Alge Bre
Alge Bre
Parcours Informatique
Université Claude Bernard Lyon 1
Analyse matricielle
et algèbre linéaire appliquée I
Première partie
Rappels d'algèbre linéaire
Philippe Malbos
[email protected]
(version 3.0)
ii
Table des matières
I Préliminaires algébriques 3
1 Vocabulaire et notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Les corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3 Les anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4 Les polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 Les fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
II Espaces vectoriels 13
1 Espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Bases et dimension d'un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3 Somme de sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4 Applications linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
IVDéterminants 53
1 Dénition récursive du déterminant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2 Premières propriétés du déterminant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3 Les formules de Cramer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4 Formulation explicite du déterminant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
5 Calcul des déterminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6 Calcul de l'inverse d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
iii
TABLE DES MATIÈRES 1
Préliminaires algébriques
Sommaire
1 Vocabulaire et notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Les corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3 Les anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4 Les polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 Les fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Ce chapitre ne contient aucune démonstration, son rôle est de xer les notations et
de rappeler les structures algébriques fondamentales ainsi que les principaux résultats
algébriques que nous utiliserons dans ce cours.
1 Vocabulaire et notations
I.1.1.Ensembles de nombres. Dans tout ce cours, nous supposons connus les ensem-
bles de nombres suivants et les opérations d'addition, de soustraction, de multiplication
et de division sur ces ensembles :
- l'ensemble des entiers naturels, 0, 1, 2, . . ., noté N,
- l'ensemble des entiers relatifs, noté Z, formé des entiers naturels et de leurs opposés,
- l'ensemble des rationnels, noté Q, formé des quotients pq , où p et q sont des entiers
relatifs, avec q non nul,
- l'ensemble des réels, noté R, qui contient les nombres rationnels et les irrationnels,
3
4 CHAPITRE I. PRÉLIMINAIRES ALGÉBRIQUES
- l'ensemble des complexes, noté C, formé des nombres a ib, où a et b sont des réels et
i un complexe vériant i 1.
2
2 Les corps
Un corps est un objet algébrique constitué d'un ensemble et de deux opérations sur
cet ensemble, une addition et une multiplication, qui satisfont certaines relations. Intu-
itivement, cette structure est proche de notre intuition de nombres et des opérations que
l'on peut leurs appliquer. Avant d'énoncer les relations des deux opérations de la structure
de corps, rappelons la structure de groupe.
que
a a 1 e a1 a.
Un groupe possède un unique élément neutre. Chaque élément d'un groupe possède
un unique inverse.
Exercice 1. Montrer ces deux propriétés.
I.2.2.Exemples. Quelques exemples bien connus de groupes.
1) L'ensemble des entier Z forme un groupe pour l'addition. Il ne forme pas un groupe
pour la multiplication.
2) L'ensemble des nombres rationnels Q forme un groupe pour l'addition. Les nombres
rationnels non nul Q t0u est un groupe pour la multiplication.
3) L'ensemble R des n-uplets ordonnées
n
px1, . . . , xnq
de nombres réels, muni de l'opération
px1, . . . , xnq py1, . . . , ynq px1 y1 , . . . , xn yn q,
forme un groupe.
CHAPITRE I. PRÉLIMINAIRES ALGÉBRIQUES 5
Exercice 2. Justifier toutes les propriétés précédentes. Dans le cas de R , déterminer l’élément
n
p q
neutre du groupe et l’inverse d’un n-uplet x1 , . . . , xn .
Exercice 3. Montrer que l’élément neutre de l’addition dans un corps est annulateur.
Par dénition, un groupe ne peut être vide, il contient au moins un élément. Un corps
contient donc au moins deux éléments 0 et 1 qui sont nécessairement distincts.
Exercice 4. Justifier l’assertion précédente.
Il n'existe qu'un seul corps à deux éléments.
Un corps ne contient pas de diviseur de zero, c'est-à-dire que si a et b sont deux
éléments non nul d'un corps K, alors leur produit ab est non nul.
Exercice 5. Établir les tables d’addition et de multiplication du corps à deux éléments.
6 CHAPITRE I. PRÉLIMINAIRES ALGÉBRIQUES
I.2.7.Dénition. La caractéristique d'un corps K est le plus petit entier q tel que
l'addition de q fois l'unité soit égale à zero :
1 1 ... 1 0.
3 Les anneaux
La structure d'anneau généralise celle de corps. Un ensemble muni d'une opération
d'addition et d'une opération de multiplication qui satisfont tous les axiomes de corps,
excepté l'existence d'un élément inverse a1 , pour tout élément a non nul, est appelé un
anneau commutatif. Pour que notre dénition soit complète, on convient, qu'il existe un
anneau qui possède un seul élément.
Par exemple, l'ensemble des entiers relatifs Z est un anneau commutatif. L'ensemble
des polynômes ArX s à coecients dans un anneau ou un corps A est un anneau. Les
principales constructions sur les anneaux de polynômes sont rappelées dans la section
suivante.
max¸
tm,nu
P Q pαk βk qX k
k 0
I.4.3.Polynômes premiers entre eux. Deux polynômes sont dits premiers entre
eux si leurs seuls diviseurs communs sont les polynômes de degré nul. Plus généralement,
des polynômes P1 , . . . , Pq P KrX s sont dits
- premiers entre eux dans leur ensemble si les seuls polynômes qui divisent simultanément
les polynômes P1 , . . . , Pq sont de degré nul,
- premiers entre eux deux à deux si, pour tout i diérent de j , les polynômes Pi et Pj
sont premiers entre eux.
