme général est de la forme : un = u0 + nr ; ∀ n ∈ N.
(n + 1)(u0 + un )
— La somme partielle jusqu’à l’ordre n est : Sn = u0 + u1 + u2 + ... + un =
2
1
6. Suite géométrique :
— U est une suite géométrique , s’il existe un réel q tel que pour tout n ∈ N, un+1 = qun .
— Son terme général est de la forme : un = u0 q n ; ∀ n ∈ N.
1 − q n+1
— Si q 6= 1, la somme partielle jusqu’à l’ordre n est : Sn = u0
1−q
— U est une suite arithmético-géométrique s’il existe a, r ∈ R appelés raisons de cette suite tel que, pour tout
n ∈ N, un+1 = a + run .
7. Suites extraites :
Définition 1 Étant donnée une suite (un )n∈N , on dit que (vn )n∈N est une suite extraite ou encore une sous-suite
de U , s’il existe une application ϕ : N −→ N strictement croissante, telle que pour tout n ∈ N, vn = uϕ(n) .
Exemples : (un+1 )n ; (u2n )n ; (un2 )n des suites extraites de (un )n , avec resp. ϕ(n) = n + 1; ϕ(n) = 2n; ϕ(n) = n2 .
Proposition 1 Recollement :
Si les suites extraites (u2n )n et (u2n+1 )n convergent vers une même limite, alors (un )n est convergente et converge
vers cette même limite.
Théorème 3 Soit U une suite réelle.
Si U est convergente vers l alors toutes ses suites extraites convergent vers l.
Corollaire 1 Soit U une suite réelle.
1. Si deux suites extraites de (un )n convergent vers deux limites différentes, alors (un )n n’admet pas de limite.
2. S’il existe une suite extraite de (un )n qui n’admet pas de limite, alors (un )n n’a pas de limite.
Théorème 4 (Bolzano-Weierstrass) : De toute suite réelle bornée on peut en extraire une sous-suite convergente.
8. Suites et fonctions :
Théorème 5 Soient f : R −→ R et U une suite convergente vers l telles que : lim un = l et f est continue en l,
alors lim f (un ) = f (l).
2 n+2 nπ + 1 nπ + 2
Exemples : un = e n2 ; vn = ln ; xn = tan ; yn = sin .
n−1 4n + 2 2n + 3
Théorème 6 (Suites récurentes)
Soit f une fonction réelle et U une suite vérifiant : un+1 = f (un ).
Si U converge vers l et f continue en l, alors f (l) = l.
9. Suites adjacentes :
Définition 2 Soient U et V deux suites réelles. On dit qu’elles sont adjacentes si et seulement : l’une des suites
est croissante, l’autre suite est décroissante, et lim(un − vn ) = 0.
Proposition 2 Si U et V sont deux suites réelles adjacentes telles que (un )n soit croissante et (vn )n soit décrois-
sante alors :
1. pour tout (n, m) ∈ N2 , un ≤ vm ,
2. lim un et lim vn existent, sont finies et sont égales.
Théorème 7 Deux suites réelles adjacentes sont convergentes et convergent vers une même limite.
10. Comparaison de suites
Définition 3 (équivalent, négligeable, dominé)
Soient (un )n et (vn )n deux suites. On suppose qu’à partir d’un certain rang N , on a vn 6= 0.
- On dit que (un )n est équivalente à (vn )n si la suite ( uvnn )n tend vers 1.
- On dit que (un )n est négligeable devant (vn )n si la suite ( uvnn )n tend vers 0.
- On dit que (un )n est dominée par (vn )n si la suite ( uvnn )n est bornée.
Notations de Landau :
1. Si (un )n est équivalente à (vn )n , on note : un ∼ vn .
2. Si (un )n est négligeable devant (vn )n , on note : un = o(vn ) (petit o).
3. Si (un )n est dominée par (vn )n , on note : un = O(vn ) (grand O).