i
EPIGRAPHE
« L’anticipation est donc devenue l’un des moteurs du droit économique des
entreprises en difficultés ».
Jean-Marc SAUVE.
ii
DEDICACE
A mon père LOMBOTO BOKO Jean-clément ;
A ma mère BONKASA MOKO Isabelle ;
Merci pour tout.
iii
REMERCIEMENTS
A travers cette œuvre scientifique qui couronne la fin de notre
cursus académique, nous voudrions nous acquitter d’un devoir sacro-saint celui
de remercier nos parents pour leur soutient et engagement incommensurable.
Remercions vivement les autorités académiques, le corps
professoral et tous les membres du corps scientifique de l’Université
Technologique Bel Campus, pour leur apport durant notre période
d’apprentissage.
D’aucun n’ignorent que ce travail ne serait jamais bien élaboré sans
l’intervention du directeur de ce travail, le professeur FUNGONGO MBOMA
Didier, nous lui devons toute notre reconnaissance pour sa disponibilité.
Nous remercions également notre rapporteur, le Chef de travaux
Martine IDIKAYI NDAYE pour son encadrement et ses conseils utiles à la
réalisation de ce travail.
Que le Chef de travaux Bosco TSHINIAMA MUTSHIPAYI,
trouve à travers ces lignes toute notre reconnaissance pour ses encouragements.
Nos sincères remerciements à la grande famille LOMBOTO :
Jimmy, Yannick, Elga, Falonne, Brandon, Alfred, Raïssa, Jacob, Mike, Hassan,
Houssein, Sadio, Ismaël et Sephora, qui nous ont soutenus physiquement,
financièrement et moralement tout au long de notre cursus académique.
Nous pensons aussi à notre deuxième famille dont : TUMA Ruth,
BOKO Naomie, NDAKELE Fabiola, à la famille KITOKO et aux cousins et
cousines,
Nous terminons cet exercice par le Magistrat LANDU Adonis,
Randy TSHILUMBA, Me KITOKO Aurélien, Me KITOKO Edith et Me
KIBWANGA Daniel, Mme LWEMBE Jessica, Mr MBOKOSO Christian,
KITOKO Marie-Louise, BIATA Adolphine, NSIMBA Ruth, LUKESU Brandy,
KIBWANGA Michael, MUTSHIMBA Gabriel, NZIETO Sarah et MALAMBU
iv
Olive, LORENZO Walter, KABASELE Joseph. Pour leur affection à notre
personne.
BOLENGA LOMBO Olivia
v
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
Art : Article
E : Edition
EURL : Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée
LGDJ : Librairie général de droit et de jurisprudence
OHADA : Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des
Affaires.
Op. Cit : Ouvrage déjà cité
P : Page
RDC : République démocratique du Congo
SA : Société anonyme
SARL : Société à Responsabilité Limitée
SCS : Société en Commandite Simple
Unikin : Université de Kinshasa
UTBC : Université Technologique bel campus
AUPCAP :Acte uniforme portant procédure collective d’apurement du passif
AUDSCGIE : Acte uniforme relatif aux droits des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique
1
INTRODUCTION
1. OBJET DE L’ETUDE
Il sied de comprendre que le droit des entreprises en difficultés dans
l’espace OHADA est en évolution, avec des reformes récentes visant à sécuriser
les entreprises et à revoir la notion d’entreprise en difficulté. Ces reformes
incluent des modifications dans le droit des procédures collectives, mettant
l’accent sur la prévention et le traitement des difficultés des entreprises. De plus,
le concept d’entreprenant a été introduit pour englober à la fois les entreprises
individuelles et les entreprises sociétales, avec des objectifs clairs de détection
précoce des difficultés des entreprises et de restructuration de ces difficultés.
L’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires
OHADA, est un cadre juridique qui vise à harmoniser le droit des affaires dans
plusieurs pays africains, y compris la RDC.
La RDC a adhéré à l’OHADA en déposant les instruments
d’adhésion en mai 1999, et le droit OHADA est entré en vigueur dans le pays en
janvier 20111.
L’objectif principal de l’OHADA est de faciliter les échanges et les
investissements en garantissant la sécurité juridique et judiciaire des activités
commerciale. Cela permet de créer un environnement propice au développement
économique et à l’intégration des marchés en Afrique.
En RDC, l’application du droit OHADA est perçue comme une
opportunité pour améliorer le climat des affaires, bien que des défis subsistent
concernant son application effective2.
En effet, le droit des entreprises en difficultés en droit OHADA
concerne les procédures collectives d’apurement du passif adoptées dans
l’espace OHADA. Ces procédures visent à prévenir les difficultés des
entreprises et si elles surviennent, à les corriger et les traiter.
1
https :www.con-rdc.com
2
https://www.ohada.com/-Ohada/presentation-de-l’-ohada;html.
2
Le droit des entreprises en difficulté est actuellement régi par l´acte
uniforme portant organisation des procédures collectives d´apurement du passif
de 1998 tel que modifié en 2015.Pour s’en tenir à notre époque, il fait l’objet
d’une harmonisation dans les états signataires du traité de Port-Louis avant
même l’accélération du rythme depuis 2005 des mutations sociales et
l’acclimatation de la jurisprudence. Outre les imperfections de telle ou telle
législation nationale, il faut simplement relever les limites du droit en la matière,
face à la réalité économique des entreprises malades, et appréhender avec une
certaine modestie l’ambition affichée par le législateur dans ses évolutions
récentes3.
Mais, au-delà même de la modification fréquente, et déraisonnable
des textes, l’inspiration propre à chacune de ces évolutions rend très difficile la
mise en évidence d’un fil conducteur, sachant que les objectifs d’améliorer la
protection des créanciers (en particulier par le renforcement des suretés) et de
protéger les entrepreneurs en cas de défaillance (par le développement
notamment de la notion du patrimoine d’affectation) peuvent largement être
soutenus. Sur le terrain, il faut noter que la révision de l’acte uniforme relatif au
droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique en
janvier 2014 a une incidence sur le sort des entreprises en difficultés, et tend à la
modernisation et à l’amélioration de l’économie. En outre, le droit des sûretés
consacre aujourd’hui le droit de rétention du créancier gagiste sans
dépossession, ou encore élargit le domaine des déclarations d’insaisissabilité de
leurs biens par les entrepreneurs individuels. Enfin, le statut de l’entreprenant est
venu bouleverser, avec beaucoup de complexité et d’incertitude, à la fois la
complexion traditionnelle du droit français du patrimoine attaché à la personne,
et le traitement des difficultés des débiteurs personnes physiques qui pourront
opter pour ce statut. Devraient aussi être revues les dispositions législatives
relatives aux procédures de licenciement économique et en même temps doit
3
AMBOULOU(HD), Le droit des entreprises en difficultés dans l’espace OHADA, L’Harmattan, Paris,2015, p.9
3
être lancée la réflexion sur le droit de la prévention, de la justice commerciale et
des procédures d’insolvabilités. On devrait y établir également des règles
nationales du droit internationale de droit international privé des états membres
de l’OHADA. Leur élaboration conduirait à une soumission éventuelle du
traitement d’une exploitation dans un état membre des ordres juridiques
étrangers chaque fois qu’un débiteur « insolvable » offre des éléments
d’extranéité relevant d’un ou plusieurs états membres de l’organisation. Cette
conséquence de l’harmonisation africaine n’est pas toujours bien acceptée et a
actuellement l’inconvénient de ne pas inclure dans son champ d’application la
procédure de conciliation. Enfin, ces perspectives dégagées, d’une
harmonisation profonde des droits nationaux dont les divergences sont sources
d’inégalités de traitement entre les créanciers et les débiteurs selon leur
localisation doit permettre l’édification d’un cadre juridique efficace 4.
Cette harmonisation, lorsque et si elle a lieu, se traduira par des
nouvelles reformes significatives du droit OHADA.
Le droit des entreprises en difficulté en RDC, est régi par l’acte
uniforme portant procédure collective d’apurement du passif (AUPCAP),
adoptée le 10 septembre 2015 et entrée en vigueur 24 décembre 2015 dans
l’espace OHADA. Cet acte a pour but de réguler les procédures de sauvegarde,
de redressement judiciaire et de liquidation des biens des débiteurs afin de
permettre un apurement collectif de leur passif5.
Les finalités principales de ce droit incluent la préservation des
entreprises et la satisfaction de créanciers. La réforme de l’AUPCAP a clarifié
ces objectifs, en mettant l’accent sur la nécessité de protéger les entreprises en
difficulté tout en garantissant que les créanciers soient traités équitablement 6.
Malgré les avancés apportés par l’OHADA, la mise en œuvre
effective de ces procédures en RDC fait face à des défis, notamment en matière
4
AMBOULOU(HD), Op. Cit p.9
5
https://www.village-justice.com/article/preuve-dans-droit-ohada-des entreprises-difficultés,23033.html.
6
https://www.lexbase.fr/article/juridique/42508134-doctrine-lagraduation-des-finalités-du-droit-ohada-
desentreprises difficultés-première-partie.
4
de sensibilisation et formation des acteurs juridiques. Il est essentiel que les
professionnels du droit soient bien formés des nouvelles réglementations pour
garantir une application efficace et harmonieuse des lois7.
L´objectif principal du législateurs OHADA est de prévenir les
difficultés des entreprises et, en cas de difficultés manifestes, de les corriger et
de les traiter. Cette approche vise à assurer la pérennisation des entreprises et la
satisfaction des créanciers, tout en limitant les possibilités de faillites
frauduleuses et en protégeant les intérêts des créanciers, des entreprises et de
leurs salariés lorsque l’entreprise ne peut pas faire face à ses engagements
financiers. Les procédures d´apurement du passif incluent le règlement
préventif, le redressement judiciaire et la liquidation des biens. Ces procédures
sont conçues pour sauvegarder les entreprises en difficultés et peuvent
également impliquer des solutions négociées en vue de redresser la courbe des
nombreuses défaillances d´entreprises.
Pour le législateur de l’OHADA, il est acquis qu’un certain nombre
de difficultés pourraient être évitées ou résolues par une gestion compétente, qui
suppose notamment une information en temps réel sur l’entreprise et une
capacité à anticiper ces difficultés. Les procédures de traitement judiciaire de
difficultés de l’acte uniforme ne sont pas à cet égard les meilleures techniques
pour assurer la pérennité des entreprises. Mais à l’inverse, le laisser-faire du
droit commun ne garantit pas la mise en œuvre des outils de gestion pourtant
éprouvés à la disposition des dirigeants d’entreprise. Il est important de savoir
qu´une entreprise peut être définie de plusieurs manières, mais en général, il
s’agit d’une unité économique qui produit des biens ou des services pour le
marché8.
7
https://www.lexbase-afrique.com/revue/99640819-doctrine-la-protection-des-créaciers-dans-le-droit-ohada-
des entreprises-en-difficultés.
8
AMBOULOU(HD), Op. Cit, p.13
5
Sur ce, une entreprise est une affaire agricole, commerciale ou
industrielle, dirigée par une personne morale ou physique privée en vue de
produire des biens ou services pour le marché9.
En outre, Une entreprise est une unité organisationnelle de produit
de biens et de services jouissant d´une certaine autonomie de décision 10.
Ces définitions mettent en avant le fait qu’une entreprise est une
entité économique autonome, produisant des biens ou des services pour le
marché, dans le but de réaliser un bénéfice.
En effet, la notion d´entreprise est d´ordre économique plutôt que
juridique. Par conséquent, elle a la possibilité d´adopter différentes structures
légales telles que : l’entreprise individuelle ou la société commerciale.
L’entreprise individuelle est détenue par une seule personne, celle-ci ayant le
statut d’artisan ou de commerçant. En revanche, la société commerciale réunit
plusieurs associés ou actionnaires (sauf l’EURL)11.
Hormis le cas de l’entreprise individuelle, l’entreprise peut
également choisir son statut parmi les différentes formes de sociétés
commerciales définies par la loi, chaque type de sociétés présente des
nombreuses particularités qui dicteront le choix des associés. Cependant toutes
procèdent d´une définition commune12.
Sur ce, nous pouvons comprendre par là qu´une entreprise peut
prendre la forme d´une société, mais toutes les entreprises ne sont pas des
sociétés. Une entreprise individuelle par exemple, n’est pas une société. Une
société est une personne morale distinct de ses associes, tandis qu’une entreprise
individuelle ne se dissocie pas de l’entrepreneur, ils forment une seule et même
personne.
Aujourd’hui, les sociétés commerciales sont les principales actrices
du monde des affaires. Effectivement, les pays en voie de développement,
9
Dictionnaire de français Larousse.
10
Wikipédia.
11
D.FASTREZ, C. ROSIER, Droit de l´entreprise, Agnès Fieux, Aout, 1998 p.15.
12
Idem, p.25
6
comme la RDC, connaissent un développement moins prononcé au niveau de
leur société. C´est la raison qui aura motivé le législateur communautaire
d’attribuer la tâche de participer par la rédaction d´un droit de sociétés
harmonisé, moderne, adapté à l’essor et à la sécurisation des activités
économiques13.
Pour cela, le législateur communautaire de l´OHADA, à travers l
´acte uniforme sur les droits des sociétés commerciales et groupements d
´intérêts économiques du 30 janvier 2014, AUDSCGIE en sigle, a prévu cinq
formes des sociétés commerciales que les parties doivent impérativement choisir
l’une d’entre elles qui leur semble meilleure et favorable pour le développement
de leurs activités14.
Par ailleurs, la reconnaissance de ces différentes formes des sociétés
par le législateur avait conduit ce dernier à consacrer et à réserver à chacune
d’elles un régime juridique distinct qui les rend différentes les unes des autres 15.
Lorsqu’on aborde la problématique du droit des entreprises en
difficultés dans l’espace OHADA, plusieurs sujets clés émergent. Ces sujets
incluent la graduation des finalités du droit des entreprises en difficultés, les
procédures collectives d’apurement du passif, les mesures amiables ou les
procédures judiciaires notamment.
A ce stade, deux questions importantes se posent, à savoir :
Quelles sont les difficultés de l’entreprise confrontée au droit commun ?
Quelles sont les préventions prises concernant les difficultés des
entreprises dans l’espace OHADA ? sont-ils tous amiables ?
Les règles de droit commun se révèlent trop souvent insuffisantes
pour favoriser ce redressement en dehors d’une procédure collective. La
constatation vaut pour les quatre grandes questions que soulève la pérennité
d’une entreprise en difficulté, outre les problèmes majeurs de son adaptation au
13
FENEON(A), Droit des sociétés en Afrique OHADA, LGDJ, Paris2015, p.1
14
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commerciales : Sociétés commerciales, HERE I’AM, Kinshasa, 2022, p.7
15
Idem.
7
marché et du devenir des salaries qui lui-même peut justifier un traitement
particulier pendant la période de crise16.
En effet, les quatre grandes questions que relève la pérennité d’une
entreprise en difficulté, sont abordées dans le contexte de la graduation des
finalités du droit OHADA des entreprises en difficultés.
Ces questions reposent sur les difficultés financières qu’une
entreprise peut rencontrer, les difficultés environnementales, celles liées à
l’organisation et à la gestion et enfin les difficultés liées à la stratégie et
l’innovation. Ces quatre questions sont essentielles pour comprendre les défis
auxquels une entreprise en difficulté peut être confrontée et pour élaborer des
solutions afin d’assurer sa pérennité.
Les articles 5 à 17 de l’acte uniforme organisent les conditions
d’ouverture du règlement préventif. En effet ouvrir une procédure de
redressement judiciaire, qui est le traitement classique des difficultés de
l’entreprise qui espère de se sauver malgré son état de cessation des paiements,
c’est mettre en marche une procédure lourde, assortie d’une publicité, avec des
contraintes fortes pour les créanciers(frappés par l’interdiction de leur droit de
poursuite individuelle) dont l’efficacité est difficile à mesurer : le taux de
liquidation important et le faible remboursement des créanciers dans l’espace
économique concerné, l’ont démontré suffisamment dans le passé. La procédure
du règlement préventif, créée en 1998, modifié en 2015 conduit sans doute à des
meilleurs résultats que le redressement judiciaire, en permettant une intervention
en amont de la cessation de paiements. Mais il est vrai que les redressements
amiables, dans la discrétion et avant que la confiance des partenaires de
l’entreprise ne soit définitivement détruite, constituent la voie la plus efficace
pour surmonter ces difficultés, que ce soit par un plan de restructuration interne
ou par un accord négocié avec les principaux créanciers. Cette recherche du
redressement amiable suppose théoriquement que l’entreprise débitrice ne soit
16
AMBOULO(HD), Op. Cit, p.14
8
pas encore en cessation des paiements, ou le soit depuis moins de quarante-cinq
jour. Au-delà de ces quarante-cinq jours, le chef d’entreprise est tenu de saisir le
tribunal pour que soit ouverte une procédure collective, qui ne peut être qu’un
redressement judiciaire ou une liquidation judiciaire17.
L’objet d’une étude se réfère au sujet ou à la question générale qui
fait l’objet d’une analyse approfondie dans le cadre d’une recherche ou d’une
étude. Il représente la question que le chercheur cherche à résoudre ou à
comprendre, et autour de laquelle il construit son projet de connaissance.
Sur ce, l’objet de notre étude est de permettre aux étudiants
d’analyser les diverses techniques mises à la disposition des entreprises qui
rencontrent des difficultés économiques. Ce domaine du droit vise à étudier les
outils de prévention et de traitement des difficultés des entreprises, en mettant
l’accent sur la continuité de l’activité tout en préservant les emplois et en offrant
des garanties suffisantes aux créanciers. Il s’agit également d’examiner les
procédures collectives d’apurement du passif et les mesures amiables ou
judiciaires qui peuvent être prises sous l’égide du tribunal de commerce ou du
tribunal judiciaire.
2. INTERET DU SUJET
L’intérêt de ce sujet se situe à deux niveaux : théorique et pratique.
Du point de vue théorique, notre travail est le fruit des recherches orientées dans
les domaines du droit OHADA des entreprises en difficulté et du droit
commercial : sociétés commerciales. Il constitue un domaine qui met en
évidence les chercheurs tant économiques que juridiques. Et ce travail leur
servira de base pour les recherches en la matière.
Du point de vue pratique, nous osons croire que les différentes
conclusions et analyses pourront éclairer la lanterne du législateur OHADA et
dirigeants d’entreprises de trouver des préventions et solutions amiables
concernant les difficultés que peuvent rencontrer ces entreprises.
17
AMBOULOU(HD), op.cit, p.13
9
3. METHODOLOGIE
La méthode est l’ensemble d’opérations intellectuelles par
lesquelles une discipline scientifique cherche à atteindre la vérité qu’elle
poursuit et la démontre18.
En vue de validé nos hypothèses, nous avons recouru aux méthodes
suivantes :
1.Methode juridique
Elle est axée sur les différents textes de loi ou instruments
juridiques relatifs aux généralités sur les sociétés commerciales, les droits des
entreprises en difficultés, l’acte uniformes OHADA. Elle nous a permis
d’analyser les sources législatives et règlementaires en relief au sujet sous
examen.
2.Methode sociologique
Elle consiste à analyser et expliquer les faits sociaux, grâce à elle
nous avons pu confronter les dispositions de l’acte uniforme sous examen et la
pratique sur terrain.
4.PLAN SOMMAIRE
Le présent travail Hormis l’introduction, comprendra deux chapitres essentiels :
- Le premier chapitre est axé sur les généralités sur les sociétés
commerciales ;
- Le second s’attèlera sur les entreprises en difficultés.
Enfin, une conclusion mettra fin à notre étude.
CHAPITRE 1. GENERALITES SUR LES SOCIETES
COMMERCIALES
Le présent chapitre aura deux sections, la première indiquera ou
examinera le contrat de société et la seconde les formes des sociétés
commerciales.
18
AWAKA AKOOL, Méthodes et techniques de recherche scientifique,2eme graduat, UTBC, Faculté de
Droit,2018-2019, p.17.inedit.
10
SECTION 1. CONTRAT DE SOCIETE
Une entreprise, qu’elle soit personnalisée ou non, qu’elle ait ou non
une existence autonome, repose toujours sur un fondement contractuel, étant
avant tout un contrat. Nous allons donc consacrer quelques développements à la
société contrat et au contrat de société19.
Nous allons nous attarder ici, sur la définition d’une société
commerciale, les conditions de validité, la durée et fin ainsi que l’intérêt de la
forme sociétaire.
