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Le document présente le chapitre 1 du module d'Algèbre 2 à l'Université Mohammed I, se concentrant sur les espaces vectoriels, leurs propriétés, et les sous-espaces vectoriels. Il définit les espaces vectoriels sur un corps K, énonce des propositions et fournit des exemples pour illustrer les concepts. Le chapitre aborde également les conditions nécessaires pour qu'une partie d'un espace vectoriel soit un sous-espace vectoriel.

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Université Mohammed I

Faculté des Sciences


Département de Mathématiques
Oujda

Module Algèbre 2 , I A S2
Espaces vectoriels - Matrices - Diagonalisation
2023-2024
Chapitre 1

Pr. ELHASSAN IDRISSI


Table des matières

1 Espaces vectoriels 2
1.1 Espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Dépendance et indépendance linéaires - Bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Dimension d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5 Espaces Affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6 Sous-espaces affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.6.1 Intersection de sous-espaces affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.6.2 Parallélisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.6.3 Repères cartésiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Université Mohammed I Oujda E.H. Idrissi


Chapter 1

Espaces vectoriels

1.1 Espaces vectoriels


Soit K un corps (K = R ou C).

Définition 1.1.1. On appelle espace vectoriel sur K ( en abrégé K − ev )) un ensemble E


muni d’une loi interne ( c’est-à-dire une application E × E −→ E ) dite addition, notée +, et
d’une loi externe K × E −→ E ; (α, u) 7−→ αu telles que :
(A.1) (u + v) + w = u + (v + w), ∀u, v, w ∈ E ( + est associative ).
(A.2) u + v = v + u, ∀u, v ∈ E ( + est commutative).
(A.3) Il existe un élément de E noté 0E , ou plus simplement 0, dit neutre, tel que

∀u ∈ E : u + 0E = 0E + u = u.

(A.4) Pour tout u ∈ E , il existe un élément de E noté (−u ), dit opposé de u, tel que :

u + (−u) = (−u) + u = 0E .

(On exprime ces quatre propriétés en disant que (E, +) est un groupe abélien (ou commutatif ))
(A.5) (γ + µ)u = γu + µu, ∀u ∈ E 2 , ∀(γ, µ) ∈ K2 ;
(A.6) γ(u + v) = γu + γv, ∀(u, v) ∈ E 2 , ∀γ ∈ K2 ;
(A.7) (γµ)u = γ(µu), ∀u ∈ E 2 , ∀(γ, µ) ∈ K2
(A.8) 1.u = u, ∀u ∈ E 2 .
( 1 étant l’élément neutre de la multiplication dans K).
Les éléments de E sont appelés vecteurs ceux de K scalaires.

Exemples 1.1.1. .

1. Le corps K est un K- espace vectoriel, en prenant pour loi interne K×K −→ K; (x, y) 7−→
x + y , et pour loi externe la multiplication dans K ( K × K −→ K; (λ, u) 7−→ λu). Ici,
les éléments de K sont simultanément considérés comme des vecteurs et des scalaires.

Université Mohammed I Oujda E.H. Idrissi


chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 3

2. C est un C-espace vectoriel, et aussi un R- espace vectoriel pour les lois usuelles.

3. Espace vectoriel produit. Soient n ∈ N∗ , E1 , ..., En des K-espaces vectoriels. Le produit


Qn
E = i=1 Ei = E1 × E2 × ... × En est un K-espace vectoriel pour les lois :

(x1 , ..., xn ) + (y1 , ...., yn ) = (x1 + y1 , ..., xn + yn ), ∀((x1 , ..., xn ), (y1 , ...., yn )) ∈ E 2
α (x1 , ..., xn ) = (α x1 , ..., α xn ), ∀α ∈ K, ∀(x1 , ..., xn ) ∈ E

L’élément neutre pour la loi + est 0E = (0E1 , ..., 0En ) et l’opposé de (x1 , x2 , ..., xn ) est
(−x1 , −x2 , ..., −xn ).

En particulier, pour tout n ∈ N∗ , Kn est un K-espace vectoriel pour les lois usuelles.

4. Soient E un K-espace vectoriel, X un ensemble quelconque non vide. L’ensemble E X


des applications de X dans E , est un K-espace vectoriel pour les lois interne et externe
définies par : 
(f + g)(x) = f (x) + g(x) ∀(f, g) ∈ E X × E X
(α f )(x) = αf (x) ∀f ∈ E X , ∀α ∈ K

Ici l’élément neutre est l’application constante nulle et l’opposée de f est définie par
(−f )(x) = −(f (x)).

Par exemple, l’ensemble RN des suites réelles est un R-espace vectoriel pour les lois
usuelles.

5. L’ensemble K[X] des polynômes à une indéterminée et à coefficients dans K est un


K-espace vectoriel avec les lois :

 P i
P P
i (ai X ) + i (bi X i ) = i
i (ai + bi )X )
P i
P i
α( i (ai X )) = i (α ai )X

(Les sommes ne comportent qu’un nombre fini de termes non nuls).

Proposition 1.1.1. Soit E est un K-espace vectoriel. Pour tous α, β de K et pour tous u, v
de E , on a :

1. αu = 0E ⇐⇒ (α = 0K ou u = 0E ).

2. (α − β)u = αu − βu.

3. α(v − u) = αv − αu.

En particulier (−α)u = α(−u) = −(αu).

Preuve 1.1.1. .
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 4

1. •) αu = (α + 0K )u = αu + 0K u =⇒ 0K u = αu − αu = 0E .
•) αu = α(0E + u) = α0E + αu =⇒ α0E = 0E .
•) Si αu = 0E et si α 6= 0K , alors, en notant α−1 l’inverse de α dans le corps K :

u = α−1 0E = 0E .

2. αu = ((α − β) + β)u = (α − β)u + βu, d’où (α − β)u = (αu) − (βu), qui est noté αu − βu.

