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Dates Sénégal

Le document présente un historique détaillé des migrations au Sénégal, en soulignant l'importance de ces mouvements dans le contexte historique et social du pays. Il aborde les différentes vagues migratoires, les impacts de la colonisation, ainsi que l'évolution des politiques migratoires et des relations avec la diaspora. Enfin, il met en lumière les initiatives des Sénégalais à l'étranger pour soutenir leur pays d'origine.

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Le Sénégal, terre de migrations

Les dates principales de l’histoire (…)

Le Sénégal, terre de migrations

Sommaire du dossier

Introduction

Carte et repères sur le Sénégal

Les dates principales de l’histoire du Sénégal

La « clandestinisation » de l’émigration

La société civile sénégalaise face au problème migratoire

Bibliographie sur le Sénégal


Sitographie sur le Sénégal

Outils pédagogiques sur les migrations et le Sénégal

Les dates principales de l’histoire du Sénégal

20 mars 2025, par CRECSI

IIème au XIème siècle : Empire du Ghana.

IXème siècle : Naissance de l’empire du Tekrour (ou Tekror) lors de la décadence de l’empire du Ghana.

1080 : Les Almoravides (confrérie de moines guerriers d’origine berbère qui régna sur le Maghreb et
l’Andalousie de 1061 à 1147) entreprennent l’islamisation du Sénégal actuel.

XIIIème siècle : Naissance de l’empire du Djolof dans la partie centrale du Sénégal actuel.

XIIIème et XIVème siècles : Naissance de l’empire du Mali dans la partie est du Sénégal actuel.

La colonisation

XVème siècle : Arrivée des premiers colons (portugais). Établissement des premiers comptoirs dans la
presqu’île du Cap-Vert, à Gorée, Rufisque et Joal.

XVIème siècle : Début de la traite des Noirs organisée par les Portugais. Installation des Hollandais à
Gorée.

1626 à 1659 : Colonisation française du futur site de Saint-Louis.

Fin du XVIIème siècle : Gorée prise par les Anglais puis par les Français.

de 1758 à 1814 : les Anglais et les Français se disputent Saint-Louis et Gorée.

15 Avril 1789 : Envoi par les habitants de Saint-Louis d’ « un Cahier de doléances et de remontrances »
aux Etats Généraux de Versailles.

1802 : Représentation de la colonie au conseil des « Cinq Cents », assemblée législative française
instituée par la Constitution de l’an III, et mise en vigueur le 23 septembre 1795.

30 mai 1814 : Le Sénégal est donné à la France par le Traité de Paris.

1815 : La France se voit accorder le monopole du commerce avec le Sénégal.

1848 : Abolition de l’esclavage.


1854 à 1865 : Faidherbe est le gouverneur de la colonie. Fondation de Dakar. Conquête des royaumes
du Djolof et du Kayor.

1883 : Fondation du Mouridisme par Cheikh Ahmadou Bamba.

1895 : Création du Gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.).

1904 : Dakar devient capitale de l’A.O.F.

1916 : Les habitants des « Quatre Communes » (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis) reçoivent la
citoyenneté française. Envoi des premiers élus à la Chambre des députés.

1956 : Loi-cadre créant les huit états autonomes en A.O.F. (y compris le Sénégal).

L’Indépendance

4 avril 1960 : Le Sénégal accède à son indépendance au sein de la Fédération du Mali (composée du
Sénégal et du Soudan français (actuel Mali) entre 1959 et 1960).

20 Août 1960 : Eclatement de la Fédération du Mali et constitution de la république sénégalaise.

5 septembre 1960 : Léopold Sedar Senghor est élu premier président de la république Sénégalaise. Il
entame un mandat de sept ans.

18 décembre 1962 : Accusé d’avoir porté atteinte aux droits du Parlement, le Premier Ministre,
Mamadou Dia est arrêté. Léopold Sédar Senghor exerce alors l’ensemble du pouvoir exécutif.

3 mars 1963 : Approbation par référendum de la nouvelle constitution, institution d’un régime
présidentiel à la française.

26 février 1970 : Création d’un poste de Premier Ministre par réforme de la constitution approuvée par
référendum. Le président Senghor nomme Abdou Diouf à ce poste.

Février 1971 : Visite à Dakar du président de la république française, Georges Pompidou.

