SLIA2203 CR 65d601808315f-1
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Module Algèbre 2 , I A S2
Espaces vectoriels - Matrices - Diagonalisation
2023-2024
Chapitre 1
1 Espaces vectoriels 2
1.1 Espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Dépendance et indépendance linéaires - Bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Dimension d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5 Espaces Affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6 Sous-espaces affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.6.1 Intersection de sous-espaces affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.6.2 Parallélisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.6.3 Repères cartésiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Espaces vectoriels
∀u ∈ E : u + 0E = 0E + u = u.
(A.4) Pour tout u ∈ E , il existe un élément de E noté (−u ), dit opposé de u, tel que :
u + (−u) = (−u) + u = 0E .
(On exprime ces quatre propriétés en disant que (E, +) est un groupe abélien (ou commutatif ))
(A.5) (γ + µ)u = γu + µu, ∀u ∈ E 2 , ∀(γ, µ) ∈ K2 ;
(A.6) γ(u + v) = γu + γv, ∀(u, v) ∈ E 2 , ∀γ ∈ K2 ;
(A.7) (γµ)u = γ(µu), ∀u ∈ E 2 , ∀(γ, µ) ∈ K2
(A.8) 1.u = u, ∀u ∈ E 2 .
( 1 étant l’élément neutre de la multiplication dans K).
Les éléments de E sont appelés vecteurs ceux de K scalaires.
Exemples 1.1.1. .
1. Le corps K est un K- espace vectoriel, en prenant pour loi interne K×K −→ K; (x, y) 7−→
x + y , et pour loi externe la multiplication dans K ( K × K −→ K; (λ, u) 7−→ λu). Ici,
les éléments de K sont simultanément considérés comme des vecteurs et des scalaires.
2. C est un C-espace vectoriel, et aussi un R- espace vectoriel pour les lois usuelles.
L’élément neutre pour la loi + est 0E = (0E1 , ..., 0En ) et l’opposé de (x1 , x2 , ..., xn ) est
(−x1 , −x2 , ..., −xn ).
En particulier, pour tout n ∈ N∗ , Kn est un K-espace vectoriel pour les lois usuelles.
Ici l’élément neutre est l’application constante nulle et l’opposée de f est définie par
(−f )(x) = −(f (x)).
Par exemple, l’ensemble RN des suites réelles est un R-espace vectoriel pour les lois
usuelles.
P i
P P
i (ai X ) + i (bi X i ) = i
i (ai + bi )X )
P i
P i
α( i (ai X )) = i (α ai )X
Proposition 1.1.1. Soit E est un K-espace vectoriel. Pour tous α, β de K et pour tous u, v
de E , on a :
1. αu = 0E ⇐⇒ (α = 0K ou u = 0E ).
2. (α − β)u = αu − βu.
3. α(v − u) = αv − αu.
Preuve 1.1.1. .
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 4
1. •) αu = (α + 0K )u = αu + 0K u =⇒ 0K u = αu − αu = 0E .
•) αu = α(0E + u) = α0E + αu =⇒ α0E = 0E .
•) Si αu = 0E et si α 6= 0K , alors, en notant α−1 l’inverse de α dans le corps K :
u = α−1 0E = 0E .
2. αu = ((α − β) + β)u = (α − β)u + βu, d’où (α − β)u = (αu) − (βu), qui est noté αu − βu.
(a) F 6= ∅
(b) i. (u, v) ∈ F × F =⇒ u + v ∈ F
ii. (α, u) ∈ K × F =⇒ αu ∈ F .
( On dit que F est stable par combinaisons linéaires.)
Remarque 1.2.1. Souvent on montrera que F est un espace vectoriel en montrant que
F est un sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel connu.
(a) 0E ∈ F
(b) (u, v) ∈ F × F ; (α, β) ∈ K × K =⇒ αu + βv ∈ F
Preuve.
• Supposons que F soit un sous-espace vectoriel.
— Comme F n’est pas vide, soit u ∈ F , alors (−1)u = −u ∈ F et u + (−u) = 0E ∈ F .
