Vendredi 16 mai 2025
Sculpture
#terre glaisse
La sculpture est une activité artistique qui consiste à concevoir et
réaliser des formes en volume, en relief, soit en ronde-bosse (statuaire),
en haut-relief, en bas-relief, par modelage, par taille directe,
par soudure ou assemblage. Le terme de sculpture désigne également
l'objet résultant de cette activité.
Le mot sculpture vient étymologiquement du latin « sculpere » qui signifie
« tailler » ou « enlever des morceaux à une pierre »[1]. Cette définition, qui
distingue « sculpture » et « modelage », illustre l'importance donnée à la
taille de la pierre dans la civilisation romaine. Au Xe siècle, on parle
d'« ymagier » et la plupart du temps, le travail du sculpteur est un travail
d'équipe avec un maître et des tailleurs de pierre, comme il est traité dans
l'art roman et l'architecture romane. Plusieurs équipes travaillent
simultanément sur les grands chantiers des cathédrales.
Histoire
Article détaillé : Histoire de la sculpture.
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Bas-relief en creux et incisions. Cléopâtre
et son fils Césarion. Temple de Denderah.
Les plus anciennes sculptures réalisées par l'homme et ayant traversé le
temps sont de petites figurines rudimentaires taillées, en pierre ou en os [2],
qui servaient probablement à des pratiques magiques, d'ex-voto,
d'échanges, de rituels qui permettaient de réaliser des transactions avec
des forces surnaturelles ou sociales. La Vénus de Lespugue,
sur ivoire de mammouth, en est un bel exemple. Certaines sculptures de
taille plus imposante ont survécu aux millénaires qui nous séparent de leur
créateur comme les bisons d'argile crue retrouvés dans la grotte du Tuc
d'Audoubert en Ariège, les bas reliefs de l’abri sous roches du Roc-aux-
Sorciers dans la Vienne ou les monolithes sculptés de Göbekli
Tepe en Turquie. Il est probable que des objets modelés, en terre, ont aussi
existé, mais en l'absence de techniques de pérennisation (cuisson), cela
reste une hypothèse. D'autres sculptures, comme celles du Roc-aux-
Sorciers, représentent des animaux sauvages, sans doute des
représentations de l’alimentation des peuples de chasseurs-
cueilleurs du Magdalénien.
Bien que cet usage, chamanique sans doute, ait décliné, la représentation
humaine reste un thème fréquent des sculpteurs[réf. nécessaire]. Selon les
époques et les civilisations, les artistes ont exécuté ces figurines de
manière réaliste, ou bien, au contraire, ont pris une plus grande liberté
pour interpréter leur sujet.
En Occident, la sculpture a tardivement été dissociée de la peinture.
À Paris, ces deux catégories d'artistes, que l'on distingue nettement
aujourd'hui, appartenaient au Moyen Âge à la même communauté de
métier des peintres et tailleurs d'images. En effet, avant l'invention des
représentations en perspective moderne, le relief d'une image de grand
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format était rendue par un traitement en bas-relief du plan du tableau,
comme sur les sculptures des églises romanes et des cathédrales
gothiques (par exemple sur la cathédrale Notre-Dame de Paris dont les
couleurs disparues viennent d'être retrouvées).
En France, c'est avec la création des académies de peinture et de
sculpture, en 1648, et d'architecture, en 1671, que les deux métiers
deviennent officiellement distincts, même si, à la Renaissance, beaucoup
d'artistes restent aussi bien peintres que sculpteurs.
Au XIXe siècle, on distingue encore le « sculpteur » qui taille des matériaux
solides : la pierre, le bois ou l'ivoire, pour créer une forme unique originale,
et le « statuaire » qui réalise des modèles en terre (argile), en plâtre ou
en cire destinés à être reproduits (technique indirecte de la « taille avec
mise aux points ») ou moulés (technique de la « fonte à cire perdue » pour
être coulés en métal, en bronze) le plus souvent.
Techniques
Taille, modelage, assemblage, stéréolithographie
Pour créer une œuvre, plusieurs manières peuvent être envisagées, voire
combinées entre elles.
