AideDomicile - L FR
AideDomicile - L FR
musculosquelettiques
dans le secteur
de l’aide à domicile
Novembre 2010
PROMOTEUR DU PROJET
SPF Emploi, Travail et Concertation sociale
Direction générale Humanisation du travail
Rue Ernest Blerot 1 – 1070 Bruxelles
Cette publication peut également être consultée sur le site web: [Link]
2
Avant-propos
Ce manuel de prévention des troubles musculosquelettiques dans le secteur de l’aide à domicile , est une nouvelle
version de le manuel « Prévention des maux de dos dans le secteur de l’aide à domicile », développée dans le cadre
d’une collaboration entre les projets LOMBALGIES et PROXIMA, lancés par la Direction générale d’humanisation du
travail avec le soutien financier du Fonds social européen. Ce manuel étend la problématique des maux de dos à
l’ensemble de la problématique des troubles musculosquelettiques (plaintes des membres supérieurs et inférieurs).
Le projet LOMBALGIES a débuté en 2000 sur base d’un concept élaboré par le Centre de promotion du travail qui
avait pour objectif de combattre le risque de lombalgies et de maux de dos dans le secteur de la petite enfance en
offrant des formations aux puéricultrices et institutrices maternelles. Ce projet a été mené en collaboration avec
l’Institut PREVENT. Fort de son succès le projet a été élargi à d’autres secteurs comme l’agriculture, la construction,
l’aide à domicile et le secteur hospitalier.
Dans le cadre du projet PROXIMA, les conditions de travail des aides familiales en Belgique ont été étudiées et
différentes pistes d’amélioration de ces conditions de travail proposées. PROXIMA comportait deux volets séparés
mais complémentaires : un volet « Recherches » et un volet « Actions ». Le volet « Recherches » a permis de mieux
comprendre les problèmes observés dans le secteur en matière de conditions de travail (particulièrement en par-
tant du point de vue de la santé et de la sécurité au travail). Les résultats de cette recherche ainsi que les pistes
d’amélioration des conditions de travail ont été exposées dans le manuel « Travailler comme aide familiale à domi-
cile » éditée par le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale en 2006. Le volet « Actions » permis de développer
un programme pertinent de sensibilisation, d’information et de formation basé sur les problèmes réels. C’est dans
le cadre de ce volet que se situe la collaboration avec l’autre projet soutenu par le Fonds social européen.
Ce manuel poursuit principalement trois objectifs: connaître le fonctionnement de l’appareil musculosquelettique,
comprendre comment les muscles et le squelette peuvent se détériorer et développer des solutions adaptées. Le
manuel s’adresse en priorité aux conseillers en prévention qui cherchent des connaissances complémentaires sur
la problématique des troubles musculosquelettiques et des arguments pour convaincre leurs interlocuteurs de pro-
téger leur dos et les membres ou celui de leurs travailleurs.
.
3
table des matières
5
8.1 L’ergonomie (adapter le travail) . . . . . . . . 43
8.1.1 Améliorer la disposition des lieux . . . . . . 44
8.1.2 Réduire la distance d’atteinte . . . . . . . . 46
8.1.3 Réduire les forces à exercer . . . . . . . . . 47
8.1.4 Faciliter la manipulation des objets
48
(stockage et dépose des objets) . . . . . . . . . . . . . . .
8.1.5 Faciliter le déplacement et le levage
des bénéficiaires et des charges . . . . . . . . 50
8.1.6 Améliorer les caractéristiques des charges . . 53
8.1.7 Adapter ses outils . . . . . . . . . . . . . . . 54
8.1.8 Faciliter l’accès au poste de travail ou
aux charges . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
8.1.9 Organiser son travail . . . . . . . . . . . . . 56
8.1.10 L’ergonomie de bureau et la position assise . . 58
8.1.11 Prévenir les vibrations corps entier . . . . . . 62
8.2 Adopter des positions correctes . . . . . . . 62
8.2.1 Réduire les pressions sur la colonne vertébrale 62
8.2.2 Maintenir les courbures naturelles
de la colonne vertébrale . . . . . . . . . . . . 63
8.2.3 Les gestes complémentaires de protection
sans tâche de manutention . . . . . . . . . . 63
8.2.4 Quelques exemples de gestes appropriés
à des charges spécifiques . . . . . . . . . . . 64
8.3 L’application des solutions préventives
dans l’aide à domicile . . . . . . . . . . . . . 68
8.3.1 L’aide aux tâches ménagères . . . . . . . . . . 68
8.3.2 Les soins au bénéficiaire . . . . . . . . . . . . 78
8.4 La prévention à la maison et dans les loisirs . . 88
8.5 L’activité physique . . . . . . . . . . . . . . . 92
8.5.1 Changer fréquemment de position . . . . . . 92
8.5.2 Maintenir une bonne condition par
l’activité physique régulière . . . . . . . . . . 92
8.5.3 Quels sont les sports recommandés ? . . . . . 92
8.5.4 Quels sont les exercices que je peux
pratiquer facilement ? . . . . . . . . . . . . . 92
9. Références complémentaires . . . . . 95
10. Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
10.1 Annexe 1 : liste de contrôle pour l’évaluation
du risque de surcharge physique due à
des mouvements répétitifs . . . . . . . . . . 97
10.1.1 Instrument pour le non-spécialiste . . . . . . 97
10.1.2 Instrument pour le spécialiste . . . . . . . . . 97
10.2 Annexe 2 : liste de contrôle charge physique - . .
force - position du corps - positions et
mouvements des mains/ bras - mouvements
répétitifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
10.3 Annexe 3: explication sur les estimations
de pressions lombaires . . . . . . . . . . . . 99
6
Introduction
7
1. Vous avez dit TMS ?
Notre système locomoteur (muscles, articulations, tendons, Néanmoins, il existe peu de consensus entre les pays concer-
ligaments, ...) accomplit chaque jour une quantité de gestes nant l’appellation à donner aux Troubles musculosquelettiques
plus ou moins fréquents (marcher ou tourner la clé dans la dont les apparitions sont associées à l’exercice d’un travail. Il
serrure), plus ou moins simples (saisir un bâton ou manipu- en va de même pour les critères de diagnostic pour lesquels il
ler un fin tournevis). Tous ces gestes sont souvent réalisés de n’existe aucune standardisation en Europe.
façon automatique, surtout lorsqu’ils sont familiers. Le corps
On retrouve ainsi les termes suivants pour parler des Troubles
s’adapte et trouve fréquemment la manière la plus perfor-
musculosquelettiques:
mante pour réaliser les tâches rencontrées dans les situations
RSI Repetitive Strain Injuries
professionnelles, de loisirs ou autres. Ces différents gestes
LATR Lésions Attribuables au Travail Répétitif
sont bien gérés par les différentes articulations et s’il est
TMS Troubles Musculo-Squelettiques
possible qu’une demande accrue, mais temporaire de mouve-
MSDs MusculoSkeletal Disorders
ments (comme lors de la reprise des séances de gymnastique)
CTD Cumulative Trauma Disorders
génère quelques douleurs dues souvent à la fatigue musculaire,
OCD Occupational Cervicobrachial Disease
celles-ci s’estompent généralement après quelques jours.
OOS Occupational Overuse Syndrome
Dans le cadre de la vie professionnelle et malgré le degré crois- WMSD Work-related Musculoskeletal Disorder
sant de mécanisation et d’automatisation des formes de travail
Si la prise en charge des TMS prend naissance dans le courant
actuelles, la charge physique des travailleurs semble toujours
des années 1980, certains auteurs ont déjà fait mention d’une
importante. S’il est vrai que certaines formes de travail mus-
attention particulière aux problèmes liés aux tâches profes-
culaire lourd ont disparu, de nouvelles tâches physiques com-
sionnelles. Ramazzini, considéré par certains comme le père
portant des risques ont fait leur apparition. Ces tâches sont
de la médecine du travail dans son traité « De morbis Arti-
caractérisées par un travail prolongé dans une même position,
ficum Diatriba » (Traité des maladies des artisans) publié en
souvent contraignante, et par des mouvements monotones et
1713 à Padoue s’est intéressé aux problèmes liés au maintien
répétitifs. Ces sollicitations exigeantes, répétées aboutissent
de la position debout, aux troubles visuels et aux mouvements
à des problèmes appelés Troubles Musculosquelettiques. Ces
répétitifs des mains. Il insistait déjà sur l’importance de l’ana-
troubles se manifestent progressivement et le plus souvent
lyse de l’activité de l’artisan par le médecin.
par des douleurs qui atteignent le système musculosquelet-
tique, c’est-à-dire les muscles, les articulations, les tendons, Philippe de la Hire (1640-1718), proposait des limites pour le
les ligaments et les nerfs principalement. La douleur n’est pas transport de charges et « formateur en manutention » avant
la seule manifestation possible de ces troubles, une lourdeur la lettre suggérait des postures adéquates pour le port de far-
articulaire pouvant être l’expression de la plainte. Les traits deaux en mettant en avant le bon usage des jambes.
communs sont les gestes répétés, des postures pénibles, une
Avant lui, Armanda de Villeneuve (1235-1311) se préoccupait
durée importante, sans que ces facteurs soient les seuls en
des problèmes liés à la sédentarité de certains métiers (no-
cause ou omniprésents.
taires).
De nombreux ouvrages traitent des troubles musculosque-
Les conséquences du travail répétitif ont marqué aussi les
lettiques du membre supérieur, excluant les autres segments
œuvres de nombreux artistes, peintres, littéraires. Jean-Fran-
corporels. D’autres traitent spécialement du dos qui constitue,
çois Millet - les Glaneuses (1857) et Edgar DeGas - les Repas-
de par sa complexité, une catégorie de troubles à part entière
seuses (1887) ont dépeint avec justesse les contraintes postu-
couramment étudiée sous l’appellation de « problèmes dor-
rales liées aux métiers des siècles précédents.
so-lombaires » ou encore plus simplement de lombalgies. Les
membres inférieurs ont quant à eux été beaucoup moins étu-
diés. La tendance actuelle est de regrouper ces localisations
anatomiques et de les envisager de façon commune.
8
Edgard Degas – De strijksters (1887)
Carpenter ’s elbow Coude du charpentier L’usage du marteau pour enfoncer les clous
Cherry pitter ’s thumb Pouce du dénoyauteur de cerise L’action du pouce pour ôter le noyau de cerise
Coton twister ’s hand Main du tourneur de coton Les mouvements répétés des mains pour tourner la balle de coton
Cymbal player ’s shoulder Epaule du joueur de cymbale Le maintien et les gestes répétés pour faire sonner les cymbales
Game keeper ’s thumb Pouce du garde-chasse L’armer du chien de fusil et l’action sur la gâchette
Jailor ’s elbow Coude du gardien de prison Le mouvement répété des poignets pour tourner les nombreuses clés des portes de prison
Jeweler ’s thumb Pouce du joaillier Les mouvements du pouce pour façonner les pierres précieuses
Stitcher ’s wrist Poignet du couturier La manipulation fine et les gestes de rotation du poignet pour coudre
Telegraphist ’s cramp Crampe du télégraphiste L’appui répété du doigt sur la barre du télégraphe
Le maintien de la plume et les gestes fins et répétés (pathologie décrite dès 1830 en Grande-Bretagne
Writer ’s cramp Crampe de l’écrivain
auprès des employés de l’administration à l’apparition de la plume d’acier)
Manure shoveler ’s hip Hanche du valet de ferme Les mouvements de hanche en manipulant la pelle pour retourner l’engrais
Ensemble de symptômes tels que l’inconfort, une faiblesse, une incapacité ou une douleur persistante dans les articulations,
les muscles, les tendons ou autres tissus mous, avec ou sans manifestations physiques (Kroemer, 1989)
Ces symptômes sont principalement dus à des contraintes mécaniques soutenues et répétées, sans phénomène du type
accident. Ils ne comprennent donc pas les blessures qui sont la conséquence directe d’une chute par exemple.
Les TMS concernent les muscles, tendons et gaines tendineuses, les nerfs, les bourses séreuses, les vaisseaux sanguins, les
articulations, les ligaments
9
2. Quelques chiffres et 83 % des personnes consultées en ont souffert au moins
une fois du dos dans leur vie alors que les plaintes sur l’année
écoulée sont comprises entre 32 et 45%.
2.1 En Belgique et en Europe Les TMS entraînent en Belgique la perte d’environ 40% de
l’ensemble des jours de travail, ce qui représente le double
L’identification des risques dans l’entreprise n’est pas chose aisée. du nombre de journées de travail perdues pour cause de
En outre, certaines de ces lésions présentent une évolution très stress. (Musculoskeletal Disorders and the Belgian Labour
lente; cela commence par de vagues troubles pour aboutir à des Market, Work Foundation, 2009. Disponible à : [Link]
douleurs insupportables et à une perte de fonction. Le long inter- [Link]/[Link]-
valle qui sépare la cause et les séquelles rend le dépistage de la [Link])
cause directe difficile. Le recueil des données épidémiologiques
n’est donc pas aisé. Les plaintes concernant les activités pénibles sont fréquentes :
45% ont déclaré travailler dans des positions pénibles ou fati-
Les études épidémiologiques menées sur une large échelle gantes, 35% portent ou déplacent de lourdes charges et 62,3%
montrent que ce phénomène touche une part importante de la estiment être exposés pendant un quart de leur travail à des
population. L’étude européenne (EU 25) sur les conditions de tra- mouvements répétitifs des mains et des bras.
vail menée en 2005 montre les tendances suivantes :
Pourcentage de travailleurs Belgique EU-25
Difficultés respiratoires 2,5 4,2
Allergies 3,4 3,8 2.2 L’analyse par âge et genre
Anxiété 7,7 7,8
Douleurs intestinales 7,1 5,5
La comparaison des données (Europe 27) concernant le genre
Maladies cardiaques 0,8 2,1
montre les différences suivantes :
Maux de tête 11,2 14,7 27,1 % des hommes se plaignent de douleurs au dos pour 23,6
Problèmes de peau 4,4 6,3 % chez les femmes, alors que 24,9 % des hommes pour 22,3 %
Irritabilité 13,5 10,4 des femmes se plaignent de douleurs musculaires.
Problèmes d’audition 3,4 7,1
Les tranches d’âge les plus touchées sont celles de 40 à 54 ans
Problèmes visuels 6,3 7,4 pour les douleurs au dos (27,3 %) et les douleurs musculaires
Douleurs dorsales 19,7(2) 23,8 (1) (25,4 %), tant pour les hommes que pour les femmes.
Problèmes de sommeil 9,6 8,3
Douleurs au dos Douleurs musculaires
Deouleurs musculaires 17,2 21,9 (2)
Age Homme Femme Total Homme Femme Total
Stress 21,4 (1) 21,7 (3)
Moins de 25 ans 23,1 16,1 17,7 21,2 15,1 16,5
Fatigue 19,5 (3) 21,3
25 – 39 ans 27,5 22,4 24,3 24,8 21,1 22,1
Plaintes des travailleurs en Belgique et dans l’Union Euro- 40 – 54 ans 29,2 26,5 27,3 27,0 25,1 25,4
péenne (EU 25) (European Foundation for the Improvement Plus de 55 ans 23,8 26,2 24,1 22,7 25,5 22,8
of Working and Living Conditions. European survey on wor- Total 27,1 23,6 24,7 24,9 22,3 22,8
king conditions, 2005. Disponible à : [Link]
Source: “managing musculoskeletal disorders” European Foundation for the Improve-
[Link]/working/surveys/ewcs2005/[Link]) ment of Working and Living Conditions available at [Link] (Qua-
trième enquête européenne sur les conditions de travail)
En 2005, 23,8% des travailleurs de l’Union Européenne (EU-
25) se sont plaints de douleurs dorsales et 21,9 % de douleurs
musculaires dans les bras et les jambes. Certaines différences
sont présentes selon l’étendue de l’analyse ainsi, les chiffres
concernant l’Europe des 27 (plus 4 autres pays) donnent les
valeurs suivantes : douleurs au dos : 24,7 % et douleurs mus-
culaires : 22,8 %.
Il en va de même en Belgique où 19,7% des travailleurs belges
interrogés déclarent souffrir de maux de dos et 17,2% de dou-
leurs musculaires. Les TMS représentent en Belgique la pre-
mière place des maladies liées au travail reconnues (30,5% en
2005) (Données Eurogip 2007 – réf. Eurogip-25/F – Les TMS
en Europe, définitions et données statistiques).
Certaines études (Inserm 2000) montrent une prépondérance
des problèmes de dos sur l’ensemble des plaintes : entre 51%
10
2.3 L’analyse par secteur les lésions chroniques, du fait qu’ils passent sous silence les si-
gnaux ou indications précoces de la lésion. Ces collaborateurs
Secteur Douleurs au dos Douleurs musculaires
qui sortent du circuit du travail parfois pour de très longues
périodes représentent pour l’entreprise une perte sur le plan
Homme Femme Total Homme Femme Total
des connaissances et de l’expérience.