— Soient u, v ∈ F, α, β ∈ K. Alors par la définition de sous-espace vectoriel : αu ∈ F
et βv ∈ F et ainsi αu + βv ∈ F .
• Réciproquement, supposons que pour chaque u, v ∈ F, α, β ∈ K on a αu + βv ∈ F .
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Exemples 1.2.1. .
F = {u ∈ E | ∃α ∈ K : u = αv} = {λv | λ ∈ K}
Proposition 1.2.3. Soient (Fi )i∈I une famille de sous-espaces vectoriels de E ; alors
∩i∈I Fi est un sous-espace vectoriel de E .
Remarque 1.2.2. .
Définition 1.2.2. .
(a) On dit que deux espaces vectoriels F1 et F2 sont en somme directe si et seulement
si F1 ∩ F2 = {0}, on note F1 ⊕ F2 au lieu de F1 + F2 .
(b) Si F est un sev de E , on appelle supplémentaire de F tout sous-espace vectoriel
G de E tel que : F ⊕ G = E .
Preuve 1.2.1. Supposons que E = F1 ⊕ F2 et u = u1 + u2 = u′1 + u′2 avec (u1 , u′1 ) ∈ F12 et
(u2 , u′2 ) ∈ F22 . Alors u1 − u′1 = u′2 − u2 ∈ F1 ∩ F2 , donc u1 − u′1 = u′2 − u2 = 0.
Réciproquement, on a par hypothèse E = F1 + F2 .
Soit u ∈ F1 ∩ F2 , alors u = u + 0 = 0 + u, l’unicité de la décomposition de u comme
somme d’un élément de F1 et d’un élément de F2 implique u = 0 donc F1 ∩ F2 = {0} •
Exercice 1.2.1. .
Vérifier que
i. F1 , F2 , F3 sont des sous-espaces vectoriels de R3 ,
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ii. F1 ∩ F3 = F2 ∩ F3 = {0}
iii. F1 et F3 sont supplémentaires dans R3 , de même que F2 et F3 .
3. Sous-espace engendré.
{λ1 −
→
u1 + ... + λn −
→n
u / (λ1 , ...λn ) ∈ K n }
Remarque 1.2.3. V ect(A) est le plus petit ( au sens de l’inclusion ) des sev de E
T
contenant A ( V ect(A) = {F | A ⊂ F et F sev de E}).
Exemples 1.2.2. .
(a) On dit qu’une famille (u1 , ..., un ) de vecteurs de E est une famille libre, ou que les
vecteurs sont linéairement indépendants, si
α1 u1 + ... + αn un = 0E =⇒ (∀ i αi = 0K ).
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(b) On dit qu’une famille (u1 , ..., un ) de vecteurs de E est liée , ou que les vecteurs
sont linéairement dépendants, si
X
n
∃ (α1 , ..., αn ) ∈ K n − {(0, ..., 0)} ; α i ui = 0
i=1
2. Familles génératrices.
Définition 1.3.2. Soit E un K-espace vectoriel. On dit que (u1 , ..., un ) est une famille
génératrice de E si
∀ u ∈ E, ∃ λ1 , ..., λn ∈ K; u = λ1 u1 + ... + λn un
Proposition 1.3.1. .
Preuve 1.3.1. .
Exemples 1.3.1. .
Proposition 1.3.2. − →
v1 et −
→
v2 sont linéairement dépendants si et seulement si det(−
→
v1 , −
→
v2 ) =
→
− →
−
0, et ( v1 , v2 ) est une famille libre si et seulement si leur déterminant est non nul.
Preuve 1.3.2. supposons que x1 y2 − x2 y1 = 0. Si v1 = 0 alors la famille est liée. Si
v1 6= 0 alors x1 ou y1 est non nul; raisonnons avec x1 6= 0, d’où y2 = xx12 y1 et si on
pose α = xx21 , on obtient v2 = αv1 , donc (v1 , v2 ) est liée .
