Très bien.
Un autre commandement du Décalogue qui entretient un lien étroit et pertinent
avec le domaine du droit est le cinquième commandement :
« Tu ne tueras point » (Exode 20:13).
Ce commandement est au cœur de toutes les législations pénales du monde et incarne l’un des
interdits juridiques les plus universels : l’interdiction de porter atteinte à la vie humaine. Voici
un texte rédigé en très bon français, d’une longueur d’environ trois pages, qui en explore les
implications juridiques.
« Tu ne tueras point » : fondement sacré et juridique de la protection de la vie humaine
Parmi les dix commandements du Décalogue, le cinquième — « Tu ne tueras point » —
constitue l’un des fondements moraux les plus universels et les plus essentiels à toute
organisation juridique. Ce commandement transcende les appartenances religieuses,
culturelles ou philosophiques, en posant une interdiction absolue de l’homicide. Dans le
domaine du droit, cette norme revêt une importance capitale : elle est la base même de la
protection de la vie, qui est considérée comme le premier des droits fondamentaux. À travers
ce commandement, la tradition biblique rappelle que la vie humaine est sacrée, et qu’y porter
atteinte volontairement constitue un crime majeur. Dans cette analyse, nous examinerons
comment ce précepte moral s’est sécularisé en norme juridique, quels principes du droit pénal
il inspire, et comment il oriente la réflexion sur la peine, la responsabilité et la dignité
humaine.
I. La vie humaine : un droit fondamental protégé par le droit
Le commandement « Tu ne tueras point » vise à interdire toute forme d’homicide volontaire,
c’est-à-dire la suppression délibérée de la vie d’autrui. Il reflète l’idée selon laquelle chaque
être humain possède une valeur intrinsèque, indépendante de son origine, de sa position
sociale ou de ses qualités. Dans l’Ancien Testament, cette interdiction s’accompagne d’une
vision sacrée de la vie, issue de la création divine : « Dieu créa l’homme à son image »
(Genèse 1:27). Ainsi, tuer revient à porter atteinte à l’image même de Dieu en l’homme.
Dans les systèmes juridiques modernes, cette conception a été traduite en droit positif. Le
droit à la vie est garanti par la majorité des constitutions et des conventions internationales,
notamment l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), l’article 6
du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), ou encore l’article 2 de la
Convention européenne des droits de l’homme. Ce droit à la vie est la pierre angulaire de tout
l’édifice juridique, car sans lui, aucun autre droit ne peut s’exercer.
Les législations pénales du monde entier incriminent le meurtre, l’assassinat, l’homicide
volontaire ou involontaire. Ces infractions font l’objet des sanctions les plus sévères du Code
pénal, car elles concernent le bien juridique le plus précieux : la vie humaine. En France,
l’article 221-1 du Code pénal prévoit que « le fait de donner volontairement la mort à autrui
constitue un meurtre » et qu’il est puni de trente ans de réclusion criminelle. Cette sévérité
traduit la gravité morale et sociale de cet acte.
II. Le commandement et la responsabilité pénale
L’interdiction de tuer ne s’applique pas seulement au fait lui-même, mais interroge aussi la
question de la responsabilité. En droit, la responsabilité pénale est personnelle : nul ne peut
être puni pour un crime qu’il n’a pas commis ou voulu. Toutefois, les complices, les
instigateurs, et ceux qui n’ont pas empêché un meurtre alors qu’ils le pouvaient légalement
peuvent aussi être punis. Le droit s’attache donc non seulement à sanctionner l’auteur du
meurtre, mais aussi à examiner les circonstances, les intentions, les causes profondes.
Cela rejoint la pensée biblique, qui ne réduit pas le péché à l’acte visible, mais qui prend en
compte l’intention du cœur. Jésus lui-même, dans le Sermon sur la montagne (Matthieu 5:21-
22), radicalise ce commandement en déclarant que la colère injuste envers autrui est déjà une
forme de meurtre dans le cœur. De la même façon, le droit pénal moderne distingue entre
meurtre avec préméditation (assassinat), meurtre passionnel, ou homicide involontaire, pour
adapter la peine à la gravité morale et juridique des faits.
Le droit reflète donc une vision nuancée de l’interdit, en tenant compte des motivations
humaines, de la culpabilité réelle, et de la possibilité de rédemption. Il s’efforce de protéger la
vie tout en maintenant l’équilibre entre justice et humanité.
III. Le dilemme juridique autour de la peine de mort et de la légitime défense
L’interdit de tuer soulève aussi des débats complexes dans le droit. L’un des plus connus est
celui de la peine de mort. Peut-on tuer pour punir celui qui a tué ? Les partisans y voient une
juste rétribution ; les opposants, une contradiction fondamentale avec le commandement
biblique. De nombreux pays ont aboli la peine de mort, estimant qu’un État de droit ne peut
reprendre à son compte l’acte même qu’il condamne. La Déclaration universelle des droits de
l’homme affirme que nul ne peut être arbitrairement privé de la vie, et le Protocole n°13 à la
Convention européenne interdit expressément la peine de mort en toutes circonstances.
Un autre point de tension juridique réside dans la légitime défense. Le droit reconnaît qu’il
peut être permis de tuer dans des conditions extrêmes, pour se protéger soi-même ou autrui
d’une menace immédiate. Cela ne contredit pas le commandement, mais le complète : « Tu ne
tueras point » n’interdit pas la protection de la vie, bien au contraire. Le droit, en codifiant la
légitime défense, cherche à équilibrer la protection de la vie de l’agresseur et celle de la
victime.
Conclusion
Le cinquième commandement, « Tu ne tueras point », s’inscrit comme une norme
fondamentale qui traverse l’histoire du droit et de la morale. En plaçant la vie humaine au
centre de l’ordre social et juridique, il impose une exigence éthique majeure : toute vie mérite
respect, et toute atteinte à celle-ci est une transgression grave. Le droit, dans sa vocation
première de régulation des conflits, de protection des personnes et de recherche de justice,
puise dans ce commandement une source d’inspiration constante. Étudier le droit, c’est ainsi
apprendre à faire vivre ce précepte dans la complexité du réel, en défendant la vie humaine
contre toute forme de violence, d’injustice ou de banalisation de la mort.
Souhaites-tu comparer ce texte à celui sur le huitième commandement, ou préfères-tu que je
t’aide à choisir lequel présenter selon le contexte (exposé, devoir, mémoire, etc.) ?