§1. DÉFINITION
Le contrat de société est celui qui est conclu par deux ou plusieurs
personnes qui conviennent d’affecter à une activité des biens en numéraire ou
en nature ou de l’industrie dans le but de partager le bénéfice ou de profiter de
l’économie qui peut en résulter (article4 AUSCGIE). Ce dernier bout de phrase
pose de problème, car une société, qu’elle que soit poursuit comme unique but,
la recherche de bénéfice. Un groupement humain, un contrat constitué ou conclu
dans un but différent de la recherche de bénéfice ne serait pas une société, ce
que corrobore le fait que de toutes les sortes de sociétés dont parle l’acte
uniforme, société en participation, sociétés personnalisées multi-personnelles ou
unipersonnelles, aucune ne poursuit un but autre que la recherche de bénéfice.
On a certainement fait allusion à la société n’est pas une société au sens
juridique du terme, mais bien une association, un groupement humain inspiré
par l’esprit de coopération, de collaboration, qui fait l’objet d’un acte uniforme
séparé20.
§2. CONDITIONS DE VALIDITE
Un contrat de société doit respecter certaines conditions de validité
pour être considéré comme valable.
19
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commercial : sociétés commerciales, HERE I’AM, Kinshasa, 2022, p.8
20
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commercial : Sociétés commerciales, HERE I’AM, KINSHASA 2022, P.8
11
Pour sa validité, le contrat doit obéir à deux séries de règles : celles
de droit commun d’une part et celles qui lui sont propres, spécifiques d’autres
part21.
A. CONDITIONS DE DROIT COMMUN
Comme tout contrat, le contrat de société doit respecter les
conditions générales de validité afin d’être valide. Ces quatre conditions
essentielles pour sa validité incluent : le consentement des parties qui s’obligent,
la capacite de contracter, un objet certain qui forme la matière de l’engagement,
une cause licite dans l’obligation22
1. CONSENTEMENT
Il s’agit de la volonté spécifique d’associer qui comme dans tout
contrat, doit être exempter de vices.
En réalité, la question du consentement en droit des sociétés
regroupe d’autres questions comme par exemple la question des sociétés fictives
qui à la limite pourraient être considérées nulles mais aussi celle de l’affectio
societatis qui au fond est la volonté de courir un risque.
Dans certaines situations informelles il n’est pas toujours facile de
relever à partir de quel moment nait une volonté de constituer une société. La
phase pré- sociétaire pose des difficultés mais il y a peu des jurisprudences.
L’associé qui par complaisance accepte de faire partie de la société ne saurait
par la suite se soustraire à ses engagements. Les vices du consentement sont
rares ; le dol est plus fréquent23.
2.CAPACITE
La capacite est l’aptitude à acquérir et à exercer un droit. Elle fait
référence à l’aptitude des parties à contracter, c’est-à-dire à conclure des actes
juridiques.24 En effet, toute personne est en principe capable de contracter, à
21
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. cit, KINSHASA 2022, P.11
22
Art 8 du code des obligations
23
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit P.11
24
GUILLIEN, R. et VINCENT, J., Lexique des termes juridiques, 13e édition, Dalloz, Paris 2012.
12
moins qu’elle soit déclarée incapable par la loi, comme c’est le cas pour les
mineurs non émancipés ou les majeurs protégés.25
La capacite de contracter implique non seulement l’âge Legal, mais
aussi la santé mentale et l’absence de toute autre restriction juridique.si l’une des
parties est jugée incapable, le contrat peut être annuler ou devenir inopposable.
Pour faire partie d’une société il faut avoir la capacite juridique 26.
a. Mineurs
Il n’y a pas trop de difficultés pour les mineurs associés ou
actionnaires d’une société par action (exemple :S. A). En effet les actionnaires
d’une S.A n’ont pas obligatoirement la qualité de commerçant et ne sont
responsables qu’à concurrence de leur apport. Dans un tel cas le représentant
légal du mineur va assister aux assemblées générales. La question était discutée
par les SARL mais aujourd’hui, la doctrine commerciale unanime estime qu’un
mineur peut être associé d’une SARL et qu’un mineur pourrait même être
associé unique d’une SARL unipersonnelle27.
Quid des sociétés de personnes notamment les sociétés en nom
collectif et les sociétés en commandite simple ?
De la lecture de l’article 8 de l’acte uniforme qui dispose que <<les
mineurs et les incapables peuvent être associés d’une société dans laquelle ils
seraient dès lors tenus des dettes sociales au-delà de leurs apports>>. Il résulte
que le mineur ne peut faire partie de sociétés de personnes ni être commandité
dans une société en commandite simple (S.C.S) mais, le mineur peut être
commanditaire28.
B. Les problèmes soulevés par l’entrée d’un ou deux époux en société
Il y’a deux séries de problèmes : la coexistence de deux époux dans
une société et l’utilisation des biens de la communauté.
25
Art 23 du code des obligations
26
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit p.12
27
Idem.
28
FUNGONGO MBOMA Didier, droit commercial : sociétés commerciales I’ AM, Kinshasa,2022, p.12
13
Est-ce que deux époux ont le droit d’être associés dans une même
société ?
L’acte uniforme dans son article 9 dispose. « Deux époux ne
peuvent être associés d’une même société dans laquelle ils seraient tenus des
dettes sociales indéfiniment ou solidairement ».
Dès lors on peut se demander si l’article 9 ne proclame pas
implicitement la validité de la société entre époux dans certains cas ?
L’utilisation des biens de la communauté, c’est par exemple le cas
du mari qui utilise les biens de la communauté pour acheter des parts sociales :
qui est associé ? 29.
Cela n’est pas hypothèse d’école même s’il est vrai que des telles
situations sont rares à se présenter en raison du caractère consensualiste de la
société africaine30.
C. Etrangers
Ils peuvent être membres d’une société dans l’espace OHADA mais
à condition de se conformer aux règles relatives au séjour et à l’exercice d’une
activité de l’Etat partie ou ils veulent s’installer.
Notons que dans certains Etats parties comme le Cameroun, un
agrément préalable de l’autorité administrative doit être obtenu lorsque
l’étranger veut détenir plus de la moitié du capital social. Au mali l’étranger
voulant investir dans les secteurs miniers et pétroliers devra s’associer à une
personne physique ou morale malienne31.
1. Objet
Toute société doit avoir un objet déterminé. L’objet de la société
c’est l’ensemble des opérations en vue desquelles la société a été créée. C’est le
programme de la société, le but de la société.
29
Idem.
30
ALIOUNE DIEYE, régime juridique des sociétés commerciales dans l’espace OHADA, (acte uniforme sur le droit
des sociétés commerciales et du GiE révisé en 2014) Ed. Presses senegalaise,2014, P68.
31
ALIOUNE DIEYE, Op. Cit, p.68
14
A partir de l’instant ou la société est appelée à l’existence juridique,
elle doit a l’instar de la personne physique, mener une vie normale en exploitant
l’objet pour lequel elle a été constituée.32
La notion d’objet sociale est d’une grande importance. Auparavant
cette notion permettait des distinguer les sociétés civiles des sociétés
commerciales mais aujourd’hui, ce critère matériel a perdu son importance. Il
existe cependant des sociétés dont la nature commerciale ou civile est
déterminée suivant la nature de leur objet (article6 de l’acte uniforme) ; c’est le
cas des sociétés en participation et des sociétés de fait 33.
La notion d’objet social a une seconde importance considérable,
c’est la mesure des pouvoirs des organes des gestions : en vertu du principe de
spécialité ; l’objet social doit être déterminé et d’écrit dans les statuts. (Article19
acte uniforme). Les organes d’une société ne peuvent agir que dans la limite de
l’objet social qui constitue une sorte de boussole. Mais la notion d’objet social
est en déclin du moins pour les sociétés de capitaux. L’objet social est
règlementé. Il doit être déterminé et licite34.
En effet l’article 19 de l’acte uniforme exige qu’il soit mentionné
dans les statuts, la publicité et les annonces légales dont un minimum de
précisions est nécessaire.
Et l’article 13 de l’acte uniforme de préciser que, les statuts
énoncent :
1. La forme de la société ;
2. Sa dénomination, le cas échéant, de son sigle ;
3. La nature et le domaine de son activité, qui forment son objet social…
etc.35
32
KUMBU KI NGIMBI, législation en matière économique, Kinshasa novembre 2009, p 48
33
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commercial : sociétés commerciales, HERE I’AM,2022, p.13
34
Idem.
35
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, p14.
15
Quelques fois l’objet social est défini de façon limitée, dans
d’autres cas notamment pour les holdings, la définition de l’objet social est large
et à la limite indéfinie. Dans la pratique certains statuts de sociétés définissent
l’objet social en termes très généraux pour permettre aux dirigeants de s’adapter
aux impératifs économiques, sans qu’il soit nécessaire de convoquer une AGE
pour modifier les statuts. L’impossibilité de l’objet social dès l’origine
entrainerait la nullité de la société alors que l’impossibilité encours d’exercice
est une cause de dissolution. Selon l’article 20 de l’acte uniforme « toute société
doit avoir un objet licite ». Ainsi la création d’une société dans un but de fraude
fiscale ou d’exploitation d’une société de maison close n’est pas permise. De
même lorsque l’activité à exercer est règlementée, la société doit se conformer
aux règles particulières auxquelles cette activité est soumise (art 21 AUSC).
L’objet social peut être modifié mais dans le respect de certaines formes légales.
Ainsi, dans les SARL et les SA ; le changement d’objet social entrainant une
modification des statuts, il faudra respecter les conditions de majorité à savoir
pour les SARL majorité ¾ (art.358) et SA majorité 2/3 (art 554 alinéa 1
AUSC)36.
Quand peut-on parler de changement de l’objet social ?
Il y a divers changements de l’objet social. Est-ce qu’un
changement radical de l’objet social pourrait pas être analysé comme une cause
de dissolution ?
En droit des sociétés OHADA, l’idée qui prévaut est que le
changement radical de l’objet social n’entraine pas la dissolution de la société.
Cette idée est confrontée par la loi et la pratique.
La loi tout d’abord ne vise dans les causes de dissolution que la
disparition de l’objet social et non son simple changement fut -il radical. La
36
Idem
16
pratique aussi fournit de nombreux exemples de sociétés qui sont des coquilles
vides, sans objet et qui ne sont pas dissoutes pour autant37.
4. La cause
La cause c’est la raison d’être de la société ; elle consiste en la
réalisation de l’objet social. Comme pour l’objet social elle doit être licite. Ainsi
une société ne doit pas être constituée dans le but d’éluder certains droits ou
d’éviter les poursuites des créanciers38.
B. CONDITIONS SPECIFIQUES
La validité du contrat de société requiert non seulement le respect
des conditions que nous venons d’analyser, mais aussi les conditions spécifiques
de validité qui lui sont propres. Deux éléments essentiels sont explicitement
mentionnés dans la définition même d’un contrat de société à savoir l’apport des
contributions et la quête des bénéfices39.
a. Prestation d’un apport
Chaque associé doit fournir des ressources au groupement
afin de lui permettre de démarrer les activités pour lesquelles la société a été
créée.
Chaque associé à la faculté de contribuer à la société :
1. De l’argent par apport en numéraire ;
2. Des droits portant sur des biens en nature, mobilier ou immobilier,
corporels ou incorporels par apport en nature ;
3. Des connaissances techniques ou professionnelles ou des services, par
apport en industrie ;
Tout autre apport est interdit40.
1. Apport argent ou en numéraire
37
FUNGONGO MBOMA Didier, Op Cit, p15
38
Idem.
39
Ibidem.
40
Art 40 de l’acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique, adopte le 30/01/2014 à Ouagadougou (BURKINA FASO).
17
En droit OHADA, les apports en numéraire sont effectués par le
transfert de la propriété des sommes d’argent que l’associé s’est engagé à
apporter à la société. Sauf indication contraire de l’acte uniforme, les apports en
numéraires sont entièrement libérés lors de la création de la société. Les seuls
apports en numéraire considérés comme libérés sont ceux correspondant à des
sommes dont la société est devenue propriétaire et qu’elle a intégralement et
définitivement encaissées. En cas de retard de paiement, les montants restant dus
à la société génèrent automatiquement des intérêts au taux légal à partir du jour
où le paiement aurait dû être effectué, sans préjudice des dommages et intérêts,
le cas échéant41.
Notons, pour ne plus y revenir, que le législateur OHADA apporte
des précisions sur les modalités de versement et de retrait spécifiquement pour
les sociétés à responsabilités limitée et les sociétés anonymes. Pour la première,
c’est à dire la SARL. Les fonds provenant de la libération des parts sociales sont
déposés immédiatement par les fondateurs dans une banque ou tout autre
établissement de crédit ou de microfinance dument agrée. Ce dépôt est effectué
contre récépissé dans un compte ouvert au nom de la société en cours de
formation ou en cours d’étude par un notaire42.
Sauf dispositions nationales contraires, la libération et le dépôt des
fonds sont constatés par un notaire du lieu du siège social au moyen d’une
déclaration notariée de souscription et de versement indique : -la liste des
souscripteurs et le montant des sommes versées par chacun, les fonds ainsi
versés sont indisponibles jusqu’à l’immatriculation de la société au RCCM. A
partir de ce jour (date d’immatriculation), ils sont remis aux gérants dûment
nommés, soit par les statuts, soit par un acte ultérieur mis à leur disposition 43.
Pour une société anonyme, la confirmation de la souscription des
apports en numéraire est enregistrée à l’aide d’un formulaire de souscription
41
Art 41,42 et 43 du l’acte uniforme précité.
42
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commercial : Sociétés commerciales, HERE I’AM,2022, P.17
43
FUNGONGO MBOMA Didier, Op.cit.
18
rédigé par les fondateurs, l’un d’entre eux, et daté et signé par le souscripteur ou
son représentant Legal. Le nombre de titres souscrits est également écrit en
toutes lettres. Ce formulaire est rédigé en deux exemplaires, l’un pour la société
en cours de formation et l’autre pour le notaire chargé de rédiger la déclaration
de souscription et de versement. Ce formulaire contient les informations
suivantes :
1. La dénomination sociale de la société à constituer, suivie, le cas
échéant, de son sigle ;
2. La forme de la société ;
3. Le montant du capital social à souscrire en précisant la part du capital
représentée par des apports en nature et celle à souscrire en numéraire ;
4. L’adresse prévue du siège social ;
5. Le nombre d’actions émises et leur valeur nominale en désignant, le
cas échéant, les différentes catégories d’actions créées ;
6. Les modalités d’émission des actions souscrites en numéraire ;
Le nom ou la dénomination sociale et l’adresse du souscripteur ainsi
que
Le nombre des titres qu’il souscrit et les versements qu’il effectue ;
7. L’indication du dépositaire chargé de conserver les fonds jusqu’à
l’immatriculation de la société au registre du commerce et du crédit
mobilier ; notamment44.
Les fonds sont versés par les personnes qui sont perçus pour le
compte de la société en formation auprès des mêmes établissements ou chez un
notaire.il est précisé ici que le dépôt de ces fonds doit être fait dans un délai de
huit jours à compter de leur réception. Ici également ; ils ne peuvent être utilisés
par les dirigeants sociaux qu’après l’immatriculation de la société au RCCM 45.
Retrait en cas de non immatriculation
44
Art 390,391 et 392 de l’acte uniforme précité.
45
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commercial : Sociétés commerciales, HERE I’AM, Kinshasa, 2022, p17
19
En cas de non immatriculation de la société dans les six mois
suivant le versement des fonds, tout souscripteur a le droit de demander à la
juridiction compétente la nomination d’un administrateur. Cet administrateur
sera responsable de récupérer les fonds et de les restituer aux souscripteurs, sans
déduction des frais de répartition. Sauf si les statuts l’interdisent, il est possible
de réaliser des apports en numéraire lors d’une augmentation de capital de la
société en compensant avec une créance certaine, liquide et exigible sur la
société46.
2. Apports en nature
Dans une société commerciale, les apports en nature correspondent
aux biens que les associés transfèrent à la société en échange de parts ou
d’actions. Ces biens peuvent être de différentes natures, mais doivent respecter
certaines conditions légales.
Un associé peut aussi prester un apport en nature ; apport qui
consiste pour lui à apporter au groupement un bien autre qu’une somme d’argent
ou une industrie. Les apports de biens autres que l’argent ou une industrie. Les
biens de toutes sortes de tous genre peuvent faire l’objet d’apports en nature dès
lors qu’ils ont une valeur patrimoniale et mobilière et corporelle. Il peut s’agir
des biens immobilières (terrains, bâtiments) il peut également s’agir de biens
mobiliers corporels (matériel, marchandises).il peut enfin être questions de biens
incorporels (créance, un élément incorporel du fonds de commerce ou même le
fonds de commerce dans son entièreté)47.
Dans plusieurs systèmes juridiques étrangers, il convient de noter
que cet apport spécifique, à savoir l’apport du fonds de commerce, est soumis à
des règles particulières. Ces règles concernent les mentions de l’acte d’apport et
sa publicite.la publicité vise à permettre aux créanciers de l’apporteur de
s’opposer éventuellement en indiquant le montant de leur créance, ce qui peut
46
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, p.16.
47
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, p.17.
20
rendre la société à créer solidairement débitrice envers ces créanciers. Les
apports en pleine propriétés, ou en propriété tout court, entrainent un
changement de propriété du bien apporté et la société en assume les risques.
L’apporteur n’a plus aucun droit réel sur ce bien. Ainsi, si un événement
malheureux survient, comme la destruction de l’immeuble apporté en cas de
perte, les parts sociales de l’associe ne seront pas touchées. C’est la société qui
assumera les conséquences de ce sinistre. Dans cette optique, il faut souligner
que si la société est dissoute, l’ancien propriétaire n’aura aucun droit pour
récupérer cet immeuble48.
Ce qu’il pourra récupérer, c’est la valeur de l’immeuble au moment
de l’apport.si une créance est apportée à la société, cet apport ne sera opposable
au débiteur cédé que s’il lui a été notifiée. Il est important de noter que
l’apporteur est considéré vis-à-vis de la société comme un vendeur. Il est donc
responsable envers la société, tout comme un vendeur l’est envers son
acheteur.il est soumis à la garantie d’éviction et à la garantie des vices caches.de
plus, lorsqu’il s’agit d’un apport d’un fonds de commerce, l’apporteur est tenu
par une obligation de non-concurrence envers la societe.il ne peut donc pas, par
des actes de concurrence, causer ou contribuer à la dépréciation de la valeur du
fonds apportee.il est toutefois important de signaler que pour ce type d’apport, le
transfert de propriété implique que la société soit personnalisée, c’est- à- dire
qu’elle ait une personnalité juridique. Dans les associations commerciales telles
que l’association en participation et l’association momentanée, qui sont des
sociétés créées de fait et dépourvues de la personnalité morale, l’apport en
propriété est donc exclu.
Dans ce cas, les biens mis à disposition de la société sont la
propriété indivise de l’ensemble des associes. Pour les meubles corporels, il est
requis qu’il y ait au moins une transmission de propriété afin que les apports
48
Idem.,p.18.
21
correspondants soient opposables aux tiers. Dans ce type d’apport, il est
nécessaire que la société ait la personnalité morale.
En ce qui concerne l’apport en jouissance, l’associé met le bien à la
disposition de la societe.la société peut donc en jouir, mais elle n’en devient pas
propriétaire. L’apporteur conserve la propriété et peut récupérer son bien à la
dissolution de la société. Dans ce cas, de nombreux auteurs comparent la
société a un usufruitier et l’associe apporteur a un nu-propriétaire. Cela signifie
que les fruits de l’entreprise sont perçus par la société. Par exemple, lorsqu’il
s’agit de l’exploitation d’un champ, les récoltes reviennent à la société.
Cependant, quel que soit le titre auquel ces apports ont été effectués, cela
soulève un problème complexe : l’évaluation ou la détermination de leur valeur
réelle49.
Il existe donc le risque de surévaluation ou de gonflement artificiel,
ainsi que le risque de sous-évaluation. Malheureusement, en droit congolais, il
n’existe aucune disposition législative prévoyant des spécialistes en la matière
appelés « les commissaires aux apports », comme c’est le cas en France et dans
d’autres pays. Avant notre adhésion à l’OHADA, l’évaluation se faisait par les
associes eux-mêmes, à moins qu’ils ne décident de recourir à l’expertise de
manière volontaire, bien que cela ne soit pas institutionnalise. En droit
congolais, il n’y a pas de règlementation spécifique concernant l’évaluation des
apports. Cela peut créer une certaine incertitude et des risques potentiels, car il
n’Ya pas de cadre clair pour déterminer la valeur réelle des apports. Cependant,
cela peut aussi laisser une certaine flexibilité aux associes pour évaluer les
apports en fonction de leur propre compréhension et accord mutuel.