Proposition 1.3.3. →−
v1 et −→
v2 sont linéairement dépendants si et seulement si les
trois déterminants extraits du tableau des coordonnées de −
→
v1 et −
→
v2 sont nuls.
Corollaire 1.3.1. −
→
v1 et −
→
v2 sont linéairement indépendants si et seulement si l’un
au moins des déterminants extraits du tableau des coordonnées de −→
v1 et −
→
v2 est nul
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 10
Exemple.
Soit trois vecteurs de R3 , u = (2, 0, −1) , v = (−6, 0, 3) , w = (2, 2, −2). Soit
→ −
− → − →
( i , j , k ) la base canonique de R3 .
2 −6
Pour u et v le tableau de leurs composantes est : 0 0
−1 3
Les trois déterminants qui en sont extraits sont :
2 −6 2 −6 0 0
= 0; =0; = 0,
0 0 −1 3 −1 3
y2 y3 x2 x3 x2 x3
= x1 − y1 + z1
z2 z3 z2 z3 y2 y3
detB (→
−
v1 , −
→
v2 , −
→
v 3 ) = x 1 y 2 z3 − x 1 z2 y 3 − y 1 x 2 z3 + y 1 z2 x 3 + z1 x 2 y 3 − z1 y 2 x 3 .
On montre,
Proposition 1.3.4. Une base étant choisie dans V3 . Les vecteurs → −
v1 , −
→
v2 , −
→
v3 sont
−
→ →
− →
−
linéairement dépendants si et seulement si detB ( v1 , v2 , v3 ) = 0.
4. Bases.
Définition 1.3.5. On appelle base d’un espace vectoriel E toute famille libre de E qui
engendre E .
Proposition 1.3.5. B = {e1 , ..., en } est une base de E si et seulement si tout vecteur u
de E peut s’écrire de façon unique sous la forme :
u = x1 e1 + ... + xn en .
Preuve 1.3.3. Puisque e1 , ..., en engendrent E, u s’écrit d’une manière au moins sous
la forme u = α1 e1 + ... + αn en . Supposons qu’on ait aussi u = α1′ e1 + ... + αn′ en . Alors
α1 = α2 = ... = αn = 0E .
Remarque 1.3.1. Soit B = {e1 , ..., en } une base de E . Il existe alors une bijection :
Exemples 1.3.2. (a) {1} est une base de K comme K-espace vectoriel.
(b) {1, i} est une base de C comme R-espace vectoriel.
(c) B = {(1, 0, ..., 0), (0, 1, 0, ..., 0), ..., (0, 0, ..., 0, 1)} est une base de Kn comme K-espace
vectoriel , appelée base canonique de Rn .
(d) Si {e1 , e2 , ..., ep } est une base de E , et {e′1 , e′2 , ..., e′k } est une base de E ′ , alors
{(e1 , 0E ′ ), (e2 , 0E ′ ), ..., (ep , 0E ′ ), (0E , e′1 ), (0E , e′2 ), ..., (0E , e′k )}
Proposition 1.4.1. Si E est engendré par {v1 , v2 , ..., vn }, et si {u1 , ..., up } est une famille libre.
Alors p ≤ n.
X
n
Preuve 1.4.1. On peut écrire u1 = λi v i .
i=1
Puisque u1 6= 0, il existe λi 6= 0, par exemple λ1 , alors on peut écrire
Xn
λi
v 1 = u1 + vi
i=2
λ1
qui est une combinaison linéaire de {u1 , v2 , ..., vn } , donc tout élément de E aussi. On
recommence avec u2 , .....
Après n opérations, si p > n on aurait un+1 combinaison linéaire de u1 , ..., un , ce qui
impossible, donc p ≤ n.
Proposition 1.4.2. Soient n ∈ N∗ , (u1 , ..., un ) ∈ E n+1 , B = {u1 , ..., un }, B ′ = {u1 , ..., un , un+1 }.