Si Pi et Pj sont premiers entre eux, alors les polynômes P1 , . . ., Pi , . . ., Pj , . . ., Pn
sont premier entre eux dans leur ensemble. Attention, les polynômes P1 pX 1q,
P2 pX 1qpX 2q et P3 pX 3q sont premiers entre eux dans leur ensemble, alors
que les polynômes P1 et P2 ne sont pas premiers entre eux.
U1 P1 Up Pp 1.
i 1
I.3 Théorème (de D'Alembert-Gauss). Tout polynôme non constant de CrX s pos-
sède au moins une racine dans C.
I.5.1.Le corps des fractions rationnelles. Soit E l'ensemble KrX s pKrX szt0uq.
On dénit sur E une relation dénie par, pour tous pP, Qq, pP , Q q P E ,
1 1
I.5 Proposition. Ces opérations sont bien définies et munissent l’ensemble KpX q des frac-
tions rationnelles d’une structure de corps.
P
On considère la fraction rationnelle . En notant E le quotient et R le reste de la
Q
division euclidienne de P par Q, alors
P
Q
E R
Q
, avec deg R deg Q.
Par exemple, on a
X5 4X 2 3X 1
X pX
1
1q2 X2 2X 3
X pX 1q2
.
X5 1
Le polynôme X 2 3 est la partie entière de la fraction rationnelle
2X
X pX 1q2 .
I.7 Proposition. Soit F un fraction rationnelle admettant un pôle λ d’ordre k. Il existe un
p q
unique k -uplet de scalaires β1 , . . . , βk et une unique fraction F0 n’admettant pas λ pour pôle, tels
que :
¸
k
F F0 p X
βi
λqi
.
i1
12 CHAPITRE I. PRÉLIMINAIRES ALGÉBRIQUES
2
admet pour pôle 0 et 1 d'ordre 1 et 2 respec-
tivement. On a une décomposition en éléments simples :
X5
X pX
1
1q2 X2 2X 3
1
X
2
pX 1q 2 X
3
1.
F E p X
βi,j
λ q j
.
i1 j 1 i
6 Exercices
Exercice 10. Déterminer une identité de Bézout entre les polynômes suivants
1. X 1 et X 2,
2. X 1 et X 2X 1,
3. X 1 et X 2.
2
4 3
Exercice 11. Décomposer en éléments simples dans CpX q les fractions suivantes.
1. pX 10X1qpX 4q
2
3
, 2
2. pX 1qpXX 21qpX 3q ,
3
3. pX XX 1q ,
2
2
4. pX pX1qpX4q 2q .
2
2
2
2
2
CHAPITRE
II
Espaces vectoriels
Sommaire
1 Espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Bases et dimension d'un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . 17
3 Somme de sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4 Applications linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Nous rappelons dans ce chapitre les notions d'algèbre linéaire abordées en première
année. Pour une bonne compréhension des prochains chapitres, il est important que ces
notions soient bien assimilées. Ce chapitre constitue un recueil de résultats sans démon-
stration. Le lecteur est renvoyé à son cours de première année, ou aux ouvrages suivants
pour tout approfondissement
- François Liret, Dominique Martinais, Algèbre 1 année, deuxième édition, Dunod, (2003).
re
1 Espaces vectoriels
II.1.1.Un prototype. L'espace vectorie réel Rn est le prototype d'espace vecto-
riel réel de dimension nie. Ses éléments sont les n-uplets ordonnées de nombres réels
13
14 CHAPITRE II. ESPACES VECTORIELS
px1, x2, . . . , xnq, que nous écrirons sous la forme de vecteur colonne :
x1
x2
x .. .
.
xn
Ces deux opérations ont des propriétés héritées de celles satisfaites par les opérations
d'addition et de multiplication sur les nombres réels. On peut vérier ainsi que, l'addition
de n-uplets satisfait les relations suivantes :
i) pour tous x, y, z P Rn , on a px yq z x py zq,
ii) pour tous x, y P Rn , on a x y y x,
iii) si 0 désigne le n-uplet p0, 0, . . . , 0q, on a x 0 x,
iv) en notant px1 , x2 , . . . , xn q, le n-uplet px1 , x2 , . . . , xn q, on a x pxq 0.
D'autre part, la mupliplication par un nombre réel satisfait les relations suivantes :
v) pour tous λ, µ P R et tout x P Rn , on a λpµxq pλµqx,
vi) pour tout x P Rn , on a 1x x.
Enn, les opérations d'addition et de multiplication par un réel vérient des relations de
compatibilités entre elles :
vii) pour tout λ P R et tous x, y P Rn , on a λpx yq λx λy,
viii) pour tous λ, µ P R et tout x P Rn , on a pλ µqx λx µx.
Les éléments d'un espace vectoriel E sont appelés vecteurs et les éléments du corps K
sont appelés scalaires.
Exercice 1. Soit E un K-espace vectoriel. Montrer que, pour tout vecteur x et scalaire λ, on a
les relations :
a) 0 x x,
b) λ0 0,
c) 0x 0,
d) λx 0 si, et seulement si, λ 0 ou x 0,
e) pλxq λpxq pλqx.
