Faut-il accepter la mort comme une partie naturelle de la vie ?
La mort est une réalité universelle, mais son acceptation reste un défi pour beaucoup. Pourquoi est-il
si difficile de l'accepter ? Est-ce parce qu'elle marque la fin de tout ce que nous connaissons ? Ou
parce qu'elle nous confronte à notre propre fragilité ? Ces questions rhétoriques soulignent
l'importance de réfléchir à notre rapport à la finitude.
D'un côté, certains soutiennent que la mort est une injustice, une rupture brutale avec la vie. Ils
avancent que la médecine moderne devrait tout faire pour prolonger la vie, citant des statistiques
impressionnantes : selon l'OMS, l'espérance de vie mondiale a augmenté de 6 ans entre 2000 et 2019
grâce aux progrès médicaux. Mais est-ce suffisant pour vaincre l'inévitable ?
D'un autre côté, des philosophes comme Sénèque affirment que "la mort est une partie de la vie, et
non son contraire". Cette citation invite à considérer la mort non pas comme une ennemie, mais
comme une étape naturelle. Les témoignages de personnes ayant accompagné des proches en fin de
vie révèlent souvent une transformation : "J'ai appris à apprécier chaque instant, à vivre pleinement",
confie Marie, une infirmière en soins palliatifs.
En conclusion, bien que la mort soit difficile à accepter, elle peut aussi être une source de réflexion et
de croissance personnelle. Plutôt que de la craindre, ne devrions-nous pas apprendre à l'intégrer dans
notre vision de la vie ? Après tout, comme le disait Montaigne, "philosopher, c'est apprendre à
mourir".
Extrait de l’essai « La mort » de Mohammed Aïssaoui Gallimard 2010