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OI Rapport 050

Une mission conjointe a évalué l'exploitation des forêts communautaires au Cameroun, révélant des abus dans l'utilisation des lettres de voiture et un manque d'implication des communautés dans la gestion. Les forêts sont souvent exploitées par des intérêts privés, laissant les communautés endettées et vulnérables. L'Observateur Indépendant recommande des révisions des plans de gestion, une meilleure formation des communautés et un contrôle rigoureux des activités forestières.

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OI Rapport 050

Une mission conjointe a évalué l'exploitation des forêts communautaires au Cameroun, révélant des abus dans l'utilisation des lettres de voiture et un manque d'implication des communautés dans la gestion. Les forêts sont souvent exploitées par des intérêts privés, laissant les communautés endettées et vulnérables. L'Observateur Indépendant recommande des révisions des plans de gestion, une meilleure formation des communautés et un contrôle rigoureux des activités forestières.

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Observateur Indépendant

au Contrôle et Suivi des Infractions Forestières


B.P. 11317 Tel/Fax: (237) 220 10 92
Yaoundé - Cameroun

RAPPORT DE L’OBSERVATEUR
INDEPENDANT
No. 050 / OI / REM
Mission conjointe BNC – Observateur Indépendant

Titre : Forêts Communautaires


Localisation : Provinces du Centre et Sud-Ouest
Dates de la 16 mai au 02 juin 2006
mission :

Equipe Observateur Indépendant :


M. Guy Huot, Ingénieur Forestier (Ing. F.).
M. Serge C. Moukouri, Ingénieur Eaux et Forêts (IEF)

Equipe MINFOF :
M. MEDJO Frédéric, contrôleur BNC
Mme TSANGUE Gisèle, contrôleur BNC
M. NOLLA Babena, DF
M. DONGMO Pierre, contrôleur BNC
M. EKONO EBALE, contrôleur BNC
M. NIASSAN MOISE, DF
1
RESUME EXECUTIF

Une mission conjointe, Brigade Nationale de Contrôle et Observateur Indépendant, a effectué un


état des lieux de l’exploitation des forêts communautaires dans cinq provinces forestières du
Cameroun. Au cours de cette mission, l’Observateur Indépendant a visité 32 forêts
communautaires.

Des investigations menées sur le terrain et de l’analyse de divers documents, sont ressorties les
conclusions générales suivantes :
- Des abus fréquents de lettres de voiture de forêts communautaires pour évacuer et ou
blanchir du bois exploité illégalement ont été constatés sous diverses formes de même
que la non-remise au Ministère des forêts de lettres de voiture non-utilisées. Dans
plusieurs autres cas, des lettres de voiture ont été délivrées aux forêts communautaires qui
n'étaient pas en activité. Dans plus de 60% des cas, il est quasiment impossible de
déterminer l’usage de toutes les lettres de voiture attribuées à ces forêts;
- L’absence de l’aspect communautaire dans la gestion de plusieurs forêts communautaires,
la majorité de ces dernières étant sous l’emprise d'intérêts particuliers de quelques
membres des villages. Il ressort en effet que plus de 80% des gestionnaires de ces forêts
ne résident pas dans les villages concernés et la majorité des membres des communautés
concernées déclare ne pas être impliquée dans la gestion de leurs forêts communautaires.
Plus de 60% de ces forêts communautaires sont caractérisées par des conflits et
dissensions internes;
- La majorité des forêts communautaires n’a pas d’instruments fiables de gestion, telle une
comptabilité en bonne et due forme. De toutes les FC visitées, 4 seulement ont ouvert des
comptes d’épargne auprès d’établissements de micro-finance. Dans la majorité des cas,
les fonds issus de l’exploitation sont versés dans des comptes privés des élites locales ;
- Une seule des forêts communautaires visitées est directement exploitée en régie par la
communauté attributaire. Le reste est exploité par des opérateurs privés en sous-traitance.
Ceci cause certainement des manques à gagner aux communautés;
- Le processus d’attribution et de mise en exploitation de plusieurs forêts communautaires
a fortement endetté certaines communautés. La mission a pris connaissance de
communautés avec entre 7 et 14 millions de FCFA de dettes. Ceci rend ces communautés
vulnérables à des contrats léonins de partenariat (les charges sont supportées par une
seule des parties alors que l'autre en tire tous les avantages), surtout que dans la majorité
des cas les créanciers ne sont autres que les bénéficiaires desdits contrats. Ainsi, par
exemple, certains contrats de partenariat entre plusieurs communautés et des exploitants
forestiers disposent que les paiements au bénéfice de la communauté concernée sont dus
après vente des produits livrés. Autrement dit, si un partenaire ne réussit pas à écouler le
bois, la communauté ne perçoit pas son dû, bien que la forêt ait été exploitée. Par ailleurs,
plusieurs communautés ne disposent d’aucun moyen de contrôle sur les activités de
commercialisation de leurs partenaires avec comme conséquence que toute ou presque
réclament des arriérés à leurs partenaires;
- L’exploitation de la majorité des forêts communautaires visitées par la mission se focalise
sur deux essences uniquement, à savoir l’iroko et le pachyloba (doussié). Ce caractère
sélectif de l’exploitation conduit au non-respect des Plans de Gestion Simple (PSG) et
soulève un sérieux problème de durabilité;
- L’administration des forêts n’assure pas un suivi pertinent des processus d’attribution et
d’exploitation des forêts communautaire, cela en dépit de la règle de gratuité de
l’assistance que cette administration doit pourvoir aux communautés. Au contraire, des

2
agents du Ministère des forêts ont créé des bureaux d’études, qui se sont fait rémunérer
pour des prestations en faveur des communautés. Ainsi par exemple, plus de 2/3 PSG des
FC visitées dans la province du Centre ont été élaborés par deux bureaux d’étude. Ceci
soulève d’importantes questions de conflits d’intérêts dans le processus d’attribution de
certaines forêts communautaires;
- Plusieurs Plans Simples de Gestion ont été élaborés sans tenir compte des réalités ni des
aspirations des communautés concernées. La mission a par exemple trouvé plusieurs PSG
avec des mentions identiques, alors que les réalités et aspirations des communautés
concernées sont différentes;
- Les administrations locales (Provinciales et départementales) n’assurent pas un contrôle
efficace des activités des forêts communautaires. La mission a, par exemple, trouvé une
forêt dont l'exploitation était suspendue, en pleine exploitation industrielle. Elle a
également trouvé des forêts communautaires gérées en flagrante violation des
prescriptions règlementaires actuelles, notamment des activités sans certificat annuel
d’exploitation;
- Le mécanisme de délivrance des documents de transport (lettres de voiture) des forêts
communautaires présente des failles qui contribuent aux abus soulignés. Dans plusieurs
cas, l’administration a remis les documents de transport directement aux partenaires des
communautés au lieu de leurs représentants. Beaucoup de communautés ont avoué à la
mission leur manque d’informations sur le nombre de carnets reçus et l’utilisation qui en
a été faite;
- Plusieurs forêts communautaires ne sont pas démarquées sur le terrain, ce qui ouvre la
voie à des exploitations hors limites.

Eu égard aux constats ci-dessus, l’Observateur indépendant recommande :


1. La révision par le MINFOF du contenu des plans simples de gestion de toutes les forêts
communautaires déjà attribuées en vue de leur adaptation aux normes actuelles en matières
d’exploitation des forêts communautaires;
2. La mise sur pied de modules de formation et de sensibilisation des communautés sur les
normes d’exploitation et de gestion de forêts communautaires;
3. La mise en place d’une procédure fixe et rigoureuse de délivrance des lettres de voiture aux
forêts communautaires;
4. La responsabilisation des agents des services décentralisés du MINFOF, particulièrement
des chefs des postes forestiers, dans le contrôle de la conformité de l’exploitation des forêts
communautaires aux Plans Simples de Gestion;
5. Le contrôle et suivi par l’Administration des forêts des contrats de partenariat entre les
communautés et exploitants en vue de garantir les droits de ces premières et de s’assurer
que ces contrats ne soient pas conclus en défaveur des droits des communautés. Le
démarrage effectif du programme RICG serait un palliatif à ce risque en aidant les
communautés à se prendre en charge;
6. Une enquête administrative au sein du MINFOF en vue d’établir des responsabilités dans la
délivrance des lettres de voiture à des forêts sans vérifier l’effectivité de leurs activités;

7. Une meilleure information sur les marchés et une structuration des communautés par
l’organisation des forêts communautaires en réseau pour faciliter la commercialisation des
produits et la diversification de leur production;

3
8. L’ouverture de contentieux forestiers à l’encontre de tous les auteurs/complices
d’infractions forestières constatées au cours de cette mission;
9. Le suivi rigoureux du dépôt, par les gestionnaires des forêts communautaires, des différents
feuillets des lettres de voiture aux services destinataires.

Entités Villages
Lieu PSG Observations
juridiques bénéficiaires
Upper bayang, Exploitation en dehors
Living earth
TINTO CLAN Tinto Manyu, Sud-
Ouest des limites de la FC

Kupé X Autorisation
NDECUDA Ndissi, Ekep Manengouba, d’exploitation de bois en
Sud-Ouest
grumes

BIMBIA BONA Bimbia, Bona Limbé, Fako, MCP Exploitation sans


DIKOMBO dikombo, Sud-Ouest documents (CAE, LV)
Nanga Eboko,
Mimbiam, Haute X Non-respect du PSG
EBOLO MBAMA Sanaga,
Bikaga
Centre
Nanga Eboko,
ESSAYONG VOIR Haute X Non-respect du PSG
bikang Sanaga,
BIKANG
Centre
Nanga Eboko,
Haute X Non-respect du PSG
AES sandja Sanaga,
Centre
Nanga Eboko,
Haute X Non-respect du PSG
AGREM Emtsé Sanaga,
Centre
Nkoteng,
Haute BELINGA Non-respect du PSG,
ENDOUM 1 Endoum Sanaga, problèmes de gestion
Centre
Nkoteng,
Haute BELINGA Non-respect du PSG,
ENDOUM 2 Endoum Sanaga, problèmes de gestion
Centre
Nkoteng,
Haute BELINGA Non-respect du PSG,
ENDOUM 3 Endoum Sanaga, problèmes de gestion
Centre
Nkoteng,
Fang bilone, Haute Y-CONSULT Non-respect du PSG,
BIA BIA
ekang, bissono Sanaga, problèmes de gestion
Centre
Ndikinimeki,
Mbam et CANADEL Non-respect du PSG,
CCI Ndokbou Inoubou,
Centre
Ndikinimeki,
Mbam et X Non active
ADE Etong Inoubou,
Centre
Deuk, Mbam Non-respect du PSG,
X
ABBEGONG Beih et Inoubou,
Centre problèmes de gestion