Agriculture et pêche 43,8 54,4 47,0 43,0 54,1 46,3
Fabrication et extrac- 28,0 31,2 29,0 25,7 29,1 26,8 Les effets potentiels de ces pathologies sont multiples:
tion • Augmentation de l’absentéisme
Electricité, gaz et appro- 24,7 17,2 23,3 26,7 18,0 24,9 • Augmentation des incidents et des accidents par manque
visionnement en eau
d’attention et de capacités de réaction dues à la fatigue, la
Construction 39,2 17,7 37,0 34,8 14,6 32,7
douleur ou l’inconfort
Commerce (gros et 21,0 18,7 19,8 18,6 17 ,6 18,0 • Mauvaise ambiance de travail et perte de motivation
détail)
• Augmentation de la rotation du personnel pour remplacer
Hôtel et restaurants 20,0 24,9 22,2 16,7 23,7 20,0
les personnes touchées. Ce qui amène à des frais de forma-
Transport et commu- 31,4 17,5 27,9 27,1 18,4 24,9
nication tion et à un temps d’adaptation
Finance 9,7 14,6 11,9 9,8 14,6 11,9
• Objectifs de productivité non atteints par perte de qualité
Business et immobilier 16,6 16,7 16,6 14,8 17,1 15,8
et réduction de la quantité produite
• Pertes, déchets et augmentation des réparations dus à la
Administration publique 19,7 19,7 19,7 16,9 18,3 17,4
plus faible qualité du contrôle des opérations
Education et santé 19,6 22,4 21,7 18,2 21,3 20,5
• Atteinte à l’image de marque de l’entreprise
Autres services 21,1 21,2 21,2 21,3 18,7 19,8
Total 27,0 23,6 25,6 24,9 22,3 23,8
Source: “managing musculoskeletal disorders” European Foundation for the Improve-
ment of Working and Living Conditions available at [Link] (Qua-
trième enquête européenne sur les conditions de travail)
11
3. La réglementation 4. Les constituants
de l’appareil
Mis à part l’arrêté royal du 12 août 1993 sur les manutentions musculosquelettique
manuelles de charges et un chapitre consacré à la manuten-
tion manuelle des charges (AR du 4/8/1996 relatif au bien-être
des travailleurs dans l’exécution de leur travail - article 5.), Marcher, sauter, danser, saisir un objet, autant de gestes com-
la loi sur le bien-être et ses arrêtés d’exécution ne contient plexes que le corps réalise sans que votre attention ne doive se
aucune réglementation spécifique en matière de troubles concentrer sur chaque geste. Ils sont automatisés. Chaque geste
musculo-squelettiques. Elle comporte malgré tout suffisam- du quotidien est le résultat de mouvements articulaires simples qui
ment d’éléments qui obligent l’employeur à tenir compte de combinés ensemble aboutissent à des mouvements fonctionnels.
ces risques et à prendre des mesures de prévention. L’arrêté Dans les tâches professionnelles, ces gestes sont répétés un grand
royal du 7 juillet 2005 relatif aux risques liés aux vibrations nombre de fois, avec une amplitude une force conséquente. Ces ca-
mécaniques sur le lieu de travail complète la réglementation ractéristiques augmentent la probabilité de survenue des troubles
sur les risques de TMS. Ainsi, l’employeur est tenu de favoriser musculosquelettiques. Afin de mieux appréhender les facteurs qui
le bien-être des travailleurs dans l’exécution de leur travail. provoquent ou entretiennent les douleurs ou autres handicaps de
A cet effet, il doit appliquer les principes généraux de la pré- l’appareil musculosquelettique ainsi que les diverses pathologies, ce
vention et s’appuyer sur le système dynamique de gestion des chapitre aborde l’anatomie du corps humain et les possibilités de
risques. Il doit élaborer une stratégie quant aux évaluations mouvement des principales articulations du corps.
de risques dans l’entreprise et aux mesures de prévention qui
les accompagnent. En fonction de la nature des activités de
l’entreprise, de son effectif et de la présence de conseillers en 4.1 Les éléments de base
prévention au sein de l’entreprise, le service interne pour la
prévention et la protection au travail peut assister l’employeur 4.1.1 Les os et les articulations
dans l’exécution de sa politique en matière de bien-être des
Les articulations sont les zones de mobilité entre deux os.
travailleurs. Il peut, en outre, faire appel à un service externe
Elles sont constituées de différents éléments qui rendent pos-
pour la prévention et la protection.
sible les mouvements.
Plus spécifiquement, l’employeur doit veiller à ce que le travail
soit adapté aux capacités physiques des personnes et à ce que
tout excès de fatigue professionnelle physique ou mentale soit
évité. Pour atteindre ces objectifs, il doit tenir compte:
• de l’organisation du travail et des méthodes de travail et
de production, de sorte que le travail monotone et le tra-
vail cadencé soient rendus moins pénibles, afin de limiter les
conséquences négatives pour la santé
• de la disposition des lieux de travail et de la conception et
de l’adaptation du poste de travail (ergonomie)
• du choix et de l’utilisation des équipements de travail et de
protection individuelle
• de la charge psychosociale.
Le médecin du travail / conseiller en prévention étudie l’inte-
raction entre l’homme et le travail afin de veiller à une meil-
leure concordance entre le travailleur et son travail et de
s’assurer, d’autre part, que le travail soit adapté à l’homme. Il
dépiste le plus tôt possible les maladies professionnelles ou
les affections liées au travail et étudie les facteurs de risque. 1. Tendon 6. Ligament
La déclaration des maladies professionnelles est obligatoire. 2. Gaine du tendon 7. Cavité synoviale
La visite dans l’entreprise constitue, pour cela, l’occasion par 3. Bourse séreuse 8. Capsule articulaire
excellence. Dans son rapport à l’employeur, il signale les pro- 4. Muscle 9. Membrane synoviale
blèmes qu’il a repérés et leurs effets sur la santé. L’employeur 5. Os de l’articulation 10. Cartilage
transmet à son tour une copie du rapport au Comité pour la
prévention et la protection au travail.
Le médecin du travail peut en outre proposer que certains
groupes de travailleurs subissent un examen médical régulier.
12
Les surfaces des os sont recouvertes de cartilage qui assure 4.2 La colonne vertébrale: pilier du
le glissement et l’amortissement. Les structures osseuses sont corps
maintenues ensemble grâce à la capsule articulaire, sorte de man-
chon entourant l’articulation. Dans cette capsule, une membrane, 4.2.1 Sa forme et ses segments
la membrane synoviale produit le liquide synovial qui est le lubri-
La colonne est composée de 5 parties constituées chacune
fiant de l’articulation.
de vertèbres.
13
position verticale et évite la fatigue des muscles du dos en position
debout. Nous reviendrons sur l’importance de ces courbures dans
les différentes positions de la vie quotidienne et au travail.
Deux vertèbres et les différents constituants (vue de profil)) B. Les articulations postérieures
À l’arrière, les deux vertèbres s’emboîtent au niveau des arti-
culations postérieures (C). Celles-ci sont recouvertes par du
cartilage, c’est-à-dire par un tissu amortisseur.
C. Les ligaments
La colonne vertébrale est maintenue par des structures élas-
tiques, les ligaments (D). Contrairement au disque (voir plus
bas), les ligaments sont bien innervés (et donc sensibles à leur
détérioration).
14
D. Les éléments nerveux
Le gros câble nerveux central, appelé moelle épinière (E) vient
du cerveau et passe dans chaque vertèbre à l’intérieur du canal
rachidien. La moelle épinière se subdivise en racines nerveuses
(F), qui donnent naissance aux différents nerfs permettant la
sensibilité et commandant les mouvements.
Le nerf sciatique, par exemple, émerge de la colonne lombaire
et innerve en partie la cuisse, la jambe et le pied.
E. Les muscles
Les muscles paravertébraux (G) s’attachent à l’arrière de la co-
lonne et relient deux ou plusieurs vertèbres entre elles. Ils main-
tiennent le dos dans une position donnée et assurent la stabilité
et les mouvements de la colonne. Ils permettent notamment de
se redresser, de s’incliner sur le côté ou de se tourner.
15
4.2.3 Les mouvements de la colonne vertébrale Ces mêmes termes sont utilisés pour décrire les mouvements
Le fait que la colonne soit composée de nombreux os articulés de la colonne cervicale.
entre eux, les vertèbres, lui octroie de nombreuses possibilités de
mouvements. Les photos suivantes montrent les noms associés
aux différentes postures.
Flexion – extension
Rotation Inclinaison
4.3 L’épaule
4.3.1 Les constituants de l’épaule
L’épaule est une articulation permettant des mouvements très
amples. Elle est constituée de trois os : l’omoplate, la clavicule et
Une combinaison de mouvements est possible comme se pen- la tête de l’humérus, os du bras. Des muscles s’attachent depuis
cher et se tourner en même temps (flexion – rotation). l’omoplate vers l’humérus. Parmi ceux-ci se trouvent les muscles
qui composent la coiffe des rotateurs. Ils participent à la mobilité
de l’humérus par rapport à l’épaule, mais aussi évitent à la tête de
l’humérus de se catapulter contre la partie supérieure de l’omo-
plate, l‘acromion lors de l’extension.
16
4.3.2 Les mouvements de l’épaule 4.4 Le coude
L’épaule peut effectuer les mouvements suivants:
L’antépulsion et la rétropulsion 4.4.1 Les constituants du coude
Constitué de trois os, l’humérus, le cubitus et le radius, le
Flexion – extension coude (ou ulna). Deux saillies osseuses l’épitrochlée et l’épi-
condyle sont les points d’insertion des muscles de l’avant-bras
qui vont réaliser les mouvements du poignet et des doigts.
17
4.5 Le poignet et la main Inclinaison radiale
Extension
18
4.6 La hanche Abduction Adduction
4.7 Le genou
4.7.1 Les constituants du genou
Le genou constitue la liaison entre la cuisse et la jambe. Il est
constitué d’une part de l’articulation entre le fémur et le tibia
et d’autre part entre le fémur et la rotule. Des ligaments puis-
4.6.2 Les mouvements de la hanche sants maintiennent en place ces os. Des ménisques (pièces
cartilagineuses) complètent l’articulation.
Flexion Extension
19
Extension
5. Les principaux troubles
musculosquelettiques
1. Muscle
2. Gaine du tendon
3. Os
4. Tendon
La tension du muscle provoque une déformation de type vis-
coélastique du tendon. Si la contrainte est trop forte et/ou
trop répétée, la tendinite peut devenir dégénérative, des mi-
20
croruptures apparaissent, les fibres de collagène (constituants 5.1.2 Au niveau du coude
des tendons) s’épaississent, une fibrose s’installe et le tendon
A. Épicondylite latérale (tennis elbow)
peut se calcifier.
L’épicondylite latérale, appelée aussi épicondylalgie latérale ou
La réaction inflammatoire n’est pas toujours le facteur prédo- encore tennis elbow, désigne une inflammation qui survient au
minant. Par conséquent, le suffixe « ite », qui signifie « inflam- voisinage d’une petite saillie osseuse (épicondyle) de l’os du bras
mation », est remplacé par « algie », pour « douleur ». Dans le (humérus), juste au-dessus de l’articulation du coude sur la face
cas des pathologies aboutissant à une diminution de la qualité externe du bras. Elle se traduit par des douleurs au niveau de
des tissus conjonctifs des tendons, le terme tendinite est inap- l’épicondyle, irradiant parfois vers l’avant-bras, exacerbées par les
proprié et il est préférable de parler de tendinose. mouvements d’extension du poignet et des doigts et les efforts
de préhension d’objets.
21
5.1.3 Au niveau de l’épaule les structures tissulaires du nerf. Les messages sensitifs (qui
viennent des récepteurs de la peau notamment) et les mes-
A. Tendinite du sus-épineux et syndrome de
sages moteurs (qui provoquent la contraction des muscles)
la coiffe des rotateurs
sont perturbés, voire interrompus. Ils se traduisent par des
L’épaule est une articulation très mobile. Cela signifie aussi picotements, des engourdissements, des pertes de sensations
qu’elle est très vulnérable. Une surcharge mécanique peut tactiles (paresthésies) et des pertes de force dans les terri-
engendrer divers problèmes. Les tendons qui y sont les plus toires desservis par le nerf touché.
sensibles sont ceux qui contrôlent la rotation et le soulève-
ment latéral de l’épaule (abduction). Lorsque ces tendons sont 5.2.1 Au niveau du poignet
enflammés, on parle du syndrome de la coiffe des rotateurs
(«rotator cuff syndrom»). A. Syndrome du canal carpien
Le syndrome du canal carpien apparaît lorsqu’une friction des
Il se caractérise par une douleur de l’épaule ressentie lorsque
tendons provoque une inflammation de la gaine tendineuse au
l’on effectue un mouvement d’abduction du bras (le bras
niveau du poignet. Le gonflement qui en résulte exerce alors
s’écarte du corps).
une pression sur le nerf médian dans le canal carpien, ce qui
Ce syndrome apparaît suite à des tâches répétitives ou à des provoque des picotements, engourdissements et des douleurs
tâches qui exigent de travailler souvent avec les mains au-dessus dans la main, ainsi qu’un affaiblissement des muscles de la main
du niveau des épaules. Les groupes à risque sont notamment (1°, 2° et 3° doigt). La friction des tendons résulte de mou-
le personnel de caisse, les soudeurs, les tôliers, les personnes vements répétitifs, le poignet ayant une position défavorable.
qui transforment la viande, les ouvriers du bâtiment, les manu- Le syndrome du canal carpien touche entre autres les cou-
tentionnaires, les déménageurs, les peintres, les électriciens, les turières, les caissières, les assembleurs et les travailleurs sur
ouvriers forestiers. écran.
22
5.2.2 Au niveau de la colonne vertébrale symptômes sont une raideur transitoire, la douleur, les picotements
et les doigts qui deviennent blancs. L’exposition au froid et les gants
A. Cervicobrachialgie
serrants sont des facteurs secondaires importants qui augmentent
La cervicobrachialgie ou névralgie cervico-brachiale (NCB) est le risque de lésion. Ces facteurs entravent plus encore la circulation
souvent causée par l’usure des articulations cervicales (arth- sanguine dans les doigts, ce qui accélère l’apparition du syndrome
rose). Cette usure est à l’origine de la production d’ostéo- du doigt blanc (ou doigt mort)..
phytes et de la réduction de l’espace entre les vertèbres, dimi-
nution de place qui peut éventuellement provoquer un conflit
irritatif ou compressif du nerf à sa sortie du canal rachidien.
La douleur dans la nuque, irradiant vers les bras peut être
accompagnée de fourmillements, engourdissements et n’est
pas directement influencée par les mouvements du bras. La
nuque s’enraidit progressivement.
Ce trouble peut également se présenter au niveau lombaire
(voir plus loin).
Situation normale Dégradation des vaisseaux san-
guins
23
cette élimination se font grâce aux vaisseaux sanguins (artères musculaire intense et très douloureuse et est à la recherche de la
et veines). La tension que le muscle produit lorsqu’il se contracte position la moins douloureuse. Ce tableau clinique est souvent la
perturbe voire annule la circulation sanguine. Cet appauvrisse- résultante de contraintes accumulées au fil des années par de nom-
ment de la circulation sanguine provoque une insuffisance en gly- breux gestes et positions inadéquats. C’est « la goutte d’eau qui fait
cogène ou une concentration en métabolites, à l’origine de la fa- déborder le vase » qui peut apparaître de façon aiguë, tant à la suite
tigue musculaire et qui se traduit par des douleurs. Ce symptôme d’un effort violent que d’un geste banal.
douloureux est appelé myalgie. La perturbation de la circulation
se manifeste lorsque la contraction est maintenue dans le temps
avec une intensité au-delà de 20% de la contraction maximale
5.5.1 Est-ce grave Docteur ?
volontaire.
Une étude canadienne (Abenhaim, L: Spine. 1995 Apr 1;20(7):791-
Il n’est pas nécessaire que la contraction soit intense. En effet, 5) a montré que la manière dont le premier diagnostic est com-
des études récentes montrent que certaines fibres musculaires muniqué conditionne toute l’évolution de la douleur. L’évocation
seraient continuellement actives, même à très faible niveau de de termes comme hernie discale, protrusion, dégénérescence dis-
sollicitation. Elles se nomment « fibres de Cendrillon (lever tôt – cale auprès du patient, sans autre explication que le jargon médi-
coucher tard) et cela semble expliquer des douleurs musculaires cal risque de provoquer une souffrance beaucoup plus intense
même avec une faible sollicitation de la force musculaire, mais et plus longue que lorsqu’on emploie des termes plus anodins
maintenue dans le temps. comme lumbago, et pour qui on adopte une attitude plus ras-
Une autre origine des courbatures lors d’un effort musculaire surante. Le recours précoce à des examens complémentaires
intense est la rupture des myofibrilles occasionnée par la contrac- comme le scanner aboutit à la même dérive. Hormis certaines in-
tion excentrique du muscle. Ces douleurs sont semblables à celles dications précises (traumatisme consécutif à une chute, sciatalgie,
occasionnées par une reprise trop intense de l’activité physique douleur augmentant d’intensité sans raison apparente, douleur
après une période prolongée d’inactivité physique. plus forte la nuit, ...) les examens complémentaires radiologiques
et autres sont généralement superflus, puisqu’ils n’orientent pas
Si les contractions dynamiques laissent un moment de relâche- la suite du traitement, et au contraire, ils sont plutôt de nature à
ment musculaire entre deux cycles, propice à la bonne circulation accroître l’anxiété.
sanguine, la contraction statique quant à elle ne permet pas ce
relâchement temporaire. Ce type de contraction est donc plus
pénible pour l’individu.
5.5.2 Qu’est-ce qui est à l’origine du lumbago ?
Ces myalgies sont susceptibles de toucher tous les groupes mus-
Trouver l’origine exacte de la douleur est très difficile. Le point
culaires du corps. Il est important de les prendre en considéra-
de départ peut être une atteinte des ligaments postérieurs (très
tion, car c’est parfois le premier signe (encore réversible) d’une
riches en terminaisons nerveuses), une petite lésion au niveau du
sur-sollicitation.
disque, ou des articulations intervertébrales postérieures.
A. Syndrome tensionnel de la nuque (tension neck La détérioration des ligaments n’est pas visible avec une radiogra-
syndrome) phie standard, mais dans 40% des cas d’autopsie on a constaté
Les efforts statiques prolongés, même s’ils sont de très faible que certains ligaments vertébraux étaient déchirés. Les ligaments
intensité, peuvent être source de troubles au niveau des fibres étant richement innervés (beaucoup de petits nerfs sensitifs), leur
musculaires. Il en résulte des fibres musculaires rouges et ru- détérioration provoquera des douleurs au niveau de l’endroit
gueuses («ragged-red fibers»). Chez les personnes travaillant lésé.
sur écran de visualisation, cette affection, appelée myalgie,
Les tissus avoisinants et surtout les muscles paravertébraux qui
touche souvent le trapèze (épaule). L’apparition d’une fatigue
assurent la stabilité de la colonne réagissent en se contractant
musculaire, que l’on peut détecter par un examen électro-
(spasme musculaire). Cette contraction parfois anachronique en-
myographique, est un signe avant-coureur de cette lésion par
traîne des douleurs totalement disproportionnées par rapport à
surcharge.
la lésion de départ. Une peur irrationnelle vient souvent se greffer
(menace déraisonnée de paralysie et sentiment d’aggravation au
moindre mouvement). Cette dérive est appelée « kinésiophobie »
(peur du mouvement) qui ne fait qu’aggraver la symptomatologie.
5.5 Un cas particulier: le lumbago
L’étymologie du terme lumbago comporte deux racines : « lumb »
pour la zone lombaire et « ago » du grec pour « j’ai mal ». Ce terme 5.5.3 Le repos au lit : deux jours maximum
désigne donc une douleur soudaine et importante, communément L’inactivité prolongée retarde la cicatrisation du disque interverté-
appelé « tour de reins ». bral puisque sa nutrition est tributaire des variations de pression
et donc du mouvement. La cicatrisation est plus rapide lorsqu’on
La personne adopte automatiquement une position bien recon-
garde une certaine activité physique. Il faut bien sûr qu’elle soit
naissable (« tordue de douleur ») provoquée par une contracture
24
adaptée aux capacités fonctionnelles permises par la douleur. L’ex- 5.6 Le vieillissement naturel et
cès d’activité en période douloureuse est à éviter. l’arthrose
Le repos prolongé au lit affaiblit également la musculature et di- Le cartilage, mince couche de cellules est le siège d’usure et
minue la condition physique. Le retour aux capacités initiales sera n’échappe pas au poids des années. Suite aux mouvements ré-
d’autant plus difficile. On estime à deux jours de repos complet le pétés, le cartilage des articulations peut s’user. Le terme utilisé
maximum à ne pas dépasser. est l’arthrose.