Le modelage : l'idée de modelage fait tout de suite penser à la pâte
à modeler que l'on travaille si facilement avec les doigts. C'est la
technique la plus primitive et la plus directe de mise en forme d'un
solide plastique, en l'occurrence la terre ou argile (grès, porcelaine
ou faïence). Le modelage en terre n'a cessé d'être pratiqué au fil des
siècles. Dans un bon nombre de cas, il a permis au sculpteur de
préciser sa pensée. Il a rarement eu un caractère définitif à cause de
sa fragilité, mais à partir de la Renaissance, il se voit attribuer un
caractère privilégié puisque le sculpteur exécute tous ses modèles
en terre et donne à reproduire ses œuvres à des mouleurs, fondeurs
ou praticiens (agrandisseurs). Beaucoup d'artistes modernes, en
quête de nouveauté, emploient pour leurs créations des matériaux
inattendus : des tôles, des pièces métalliques et même des matières
plastiques.
La méthode consiste à ajouter ou retirer de la matière autour d'un
ou plusieurs centres qui deviendront « l'âme » de la sculpture. Cette
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technique du modelage s'applique aux matériaux dits « plastiques »,
c'est-à-dire susceptibles de se déformer de façon réversible sous
l'effet de forces minimes (l'argile, la cire, le plâtre et des pâtes à
modeler diverses). À tout moment, de la matière peut être retirée ou
ajoutée, les « repentirs » sont permis (jusqu'à un certain point,
cependant). La souplesse du matériau permet d'enregistrer les
impressions les plus fugitives avec une liberté totale. La limitation
principale du matériau réside dans sa résistance souvent assez
faible. Le séchage lent de la sculpture est l'étape suivante pour
l'argile et le plâtre, le refroidissement pour la cire et la cuisson pour
l'argile sèche.
La taille, dont le principe est de soustraire, à l'aide d'un outil percuté
par un galet (préhistoire) ou une massette, des éclats dans une
matière dure pour dégager de sa gangue une forme : il existe deux
techniques fondamentales de taille pour sculpter la pierre ou le
bois : la taille directe, sans croquis préalable ni modèle et qui tient
compte de la forme originelle du bloc pour faire émerger une forme
imaginée par le sculpteur, et la taille avec mises aux points, qui
recopie fidèlement un modèle à partir de mesures exactes.
L'assemblage (voire l'appareillage[3]) consiste, dans une sculpture, à
en assembler les éléments. Cela peut se faire par tenon et mortaise,
ou cheville, boulon, rivet, soudage, etc.) dans le même matériau ou
dans des matériaux différents (la statue chryséléphantine de Zeus à
Olympie était en bois, ivoire, or, etc.). Mais il peut s'agir d'objets
divers (naturels ou fabriqués, qu'ils soient neufs, vieux, objets du
quotidien, etc.). Ces objets peuvent être assemblés avec des parties
obtenue par la taille ou d'autres moyens, comme c'est le cas dans
certaines sculptures d'Afrique centrale. Toutes ces parties mises
ensemble parviennent à former une sculpture unique, dont la
somme dépassera la valeur esthétique des éléments séparés.
La stéréolithographie, ou prototypage rapide, permet de créer un
volume d'après des données informatiques créées ex nihilo ou
scannées d'après un modèle réel en trois dimensions [4].
La sculpture numérique ou virtuelle permet de sculpter un
volume virtuel, sans passer par une phase « plan ».
Quelques logiciels libres permettent ainsi de modeler un objet virtuel
par des fonctions simples permettant d'étirer, creuser, aplatir, lisser,
colorer une forme tridimensionnelle, un peu comme on le ferait avec
de la pâte à modeler (Sculptris[5] par exemple), sur ordinateur.
Une imprimante 3D permet éventuellement de la transformer en
objet réel.
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Représentation :
Le modelage : Jean-Antoine Houdon modelant le buste
de Bonaparte Premier Consul, vers 1802-1803. Boilly Louis Léopold (1761-
1845), huile sur toile.
La sculpture en bronze nécessite une fonte du métal à 1 200 °C pour être
coulé dans un moule.
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Psyché ranimée par le baiser de l'Amour d'Antonio Canova constitue une
des prouesses de la taille du marbre.
L'assemblage : Jean Tinguely devant son atelier avec un assemblage en
cours. 1963.
Porte de l'Enfer, Rodin, entre 1880 et 1917,
haut-relief en plâtre. H. 6.35 x L. 4. x P. 0.94 m [6].
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Petit masque en coquille préhistorique
coréen de Tongsam-dong. Muziri, population
bembe, plateaux de la vallée du Niari. République du Congo. Matériaux :
tissus, rotin, fibres végétales, laiton, poils et pigments. H. 80 cm
env. Muséum d'histoire naturelle de La Rochelle[7].