En France, contrairement au droit congolais, il existe des
spécialistes en la matière appelés les commissaires aux apports » ces
professionnels sont charges d’évaluer de manière indépendante la valeur des
apports lors de la création ou de la modification d’une société. Leur rôle est
49
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, p.18.
22
d’assurer une évaluation objective et juste des apports, afin de prévenir les
risques de surévaluation ou de sous- évaluation.
L’adhésion à l’OHADA a apporté des reformes significatives au
droit des affaires en RDC. L’adhésion à l’OHADA peut avoir des implications
sur l’évaluation des apports et peut éventuellement introduire des mécanismes
spécifiques pour règlementer cette question, tels que l’introduction de
commissaires aux apports ou d’autres pratiques d’évaluation standardisées.
Lorsque l’apport concerne un bien consomptible, c’est-à-dire un bien qui ne peut
être utiliser qu’en le consommant, ou un bien du genre, c ad un bien dont
l’individualisation n’est pas facilement réalisable, la société acquiert
automatiquement la propriété du bien avec l’obligation de restituer un bien
équivalent à sa dissolution50.
Lorsque l’apport est en jouissance, l’apporteur assume la
responsabilité envers la société, similaire à un bailleur envers son preneur.
Cependant, lorsque l’apport concerne des biens de genre ou d’autres biens qui
sont normalement destinés à être renouvelés pendant la durée de la société, le
contrat transfère à la société la propriété des biens apportés, avec l’obligation de
les restituer en quantité, qualité et valeur équivalentes.
Dans ce cas, l’apporteur est responsable envers la société selon les
conditions prévues par l’acte uniforme.et l’apport d’un bien ou d’un droit
soumis à publicité pour son opposabilité aux tiers peut être enregistre avant
l’immatriculation de la société.
Cependant, cette formalité n’a d’effets rétroactifs qu’à partir de la
date d’immatriculation de la société.si comme mentionné précédemment,
l’apporteur en propriété peut être assimile à un loueur. Ainsi, l’apporteur a
l’obligation, sauf accord contraire, de maintenir le bien en bon état pour qu’il
puisse servir à l’usage pour lequel il a été apporté, et de permettre à la société
d’en jouir paisiblement. Il supporte les risques liés au bien apporté.
50
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit.,p.19.
23
En cas de perte du bien apporte, il perd sa qualité d’associe, à moins
qu’il ne réalise un autre apport.il s’agit d’un type d’apport qui, sauf accident,
présente de nombreux avantages pour l’apporteur. Cependant, malgré ces
avantages, l’apport en jouissance est rarement utilisé dans la pratique.de plus, un
apport en nature peut être effectue sous la forme d’un usufruit. Dans ce cas, la
société acquiert tous les droits d’usufruit sur les biens apportés, tandis que
l’apporteur reçoit en échange des droits sociaux en pleine propriété,
correspondant à la valeur de l’usufruit. Il est également possible de donner en
usufruit ses droits sociaux, ce qui entraine un double statut d’associe pour
l’apporteur51.
3. Apports en industrie
Les apports en industrie sont une forme spécifique d’apport réalisé
par un associe lors de la création d’une société. Contrairement aux apports en
numéraire ou en nature, l’apport en industrie consiste à mettre à disposition de la
société le travailles connaissances techniques ou les services d’un associe. Cette
forme d’apport ne contribue pas directement à la somme d’argent constituant le
capital de l’entreprise, mais elle enrichit la société de connaissances et de
compétences précieuses, sans pour autant augmenter le capital social.
Il est important de noter qu’il s’agit des connaissances techniques
ou professionnelles ou des services.
- Les apports en industrie sont interdits dans les SA mais sont valides dans
SAS
- L’apporteur doit rendre à la société la contribution promise et lui doit
compte de tous les gains qu’il a réalisés par l’activité faisant l’objet de son
apport. Les statuts doivent décrire l’apport en industrie et déterminer les
modalités de sa libération y compris la durée des prestations et les droits
attachés aux titres dans le partage des bénéfices et de l’actif net à charge
de contribuer aux pertes(article50-2) ;
51
FUNGONGO MBOMA Didier, Op Cit, P.19-20
24
- Les apports en industrie ne concourent pas à la formation du capital
social :
- Les titres sociaux résultant d’apport en industrie ne sont ni cessibles ni
transmissibles et n’ont aucune valeur nominale (art 50-4) et les droits de
vote attachés sont plafonnes à 25% tout comme la part totale dans les
bénéfices, l’actif ne t et les pertes de la société (art 50-3).
Cet apport n’est pas compte dans la formation du capital social mais
il donne lieu à l’attribution des titres sociaux. Rien n’est dit sur son évaluation,
ce qui nous pousse à soutenir que celle-ci, bien que très délicate est faite par les
associés eux-mêmes52.
Lorsque des associes apportent des biens en nature ou en industrie a
une société, il peut y avoir des problèmes liés à la surévaluation de ces apports.
Cette surévaluation peut conduire à un déséquilibre dans la répartition des droits
entre les associés, gonfler artificiellement le capital social, et renforcer la
confiance des banquiers et des fournisseurs.de plus, un apporteur en nature peut
chercher à améliorer sa position au détriment de ses coassociés.
Pour dissuader les associes d’embellir leurs apports, des mesures
telles que l’institution de commissaires aux apports et la mise en place du délit
de majoration frauduleuse d’apport en nature ont été prises, notamment pour les
sociétés anonymes (SA) et les sociétés à responsabilité limitée (SARL). Il est
crucial que les biens apportes fassent l’objet d’une évaluation précise afin
d’éviter les conséquences néfastes de la surévaluation ou de la sous-évaluation.
En cas de surévaluation, le capital social de la société serait artificiellement
amplifié, ce qui pourrait porter préjudice aux créanciers potentiels.de plus, une
surévaluation crée un déséquilibre entre la valeur réelle des apports de chacun et
leur représentativité dans le capital social.
En revanche, une sous-évaluation priverait l’associé de ses droits
sociaux légitimes. L’évaluation est d’autant plus importante que les associes
52
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, P20,21
25
restent solidairement responsables de la valeur concédée aux apports pendant 5
ans à compter de la constitution de la société. L’évaluation des apports en nature
doit être réalisée avec précaution, car elle ne doit pas désavantager l’associé en
minimisant la valeur de son apport ni la société. en cas de surévaluation, le
capital social serait gonfle artificiellement, ce qui pourrait compromettre la
responsabilité du chef d’entreprise.il est également souligne que chaque action
ou part sociale offre à un associe un droit de vote pour faire entendre sa voix en
assemblee.de plus, les associés doivent faire mention de la valeur des apports en
nature dans les statuts, et si un commissaire aux apports a été sollicité, son
rapport doit être ajoutée en annexe et dépose au greffe du tribunal de
commerce53.
L’évaluation des apports en nature est une étape essentielle, surtout
dans les structures telles que les SA, SAS et SASU. Cette évaluation doit être
réalisée minutieusement, souvent via un commissaire aux apports, afin d’éviter
les conséquences préjudiciables de la surévaluation ou de la sous-évaluation.
En outre, il est souligné que la constitution du capital social est une
étape incontournable pour permettre à l’entrepreneur d’immatriculer sa société
au RCS.
La formation du capital social concerne les sociétés personnalisées,
c’est à dire celles dotées d’une personnalité juridique distincte, qui les rendent
des entêtées distinctes des associes eux-mêmes.
Ainsi, le capital social représente un montant fixe, constituant le
minimum sur lequel les tiers peuvent compter pour le paiement de leurs
creances.il s’agit de leur unique garantie, sous réserve de la situation spécifique
des sociétés en nom collectif, en commandites simple et éventuellement des
sociétés créées de fait.il ne peut en aucun cas être diminué par des distributions
des bénéfices fictifs, ce principe étant reflété par la règle d’intangibilité du
capital social.
53
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit P21
26
Par conséquent, les associés qui ont perçu des dividendes indument
prélevés sur des bénéfices inexistants sont tenus de les rembourser à la société,
de même que les gérants qui ont effectués une telle répartition aux associes.
Pour les SARL et les SA, le capital social doit figurer sur les papiers d’affaires à
la suite de la dénomination et de la forme sociale. Le capital social ne doit donc
pas être confondu avec l’avoir social, qui représente le patrimoine de la société a
un moment précis de son exitance. Lors de la création de la société, les deux
sont confondus (pendant un certain temps après le démarrage de celle-ci), mais
après un certain temps de fonctionnement, l’avoir social peut être supérieur ou
inférieur au capital social. Dans ce dernier cas, une partie du capital serait
perdue, ce qui pourrait entrainer un problème de dissolution de la société 54.
En règle générale, l’évaluation des apports en nature est effectuée
par les associes eux-mêmes. Cependant, pour une société à responsabilité
limitée, cette évaluation est confiée à un commissaire aux apports lorsque la
valeur de l’apport, de l’ensemble des apports ou avantages dépassé cinq millions
de francs CFA.
Ce commissaire est choisi parmi la liste des commissaires aux
comptes et désignée à l’unanimité des associes. A défaut, il est désigné par le
président de la juridiction compétente à la demande des fondateurs de la société
ou de l’un d’entre eux.la valeur de son apport est annexée aux statuts. L’article
619 dispose que, pour la société anonyme, l’évaluation de ces apports est
requise, indépendamment de la valeur de l’apport effectué ou de l’avantage
particulier accordée.
Dans ce contexte, le commissaire aux apports est nommé à la
demande du conseil d’administration ou de l’administrateur General, selon le
cas par le président de la juridiction compétente du lieu du siège social.de plus,
il doit établir un rapport si, dans les deux ans suivant son immatriculation, la
société acquiert d’un actionnaire un bien dont la valeur est au moins égale à
54
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, P21-22
27
5000.ooo de francs CFA, en lien avec le capital et la libéralisation des apports.
Le montant du capital est déterminé librement par les associes, cependant, il est
établi un capital minimum de 1.000.000 de francs CFA pour la SARL.la règle
concernant le montant minimum de 1.000.000 de francs CFA pour la création de
la SARL n’est plus une obligation impérative. Ce montant minimum s’applique
désormais uniquement en l’absence de dispositions nationales contraires. Pour
une société anonyme dont le capital est initialement de 10.000.000 de Francs
CFA si la société fait appel public à l’epargne.de plus, la valeur nominale des
actions pour la formation du capital social n’est plus fixe à 10.000 francs CFA,
mais elle peut désormais être librement déterminée par les statuts, exprimée en
nombre entier. Cependant, le montant minimum du capital social demeure fixe à
dix millions. Lors de la souscription dans les SARL, il n’est plus obligatoire de
libérer intégralement les parts représentant les apports en numéraire.
Désormais, les parts représentant les apports en numéraire doivent
être libérées à hauteur d’au moins la moitié de leur valeur nominale lors de la
souscription55. La libération du capital restant doit s’effectuer en une ou
plusieurs fois dans un délai de deux ans à partir de l’immatriculation de la
société au registre du commerce et du crédit mobilier, conformément aux
modalités définies par les statuts. Cependant, pour les SA, cette libération doit se
faire à concurrence d’au moins ¼ de leur valeur nominale56.
b. Recherche de bénéfices
De par la constitution de la société, les associes poursuivent comme
but la recherche de bénéfices à partager entre eux. Tout contrat qui ne serait pas
un contrat de société, s’il ne poursuit un autre but que la recherche des
bénéfices. Les bénéfices sont définis à partir du célèbre arrêt rendu toutes
chambres réunies par la cour de cassation française du 11 mars 1994, plus connu
sous le nom de l’arrêt de la caisse rurale de Manigod (constitué des biens).
55
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, HERE I’AM, Kinshasa 2022,p.22.
56
FUNGONGO MBOMA Didier, Op.cit.,p.23.
28
Selon cet arrêt, il faut entendre par bénéfices : un gain pécuniaire ou
matériel qui s’ajouterait à la fortune des associes.il ressort de cette définition que
les gains réalises doivent avoir pour effet l’accroissement du patrimoine des
associes. Le bénéfice est donc différant de tout autre avantage quelconque.
Ainsi, ne sont pas considérés comme bénéfices les avantages
matériels grâce auxquels les membres d’un groupement réalisent des économies
ou évitent des pertes. Aux coopératives, pour la petite histoire, la caisse rurale de
Manigod était une coopérative de crédit du village de Haute-Savoie qui prêtait
au taux de 2,6% à ceux de ses adhérents qui avaient besoin des fonds à placer57.
La légère différence de taux, de 0,1%, servait à couvrir les frais
généraux d’exploitation et à alimenter un compte de Reserve. Les statuts
prévoyaient que les excédents éventuels n’étaient pas repartis entre les
adhérents58
L’acte de constitution, présentée à l’enregistrement en 1905, a
donné lieu à une réclamation de la part de l’administration fiscale pour un droit
d’apport de 0,20% calculée sur un total de 5francs, ce qui équivalait à un total de
5francs.la caisse rurale a refusée de payer ce droit proportionnel, arguant
qu’étant une association et non une société, seul le droit fixe de 3,75 francs.
Dans son arrêt du 11 mars 1914, la cour de cassation a jugé que la
caisse rurale de Manigod était une association et non une société. Pour ce faire,
elle a défini le bénéfice comme étant un gain pécuniaire qui s’ajoute à la fortune
des associes. En obtenant des prêts à des taux avantageux, les adhérents ne
faisaient pas augmenter leurs revenus, mais diminuaient simplement l’incidence
de leur charge financiere.il en aurait été autrement si la caisse avait distribué ses
excédents sous forme de dividendes. Ce critère a été remis en question en France
depuis la promulgation de la loi du 4 janvier 1978, qui a conçu les dispositions
générales du droit des sociétés. Désormais, il Ya société même en cas de simple
recherche d’économie. Ces bénéfices à réaliser sont destinés à être distribués
57
Idem.
58
Ibidem.
29
aux associes. Chacun des associes doit avoir une part des bénéfices, et en
conséquence, ils doivent également contribuer aux éventuelles pertes subies par
la société.
En théorie, c’est lors de la liquidation de la société que l’on peut
déterminer s’il Ya des bénéfices ou des pertes. Cependant, pour éviter d’attendre
jusqu’à la dissolution de la société, la vie de la société est divisée en exercices
annuels. À la fin de chaque exercice, tout ou partie des bénéfices qui résultent du
bilan annuel peuvent être distribués aux associes. Retenez que chaque associe
est tenu, conformément à la loi, de participer aux bénéfices et aux pertes de la
société. Toute clause qui violerait cette règle serait considérée comme léonine.
Les parties ont le droit de déterminer librement les modalités et le niveau de
cette participation et contribution pour chacune d’entre elles.il n’y a aucune
interdiction concernant des répartitions et contributions inégalitaires 59.
c. L’affectio societatis
L’affectio societatis, également connu sous le nom de jus
fraternitatis, est un élément intentionnel qui n’est pas explicitement prévu par la
loi, mais qui est connu par les auteurs et la jurisprudence comme l’un des
éléments spécifiques du contrat de société.
L’affectio societatis peut être défini comme la volonté de chaque
associe de se considérer comme un associe des autres, de s’unir à eux et de
participer activement et de manière égalitaire à la réussite et au succès de
l’entreprise commune, ainsi qu’à la réalisation de l’objectif poursuivi par la
société. Cette collaboration, nécessaire pour atteindre l’objectif social, doit être
active et égalitaire.
Ainsi, l’associé ne doit pas se limiter à la création de la société et à
la fourniture de son apport, mais doit également prendre activement part à la vie
de la société afin que celle-ci puisse atteindre son objectif ultime, qui est de
réaliser des bénéfices.
59
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, HERE I’AM, Kinshasa, 2022, p.24.
30
Cependant, cet élément psychologique revêt une importance
moindre dans les sociétés anonymes par rapport aux sociétés en nom collectif et,
dans une certaine mesure, aux sociétés en commandite simple.de plus, tout lien
de subordination est exclu entre les associes lors des apports. Par ailleurs, c’est
l’affectio societatis qui sert de fondement à l’interdiction d’insérer des clauses
léonines dans le pacte social. L’ensemble de ces éléments permet de distinguer
le contrat de société des autres contrats similaires et des autres groupements
humains60.
§3. DUREE ET FIN
a. Durée
La durée d’une société est déterminée par les associes lors de sa
création et doit être mentionnée dans les statuts sociaux. Selon la loi, la durée
maximale d’une société ne peut pas dépasser 99 ans. cependant, les associes ont
la possibilité de fixer une durée plus courte.la durée de la société commence à
partir de sa date d’immatriculation au registre de commerce et des sociétés à
l’approche de la fin de la durée prévue, les associes doivent se réunir pour
décider de la prorogation éventuelle de la societe.si aucune prorogation n’est
décidée, la société sera dissoute.il est donc important de surveiller régulièrement
la durée de la société et de prendre les mesures nécessaires pour la proroger si
nécessaire.
Les parties ont la liberté de déterminer la durée d’une société. En
l’absence de clause celle-ci est considérée comme étant établie pour une durée
indéterminée. Selon le droit OHADA, toute société doit avoir une durée
mentionnée dans ses statuts. La durée de la société est limitée à quatre-vingt-
dix-neuf ans maximum.la date d’immatriculation au registre du commerce et du
crédit mobilier marque le début de la durée de la société, sauf disposition
contraire de l’AUSCGIE.
60
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit P24
31
Le contrat de société peut être établi pour une durée fixe, ce qui est
alors appelé une durée determinee.il peut également être conclu pour une durée
indéterminée, ce qui signifie qu’il n’y a pas de terme précis fixe pour la
société61.
b. fin de la société
A l’instar de la vie des personnes physiques qui s’éteignent par la
mort, les personnes morales nées du contrat de société peuvent aussi disparaitre
par la dissolution. Le législateur congolais considère ainsi la dissolution comme
étant l’opération qui entraine la disparition de la personne morale que le contrat
de société a fait naitre.62
Il est important de noter que la dissolution de la société est un
processus règlementé qui implique des étapes spécifiques, telles que la
liquidation des actifs et le règlement des dettes. Une fois ces étapes terminées, la
société est radiée du registre du commerce et cesse d’exister légalement.
Les causes de dissolution :
La volonté des parties ; l’expiration du terme pour lequel elle a été
constitué lorsqu’une société a été constituée pour une durée déterminée,
l’arrivée du terme dissout ainsi la société. Cette dissolution l’est de plein
droit. Par conséquent, le juge saisi pour une dissolution fondée sur ce
motif devra rendre une décision qui n’aura qu’un caractère déclaratif de la
dissolution intervenue.il en serait ainsi du procès-verbal dresse lors de
l’assemblée générale extraordinaire contenant la décision prise par les
associes de mettre fin à la société (sauf prorogation) ;
La réalisation de l’objet, autrement la consommation de la négociation en
droit, à l’arrivée du terme, on assimile la consommation de l’objet prévue
qui est aussi l’une des causes de dissolution expressément consacrée par
le législateur. Le code explique qu’il Ya consommation de l’objet de la
négociation, « toutes les fois que la société a accompli une ou plusieurs
61
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, P32-33.
62
KUMBU ki NGIMBI, op.cit, p.49.
32
opérations déterminées qui en faisaient ou en constituaient son objet ». Il
faut noter qu’il s’agit ici de la réalisation de l’objet. L’extinction de
l’objet existe « lorsque l’activité pour laquelle la société a été constituée
est devenu impossible ».
L’extinction de son objet, cad la destruction de la chose sur laquelle
reposait l’exploitation.
L’annulation du contrat
Les justes motifs (dissolution à la demande d’un associé) par exemple
l’inexécution de ses obligations par un associe, mauvais comportement
d’un associé, mésentente entre associe empêchant le fonctionnement
normal de la société (disparition de l’affectio societatis).
La réduction du nombre d’associe à un seul, mais il faut nuancer que cette
condition ne l’est véritablement que dans les formes des sociétés ou il est
exigé au minimum deux associées notamment la société en commandite
simple et la société en nom collectif. Aujourd’hui le droit OHADA admet
la possibilité qu’une société à l’instar des sociétés anonyme et à
responsabilité limitée soit créée par une personne63.
Dans ces dernières formes de société la réduction du nombre des
associes à un seul n’est cause de dissolution que lorsque la part de l’associe
unique, sans rachat de celles des autres associes n’est pas à mesure de réunir le
capital social minimum exige par l’acte uniforme.
En second lieu, il n’y aura pas non plus dissolution, lorsque les
parties elles-mêmes avaient dans les statuts, prévu qu’il y aura continuation
malgré la réduction du nombre des associes.et dans les sociétés des personnes ou
les parts ne sont pas librement négociables, les associes ou l’associé qui reste(nt)
doit obligatoirement racheter la part de ceux qui sont parti ou décédés.
- Le décès d’un associé, sa démence, son interdiction, sa faillite, sa
déconfiture (SNC, SCS)
63
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit,p.33.