3. αv = α((v − u) + u) = α((v − u) + αu, d’où α(v − u) = αv − αu.

( 0E et 0K représentent réspectivement le vecteur nul de E et l’élément nul de K )

1.2 Sous-espaces vectoriels


1. Définition.
Définition 1.2.1. Soit E un K-espace vectoriel. Une partie F de E est un sous-espace
vectoriel ( en abrégé sev ) de E si :

(a) F 6= ∅
(b) i. (u, v) ∈ F × F =⇒ u + v ∈ F
ii. (α, u) ∈ K × F =⇒ αu ∈ F .
( On dit que F est stable par combinaisons linéaires.)

Proposition 1.2.1. Soit E un K-espace vectoriel. Une partie F de E est un sous-espace


vectoriel de E si les lois induites sur F par celles de E , donnent à F la structure
d’espace vectoriel sur K

Remarque 1.2.1. Souvent on montrera que F est un espace vectoriel en montrant que
F est un sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel connu.

Proposition 1.2.2. F est un sous-espace vectoriel de E si :

(a) 0E ∈ F
(b) (u, v) ∈ F × F ; (α, β) ∈ K × K =⇒ αu + βv ∈ F

Preuve.
• Supposons que F soit un sous-espace vectoriel.
— Comme F n’est pas vide, soit u ∈ F , alors (−1)u = −u ∈ F et u + (−u) = 0E ∈ F .
— Soient u, v ∈ F, α, β ∈ K. Alors par la définition de sous-espace vectoriel : αu ∈ F
et βv ∈ F et ainsi αu + βv ∈ F .
• Réciproquement, supposons que pour chaque u, v ∈ F, α, β ∈ K on a αu + βv ∈ F .
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 5

— F 6= ∅ ( car 0E ∈ F ), soient u, v ∈ F . Posons α = β = 0K . Alors αu + βv = 0E ∈ F .


— Si u, v ∈ F , alors en posant α = β = 1 on obtient u + v ∈ F .
— Si u ∈ F et α ∈ K ( et pour n’importe quel v , en posant β = 0K ), alors αu ∈ F .

Exemples 1.2.1. .

(a) E et {0E } sont des sev de E , appelés sous-espaces vectoriels triviaux de E .


(b) R et iR sont de sev du R-espace vectoriel C.
(c) Droite vectoriel. Soit v un vecteur non nul de E ; alors :

F = {u ∈ E | ∃α ∈ K : u = αv} = {λv | λ ∈ K}

est un sous-espace vectoriel de E dit droite vectorielle engendrée par v .


(d) Si F est un sev de E , alors F X est un sev de E X .
(e) Si F est un sous-espace vectoriel de E et si G est un sous-espace vectoriel de F ,
alors G est un sous-espace vectoriel de E ; on dit qu’il y a transitivité de la notion
de sous-espace vectoriel.
(f ) Soit α1 , ..., αn ∈ R. L’ensemble
X
n
F = {(x1 , x2 , ..., x3 ) ∈ Rn / αi xi = 0}
i=1

est un sous-espace vectoriel de Rn . En revanche l’ensemble


X
n
G = {(x1 , x2 , ..., x3 ) ∈ Rn / xi = 1}
i=1

n’est pas un sous-espace vectoriel de Rn , puisqu’il ne contient pas le vecteur nul.

Proposition 1.2.3. Soient (Fi )i∈I une famille de sous-espaces vectoriels de E ; alors
∩i∈I Fi est un sous-espace vectoriel de E .

Preuve. Notons F = ∩i∈I Fi .

(a) F 6= ∅ ; en effet, 0E ∈ F puisque ( ∀i ∈ I, 0E ∈ Fi ).


(b) Soit (u, v) ∈ F × F . On a : ( ∀i ∈ I , ( u ∈ Fi et v ∈ Fi )), donc ( ∀i ∈ I, u + v ∈ Fi ),
d’où u + v ∈ F .
(c) Soit (α, u) ∈ K × F . On a : ( ∀i ∈ I, u ∈ Fi ), donc ( ∀i ∈ I, αu ∈ Fi ), d’où αu ∈ F ).

Remarque 1.2.2. .

(a) La réunion de sous-espaces vectoriels n’est pas en général un sous-espace vectoriel


de E ( exemple : la réunion de deux droites vectorielles distinctes dans Rn ).
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 6

(b) Le complémentaire E \ F d’un sous-espace vectoriel F n’est pas un sous-espace


vectoriel de E ( car E\F ne contient pas 0E ).

2. Somme directe- supplémentaire

Proposition 1.2.4. -Définition.


Soient E un K -espace vectoriel, F1 , F2 deux sev de E . L’ensemble

F1 + F2 = {v ∈ E; ∃(u1 , u2 ) ∈ F1 × F2 , v = u1 + u2 } = {u1 + u2 ∈ E | (u1 , u2 ) ∈ F1 × F2 }.

est un sous-espace vectoriel de E , appelé somme de F1 et F2 .

Définition 1.2.2. .

(a) On dit que deux espaces vectoriels F1 et F2 sont en somme directe si et seulement
si F1 ∩ F2 = {0}, on note F1 ⊕ F2 au lieu de F1 + F2 .
(b) Si F est un sev de E , on appelle supplémentaire de F tout sous-espace vectoriel
G de E tel que : F ⊕ G = E .

Remarque. Un supplémentaire n’est en général pas unique, et il ne faut surtout pas


confondre cette notion avec le complémentaire de F (le complémentaire d’un sous-
espace vectoriel n’est jamais un sous-espace vectoriel).

Proposition 1.2.5. E = F1 ⊕ F2 si et seulement si tout vecteur u de E s’écrit de façon


unique sous la forme u = u1 + u2 avec u1 ∈ F1 et u2 ∈ F2 .