Nkang, mouzi, Deuk, Mbam Y-CONSULT Non-respect du PSG,


ENTENTE DE et Inoubou,
NKANG beih Centre problèmes de gestion

4
Deuk, Mbam Non-respect du PSG,
Y-CONSULT
SODENKANG Nkang et Inoubou,
Centre problèmes de gestion
Deuk, Mbam
FOCODJOCK Djock et Inoubou, CATEF Non attribuée
Centre
Deuk, Mbam
ASSODEDJA Djaga et Inoubou, Y-CONSULT Non-attribuée
Centre
Deuk, Mbam Non-respect du PSG,
Y-CONSULT
GIPROFOCODJA Djaga et Inoubou,
Centre problèmes de gestion
Deuk, Mbam Non-respect du PSG,
Y-CONSULT
GIPROFOCOBO Boko et Inoubou,
Centre problèmes de gestion
Deuk, Mbam Non-respect du PSG,
CATEF
SODEGUENG Gueng et Inoubou,
Centre problèmes de gestion
Deuk, Mbam Non-respect du PSG,
CATEF
FOCOTSONGO Tsongo et Inoubou,
Centre problèmes de gestion

Massassa, Ngoro, Mbam CATEF Problèmes de gestion


GRAMOMA et Kim, Centre
Yangafock I,
Ngoro, Mbam
MPORI Yangafock II et Kim, Centre CATEF Problèmes de gestion

Yoko, Mbam CATEF Non-respect du PSG,


GAK Kong et Kim, Centre problèmes de gestion
Yoko, Mbam
NGARKONG Kong et Kim, Centre X Non-active
Yoko, Mbam
NDJINGBARE Lena et Kim, Centre X Non-attribuée

Medjanvouni, Yoko, Mbam Y-CONSULT Non-respect du PSG,


ABENG AYEM et Kim, Centre
Ayem problèmes de gestion

Yoko, Mbam Y-CONSULT Non-respect du PSG,


APED Donga et Kim, Centre problèmes de gestion

Ntui, Mbam et Y-CONSULT Non-respect du PSG,


DAPSBI Bingala, Ndimi Kim, Centre problèmes de gestion

Ntui, Mbam et Y-CONSULT Non-respect du PSG,


ITOC Ndimi Kim, Centre problèmes de gestion

Ntui, Mbam et MIPELDA Non-respect du PSG,


APB Bilanga kombé Kim, Centre problèmes de gestion

Objectif général et spécifique du projet Observateur Indépendant


L’objectif général du projet est de contribuer à l’application des principes de bonne gouvernance
dans les activités forestières et à l’amélioration du contrôle forestier.
Afin d’assurer une gestion durable des ressources forestières et d’améliorer la contribution du
secteur forestier à l'ensemble de l'économie nationale, le projet vise les objectifs spécifiques
suivants :
1. Observer l’application des procédures et le déroulement des activités de contrôle
forestier à l’intérieur du territoire national ;

5
2. Observer le déroulement du suivi des infractions forestières ainsi que du
contentieux à l’intérieur du territoire national ;
3. S’assurer de la transparence des informations relatives à l’exploitation forestière.

1. Contexte de la mission
Le Ministre des forêts et de la faune a, par note de service No 0007, institué une mission de
contrôle et de vérification des activités d’exploitation forestière dans les forêts communautaires.
La Sous Direction des Forêts Communautaires (SDFC) a pris part à cette mission conjointe
effectuée par la BNC et l’Observateur Indépendant en deux équipes. La mission était également
un préalable à la levée de mesures de suspension dont étaient frappées certaines de ces forêts
dans les provinces du Centre, Littoral, Sud ouest et Est. Une des équipes, qui avait en charge la
province du Centre, était conduite de M. MEDJO Frédéric, assisté par Mme TSANGUE et M.
NOLLA. La seconde équipe était sous la responsabilité de M. DONGMO Pierre, secondé par
MM. EKONO EBALE et NIASSAN MOISE. L’équipe de l’Observateur Indépendant a pris part
aux travaux de ces deux équipes.

2. Objectifs de la mission
La mission avait pour objectifs de :
1. Vérifier et contrôler les activités d’exploitation forestière dans les forêts communautaires
suspendues sur le territoire national;
2. Vérifier les volumes accordés et déclarés au SIGIF au cours de l’exercice 2005;
3. Vérifier le respect des cahiers de charges;
4. Rechercher, constater et poursuivre en répression les éventuels cas d’exploitation
forestière irrégulière;
5. Surveiller le territoire forestier sur l’itinéraire de la mission.

3. Calendrier de la mission
Equipe A

Date Activités Nuitée


16 mai Trajet Yaoundé – Kumba Kumba
17 mai Trajet Kumba – Tinto – Kumba
Kumba
Visite du GIC de la FC de Tinto
18 mai Trajet Kumba – Mulongo – Kumba – Limbé
Limbé
Visite avortée de la FC du GIC NDECUDA
19 mai Visite de la FC Bimbia Bonadikombo de Limbe
Douala
Trajet Limbe – Douala
20 mai Trajet Douala – Yaoundé

6
Equipe B

Date Activités Nuitée


21 mai Trajet Yaoundé – Nanga Eboko Nanga Eboko
22 mai Visite des FC des GIC Ebolo Mbana et Essayons voir Nanga Eboko
23 mai Visite des FC des GIC AES et AGREM Nanga Eboko
24 mai Visite des FC des GIC de Endoum (3) et BIA BIA Nkoteng
25 mai Trajet Nkoteng – Bafia
Bafia
Visite des FC des GIC CCI et ADE
26 mai Surveillance du territoire
Deuk
Visite des FC des GIC Abbegong et Entente de Nkang
27 mai Visite des FC des GIC FOCODJOCK, SODENKANG,
Deuk
APRODEDJA et GIPROFOCODA
28 mai Visite des FC des GIC Mboko montagne, SODEGUENG
Ngoro
et FOCOTSONGO
29 mai Visite des FC des GIC GRAMOMA et MPORI Yoko
30 mai Visite des FC des GIC GAK, NGARKONG et
Yoko
NDJINGBARE
31 mai Visite des FC des GIC Abeng Ayem et APED Ntui
er
1 juin Visite des FC des GIC DPASBI, ITOC et Association
Ntui
des paysans de Bilinga
2 juin Trajet Ntui – Yaoundé

4. Itinéraires suivis
Avec l’équipe A
• Yaoundé – Kumba – Tinto – Mulongo – Limbé – Douala – Yaoundé.
Avec l’équipe A

• Yaoundé – Nanga Eboko – Nkoteng – Bafia – Deuk – Ngoro – Yoko – Ntui – Yaoundé.

5. Activités réalisées
Dans chaque forêt communautaire, les missions de contrôle ont respectivement eu des entretiens
avec les responsables de gestion et les membres des GIC avant de vérifier la légalité des activités
d’exploitation, l’utilisation faite des documents de transport reçus, et l’effectivité des réalisations
prévues dans les plans simples de gestion. Dans chaque cas, des séances de travail ont été tenues
avec les responsables locaux des forêts, avant de se déployer sur le terrain.

6. Personnes rencontrées

• Les communautés bénéficiaires des FC visitées;

7
• Le chef bureau administratif et financier à la Délégation Départementale des Forêts et de
la Faune de la Haute Sanaga;

• Les chefs de poste de contrôle forestier de Tinto, Deuk, Ngoro

7. Documentation consultée

• La liste des forêts communautaires attribuées;

• Les plans simples de gestion de certaines FC;

• La liste des FC suspendues;

• Les certificats annuels d’exploitation exercice 2005 et 2006;

• Le rapport de la mission portant état des lieux des FC réalisé par la Direction des Forêts;

Difficultés rencontrées et mesures prises à leur égard


Toutes les Forêts Communautaires des provinces ciblées dans la note de service portant création
de la mission n’ont pas été visitées, pour principalement deux raisons. D’une part, le temps
imparti à la mission était relativement court étant donné le nombre des forêts communautaires et
les grandes distances entres différents sites. D’autre part, les services décentralisés du MINFOF
manquaient de beaucoup de données (utilisation des documents de transport, volumes
exploités,…) portant sur les activités des forêts communautaires. Il y a aussi lieu de souligner
comme handicap l’absence sur le terrain des gestionnaires et ou responsables desdites forêts.
Par ailleurs, en date du 27 mai 2006 vers 7 heures à son hôtel, l’Observateur Indépendant a été
verbalement agressé par M. Mbogo Otabela, responsable des établissements le flamboyant à
Deuk. Cet incident, ponctué d’injures et de menaces contre les membres de l’Observateur
Indépendant, faisait suite à une saisie par la mission de bois illégalement exploités et qui
appartiendraient à M Mbogo Otabela.
9. Situations observées et 10. Infractions constatées
A. Le cadre juridique des Forêts communautaires.
La foresterie communautaire est l’une des innovations instituées par la nouvelle politique
forestière du Cameroun adoptée en 1995. Le mécanisme de ‘forêt communautaire’ a comme
objectif d’améliorer les revenus des populations locales à travers une plus grande implication et
participation de ces dernières à la gestion des ressources forestières. Une forêt communautaire se
définit comme une portion du domaine forestier non-permanent pouvant mesurer jusqu’à 5000 ha
de superficie. En général, toute forêt communautaire fait l’objet d’une convention de gestion
entre une communauté villageoise et l’administration chargée des forêts. Son exploitation se fait
sur la base d’un plan simple de gestion – partie intégrante de la convention – préparé par la
communauté avec l’assistance du responsable local de l’administration chargée des forêts et
dûment approuvé.
L’attribution et l’exploitation des forêts communautaires sont prévues par les articles 37 et 38 de
la loi forestière de 1994. Le Décret du 23 août 1995 dispose aussi en rapport avec les forêts
communautaires, notamment en ses articles 27 à 32 et 95 à 96. Divers autres textes ont été pris en
vue d’une bonne mise en application du mécanisme ‘forêt communautaire’. Il s’agit notamment
du manuel de procédure d’attribution et norme de gestion qui a été élaboré et signé en 1998 par
le ministre en charge des forêts (voir décision No 253/D/MINEF/DF). Par ailleurs, la lettre
circulaire no 0677/LC/MINEF/DF/CFC du 23 février 2001 a interdit toute exploitation
industrielle dans les forêts communautaires. Et la décision No.1985/D/MINEF/SG/CFC du 26

8
juin 2002 a fixé les modalités d’exploitation en régie dans le cadre de la mise en œuvre des plans
simples de gestion des forêts communautaires. Il y a également lieu de relever l’arrêté No
0518/MINEF/CAB du 21 décembre 2001 fixant les modalités d’attribution en priorité aux
communautés villageoises riveraines de toute forêt susceptible d’être érigée en forêt
communautaire. Il s’agit en effet du droit de préemption des communautés villageoises.