16 CHAPITRE II. ESPACES VECTORIELS
où λ1 , . . . , λp P K.
Plus généralement, si pxi qiPI est une famille de vecteurs de E , on appele combinaison
linéaire des pxi qiPI toute somme
¸
λi xi ,
P i I
dans laquelle, pour tout i P I , λi P K et où les λi sont tous nuls sauf un nombre ni.
Exercice 2. Montrer qu’une intersection de sous-espaces vectoriels de E est un sous-espace vec-
toriel de E .
Exercice 4. 1. Montrer que l’ensemble A tp1, 0q, p0, 1qu engendre R .
2. Montrer que l’ensemble A tpx, x , x q | x P Ru n’engendre pas R .
2
2 3 3
alors, pour tout i P I , λi 0. Autrement dit, aucun des vecteurs de la famille pxi qiPI n'est
combinaison linéaire des autres. Un famille qui n'est pas libre est dite liée .
Les éléments d'une famille libre sont non nuls et tous distincts. Toute sous-famille
d'une famille libre est libre
Exercice 5. Montrer cette propriété.
II.2.5.Base d'un espace vectoriel. Une famille libre et génératrice d'un K-espace
vectoriel E est appelée un base de E . Si pei qiPI une base de E , tout vecteur x de E s'écrit
de façon unique ¸
x λi e i .
P i I
Tout élément non nul de K forme une base du K-espace vectoriel K. Le couple p1, iq
forme une base du R-espace vectoriel C.
18 CHAPITRE II. ESPACES VECTORIELS
II.2.6.Base canonique. Lorsqu'un espace est muni naturellement d'une base parti-
culière, elle est dite canonique . Par exemple, la famille pX n qnPN est la base canonique de
KrX s. La famille p0, . . . , 1, . . . , 0q, 1 ¤ i ¤ n, est la base canonique de Kn .
II.1 Théorème. Soit E un K-espace vectoriel non nul de dimension finie. Soient G une
famille génératrice de E et L G une famille libre. Alors, il existe une base B de E vérifiant
L B G.
II.2 Théorème. Dans un K-espace vectoriel E de dimension finie, toutes les bases ont le
même nombre d’éléments.
Ce nombre est appelé la dimension de E et est noté dimK E , ou dim E , s'il n'y a pas
de confusion.
P Ei, i P I , sont tous nuls sauf une nombre ni. L'espace °Ei est appelé la
où les xi
iPI
somme des sous-espaces vectoriels Ei , i P I .
Exercice 7. Soient E un espace vectoriel et F , G deux sous-espaces vectoriels de E.
1. Montrer que F X G F G si, et seulement si, F G.
2. Montrer que la réunion F Y G est un sous-espace vectoriel de E si, et seulement si, F G ou
G F.
II.5 Proposition. Tout sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel de dimension finie ad-
met au moins un supplémentaire.
x x1 ... xp ,
E E1 ` . . . ` Ep,
il sut de montrer que E E1 ... Ep et que pour tout i P J2, pK, on a
x1 ... xp 0, où xi P Ei ,
4 Applications linéaires
II.4.1.Dénition. Soient E et E 1 deux K-espaces vectoriels. Une application u :
E ÝÑ E est dite linéaire si, pour tous x, y P E et λ, µ P K,
1
II.4.3.Exemples.
a) L'homothétie h : E ÝÑ E, de rapport λ, dénie par hpxq λx est un endomor-
phisme de E .
22 CHAPITRE II. ESPACES VECTORIELS
b) Soit E Cpra, bs, Rq l'espace vectoriel réel formé des fonctions continues de l'inter-
valle réel ra, bs à valeurs réelles. L'application ϕ : E ÝÑ R dénie par
»b
ϕpf q f ptqdt
a
u1 pF 1 q tx P E | upxq P F 1 u
est un sous-espace vectoriel de E .
Exercice 12. Montrer que u1 pF 1 q est un sous-espace vectoriel de E .
II.8 Proposition. Une application linéaire u est injective si, et seulement si, Ker u t0u.
Exercice 13. Montrer la proposition II.8.
CHAPITRE II. ESPACES VECTORIELS 23
u|F : F ÝÑ Im u
x ÞÝÑ upxq
est un endomorphisme de RrX s. Son noyau est le sous-espace vectoriel de RrX s formé des
polynômes constants. L'endomorphisme u n'est donc pas injectif, alors qu'il est surjective.
En eet ³Im u RrX s, car, pour tout polynôme P de RrX s, il existe un polynôme
QpX q 0 P ptqdt tel que upQq P . Par exemple, si
X
¸
n
P pX q ai X i ,
i 0
on pose
¸
n
QpX q
ai
X i 1.
i
i 0
1
On a alors upQq P .
Exercice 15. Montrer que l’application
u : RrX s ÝÑ RrX s
P pX q ÞÝÑ XP pX q
r s
est un endomorphisme injectif de R X , mais pas surjectif.
v) p p p p 0.
F G E
F G F
de F d'où p pp pxqq p pxq 0. On montre de la même façon que p p . L'assertion
ii) est une conséquence immédiate de la dénition de p et p .