Preuve 1.2.1. Supposons que E = F1 ⊕ F2 et u = u1 + u2 = u′1 + u′2 avec (u1 , u′1 ) ∈ F12 et
(u2 , u′2 ) ∈ F22 . Alors u1 − u′1 = u′2 − u2 ∈ F1 ∩ F2 , donc u1 − u′1 = u′2 − u2 = 0.
Réciproquement, on a par hypothèse E = F1 + F2 .
Soit u ∈ F1 ∩ F2 , alors u = u + 0 = 0 + u, l’unicité de la décomposition de u comme
somme d’un élément de F1 et d’un élément de F2 implique u = 0 donc F1 ∩ F2 = {0} •

Exercice 1.2.1. .

(a) Soit E1 , E2 deux K-espaces [Link] que E1 × {0E2 } et {0E1 } × E2 sont


deux espaces supplémentaires de E1 × E2 .
(b) Dans R3 , on note u = (1, −1, 0), v = (1, 1, 1),

F1 = {αu / α ∈ R} , F2 = {αv / α ∈ R} , F3 = {(x, y, z) ∈ R3 / x − 2y − z = 0}

Vérifier que
i. F1 , F2 , F3 sont des sous-espaces vectoriels de R3 ,
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 7

ii. F1 ∩ F3 = F2 ∩ F3 = {0}
iii. F1 et F3 sont supplémentaires dans R3 , de même que F2 et F3 .

3. Sous-espace engendré.

Définition 1.2.3. Une combinaison linéaire de n vecteurs →



u1 , ..., −
→n est un vecteur de la
u
forme
X
n
αi −

ui = α 1 −

u1 + ... + αn −
→n
u où (α1 , ...αn ) ∈ K n .
1

Proposition 1.2.6. Soit un système de vecteurs A = {u1 , ...., un } de l’espace vectoriel


E, n ∈ N∗ . L’ensemble des combinaisons linéaires d’éléments de A,

{λ1 −

u1 + ... + λn −
→n
u / (λ1 , ...λn ) ∈ K n }

est un sous-espace vectoriel de E , on l’appelle sev engendré par A et on le note


Vect(A).

Preuve 1.2.2. F est un sev de E , en effet 0 = 0K −


→ −
→n ∈ F et F est stable par
u1 + ... + 0K u
combinaisons linéaires puisque :
X
n X
n X
n
α( λi ui ) + β( µi ui ) = (αλi + βµi )ui
i=1 i=1 i=1

Remarque 1.2.3. V ect(A) est le plus petit ( au sens de l’inclusion ) des sev de E
T
contenant A ( V ect(A) = {F | A ⊂ F et F sev de E}).

Exemples 1.2.2. .

(a) Si A est vide, le sev engendré par A est {0}.


(b) Dans le R-espace vectoriel C, le sev engendré par 1 est R.
(c) Si u est un élément non nul de E, vect(u) est la droite vectorielle engendrée par
u.

1.3 Dépendance et indépendance linéaires - Bases


1. Familles liées, familles libres
Définition 1.3.1. .

(a) On dit qu’une famille (u1 , ..., un ) de vecteurs de E est une famille libre, ou que les
vecteurs sont linéairement indépendants, si

α1 u1 + ... + αn un = 0E =⇒ (∀ i αi = 0K ).
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 8

(b) On dit qu’une famille (u1 , ..., un ) de vecteurs de E est liée , ou que les vecteurs
sont linéairement dépendants, si
X
n
∃ (α1 , ..., αn ) ∈ K n − {(0, ..., 0)} ; α i ui = 0
i=1

Remaque : si u1 , u2 , ..., un sont linéairement indépendants, ils sont tous distincts.

2. Familles génératrices.

Définition 1.3.2. Soit E un K-espace vectoriel. On dit que (u1 , ..., un ) est une famille
génératrice de E si

∀ u ∈ E, ∃ λ1 , ..., λn ∈ K; u = λ1 u1 + ... + λn un

C’est à dire E = vect{u1 , ..., un }.

Proposition 1.3.1. .

(a) {u} est libre si et seulement si u 6= 0.


(b) Toute famille extraite d’une famille libre est libre.
(c) Une famille {u1 , ..., un } est liée si et seulement si l’un de ses éléments est combinaison
linéaire des autres.
(d) Toute famille de E contenant une famille liée est elle-même une famille liée.
(e) Toute famille {u1 , ..., un } dont l’un des vecteurs ui est nul, est liée.

Preuve 1.3.1. .

(a) On sait que λu = 0E =⇒ λ = 0 ou u = 0E . Donc , si u 6= 0E , λu = 0E implique


λ = 0, ce qui signifie que {u} est une famille libre. Inversement, supposons que
u = 0E , alors 1.U = 0E et {u} n’est pas libre.
(b) Soit A = {u1 , ..., up } une famille libre et A′ une sous-famille de A. Quitte à changer
la numérotation, on peut supposer que A′ = {u1 , ..., uk } , avec k ≤ p. Soit λ1 u1 +
.... + λk uk = 0E , alors λ1 u1 + .... + λk uk + [Link]+1 + .....[Link] = 0E , et Comme {u1 , ..., up }
est libre, alors (λ1 , ..., λk , 0, ..., 0) 6= (0, 0, ....., 0). Donc (λ1 , ..., uk ) 6= (0, ..., 0), et la
famille {u1 , ..., uk } est libre.
(c) Supposons qu’on ait une relation α1 u1 + ... + αn un = 0E , avec par exemple α1 6= 0.
Alors u1 = −α2 (α1 )−1 u2 − α3 (α1 )−1 u3 − ... − αn (α1 )−1 un , donc u1 est combinaison
linéaire de u2 , u3 , ..., un . Inversement, si par exemple u1 est de la forme β2 u2 +
β3 u3 + ... + βn un , avec β2 , ..., βn ∈ K , on a u1 − β2 u2 − ... − βn un = 0, donc (u1 , ..., un )
est une famille liée.
(d) On utilise (c).
(e) Évident d’après 4., car il s’agit d’une famille contenat {0E }, et {0E } est liée,
d’après (a).
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 9

Exemples 1.3.1. .