33
- L’expiration d’un préavis notifie par un associe aux autres associes
(lorsqu’il s’agit d’un contrat à durée indéterminée).
Dans le cas des sociétés ou la forme unipersonnelle n’est pas
autorisée, contrairement au droit OHADA, la détention par un seul associe de
tous les titres sociaux n’entraine pas automatiquement la dissolution de la
société. Cependant, toute personne intéressée peut demander au président de la
juridiction compétente la dissolution de la société si la situation n’a pas été
régularisée dans un délai d’un an.
Le tribunal peut accorder à la société un délai maximal de six mois
pour régulariser la situation.de plus, le tribunal peut prononcer la dissolution de
la société si, à la date à laquelle il rend sa décision, la régularisation a déjà eu
lieu. Signalons également qu’à la demande d’un des associés, le tribunal peut
décider de prononcer la dissolution de la société en cas de perte accidentelle de
l’apport, survenue avant que la mise en œuvre de cet apport ne soit
effectuée .s’il ne décide pas de prononcer la dissolution, le tribunal procèdera à
une réduction du capital correspondant à la valeur de l’apport qui n’a pas pu être
réalisée en cas de mauvais comportement d’un associe qui ne remplit pas ses
obligations, des dommages-intérêts peuvent être réclames. Par ailleurs, un
associe a le droit de se retirer de la société à tout moment, sauf si des
dispositions contraires ont été convenues64.
Lorsqu’un associe cesse de faire partie de la société, il reste
responsable de toutes ses obligations envers les autres associés et les tiers
existants au moment de son retrait, pendant une période de cinq ans, dans la
limite des sommes qui lui ont été restituées avant son de part.il est important de
noter que le retrait d’un associé ou même son décès ne conduit pas à la
dissolution de la société. La société continue automatiquement entre les autres
associés65.
64
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, HERE I’AM 2022, Kinshasa, p.34.
65
idem p.35
34
§4. INTERET DE LA FORME SOCIETAIRE
L'intérêt de la forme sociétaire réside dans plusieurs aspects. Tout
d'abord, la création d'une société permet de regrouper des personnes physiques
ou morales dans le but de mener une activité économique commune. Cette
forme juridique offre une structure légale et organisationnelle qui facilite la
gestion et la prise de décisions collective.
En outre, la forme sociétaire permet de limiter la responsabilité des
associés. En effet, dans certaines formes de sociétés, telle que la société à
responsabilité limitée (SARL) ou la société par actions simplifiée (SAS), la
responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports. Cela offre
une protection aux associés en cas de dettes ou de litiges liés à l'activité de la
société. De plus, la forme sociétaire permet de mobiliser des ressources
financières plus importantes.
En effet, en permettant la participation de plusieurs associés, il est
possible de réunir des capitaux plus importants pour financer le développement
de l'entreprise. La forme sociétaire offre une certaine pérennité à l'activité
économique. Contrairement à une entreprise individuelle, la société n'est pas
dissoute en cas de retrait ou de décès d'un associé. Elle continue de plein droit
entre les autres associés, assurant ainsi une continuité de l'activité.
La forme sociétaire présente des avantages tels que la facilitation
de la gestion collective, la limitation de la responsabilité des associés, la
mobilisation de ressources financières et la pérennité de l'activité. Cependant, il
convient de choisir la forme sociétaire la plus adaptée en fonction des besoins et
des objectifs de l'entreprise.
Le choix de la forme sociétaire repose sur des motivations
financières, patrimoniales, stratégiques et juridiques66.
a. Sur le plan financier
66
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, HERE I’AM 2022, Kinshasa P37
35
Au niveau financier, il est important de souligner la difficulté pour
une seule personne de rassembler les capitaux considérables nécessaires à la
création d'une entreprise viable. Cette difficulté met en évidence la nécessité
d'un développement économique moderne, basé sur une agriculture, une
industrie et un commerce solides.
Ensuite, il est légitime de vouloir limiter les risques financiers en
affaires et de partager les aléas liés à toute activité économique entre plusieurs
personnes, afin de ne mettre en jeu qu'une partie de sa fortune67.
b. Sur le plan économique
A ce niveau, il est important de retenir que la contribution de
plusieurs personnes peut répondre de manière adéquate à l'impératif de
rentabilité qui est à l'origine finale de toute entreprise. Cela signifie que la
collaboration et la participation de plusieurs individus peuvent contribuer à
atteindre les objectifs de rentabilité d'une entreprise68.
c. Sur le plan juridique
Il est important de regrouper les entreprises pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, la mort du chef d'entreprise peut poser de nombreux problèmes
d'ordre successoral, en particulier dans les pays en développement où les
prétentions successorales peuvent compromettre l'avenir de l'entreprise.
Souvent, la disparition du chef d'entreprise individuelle entraîne la fin de
l'entreprise.
Ensuite, il est nécessaire de reconnaître que la société et ses organes
sont en mesure de doter l'entreprise de structures solides, éliminant ainsi le bon
vouloir qui pourrait caractériser l'entrepreneur individuel. En regroupant les
entreprises, il est possible de mettre en place des structures de gouvernance et de
gestion plus efficaces, ce qui contribue à assurer la pérennité de l'entreprise.
d. Sur le plan social
67
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, p.37.
68
Idem.
36
La forme sociétaire peut avoir un impact significatif sur le plan
social, notamment en ce qui concerne la participation des parties prenantes, la
gouvernance démocratique et la prise en compte des intérêts collectifs. Par
exemple, dans le cas des coopératives, les sociétaires sont à la fois des clients
utilisateurs et des copropriétaires, ce qui leur confère un rôle actif dans la
gestion et les décisions de l'entreprise. Ils participent aux assemblées générales,
votent sur des questions importantes telles que la rémunération des parts
sociales, et contribuent à façonner les orientations de l'entreprise. De plus,
certaines formes sociétaires, telles que les Sociétés Coopératives d'Intérêt
Collectif (SCIC), s'inscrivent dans l'économie sociale et solidaire, plaçant
l'humain au cœur du projet et favorisant la démocratie économique.
La forme sociétaire peut également influencer les relations sociales
au sein de l'entreprise, en favorisant la transparence, la participation et la prise
en compte des intérêts des travailleurs. Par exemple, les entreprises coopératives
peuvent offrir des mécanismes de participation des employés à la gouvernance
et à la prise de décision, ce qui peut contribuer à renforcer le lien social au sein
de l'organisation.
En effet, la forme sociétaire peut favoriser une plus grande
implication des parties prenantes, une gouvernance démocratique et une prise en
compte des intérêts collectifs, ce qui peut avoir un impact positif sur le plan
social au sein de l'entreprise.
SECTION 2. FORMES DES SOCIETES COMMERCIALES
En droit congolais, il existe différentes formes de sociétés
commerciales. Dont : la société en nom collectif, la société en commandite
simple, la société à responsabilité limitée et la société par action simplifiée.
§1. SOCIETE EN NOM COLLECTIF
a. Définition
37
La société en nom collectif est une forme de société dans laquelle
tous les associés sont des commerçants et ont une responsabilité indéfinie et
solidaire envers les dettes de la société.69
b. Caractéristiques
Partant de cette définition, il est possible de dire que la
caractéristique distinctive de la société en nom collectif réside dans la
responsabilité solidaire et indéfinie des associés envers les engagements pris par
la société. Ainsi, chaque associé est tenu de ces engagements dans leur
intégralité, même au-delà de la valeur de son apport initial. Cela explique
pourquoi cette forme de société est fortement marquée par l'intuitu personae, la
confiance mutuelle entre les associés. Les associés se choisissent en fonction de
la considération qu'ils ont les uns envers les autres. De plus, cela se répercute sur
le régime des parts sociales et sur les causes de dissolution de la société.
Il est important de noter que dans cette forme de société, tous les
associés ont la qualité de commerçants. Le simple fait d'être associé confère
automatiquement le statut de commerçant.
Ainsi, seuls ceux qui possèdent la capacité commerciale peuvent
faire partie de cette société. Étant donné que les associés ont la qualité de
commerçants et sont responsables solidairement et indéfiniment des dettes de la
société, la liquidation des biens de la société entraîne également la liquidation de
chaque associé.
En conclusion, la société en nom collectif convient aux affaires de
petite taille, souvent de nature familiale, dans lesquelles le travail des associés et
leur crédit personnel sont combinés avec succès70.
§2. SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE
a. Définition
69
Article 270 de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et groupement d’intérêt
économique.
70
FUNGONGO MBOMA Didier, Droit commerciales : sociétés commerciales, HERE I’AM 2022, P53
38
La société en commandite simple est une forme de société dans
laquelle coexistent des associés indéfiniment et solidairement responsables des
dettes sociales, appelés "associés commandités", et des associés responsables
dans la limite de leurs apports, appelés "associés commanditaires" ou "associé
en commandité". 71
Le capital de la société est divisé en parts sociales. En d'autres
termes, conformément à l'article 26 du décret du 27 février 1887 relatif aux
sociétés commerciales, tel que modifié et complété à ce jour, une société en
commandite simple se forme sous une dénomination sociale avec un ou
plusieurs associés commandités qui répondent solidairement et indéfiniment aux
obligations de la société, et un ou plusieurs associés commanditaires qui ne sont
tenus qu'à concurrence de leurs apports72.
b. Caractéristiques
Cette seconde forme de société se distingue par la présence de deux
catégories d'associés ayant des statuts différents : les commandités d'un côté et
les commanditaires de l'autre. Les commandités ont le même statut que les
associés en nom, car comme eux, ils sont tenus solidairement et indéfiniment
des obligations de la société et possèdent la qualité de commerçants, avec les
conséquences qui en découlent.
Les commanditaires, quant à eux, ne sont responsables des dettes de
la société qu'à concurrence de leurs apports. Il est important de noter que cette
société est également marquée par l'intuitu personae, en particulier en ce qui
concerne les commandités. La considération de la personne des commanditaires
n'est pas aussi importante que celle des commandités73.
§3. SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE
a. Définition
71
Art 293 de l’acte uniforme précité.
72
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, HERE I’AM 2022, Kinshasa, p.56.
73
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit,p.57.
39
La société à responsabilité limitée est une forme de société où les
associés ne sont responsables des dettes sociales qu'à concurrence de leurs
apports, et leurs droits sont représentés par des parts sociales. Il est toutefois
possible de constituer une société à responsabilité limitée avec une seule
personne physique ou morale, ainsi qu'avec deux ou plusieurs personnes
physiques ou morales (société unipersonnelle et pluripersonnelle).74
b. Caractéristiques
Cette troisième forme de société présente un caractère hybride,
combinant certains aspects des sociétés de personnes et d'autres des sociétés de
capitaux. Elle se situe à mi-chemin entre les deux, partageant certains traits avec
les sociétés de personnes et d'autres avec les sociétés de capitaux. On peut donc
la qualifier de polyvalente. Elle convient aussi bien aux entreprises de grande
envergure qu'aux affaires plus modestes. Une caractéristique importante est que
les associés n'ont pas la qualité de commerçants.
Cela signifie que les mineurs et les personnes sous tutelle peuvent
être associés, à condition que la souscription de leurs parts sociales soit
régulièrement effectuée par leurs représentants légaux. De même, les personnes
frappées de déchéances professionnelles ou d'incompatibilité commerciale
peuvent également y participer. Par conséquent, cette forme de société est
beaucoup plus ouverte que les deux premières.75
§4. SOCIETE ANONYME
a. Définition
La société anonyme est une forme de société où les actionnaires ne
sont responsables des dettes qu'à concurrence de leurs apports, et leurs droits
sont représentés par les actions. Il est également possible qu'une société
anonyme ne comprenne qu'un seul actionnaire.76
c. Caractéristiques
74
Article 309 de l’acte uniforme précité.
75
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit., p.62,63
76
Art 385 de l’acte uniforme sous examen.
40
Les sociétés anonymes sont généralement créées pour les grandes
entreprises, de grande envergure. C'est pourquoi les pouvoirs publics se méfient
d'elles en raison de leur grande puissance économique et financière, qui leur
confère une capacité considérable de mobilisation de capitaux. Ils craignent que
ces sociétés n'utilisent leur puissance pour mener des actions nuisibles sur les
plans économique, financier voire politique. C'est pourquoi les pouvoirs publics
interviennent dans leur régime, notamment en prenant des participations dans
leur capital afin de pouvoir les contrôler de l'intérieur (dans le cas le plus grave :
nationalisation) Les sociétés anonymes sont des sociétés de capitaux par
excellence, caractérisées par la limitation de la responsabilité des actionnaires et
la libre négociabilité des titres qu'elles émettent.
L'intuitu personae, c'est-à-dire la confiance envers une personne
particulière, est remplacé par l'intuitu pecuniae, c'est-à-dire l'importance de la
masse financière que les actionnaires apportent. Ainsi, la personnalité des
actionnaires n'a pas d'importance, ce qui compte, c'est la quantité plus ou moins
importante de fonds qu'ils apportent. Les titres peuvent donc être échangés à tout
moment. Cependant, comme nous le verrons plus loin, il peut y avoir des
limitations à la libre négociabilité des actions.77
§5. SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEE
a. Définition
La société par actions simplifiée (SAS) est une forme de société
créée par un ou plusieurs associés, dont les statuts définissent librement
l'organisation et le fonctionnement de la société, tout en respectant les règles
obligatoires. 78
Les associés de la SAS ne sont responsables des dettes de la société
qu'à hauteur de leurs apports, et leurs droits sont représentés par des actions.
Lorsqu'une SAS ne comporte qu'un seul associé, celui-ci est désigné comme
77
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, p.67.
78
Art 833 alinéa 1 de l’acte uniforme précité.
41
"associé unique" et exerce les pouvoirs normalement dévolus aux associés
lorsqu'une décision collective est requise. Toutes les décisions prises par
l'associé unique, qui nécessiteraient une publication légale si elles étaient prises
par une assemblée, doivent être publiées de la même manière. La société doit
être désignée par une dénomination sociale immédiatement suivie ou précédée,
en caractères lisibles, des termes "société par actions simplifiée" ou de
l'abréviation "SAS". Lorsque la société ne comporte qu'un associé, elle doit être
désignée par une dénomination sociale immédiatement suivie ou précédée, en
caractères lisibles, des termes "société par actions simplifiée unipersonnelle" ou
de l'abréviation "SASU ».
c. Caractéristiques
La nouvelle forme de société décrite dans la question est la société
par actions simplifiée (SAS). Elle se caractérise par la liberté accordée aux
associés et par la priorité donnée à la liberté contractuelle des associés, qui est
exprimée dans les statuts. Le recours à la loi ne s'applique qu'en tant que
supplément. La SAS offre donc une grande souplesse en permettant une
organisation personnalisée, avec une importance accordée à l'intuitu personae
(relation personnelle) entre les associés. Il s'agit d'une association entre
partenaires, qui sont généralement des entreprises bien familiarisées avec le
monde des affaires.79
Il n'est donc pas nécessaire d'établir une protection lourde pour les
actionnaires minoritaires. La priorité accordée au pacte social doit garantir une
grande transparence et éviter la multiplication des pactes d'actionnaires, dont
l'efficacité est souvent incertaine. Avec la SAS, il est possible de séparer
l'organisation du pouvoir et le contrôle du capital. 80
Cependant, la SAS est actuellement principalement réservée aux
grandes entreprises, qui l'utilisent davantage pour leurs filiales à 100% que
79
FUNGONGO MBOMA Didier, Op.Cit., p.99.
80
Idem. p.100.
42
comme instrument de coopération. En droit français, seules les sociétés peuvent
être associées d'une SAS, qu'elles soient françaises ou étrangères, commerciales
ou éventuellement civiles. Les personnes physiques, les groupements d'intérêt
économique (GIE), les groupements européens d'intérêt économique (GEIE) et
les associations sont exclus. Les établissements publics de l'État qui exercent
une activité industrielle ou commerciale et ne sont pas soumis aux règles de la
comptabilité publique peuvent également être associés. Le nombre minimum
d'associés dans une société par actions simplifiée (SAS) est de deux, ce qui est
une simplification importante par rapport aux sociétés anonymes dont le nombre
ne peut être inférieur à sept. Les sociétés associées de la SAS doivent avoir un
capital entièrement libéré d'un montant minimum de 1 500 000 euros (ou
l'équivalent en francs français), ce qui limite l'accès à ce type de société aux
grandes entreprises. La SAS ne peut pas faire publiquement appel à l'épargne, ce
qui souligne le caractère fermé de cette société, conçue pour un nombre restreint
d'associés avec une relation personnelle forte. Cependant, rien n'interdit aux
sociétés associées de la SAS de faire elles-mêmes publiquement
appel à l'épargne. Il est important de noter que le législateur communautaire se
distingue clairement du législateur français en précisant que seules les personnes
morales peuvent être associées dans cette forme de société, excluant ainsi les
personnes physiques, les groupements d'intérêt économique (GIE), les
groupements européens d'intérêt économique (GEIE) et les associations.
En revanche, le législateur de l'OHADA parle d'un ou plusieurs
associés dans son article 853, point 1, et d'une seule personne dans son point 2,
sans autre précision. Une autre différence importante est que l'article 853, point
2, alinéa 2, prévoit la possibilité de constituer une SAS à associé unique, alors
que le nombre minimum d'associés prévu par le droit français est de deux
associés. La nature et l'objet de la SAS en droit français ne permettent pas la
création d'une SASU. Si tel était le cas, l'associé unique devrait constituer une
43
SARL ou une SA. Nous pensons que le législateur du droit OHADA aurait pu
être utile en copiant directement le législateur français dans ce domaine.81
CHAPITRE II. ENTREPRISES EN DIFFICULTES
Lorsqu'une entreprise rencontre des difficultés, il existe plusieurs
signaux d'alerte à prendre en considération. Ces signaux peuvent inclure des
alertes par le tribunal de commerce, des refus de crédit bancaire, des difficultés à
payer les charges sociales, ou encore des conflits avec des associés, fournisseurs
ou clients importants.
SECTION 1. DIFFICULTÉS DE L’ENTREPRISE CONFRONTÉE
AU DROIT COMMUN
Lorsqu'une entreprise est confrontée au droit commun, elle peut
rencontrer diverses difficultés qui nécessitent une compréhension approfondie
du droit des entreprises en difficulté. Ces difficultés peuvent être abordées à
travers des mesures amiables ou des procédures judiciaires sous l'égide du
tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire. Le droit des entreprises en
difficulté est complexe et en constante évolution, et toute entreprise peut être
confrontée à des difficultés propres ou à celles de ses partenaires.
81
FUNGONGO MBOMA Didier, Op. Cit, HERE I’AM 2022, Kinshasa p.100.
44
Les règles de droit commun sont souvent insuffisantes pour
favoriser le redressement d'une entreprise en difficulté en dehors d'une
procédure collective. Cette constatation s'applique aux quatre grandes questions
soulevées par la pérennité d'une entreprise en difficulté, en plus des problèmes
majeurs liés à son adaptation au marché et à l'avenir de ses employés, ce qui
peut justifier un traitement particulier pendant la période de crise.
Les règles de droit commun sont les règles générales qui
s'appliquent à tous les cas similaires, sans distinction particulière. Cependant,
dans le cas des entreprises en difficulté, ces règles peuvent ne pas être
suffisantes pour permettre un redressement efficace. Les problèmes spécifiques
auxquels sont confrontées ces entreprises, tels que l'adaptation au marché et le
devenir des salariés, peuvent nécessiter des mesures spéciales qui vont au-delà
des règles de droit commun.82
L'adaptation au marché est un défi majeur pour les entreprises en
difficulté. Les règles de droit commun ne sont souvent pas adaptées pour
répondre aux besoins spécifiques de ces entreprises dans un environnement
économique en évolution rapide. Des mesures spéciales peuvent être nécessaires
pour permettre aux entreprises de s'adapter aux nouvelles conditions du marché
et de maintenir leur compétitivité. Le devenir des salariés est une autre question
importante dans le contexte des entreprises en difficulté. Les règles de droit
commun peuvent ne pas offrir une protection adéquate aux salariés pendant la
période de crise. Il peut être nécessaire de mettre en place des mesures spéciales
pour garantir la sécurité de l'emploi et les droits des salariés pendant cette
période83.
§1. CHANGEMENT D’ÉQUIPE DIRIGEANTE
L'article 7 de l'acte uniforme portant procédure collective
d'apurement du passif aborde la question du remplacement des dirigeants dans le
cadre de la mise en œuvre d'une nouvelle stratégie. Il stipule que le
82
AMBOULOU(HD), le droit des entreprises en difficultés dans l’espace OHADA, L’Harmattan,2015, p.14.
83
AMBOULOU(HD), Op. Cit, p.14.