Si la douleur est très intense, la position recommandée est une Ce phénomène touche toutes les articulations du corps, mais
position couchée sur le dos, jambes fléchies. Dans cette position, nous nous attachons ici à deux localisations : l’épaule et la
la colonne vertébrale ne subit plus que 25% de la pression par colonne vertébrale.
rapport à la position debout.
A. L’épaule et le syndrome de l’articulation
Les études récentes montrent que les sujets qui maintiennent une
acromio-claviculaire
certaine activité physique (par une reprise précoce du travail no-
tamment) présentent moins de récidives dans les mois qui suivent, La répétition des gestes traumatisants est susceptible d’aboutir
au contraire de ceux qui ont adopté un repos au lit prolongé. à une arthrose de l’articulation acromio-claviculaire, c’est-à-dire
entre la partie antérieure de l’omoplate et la partie latérale de
la clavicule. Le croisement du bras devant déclenche la douleur
ainsi que la palpation, douleur qui peut irradier vers la nuque et
5.5.4 Les signes de gravité à prendre en vers l’épaule.
considération
Il faut être attentif cependant aux caractéristiques de la dou- B. La colonne vertébrale
leur: La colonne vieillit naturellement comme toutes les structures du
• si la douleur augmente en intensité au lieu de rester stable corps humain. Les rides au niveau du visage et des mains sont la
ou de diminuer conséquence de la perte de souplesse de la peau et de la diminu-
• si la douleur semble plus importante la nuit tion de la quantité d’eau présente dans les tissus. Les éléments de
• si la douleur, initialement limitée au bas du dos, gagne une la colonne vertébrale subissent également cette même évolution
des deux jambes lente. Le disque intervertébral et les facettes articulaires des apo-
physes articulaires postérieures vieillissent également. Les grosses
Consulter votre médecin sans tarder ; il décidera si la situation molécules (protéoglycans) du disque intervertébral, qui attirent
justifie des examens complémentaires (prise de sang, radiogra- l’eau à l’état jeune et confèrent au disque un état de précontrainte
phie, scanner ...) ( et donc d’amortisseur), perdent leur capacité à attirer l’eau.
Avec l’âge, le noyau ne contient plus autant d’eau et l’épaisseur
du disque diminue, c’est ce que l’on appelle le tassement discal.
L’os sous-jacent, qui n’est plus protégé par ce tissu amortisseur,
réagit alors aux pressions produites par les postures et mouve-
ments et développe de petites excroissances appelées « becs de
perroquet » (ostéophytes).
Ces modifications du cartilage correspondent à l’arthrose. Au
niveau du disque, elle porte le nom de discarthrose. L’amortis-
seur est moins performant, la souplesse de la colonne vertébrale
est parfois diminuée, mais souvent ce n’est pas douloureux. Ces
becs de perroquet, malgré leur apparence et au contraire d’idées
reçues, ne blessent pas les tissus.
Au niveau lombaire, le terme utilisé est la lombarthrose.
25
5.7.2 Stade 2
Lors des mouvements de flexion ou de rotation-flexion répé-
tés ou excessifs en amplitude, des petites déchirures peuvent
apparaître dans les fibres. Ces déchirures ne sont pas doulou-
reuses (vu l’absence de récepteurs nerveux), mais créent une
zone de moindre résistance sur le plan mécanique, au niveau
de l’anneau.
5.7.3 Stade 3
Les flèches bleues indiquent les Le noyau s’infiltre à travers ces fissures, qui s’accentuent par la
becs de perroquet à l’avant des poursuite des mouvements en conditions défavorables, et pro-
vertèbres et les flèches vertes
indiquent l’arthrose des articula- gresse vers la périphérie de l’anneau, pouvant même provoquer
tions postérieures une boursouflure de l’anneau (protrusion discale). Cette der-
nière peut mettre sous tension la partie postérieure de l’anneau
Dans certains cas, ces modifications anatomiques provoquent et déclencher l’apparition de douleurs.
une réduction de l’espace disponible pour le passage de la racine
nerveuse. Cela peut alors éventuellement provoquer un conflit
irritatif ou compressif du nerf à sa sortie du canal rachidien.
La diminution de la hauteur des disques et les modifications
osseuses montrées par les rayons x correspondent le plus sou-
vent à une évolution normale pour l’âge ; l’arthrose dont parle
le médecin est aussi banale que les cheveux gris !
5.7.4 Stade 4
À ce stade, l’anneau est devenu fragile et un mouvement banal,
tel que ramasser un crayon par terre, peut déchirer les der-
5.7 Les affections discales nières couches de l’anneau et permettre ainsi à une partie
Le phénomène de détérioration discale est le plus souvent lent et du noyau de faire irruption hors de l’anneau : c’est la hernie
progressif. Pour mieux comprendre ce qui se passe, on peut distin- discale.
guer différents stades dans ce phénomène.
C’est entre 30 et 45 ans que le risque est le plus important. En
effet, après 45 ans, le disque et son noyau ne contiennent plus
5.7.1 Stade 1
autant d’eau qu’auparavant et il y a dès lors moins de matière
Il correspond à l’état intact du disque d’une personne de pouvant faire hernie.
moins de 15 ans.
26
6 Les facteurs de risque de
TMS
27
FRÉQUENCE DE MOUVEMENT A. Les postures et amplitudes à risque
(Références : Norme NBN EN 1005-4 : 2008, RULA (MacAtamney et
Corlett, 1993) et Orège (INRS))
DURÉE DE L’EXPOSITION
28
Explications spécifiques des contraintes pour la La posture en flexion du tronc provoque une inversion de la
colonne lombaire courbure du dos qui entraîne les conséquences suivantes.
• Pincement antérieur du disque
Position debout : répartition homogène des pressions sur le
• Étirement des ligaments postérieurs et de la partie posté-
segment vertébral
rieure du disque
Dans le cas de la colonne vertébrale, les pressions engendrées • Augmentation de la pression sur le disque (effet bras de
par la pesanteur sur les disques intervertébraux sont les plus levier)
faibles dans la position debout verticale. Le poids du tronc, de
la tête et des bras se répercute à la verticale des vertèbres Extension du tronc vers l’arrière
lombaires. Ainsi pour une personne de 60 kg, la pression sur le
disque L5/S1 équivaut environ à 40 kg. Dans cette position, la
courbure lombaire naturelle (lordose) ménage une répartition
équilibrée des pressions au niveau du disque et les tensions
des ligaments sont les plus faibles.
Rotation du tronc
Flexion du tronc vers l’avant • La rotation du tronc provoque un cisaillement des fibres de
l’anneau
29
Rotation combinée à la flexion Rester longtemps accroupi
La combinaison de ces deux postures provoque: Figure
• Inversion de la courbure du dos
• Cisaillement des fibres de l’anneau
• Partie antérieure du disque comprimée
• Augmentation de la pression sur le disque (effet bras de
• Partie postérieure du disque et ligaments postérieurs étirés
levier)
• Pression augmentée sur le cartilage des genoux
• Inversion de la courbure du dos
• Compression de la partie antérieure et latérale du disque
• Étirement de la partie postérieure et latérale du disque (la
plus fragile)
Ce type de mouvement constitue un risque majeur pour le
dos.
Épaule
30
Coude Prise palmaire
31
Même s’il semble difficile d’établir un consensus pour définir la C. Position articulaire et distance de prise
répétitivité, ce facteur est étroitement corrélé avec l’apparition L’étirement musculaire produit par la position du muscle en étire-
des TMS. ment provoque un effet semblable à celui de la position statique,
c’est-à-dire une mauvaise circulation sanguine, car les vaisseaux
sanguins sont comprimés par les muscles soumis à l’étirement.
6.1.3 Les efforts et la force
Un autre facteur intervient, c’est la distance de prise. Une charge de
La force déployée par l’utilisateur est souvent associée aux TMS. 10 kg saisie contre le tronc ou à bout de bras génère une astreinte
De fait, elle peut engendrer des lésions par divers mécanismes. Des pour les muscles des bras totalement différente en raison du bras
ruptures au niveau des tendons, ligaments ou encore des lésions au de levier.
niveau des muscles ou des nerfs peuvent apparaître si l’application
d’une force est trop élevée, trop fréquente ou dure trop longtemps. Si on perçoit très vite la fatigue au niveau des bras et des épaules,
Il existe de nombreuses situations qui nécessitent l’exercice d’une on la méconnaît souvent au niveau du dos. Le calcul des pressions
force. Par exemple : la manutention d’objets lourds, l’utilisation d’ou- sur le bas de la colonne lombaire révèle que celles-ci dépendent
tils manuels, l’assemblage de pièces, … Le développement de la force de la distance à laquelle la charge est prise (mécanisme du bras de
va s’exprimer dans ces situations pour : tenir, serrer, appuyer, porter levier).
ou retenir.
Une charge de 10kg, peu contraignante lorsqu’elle est saisie contre
La force utilisée dépend de nombreux facteurs qui vont moduler le le bassin constitue un risque élevé lorsqu’elle est tenue à bout de
risque d’apparition des TMS. Le poids de l’objet ou de l’outil mani- bras. La pression sur les disques intervertébraux passe respective-
pulé n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Il faut évaluer les ment de 50kg à 200kg selon la distance à laquelle elle est saisie (sur
caractéristiques de la posture, du type de contraction statique ou la tête ou bras tendus vers l’avant).
dynamique, du type de prise, ...
Pressions approximatives sur le Poids de la charge (en kg)
A. L’intensité de la force dernier disque lombaire pour
0 10 15 25 50
Plus un muscle augmente sa force de contraction, plus la trac- une personne de 75kg
tion sur ses myofibrilles (composants du muscle) et les ten- Figure A Tronc vertical et charge 50 110 140 200 350
contre le tronc (charge à
dons est forte. La force maximale correspond à la plus grande 25 cm du disque L5-S1, distance
force que le travailleur peut exercer pour une articulation horizontale)
donnée. Il est rare que cette force maximale soit utilisée régu- Figure B Tronc vertical et charge 50 160 215 325 600
bras mi-tendus (charge à 50
lièrement, mais les conséquences néfastes du geste sont déjà cm du disque L5-S1, distance
notables à partir de 20 % de la force maximale. horizontale)
Figure D Tronc penché à 45° (dos 250 335 375 460 675
B. Le type de contraction musculaire rond)(charge à 30 cm du disque
Lorsque l’on saisit et dépose un objet régulièrement, la L5-S1, distance horizontale)
contraction musculaire est interrompue régulièrement par Figure E Tronc penché à 90° (dos 300 435 502 635 975
rond)(charge à 50 cm du disque
un moment de repos. Ce type de mouvements est appelé L5-S1, distance horizontale)
contraction dynamique (ou isotonique). Cette alternance de Figure F Accroupi (genoux complète- 175 375 475 675 1175
contraction-décontraction permet aux vaisseaux sanguins de ment fléchis, dos rond)(charge
à 75 cm du disque L5-S1, distance
jouer efficacement leur rôle de transport des éléments nutri- horizontale)
tifs et des déchets. Par contre, lors d’une contraction statique
(ou isométrique), c’est à dire qui ne présente pas des phases
de décontraction, la contraction musculaire comprime les vais-
seaux sanguins, entrave la circulation sanguine et aboutit à un
appauvrissement des tissus en oxygène et glucose. De même,
les déchets métaboliques s’accumulent. Ce phénomène pro-
voque une fatigue musculaire précoce. Les positions statiques
se retrouvent dans le maintien d’un objet contre la pesanteur,
dans la position de la nuque fléchie en avant pour examiner un
objet en contrebas ou pour lire un écran.
32
L’effort sera toujours trop important chaque fois que l’on devra
utiliser une prise en pincement pour exercer une force.
Certains éléments influencent la qualité de la prise:
• La dimension de la prise: Le diamètre de prise des outils, la
qualité de la prise ont une influence sur la force à exercer
Il faut s’adapter aux nombreuses formes et dimensions des objets L’encombrement de la charge augmente la pression sur le dos :
à manipuler. Deux types de prises : la prise en force et la prise en 140kg au lieu de 90 kg pour une charge de 10kg.
pincement.
• La prise de force: c’est la plus puissante, elle consiste en
un enveloppement de la paume et de l’ensemble des doigts
autour de l’objet
40 cm
10 cm
140 kg 10 kg 90 kg
10 kg
75 kg + 10 kg 75 kg + 10 kg
33
6.2 Quelques exemples de facteurs
de risque de type biomécaniques
spécifiques au secteur
La façon dont le poste de travail est aménagé a des retentisse-
ments sur les facteurs biomécaniques décrits plus haut.
Un espace libre devant le plan de travail ou un accès limités
peuvent empêcher de prendre une posture confortable.
34
Un écran placé trop haut, trop bas ou de côté ne permet pas les autres contraintes environnementales (par expl. les vibra-
de placer la nuque dans une position confortable. tions) ne sont que très rarement présentes dans la pratique
professionnelle de l’aide à domicile.
Ils sont néanmoins exposés ici à titre informatif.
35
haut suivant la force qu’on lui imprime (accélération). Dans le
cas d’un véhicule, si l’on parle de vibrations de 1,5 m/sec² à 5
Hertz, cela signifie que le corps du conducteur est soumis à
des mouvements de haut en bas 5 fois par seconde avec une
amplitude de 1,5m/sec².
Les vibrations sont donc caractérisées par:
• Leur fréquence (nombre d’oscillations effectuées par se-
conde et exprimée en Hertz)
• Leur amplitude, généralement exprimée en terme d’accélé-
ration (amplitude de la vibration exprimée en m/sec²)
• Leur direction, selon les trois axes orthogonaux:
•• Axe X, situé dans le plan transversal et qui traverse
horizontalement le corps d’avant en arrière
•• Axe Y, situé dans le plan frontal et qui traverse le corps
horizontalement le corps de gauche à droite
•• Axe Z, situé dans le plan axial et qui traverse le corps
verticalement de bas en haut
En général, dans la littérature, l’axe prédominant pour les vibra-
tions corps entier lorsque le travailleur est debout ou lorsque
l’engin est en déplacement est l’axe Z.
Exemples d’amplitudes des vibrations pour des machines courantes
Les membres supérieurs sont surtout sensibles aux vibrations (source : guide des bonnes pratiques en matière de vibrations mains-
comprises entre 5 et 1500 Hz alors que les vibrations trans- bras en vue de l’application de la Directive 2002/44/EC)
mises au corps entier sont plutôt ressenties entre 0,5 et 100 Hz.
Lorsque le recours à un appareil de mesure n’est pas possible,
L’amplitude des vibrations de basses fréquences (entre 0,5 Hz on peut malgré tout identifier les valeurs de l’outil utilisé soit
et 80 Hz) transmises au corps entier provoque divers troubles en s’informant auprès du fournisseur soit en consultant les
dont l’inconfort et la fatigue sont les premiers signes. sites internet suivants : [Link]
hav/[Link] ou [Link]/Default.
Intensités des vibrations Effet sur le confort
aspx?lang=EN
< 0,315 m/s2 Pas du tout inconfortable
De 0,315 à 0,63 m/s2 Légèrement inconfortable
De 0,5 à 1 m/s 2
Assez inconfortable
De 0.8 à 1,6 m/s2 Inconfortable
De 1,25 à 2,5 m/s2 Très inconfortable
> 2 m/s2 Extrêmement inconfortable
B. Vibrations mains-bras
Les expositions prolongées aux vibrations concernant les mains, Si l’amplitude des vibrations est une caractéristique impor-
les poignets, les coudes et les épaules peuvent contribuer à l’ap- tante à prendre en considération, la fréquence de vibration est
parition de troubles vasculaires au niveau des mains par une un facteur susceptible de causer des lésions également.
insuffisance vasculaire (syndrome de Raynaud), ou de troubles • Machines de basses fréquences < 60 Hz : (tailles haie élec-
neurologiques comme le syndrome du canal carpien (voir plus trique, outils pneumatiques, marteaux-piqueurs, burineurs,
loin pour l’explication de ces pathologies). …) : troubles ostéo-articulaires (arthrose, …) au niveau du
Conjointement, les vibrations peuvent modifier la sensibilité des poignet, des coudes et des épaules
mécanorécepteurs de la main et obliger ainsi le travailleur à • Machines de moyennes fréquences 60 à 200 Hz (tronçon-
empoigner les objets avec une force excessive pour en mainte- neuses, meuleuses verticales, polisseuses, …) : troubles vascu-
nir le contrôle, augmentant ainsi la sollicitation biomécanique. laires (syndrome de Raynaud) au niveau des mains et troubles
neurologiques : diminution de la perception (anesthésie vibra-
Chaque outil vibrant possède ses caractéristiques : fréquence et toire, …)
amplitude. Le tableau suivant propose quelques valeurs d’ampli- • Machines de hautes fréquences > à 200 Hz : (polisseuses,
tude de vibrations de différents outils. ébardeuses, …) : engourdissement, paresthésies, picotements
de la main
36
Réglementation et valeurs limites
L’Arrêté Royal du 7.07.2005 relatif à la protection de la santé
et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des
vibrations mécaniques sur le lieu de travail impose des limites
à ne pas dépasser:
Valeurs d’exposition journalière déclenchant l’ac-
tion (A(8) = m/s²):
C’est le niveau d’exposition journalière aux vibrations au-delà
duquel il faut prendre des actions pour réduire l’exposition
au bruit.
Pour les vibrations main-bras, la valeur d’exposition journa-
lière déclenchant l’action (normalisée à une période de réfé-
rence de 8 heures) est fixée à 2,5 m/s².
Valeurs limites d’exposition journalière
C’est le niveau maximum de vibrations auxquels un travailleur
peut être exposé sur une seule journée.
Les travailleurs ne peuvent pas être exposés à des vibrations
dépassant les valeurs limites d’exposition quotidienne sui-
vantes : pour les vibrations bras-mains, la valeur limite d’expo-
sition journalière normalisée à une période de référence de 8
heures est fixée à 5m/s. Exemples d’amplitudes des vibrations pour des véhicules courants
(source : guide des bonnes pratiques en matière de vibrations corps
C. Vibrations corps entier entier en vue de l’application de la Directive 2002/44/EC)
La conduite d’engins sur chantier (chariot élévateur, camion, Lorsque le recours à un appareil de mesure n’est pas possible,
bulldozer, …) soumet le conducteur à des vibrations. Ces vi- on peut malgré tout identifier les valeurs de l’outil utilisé soit en
brations ont pour origine principale la réaction des pneus sur s’informant auprès du fournisseur soit en consultant les sites in-
le sol. L’irrégularité de celui-ci est un facteur important. Plus ternet suivants : [Link]
les dénivellations sont fortes et plus l’amplitude de la vibration htm ou [Link]/[Link]?lang=EN
sera élevée.