Fragile collier Songhaï composé de paille,
cire d'abeille et fil de coton.
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Matériaux
Les matériaux utilisés en sculpture nécessitent un savoir-faire plus ou
moins simple à acquérir. La terre, que l'on peut aisément modeler, le bois
tendre que l'on peut tailler sans trop d'effort sont certainement les plus
employés. Mais n'oublions pas les matériaux qu'emploient les enfants, le
sable des châteaux de sable, les poupées de chiffon ou les petits objets
en pâte à sel, en pâte à modeler ou en pâte Fimo, aujourd'hui. Certaines
de ces sculptures seront éphémères, en sable, mais aussi celles réalisées
avec des fruits comme la courge d'Halloween. D'autres restent fragiles,
comme la terre sèche, même additionnée de fibres, ou certains
coquillages simplement usés.
Le tressage de matières végétales fibreuses permet des réalisations où le
degré de technicité peut devenir beaucoup plus élevé. Simplement avec
de la paille, qui brille comme de l'or, des jeunes filles Songhaï ont fait leurs
superbes colliers, si fragiles, de minuscules sculptures-bijoux. Les
matériaux tendres, qui peuvent être usés, peuvent être d'origine animale
comme l'os[8] et l'ivoire, ou végétale comme le bois, avec des essences
plus ou moins dures, ou, au contraire, flexibles et aisément assemblées
entre elles ou à d'autres matières, fibres, plumes, fleurs et feuilles.
La couleur naturelle des matériaux est souvent couverte partiellement ou
totalement par d'autres couleurs, éventuellement sur un enduit qui
transforme l'aspect de surface d'un matériau. Le bois pouvant être
imprégné de matières minérales colorées qui le protègent des insectes,
après un long séjour dans la terre.
Le plâtre a été utilisé dès l'Antiquité pour le moulage. Les Romains de la
République conservaient ainsi une galerie d'ancêtres par l'empreinte de
leurs visages. Ce qui a donné lieu, sous l'Empire, à leur transposition dans
des matériaux luxueux, marbres divers, qui ont soulevé l'indignation des
contemporains. Rodin a fait un usage particulièrement créatif du plâtre. La
Porte de l'Enfer en est un excellent exemple. Le plâtre reste une matière
relativement fragile.
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Symbole du pouvoir royal
appelé excentrique, silex. Maya, période classique récente, VIIe – Xe siècle.
« Danseuse » néolithique de Haute-
Égypte. Nagada. Terre cuite peinte.
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Sous des climats très secs, comme dans les oasis du Xinjiang, ou dans des
lieux maintenus à l'abri de l'humidité, comme à l'époque de Nara au Japon,
dans les bâtiments bouddhistes, ou dans des ateliers d'artistes
occidentaux la terre crue, ou terre sèche, a longtemps été retenue pour
certaines sculptures. Mais elle reste très fragile.
Enfin certaines sculptures ont été réalisées pour durer. La terre cuite,
qu'elle serve en poterie utilitaire aux formes recherchées et ornées ou
pour des usages autres, comme une certaine « danseuse » néolithique de
Haute Égypte, mondialement célèbre. La nature des ingrédients dont on
compose la terre avant cuisson, le travail de préparation, le revêtement (la
glaçure, l'émail) et surtout la température de cuisson elle-même, ont fait
l'objet d'une recherche très méthodique en Chine pour aboutir à des grès
(céramique) puis à la porcelaine, d'une résistance remarquable.
Les mingqi chinois peuvent prendre toutes les formes, habitations,
figurines, objets, êtres fantastiques. Les pierres les plus dures, les plus
vitreuses, comme le jade, étant les plus difficiles à travailler, leur travail
relève de la prouesse de personnes possédant un savoir hautement
spécialisé et pouvant y consacrer leur vie. Ces matériaux sont donc, pour
une part, d'origine minérale,
pierre calcaire, grès, marbre, granite, quartzite, etc. et quelques-uns ont
une très longue histoire, les silex, par exemple ont fait l'objet d'un travail
inouï qui en fait de véritables sculptures. Les excentriques en silex
maya en sont un bon exemple. Mais le plus ancien dépôt
funéraire, néandertalien (Sima de los Huesos, Espagne), est « tout
simplement » un magnifique biface en quartzite rouge et jaune de
500 000 ans. C'est probablement la nature et la couleur du matériau qui
lui ont donné toute sa valeur.
