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Correction Ex Amen 2012

Le document présente la correction d'un examen de mathématiques de L3 à l'École Normale Supérieure, daté du 15 juin 2012. Il aborde des sujets tels que l'exponentielle matricielle, les systèmes différentiels, et la méthode des trapèzes pour l'intégration. Les exercices incluent des démonstrations et des calculs liés à ces concepts mathématiques.

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Correction Ex Amen 2012

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École Normale Supérieure 24, rue Lhomond - 75231 PARIS CEDEX 05

L ICENCE - M ASTER DES S CIENCES DE LA P LANÈTE T ERRE - L3 15 juin 2012


M ATHÉMATIQUES - Correction examen

Mathématiques L3 – Correction de l’examen du 15/6/2012

Exercice 1

1) Première solution
! ! !
−1 0 0 1 1 0
Par des calculs élémentaires on vérifie que J 2 = , J3 = , J4 = . On a donc
0 −1 −1 0 0 1
J 5 = J, J 6 = J 2 , etc., et, généralement, J 4l+k = J k pour l ∈ N et k = 1, 2, 3, 4. Par la formule (6.3.1) (cours 6)
de l’exponentielle matricielle, on a

t2 2 t3 3 t4 4 t5 5
etJ = I + tJ + J + J + J + J + ···
2! 3! 4! 5!

Tenu compte des expressions des puissances de J, il vient :


! ! ! !
2
1 0 0 −t −t /2! 0 0 t3 /3!
etJ = + + + +
0 1 t 0 0 −t2 /2! 3
−t /3! 0
! !
t4 /4! 0 0 −t5 /5!
+ + + ···
0 t4 /4! 5
t /5! 0
et !
tJ 1 − t2 /2! + t4 /4! + · · · −t + t3 /3! − t5 /5! + · · ·
e =
t − t3 /3! + t5 /5! + · · · 1 − t2 /2! + t4 /4! + · · ·

On reconnaît les séries de Taylor des sinus et cosinus de rayon de convergence infini, pour tout t ∈ R il vient :
!
tJ cos t − sin t
e = . (1)
sin t cos t

etJ est une matrice de rotation d’angle t.

Deuxième solution du 1)

Considérons le système différentiel suivant :


!
0 −1
Ẋ = JX = X, (2)
1 0

où X = (x, y)T . On sait (cours 6) que la solution s’écrit

X = etJ X0 (3)

où X0 est la condition initiale. Le système (2) s’écrit


! !
ẋ −y
= . (4)
ẏ x

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En prenant comme solutions réelles indépendantes les parties réelle et complexe de l’exponentielle complexe
e−it (voir aussi le paragraphe 3.3.2 du cours 3 où l’on a choisi les parties réelle et complexe de l’exponentielle
complexe eit ), le système (4) a pour solution
! ! ! !
x C1 cos t − C2 sin t cos t − sin t C1
= = , (5)
y C1 sin t + C2 cos t sin t cos t C2
où les constantes C1 et C2 sont définies par la condition initiale X0 . En comparant (5) et (3) on retrouve l’ex-
pression (1) de etJ .
2) On vérifie trivialement que !
0 0
2
A = , (6)
0 0
de même B 2 est une 2 × 2 nulle. Les puissances successives des matrices A et B sont donc nulles. Dès lors on a
eA = I +A+A2 /2!+· · · = I +A et eB = I +B+B 2 /2!+· · · = I +B, donc eA eB = (I +A)(I
! +B) = I +A+B+AB !
1 0 0 0
et eB eA = (I + B)(I + A) = I + B + A + BA. Or, on observe que AB = et BA = , les
0 0 0 1
matrices A et B ne permutent pas et, d’après les expressions précédentes, eA eB 6= eB eA . Plus précisément on
vérifie que !
1 1
eA eB = I + , (7)
1 0
et !
B A 0 1
e e =I+ . (8)
1 1
Finalement calculons eA+B . On a
(A + B)2 (A + B)3 (A + B)4
eA+B = I + (A + B) + + + + ··· ,
2! 3! 4!
avec !
0 1
A+B = . (9)
1 0