Ces banques de données sur internet permettent d’identifier le
Chaque secousse soumet la colonne vertébrale et ses disques niveau de vibration d’un grand nombre de véhicules et d’effec-
intervertébraux à une succession de compressions et disten- tuer le calcul de l’exposition journalière aux vibrations.
sions. Outre l’inconfort, la répétition de ce mécanisme au fil
Réglementation et valeurs limites
des années peut aboutir à accélérer l’usure des structures
vertébrales. On note des contractions musculaires réflexes L’ Arrêté Royal du 7.07.2005 relatif à la protection de la santé
(causes de douleurs au dos), des fractures du plateau de la et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des
vertèbre, des fissures du disque intervertébral et des hernies vibrations mécaniques sur le lieu de travail impose des limites à
discales chez les conducteurs d’engins roulants. Il semble que ne pas dépasser:
l’entrave à la nutrition du disque provoquée par les vibrations Valeurs d’exposition journalière déclenchant l’ac-
soit également une cause potentielle de mal de dos. tion (A(8) = m/s²):
C’est le niveau d’exposition journalière aux vibrations au-delà du-
quel il faut prendre des actions pour réduire l’exposition.
La valeur d’exposition journalière déclenchant l’action (normalisée
à une période de référence de 8 heures) est fixée à 0,5m/s² pour
La conduite d’un véhicule sur une
route détériorée peut aussi pro-
les vibrations transmises à l’ensemble du corps.
voquer des contraintes pénibles
pour le dos. Ces contraintes sont Valeurs limites d’exposition journalière:
majorées si la posture adoptée est
mauvaise. C’est le niveau maximum de vibrations auxquels un travailleur
peut être exposé sur une seule journée.
Les travailleurs ne peuvent donc pas être exposés à des vibra-
tions dépassant les valeurs limites d’exposition quotidienne sui-
37
vantes : pour les vibrations de l’ensemble du corps, la valeur 6.4 Les risques liés à l’organisation
limite d’exposition journalière normalisée à une période de
Les études scientifiques montrent que le risque de subir un
référence de 8 heures est fixée à 1,15 m/s².
mal de dos chronique augmente fortement lorsque l’on est
Comme pour les vibrations mains-bras, la fréquence à laquelle confronté régulièrement à des situations stressantes. Le stress
les vibrations sont produites. Les fréquences basses (3 à 8 Hz) est donc perçu comme une réaction négative qui peut entre-
sont potentiellement plus dangereuses que les fréquences éle- tenir le mal de dos.
vées.
Pourtant, chez nos ancêtres préhistoriques, la réaction de
Normalement, le siège fonctionne comme un amortisseur. Mal- stress était un mécanisme adaptatif de défense permettant
heureusement, lorsqu’il est inadapté à l’engin ou mal réglé, il n’a de mobiliser notre énergie pour se défendre d’un agresseur.
aucun effet ou pire encore augmente l’amplitude des vibrations Les muscles tendus pour courir plus rapidement, le cœur qui
transmises au conducteur. bat plus vite pour amener le sang aux muscles ne sont que
L’impact négatif des vibrations est encore majoré par l’utilisa- quelques-uns des mécanismes utilisés par notre corps pour
tion intensive des véhicules. L’effet sur la colonne vertébrale sa survie.
n’est pas le même lors d’un usage occasionnel de 30 minutes Les agresseurs ont changé, ils sont rarement directement dan-
par jour comparé à une utilisation régulière de plusieurs heures gereux pour notre intégrité physique, mais notre réaction n’a
par jour. pas changé. Notre cœur bat toujours plus vite, nos muscles
La vitesse élevée de déplacement du véhicule aggrave les sont toujours contractés devant les stresseurs modernes.
contraintes. Les postures penchées ou en rotation prises par Ils sont devenus plus fréquents et nécessitent une capacité
le conducteur pour améliorer sa visibilité, rétablir son équilibre, d’adaptation importante : le manque de temps, les nombreuses
vérifier le fonctionnement de l’outil tracté ou réagir aux pentes tâches à effectuer sur la journée, les délais serrés pour les
rencontrées accentuent l’effet des vibrations. accomplir, les nombreux documents administratifs.
Sauter hors du véhicule au lieu de descendre marche par Ces exemples éclaircissent quelque peu la définition du stress
marche aggrave encore les conséquences des vibrations pour : c’est le sentiment du déséquilibre entre ce que l’on doit faire
le dos et soumet les articulations des genoux et des chevilles à (les exigences) et ce que l’on estime pouvoir faire (les moyens,
forte épreuve. l’autonomie, le contrôle), sans pouvoir s’y soustraire.
Le risque est augmenté si les travailleurs doivent en plus des Dans le secteur de l’aide à domicile, les situations potentielle-
expositions aux vibrations, manutentionner et/ou transporter ment stressantes sont nombreuses. Elles peuvent être liées à 3
des charges après le temps de conduite. types de facteurs:
✒✒ Les exigences des tâches à exécuter:
•• quantité de travail importante
•• positions pénibles
6.3.3 Le froid •• manutentions (bénéficiaire, matériel, …)
L’exposition au froid peut contribuer au développement des •• évolution de l’état du bénéficiaire (nécessitant de plus
TMS. Cette situation réduit la qualité du geste et la force des en plus de temps)
mains pour réaliser les gestes de travail. Le travailleur aug- •• nécessité d’hygiène importante
mente donc sa force de préhension pour compenser (le port •• tâches multiples
de gants n’arrange rien) et partant les contraintes mécaniques. •• conditions environnementales (bruit, chaleur, …)
•• contraintes administratives
Dans une ambiance froide, le travailleur augmente par réflexe
•• demandes de la famille
le tonus musculaire (la contraction musculaire réchauffe) et
•• …
donc aggrave la fatigabilité musculaire. Une étude a d’ailleurs
✒✒ Les moyens disponibles pour faire face à la demande:
constaté une augmentation de la tension des trapèzes (muscles
•• lieu de travail inadapté (manque de place)
entre l’épaule et la nuque) chez des travailleurs exposés à un
•• matériel inadéquat, détérioré
courant d’air frais suite à l’adoption d’une position dorsale
•• manque de temps
fléchie et de l’enroulement des épaules vers l’avant.
•• formation insuffisante
Le froid a aussi un effet direct sur les tissus via l’ischémie par- •• …
tielle qu’il produit. Le syndrome de Raynaud en est une mani- ✒✒ Le soutien social
festation, aggravée par les vibrations de l’outil. •• manque de reconnaissance
•• manque de soutien et/ou de contact de la ligne hiérar-
chique
•• soutien et /ou contact insuffisant des collègues
•• famille récalcitrante ou peu collaborante
•• …
38
Le sentiment d’équilibre entre ces 3 facteurs exigences – moyens les sollicitations mécaniques vont agir sur le corps. Si la force
– soutien réduit la réaction de stress. Un sentiment d’exigences semble le facteur qui prédispose à effectuer plus aisément des
élevées (nombreuses tâches à faire en même temps par exemple) manutentions, par exemple, l’habileté motrice et la dextérité
peut être contrebalancé par la perception de moyens adéquats fine facilitent les tâches de précision. Malheureusement, les
(matériel informatique, médical, …) et d’un bon soutien de la part tâches professionnelles requièrent parfois des habiletés variées,
de l’équipe ou des supérieurs. Par contre, tout sentiment de désé- rarement présentes chez une seule et même personne.
quilibre entre ces trois facteurs aboutit à la sensation de stress
C’est pourquoi la formation et l’expérience en améliorant les
avec des répercussions sur le corps et le mental.
capacités physiques réduisent les contraintes mécaniques avec
Le mécanisme des liens entre le stress et les TMS n’est pas encore une limite d’amélioration toutefois.
clairement démontré. Les hypothèses sont nombreuses:
Mis à part lors des activités administratives, la musculature
Stress : Activation du système nerveux central:
et les articulations du personnel d’un hôpital sont constam-
• Augmentation du tonus musculaire par activation du système
ment en mouvement. Néanmoins, la répétition du même geste
nerveux central. Le tonus musculaire augmenté accentue la
aboutit à un renforcement de certains muscles et par la suite à
charge sur les muscles et tendons Au niveau dorsal, la pression
leur enraidissement. Ce manque de souplesse qui est souvent
sur les disques intervertébraux augmente et peut contrarier à
fort marqué au niveau des muscles de la partie postérieure des
la longue leur nutrition et également sa cicatrisation
cuisses induit un manque de mobilité du bassin et dès lors une
• Apparition d’oedèmes par les corticoïdes libérés par la glande
sollicitation plus importante de la colonne vertébrale. Cette
cortico-surrénale. Ces oedèmes engendrent des compres-
raideur, similaire à celle produite par l’inactivité physique aug-
sions des nerfs comme dans le syndrome du canal carpien
mente le risque d’endommager les structures articulaires du
• Production accrue de cytokines qui peuvent augmenter le
dos. Le manque de souplesse contrarie également les activités
degré d’inflammation des tendons
qui nécessitent des positions contraignantes et rend plus diffi-
Stress: activation du système neuro-végétatif: cile le bon positionnement du dos.
• Restriction de la circulation des petits vaisseaux sanguins
Pour le personnel administratif par contre, le manque de mou-
musculaires et proches des tendons par la sécrétion des
vement est néfaste pour le dos. Ainsi que nous l’avons vu pré-
hormones adrénaline et noradrénaline. La fatigue chro-
cédemment, la nutrition des disques intervertébraux est liée
nique et les douleurs musculaires (myalgies) sont favorisées.
aux changements de position (effet éponge).
Les tendons surchargés par les gestes répétés se réparent
moins bien. Le port de chaussures inadaptées (sans système d’attache à
Le stress peut aussi avoir un effet de focalisation sur la douleur l’arrière, à hauts talons, de type « claquettes », à semelles glis-
avec le cortège de réactions qui ont aussi des effets néfastes santes) augmente le risque de chute ou d’entorse ; de plus, il
sur la colonne vertébrale : insomnie, dépression, réduction des est nécessaire que les pieds soient bien soutenus à l’arrière et,
déplacements, repli sur soi, boulimie, ... si possible, latéralement.
De même, les habits étriqués (long tablier d’une pièce) com-
pliquent l’adoption de postures adéquates (par exemple, flé-
chir les genoux ou écarter les pieds).
6.5 Les facteurs de risque personnels
Une même charge de travail peut entraîner des lésions dues 6.5.2 Le genre
à la surcharge chez une personne et n’avoir aucun effet sur
une autre personne. Ceci peut être lié aux habitudes de travail Les études statistiques montrent une prévalence accrue des
individuelles. Certaines méthodes de travail inadaptées s’ac- TMS chez les femmes. Les raisons sont multiples:
compagnent d’efforts inutiles ou de positions qui sont sources • Les tâches répétitives sont souvent allouées aux femmes et
de surcharge. Il peut en résulter des affections musculosque- spécialement celles qui concernent les membres supérieurs.
lettiques. • Considérées par certains préventeurs comme les senti-
nelles de la santé, l’expression plus précoce de leur plainte
En outre, certaines personnes, durant leurs activités de loisir, de TMS et partant des mauvaises conditions de travail peut
sollicitent leurs muscles et tendons de la même manière que favoriser une prise en charge du problème qui attendrait
durant leur travail. Ceci ne fait qu’accroître le risque de sur- encore d’être exprimée par l’homme.
charge. • Les tâches ménagères combinées aux tâches profession-
nelles exposent encore plus la femme aux TMS
• Certains facteurs de santé comme la grossesse, la méno-
6.5.1 Les capacités et condition physiques pause, la prise de contraceptifs oraux expliquent l’apparition
Chaque personne dispose d’une capacité physique propre, avec plus fréquente comme le syndrome du canal carpien. Dans
ses caractéristiques de force, souplesse, coordination, latéralité l’état de grossesse par exemple, la tendance à l’apparition
et autres qualités. Ces capacités peuvent influer la manière dont d’oedèmes augmente la pression dans le canal carpien.
39
6.5.3 Le tabagisme
7. La démarche
La nicotine inhalée par le fumeur est une substance qui pos-
sède notamment des effets vasoconstricteurs. Elle diminue le d’intervention
calibre des vaisseaux sanguins. Cette restriction de la circula-
tion sanguine a comme conséquence une diminution de l’ap-
port nutritif vers les disques intervertébraux, déjà limité, car La démarche de prévention et d’analyse des risques repose
totalement tributaire des variations de pression produite par sur une action par étapes successives.
les mouvements et changements de position (effet éponge).
On remarque une corrélation significative entre le fait d’être
un fumeur régulier et la présence de maux de dos, spéciale-
7.1 Quel est le problème et qui est
ment lorsqu’un excès de poids est présent. informé ?
Les faits suivants doivent déclencher la prise en charge de la
problématique:
6.5.4 L’âge • les travailleurs énoncent des plaintes, présentent des troubles
• l’absentéisme pour maladie est en hausse
Si l’expérience est un atout lié notamment à l’âge, celui-ci ré-
• les incidents et accidents augmentent
duit les capacités physiques. La force musculaire, la souplesse
• la rotation du personnel est importante ou en augmentation
diminuent. Si la contrainte reste semblable (le poids de la
• des erreurs systématiques sont commises
charge par exemple), l’astreinte (la réaction des tissus) aug-
• une baisse de la production ou de la qualité des produits est
mente, et le risque de détérioration est plus important.
signalée
L’histoire médicale, l’excès de poids peuvent aussi augmenter
La mise en place du projet ne peut se faire par une seule per-
le risque de maux de dos.
sonne, une équipe doit être constituée. Par ailleurs, la direc-
. tion doit s’engager à investir dans des mesures techniques et
organisationnelles ou dans de nouvelles méthodes de travail.
Le personnel doit être informé sur la problématique, il faut
éviter que des soupçons d’intention cachée de restructuration
prennent place.
40
7.2.1 L’analyse de la charge de travail externe célérations au niveau des articulations. Ces données peuvent
La charge externe comprend tous les éléments extérieurs qui ensuite être utilisées pour évaluer la charge interne.
ont une influence sur le travailleur.
Diverses méthodes peuvent être utilisées pour évaluer la
charge externe; cela va d’indications très rudimentaires à des 7.2.2 Les mesures objectives de la charge interne
appareils très sophistiqués. Pour effectuer un premier dépis- Pour obtenir une image objective des réactions des travailleurs à
tage des risques possibles, on a souvent recours à une liste la charge de travail externe, on peut effectuer une série de me-
de contrôle ou check-list. Pour compléter ensuite ce premier sures physiologiques.
dépistage, on procédera à diverses mesures. Ces mesures font appel à des équipements spécialisés, et les ré-
A. Premier tri au moyen de listes de contrôle sultats obtenus doivent être interprétés par des experts.
Une analyse de la charge de travail externe est réalisée au Des études montrent que ces données sont très importantes
moyen d’une liste de contrôle. Ceci peut se traduire par l’ana- pour détecter les points qui posent problème dans le travail. Les
lyse des aspects suivants: mesures physiologiques relevées durant le travail donnent une
• les tâches, tâches partielles, opérations, en étant attentif à image de l’état de fatigue. Lorsque ces mesures sont mises en
l’analyse des cycles, sous-cycles de travail relation avec une analyse de tâche détaillée, on arrive générale-
• la force exercée à l’aide d’un dynamomètre ment à déterminer pour quelles activités des mesures doivent
• les mouvements (éventuellement à l’aide d’une analyse vi- être prises. Du point de vue de la prévention et de la correction,
déo) cette analyse s’avère donc particulièrement intéressante.
• la position de travail On peut effectuer les mesures suivantes:
• l’organisation du travail (durée, pauses,…) • mesure de la fatigue musculaire par électromyographie (EMG);
• l’environnement de travail (avec une attention particulière L’électromyographie (EMG) de surface permet de mesurer
pour les vibrations des bras et des mains, mais aussi pour les l’activité électrique des muscles au moyen d’électrodes cuta-
problèmes d’atmosphère et d’éclairage,…) nées. L’EMG permet de comparer différentes méthodes de
• le lieu de travail (hauteur, périmètre de travail, facilité d’em- travail, d’adapter les lieux de travail et d’évaluer les effets des
ploi et forme des outils,…) formations.
• méthode/technique de travail (certaines personnes souf- L’évaluation sur une longue période du signal EMG peut four-
frant de troubles présentent des types de mouvements dif- nir des indications quant à la présence d’une fatigue mus-
férents des autres) culaire. À cet effet, on calcule certains paramètres du signal
L’annexe 1 contient deux listes de contrôle de ce type. EMG, également appelés indicateurs de fatigue.
• mesure de la fatigue musculaire par des mesures répétées de
B. Mesures complémentaires la dynamométrie manuelle. Cette méthode se base sur le fait
Après un premier dépistage au moyen d’une liste de contrôle, que la force de serrement diminue avec le temps sous l’effet
des mesures complémentaires peuvent être effectuées pour de la charge de travail, et plus encore lorsque des signes de fa-
analyser les facteurs de risque détectés. tigue apparaissent au niveau des muscles ou des tendons. Les
mesures sont la plupart du temps effectuées avant et après le
B.a Mesure des paramètres d’environnement travail, durant une période prolongée, car les effets ne sont
Ces mesures doivent être effectuées et interprétées par des souvent mesurables qu’après une charge cumulée
spécialistes. Dans ce contexte, on peut envisager de mesurer: • mesure de la fatigue générale par un enregistrement de la fré-
• les vibrations corps-entier mais également au niveau des quence cardiaque. La fréquence cardiaque est un paramètre
bras et des mains physiologique qui fournit, pour les activités dynamiques, une
• l’éclairage : des conditions d’éclairage inadéquates (trop peu bonne image de la consommation d’énergie durant le travail.
de lumière, mauvais contrastes,…) peuvent inciter à adop- Les fréquences cardiaques mesurées durant le travail sont
ter une mauvaise position comparées à ces valeurs maximales individuelles. Il est alors
• les conditions climatiques (température, humidité, tempéra- possible de déterminer si le travail est léger, moyennement
ture de contact,…): la chaleur et le froid influencent l’état lourd ou lourd. En outre, la mesure de la fréquence cardiaque
physiologique général des gens qui travaillent combinée à une analyse détaillée de la tâche permet de mettre
le doigt sur les composantes de la tâche qui entraînent une
B.b Analyse de posture charge maximale. Ceci peut s’avérer utile lors de l’examen de
En ce qui concerne les positions de travail et les mouvements, mesures à prendre.
on peut recourir à une analyse de posture. Il existe pour cela
diverses techniques. Cela va d’une analyse vidéo relativement
simple à une analyse de mouvement et de position tridimen-
sionnelle permettant de calculer les angles, la vitesse et les ac-
41
7.2.3 L’enregistrement des expériences • accessoires
subjectives • produits utilisés dans le travail
Le recueil de l’avis et de la perception des personnes qui exé- • organisation du travail
cutent le travail constitue une importante source d’informations • aménagement du lieu de travail
pour le dépistage des TMS. La sensation subjective de la personne • environnement de travail
qui exécute le travail est bien souvent le point de focalisation des • méthode de travail
diverses contraintes subies sur le poste de travail. • formation des collaborateurs
42
7.7 Le suivi 8. La prévention: que faire
Il est important s’assurer que les changements introduits ne pour éviter ou réduire les
seront pas, à terme, source de nouveaux problèmes. Un enre-
gistrement systématique des troubles, lésions, absences pour TMS ?
maladie, changements de personnel peut être utile pour l’éva-
luation de l’effet des mesures adoptées.