2. Soit u ∈ E . Comme B ′ est génératrice de E , il existe (α1 , ..., αn , αn+1 ) ∈ Kn+1 tel que :
u = α1 u1 + ... + αn un + αn+1 un+1
P
Puisque un+1 ∈ V ect(B), il existe (λ1 , ..., λn ) ∈ Kn tel que : un+1 = ni=1 λi ui . On déduit
P P
: u = ( ni=1 αi ui ) + αn+1 un+1 = ni=1 (αi + αn+1 λi )ui ∈ V ect(B). Ce qui montre que B est
génératrice de E .
Preuve 1.4.3. On suppose E 6= {0}. Soit L = {I ⊂ {1, ..., m} | (vi )i∈I génératrice }. On
pose K = {card(I) | I ∈ L}. K est une partie non vide de {1, ..., m}. Elle admet un plus
petit élément p ≥ 1. Soit J ∈ L tel que card(J) = p. La famille (ui )i∈J est donc une famille
génératrice de E . De plus (ui )i∈J est libre. Sinon, il existe i0 ∈ J tel que ui0 est combinaison
linéaire des autres vecteurs Ui , pour i ∈ J \ {i0 }. Mais alors, si on pose J ′ = J \ {i0 },
alors (ui )i∈J ′ est une famille génératrice de E ayant ( strictement ) moins de p éléments,
contradiction. Ainsi (ui )i∈J est une base de E .
Théorème 1.4.2. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. Alors :
E admet au moins une base finie, et toutes les bases de E sont finies et ont le même
cardinal.
Définition. Le cardinal d’une base de E est appelé dimension de E sur K et noté dimK (E),
ou dim(E).
Preuve 1.4.4. Puisque E est de dimension finie, E admet au moins une famille génératrice
finie. D’après le théorème de la base extraite, E admet une base.
Soit B = {u1 , ..., un }, B ′ deux bases de E . Comme B est génératrice de E et B ′ est libre,
d’après la proposition 1.4.1. card(B ′ ) ≤ n, de même on a n ≤ card(B ′ ) ( car B est libre et B ′
est génératrice de E ). Donc card(B ′ ) = n.
Remarque 1.4.1. La dimension d’un K-espace vectoriel de dimension finie ”dépend” du corps
K. Par exemple : dimC (C2 ) = 2, mais dimR (C2 ) = 4.
1. Si {u1 , u2 , ..., up } engendre E , alors p ≥ n, et si p = n alors {u1 , u2 , ..., up } est une base
de E .
2. Si {v1 , v2 , ..., vq } est une famille libre , alors q ≤ n, et si q = n alors {v1 , v2 , ..., vq } est
une base de E .
Preuve. Exercice
Exemples 1.4.1. .
Conseils méthodologiques.
Pour déterminer la dimension d’un espace vectoriel E , on détermine une famille B
génératrice de E (ceci montre que E est de dimension finie), puis on vérifie que cette famille
est libre. La famille B est alors une base de E et le nombre de vecteurs dans la famille est
la dimension de E .
Application :
On note E = R3 . Déterminons la dimension de F = {(x, y, z) ∈ E, x − y − z = 0}.
Soit (x, y, z) ∈ E . On a (x, y, z) ∈ F si et seulement si, (x, y, z) = (y + z, y, z) = y.(1, 1, 0) +
z.(1, 0, 1). Donc, F = V ect{(1, 1, 0), (1, 0, 1)}. En particulier, F est un sous-espace vectoriel
de E . Donc, la famille B = {(1, 1, 0), (1, 0, 1)} engendre F qui est donc de dimension finie.
De plus, les vecteurs (1, 1, 0) et (1, 0, 1) ne sont pas colinéaires. Donc, la famille B est libre.
Ainsi, B est une base de F et dim(F ) = 2.
Dit autrement, cela signifie que toute famille libre A d’un espace vectoriel de dimension
finie peut s’étendre en une base B : A ⊂ B .
On en déduit que tout espace vectoriel non réduit à {0} possède au moins une base.