B. Les constats au sein des Forêts communautaires.


Etape 1

Titre : forêt communautaire Tinto clan


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire Tinto Clan :
- Est située à Tinto, arrondissement de Upper Bayang, département de la Manyu, Province
du Sud ouest avec une superficie de 1295 ha. Elle est à sa première année d’exploitation;
- Est en contrat de partenariat avec les Etablissements Tarek;
- Un inventaire d’exploitation sur 52 ha pour 2006 indique 385 arbres exploitables pour un
volume total de 2463,072 m3
- Les limites de la parcelle annuelle d’exploitation et celles de la forêt communautaire entière
n’étaient pas ouvertes;
- Des cas d’exploitation d’arbres au-delà des limites de la FC ont été aussi observés par
l’Observateur Indépendant, ainsi que le démontre la carte suivante produite à l’aide des
points GPS pris sur le terrain. Ce constat n’avait pas été fait par la BNC faute d’avoir sur
elle la carte et le parcellaire de la forêt communautaire.

Carte : souches D’arbres abattus au-delà des limites de la FC


B) Infractions et non-respect de la règlementation
Les infractions et/ou violations de la loi et règlements forestiers suivantes ont été relevées par la
mission dans la FC Tinto Clan :

9
- Non-matérialisation des limites : La matérialisation des limites est une opération préalable à
toute activité d’exploitation forestière et conditionne la délivrance du certificat annuel
d’exploitation. Or dans le cas présent, une attestation de matérialisation des limites a été
délivrée mais les limites n’existent pas sur le terrain. Ceci engage donc à la fois la
responsabilité des opérateurs et celle des agents du MINFOF qui étaient censés avoir vérifié
l’effectivité des limites avant de délivrer l’attestation de matérialisation ainsi que leur
accord pour la délivrance du certificat annuel d’exploitation;
- Une exploitation forestière non-autorisée a également été constatée dans une forêt du
domaine national ou communautaire, du fait du dépassement des limites de la FC. Ce fait est
prévu et puni par l’article 156 de la loi de 1994
C) Conclusions et Recommandations
En considération des faits observés ci-dessus, l’Observateur Indépendant recommande :
- L’ouverture d’un contentieux forestier à charge des Etablissement TAREK et GIC TINTO
CLAN pour les infractions citée ci-dessus;
- Une injonction du MINFOF aux établissements TAREK et au GIC TINTO CLAN en vue de
matérialiser sans délai les parcelles annuelles de coupe et la forêt communautaire
- La prise des mesures nécessaires à l’égard des agents décentralisés du MINFOF afin que
ces derniers remplissent efficacement leurs obligations de contrôle au sein des forêts
communautaires.

Le Comité de lecture recommande que l’administration des forêts accélère


le processus de matérialisation des limites de cette forêt communautaire.
Le Comité n’a pas non plus retenu l’infraction de dépassement des limites
car elle n’avait pas été constatée par la BNC

Titre : forêt communautaire Ndecuda


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire de NDECUDA :
- Est la suite d’une Convention entre le MINFOF et les communautés de Ndissi et Ekep
signée en date du 16 mai 2002 pour une superficie de 5000 ha;
- Les communautaires bénéficiaires de cette FC ont, en date du 23 août 2002, obtenu du
Ministre des forêts des autorisations spéciales d’évacuation de bois sous forme de grumes et
d’ouverture de route au sein de cette forêt communautaire. Toutes les activités
d’exploitation de cette FC se déroulaient sur base de ces deux autorisations;
- Cette FC n’était pas en activité au moment du passage de la mission. Elle faisait partie de
FC suspendues pour irrégularités en attendant la mission d’évaluation
B) Infractions et non-respect de la règlementation
En rapport avec les lois et règlements en rapport avec l’exploitation des forêts communautaires,
l’Observateur Indépendant souligne ce qui suit :
- La délivrance par le Ministre en 2002 d’une autorisation spéciale d’évacuation des grumes
de cette forêt communautaire va à l’encontre de la Décision Ministérielle No.1985 du 26
juin 2002 fixant les modalités d’exploitation en régie dans le cadre de la mise en œuvre des
plans simples de gestion des forêts communautaires, desquels « la sortie des bois en grumes

10
est proscrite ». L’Observateur Indépendant a également relevé que le Plan Simple de
Gestion de cette FC ne prévoit pas l’exploitation sous forme de grumes.
C) Conclusions et Recommandations
En considération des faits relevés ci-dessus, l’Observateur Indépendant recommande :
- L’annulation par le MINFOF de cette autorisation d’exploitation par grumes de cette FC et
celle d’ouverture de route.

Le Comité de lecture a statué qu’il est pratiquement impossible d’ouvrir


une enquête administrative sur un document émis par un membre du
gouvernement

Titre : forêt communautaire Bimbia Bonadikombo


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire de Bimbia Bonadikombo :
- Est située à limbé, département du Fako, province du Sud ouest;
- A été attribuée en 2002 et a bénéficié de l’accompagnement du projet Mount Cameroon;
- Elle est gérée par une structure organisée mise sur pied par les bénéficiaires : Bimbia
BonaDikombo Natural Resource Management Council (BBNRMC);
- Les communautés censées en bénéficier ne sont pas beaucoup impliquées dans la gestion et
redistribution de ses revenus;
- La BBNMC n’a jamais sollicité de documents d’exploitation (lettres de voiture ou certificat
annuel d’exploitation) auprès de l’administration forestière. Cette forêt est en revanche
régulièrement exploitée sur base de permis attribués par son attributaire à des particuliers.
Pour le compte de l’exercice 2005, par exemple, cette forêt communautaire a produit 618,79
m3 de bois;
- La Mission a constaté que la forêt était en exploitation (voir photo 2 en Annexe);
- Sur le terrain, la mission a constaté que les limites de la forêt ne sont pas matérialisées
conformément à la réglementation en la matière;
- Enfin, l’organe de gestion de la forêt communautaire (BBNMC) assure les opérations de
police forestière et transige en résolution des cas d’infractions commises à l’intérieur des
limites de cette forêt.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
En rapport avec les lois et règlements pour l’exploitation de forêts communautaires,
l’Observateur Indépendant souligne :
- L’absence de matérialisation des limites de la FC. Ceci est contraire aux normes
d’intervention en milieux forestiers qui exigent un layon de limite de 2 mètres et marqué à
la peinture rouge;
- L’exploitation d’une forêt communautaire sans demande préalable au MINFOF de
documents d’exploitation, notamment les lettres de voiture;
- Non-respect des dispositions du Plan Simple de Gestion par le fait d’octroyer des permis sur
la surface de la forêt communautaire. Cette activité n’est pas en effet prévue par le PSG.
C) Conclusions et Recommandations
Eu égard à ce qui précède, l’Observateur indépendant recommande :

11
- L’ouverture d’un contentieux à l’encontre des attributaires de cette forêt communautaire
pour non-respect de leur Plan Simple de Gestion et autorisation des permis au sein de leur
forêt communautaire;
- La suspension de cette forêt communautaire, cela jusqu’à ce que ses attributaires prennent
auprès du MINFOF les documents d’exploitation, cessent les opérations d’octroi de permis
et délimitent conformément aux normes leur FC;
- Des mesures administratives contre les agents locaux du MINFOF qui ont passivement
assisté à l’exploitation en marge des normes de cette FC.

Le comité de lecture recommande une relecture de la convention de partenariat


entre GEF et le gouvernement du Cameroun notamment en ce qui concerne la
gestion des forêts communautaires dans le projet Mont Cameroun.

Etape 2

Titre : forêt communautaire GIC Ebolo Mbama


A) Situations et faits pertinents observés
La Forêt Communautaire de Ebolo Mbama :
- A été attribuée suite à la convention de gestion signée le 21 mai 2002 entre le GIC Ebolo
Mbama et le MINFOF. Localisée dans l’arrondissement de Nanga eboko, département de la
Haute Sanaga, province du Centre. Cette FC a une superficie de 5000 ha;
- Deux partenaires, en l’occurrence Bindzi Ebodé et STB sarl, participent à l’exploitation de
cette forêt par son attributaire;
- Le processus d’attribution de cette forêt a été financièrement soutenu par des personnes
étrangères aux communautés concernées, qui en sont sorti fortement endettées et
vulnérables à des intérêts privés. Il a par exemple été relevé par la mission que la personne
ayant financé ce processus a, en contre partie, exploité la forêt au cours de la première
année;
- Un conflit de direction oppose les membres des différents lignages qui constituent le GIC;
- Cette forêt communautaire n’était pas en exploitation au moment du passage de la mission,
en dépit de l’existence d’un certificat annuel d’opérations;
- Les limites de la forêt communautaires n’étaient par matérialisées, encore moins marquées
conformément aux normes en la matière;
- Les communautés concernées n’avaient pas des détails sur la quantité ni l’usage des lettres
de voiture délivrées à leur GIC, qui leur empêchent d’être au courant de la quantité des bois
exploités de leurs forêts.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
En termes d’infractions forestières et/ou violations des lois en la matière, l’Observateur
Indépendant :
- Relève que les limites de la parcelle annuelle et celles de la forêt communautaire ne sont pas
ouvertes et matérialisées conformément à la réglementation en vigueur. Cette situation
soulève des questions sur la fiabilité des résultats des inventaires ayant justifiés la
délivrance du certificat annuel pour le compte de l’année 2006.

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C) Conclusions et Recommandations
En considération des faits ci-dessus, l’Observateur Indépendant recommande :
- Une délimitation sans délai des limites des parcelles annuelles de coupe et la forêt
communautaire entière;
- Une participation plus active des communautés dans le suivi de l’exploitation de cette forêt
communautaire et plus particulièrement en ce qui concerne l’utilisation des lettres de
voiture;
- Que le MINFOF demande aux responsables de cette forêt de produire un rapport sur
l’utilisation des lettres de voiture en leur possession.

Titre : forêt communautaire GIC Essayons Voir de Bikang


A) Situations et faits pertinents observés
- La forêt communautaire Essayons Voir est située à Bikang ; arrondissement de Nanga
Eboko, département de la Haute Sanaga, province du Centre. Elle est attribuée au GIC du
même nom, suivant convention de gestion signée le 03 mars 2003 et pour une superficie de
4800 ha;
- Cette forêt a, depuis son attribution, été exploité par 6 partenaires du GIC;
- Des exploitations en grume ont été effectuées dans cette forêt, cela contrairement aux
dispositions de la Décision Ministérielle No.1985 du 26 juin 2002 fixant les modalités
d’exploitation en régie dans le cadre de la mise en œuvre des plans simples de gestion des
forêts communautaires, desquelles « la sortie des bois en grumes est proscrite »;
- Des dissensions internes au sein GIC affectent très négativement les activités d’exploitation
de cette forêt. En 2004, par exemple, ces dissensions étaient à la base de l’exploitation de
cette forêt pas deux partenaires à la fois;
- Aucune activité n’a eu lieu au sein de cette FC au cours des exercices 2005 et 2006;
- Les membres des communautés concernées ont dit ne pas voir les retombées de cette
exploitation. En 2004, par exemple, cette forêt a produit mais aucune réalisation n’a été faite
dans les villages concernés;
- Un désordre apparent affecte la garde et l’utilisation des lettres de voiture de cette forêt
communautaire. En 2004, par exemple, un partenaire est parti avec certaines lettres de
voiture et l’on ne peut à ce jour établir qui et comment ces documents de transport ont été
utilisés et si ceux non-utilisés ont été remis au MINFOF.
B) Infractions et non respect de la règlementation
- L’Observateur Indépendant souligne que bien que cette FC n’ait pas été active au cours des
exercices 2005 et 2006, au cours de l’exercice précédents, une exploitation en grume y a été
effectuée, cela en violation des textes juridiques camerounais relatifs aux forêts
communautaire et le Plan Simple de Gestion de ce titre;
- Il ressort par ailleurs qu’un usage contrôlé des lettres de voiture de cette forêt
communautaire n’a pas eu lieu.
C) Conclusions et Recommandations
En considération des faits ci-dessus, l’Observateur Indépendant recommande :
- La suspension des activités de cette forêt jusqu’à ce que les dissensions internes soient
résolues et que soit fait un état des lieux des lettres de voiture délivrées à ce titre.