Après avoir dressé et analysé l’éventail des principaux facteurs
de risque de TMS, il ressort que les conseils préventifs doivent
porter eux aussi sur plusieurs paramètres. L’approche préven-
tive repose sur trois axes essentiels:
1. Envisager une adaptation des lieux, des objets et de l’organi-
sation du travail : c’est l’approche ergonomique
2. Réaliser des gestes qui permettent d’économiser le système
musculosquelettique : c’est l’approche gestuelle
La prévention des TMS ne s’arrête pas dès la fin de la pé-
riode de travail, notre colonne souffre également dans les
activités de la vie courante (sport, loisir, tâches de bricolage
et ménagères). Un chapitre est donc consacré à la « préven-
tion des TMS dans la vie courante ».
3. Maintenir ou améliorer sa condition physique
Le maintien ou l’amélioration de la condition physique et
notamment de la pratique d’exercices d’étirement et de
relâchement musculaire trouve également sa place dans
l’approche préventive, un chapitre lui est dédié.
43
Ces mesures correctrices devraient de préférence être Hauteur A Hauteur B Hauteur C
intégrées dans la phase de conception. Elles peuvent toute- Travail de précision Travail léger Travail lourd
fois être appliquées également à des situations existantes Homme 100 – 110 cm (ou 90 – 95 cm 75 – 90 cm
suite à une analyse, dans une optique de correction. Tra- plus)
ditionnellement, c’est ce que l’on appelle la prévention Femme 95 – 105 cm 85 – 90 cm 70 – 85 cm
primaire (éviter le problème) et la prévention secondaire Repère Hauteur coudes Entre hanches et Hauteur hanches
(éviter que le problème ne se reproduise ou devienne (ou plus haut) coudes
chronique). À cela s’ajoute la prévention tertiaire (réduc-
On peut résumer les recommandations relatives au plan de
tion des limitations physiques ou des handicaps).
travail comme suit:
• Travail de précision (couper des oignons) = hauteur des
coudes ou plus haut (100 – 110 cm pour les hommes et 95
8.1.1 Améliorer la disposition des lieux – 105 cm pour les femmes)
Un des objectifs principaux dans la conception ou l’aména- • Travail léger (préparer une sauce) = hauteur entre les
gement du poste de travail consiste à éviter ou réduire le coudes et les hanches (85 – 95 cm pour les hommes et 80
nombre et l’amplitude des postures en dehors de la zone de – 90 cm pour les femmes)
confort articulaire, c’est-à-dire les positions dos fléchi vers • Travail lourd (poser la grosse marmite sur la table) = hau-
l’avant ou en rotation, nuque en flexion ou extension, bras teur des hanches (75 – 90 cm pour les hommes et 70 – 85
élevés, .... II faut dès lors être attentif aux paramètres suivants: cm pour les femmes)
A B C
44
• plan de travail de hauteur fixe. S’il n’est pas possible de modi-
fier la hauteur du plan de travail, il convient de choisir la
hauteur permettant le meilleur compromis entre les diffé-
rents utilisateurs et types de tâches. Par exemple, pour un
travail de précision réalisé par des utilisateurs de tailles diffé-
rentes, il vaut mieux privilégier un plan de travail convenant
à la personne la plus grande. Il est en effet plus pénible pour
l’utilisateur de grande taille de se pencher systématiquement
que de lever les bras un peu plus haut pour la personne de
petite taille. Un plancher de rehausse peut éventuellement
résoudre les problèmes liés aux différences de taille, mais est
encombrant et comporte un risque de chute.
Hauteur adéquate pour la tâche de pliage du linge
45
C. L’espace pour les pieds et les genoux
Un espace pour les pieds permet de se rapprocher du plan
de travail et d’éviter un porte-à-faux fatigant pour les muscles
du dos.
8.1.2 Réduire la distance d’atteinte Pour ne pas fatiguer le dos, il est recommandé de ne pas stoc-
ker des objets ou utiliser des outils en-dessous de la hauteur
A. Distance d’atteinte horizontale des mains.
Le rangement des outils ou objets à saisir devant soi doit per- Réduire par l’utilisation de rallonge
mettre de conserver des positions confortables pour le dos,
les épaules et les autres articulations du corps. Sur un plan de
travail, on peut considérer deux distances d’atteinte:
• La distance maximale d’atteinte correspond à la distance
entre le poignet et l’épaule, cette distance est réservée aux
mouvements intermittents
• La distance de confort correspond à la position semi-fléchie
du bras (environ les 2/3 de la distance maximale). Cette dis-
tance privilégie les mouvements fréquents.
46
Réduire par l’utilisation d’échelle ou de marche-
pieds
Dans certaines situations où l’on manque de place, l’accès à un
objet n’est possible que par une hyperextension du tronc et
de flexion de l’épaule. La mise à disposition d’un marchepied
ou d’un escabeau réduit l’amplitude du geste.
S’il n’est pas possible de placer les objets à bonne hauteur, l’utilisation
d’outils évitant la flexion du tronc est à privilégier.
47
Activité Valeurs limites de
force isométrique
Travail avec une main: prise à pleine main 250
Travail avec le bras
• Vers le haut 50
• Vers le bas 75
• Vers l’extérieur 55
• Vers l’intérieur 75
• Poussée
o Avec support du tronc 275
o Sans support du tronc 62 Un caddie est utile pour ramener les achats lorsque
l’on revient au domicile à pied ou lorsque l’on se dé-
• Traction place avec son matériel d’un bénéficiaire à un autre.
o Avec support du tronc 225
o Sans support du tronc 55
Travail avec tout le corps (posture debout)
8.1.4 Faciliter la manipulation des objets (stockage
• Poussée 200 et dépose des objets)
• Traction 145
A. Prévoir un support de hauteur fixe
Travail du pied (posture assise avec support du tronc):
48
Mise en place de la machine à lessiver en
hauteur
Nouvelle cuve métallique sur un support en hauteur avec roulettes
Position pénible pour soulever la cuve et nettoyer Disposition des plans de travail
les disques en équerre : l’utilisateur risque
de faire une torsion du dos s’il ne
prend pas garde à pivoter les pieds
pour passer d’une table à l’autre.
49
Certaines armoires sont très profondes et peuvent contenir
de nombreux objets sur une planche. Il est conseillé de placer
les objets régulièrement utilisés en avant de la planche.
A B
50
C D E ✒✒ Entretien régulier
Le mécanisme doit également être entretenu pour permettre
un déplacement aisé. Changer les roues inadaptées vaut mieux
que s’acharner à pousser cent fois un chariot de maniement
difficile.
✒✒ Poids du chariot
En fonction de son type, le chariot rempli ne doit pas dé-
passer un certain poids. Dans le cas contraire, il faut pré-
F G H voir sa mécanisation.
•• Brouettes et diables : maximum 80kg
•• Chariot ou casier porte-outillage et matériaux : maxi-
mum 300kg
•• Transpalettes manuels : maximum 600kg
✒✒ Visibilité
La hauteur du chariot rempli ne doit pas excéder 120cm
pour permettre la vision du sol et des obstacles éventuels.
B. Critères de choix des chariots ✒✒ Force maximale à développer pour la poussée ou la
Le choix du chariot devrait correspondre aux critères suivants: traction
✒✒ Hauteur cohérente du plateau de dépose Poussée à deux mains : force initiale acceptable en Newton
(pour 90% de la population)
La hauteur du plan de dépose des objets correspondant à
celui du plan de travail évite des changements de niveau de la Hauteur des Distance de Distance de Distance de
poignées (cm) parcours/ fré- parcours/ fré- parcours/ fré-
charge lors de son transfert. Cette adaptation est aisée lorsque quence 1 x par quence 1 x par quence 1 x par
les hauteurs des plans de travail sont identiques. Lorsque les minute 5 minutes 8 heures
objets à stocker sont de hauteur variable, l’utilisation de cha- 2m 2m 2m
riots avec des plateaux réglables en hauteur est judicieuse. H F H F H F H F
✒✒ Hauteur des poignées 144 135 250 170 260 200 310 220
95 89 260 170 280 200 340 220
Pour éviter de devoir se pencher pour pousser ou tirer
64 57 240 140 250 160 310 180
le chariot, les poignées doivent être situées entre 90 et
8m 8m 8m
120cm du sol.
144 135 210 160 220 180 260 200
95 89 230 160 250 190 300 210
64 57 200 140 210 160 260 170
15 m 15 m 15 m
144 135 190 140 200 150 250 170
95 89 220 140 230 160 280 170
64 57 190 120 200 130 240 150
30 m 30 m 30 m
144 135 150 120 190 140 240 170
Chariot avec poignées situées à 95 89 170 120 220 150 270 180
bonne hauteur (entre 90 et 120 64 57 140 110 190 120 230 150
cm)
D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2:
Pushing and pulling (ISO 11228-2:2007,IDT)
✒✒ Roues adaptées au terrain
Les roues du chariot sont choisies
en fonction du type de terrain et des
éventuelles différences de niveau du
sol. Les chariots aux roues de grand
diamètre sont plus faciles à manœu-
vrer en terrain irrégulier.
51
Poussée à deux mains : force de roulage acceptable en New- Traction à deux mains : force de roulage acceptable en New-
ton (pour 90% de la population) ton (pour 90% de la population)
Hauteur des Distance de Distance de Distance de Hauteur des Distance de Distance de Distance de
poignées (cm) parcours/ fré- parcours/ fré- parcours/ fré- poignées (cm) parcours/ fré- parcours/ fré- parcours/ fré-
quence 1 x par quence 1 x par quence 1 x par quence 1 x par quence 1 x par quence 1 x par
minute 5 minutes 8 heures minute 5 minutes 8 heures
2m 2m 2m 2m 2m 2m
H F H F H F H F H F H F H F H F
144 135 150 100 180 110 220 140 144 135 120 100 150 110 180 150
95 89 160 90 190 100 230 130 95 89 160 100 190 110 240 140
64 57 160 80 180 90 230 120 64 57 170 90 200 100 250 130
8m 8m 8m 8m 8m 8m
144 135 130 70 150 80 180 110 144 135 100 90 120 100 150 130
95 89 130 80 150 90 180 110 95 89 130 90 160 100 190 130
64 57 120 70 140 80 180 110 64 57 140 80 170 90 200 120
15 m 15 m 15 m 15 m 15 m 15 m
144 135 110 40 130 70 160 90 144 135 90 60 100 80 130 110
95 89 110 40 130 70 160 100 95 89 120 60 140 80 170 110
64 57 110 40 120 70 150 90 64 57 120 60 150 70 180 100
30 m 30 m 30 m 30 m 30 m 30 m
144 135 60 40 120 60 160 80 144 135 70 50 90 70 130 100
95 89 60 40 120 60 160 90 95 89 70 50 120 70 170 100
64 57 60 40 110 60 150 80 64 57 70 50 130 60 180 90
D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2: D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2:
Pushing and pulling (ISO 11228-2:2007,IDT) Pushing and pulling (ISO 11228-2:2007,IDT)
52
B. Réduire le volume
La taille des caisses et bacs ne devrait pas excéder les dimen-
sions suivantes:
Longueur : 40cm
Largeur : 30cm
Hauteur : 30cm
Ces dimensions réduites permettent de rapprocher le centre
de gravité de la charge plus près du corps et donc de dimi-
nuer l’impact de l’effet bras de levier sur la colonne vertébrale.
D’autres caractéristiques complètent ces qualités : absence de
bords tranchants, centre de gravité localisé au milieu de l’objet,
stabilité du contenu, ...
53
L’emploi de couteaux ergonomiques permet d’éviter les
flexions du poignet
Le diamètre de la poignée ou du manche est primordial : de
forme ovale ou cylindrique et d’un diamètre compris entre
30 et 45 mm pour les prises de force et de 5 à 12 mm pour
les travaux de précision. Il convient que la plus grande partie
possible du manche soit en contact avec la paume de la main
et des doigts et ne provoque pas de point d’hyperpression. La
poignée doit permettre de saisir l’objet à pleine main et avec
les cinq doigts plutôt que du bout des doigts ou avec une prise
partielle.
Une matière antidérapante comme du caoutchouc rainuré
assure une meilleure prise encore.
Privilégier les poignées des seaux avec les diamètres les plus grands
(1,9 à 3,8 cm) pour limiter les contraintes lors de la prise.
B. Poignées et manches
La prise en main d’un outil conventionnel oblige souvent à plier
le poignet pour effectuer la tâche demandée. La conception de
l’outil en fonction de la particularité de l’axe avant-bras- main 50 à 65 mm
réduit cette contrainte. En d’autres mots, « pliez l’outil plutôt
que le poignet » ! L’utilisateur doit pouvoir empoigner, tenir et
utiliser l’outil en tenant le poignet droit..
54
E. Entretien
L’usure de l’outil, sa vétusté compliquent le maniement et aug-
mentent l’effort à développer pour le manipuler. L’entretien et
l’affutage réguliers sont deux paramètres à prévoir, de même
que le remplacement éventuel de l’appareil défectueux. L’affu-
tage de la chaîne de la tronçonneuse réduit les forces à exer-
cer pour la maintenir de même que les vibrations produites.
B. Le rangement
Le rangement du lieu de travail et le nettoyage du sol contri-
buent à éviter des chutes ou des heurts consécutifs à des ob-
jets qui traînent.
55
C. Les surfaces de circulation 8.1.9 Organiser son travail
L’élimination de trous, de bosses ou petites différences de A. Rotation des tâches
niveau inattendues sur un sol théoriquement régulier évite les
La rotation des travailleurs entre les différentes tâches di-
chutes ou faux pas douloureux. Le balisage des voies de circu-
versifie le travail et contribue à réduire l’effet délétère des
lation et l’interdiction de déposer des objets dans la surface
contraintes répétées sur les mêmes articulations. Pour cer-
délimitée ainsi que la mise à disposition de poubelles et conte-
tains travailleurs, cette alternance est source de satisfaction.
neurs à déchets sont des mesures de prudence essentielles.
En outre, elle accroît la flexibilité des travailleurs concer-
Les échelles, escaliers ou rampes inclinées doivent être adap- nés. Étant donné que chaque tâche n’est exécutée que du-
tés au type d’activité et à la fréquence d’utilisation. Lorsque rant une période limitée, le risque lié à certains facteurs de
des activités de manutention sont fréquentes, le remplace- charge physique est réduit. Cette alternance présente plu-
ment d’une échelle par un escalier ou mieux encore par un sieurs avantages : travail plus varié et moins répétitif, réduction
monte-charge s’avère opportun. Le maintien de la qualité et la de la charge unilatérale des muscles et des tendons, moins
stabilité de ces éléments sont des éléments primordiaux. de risques de surcharge, plus de flexibilité dans l’entreprise
(un plus grand nombre de travailleurs maîtrise un plus grand
Caractéristiques d’un escalier droit:
nombre de tâches).
Compte tenu de la répartition du risque, la rotation dans le
travail ne peut être considérée comme la seule solution. Le
risque existe que plusieurs tâches nécessitent la même charge
corporelle, ce qui ne résout donc pas le problème. De même,
l’élargissement de la fonction est susceptible d’exposer les tra-
vailleurs à un nombre plus élevé de tâches à risques.
Le risque ne peut donc être traité uniquement par des me-
sures d’ordre organisationnel. Si la charge est trop lourde, il
faudra également agir sur le poste de travail, la tâche et l’envi-
ronnement de travail.
Il faut bien sûr permettre une adaptation du personnel aux
nouvelles tâches via une formation et ainsi leur donner la
possibilité de trouver le meilleur mode opératoire. Un comi-
té d’organisation (avec des représentants de la direction, de
• Hauteur des marches (H): entre 13 et 17 cm la hiérarchie et des travailleurs) doit être formé pour cette
• Profondeur de la marche (G) : entre 28 et 36 cm mise en place. L’avis des travailleurs est primordial et cette
• Rapport entre les deux : 2 H + G compris entre 60 et 64 cm forme nouvelle d’organisation ne doit pas être imposée. Les
• Des mains courantes ou garde-corps sont indispensables. questions comme la peur de perdre son droit d’ancienneté, le
salaire, la responsabilité des erreurs doivent être abordées. Un
D. L’éclairage
projet pilote peut être mis en place au préalable de l’extension
L’éclairage doit être conçu suffisant en intensité et homogé- à toute l’entreprise. Si l’expérience est concluante, une pé-
néité, pour éviter des trous noirs ou des endroits éblouissants. riode d’essai à plus grande échelle est mise en place en veillant
à un soutien concernant l’organisation.
56
• Encourager les travailleurs à varier les postures et à se dé- G. Stretching
tendre lors de pauses courtes pendant la période de travail. On peut proposer d’améliorer la capacité physique des tra-
• Proposer une formation à l’analyse des risques de TMS vailleurs en leur proposant un entraînement physique général.
auprès des opérateurs et de la ligne hiérarchique afin de Ces séances de fitness doivent être encadrées et réalisées de
détecter précocement les contraintes de travail en matière façon régulière. Il faut aussi éviter tout risque de surcharge par
de TMS. des exercices inadaptés ou un mauvais dosage de l’effort.
• Éviter les cycles de travail trop courts: élargir l’ensemble de
tâches, roulement des tâches,… Il faut néanmoins veiller à
ne pas augmenter pour autant la charge mentale
57
I. Formation Tous ces problèmes doivent être appréhendés lors de l’analyse
La formation et/ou l’information doivent concerner l’ensemble des risques, mais sortent du cadre de cet ouvrage. Pour avoir
des acteurs de l’entreprise. La hiérarchie et les travailleurs for- un panorama complet des problèmes et solutions liés au tra-
més se sentent ainsi mieux impliqués dans les changements vail sur écran, il est conseillé de consulter le manuel édité par
mis en œuvre au niveau de l’organisation du travail, de l’envi- le SPF concernant le travail sur écran.
ronnement de travail, du lieu de travail, ...
A. Conseils pour l’adaptation du bureau
Il est important, dès lors, d’inculquer à toutes les personnes dans la pièce
concernées les techniques et les méthodes les plus appro-
Cinq conseils peuvent être donnés pour positionner les bu-
priées. Les objectifs de la formation sont clairement expliqués
reaux et les écrans d’ordinateur dans un local
avant la mise en place de celle-ci.