Preuve 1.4.5. Soient A = {v1 , v2 , ..., vp } une famille libre et B = {e1 , e2 , ..., en } une famille
génératrice de E . Il faut compléter A en une base de E . L’algorithme suivant dépend de la
proposition1.4.2. :
- Si e1 ∈ vect(A), on garde A.
- Sinon, on remplace A par A1 = A ∪ {e1 }, A1 , libre par la prop. 1.4.2. et e1 ∈ vect(A1 ).
On recommence pour tous les autres vecteurs de B . À la fin, on a une nouvelle famille
libre Aq = A ∪ J ,avec J ⊂ B , et e1 , ..., en ∈ vet(Aq ) ⇒ E = vect{e1 , ..., en } ⊂ vect(Aq ) ⊂ E
Ce qui veut dire que Aq est libre et génératrice de E , c’est-à-dire est une base de E . De
plus card(Aq ) = n ⇒ card(J) = n − p.
Preuve.
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 15
1. La démonstration est triviale dans le cas où le sous-espace F est réduit à {0E }.
Soit donc F un sous-espace vectoriel de E, F 6= {0E }, et soit n la dimension de E; n
est un entier strictement positif puisque E , qui contient F , n’est pas réduit à {0E }.
Soit v un élément non nul de F : {v} est une partie libre de F , donc F contient des
parties libres.
Toute famille libre d’éléments de F étant une partie libre d’éléments de E (voir la
définition des parties libres), comme E est de dimension n, toutes les parties libres de
F ont au plus n éléments.
On considère l’ensemble A des entiers k tels qu’il existe une partie libre de F ayant k
éléments :
Cet ensemble A, non vide ( 1 ∈ A), est un sous-ensemble borné de N (puisque tout
élément de A est compris entre 1 et n) donc il admet un maximum.
Soit p ce maximum et soit {v1 , ..., vp } une famille libre de F ayant p éléments; cette
famille libre est donc une famille génératrice de F . Sinon, il existe v ∈ F tel que
v∈/ vect{v1 , ..., vp }. Mais alors, si on pose J = {v, v1 , ..., vp }, d’après pro.1.4.2, J est une
famille libre ayant ( strictement ) plus de p éléments, contradiction. Ainsi {v1 , v2 , ..., vp }
est une base de F .
On a ainsi démontré simultanément que
•F est de dimension finie (puisque {v1 , ..., vp } est une famille génératrice de F ),
•dim(F ) = p , donc dim(F ) ≤ dim(E) (puisque toute famille libre de F a au plus n
éléments).
De plus, lorsque p = n, le p-uplet (v1 , ..., vp ), qui est une base de F , est aussi une base
de E (car {v1 , ..., vp } est alors une famille libre de E ayant exactement n éléments),
donc tout élément de E s’écrit comme une combinaison linéaire des vi , 1 ≤ i ≤ p , donc
appartient à F , d’où F = E .
(A + u) + v = A + (u + v) , A ∈ A , (u, v) ∈ E 2 .
Preuve.
−→ −→ −→ −→ −→ −→ −
→
1. . D’après (A1) , AA + AA = AA =⇒ 2AA = AA =⇒ AA = 0E .
−−→ −
→ −−→ −→ −
→
. AB = 0E =⇒ AB = AA = 0E =⇒ A = B ( d’après (A2))
−−→ −−→ −→ −
→ −−→ −−→
2. AB + BA = AA = 0E =⇒ AB = −BA.
W = A + F = {A + u / u ∈ F }
Preuve 1.6.1. Soit W un sea de A passant par un point A et dirigé par un sev F . Pour tout
point M ∈ W , on a :
−−→
W =M +F , F = {M N / N ∈ W }
En particulier un sea est un espace affine de direction F . Sa dimension et par définition
celle de F .
Preuve. Soit M = A + u ∈ W = A + F .
Tout élément de M + F est de la forme N = M + v = A + u + v , or F est un sev ,
donc M + F ⊂ A + F = W . Inversement, tout élément de W = A + F est de la forme
N = A + v = M + (−u) + v , donc W ⊂ M + F .