Titre : forêt communautaire GIC AGREM

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A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC AGREM :
- Est attributaire de la forêt communautaire qui porte son nom, depuis le 21 novembre 2001.
Cette forêt est située à Emtsé, arrondissement de Nanga Eboko, département de la Haute
Sanaga, province du Centre;
- A conclu un contrat de partenariat technique avec la société CIC en octobre 2003;
- La production annuelle de ce GIC oscille au tour de 400 m3 de bois débité par an;
- Les populations rencontrées ne sont pas au courant des montants des revenus issus de la
vente du bois;
- Selon le gestionnaire du GIC, la FC a reçu 13 feuillets de lettres de voiture pour le compte
de l’année 2005. Le partenaire en a retenu 4 dont l’utilisation est inconnue du GIC. Les neuf
autres feuillets auraient été utilisés pour évacuer le bois produit dans la FC;
- Lors du passage de la mission, les activités étaient en arrêt pour cause de pluie mais un
important stock de débités gisait à différents endroits de la forêt communautaire;
- La dernière évacuation de bois de cette FC a eu lieu en avril 2006. Or pour le compte de
l’année en cours, cette forêt ne dispose pas encore de document;
- La délimitation de la parcelle annuelle et l’inventaire de bois n’ont pas encore été réalisés;
- La construction d’une école primaire de 6 salles de classes est une réalisation que ce GIC
présente annuellement depuis 3 ans dans chacun de ses rapports d’activités.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
- Evacuation de bois d’une FC sans lettres de voiture : L’évacuation de bois d’une forêt est
subordonnée à l’obtention de document de transport auprès de l’administration en charge
des forêts. Le GIC ne disposait d’aucun document pour le transport de bois valide pour
l’exercice 2006 mais il a effectué des évacuations des bois. Ce fait est prévu et puni par les
dispositions de l’article 158 de la loi forestière. La mission a aussi noté que les délimitations
n’étaient pas faites conformément à la loi.
C) Conclusions et Recommandations
Eu égard à ce qui précède, l’Observateur indépendant recommande :
- La convocation du responsable de la société CIC en vue de l’entendre au sujet de
l’utilisation des documents de chantier et lettres de voiture de cette forêt communautaire et
le cas échéant ouvrir un contentieux à charge de cette société;
- La poursuite des investigations en rapport avec l’utilisation des lettres de voiture délivrées
au GIC pour le compte de l’année 2005 par la convocation du partenaire.

Titre : forêt communautaire GIC AES


A) Situations et faits pertinents observés
La communauté du village Sandja :
- Est, depuis mars 2004, attributaire de la forêt communautaire du GIC AES couvrant une
superficie de 5000 ha et localisée dans l’arrondissement de Nanga Eboko, département de la
Haute Sanaga, province du Centre;
- Cette communauté a conclu un contrat de partenariat pour l’exploitation de sa forêt
communautaire avec la société GAT Sarl;
- Selon des informations recueillies auprès du gestionnaire, la production annuelle de ce GIC
n’a jamais dépassé 53 m3 de bois. Un seul chargement de bois est sorti de cette forêt au
cours de l’année 2005;

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- Cette forêt communautaire a régulièrement obtenu un carnet de lettres de voiture chaque
année. Le carnet de l’année 2005 a été retiré auprès de l’administration par le partenaire.
L’utilisation faite des lettres de voiture délivrée à la communauté pour le compte de l’année
2005 n’a pas pu être clarifiée;
- L’exploitation au cours de l’année 2005 n’a pas respecté les secteurs définis dans le plan
simple de gestion. Le partenaire exploitait en priorité les essences se trouvant dans les
endroits accessibles;
- Les prévisions du Plan Annuel d’Opération ne sont pas exécutées, les réalisations sociales
semblent être loin des besoins exprimés par la population;
- Cette forêt n’était pas en activité lors du passage de la mission.
B) Infractions et non respect de la règlementation
Divers manquements ont été répertoriés dans le cas présent :
- Délivrance des documents : La délivrance des documents de la forêt communautaire au
partenaire en lieu et place du responsable des opérations désigné par la communauté
constitue un vice de procédure qui peut donner lieu à une utilisation frauduleuse desdits
documents;
- Le non-respect des prescriptions du PSG : deux facteurs sont à l’origine du non-respect du
PSG, en l’occurrence l’absence de réalisations annuelles prévues dans le plan annuel
d’opération et le dépassement des limites du secteur annuel ouvert à l’exploitation.
C) Conclusions et Recommandations
L’Observateur indépendant recommande par conséquent :
- L’arrêt de la délivrance des documents d’exploitation des FC à leurs partenaires;
- La révision du plan quinquennal partant du plan simple de gestion afin de l’adapter aux
moyens réels des populations;
- La convocation des responsables de la société CIC pour apporter la preuve de l’utilisation
correcte des lettres de voiture de la FC.

Titre : forêts communautaires des GIC Jeunes Amis de l’Environnement,


Agroforestiers des Femmes Actives, Agriculteurs d’Endoum.
A) Situations et faits pertinents observés
- Les forêts communautaires des GIC Jeunes amis de l’environnement, Agroforestier des
femmes actives et Agriculteurs sont toutes localisées dans le village Endoum, district de
Lembé Yezoum, département de la Haute Sanaga, province du Centre;
- Elles couvrent chacune 5000 ha de superficie;
- Ces forêts communautaires ont été obtenues avec le concours financier de Monsieur Blasco
et les PSG réalisés par un même consultant;
- Une exploitation non-conforme aux normes d’exploitation des forêts communautaires a eu
lieu dans une partie de ces forêts avec utilisation d’engins. Une exploitation sélective y a
aussi été réalisée;
- Les bureaux mis en place au sein de chaque GIC attributaire de l’une de ces forêts
communautaires ont été substitués par un organe extérieur, qui s’est arrogé le pouvoir de
gestion de ces trois forêts communautaires;
- Le responsable des opérations forestières de ces 3 forêts communautaires a déchargé auprès
de l’administration en charge des forêts 7 carnets de lettres de voiture bien qu’aucune
activité n’ait eu lieu sur le terrain;
- Les structures de gestion mises en place au début du processus ont été progressivement
remplacées par un individu en la personne du fils du chef de village Endoum;

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- L’utilisation faite de ces documents n’a pas pu être établie du fait de l’absence du
responsable des opérations forestières, qui ne réside pas dans le village;
- Les plans simples des forêts communautaires des GIC Jeunes amis de l’environnement et
Agroforestier des femmes actives sont détenus par un consultant pour des motifs inconnus;
- La gestion financière n’est pas transparente au regard du bilan des réalisations depuis le
début des activités au sein de ces forêts;
- Les limites externes de ces forêts communautaires ne sont pas ouvertes, les populations
attendent de trouver des partenaires avant de se lancer dans ces activités.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
Diverses situations ont été observées au sein des ces 3 cas :
- Utilisation des lettres de voiture : Ces 3 forêts communautaires ont obtenu des lettres de
voiture pour le compte de l’année 2005, bien qu'aucune activité n’ait été enregistrée sur le
terrain. A quoi ont donc servi ces lettres de voiture ?
- Non-délimitation : La délimitation est une opération indispensable avant toute exploitation
et dans le cas des forêts communautaires, elle aurait dû associer les villages riverains de ces
forêts;
- Non-respect du PSG : Il découle de la violation des normes d’exploitation des forêts
communautaires et du non respect des prescriptions des plans annuels d’opérations.
C) Conclusions et Recommandations
Tenant compte de ce qui précède, l’Observateur indépendant recommande :
- La restitution de la gestion quotidienne de ces FC aux entités juridiques attributaires de ces
forêts;
- La délimitation et la matérialisation effectives des limites de ces FC;
- La convocation du gestionnaire pour justifier de l’utilisation des lettres de voiture et des
volumes de bois effectivement évacués de ces 3 FC au cours de l’année 2005.

Titre : forêts communautaires du GIC BIA BIA


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire du GIC BIA BIA :
- S’étend sur les terroirs des villages Fang bilone, Ekang et Bissono localisés dans
l’arrondissement de Nkoteng, département de la Haute Sanaga, province du Centre;
- Cette forêt de 5000 ha est en activité depuis le 06 mars 2002, date de signature de la
convention de gestion;
- Elle a eu trois partenaires depuis le démarrage de ses activités. Parmi eux figurent les
Etablissements Graceland, auteurs d’une exploitation industrielle au sein de cette forêt
communautaire;
- Au cours de l’année 2005, cette forêt a produit un volume estimé à 425,188 m3
D’après le gestionnaire du GIC :
- 33 feuillets de lettres de voiture ont été reçus de l’administration. Ce dernier allègue que 4
feuillets ont été utilisés en dehors de la forêt, à la demande de certains responsables locaux;
- Le récapitulatif des documents délivrés par le SEGIF montre que ce GIC a retiré 3 carnets
de lettres de voiture correspondant à 75 feuillets;
Sur le terrain, les limites externes de la forêt ne sont pas ouvertes. Il en est de même que celles de
la parcelle ouverte à exploiter pour le compte de l’année en cours.
La gestion de ce GIC :
- N’est pas transparente bien que des actions concrètes soient posées;
- L'information entre le bureau et les autres membres n’est pas fluide;

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- Aucune allusion au montant des revenus provenant de la vente de bois n’est faite dans le
rapport tout comme le coût des investissements réalisés.