(a) E = R3 , u1 = (1, 0, 1), u2 = (2, 1, −1); la famille {u1 , u2 } est libre.


(b) E = R2 , u1 = (1, −1), u2 = (2, 1), u3 = (0, 1); la famille {u1 , u2 , u3 } est liée, puisque
−2u1 + u2 − 3u3 = 0E .
(c) Dans R2 ; la famille {e1 = (1, 0), e2 = (0, 1)} est une famille génératrice car tout
u = (x1 , x2 ) ∈ R2 , s’écrit :

u = (x1 , x2 ) = x1 (1, 0) + x2 (0, 1) = x1 e1 + x2 e2 .

3. Condition de dépendance linéaire de deux vecteurs et de trois vecteurs.

(a) On note V2 espace vectoriel de dimension 2 sur R.


→ −
− → →
− →
− →
− →

Soient V2 muni de la base ( i , j ), v1 = x1 i + y1 j , v 2 = x 2 i + y2 j .

Définition 1.3.3. On appelle le déterminant de v1 et v2 le réel x1 y2 − x2 y1 .


x1 x2
Notation : det(−

v1 , −

v2 ) = = x 1 y2 − x 2 y 1 .
y1 y2

Proposition 1.3.2. − →
v1 et −

v2 sont linéairement dépendants si et seulement si det(−

v1 , −

v2 ) =

− →

0, et ( v1 , v2 ) est une famille libre si et seulement si leur déterminant est non nul.
Preuve 1.3.2. supposons que x1 y2 − x2 y1 = 0. Si v1 = 0 alors la famille est liée. Si
v1 6= 0 alors x1 ou y1 est non nul; raisonnons avec x1 6= 0, d’où y2 = xx12 y1 et si on
pose α = xx21 , on obtient v2 = αv1 , donc (v1 , v2 ) est liée .

(b) On note V3 espace vectoriel de dimension 3 sur R.


→ −
→ −
− →
Soient V3 muni de la base ( i , j , k ),

→ →
− →
− →
− −
→ →
− →
− →

v 1 = x 1 i + y 1 j + z1 k , v 2 = x 2 i + y 2 j + z2 k .
x1 x2 x1 x2 y 1 y2
Les déterminants , , sont appelés déterminants
y1 y 2 z1 z2 z1 z 2
 
x1 x2
extraits du tableau des coordonnées des vecteurs →

v1 et →

v2 :  y1 y2 .
z1 z 2

Proposition 1.3.3. →−
v1 et −→
v2 sont linéairement dépendants si et seulement si les
trois déterminants extraits du tableau des coordonnées de −

v1 et −

v2 sont nuls.

En utilisant la contraposée de cette équivalence logique, on obtient :

Corollaire 1.3.1. −

v1 et −

v2 sont linéairement indépendants si et seulement si l’un
au moins des déterminants extraits du tableau des coordonnées de −→
v1 et −

v2 est nul
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 10

Exemple.
Soit trois vecteurs de R3 , u = (2, 0, −1) , v = (−6, 0, 3) , w = (2, 2, −2). Soit
→ −
− → − →
( i , j , k ) la base canonique de R3 .
 
2 −6
Pour u et v le tableau de leurs composantes est :  0 0 
−1 3
Les trois déterminants qui en sont extraits sont :

2 −6 2 −6 0 0
= 0; =0; = 0,
0 0 −1 3 −1 3

donc u et v sont dépendants. Il est évident d’ailleurs que v = −3u.


 
2 2
Pour u et w le tableau de leurs composantes est :  0 2 
−1 −2
2 2
L’un des déterminants extraits de ce tableau est : = 4, il n’est pas nul,
0 2
donc u et w sont linéairement indépendants.

Remarque. Si E est un espace vectoriel de dimension 1 et 2, trois vecteur sont


toujours linéairement dépendants.

− →
− → −
− →
− →
− → −
− →
− →
− →

Soient −→
v 1 = x 1 i + y 1 j + z1 k , →
v 2 = x 2 i + y 2 j + z2 k , →
v 3 = x 3 i + y 3 j + z3 k
trois vecteurs de V3

Définition 1.3.4. On appelle déterminant du triplet de vecteurs (−



v1 , −

v2 , −

v3 ) relativement
à la base B le scalaire
x1 x2 x3
detB (→

v1 , −

v2 , −

v3 ) = y1 y2 y3
z1 z2 z3

y2 y3 x2 x3 x2 x3
= x1 − y1 + z1
z2 z3 z2 z3 y2 y3

( développement suivant la première colonne )

detB (→

v1 , −

v2 , −

v 3 ) = x 1 y 2 z3 − x 1 z2 y 3 − y 1 x 2 z3 + y 1 z2 x 3 + z1 x 2 y 3 − z1 y 2 x 3 .

On montre,
Proposition 1.3.4. Une base étant choisie dans V3 . Les vecteurs → −
v1 , −

v2 , −

v3 sont

→ →
− →

linéairement dépendants si et seulement si detB ( v1 , v2 , v3 ) = 0.

Corollaire 1.3.2. Les vecteurs −



v1 , −

v2 , −

v3 sont linéairement indépendants si et seulement

− →
− →

si detB ( v1 , v2 , v3 ) 6= 0.
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 11

4. Bases.
Définition 1.3.5. On appelle base d’un espace vectoriel E toute famille libre de E qui
engendre E .

Proposition 1.3.5. B = {e1 , ..., en } est une base de E si et seulement si tout vecteur u
de E peut s’écrire de façon unique sous la forme :

u = x1 e1 + ... + xn en .