Remarque. Pour montrer qu’une partie W de A est un sea il suffit de montrer que pour
−−→
un point A de W , l’ensemble w = {AM / M ∈ W } est un sev de E , ce sev ne dépend
pas du choix du point A dans W : c’est la direction de W .
2. Soit E un espace vectoriel. Tout sev F de E est un sea de l’espace affine E , et il est
sa propre direction, comme le prouve l’égalité F = 0 + F .
Les sous-espaces affines d’un espace vectoriel sont les sous-espaces de la forme u + F ,
F est un sous-espace vectoriel et u est un vecteur de E .
Preuve. Exercice
Preuve 1.6.3. Soit (pi )i∈I une famille non vide de points de A. Il existe un plus petit sea (
au sens de l’inclusion ) contenant les points pi .
Définition 1.6.2. Deux sea , W1 et W2 sont dits supplèmentaires s’il en est ainsi de leurs
directions.
Preuve.
−−→ −→ −→ →
−
Si A, B ∈ W1 ∩ W2 , alors AB ∈ W1 ∩ W2 = { 0 } , donc A = B .
Reste à prouver que W1 ∩ W2 est non vide.
−→ −→
Soient A ∈ W1 , B ∈ W2 , Comme E = W1 + W2 ,
−−→ −→ −→
nous pouvons écrire AB = u1 + u2 avec u1 ∈ W1 et u2 ∈ W2 .
Posons alors Ω = A + u1 = B − u2 ∈ W1 ∩ W2 .
1.6.2 Parallélisme
Définition 1.6.3. Soient W et W ′ deux sea de A dirigés respectivement par F et F ′ .
Corollaire 1.6.1. Dans un espace affine, deux sea ayant même direction sont soit disjoints
soit confondus.
Définition 1.6.4. Un repère cartésien de A est la donnée d’un point O de A, appelé origine,
et d’une base (−
→
e1 , −
→
e2 , ..., −
→
en ) de E .
Si R = (O, − →
e1 , −
→
e2 , ..., −
→
en ) est un repère cartésien, on dit que (O, O + −
→
e1 = I1 , O + −
→
e2 =
→
−
I2 , ..., O + en = In ) est un repère affine associé au repère cartésien R .
Pour tout point M de A, ∃!(x1 , x2 , ..., xn ) ∈ Rn tel que
−−→
OM = x1 −
→
e1 + x2 −
→
e2 + ... + xn −
→
en ,
−−→ Pn
utilisons la notation M = O + OM , nous écrirons : M = O + i=1 xi −
→
ei .
chap.1 I.A Algèbre 2 2023/2024 - FSO- E.H. IDRISSI 20
Les (xi )1≤i≤n s’appellent les coordonnées cartésiennes du point M dans le repère cartésien
R = (O, −
→
e1 , −
→
e2 , ..., −
→
en ) .
Si A = D est une droite , l’unique coordonnée cartésienne x du point M ∈ D dans le
repère cartésien (O, −
→
e1 ), s’appelle l’abscisse de M dans ce repère. On a donc :
−−→
M = O + x−
→
e1 ⇐⇒ OM = x−
→
e1 .
−−−→
Si (M, M ′ ) ∈ D × D, on note M M ′ l’unique scalaire tel que : M M ′ = M M ′ −→
e1 . Ce scalaire
−−−→′ →
−
s’appelle la mesure algèbrique de M M dans le repère cartésien (O, e1 ) : M M ′ = x′ − x.
′
Exercice 1.6.2. 1. Soit (M, M ′ , M ”) ∈ D3 avec M 6= M ”. Montrer que le scalaire M MM
M”
′
ne dépend pas du choix du repère, il ne dépend que des points M, M , M ” ( et de la
structure affine de D).
2. Soit (O, −
→
e1 , −
→
e2 , ..., −
→
en ) un repère cartésien de A.
Montrer que l’application ϕ : Rn −→ A ; (x1 , x2 , ..., xn ) 7−→ O + x1 −
→
e1 + x2 −
→
e2 + ... + xn −
→
en
est un isomorphisme d’espaces affines.