2 novembre 1971 : Le président Senghor se rend en Israël et en Egypte, avec trois autres chefs d’état
africains, pour se poser en médiateur du conflit au Moyen-Orient.

26 mars 1974 : Le président Senghor annonce la libération de tous les prisonniers politiques en avril, à
l’occasion du 14ème anniversaire de l’indépendance du pays.

26 février 1978 : Réélection à la présidence de la république de Léopold Sédar Senghor. Pour la première
fois il a dû affronter un candidat de l’opposition, Abdoulaye Wade, chef du PDS (Parti Démocratique
Sénégalais), qui a remporté 17 % des voix.
31 décembre 1980 : Léopold Sédar Senghor quitte le pouvoir et laisse sa place à son Premier Ministre,
Abdou Diouf.

1er janvier 1981 : Abdou Diouf succède à Léopold Sédar Senghor à la présidence de la république.

1er février 1982 : Naissance officielle de la confédération de Sénégambie.

27 février 1983 : Abdou Diouf est confirmé dans ses fonctions par un scrutin au suffrage universel. Il
obtient plus de 80 % des voix face à quatre autres candidats.

Février 1988 : Contexte économique et social de crise. Le président Abdou Diouf est reconduit dans ses
fonctions avec plus de 73 % des suffrages, succès renforcé par la majorité absolue du PS aux élections
législatives. L’opposition conteste résultats. Des émeutes et affrontements avec les forces de l’ordre
conduisent à la proclamation de l’état d’urgence.

Les années 2000

Mars 2000 : Porté par son slogan sopi (changement en wolof), l’opposant de longue date Abdoulaye
Wade, chef de file du Parti démocratique sénégalais, remporte l’élection présidentielle du 19 mars 2000,
avec 58,5% des suffrages au second tour, devant le président sortant Abdou Diouf. Son arrivée au
pouvoir met un terme à 40 ans de pouvoir du Parti Socialiste.

En 2001 une nouvelle constitution réduit le mandat présidentiel de 7 à 5 ans. L’Assemblée nationale – au
sein de laquelle le Parti socialiste est majoritaire – est dissoute le 5 février 2001. 25 formations
politiques sont autorisées à participer aux élections législatives anticipées. Pour la première fois au
Sénégal, un parti écologiste, Les Verts, entre en lice dans une consultation électorale, mais n’obtient
aucun siège.

Le 12 mai 2001, les élections législatives voient la victoire de la coalition Sopi proche du président Wade,
ce qui permet à 9 nouveaux ministres d’entrer au gouvernement, renforçant ainsi le poids du PDS.

Le 26 septembre 2002, a lieu le naufrage, au large de la Gambie, du ferry "Le Joola" qui reliait Ziguinchor
à Dakar. Plus de 1 800 passagers y perdent la vie. Les négligences constatées suscitent un forte rancœur
à l’égard des pouvoirs publics. La région, déjà affectée par son enclavement, perd sa liaison maritime
pendant trois ans

Le 10 décembre 2004 :Abolition de la peine de mort.

30 décembre 2004 : Accord de paix en Casamance

En 2007, Abdoulaye Wade est facilement réélu lors de l’élection présidentielle, et malgré le mot d’ordre
de boycott de l’opposition lors des élections législatives consécutives, il dispose d’une majorité
écrasante à l’Assemblée nationale et au Sénat, rétabli en début d’année. Le Président mène une
politique libérale ouvertement revendiquée qui donne certains résultats. En effet le Sénégal devient une
terre d’élection pour les investisseurs d’Europe, mais aussi des émirats du Golfe, du Brésil, de Chine,
d’Iran ou d’Inde. Abdoulaye Wade appelle également à la création d’États-Unis d’Afrique.

En novembre 2007, des manifestations de rue protestent contre. l’augmentation du coût de la vie,
notamment liée à la hausse des cours du pétrole ; beaucoup dénoncent aussi une dérive autoritaire du
pouvoir. Le ralentissement de la croissance et un taux de chômage élevé poussent bien des jeunes
Sénégalais à l’émigration, parfois au péril de leur vie.

Février 2010 : un projet de loi déclarant l’esclavage "crime contre l’humanité" est exposé par le chef de
l’Etat. Abdoulaye Wade annonce également la fermeture de la base militaire française à Dakar.