Les scalaires xi sont les coordonnées ( ou composantes ) du vecteur u relativement à


la base B .
On note parfois, u = (x1 , ..., xn ) lorsqu’il n’y a pas d’ambiguité sur la base.

Preuve 1.3.3. Puisque e1 , ..., en engendrent E, u s’écrit d’une manière au moins sous
la forme u = α1 e1 + ... + αn en . Supposons qu’on ait aussi u = α1′ e1 + ... + αn′ en . Alors

(α1 − α1′ )e1 + ... + (αn − αn′ )en = 0E

donc α1 = α1′ , ... , αn = αn′ , puisque e1 , ..., en sont linéairement indépendants.


Inversement.
• e1 , ..., en engendrent E , par hypothèse.
• Soit α1 e1 + ... + αn en = 0E or 0E = 0K e1 + ... + 0K en , d’après l’unicité

α1 = α2 = ... = αn = 0E .

Remarque 1.3.1. Soit B = {e1 , ..., en } une base de E . Il existe alors une bijection :

ϕB : E −→ Kn ; u = x1 e1 + ... + xn en 7−→ (x1 , ..., xn )

Exemples 1.3.2. (a) {1} est une base de K comme K-espace vectoriel.
(b) {1, i} est une base de C comme R-espace vectoriel.
(c) B = {(1, 0, ..., 0), (0, 1, 0, ..., 0), ..., (0, 0, ..., 0, 1)} est une base de Kn comme K-espace
vectoriel , appelée base canonique de Rn .
(d) Si {e1 , e2 , ..., ep } est une base de E , et {e′1 , e′2 , ..., e′k } est une base de E ′ , alors

{(e1 , 0E ′ ), (e2 , 0E ′ ), ..., (ep , 0E ′ ), (0E , e′1 ), (0E , e′2 ), ..., (0E , e′k )}

est une base de l’espace vectoriel produit E × E ′ .


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1.4 Dimension d’un espace vectoriel


Définition 1.4.1. Soit E un K -espace vectoriel. On dit que E est de dimension finie , s’il
admet une famille génératrice finie. Dans le cas contraire, on dit que E est de dimension
infinie.

Proposition 1.4.1. Si E est engendré par {v1 , v2 , ..., vn }, et si {u1 , ..., up } est une famille libre.
Alors p ≤ n.
X
n
Preuve 1.4.1. On peut écrire u1 = λi v i .
i=1
Puisque u1 6= 0, il existe λi 6= 0, par exemple λ1 , alors on peut écrire
Xn
λi
v 1 = u1 + vi
i=2
λ1

qui est une combinaison linéaire de {u1 , v2 , ..., vn } , donc tout élément de E aussi. On
recommence avec u2 , .....
Après n opérations, si p > n on aurait un+1 combinaison linéaire de u1 , ..., un , ce qui
impossible, donc p ≤ n.

Proposition 1.4.2. Soient n ∈ N∗ , (u1 , ..., un ) ∈ E n+1 , B = {u1 , ..., un }, B ′ = {u1 , ..., un , un+1 }.

/ V ect(B), alors B ′ est libre


1. Si B est libre et si un+1 ∈

2. Si B ′ est génératrice de E et si un+1 ∈ V ect(B), alors B est génératrice.


P
Preuve 1.4.2. 1. Soit (α1 , ..., αn , αn+1 ) ∈ Kn+1 tel que n+1
i=1 αi ui = 0E . Si αn+1P6= 0, alors
Pn n
Un+1 = i=1 (− αn+1 )ui ∈ V ect(B), contradiction. Donc αn+1 = 0, par suite i=1 αi ui =
αi

0E , d’où α1 = ... = αn = 0 ( car B est libre).

2. Soit u ∈ E . Comme B ′ est génératrice de E , il existe (α1 , ..., αn , αn+1 ) ∈ Kn+1 tel que :
u = α1 u1 + ... + αn un + αn+1 un+1
P
Puisque un+1 ∈ V ect(B), il existe (λ1 , ..., λn ) ∈ Kn tel que : un+1 = ni=1 λi ui . On déduit
P P
: u = ( ni=1 αi ui ) + αn+1 un+1 = ni=1 (αi + αn+1 λi )ui ∈ V ect(B). Ce qui montre que B est
génératrice de E .

Théorème 1.4.1. ( Théorème de la base extraite )


Soit E un K -espace vectoriel admet une famille génératrice finie B . Alors on peut extraire
de B une base de E .
Autrement dit, si B = {v1 , ..., vm }, il existe un entier r ≥ 0 et des entiers i1 , ..., ir ∈ {1, ..., m}
tels que {vi1 , ..., vir } soit une base de E
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Preuve 1.4.3. On suppose E 6= {0}. Soit L = {I ⊂ {1, ..., m} | (vi )i∈I génératrice }. On
pose K = {card(I) | I ∈ L}. K est une partie non vide de {1, ..., m}. Elle admet un plus
petit élément p ≥ 1. Soit J ∈ L tel que card(J) = p. La famille (ui )i∈J est donc une famille
génératrice de E . De plus (ui )i∈J est libre. Sinon, il existe i0 ∈ J tel que ui0 est combinaison
linéaire des autres vecteurs Ui , pour i ∈ J \ {i0 }. Mais alors, si on pose J ′ = J \ {i0 },
alors (ui )i∈J ′ est une famille génératrice de E ayant ( strictement ) moins de p éléments,
contradiction. Ainsi (ui )i∈J est une base de E .
Théorème 1.4.2. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. Alors :
E admet au moins une base finie, et toutes les bases de E sont finies et ont le même
cardinal.
Définition. Le cardinal d’une base de E est appelé dimension de E sur K et noté dimK (E),
ou dim(E).
Preuve 1.4.4. Puisque E est de dimension finie, E admet au moins une famille génératrice
finie. D’après le théorème de la base extraite, E admet une base.
Soit B = {u1 , ..., un }, B ′ deux bases de E . Comme B est génératrice de E et B ′ est libre,
d’après la proposition 1.4.1. card(B ′ ) ≤ n, de même on a n ≤ card(B ′ ) ( car B est libre et B ′
est génératrice de E ). Donc card(B ′ ) = n.
Remarque 1.4.1. La dimension d’un K-espace vectoriel de dimension finie ”dépend” du corps
K. Par exemple : dimC (C2 ) = 2, mais dimR (C2 ) = 4.