B) Infractions et non respect de la règlementation


Utilisation des documents de transport : les lettres de voiture destinées au GIC BIA BIA ont été
utilisées pour transporter des bois autres que ceux issus de la FC dont ce GIC est attributaire,
cette utilisation frauduleuse est réprimée par l’article 158 de la loi forestière;
Non-délimitation : la matérialisation des limites est une opération primordiale avant toute
exploitation. La non-existence des limites donne généralement lieu à des exploitations non
autorisées.
C) Conclusions et Recommandations
Avant d’autoriser la reprise des activités au sein de cette forêt communautaire, l’Observateur
Indépendant recommande :
- Une enquête sur l’utilisation des documents de transport (lettres de voiture) délivrés au GIC
BIA BIA pour le compte de l’année 2005 et le cas échéant ouvrir un contentieux pour toute
utilisation frauduleuse;
- Le MINFOF adresse une lettre d’injonction au GIC BIA BIA afin d’ouvrir et de matérialiser
les limites artificielles de la forêt communautaire qui lui a été attribuée.

Titre : forêts communautaires du GIC Commission pour la Capitale Inoubou


(CCI)
A) Situations et faits pertinents observés
- La communauté de Ndokbou dans l’arrondissement de Ndikinimeki, département du Mbam
et Inoubou, province du Centre, est attributaire d’une forêt communautaire de 4700 ha
suivant la convention de gestion signée le 09 novembre 2004.
Cette FC :
- Est gérée par le GIC Commission pour la Capitale Inoubou (CCI);
- Est suspendue du fait du dépassement du volume de bois qui lui était autorisé dans le cadre
de la vente de bois aux Ets Zock;
- Est très enclavée et l’axe routier praticable le plus proche de cette forêt se trouve à 45 km.
Le GIC CCI a sollicité une autorisation d’ouverture de route pour atteindre le site de la FC
mais celle-ci n’a pas été accordée;
- A obtenu pour le compte de l’année 2005, un certificat annuel portant sur un volume de
1000 m3 et un carnet de 20 lettres de voiture.
Selon le gestionnaire :
- Cette forêt communautaire est exploitée en partenariat avec la société IBC qui a fourni le
matériel d’exploitation en échange de la vente de bois;
- La forêt communautaire a signé un contrat pour la fourniture de bois avec les
Etablissements Zock. Mais ce contrat n’a jamais été exécuté;
- Cette forêt communautaire a produit un volume de 163 m3 de bois débité. Ce bois a été
abattu en dehors des limites de la FC compte tenu de l’inaccessibilité du site de la FC;
- Les principaux acheteurs de bois provenant de cette FC sont les sociétés IBC, WAFTEX,
ENF;
- 9 lettres de voiture ont été utilisées pour évacuer ce bois et les 11 autres ont été restituées au
MINFOF.
B) Infractions et non respect de la règlementation

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Des observations et informations reçues sur le terrain, il s’avère que des présomptions pèsent sur
le GIC CCI en rapport avec:
- Exploitation non-autorisée : 161 m3 de bois ont été frauduleusement exploités et mis sur le
compte de cette forêt, qui n’a jamais été exploitée du fait de son enclavement;
- Usage frauduleux des lettres de voiture : Cette infraction découle de l’utilisation des lettres
de voiture pour transporter les bois exploités en dehors de cette FC.
C) Conclusions et Recommandations
De ce qui précède, l’Observateur indépendant recommande :
- Suspendre les activités de cette FC;
- La poursuite des investigations en rapport avec le volume de bois produit par le GIC CCI
dans le but d’en déterminer la provenance;
- Ouvrir un contentieux forestier contre les responsables de cette FC pour avoir utilisé
frauduleusement les lettres de voiture pour des bois exploités en dehors la FC;
- La convocation du responsable des Ets Zock pour justifier de la provenance du bois qu'elle
a déclaré comme acheté auprès de la FC du GIC CCI et le cas échéant établir un procès
verbal à son encontre.

Titre : forêts communautaires du GIC ADE


A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC Agricole pour le Développement d’Etong (ADE) est bénéficiaire d’une FC localisée dans
le village Etong, arrondissement de Ndikinimeki, département du Mbam et Inoubou, province du
Centre.
Cette forêt communautaire :
- A reçu l’approbation de son PSG le 7 janvier 2005 et signé sa convention de gestion le 30
novembre 2005;
- A fait l’objet d’une exploitation frauduleuse pendant sa période de réservation. Un
contentieux a été ouvert par la Délégation Départementale du Mbam et Inoubou;
- Cette forêt n’a jamais fait objet d’exploitation depuis son attribution.
B) Conclusions et Recommandations
L’Observateur Indépendant recommande que la Délégation Départementale du Mbam et Inoubou
apporte/fournisse à la BNC des informations sur la suite réservée à ce contentieux.

Titre : forêt communautaire du GIC ABBEGONG


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire du GIC Abbegong :
- A été attribuée le 19 janvier 2005;
- Est localisée dans le village Beih qui dépend de l’arrondissement de Deuk, département du
Mbam et Inoubou, province du Centre;
- Avait été suspendue en 2005 suite à la découverte d’une intense activité d’exploitation
industrielle par une mission de la BNC.
- A obtenu de l’administration un certificat annuel d’exploitation pour le compte de l’année
2005 portant sur un volume maximal de 1000 m3 sans aucune précision sur les essences
devant constituer ce stock;
- A obtenu 2 carnets de lettres de voiture dont l’utilisation n’a pu être établie du fait de
l’absence du gestionnaire;

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- Est exploitée en dépit de la suspension, par les Etablissements Le flamboyant. Plusieurs
indices relevés sur le terrain le montrent : 2 scies mobiles montées sur des billes marquées
saisies, un caterpillar de type D7, des débités fraîchement sciés, un camion transportant des
débités et plus d’une dizaine d’ouvriers. Par ailleurs un stock important de débités en attente
d’évacuation, gisaient sur un parc non loin du village (voir photos 3, 4, 5, 6, 7,8, en annexe);
- Evacue des bois sur la base des lettres de voiture délivrées aux Etablissements Le
flamboyant;
- Fait face à des dissensions internes du fait de la mauvaise gestion des revenus. Aucun projet
concret n’a été réalisé alors que des fonds auraient été perçus.
Le GIC a, en date du 4 janvier 2006, mis en demeure les Etablissement Le flamboyant pour
non-respect de la convention signée et arrêt des travaux.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
De multiples transgressions à la réglementation forestière ont été constatées par la mission au
sein de la FC du GIC Abbegong :
- Présence d’engins à l’intérieur de la FC: L’utilisation d’engins forestiers pour assurer
l’exploitation dans une forêt communautaire constitue une violation des dispositions de la
décision no 1985/D/MINEF/SG/CFC du 26 juin 2002 fixant les modalités d’exploitation en
régie dans le cadre de la mise en œuvre des plans simples de gestion des forêts
communautaires;
- Poursuite des activités sans documents: le démarrage de l’exploitation au sein d’une forêt
communautaire est conditionné par l’obtention d’un certificat annuel d’exploitation et la
délivrance de lettres de voiture. Le GIC ABBEGONG n’a reçu aucun de ces documents
mais le partenaire est en pleine activité. Ce fait est constitutif d’exploitation non-autorisée
dans une forêt du domaine national punie par l’article 156 de la loi du 20 janvier 1994;
- Transformation et transport de bois saisis: les Ets le flamboyant ont transformé des billes de
bois saisies poursuivant de ce fait les activités dans un chantier fermé, ces faits seraient
constitutifs de bris de scellés puni par le code pénal;
- Non-respect des prescriptions du PSG: l’exploitation de cette forêt n’a pas tenu compte des
prescriptions du PSG. La recherche de 3 essences a amené l’exploitation à ne pas respecter
les limites des secteurs.
C) Conclusions et Recommandations
Prenant en considération les faits ci dessus l’Observateur indépendant recommande :
- La suspension des activités de cette FC;
- L’ouverture d’un contentieux forestier à charge du responsable des Ets Le Flamboyant et
des responsables du GIC Abbegong en rapport avec les infractions sus citées.

Titre : forêts communautaires des GIC Entente de Nkang et Sodenkang


A) Situations et faits pertinents observés
Les forêts communautaires des GIC Entente de Nkang et SODE NKANG :
- Sont localisées dans l’arrondissement de Deuk, département du Mbam et Inoubou, province
du Centre;
- Sont attribuées depuis le 05 janvier 2003 et couvrent respectivement 2000 et 2550 ha;
- Sont co-gérées par un comité directeur, organe fédérateur mis en place par les membres des
2 GIC;
- Ont été soutenues financièrement par la société SCTCB tout au long du processus
d’attribution;

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- Ont été en contrat de partenariat avec la même société, mais ont rompu le contrat pour
divers manquements aux principes de gestion de ces FC;
- Ont respectivement produit au cours de l’année 2005, 473,65 et 567,013 m3 de bois débité,
dont les principaux acheteurs sont les sociétés Patrice bois, SIBT, Cush et Cie;
- Ont acquis du matériel pour l’exploitation grâce au paiement d’environ 22.000.000 FCFA
reçus de leur nouveau partenaire, la société Patrice Bois;
- Ont reçu chacune 2 carnets de lettres de voiture pour le compte de l’année 2005. La mission
n’a pas pu confirmer leur bonne utilisation du fait de l’absence du détenteur de ces
documents, qui ne réside pas dans le village;
- Ces deux FC sont en contentieux avec les Ets Le Flamboyant, qu’elles accusent avoir
frauduleusement exploités dans leurs forêts près de 500 m3 de bois.
Une exploitation a eu lieu dans la FC du GIC Sodenkang en janvier 2006, pourtant cette forêt
n’était pas encore autorisée à être fonctionnelle. Un stock de débité gisait en bordure de route au
moment du passage de la mission. Ces bois auraient fait l’objet d’une saisie par le chef de poste
de Deuk.
B) Infractions et non respect de la règlementation
Les faits observés au sein de ces FC pourraient être constitutifs d' :
- Exploitation non-autorisée: en démarrant les activités sans autorisation (lettre de voiture,
certificat annuel d’exploitation), ce GIC s’est rendu coupable de l’infraction d’exploitation
non-autorisée dans une forêt du domaine national, infraction prévue et punie par l’article
156 de la loi forestière de 1994.
C) Conclusions et Recommandations
L’Observateur Indépendant recommande :
- L’ouverture d’un contentieux forestier à l’encontre du GIC Entente;
- La convocation des gestionnaires de ces GIC pour justifier l’utilisation faite des documents
reçus (lettres de voiture et autres);
- Que le MINFOF mène des investigations sur les faits reprochés aux Etablissements Le
Flamboyant par les GIC Entente et SODE Nkang et prenne les mesures qui s’imposeront le
cas échéant.