45
remplacement éventuel des dirigeants ne peut être imposé sans le consentement
du propriétaire ou des associés majoritaires.
En cas de désaccord ou d'inertie de ces derniers, la nomination
judiciaire d'un administrateur provisoire, en tant que remède modeste à des
erreurs de gestion, suppose en principe la constatation d'une paralysie du
fonctionnement de la société, et non seulement celle d'un risque de cessation des
paiements.
La question de la possibilité pour le président du tribunal de
commerce d'ordonner la désignation d'un administrateur provisoire se pose
uniquement lorsque le débiteur a formulé une demande d'ouverture d'une
procédure de conciliation84.
§2. OCTROI DE DÉLAI DE PAIEMENT
La question des délais de paiement présente deux
perspectives contradictoires, en fonction de la position du créancier (fournisseur)
qui préfère des délais courts, et du débiteur (client) pour qui des délais plus
longs sont souvent essentiels pour éviter une trésorerie négative. L'octroi de
délais de paiement, en dehors des délais normaux propres au secteur d'activité,
afin de soulager la trésorerie de l'entreprise débitrice, nécessite l'accord
individuel des créanciers concernés.
La recherche de cet accord peut être facilitée dans un certain
contexte. Un cadre organisé défini par certains créanciers, tels qu'un pool
bancaire pour les créanciers privés ou la commission des chefs des services
financiers publics, permet de parvenir à un "pacte d'atermoiement" (concordat
amiable) ou à un plan de redressement amiable redéfinissant un nouvel
échéancier de la dette du débiteur à l’égard des créanciers participant à
l’accord85.
84
AMBOULOU(HD), Op. Cit, p.14.
85
Idem.
46
Cependant, il incombe aux créanciers sollicités, tels que les
établissements de crédit et les créanciers légaux comme le Trésor ou les caisses
de sécurité sociale, de faire preuve de discernement, ce qui peut parfois conduire
à dénoncer une trop grande prudence. L'octroi de délai de paiement doit être
justifié par la situation de l’entreprise qui présente des perspectives sérieuses de
surmonter ses difficultés.
Avant l'entrée en vigueur de l’Acte uniforme, la responsabilité d’un
créancier pouvait être ultérieurement recherchée pour avoir soutenu abusivement
une entreprise débitrice en accordant en connaissance de cause des délais de
paiement à un débiteur dont la situation était irrémédiablement compromise. En
dehors des accords, le débiteur n'a d'autre possibilité que de solliciter du juge, au
cas par cas à l'occasion des poursuites des créanciers, le délai de grâce de
l'article 1244-1 du Code civil. Ce délai peut être accordé dans la limite de deux
années pour reporter ou échelonner le paiement des sommes dues, compte tenu
de la situation du débiteur et des besoins du créancier.
Il est important de souligner que ces délais de paiement trop longs,
souvent entre soixante et cent vingt jours, voire plus, sont beaucoup plus élevés
en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Congo, au Bénin et au Sénégal qu'à l'étranger,
ce qui peut grever dangereusement la trésorerie des entreprises. La loi
congolaise de modernisation de l'économie du 4 août 2008 a cherché à remédier
à cette situation en réduisant les délais de paiement des entreprises à quarante-
cinq jour fin de mois (ou soixante jours calendaires)86.
§3. OCTROI DE FINANCEMENTS NOUVEAUX
L'offre de concordat préventif exigée par l'article 27 de l'Acte
uniforme doit inclure les modalités de maintien et de financement de l'entreprise.
Ces nouveaux financements peuvent être apportés soit en capital (par exemple,
par l'émission d'actions de préférence), soit sous forme de crédits, soit par des
87
modes intermédiaires souvent qualifiés de quasi fonds propres (tels que les
86
AMBOULOU(HD), Op cit., p.15
87
Idem.
47
prêts participatifs, l'émission de titres subordonnés, voire même les apports en
compte courant avec convention de blocage et cession d'antériorité, etc.).
Ils impliquent une prise de risque importante de la part des
investisseurs ou prêteurs, qui sont naturellement peu enclins à accorder leur
soutien.
Les sociétés de capital-risque par exemple interviennent dans les
entreprises en développement mais non dans celles en difficulté. La même
remarque vaut pour les établissements spécialisés dans le financement des PME,
catégorie dont fait partie l’OSEO (BPI) qui intervient directement ou par l’octroi
de sa garantie pour financer l’innovation ou la croissance de ces petites et
moyennes entreprises. Il existe certes des acteurs financiers spécialisés dans le
financement ou le rachat des entreprises en difficulté (« fonds de retournement
»), mais leur objectif est plutôt de rechercher des plus-values dans le cadre
d’acquisition à bas prix d’entreprises en grande difficulté. Il faut distinguer sur
ce point les apporteurs en capital et les prêteurs. Le risque des premiers se
mesure par rapport au capital investi, et pouvant être perdu (ce qui correspond à
la limite de leur engagement dans les sociétés à risques limités).
Les prêteurs, quant à eux, ajoutent au risque de non-remboursement
celui de voir engager leur responsabilité pour octroi abusif de crédit. Ce risque,
déjà évoqué ci-dessus pour l’octroi de délais de paiement, est réel en particulier
pour les banques qui accordent ou maintiennent un crédit en connaissance de la
cessation des paiements actuelle ou inévitable de leur client 88.
Toutefois, l’article L. 650-1 du Code de commerce limite
sérieusement ce risque en cas d’ouverture ultérieure d’une procédure
collective89.
88
AMBOULOU(HD), Op.cit., p.15 et 16.
89
Idem.
48
§4 MISES EN PLACE D’OUTILS DE PILOTAGE
La « mise en place d'outils de pilotage » est essentielle pour
optimiser la gestion et la performance d'une entreprise.
Ces outils, souvent sous forme de logiciels, permettent de « suivre
et d'analyser les performances » à travers divers indicateurs clés. Ils aident les
dirigeants à prendre des décisions éclairées en fournissant des données
pertinentes et en temps réel.
Le développement durable d’une entreprise nécessite que ses
dirigeants disposent d’outils de gestion leur permettant de la piloter et d'anticiper
les difficultés. La sophistication de ces outils varie en fonction de la taille de
l'entreprise, leur mise en place et leur mise à jour étant plus complexes, voire
impraticables dans les micro-entreprises, qui sont souvent les plus vulnérables.
C'est particulièrement vrai dans des pays comme le Congo, le
Cameroun, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Il est d'abord essentiel d'avoir un
tableau de bord, dont l'objectif est de fournir en temps réel des informations sur
les performances de l'entreprise. Chaque dirigeant doit élaborer son propre
tableau de bord en choisissant les indicateurs financiers et qualitatifs qui lui
semblent pertinents (par exemple, l'évolution du nombre de clients et le chiffre
d'affaires moyen par client).
Ensuite, il est nécessaire d’établir un ou plusieurs budgets en lien
avec le tableau de bord pour formaliser des prévisions et fixer des objectifs
concernant les achats, les ventes, et les frais de fonctionnement. Ainsi, il est
possible de déterminer avec précision un indicateur clé pour évaluer la pérennité
de l’entreprise : le point mort, ou seuil de rentabilité, défini comme « le chiffre
d’affaires minimum nécessaire, en fonction de la marge, pour couvrir les frais
fixes ». Ce calcul du point mort doit être régulièrement mis à jour pour refléter
les évolutions des frais fixes90.
90
AMBOULOU(HD), op.cit,2015, Kinshasa p.16.
49
La mise en place de ces outils de gestion dépend entièrement de la
culture entrepreneuriale du dirigeant. Elle relève du pouvoir de gestion exercé
librement par ce dernier et ne découle pas de dispositions impératives : elle est
en quelque sorte infra-juridique. La compétence du dirigeant et la qualité des
conseils dont il bénéficie sont donc directement en jeu.
Aucun mécanisme juridique, à l'exception des grandes entreprises
qui doivent élaborer des documents prévisionnels, ne peut compenser les
lacunes du dirigeant. Une politique de prévention efficace nécessite donc, à ce
niveau, le développement de la formation en gestion et la création de réseaux de
conseils appropriés, plutôt que l'établissement de règles spécifiques 91.
SECTION 2. DROIT COMMUNAUTAIRE DES ENTREPRISES EN
DIFFICULTES
En effet, résumé, le droit communautaire OHADA fournit un cadre
structuré et harmonisé pour la gestion des entreprises en difficulté, avec des
procédures spécifiques pour la sauvegarde, le redressement et la liquidation, tout
en favorisant une approche préventive et coordonnée.
§1. PRÉVENTIONS DES DIFFICULTÉS DES ENTREPRISES
En droit OHADA, les préventions des difficultés des entreprises
sont régies par l’acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif.
En effet, le présentActe uniforme a pour objet :
1. D’organiser les procédures préventives de conciliation et de règlement
préventif
Ainsi que les procédures curatives de redressement judiciaire et de
liquidation des biens afin de préserver les activités économiques et les niveaux
d’emplois des entreprises débitrices, de redresser rapidement les entreprises
viables et de liquider les entreprises non viables dans des conditions propres à
maximiser la valeur des actifs des débiteurs pour augmente les montants
91
Idem., p.17.
50
recouvrés par les créanciers et d’établir un ordre précis de paiement des créances
garanties ou non garanties ;
2. De définir la réglementation applicable aux mandataires judiciaires ;
3. De définir les sanctions patrimoniales et professionnelles ainsi que les
incriminations pénales relatives à la défaillance du débiteur, applicables
aux dirigeants de toute entreprise débitrice et aux personnes intervenant
dans la gestion de la procédure92.
a. Mesures ne nécessitant pas l’intervention de la justice
Plusieurs « mesures amiables » peuvent être mises en place sans
nécessiter l'intervention de la justice. Ces mesures visent à aider les entreprises à
restructurer leurs dettes et à éviter une dégradation de leur situation financière.
Toute personne immatriculée au registre du commerce et des
sociétés ou au registre national des entreprises entant qu'entreprise du secteur
des métiers et de l'artisanat ainsi que tout entrepreneur individuel à
responsabilité limitée et toute personne morale de droit privé peut adhérer à un
groupement de prévention agréé par arrêté du représentant de l'Etat dans la
région. Ce groupement a pour mission de fournir à ses adhérents, de façon
confidentielle, une analyse des informations économiques, comptables et
financières que ceux-ci s'engagent à lui transmettre régulièrement. Lorsque le
groupement relève des indices de difficultés, il en informe le chef d'entreprise et
peut lui proposer L’intervention d'un expert. A la diligence du représentant de
l'Etat, les administrations compétentes prêtent leur concours aux groupements
De prévention agréés. Les services de la Banque de France peuvent également,
suivant des modalités prévues par convention, être appelés à formuler des avis
sur la situation financière des entreprises adhérentes. Les groupements de
92
OHADA, acte uniforme 2015 portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif, art1
51
prévention agréée peuvent aussi bénéficier d'aides des collectivités territoriales.
Les groupements de prévention agréés sont habilités à conclure, notamment
avec les établissements de crédit, les sociétés de financement et les entreprises
d'assurance, des conventions au profit de leurs adhérents93.
Les différentes mesures d'aide aux entreprises en difficultés, qui
font partie d'une politique de prévention, revêtent des formes très variées. Il
existe des financements privés spécialement mis en place, le recours à un
médiateur du crédit pour faciliter le traitement des dossiers, des aides
éventuelles de l'État ou même, dans une moindre mesure, des collectivités
locales. Il y a également des mesures fiscales favorables (qui ont également une
portée assez limitée) ainsi que l'intervention de repreneurs d'entreprise,
éventuellement dans le cadre de montages plus ou moins sophistiqués, tels que
les RES lorsque des salariés sont impliqués. Toutes ces techniques peuvent
contribuer à éviter la faillite. Dans le même ordre d'idées, le développement de
la formation aux techniques de gestion à destination des dirigeants d'entreprise,
ou plus récemment des membres des professions libérales, ainsi que la mise en
place de centres d'information et de prévention, répondent à cet
objectif de prévention.
Les mesures de prévention peuvent parfois représenter un coût
difficile à supporter pour les chefs d'entreprise en difficulté. Afin de faciliter la
prise en charge des prestations d'assistance ou d'expertise fournies par des
intervenants extérieurs tels que des experts-comptables, des avocats, des
mandataires ad hoc, des conciliateurs, ou encore à partir de l'initiative du chef
d'entreprise auprès du CIP ou de la Commission des chefs de service financier,
une Assurance Santé Entreprise a été mise en place. Cette assurance a été
conçue par l'ordre des experts-comptables et initiée en collaboration avec les
avocats au sein du CIP National (Centre d'information sur la prévention des
93
Article 2, L. 611-2 Ordonnance n°2021-1193 du 15 septembre 2021
52
entreprises en difficulté). Son objectif est de faciliter l'accès à la prévention pour
les TPE et les PME moyennant une cotisation modeste.
Mais il existe également des dispositions législatives spécifiques
qui, pour certaines, ont été conçues dans le but d'éviter la constatation et le
traitement judiciaire d'une défaillance de l'entreprise. Pour d'autres, ces
dispositions se révèlent particulièrement utiles pour prévenir les défaillances,
même si elles ont une finalité plus large. Par exemple, la publicité des comptes
sociaux au Cameroun, au Congo, au Sénégal et en Côte d'Ivoire. La prévention
proprement dite consiste en réalité à encourager ceux qui détiennent le pouvoir
dans l'entreprise à prendre conscience des difficultés auxquelles elle est
confrontée, ainsi que de la nécessité d'agir. Il s'agit en quelque sorte de mobiliser
les décideurs. Pour ce faire, les tribunaux acceptent de plus en plus fréquemment
de désigner un mandataire ad hoc qui accompagne le chef d'entreprise dans sa
démarche d'audit et de recherche de solutions en vue du redressement durable
de l'entreprise.
La détection des difficultés d'une entreprise repose sur la
disponibilité d'informations correctes permettant de mesurer et d'analyser les
causes de ces difficultés. Une partie de ces informations est accessible aux tiers
et aux magistrats, tandis qu'une autre est destinée à un usage interne au sein de
l'entreprise. Les procédures d'alerte se situent à l'intersection de ces deux types
d'informations. La désignation d'un mandataire ad hoc découle elle-même d'une
démarche entièrement volontaire de la part du débiteur en difficulté qui
recherche une aide 94.
1.Manifestations des difficultés
Les difficultés des entreprises peuvent se manifester de différentes
manières, notamment à travers des problèmes de paiement des dettes, des
procédures de traitement et de prévention, et des signes de défaillance. Selon
l'état de santé de l'entreprise, la législation française dispose de plusieurs
94
AMBOULOU(HD), Op Cit, p19,20
53
procédures qui permettent au chef d'entreprise soit de prévenir de futures
difficultés soit de traiter les difficultés déjà avérées. D'un point de vue juridique,
la cessation de paiement ou des paiements définit une entreprise qui rencontre
des difficultés et se trouve dans l'impossibilité de faire face au passif exigible
avec son actif disponible95.
En outre, lorsque les dettes deviennent difficiles à payer, on parle
alors d'entreprise en difficultés.
2.Procedure d’alerte
La procédure d'alerte dans une entreprise est conçue pour détecter
au plus tôt les difficultés économiques auxquelles elle pourrait être confrontée.
Cette procédure peut être déclenchée par diverses entités, telles que le
commissaire aux comptes, le comité d'entreprise, les associés ou le président du
conseil d'administration. Elle vise à signaler des faits pouvant compromettre la
continuité de l'activité de l'entreprise, tels que l'expiration de contrats
importants, la perte de capital social, la diminution des commandes, ou des
conflits sociaux. L'objectif principal de la procédure d'alerte est d'anticiper les
difficultés et de rechercher des solutions pour éviter leur aggravation. En
l'absence de comité d'entreprise, cette procédure peut être initiée par les
délégués du personnel. Il est essentiel de noter que le déclenchement de la
procédure d'alerte est une responsabilité importante, et son absence peut engager
la responsabilité civile professionnelle du commissaire aux comptes.
L'Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique, révisé en janvier 2014, accorde une
importance particulière à la mission de contrôle des organes de gestion. Face à
95
Article 5, L. 631-2 Ordonnance n°2022-du 14 février 2022
54
des difficultés objectivement identifiables, le législateur de l'OHADA a jugé
inacceptable de laisser les dirigeants d'entreprise totalement libres de ne rien
faire, tout en préservant leur pouvoir décisionnel. C'est ainsi que différents
mécanismes d'alerte ont été mis en place, ayant pour seul but de fournir des
informations. Ces alertes peuvent être d'origine interne, déclenchées par le
commissaire aux comptes, le comité d'entreprise ou les associés. Elles peuvent
également être d'origine externe, le président du tribunal de commerce jouant un
rôle important à cet égard, tandis que l'intervention des groupements de
prévention agréés est relativement limitée. En plus des alertes régies par la loi, il
convient d'ajouter des alertes "professionnelles", initiées en dehors de toute
réglementation contraignante par certaines organisations professionnelles telles
que les ordres d'avocats, qui peuvent engager un dialogue avec leurs membres
dont les difficultés ont été identifiées96.
-l’alerte du commissaire aux comptes
L'alerte concerne uniquement les groupements qui disposent d'un
commissaire aux comptes, que ce soit en raison d'une obligation légale, d'une
décision des associés, ou, dans de rares cas, d'une imposition par un juge à la
demande d'associés. Cette procédure est régie par les articles 376 à 381 pour les
sociétés à responsabilité limitée, les articles 694 à 734 pour les sociétés
anonymes, ainsi que les articles 880 et 881 de l'Acte uniforme relatif aux
sociétés commerciales et aux groupements d'intérêt économique pour les
personnes morales de droit privé exerçant une activité économique. Concernant
les personnes morales de droit privé exerçant une activité économique, il est
indéniable que le commissaire aux comptes est idéalement positionné pour
identifier les difficultés de l'entreprise et susciter un débat interne, grâce à sa
mission de contrôle exercée en toute indépendance. Cependant, depuis l'entrée
en vigueur de l'Acte uniforme relatif à l'organisation des sociétés commerciales
et des groupements d'intérêt économique, cette procédure n'est plus entièrement
96
AMBOULOU(HD), Op.cit., p.27.
55
interne, car le commissaire aux comptes peut être amené à informer le président
du tribunal de commerce (ou du tribunal de grande instance). Pour cela, l'Acte
uniforme le dispense du secret professionnel vis-à-vis du président du tribunal.
Ainsi, cette alerte peut constituer la première étape d'un processus de plus en
plus contraignant pour le débiteur. Cependant, étant donné que les dirigeants ont
déjà identifié les difficultés et que leur traitement est soumis à une procédure
initiée à leur demande, la mission d’alerte du commissaire aux comptes n'est pas
nécessaire lorsque « une procédure de conciliation ou de sauvegarde
a été engagée ».97
Le commissaire aux comptes, dans les sociétés autres que les
sociétés anonymes, demande par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception des explications au gérant qui
est tenu de répondre, dans les conditions et délais fixés aux articles suivants, sur
tout fait de nature à compromettre la continuité de l'exploitation qu'il a relevé
lors de l'examen des documents qui lui sont communiqués ou dont il a
connaissance à l'occasion de l'exercice de sa mission. Le gérant doit répondre
dans les quinze (15) jours qui suivent la réception de la demande d'explication.
Dans sa réponse, il donne une analyse de la situation et précise, le cas échéant,
les mesures envisagées. Dès réception de la réponse ou à défaut de réponse sous
quinze (15) jours, le commissaire aux comptes informe la juridiction compétente
de ses démarches98.
La formule est suffisamment générale pour permettre au
commissaire aux comptes d'apprécier la situation de manière autonome, sans
devoir se référer à une liste prédéfinie de signaux plus ou moins objectifs. On est
d'accord pour considérer qu'un fait compromet la continuité de l'exploitation
lorsqu'il est raisonnable de prévoir qu'il entraînera un déséquilibre financier et,
97
Idem.,. p.28.
98
Acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique
Adopté le 30/01/2014 à Ouagadougou (BURKINA FASO), art 150
56
par conséquent, à court ou moyen terme, un arrêt de l'activité. Cela est lié au
concept bien connu de "goingconcern" tel qu'incorporé dans le principe
comptable de la présomption de poursuite d'activité des articles 710 à 717 de
l'Acte uniforme99.