- On convient que l’espace vectoriel {0} est de dimension nulle.


- On appelle droite vectorielle tout espace vectoriel de dimension 1.
- Des vecteurs appartenant à une même droite vectorielle sont dits colinéaires.
- On appelle plan vectoriel tout espace vectoriel de dimension 2.
- Des vecteurs appartenant à un même plan vectorielle sont dits coplanaires.

Proposition 1.4.3. Soit E un espace vectoriel sur K de dimension n.

1. Si {u1 , u2 , ..., up } engendre E , alors p ≥ n, et si p = n alors {u1 , u2 , ..., up } est une base
de E .

2. Si {v1 , v2 , ..., vq } est une famille libre , alors q ≤ n, et si q = n alors {v1 , v2 , ..., vq } est
une base de E .

Preuve. Exercice

Exemples 1.4.1. .

1. K est de dimension 1 sur K.

2. C est de dimension 2 sur R.

3. Kn est de dimension n sur K.


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4. dim(E × E ′ ) = dim(E) + dim(E ′ ).

Conseils méthodologiques.
Pour déterminer la dimension d’un espace vectoriel E , on détermine une famille B
génératrice de E (ceci montre que E est de dimension finie), puis on vérifie que cette famille
est libre. La famille B est alors une base de E et le nombre de vecteurs dans la famille est
la dimension de E .
Application :
On note E = R3 . Déterminons la dimension de F = {(x, y, z) ∈ E, x − y − z = 0}.
Soit (x, y, z) ∈ E . On a (x, y, z) ∈ F si et seulement si, (x, y, z) = (y + z, y, z) = y.(1, 1, 0) +
z.(1, 0, 1). Donc, F = V ect{(1, 1, 0), (1, 0, 1)}. En particulier, F est un sous-espace vectoriel
de E . Donc, la famille B = {(1, 1, 0), (1, 0, 1)} engendre F qui est donc de dimension finie.
De plus, les vecteurs (1, 1, 0) et (1, 0, 1) ne sont pas colinéaires. Donc, la famille B est libre.
Ainsi, B est une base de F et dim(F ) = 2.

Théorème 1.4.3. (Théorème de la base incomplète )


Soient B = {e1 , e2 , ..., en } une base de E, v1 , v2 , ..., vp , p vecteurs linéairement indépendant
de E , p < n . On peut compléter ces p vecteurs par n − p vecteurs convenablement choisis
parmi les vecteurs de base, pour former une nouvelle base de E .

Dit autrement, cela signifie que toute famille libre A d’un espace vectoriel de dimension
finie peut s’étendre en une base B : A ⊂ B .
On en déduit que tout espace vectoriel non réduit à {0} possède au moins une base.

Preuve 1.4.5. Soient A = {v1 , v2 , ..., vp } une famille libre et B = {e1 , e2 , ..., en } une famille
génératrice de E . Il faut compléter A en une base de E . L’algorithme suivant dépend de la
proposition1.4.2. :
- Si e1 ∈ vect(A), on garde A.
- Sinon, on remplace A par A1 = A ∪ {e1 }, A1 , libre par la prop. 1.4.2. et e1 ∈ vect(A1 ).
On recommence pour tous les autres vecteurs de B . À la fin, on a une nouvelle famille
libre Aq = A ∪ J ,avec J ⊂ B , et e1 , ..., en ∈ vet(Aq ) ⇒ E = vect{e1 , ..., en } ⊂ vect(Aq ) ⊂ E
Ce qui veut dire que Aq est libre et génératrice de E , c’est-à-dire est une base de E . De
plus card(Aq ) = n ⇒ card(J) = n − p.

Dimension d’un sous-espace vectoriel

Proposition 1.4.4. Soit E un K -espace vectoriel de dimension finie et F un sous-espace


vectoriel de E . Alors F est de dimension finie, et de plus :

1. dimK F ≤ dimK E , et dimK F = dimK E ⇐⇒ F = E .

2. F admet au moins un supplémentaire.

Preuve.
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1. La démonstration est triviale dans le cas où le sous-espace F est réduit à {0E }.
Soit donc F un sous-espace vectoriel de E, F 6= {0E }, et soit n la dimension de E; n
est un entier strictement positif puisque E , qui contient F , n’est pas réduit à {0E }.
Soit v un élément non nul de F : {v} est une partie libre de F , donc F contient des
parties libres.
Toute famille libre d’éléments de F étant une partie libre d’éléments de E (voir la
définition des parties libres), comme E est de dimension n, toutes les parties libres de
F ont au plus n éléments.
On considère l’ensemble A des entiers k tels qu’il existe une partie libre de F ayant k
éléments :

A = {k ∈ N, ∃{u1 , ..., uk } ⊂ F et {u1 , ..., uk } famille libre de F }

Cet ensemble A, non vide ( 1 ∈ A), est un sous-ensemble borné de N (puisque tout
élément de A est compris entre 1 et n) donc il admet un maximum.
Soit p ce maximum et soit {v1 , ..., vp } une famille libre de F ayant p éléments; cette
famille libre est donc une famille génératrice de F . Sinon, il existe v ∈ F tel que
v∈/ vect{v1 , ..., vp }. Mais alors, si on pose J = {v, v1 , ..., vp }, d’après pro.1.4.2, J est une
famille libre ayant ( strictement ) plus de p éléments, contradiction. Ainsi {v1 , v2 , ..., vp }
est une base de F .
On a ainsi démontré simultanément que
•F est de dimension finie (puisque {v1 , ..., vp } est une famille génératrice de F ),
•dim(F ) = p , donc dim(F ) ≤ dim(E) (puisque toute famille libre de F a au plus n
éléments).
De plus, lorsque p = n, le p-uplet (v1 , ..., vp ), qui est une base de F , est aussi une base
de E (car {v1 , ..., vp } est alors une famille libre de E ayant exactement n éléments),
donc tout élément de E s’écrit comme une combinaison linéaire des vi , 1 ≤ i ≤ p , donc
appartient à F , d’où F = E .