Les arts du métal se sont développés très tôt avec l'or, puis le cuivre (on
parle de culture chalcolithique), travaillés par martelage et fonderie.
Le bronze, comme l'étain, a bénéficié de différentes méthodes de
moulage, à la cire perdue ou avec des moules nombreux, comme en
Chine. Ils font l'objet d'un travail secondaire de retouche, d'assemblage et
de polissage. D'autres matériaux, aussi, font l'objet de moulage. Ainsi
le ciment ou le béton, mais ces matériaux peuvent également être
travaillés en taille directe dans la période de prise. L'acier est beaucoup
plus utilisé que l'aluminium en raison des problèmes techniques propres à
la soudure de l'aluminium. Le sculpteur Richard Serra a largement utilisé la
qualité des métaux qu'il utilise, comme de gigantesques plaques d'acier
Corten, ou des configurations mettant en œuvre les propriétés du plomb,
pour en faire éprouver « physiquement » la sensation de poids au
spectateur.
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Le textile est utilisé sur des statuettes en bois, souvent peintes, depuis
l'Antiquité. Les statuettes funéraires égyptiennes en ont préservé quelques
exemplaires, alors que le XIVe siècle, en Italie, en voyait l'usage constant
dans les innombrables ex-voto sculptés, portraits en pied ou même
équestres qui étaient encore d'usage à l'époque de Donatello. Plus
récemment, l'artiste Robert Morris a utilisé le mouvement naturel
d'un feutre très épais, découpé, retombant sous son poids pour générer
des formes sensuelles.
La sculpture moderne et contemporaine utilise encore ces matériaux,
mais également le verre et les miroirs, des matériaux bruts, la glace et
l'eau, les cristaux liquides et d'autres matériaux fabriqués par l'homme,
tels que les matières plastiques, et en particulier
les PMMA (polymétacrylate de méthyle) connus sous des noms déposés
comme Plexiglas ou Altuglas, ainsi que n'importe quel objet trouvé.
Le papier mâché est également un matériau extrêmement économique, et
les techniques de réalisation de sculptures avec ce matériau sont simples
à mettre en œuvre.
L'utilisation du chocolat n'est pas exclue. Par ailleurs, le monde de la
cuisine se plaît à créer ce qui ressemble à de la sculpture, par jeu.
Dans ses derniers écrits, Joan Miró affirmait qu'à l'avenir, on pourrait
imaginer des sculptures utilisant les gaz comme matériaux. Lui faisant
écho, Louis Leygue, dans son discours de réception de Nicolas Schöffer à
l'Académie des beaux-arts, définissait ainsi la sculpture :
« La sculpture peut se réaliser selon trois procédés : celui qui consiste à
prélever la matière dans un bloc compact, celui qui consiste à façonner
une matière molle pour créer des formes, enfin celui qui consiste à
fabriquer ce que l'on veut réaliser. »
On assiste ainsi, avec la multiplication des musées et des publications
savantes, à une redécouverte de matériaux oubliés au fil des siècles.
Si certains métaux, comme l'or, ont fasciné les hommes c'est que cette
matière jouait avec la lumière. Le poli idéal que recherchait Brancusi se
joue aussi de la lumière dans les photographies qu'il a réalisées de ses
propres sculptures[9]. La lumière est une qualité de certains « matériaux ».
De même, lorsqu'un sculpteur réalise une fontaine, l'eau est partie
prenante des « matériaux » avec lequel il doit travailler, et même le
mouvement qui est donné à l'eau. Le mouvement est alors une qualité du
matériau « eau ». Jean Tinguely a su introduire le rapport entre ses
assemblages d'objets de rebut, leurs mouvements heurtés et l'eau en
mouvement avec les sons que la sculpture produit.
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Après László Moholy-Nagy (Modulateur Espace Lumière, 1929[10]), Nicolas
Schöffer et bien d'autres artistes tels Marta Pan, ont été intéressés par les
rapports de l'architecture et de la sculpture. Les deux premiers
considérant la lumière comme un matériau autant que le mouvement.
Marta Pan a réalisé ainsi des sculptures monumentales intégrées dans
l’architecture des espaces publics et urbains, comme La Perspective dans
le parc des Sources de la Bièvre à Guyancourt[11]. Nicolas Schöffer
souhaitait réaliser une « Tour Lumière Cybernétique » en 1963, en
interaction avec le quartier de La Défense, à Paris. L'espace, dont la
qualité est d'être habité, pour Nicolas Schöffer, est un matériau au même
titre que le mouvement qui anime ses sculptures [12].