Titre : forêt communautaire du GIC FOCODJOCK


A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC FOCODJOCK :
- Représentant de la communauté du village Djock, a introduit une demande d’attribution
d’une forêt communautaire de 5000 ha, localisée dans ledit village, arrondissement de
Deuk, province du Centre. Le processus d’attribution est encore en cours;
- Ce GIC a transmis, pour approbation, un PSG le 01 mars 2006;
- Cette communauté est opposée à la communauté d’un village riverain nommé Zakan II,
avec laquelle elle se dispute les limites du village. Ce GIC aurait obtenu gain de cause
auprès du sous-préfet de l’arrondissement de Deuk, mais le conflit aurait été porté devant
les tribunaux par la partie adverse;
Selon les informations reçues sur le terrain, une exploitation forestière frauduleuse de 26,316
m3 de bois débité aurait été perpétrée dans cette forêt réservée sous l’instigation des membres
du village Zakan. Les bois et le matériel utilisés auraient été saisis au cours d’une mission
conduite par l’adjoint d’arrondissement. La mission n’a pas eu connaissance de l’ouverture d’un
contentieux dans ce cas.
B) Infractions et non-respect de la règlementation

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Des violations de la réglementation forestières ont été observées dans le cas présent :
- Exploitation non autorisée dans une forêt du domaine national : Le fait d’abattre des arbres
et de les scier sans titre ou permis est réprimé par la loi, plus précisément en son article
156;
- Effectivité de la tenue de la réunion de concertation : Les conflits entre communautés au
sujet des limites des terroirs soulèvent des interrogations sur la tenue effective de la réunion
de concertation entre la communauté demandant la FC et les villages riverains. Cette
situation révèle une mauvaise mise en application de la réglementation dans la mesure où
ce type de problème aurait pu être évité car adressé au cours de la réunion de concertation,
prévue par les textes.
C) Conclusions et Recommandations
Sur la base des informations collectées sur le terrain, l’Observateur Indépendant recommande :
- La suspension du processus d’attribution de cette FC en attendant que la juridiction saisie
se prononce;
- Que le chef de poste forestier de Deuk rende compte de la suite réservée aux matériels et
bois qu'il a saisis lors de sa descente sur le terrain;
- La poursuite du contentieux ouvert à la suite de l’exploitation non-autorisée.

Titre : forêt communautaire du GIC ASSODEDJA


A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC ASSODEDJA :
- A obtenu du ministère des forêts la réservation d’une parcelle de forêt localisée dans le
village Djaga dans le but de l’ériger en FC. Le PSG de cette forêt a été rejeté;
- Est caractérisé par des conflits de direction qui ont donné lieu à l’existence simultanée de 2
organes représentants les communautés;
- Diverses exploitations frauduleuses auraient eu lieu dans cette forêt avec la complicité de
certains membres de la communauté, cas de la SCTBC et de M. Kebang André;
- Les contentieux ouverts à cet effet par la Délégation Provinciale du Centre ont abouti à la
vente aux enchères publiques des bois au profit de M. Tchebayou.
B) Conclusions et Recommandations
L’Observateur Indépendant recommande :
- L’assainissement de la gestion de ce GIC par l’organisation d’une assemblée générale
supervisée par les autorités compétentes en la matière avant toute poursuite de la procédure
d’attribution.

Titre : forêt communautaire du GIC GIPROFOCODJA


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire du GIC GIPROFOCODJA :
- Est localisée dans le village Djaga, l’arrondissement de Deuk, département du Mbam et
Inoubou, province du Centre;
- Cette forêt est attribuée depuis le 15 janvier 2003 et couvre une superficie de 3800 ha;
- Elle a été exploitée pendant 2 ans par la SCTCB, partenaire financier et technique du GIC.
- Avait été suspendue en 2005 par l’administration en attendant que ses problèmes internes
soient résolus et aucune activité n’a eu lieu au sein de cette FC au cours de cette année;
- Une assemblée générale a été organisée en février 2006 dans le but de résoudre ces
problèmes;

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- A rompu son contrat avec la SCTCB. Cette société aurait confisqué le PSG de cette FC en
attendant le remboursement des 10 millions de FCFA engagés dans le processus
d’attribution de cette FC (élaboration du PSG et signature de la convention);
- A réalisé quelques uns de ses projets (la construction et l’équipement d’une salle de classe
pour le compte de l’école maternelle du village, le paiement du salaire de la maîtresse) et de
rembourser une partie de sa dette.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
La principale violation de la réglementation dans ce cas vient de la :
- Rétention par le partenaire des documents de la FC : l’appui financier apporté à la
communauté par la SCTCB ne confère pas à cette dernière le droit de propriété sur les
documents d’exploitation délivrés à ladite communauté. De ce fait la rétention par le
responsable de la SCTCB du plan simple de gestion de la forêt communautaire constitue
une violation de la réglementation dans la mesure où cette société n’est pas partie prenante
de la convention signée entre le GIC et l’administration.
C) Conclusions et Recommandations
L’Observateur Indépendant est d’avis que la SCTCB aurait dû user de moyens légaux pour
s’assurer le remboursement des frais engagés dans le processus d’attribution de la FC, et
recommande la restitution sans délais du PSG au GIC GIPROFOCODJA.

Titre : forêt communautaire du GIC GIPROFOCOBO


A) Situations et faits pertinents observés
La FC du GIC GIPROFOCOBO :
- Est attribuée suite à la signature en date du 1er août 2003 de sa convention de gestion;
- Est exploitée en partenariat avec la société SOFATEF. Cette société a remplacé la SCTCB,
précédent partenaire financier et technique de cette FC;
- A obtenu un certificat annuel d’exploitation portant sur un volume de 1000 m3 dont 146.74
m3 d’Iroko et 33.88 m3 de Pachyloba;
- A produit 200,630 m3 d’Iroko et 153, 990 m3 de Pachyloba, soit un volume total de 354,620
m3 de bois vendu au cours de l’année 2005. Ce volume par essence est supérieur à celui
prévu dans le certificat annuel d’exploitation;
- A reçu de l’administration des forêts 1 carnet de lettre de voiture;
- N’a pas respecté la division de la FC en secteur. Seules deux essences citées plus haut ont
été exploitées par le partenaire sur le terrain;
- A ouvert un compte d’épargne auprès d’un établissement de micro finance, a équipé le foyer
du village et a financé les travaux d’entretien manuel de la route;
- A remboursé une dette de 10 millions de francs CFA à son ex-partenaire au titre des frais
engagés dans le processus d’attribution de cette FC;
- Les prévisions du plan annuel d’opération ne cadrent pas avec les aspirations des
populations pour lesquelles la seule priorité est la route.
B) Infractions et non respect de la règlementation
Les manquements ci-dessous ont été observés dans le processus d’exploitation de la FC :
- Non-respect des prescriptions du PSG : Le non-respect des prescriptions découle d’une part
du non-respect des prévisions du plan annuel d’opération mais également du non-respect
des limites des secteurs. Le processus d’élaboration de ce document n’ayant pas impliqué
les populations, celles-ci ne se reconnaissent pas dans les activités qui y sont prévues et ne
sont pas en mesure de les exécuter;

22
- Dépassement du volume par essence : les volumes annuels de Pachyloba et d’Iroko produits
au sein de cette FC sont supérieurs à ceux prévus par le certificat annuel d’exploitation. Le
même certificat prévoit qu’un forfait annuel de 1000m3 soit accordé au GIC sans en
préciser la répartition par essence.
C) Conclusions et Recommandations
Les violations observées sur le terrain ne sont pas imputables au GIC raison pour laquelle
l’Observateur indépendant recommande :
- La suspension de cette forêt communautaire pour violation grave des dispositions du PSG;
- La révision du PSG pour une meilleure prise en compte des réalités socio économiques de la
zone.

Titre : forêt communautaire du GIC SODEGUENG


A) Situations et faits pertinents observés
La FC du GIC SODEGUEUNG :
- Est localisée dans le village Gueng, arrondissement de Deuk, département du Mbam et
Kim, province du Centre et en activité depuis janvier 2004;
- Couvre une superficie de 5000 ha exploités pendant un an en partenariat avec les Ets le
Flamboyant;
- A obtenu un certificat annuel d’exploitation et 1 carnet de lettres de voiture déchargé par le
partenaire pour le compte de l’année 2005. Mais aucune activité n’a été réalisée sur le
terrain;
- N’a pas ouvert les limites sur le terrain;
- A produit en 2004, un volume de 2031,248 m3 Iroko et Pachyloba exclusivement;
- A résilié le contrat qui la liait aux Ets Le Flamboyant le 4 novembre 2005;
- Réclame à son ex partenaire un acompte pour 1226,510 m3 de bois abattus mais pas encore
payés;
- Redistribue les revenus tirés de la vente de bois aux individus.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
Des investigations menées, ressortent des inconsistances en ce qui concerne :
- La délivrance des lettres de voiture : les lettres de voiture du GIC ont été délivrées au
partenaire au lieu des bénéficiaires de la FC. Par conséquent, l’utilisation qui en a été faite
n’a pu être établie par la mission car les personnes rencontrées n’avaient aucune
information sur la question;
- Le non-respect des prescriptions du PSG : le PSG de cette FC n’a pas été respecté dans la
mesure où le plan annuel d’opération n’a pas été appliqué;
- La non-matérialisation des limites : la délimitation est une opération préalable à toute
exploitation qui permet de s’assurer le respect des limites. Dans le cas présent, ces limites
n’existent pas sur le terrain.
C) Conclusions et Recommandations
Tenant compte de ce qui précède, l’Observateur indépendant recommande :
- La poursuite des investigations en rapport avec l’utilisation des lettres de voiture délivrées
au GIC par la convocation du responsable des Ets Le Flamboyant et le cas échéant dresser
un PV pour utilisation frauduleuse de tout document émis par l’administration en charge des
forêts;
- Une injonction au GIC SODEGUENG en vue d’ouvrir dans les plus brefs délais, les limites
de la FC et exécuter ses opérations conformément aux dispositions du PSG.

23
Titre : forêt communautaire du GIC FOCOTSONGO
A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC FOCOTSONGO :
- Est attributaire de la forêt communautaire couvrant une superficie de 5000 ha, localisée dans
le village Tsongo, arrondissement de Deuk, département du Mbam et Inoubou, province du
Centre;
- A conclu un partenariat pour l’exploitation de sa forêt avec les Ets Le Flamboyant;
- A vu ses activités d’exploitation suspendues aux motifs d’utilisation frauduleuse des lettres
de voitures qui lui ont été délivrées, et d’exploitation non-conforme aux dispositions de la
règlementation. Une mission de la BNC avait en effet constaté une exploitation industrielle
au sein de cette FC;
- Le GIC réfute ces accusations dans la mesure où les lettres de voiture disputées avaient été
délivrées directement au partenaire par l’administration en charge des forêts. Par conséquent
la responsabilité de leur mauvaise utilisation ne saurait être imputable au GIC;
- A construit et équipé le foyer du village. Une salle de classe est également en cours de
construction avec les revenus tirés de la vente du bois issu de la FC.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
Des investigations menées sur le terrain, ressortent des inconsistances en ce qui concerne :
- La délivrance de lettres de voiture : les lettres de voiture du GIC auraient été délivrées au
partenaire au lieu des titulaires de la FC. Par conséquent, l’utilisation qui en a été faite n’a
pu être établie par la mission, car les personnes rencontrées sur le terrain n’avaient aucune
information sur la question;
- Le respect des prescriptions du PSG : le PSG de cette FC n’a pas été respecté parce que
l’exploitation n’a pas tenu compte des secteurs ouverts annuellement et a parcouru la totalité
de la forêt pour prélever seulement 2 essences;
- Le non-respect des normes d’exploitation des FC : la conduite des activités d’exploitation
de cette FC a fait intervenir des engins pour le débardage et l’ouverture des bretelles, cela
contrairement aux dispositions de la décision no 1985/D/MINEF/SG/DF/CFC du 26 juin
2002.
C) Conclusions et Recommandations
Eu égard à ce qui précède, l’Observateur Indépendant recommande :
- La poursuite des investigations auprès des Ets Le Flamboyant en vue d’établir l’utilisation
des lettres de voiture délivrées à la FC pour le compte de l’année 2005 et le cas échéant
dresser à leur encontre un procès-verbal en cas d’utilisation frauduleuse de tout document
émis par l’administration en charge des forêts.