2. Soient F sous-espace vectoriel de E , (e1 , ..., ep ) une base de F . D’après le théorème de


la base incomplète on peut construire une base de E de la forme (e1 , ..., ep , ep+1 , ..., en ).
Alors le sev G engendré par {ep+1 , ..., en } est un supplémentaire de F .

Proposition 1.4.5. Si F et G sont deux espaces vectoriels de E , on a :

dim(F + G) = dimF + dimG − dim(F ∩ G).

En particulier, si F et G sont supplémentaires :

dim(F ⊕ G) = dimF + dimG.

Preuve. Voir T.D


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1.5 Espaces Affines


Définition 1.5.1. Soit E un R-espace vectoriel. On appelle espace affine de direction E ( ou
−−→
sur E ) tout ensemble non vide A muni d’une application : Φ : A × A −→ E ; (M, N ) 7−→ M N
vérifiant les axiomes suivants :
−−→ −−→ −→
(A1 ) ∀(A, B, C) ∈ A × A × A ; AB + BC = AC ( relation de chasles ).
−−→
(A2 ) ∀A ∈ A ; ∀u ∈ E , ∃!B ∈ A ; AB = u.
On définit alors une addition de A × E dans A par :
−−→
A + u = B ⇐⇒ AB = u, (A, B) ∈ A × A , u ∈ E.
Remarquons que

(A + u) + v = A + (u + v) , A ∈ A , (u, v) ∈ E 2 .

- On appelle scalaires les éléments du corps R.


- On appelle vecteurs les éléments de l’espace vectoriel E .
- On appelle points les éléments de l’espace affine A.
Si A est un espace affine sur E , on dit que E est l’espace vectoriel associé à A.
Si E est de dimension finie n , on dit que A est de dimension finie , n. Sinon on dit que
A est de dimension infinie.
Pour n = 1, on dit que A est une droite affine.
Pour n = 2, on dit que A est un plan affine.

Propriétés 1.5.1. ∀ (A, B, C, D) ∈ A4


−−→
1. AB = 0E ⇐⇒ A = B
−−→ −−→
2. AB = −BA
−−→ −−→ −→ −−→
3. AB = CD ⇐⇒ AC = BD ( la règle du parallélogramme ).

Preuve.
−→ −→ −→ −→ −→ −→ −

1. . D’après (A1) , AA + AA = AA =⇒ 2AA = AA =⇒ AA = 0E .
−−→ −
→ −−→ −→ −

. AB = 0E =⇒ AB = AA = 0E =⇒ A = B ( d’après (A2))
−−→ −−→ −→ −
→ −−→ −−→
2. AB + BA = AA = 0E =⇒ AB = −BA.

3. D’après la relation de chasles,


−−→ −−→ −→ −−→ −−→ −−→ −→ −−→
AB = CD ⇐⇒ AC + CB = CB + BD ⇐⇒ AC = BD.
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Exemples 1.5.1. 1. Structure affine d’un espace vectoriel


Soit E un R-espace vectoriel. Sur l’ensemble E , définissons une application de E × E
dans E par (u, v) 7−→ v − u. Il est immédiat qu’on a ainsi défini sur E une structure
affine de direction l’espace vectoriel E . On en déduit :
Pour tout espace vectoriel E , il existe au moins un espace affine attaché à E .
Par exemples :
- R considéré comme espace affine sur lui même est une droite affine.
- R × R considéré comme espace affine sur lui même est un plan affine.

2. Produit d’espaces affines


Soient A1 , A2 deux espaces affines respectivement attachés aux espaces vectoriels E1 , E2 .
Pour tout élément M = (A1 , A2 ) de A1 × A2 et tout élément N = (B1 , B2 ) de A1 × A2 ,
posons :
Φ(M, N ) = (ΦA1 (A1 , B1 ), ΦA2 (A2 , B2 )).

On vérifie facilement que l’application Φ définit sur l’ensemble A = A1 × A2 , une


structure d’espace affine attaché à l’espace vectoriel produit E1 × E2 .
A1 × A2 est appelé espace affine produit.

Espaces affines pointés.


Soit O un point quelconque de A. L’application :
−−→
ΦO : E −→ A ; ΦO (u) = M si u = OM .

est une bijection. En effet :


−−→
d’après (A2 ) ΦO est injective et puisque ΦO (ON ) = N, pour tout N ∈ A, ΦO est surjective.
Le choix d’un point O dans A permet de définir une bijection de E sur A, ainsi on peut
munir A d’une structure d’espace vectoriel, mais cette structure dépend du choix de O.
On note (A, O) le R-espace vectoriel obtenu et on l’appelle espace affine pointé, par O.

1.6 Sous-espaces affines


Définition 1.6.1. Soit A un espace affine sur E .
Une partie W de A est un sous-espace affine (en abrégé sea ) de A si l’on peut trouver
un point A de A un sous-espace vectoriel F de E tels que :

W = A + F = {A + u / u ∈ F }

W est appelé sous-espace affine de A passant par A et dirigé par F .


chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 18

Preuve 1.6.1. Soit W un sea de A passant par un point A et dirigé par un sev F . Pour tout
point M ∈ W , on a :
−−→
W =M +F , F = {M N / N ∈ W }
En particulier un sea est un espace affine de direction F . Sa dimension et par définition
celle de F .