Comme AB 6= BA, !
il est plus judicieux de calculer directement les puissances de la matrice (A + B). On a
1 0
(A + B)2 = = I, d’où (A + B)3 = (A + B), (A + B)4 = I, etc. Au total, il vient :
0 1
! ! ! !
A+B 1 0 0 1 1 1 0 1 0 1
e = + + + +
0 1 1 0 2! 0 1 3! 1 0
!
1 1 0
+ + ···
4! 0 1
et !
1 + 1/2! + 1/4! + 1/6! · · · 1 + 1/3! + 1/5! + · · ·
eA+B = .
1 + 1/3! + 1/5! + · · · 1 + 1/2! + 1/4! + 1/6! · · ·
Avec les développements rappelés dans l’ènoncé, il vient :
!
A+B 0 1
e = cosh(1)I + sinh(1) . (10)
1 0

Par (7), (8) et (10) on a donc eA+B 6= eA eB 6= eB eA alors que AB 6= BA, ce qui conclut.

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Exercice 2

Trouver la racine positive de l’équation


√ x2 − x − 1 = 0 ou de x2 = x + 1, revient à trouver le point fixe de
l’équation x = F (x) avec F (x) = x + 1. On sait (théorème 1.3.1 du cours) que la méthode de Picard converge
si F est une contraction lipschitzienne. Or F ′ (x) = 2√x+1
1
≤ 12 sur l’intervalle J = [0, ∞[. On peut donc partir

d’un point arbitraire sur J pour converger vers le point fixe, ou la racine, a satisfaisant à a = 1 + a.
√ p √
Le processus
q itératif s’écrit xn+1 = F (xn ) = 1 + xn = 1 + 1 + xn−1 . On a donc la convergence des itérés
p √
vers a = 1 + 1 + 1 + · · ·.

On remarque√que la racine positive de l’équation x2 − x − 1 = 0, c’est une équation banale du second degré,
est a = (1 + 5)/2 = 1.61803....

Exercice 3

1) Soit un maillage régulier de l’intervalle [a, b] en n sous-intervalles [xi , xi+1 ], 1 ≤ i ≤ n, avec x1 = a et


xn+1 = b. Le pas h du maillage est h = b−an et xj = a + (j − 1)h pour 1 ≤ j ≤ (n + 1). Sur un intervalle [xi , xi+1 ]
la méthode des trapèzes est définie par :
Z xi+1
h
f (x)dx ≈ (f (xi ) + f (xi+1 )). (11)
xi 2

Rb Pn R xi+1 Rb Pn
Or on a a f (x)dx = i=1 xi f (x)dx. D’après (11) il vient a f (x)dx ≈ h
i=1 2 (f (xi ) + f (xi+1 )), soit :

b n
h
Z X
f (x)dx ≈ (f (a) + f (b)) + h f (xi ). (12)
a 2 i=2

Supposons maintenant que f (x) = C où CP est une constante.


Pn Son intégrale sur [a, b] est C(b − a). Par ailleurs,
n
le second membre de (12) s’écrit h2 (2C) + h i=2 C = h i=1 C = b−a
n nC = C(b − a). La méthode des trapèzes
est exacte pour les constantes.

On remarque qu’il suffit que la méthode soit exacte sur [xi , xi+1 ] pour qu’elle soit exacte sur [a, b].

Vérifions qu’elle est exacte pour f (x) = x. Dès lors, d’après ce qu’on vient de voir, elle sera exacte pour f ∈ P 1 ,
où P 1 est l’espace des polynômes de degré un. D’après la remarque faite il suffit de vérifier l’exactitude de la
x2 −x2
formule sur l’intervalle [xi , xi+1 ]. Le premier membre de (11) est évidemment i+12 i = xi+12−xi (xi+1 + xi ) =
2 (xi+1 + xi ). Le dernier terme est exactement l’expression du second membre de (11) si f (x) = x. Ce qui
h

conclut.

La méthode ne peut pas être exacte pour f ∈ P 2 , espace des polynômes de degré deux. Soit f (x) = x2 , la
formule serait exacte si on pouvait calculer exactement l’aire d’un arc de parabole sur un intervalle [xi , xi+1 ]
par un trapèze. Ce qui est évidemment impossible.