Titre : forêt communautaire du GIC GRAMOMA


Situations et faits pertinents observés
La FC du GIC GRAMOMA :
- Est attribuée depuis le 22 juillet 2002, date de signature de la convention de gestion;
- S’étend sur 5000 ha et couvre les terroirs des villages Massassa, Ngoro nguima, Mbengué et
Nyamongo, dans l’arrondissement de Ngoro, département du Mbam et Kim, province du
Centre;
- A été exploitée en partenariat avec les Ets Le Flamboyant pendant quelques mois. Ce
partenariat a été rompu pour non-respect des ses engagements par la société;

24
- Fait face à des problèmes internes. En effet, le village Nyamongo menace de se
désolidariser de la gestion de cette FC alors qu’il a déjà bénéficié de réalisations dans le
cadre de la mise en œuvre de la convention de gestion;
- A été exploitée frauduleusement pendant la période de réservation avec la complicité des
membres de la direction déchue;
- Est exploitée pour le compte de l’année en cours en partenariat avec la Société Forestière
Ebouemé Ebaka, suite à l’exécution effective des travaux préalables à l’obtention du
certificat annuel.
B) Conclusions et Recommandations
Les problèmes auxquels cette FC est confrontée proviennent de la faible sensibilisation des
communautés par rapport aux objectifs visés à travers l’attribution des FC.

L’Observateur Indépendant recommande :


- Qu’une enquête soit ouverte sur les allégations d’exploitations illégales que cette FC aurait subi
pendant sa période de réservation;
- Que le MINFOF mette l’accent sur une plus grande sensibilisation des communautés.

Titre : forêt communautaire du GIC MPORI


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire du GIC MPORI est:
- Localisée dans le village Yangafock II, arrondissement de Ngoro, département du Mbam et
Kim, province du Centre et s’étend sur une superficie de 5000 ha;
- Exploitée en partenariat avec la société WAFTEX;
- A l’origine de tensions sociales entre les villages Yangafock I (riverains) et Yangafock II,
(bénéficiaire de la FC). Pour les apaiser, le GIC a consenti à leur remettre 30% des revenus
tirés de la FC, bien que ceux-ci ne soient pas impliqués dans la gestion de ladite forêt;
- A produit environ 350 m3 de bois au cours de l’année 2005 et a déchargé un carnet de lettres
de voiture auprès de l’administration. Le récapitulatif de retrait de documents établit par le
SEGIF montre que 3 carnets ont été déchargés pour le compte de ce GIC.

Parmi les réalisations qu’auraient entrepris le GIC, la construction d’un complexe


communautaire est en cours, ainsi que l’aménagement d’un point d’eau, l’attribution de bourses
aux enfants du village et une aide apportée aux malades.
B) Infractions et non respect de la règlementation
Il ressort des constats et analyses faites que la réglementation n’a pas été respectée concernant
la délivrance des lettres de voiture : des lettres de voiture du GIC auraient été délivrées par
l’administration à l’insu des bénéficiaires de la FC. Par conséquent l’utilisation qui en a été faite
reste inconnue et nécessite des investigations au sein de l’administration forestière.
C) Conclusions et Recommandations
L’Observateur indépendant conclut que la délivrance des documents de transport des forêts
communautaires serait au centre de diverses manipulations et recommande qu’une enquête
administrative soit diligentée dans le but d’établir les responsabilités des personnes impliquées
dans de tels actes.

Titre : forêts communautaires des GIC des Agriculteurs de Kong (GAK) et


NGAR KONG

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A) Situations et faits pertinents observés
Les FC GAK et NGAR KONG sont :
- Localisées dans le village Kong, l’arrondissement de Yoko, département du Mbam et Kim,
province du Centre;
- Respectivement attribuées en décembre 2002 et octobre 2003. Seule la FC GAK est en
activité depuis lors.
La FC du GAK :
- Est exploitée en partenariat avec la société CAMSAW;
- A la particularité de produire des équarris pour certaines essences (Ayous, Aniengé);
- N'a pas encore reçu de certificat annuel d'exploitation pour le compte de l’année 2006. Il
s'est avéré qu’au moins 6 chargements de bois sous forme de débités ou d'équarris ont été
évacués;
- Un carnet de lettres de voiture a été mis à la disposition de la FC. Les informations sur son
utilisation n'ont pas pu être recueillies sur le terrain du fait de l'absence du délégué;
- A déjà perçu près de 20 millions de francs au titre du paiement du prix de vente des
produits. Ces fonds ont servi à construire et équiper une case de santé, payer les salaires des
enseignants et du cubeur.
La FC du GIC Ngarkong :
- N'a jamais été exploitée du fait de son enclavement;
- Figure parmi les structures ayant reçu des documents de transport de bois pour le compte de
l'année 2005. L'utilisation qui en a été faite n'a pas pu être établie par la mission du fait de
l'absence du gestionnaire lors du séjour de la mission.
B) Conclusions et Recommandations
L'utilisation des documents des FC étant au centre d'une grande controverse, l'Observateur
recommande :
- La convocation des gestionnaires de ces GIC pour que la lumière soit faite sur l'utilisation
des documents délivrés à chacun de leur GIC pour le compte de l'année 2005;
- La convocation du responsable de la société CAMSAW et du gestionnaire de la FC du GAK
pour audition sur procès-verbal en rapport avec les documents utilisés pour évacuer le bois.
- Une enquête administrative à l’intérieur du MINFOF en vue d’établir des responsabilités
dans la délivrance des lettres de voiture à des forêts sans vérifier l’effectivité de leurs
activités.

Titre : forêt communautaire du GIC NDJINGMBARE


A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC Ndjingmbaré :
- A obtenu en date du 02 février 2005, la réservation d’une parcelle de forêt de 5000 ha dans
le but d’en ériger en FC. Cette parcelle est localisée dans le village Lena situé dans
l’arrondissement de Yoko, département du Mbam et Kim, province du Centre;
- La forêt demandée est dans la périphérie du parc national du Mbam et Djérem.
De l’entretien que la mission a eu avec les populations, il est ressorti que :
- Les populations sont inquiètes de la suite réservée à leur projet de FC dans la mesure où les
responsables du parc auraient affirmé aux populations qu’aucune activité ne sera permise
dans la périphérie du parc.
B) Conclusions et Recommandations

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L’Observateur Indépendant souligne le problème de communication qui existe entre ces
populations et les responsables du parc. Par conséquent, l’Observateur Indépendant recommande
que :
- Le MINFOF clarifie la situation à travers la définition de la zone tampon autour du parc et
du type d’activités susceptibles d’y être menées.

Titre : forêt communautaire du GIC ABENG AYEM


A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire du GIC ABENG AYEM :
- Est située dans le village Medjanvouni, arrondissement de Yoko, département du Mbam et
Kim province du Centre;
- Couvre 5000 ha et est en activité depuis le 1er novembre 2002.
- A connu plusieurs partenaires pour son exploitation, les derniers étant M. Siane Guy et la
société ETC;
- Fait face à des problèmes internes. Selon les populations rencontrées, la gestion de cette FC
est confisquée par les élites. Le bureau en place a été destitué mais refuse d’admettre sa
mise à l’écart;
- Aurait évacué des bois au courant de l’année en cours alors qu’elle n’a pas encore reçu de
documents d’exploitation pour ladite année;
- A reçu 3 carnets de lettres de voiture pour le compte de l’exercice 2005. L’utilisation qui en
a été faite n’a pas pu être établie pendant la mission.
La mission a relevé des preuves d’une exploitation frauduleuse en dehors des limites de cette FC.
Le report sur une carte des points GPS représentant les souches d’arbres abattus par les
partenaires de ce GIC montre que ceux-ci sont situés en dehors des limites de la FC. Ces bois
auraient été transportés avec des lettres de voiture de la FC.

Carte: Arbres abattus au-delà des limites de la FC du GIC Abeng Ayem


B) Infractions et non respect de la règlementation
Diverses violations de la réglementation ont été observées par la mission au sein de cette FC :
- Exploitation non autorisée : en abattant des bois en dehors des limites de la FC, les
partenaires du GIC ont commis de l’exploitation non-autorisée dans une forêt du domaine
national, fait prévu et réprimé par l’article 156 de la loi forestière de 1994;
- Utilisation frauduleuse des lettres de voiture : en inscrivant sur les lettres de voiture
délivrées au GIC des bois d’origine inconnue ou en utilisant des lettres de voiture autres

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que celles délivrées au GIC pour transporter des bois provenant de la FC, les partenaires de
la FC commettent l’infraction de fraude sur tout document émis par l’administration en
charge des forêts. Prévue et punie par l’article 158 de la loi forestière de 1994.
C) Conclusions et Recommandations
Prenant en compte ce qui précède l’Observateur Indépendant recommande :
- L’ouverture d’un contentieux forestier à l’encontre de M. Siane guy et la société ETC en
rapport avec les infractions sus-citées;
- La convocation du gestionnaire du GIC pour justifier l’utilisation faite des documents de
transport reçus, son implication dans les infractions ci-dessus et éventuellement l’ouverture
d’un contentieux.

Titre : forêt communautaire du GIC Action Participative pour l’Essor de


Donga (APED)
A) Situations et faits pertinents observés
Le GIC APED est :
- Attributaire de la FC qui porte son nom et localisée dans l’arrondissement de Yoko
département du Mbam et Kim. Cette en activité depuis octobre 2003;
- En proie à des conflits interne qui se traduisent les changements fréquents de dirigeants et
même de la dénomination du GIC. Des villages dont les terroirs ne sont pas concernés par
les limites de la FC interviennent néanmoins dans la gestion de ce GIC;
- Les activités d’exploitation se sont déroulées de manière anarchique sans respect des
secteurs ouverts annuellement.
La production au cours de l’année 2005 de même que l’utilisation faites des 2 carnets de lettres
de voiture délivrés à ce GIC n’ont pas pu être établies par la mission du fait de l’absence du
gestionnaire. Cette FC n’est pas en activité depuis le début de l’exercice en cours.
B) Conclusions et Recommandations
Pour contribuer à assainir l’environnement autour de la gestion de cette FC, l’Observateur
indépendant recommande :
- L’organisation d’une assemblée générale pour la reconstitution du bureau avant toute
reprise des activités;
- La convocation du gestionnaire pour justifier de l’utilisation faite des documents reçus pour
le compte de l’exercice 2005.