2
F F F G G
p:E ÝÑ F, q:E ÝÑ G,
telles que idE p q et pq qp 0. On montre alors que E F ` G. Plus généralement,
on a :
i j
Pour tout i P J1, kK, pi est appelé la projection sur Ei parallèlement au sous-espace
` Ej .
k
j 1
j i
à
k
Ker pi Ej , Im pi Ei.
j 1
j i
Exercice 18. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n et soient p et q deux endomor-
phismes de E vérifiant
5 Exercices
0 1 0
ruscan 0 0 1
0 0 0
2.
Déterminer Ker u, Ker u2 , Im u, Im u2 .
Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes
a) E Ker u ` Im u,
b) E Ker u Im u
c) Im u Im u , 2
d) rang u rang u 2
e) Ker u Ker u , 2
f) Ker u X Im u t0u
Exercice 24. Soit u un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension finie n. Montrer
que les deux assertions suivantes sont équivalentes
a) Ker u Im u,
b) u 0 et n 2.rang puq.
2
Les matrices
Sommaire
1 Dénitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2 Produit de matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3 Matrice d'une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4 Trace d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
5 Noyau et image d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
6 Rang d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
7 Opérations matricielles par blocs . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
1 Dénitions
III.1.1.Dénitions. Soient m et n deux entiers naturels non nuls. Une famille pa q ¤¤ ¤¤ , i 1 i n
j 1 j m
où, pour tous entiers i et j , aij est un scalaire dans K, est appelée une matrice de type
pm, nq à coecients dans K.
S'il n'y a pas de confusion, une telle matrice sera notée raij s et représentée par un
tableau de scalaires à n colonnes et m lignes :
a11 a21 an1
a12 a22 an2
.. .. ..
. . .
a1m a2m anm
On note Mm,n pKq l'ensemble des matrices carrées de type pm, nq à coecients dans
K. Si A P Mm,n pKq, on notera Aij , le coecient de A de la j -ième ligne de la i-ième
29
30 CHAPITRE III. LES MATRICES
colonne :
i
..
.
A Aij j
Une matrice de type pn, nq est dite carrée . On note Mn pKq l'ensemble des matrices
carrées de type pn, nq. Une matrice de type pm, 1q est dite colonne et une matrice de type
p1, nq est dite ligne .
La diagonale d'une matrice carrée A raij s de type pn, nq est formée des coecients
aii , pour i P J1, nK ; on note
diag pAq pa11 , a22 , . . . , ann q.
Une matrice est dite diagonale , si tous ses coecients non diagonaux sont nuls, i.e.,
aji 0, pour tout i j . On notera
a 0 ... 0
1
0 ... ..
.
Diag pa1 , . . . , an q .
a2
.. ... ...
0 .
0 ... 0 an
..
0
.. ..
. . .
Epi,j q
0 0 j
...
1
.. ..
. .
0 0 0
CHAPITRE III. LES MATRICES 31
A B raij bij s.
A ÞÝÑ A J
On vérie que pour toutes matrices A, B et scalaire λ, on a
i)pA BqJ AJ BJ,
ii)pλAqJ λAJ.
Exercice 1. Établir ces relations.
III.1.7.Matrices symétriques et antisymétrique. Une matrice carrée S est dite
symétrique si S S. Une matrice carrée A est dite antisymétrique si A A.
J J
On note Sn pKq (resp. An pKq) le sous-ensemble de Mn pKq formé des matrices symétriques
(resp. antisymétriques).
III.2 Proposition. Les sous-ensembles S pKq et A pKq forment des sous-espaces vecto-
n n
p q
riels de Mn K , avec
n2 n n2
dim An pKq dim Sn pKq
n
, .
2 2
De plus, on a
Mn pKq An pKq ` Sn pKq
upAq A AJ ,
P MnpRq.
1. Montrer que l’application u est un endomorphisme de M pRq.
pour tout A
2. Déterminer le noyau de u. n
3. Déterminer l’image de u.
4. Montrer que M pRq Ker u ` Im u.
n
CHAPITRE III. LES MATRICES 33
2 Produit de matrices
III.2.1.Produit de matrices. On dénit le produit (ou multiplication ) d'une matrice
A de type pm, nq par une matrice B de type pn, pq, comme la matrice
¸
n
AB rcji s, avec cji aki bjk .
k 1
1m A A A1n .
On en déduit que
III.3 Proposition. L’ensemble M pKq des matrices carrées de type pn, nq, muni de l’ad-
n
ddition et de la multiplication, forme un anneau non commutatif.
Aei , eJ
i A, eJ
i Aej .
Exercice 6. Soient A et B deux matrices de M n,m pKq. Montrer que si Ax Bx, pour tout
vecteur colonne x, alors A B.
CHAPITRE III. LES MATRICES 35
AB 1n et BA 1n .
La matrice B est alors appelée la matrice inverse de A, on note alors B A1 . On déduit
immédiatement de cette dénition que l'inverse d'une matrice est unique.
L'opération d'inversion vérie les propriétés suivantes :
i) pA1q1 A,
ii) si A et B sont inversibles, alors AB est inversible et
pABq1 B1A1,
iii) si A est inversible, alors sa transposée est inversible et
pAJq1 pA1qJ.
Exercice 10. Montrer ces trois propriétés.
On désigne par GLn pKq l'ensemble des matrices inversibles de Mn pKq :
III.4 Proposition. La multiplication des matrices munit l’ensemble GL pKq des matrices
n
p q
inversibles de Mn K d’une structure de groupe.
Le groupe GLn pKq, est appelé le groupe linéaire des matrices d'ordre n.