1. Éviter les reflets dans les écrans occasionnés par la lu-
Dans cette optique, il convient, lors de l’analyse de risques qui
mière du soleil, la lumière artificielle ou par la réflexion
précède la formation, d’accorder toute l’attention voulue à la
des sources lumineuses. Les reflets diminuent la lisibilité de
perception subjective des travailleurs ... Les informations ainsi
l’écran. Un écran placé perpendiculairement aux fenêtres
acquises pourront ensuite être intégrées dans la formation, ce
et des luminaires comprenant des lamelles qui évitent un
qui ne fera qu’accroître l’implication des travailleurs. D’autre
dispersement latéral de l’éclairage résolvent le problème. Il
part, avant de commencer la formation des travailleurs, il est
faut également éviter de positionner l’écran sous un lumi-
indispensable de s’assurer que les cadres ont réellement la
naire direct ou trop près de la fenêtre. Lorsque la disposi-
volonté d’améliorer les conditions de travail.
tion de la pièce ne permet pas de placer l’écran perpendi-
culairement aux fenêtres, l’utilisation de stores est requise
2. éviter les contrastes trop grands entre l’écran et son en-
8.1.10 L’ergonomie de bureau et la position vironnement. Disposer l’écran perpendiculairement aux
assise fenêtres est recommandé ici aussi. Le rapport d’éclaire-
Les problèmes rencontrés lors d’un travail administratif ne ment réfléchi (calculé en candela par m²) entre les zones
se bornent pas aux problèmes de type musculosquelettique. visuelles centrale, proche et éloignée doit correspondre à
Il n’est pas rare d’être confronté à des problèmes oculaires un facteur 1 – 3 – 10. Il est conseillé d’éviter d’utiliser du
(yeux lourds, larmoiements, …) ou des céphalées. Les pro- mobilier sombre (clavier, bord de l’écran, bureau, armoire,
blèmes liés à l’environnement physique de travail sont égale- …) qui provoque un contraste élevé avec le document
ment rencontrés (bruit, chaleur, …). papier blanc ou le fond de l’écran, placés généralement
proche du centre de vision de l’utilisateur
Les plaintes oculaires peuvent avoir plusieurs origines:
• Un niveau d’éclairage mal ajusté : 3. Ménager une profondeur de vision suffisante. Le champ de
Un éclairage trop faible oblige à agrandir exagérément la vision à côté ou au-dessus de l’écran doit être suffisant. Un
pupille (qui peut être comparable au diaphragme de l’appa- espace d’au moins deux mètres doit être prévu derrière
reil photo). Or les variations du diamètre de la pupille sont l’écran de manière à ce que les yeux puissent fixer un point
possibles grâce à la contraction des muscles de l’iris qui l’en- au loin et ainsi détendre les muscles oculaires
tourent. Toute contraction soutenue éprouve ces muscles 4. Eviter les regards et les portes dans le dos. Ceci est un
et peut donner lieu à ce sentiment de fatigue oculaire. Un facteur psychologique important, auquel sont sensibles de
éclairage trop puissant oblige à contracter exagérément la nombreuses personnes travaillant dans un bureau
pupille et donc aboutit au même phénomène de fatigue vi- 5. Respecter le sentiment de territoire. On devra prendre en
suelle. compte ce sentiment lors de la division de l’espace des-
• Des contrastes trop importants dans le champ visuel : tiné au bureau et éviter les bureaux trop proches l’un de
Des zones sombres peuvent être constituées par un mobi- l’autre.
lier de couleur noire sur un mur blanc, un écran à fond noir
ou un clavier noir sur une table claire. Les zones éblouis-
santes peuvent être la conséquence d’un luminaire non pro-
tégé ou du soleil à travers la fenêtre. Une alternance de
zones sombres et claires provoque une alternance répétée
de contraction et dilatation de la pupille.
Disposition de bureaux
dans un local selon les
5 règles
58
Les valeurs d’éclairement préconisées sont fixées entre 300 • en appuyant le dos contre le dossier pour réduire la pres-
et 500 lux pour un travail de bureau (certaines publications sion sur le bas de la colonne
plaident même pour des valeurs allant jusque 750 lux). Néan-
moins, il faut être attentif au fait que ces valeurs conviennent
à des personnes d’environ 40 ans. La quantité requise de lu-
mière pour une personne de 60 ans est approximativement
10 fois plus importante que pour une personne de 20 ans et 5
fois plus importante que pour une personne de 40 ans. La mise
en place d’un éclairage individualisé est donc recommandée
pour convenir la plus grande partie possible des personnes.
Un éclairage modulable au niveau central est aussi une possibi-
lité, s’il ménage un éclairement uniforme (sans zones sombres).
59
B.b La chaise
Le réglage de la chaise est primordial. Deux critères sont à
envisager:
• S’adapter à la morphologie de la personne
• S’adapter à l’activité réalisée
Dès lors, la chaise devrait comporter les réglages suivants,
faciles à utiliser et simples à comprendre:
• Réglage de la hauteur de l’assise : l’utilisateur doit pouvoir
régler le siège à une hauteur permettant d’avoir les coudes
au niveau du plan de travail, le tronc redressé et les pieds à
plat au sol, genoux fléchis aux environs de 90°. Lorsque la
table est de hauteur fixe et que la personne ne peut poser
les pieds au sol en position assise, il faut proposer un re-
pose-pieds. Réglage du dossier pour une Réglage de la hauteur du dossier
• Réglage de l’inclinaison de l’assise : ce réglage permet de gar- tâche passive (et du soutien lombaire)
der une posture confortable en fonction du type de travail à
effectuer. Un travail « actif » comme la saisie de données ou
• Réglage de la profondeur de l’assise: pour ne pas comprimer
l’encodage nécessite une assise basculée vers l’avant alors
le creux du genou ou avoir la moitié de la cuisse en dehors
que l’assise basculée vers l’arrière profitera à un travail «
de l’assise, il est préférable de régler cette profondeur afin
passif » comme lors d’une conversation téléphonique par
que la partie antérieure de l’assise soit située à 4cm du pli
exemple.
du genou.
• Réglage des accoudoirs: si des accoudoirs sont prévus, ils
doivent être munis de la possibilité de régler leur hauteur,
écartement et position antéro-postérieure et ne pas être
trop longs pour permettre à l’utilisateur de se rapprocher
aisément de la table.
60
B.d L’écran B.g Repose-pieds
Les critères suivants sont à respecter pour positionner l’écran Si la table n’est pas réglable en hauteur et l’utilisateur de petite
sur la table: taille, il ne peut pas poser ses pieds au sol. L’utilisation d’un
• Distance entre les yeux et l’écran : 40 à 80cm (en fonction repose-pieds est nécessaire. Il doit posséder les caractéris-
de la taille de l’écran et du confort de l’utilisateur). tiques suivantes:
• Hauteur de l’écran : le centre de l’écran situé à 20° sous la • Aisément réglable en hauteur jusque 20cm
ligne de vision horizontale (ce qui équivaut pour un écran • Inclinable
de taille moyenne à placer le bord supérieur de l’écran à • Suffisamment large pour soutenir les deux pieds et per-
hauteur des yeux) pour éviter de fléchir ou étendre trop la mettre le mouvement
nuque (sauf pour les porteurs de lunettes à doubles foyers
ou progressifs, dans ce cas, l’écran sera positionné nette-
ment plus bas)
• Situé perpendiculairement aux fenêtres extérieures (pour
éviter les reflets et éblouissements)
• Disposer d’une distance de 2 mètres au moins derrière
l’écran (pour laisser les yeux se reposer en regardant au
loin de temps à autre)
• Face à l’utilisateur (pour éviter la rotation de la nuque)
B.h Porte-document
Un support pour documents, placé près de l’écran évitera des
changements fréquents de distance de lecture et des mouve-
Hauteur de l’écran par rapport
aux yeux : 20° sous la ligne hori- ments de va-et-vient de la tête. Certains modèles de porte-
zontale du regard documents peuvent être positionnés entre le clavier et l’écran.
Ils permettent de poser dessus des objets plus lourds (livres
ou fardes).
B.e Clavier
• De couleur claire, le clavier doit être disposé face à l’utilisa- B.i L’ordinateur portable
teur. Un espace de minimum 10cm par rapport au bord de L’utilisation d’un ordinateur portable de façon soutenue (plus
la table est nécessaire pour permettre aux poignets de se d’une heure par jour) est contraignante sur plus d’un aspect:
poser sur la table en dehors des périodes d’encodage • Écran placé trop bas
• De face par rapport à l’utilisateur • Clavier de petite taille et non séparé
• Très légèrement incliné (5°) pour éviter de trop solliciter les • Absence de souris
poignets
Il est donc souhaitable lors de l’utilisation régulière d’un tel
B.f Souris ordinateur de prévoir quelques aménagements:
• Utiliser un support pour le portable (ou un écran complé-
• De préférence de couleur claire
mentaire) permettant de le placer à la hauteur recomman-
• Prévoir suffisamment de place pour laisser reposer l’avant-
dée.
bras (éventuellement sur l’accoudoir)
• Un clavier et une souris complémentaires doivent complé-
• Disposée dans l’axe de l’épaule pour ne pas fatiguer l’articu-
ter cet aménagement.
lation
• Suffisamment plate et adaptée à la taille de la main pour ne
pas provoquer de crispation
• Choisir une souris dont la taille correspond à la taille de la
main (Small à X-Large)
61
8.1.11 Prévenir les vibrations corps entier possible de rechercher de meilleures postures protectrices,
que ce soit pour les activités de manutention ou pour les
A. Choix du véhicule
gestes de flexion du dos vers l’avant.
Les véhicules les plus hauts sont à privilégier, car ils permettent
d’y entrer et d’en sortir plus aisément. L’apprentissage de ces postures trouve admirablement sa
place dans le cours d’éducation physique. Les pages suivantes
B. Veiller à la qualité des pneumatiques donnent des pistes relatives à l’apprentissage de ces solutions
Le gonflage adéquat des pneus diminue les vibrations trans- gestuelles.
mises. Des pneus sous-gonflés ou sur-gonflés peuvent par Les pages précédentes concernant l’ergonomie ont mis en
contre les augmenter. avant le principe selon lequel il faut d’abord songer à adapter
C. Régler son siège et sa posture la situation de travail avant modifier ses gestes.
Penser avant d’agir, c’est faire en sorte par exemple d’éviter
de se pencher inutilement vers l’avant en déposant momen-
tanément un seau sur une table plutôt que de le poser au
sol. Il existe certainement un grand nombre de situations où
le dos peut être protégé en réfléchissant à une façon simple
d’adapter la situation. C’est une façon très simple de protéger
son dos. S’il n’est pas possible de faire de la sorte, alors il faut
adapter ses gestes et postures.
Respecter les positions articu-
laires les plus neutres possible
Les solutions gestuelles reposent sur deux grands principes:
• Réduire les pressions sur la colonne vertébrale
• Maintenir les courbures naturelles de la colonne vertébrale
Il faut être attentif à régler son siège en fonction: Un exemple classique de manutention d’une charge avec deux
poignées permet d’expliquer ses deux principes.
• de la taille des jambes : pour profiter du support complet de
l’assise au niveau des cuisses, sans créer de point d’hyper-
pression
a. au niveau mi-cuisse si l’assise est trop courte
b. à l’arrière des genoux si l’assise est trop longue
L’angle interne des genoux doit correspondre à 110° environ.
Les cuisses sont horizontales ou en légère déclive vers l’avant
pour maintenir plus aisément la lordose lombaire
• de la taille des bras : pour éviter une tension des muscles de
la nuque si les bras sont trop étendus.
L’angle des coudes devrait correspondre à 15° de flexion.
• de la hauteur du buste : un bon réglage de la hauteur et
de l’inclinaison du dossier permet de combiner un soutien
lombaire adéquat et une aisance de mouvement, notamment
pour pouvoir se retourner facilement.
62
disposition des pieds en équerre, un pied en avant, l’autre sur 8.2.3 Les gestes complémentaires de protection
le côté (en diagonale). Généralement, le pied de la main do- sans tâche de manutention
minante se place en avant. Nous verrons que pour d’autres Le dos n’est pas uniquement en péril lorsqu’on soulève une
types de charge, les pieds peuvent se disposer en parallèle. charge, la répétition de gestes de flexion du tronc vers l’avant
• à la réduction de l’inclinaison du tronc : plus le tronc est ou de rotation combinée à cette flexion fragilise et endom-
vertical, plus faible est la distance entre le centre de gravité mage le dos à la longue. Différentes façons de protéger son
de l’ensemble tête-tronc-bras et les derniers disques lom- dos existent pour ces situations.
baires. Il n’est pas possible de soulever une charge posée au
sol et de garder le tronc complètement vertical, mais le fait A. Prendre un appui antérieur sur le mobilier ou
de passer d’une inclinaison de 90° à une inclinaison de 30° la cuisse
réduit le bras de levier de 20 cm à 10 cm. L’utilisation d’un appui antérieur consiste à poser une main sur
• à la flexion contrôlée des genoux : les genoux fléchis à 90° un support placé en avant du tronc (table, chaise, muret, …).
permettent de se rapprocher de la charge dans l’axe vertical. L’appui antérieur peut également s’effectuer sur la jambe avant
En règle générale, une flexion de 90° est suffisante. Cela per- fléchie à l’aide de la main ou du coude. Cette façon de faire
met d’éviter une inclinaison du tronc trop forte. Une flexion permet de réduire nettement la pression sur la colonne ver-
au-delà de 90° présente quelques inconvénients majeurs: tébrale. On peut comparer cette façon de faire à l’utilisation
l’effort pour redresser les genoux est trop important, la d’un portique qui possède deux points d’appui alors que se
flexion au-delà de 90° provoque en même temps une flexion pencher sans appui peut être comparé au principe d’une grue.
de hanches importante qui provoque une bascule du bassin Le maintien de la lordose naturelle en complément est re-
vers l’arrière et donc une délordose et un mauvais posi- commandé pour répartir la pression sur l’ensemble du disque
tionnement articulaire vertébral (pincement antérieur et intervertébral.
distension postérieure). D’autre part, la flexion prononcée
des genoux comprime fortement le cartilage de la rotule et Cette technique peut être appliquée également lors de la ma-
peut être préjudiciable à terme. Nous verrons plus loin que nutention d’une charge avec une poignée, l’autre main étant
la flexion prononcée des genoux peut être proposée pour placée en appui soit sur la cuisse soit sur un support.
les postures sans charge à soulever. Les photos suivantes montrent quelques applications de cette
technique.
63
B. Adopter une position genoux fléchis ou accroupie D. Poser un genou au sol
Si l’on recommande de ne pas dépasser 90° de flexion des Si le sol n’est pas trop irrégulier, poser un genou au sol est une
genoux lors des manutentions de charges, la flexion complète solution satisfaisante pour protéger son dos lorsque les autres
des genoux est utile pour remplacer la flexion du tronc vers solutions ne sont pas envisageables.
l’avant. Le tronc reste vertical, la colonne est soumise à moins
de pression. Si les genoux sont malgré tout fortement fléchis,
l’effort n’est pas aussi considérable en absence de charge que
s’il fallait se redresser avec une charge de 15 kg en mains. Ce
mouvement, fréquemment recommandé par les thérapeutes
est peu réalisé, soit par négligence, soit par manque d’entraîne-
ment. L’habitude estompera assez rapidement la sensation de
fatigue au niveau des cuisses et c’est en même temps un exer-
cice de tonification musculaire. Remarquez également que la
courbure lombaire vers l’avant est maintenue au moyen d’une
contraction volontaire des muscles du dos.
Il faut toujours garder à l’esprit que le maintien prolongé de
la flexion des genoux deviendra pénible tant pour les genoux E. Mouvement de balancier et maintien
que pour le dos qui a tendance à se courber vers l’arrière et de la lordose lombaire naturelle
donc à étirer les structures ligamentaires et discales. L’élévation de la jambe vers l’arrière en même temps que le
tronc s’incline vers l’avant est une autre alternative. Le mouve-
ment de balancier permet un redressement vertical plus aisé.
C. Fléchir les hanches et maintenir la lordose La protection du dos nécessite un maintien des courbures
naturelle naturelles et un appui antérieur d’une main..
Dans certaines situations, la flexion de genoux n’est pas pos-
sible ou insuffisante en raison de l’accès difficile à l’objet et il
faut malgré tout incliner le tronc vers l’avant. L’alternative à ce «
dos rond » consiste à maintenir la courbure naturelle lombaire
(lordose). La flexion du tronc vers l’avant s’effectue à partir des
hanches. Le maintien de cette lordose lombaire permet aux pla-
teaux vertébraux de maintenir une répartition homogène des
pressions. La surface d’appui reste maximale, le pincement anté-
rieur du disque est éliminé. La pression globale sur le disque
reste importante : 250 kg en maintenant la lordose contre 300
kg le dos rond (voir explication en annexe). Par contre, le calcul
de la pression par unité de surface est édifiant:
• 40 kg/cm² dans la position penchée en avant dos rond
• 17 kg/cm² dans la position avec le maintien de la lordose
8.2.4 Quelques exemples de gestes appropriés
La difficulté d’application de ce geste réside dans le fait que à des charges spécifiques
pour maintenir la lordose, les muscles de la partie postérieure
des cuisses doivent être suffisamment souples pour permettre A. Charge rectangulaire avec deux poignées
au bassin de pivoter autour des hanches. Une raideur de ces Trois critères de réussite sont proposés :
muscles (ischio-jambiers) contrarie le mouvement correct. Le • Encadrement de la charge
maintien de la lordose exige • Flexion contrôlée des genoux (90°)
également une contraction • Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
des muscles paravertébraux
Le geste de manutention se décompose en 4 temps (explica-
plus importante que lorsque
tion pour un droitier):
l’on se penche le dos arrondi.
Ces deux facteurs expliquent Position de départ : pieds face à la longueur de la charge
sans doute pourquoi peu de 1. Avancer le pied droit
personnes réalisent spon- 2. Écarter le pied gauche (les talons placés aux coins en diago-
tanément ce geste de façon nale)
correcte. L’entraînement et 3. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir les poignées
la pratique régulière du geste 4. Étendre les genoux
correct assoupliront et toni-
fieront les muscles impliqués.