2) Évidemment on a
b
h
Z
e(h) = f (x)dx − (f (a) + f (b)). (13)
a 2

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Soit la formule de Taylor avec reste intégral


Z x

f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − t)f ′′ (t)dt. (14)
a

Introduisons la fonction 
(x − t) si x ≥ t
(x − t)+ = . (15)
0 si x < t
Rb
Rx Rb
et considérons le terme intégral dans (14). On a a
+ x . Or si t ∈ [x, b] par définition (x − t)+ = 0 et si
=
R ax Rx Rb
t ∈ [a, x] par définition (x − t)+ = x − t. On peut écrire a (x − t)f ′′ (t)dt = a (x − t)+ f ′′ (t)dt + x (x − t)+ f ′′ (t)dt
Rx b
puisque la dernière intégrale est nulle. Nous avons donc a (x − t)f ′′ (t)dt = a (x − t)+ f ′′ (t)dt, et on a d’après
R
(14) :
Z b
f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + (x − t)+ f ′′ (t)dt. (16)
a

Rb
Comme par définition Lx (f ) = a f (x)dx − h2 (f (a) + f (b)) avec h = b − a, Lx (f ) représente l’erreur e(h) de la
méthode des trapèzes appliquée à la fonction f définie sur l’intervalle [a, b] en la variable x.

Lx est évidemment linéaire en la fonction, c’est-à-dire que


Z b
h 
Lx (f1 + f2 ) = (f1 + f2 )(x)dx − (f1 + f2 )(a) + (f1 + f2 )(b) = Lx (f1 ) + Lx (f2 ).
a 2

On a donc en appliquant Lx à l’équation (16)


 
Z b
Lx (f (x)) = Lx (f (a)) + f ′ (a)Lx (x − a) + Lx  (x − t)+ f ′′ (t)dt .
a

On a vu à la question 1) que la méthode est exactepour les constantes  et les polynômes de degré un. On a donc
Rb
Lx (f (a)) = 0 et L§ (x − a) = 0. Il reste e(h) = Lx a (x − t)+ f (t)dt . On a par définition de Lx :
′′

     
Z b b Z b Z b Z b
b − a
Z
′′  (x − t)+ f ′′ (t)dt dx−  (x − t)+ f ′′ (t)dt|x=a +
Lx  (x − t)+ f (t)dt =
 (x − t)+ f ′′ (t)dt|x=b  .
a a a 2 a a

(17)

On peut intervertir les deux signes d’intégration dans l’intégrale double car, premièrement, f ′′ est continue
- en effet f ∈ C 2 [a, b] par hypothèse ; de plus, la fonction (x − t)+ est (au moins !) continue en ces deux va-
riables. Comme on travaille sur le compact [a, b] × [a, b], l’intégrable double existe (une fonction continue sur
un compact est bornée) et on peut donc (par le théorème de Fubini) intervertir les deux signes d’intégration. Il
vient :    
Z b Z b Z b Z b
 (x − t)+ f ′′ (t)dt dx = f ′′ (t)  (x − t)+ dx dt.
a a a a

Finalement d’après (17) on a :


 
Z b Z b
e(h) = Lx  (x − t)+ f ′′ (t)dt = f ′′ (t)K(t)dt,
a a

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avec
b
b−a 
Z 
K(t) = (x − t)+ dx − (x − t)+ |x=a + (x − t)+ |x=b .
a 2

On constate que K(t) = Lx ((x − t)+ ).


Rb  
3) Calculons K(t) = a
(x − t)+ dx − b−a
2 (a − t)+ + (b − t)+ pour a ≤ t ≤ b. Par définition on a (a − t)+ = 0
et (b − t)+ = (b − t) pour tout t tel que a ≤ t ≤ b. On a donc

(x − t)2+ x=b b − a
K(t) = |x=a − (b − t),
2 2
soit
(b − t)2 b−a (b − t)(a − t)
K(t) = − (b − t) = . (18)
2 2 2

4) On sait que la dérivée seconde f ′′ est au moins continue. De plus, il est évident, d’après (18), que la fonction
K est positive pour tout t ∈ [a, b], c’est là un point essentiel pour appliquer le théorème de la moyenne. Dès
lors, par celui-ci, il existe un point c ∈ [a, b] tel que
Z b Z b
e(h) = f ′′ (t)K(t)dt = f ′′ (c) K(t)dt.
a a

Le calcul de l’intégrale de K est élémentaire, il suffit de développer ce polynôme et d’intégrer terme à terme.
Rb
On trouve a K(t)dt = 12 1
h et donc
1 3
(a − b)3 = − 12
1 3 ′′
e(h) = − h f (c). (19)
12

5a) On a
Z b n Z
X xi+1
f (x)dx = f (x)dx, (20)
a i=1 xi

soit
b n
hi 
Z X 
f (x)dx = f (xi ) + f (xi+1 ,
a i=1
2
ou encore ! !
b
h1 h1 + h2 hn−1 + hn hn
Z
f (x)dx = f (a) + f (x2 ) + · · · + f (xn ) + f (b).
a 2 2 2 2

Si hi = h pour tout i on retrouve évidemment la formule (12).