36 CHAPITRE III. LES MATRICES
Pour résoudre ce systèmes, i.e., exprimer les coecients du vecteur x en terme de ceux
du vecteur b on procède en appliquant des opérations sur les lignes. Retranchons 3 fois
la seconde équation à la première et 2 fois à la dernière, le système devient :
$
& 5x1 x2 b1 3b2
%2x1 x3 b2
3x1 x2 2b2 b3
Retranchons la dernière équation à la première, on obtient :
$
& 2x1 b1 b2 b3
%2x1 x3 b2
3x1 x2 2b2 b3
On additionne la première équation à la seconde et on retranche 3
2
de la première à la
troisième, il reste : $
& 2x1 b1 b2 b3
b1 b3
% xx23 32 b1 21 b2 5
b
2 3
L'équation Ax b admet une unique solution x donnée par le système précédent, ce qui
s'écrit matriciellement sous la forme
x A1 b,
CHAPITRE III. LES MATRICES 37
avec
1 1
2 2 1
A 32 12
1
2
5 .
1
2
1 0
On vérie que AA1 A1 A 1n , la matrice A est donc inversible. Cet exemple illustre
le calcul de l'inverse d'une matrice en eectuant la résolution d'un système linéaire à
seconds membres. On notera cependant, que les matrices carrées ne sont pas toujours
inversibles. Nous verrons plus loin d'autres méthodes permettant de déterminer si une
matrice est inversible et de calculer l'inverse d'une matrice.
Exercice 11. Montrer que les matrices suivantes ne sont pas inversibles
1 2 3
A
1 0
, B
1 1
,
C 2 5 7 .
1 0 1 1
1 1 2
Exercice 12. Soit A un matrice de M pKq telle que A est inversible. Montrer que A est in-
n
2
versible.
38 CHAPITRE III. LES MATRICES
on a :
rxsB PBB1 rxsB1 ,
ou de façon équivalente :
rxsB1 pPBB1 q1rxsB PBB1 rxsB .
1
1 0 1
PB
can
0 1 1 .
0 0 1
L'expression de la matrice de u exprimée dans la base B est
B 1
rusB P
can
rus P
B
can can
1 0 1 1 0 1 1 0 1
0 1 1 0 1 1 0 1 1 .
0 0 1 0 0 0 0 0 1
D'où
1 0 0
rusB 0 1 0
0 0 0
On constate que cette nouvelle base permet d'exprimer plus simplement l'endomorphisme
u. Nous retrouverons cet exemple en . ??
Exercice 13. Écrire la matrice de passage de la base B de l’espace R 3
donnée dans l’exemple
III.3.1 à la base canonique de R3 . Soit p la projection donnée en III.3.1. À l’aide de cette matrice
de passage et de la matrice de l’endomorphisme p exprimée dans la base B , calculer la matrice de p
exprimée dans la base canonique de R3 .
III.7 Proposition. Deux matrices semblables ont même trace, même déterminant, même
rang.
III.8 Proposition. L’application trace : M pKq ÝÑ K est une forme linéaire vérifiant,
n
p q
pour toutes matrices A et B de Mn K ,
Exercice 15. Étant donné deux matrices A et B de M pKq, déterminer toutes les matrices X
n
p q
de Mn K telles que
X trpXqA B.
Exercice 16. Montrer qu’il n’existe pas de matrices A et B de M pKq telles que
n
AB BA 1n .
Im u tupxq | x P Kn u.
44 CHAPITRE III. LES MATRICES
De la même façon, si A est une matrice de Mm,n pKq, on dénit l'image de A comme le
sous-espace vectoriel de Km engendré par les vecteurs Ax, où x P Kn . Soit
Im A tAx | x P Kn u.
de Kn , on a
x1
x2
Ax a1 a2 . . . an .. x1 a1 x2 a2 xn an .
. ...
xn
Ainsi, Ax est une combinaison linéaire des vecteurs colonnes de A, autrement dit Im A
est le sous-espace vectoriel de Km engendré par les vecteurs colonnes de A.
Exercice 18. Soit A une matrice de M pKq telle que Im pAq soit égal à K . Justifier que la
n
n
ApE q tAx | x P E u.
1. Montrer que si E est un sous-espace vectoriel de K , alors ApE q est un sous-espace vectoriel de
m
Exercice 20. Soient A et B deux matrices compatibles. Montrer que Im pABq est un sous-
p q
espace vectoriel de Im A .
CHAPITRE III. LES MATRICES 45
Exercice 23. p q
Soient A et B deux matrices compatibles. Montrer que Ker B est un sous-espace
p
vectoriel de Ker AB .q
III.12 Proposition. Soit A une matrice de M pKq. Le rang de A vérifie les propriétés
m,n
suivantes :
i) rang A ¤ inf tm, nu,
ii) rang A rang pAJq (en particulier le rang de A est aussi le rang des vecteurs lignes),
iii) Ker A t0u si, et seulement si, rang A n,
iv) Ker pAJq t0u si, et seulement si, rang A m,
v) si m n, alors A est inversible si, et seulement si, rang A n.
46 CHAPITRE III. LES MATRICES
III.13 Proposition. Soit A une matrice de M p,q pKq de rang r. Alors la matric A est
équivalente à la matrice
Jr 1r 0
0 0
.
p q
En particulier, deux matrices de Mp,q K sont équivalentes si, et seulement si, elles ont même rang.