Photographie de Spiral Jetty, le 11 janvier
2004, à 7 h du matin. Le basalte y apparait d'autant plus noir.
Les artistes du Land art ont, pour leur part, souhaité sortir des galeries
d'art et des musées, avec les conventions et contraintes que cela
supposait, tout en réalisant ou en nous montrant des « sculptures » qui
rompent avec les traditions récentes. Les « matériaux » sont, ici,
nombreux : matériaux naturels, comme la spirale en remblai de basalte /
le Grand Lac Salé, dans Spiral Jetty de Robert Smithson (1970) où la
dimension du temps est essentielle. Tandis que pour James Turrell, c'est
encore la lumière, naturelle, dans des espaces généralement construits en
pleine nature (le Roden Crater). L'échelle, souvent monumentale de ces
sculptures, prend en compte le paysage où les œuvres s'inscrivent, et la
dimension temporelle sur de longues durées : la spirale, en basalte noir,
de Robert Smithson, était pensée comme soumise aux fluctuations du lac,
la spirale noire se borde alors de sel blanc, jusqu'à sa disparition dans les
eaux salées, pendant les périodes de hautes-eaux, et sa réapparition,
toute blanche, quelques années plus tard.
Pour Dominique Gonzalez-Foerster, la littérature, le cinéma, la musique
sont des matériaux qu'elle utilise comme avec des ciseaux, en
sélectionnant des fragments pour ses installations [13]. Il faut alors
considérer qu'avec des réalisations comme celles de Brancusi et de Robert
Smithson, « à la jonction de l'immobilité et du mouvement », la sculpture
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est à envisager dans un « champ élargi », selon l'expression retenue
par Rosalind Krauss et où l'installation a sa place[14].
Ainsi, des sculpteurs contemporains ont ouvert la voie à des recherches
nouvelles, associant des matériaux traditionnels à d'autres après réflexion
sur leur pratique et sur l'histoire que leur en proposaient les musées, les
manuels d'histoire de l'art et les archéologues. Pour d'autres ce furent les
nouvelles technologies, les nouveaux matériaux et jusqu'aux « hautes
technologies » qui leur offrirent de nouveaux matériaux.
La réflexion sur la création contemporaine amène certains à une position
radicalement opposée à ce qu'ils jugent comme des « dérives »
encouragées par d'importants mécènes. Lesquels considèrent comme
sculpture des créations qui soulèvent de vifs débats, en raison du choix
des soi-disant « matériaux » mis en œuvre. Ainsi, une œuvre de Damien
Hirst — artiste célèbre dans les années 1990 et qui réalisait des
installations où il traite du rapport entre l'art, la vie et la mort — est
composée d'une vitrine dans laquelle un véritable veau, avec un disque
d'or entre les cornes, est conservé dans du formol. Des références
culturelles nombreuses sont sollicitées, entre autres les références aux
dieux de l'Égypte ancienne, le dieu taureau Apis, la déesse Hator et Isis[15].
Les débats suscités par cette œuvre semblent indiquer que tout ne peut
pas être considéré comme « matériaux » pour certains. Se poserait alors la
question, à propos des « matériaux » artistiques, de la permanence
de tabous dans les sociétés contemporaines, qu'il faudrait bien prendre en
compte si l'on considère qu'une œuvre s'adresse à des publics.
Formes
On distingue deux grandes catégories de sculptures : le relief et la ronde-
bosse.
Bas-relief sculpté dans des blocs de grès
rose réappareillés (art khmer)
Relief
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Le relief est une sculpture qui demeure attachée à un arrière-plan, se
dressant hors de cet arrière-plan. Selon le degré de projection des figures
au-dessus du plan, les reliefs sont qualifiés différemment : le relief
écrasé (stacciato relievo) : dont le relief est très faible. Les contours des
figures sont finement incisés (ex. : certains reliefs assyriens).
Bas-relief (basso-relievo) : l'avancée d'une figure hors du plan est
inférieure à la moitié de son volume, sans contre-dépouille.
Le moyen ou demi-relief (mezzo-relievo) : l'avancée de la figure hors
du plan est égale ou légèrement supérieure à la moitié de son
volume, avec parfois de légères contre-dépouilles.