Juin 2011 : face à la fronde de la rue, Abdoulaye Wade renonce à une réforme constitutionnelle qui
prévoyait de faire élire un ticket présidentiel permettant l’élection simultanée au suffrage universel du
président et du vice-président de la République, au premier tour, avec 25% seulement des suffrages
exprimés. On le soupçonnait de vouloir assurer sa réélection et de préparer la succession pour son fils
Karim.

Janvier 2012 : le Conseil constitutionnel se prononce pour une nouvelle candidature, jugée
anticonstitutionnelle par ses opposants, du chef de l’Etat à la présidentielle de février. Il rejette la
candidature du chanteur Youssou N’Dour. Cette décision provoque la colère de l’opposition.

Le 25 mars 2012, l’ex-premier ministre Macky Sall devient le nouveau chef de l’État sénégalais en
battant au second tour de la présidentielle son rival Abdoulaye Wade qui a reconnu sa défaite avant
même les résultats officiels d’un scrutin qui s’est déroulé pacifiquement.

Le 27 mars 2012, Macky Sall est le vainqueur de l’élection présidentielle avec 65,80% des suffrages,
selon les résultats officiels provisoires annoncés par la Commission nationale de recensement des votes.
Le président sortant Abdoulaye Wade obtient, lui, 34,20% des voix. Le taux de participation est à 55%
des inscrits, toujours selon les mêmes résultats officiels provisoires.

Le 3 avril 2012, le président Macky Sall nomme Abdoul Mbaye Premier ministre. Chef d’entreprise et
banquier de formation, 59 ans, Abdoul Mbaye doit former le nouveau gouvernement du Sénégal sans
dépasser les 25 personnes.

Sources : [Link]/francais/histoire/[Link]

Historique des migrations dans l’histoire sénégalaise

L’histoire sénégalaise est indissociable de l’histoire des migrations. Elle est marquée par une tradition de
« l’itinérance » antérieure à la colonisation. Les migrations, longtemps cantonnées au continent africain,
sont devenues intercontinentales depuis la décolonisation. Plusieurs périodes peuvent être définies
dans cette longue histoire :
Jusqu’aux années 1950, on parle de migrations saisonnières habituelles dans des pays essentiellement
ruraux. Les migrants se déplacent d’une région à l’autre dans l’espace ouest-africain, s’adaptant
également à l’émergence des centres productifs miniers et pétroliers africains. De façon marginale, à
cette époque, les tirailleurs sénégalais venus prêter main forte pendant la 1ère guerre mondiale seront
les précurseurs des migrations intercontinentales. On note aussi pendant la période de l’entre deux
guerres la présence dans les ports français de navigateurs sénégalais.

On peut remarquer à l’aube des années 60 la vague de migrants du fleuve Sénégal (Mauritaniens,
Maliens et Sénégalais) qui se lancent dans la course aux diamants, à la fois mineurs et négociants.
Souvent en situation irrégulière, ils devront, à partir des années 1980, faire face aux expulsions des
zones diamantifères par les Etats concernés (Sierra Leone, Congo, Zambie, Nigéria, Angola).

Après la seconde guerre mondiale puis la décolonisation, la France a besoin de main d’œuvre, en
particulier dans l’industrie automobile, textile, dans le bâtiment…. L’immigration est alors facilitée par
l’ancienne métropole : tout Sénégalais peut se rendre en France s’il dispose d’une carte nationale
d’identité, de certificats de vaccination et d’une garantie de rapatriement de 1500 francs français.

Au milieu des années 1970, les autorités françaises favorisent le regroupement familial, transformant
ainsi les migrations temporaires d’hommes seuls en migrations familiales définitives ou de très longue
durée. Apparaît alors ce qui deviendra un phénomène récurrent : La France, voire l’Europe, sont les
seuls décideurs des migrations, les pays de départ n’ayant aucun rôle décisionnaire.

A l’époque où la France ouvrait grandes ses frontières, les pays africains de l’ouest et du centre
devenaient aussi des recruteurs de main d’œuvre. La Côte d’Ivoire accueillait alors officiellement les
migrants sénégalais avec ou sans leur famille. C’est surtout dans le commerce que s’exerçait leur
activité. A la même époque, le Gabon accueillait des ouvriers du bâtiment avec un contrat de travail
mais aussi des diplômés de l’enseignement supérieur appelés au Sénégal des « maitrîsards chômeurs ».
Peut-on parler ici de la première « immigration choisie »… ?