5b) Avec les notations de cette question, d’après la formule (19), l’erreur sur le sous-intervalle [xi , xi+1 ] est
h3 Pn
ei (hi ) = − 12i f ′′ (ci ) avec ci ∈ [xi , xi+1 ]. On a E = i=1 ei (hi ), comme |f ′′ (ci )| ≤ maxx∈I |f ′′ (x)| il vient :
n n
X X h3 i
|E| ≤ |ei (hi )| ≤ max |f ′′ (x)|.
i=1 i=1
12 x∈I

Pn h3i 2 Pn Pn
De plus comme h3i ≤ h2 hi , il vient i=1 12 maxx∈I |f ′′ (x)| ≤ maxx∈I |f ′′ (x)| h12 i=1 hi avec i=1 hi = b − a.
Ce qui démontre la formule de l’énoncé.

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Comme la dérivée seconde d’un polynôme de degré un est nulle, la méthode itérée des trapèzes, avec une
partition arbitraire, est exacte si f ∈ P 1 . Par contre la méthode est inexacte pour tout polynôme de degré
supérieur ou égal à deux. Cette méthode est donc d’ordre un (ne pas confondre avec l’ordre de l’erreur e(h),
qui est d’ordre 3 en h si la partition est régulière).

Remarque 1 Observons que la partition non régulière de l’intervalle I d’intégration est intéressante si nous connaissons
la fonction f à intégrer en des points non nécessairement équidistants. Cela évite de faire au préalable, dans le cadre d’une
méthode des trapèzes à pas h constant, des interpolations sources d’erreurs supplémentaires.

Exercice 4

L’espace des polynômes de degré inférieur ou égal à deux est stable pour l’opération f → tf ′ − f . Cherchons
donc une solution particulière de la forme xp (t) = αt2 + βt + γ. En remplaçant dans l’équation, il vient t(2αt +
β) = αt2 +βt+γ+t2 soit, en identifiant les coefficients des termes de même degré : α = 1, γ = 0 et β quelconque.
On peut donc prendre β = 0 et xp (t) = t2 est donc une solution particulière. Calculons les solutions xh de
l’équation homogène. On a tẋ = x, soit xẋ = 1t ; il vient log x = log t + log C ou encore xh (t) = Ct où C est une
constante.
La solution générale est donc x(t) = xp (t) + xh (t) = t2 + Ct. La constante C est déterminée par la condition
initiale.

Exercice 5

Notons qu’il est facile de partir du modèle logistique général ẋ = x(a − bx), où a et b sont des constantes
positives, pour arriver à l’équation ẋ = x(1 − x) par un changement de variable du type y = kx, k > 0, et un
paramétrage approprié du temps.
Soit donc l’équation de l’énoncé
ẋ(t) = (1 − x(t))x(t) − c, (21)
où c est une constante strictement positive.

1) Les points d’équilibre sont les racines de f (x) = −x2 + x − c. Ces racines sont x1,2 = (1 ± 1 − 4c)/2 si
(1 − 4c) ≥ 0. Leur existence et leur stabilité dépendent de c.
• Si c < 1/4 on a deux racines positives 0 < x1 < x2 et f (x) = −(x − x1 )(x − x2 ). Dès lors on a ẋ > 0 si
x1 < x < x2 et ẋ < 0 si x < x1 ou x > x2 .
Donc si l’effectif est plus petit que x1 il décroît vers zéro.
Si x1 < x < x2 , l’effectif croît vers x2 .
Si x > x2 , l’effectif décroît vers x2 .
Le point x1 est instable et le point x2 est stable. La prise en compte de la capture par le nombre√ c, lorsque
c < 1/4, a deux effets : la population à l’équilibre stable est plus faible avec capture (x2 = (1+ 1 − 4c)/2 < 1)
que celui sans capture (x2 = 1), de plus, en-dessous de l’effectif x1 , la population disparaît.
• Si c = 1/4, on a une solution double x1 = 1/2. La dérivée ẋ(t) est toujours strictement négative sauf pour
x = x1 où elle est nulle. Si l’effectif est plus petit que x1 il décroît vers 0, s’il est plus grand que x1 il
tend vers x1 . La solution x1 est semi-stable. Le point x1 peut en théorie se maintenir à l’effectif x1 , mais
toute perturbation par valeur inférieure fait disparaître l’équilibre. Remarquons que la courbe de la fonction
f : x → −x2 + x − 1/4 est concave, c’est une parabole de sommet (x = 1/2, ẋ = 0) dans le plan de phase.
Une capture à taux c = 1/4 correspond au maximum du taux de croissance logistique ẋ, elle est donc trop
forte pour que la population se maintienne à un état d’équilibre.
• Si c > 1/4, il n’y a pas de point d’équilibre. La dérivée est partout négative. La capture est trop forte et la
population disparaît.