III.7.1.Matrices par blocs. Exprimer une matrice par colonnes ou par lignes et un
cas particulier de partitionnement de matrice. Plus généralement, soit A une matrice de
Mm,n pKq, une partitionner A consiste à l'écire sous la forme
n11 nk
A1 Ak1 m1
... ..
..
. .
A1l Akl ml
CHAPITRE III. LES MATRICES 47
n11 nk
n11 nk
A1 Ak1 m1 B1 Bk1 m1
A ... ..
..
B ... ..
..
. . , . . .
A1l Akl ml B1l Bkl ml
n11 nk
1
C1 Ck1 m1 A1 B11 Ak1 Bk1
CA
B ... ..
...
.. ..
.
. . .
C1l Ckl ml A1l B1l Akl Bkl
n11 ni
p11 pk
A1 Ai1 m1 B1 Bk1 n1
A ... ..
.. et
B ... ..
..
. . . . .
A1j Aij ml B1i Bki ni
III.7.4.Exemples.
a) Soient A, B, C dans M m,n1 pKq, Mm,n2 pKq, Mm,n3 pKq respectivement et D, E, F
dans Mn1 ,p pKq, Mn2 ,p pKq, Mn3 ,p pKq respectivement, alors
D
A B C E AD BE CF.
F
1 1 1 2 2 1 2 2
A B
C D
E F
G H
CE DG CF DH
AE BG AF BH
c) Soient
p1 p2
1
A et x
A B n1 x1 p1
C D n2 x2 p2
Exercice 27. Soient A P M n,n pKq, B P Mm,mpKq et C P Mm,npKq, telles que les matrices
A et B sont inversibles. Montrer que les matrices suivantes sont inversibles et calculer leur inverse
A 0 A C
, .
0 B 0 B
CHAPITRE III. LES MATRICES 49
8 Exercices
Exercice 28. Parmi les sous-ensembles de matrices de M pKq suivants, lesquels sont des sous-
n
espaces vectoriels :
a) les matrices symétriques,
b) les matrices diagonales,
c) les matrices inversibles,
d) les matrices non inversibles,
e) les matrices triangulaires,
f) les matrices triangulaires supérieures,
g) les matrices qui commutent avec une matrice donnée A,
h) les matrices A telles que A A,
2
Quelles sont les dimensions des noyaux de l’application linéaire représentée par A et de celle représentée
par sa transposée. Déterminer des bases de ces noyaux.
x xy
u y y x .
z xz
$ ,
& 1 0 1 .
B 0 , 1 , 1
% 1 1 0
-
50 CHAPITRE III. LES MATRICES
Exercice 33. Pour chacune des applications de R à valeurs dans R définies par 3 3
x 2x y x x 2y
aq u y x 2y z , bq u y x 2z ,
z zy z 2y z
x xy x xy z
cq u y y z , dq u y x y z .
z x z z x y z
Exercice 34. Soit T (resp. T ) l’ensemble des matrices triangulaires supérieures (resp. inférieures)
s i
de M pKq.
1. Montrer que T et T sont des sous-espaces vectoriels de M pKq.
n
Exercice 35. Montrer que toute matrice triangulaire supérieure est semblable à une matrice tri-
angulaire inférieure.
Exercice 36. Soit u l’endomorphisme de R représenté dans une base B de R par la matrice
2 2
rusB 1
1
1
1 .
1. Montrer que u 0.
2. Déterminer le rang, l’image et le noyau de u.
2
0 2
.
0 0
A2 λA µ1n .
A et 1n .
Exercice 39. Soient E un K-espace vectoriel et u un endomorphisme non nul de E tel que u 2
0.
1. Montrer que Im u Ker u.
2. Déterminer la dimension du noyau de u et de l’image de u.
3. Montrer qu’il existe une base de R dans laquelle l’endomorphisme u a pour matrice
3
0 0 1
0 0 0 .
0 0 0
52 CHAPITRE III. LES MATRICES
CHAPITRE
IV
Déterminants
Sommaire
1 Dénition récursive du déterminant . . . . . . . . . . . . . . . 53
2 Premières propriétés du déterminant . . . . . . . . . . . . . . 55
3 Les formules de Cramer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4 Formulation explicite du déterminant . . . . . . . . . . . . . . 62
5 Calcul des déterminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6 Calcul de l'inverse d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
7 Déterminant d'un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . 69
8 Annexe : rappels sur les groupes symétriques . . . . . . . . . 70
9 Annexe : déterminants et formes multilinéaires alternées . . 71
53
54 CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS
det : Mn pKq ÝÑ K
det A a11 ,
a b ad bc.
c d
IV.1 Proposition. Le déterminant est une application linéaire par rapport à chaque colonne,
i.e., pour toute matrice A ra s de M pKq, on a, pour tout j P J1, nK,
j
i) si a b c,
i n
j j j
det a1 . . . bj cj . . . an det a1 . . . bj . . . an
det a1 . . . cj . . . an
Pour tout α P K, on a
1
αa11 a21 pαa11qa22 pαa12qa21
αa2 a22
αpa11a22 a12 a21q
1 2
α aa11 aa12 .
2 2
aj1 dépend linéairement de la j -ème colonne de A. Ainsi, ak1 det A1k | dépend linéairement
de la j -ème colonne de A.