Aucun doute n'est permis. Il ne fait aucun doute que ces faits ne
sont pas nécessairement de nature comptable. La perte d'un marché important, la
résiliation d'un contrat de concession exclusive, le départ d'une équipe de cadres
peuvent compromettre la continuité de l'exploitation tout autant qu'une grave
insuffisance de capitaux propres. Cette pratique est courante au Congo, au Niger
et au Tchad. Néanmoins, un commissaire aux comptes ne peut tout connaître de
l'entreprise, et il ne lui appartient pas d'effectuer une sorte d'audit général de
l'entreprise. De même, il convient de se rappeler qu'un commissaire aux comptes
ne doit pas s'immiscer dans la gestion. Aussi son obligation de déclencher
l'alerte est-elle cantonnée à des faits précis relevés à l'occasion de
l'accomplissement de sa mission, donc qui ont un lien avec son activité de
contrôle et qui ont une « coloration comptable ». Il n'est dès lors pas étonnant
que les commissaires aux comptes s'appuient en tout premier lieu sur l'analyse
des comptes annuels et des documents comptables qui leur sont communiqués.
Mais en Côte d'Ivoire, au Congo, aux Comores et au Niger, les textes les
autorisent à utiliser toute autre source d'information. Le commissaire aux
comptes n'a pas le droit de rester inactif. Ne pas déclencher la procédure d'alerte
lorsque la continuation de l'exploitation est compromise, ou ne pas reprendre la
procédure une fois que les conditions de reprise de la dette sont remplies,
constitue une faute. Sa responsabilité peut alors être engagée ultérieurement,
notamment à l'initiative du mandataire judiciaire dans le cadre de la procédure
collective qui pourrait être ouverte suite à la cessation des paiements de
l'entreprise débitrice. Cependant, il est important de noter que la prescription de
99
AMBOULOU(HD), Op Cit, p.28.
57
l'action ne doit pas être acquise au profit du commissaire aux comptes. En cas de
doute, la prudence lui recommande donc de mettre en œuvre cette procédure100.
La citation indique que le commissaire aux comptes peut mettre fin
à la procédure d'alerte à n'importe quelle étape s'il estime que la réponse ou les
mesures prises sont satisfaisantes. Cependant, il est possible que malgré cet
optimisme initial, la continuité de l'exploitation de l'entreprise soit toujours
compromise en raison de l'inexécution des décisions prises ou de l'apparition de
nouveaux éléments. Dans de tels cas, le législateur de l'OHADA a prévu la
possibilité pour le commissaire aux comptes de reprendre la procédure là où il
l'avait interrompue, si la continuité de l'exploitation est toujours compromise et
qu'une action immédiate est nécessaire. Cependant, cette possibilité de reprise
est soumise à deux conditions : elle ne peut être exercée qu'après six mois à
compter du déclenchement de la procédure d'alerte et elle nécessite un "état
d'urgence". Bien que cette possibilité ne soit qu'optionnelle, il pourrait être
reproché au commissaire aux comptes de faire preuve de négligence s'il ne
l'utilise pas lorsque les conditions sont remplies101.
Outre les informations fournies par le commissaire aux comptes
dans le cadre de l'alerte, le comité d'entreprise (ou, en son absence, les délégués
du personnel) dispose d'un droit d'alerte distinct. Ce droit d'alerte est exercé par
les délégués du personnel lorsque le comité d'entreprise n'est pas présent.
Cependant, il est important de noter que ce droit d'alerte est facultatif et
n'engage pas la responsabilité du comité d'entreprise en cas de non-action. Le
comité d'entreprise n'a donc pas d'obligation particulière, contrairement au
commissaire aux comptes. Les faits définis dans le cadre de l'alerte du comité
d'entreprise sont légèrement différents de ceux de l'alerte du commissaire aux
comptes. Le comité d'entreprise peut déclencher l'alerte lorsqu'il a connaissance
de faits susceptibles d'affecter de manière préoccupante la situation économique
de l'entreprise. Cette procédure d'alerte est facultative et n'engage pas la
100
AMBOULOU(HD), Op.cit., p.29.
101
AMBOULOU(HD), Op Cit, p.31.
58
responsabilité du comité d'entreprise en cas de non-action. Contrairement au
commissaire aux comptes, le comité d'entreprise n'a pas de devoir particulier
dans ce contexte102.
Au Congo et au Cameroun, l'alerte se manifeste par la convocation
du débiteur à une réunion, et concerne toute entreprise individuelle commerciale
ou artisanale, toute société commerciale, et tout groupement d'intérêt
économique (GIE) qui rencontre des difficultés susceptibles de compromettre la
continuité de leur exploitation. Les autres entités juridiques de droit privé qui ne
sont pas des commerçants ne sont donc pas concernées par cette alerte.
Cependant, cette exclusion a une portée pratique limitée étant donné
que cette alerte est souvent l'étape précédant l'ouverture d'une procédure de
conciliation, au cours de laquelle le président du tribunal de grande instance
dispose des mêmes pouvoirs d'information que le président du tribunal de
commerce. Le président du tribunal dispose de diverses sources d'information,
bien qu'elles puissent être insuffisantes pour appréhender pleinement les
difficultés justifiant son intervention. Sa principale difficulté réside dans sa
capacité à les exploiter efficacement.
Le sens de cette alerte est d'établir une relation d'écoute, où le
débiteur est invité à partager ses difficultés et à collaborer avec les autorités
compétentes pour trouver des solutions appropriées.103
3.Solution d’assainissement
En cas d'incident ou d'accident pouvant causer une pollution ou une
pénurie d'eau, et sans préjudice de l'application de l'article 18 de la loi du 3
janvier 1992 précédemment mentionnée à l'encontre de la personne responsable
de cet incident ou accident, ainsi que de l'exploitant ou du propriétaire, les
préfets ordonnent les mesures nécessaires en cas d'urgence conformément à
l'article 1er. Ils en informent également le préfet coordonnateur de bassin. 104
102
Idem., p.32.
103
AMBOULOU(HD), Op.Cit., p.34.
104
Art 3 de La loi n 92.3 du 3 janvier 1992 sur l’eau destinée à la consommation
59
La loi qui parle de la solution d'assainissement concernant les
préventions des difficultés des entreprises est la loi du 3 janvier 1992. Cette loi
prévoit que les communes doivent mettre en place un Service Public
d'Assainissement Non Collectif (SPANC) pour les habitations qui ne sont pas
raccordées au réseau public d'assainissement. Le SPANC est chargé du contrôle
et de la gestion de l'assainissement non collectif, c'est-à-dire des systèmes de
traitement des eaux usées individuels sur les parcelles privées.
b. Solutions nécessitant intervention de la justice
Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés, il existe plusieurs
solutions qui peuvent nécessiter l’intervention de la justice.
1.Procedure de conciliation
Au Congo, la procédure de conciliation, telle qu'établie par l'Acte
uniforme, représente une évolution directe et enrichie du règlement amiable
instauré par la loi du 1er mars 1984, qui a été complétée par un décret du 1er
mars 1985. Cette première initiative a rencontré peu de succès, même après une
réforme introduite par la loi du 10 juin 1994. Ainsi, un cadre légal a été donné à
une pratique ancienne connue sous les noms de « concordat amiable » ou «
concordat préventif »105.
Cependant, l'intervention judiciaire, qui doit être demandée par le
débiteur et qui distingue la procédure de conciliation du concordat amiable, tout
en préservant sa nature contractuelle, crée des conditions propices à la réussite
des négociations. Cela permet également de réduire les risques d'abus observés
dans le cadre des concordats purement amiables. Dans le cadre du règlement
amiable instauré par la loi de 1984, l'objectif était simplement, à l'initiative du
débiteur, de structurer judiciairement une négociation directe entre les
principaux créanciers désireux de participer et le débiteur en difficulté, qui
105
AMBOULOU(HD), Op.cit., p.39.
60
n'était théoriquement pas encore en cessation de paiements. Ce processus devait
respecter l'autorité du chef d'entreprise, les droits individuels des créanciers et
maintenir une certaine discrétion. Malgré un ajustement un peu plus autoritaire
en 1994, cette méthode s'est révélée largement inefficace en raison de l'absence
de véritables incitations pour les créanciers à accepter des sacrifices et à faciliter
l'élaboration d'un plan de redressement amiable. Par conséquent, le règlement
amiable n'a pas été largement utilisé pour élaborer un plan de redressement.
Dans des pays comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Niger, la
procédure de conciliation conserve principalement son caractère préventif et
contractuel, ce qui empêche l'imposition d'un plan aux créanciers et protège le
pouvoir de gestion du débiteur. Toutefois, elle peut également être activée
immédiatement après la cessation des paiements (jusqu'à quarante-cinq jours),
offrant ainsi des garanties aux créanciers qui choisissent de parier de manière
raisonnée sur le redressement de leur débiteur, sans recourir à une intervention
judiciaire coercitive. Il n’est donc pas surprenant qu'elle soit plus couramment
adoptée que le règlement amiable. Il convient de souligner que le législateur a
également mis en place une procédure de règlement amiable spécifiquement
destinée aux exploitations agricoles autres que celles constituées sous forme de
sociétés commerciales, lesquelles relèvent du Code de commerce. Cette
procédure se distingue par le fait qu'elle constitue une étape obligatoire avant
tout redressement judiciaire (dans des pays tels que le Congo, le Cameroun, le
Tchad, les Comores et la Côte d’Ivoire). Nous allons examiner ici les différentes
étapes de la procédure de conciliation. L'ouverture de cette procédure est
soumise à un certain nombre de conditions et entraîne l'intervention d'un
conciliateur chargé de faciliter la négociation entre le débiteur et ses créanciers.
La procédure de conciliation se termine généralement par la
conclusion d'un accord qui doit être homologué par le juge. Cependant, il est
possible que cette procédure échoue.106
106
AMBOULOU(HD), Op Cit, p39,40
61
A. Objectif
Il est institué, devant le tribunal de commerce, une procédure de
conciliation dont peuvent bénéficier les débiteurs exerçant une activité
commerciale ou artisanale qui éprouvent une difficulté juridique, économique ou
financière, avérée ou prévisible, et ne se trouvent pas en cessation des paiements
depuis plus de quarante-Cinq jours.107
L'article relatif à la procédure de conciliation précise que son
« objectif principal » est de parvenir à un « accord amiable » entre l'entreprise en
difficulté et ses principaux créanciers. Cette procédure vise à résoudre les
« difficultés financières » rencontrées par l'entreprise, tout en permettant de
préserver son activité et de maintenir les emplois.
La conciliation est conçue comme un processus « préventif »,
permettant d'éviter une cessation de paiements et d'encourager le dialogue entre
les parties concernées. En cas d'échec de la conciliation, le conciliateur doit faire
un constat de la situation auprès du tribunal, ce qui peut mener à l'ouverture
d'une procédure de redressement judiciaire.
En résumé, La loi qui encadre la procédure de conciliation en
France est principalement régie par le « Code de commerce, notamment à
travers l'article « L. 611-1 et suivants ». Cette législation a pour objectif de
permettre aux entreprises en difficulté de trouver un accord amiable avec leurs
créanciers afin de résoudre leurs problèmes financiers. L'article L. 611-1 précise
que la procédure de conciliation est ouverte aux entreprises qui rencontrent des
difficultés, mais qui ne sont pas encore en état de cessation de paiements. Cela
souligne l'aspect préventif de la conciliation, visant à éviter une détérioration de
la situation financière de l'entreprise.
b. Mise en œuvre
La mise en œuvre de la procédure de conciliation implique
plusieurs étapes. Tout d'abord, le dirigeant ou l'entrepreneur doit remplir une
107
L.611-5 du code de commerce français
62
demande d'ouverture de procédure de conciliation et la déposer ou l'adresser au
président du tribunal de commerce du lieu du siège de l’entreprise. Une fois la
demande déposée, un conciliateur est désigné pour assister le dirigeant ou
l'entrepreneur dans la mise en œuvre des solutions visant à assurer la continuité
de l'entreprise. Il est important de noter que la procédure de conciliation peut
être prolongée, à la demande du conciliateur, par décision motivée du président
du tribunal, en cas de difficultés liées à l'épidémie de Covid-19 par exemple.
c. Ouverture de la procédure
La procédure de conciliation est une procédure à caractère gracieux
qui est largement ouverte afin de favoriser le traitement négocié et souple des
difficultés. Elle ne porte pas atteinte à la liberté de gestion du débiteur (chef
d'entreprise) ni aux droits des créanciers. La mise en œuvre de la procédure de
conciliation profite à toutes les personnes exerçant une activité professionnelle,
qu'elles soient des personnes physiques exerçant une activité commerciale ou
artisanale, des personnes morales de droit privé, ou des personnes physiques
exerçant une activité professionnelle indépendante, y compris une profession
libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est
protégé.
Cela signifie que la procédure de conciliation est ouverte à toute
personne exerçant une activité professionnelle, quelle que soit sa forme
juridique ou son statut réglementaire. Ce qui importe, c'est la réalité de l'activité
exercée, et non la régularité de la situation administrative telle que l'inscription
au Registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers.
Cependant, il existe une réglementation spécifique pour une seule catégorie de
débiteurs personne physique : les agriculteurs. En revanche, les syndicats de
copropriété sont exclus, de manière générale, de toutes les dispositions du livre
VI du Code de commerce, y compris de la procédure de conciliation. Selon
l'article L. 680-4 du Code de commerce, le principe général stipule que
l'entrepreneur individuel à responsabilité limitée n'est concerné par la procédure
63
de conciliation que pour le patrimoine affecté à l'activité professionnelle en
difficulté, à l'exclusion de tout autre.108
La procédure de conciliation est accessible aux débiteurs qui
rencontrent des « difficultés juridiques, économiques ou financières, qu'elles
soient réelles ou prévisibles, tant qu'ils ne sont pas en cessation de paiements
depuis « quarante-cinq jours. L’objectif principal est de « favoriser le
redressement amiable » de l’entreprise. Ainsi, la liste des motifs justifiant cette
demande inclut diverses difficultés telles que « l'insuffisance du fonds de
roulement, la « rupture d'un contrat de concession, la « perte d'un client majeur,
l'entrée de « nouveaux concurrents sur le marché, ou encore le « retrait
obligatoire d'un produit. Ces problèmes doivent potentiellement compromettre la
« continuité d'exploitation ». Bien que l'identification de besoins non couverts
par un financement approprié soit cruciale, elle ne constitue pas le seul critère
pour caractériser ces difficultés. Il convient toutefois de nuancer l'importance de
cette imprécision, car l'objectif principal est simplement d'initier une
négociation. En cas de risque d'abus, celui-ci ne peut provenir que de la volonté
de certains créanciers de vouloir accorder un crédit dans le cadre d'un accord
homologué, afin d'obtenir des garanties qu'ils ne pourraient pas avoir dans une
situation de droit commun. Quoi qu'il en soit, la formulation générale utilisée par
le législateur incite le président du tribunal à accepter facilement la demande
d'ouverture, afin que le processus de négociation entre le débiteur et ses
créanciers puisse s'instaurer bien avant la cessation des paiements, dès que le
débiteur en voit l'opportunité. Seul le débiteur, c'est-à-dire la personne physique
confrontée à des difficultés dans son activité ou le représentant légal de la
personne morale dans d'autres cas, est habilité à soumettre une demande écrite
pour l'ouverture d'une procédure de conciliation. Il doit décrire sa situation
économique, sociale et financière, ainsi que ses besoins de financement et, le cas
échéant, les moyens de les satisfaire. Contrairement à la procédure de « dépôt de
108
AMBOULOU(HD), Op Cit, p.40.
64
bilan », il ne peut être tenu responsable de ne pas avoir fait cette demande. Cette
requête, adressée ou remise au président du tribunal, doit être accompagnée de
plusieurs documents énumérés à l'article 26 de l'Acte uniforme relatif à
l'organisation des procédures collectives d'apurement du passif.109
d. Mission du conciliateur
Au Congo et au Cameroun, la mission principale du conciliateur est
de « favoriser la conclusion d'un accord amiable entre le débiteur et ses
principaux créanciers, ainsi que, si nécessaire, avec ses cocontractants habituels,
afin de résoudre les difficultés de l'entreprise ». En complément de cette mission
initiale, il peut également « formuler des propositions concernant la sauvegarde
de l'entreprise, la continuité de l'activité économique et le maintien de l'emploi
». Son intervention est donc cruciale pour réussir une négociation, à laquelle
peuvent être conviés des partenaires non créanciers. Cette négociation peut avoir
été initiée précédemment sans succès, que ce soit dans un cadre purement
amiable ou, plus souvent, dans le cadre d'un mandat administratif ad hoc qui a «
préparé le terrain ».110
4. Règlement préventif
Le règlement préventif est un mécanisme juridique qui vise à éviter
l'escalade des conflits et à résoudre les litiges avant qu'ils ne nécessitent une
intervention judiciaire. Ce type de règlement peut inclure des procédures telles
que la « médiation » ou la « conciliation », où un tiers neutre aide les parties à
trouver un accord amiable.
Toute personne peut se prévaloir de l'interprétation d'une règle,
même erronée, pour son application à une situation qui n’affecte pas les tiers.
Cela souligne l'importance de la clarté et de la prévisibilité dans l'application des
règles, ce qui est essentiel pour le règlement préventif.111
109
AMBOULOU(HD), Op Cit : Œuvre citée, p40,41
110
AMBOULOU(HD), Op Cit, p.45.
111
Art L.312-3 du code des relations entre le public et l’administration.
65
En résumé, le règlement préventif est un outil précieux pour éviter
les conflits judiciaires, soutenu par des bases légales qui favorisent la clarté et la
prévisibilité dans les relations juridiques.
5. Redressement judiciaire
Le redressement judiciaire de droit communautaire des entreprises
en difficulté en OHADA est régi par l'Acte uniforme portant procédures
collectives d'apurement du passif (AUPCAP) adopté le 10 septembre 2015 à
Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire. Cette législation est entrée en vigueur le 24
décembre 2015 dans l'espace OHADA. Le redressement judiciaire est une
procédure collective qui permet la poursuite de l'activité de l'entreprise en
difficulté tout en visant à apurer son passif. Son objectif principal est de
permettre à l'entreprise de faire face à ses obligations financières, de maintenir
l'emploi et de garantir la continuité de ses activités.
La procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens
est ouverte à tout débiteur en état de cessation des paiements. La cessation des
paiements est l’état où le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face à
son passif exigible avec son actif disponible, à l’exclusion des situations
où les réserves de crédit ou les délais de paiement dont le débiteur bénéficie de
la part de ses créanciers lui permettent de faire face à son passif exigible. Le
débiteur qui est en cessation des paiements doit faire une déclaration aux fins
d’obtenir l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de
liquidation des Bien quel que soit la nature de ses dettes La déclaration de
cessation des paiements doit être faite par le débiteur au plus tard dans les trente
jours qui suivent la cessation des paiements et déposée au greffe de la juridiction
compétente contre récépissé. Sans préjudice des dispositions de l’article 33 ci‐
66
dessous, le débiteur précise dans sa déclaration s’il demande l’ouverture d’une
procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens.112
a. Mise en mouvement de la procédure
La mise en mouvement de la procédure du redressement judiciaire
intervient lorsque l'entreprise se trouve en état de cessation des paiements. Cela
signifie que l'entreprise n'est plus en mesure de faire face à ses obligations
financières avec son actif disponible. La procédure de redressement judiciaire
peut être enclenchée par le tribunal compétent après examen de la situation de
l'entreprise. Le tribunal rend alors un jugement d'ouverture de la procédure de
redressement judiciaire, dans lequel il détermine la date de la cessation des
paiements et désigne les organes de la procédure, tels que le mandataire
judiciaire et éventuellement l'administrateur judiciaire. Il convient de noter que
la mise en mouvement de la procédure du redressement judiciaire est une
mesure encadrée par la loi et est soumise à certaines conditions.
Elle vise à permettre à l'entreprise de poursuivre son activité tout en
bénéficiant de mesures telles que le gel des dettes, les remises de dettes et les
délais de paiement lors de l'adoption du plan de redressement.
L'article 53 de l'Acte uniforme énonce le principe selon lequel la
désignation d'un administrateur judiciaire est requise dans les mêmes conditions
que lors d'une procédure de sauvegarde. Cependant, contrairement à une
personne physique, les fonctions des dirigeants d'une personne morale ne
prennent pas fin. Leurs pouvoirs sont toutefois limités par ceux attribués à
l'administrateur. En plus des pouvoirs spécifiques qui lui sont conférés par la loi
dans toute procédure de redressement judiciaire, tels que la possibilité de
prononcer des licenciements économiques avec l'autorisation du juge-
commissaire ou de demander la continuation des contrats en cours, la mission de
l'administrateur est définie au cas par cas par le tribunal, qui peut la modifier
ultérieurement.
112
Art 25 de l’Acte uniforme des procédures collectives d’apurement du passif du 10 septembre 2015
67
Cependant, dans le cadre d'une procédure de redressement
judiciaire, l'implication de l'administrateur dans la gestion peut être beaucoup
plus importante. En effet, le tribunal a le choix entre une mission d'assistance du
débiteur ou de représentation de ce dernier.