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2) Calculons la solution dans les différents cas de l’énoncé. Commençons par le cas c = 1/4, qui est très facile.

• Cas c = 1/4.

On a une solution double, notée x1 avec x1 = 1/2, et on peut écrire : ẋ(t) = −(x(t) − x1 )2 , d’où
x t
dx
Z Z
− = dt, (22)
(x − x1 )2

soit
1
− = C + t, (23)
(x − x1 )
avec C = 1/(x0 − x1 ). Il vient la solution
x0 − x1
x = x1 + . (24)
1 + (x0 − x1 )t

• Cas c < 1/4.

Si c < 1/4 on a deux racines et on peut écrire

ẋ(t) = (x2 − x(t))(x(t) − x1 ), (25)

ce qui s’ écrit
dx
= dt,
(x2 − x)(x − x1 )
ou encore

x t
dx
Z Z
= dt = Q + t, (26)
(x2 − x)(x − x1 )
où Q est une constante à déterminer par la condition initiale. Pour calculer la primitive du premier membre,
décomposons la fraction rationnelle en éléments simples. On vérifie que
!
1 1 1 1
= + (27)
(x2 − x)(x − x1 ) x2 − x1 x2 − x x − x1

Portons dans (31, il vient :


x x
dx dx
Z Z
+ = (x2 − x1 )(Q + t) (28)
x2 − x x − x1
on peut poser K = (x2 − x1 )Q, où K est une constante à déterminer par la condition initiale.

Petite digression : Posons τ = (x2 − x1 )t, c’est-à-dire changeons d’échelle de temps. On définit z(τ ) = x(t),
alors
dz dx dt ẋ(t)
= = .
dτ dt dτ (x2 − x1 )

Le premier membre de l’équation (25) peut donc s’écrire (x2 − x1 ) dτ


dz
. Les racines x1 et x2 sont évidemment
indépendantes du temps, le second membre se réécrit donc (x2 − z(τ ))(z(τ ) − x1 ), finalement (25) se réécrit

(x2 − x(t))(x(t) − x1 ) (x2 − z(τ ))(z(τ ) − x1 )


ż(τ ) = = , (29)
x2 − x1 x2 − x1

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ce qui s’écrit, en revenant aux notations habituelles

(x2 − x(t))(x(t) − x1 )
ẋ(t) = . (30)
x2 − x1

On reprend les calculs précédents. On a

dx
(x2 − x1 ) = dt,
(x2 − x)(x − x1 )

d’où en prenant les primitives


x t
dx
Z Z
(x2 − x1 ) = dt = K + t, (31)
(x2 − x)(x − x1 )

et d’après (27)
x x
dx dx
Z Z
+ = K + t. (32)
x2 − x x − x1
Fin de la petite digression.

Maintenant calculons explicitement la solution de l’équation différentielle.

Il est plus naturel de travailler avec (32). En fait l’équation (32) est évidemment équivalente à (28) où il suffit
de poser K = (x2 − x1 )Q et τ = (x2 − x1 )t, en renommant τ par t puisque le temps est une variable muette.
R x dx R x dx
En prenant les primitives en x du premier membre de (32), il vient x2 −x = − log |x2 − x| et x−x1 =
log |x − x1 | d’où la solution :
|x(t) − x1 |
= Cet . (33)
|x2 − x(t)|
où C = |x0 − x1 |/|x2 − x0 |.