Preuve. Soit M = A + u ∈ W = A + F .
Tout élément de M + F est de la forme N = M + v = A + u + v , or F est un sev ,
donc M + F ⊂ A + F = W . Inversement, tout élément de W = A + F est de la forme
N = A + v = M + (−u) + v , donc W ⊂ M + F .
Remarque. Pour montrer qu’une partie W de A est un sea il suffit de montrer que pour
−−→
un point A de W , l’ensemble w = {AM / M ∈ W } est un sev de E , ce sev ne dépend
pas du choix du point A dans W : c’est la direction de W .

Exemples 1.6.1. 1. Tout point p ∈ A peut être vu comme un sea de dimension 0.

2. Soit E un espace vectoriel. Tout sev F de E est un sea de l’espace affine E , et il est
sa propre direction, comme le prouve l’égalité F = 0 + F .
Les sous-espaces affines d’un espace vectoriel sont les sous-espaces de la forme u + F ,
F est un sous-espace vectoriel et u est un vecteur de E .

3. L’ensemble W = {(1 + t, 3 − 2t, −1 + 3t) / t ∈ R} est un sea de R3 passant par le point


A = (1, 3, −1) et dirigé par la droite D, de vecteur directeur u = (1, −2, 3).

1.6.1 Intersection de sous-espaces affines


Soit A un espace affine sur E .


Preuve 1.6.2. Soit (Wi )i∈I une famille de sea de A . On note Wi la direction de Wi . Alors
T T − →
i∈I Wi soit vide, soit un sea de A, de direction i∈I Wi .

Preuve. Exercice

Preuve 1.6.3. Soit (pi )i∈I une famille non vide de points de A. Il existe un plus petit sea (
au sens de l’inclusion ) contenant les points pi .

Preuve. Il suffit de prendre F le sev engendré par les vecteurs −


p−→
i pj lorsque i et j parcourt
l’ensemble d’indices. W est le sea de direction F passant par un point pi0 fixé arbitrairement
dans la famille.

Définition 1.6.2. Deux sea , W1 et W2 sont dits supplèmentaires s’il en est ainsi de leurs
directions.

Preuve 1.6.4. Si W1 et W2 sont supplèmentaires, alors W1 ∩ W2 est un singleton.


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Preuve.
−−→ −→ −→ →

Si A, B ∈ W1 ∩ W2 , alors AB ∈ W1 ∩ W2 = { 0 } , donc A = B .
Reste à prouver que W1 ∩ W2 est non vide.
−→ −→
Soient A ∈ W1 , B ∈ W2 , Comme E = W1 + W2 ,
−−→ −→ −→
nous pouvons écrire AB = u1 + u2 avec u1 ∈ W1 et u2 ∈ W2 .
Posons alors Ω = A + u1 = B − u2 ∈ W1 ∩ W2 .

1.6.2 Parallélisme
Définition 1.6.3. Soient W et W ′ deux sea de A dirigés respectivement par F et F ′ .

1. On dit que W est parallèle à W ′ si F ⊂ F ′ .

2. On dit que W et W ′ sont parallèles si F = F ′ .

Exercice 1.6.1. Le parallèlisme est une relation d’équivalence.

Remarque 1.6.1. Le résultat clé concernant le parallèlisme est la généralisation du cinquième


postulat d’Euclide.
Soient A un espace affine sur E, F un sev de E et A un point de A. Il existe un et un
seul sea passant par A et dirigé par F . C’est en effet le sea W tel que
−−→
W = {M ∈ A / AM ∈ F } = A + F

Comme corollaire immédiat nous déduisons :

Corollaire 1.6.1. Dans un espace affine, deux sea ayant même direction sont soit disjoints
soit confondus.

1.6.3 Repères cartésiens


Soit A un espace affine de direction E , de dimension n.

Définition 1.6.4. Un repère cartésien de A est la donnée d’un point O de A, appelé origine,
et d’une base (−

e1 , −

e2 , ..., −

en ) de E .

Si R = (O, − →
e1 , −

e2 , ..., −

en ) est un repère cartésien, on dit que (O, O + −

e1 = I1 , O + −

e2 =


I2 , ..., O + en = In ) est un repère affine associé au repère cartésien R .
Pour tout point M de A, ∃!(x1 , x2 , ..., xn ) ∈ Rn tel que
−−→
OM = x1 −

e1 + x2 −

e2 + ... + xn −

en ,
−−→ Pn
utilisons la notation M = O + OM , nous écrirons : M = O + i=1 xi −

ei .
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Les (xi )1≤i≤n s’appellent les coordonnées cartésiennes du point M dans le repère cartésien
R = (O, −

e1 , −

e2 , ..., −

en ) .
Si A = D est une droite , l’unique coordonnée cartésienne x du point M ∈ D dans le
repère cartésien (O, −

e1 ), s’appelle l’abscisse de M dans ce repère. On a donc :
−−→
M = O + x−

e1 ⇐⇒ OM = x−

e1 .
−−−→
Si (M, M ′ ) ∈ D × D, on note M M ′ l’unique scalaire tel que : M M ′ = M M ′ −→
e1 . Ce scalaire
−−−→′ →

s’appelle la mesure algèbrique de M M dans le repère cartésien (O, e1 ) : M M ′ = x′ − x.

Exercice 1.6.2. 1. Soit (M, M ′ , M ”) ∈ D3 avec M 6= M ”. Montrer que le scalaire M MM
M”

ne dépend pas du choix du repère, il ne dépend que des points M, M , M ” ( et de la
structure affine de D).

2. Soit (O, −

e1 , −

e2 , ..., −

en ) un repère cartésien de A.
Montrer que l’application ϕ : Rn −→ A ; (x1 , x2 , ..., xn ) 7−→ O + x1 −

e1 + x2 −

e2 + ... + xn −

en
est un isomorphisme d’espaces affines.

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