On en conclue que tous les termes de la somme (IV.1) dépendent linéairement de la
j -ème colonne de A, par suite det A dépend linéairement de la j -ème colonne de A.
CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS 57
IV.2 Proposition. Le déterminant d’une matrice dont deux colonnes sont égales est nul.
Preuve . Nous allons montrer ce résultat à partir des deux assertions suivantes
i) u ne matrice qui possède deux colonnes adjacentes égales est de déterminant nul,
ii) l e déterminant change de signe, lorsque l'on échange deux colonnes adjacentes.
De ces deux assertions, nous déduisons la proposition. En eet, si une matrice A
possède deux colonnes quelconques égales. D'après l'assertion , par échange successifs, ii)
on peut faire en sorte que les deux colonnes égales soient adjacentes, quitte à changer le
signe du déterminant de la matrice ainsi obtenue. De l'assertion , on en déduit que le i)
déterminant de A est alors nul.
i) ii)
Reste à montrer les assertions et . On procède par récurrence sur la dimension
de la matrice pour l'assertion . Si n 2, alors i)
a a ac ac 0.
c c
i)
Supposons l'assertions vraie pour toute matrice de Mn1 pKq et considérons une matrice
A raji s de Mn pKq ayant deux colonnes adjacentes égales, i.e., Aj Aj 1 pour un
j P J1, nK. Par dénition, on a
¸
n
det A p1qk 1 k
a1 det A1k
|.
k 1
IV.3 Proposition. Le déterminant d’une matrice change de signe, lorsque l’on échange
deux colonnes.
matrice A change de signe lorsque l'on échange les j -ème colonne et k -ème colonne.
D'après la proposition IV.2, on a
det a1 . . . aj ak . . . aj ak . . . an 0.
Par linéarité, on en déduit que
det a1 . . . aj . . . aj . . . an det a1 . . . aj . . . ak . . . an
det a1 . . . ak . . . aj . . . an det a1 . . . ak . . . ak . . . an 0.
D'où le résultat attendu :
det a1 . . . aj . . . ak . . . an det a1 . . . ak . . . aj . . . an .
Preuve . Supposons que la famille pa1 , a2 , . . . , an q soit liée et montrons que le déterminant
det A est nul. Par exemple, supposons que la première colonne soit combinaison linéaire
des autres colonnes : n ¸
a1 αk ak .
k 2
Alors,
¸
n
det A det αk ak a2 . . . an
k 2
¸n
αk det ak a2 . . . an
k 2
Or pour tout k P J2, nK, la matrice ak a2 . . . an possède deux colonnes égales. De
la proposition IV.2, on déduit que det A 0.
Inversement, supposons que la famille B pa1 , a2 , . . . , an q forme une base de l'espace
Kn , montrons par l'absurde que le déterminant de A est non nul.
CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS 59
On a
¸ ¸ ¸
n n n
det x 1 x2 . . . xn det α1k ak 1
α2k ak . . .
1
αnk ak
2 2 n n
k 1 1 k 1 2 k 1 n
¸n ¸
n ¸n
... α1k α2k . . . αnk det ak ak . . .
1 2 n 1 2
akn
kn 1
k1 1 k2 1
IV.5 Théorème (Formules de Cramer). Si det A est non nul, alors l’équation
x1 b1
A ..
..
. .
xn bn
Cette formule n'est pas toujours très utilisable en pratique, les méthodes de résolu-
tion de systèmes linéaires par élimination gaussienne sont plus ecaces. Les formules de
Cramer gardent un intérêt théorique qui sera exploité plus loin.
62 CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS
ique de K2 . Les colonnes a1 et a2 qui s'identient à des vecteurs de K2 se décomposent
dans la base canonique en
On a
1
det A det a2
1
a
det a1c1 a12c2 a21c1 a22c2
pa11a22 a12a21q det c1 c2
Or det c1 c2 1, on retrouve ainsi la formule donnée précédemment : det A
a11 a22 a12 a21 . Ce qui s'écrit aussi sous la forme
Preuve . Soit A a1 a2 . . . an une matrice de Mn pKq. Considérons la base canon-
ique C an pc1 , . . . , cn q de Kn . Tout vecteur colonne aj de A se décompose dans la base
canonique en
¸
n
a j
ajk ck .
k 1
On a
1 2
det A det a . . . an
a¸n ¸
n ¸
n
det a1k ck 1
a2k ck . . .
1 ank ck 2 2 n n
k 1 1 k 1 k 12 n
¸n ¸
n ¸n
... a1k a2k . . . ank det ck ck . . .
1 2 n 1 2 ckn
k1 1 k2 1 kn 1
Si un terme de la somme précédente possède deux indices ki égaux, alors
det ck1 ck2 . . . ckn 0.
64 CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS
Sinon, un terme ne possède que des indices diérents k1 , . . . , kn de l'intervalle J1, nK. La
donnée de ces n indices correspond à la donnée d'une permutation de Sn , telle que
σ piq ki , pour tout i P J1, nK.
On en déduit que
¸
det A a1σp1q a2σp2q . . . anσpnq det cσp1q cσp2q . . . cσpnq
P
σ Sn
sgnpσ qa1σp1q a2σp2q . . . anσpnq sgnpσ1qa1σ p1q aσ2 p2q . . . anσ pnq.