Dans le cas de la représentation, le débiteur perd véritablement le
contrôle de la gestion de son entreprise, car l'administrateur est chargé d'assurer
seul, entièrement ou en partie, l'administration de l'entreprise. Cela soulève alors
la question de qui est le chef d'entreprise pour l'avenir et des obligations qui y
sont attachées. Ainsi, contrairement à ce qui était possible sous l'ancienne loi de
1985 (mais rarement utilisé), et contrairement à ce qui est possible dans la
procédure de sauvegarde actuelle. L'administrateur ne peut pas se voir confier
une simple mission de surveillance. Cela encourage le débiteur à anticiper le
dépôt de bilan s'il souhaite piloter lui-même le redressement de son entreprise
dans le cadre d'une procédure de sauvegarde. Cependant, la mission de
l'administrateur judiciaire est nécessairement limitée à la surveillance des
opérations de gestion.
Dans le cas spécifique du redressement judiciaire d'un
établissement de crédit, les pouvoirs d'administration, de direction et de
représentation de la personne morale sont exercés par un administrateur
provisoire désigné par la commission bancaire. La réorganisation du pouvoir de
gestion ne remet généralement pas en cause la mission des dirigeants sociaux
dans le fonctionnement interne de la société. Par exemple, il reste de la
responsabilité du président du conseil d'administration de convoquer les
réunions du conseil, tout comme le conseil doit convoquer les assemblées
d'actionnaires conformément aux règles et délais prévus par le droit des sociétés.
Cependant, la portée de ces principes est difficile à comprendre en raison de
l'interprétation extensive de la cour concernant l'article L631-12, alinéa 3 du
68
code de commerce, ainsi que de la confusion qui s'est installée entre les notions
de dirigeant social et de chef d'entreprise.113
b. Organes de la procédure
Le redressement judiciaire est une procédure qui permet la
poursuite de l'activité d'une entreprise en état de cessation des paiements. Cette
procédure met en place plusieurs organes pour intervenir dans le processus.
Voici les principaux organes de la procédure du redressement judiciaire :
1. Juge-commissaire : Le juge-commissaire est désigné par le tribunal
et a pour rôle de veiller au bon déroulement de la procédure et à la
protection des intérêts en présence. Il intervient dans divers aspects
de la procédure, tels que la signature des états des créances dues
aux salariés, les licenciements, les rémunérations du dirigeant, etc.
2. Mandataire judiciaire : Le mandataire judiciaire est chargé, par
décision de justice, d'administrer les biens de l'entreprise ou
d'exercer des fonctions d'assistance ou de surveillance dans la
gestion de ces biens. Il peut être nommé dans les procédures de
sauvegarde, de redressement judiciaire et de liquidation judiciaire.
Son rôle est crucial dans l'évaluation du passif de l'entreprise.
3. Administrateur judiciaire : L'administrateur judiciaire peut
également être désigné par le tribunal. Ses missions consistent à
représenter les créanciers et à surveiller ou assister le dirigeant dans
la gestion de son entreprise.
4. Représentant des salariés : Dans le cadre de la procédure de
redressement judiciaire, un représentant des salariés doit être
désigné dans les 10 jours de l'ouverture de la procédure. Cette
désignation peut être effectuée par les institutions représentatives
du personnel ou par les salariés eux-mêmes dans le cadre d'une
113
AMBOULOU(HD), Op Cit, p.109,110
69
élection. Ces organes jouent des rôles spécifiques dans la procédure
de redressement judiciaire, contribuant à la gestion et à la
protection des intérêts des différentes parties prenantes.114
c. Solution de redressement judiciaire
La loi qui régit le redressement judiciaire en France est la loi du 25
janvier 1985. Cette loi a été conçue pour permettre la sauvegarde des entreprises
en difficulté, en favorisant le maintien de l'activité et de l'emploi, ainsi que
l'apurement du passif. Les articles pertinents du Code de commerce concernant
le redressement judiciaire se trouvent principalement dans le Livre VI,
notamment les articles L631-1 à L632-4. Ces articles définissent les conditions
d'ouverture de la procédure, le déroulement de celle-ci, ainsi que les droits et
obligations des parties impliquées. En effet, la loi du 25 janvier 1985 et les
articles L631-1 à L632-4 du Code de commerce sont les références clés pour
comprendre le cadre juridique du redressement judiciaire.
4. Liquidation des biens
La liquidation judiciaire est une procédure qui met fin à l'activité
d'une entreprise en état de cessation des paiements, lorsque son redressement est
manifestement impossible. Dans ce cadre, les biens de l'entreprise sont vendus
pour permettre le paiement des créanciers. La liquidation judiciaire entraîne la
cessation de l'activité de l'entreprise et la vente de ses actifs pour régler ses
dettes. Si les actifs sont insuffisants pour couvrir l'ensemble des créances, le
remboursement se fait par rang, ce qui signifie que certains créanciers seront
payés avant d'autres. Sur ce, la liquidation des biens d'une entreprise en
difficulté est un processus structuré qui vise à régler les dettes de l'entreprise par
la vente de ses actifs, sous la supervision d'un liquidateur judiciaire.
Bien que la liquidation judiciaire soit considérée comme la suite
directe de l'ancienne faillite, visant à éliminer le patrimoine du débiteur
défaillant, elle est depuis 1985, à travers deux grandes lois successives, perçue
114
Art L.631-11 du code de commerce
70
comme une solution par défaut. Selon l'article 2 al.3 de l'Acte uniforme, son
ouverture n'est possible que pour le débiteur en cessation de paiements dont le
redressement est manifestement impossible. Ce redressement manifestement
impossible correspond à une situation irrémédiablement compromise, qui était
auparavant la condition d'ouverture de toute procédure collective avant 1978, à
condition qu'elle soit évidente (« manifestement ») aux juges du fond
saisis du dossier. Il n'est plus question de procrastination pour le débiteur en lui
offrant une nouvelle opportunité : il est impératif de tenter de régler le passif
grâce aux produits issus de la vente de ses actifs. Toutefois, son entreprise peut
encore être préservée sous la propriété et le contrôle d'un tiers repreneur. Ce
sauvetage se matérialise par un plan de cession approuvé par le tribunal, en
fonction des offres de reprise soumises par des tiers : ainsi, le débiteur peut être
exproprié de son entreprise au profit d'un repreneur. La cessation d'activité, qui,
selon la loi du 25 janvier 1985, était une des modalités du redressement
judiciaire, est désormais devenue une méthode de liquidation du patrimoine du
débiteur. Cette dualité dans les façons de réaliser les actifs du débiteur reflète
précisément les deux objectifs distincts que peut poursuivre une liquidation
judiciaire, comme le stipule l'Acte uniforme. La procédure de liquidation
judiciaire vise à mettre un terme à l'activité de l'entreprise ou à réaliser le
patrimoine du débiteur par une cession globale ou partielle de ses droits et biens.
La cessation d'activité est donc la norme, sauf si la cession totale ou partielle de
l'entreprise est envisageable, ou si, de manière exceptionnelle, l'intérêt public ou
celui des créanciers nécessite un maintien temporaire de cette activité. Cette
conception de la liquidation judiciaire ne correspond que partiellement à la
vocation historique de la faillite, qui est une procédure collective d'exécution des
biens du débiteur au profit de ses créanciers. En Côte d’Ivoire et au Congo,
concernant le débiteur entrepreneur individuel à responsabilité limitée, les
dispositions relatives à la liquidation judiciaire ne s'appliquent qu'aux activités
professionnelles pour lesquelles la condition mentionnée dans l'Acte uniforme
71
(cessation des paiements et redressement manifestement impossible) a été
constatée. Elles concernent alors uniquement les éléments du patrimoine affecté
à l'activité en difficulté ou, si l'activité est exercée sans affectation de
patrimoine, le seul patrimoine non affecté. La liquidation judiciaire peut être
initiée par le tribunal sans période d’observation – ce qu'on appelle une
liquidation judiciaire immédiate – lorsque les conditions stipulées aux articles 25
et suivants de l’Acte uniforme sont remplies. Cela signifie que la demande
d’ouverture d’une liquidation judiciaire, qu’elle émane du débiteur, d’un
créancier ou du ministère public, doit inclure « les éléments permettant d’établir
que le redressement du débiteur est manifestement impossible ». Cependant,
cette ouverture peut être indûment retardée si le débiteur demande l’ouverture
d’une procédure de conciliation dans les quarante-cinq jours suivant la cessation
des paiements. Si la procédure de conciliation échoue, le tribunal peut alors se
saisir d’office et prononcer la liquidation judiciaire (ou le redressement
judiciaire) si le rapport du conciliateur indique que le débiteur est en
cessation des paiements.115
5. Faillite personnelle
La faillite personnelle est une sanction qui peut être appliquée aux
dirigeants d'entreprises en difficulté, notamment lorsque des fautes de gestion
sont reprochées. En cas de procédure collective, comme une liquidation
judiciaire, le tribunal peut décider de prononcer une faillite personnelle si le
dirigeant a commis des actes fautifs ayant contribué à la cessation des paiements
de l'entreprise.
Il est important de noter que la faillite personnelle ne peut pas être
prononcée simplement parce que l'entreprise rencontre des difficultés
financières. Il faut établir un lien de causalité entre les actions du dirigeant et la
situation de l'entreprise. Si le dirigeant peut prouver qu'il n'a pas commis de
fautes de gestion, il peut éviter cette sanction.
115
AMBOULOU(HD), Op Cit, p.137,138,139
72
La faillite personnelle emporte interdiction de diriger, gérer,
administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise
commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole ou toute entreprise ayant
toute autre activité indépendante et toute personne morale. 116
a. Causes
Le tribunal peut prononcer la faillite personnelle de toute personne
mentionnée au 1° du I de l'article L.653-1, sous réserve des exceptions prévues
au dernier alinéa du I du même article, contre laquelle a été relevé
L’un des faits ci-après :
1. Avoir poursuivi abusivement une exploitation déficitaire qui ne pouvait
conduire qu'à la cessation des paiements ;
2. (Abrogé).
3. Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de son actif ou
frauduleusement augmenté son passif.
Ils Peuvent en outre, sous la même réserve, être retenus à l'encontre
d'un entrepreneur individuel à responsabilité limitée ou d'un entrepreneur
individuel relevant du statut défini à la section 3 du chapitre VI du titre II du
livre V les faits ci-après :
1. (Abrogé)
2. Sous le couvert de l'activité ou du patrimoine visés par la procédure
masquant ses agissements, avoir fait des actes de commerce dans un
intérêt autre que celui de cette activité ou de ce patrimoine ; p.573 Co
avoir fait des biens ou du crédit de l'entreprise ou du patrimoine visés par
la procédure un usage contraire à l’intérêt de cette entreprise ou de ce
patrimoine à des fins personnelles ou pour favoriser une personne morale
ou une entreprise dans laquelle il était intéressé, directement ou
indirectement, ou un patrimoine distinct lui appartenant.117
116
Art L.653-2 du Code de Commerce Français
117
Art L.653-3 du code de commerce
73
Le tribunal peut prononcer la faillite personnelle de tout dirigeant,
de droit ou de fait, d'une personne morale, contre lequel a été relevé l'un des faits
ci-après :
1. Avoir disposé des biens de la personne morale comme des siens
propres ;
2. Sous le couvert de la personne morale masquant ses agissements,
avoir fait des actes de commerce dans un intérêt personnel ;
3. Avoir fait des biens ou du crédit de la personne morale un usage
contraire à l'intérêt de celle-ci à des fins personnelles ou pour
favoriser une autre personne morale ou entreprise dans laquelle il
était intéressé directement ou indirectement ;
4. 4° Avoir poursuivi abusivement, dans un intérêt personnel, une
exploitation déficitaire qui ne pouvait conduire qu’à la cessation
des paiements de la personne morale ;
5. Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif ou
frauduleusement augmenté le passif de la personne morale.118
Le tribunal peut prononcer la faillite personnelle de toute personne
mentionnée à l'article L. 653-1 contre laquelle a été relevé l'un des faits ci-
après :
1. 1° Avoir exercé une activité commerciale, artisanale ou agricole ou
une fonction de direction ou d’administration d'une personne
morale contrairement à une interdiction prévue par la loi ;
2. 2° Avoir, dans l'intention d'éviter ou de retarder l'ouverture de la
procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire,
fait des achats en vue d'une revente au-dessous du cours ou
employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds ;
118
Art L.653-4 du code de commerce
74
3. Avoir souscrit, pour le compte d'autrui, sans contrepartie, des
engagements jugés trop importants au moment de leur conclusion,
eu égard à la situation de l'entreprise ou de la personne morale ;
4. Avoir payé ou fait payer, après cessation des paiements et en
connaissance de cause de celle-ci, un créancier au préjudice des
autres créanciers ;
5. Avoir, en s'abstenant volontairement de coopérer avec les organes
de la procédure, fait obstacle à son bon déroulement ;
6. Avoir fait disparaître des documents comptables, ne pas avoir tenu
de comptabilité lorsque les textes applicables en font obligation, ou
avoir tenu une comptabilité fictive, manifestement incomplète ou
irrégulière au regard des dispositions applicables ;
7. Avoir déclaré sciemment, au nom d'un créancier, une créance
supposée.119
Récemment au Bulletin de la Cour de Cassation
Le tribunal peut prononcer la faillite personnelle du dirigeant de la
personne morale, de l'entrepreneur individuel à responsabilité limité ou
l'entrepreneur individuel relevant du statut défini à la section 3 du chapitre VI du
titre II du livre V qui n'ont pas acquitté les dettes mises à leur charge en
application de l'article L. 651-2.120
b. Procédure
La procédure de faillite personnelle est régie par le Code de
commerce français, en particulier par les articles L653-1 à L653-11. Ces articles
établissent les conditions et les modalités selon lesquelles une personne peut être
déclarée en faillite personnelle, généralement dans le cadre d'une procédure de
redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire.
1. Conditions d'ouverture : La faillite personnelle peut être
prononcée lorsque le débiteur est en état de cessation des
119
Art L.653-5 du même code
120
Art L.653-6 idem.
75
paiements et qu'il a commis des fautes de gestion. Cela inclut
des actes tels que la poursuite d'une activité déficitaire ou la
dissimulation d'actifs.
2. Tribunaux compétents : La faillite personnelle est prononcée
par le tribunal de commerce pour les activités commerciales
et artisanales, et par le tribunal judiciaire pour d'autres types
d'activités, comme les professions libérales.
Lorsqu'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation
judiciaire est ouverte, les dispositions du présent chapitre sont applicables :
1. Aux personnes physiques exerçant une activité commerciale ou artisanale,
aux agriculteurs et à toute autre personne physique exerçant une activité
professionnelle indépendante y compris une profession libérale soumise à
un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé ;
2. Aux personnes physiques, dirigeants de droit ou de fait de personnes
morales ;
3. Aux personnes physiques, représentants permanents de personnes
morales, dirigeants des personnes morales définies au 2°. Ces mêmes
dispositions ne sont pas applicables aux personnes physiques ou
dirigeants de personne morale, exerçant une activité professionnelle
indépendante et, à ce titre, soumises à des règles disciplinaires.
Les actions prévues par le présent chapitre se prescrivent par trois
ans à compter du jugement qui prononce l’ouverture de la procédure mentionnée
au I. Toutefois, la prescription de l'action prévue à l'article L. 653-6 ne court qu'à
compter de la date à laquelle la décision rendue en application de l'article L.
651-2 a acquis force de chose jugée.121
c. Effets
121
Art L.653-1 du code de commerce
76
La faillite personnelle a des effets juridiques significatifs sur le
débiteur, qui sont principalement régis par le Code de commerce français,
notamment les articles L653-1 à L653-11. Voici les principaux effets :
- Au niveau du débiteur
1. Interdiction de gérer : La faillite personnelle entraîne une
interdiction de diriger, gérer ou administrer toute entreprise. Cette
interdiction peut durer jusqu'à 15 ans, selon la gravité des fautes de
gestion commises par le débiteur.
2. Responsabilité des dettes : En cas de faillite personnelle, le débiteur
perd la protection habituelle contre les créanciers. Cela signifie que
les créanciers peuvent reprendre leurs droits de poursuite
individuelle pour récupérer les sommes dues.
3. Liquidation des biens : Les biens du débiteur peuvent être liquidés
pour rembourser les créanciers. Cela inclut la vente d'actifs non
protégés, et le produit de cette vente est utilisé pour apurer le passif.
4. Inscription au FICP : Le débiteur est inscrit au *Fichier des
incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), ce
qui peut avoir des conséquences sur sa capacité à obtenir des crédits
futurs. Cette inscription peut durer jusqu'à 5 ans.
5. Nullité des actes : Les actes passés par le débiteur après la
déclaration de faillite personnelle peuvent être déclarés nuls et de
nul effet. Cela signifie que toute activité commerciale ou gestion
d'entreprise effectuée en violation de la faillite peut entraîner des
sanctions supplémentaires.
6. Incapacité élective : Le débiteur peut également faire face à une
incapacité élective, ce qui l'empêche d'exercer des fonctions
publiques pendant la durée de la faillite.
- Effets sur les droits des créanciers
77
La loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises, modifiée à
plusieurs reprises, a pour effet, dans certains cas, de limiter les droits des
créanciers afin de maintenir l’activité de l’entreprise en difficulté. Cette loi
privilégie la pérennité de l’entreprise plutôt que la protection des créanciers.
Il convient de comprendre que la résolution d’un plan de
sauvegarde pour cause de cessation de paiement peut avoir des effets sur les
droits des créanciers antérieurs à l’ouverture d’une nouvelle procédure
collective.
6. Réhabilitation
La base légale de la réhabilitation des entreprises en difficulté est
principalement encadrée par le droit des entreprises en difficulté. Ce domaine du
droit des affaires comprend des dispositions issues du code de commerce et
d'autres lois spécifiques. Lorsqu'une entreprise rencontre des difficultés
financières, différentes procédures et mesures peuvent être mises en place pour
prévenir la cessation des paiements et favoriser la restructuration ou la
sauvegarde de l'entreprise.
a. Conditions de réhabilitation
La loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises, modifiée à
plusieurs reprises, prévoit différentes procédures pour aider les entreprises à se
rétablir.
Voici quelques conditions générales qui peuvent s'appliquer à la
réhabilitation des entreprises en difficulté :
1. Déclaration de cessation de paiements : L'entreprise doit
déclarer qu'elle est dans l'impossibilité de faire face à ses
dettes exigibles avec son actif disponible.
2. Respect des procédures légales : L'entreprise doit se
conformer aux procédures légales établies pour la
réhabilitation des entreprises en difficulté. Cela peut inclure
la présentation d'un plan de redressement ou de sauvegarde,
78
la collaboration avec un mandataire judiciaire ou un
administrateur, et le respect des délais et des obligations fixés
par la loi.
3. Viabilité du plan de redressement : L'entreprise doit présenter
un plan de redressement viable qui démontre sa capacité à
surmonter ses difficultés financières et à assurer sa pérennité
à long terme. Ce plan peut inclure des mesures telles que la
restructuration de la dette, la réduction des coûts, la
recherche de nouveaux investisseurs ou la diversification des
activités.
4. Consentement des créanciers : Dans certains cas, la
réhabilitation de l'entreprise peut nécessiter le consentement
des créanciers. Cela peut impliquer des négociations avec les
créanciers pour obtenir des concessions ou des arrangements
de paiement.
Il est important de noter que les conditions spécifiques de
réhabilitation peuvent varier en fonction de la situation de chaque entreprise et
des procédures légales applicables. Il est recommandé de consulter un
professionnel du droit ou un conseiller spécialisé pour obtenir des informations
précises sur les conditions de réhabilitation des entreprises en difficulté dans
un contexte donné.
b. Procédure
La procédure de sauvegarde est l'une des mesures prévues pour
aider l'entreprise à surmonter ses difficultés, souvent en se basant sur une
restructuration collective de son passif et/ou la recherche d'un investisseur. 122
c. Effet de réhabilitation
Les effets de la réhabilitation des entreprises en difficulté peuvent
être les suivants :
122
https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_entreprises_en_difficult%C3%A9)
79
1. Plan d'apurement des dettes : Lorsqu'une entreprise est réhabilitée,
elle peut bénéficier d'un plan d'apurement des dettes sur une
période maximale de 10 ans. Ce plan permet de restructurer la dette
de l'entreprise et de faciliter le remboursement de ses créanciers 123
2. Maintien de l'activité : La réhabilitation vise à assurer la pérennité
de l'entreprise en difficulté. Elle permet de mettre en place des
mesures de restructuration, de renégociation des contrats, de
cession d'actifs ou de recherche de nouveaux investisseurs afin de
maintenir l'activité de l'entreprise.