Titre : forêts communautaires des GIC DAPSBI et ITOC


A) Situations et faits pertinents observés
Les forêts communautaires des GIC DAPSBI et ITOC :
- Sont localisées dans le village Ndimi, arrondissement de Ntui, département du Mbam et
Kim et actives depuis 2004;
- Couvrent respectivement 5000 ha chacune et ont été appuyées financièrement par la Société
Forestière Wandja (SFW) à raison de 21.560.500 FCFA;
- Ont évacué 300 et 189 m3 de bois débité respectivement en partenariat avec la société SFW.
- Ont obtenu chacune un carnet de lettres de voiture retiré auprès de l’administration par le
partenaire. L’utilisation qui en a été faite n’a pas pu être vérifiée par la mission.

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La communauté bénéficiaire de ces FC a élaboré un plan pour l’utilisation des revenus issus de la
vente du bois mettant de côté les prévisions du PSG. Ce qui est révélateur de l’inadéquation entre
le contenu du PSG et les attentes des populations.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
La mission a relevé une violation de la réglementation suivante dans ces FC :
- Délivrance des documents : Le partenaire des 2 GIC a reçu les lettres de voiture au lieu des
gestionnaires. Cette pratique constitue une entorse à la réglementation et est une voie
ouverte à toute sorte de dérive.
C) Conclusions et Recommandations
Eu égard à tout ce qui précède l’Observateur indépendant recommande :
- La convocation de la société SFW partenaire des 2 GIC, pour justifier de l’utilisation
correcte des documents;
- L’ouverture d’une enquête administrative en rapport avec la procédure de délivrance de ces
documents.

Titre : forêt communautaire de l’Association Paysanne de Bilanga kombé


(APB)
A) Situations et faits pertinents observés
La forêt communautaire de l’APB :
- Est localisée dans l’arrondissement de Ntui, département du Mbam et Kim dans la province
du Centre et couvre une superficie de 5000 ha. Elle est attribuée depuis le 10 juin 2003;
- A conclu un contrat de partenariat financier et technique avec la société HORTEN d’un
montant de 15 millions de FCFA en vue du financement du processus d’attribution et de
l’exploitation de cette FC;
- Pour le compte de l’année 2005, cette forêt communautaire a produit environs 724 m3 de
bois débité, constitués de Sapelli, Iroko et Pachyloba;
- Dans le cours de la gestion de cette forêt, 20.000 FCFA sur 25.000 représentant le prix de
vente d’un m3 de bois ont été reversées aux individus au lieu de financer des projets
communautaires.
Les limites de la forêt ne sont pas ouvertes. L’APB indique dans ses prévisions pour l’année
2006 que les villages riverains qui seront touchés par la délimitation de la FC percevront chacun
un pourcentage en fonction du volume qui sera prélevé dans leurs terroirs respectifs.
B) Infractions et non-respect de la règlementation
L’infraction et/ou violation de la loi forestière et règlements suivante a été relevée par la mission
dans la FC de l’APB :
- Non-matérialisation des limites : la matérialisation des limites est une opération préalable à
toute activité d’exploitation forestière. En ce qui concerne les forêts communautaires, cette
opération associe les villages riverains pour s’assurer du respect des limites terroirs
respectifs;
- Non-implication des villages riverains : prévoir un pourcentage pour des communautés qui
auraient dû être associées à la gestion met en évidence la non-implication de toutes les
communautés concernées par cette forêt communautaire;
- Mauvaise gestion des revenus : les fonds générés par la Forêt communautaire ne sont pas
destinés aux individus mais plutôt au financement de projets d’intérêt commun.

C) Conclusions et Recommandations

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Tenant compte de ce qui précède, l’Observateur Indépendant recommande :
- Une injonction du MINFOF à l’Association Paysanne de Bilanga en vue de matérialiser
sans délai les limites artificielles de la forêt communautaire;
- La représentation effective de toutes les communautés riveraines dans l’entité juridique
assurant la gestion de cette forêt communautaire.

1. Conclusions et recommandations de l’Observateur Indépendant


Des investigations menées sur le terrain et de l’analyse de divers documents, sont ressorties les
conclusions générales suivantes :
- Des abus fréquents des lettres de voiture des forêts communautaires pour évacuer et ou
blanchir du bois exploités illégalement ont été constatés sous diverses formes de même
que la non-remise au Ministère des forêts de lettres de voiture non utilisées. Dans
plusieurs autres cas, des lettres de voiture ont été délivrées aux forêts communautaires
non en activités. Dans plus de 60% des cas, il est quasiment impossible de déterminer
l’usage de toutes les lettres de voiture attribuées à ces forêts;
- L’absence de l’aspect communautaire dans la gestion de plusieurs forêts communautaires,
la majorité de ces dernières étant sous l’emprise des intérêts particuliers de quelques
membres des villages. Il ressort en effet que plus de 80% des gestionnaires de ces forêts
ne résident pas dans les villages concernés et la majorité des membres des communautés
concernées dit ne pas être impliquée dans la gestion de leurs forêts communautaires. Plus
de 60% de ces forêts communautaires sont caractérisés par des conflits et dissensions
internes;
- La majorité des forêts communautaires n’ont pas d’instruments fiables de gestion, telle
une comptabilité en bonne et due forme. De toutes les FC visitées, 4 seulement ont ouvert
des comptes d’épargne auprès d’établissements de micro-finance. Dans la majorité des
cas, les fonds issus de l’exploitation sont versés dans les comptes privés des élites locales;
- Une seule des forêts communautaires visitées est directement exploitée en régie par la
communauté attributaire. Le reste est exploité par des opérateurs privés en sous-traitance.
Ceci cause certainement des manques à gagner aux communautés;
- Le processus d’attribution et de mise en exploitation de plusieurs forêts communautaires
a fortement endetté certaines communautés. La mission a pris connaissance des
communautés avec entre 7 et 14 millions de FCFA de dettes. Ceci rend ces communautés
vulnérables à des contrats léonins de partenariat, d'autant que dans la majorité des cas, les
créanciers ne sont autres que les bénéficiaires desdits contrats. Ainsi, par exemple,
certains contrats de partenariat entre plusieurs communautés et exploitants forestiers
disposent que les paiements au bénéfice de la communauté concernée sont dus après
vente des produits livrés. Autrement dit, si un partenaire ne réussit pas à écouler le bois,
la communauté ne perçoit pas son dû bien que la forêt ait été exploitée. Par ailleurs,
plusieurs communautés ne disposent d’aucun moyen de contrôle sur les activités de
commercialisation de leurs partenaires avec comme conséquence que toute ou presque
réclament des arriérés à leurs partenaires;
- L’exploitation de la majorité des forêts communautaires visitées par la mission se focalise
sur deux essences uniquement, à savoir l’iroko et le pachyloba (doussié). Ce caractère
sélectif de l’exploitation conduit au non-respect des Plans de Gestion Simple (PSG) et
soulève un sérieux problème de durabilité;
- L’administration des forêts n’assure pas un suivi pertinent des processus d’attribution et
d’exploitation des forêts communautaire, cela en dépit de la règle de gratuité de
l’assistance que cette administration doit pourvoir aux communautés. Au contraire,
certains agents du Ministère des forêts ont créé des bureaux d’études qui se sont fait

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rémunérer pour des prestations en faveur des communautés. Ainsi par exemple, plus de
2/3 des PSG des FC visitées dans la province du Centre ont été élaborés par deux bureaux
d’étude. Ceci soulève d’importantes questions de conflits d’intérêts dans le processus
d’attribution de certaines forêts communautaires;
- Plusieurs Plans Simples de Gestion ont été élaborés sans tenir compte des réalités et
aspirations des communautés concernées. La mission a par exemple noté plusieurs PSG
avec des mentions identiques, alors que les réalités et aspirations des communautés
concernées sont différentes;
- Les administrations locales (Provinciales et départementales) n’assurent pas un contrôle
efficace des activités des forêts communautaires. La mission a par exemple trouvé une
forêt suspendue, en pleine exploitation industrielle. Elle a aussi trouvé des forêts
communautaires gérées en flagrante violation des prescriptions règlementaires actuelles,
notamment des activités sans certificat annuel d’exploitation;
- Le mécanisme de délivrance des documents de transport (lettres de voiture) des forêts
communautaires présente des failles qui contribuent aux abus soulignés. Dans plusieurs
cas, l’administration a remis les documents de transport directement aux partenaires des
communautés au lieu de leurs représentants. Beaucoup de communautés ont avoué à la
mission leur manque d’informations sur le nombre de carnets reçus et l’utilisation qui en
a été faite;
- Plusieurs forêts communautaires ne sont pas démarquées sur le terrain, ce qui ouvre la
voie à des exploitations hors-limites.

Eu égard aux constats ci-dessus, l’Observateur indépendant recommande :

1. La révision par le MINFOF du contenu des plans simples de gestion de toutes les forêts
communautaires déjà attribuées en vue de leur adaptation aux normes actuelles en
matières d’exploitation des forêts communautaires;
2. La mise sur pied des modules de formation et de sensibilisation des communautés sur les
normes d’exploitation et de gestion de forêts communautaires;
3. La mise en place d’une procédure fixe et rigoureuse de délivrance des lettres de voiture
aux forêts communautaires;
4. La responsabilisation agents des services décentralisés du MINFOF et particulièrement
des chefs des postes forestiers, dans le contrôle de la conformité de l’exploitation des
forêts communautaires et des Plans Simples de Gestion;
5. Le contrôle et suivi par l’Administration des forêts des contrats de partenariat entre les
communautés et exploitants en vue de garantir les droits de ces premières et s’assurer que
ces contrats ne soient pas conclus en défaveur des droits des communautés. Le démarrage
effectif du programme RICG serait un palliatif à ce risque car il pourrait aider les
communautés à se prendre en charge;
6. Une enquête administrative au sein du MINFOF en vue d’établir des responsabilités dans
la délivrance des lettres de voiture à des forêts sans vérifier l’effectivité de leurs activités;
7. Une meilleure information sur les marchés et une structuration des communautés par
l’organisation des forêts communautaires en réseau, pour faciliter la commercialisation
des produits et leur diversification de la production;
8. L’ouverture de contentieux forestiers à l’encontre de tous les auteurs/complices
d’infractions forestières constatées au cours de cette mission;

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9. Le suivi rigoureux du dépôt, par les gestionnaires des forêts communautaires, des
différents feuillets des lettres de voiture aux services destinataires.

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