1 1 1
CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS 65
On a ainsi,
¸
det A sgnpσ qa1σp1q a2σp2q . . . anσpnq
P
¸
σ Sn
σ 1 1p q aσ1 p2q . . . aσ1 pnq
sgnpσ 1 qa1 2 n
P
¸
σ Sn
σ 1 1p q aσ1 p2q . . . aσ1 pnq
sgnpσ 1 qa1 2 n
σ 1 S n
P
IV.8 Proposition.
i) le déterminant d’une matrice est une application linéaire par rapport à chaque ligne,
ii) le déterminant d’une matrice dont deux lignes sont égales est nul,
iii) le déterminant d’une matrice change de signe, lorsque l’on échange deux lignes,
iv) le déterminant d’une matrice est non nul si, et seulement si, les vecteurs lignes de la matrice
sont linéairement indépendants.
Par suite,
¸
n
cj bjk ak .
k 1
Ainsi
1 2
det pABq det c . . . cn
c¸n ¸
n ¸
n
det b1k1 ak1 ... b2k2 ak2 bnkn akn
k 1 1 k 1 2k 1 n
¸ ¸ ¸ 1 2
n n n
... bk bk . . . bnk det ak ak
1 2 n
1 2
. . . akn
k1 1 k2 1
kn 1
Or p q aσp2q . . . aσpnq
det σ 1
a sgnpσqdet a1 a2 . . . an .
On déduit donc de l'équation (IV.2) que
¸
det pABq sgnpσ qb1σp1q b2σp2q . . . bnσpnq det a1 a2 . . . an
P
σ Sn
IV.10 Proposition. Une matrice A de M pKq est inversible si, et seulement si, det pAq
n
est non nul. On a alors
det pA1 q
1
det pAq
.
CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS 67
Preuve . Soit A une matrice inversible de Mn pKq. Il existe alors une matrice A1 de
Mn pKq telle que AA1 1n . D'après le théorème IV.9, on en déduit que
De la même façon, pour tout j P J1, nK, on a le développement du déterminant selon la j -ème
colonne
¸
n
det pAq aji cof paji q. (IV.4)
i 1
Preuve . Exercice
A 1 det1pAq CompAqJ.
Cette formule d'inversion est aussi connue sous le nom de règle de Cramer.
Preuve . Soient A raji s une matrice de Mn pKq et CompAq sa matrice des cofacteurs.
Exprimons le produit
¸n
pACompAqJqji aki cof pakj q.
k1
Exercice 4. Soit A une matrice inversible symétrique de M pKq. Montrer que la matrice A
n
1
est symétrique.
CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS 69
Preuve . Soient A et B deux matrices semblables de Mn pKq. Il existe donc une matrice
inversible P de Mn pKq telle que
A PBP1 .
IV.17 Proposition. Le groupe symétrique Sn est engendré par les transpositions, i.e., toute
permutation de Sn se décompose en un produit de transpositions.
Une permutation est dite paire (resp. impaire ), si elle est de signature 1 (resp. 1).
Le noyau de ce morphisme est formé des permutations paires et est appelé groupe
alterné d'indice n . On le note An .
E ÝÑ F
x ÞÝÑ ϕpx1 , . . . , xi1 , x, xi 1 , . . . , xp q
est linéaire.
Une application p-linéaire de E à valeurs dans K est appelée une forme p-linéaire .
Une application p-linéaire ϕ de E dans F est dite alternée si, pour toute famille
px1, . . . , xpq de vecteurs de E et pour tout i j , on a :
xi xj ñ ϕpx1, . . . , xpq 0.
72 CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS
Preuve . Exercice.
r | | s r | | s
où det x1 . . . xn B est le déterminant de la matrice x1 . . . xn B dont les coefficients de
la j -ème colonne sont les coordonnées du vecteur xj exprimé dans la base B .
Preuve . Pour tout i P J1, nK, considérons la décomposition du vecteur xi dans la base B :
¸
n
xi aik ek .
k 1
On a
a11 . . . an1
r x1 | . . . | xn sB ..
.
..
.
.
a1n . . . ann
L'application ϕ étant n-linéaire, on a
¸
n ¸
n ¸
n
ϕpx1 , . . . , xn q ... a1k1 a2k2 . . . ankn ϕpek1 , ek2 , . . . , ekn q.
k1 1 k2 1
kn 1
Si un terme de cette somme possède deux indices ki égaux, alors le scalaire ϕpxk1 , xk2 , . . . , xkn q
est nul. Sinon, un terme ne possède que des indices diérents k1 , . . . , kn de l'intervalle
J1, nK. La donnée de ces n indices correspond à la donnée d'une permutation de Sn , telle
que
σ piq ki , pour tout i P J1, nK.
On en déduit que
¸
ϕpx1 , . . . , xn q a1σp1q a2σp2q . . . anσpnq ϕpeσp1q , eσp2q , . . . , eσpnq q.
P
σ Sn
CHAPITRE IV. DÉTERMINANTS 73
ϕ0 pe1 , . . . , en q 1.
Ainsi dénie, on déduit des propriétés de l'application det que ϕ0 est une forme n-linéaire
alternée.
D'après le théorème précédent, pour toute forme n-linéaire ϕ sur E , on a
ϕ ϕpe1 , . . . , en qϕ0 .
Il existe ainsi une unique forme n-linéaire ϕ sur E vériant ϕpe1 , . . . , en q 1, c'est la
forme ϕ0 dénie par (IV.5).