3. Protection des emplois : Lorsqu'une entreprise est réhabilitée, cela
peut contribuer à préserver les emplois des salariés. En trouvant des
solutions pour redresser l'entreprise, la réhabilitation peut éviter des
licenciements massifs et favoriser la continuité de l'activité.
4. Concessions des créanciers : Dans le cadre de la réhabilitation, les
créanciers peuvent être appelés à consentir à des concessions, telles
que des réductions de dette ou des délais de paiement, afin de
faciliter le redressement de l'entreprise.124
5. Accompagnement et soutien : La réhabilitation des entreprises en
difficulté peut également s'accompagner de mesures d'aide et de
soutien, telles que des dispositifs de financement, des conseils en
gestion ou des formations pour les dirigeants d'entreprise125.
Il est important de noter que les effets de la réhabilitation peuvent
varier en fonction de la situation spécifique de chaque entreprise et des mesures
prises dans le cadre des procédures légales applicables.
123
https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/entreprises-difficulte-comment-justice-peut-vous-aider.
124
ttps://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/entreprises-difficulte-comment-justice-peut-vous-aider.
125
https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/reprendre-entreprise-etapes/preparer-son-projet-reprise/
reprendre-entreprise.
80
SECTION 3. ANALYSE CRITIQUE DE QUELQUES MESURES
PREVENTIVES DES DIFFICULTES
§1. ANALYSE CRITIQUE DE LA PROCÉDURE D’ALERTE
La procédure d'alerte est un mécanisme qui permet de signaler des
situations préoccupantes ou des risques potentiels. Cependant, il est important de
faire une analyse critique de cette procédure pour évaluer son efficacité et son
utilisation réelle.
Selon un article sur Cairn.info, le mécanisme d'alerte précoce
(MAP) a été instauré par le Traité de Lisbonne pour permettre aux assemblées
législatives nationales de contrôler si les projets de lois de l'Union européenne
respectent le principe de subsidiarité. Cependant, cet article souligne que le
MAP peut être considéré comme un instrument inefficace, introduit
principalement comme une solution symbolique aux inquiétudes des députés
nationaux 126.
De même, un article sur Service-Public.fr explique que la procédure
d'alerte en entreprise peut être déclenchée par le comité d'entreprise lorsqu'il a
connaissance de faits pouvant affecter de manière préoccupante la situation
économique de l'entreprise. Cependant, il est important de noter que cette
procédure dépend de la taille de l'entreprise et que sa mise en œuvre peut varier
127
.
En revanche, l'analyse critique de la procédure d'alerte met en
évidence des questions concernant son efficacité, son utilisation réelle et sa mise
en œuvre dans différents domaines. Il est important de prendre en compte ces
critiques pour améliorer et adapter la procédure d'alerte en fonction des besoins
spécifiques de chaque contexte.
Les critiques sur l'analyse de la procédure d'alerte sont les suivantes
:
126
https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2013-1-page-73.htm.
127
https://www.leblogdudirigeant.com/procedure-alerte/).
81
1. Manque d'efficacité : Dans certains domaines, comme le
mécanisme d'alerte précoce en entreprise, il est souligné que la
procédure peut être considérée comme inefficace et symbolique,
sans réel impact sur la résolution des problèmes.
2. Limitations technologiques : Dans le contexte des systèmes d'alerte
précoce pour les catastrophes naturelles, il est critiqué que la
quantification de l'efficacité se concentre principalement sur les
éléments automatisés, sans prendre en compte les actions
appropriées chez les personnes affectées.
3. Variabilité de mise en œuvre : La mise en œuvre de la procédure
d'alerte peut varier en fonction du contexte et de la taille de
l'entreprise. Par exemple, la procédure d'alerte en entreprise dépend
de la taille de l'entreprise et peut être déclenchée par le comité
d'entreprise.
4. Manque de coordination : Dans le cadre du mécanisme d'alerte
précoce au niveau européen, il est critiqué que les parlements
nationaux ne sont pas toujours en mesure d'influer sur la politique
communautaire, et que le mécanisme peut rester largement
inutilisé.128
§2. ANALYSE CRITIQUE DE LA PROCÉDURE DE
CONCILIATION
La procédure de conciliation est une méthode amiable de résolution
des litiges, visant à trouver un accord entre les parties en conflit. Cette procédure
est souvent utilisée dans le cadre des difficultés des entreprises, mais peut
également s'appliquer à d'autres types de litiges. Voici une analyse critique de la
procédure de conciliation basée sur les informations fournies par les sources.
La conciliation est souvent perçue comme un moyen de résoudre les
litiges de manière amiable, sans recourir à une procédure judiciaire formelle.
128
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32031.
82
Cependant, il est important de noter que la conciliation ne doit pas être réduite à
une simple transaction sur le litige, car cela pourrait susciter la méfiance des
professionnels du droit et des justiciables attachés à la dimension symbolique de
la justice 129
Une critique importante de la procédure de conciliation est liée à la
possibilité pour l'entreprise de refuser le conciliateur désigné, notamment si le
conciliateur a un intérêt personnel dans la procédure. Cela soulève des questions
sur l'impartialité et l'objectivité du processus de conciliation. 130
De plus, la conciliation peut être perçue comme une procédure
confidentielle, ce qui peut être un avantage pour les entreprises en difficulté.
Cependant, cette confidentialité peut également soulever des préoccupations,
notamment si l'entreprise requiert une homologation de l'accord de conciliation,
ce qui pourrait rendre le processus moins confidentiel.131
Enfin, il est important de noter que la conciliation ne suspend pas
les délais de recours en justice, ce qui signifie que cette démarche doit être
menée rapidement pour tenter d'obtenir un règlement amiable d'un litige avant
d'engager une procédure judiciaire.132
La procédure de conciliation, bien qu'elle offre des avantages en
termes de résolution amiable des litiges, suscite également certaines analyses
critiques. Voici quelques points à considérer :
Manque de Base Légale
La Cour d'appel a été critiquée pour ne pas avoir donné de base
légale à sa décision, ce qui soulève des questions sur la conformité de la
procédure de conciliation avec les règles établies. De plus, la Loi 2019-222 a
fixé un certain nombre de règles relatives aux conditions dans lesquelles doivent
129
https://www.cairn.info/revue-droit-et-societe1-2006-1-page-223.htm.
130
https://www.justice.fr/fiche/procedure-conciliation.
131
https://www.legalstart.fr/fiches-pratiques/entreprises-en-difficulte/procedure-de-conciliation/
132
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Recourir-a-la-mediation-ou-a-la-conciliation).
83
se dérouler les procédures non-contentieuses de résolution des litiges, ce qui
soulève des interrogations sur la base légale de la conciliation. 133
Confidentialité et Homologation
Bien que la confidentialité de la procédure de conciliation puisse
être un avantage, elle peut également soulever des préoccupations, notamment si
l'entreprise requiert une homologation de l'accord de conciliation, ce qui pourrait
rendre le processus moins confidentiel.134
Impartialité du Conciliateur
Une critique importante de la procédure de conciliation est liée à la
possibilité pour l'entreprise de refuser le conciliateur désigné, notamment si le
conciliateur a un intérêt personnel dans la procédure. Cela soulève des questions
sur l'impartialité et l'objectivité du processus de conciliation. 135
Suspension des Délais de Recours en Justice
Il est important de noter que la conciliation ne suspend pas les
délais de recours en justice, ce qui signifie que cette démarche doit être menée
rapidement pour tenter d'obtenir un règlement amiable d'un litige avant
d'engager une procédure judiciaire.
§3. ANALYSE CRITIQUE DE LA PROCÉDURE DE RÈGLEMENT
PRÉVENTIF
Le règlement préventif est une procédure collective préventive
destinée à éviter la cessation des paiements de l'entreprise débitrice et à
permettre l'apurement de son passif au moyen d'un concordat préventif. Cette
procédure suscite certaines analyses critiques, notamment en ce qui concerne
son cadre légal, son efficacité et ses implications pour les parties impliquées.
. Cadre Légal
Une critique importante du règlement préventif concerne le manque
de base légale claire pour cette procédure. Certains ont soulevé des questions sur
133
https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/conciliation.php.
134
https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F22295.
135
https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/conciliation.php.
84
la conformité de la procédure de règlement préventif avec les règles établies,
notamment en ce qui concerne les dispositions régissant les procédures
préventives, qui sont considérées comme inefficaces dans certains cas. 136
Confidentialité et Homologation
La confidentialité de la procédure de règlement préventif peut être à
la fois un avantage et une source de préoccupations. Si l'entreprise requiert une
homologation de l'accord de règlement préventif, cela pourrait compromettre la
confidentialité du processus.
Impartialité et Suspension des Délais de Recours
Des questions ont également été soulevées concernant l'impartialité
du processus, notamment en ce qui concerne la désignation d'un expert au
règlement préventif. De plus, il est important de noter que la procédure de
règlement préventif ne suspend pas les délais de recours en justice, ce qui peut
influencer la rapidité avec laquelle cette démarche doit être menée pour tenter
d'obtenir un règlement amiable d'un litige avant d'engager une procédure
judiciaire.137
136
https://www.legavox.fr/blog/maitre-essie-de-kelle/ohada-fiche-pratique-reglement-preventif-22863.htm).
137
https://loidici.biz/2018/09/09/chapitre-ii-reglement-preventif-2015/lois-article-par-article/le-droit-des-
affaires/les-procedures-collectives-dapurement-du-passif/
85
CONCLUSION
Au terme de cette étude qui a été centrée sur le droit des entreprises
en difficultés dans l’espace OHADA, nous trouvons important de conclure ce
qui a constitué l’essentiel de notre travail en quelques phrases.
Hormis l’introduction, notre travail était scindé en deux chapitres,
le premier était basé sur les généralités sur les sociétés commerciales. Nous
avons au cours de ce chapitre compris que les sociétés commerciales sont des
entités juridiques qui permettent d'organiser et de structurer une activité
commerciale. Elles présentent des caractéristiques spécifiques et offrent
différents avantages pour les entrepreneurs. Une société commerciale a une
existence juridique distincte de celle de ses associés. Elle est considérée comme
une personne morale et dispose de droits et d'obligations propres.
Dans la plupart des sociétés commerciales, la responsabilité des
associés est limitée au montant de leurs apports. Cela signifie qu'ils ne peuvent
perdre plus que ce qu'ils ont investi dans la société, sauf en cas de fraude ou de
faute de gestion Il existe différents types de sociétés commerciales, tels que la
SARL (Société à Responsabilité Limitée), la SAS (Société par Actions
Simplifiée), la SA (Société Anonyme), etc. Chaque type de société a ses propres
règles de fonctionnement et de gouvernance Une société commerciale doit avoir
au moins deux associés lors de sa création, sauf dans certains cas où une société
peut avoir un associé unique. Les associés peuvent être des personnes physiques
ou morales. Une société commerciale doit avoir un capital social, qui représente
les apports des associés. Il n'y a pas de capital minimum imposé par la loi, mais
il peut être symbolique. Les sociétés commerciales offrent une protection
relative des patrimoines des associés, limitant ainsi les risques juridiques et
financiers. Elles permettent également une transmission plus facile de
l'entreprise en cas de décès ou de cession d'activité. Il est important de noter que
les sociétés commerciales sont soumises à des règles spécifiques en matière de
création, de fonctionnement, de gouvernance et de fiscalité. Lors de la création
d'une société commerciale, il existe plusieurs règles spécifiques à respecter
hormis les règles générales.
86
Ces règles spécifiques sont : l’apport en capital, la rédaction des
statuts, dépôt des formalités légales, évaluations des apports en natures, activités
règlementées. Il est important de noter que ces règles peuvent varier en fonction
du type de société commerciale envisagée (SARL, SAS, SA, SNC, SCS) et des
spécificités de chaque situation.
Abordant le second chapitre, nous nous sommes accentués sur les
entreprises en difficultés. Les entreprises en difficulté peuvent faire face à divers
problèmes financiers, opérationnels ou de communication. Ces difficultés
peuvent être liées à des facteurs externes tels qu'une crise sanitaire ou sociale, ou
à des problèmes internes de gestion. Lorsqu'une entreprise peine à honorer ses
obligations financières, elle est considérée comme étant en difficulté. Il existe
plusieurs signaux d'alerte pour identifier ces difficultés, tels que des problèmes
de paiement, des difficultés de trésorerie, ou des retards dans les livraisons ou
les paiements.
Les entreprises en difficulté peuvent bénéficier de mesures amiables
ou de procédures judiciaires sous l'égide du tribunal de commerce ou du tribunal
judiciaire. Ces mesures incluent des accompagnements financiers, des plans de
sauvegarde, des procédures de redressement judiciaire, ou encore des procédures
de règlement amiable. En fonction de la gravité des difficultés rencontrées,
différentes procédures peuvent être mises en place pour permettre la poursuite
de l'activité et la restructuration de l'entreprise. Par ailleurs, les entreprises
peuvent rencontrer des difficultés liées au recrutement, avec près de 30% d'entre
elles ayant des difficultés à recruter. De plus, la gestion des problèmes
personnels des employés peut également impacter l'activité professionnelle. Il
est important pour les employés de trouver les mots pour en parler et pour les
entreprises de proposer des solutions d'aide et de soutien. En somme, les
entreprises en difficulté peuvent être confrontées à une variété de problèmes,
allant des difficultés financières aux problèmes de communication en passant
par les défis liés au recrutement et à la gestion des problèmes personnels.
La réforme de 2015 a marqué une évolution importante dans le
droit des entreprises en difficulté. Elle a introduit des changements dans la
présentation des finalités des procédures, mettant en avant les dimensions
87
économique et sociale. Cette évolution vise à rendre le droit plus adapté aux
réalités économiques des pays membres, souvent marqués par des niveaux de
pauvreté et des structures d'entreprises informelles. Le droit des entreprises en
difficulté dans l'espace OHADA est un cadre juridique dynamique qui cherche à
équilibrer la protection des entreprises en difficulté avec les droits des
créanciers. Les réformes récentes témoignent d'une volonté d'adapter ce droit
aux défis contemporains du monde des affaires en Afrique.
Le cadre juridique en RDC permet l'application de plusieurs
procédures collectives, notamment : La prévention des difficultés, Le
redressement judiciaire, La liquidation judiciaire. L'objectif principal de ce droit
est de sauver les entreprises en difficulté tout en protégeant les droits des
créanciers. Le législateur congolais a ainsi évolué d'un droit de la faillite,
souvent perçu comme sanctionnateur, vers un droit qui favorise le sauvetage des
entreprises. Cela reflète une prise de conscience croissante de l'importance de la
prévention des difficultés économiques dans le contexte africain. Depuis l'entrée
en vigueur du droit OHADA en RDC en 2012, le paysage juridique des affaires
a été transformé. Les entreprises bénéficient désormais d'un cadre juridique plus
clair et plus prévisible, ce qui contribue à renforcer la sécurité juridique et
judiciaire des opérateurs économiques. Cela a également facilité la création
d'entreprises et a simplifié les procédures administratives, rendant
l'environnement des affaires plus attractif. En résumé, le droit des entreprises en
difficulté dans l'espace OHADA, et spécifiquement en RDC, vise à offrir un
cadre juridique qui favorise le redressement des entreprises tout en protégeant
les créanciers. Cette approche proactive est essentielle pour soutenir le
développement économique et la stabilité des entreprises dans le pays.
88
BIBLIOGRAPHIE
I. TEXTES OFFICIELS
1. Acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique, adopté le 30/janvier/2014
2. Code de commerce français
3. Acte uniforme des procédures collectives d’apurement du passif du 10
septembre 2015
4.Constitution du 18 février telle que modifiée et complétée par la loi n
11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la
constitution de la RDC
5.Ordonnance n°2021-1193 du 15 septembre 2021
6.Ordonnance n°2022-du 14 février 2022
7.Code des relations entre le public et l’administration.
8. Code des obligations.
II. Ouvrages
1. ALIOUNE D, Régime juridique des sociétés commerciales dans
l’espace OHADA (Acte uniforme sur le droit des sociétés commerciales
et GIE révisé en 2014/Ed. Presses sénégalaise, Dakar,2014
2. Dictionnaire de français Larousse
3. FENEON A, Droit des sociétés en Afrique OHADA, LGDJ, paris2015
4. FUNGONGO MBOMA D, Droit commerciales : Sociétés
commerciales, HERE I’AM, Kinshasa, 2022.
5. HAMBOULOU(HD), Le droit des entreprises en difficultés dans
l’espace OHADA, L’Harmattan, Paris,2015.
6. KUMBU ki NGIMBI, Législation en matière économique, 2 ème éd.,
Kinshasa-Novembre, 2009.
7. GUILLIEN, R. et VINCENT, J., Lexique des termes juridiques, 13e
édition, Dalloz, Paris 2012.
89
III. Cours
1. AWAKA AKOOL, Méthodes et techniques de recherche scientifique,
UTBC, Faculté de Droit,2018-2019
IV. Webographie
1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_entreprises_en_difficult%C3%A9
2. ttps://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/entreprises-difficulte-
comment-justice-peut-vous-aider.
3. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/reprendre-entreprise-etapes/
preparer-son-projet-reprise/reprendre-entreprise.
4. https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2013-
1-page-73.htm.
5. https://www.leblogdudirigeant.com/procedure-alerte/).
6. https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32031.
7. https://www.cairn.info/revue-droit-et-societe1-2006-1-page-223.htm.
8. https://www.justice.fr/fiche/procedure-conciliation.
9. https://www.legalstart.fr/fiches-pratiques/entreprises-en-difficulte/
procedure-de-conciliation/
10.https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Recourir-a-la-mediation-ou-a-la-
conciliation).
11.https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/conciliation.php .
12.https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F22295.
13.https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/conciliation.php .
14.https://www.legavox.fr/blog/maitre-essie-de-kelle/ohada-fiche-pratique-
reglement-preventif-22863.htm).
15.https://loidici.biz/2018/09/09/chapitre-ii-reglement-preventif-2015/lois-
article-par-article/le-droit-des-affaires/les-procedures-collectives-
dapurement-du-passif/
90
TABLE DES MATIERES
EPIGRAPHE..........................................................................................................i
DEDICACE...........................................................................................................ii
REMERCIEMENTS............................................................................................iii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS.........................................................v
INTRODUCTION.................................................................................................1
1. OBJET DE L’ETUDE.......................................................................................1
2. INTERET DU SUJET.......................................................................................8
3. METHODOLOGIE...........................................................................................9
4.PLAN SOMMAIRE...........................................................................................9
CHAPITRE1. GENERALITES SUR LES SOCIETES COMMERCIALES.....10
SECTION 1. CONTRAT DE SOCIETE............................................................10
§1. DEFINITION................................................................................................10
§2. CONDITIONS DE VALIDITE.....................................................................11
§3. DUREE ET FIN............................................................................................30
§4. INTERET DE LA FORME SOCIETAIRE...................................................34
SECTION 2. FORMES DES SOCIETES COMMERCIALES..........................37
§1. SOCIETE EN NOM COLLECTIF...............................................................37
§2. SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE....................................................38
§3. SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE................................................39
§4. SOCIETE ANONYME.................................................................................40
§5. SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEE.....................................................41
CHAPITRE II. ENTREPRISES EN DIFFICULTES.........................................44
SECTION 1 DIFFICULTE DE L’ENTREPRISE CONFRONTEE AU DROIT
COMMUN...........................................................................................................44
§1 CHANGEMENT D’EQUIPE DIRIGEANTE...............................................45
91
§2. OCTROIE DE DELAI DE PAIEMENT.......................................................46
§3. OCTROIE DE FINANCEMENTS NOUVEAUX........................................47
§4 MISES EN PLACE D’OUTILS DE PITALOGE..........................................48
SECTION 2. DROIT COMMUNAUTAIRE DES ENTREPRISES EN
DIFFICULTES....................................................................................................50
§1. PREVENTIONS DES DIFFICULTES DES ENTREPRISES.....................50
SECTION 3. ANALYSE CRITIQUE DE QUELQUES MESURES
PREVENTIVES DES DIFFICULTES...............................................................80
§1. ANALYSE CRITIQUE DE LA PROCEDURE D’ALERTE.......................80
§2. ANALYSE CRITIQUE DE LA PROCEDURE DE CONCILIATION.......82
§3. ANALYSE CRITIQUE DE LA PROCEDURE DE REGLEMENT
PREVENTIF.......................................................................................................84
CONCLUSION...................................................................................................86
BIBLIOGRAPHIE..............................................................................................89
TABLE DES MATIERES...................................................................................91