Cette période favorable au départ des Sénégalais, s’achève dans les années 1980 pour différentes
raisons : début de verrouillage des frontières européennes (1985 voit l’instauration du visa en France) et
remise en cause des migrations en Afrique de l’Ouest liée aux politiques d’austérité et à l’apparition de
la notion d’ivoirité et de gabonisation. Les Sénégalais essaient alors de trouver d’autres pays d’accueil ou
bien rentrent au pays.

L’histoire des migrations sénégalaises jusqu’aux années 1980 ne saurait être complète sans son volet «
immigration ». Dans la tradition migratoire, la forte rotation amène au Sénégal des ressortissants de
tous les pays frontaliers et même de tout l’ouest africain. Outre les déplacements saisonniers liés aux
cycles agricoles, les immigrants entrent au Sénégal pour des raisons politiques : les ressortissants de la
Guinée Bissau, par exemple, se réfugient en masse au Sénégal lors de la guerre d’indépendance. Les
évènements politiques jouent dans les deux sens. Ainsi, la guerre sénégalo-mauritanienne de 1989 a
provoqué un chassé-croisé entre Mauritaniens et Sénégalais, ceux-ci gagnant la Gambie plutôt que de se
réinstaller au Sénégal.

Au total, entre 1960 et 2005, ce sont plus de 150 000 africains de l’Ouest qui se sont installés au Sénégal,
les Guinéens représentant la plus forte communauté immigrante.

La diaspora et les associations de migrants aujourd’hui

Depuis toujours, le sénégalais émigré envoie des fonds à sa famille. Mais ces envois ont évolué car la
diaspora s’est organisée. Prenons l’exemple des sénégalais installés en France. Plusieurs organisations se
sont développées, souvent avec l’aide des institutions françaises.

C’est le cas de la FADERMA (Fédération des Associations de Développement de la vallée de Matam)


créée en 2003 avec le soutien du Conseil général des Yvelines. Elle remplace une multitude
d’associations (25) agissant chacune de leur côté, sans complémentarité, voire même en concurrence.
Actuellement, la FADERMA peut initier des projets de plus grande ampleur utiles à l’ensemble de la
région : 3ème école élémentaire, projet maraîcher, lycée et forage.

Autre exemple d’initiative, la MECSEF (Mutuelle d’Epargne et de Crédit des Sénégalais en France) voit le
jour en 2004 et obtient en 2006 l’agrément de l’Etat sénégalais. Tous les expatriés peuvent adhérer,
quelle que soit leur situation administrative. Le fonctionnement évoque celui de la tontine, bien connue
en Afrique : 50 € d’adhésion, 50 € de parts sociales, compte d’épargne bloqué sur 5 ans à partir de 20 €
par mois. Les financements soutiennent des initiatives variées, visant un développement sur le long
terme, loin de la seule aide à la famille, selon la tradition.

Les exemples d’organisations de la diaspora de France (mais ailleurs dans le monde aussi) sont multiples
et amènent des transferts monétaires importants qui permettent un équilibre de la balance
commerciale. Cette situation de dépendance à l’égard des transferts monétaires est un danger pour le
Sénégal qui risque de faire reposer son économie sur cette source de financement. Le risque collatéral
de cette situation est que le Sénégal continue d’encourager l’émigration de ses travailleurs et surtout
des plus qualifiés pour entretenir cet afflux monétaire. Actuellement, il semble que les quelques 50 à
100 000 sénégalais de France (chiffre variable lié aux comptage ou non des clandestins ?) envoient
chaque année 600 millions d’euros vers leur pays (rappel : le RNB, revenu national brut est de 8 milliards
d’euros en 2010).
Par ailleurs, les envois d’argent des migrants facilitent l’accès à l’éducation et à la santé, peuvent
favoriser l’épargne et donc l’investissement dans le meilleur des cas, tout en créant des habitudes de
consommation provoquant des liens de dépendance (7 familles sur 10 comptent un migrant en leur
sein). Alors, les transferts de fonds issus de la diaspora sont-ils une bénédiction ou une malédiction ?
Question qui va se poser rapidement dans une période de crise qui voit la baisse des revenus des
migrants et le risque de retour au pays des clandestins. Question qui se pose déjà puisque les transferts
aggravent les inégalités, les familles bénéficiaires ne faisant pas partie des populations les plus pauvres.

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