Il semble qu’il faille distinguer trois cas selon la position de la solution x(t) par rapport aux points d’équilibre
x1 et x2 . En fait il n’en est rien, même si tout semble dépendre de la position de x0 par rapport à x1 et x2 . En
effet supposons que x1 < x(t) < x2 pour tout t. Alors x2 − x(t) > 0 et x(t) − x1 > 0, d’après (33) on a

x(t) − x1
= Cet . (34)
x2 − x(t)

Par hypothèse on a x1 < x0 < x2 , d’où C = (x0 − x1 /(x2 − x0 ). Dès lors (34) s’écrit (x(t) − x1 )/(x2 − x(t)) =
(x0 − x1 )/(x2 − x0 )et , d’où l’on tire :
 
x2 xx20 −x
−x1 t
e + x1
0 (x0 − x1 )x2 + (x2 − x0 )x1 e−t
x(t) = x0 −x1 t = . (35)
1 + x2 −x0 e (x0 − x1 ) + (x2 − x0 )e−t

Inversement, il est très facile de voir, d’après (35), que si x1 < x0 < x2 alors x1 < x(t) < x2 pour tout temps t.
D’autre part, on vérifie bien que x(0) = x0 .

De plus, on vérifie, toujours grâce à (35), que si x0 < x1 < x2 alors x(t) < x1 < x2 pour tout temps t, et
que si x1 < x2 < x0 alors x1 < x2 < x(t) pour tout temps t. Inversement si x(t) < x1 < x2 pour tout

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L ICENCE - M ASTER DES S CIENCES DE LA P LANÈTE T ERRE - L3 15 juin 2012
M ATHÉMATIQUES - Correction examen

t, on ne fait le raisonnement que dans ce cas-là, d’après (33), on est amené à résoudre l’équation algébrique
(x1 − x(t))/(x2 − x(t)) = Cet avec, par hypothèse, C = (x1 − x0 )/(x2 − x0 ). C’est-à-dire que l’on a à résoudre

x(t) − x1 x0 − x1 t
= e,
x2 − x0 x2 − x0
qui est l’équation (34) précédente qui fournit la solution (35).

En résumé, quelle que soit la condition initiale x0 , la solution est toujours donnée par (35) lorsque c < 1/4. La
position de x0 détermine la plage de variation de la solution x(t).

• Cas c > 1/4 Il n’y a pas de solution explicite simple.

3) Soit c < 1/4, remarquons que le dénominateur de (35) s’annule éventuellement pour un temps tc tel que
(x1 − x0 ) = (x2 − x0 )e−tc , soit !
x2 − x0
tc = log .
x1 − x0

Ce temps tc n’existe pas si x0 > x1 . Le cas x0 < x1 est vu en détails à la question 4). On en concluera que
l’équilibre x1 est instable.

Alors, on voit immédiatement, d’après (35), que si x0 > x1 la trajectoire tend vers x2 lorsque t → +∞, que x0
soit supérieur ou inférieur à x2 (en restant supérieur à x1 ). L’équilibre x2 est stable.

Soit c = 1/4, on constate sur (24) que

• Si x0 > x1 , la trajectoire tend vers x1 par valeurs supérieures lorsque t → +∞ ;

• Soit x0 < x1 , le dénominateur est nul pour une valeur critique du temps tc = 1/(x1 − x0 ). Comme (x0 − x1 ) <
0, x(t) → −∞ lorsque t → tc = 1/(x1 − x0 ) par valeurs supérieures. La solution tend vers zéro en un temps
fini. Au total l’unique équilibre x1 est semi-stable si c = 1/4.

Soit c > 1/4 On ne peut rien dire explicitement car on ne dispose pas de la solution.

4) Soit c < 1/4. Si x0 < x1 la limite semble la même - c’est-à-dire x2 - que lorsque x0 > x1 , mais la solution a
un comportement différent. Le dénominateur de (35) s’annule pour un temps tc tel que
!
x2 − x0
tc = log .
x1 − x0

Pour t = tc le numérateur N de (35) est égal à N = (x0 − x1 )x2 + (x1 − x0 )x1 = (x0 − x1 )(x2 − x1 ) qui est négatif
si x0 < x1 . Donc, si on part de x0 tel que 0 < x0 < x1 , comme la solution continue tend vers −∞ lorsque t → tc ,
par le théorème des valeurs intermédiaires (paragraphe 1.3 du cours 1) la solution s’annule - disparaît - en un
temps fini. Au total, en reprenant la question 3), l’équilibre x1 est instable.

On retrouve que lorsque x0 < x1 alors x → 0, maintenant on peut préciser qu’elle le fait en un temps fini.

N.B. : On remarque l’intérêt de l’analyse qualitative qui évite des calculs, lorsqu’ils sont possibles, souvent un
peu techniques.

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