64
B. Charge sans poignée:
Quatre critères de réussite sont proposés:
• Encadrement de la charge
• Flexion contrôlée des genoux (90°)
• Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
• Basculement de la charge vers l’avant (pour se créer une
prise)
On peut décomposer la manutention en 5 temps (explication
pour un droitier) :
Position de départ : pieds face à la longueur de la charge
1. Avancer le pied droit
2. Écarter le pied gauche (les talons placés aux coins en diago-
nale)
Bonne et mauvaise et postures pour soulever une charge avec deux
poignées : la diminution de pression est manifeste : 260 kg en moins à 3. Fléchir les genoux (à 90°), placer la main droite au coin avant
chaque bonne manutention droit et la main gauche sur le coin arrière gauche
4. Basculer la charge vers l’avant et placer la main gauche sous
le coin arrière gauche
5. Étendre les genoux
65
Posture pour soulever une caisse
sans poignée : remarquez le bas-
culement de la caisse vers l’avant
pour se créer une prise
66
3. Basculer la charge vers l’avant (environ 45°) avec une main
(ou avec deux mains si elle est trop lourde pour le faire
d’une seule main)
4. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir la partie antérieure de la
charge, l’autre main se place sous la partie inférieure de la
charge
5. Étendre les genoux en pivotant la charge vers le côté (pour
éviter qu’elle ne gêne le redressement des jambes) Cinq critères de réussite sont proposés:
• Encadrement de la charge en deux temps
• Flexion contrôlée des genoux (90°)
• Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
• Redressement de la charge vers l’avant (pour se créer une
prise)
• Basculement de la charge vers l’avant
On peut décomposer la manutention en 6 temps (explication
pour un droitier) :
Position de départ : pieds face à la largeur de la charge
1. Écarter le pied droit et le pied gauche
2. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir les côtés du sac
3. Redresser le sac en étendant les genoux
E. Sac 4. Pivoter le sac (pour le positionner dans l’axe antéro-posté-
rieur) et le basculer vers l’avant en avançant les pieds
5. Saisir le coin postérieur (dessous) avec la main gauche (la
main droite reste en place au coin supérieur avant)
6. Étendre les genoux en tirant la main droite vers le haut
(comme pour démarrer une tondeuse)
F. Soulever à deux
Une charge trop lourde ou trop volumineuse pour être sou-
levée par un seul opérateur peut être manutentionnée à deux
personnes à moindre risque. Les principes généraux de manu-
tention devront être respectés, mais il faut être attentif à la
coordination entre les équipiers et décider d’un leader qui
organise le mouvement, notamment en déclenchant le mouve-
ment par un signal convenu entre les deux.
67
G. Déposer une charge sur un appui plus élevé que Il est parfois possible de se le procurer auprès des services
la hauteur des cuisses d’aide à domicile ou des institutions mutualistes. Certains bé-
L’impulsion donnée par la cuisse (le gerbage) à la charge lui néficiaires peuvent acquérir ce matériel ou mobilier qui peut
donne un mouvement ascensionnel qui permet la dépose à également leur être utile.
une hauteur supérieure à la prise de mains.
68
Il est important de veiller à adopter fréquemment des posi-
tions différentes. Une bonne position adoptée trop fréquem-
ment pourrait à la longue devenir fatigante pour les mêmes
muscles et trop sollicitante pour les mêmes articulations.
Les systèmes combinés de nettoyage avec manche télesco-
pique et d’essorage sont tout à fait recommandés. Ils per-
mettent de travailler en position redressée et fatiguent moins
le dos. Le système d’essorage économise les poignets et les
avant-bras et diminue donc le risque de tendinite du coude et
de problème de canal carpien par exemple. Légèrement plus
onéreux que l’ensemble seau – torchon - raclette classique, il
est cependant souhaitable que le bénéficiaire ou le service en
mette un à la disposition des prestataires. L’information sur
l’usage correct de ce matériel doit être fournie.
69
Pour soulever et déplacer un seau ou un bidon, il est préfé-
rable de fléchir les genoux et d’utiliser un appui de la main sur Sinon on plie ses genoux
la cuisse. Pour essorer le torchon, il est recommandé de poser
le seau en hauteur (tabouret, …) ou de fléchir les genoux.
70
B. Laver la baignoire, la douche ou le wc
Appuyer la main libre sur le bord, voire même se mettre dans
la baignoire sont des solutions possibles. De même, pour laver
le wc ou la douche, éviter la position jambes tendues, dos rond.
71
C. Laver les vitres D. Dépoussiérer ou cirer les objets, le mobilier
Pour atteindre le haut de la vitre, un tabouret stable est utile Atteindre l’extrémité ou la partie supérieure ou inférieure du
pour ne pas trop s’étendre en arrière. Pour éviter de s’incliner meuble entraîne souvent des contorsions du tronc. Utiliser
sur le côté, il vaut mieux prendre le temps de descendre du un tabouret stable et solide pour atteindre le haut du meuble
tabouret pour le déplacer que de risquer de se faire mal au évite de s’étendre fortement. Prendre un appui antérieur de la
dos ou de tomber. La partie inférieure des portes vitrées se main libre sur le meuble diminue la pression sur le bas du dos.
lave en pliant les genoux ou en prenant un appui. Veiller à tra-
vailler en alternant le bras gauche et le bras droit répartit les
contraintes et les diminue pour chaque membre.
L’utilisation d’un manche télescopique peut être ici aussi
conseillée.
Manche télescopique
72
L’espace pour les pieds permet de se rappro-
cher du plan de travail
E. Faire la vaisselle
La hauteur de l’évier n’est pas toujours adaptée à la taille de
l’utilisateur. Le fond de l’évier est parfois trop bas. L’utilisation
d’un support sur pied (ou bassin retourné) posé dans le bac
permet d’avoir un fond placé plus haut. On peut également
adapter sa position en essayant de maintenir la lordose lom-
baire.
Evier trop bas pour Un bassin posé sur un support pour travail-
l’utilisatrice ler à bonne hauteur
73
F. Refaire le lit 100cm). Ne pas laisser le lit contre un mur mais le placer vers
Changer les draps, remettre l’édredon sont des actions pé- le centre de la pièce permet de le contourner plus aisément.
nibles pour le dos. C’est plus délicat encore lorsque le lit est Rehausser le lit bas avec des supports est également une solu-
bas, difficile d’accès et oblige à se contorsionner. Appliquer des tion possible. Des lits réglables en hauteur existent. Les socié-
gestes corrects est ici encore primordial. Fléchir les genoux tés mutualistes peuvent en mettre à disposition.
ou poser un genou au sol, maintenir la lordose lombaire ou
prendre un appui sur le matelas ou les montants du lit sont des
possibilités gestuelles. Le balancier d’une jambe vers l’arrière
peut aider pour se redresser plus facilement par après.
Différents modèles de
rehausse pour le lit
74
Manne à linge avec des pieds repliables
75
H Faire les courses
Les articles proposés en grande surface ou à l’épicerie sont
disposés à des hauteurs variées. Les saisir nécessite également
d’être attentif à son dos.
Un caddie est utile pour les ramener vers le domicile lorsqu’on
est à pied, surtout si les pièces achetées sont lourdes et en-
combrantes. Une poignée à bonne hauteur et de grandes
roues le rendent plus facile à utiliser. Le déplacement du caddie
proche de soi et non en le tirant loin derrière soi est préfé-
rable. S’il est possible de le pousser devant soi, c’est encore
moins nocif pour le dos.
Hauteur adaptée à la Siège assis-debout (et
personne manne posée sur une
chaise)
J. Déplacer le mobilier
Il arrive parfois que, suite à la demande du bénéficiaire ou pour
aménager plus correctement les lieux, les prestataires doivent
déplacer des meubles, chaises et tables, tapis, lit, plantes voire
même bouteille de gaz, bois ou charbon. Le déplacement ou
rangement d’un fauteuil roulant est aussi possible. Les règles
de protection du dos sont d’une importance primordiale dans
ces activités de déménagement, le mobilier étant souvent d’un
Un coussin triangulaire placé sur le siège pour poids important. Se rapprocher de la charge, fléchir les genoux
améliorer la posture assise et maintenir les courbures naturelles de la colonne vertébrale
76
réduisent le risque, mais ne l’éliminent bien sûr pas. Utiliser K. Entrer et sortir de la voiture
le poids de son corps pour pousser ou tirer le mobilier est Beaucoup de prestataires de l’aide à domicile possèdent un vé-
recommandé. hicule. Une vue générale de la protection du dos nous amène
à donner ici aussi quelques conseils. Entrer dans le véhicule en
protégeant son dos consiste à s’asseoir dos au siège puis de
pivoter avec les jambes. Sortir du véhicule s’effectue en pivo-
tant d’abord sur le siège pour sortir les jambes.
Placer les courses dans le coffre peut aussi faire l’objet de re-
commandations. Déposer les charges lourdes près du bord du
coffre est plus protecteur que les poser dans le fond. Déployer
Le déplacement seul d’une table sur un sol lisse est facilité par la mise une couverture dans le fond du coffre et déposer les objets
en place de chiffons sous les pieds de la table, et par la poussée du dessus permet de les glisser à soi en tirant la couverture sans
meuble
se pencher trop fort.
On peut compléter les recommandations en préconisant de
se faire aider par un(e) collègue, en planifiant un temps de
travail à deux, même s’il semble que cela soit difficile.
Des aides matérielles existent également telles que des patins
ou des leviers pourvus de roulettes. Lorsqu’il faut fréquem-
ment déplacer des plantes en pot, l’utilisation d’un support à
roulettes est judicieux.
77
Les points suivants sont essentiels pour ces activités de soin:
• prévenez le bénéficiaire des mouvements que vous allez
effectuer avec lui. Cela favorisera sa participation, diminuera
la charge pour votre dos et évitera bien des surprises.
• essayez de partir du mouvement naturel pour les manuten-
tions : pour se lever, il faut d’abord se pencher vers l’avant
et puis pousser sur les jambes. Pour s’asseoir, il faut d’abord
reculer le bassin et puis plier les genoux.
• donner l’impulsion nécessaire pour pallier au manque de
force de la personne, ne faites pas le geste à sa place, vous
contribuerez ainsi à maintenir son autonomie et à protéger
votre dos.
• soyez doux lors des manutentions et manipulations : une
prise à large main et des gestes mesurés sont plus appréciés
que des prises en pince et brusques.
• demandez au bénéficiaire de se rapprocher de vous, en vous
tenant aux épaules par exemple, mais jamais à la nuque, elle
est top fragile pour permettre de s’y suspendre.
A. Habillage / déshabillage
Équilibrer la posture en portant
un paquet dans chaque main A.a Mettre les habits
Certains habits (chemise, veste, …) sont plus pratiques à
Mettre le fauteuil roulant dans le coffre reste difficile malgré mettre que d’autres. Il est possible de faciliter la tâche d’ha-
les conseils de bonnes postures. billage en choisissant des vêtements amples et faciles à enfiler.
Des velcros peuvent remplacer avantageusement les boutons.
Conseiller le choix d’un fauteuil roulant léger avec des roues Enfiler les chaussettes, chaussures et pantoufles, attacher les
amovibles est judicieux. lacets sont des gestes plus contraignants pour le dos. Se posi-
tionner à genoux, accroupi
ou même assis sur une chaise
8.3.2 Les soins au bénéficiaire basse est plus protecteur pour
le dos. Disposer d’un chausse-
Aider une personne à se déplacer, à s’habiller ou à se lever
pied à long manche, choisir des
n’est pas une chose facile. La participation du bénéficiaire est
chaussures faciles à enfiler ou
inégale. Certaines personnes nécessitent une supervision lé-
remplacer les lacets classiques
gère alors que d’autres sont incapables de se déplacer seules
par des lacets élastiques (la
et requièrent une aide importante de la part du prestataire
boucle reste en permanence)
pour se mouvoir ; d’autres encore peuvent avoir des mouve-
sont des mesures complémen-
ments violents lorsqu’on les assiste ou des gestes qui contra-
taires.
rient le sens de la manœuvre. Il faut garder en tête que le
bénéficiaire doit rester actif autant que possible pendant ces
actes, faire certaines tâches à sa place fait peut être gagner A.b Mettre les bas
du temps momentanément, mais ne contribue pas à maintenir Placer ou ôter les bas (spécialement les bas de contention)
une certaine autonomie au bénéficiaire. Or, au-delà des consi- est souvent décrit comme particulièrement difficile. Outre les
dérations humaines pour le bien-être de la personne, c’est recommandations de bonnes postures, il existe des systèmes
cette autonomie, si faible soit-elle, qui aide à préserver le dos de traction mécanisés ou des aides techniques qui facilitent
des prestataires. cette activité.
La façon de communiquer pour solliciter la participation du
bénéficiaire est fondamentale. Expliquer doucement et claire-
ment les déplacements et gestes qui vont être réalisés, rassure.
Dresser une liste des capacités du bénéficiaire dès la prise en
charge est une mesure qui évite des malentendus. Connaître
les limites du bénéficiaire permet de le stimuler à être le moins
dépendant possible.
78
B. Déplacements et changements de position
de la personne
B.a Sur le lit : retourner la personne sur le coté
Saisir délicatement la jambe pliée et l’épaule de la personne
alitée permet de la mettre aisément de côté. Un drap (une
alèse) peut également être utilisé pour retourner la personne.
79
Lorsque le lit est surmonté d’un bras (perroquet), on peut
demander à la personne alitée de se tenir à la poignée et de se
tirer vers le haut tout en poussant sur les jambes (à condition
que la poignée soit reculée vers la tête du lit et repositionnée
après la manœuvre).
80
Si cette personne glisse trop souvent vers l’avant, on peut uti-
liser un système antidérapant (onewayglide) qui l’empêche de
glisser vers l’avant et permet un rehaussement plus facile.
Haussière
Position face à la personne pour une personne qui a des difficultés im-
portantes à se lever
Aide pour déplacer le bénéficiaire assis sur une chaise classique (Chai-
rie)
81
B.d Asseoir sur un siège suit la même procédure à l’envers. Suivant les possibilités, on
Le mouvement naturel pour s’asseoir consiste d’abord à recu- règlera l’inclinaison du dossier.
ler le bassin (faire une flexion des hanches) et puis à plier les
genoux. Pour aider une personne à s’asseoir, il faut lui impri-
mer ce mouvement du recul du bassin en poussant celui-ci
d’une main et en passant l’autre main sous l’épaule contre
l’omoplate pour retenir le tronc. Il faut fléchir les genoux en
même temps que la personne afin d’être toujours à même
hauteur.
82
L’utilisation d’un plateau tournant peut être utile pour aider
à pivoter la personne en position debout, s’il faut réduire la
durée de transfert de celle-ci. Le pivotement du plateau tour-
nant doit être contrôlé par le pied de l’aide.
Plateau tournant
Planche de transfert
83
Pour asseoir la personne sur le wc, les mêmes recommanda- B.g Marche, promenade
tions que celles faites précédemment sont à employer. Des L’accompagnement à la marche s’effectue latéralement à la
barres latérales de soutien peuvent être ajoutées de même personne. Le bras du coté de la personne ceinture celle-ci à la
qu’une rehausse à positionner sur la cuvette du wc pour faci- taille tandis que le bras du côté opposé est proposé en guise
liter le redressement (rehausse dont on peut resserrer les vis de support. Ainsi, tout déséquilibre est prévenu. Une ceinture
pour éviter tout risque de chute). Cette rehausse peut consis- de marche permet d’obtenir une prise plus ferme et sécurisée.
ter en un bloc (bois, …) placé sous le wc. La formule suivante
aide à déterminer la hauteur de la planche du wc :la hauteur
minimale d’assise égale à la taille de la personne divisée par 3,5.
Exemple : pour une personne mesurant 170cm, la planche du
wc doit être placée à une hauteur minimale de 48,5cm.
84
Quelques personnes utilisent un déambulateur ou cadre de
marche pour se déplacer. Cette aide permet de préserver
l’équilibre de l’utilisateur. Certains déambulateurs sont pour-
vus d’un panier pour pouvoir transporter de petits objets.
85
C. Les soins au bénéficiaire
C.a Alimenter la personne
Donner à manger au lit et donc s’asseoir sur le bord du lit
n’est pas une position très confortable. Souvent, le dos est
tourné de côté. S’asseoir le plus possible face à la personne
et respecter les courbures de la colonne vertébrale réduit les
risques.
La hauteur trop faible du lit est une contrainte qui peut être
C.b Donner les soins légers réduite en procédant à sa rehausse par des supports sous
Lors de l’application de pommade sur les jambes par exemple, forme de plots (voir précédemment). Un lit réglable en hau-
on peut protéger son dos en utilisant un petit tabouret et en teur (électriquement ou mécaniquement) constitue la meil-
corrigeant sa position pour se mettre le plus possible face à la leure adaptation.
partie corporelle à soigner.
L’application d’un bandage à la jambe est facilitée par un sup-
port pour la jambe du patient. Ce support posé sur le lit suré-
lève la jambe et évite de devoir la tenir en l’air pendant que
l’on applique le bandage.
86
C.e La douche
Le manque de place, les efforts pour préserver l’équilibre du
bénéficiaire et les positions pour aider à la toilette sont des
contraintes élevées pour le dos des prestataires.
Un siège adapté à la douche est plus sécurisant pour le béné-
ficiaire et permet ainsi à l’aide familiale de se positionner plus
aisément pour aider la personne sans se soucier du risque de
chute. Placer une barre d’appui comme pour le lavabo est aussi
une possibilité. Un tapis antidérapant est également recom-
mandé. Un meuble sur roulettes pour le rangement des usten-
siles de toilette soulage des contorsions inutiles.
C.f Le bain
L’accès à la baignoire est très souvent difficile pour une per-
sonne âgée ou handicapée. La position que le prestataire doit
adopter pour aider à y accéder est pénible pour le dos (tronc
penché en avant et en rotation). L’aide à la toilette est aussi
contraignante.
Une planche de transfert permet de passer plus aisément de
Siège avec pieds réglables la chaise roulante à la baignoire.
en hauteur
Une planche de rehausse (siège de bain) placée dans la bai-
gnoire permet à la personne d’être assise à une bonne hauteur
Réfléchir avant d’agir prend ici aussi tout son sens : s’organiser, et lui facilite le passage à la position debout. Des barres d’appui
c’est mettre tous les ustensiles dont on aura besoin près de confortent l’aide apportée.
soi. En effet, se rendre compte au milieu de la toilette que l’on
a oublié la serviette de bain est problématique lorsque l’on a
affaire à un bénéficiaire à l’équilibre instable.
87
E. Le choix de la tenue vestimentaire
Certaines tenues vestimentaires constituent une entrave
à l’adoption de certaines postures protectrices pour le dos
(plier les genoux). C’est notamment le cas des tabliers une
pièce, jupes et chaussures à talons. Protéger son dos consiste
dès lors à utiliser des tenues adaptées:
• Chaussures souples mais solidaires du pied et semelles anti-
dérapantes
• Vêtements souples et ne limitant pas les mouvements
88
Bonnes postures pour attacher ses lacets
Mauvaise posture
Bonnes postures pour balayer et passer l’aspirateur
89
Songer à placer dans chaque pièce une prise de courant à un F. La position assise: prendre un dossier dans
mètre de hauteur environ évite de devoir systématiquement le tiroir ou la mallette
se pencher (ou fléchir les genoux) pour insérer la fiche élec-
trique.