Haut-relief (alto-relievo) : les formes sont quasiment complètes (en
ce qui concerne leur volume), mais elles restent attachées au fond.
Certaines parties (les membres, la tête) sont complètement
détachées et en contre-dépouille.
Intaille : L'intaille est un relief où le sujet est incisé dans l'épaisseur
de la surface plane. Celle-ci a été utilisée par les Égyptiens, d'où le
nom de « relief égyptien ». Un autre nom de l'intaille est « relief
cœlanaglyphique ». Les parties les plus hautes de la figure affleurent
à la surface, tandis que leurs contours sont profondément entaillés
de façon à accentuer l'impression de volume. C'est en quelque sorte
un procédé de gravure.
Ronde-bosse
Le groupe du Laocoon, sculpture en ronde-
bosse, est un des plus hauts chef-d’œuvre de la sculpture hellénistique.
La ronde-bosse est une sculpture conçue de façon à pouvoir être observée
de tous les côtés, ou presque tous les côtés [16]. La ronde-bosse repose
souvent sur le sol ou sur un socle. Elle est parfois logée dans une niche.
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On remarquera Michel-Ange jouant avec ces deux principes et exécutant
des statues dont les personnages émergent du bloc (de marbre) mais pas
complètement[17].
Sculpture extrême
Dès le début du XXe siècle, on note chez plusieurs artistes une forte envie
de se dissocier du naturalisme, réalisme et l'art figuratif : « Ce n’est pas la
forme extérieure des choses qui est réelle, mais leur essence. À partir de
cette vérité, personne ne peut exprimer la réalité en imitant la surface
externe des choses » (Brancusi).
Si Brancusi est l’incontestable fondateur de la sculpture moderne et le
maître de la réduction afin de parvenir à la forme artistique pure, Marcel
Duchamp est « l'inventeur » des ready-made[18].
Brancusi suit, systématiquement, l’esprit primordial et les principes
fondamentaux de la forme, la dégageant des aspects éphémères,
accidentels ou contingents. Le ready-made est un objet trouvé considéré
pour son caractère esthétique comme une œuvre d'art. La « réalisation »
d'un ready-made consiste, en effet, à choisir un objet manufacturé et le
désigner, donc le définir, comme œuvre d'art[19]. La démarche initiée par
Brancusi et Duchamp a donné naissance à une grande partie de pratiques
artistiques modernes et contemporaines telles que le non-figuratif,
l'assemblage, l'accumulation, l'installation, le in-situ, le
Concept Hundertwasser, le Concept Gaudi, le Concept Botarro, et plusieurs
autres.
Sculpture éphémère
Sculpture de sable, Tossens, Allemagne.
Chaque année, au début de février, se déroule à l'occasion du festival de
la neige de Sapporo un grand concours de sculpture sur glace. En France,
l'équivalent est le festival de Valloire, et au Québec, celui du carnaval de
Québec.
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Les sculptures de sable en bord de mer sont souvent éphémères.
Citations
« La sculpture est comme l’art dramatique, à la fois le plus difficile et le
plus facile de tous les arts. Copiez un modèle, et l’œuvre est accomplie ;
mais y imprimer une âme, faire un type en représentant un homme ou une
femme, c’est le péché de Prométhée. On compte ce succès dans les
annales de la sculpture comme on compte les poètes dans l’humanité »
— Honoré de Balzac, La Comédie humaine[20]
Illustrations
Le scribe accroupi, antiquité égyptienne du musée du Louvre.
Porte en bois sculpté. Tachkent.
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Bas-relief indien bouddhique.
Vénus de Milo, sculpture grecque.
Sculpture en bronze de Zadkine, La ville détruite, 1953, Rotterdam.
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Un des Anges d'Humbert, sculpture gothique en bois du XIIIe siècle, musée
des beaux-arts d'Arras.
Nanas, 1974, sculpture de Niki de Saint Phalle.
Le pouce, 1963, César.
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Sculpture yombé sommet de sceptre, XIXe siècle.
Buste de Louis XIV au musée des beaux-arts de Dijon, œuvre du
sculpteur Antoine Coysevox.
Anges à la vièle et au luth, sculpture sur bois de tilleul, Allemagne (v.
1490) - Musée de Bode, Berlin.
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Fabrique de statues en pierre à Bali.
Figures porte cierge à Creuë. Sculptures naïves de la fin du XVe siècle.
Sculpture Art déco de Robert Wlérick.