Mauvaise posture
90
H. Caresser le chien
I. Désherbage manuel
91
K. Stimuler dès le plus jeune âge • Exercices de renforcement musculaire (8 à 12 répétitions de
Il est intéressant de stimuler les enfants à protéger leur dos chaque exercice) 2 jours non consécutifs par semaine
dès le plus jeune âge. Jouer avec eux à protéger son dos en Ces études scientifiques proposent également la possibilité de
faisant comme papa et maman est une bonne solution pour comptabiliser les activités de la vie courante d’intensité modé-
chacun. Les petits se feront un plaisir de rappeler aux parents rée à élevée d’une durée minimum de 10 minutes).
les bons conseils pour économiser leur dos en cas d’oubli de
leur part. Cette régularité permet d’améliorer la force et l’endurance
cardio-vasculaire et musculaire. Certains voient également
dans l’activité physique un exutoire permettant de diminuer le
stress. Conjugué à de bonnes habitudes alimentaires, il permet
de contrôler le poids corporel.
En corollaire, de nombreuses personnes mentionnent le fait
que lorsqu’elles sont actives, leur mal de dos est diminué, voire
disparaît. Cela peut notamment s’expliquer par le fait que le
mouvement en général permet une cicatrisation plus rapide
des tissus tels que le disque intervertébral et permet un meil-
leur échange circulatoire.
L’activité professionnelle à l’hôpital requiert certainement une
L’enfant peut être encouragé à protéger son dos lors des activités de bonne dose de mouvements qui peuvent contribuer à main-
jeux, études, rangement, nettoyage tenir certains aspects de la condition physique : fléchir les
genoux plus fréquemment qu’à l’accoutumée tonifie la mus-
culature des cuisses et des fessiers, se pencher vers l’avant
en maintenant la lordose lombaire assouplit les muscles de
l’arrière des cuisses et tonifie la musculature du dos. Il est
8.5 L’activité physique
toutefois conseillé de compléter cette activité par la pratique
régulière d’exercices tels que ceux décrits par la suite, faciles à
8.5.1 Changer fréquemment de position
réaliser chez soi, avec un simple tapis de mousse.
Les positions maintenues longtemps et notamment la position
assise sont sans doute défavorables au point de vue nutrition
des disques. Nous avons vu que les changements de pression
au niveau de la colonne vertébrale provoquent un va-et-vient 8.5.3 Quels sont les sports recommandés ?
liquidien, tout comme dans une éponge. Il convient dès lors Les sports d’endurance font partie des activités possédant un
de varier autant que possible ses positions « pour nourrir ses impact positif pour le dos (la marche, le jogging, la natation, le
disques ». vélo). Le fitness pratiqué sous la surveillance de kinésithéra-
peutes se révèle une aide précieuse. Des précautions particu-
lières sont à prendre pour les sports asymétriques (le tennis
en est un exemple) ou impliquant des risques de chute.
8.5.2 Maintenir une bonne condition par
l’activité physique régulière
Une activité physique régulière est bénéfique pour la santé en
général. C’est un conseil classique préconisé par les médecins, 8.5.4 Quels sont les exercices que je peux
kinésithérapeutes, … pratiquer facilement ?
Les dernières recommandations du Collège américain de mé- A. Exercices de stretching (ou assouplissement)
decine du sport et de l’Association américaine d’étude des Ces exercices peuvent être pratiqués à n’importe quel mo-
maladies du cœur (2007) proposent en fonction de l’activité ment de la journée. Si le temps manque pour les faire d’affilée,
physique, les fréquences et durées suivantes: on peut en exécuter à des moments divers de la journée. Il
• Activité physique aérobie (intensité permettant aux muscles convient de respecter les principes du stretching:
de ne pas être en état d’asphyxie): • étirer de façon progressive
•• soit intensité modérée (comparable à la marche à un • garder une aisance dans l’étirement : un bon étirement ne
pas soutenu) : 30 minutes au moins 5 jours par semaine fait pas nécessairement mal
•• soit intensité élevée (comparable au jogging): 20 • maintenir la position d’étirement environ 20 secondes et
minutes, 3 jours par semaine éviter les mouvements saccadés
•• soit combinaison : 2 x 30 min. modérée et 2 x 20 min.
élevée par semaine
92
Préparation
étirement
B. Exercices de musculation
93
Ces exercices peuvent être effectués en trois séries de 15
répétitions et puis, au vu des progrès, les répétitions et les C. Exercices de mobilisation du dos
séries seront augmentées. Les mouvements de bascule du bassin et de flexion-extension
de la colonne permettent le relâchement des structures mus-
culaires contracturées et peuvent aussi favoriser une meilleure
nutrition du disque par des variations de pression. Ces mouve-
ments peuvent être réalisés couché sur le dos, assis ou debout.
94
9. Références complémentaires
Brochures et livres
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prise (4 quai des Etroits 69321 LYON CEDEX 05
•• Burel A., Gonzales F., Baron R., Dewitte J-D. : Une profession
méconnue : aide-ménagère. Archives des maladies profes-
sionnelles, 2000,61, n°6,379-388
•• CFES ( Comité Français d’Education pour la Santé) et l’As-
surance Maladie – livret pédagogique : protège ton dos !
•• CISME – le travail d’aide aux personnes âgées – avril 99
•• CNAMTS – Les risques professionnels dans les métiers de
l’aide et du soin à domicile – Chiffres clés en 2006 - 2008
•• Conseil de la santé et de la sécurité au travail de l’Ontario
– lignes directrices et manuel de ressources de prévention
des TMS pour l’Ontario - 2007
•• CSC : Le travail, c’est la santé – Infirmières, aide(s)-soi-
gnant-e(s), collection sur les troubles musculosquelettiques.
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•• CSC : Plein le dos de votre boulot – Nettoyage, collection
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•• Demaret J-P., Gavray F. Willems F. : Troubles musculosque-
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l’aide à domicile. SPF Emploi, Travail et Concertation sociale,
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•• Demaret J-P., Gavray F. Willems F. : Troubles musculosque-
lettiques – Prévention des maux de dos dans le secteur
de l’agriculture et de l’horticulture. SPF Emploi, Travail et
Concertation sociale, 2007, Bruxelles
•• Demaret J-P., Gavray F. : Troubles musculosquelettiques –
Prévention des maux de dos dans le secteur de la petite
enfance. SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, 2007,
Bruxelles
•• Demaret J-P., Gavray F. Willems F. : Troubles musculosque-
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hospitalier. SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, 2007,
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•• Dotte Paul Méthode de Manutention Manuelle des Malades.
Editions VIGOT MALOINE 27, rue de l’école de médecine
75006 PARIS, 2000
•• Eurogip – les troubles musculosquelettiques en Europe –
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culosquelettiques et le marché du travail belge - Stephen tion de handicap physique, mental ou sensoriel et apporter
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tion, 2009 tout autre service d’aide ou d’accompagnement.
•• Ver Heyen W. et Vandenbrande T. : Werken in de gezinszorg. •• Cette association propose un lieu non commercial d’appren-
Kwali¬teit van de arbeid van de verzorgenden HIVA-K.U.L. tissage et d’essai permettant à la personne ou à ses aidants
Louvain, 2005 de faire un choix motivé parmi différentes aides techniques,
adaptations, et aménagements possibles. Ces essais sont le
Vidéos complément indispensable des visites à domicile réalisées
•• INRS – TMS du membre supérieur – comprendre et agir - gratuitement par nos ergothérapeutes.
2001 •• Les conseillers proposent un choix d’aides techniques (par
•• INRS – A propos des TMS – une compilation de cinq films des fiches d’information, des brochures, ..), un projet d’amé-
– 2001 nagement en fonction des besoins, des capacités, des habi-
96
tudes de vie et de l’environnement de chacun (conjoints,
aidants familiaux, ...). Un dossier personnalisé est établi.
10. Annexes
•• Pour plus d’information : [Link], par mail : info@
[Link], par tél : 081 41.16.90, par fax 081 41.46.92 .
Cliniques universitaires de Mont-Godinne (UCL) – avenue 10.1 Annexe 1 : liste de contrôle pour
Docteur G. Thérasse, 1 – B 5530 Yvoir l’évaluation du risque de surcharge
physique due à des mouvements
répétitifs
10.1.1 Instrument pour le non-spécialiste
Question Réponse Action
1. Dans le cadre du tra- Oui Travail à risque
vail, doit-on régulière-
Ne sait pas Utiliser l’instrument pour
ment soulever/tenir des
le spécialiste (B)
charges au-dessus des
épaules? Non Passer à 2.
2. Dans le cadre du travail, Oui Travail à risque
doit-on régulièrement
Ne sait pas Utiliser l’instrument pour
tendre la main à plus de
le spécialiste (B)
50 cm? (distance entre
le milieu de l’épaule et le Non Passer à 3.
milieu de la main, mesu-
rée dans le plan hori-
zontal)
3. Si le travail exige égale- Oui Travail à risque
ment de la force, doit-on
Ne sait pas Utiliser l’instrument pour
régulièrement appliquer
le spécialiste (B)
une force maximale?
Non Passer à 4.
4. Travaille-t-on réguliè- Oui Travail à risque
rement à une vitesse
Ne sait pas Utiliser l’instrument pour
proche de la vitesse
le spécialiste (B)
maximale?
Non peu de risques
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7) le poignet doit régulièrement être plié dans une position Recommandation: garder les articulations en position inter-
fortement écartée de la position de repos médiaire durant les mouvements
8) l’avant-bras doit régulièrement être tourné ([Link]. visser)
9. La distance entre l’opérateur et son poste de travail est-
9) les doigts doivent régulièrement adopter de mauvaises
elle adéquate?
positions, [Link]. prise de précision ou tension/extension
Recommandation: veiller à ce que la distance entre l’opéra-
excessive
teur et son poste de travail soit adéquate. Ceci peut être
10) les épaules doivent régulièrement être relevées
vérifié comme suit:
11) le cou doit être incliné vers l’avant ou vers l’arrière de
- la tête est légèrement inclinée vers l’avant;
manière régulière ou prolongée
- les bras reposent naturellement sur le plan de travail;
12) le tronc doit être incliné vers l’avant (sans soutien) de ma-
- le dos est suffisamment soutenu;
nière régulière ou prolongée
- il y a suffisamment d’espace pour les genoux et les jambes;
Force: - les pieds sont soutenus.
13) des efforts physiques importants doivent être régulière- 10. L’orientation du plan de travail peut-elle être adaptée?
ment fournis Recommandation: une modification de l’orientation des
14) il faut régulièrement effectuer des mouvements de frappe, pièces qui arrivent sur le tapis roulant, de la forme du poste
de coup, de traction ou de lancer de travail ou de la position des bancs latéraux, permet de
faciliter l’accès du travailleur aux composants, aux outils ou
Fréquence et durée:
aux équipements.
15) on a rarement la possibilité d’interrompre un instant le
11. La hauteur du plan de travail est-elle adaptable à la hauteur
travail ou de prendre une (très) courte pause
du travailleur (premier diagramme) et au travail (second
Facteurs de gêne et facteurs ambiants: diagramme)?
16) des pressions sont régulièrement exercées sur la peau des 12. Le plan de travail peut-il basculer en fonction du travail et
doigts, de la main, du bras, [Link]. par les bords saillants de la du travailleur?
table ou d’un outil Recommandation: le basculement du plan de travail permet
17) on doit régulièrement regarder fixement, ou il arrive régu- souvent d’améliorer la vue d’ensemble et la portée du tra-
lièrement que l’on ne voie pas bien le travail ([Link]. en rai- vailleur.
son d’un mauvais éclairage ou de la finesse des détails) 13. Le travail peut-il être exécuté sans entrer en contact avec
18) on travaille régulièrement avec des outils qui vibrent des bords saillants?
19) on porte régulièrement des gants durant le travail
14. Les mains sont-elles exposées à des températures supé-
rieures à 21°C?
Un environnement froid accélère parfois l’apparition des
10.2 Annexe 2 : liste de contrôle charge symptômes dus à la surcharge.
physique - force - position du corps - 15. Le travail peut-il être exécuté sans l’utilisation de gants?
positions et mouvements des mains/ Les gants diminuent la force de préhension et la sensibilité
bras - mouvements répétitifs des mains. En cas de travail de précision, ils peuvent engen-
drer des problèmes.
A. Charge physique
16. L’éclairage est-il disposé de manière à éviter que la per-
1. Évite-t-on de travailler au-dessus du niveau des épaules? sonne n’adopte une position anormale?
2. Évite-t-on de travailler en arrière du corps? 17. A-t-on tenu compte des gauchers?
3. Évite-t-on de travailler en dessous du corps? Les gauchers ont souvent des problèmes liés à la concep-
4. Évite-t-on les mouvements de rotation? tion des outils, des équipements et des lieux de travail.
5. Les coudes restent-ils au niveau de la poitrine? B. Force
6. Évite-t-on les mouvements vers l’avant de plus de 400 mm 18. Le travail exige-t-il un effort inférieur à 4,5 kg?
pour atteindre un objet? 19. Le travail peut-il être exécuté sans devoir saisir du bout
Recommandation: éviter les mouvements vers l’avant de des doigts (prise de précision)?
plus de 400 mm pour atteindre un objet Gauche: prise de précision Droite: prise de force
7. Les mains se déplacent-elles selon une courbe naturelle? 20. Évite-t-on les chocs au niveau des mains?
Recommandation: déplacer les mains selon une courbe plu- [Link]. mieux vaut utiliser un marteau en caoutchouc que les
tôt qu’en ligne droite mains
8. Les mains de l’opérateur se trouvent-elles à mi-distance de
leur portée maximale?
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C. Position du corps 34. Le temps de récupération est-il suffisant durant le cycle
21. L’opérateur peut-il se tenir debout et regarder devant lui des opérations commandées par une machine ?
pendant qu’il exécute sa tâche? Ce graphique fournit une idée du temps de récupération
Recommandation: faire en sorte que l’opérateur se tienne pour les travaux répétitifs. Le temps de récupération s’ob-
debout et regarde devant lui tient en soustrayant le temps de prise du temps de passage.
Demandez à l’opérateur quel est le degré de force.
22. L’opérateur peut-il éviter de pencher la tête pour exécuter
sa tâche ? 35. Les mouvements répétitifs de saisie avec les mains sont-ils
Recommandation: le fait de pencher la tête vers l’avant pro- évités ?
voque une tension des muscles du cou. La saisie répétée avec les mains est aussi néfaste que le
fait d’étendre excessivement et de tourner l’avant-bras.
23. L’opérateur peut-il choisir entre la position assise et la
Le transport de briques ou de blocs d’une palette vers
position debout ?
l’arrière du jardin est souvent à l’origine des symptômes
Recommandation: l’opérateur doit pouvoir choisir entre la
lors d’activités de loisirs.
position assise et la position debout. Ceci permet de varier
les positions. 36. La fonction est-elle très répétitive ?
24. L’opérateur peut-il varier les positions pendant qu’il exé- 37. Y a-t-il des mouvements rapides ?
cute sa tâche ?
25. La tâche peut-elle être exécutée sans devoir adopter des
positions anormales durant des périodes prolongées ? 10.3 Annexe 3: explication sur les
Exemple de position anormale souvent rencontrée estimations de pressions lombaires
26. Le poids du corps peut-il être réparti équitablement sur A. En position debout
les deux pieds ? Au risque de se mettre à dos (c’est le cas de le dire) les scienti-
Une répartition déséquilibrée du poids sur les deux pieds fiques respectueux des conventions utilisées en physique pour
est souvent source de problèmes. L’utilisation de pédales parler des poids, masses et pressions, nous avons exprimé les
peut par exemple provoquer des lésions par surcharge. Par valeurs de poids et pression en kilogramme et kilogramme
contre, un repose-pieds, sur lequel les pieds peuvent régu- par centimètre carré au lieu de Newton et Newton par mètre
lièrement venir se reposer dans diverses positions, offre un carré ou Pascal, ceci par souci de compréhension par le plus
bon support dans les positions statiques. grand nombre. J’espère qu’ils nous pardonneront cette utilisa-
27. Est-il possible de modifier la position des pieds ? tion de termes familiers.
D. Positions et mouvements des mains et des bras La pression sur le dernier disque lombaire (L5-S1) en position
28. La fonction peut-elle être exécutée sans flexion ou exten- debout est conditionnée par le poids du tronc, de la tête, des
sion du poignet ? bras et des épaules qui représentent environ les 2/3 du poids
Le travail doit être effectué sans rotation du poignet (des- total. Ainsi, pour une personne pesant 75kg, la pression subie
sin du milieu) ou sans plier complètement le poignet vers par le dernier disque lombaire est de 50kg (kgf) environ.
le bas ou vers le haut. Les dessins illustrent des problèmes
fréquemment rencontrés.
29. La fonction peut-elle être exécutée sans trop écarter les
doigts les uns des autres ?
L’écartement trop prononcé des doigts est un problème
fréquent.
30. La fonction peut-elle être exécutée sans mouvement de
torsion ?
Les mouvements de torsion constituent un facteur de
risque.
31. La fonction peut-elle être exécutée sans déviation du poi-
gnet ?
32. La fonction peut-elle être exécutée sans rotation répétée
de l’avant-bras ?
E. Mouvements répétitifs
33. La durée du cycle est-elle supérieure à 30 secondes dans
les opérations commandées par une machine ?
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B. Avec une charge de 15kg sur la tête D.b Levier inter-appui avec bras de levier inégaux
Si la charge repose bien à la verticale des derniers disques Si un des deux bras de levier est divisé par un certain coeffi-
lombaires, alors la pression est calculée par l’addition des cient (10), il faut multiplier la charge de l’autre côté du même
poids de l’ensemble tronc – tête – bras avec la charge : 50kg coefficient pour rétablir l’équilibre.
+ 15 kg = 65kg (kgf)
La pression sur la surface d’appui P = la somme des deux poids
150 kg + 15 kg = 165kg
100
F. Penché en avant à 90°, dos rond, sans charge en
main
•• Le bras de levier correspondant à la distance entre le disque
(L5-S1) et le centre de gravité du tronc = 20cm
•• Le bras de levier correspondant à la distance entre le disque
et les muscles paravertébraux = 4cm (il est plus faible qu’en
position debout, car dans la position dos rond, les muscles
paravertébraux se rapprochent du disque)
•• Le poids du tronc de la tête et des membres supérieurs =
50kg
•• La force de contraction des muscles = 250kg
•• La pression sur la surface d’appui P (soit le disque L5-S1) =
H. Avec une charge de 15kg en posture correcte
250kg + 50kg = 300kg
La flexion de genoux et l’encadrement de la charge obtenu
en se rapprochant de la charge et en écartant les pieds per-
mettent de diminuer la distance entre la charge et le disque
lombaire L5-S1et donc de raccourcir le bras de levier. Le main-
tien de la lordose permet d’une part de garder un bras de
levier des muscles paravertébraux de 5cm au lieu de 4cm ainsi
qu’une répartition des pressions homogènes entre l’avant et
l’arrière du disque. La pression par unité de surface est dès
lors réduite.
La pression sur la surface d’appui P (soit le disque L5-S1) =
100kg + 45kg + 50kg + 15kg = 210kg.
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